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UN BONBON SUR LA LANGUE
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Ninete



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PostPosted: Sat 23 Nov - 10:00 (2019)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

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"Les un an", "Le un an", "L’un an" : est-ce bien français ? 

 
On a beaucoup entendu parler "des un an des gilets jaunes". Impossible, explique Muriel Gilbert. 

 
Amis des mots, aujourd’hui, nous parlons d’anniversaires, et d’une erreur fréquente à leur sujet. J’ai reçu un courrier d’un lecteur, Bertrand, qui dit-il, se trouve l’être (lecteur) à la fois du Monde et de mon dernier livre Encore plus de bonbons sur la langue.  
 
A son courrier, Bertrand joint une page du journal consacrée à un bilan de la première année des "gilets jaunes" dans laquelle il a souligné une phrase. Eeeh oui, vous avez deviné : il a trouvé une faute ! La phrase était : "Le mouvement des gilets jaunes fêtera le 17 novembre ses un an".  Evidemment, on ne peut pas avoir un article pluriel suivi d’un singulier. "Ses deux ans, ses trois ans", d’accord, mais pas "ses un an" ! Pour me rassurer ou bien m’horrifier davantage, je suis allée regarder le reste de la presse et c’était paaaartout ! "Les un an des gilets jaunes"… 


Le pluriel, c'est à partir de 2
 
 
Alors pourquoi tout le monde utilise-t-il cette formule bancale ? Parce que c’est celle qu’on utilise pour tous les autres anniversaires : "on fête les trente-deux ans de mon mari", "les cinquante ans de mariage de Pépé et Mamie", on commémorera en décembre "les deux ans de la mort de Johnny" - mais "les un an", non !Bien entendu, on ne peut quand même pas dire "le un an"… Ni "l’un an". Que faire ? Eh bien, c’est un de ces cas où il est préférable de chercher une autre façon de dire les choses. Comme le suggère mon correspondant trouveur de faute, on aurait très bien pu écrire "le mouvement des gilets jaunes fête son premier anniversaire". Et voilà, hop, élégance et simplicité, bravo Bertrand. On aurait pu dire aussi "sa première année".

Dans le même genre, on évitera de dire "Il me toise du haut de ses 1,90 m", on préférera "de son mètre 90". Du haut de ses 2 mètres, mais du haut de son mètre 98, le pluriel, je le rappelle, c’est à partir de 2. De même, nous rappelle la Banque de dépannage linguistique québécoise sur son site Internet, on ne parlera pas "des 1 % les plus riches de la population" mais "du 1 % le plus riche".


Rappel : "Bon anniversaire" est masculin !


Et encore une petite chose : cette chronique est dédiée à mon adorable neveu Lucas. Il n’est pas encore très fort en orthographe, mais le week-end dernier, bien que la presse n’en ait pas parlé, il fêtait lui aussi non ses un an mais son premier anniversaire. Bon anniversaire, Lucas !

J’en profite pour glisser une petite révision (enseigner, c’est répéter !) : anniversaire est masculin, donc "bon anniversaire", c’est B.O.N. Et, si le cœur vous en dit, amis des mots, on se retrouve cet après-midi à 14 h 30 au château de Plaisir, dans les Yvelines, pour une conférence "La langue française dans tous ses états !"
 
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PostPosted: Sat 23 Nov - 10:00 (2019)    Post subject: Publicité

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Ninete
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PostPosted: Mon 25 Nov - 10:10 (2019)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Les Mémoires de De Gaulle ? Quand la particule bégaie 

 
Pourquoi dit-on "de Gaulle" mais pas "de Richelieu" ? Muriel Gilbert fait le point sur les usages étranges de la particule nobiliaire. 

 
Amis des mots, aujourd’hui nous faisons dans le Bonbon classieux. C’est un mien auditeur répondant au prénom de Bertrand qui m’en donne l’occasion. "Bonjour Muriel, m’écrit-il à mon adresse langue@rtl.fr, je suis avec passion vos chroniques 'Un bonbon sur la langue' - merci, cher Bertrand – et je voudrais vous faire part d'une suggestion de chronique : pourriez-vous, s'il vous plaît, faire un point sur les noms propres à particule ? En effet, je suis directement concerné et je vois sans cesse un mauvais usage de mon nom."  

 
D’abord, notre auditeur me "supplie d'indiquer à tout personnel administratif qu'on ne doit pas tenir compte de la particule pour le classement alphabétique". Ainsi, explique-t-il, je ne dois pas être classé à "D" sur les listes électorales mais bien à "V" (de même qu'on ne classe pas Mme de Sévigné à "D" dans une bibliothèque mais bien à "S").  

 
Mais surtout, il y a quantité de cas où la tradition veut que la particule disparaisse. Accrochez-vous, car c’est délicieusement alambiqué. Il y a longtemps que je voulais traiter le sujet, rigolo comme tout, mais j’avais reculé plusieurs fois parce qu’il est si difficile de trouver de véritables règles. Ce sont davantage des usages, et qui restent relativement flous. 

 
Particule ou pas de particule ? 
 
 
En gros, la particule nobiliaire "de" (la "particule onomastique", disent les spécialistes) est, au départ, fort simplement une préposition qui marque l’origine de la personne. Cette préposition "de" s’écrit donc très logiquement en minuscule. Quand la particule disparaît-elle ? C’est tout le charme de la chose. Pas de particule quand on prononce le nom de famille sans le prénom ou fonction ("Richelieu fut le principal ministre de Louis XIII", mais "le cardinal de Richelieu"). En revanche, on la conserve quand le nom ne comporte qu’une syllabe sonore. C’est pourquoi on dit "de Gaulle fut un grand général" et non "Gaulle fut un grand général" (minuscule à de, je le répète). 

 
Et bien entendu il y a encore des exceptions ! Les noms qui commencent par une voyelle, comme "Ormesson", gardent eux aussi leur particule, même s’ils ont plusieurs syllabes. On dit donc bien "un livre de d’Ormesson", "un livre de De Gaulle" (avec "de De", pour éviter que l’on croie à un bégaiement de clavier, on peut mettre une majuscule au deuxième de !) Mais attention, "on invite les Ormesson à dîner", tandis qu’on "invite les de Gaulle". Le journal Le Monde parlait de "l’affaire Rugy", sans particule, puisque le nom a deux syllabes. Sauf que… j’ai entendu à l’époque, sur RTL, François de Rugy parler lui-même d’"affaire DE Rugy". 
Vous savez quoi ? C’est si compliqué que même les gens qui portent une particule ne savent pas toujours comment s’en servir ! 

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La règle d'or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu'une partie de la vérité et sous des angles différents.


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Omphale


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PostPosted: Wed 27 Nov - 18:17 (2019)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Okay le tout est de s'en souvenir ou de trouver une formule dont on est sûr du genre "son premier anniversaire" quant aux particules je ne me suis jamais vraiment posé la question, je ne parle quasiment jamais de Richelieu  Very Happy
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"attends d'avoir traversé la rivière avant de dire que le crocodile a une sale gueule" (Joseph Andjou)


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Ninete
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PostPosted: Mon 2 Dec - 10:45 (2019)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Con comme la Lune ? Mais pourquoi elle ? 

 
Les expressions françaises sont des délices d’inventivité et d’humour. Muriel Gilbert revient sur d’étonnantes comparaisons. 

 
Vous savez, amis des mots, que j’adore les expressions. Elles sont pour moi les bonbons suprêmes de la langue, de véritables délices de drôlerie et d’expressivité – au point que j’ai commis moi-même deux livres sur les expressions de tous les pays, Quand le pou éternuera et Que votre moustache pousse comme la broussaille ! (éd. Ateliers Henry Dougier) 

 
Ce sont des expressions qui existent, ça ? Eh oui ! "Quand le pou éternuera" veut dire "Quand les poules auront des dents" en Ukraine, et "Que votre moustache pousse comme la broussaille", c’est "A vos souhaits" en Mongolie ! Mais la langue française ne manque pas de fantaisie, elle non plus. Catherine Guennec et Jean-Jacques Delattre viennent de publier chez First un petit livre génial qui s’appelle Con comme la Lune – et 99 autres comparaisons (vraiment) inattendues. J’adore ! 
C’est vrai, c’est bizarre, pourquoi "comme la Lune", la pauvre ? D’après les auteurs, "la Lune évoque un visage rond, sans expression, associé à la balourdise, voire au dérangement mental" et la pleine lune rappelle "en argot le postérieur, une partie du corps mal considérée, comme les pieds, opposée à la tête, siège de l’intelligence". Mais l’astre nocturne n’est pas le seul à faire les frais des expressions populaires.  

 
De multiples "con-paraison" 
 
 
On dit aussi "con comme un manche", "comme un balai", bien sûr, et les deux auteurs répertorient des "con-paraisons" plus rares : "con comme un adjoint, comme un bocal, con comme un petit coin sans i" - celle-là, elle est quasiment littéraire, je l’adopte ! Evidemment, le livre fourmille d’autres comparaisons délirantes. Pourquoi dit-on "frais comme un gardon" ? Frédéric Dard disait "frais comme un nez de chien". Pour les fans de bêtes à truffe comme moi, c’est une perle. Il y a aussi "moche comme un pou". Là, on comprend l’idée : un pou, c’est pas ce qu’il y a de plus glamour, mais je préfère l’invention d’Eric-Emmanuel Schmitt qui écrit "moche comme une machine à laver qui vous lâche quand vous en avez besoin" (spéciale dédicace à mon éditeur, celle-là, Grégory Martin, c’est pour vous). 

 
Une aubaine pour les créatifs 

 
Mais tenez, pourquoi dit-on "beau comme un camion" ? Au féminin, j’ai découvert "belle comme une tractopelle". Et puis il y a les créations, toujours poétiques, celle de Paul Morand "belle comme la femme d’un autre", et celle d’Alain Bashung "belle comme un pétard qu’attend plus qu’une allumette". 
 
Vous voyez, les expressions, c’est étrange, à la fois il ne faut pas se tromper quand on les utilise (on dit "bête comme ses pieds", pas "imbécile comme ses pieds")… mais en même temps, si on a envie d’être créatif, on peut sans cesse en inventer de nouvelles. Finalement, vous savez quoi ? C’est simple comme bonjour. En somme, c’est bête comme chou ! 

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Ninete
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PostPosted: Mon 2 Dec - 10:49 (2019)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Crac, boum, hue : petite histoire des onomatopées 

 
Boum, paf, snif, crac, cot-cot… aujourd’hui, Muriel Gilbert nous parle de ces mots rigolos et pas toujours répertoriés dans les dictionnaires : les onomatopées. 

 
Aujourd’hui, amis des mots, je vous parle de ces mots rigolos et pas toujours répertoriés dans les dictionnaires : les onomatopées. L’onomatopée, du grec "onoma" (le mot) et "poïa"(fabrication), est selon Larousse.fr "le processus permettant la création de mots dont le signifiant [le son du mot en lui-même] est étroitement lié à la perception acoustique des sons". 

 
Mais encore ? Eh bien, disons : boum, tictac, paf, snif, crac, pof, ouah-ouah, miaou, cot-cot, aïe, pschitt, areuh-areuh, gla-gla ou même prout ! Ce qui m’a donné l’idée de vous en parler, c’est une lettre informatique (pour ne pas dire une newsletter) passionnante à laquelle je suis abonnée et qui s’appelle "Sur le bout des langues". Cette lettre, qui a également le mérite d’être gratuite, est l’œuvre d’un journaliste de L’Express, Michel Feltin-Palas, passionné de mots et de langues, et défenseur de toutes les langues de France. 

 
Il est aussi fan d’onomatopées, on dirait… en tout cas, il leur a consacré l’un des derniers numéros de sa lettre. Et il nous fait remarquer cette chose aussi curieuse que délicieuse : alors que les onomatopées sont censées reproduire le son qu’elles désignent (coin-coin, cot-cot-cot, boum, vlan !), elles sont souvent très différentes d’une langue à l’autre. 

 
Des onomatopées différentes selon les régions 
 
 
"Comment expliquer, s’étonne Michel Feltin-Palas, que coin-coin puisse donner vak vak en turc et bat'bat en arabe d'Algérie ? Ou que notre cocorico devienne chicchirichi en italien, kikeriki en allemand et cock-a-doodledo en anglais ?" Mais le plus étonnant, c’est qu’en français même, on trouve des onomatopées différentes, selon les régions et les époques. C’est ainsi qu’il fut un temps où les tirs d’artillerie faisaient "boudou" quand ils font "boum" aujourd’hui, et où les grenouilles faisaient "mouac" au lieu de "coa-coa".  En Belgique beurk se dit bêêk, tandis qu’en Suisse romande aïe se dit ayo – c’est bon à savoir avant de se lancer sur les pentes neigeuses helvétiques, par exemple. Et sans doute qu’il vous arrive aussi d’éternuer… Eh bien, si cela vous arrive au Québec, faites en sorte de dire apitchou au lieu d’atchoum.  

 
Ne dites plus "miam-miam" 

 
Et, tant que vous serez dans la Belle Province, gardez-vous de vous exclamer miam-miam quand on vous servira une typique poutine ou un délicieux sandwich à la viande de caribou séchée. Dites mioum-mioum. Et si par mégarde vous faites tomber votre fourchette ne dites pas badaboum mais béding bédang. 

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Omphale


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PostPosted: Mon 2 Dec - 18:03 (2019)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

on peut dire aussi con comme une valise sans poignées
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Ninete
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PostPosted: Mon 2 Dec - 22:59 (2019)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Mort de Rire
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Ninete
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PostPosted: Sun 8 Dec - 11:46 (2019)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

"Elle s’est servi" ou "s’est servie" : comment maîtriser le participe passé ? 

 
Elle s’est servie ou elle s’est servi ? Muriel Gilbert nous donne son truc pour éviter ce piège du participe passé. 

 
Aujourd’hui, amis des mots, je reviens sur les bonnes blagues du participe passé, à la suite d’une question de Maud, sur langue@rtl.fr. Elle hésite sur l’accord du participe passé dans la phrase : "Elle s’est servi(e) des lettres de telle ou telle personne." 

 
Servi ou servie ? Ce qui complique cet accord, c’est que "se servir" a plusieurs sens et plusieurs utilisations différentes : si je me sers des pâtes, on le sent bien, intuitivement, ce n’est pas le même sens que si je me sers d’un stylo. Si je sers d’interlocutrice à Stéphane Carpentier, ce n’est pas le même sens que si je lui sers un café. (Ni la même chose que si je lui serre la main, mais n’embrouillons pas tout, déjà que c’est un peu compliqué : je vous serre la main, c’est le verbe serrer, tandis que si je vous sers un café ou si je vous sers de souffre-douleur, bien entendu, c’est le verbe servir !) 

 
Revenons à nos moutons... de service. "Se servir" s’accorde ou non selon le sens et la construction de la phrase. On peut se servir de quelque chose dans le sens de l’utiliser (se servir d’une brosse, l’utiliser pour se brosser les cheveux, se servir d’un marteau pour planter un clou), et on peut se servir quelque chose (se servir de l’eau, dans un verre, se servir un dessert). Le sens est différent, donc l’accord est différent.  

 
Les accords du participe passé 
 
 
Voici ce que nous dit Larousse.fr sur la question. Dans le cas de se servir de quelque chose (ou en quelque chose, qui est plus rare) : "le participe passé s'accorde : elle s'est servie du marteau" (servie IE, on accorde avec le pronom réfléchi s’, mis pour elle, féminin singulier). De même, dans le cas de "elles se sont servies en viande plusieurs fois" (servies IES, accord féminin pluriel). Et quand c’est "se servir" comme dans "se servir du vin ou des pâtes" ? Quand on se sert quelque chose "le pronom réfléchi (se) est alors complément indirect, donc le participe ne s'accorde pas : elles se sont servi du vin (= elles ont servi du vin à qui ? à elles-mêmes, indirect, donc servi I)." 

 
Petit moyen mnémotechnique 

 
Pour répondre à Maud : "Elle s’est servie des lettres", elle les a utilisées, donc on accorde au féminin, serviE… La seule façon d’imaginer ici un servi I, ce serait qu’elle se soit servi des lettres, au sens de mettre des lettres sans son assiette pour les manger, peut-être sous forme de ces petites pâtes mignonnes qu’on met parfois dans le potage, alors là, ce serait… servi I.  
 
Pfouh, comment mémoriser tout ça ?!, vous entends-je soupirer. Pour vous aider, j’ai une petite recette pâtissière allégée : "Elle s’est servi du gâteau sans œufs" (sans E à servi), mais "Elle s’est servie du marteau", IE (le marteau, c’est plus lourd que le gâteau). Bon évidemment, vous l’avez compris, si par extraordinaire elle se sert du gâteau pour repeindre les murs ou pour cacher une bague, à la manière de Peau d’Ane, bref si elle s’en sert au sens de l’"utiliser pour", alors c’est un gâteau aux œufs (avec la lettre e à servi) ! Retenez "Elle s’est servi du gâteau… mais elle s’est serviE du marteau." 

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Ninete
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PostPosted: Sat 21 Dec - 11:23 (2019)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Serpillière, châtaignier...Tous ces i que l'on oublie 

 
Muriel Gilbert remonte jusqu'au Moyen Âge pour remettre les points sur le "i", trop souvent oubliés dans certains mots. 

 
Le i… J’adore cette voyelle, rigolote comme tout, avec son petit point en l’air, que d’ailleurs elle n’avait pas à la naissance, figurez-vous. On le lui a attribué au Moyen Âge (deux majuscules mais pas de trait d’union à Moyen Âge, petite révision en passant), donc on a eu cette brillante idée de mettre un point sur le i au Moyen Âge parce que, dans l’écriture manuelle, on avait tendance à le confondre avec d’autres lettres : un i sans point à côté d’un u, quand on écrit à la main… ça se confond ! 

 
Bref, voilà : un petit point, problème réglé. Pourtant le i cause encore des erreurs que je corrige fréquemment sous la plume des journalistes du Monde - mais eux, ils ont de la chance, ils ont une correctrice pour leur remettre les i d’aplomb. Et je suppose que, si les journalistes oublient ces i, les auditeurs de RTL doivent également se faire piéger parfois. 

 
Les "i" qu'on n'entend pas 

 
Donc allons-y ! Quels sont ces i que l’on oublie ? Eh bien ce sont des i qui ne s’entendent pas. Comme dans serpillière, par exemple… "J’entends bien un i dans serpillière !", me direz-vous. Vous en entendez un, mais il y en a deux. Un avant les deux L, un après. Et c’est le deuxième que tout le monde oublie. On pourrait presque prononcer "serpilière"… Mais l’usage veut qu’on prononce bien "serpiyère" ! 
 
 
 
C’est la même chose avec quincaillier. On oublie souvent le troisième i, qui vient après les deux L. Idem pour joaillier, un i avant les deux L, un i après. Bon, pour tous ces mots-là, la réforme de l’orthographe de 1990 est une fois de plus magnanime : elle vous permet d’oublier ces i qu’on n’entend pas, et ça en arrange plus d’un.  
  
Mais bien sûr, il y a des exemples où l’on n’a pas le choix… Dans le mot "châtaignier", par exemple, qui souffre lui aussi d’un oubli fréquent de son deuxième i : châtaignier (IGNIER). C’est bizarre, parce que G + N, ça fait déjà "gne"… Et d’ailleurs "châtaigne" ne prend pas ce deuxième i ; c’est pour cela qu’il est bien compréhensible que quantité de gens l’oublient quand il s’agit d’écrire le nom de l’arbre. 

 
Le suffixe "-ier" pour former le nom des arbres 

 
Même chose avec un autre végétal aux fruits délicieux : le groseillier. ILLIER. Pour ces mots, pas le choix, la réforme de l’orthographe n’est pas passée par là. En revanche, bonne nouvelle : il y a une raison logique à ce deuxième i, et dès que vous la connaîtrez, je vous promets que vous ne l’oublierez plus : "I.E.R" est le suffixe qui permet de former le nom des arbres, à partir du nom du fruit : pomme/pommIER, poire/poirIER, donc châtaigne/châtaignIER, groseille/groseillIER, etc. 
 
 Muriel Gilbert - RTLédité par Chloé Richard-Le Bris 
 
 
 
 

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PostPosted: Mon 23 Dec - 10:13 (2019)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Du "cadet de Gascogne" au "cadeau de Noël", découvrez l'histoire du mot "cadeau" 

 
Hier, Muriel Gilbert nous proposait des idées cadeaux de Noël ; aujourd’hui, elle nous offre l’histoire du mot "cadeau". 

 
En emballant mes cadeaux, cette semaine (ou plutôt, pardon, en aidant le Père Noël à emballer ses cadeaux), je me suis demandé d’où venait le mot "cadeau". Figurez-vous que c’est surprenant. Vous vous souvenez, il y a quelques semaines, nous avons parlé de l’étymologie du mot cadet, qui désigne le deuxième enfant d’une famille, ou celui qui suit n’importe quel enfant (mon frère cadet étant celui qui est né juste après moi). Vous vous souvenez peut-être aussi que le mot "cadet" vient du gascon "capdet", ou "capdel", qui voulait dire "chef, capitaine". J’avais expliqué que "les chefs gascons venus servir dans les armées des rois de France au XVe siècle étaient souvent les [deuxièmes] fils de familles nobles", les fils cadets, donc, et c’est ainsi que, dans la langue française, on est passé des cadets de Gascogne aux cadets de la famille. 

 
Une histoire qui remonte au XVe siècle 
 
 
Mais comment en arrive-t-on au cadeau de Noël ? J’ai trouvé l’explication, comme celle de "cadet", d’ailleurs, dans le Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey, aux éditions Le Robert. Tous ces mots sont des descendants du latin caput, la "tête" (des hommes ou des animaux), caput qui a donné "chef" en français. Quand on dit "il opine du chef" ou "couvre-chef", "chef" a encore vraiment ce sens de "tête". Par extension, le mot a désigné quantité de choses, notamment ce qui vient "en tête" : celui qui commande la troupe, mais aussi la cime, le haut, le début. On parle de l’en-tête d’une lettre, de la tête d’un train, de la tête d’un chapitre, ou encore d’un mot placé en tête de phrase… Et de là on va arriver au cadeau de Noël ? De là, oui, justement : de la tête de chapitre ! Le mot cadeau remonte en français au XVe siècle. Sous la forme "cadel", il a d’abord désigné la lettre "capitale" (on retrouve encore le caput latin dans capitale) placée en tête de chapitre des manuscrits enluminés. Ces lettres étaient magnifiquement ornées, avec quantité de dessins et de fioritures.  

 
"Cadeau", du verbe "cadeauter" 

 
Un cadel, c’était donc une lettre ornée en début de chapitre. Et selon certains spécialistes de l’étymologie, "cadeaux" était le pluriel de "cadel", puis la prononciation du pluriel l’a emporté sur celle du singulier, et on s’est mis à dire : "un cadeau, des cadeaux".  De la lettre enluminée, au XVIIe siècle, le sens du mot s’est étendu aux discours inutilement enjolivés et emberlificotés, puis (suivez-moi bien !) le sens a encore évolué pour qualifier des choses précieuses mais inutiles, et "de là, par extension, le mot a pris son sens actuel de “ce que l’on offre à quelqu’un pour faire plaisir". Et le mot cadeau a même ensuite donné naissance à un verbe, qui n’est plus employé pour le moment qu’en Afrique francophone mais qui mériterait de l’être partout dans le monde : cadeauter. C’est joli, non ? Joyeux Noël, amis des mots ! 

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PostPosted: Sun 29 Dec - 15:50 (2019)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

La subtilité du verbe "Ouïr" : Oyez Morel et Devos 

 
En cette période de fêtes, Muriel Gilbert nous parle d’oie - pas d’oie à foie gras - d’oie qui oit, à la mode François Morel et Raymond Devos. 

 
Vous allez voir, amis des mots, que c’est un vrai bonbon sur la langue française que je vous offre ce matin. L’idée m’en est venue la semaine passée, quand Stéphane Carpentier m’a dit, en lançant ma chronique, qu’il était "tout ouïe". Je me suis dit, tiens, c’est bizarre, ce mot, "ouïe", ça se prononce comme le oui de oui ou non, mais ça s’écrit de manière alambiquée, avec un mignon tréma sur le i et un e muet final. Et puis, l’ouïe, ça désigne à la fois l’audition et un organe des poissons.  

 
J’étais bien décidée à me lancer dans une investigation approfondie. Et puis paf, quasiment en sortant de RTL, je vais voir le spectacle de François Morel en hommage à Raymond Devos, qui s’appelle J’ai des doutes. Vous savez, parfois, la langue française vous fait des signes, enfin, moi, elle m’en fait ! Et voilà que, tout au début du spectacle, un délice de jonglage de mots et de musique, évidemment, avec ces deux sorciers de l’humour et de la poésie, Morel et son complice Antoine Sahler se mettent à chanter ce célèbre sketch de Raymond Devos sur le verbe ouïr.  

 
Souvenez-vous, il y évoque notamment les oies, en cette période de fêtes où le goût des Français pour le foie gras leur fait passer quelques mauvais quarts d’heure. "Le verbe ouïr, au présent, ça fait j’ois (…), disait Devos. J’ois, tu ois, il oit (…). Et qu’oit l’oie ? Elle oit ce que toute oie oit. Et qu’oit toute oie ? Quand mon chien aboie le soir au fond des bois, toute oie oit ouah-ouah".  

 
Des verbes défectifs 
 
 
Eh oui, ouïr, est un verbe très difficile à conjuguer. C’est exactement ce qui amusait Devos. En fait, c’est ce que l’on appelle un "verbe défectif", un verbe en voie de disparition, de plus en plus souvent remplacé par entendre, et qui n’existe plus qu’à certains temps et dans certaines utilisations figées. On ne dit plus, notamment, "j’ois, tu ois, il oit". En revanche, on dit encore, mais plutôt par plaisanterie, "oyez braves gens", "par ouï-dire", "j’ai ouï dire", ou ce que me disait Stéphane la semaine passée : "je suis tout ouïe" - mais là bien sûr, ce n’est pas le verbe, c’est le nom, l’ouïe, qui lui s’utilise encore, en concurrence avec son synonyme l’audition. 

 
Et pour les poissons ? 

 
Et les ouïes des poissons, au fait ? Eh bien figurez-vous que les ouïes des poissons ont la même provenance, parce que ces deux fentes qui se trouvent de chaque côté de leur tête ont été prises pour des oreilles.  
 
Quant au spectacle de François Morel, il s’appelle J’ai des doutes, et oyez, braves gens, je n’ai aucun doute que vous comblerez tout ami des mots à qui vous offrirez le bonheur d’y assister. Rouen, Agen, Toulon, Cahors, Saint-Malo, Rambouillet, Sainte-Maxime, il est en tournée dans toute la France : vous allez vous régaler ! 
 
 
 
 
 

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Ninete
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PostPosted: Sat 4 Jan - 14:10 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Grève, chômage, travail : ce que l'étymologie de ces mots nous dit 

 
Pour fêter un mois de grève contre la réforme des retraites, Muriel Gilbert propose de décortiquer les mots autour du travail... et leur étymologie en dit beaucoup ! 

 
De la grève sur laquelle on se promène en admirant le coucher de soleil rencontre la grève du mouvement social, c'est une belle balade étymologique. L’autre jour, amis des mots, je m’occupais de ce qu’on appelle le "bouclage de la une" du journal Le Monde, où je vérifiais qu’il ne restait pas une grosse fofôte quelque part, et soudain, la rédactrice en chef qui était à côté de moi me demande : "Y aurait pas un synonyme de grève, par hasard ?" 

 
La question peut sembler saugrenue, mais étant donné l’actualité, le mot revenait plusieurs fois dans la page, ce qui occasionnait des répétitions – or, en français, on n’aime pas les répétitions. J’ai fait ma maligne, en répondant : "Comme synonyme de grève, il y a bien plage, mais dans le contexte, je ne suis pas sûre que ça convienne." En effet, quand on dit que quelqu’un marche "sur la grève", c’est bien au bord de l’eau qu’il se balade. Et figurez-vous que l’étymologie du mot est la même !  

 
Le mot grève est arrivé en français au XIIe siècle, issu du latin grava, qui désigne "le gravier, le sable". Le lien entre le bord d’un cours d’eau ou de la mer et la cessation volontaire d’activité "remonte au XIXe siècle, nous apprend le dictionnaire Antidote, lorsque les ouvriers de Paris à la recherche de travail avaient l’habitude de se réunir sur la place de Grève, une grève sur la Seine, pour se faire embaucher." C’est l’endroit qui est devenu la place de l’Hôtel-de-Ville aujourd’hui. L’expression être en grève a alors été créée pour signifier ‘chercher du travail’. Et ce sens a glissé au milieu du XIXe siècle vers 'cesser collectivement de travailler pour faire valoir ses revendications'." 

 
En somme, l’expression "être en grève" a d’abord signifié "être au chômage"... Quant au chômage, il a lui aussi une origine surprenante. Au départ, il n’était qu’une "indication météorologique, explique Sylvie Brunet dans son petit livre Les Mots aux origines étonnantes (chez First), puisque ce mot, chômage, venu du latin au XIIe siècle, remonte en fait au grec kauma, qui désignait une chaleur très forte. Trop forte pour accomplir les travaux des champs, d’où le fait que les paysans se reposaient à ces heures brûlantes : ils chômaient. Puis, de cette idée de ne pas travailler, on est passé à celle de ne pas avoir de travail, sens moderne qui s’est répandu dans la société au XIXe siècle." 

 
Donc la grève, c’est la plage, le chômage, c’est la canicule. On se croirait en vacances, non ? Mais il me reste à vous rappeler que le mot travail a été formé à partir du latin tripalium, qui désigne un instrument de torture à trois pieux (tri-palium). J’ignore si cette conclusion est de nature à donner envie aux grévistes de reprendre le travail ! Allez, aujourd’hui, c’est samedi, de toute façon, on se repose. 
 
 
 

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Omphale


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PostPosted: Sat 4 Jan - 18:18 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

vaste et riche sujet propre à nous instruire dans l'usage compliqué de notre belle langue française, le tout est d'en retenir les délicates subtilités
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Ninete
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PostPosted: Sun 5 Jan - 18:14 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

De la grève au gréviste : quand l’accent grave devient aigu 

 
Pourquoi la grève prend-elle un accent grave quand le gréviste prend un accent aigu ? Muriel Gilbert se penche sur ces mots qui n’ont pas les mêmes accents que ceux de leur famille… 

 
Depuis quelques semaines, quand on ne parle pas de cadeaux ou de champagne, on ne parle que de grève et de grévistes. Et comme bien souvent, je suis sollicitée pour répondre à des questions soulevées par l’actualité… Bien sûr, on ne m’interroge pas sur ce que je pense de la grève, mais sur son orthographe. Un journaliste me demandait l’autre jour dans quel sens on mettait l’accent sur gréviste. Quand j’ai répondu que c’était un accent aigu, il a soupiré, comme si c’était ma faute : "Mais sur grève, c’est un accent grave !" Eh bien oui. 
 
C’est vrai que ça ne semble pas logique. "Grève/gréviste" : c’est pourtant la même racine… Mais il y a quantité de mots qui se comportent de cette manière surprenante, et qui ne portent pas le même accent que d’autres mots de leur famille. On écrit célèbre mais célébrité, zèbre mais zébrure, intègre mais intégrité ou intégral, collège mais collégien, prospère mais prospérité, etc. – de même que grève donne gréviste. 

 
Alors comment décider quel est le bon accent ? D’abord, la différence, dans bien des cas, vous l’entendez : on dit "collégien", pas "collègien", "gréviste", pas "grèviste". L’accent aigu n’existe que sur le e, en français. L’accent grave, qui lui peut se trouver sur le u et le a, ne se trouve jamais ni en première lettre ni en dernière lettre d’un mot, à la différence de l’accent aigu. Il représente, quand il porte sur un e, un son plus ouvert et plus long que l’accent aigu.  

 
La clef pour ne plus se tromper 

 
Mais si la différence de sonorité ne suffit pas, et parfois il est vrai qu’il est difficile de décider, alors il y a une règle, et pour une fois elle est simplissime : quand le e qui vous pose un problème d’accent est suivi par une syllabe muette, donc comporte un e muet, alors c’est un accent grave que vous devez mettre. Si la syllabe qui suit est sonore, donc tout sauf un e muet, alors c’est un accent aigu. Dans grève, la syllabe qui suit le e accentué est muette (ve), donc e accent grave (grève)… 
  
Alors que pour gréviste, la syllabe qui suit le e est "vi", donc sonore : gréviste prend bien un accent aigu, de même que mystère donne mystérieux, fièvre donne fiévreux, élève donne élévation, etc. Et pour vous souvenir de cette petite règle, je vous propose mon truc, c’est un truc de bavarde, donc ça marche bien pour moi – pour moi, "être muette, c’est grave" : si la syllabe qui suit le e est muette, c’est un accent grave qu’il faut ! Sinon, c’est l’accent aigu. 
"Muette, c’est grave" : avec ça, plus moyen de se tromper ! 

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Omphale


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PostPosted: Sun 5 Jan - 18:51 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

excellent moyen mnémotechnique même si à l'oreille on arrive à distinguer le grave de l'aigu
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Ninete
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PostPosted: Sat 11 Jan - 18:08 (2020)    Post subject: UN BONBON SUR LA LANGUE Reply with quote

Le français sans orthographe ? 

 
Enseigner le français phonétiquement, c’est l’idée des linguistes qui ont mis au point l’"alfonic". Le point sur cette méthode avec Muriel Gilbert. 

 
Amis des mots, il faut que je vous avoue que je suis troublée… C’est que j’ai reçu un livre qui m’a un brin désarçonnée. Il s’appelle Alfonic – Ecrire sans panique le français sans orthographe. Pour moi qui suis constituée à 80 % d’orthographe, vous vous en doutez  ce n’est pas un titre très engageant ! Mais figurez-vous que j’y ai appris plein de choses. Commençons par le commencement. Pourquoi a-t-on créé l’orthographe ? En effet, il fut un temps où elle n’existait pas et où chacun écrivait comme bon lui semblait – enfin ceux qui savaient écrire et qui étaient fort peu nombreux. 

 
Est-ce que je distingue dans votre œil, amis des mots, comme une lueur de regret d’être nés trop tard ? Alors peut-être que ce livre vous ouvrira des perspectives. Le linguiste François-Xavier Nève y présente ce qu’il décrit comme "à la fois un outil et un jeu", baptisé "alfonic". L’idée, c’est que "L’orthographe a imposé une norme bien utile pour se comprendre, mais [que] l’évolution orale de la langue a provoqué un décalage avec son écriture, devenue très compliquée".  

 
Le français a conservé, et parfois ajouté, sous l’influence de linguistes latinophiles des siècles passés, quantité de graphies qui rendent l’orthographe hyper-complexe. D’autres langues ont fait d’autres choix, et s’écrivent quasiment comme elles se prononcent – c’est le cas de l’espagnol, par exemple. L’alfonic est une écriture totalement phonétique : os s’écrit "os", dormir s’écrit "dormir", parc s’écrit "parc" et truc s’écrit "truc", puisque ces mots (oui, il y en a !) s’écrivent déjà comme ils se prononcent. Mais oui, par exemple, s’écrit "wi", toi "twa", habiter "abité", etc. 

 
L'orthographe magnifiquement compliqué du français 

 
L’idée n’est pas de remplacer l’orthographe magnifiquement compliquée du français. C’est d’utiliser l’alfonic comme un marchepied, une étape de l’apprentissage, un dépannage. Ensuite, on ajoute la couche décorative de l’orthographe, avec forcément quelques "incidents de parcours, avoue dans la postface la grande linguiste Henriette Walter, mais qui sont, pour l’enseignant, l’occasion rêvée de commenter avec humour, et anecdotes à l’appui, les étonnantes fantaisies que la longue histoire du français a perpétuées dans son orthographe".  
  
Finalement, c’est un peu ce que je fais sans cesse ! Et, toujours selon Henriette Walter, le résultat, c’est "une incroyable et irrésistible fascination des enfants devant cette orthographe un peu folle, avec ses formes alambiquées" qu’ils assimilent à un jeu, et les voilà propulsés "comme par enchantement, dans la peau de futurs champions passionnés des concours d’orthographe !". Là, quand même, je demande à voir… En tout cas ça mérite de se pencher dessus. Vous trouverez toutes les infos sur le sujet sur Alfonic.org – comme ça se prononce, bien sûr ! 

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