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UN BONBON SUR LA LANGUE
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Ninete



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PostPosted: Sun 27 Sep - 15:44 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Previous post review:

Pourquoi dit-on Bruce Lee mais "Brouce" Willis ? 

 
S'il n'y a pas de règle qui régisse l'importation en français des noms propres étrangers, des tendances existent néanmoins. 

 
C’est Jean-Christophe, de Villejuif, qui a attiré mon attention sur un phénomène troublant qui a trait à la prononciation : "Pourquoi les Français disent-ils Bruce Lee mais Brouce Willis ?", s’interroge-t-il. Ces deux comédiens hollywoodiens portent pourtant bien le même prénom, qui se prononce à peu près "Bwouce" dans leur langue. 

 
La merveilleuse Diana Rigg, de Chapeau melon et bottes de cuir, vient de nous quitter. En revoyant des extraits de cette série mythique, j’avais presque envie de rigoler en entendant le personnage de John Steed, dans la version française, l’appeler "Mme Pelle", alors qu’elle joue Emma Peel, avec deux E, qui se prononcent i en anglais. Aujourd’hui, on l’appellerait très certainement Emma "Pil". 

 
On dit les Français nuls en anglais, mais ils ont considérablement progressé au cours des dernières décennies et prononcent les noms propres, anglais en particulier, d’une manière beaucoup plus proche de la version originale. À l’évidence, si elle vivait aujourd’hui on ne parlerait plus de Lady Di mais de Lady "Daï", à l’anglaise. Si vous regardez de vieux films américains en VF, vous aurez peut-être aussi la surprise d’entendre parler de la ville de BostON au lieu de "Bostone". 

 
Certains noms de villes également francisés 
 
 
Ce qui peut sembler bizarre, également, c’est qu’on francise certains noms de villes et pas d’autres. Pourquoi dit-on New York, en anglais, mais Londres au lieu de London ? On dit aussi Santiago du Chili tandis qu’on francise Santiago de Compostela en Saint-Jacques-de-Compostelle. En réalité, c’est la même logique. Les noms des lieux sont d’abord créés par ceux qui les habitent, naturellement. Quand des étrangers découvrent ces lieux, soit ils essaient de leur mieux de prononcer ce nom, et souvent ce n’est pas très ressemblant, ou alors ils n’essaient même pas, et ils rebaptisent l’endroit à leur sauce. En fait, plus nous voyageons, mieux nous parvenons à prononcer les noms comme les autochtones, et moins nous francisons. Plus il y a d’échanges entre les pays, plus on tend à rester fidèle à la version originale. 

 
Autre question du même genre, celle d'Hervé, qui se demande pourquoi on parle de la CIA en français mais du FBI en anglais. Il a raison, on pourrait prononcer "ci aye è" ou "èf bé hi". Pour y répondre, il faut savoir que la CIA est chargée du renseignement hors des États-Unis, et il en est question en France depuis les années 1950. Le FBI, lui, intervient uniquement sur le sol américain, et il n’est vraiment devenu familier au public français que depuis la déferlante des séries policières. Voilà comment on se retrouve, une fois de plus, avec une langue merveilleusement illogique. 
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PostPosted: Sun 27 Sep - 15:44 (2020)    Post subject: Publicité

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Omphale


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PostPosted: Wed 30 Sep - 17:14 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

les versions françaises de séries britanniques sont quelquefois assez surprenantes quant à la prononciation, madame Pelle c'est bizarre. Je me souviens d'une adaptation française d'une saga intitulée "Jalna" que j'ai lue et relue et adoré quand j'étais jeune fille, un des personnages féminins s'appelle dans la version originale Pheasant c'est devenu en version française "Faisanne", certes pheasant veut dire faisan mais bon... Piers est devenu Pierre, là ça passe, je ne me souviens plus comment ont été traduits Eden et Rennny.C'est à y perdre son latin ou plutôt son anglais
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"attends d'avoir traversé la rivière avant de dire que le crocodile a une sale gueule" (Joseph Andjou)


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Ninete
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PostPosted: Sat 3 Oct - 08:20 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

"Prêt de" ou "près de" ? Que faut-il écrire ? 

 
Prêt de ou près de ? Près à ou prêt à ? Muriel Gilbert a un truc pour ne plus confondre ces homophones piégés. 

 
Aujourd’hui, amis des mots, je vais m’attaquer à une erreur trop fréquente : c’est celle qui consiste à confondre "près de" et "prêt à". Vous allez me dire : près et prêt… ça se ressemble ! Eh oui, c’est ce qu’on appelle des homophones (ils se prononcent de la même façon) mais attention, ce ne sont pas des homographes (le premier s’écrivant PRèS, le second PRêT). 

 
J’ai reçu il y a peu un courriel publicitaire d’un site de vente en ligne qui disait "la bonne humeur n’est pas prête de partir en congés". Dans la foulée, j’ai vu passer sur Twitter un message de La Chaîne météo selon lequel la situation climatique n’était "pas prête de s’arranger". Au lieu de "la bonne humeur n’est pas près de partir en congés", "la situation n’est pas près de s’arranger"… 

 
Comme vous le savez, j’ai la plus grande indulgence pour les erreurs commises par tout un chacun. Ne pas en faire du tout est impossible, et on ne peut pas non plus tout contrôler quand on parle. Mais un message publicitaire, c’est écrit, c’est réfléchi, c’est vérifié ou ça devrait l’être, y laisser des bourdes pareilles, c’est carton rouge. Interdit. 

 
Près ou prêt : attention à la faute 
 
 
Dans certains cas, pourtant, près et prêt sont presque synonymes, donc c’est vrai, il y a de quoi s’embrouiller : Stéphane est prêt à prendre l’antenne/Stéphane est près de prendre l’antenne, par exemple. Là, on peut dire les deux, mais d’une part, vous sentez bien qu’on ne dit pas exactement la même chose, et d’autre part, l’un se construit avec à et l’autre avec de. Comme l’explique Larousse.fr : "Près de PRèS, c’est sur le point de [ça peut être aussi proche de, physiquement, bien sûr]. Il était près de réussir [Il était près de la porte]. Prêt à, c’est préparé ou décidé à ; en état de. Nous sommes prêts à partir ; la machine est maintenant prête à fonctionner." 

 
"PrêtE à fonctionner" : au féminin, on entend la différence, et au pluriel on entend la liaison : le "près" de "près de" est un adverbe, donc invariable, tandis que le prêt de "prêt à" est un adjectif, donc s’accorde comme tous les adjectifs au féminin et au pluriel. Je suis prêtE à tout pour piquer le croissant de Stéphane, mais je ne suis pas prèS d’y arriver parce qu’il est plus grand que moi. 

 
L'astuce pour ne plus se tromper 

 
Vous avez peut-être l’impression que tout ça est hyper-emberlificoté, mais je vais vous donner un truc pour ne plus jamais les confondre. "Près" peut se remplacer par son opposé, "loin", qui se construit comme lui, avec de. Evidemment la phrase prend un sens inverse, mais elle tient debout, comme dans : Muriel n’est pas loin d’arriver à piquer le croissant de Stéphane. Donc, si on peut remplacer par loin, c’est près. 

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La règle d'or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu'une partie de la vérité et sous des angles différents.


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Omphale


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PostPosted: Sat 3 Oct - 10:15 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

explication on ne peut plus claire le tout est de s'en souvenir
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Ninete
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PostPosted: Mon 5 Oct - 22:11 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Devra-t-être ou devra pas-t-être ? Que faut-il dire ? 

 
Les règles qui régissent les liaisons sont diaboliquement compliquées. Muriel Gilbert revient sur quelques erreurs courantes. 
 
 
Guy, de Manosque, m’a adressé un courrier furibard par lequel il entend "dénoncer le plus vigoureusement possible un phénomène lexical : le barbarisme devra-t-être, utilisé selon lui de plus en plus fréquemment par les journalistes et par les responsables politiques". Il l’a notamment entendu plusieurs fois "au cours de l’un de ses discours télévisés" par "Christophe Castaner, alors ministre de l’intérieur, qui a déclaré à deux reprises : Cela devra-t-être (fait ou respecté, peu importe)". 

 
Au lieu de "cela devra être", bien sûr, puisque devra se termine par un A, non par un T. Cette erreur, qu’on appelle un cuir, qui consiste à ajouter un T inexistant entre deux mots, se produit sans doute par contagion avec d’autres formes du verbe devoir : devait être, devrait être, ou encore devront être, avec la liaison puisque devait, devrait ou devront se terminent, eux, par un T. Rappelons en effet que faire une liaison, c’est prononcer la consonne finale d’un mot qui d’ordinaire est muette, avec la voyelle initiale du mot suivant. Quand on dit "c’est mon croissant", on n’entend pas le n final de "mon", mais on l’entend dans "c’est moN orange" (car, à la différence du croissant, l’orange commence par une voyelle). 

 
Peut-être que ceux qui font cette liaison fautive, "devra-t-être", pensent que devra se finit par un T… Là, la roue de secours, c’est le site leconjugueur.lefigaro.fr. Vous saisissez votre verbe dans la petite case en haut à gauche et hop, il vous le conjugue à tous les temps, tous les modes. Super pratique. Et vous verrez qu’il devra s’écrit sans T ! Ah, et tant que j’y suis, Fifi, de Paris, m’a écrit, sur  : "Julien Courbet dit toujours il est-T-onze heures, alors que je viens de lire dans votre livre Encore plus de bonbons sur la langue : on ne doit pas faire la liaison avec les chiffres." 

 
Les liaisons interdites 
 
 
En effet, on ne dit pas davantage "il est t-onze heures" qu’on ne dit "il est t’huit heures". Mais les liaisons sont une affaire très complexe, et tenez, j’en profite pour rendre hommage à un petit bulletin trimestriel rédigé par des amoureux niçois de la langue française, qui s’appelle Le Nénuphar. Il relevait récemment une erreur de liaison que je ne connaissais pas moi-même : Isabelle Balkany aurait remarqué, lors d’un conseil municipal de Levallois-Perret qu’une élue d’opposition avait "toujours z’eu un humour débridé". "Toujours z’eu", c’est donc une liaison interdite, ce qu’on appelle un velours, une erreur en Z. Car effectivement, après certains mots qui se terminent par deux consonnes dont une seule est sonore, tels que tard, tort, part ou toujours, on ne pratique pas la liaison. De même qu’on ne dit pas "mon mari part T-à la boulangerie", on ne dit pas "j’ai toujours z’eu un faible pour les croissants". 

 
Les liaisons, c’est vraiment un truc infernal ! N’hésitez pas à ouvrir vos grimoires pour aller vérifier quand vous avez un doute. 

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Ninete
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PostPosted: Sat 10 Oct - 08:36 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Pourquoi le "s" entre deux voyelles ne fait pas le son "z" ? 

 
Il y a plusieurs mots de la langue française où lettre "s" entre deux voyelles ne se prononce pas "z", comme dans susurrer. 

 
Aujourd'hui, amis des mots, nous allons parler d’orthographes surprenantes. C’est grâce à Clément, du Kremlin-Bicêtre, qui m’écrit sur langue@rtl.fr qu’il y a un verbe dont, carrément, il "n’arrive pas à accepter l’orthographe : c’est susurrer." Les amis des mots sont parfois de vrais rebelles. 

 
"S.U.S.U.R.R.E.R : Un S entre deux voyelles, j’ai toujours appris que ça faisait le son Z", s’agace Clément, "ou alors il faudrait prononcer "suZurrer". Et en plus il y a deux R après, on dirait vraiment une erreur d’orthographe !" Après tout, Clément est libre de prononcer sa langue maternelle comme il le souhaite, mais tous les dictionnaires préconisent de dire "suSSurer" ! Susurrer vient du latin susurrare (un S, deux R, là aussi, on a donc conservé cette orthographe), qui veut dire bourdonner, en parlant des abeilles. C’est pas joli ? On entend presque leurs petites ailes "susurrer". 

 
En réalité, il y en a quantité d’autres mots, comme ça, où S entre deux voyelles ne se prononce pas "z" ! Des mots aussi courants que parasol ou télésiège, par exemple. 

 
En fait, ce sont surtout des mots commençant par S auxquels on a ajouté un préfixe : antisismique, antisémite, ou antisocial ne prennent qu’un S après "anti", il est bien entre deux voyelles, et pourtant on ne le prononce pas "z". Idem pour désolidariser, désynchroniser ou asocial, aseptiser, asymétrique, un seul S également. 
 
Que faire avec "s" entre deux voyelles ? 
 
 
Le pire, c’est qu’on pourrait croire, d’après les exemples que je viens de donner, qu’il existe une règle du genre : "On ne double pas la consonne initiale d’un mot en S quand on lui ajoute un préfixe." Mais la Banque de dépannage linguistique fait remarquer que si bisexuel s’écrit bien avec un seul S prononcé "s", bissextile, lui, prend deux S ; de même, on écrit désolidariser avec un seul S initial mais desserrer avec deux S ; on resale ses frites avec un S mais on se ressert et on ressort du restaurant avec deux S. Ah, il y en a un qui nous donne le choix, c’est ressurgir : un S ou deux, comme vous voulez. 

 
Alors, peut-on quand même se dire que, le plus souvent, un S entre deux voyelles, ça donne le son "z" ? On peut, je sens que j’étais en train d’ébranler toutes vos certitudes acquises en CE1, amis des mots. Mais vous savez, le son "s" est l’un des plus étonnants dans l’orthographe française. On peut le rendre de bien des façons : il y a S.C., comme dans descendre, et C tout court, comme dans cendre, ç comme dans français, mais, plus bizarre, il y a T, comme dans action, émotion, fiction, et même X, comme dans dix ! Vous savez quoi ? Finalement, le S n’est que la manière la plus tristement banale de rendre le son "s". 

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Ninete
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PostPosted: Sun 11 Oct - 08:37 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Écrit-on "vous nous avez manqué" ou "vous nous avez manqués" ? 

 
Pour mieux comprendre les participes passé et ne plus faire d'erreurs, Muriel Gilbert donne des astuces. 

 
Un ami des mots du nom de Jérôme m’a envoyé une photo. C’est un panneau, qui dit : "À tous nos clients fidèles, 1 000 mercis. Vous nous avez manqué, vous nous avez soutenu. Nous sommes heureux de vous retrouver !" Et Jérôme m’écrit, sur langue@rtl.fr, qu’il travaille pour une grande enseigne qui, après le confinement, a installé ce panneau. Mais il se trouve que quelqu’un, sans doute un barjot dans mon genre, a modifié l'accord de "soutenu" en ajoutant un S au stylo bille. Naturellement, Jérôme veut savoir qui a raison : sa grande enseigne ou le client. Et le gagnant est… le client ! 

 
Cette phrase comporte certaines de ces particularités qui font tout le délice des règles de l’accord du participe passé. Petite révision : le participe passé employé avec avoir s’accorde non pas avec le sujet du verbe mais avec le complément d’objet direct, s’il est placé avant le verbe. C’est pour cette raison que l’on dit : "J’ai fait une boulette" (j’ai fait quoi, une boulette, COD placé après le verbe, je n’accorde pas) alors qu’on dit "la boulette que j’ai faite" (j’ai fait quoi ? Une boulette, placé avant le verbe : on accorde). "Stéphane a pris une pomme", mais "C’est la pomme que Stéphane a priSE". 

 
L’affiche dit "Vous nous avez manqué ; vous nous avez soutenu". Les deux verbes semblent construits de la même manière, donc on pourrait juger naturel de les accorder de la même manière. Eh oui, mais non. "Vous nous avez soutenu(s)" : vous avez soutenu qui ? Nous : COD, placé avant le verbe, on accorde : soutenuS. CQFD : le client correcteur avait raison. Jérôme devra bien réimprimer son panneau en ajoutant un S. 

 
Les merveilles du participe passé 
 
 
En revanche, dans la première partie du message : "Vous nous avez manqué", vous avez manqué "à qui" : complément d’objet indirect, donc pas d’accord ! En fait, ce qui est passionnant, dans le cas de l’affiche de Jérôme, c’est qu’on y trouve deux verbes qui ont plusieurs sens et qui, selon le sens, vont s’accorder différemment.  
On écrit "vous nous avez soutenUS" tout court, mais "vous nous avez soutenU… que vous alliez revenir". On pourrait aussi écrire "vous nous avez manquéS" avec un S en utilisant "manquer" dans un autre sens, comme dans : "Vous êtes passés chez nous alors que nous venions de sortir : vous nous avez manquéS" (vous avez manqué qui, nous, COD placé avant, on accorde) Les merveilles du participe passé ! 

 
(Ah, et Stéphane Carpentier est persuadé que c’est moi qui ai corrigé cette affiche, mais non. Promis Jérôme, ce n’est pas moi. J'avoue, ça m’arrive, de ne pas pouvoir me retenir de corriger des fautes dans l’espace public, mais je corrige toujours en rouge, la couleur des correcteurs !) 

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Ninete
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PostPosted: Sat 17 Oct - 17:08 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Quel est le sens exact du mot "chance" ? 

 
Peut-on parler du nombre de "chances" que l'on a de se retrouver au chômage ou de contracter une maladie, ou vaut-il mieux parler de "risque" ? Le point, avec Muriel Gilbert. 

 
Depuis quelques mois, j'ai reçu quantités de messages me demandant de me pencher sur le sens exact du mot "chance". Pour ne parler que des derniers, citons Martine, de La Ciotat, et aussi Denis, qui s’agace d’entendre parler "du nombre de chances qu’on a d’attraper le (ou la) Covid-19 ou de se trouver au chômage". C’est vrai, on ne peut pas vraiment parler de chance. Pourtant, ce n’est pas aussi simple que ça. Chance vient du latin cadere, qui veut dire "tomber" et qui s’employait en particulier, explique le dictionnaire de l’Académie française, dans le cadre des jeux de dés et d’osselets, donc avec un sens proche du hasard, de la probabilité. Pour l’Académie, le premier sens de chance, c’est l’"effet heureux ou malheureux que peut avoir une action ou un événement". 

 
Larousse.fr donne les exemples : "Il a une chance sur deux de réussir – ou d'échouer". Mais le dictionnaire en ligne précise que "le mot n'est plus employé en ce sens que dans l'expression soignée." Le "sens aujourd’hui le plus courant" de chance est bien celui de "hasard heureux" que revendiquent Martine et Denis, alors que c’est l’autre sens "qui était autrefois le plus fréquent, détaille le Larousse, et la chance pouvait être qualifiée de bonne ou mauvaise" – la "mal chance" ! 

 
Souhaiter des malheurs pour ne pas attirer la malchance 
 
 
On peut donc bien parler du nombre de "chances" qu’on a de tomber malade. Mais c’est une utilisation qui surprend aujourd’hui ; elle est en train de tomber en désuétude, semble-t-il. Si on veut donc éviter toute polémique, on peut utiliser le terme de "probabilité", qui est neutre, ou de "risque", qui, lui, est négatif, sans ambiguïté. En somme, attention : on dit "je risque de tomber malade" mais pas "je risque d’être guéri bientôt" (sauf, après tout, si on a envie de rester malade parce que c’est l’occasion de se faire chouchouter !).Et puisque nous parlons de chance, vous êtes-vous jamais demandé pourquoi il existe cette superstition qui veut qu’on ne doive pas souhaiter bonne chance ? La tradition d’utiliser le mot de cinq lettres qui commence par "m" et qui finit par "erde" au lieu de souhaiter "bonne chance" à quelqu’un remonterait au XIXe siècle, dans le monde du spectacle, où l’on craint plus que tout les salles vides. Plus grand était le nombre de voitures à cheval qui avaient déposé du public devant le théâtre, plus impressionnante était la quantité de… crottin. Donc on en souhaitait aux comédiens. 

 
Pas moyen de savoir si cette légende est fondée, malheureusement. Ce qui est certain, c’est que dans quantité d’autres langues du globe, on se souhaite des malheurs pour ne pas attirer la poisse. En anglais, on dit "break a leg" (casse-toi une jambe), en italien on vous souhaite de finir "dans la gueule du loup", ou mieux encore "dans le cul de la baleine !"  

 
Je vous laisse faire votre choix, amis des mots ! 

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PostPosted: Sun 18 Oct - 15:00 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Faut-il se tutoyer ou se vouvoyer ? 

 
Je le tutoie ? Ou je le vouvoie ? Parfois, cette décision est un vrai casse-tête. C’est aussi le sujet passionnant d'un livre qui a enchanté Muriel Gilbert : "Le tu et le vous : l’art français de compliquer les choses". 

 
Devine un peu de quoi je vais te parler, ami des mots… Ah pardon, oups, c’est vrai que, à la radio, on vouvoie son public. Bref, vous l’avez deviné, nous allons parler de tutoiement et de vouvoiement. Car si c’est l’un des pièges les plus pervers de notre langue pour les étrangers, ça ne veut pas dire que le choix entre tu et vous soit toujours chose facile pour les Français. 

 
J’avais déjà évoqué ce sujet. C’était l’an dernier. J’avais été carrément choquée par une barquette de couscous dont le mode d’emploi disait "retire le couvercle pour me chauffer au micro-ondes". Que de la nourriture sous plastique se permette de me tutoyer me semblait franchement déplacé. Si je parle de cette question à nouveau, c’est parce que Flammarion publie cette semaine un livre consacré tout entier à ce thème aussi épineux que rigolo. Il s’appelle Le Tu et le Vous : l’art français de compliquer les choses

 
L'usage du "tu" ou du "vous" dépend de la situation 
 
 
C’est vrai qu’on a parfois du mal à décider, avec certaines personnes ou dans certaines situations… Il y a les évidences : on tutoie les enfants, les animaux, et dans la plupart des cas sa famille (l’auteur donne quand même des exemples de familles très chics dans lesquelles les enfants vouvoient leurs parents, mais c’est de plus en plus rare). Et il y a effectivement quantité de cas où l’usage est fluctuant. "Que la solution s'impose comme une évidence ou nous plonge dans les affres du doute, il nous faut faire un choix, affirme Etienne Kern, l’auteur du livre. Et ce choix, d'emblée, nous place au cœur d'enjeux considérables, car ces tu et ces vous que nous employons (…) engagent notre relation à l'autre, dessinent notre manière de concevoir le monde, trahissent nos états d'âme."  

 
Ce n’est pas toujours conscient, mais notre choix du "tu" ou du "vous" fait l’objet de tout un tas de calculs, et c’est ce qui rend le sujet passionnant. D’ailleurs, je voulais vous parler de ma page préférée de ce livre, la page 25. C’est un schéma touffu, avec des flèches dans tous les sens, qui tente de répertorier toutes les éventualités pour vous aider à décider si vous devez tutoyer ou vouvoyer une personne. 

 
L’auteur note que le vouvoiement, y compris dans le monde professionnel, est en recul en France, comme dans pratiquement tous les pays où il existe. En Espagne, par exemple, désormais, on vous tutoie dans la plupart des commerces – sauf si vous êtes très âgé.  

 
A contrario, il y a des couples qui se vouvoient… C’est en voie de disparition, mais ça existe. D’ailleurs, devinez qui a dit : "Quand Jacques veut me mettre de mauvaise humeur, il me tutoie". Eh oui, naturellement, Bernadette Chirac ! Le couple Chirac se vouvoyait. C’est aussi le cas du couple BHL-Dombasle, ai-je appris l’autre jour en écoutant Les Grosses Têtes. Et puis il y a Stéphane Carpentier et moi – quand le micro est ouvert ! 

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PostPosted: Sat 24 Oct - 20:29 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Pestacle, infRactus, aRéoport : qu'est-ce qu'une métathèse ? 

 
Les petits, mais aussi les grands, mélangent parfois les syllabes d’un mot. Et il arrive que ces mots "inversés" entrent dans nos dictionnaires, raconte Muriel Gilbert. 

 
Amis des mots, ce sont des petits lardons de grande section de maternelle, que je viens de voir dans une série documentaire délicieuse, qui m’ont donné l’idée de vous parler de "pestacle". Ce "pestacle", ils le préparent avec les pensionnaires d’un Ehpad auxquels ils ont rendu visite tous les jours pendant six semaines, avant le Covid. Les premiers ont en moyenne 5 ans, les seconds 95 ans. 

 
On trouve ça tout mignon, quand les petiots se mélangent les pinceaux en disant "pestacle", ou bien "inoptiser" pour "hypnotiser". Mais certains adultes se trompent aussi entre aéroport et aRéoport, infarctus et infRactus, rémunérer et réNumérer. J’ai récemment découvert, dans un petit livre malin d’Alice Develey et de Jean Pruvost, Les Mots qui ont totalement changé de sens, que cette erreur porte un nom : c’est la métathèse. D’après la définition du Petit Larousse, la métathèse est, très précisément, un "déplacement de voyelles, de consonnes ou de syllabes à l’intérieur d’un mot". Par exemple, l’"ancien français formage devenu fromage". 
Formage, mousquite, espardille, berbis... 
 
 
Oui, "l’ancien formage" : ce qui est génial, c’est que la métathèse, comme toutes les erreurs, si suffisamment de gens la commettent, devient la règle. En effet, notre délicieux fromage est bien une déformation, une prononciation erronée de "formage", cette pâte que l’on prépare dans une "forme". D’ailleurs, en italien, on dit "formaggio". C’est la même mésaventure qui est arrivée au mosquito espagnol, que les Anglo-Saxons ont adopté tel quel, mosquito, mais que les francophones ont transformé en "moustique". Eh oui, le moustique devrait s’appeler "mousquite". C’est ainsi aussi que le seroual issu de l’arabe est devenu sarouel. Le caparaço et l’espardille provençaux sont devenus carapace et espadrille. La berbix latine, devenue berbis en français, s’est finalement muée en brebis. Même que la pinace, petit bateau du bassin d’Arcachon, est devenue péniche, après un passage déformant par la langue de Shakespeare ! 

 
En somme, amis des mots, les enfants, en particulier, la prochaine fois qu’on vous reprend pour avoir dit réNumérer ou iNoptiser, répondez : "ce n’est pas une erreur, c’est une métathèse". Votre interlocuteur en restera comme deux ronds de flan – ou deux flons de ran. 
  
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Ninete
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PostPosted: Sun 25 Oct - 20:52 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Langue française : pourquoi le Q ne peut pas vivre sans U 

 
La lettre Q est pratiquement toujours suivie d’un U en français. Une règle presque universelle à laquelle viennent s'opposer quelques exceptions. 

 
Aujourd’hui, je réponds à la question de Noémi, qui a 7 ans. C’est Marie-Claire, sa grand-mère, qui me dit qu’elle lui a demandé "si le coq est le seul animal qui se termine par un Q". "En y réfléchissant, je me pose une question moi aussi", dit Marie-Claire, "pourquoi le Q est-il toujours suivi d’un U en français ?" 
 
Toujours, ou presque, puisque justement le coq ne prend pas de U et le chiffre cinq non plus. Ce sont les deux seuls mots de la langue française qui comportent un Q non suivi d’un U. Les seuls autres mots qui ont cette caractéristique sont des transcriptions de langues étrangères, souvent de l’arabe ou du chinois : burqa, Qatar, Iraq.  

 
En tout cas, Noémi a raison : le coq est bien le seul animal qui se termine par un Q ! En revanche, il y a quantité de noms d’animaux qui se terminent par le son "k", comme le yack, le bouc ou le fennec, et puis il y a le moustique, le phoque ou le macaque. 

 
Un digramme aux origines latines 
 
 
Pourquoi le Q ne semble-t-il pas être capable de se passer du U en français ? C’est tellement vrai que QU est ce que les spécialistes appellent un digramme : deux lettres intimement liées pour créer un son, comme P et H pour faire le son  "f" ou O et U pour le son "ou". Pour expliquer lien entre le Q et le U il faut, une fois de plus, aller creuser jusqu’aux racines latines du français, où déjà la lettre Q n’existe qu’en conjonction avec le U, mais se prononce "kw". Le français moderne a gardé la trace de cette prononciation dans certains mots comme aquarium ou équateur. 

 
Les cas à part de la "piqûre" 

 
Vous allez me dire que ça n’est pas très logique, et vous aurez raison, mais vous savez ce qui est encore plus illogique ? Il y a un seul mot en français dans lequel Q+U se prononce non pas "k" ni "kw" mais "cu". Vous devinez ? En oui, "piqûre !". Il s’écrit traditionnellement avec cet accent circonflexe sur le U qui lui donne vraiment une drôle de trombine. 

 
Normalement, le son "ku" s’écrit en français "CU", mais comme ici nous sommes dans un mot de la famille de piquer ou pique, qui s’écrivent en QU, il semblait plus naturel que garder cette orthographe. Sauf que pour écrire piqûre, ça donnait QUU ! Il a donc été décidé de remplacer le deuxième U par un accent circonflexe. 
Et si piqûre s’écrit traditionnellement avec un accent circonflexe, cela signifie qu’on peut l’écrire sans, et ce depuis les simplifications orthographiques proposées en 1990. 

 
Pour ma part, je ne trouve pas que ce soit tellement plus simple : puisque "QU" se lit normalement "k", sans accent circonflexe sur le U, on lit "picre". Mais vous êtes libres, amis des mots, d’adopter cette orthographe qui a au moins le mérite de vous faire taper une touche de moins sur le clavier et de dessiner un petit chapeau de moins quand vous écrivez à la main !  

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