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(973) GUYANE
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saintluc
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MessagePosté le: Ven 7 Juil - 10:47 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE Répondre en citant

La Guyane (Lagwiyann, Lagwiyàn, Gwiyann et Gwiyàn en créole guyanais) est une région et un département français situé en Amérique du Sud. Les compétences de ces deux niveaux de collectivité sont exercées dans le cadre d'une collectivité territoriale unique dont l'organe délibérant est l'assemblée de Guyane. Son code Insee est le 973. Avec une superficie de 83 846 km2 et une population de 252 338 habitants (2014), la Guyane est la deuxième région de France en termes de superficie et la deuxième moins peuplée (après Mayotte). C'est également le département le plus boisé, 98 % du territoire étant couvert d'une forêt équatoriale qui reste parmi les plus riches et les moins écologiquement fragmentées du monde.

Les premières installations françaises commencent en 1503, mais la présence française ne devient réellement durable qu'à partir de 1643 et la fondation de Cayenne. La Guyane devient alors une colonie esclavagiste et voit sa population progresser jusqu'à l'abolition officielle de l'esclavage au moment de la révolution française.
Elle accède temporairement au statut de département français à partir de 1797 mais est progressivement transformée en colonie pénale avec l'instauration du bagne. Il s'agit plus précisément d'un réseau de camps et de pénitenciers répartis sur l'ensemble de la côte guyanaise dans lesquels les détenus sont condamnés aux travaux forcés.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le Guyanais Félix Éboué est un des premiers à se ranger derrière le général de Gaulle dès le 18 juin 1940. La Guyane rallie officiellement la France combattante en 1943.[réf. souhaitée] Elle abandonne définitivement son statut de colonie et redevient un département français en 1946. De Gaulle, devenu président, décide d'y établir le centre spatial guyanais à partir de 1965. Il est aujourd'hui exploité par le Centre national d'études spatiales (CNES), Arianespace et l'Agence spatiale européenne (ESA).
Le territoire guyanais fait partie des neuf régions ultrapériphériques (RUP) de l'Union européenne. C'est le seul territoire continental de France et de l'Union européenne en Amérique du Sud et le dernier territoire français en Amérique continentale.
La limite de la partie du plateau continental sur laquelle la France dispose d'un droit exclusif d'exploitation y a été étendue à 350 milles marins des côtes en 2015 après l'avis favorable de l'Organisation des Nations unies, la ZEE s'étendant toujours jusqu'à 200 milles nautiques concernant les ressources halieutiques et biologiques.

Comme de nombreux noms de lieux de Guyane, le nom Guyane est d'origine amérindienne. Il signifie « terre d'eaux abondantes » en arawak. Une variante désuète du nom en français s'écrivait avec deux n : « Guyanne ». Cependant, elle n'est en rien une nouvelle Guyenne.
Le nom officiel de la région est « Guyane ». L'ajout de l'adjectif « française » dans les dénominations courantes est une commodité de langage issue de la période de la colonisation et aujourd'hui obsolète dans la mesure où il n'y a plus à notre époque en français d'ambiguïté quant à la Guyane considérée. Historiquement, il a existé plusieurs autres Guyanes :
Guyane britannique (Guyana)
Guyane espagnole (Guyane vénézuélienne et Guayana Esequiba)
Guyane néerlandaise (Suriname)
Guyane portugaise (Amapá)
Ces Guyanes s'intègrent au sein du plateau des Guyanes, ensemble géographique délimité au nord et à l'ouest par le fleuve Orénoque au Venezuela, au nord et à l'est par l'Océan Atlantique, au sud et à l'est, au Brésil, par le Río Negro et l'Amazone jusqu'à son embouchure.


La Guyane est frontalière du Brésil sur 730 km[réf. souhaitée] et du Suriname sur 510 km, faisant du Brésil le pays ayant la plus grande frontière terrestre avec la France (Suriname sixième). Elle possède un climat équatorial et est essentiellement couverte d'une vaste forêt tropicale humide bordée de mangroves côté mer. Le sous-sol est constitué d'un bouclier rocheux ancien, riche en latérite, pauvre et acide, qui forme un relief dit en peau d'orange parsemé d'inselbergs et entaillé par les réseaux de fleuves et rivières. Ces derniers sont les principaux axes de circulation depuis des siècles ou millénaires. Ils constituent 7 bassins fluviaux, 953 masses d'eau et sont alimentés par 2,5 à 4 m de précipitations annuelles

Le relief de la Guyane s'est modelé à partir d'un socle ancien bordé par une plaine littorale. L'essentiel de la région se trouve à une altitude comprise entre 100 et 200 mètres, signe d'une très ancienne évolution morphologique et géomorphologique dont résulte la faiblesse des contrastes topographiques.
Deux grandes régions topographiques peuvent être distinguées :
la plaine côtière ou « terres basses » qui s'étend sur quelques dizaines de kilomètres depuis la frontière maritime. Elle représente environ 450 000 ha recouverts de marécages et de savanes. C'est une plaine alluviale, plus ou moins inondable d'une altitude le plus souvent inférieure à 30 mètres ;
les terres hautes qui se développent sur le plateau des Guyanes et représentent près de 95 % du territoire. L'absence de mouvement tectonique depuis l'ère primaire et l'érosion importante qu'il a subie ont sculpté des formes de relief diverses dont la plus importante et caractéristique est une colline convexe qualifiée de demi-orange, grossièrement circulaire, haute de plusieurs dizaines de mètres pour un diamètre supérieur au kilomètre. Ces demi-oranges, présentes en grand nombre, donnent aux terres hautes l'aspect d'une mer de collines.

La Guyane se situe sur le plateau des Guyanes qui s'est constitué dans des terrains encaissés qui ont disparu sous l'action de l'érosion, ne laissant que quelques lambeaux métamorphisés au contact des plutons granitiques. On trouve aujourd'hui deux ensembles géologiques : des formations sédimentaires récentes et des formations précambriennes.
L'absence de couverture sédimentaire, érodée au cours du temps, laisse affleurer les formations précambriennes qui ont chacune leur forme de relief caractéristiques: « collines en amandes » pour les schistes de l'Orapu, semis de collines identiques de même hauteur et à pentes convexes pour le granite guyanais. Outre une influence sur l'exploitation forestière (peuplements, accessibilités...), la géologie explique la richesse en divers minerais (or, bauxite, tantalite...) à la base des activités minières de Guyane, comme l'orpaillage.

Ce département est parmi les plus riches du monde en matière de biodiversité tant animale que végétale.
La forêt guyanaise est une forêt primaire à très haut niveau de biodiversité (hot-spot parmi les plus riches au monde), protégée par un tout nouveau parc national et six réserves naturelles. L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et l'Union européenne (UE) y recommandent des efforts particuliers de protection.
À la suite du Grenelle de l'environnement de 2007, le projet de loi Grenelle II (dans son article 49) a proposé (en 2009, et sous réserve de modification) la création d’une entité unique chargée pour la Guyane de contribuer à la mise en œuvre des politiques de connaissance et de conservation du patrimoine naturel amazonien (avec compétence dans les domaines de la faune, flore, les habitats naturels et semi-naturels terrestres, fluviaux et côtiers, et sur le fonctionnement des écosystèmes). Il contribuera à appliquer les politiques environnementales conduites par l’État et les collectivités territoriales et leurs groupements. L'article 64 du projet de loi prévoit aussi un « schéma départemental d’orientation minière » pour la Guyane, promouvant une exploitation minière compatible avec les exigences de préservation de l’environnement.
L'environnement de la frange littorale est celui qui, le long de la RN1, a historiquement connu le plus de modifications, mais une forte artificialisation est localement constatée le long de la RN 2 et là où les orpailleurs opèrent dans l'Ouest de la Guyane.
La forêt humide de Guyane s'est paradoxalement épanouie sur un des sols les plus pauvres du monde, en azote, en potassium, en phosphore et en matières organiques. Pour cette raison, et parce que cette zone a toujours conservé des refuges pour toutes ses espèces lors des périodes sèches ou de glaciation terrestre, cette forêt abrite des écosystèmes uniques qui sont parmi les plus riches et les plus fragiles du monde : forêts tropicales primaires très anciennes, mangroves, savanes, inselbergs et nombreux types de zones humides.
L'acidité des sols est également à l'origine de cette médiocrité des sols guyanais. Elle contraint les agriculteurs à chauler les champs, et a conduit au mode traditionnel d'agriculture sur brûlis : les cendres participent à l'élévation du potentiel hydrogène (pH) en plus de l'apport de sels minéraux.

On peut toutefois noter que des sites de Terra preta (sols anthropogéniques) ont été découverts sur le territoire, notamment près de la frontière avec le Brésil. Des recherches sont activement menées par des acteurs de disciplines multiples pour déterminer le mode de création de ces sols les plus riches de la planète. L'hypothèse a été avancée que l'existence même de la forêt tropicale est due à ces interventions humaines intelligentes du passé, où le brûlis (slash-and-burn) était remplacé par le charbonnage (slash-and-char).
5 500 espèces végétales ont été répertoriées, dont plus d'un millier d'arbres, 700 espèces d'oiseaux, 177 espèces de mammifères, plus de 500 espèces de poissons dont 45 % lui sont endémiques (les poissons « limon » et les poissons à écailles) et 109 espèces d'amphibiens. Les micro-organismes seraient bien plus nombreux encore, notamment dans le nord qui rivalise avec l'Amazonie brésilienne, Bornéo et Sumatra. Ce seul département français abrite au moins 98 % de la faune vertébrée et 96 % des plantes vasculaires de la France.
Les menaces qui pèsent sur l'écosystème sont la fragmentation par les routes, qui reste très limitée comparativement aux autres forêts d'Amérique du Sud, les impacts immédiats et différés du barrage de Petit-saut d'EDF, de l'orpaillage (opération Anaconda en Guyane), d'une chasse chaotique et du braconnage (chasse d'espèces protégées), facilités par la création de nombreuses pistes et l'apparition des quads. L'exploitation forestière reste modérée en raison du manque de route, du climat et du relief. Une ordonnance du 28 juillet 2005 a étendu le code forestier français à la Guyane, mais avec des adaptations et dérogations importantes. Dans une approche qui se veut durable, des concessions ou des cessions gratuites peuvent être accordées par des collectivités territoriales ou d’autres personnes morales pour leur utilisation par des personnes tirant traditionnellement leur subsistance de la forêt, mais les moyens utilisés n'étant plus toujours les moyens traditionnels, et l'écosystème guyanais étant vulnérable, les impacts de l'exploitation ou de la chasse pourraient être importants.
La moitié de la biodiversité française est en Guyane : 29 % des plantes, 55 % des vertébrés supérieurs (mammifères, oiseaux, poissons…) et jusqu'à 92 % des insectes. Tout cela dans un seul département de 86 504 km2. Un parc national et six réserves naturelles œuvrent à la préservation de milieux et d'espèces aussi divers qu'uniques.
Les plages de la réserve naturelle de l'Amana, sur la commune d'Awala-Yalimapo, dans l'ouest, constituent pour les tortues marines un site de ponte exceptionnel. C'est l'un des plus importants au niveau mondial pour la tortue luth. Quant à la réserve naturelle de l'île du Grand Connétable, celle-ci abrite la seule colonie d'oiseaux marins entre Tobago et Fernando de Noronha soit sur plus de 3 000 km de littoral.

Les séismes répertoriés ci-dessous indiquent la localité estimée être la plus proche de l'épicentre ainsi que l'intensité mesurée sur l'échelle MSK de 1964, qui va de 1 (secousse non ressentie mais enregistrée par les instruments) à 12 (changement de paysage énormes : crevasses dans le sol, vallées barrées, rivières déplacées…).
juin 1774, à Cayenne, séisme d'intensité 6.
4 août 1885 aux Montagnes de Kaw (Cayenne), d'intensité 6,5.
3 avril 1899 sur la frontière guyano-brésilienne (E. de Saint-George), intensité 3,5.
30 mai 1933 à Saül, d'intensité 7.
17 septembre 1949 sur la frontière guyano-brésilienne, territoire d'Amapa (Oïapoque), d'intensité 5.
25 avril 1951 sur la frontière guyano-brésilienne (W. Saint-George), intensité 5.
8 juin 2006 à 16h29 à Cayenne, séisme d'intensité 5
En 2014 paraît le livre Les abandonnés de la république, qui relate la pollution de l'environnement au mercure par les chercheurs d'or clandestins. La santé de la population locale, dont la subsistance dépend largement de la pêche, est dite en péril. D'après le fonds mondial pour la nature, 12 000 hectares de la forêt amazonienne en Guyane ont été détériorés par cette activité clandestine.
La recherche de mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux au large des côtes de la Guyane est une autre activité qui menace l'activité des pêcheurs en Guyane, troisième secteur de l'économie guyanaise

 

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MessagePosté le: Ven 7 Juil - 10:47 (2017)    Sujet du message: Publicité

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saintluc
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MessagePosté le: Ven 7 Juil - 18:23 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE Répondre en citant

Les premières traces archéologiques (poteries, gravures rupestres, polissoirs…) de peuples amérindiens entre l’Oyapock et le Maroni remontent au Ve millénaire avant notre ère. Nombre de leurs successeurs dans la même zone géographique appartiennent principalement au groupe linguistique des Tupi-Guarani.
On estime qu’à la fin du iiie siècle, des Indiens Arawak et Palikur, originaires des rives de l’Amazone, s’installent sur le littoral guyanais. Ils sont suivis au viiie siècle par les Indiens dits Caraïbes ou Karibes, les Kali’na (Galibis) et Wayana.
La côte de Guyane fut reconnue par Christophe Colomb en 1498. Malgré le partage du Nouveau Monde organisé en 1494 par le traité de Tordesillas entre le Portugal et l'Espagne, les nations européennes sont à l’origine de nombreuses tentatives de colonisation en Guyane dès le xvie siècle.
Dès 1503 commencent les premières implantations françaises dans la zone de Cayenne. Notons notamment celle des Français avec le voyage de Nicolas Guimestre en 1539, suivie par celle de l’Anglais Robert Baker (1562) et celle de Gaspard de Sotelle (1568-1573) qui implante plus de 120 familles espagnoles dans l’île de Cayenne.
De 1596 à 1598, les Anglais John Ley et Lawrence Keymis, et le Néerlandais Abraham Cabeliau, effectuent des reconnaissances géographiques précises des côtes de la Guyane. Les vraies implantations européennes apparaissent surtout au xviie siècle, par des occupations ponctuelles (quelques années) d’embouchures fluviales, et sont l’œuvre de la France, de l’Angleterre et des Pays-Bas.
En 1604, la colonie de Guyane prend le nom de France équinoxiale.


Si les premières tentatives importantes de colonisations françaises datent des années 1620, elles sont souvent mises à mal par les dissensions internes des colons, les rapports humains médiocres avec les Amérindiens, voire la dureté des conditions de vie, notamment avec la fièvre jaune. De leur côté, les nations amérindiennes doivent faire face à un important taux de mortalité, dû non aux guerres menées face aux colonisateurs, mais à l’action d’épidémies nouvellement importées d’Afrique et d’Europe.
Longtemps, la tutelle du roi de France sur la Guyane est régulièrement contestée ; ce n’est qu’avec la reprise de Cayenne en décembre 1676 par l’amiral Jean d’Estrées que les Français s’implantent définitivement. Et encore ne contrôlent-ils que l’île de Cayenne et, par intermittence, quelques postes militaires aux estuaires fluviaux. Cette présence humaine et militaire faible qui explique en grande partie l’extrême facilité avec laquelle les Portugais du Brésil se sont emparés de l’île de Cayenne pendant les guerres napoléoniennes, île qu’ils ont occupée de 1809 à 1817.

La colonisation de la Guyane est d’abord le fait de travailleurs européens, les « engagés », également appelés les « trente-six-mois » parce que liés par un contrat de trois années à leur maître. Ce quasi-esclavage européen, faute de volontaires, est très vite remplacé par une servitude d’origine africaine, qui est employée dans les habitations (exploitations agricoles) à la culture des produits coloniaux : sucre, épices, chocolat et café.

Comme dans les autres colonies françaises, l’esclavage est en grande partie régi par les textes du Code noir (1685). Cette société d’habitation reste le modèle économique dominant en Guyane jusqu’à la deuxième abolition de l’esclavage en 1848. Elle n’a toutefois pas réussi à apporter un vrai développement à la Guyane, qui reste la région pauvre et sous-peuplée, voire maudite, de l’ensemble colonial français en Amérique. Lors du traité d'Utrecht en 1713, le roi de France Louis XIV, afin de limiter les conflits locaux avec la colonie portugaise du Brésil, pose les bases de la frontière entre le Brésil et la France.
L’expédition de Kourou qui débuta à partir de 1763 est très mal préparée. Elle fut menée à la demande de Choiseul et dirigée par le chevalier Étienne-François Turgot, gouverneur, Jean-Baptiste Thibault de Chanvalon, intendant et Antoine Brûletout de Prefontaine, commandant, pour établir une vraie colonie d’agriculteurs d'origine européenne dans les savanes de l’Ouest guyanais. Cependant, cela sera un échec retentissant : presque tous les colons « survivants » s’enfuient de Guyane pour rejoindre la métropole. Seuls restent en Guyane des colons allemands et canadiens, qui s’implantent durablement à Kourou, Sinnamary, Malmanoury, Corossony et Iracoubo, et y fondent une société originale (et métissée) d’agriculteurs exploitants en Guyane.

La Guyane française est occupée par les Britanniques de 1778 à 1783, puis de 1785 à 1788.
Pendant la Révolution elle devient pour la première fois (Collot d'Herbois et Billaud-Varenne), lieu de déportation politique; ceux-ci seront suivis en 1798, alors que La Guyane est érigée en un département, des « déportés de fructidor » et de prêtres réfractaires : Counamama et Sinnamary seront le cimetière de la plus grande partie d’entre eux.
L'esclavage est aboli en 1794 dans toutes les colonies, avant que Napoléon Ier ne le rétablisse en 1804. Il n’est définitivement supprimé par décret que le 27 avril 1848, sous l’impulsion de l'abolitionniste Victor Schœlcher. La disparition de la main-d’œuvre servile met un point d’arrêt à l’économie coloniale traditionnelle.
Pendant la Révolution française, la Guyane est occupée par les Portugais, qui détiennent le Brésil, de 1793 à 1817 : cette période d'occupation va marquer le créole guyanais, qui va intégrer de nombreux mots portugais dans son vocabulaire. Bien que rendue aux Français, à la suite des applications du traité de Vienne de 1815, le retour effectif des Français est à situer en avril 1817, avec l'envoi d'un gouverneur.
Pour pallier ce manque de main-d’œuvre, développer la Guyane, et surtout débarrasser la métropole d’opposants politiques républicains et de délinquants de droit commun, le Second Empire crée des bagnes en Guyane. Ils accueillent des transportés, des déportés puis également des relégués jusqu’en 1946. Dans les années 1930, les Établissements Pénitentiaires Spéciaux, dits aussi « bagnes des Annamites », sont implantés dans le Territoire de l’Inini. Peuplés d’opposants politiques et d’intellectuels indochinois, mais aussi de petits délinquants, voleurs et proxénètes, ces bagnes seront un échec cuisant.
Les essais de peuplement de la Guyane par des ouvriers « libres » issus de l’immigration (Afrique, Inde, États-Unis, Madère…) ne seront pas plus durables.


En 1855, un site aurifère est découvert dans l’Est guyanais sur l’Arataye, un affluent de l’Approuague. Dans l’Ouest, de l’or est extrait de la rivière Inini (Haut-Maroni). Le début du xxe siècle est marqué par une ruée vers l’or, avec 10 000 chercheurs en activité, entraînant une croissance du commerce local souvent artificielle, et l’arrêt des dernières activités agricoles par manque de main-d’œuvre.
À l’instar de La Réunion, de la Guadeloupe et de la Martinique, la Guyane devient département français d’outre-mer en 1946. Mais le décollage économique peine à se réaliser en raison des coûts de production élevés, de la faiblesse numérique de la population, de la dépendance commerciale (importations) vis-à-vis de l’Hexagone et du manque criant d’infrastructures les plus élémentaires : voies de communication, écoles, système de santé, etc.
Saint-Laurent-du-Maroni, Cayenne et l'île du Diable furent des lieux de déportation pour les condamnés aux travaux forcés de 1852 à 1946, sur décision de Napoléon III. Le capitaine Alfred Dreyfus y fut envoyé en 1894.


La Guyane restera alors une colonie française jusqu'au 19 mars 1946, où elle obtient le statut de département d'outre-mer. La France attendait des détenus qu'ils fussent aussi des colons. Mais ce fut un échec. La fermeture du bagne a été obtenue, après la Seconde Guerre mondiale, à la suite de la publication de 27 articles d'Albert Londres et sous l'impulsion de Gaston Monnerville. C'est en 1938 que le dernier convoi de bagnards a fait route vers la Guyane, mais ce n'est qu'en 1945 que l'Assemblée constituante décida de rapatrier les survivants qui le souhaitaient (très peu sont restés). L'opération prit huit ans.


En 1964, le général de Gaulle prend la décision de construire une base spatiale en Guyane, destinée à remplacer la base saharienne située en Algérie, et à développer l’économie guyanaise. La position du département est privilégiée, proche de l’équateur avec une large ouverture sur l’océan. Le Centre Spatial Guyanais, depuis les premières fusées « Véronique », s’est largement développé au fil des années. Port spatial de l’Europe avec des lanceurs comme Ariane 4 et Ariane 5, qui se révèlent un véritable succès commercial dans le monde, le Centre spatial guyanais développe aussi le Programme Vega, et une base de lancement Soyouz construite à Sinnamary. D'ici 2021, la Guyane va assister au lancement de la nouvelle fusée Ariane 6, projet développé en 2014.
En 1982, les lois de décentralisation entrent en vigueur et un transfert de compétences s’opère vers les collectivités territoriales qui vont devenir acteurs du développement de la Guyane
Fin mars 2017, un large mouvement de manifestations et de grèves se développe en Guyane et amène le déplacement sur place des ministres de l'Intérieur et de l'Outre-Mer. L'accord proposé par le gouvernement est refusé par les représentants des manifestants et grévistes le 2 avril

 

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saintluc
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MessagePosté le: Sam 8 Juil - 08:09 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE Répondre en citant

Cayenne est une commune française, chef-lieu du département et de la région d'outre mer de Guyane.
Sa population est d'environ 60 000 habitants et sa superficie est de 23,60 km2, ce qui fait d'elle la plus petite commune du département. Ses habitants sont appelés les Cayennais(es).
La devise de la ville (inscrite sur ses armes) est Fert aurum industria, qui signifie « Le travail procure la richesse » (traduction littérale : « Le labeur produit l'or »).
Le climat de Cayenne est de type équatorial humide d'après la classification de Köppen car tous les mois ont une température moyenne supérieure à 18 °C et les précipitations du mois le plus sec sont supérieures à 60 mm (septembre avec 73,5 mm). Sa position proche de l'équateur, ainsi que sa façade océanique lui confèrent une bonne stabilité climatique. On observe une grande régularité des vents et des températures au cours de l'année. Les seules variations sont celles des précipitations, c'est ce qui rythme les saisons à Cayenne. Le cycle des précipitations est lié aux mouvements saisonniers de la zone de convergence intertropicale.

Site
Les plages
Depuis quelques années, les plages de Cayenne connaissaient un phénomène cyclique d'envasement. Ce phénomène était provoqué par le déplacement des bancs de vase dans la direction des courants côtiers (d'est en ouest), caractéristique du littoral guyanais. Une forêt de palétuviers se développait depuis lors, c'est la mangrove. Depuis fin 2013, le phénomène s'inverse, la vase disparaît, laissant apparaître à nouveau le sable sous-jacent.
Les Pointes
On trouve également des pointes le long du rivage, formée par l'érosion, où des roches peuvent affleurer. Elles constituent des sites d'observation remarquables. Les pointes sont les suivantes :
la pointe des Amandiers, avec sa place aménagée.
la pointe Buzaré, avec ses cocotiers.
la pointe Saint-Joseph.
Les monts
De nombreux monts dominent la ville. Le fort Cépérou a été construit sur le mont du même nom qui domine le centre-ville. Le mont Bourda se situe sur la côte dans les quartiers est de la ville, il est très urbanisé. Cependant un massif forestier d'une trentaine d'hectares est préservé.
Le Montabo se situe non loin du centre-ville. La zone est occupée en partie par l'Institut de recherche pour le développement, la direction régionale de Office national des forêts et un site de localisation radar du Centre Spatial Guyanais. Un hôtel fut également construit à son sommet.
Les monts Baduel et Lucas sont situés plus à l'intérieur des terres, dans des zones fortement urbanisées.
Les cours d'eau
Plusieurs cours d'eau entourent Cayenne :
la rivière de Cayenne ;
le fleuve Mahury ;
la rivière Montsinéry ;
la rivière du Tour de l'île.




Les premières traces connues de présence humaine (poteries et gravures rupestres, ainsi que des polissoirs) remontent au VIe millénaire av. J.‑C.. Elles sont présentes entre l'Oyapock et le Maroni, les frontières actuelles du territoire. Leurs descendants actuels de ces populations seraient les Emerillons et les Wayampis, qui parlent des langues tupi-guarani. Ces populations auraient commencé le processus de création des terres fertiles de Terra Preta, qui quelques millénaires après permettront l'établissement de populations aux densités plus élevées, que les sols naturels ne permettent pas.
À la fin du iiie siècle, venus de l’ouest et du sud, les Arawaks et Palikurs, probablement originaires d’Amazonie, arrivent sur le littoral et chassent les premiers habitants. Ils parlent des langues de la famille linguistique arawak. À la fin du viiie siècle, une population caraïbe, les Kali'na (ou Galibis) et Wayanas occupent à leur tour les littoraux et l'est de l'actuelle Guyane, ils parlent le caribe.
Le 5 août 1498, au cours de son troisième voyage, Christophe Colomb longe pour la première fois les côtes de la Guyane.
C'est l'une des nombreuses colonies de la Côte Sauvage (Amérique du Sud), entre le delta de l'Orénoque et celui de l'Amazone, occupée aujourd'hui par la Guyane française, le Suriname et la Guyana.
Lorsque la colonisation commence, l'actuel site de la ville était occupé par les Amérindiens Galibi depuis longue date. La première tentative est française avec le voyage de Nicolas Guimestre en 1539, puis suivent l'Anglais Robert Baker en 1562 et Gaspard de Sotelle de 1568 à 1573. Il installe 120 familles espagnoles dans l'Île de Cayenne. Des reconnaissances géographiques précises des côtes sont effectuées par des Anglais et des Hollandais entre 1596 et 1598.



Une expédition ordonnée par Henri IV et menée par La Ravardière s'installe sur l'île de Cayenne en 1604. Mais elle est détruite quelques années plus tard par les Portugais qui entendent faire respecter le traité de Tordesillas.
L'histoire de la ville de Cayenne commence le 27 novembre 1643, avec la Compagnie de Rouen menée par Charles Poncet de Brétigny (lieutenant-général du roi Louis XIII). Avec 300 hommes, il accoste dans l'anse d'Armire (aujourd'hui Rémire-Montjoly). Après deux jours de marche, il arrive sur une petite butte sur la plaine littorale marécageuse, où vit une tribu d'Amérindiens Galibi. Il en fait l'acquisition auprès de leur chef, Cépérou et il y bâtit le fort Cépérou. Mais les rapports humains avec les Amérindiens sont mauvais et une révolte des Amérindiens éclate, qui va provoquer l'extermination de la colonie et la mort de Charles Poncet de Brétigny.
Le 29 septembre 1652, les seigneurs de la Compagnie de France équinoxiale tentent de s'installer, ils débarquent avec 800 hommes à la pointe du Mahury. Ils y trouvent les survivants de la compagnie de Rouen. C'est à cette période que les premiers esclaves noirs sont introduits en Guyane. En octobre 1652, Duplessis, capitaine de navire, surprend un navire ayant à bord « quatorze nègres » enlevés à « Pernambouc ». La fondation de Rémire correspond ainsi au début de la traite des esclaves en Guyane.
En 1654 les Hollandais chassés de Pernambouc occupent la région, ils introduisent la canne à sucre.
En 1664 sous l'impulsion de Jean-Baptiste Colbert, une puissante flotte débarque et tente d'implanter une colonie, mais les Anglais attaquent en 1667 sans pour autant s'y installer. En 1674 les Français reprennent Cayenne.
Puis deux ans plus tard, le 5 mai 1676, 11 navires de guerre hollandais sous le commandement de l'amiral Binckes reprennent Cayenne, 400 soldats débarquent et tentent de démanteler les défenses du fort Cépérou.
Mais Louis XIV, dont la souveraineté sur la Guyane est souvent contestée, ne peut tolérer une telle humiliation. Il charge le vice-amiral du Ponant, le comte Jean II d'Estrées de reprendre Cayenne. Le 21 décembre 1676, lors d'une bataille restée célèbre, Cayenne redevient française. Une période prospère s'installe sur la colonie. Les jésuites s'installent en Guyane en créant des plantations de cacao, de café, de coton et de manioc. Cette mise sous tutelle française sera contestée quelques fois, notamment pendant les Guerres napoléoniennes durant lesquelles l'Île de Cayenne est occupée par les Portugais du Brésil.


Il n'y a pas vraiment eu d'esclavage de noirs en Guyane Française. Au moment de leurs intégrations les individus d'origines africaines jouaient plus un rôle de collaborateur que d'esclave.
À la suite du décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848, les plantations ferment et l'économie guyanaise s'effondre. Pour y remédier, Napoléon III met en place le bagne en Guyane. Cayenne accueillera l'un de ces établissements pénitentiaires sur l'Anse du Chaton, non loin de la Pointe de Buzaré. Entre 1777 et 1821, le canal Laussat est construit par la main-d'œuvre pénitentiaire, en vue d'assainir la ville. En 1821, l'architecte Sirdey dessine le plan actuel de Cayenne, avec ses rues à angle droit orientées nord/sud, est/ouest. Cayenne devient une capitale coloniale moderne.
Une chanson anarchiste du début du xxe siècle portant le nom du bagne, Cayenne (très probablement né dans ses murs), fut souvent chantée dans les bagnes de Guyane française et perpétua leur réputation dans l'opinion populaire.


En 1855, un site aurifère est découvert sur l'Approuague, et c'est rapidement la ruée vers l'or qui s'achèvera avec la Seconde Guerre mondiale. Des milliers d'orpailleurs, pour la plupart clandestins, sont en activité dans la forêt guyanaise. Cette activité illicite est sanctionnée par la législation française, mais les contrôles ne sont pas facilités par la complexité du réseau fluvial de Guyane. Pour un kilogramme d'or, les orpailleurs utilisent deux à trois kilogrammes de mercure qui est rejeté dans l'environnement. Cette pollution constitue un réel problème écologique en Guyane comme dans une large partie de l'Amérique du Sud.
Le 15 octobre 1879 la ville de Cayenne est officiellement créée. Le 11 août 1888, un gigantesque incendie détruit tout le "vieux Cayenne" de l'époque.
Le bagne est définitivement fermé en 1946, sous l'impulsion d'Albert Londres et Gaston Monnerville, La Guyane devient alors un département.
La création du Centre spatial guyanais en 1965 à Kourou change Cayenne, qui acquiert des infrastructures modernes, le port international de Dégrad-Des-Cannes et la modernisation de l'Aéroport international Félix-Éboué.

Place des Palmistes
Au départ il s'agissait d'une place aménagée pour aérer la ville après la démolition des murailles en 1810. La place étant occupée par des herbes, elle se nommait donc place de la Savane. Plus tard on y planta des palmiers royaux de Guisanbourg, et elle devint la place des Palmistes. En 1880, on y éleva une colonne de bronze portant le buste de la République commémorant la prise de la Bastille. Sous le gouverneur Gerville-Reache transforma la place en jardin anglais, avec collines artificielles, massifs de fleurs et plantes ornementales. En raison des pluies, la place était régulièrement inondée, c'est pourquoi le gouverneur Chanel en 1925 la borda d'un réseau de canaux cimentés que l'on retrouve encore de nos jours. On y trouve une statue de Félix Éboué, illustre personnage guyanais, à la place de la fontaine Merlet. Aujourd'hui c'est un lieu de vie, de rencontre des Cayennais. Le soir, des roulottes s'installent des vendeurs de frites, sandwich, bamis et nassi (spécialités javanaises), jus locaux et autres plats à emporter.

En 1823, le Révérend Père Nicolas Guiller et le baron Pierre Bernard Milius, administrateur de la Guyane décidèrent de remplacer l'ancienne église de Cayenne, l'église Saint-Nicolas à l'actuelle place Léopold-Héder. Les travaux commencés en 1825 furent achevés en 1833. L'église est inaugurée en 1861. Elle est classée Monument historique.
Le maître-autel, la chaire et le confessionnal de la chapelle du pénitencier de l'Ilet la Mère furent transférés à la cathédrale en 1876.
En 1933, la préfecture apostolique de Guyane est transformée en vicariat, le préfet apostolique devient évêque. L'église change également de statut et devient cathédrale. Elle est consacrée en tant que cathédrale le 9 novembre 1934 par monseigneur Gourtay, alors premier évêque de Guyane. En 1952, elle fit l'objet d'un agrandissement, au cours des travaux les ouvriers trouvèrent une cassette de plomb enchâssée contenant 21 pièces de monnaies, dont la plus ancienne date de Napoléon Ier et 20 sceaux de l'époque de Charles X.
Entre 1952 et 1954 vers l'est sur 13 m, le plafond, les vitraux, les planchers de la tribune, sont remplacés.
La cathédrale Saint-Sauveur de Cayenne a été récemment rénovée.
Réhabilitation en cours
Le clocher a été restauré au cours des années 2000 et 2001. Les murs extérieurs ont pour leur part été réhabilités entre 2004 et 2005. La dernière tranche porte sur l'intérieur de la cathédrale.






 
 

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MessagePosté le: Sam 8 Juil - 08:36 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE Répondre en citant

Kourou est une commune française, située dans le département de la Guyane. Avec 25 189 habitants en 2010, Kourou est la quatrième commune la plus peuplée de ce département d’outre-mer (DOM) derrière Cayenne, Saint-Laurent-du-Maroni et Matoury. Autrefois connue pour son bagne, elle est actuellement surtout réputée pour abriter le Centre spatial guyanais (CSG), locomotive économique de toute la Guyane.
Commune située au nord-est de l’Amérique du Sud, sur le littoral guyanais, Kourou est localisée à l’embouchure de son fleuve éponyme. Derrière la ville se trouvent quatre monts : la Carapa, le Pariacabo, la montagne Café et la montagne Lombard. Elle est parsemée de trois lacs : le Bois Diable, le Marie-Claire, et le Bois Chaudat. Les environs sont un mélange de savane sèche et inondée (cette dernière appelée pripri), ainsi que de forêt tropicale. Elle est localisée à 60 km au nord-ouest de la préfecture du département, Cayenne.
De longues plages de sable bordent la côte Atlantique ; elles sont délimitées au nord par des mangroves et au sud par le fleuve Kourou. Ces plages ne sont pas orientées nord-ouest comme sur le reste du littoral (à l’exception de celle à l’embouchure du Mahury) à cause des rochers de la Pointe des Roches. Le reste de la côte, comme ailleurs en Amazonie, voit un apport constant de sédiments dû aux nombreux fleuves amazoniens (dont les eaux sont d’ailleurs brunes pour cette même raison), surtout de l’Amazone lui-même. Les sédiments s’accumulent sur la côte, formant de longues étendues de vase qui sont colonisées par les palétuviers, formant des mangroves ; les étendues de vase et les mangroves reculent et avancent selon les orages de la saison des pluies, les marées, les houles, et les nouveaux apports de sédiments. La configuration de la côte change donc d’année en année.
Kourou est située dans une zone sismique d’intensité faible ; des tremblements de terre peuvent survenir dans le Nord-Est de l’Amérique du Sud et dans les Guyanes causés par les contacts entre les plaques tectoniques sud-américaine et caraïbe. Une secousse d’une magnitude de 5,2 a été ressentie le 8 juin 2006. Kourou, possédant le port le plus proche, est le point de départ des excursions aux îles du Salut, situées à dix kilomètres de la côte.

Le climat de Kourou est équatorial humide avec alternance de saisons sèches et humides : la petite saison des pluies de la mi-décembre à mars, la petite saison sèche en mars, la grande saison des pluies de la fin mars à juillet, et la grande saison sèche de juillet à la mi-décembre. La pluviométrie annuelle moyenne est de 3 000 mm, et l’insolation peut atteindre les 2 200 heures annuelles, voire plus5. L’année 2003 fut très sèche en Guyane et en Amazonie en général ; la saison des pluies fut déficiente6 mais les années postérieures virent une pluviométrie dans la moyenne, diminuant les effets de la sécheresse.
La température moyenne est de 26 °C (avec un minimum d’environ 18 ° et un maximum de 36 °, voire plus durant la saison sèche). L’humidité moyenne oscille entre 80 et 90 % ; elle varie de 75 à 98 % pendant la saison des pluies. Pendant la saison sèche elle est d’environ 50 % en début d’après-midi et de 100 % tôt le matin vers 6 h.
En raison de la situation de la zone intertropicale de convergence qui se positionne bien plus au nord que le département, il n'y a aucun risque qu'un ouragan touche la côte guyanaise. Pas plus que dans le reste de la Guyane, les vents n’y sont violents. La vitesse maximale jamais enregistrée par la station météo du CSG depuis son installation en 1968 est de 83 km/h (soit 23 m/s). Les alizés y sont fréquents, diminuant la présence des moustiques omniprésents dans l’intérieur du département
Kourou étant une ville nouvelle, construite avec beaucoup d’espaces verts et d’immeubles ne dépassant pas les trois étages, la faune et la flore amazonienne sont souvent vues en ville, au contraire d’autres villes guyanaises plus urbanisées, dont la capitale, Cayenne.
La faune de Kourou est très variée et typique du littoral amazonien : on peut voir dans les environs des agoutis, des tatous, des tapirs du Brésil, des porcs-épics brésiliens, des cabiaïs, des pakiras, des jaguars, etc..
Les mangroves et les étendues de vase abritent de nombreuses espèces de crustacés, dont de nombreuses variétés de crevettes, dont la pêche est une industrie importante sur toute la côte guyanaise. Elles abritent aussi des crabes, des urubus noirs, des aigrettes (aigrettes neigeuses, grandes aigrettes et plusieurs autres espèces), des hérons (hérons bihoreaux...), des ibis rouges et ibis blancs, des spatules rosées, des bécasseaux. Les palétuviers les plus souvent rencontrés sont ceux des genres Avicennia (Avicennia germinans), Rhizophora (Rhizophora mangle et Rhizophora racemosa), et Laguncularia (Laguncularia racemosa). On peut voir des lamantins des Caraïbes aux alentours de la Pointe des Roches lors de la marée haute.
En ville on trouve surtout des iguanes communs, des lézards, des caïmans dans les lacs, parfois des serpents à sonnettes, des matoutous (avicularia versicolor), des couleuvres, et de nombreuses espèces de tortues ainsi que d’oiseaux (dont les ibis blancs, souvent présents sur les rives des lacs). La ville ayant été autrefois entièrement entourée de mangroves et construite sur un marais, de temps en temps elle se voit envahie de papillons de cendre, qui de leurs ailes blanchâtres dégagent une fine poussière très urticante qui peut déclencher de fortes réactions allergiques, appelées papillonite. Quand ces nuées de papillons apparaissent, on éteint tout l’éclairage public pour ne pas les attirer sur la ville. Il n’y a que les lampes rouges qui ne les attirent pas. On allume alors de forts projecteurs sur un bassin ou un lac pour y noyer les papillons. Les épisodes de papillonite sont beaucoup moins fréquents depuis que les légionnaires ont abattu beaucoup de palétuviers des mangroves

L'histoire de Kourou est bien longue et commence des milliers d’années avant l’arrivée des Européens. Les Amérindiens ayant une culture orale, il est pratiquement impossible de retracer les événements antérieurs à la colonisation. Même après, la région étant colonisée et abandonnée plusieurs fois tout au long de son histoire, les sources restent clairsemées, fragmentaires et se contredisent parfois. Les rares chercheurs étudiant l’histoire de la région s’appuient sur les fouilles archéologiques et sur les quelques documents d’époque, dont des récits de voyage et des documents officiels rédigés pour la plupart dans la lointaine « Métropole ».
Les amérindiens Kali'na prédominaient dans la région avant la venue des Français, jusqu’à la fin du xviie siècle. Les fouilles archéologiques menées avant la construction du barrage de Petit-Saut sur la Sinnamary, à quelques kilomètres au nord de Kourou, ont permis la découverte de traces de présence amérindienne vieilles de deux mille ans.
Il existe un site près de la ville, appelé « les Roches Gravées » où l’on peut voir des exemples d’art rupestre amérindien. Il se situe à quelques centaines de mètres du pied du mont Carapa, à l’arrière de la zone industrielle de Pariacabo que l’on traverse pour rejoindre le pont du Kourou sur la route de Cayenne. Ce sont les explorateurs français Henri Coudreau et Jules Crevaux qui sont les premiers à mentionner les gravures amérindiennes en Guyane, au début du xixe siècle, mais on doit attendre 1955 pour qu’un chasseur de papillons, Eugène Le Moult, ne redécouvre les roches de Carapa. Sa trouvaille sera à nouveau oubliée pendant plusieurs années, jusqu’à ce qu’un chercheur du CSG, Yves Dejean, tombe sur une vieille carte de la région mentionnant les roches. Il les retrouve, et le mont Carapa étant sur propriété du CSG, celui-ci décide de mettre en valeur le site et y construit des carbets pour les protéger des intempéries

En 1500, l’explorateur espagnol Vicente Yañez Pinzon longe les côtes guyanaises et passe devant l’emplacement actuel de Kourou. En 1645 deux frères capucins s’installent à Kourou avec un domestique. Les frères servent de médiateurs avec les Amérindiens Palikour, qui sont alors en guerre contre les Français. Cette année-là, le petit établissement est attaqué par des guerriers palikours. Le fort de Cépérou à Cayenne n’a que 25 hommes ; quand les renforts (forts de 40 hommes) de la Compagnie de Rouen du sieur Poncet de Brétigny arrivent, la petite colonie guyanaise est presque entièrement décimée. La plus grande partie des survivants partent aux îles du Salut, inhabitées et à l’époque encore connues sous le nom des « îles du Diable », mais 16 d’entre eux, dont les deux frères capucins, pour des raisons aujourd’hui inconnues, décident de s’installer au Mahury. Ils sont massacrés par les Amérindiens six semaines plus tard ; il n’y a que deux survivants, des jeunes qui se réfugient dans le fort Cépérou, y sont retrouvés par des Amérindiens onze jours après le massacre et bien traités. L’un d’eux, appelé « Le Vendangeur », sert plus tard d’interprète entre les Blancs et les Amérindiens.
En février 1665 le navire « La Suzanne », sous le commandement du capitaine Baron de la Compagnie de la France équinoxiale, arrive à Cayenne. La colonie compte alors 1 060 habitants y compris la petite garnison, 40 femmes blanches et 200 esclaves. Les Français, alors en paix avec les Amérindiens, construisent un poste à « Caourou » (Kourou) et des forts à Sinnamary et Camoripo (aujourd’hui la Montagne d’Argent) à l’embouchure de l’Oyapock. Le 26 janvier 1666, le roi de France déclare la guerre aux Anglais ; la petite colonie de Guyane, faiblement peuplée et mal défendue, est sous la menace d’attaques des Anglais et des Hollandais, tous les deux ayant des colonies proches.
En 1744, le physicien et géographe La Condamine, chargé de conduire une expédition au Pérou afin de mesurer la longueur d’un arc de méridien d’un degré à proximité de l’équateur, passe par la région kouroucienne et donne son nom à l’un des monts derrière Kourou, avant de rejoindre Cayenne.
Le père jésuite Pierre Aimé Lombard, né à Lyon en 1678, part pour Cayenne le 4 mai 1709 après avoir enseigné les humanités en France ; il débarque à Cayenne le 12 juin et y prononce ses vœux en 1711. Il devient, avec le père Simon Ramette, l’un des plus importants personnages de la colonie. Les deux hommes décident d’évangéliser les Amérindiens ; ils se mettent à apprendre le kali'na, langue de la tribu du même nom, avec un dictionnaire et un livre sur la grammaire de cette langue. Ils installent leur petite mission sur le Carouabo à côté d’un important village amérindien. Le premier contact est, selon Lombard, « pénible » ; ils n’avancent guère dans leur travail pendant huit mois.
Ils changent alors de méthode : choisissant les Amérindiens qu’ils jugeaient être les plus « intelligents », ils les instruisent dans leur propre langue, le kali'na. Les pères jésuites font baptiser quinze Kali'na à l’église Saint-Nicolas de Cayenne en décembre 1710, en grande pompe (le gouverneur, Rémy Guillouet d’Orvilliers, ainsi que d’importants officiers, en sont les témoins). Cette stratégie rencontre plus de succès, puisque l’année suivante 80 Kali'na demandent à être baptisés. Ramette est appelé à Cayenne en 1712. Lombard reste à Kourou pour y éduquer les enfants ; à cette époque il a 300 fidèles. Il fait construire une petite église et met en valeur les terrains de Guatémala (petit bourg situé sur l’autre rive du fleuve Kourou). En 1730 le père Gaspard du Molard, coadjuteur et architecte, construit un très grand bâtiment incluant deux infirmeries (une pour les femmes, une autre pour les hommes), pour y soigner les Amérindiens, dont beaucoup d’agriculteurs et ouvriers.
Lombard décède près de sa mission en 1748, ayant éduqué et évangélisé environ 8 000 Amérindiens. La Compagnie de Jésus est dissoute en 1762, la petite mission prospère est abandonnée et Kourou reste un petit hameau jusqu’à l’arrivée de l'expédition. Les bâtiments de la mission servent d’abri aux colons


En 1763, la Grande-Bretagne prend possession de la Nouvelle-France en vertu du traité de Paris qui met fin à la guerre de Sept Ans. La Guyane apprend la nouvelle le 30 janvier 1763 avec l’arrivée de la frégate « La Diligente », qui met un temps record pour traverser l’Atlantique : seulement 32 jours. En route « La Diligente » passe devant un navire corsaire anglais mais ne s’arrête pas pour lui donner les nouvelles de la paix. Le 31 janvier un corsaire anglais, peut-être le même, attaque le petit hameau de Kourou à six heures du matin. Les Amérindiens s’enfuient, permettant aux Anglais de piller l’église, le presbytère, et quelques maisons. Les Amérindiens reviennent avec des fusils peu après, tuant un corsaire et faisant battre en retraite les autres. Le détachement envoyé sur place revient à Cayenne le 7 février avec un missionnaire à demi nu qui loue le courage des Amérindiens et demande des armes et munitions pour mieux défendre Kourou.
Ayant perdu une très grande partie de ses terres en Amérique, le gouvernement français décide d’envoyer une grande expédition en Guyane. Ce sera la seule tentative massive de colonisation volontaire de la Guyane. La naissance de ce projet tient à de multiples facteurs. Le premier est cartographique, puisque le gouvernement a la volonté de trouver une terre continentale, plus aisément défendable que les îles. La seconde, à l'absence d'une forte colonie en place.
L'exemple des colons de Guadeloupe, qui s'étaient ralliés aux Anglais figure à de nombreuses reprises dans la correspondance. Enfin, coïncidence heureuse, l'un des colons de Guyane, Brulletout de Préfontaine, se trouve depuis 1762 en France (exilé en raison de son comportement en Guyane), et propose un projet de colonisation de la partie nord, sur les rives du fleuve Saint Laurent. Cette proposition n'est pas retenue par le gouvernement qui comprend que le projet doit être un profond renouvellement des colonies existantes ; et principalement de l'esclavage et du commerce. C'est ainsi qu'il fait appel au gouverneur Turgot, mais aussi à l'ancien directeur de l'Académie de Bordeaux, l'intendant Chanvalon, à travers les nombreux mémoires qui discutent du statut de la colonie, la volonté d'une tolérance religieuse, d'une suppression du droit d'aubaine, d'une liberté de commerce avec les colonies voisines, et surtout de l'implantation d'écoles qui fixerait en le peuplement sont absolument novateurs et démontre l'innovation intellectuelle. Surtout, l'esclavage est banni. Ces mesures entrainent à terme la mort des colons de Guyane, mais surtout, remettent en cause toutes les pratiques de commerce des ports de l'atlantique français, Nantes, Bordeaux, versés dans le commerce transatlantique.


Près de 30 000 personnes se seraient présentées à Strasbourg. Le gouvernement décidant de stopper les recrutements à partir de 15 000 âmes. Environ 9 000 à 12 000 personnes, tentées par les légendes de l’Eldorado véhiculées par la propagande du gouvernement, débarquent à Kourou, après une longue et difficile traversée de 51 jours. Les ports de départ choisis sont Rochefort, Le Havre et Marseille ; le premier convoi quitte Rochefort en octobre 1763 et arrive à Kourou le 20 décembre. Les autres le suivent peu après. De décembre 1763 à février 1765 débarquent environ 9 000 colons. Ils viennent de toute l'Europe : il y a des Rhénans, des Prussiens, des Autrichiens, des Suisses, des Néerlandais, des Belges, des Français (dont beaucoup d’Alsaciens), et même des Acadiens des colonies françaises de l’Amérique du Nord. Ils sont artisans, paysans et même prêtres (la seule religion officiellement permise étant le Catholicisme). Ces gens du Nord débarquent en Amazonie en pleine petite saison des pluies, aux embouchures du Kourou et de la Sinnamary. Le système de recrutement est particulièrement intéressant. Il s'appuie sur une pratique courante des états de recruter dans l'ancien Saint-Empire romain germanique des colons. Cette pratique est commune à George II puis George III, tout comme à Catherine II de Russie.
L'intendant nouvellement nommé pour l'expédition est Jean-Baptiste Thibault de Chanvalon, et le nouveau gouverneur de Guyane est le chevalier Étienne-François Turgot, frère de l’intendant et physiocrate lui aussi. Cependant, à leur arrivée une épidémie se propage d'abord parmi les enfants, puis les adultes, à toute la colonie qu'il soit colons venus d'Europe ou non. L'épidémie a de multiples sources : la saison des pluies, le retards des départs en raison des mauvais vents en France, la non vérification du contenu des embarquements (vivres, matériel, médecine) par les commissaires des ports, et aussi la volonté des autorités de l'expédition (l’intendant Chanvalon/ le commandant Préfontaine) de n'alerter que trop tard le Bureau des colonies de l'échec de l'entreprise. On estime que les trois quarts des colons sont décimés en peu de temps par les fièvres et autres maladies, l'épidémie toucha également l'ancienne colonie bien qu'il n'existe aucune liste des décès qui permette une analyse fine. Sur 12 000 colons, en incluant les soldats et les naissances sur la terre guyanaise, 7 000 décèdent avant le 1er octobre 1765 et de 2 à 3 000 sont rapatriés. Ce taux de mortalité très élevé ne prend pas en compte les esclaves et les Amérindiens morts à cause des maladies que les Européens leur auraient transmises.
Jacques-François Artur, le médecin du roi en Guyane de 1738 à 1771, raconte soigner, dans toute la colonie, surtout des petites fièvres non identifiées jugées bénignes, des « fluxions de poitrine », des « maux hépatiques » (l’alcoolisme étant un grave problème dans toutes les strates de la société guyanaise), des maladies de peau (les irritants étant nombreux aux tropiques), et à Kourou surtout du paludisme (qui reste encore aujourd’hui un problème dans les climats tropicaux). La fièvre jaune emporte elle aussi beaucoup de colons, ainsi que la petite vérole, la typhoïde, le typhus et la dysenterie. Certains se réfugient aux îles du Salut (d’où leur nom ; avant, elles se nommaient les « îles du Diable »). Les îles, grâce aux alizés quasi permanents, n’ont presque pas de moustiques, porteurs de maladies. Ces îles servent également de déchargement pour les navires en provenance de France, car l’embouchure du Kourou ne permet pas à ceux ayant un trop fort tirant d’eau d’y entrer. Très peu de colons choisissent de rester en Guyane, on estime ce nombre à seulement 1 800. Le désastre notoire de cette expédition aboutit en France à un scandale qui se conclut par l’édiction de lettres patentes en 1767, dont l’une des mesures est l'emprisonnement de l’intendant Chanvalon dans différentes forteresses de France (Bastille, Mont Saint-Michel...), et l’exil de Turgot. Brûletout de Préfontaine, quant à lui, s’installe sur ses terres à Kourou39,40. Le gouvernement de Louis XVI qui réhabilitera l'intendant plus de quinze années après les faits.
L'échec de l’expédition signe l'abandon de tout projet d'Amérique française et a nourri la légende noire de la Guyane. Le pays prend le surnom d'« Enfer Vert », dont il essaie encore aujourd’hui de se débarrasser et qui fut utilisé comme argument pour la construction du bagne. Aucune autre colonisation « de masse » ne fut jamais tentée, les politiques du xixe siècle étant il est vrai tournées vers l’Afrique et l’Asie, et ce dans une lutte tactique avec l’Angleterre. Aussi, la population blanche fut toujours très faible par rapport à celle des esclaves. Ce n’est qu’au milieu du xixe avec l’abolition de l’esclavage, et l’installation du bagne, que la population augmente.


De 1795 à 1798 on envoie en Guyane des révolutionnaires Billaud-Varenne, Collot d'Herbois, puis, à la suite du coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) des prêtres réfractaires et des opposants politiques (dont Barbé-Marbois, Pichegru, Laffon de Ladebat...), les prêtres d'abord à Counanama et les seconds à Sinnamary. 328 hommes sont déportés, 187 morts sur place ou pendant leur évasion, 22 évadés, 11 établis en Guyane et 108 rapatriés par Bonaparte en 1800.
Les déportations de fructidor an V à Sinnamary et à Counanama ne sont pas du tout assimilables aux envois au bagne de Guyane qui leur ont succédé au xixe siècle. D'une part les déportés n’étaient pas des criminels condamnés légalement par un tribunal, mais seulement des ennemis politiques du moment déportés là sans aucun jugement ; d'autre part ils n'étaient pas incarcérés mais jouissaient d'une certaine liberté sous réserve de ne pas s’éloigner de leurs lieux de résidence forcée. Enfin à l’époque il existait pour les forçats de vrais bagnes installés dans des grands ports de France (Brest, Cherbourg, Le Havre, Lorient, Marseille, Toulon, Rochefort notamment) Il n’y avait alors aucun bagne en Guyane. Les bagnes portuaires parfois qualifiés de « galères à terre » avaient en effet remplacé les navires galères qu’on utilisait plus. Les déportations de fructidor servirent ensuite de modèle pour d’autres exils politiques puis pour des tentatives de « colonisation pénitentiaire » ; ce n’est qu’en 1854 qu’une loi créa officiellement le « bagne de la transportation » qui ne sera supprimé définitivement qu’en 1938. Il y eut un petit épisode curieux au début des années 1820 : le gouverneur Laussat, autrefois préfet colonial de la Louisiane, fait venir de cette région 20 Américains, issus de sept familles d’origine irlandaise ; ils débarquent le 18 novembre 1821. Il rebaptise un petit coin de la région de Kourou « Laussatdelphie » en son honneur ; il s’agit de la savane Ollivier sur la crique Passoura, au nord de la ville actuelle. Les colons irlandais refusent de devenir agriculteurs (Laussat dira qu’ils manquaient de vocation agricole) et sont rapatriés en Louisiane un an plus tard. Laussat fera de même avec des Chinois et Malais envoyés à Kaw y faire cultiver du thé, projet qui se soldera aussi par un échec.
À l'époque les établissements à l’ouest de Kourou, Sinnamary, Iracoubo, à l’exception de Mana, sont sous le contrôle des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny et abritaient des habitations (plantations) de deux à cinq personnes se consacrant à l’élevage et aux cultures vivrières. Kourou fut l’un des seuls établissements ayant un bourg où les habitants pouvaient se rassembler pour des fêtes ou d’autres évènements ; celui-ci se situe au port de Kourou, un peu avant l’embouchure du Kourou et de la Pointe des Roches. Le canal de Kourou est construit pour améliorer le transport de marchandises et la communication entre les habitations, souvent isolées par les marais ou la boue pendant la saison des pluies. L'éruption de la montagne Pelée en 1902 pousse un grand nombre de réfugiés à s’installer ailleurs, ravivant les espoirs de repeupler la Guyane, toujours beaucoup moins peuplée que les Antilles françaises. Les notables guyanais prévoient d’héberger 900 agriculteurs martiniquais ; le gouverneur était plus ambitieux, en prévoyant 18 000 dans la région de Kourou. Finalement, seulement 572 choisissent de s’installer en Guyane, à Montjoly (à dix kilomètres de Cayenne) ; 317 individuellement et 255 en convoi organisé par le gouvernement. Des immigrants de Sainte-Lucie, de la Dominique, du Liban, de la Chine, et de l’Indonésie s’installent ailleurs en Guyane en petit nombre

Kourou sert de lieu de déportation : elle est un pénitencier à vocation agricole, ce qui fait revivre le petit hameau. La ferme de Kourou produit de l'huile de coco et abrite une porcherie de 200 porcs, qui sert principalement à varier la nourriture donnée aux bagnards et au personnel pénitentiaire car on ne pouvait pas faire envoyer de la viande depuis la métropole.
Le pénitencier de Kourou, situé sur la Pointe des Roches, est inauguré en 1856. Trois bagnes forestiers en dépendent, à Pariacabo (aujourd’hui la zone industrielle), et les lieux-dits « Léandre » et « les Trois-Carbets». Un chantier dans le quartier de Passoura occupe trente bagnards. Il y eut un projet de bagne pour femmes sur l’îlet le Père, au nord de Kourou, qui ne se réalisa jamais. Le pénitencier de Kourou, comme ailleurs en Guyane, a des problèmes de vol de vivres et une comptabilité mal tenue. Toutefois, les autorités semblent être plutôt tolérantes envers cette situation, peut-être parce que des Guyanais (généralement opposés au bagne) étaient à l’origine d’une partie des pertes. Il n'y a pas de médecin (à une époque c'est un Chinois transporté qui soignera les malades ; quand il n’y avait personne les malades étaient envoyés à l’hôpital de l'île Royale), et le personnel est composé surtout de bagnards Arabes âgés. Les vivres sont mal stockés : parfois, on ne trouve même pas les clés qui ouvrent les portes des magasins. On y récolte peu de légumes ; le principal produit devient le combustible, l’huile de coco. L'administration du bagne de Kourou est tellement désorganisée qu'elle oublie d'envoyer les actes de décès en 1885, chose grave puisque les familles en métropole en avaient besoin en cas d'héritages, de remariages...
À Kourou, on ne commence à chercher les bagnards en fuite que trente-six heures après le début de leur absence ; ce délai va de trente heures aux îles à soixante heures aux bagnes forestiers. Les bâtiments consacrés au bagne, dans le quartier des Roches, sont démolis peu après la fermeture de celui-ci et remplacés par l’Hôtel des Roches. Les derniers vestiges de cette partie de l’histoire de la ville sont la Tour Dreyfus (utilisée pour communiquer avec les îles en code Morse), les ruines du four du bagne (maintenant propriété privée, mais visible dans une petite impasse non loin de la tour), et une petite fontaine près des palmiers moucayas. Au large de Kourou, il y avait des bagnes aux îles du Salut, ouverts en 1852, quand ils furent désignés comme tels. Les premiers déportés y sont arrivés en avril 1862. Une loi ferme le bagne en 1938, mettant un terme aux transports de prisonniers, mais il ne fut véritablement fermé qu’en 1946, et les tout derniers rapatriements ne se feront qu’en 1953.

Le 16 avril 1964, le gouvernement français décide d’installer une base spatiale en Guyane, et c’est avec la construction de la base, en 1965 que Kourou, jusqu'alors simple village, va devenir une véritable ville, les besoins du Centre spatial guyanais (CSG) provoquant une vigoureuse croissance démographique. La base est gérée conjointement par le CNES (son propriétaire), Arianespace et l'Agence spatiale européenne.
Jusque là, Kourou avait été divisé en deux parties distinctes : le « bourg » (200 habitants), aujourd’hui les rues les plus près du port de plaisance presque à l’embouchure du Kourou, et les plaines appelées la « savane » et l'« anse », qui abritaient 400 personnes. Celles-ci n’allaient au bourg que les jours de marché ou en cas de nécessité. Le bourg était le centre de la communauté : le lieu de culte (l’église Sainte-Catherine), et le marché s’y situaient, et le bourg était le point de rassemblement lors des fêtes, dont le Carnaval. Les enfants habitant la savane devaient aller à pied à l’école au bourg ; un trajet de deux heures le matin et deux le soir. Un parent leur donnait à manger le midi. Le village ne connut l’électricité qu’en 1948 et les réfrigérateurs dans les années 1955-1960 ; la viande (de production locale) et le poisson (du Kourou ou de l'océan) étaient alors salés ou fumés pour éviter qu’ils ne pourrissent

Le CSG lui-même est construit sur l’emplacement d’un village appelé Malmanoury et s’étend sur 30 km à partir de la rive gauche du Kourou et pénètre, dans ce qui était la forêt vierge, sur une distance de 10 km. Cent cinq familles (651 personnes) sont expropriées de leurs terres pour faire de la place pour le CSG et relogées dans des logements en ville. Pour construire la base on embauche des milliers d’ouvriers dès la première phase de la construction, de 1965 à 1970. Beaucoup s’installent ensuite en Guyane, surtout dans la région kouroucienne. En 1976 les 1 016 personnes travaillant sur le site comprenaient, à part des Guyanais, 330 Sud-Américains (Colombiens, Brésiliens, Surinamiens...), 206 Européens, et 72 Antillais (essentiellement de Martinique et de Guadeloupe). On construit, pour ces personnes ainsi que pour les employés du CSG (ingénieurs, astronomes...) plusieurs petits quartiers d’immeubles collectifs de quatre ou cinq étages, près de la plage : Simarouba, Diamant, place de l’Europe... À Simarouba on trouve le cinéma de la ville et de nombreux petits commerces.
Le Centre spatial est inauguré avec le lancement de la fusée-sonde Véronique le 9 avril 1968.
Le Centre Médico Chirurgical de Kourou (CMCK), sous l’égide de la Croix-Rouge française, est présent non loin de Simarouba depuis 1965, quand il est construit pour soigner les habitants de la ville en pleine expansion. Il y a trois hôpitaux en Guyane, à Kourou, à Cayenne, et à St-Laurent ; dans les autres communes, les soins sont assurés par des centres de santé qui, notamment pour les communes isolées, envoient les malades les plus graves en hélicoptère aux grands hôpitaux du littoral. Le port industriel de Pariacabo est également construit pour les livraisons de matériel nécessaire à la construction des fusées, le port de Cayenne n’étant pas bien équipé et les routes impraticables avec de lourdes et encombrantes charges. La station de traitement des eaux de Kourou, la seule en Guyane à respecter les normes européennes, est construite en 1965. Le 3e régiment étranger d’infanterie, le régiment le plus décoré de la Légion étrangère, est présent au quartier Forget de Kourou depuis l’année 1973, date de son transfert depuis Diégo Suarez à Madagascar. Environ 600 hommes, dont 280 légionnaires permanents, composent ce régiment spécialisé dans le combat en forêt équatoriale. L’unité a activement préparé l’aménagement du CSG et a comme mission principale d’en assurer sa surveillance. Elle participe régulièrement aux opérations de démantèlement de sites d’orpaillage clandestins. La 2e compagnie de l’unité est engagée dans le cadre de l’opération Carbet, au sein du bataillon français de la force multinationale intérimaire en Haïti.
Des heurts ont opposé les légionnaires protégeant le centre spatial aux habitants de Kourou en 1985 et 2006. La ville change continuellement pour preuves, la construction de nouveaux édifices comme le marché du bourg ou encore la rénovation du quartier 205. Les programmes de construction de logements et d'établissement scolaires ne sont pas en reste, le Lycée d'enseignement professionnel Elie Castor à ouvert ses portes début 2012.

  

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MessagePosté le: Sam 8 Juil - 17:28 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE Répondre en citant

 Le Maroni (néerlandais: Marowijne) est un fleuve d'Amérique du Sud. Sous le nom d'Itany il prend sa source près du massif du Mitaraka, et devient le Lawa lors de sa confluence avec l'Inini et enfin Maroni lors de sa réunion à Grand-Santi avec la rivière Tapanahoni.

D'une longueur de 611,7 km, le fleuve et ses îlots étant surinamais, la rive droite fait office de frontière entre la Guyane et le Suriname jusqu'à son embouchure commune avec le fleuve Mana.
Le Maroni est une voie de communication essentielle vers les communes intérieures de la Guyane. La pirogue reste donc le principal moyen de transport de la région. Tout au long de son cours se succèdent villages Bushinengué (Boni, Djukas, Paramaccans, Saramacas) et Amérindiens (Lokonos, Kali'nas, Wayanas).




Plusieurs îles et de nombreux rapides appelés « sauts » en Guyane jalonnent son cours. On dénombre environ quatre-vingt-dix (90) sauts.
Son contrôle militaire est assuré par un détachement du 9e régiment d'infanterie de marine de l'armée française, stationné à Saint-Jean-du-Maroni et qui dispose de pirogues pour remonter le Maroni et franchir les sauts.


La surface du bassin versant du Maroni est de 60 930 km2 à Langa Tabiki. Son module y est de 1 682 m3/s et son débit spécifique de 27,6 l/s/km2. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant annuellement s'élève de ce fait à 870 mm, une valeur élevée très supérieure à celle des fleuves de France métropolitaine mais inférieure à celle des fleuves tropicaux sud-américains que sont l'Amazone (1 197 mm) et l'Orénoque (1 031 mm). En effet la zone drainée par le fleuve bénéficie d'un climat équatorial caractérisé par des précipitations abondantes (2 594 mm/an à Saint-Laurent-du-Maroni). Le Maroni présente une période de hautes eaux au printemps et une période de basse eaux en automne. Les hautes eaux du printemps sont dues aux fortes pluies qui s'abattent sur la totalité du bassin versant du Maroni à cette période de l'année. Les précipitations varient en effet du simple au triple entre le mois d'octobre qui est le plus sec et le mois de mai qui est le plus arrosé.



 

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MessagePosté le: Dim 9 Juil - 04:38 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE Répondre en citant

Saint-Laurent-du-Maroni ou Saint-Laurent est une commune française située dans le département de la Guyane. En 2010, elle est la deuxième commune la plus peuplée de Guyane après Cayenne.
Ses habitants sont appelés les Saint-Laurentais et Saint-Laurentaises
Saint-Laurent-du-Maroni, localité placée à 253 kilomètres à l'ouest de Cayenne, est située un peu derrière l'embouchure du Maroni, face à la ville surinamaise d'Albina, au nord-est du continent sud-américain. Elle n'a pas de côte Atlantique, fait expliqué par le désir des autorités pénales d'empêcher les bagnards qui y étaient implantés de s'évader par la mer.
Beaucoup d'ethnies y cohabitent : Créole, Amérindiens (Kali'na, Lokono), Hmong, Hindous, Bushinengue (Saramaca, Djuka, Aluku, Paramacas), étrangers (Haïtiens, Surinamais, Brésiliens, etc.), et métropolitains.
Les communes limitrophes avec Saint-Laurent-du-Maroni sont Mana au nord et à l'est, Grand-Santi au sud-ouest, et Apatou au nord-ouest.
La commune inclut les îles fluviales Portal, de la Quarantaine et aux Lépreux.

Articulé sur un plateau continental de faible hauteur, le relief de Saint-Laurent-du-Maroni est essentiellement vallonné, avec un point culminant à 100 mètres d'altitude. Les vallées qui serpentent au milieu des collines sont, pour la plupart, marécageuses. Le Sud de la commune, quant à lui, est plus montagneux, avec un point culminant, dans le Massif Dékou-Dékou, à 500 mètres d'altitude
Le Maroni arrose la commune, a qui il donne une partie de son nom, au nord et nord-ouest de celle-ci. Plusieurs de ses affluents traversent également le territoire communal : la Crique Sparouine (en limite de commune sud), la Crique Bastien, la Crique Serpent, la Crique des cascades, la Crique Awara, la Crique Balaté, la Crique Margot, la Crique Chameau, la Crique aux bœufs lamentins, la Crique Vaches (en limite de commune nord).
Saint-Laurent-du-Maroni bénéficie d'un climat chaud et humide de type équatorial (type Af selon la classification de Koppen). Il n'existe qu'une seule saison dans l'année avec deux pics pour les précipitations, un grand pic au printemps au mois de mai et un petit pic en hiver au mois de janvier. L'air est constamment chaud et moite. Les seules variations que connaissent les températures sont des variations journalières avec des minimales égales à 22 °C et des maximales comprises entre 29 °C et 33 °C. Il pleut toute l'année de façon abondante si bien que le cumul annuel des précipitations atteint une valeur très élevée (2 594,4 mm/an). Cependant les précipitations varient du simple au triple entre le mois le moins arrosé (105,9 mm en octobre) et le mois le plus arrosé (366,6 mm en mai).

Le 21 février 1858, peu de temps près la construction des premiers carbets du pénitencier agricole, par le commandant Mélinon, le village fut placé sous le vocable « Saint Laurent », en l'honneur du gouverneur de Guyane de l'époque, Auguste-Laurent Baudin
Des travaux de fouilles ont permis de découvrir, en 2005, que le site était occupé avant 7200 avant notre ère durant le Néolithique précéramique B. Par la suite, le site reste occupé avant l’époque précolombienne par les populations amérindiennes. Avant la fondation de l'agglomération coloniale, il porte le nom de son chef Kamalaguli. De l'ensemble des populations amérindiennes initialement installées à ces époques ne restent aujourd'hui que les ethnies Arawak et Kali'na
Durant les xviie et xviiie siècles, le Maroni est la voie de pénétration de nouvelles populations. Aux colons européens et leurs esclaves noirs, vont s'ajouter les Businenge, esclaves en fuite du Suriname. Leurs descendants se retrouvent chez les Boni, les Ndjuka, les Paramaca et les Saramaca. Ces quatre ethnies vivent dans des quartiers ou dans les villages qui entourent Saint-Laurent. Grands navigateurs, ils sont piroguiers, pratiquent l'agriculture et l'artisanat.
Le premier bagne fut créé par la loi du 26 août 1792 qui prévoyait la déportation politique en Guyane des « ecclésiastiques non sermentés » puis aux ecclésiastiques dénoncés pour cause d'incivisme (loi du 23 avril 1793) et en 1795 pour les ennemis de la Révolution française, mais le blocus maritime imposé par l’Angleterre ainsi que les nombreuses épidémies qui s'y développaient entraînèrent l'arrêt de l'application de ces mesures

La ruée vers l'or, qui débuta peu après l'abolition de l'esclavage, vers 1850, révolutionna la société créole. Les esclaves libérés délaissèrent les plantations à la recherche de l'or, creusèrent les premières mines en forêt, où ils furent rejoint par les créoles venus de la Caraïbe (Martinique, Guadeloupe, Dominique et Sainte-Lucie). Tous installés dans la région de Saint-Laurent, ils y développent le commerce de l'or. C'est la disparition économique des Blancs créoles, ruinés par le départ des esclaves de leurs plantations.
Depuis, des milliers de chercheurs d'or clandestins se sont installés bravant les autorités, vivant dans la violence et en butte au paludisme. Dénommés garimpeiros, ils sont actuellement la cause des ravages sociaux, sanitaires et environnementaux. L'utilisation du mercure et du cyanure pour amalgamer l'or empoisonne fleuve et affluents, tribus d’Amérindiens, et défigure la forêt
La remontée du Maroni avait commencé dans les années 1820. Elle permit de découvrir, en 1852, une colonie de quarante familles, originaires de Friedland. Les nouveaux territoires explorés manquant de main-d’œuvre, pour pallier cela, Louis-Napoléon rétablit la déportation des bagnards. Leur premier convoi arriva le 31 mars 1852. Les forçats furent cantonnés dans l'Est de la Guyane. Outre la construction de routes, ils édifièrent les nouveaux pénitenciers. Installés dans des zones insalubres, ils furent rapidement délaissés. Le choix se porta alors sur la rive droite du Maroni où s'étaient installés les ressortissants venus de la mer du Nord. Ce choix détermina l'emplacement de l'agglomération qui devint lieu de déportation pour les condamnés aux travaux forcés jusqu'en 1946.
Les premiers transports débarquèrent le 23 août 1854. Cet emplacement fut validé par Auguste-Laurent Baudin, gouverneur de la Guyane, et dénommé Saint-Laurent-du-Maroni le 21 février 1858. Ce site devint un pénitencier agricole. Les forçats furent employés à cultiver bananes et cannes à sucre. De plus des chantiers forestiers furent ouverts à Saint-Jean-du-Maroni et à Sparouine.
Le gouvernement français fit venir des ressortissants portugais, africains, indiens et chinois. Ces derniers constituèrent le groupe le plus important. Venus de Shanghai et de Canton, ils ouvrirent des alimentations et des bazars, commerces où ils sont toujours majoritaires. Dans le même temps furent déportées des femmes dans la perspective, leurs peines finies, de s'installer pour fonder un foyer. Ce fut un échec et cette tentative fut arrêtée en 1905

 Les conditions sanitaires du bagne étant désastreuses, en 1867, Napoléon III décréta que les condamnés blancs au bagne iraient désormais purger leur peine en Nouvelle-Calédonie. Ce qui n'empêcha pas Saint-Laurent de devenir le siège de l'administration pénitentiaire. Le 15 septembre 1880, la ville prit le statut de commune pénitentiaire spéciale. La fonction de maire fut assurée par le directeur de l'Administration pénitentiaire qui nomma une commission municipale.
La transportation des forçats européens ayant repris en 1887, la ville dut s'agrandir. Construite en damier, elle était divisée en trois quartiers. Il y avait le quartier officiel avec les administrations et ses logements de fonction, venait ensuite la ville coloniale destinée aux concessionnaires, puis le quartier du Camp de la transportation, où se trouvaient aussi la gendarmerie et l'hôpital. Cette organisation et la qualité des constructions firent surnommer Saint-Laurent le « Petit Paris »
Assez éloignée de la métropole, la colonisation pénale était acceptée. Il fallut, à partir de 1923, la venue du journaliste Albert Londres pour faire découvrir la réalité. Ses articles furent publiés dans Le Petit Parisien et dans l'édition du 6 septembre 1924, il mit en garde Albert Sarraut, ministre des Colonies, « Ce n’est pas des réformes qu'il faut en Guyane, c’est un chambardement général ».
Le grand reporter expliqua à ses lecteurs ce qu'était la relégation : « La relégation ! Je ne m'imaginais pas que c'était ainsi. Quand on lit « condamné à tant et à dix ans d’interdiction de séjour », on croit aisément qu'une fois sa peine achevée, l'homme n'a qu'à courir le monde pourvu qu'il ne rentre pas en France. Ce n’est pas cela. Il va à Saint-Jean, dit Saint-Flour. Aucun de ces grands enfants qui n'ait sur la conscience moins de six vols reconnus. Beaucoup en sont à vingt, trente, plusieurs à quatre-vingts, cent. C'est la crème la plus épaisse des fripouillards de France» (Au bagne (1923))
Il trouva un relais politique en la personne de Gaston Monnerville, député de la Guyane. À peine élu, en 1932, celui-ci mena un combat pour la fermeture du bagne. Le député, qui avait l'appui de l'opinion publique, obtint que les libérés puissent quitter Cayenne pour la France en 1934. Le décret-loi du 17 juin 1938 abrogea le bagne qui fut définitivement fermé en 1946. En août 1953 les 132 derniers bagnards quittaient la Guyane.
La commune civile fut officiellement créée le 9 novembre 1949 et Saint-Laurent-du-Maroni devint chef-lieu d’arrondissement. Il est à noter, qu'après cette période de colonisation carcérale, la population initiale d'Amérindiens ne subsiste que dans deux villages d'ethnies différents, les Lokono et les Kaliña. Depuis la seconde moitié du xxe siècle, elles sont peu à peu intégrées et leur droit coutumier, mis à mal par l'évolution des structures sociales, cède la place face aux cultures en abattis et au travail salarié

Originellement construite par et pour l'Administration pénitentiaire, beaucoup des bâtiments officiels dans la ville sont d'un style unique d'architecture, un mélange des styles coloniaux et pénitentiaires. Des briques faites avec de la terre rouge locale furent fabriquées et utilisées par les bagnards, qui fournissaient une main-d'œuvre gratuite et interminable. Ils construisirent tout un district officiel et administratif, commençant par leur prison, le Camp de la transportation.
Liste de plusieurs des bâtiments principaux de ce vieux district administratif, localement surnommé le petit Paris :
Le Camp de la Transportation : Réhabilité dans une grande partie, l'ancien bagne peut toujours être visité et notamment la célèbre cellule ou Papillon séjourna et d'où il s'évada pour se réfugier un temps sur l'île des lépreux (voir plus bas).
La résidence du gouverneur du bagne, aujourd'hui la résidence du sous-préfet.
Le tribunal maritime, aujourd'hui la sous-préfecture.
La mairie et l'ancienne banque.
L'église Saint Laurent.
Le trésor public.
L'hôtel La Tentiaire.
La caserne Joffre, aujourd'hui le QG de la gendarmerie.
L'hôpital, le seul hôpital français en bois encore utilisé.
La plupart de ces bâtiments se situent sur les avenues De Gaulle et Lieutenant-Colonel -ourtet, ainsi que le boulevard Mallouet. Après la fermeture de la prison et le départ de l'administration pénitentiaire au début des années 1950, ils se détériorèrent à cause du manque de maintenance et d'intérêt et furent très endommagés en raison du climat difficile de la Guyane de l'Ouest. Presque en ruine totale, ils furent restaurés au début des années 1980 quand la mairie et le ministère de la Culture se furent rendu compte de l'énorme intérêt culturel et historique du vieux district pénitentiaire et administratif. Celui-ci est vite devenu un lieu touristique, avec le camp de la transportation comme bâtiment phare.
Le camp de la relégation, à Saint-Jean-du-Maroni, à 17 km au sud de Saint-Laurent.
L'île des lépreux : Petite île sur le Maroni, accessible uniquement en pirogue. C'est là qu'étaient exilés les bagnards affectés de la lèpre. Papillon décrit comment il s'y est réfugié pendant l'une de ses tentatives d'évasion.
Lieux d'intérêt touristique n'ayant rien à voir avec le bagne :
La Charbonnière : Village Bushinengué les maisons typiques en bardeau créées par la municipalité dans les années 80.

 

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MessagePosté le: Dim 9 Juil - 04:47 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE Répondre en citant

Le territoire de l’Inini est une ancienne subdivision de la Guyane qui avait pour chef-lieu Saint-Élie.
Il tient son nom de l’Inini, cours d'eau affluent du fleuve le Maroni.
Le territoire de l'Inini fut initialement créé par un décret du 6 juin 1930.
Le territoire de l’Inini recouvrait la colonie de Guyane française, à l’exception de sa bande côtière.
À sa création en 1930, il est peuplé d'environ 3 000 habitants. Les habitants étaient majoritairement Amérindiens (Wayãpi, Téko, Wayana), businengue (Aluku, Paramaka, Djuka) et Créole.
Dans un avis du 9 mars 1948, le Conseil d'État considéra qu'aux termes du décret précité, le territoire de l’Inini, créé « à l'intérieur de la Guyane française », était « doté de la personnalité civile et de l'autonomie financière » et « administrée par le gouverneur de la Guyane (française) », simplement « assisté d'un conseil d'administration », et « à l'exception de toute intervention du conseil général (de la Guyane française) ».

L'article 1er de la loi n° 46-451 du 19 mars 1946, dite de départementalisation, érigea la Guyane française en département.
Le décret n° 47-2252 du 1er novembre 1947 y introduisit la loi du 10 août 1871, relative aux conseils généraux.
Dans l'avis précité, le Conseil d'État considéra que « l'existence au sein d'un département d'un territoire ayant la personnalité civile et échappant à la compétence du conseil général est contraire à la loi du 10 août 1871 » et que « le décret (précité) du 6 juin 1930, qui n'entre pas dans la catégorie des règlements maintenus en vigueur en vertu de l'article 3 du décret du 1er novembre 1947, doit être regardé comme abrogé par ledit décret ».

La loi n° 51-1098 du 14 septembre 1951 restaura le « Territoire de l'Inini » sous le nom d' « arrondissement de l'Inini ».
Son article 1er de la loi disposait, en effet, que « Le département de la Guyane française se compose de : 1° L'arrondissement de Cayenne que comprend les communes existant actuellement en Guyane ; 2° L'arrondissement de l'Inini » ; mais il précisait que : « Cet arrondissement, qui a la personnalité morale, est doté provisoirement et pendant une période qui ne pourra excéder dix ans, d'un statut particulier ».
Robert Miguet en fut le sous-préfet en 1961-1962.


L'arrondissement de l'Inini fut supprimé par le décret n° 69-261 du 17 mars 1969, portant réorganisation administrative du département de la Guyane.
Sa suppression fut confirmée par loi n° 69-1263 du 31 décembre 1969, portant diverses dispositions d'ordre économique et financier.
Son article 27 abrogea la loi du 14 septembre 1951 « à compter de l'entrée en vigueur du décret n° 69-261 du 17 mars 1969 ».

 

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MessagePosté le: Dim 9 Juil - 11:30 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE Répondre en citant

Le tamanoir, également nommé fourmilier géant ou grand fourmilier (Myrmecophaga tridactyla), est une espèce de mammifères de la famille des Myrmecophagidae. C'est la seule espèce du genre Myrmecophaga. C'est un grand mammifère insectivore natif de l'Amérique centrale et du Sud. Il est l'une des quatre espèces vivantes de fourmiliers et classé parmi les paresseux dans l'ordre Pilosa. Le tamanoir est surtout terrestre, contrairement à d'autres fourmiliers ou paresseux, qui sont arboricoles ou semi-arboricole. L'espèce est la plus grande de sa famille avec une taille moyenne comprise entre 182 cm et 217 cm et un poids allant de 33 kg à 41 kg pour les mâles, de 27 à 39 kg pour les femelles. Le tamanoir est reconnaissable à son museau allongé, sa queue touffue, ses griffes avant longues et son pelage de couleur distincte.
Le fourmilier géant se rencontre dans de multiples habitats, notamment les prairies et la forêt tropicale. Il vit généralement à cheval sur plusieurs biotopes vitaux. Le tamanoir se nourrit dans les zones ouvertes, pour se reposer dans les zones plus boisées. Il se nourrit principalement de fourmis et de termites, en utilisant ses griffes de devant pour les déterrer et sa longue langue collante pour les recueillir. Ils sont pour la plupart solitaires sauf pendant les relations mère-jeunes ou lors de l'accouplement; les interactions entre mâles sont agressives. Les femelles portent leur progéniture sur leur dos jusqu'au sevrage.

Le fourmilier géant est répertorié comme vulnérable par l'Union internationale pour la conservation de la nature. Il a disparu de nombreuses parties de son ancienne aire de répartition, y compris la quasi-totalité de l'Amérique centrale. Les menaces à sa survie comprennent la destruction de l'habitat, le feu, et le braconnage pour la fourrure et la viande de brousse, bien que certains fourmiliers habitent dans des zones protégées. Avec son apparence et ses habitudes distinctives, le fourmilier a été présenté dans les mythes précolombiens et contes populaires.
Cette espèce a obtenu son nom binomial de Linné en 1758. Son nom générique, Myrmecophaga, et le nom spécifique, tridactyla, sont d'origine grecque, signifiant respectivement "tamanoir" et "trois doigts". Myrmecophaga jubata a été utilisé comme synonyme. Trois sous-espèces ont été provisoirement proposée: M. t. tridactyla (allant du Venezuela et des Guyanes au nord de l'Argentine), M. t. centralis (originaire d'Amérique centrale, du nord-ouest de la Colombie, et du nord de l'Équateur), et M. t. artata (indigène du nord/nord-ouest de la Colombie et Venezuela). Le fourmilier géant est regroupé avec les Tamandua du nord et du sud semi-arboricoles dans la famille Myrmecophagidae. Avec la famille Cyclopedidae, ils constituent le sous-ordre des Vermilingua

Les fourmiliers et les paresseux appartiennent à l'ordre Pilosa et au super-ordre Xenarthra au même titre que Cingulata (dont les seuls membres existants sont les tatous). Les deux ordres de Xenarthra se sont divisés il y a 66 millions d'années (Pliocène, Holocène) à l'époque du Crétacé supérieur. Les fourmiliers et les paresseux ont divergé il y a environ 55 millions d'années (Pliocène, Holocène), entre les époques Paléocène et Eocène. La lignée Cyclopes émergé autour de 30 millions d'années (Pliocène, Holocène) dans l'Oligocène, tandis que les lignées Myrmecophaga et Tamandua se sont divisés il y a environ 10 millions d'années (Pliocène, Holocène) dans la sous-époque du Miocène tardif. Pendant la majeure partie de l'ère Cénozoïque, les fourmiliers ont été confinés à l'Amérique du Sud, qui était autrefois une île-continent. Après la formation de l'isthme de Panama il y a environ 3 millions d'années (Pliocène, Holocène), les fourmiliers des trois genres existants ont envahi l'Amérique centrale dans le cadre du Grand échange interaméricain.
Les archives fossiles pour les fourmiliers sont généralement clairsemées. Certains fossiles connus comprennent le Pliocène avec le genre Palaeomyrmidon, un proche parent au fourmilier soyeux, Protamandua, un taxon sœur au clade qui comprend le fourmilier géant et les tamanduas du Miocène, et Neotamandua, un taxon sœur de Myrmecophaga. Protamandua était plus grand qu'un fourmilier soyeux (voir Cyclopes didactylus) mais plus petit qu'un tamandua, tandis que Neotamandua était plus important, se situant quelque part entre un tamandua et un fourmilier géant. Protamandua ne semble pas avoir de pieds spécialisés pour la locomotion terrestre ou arboricole, mais il a peut-être eu une queue préhensile. Cependant pour Neotamandua, il est peu probable qu'il ait eu une queue préhensile et ses pieds étaient intermédiaire, une sous forme, entre ceux des tamanduas et du fourmilier géant. Les espèces boréales Neotamandua ont été considérées comme un ancêtre de ce dernier.
Le fourmilier géant est la plus terrestre des espèces de fourmilier vivant. Ses ancêtres étaient sans doute à l'origine adaptés à la vie arboricole; la transition à la vie sur terrain ferme aurait été facilitée par l'expansion des habitats ouverts tels que la savane en Amérique du Sud et de la disponibilité des insectes coloniales, comme les termites, fournissant une source d'alimentation potentiel plus grande. Le fourmilier géant comme les tamandua du sud sont bien représentées dans les fossiles de la fin du Pléistocène et de l'Holocène

Le fourmilier géant peut être identifié par sa grande taille, un museau allongé, et une longue queue. Il a une longueur totale de corps comprise entre 182 à 217 cm. Les mâles pèsent de 33 à 41 kg et les femelles entre 27 et 39 kg, caractéristiques rendant le fourmilier géant le plus grand des espèces existantes dans son sous-ordre. La tête du fourmilier géant est de 30 cm de long, donc particulièrement allongée, même lorsqu'on le compare à d'autres fourmiliers. Son museau tubulaire, qui se termine par la bouche et les narines, possède une petite ouverture, mais prend la plupart de sa tête. Ses yeux et oreilles sont relativement petites. Il a une mauvaise vue, mais son odorat est 40 fois plus développé que celui des humains. Les fourmiliers géants peuvent vivre environ 16 ans en captivité.
Contrairement à celui des autres mammifères, le cou des fourmiliers, en particulier le fourmilier géant, est plus épais que le dos et la tête. Une petite bosse peut être située à l'arrière de son cou. Le pelage du fourmilier géant est principalement gris et sel avec du blanc. Ses membres antérieurs sont blancs, avec des bandes noires autour des poignets, tandis que ses membres postérieurs sont sombres. Une bande noire épaisse avec des contours blancs s'étend de la gorge à l'épaule, où elles se terminent en pointe triangulaire. Le corps se termine par une queue brune. Le pelage est long, particulièrement sur la queue, ce qui la rend plus grande qu'elle ne l'est réellement. Il a un tronçon de crinière très raide le long du dos. Ses motifs sombres ont été pris pour être un "camouflage perturbateur", mais une étude de 2009 suggère une coloration d'avertissement. Alors que les mâles adultes sont légèrement plus grands et plus musclés que les femelles, avec des têtes et cou plus larges, la détermination visuelle du sexe des individus peut être difficile. Le pénis et les testicules sont rétractés et situés à l'intérieur entre le rectum et la vessie, les femelles ont une seule paire rapprochée de glandes mammaires

Le fourmilier géant a les flancs larges. Malgré son nom d'espèce, il possède cinq orteils à chaque patte. Quatre orteils sur les pattes avant ont des griffes, les deuxièmes et troisièmes sont particulièrement allongées. Le fourmilier géant déambule sur ses phalanges avant, semblables à des singes africains, en particulier les gorilles et les chimpanzés. Faire cela permet au fourmilier géant de garder ses griffes intactes tout en marchant. Les doigts du milieu, qui soutiennent plus de son poids, sont allongés au niveau des articulations métacarpophalangiennes (Préhension) et pliés au niveau des articulations interphalangiennes (Préhension). Contrairement aux pattes avant, les pattes de derrière ont des griffes courtes sur les cinq orteils et sont utilisées de manière plantigrade. Comme un "crochet/pelle", la fosse supra-épineuse est élargie de manière à donner au fourmilier géant une répartition du poids et de manière croissante en tirant la puissance et ses membres antérieurs du muscle triceps aidant ainsi en puissance à la flexion du troisième doigt et de ce fait aussi un épaississement des pattes avant.
Le fourmilier géant a une basse température de corps pour un mammifère, environ 33 °C, de quelques degrés inférieure à une température typique de mammifère de 36−38 °C. Généralement les Xenarthra ont tendance à avoir des taux métaboliques plus faibles que la plupart des autres mammifères, une tendance probablement en corrélation avec leurs spécialisations alimentaires et leur faible mobilité

Le fourmilier géant n'a pas de dents et est capable de mouvements de mâchoire très limités. ces mouvements s'appuient sur la rotation des deux moitiés de la mâchoire inférieure, maintenues ensemble par un ligament en leur pointe, lui permettant ainsi d'ouvrir et fermer sa bouche, et grâce à ses muscles masticatoires, qui sont relativement sous-développés. La mâchoire crée une dépression, une ouverture orale assez grande pour que la langue élancée puisse sortir complètement. Elle mesure une taille moyenne de 60 cm (24 po) de long et est triangulaire en arrière, arrondie en avant, et se termine par un petit sommet arrondi. La langue est recouverte de papilles bombées vers l'arrière et revêtues d'une épaisse salive collante sécrétée par des glandes salivaires élargies, lui permettant ainsi la collecte des insectes.
La dépression en forme de tube et la petite ouverture de la bouche restreignent la langue à des mouvements de rétraction protubérante. Au cours de l'alimentation, la langue entre et sort environ 160 fois par minute (près de trois fois par seconde). Ces mouvements sont alimentés par la musculature unique du grand, long et flexible appareil hyoïde du fourmilier géant, s'appuyant également sur l'orientation de sa tête. Lorsqu'elle est entièrement déployée, la langue peut atteindre 45 cm (18 po) ; taille supérieure à la longueur du crâne. Les Muscle buccinateurs lui permettent de glisser la langue d'avant en arrière sans perdre les aliments collectés. Ils sont rapprochés et l'animal serre la bouche de manière à empêcher les aliments de s'échapper et ce même avec une absorption rallongée du fait de la grande taille de la langue. Quand elle est rétractée, la langue est maintenue dans l'oropharynx par les muscles hyoïde et le palais secondaire, ce qui lui empêche de bloquer la respiration. Cette rétraction est facilitée par le long muscle sternoglossus, qui est formé par la fusion de la sterno (Muscle sterno-hyoïdien) et le Muscle hyo-glosse, qui n'est pas fixé à l'os hyoïde. Ainsi, la langue est directement ancrée au sternum.
Les fourmiliers géants avalent à un taux beaucoup plus élevé que la plupart des autres mammifères. En effet lors de l'alimentation, ils avalent presque continuellement. Avant d'être avalés, les insectes sont écrasés contre le palais. L'estomac du tamanoir, semblable au gésier d'un oiseau, possède des plis durci et utilise de fortes contractions pour broyer les insectes. Le processus de digestion est assisté par l'ingestion de petites quantités de sable et de terre16. Le fourmilier géant ne peut pas produire d'acide gastrique de son propre chef, et utilise donc l'acide formique de sa proie pour la digestion

Le fourmilier géant est originaire d'Amérique centrale et du Sud. Son aire de répartition connue s'étend du Honduras au nord de l'Argentine, et des restes fossiles ont été trouvés au nord-ouest de Sonora, au Mexique(le plus au nord de son aire de répartition). Il est absent de la Cordillère des Andes et a disparu en Uruguay. Il peut également être rencontré au Belize, au Costa Rica et au Guatemala. L'espèce peut être rencontrée dans un certain nombre d'habitats, y compris les forêts tropicales humides ou les zones arbustives xériques, fournissant suffisamment de nourritures.
L'espèce est classée vulnérable par l'IUCN, en raison du nombre des disparitions régionales. Il est aussi classé à l'Annexe II de la CITES,ce qui limite étroitement le commerce des spécimens de l'animal. Entre 2000 et 2010, la population totale a diminué de 30%. En 1994, quelque 340 fourmiliers géants étaient morts à cause de feux de forêt dans le parc national Emas au Brésil. L'animal est particulièrement vulnérable aux incendies en raison de ses lents mouvements et de son pelage épais.
Les menaces d'origine humaine comprennent les collisions avec les véhicules, les attaques de chiens, et la destruction de l'habitat. Le fourmilier géant est communément chassé en Bolivie, à la fois pour le sport et la subsistance. L'épaisse peau coriace de l'animal est utilisée pour fabriquer du matériel équestre dans le Chaco. Au Venezuela, il est chassé pour ses griffes. Les fourmiliers géants sont tués pour des raisons de sécurité, en raison de leur réputation d'animaux dangereux. Cependant l'espèce reste très répandue. Certaines populations sont stables et l'animal peut se rencontrer dans diverses zones protégées de l'Amazonie et le Cerrado. Il est officiellement protégé dans certaines provinces argentines comme une espèce de patrimoine national

Cet animal est un insectivore, se nourrissant principalement de fourmis ou de termites. Dans les régions où ils sont familiers des inondations saisonnières, comme les plaines herbeuses des llanos vénézuéliens, les tamanoirs se nourrissent principalement de fourmis, parce que les termites sont moins disponibles. À l'inverse, les tamanoirs du parc national Emas se nourrissent principalement de termites, disponibles en haute densité sur les prairies. Au Serra da Canastra (Parcs nationaux du Brésil), les fourmiliers géants basculent principalement entre les fourmis pendant la saison des pluies (octobre à mars) et les termites pendant la saison sèche (de mai à septembre).
Les fourmiliers pistent leurs proies par leurs odeurs. Après avoir trouvé un nid, l'animale "pleure" (verse des larmes "pour humidifier et assouplir") et creuse au moins légèrement avec ses longues griffes de devant puis insère sa longue langue collante pour recueillir ses proies. Un fourmilier passe en moyenne une seule minute par nid pour s'en nourrir, et peut visiter jusqu'à 200 nids par jour afin de consommer un peu moins de 30 000 insectes. Les tamanoirs peuvent être chassés des nids de fourmis ou termites par les attaques mordantes des soldats ou des éjections chimiques. Certaines espèces de termites comptent sur leurs monticules fortifiés de protection et de nombreux prédateurs renoncent rapidement après avoir commencé d'essayer de creuser. Ces modes de défense empêchent une colonie entière d'être mangée lors de l'attaque d'un fourmilier.
D'autres de leurs proies comprennent les larves de coléoptères et les abeilles occidentales qui ont leurs ruches situées dans des termitières. Les fourmiliers peuvent cibler des termitières avec des ruches d'abeilles. En captivité, les fourmiliers sont nourris de mélanges à base de lait, d'œufs, de vers de farine, et de bœuf haché. Pour boire, un fourmilier peut creuser en l'absence de disponibilité d'eau en surface, et créer ainsi des points d'eau pour d'autres animaux
Les fourmiliers géants sont des proies pour les jaguars et les pumas. Ils fuient généralement le danger en galopant, mais s'ils sont acculés, ils opteront pour une posture défensive, se tenant sur leurs pattes arrière et essayant de faire fuir l'attaquant. Les griffes avant de fourmilier géant sont des armes redoutables, capables de tuer un jaguar
Bien que timide et généralement tenté d'éviter les humains, on rapporte des cas de spécimens de cette espèce ayant tué ou blessé des humains qui avait essayé de coincer, leur avaient fait du mal ou les avaient trop acculés. Les fourmiliers géants peuvent causer de mortelles blessures avec leurs griffes avant. Deux chasseurs ont récemment été tués par des fourmiliers géants au Brésil et dans les deux cas, les chasseurs s'agitaient, blessait et acculaient dans des angles sans échappatoires les animaux, ce qui conduisit sans doute à des attaques qui semblaient être simplement des comportements défensifs41. En avril 2007, un fourmilier du zoo de Florencio Varela a malmené un gardien avec ses griffes avant (il semble que ce spécimen nommé "Ramon" avait une réputation d'agressif).

Les fourmiliers géants peuvent s’accoupler tout au long de l’année. Pendant la parade nuptiale, un mâle en rut cherche une femelle en chaleur, après s’être reniflé ils se joignent. Les couples mâles et femelles sont connus pour se nourrir ensemble dans les mêmes nids d'insectes. Lors de l’accouplement, la femelle se met dans la même position et direction que le mâle, ce dernier s’accroupit sur elle. Un couple peut rester ensemble pendant trois jours, et s’accoupler plusieurs fois au cours de cette période. La gestation dure environ 190 jours et se termine par la naissance d'un seul petit, qui pèse généralement autour de 1,4 kg (3,1 lb). Les femelles donnent naissance debout.
Les nouveau-nés naissent avec les yeux fermés et commencent à les ouvrir au bout de six jours. La mère porte son petit sur son dos. Les bandes noirs et blanches acquises dès la naissance s’alignent avec ceux de la mère et offrent un parfait camouflage16. Les jeunes communiquent avec leurs mères grâce à des sifflements aigus et perçants et utilisent leurs langues pendant l’allaitement. Après trois mois, le petit commence à manger des aliments solides et est entièrement sevré à dix mois. La mère nettoie sa progéniture pendant les périodes de repos pouvant durer jusqu'à une heure. Le toilettage est très particulièrement prononcé pendant les trois premiers mois et décline progressivement jusqu’à l’âge de neuf mois, se terminant au dixième mois. Cette baisse de toilettage reflète la diminution des liaisons entre la mère et sa progéniture ; les jeunes tamanoirs devenant généralement indépendants vers neuf ou dix mois. Les tamanoirs sont sexuellement matures entre 2,5 et 4 ans

 

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MessagePosté le: Dim 9 Juil - 11:42 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE Répondre en citant

Le Tatou géant (Priodontes maximus), encore appelé cabassou en Guyane est l'espèce la plus grande parmi les tatous. C'est la seule espèce du genre Priodontes.
Il peut creuser jusqu'à un terrier tous les deux jours, de 5 m de profondeur (dont la température est très stable), et qui sera ensuite utilisé par au moins une vingtaine d'autres espèces, ce qui fait de lui une espèce-ingénieur, et une espèce-clé
 On le trouve dans la forêt tropicale de l'est de l'Amérique du Sud et dans divers autres habitats assez éloignés comme le nord de l'Argentine. Il vit à proximité des cours d'eau et des lacs. L'espèce est en risque d'extinction.
Le tatou géant est insectivore, il se nourrit de termites et de fourmis et peut, contrairement aux autres tatous, détruire la totalité d'une de leurs colonies. Il s'alimente également d'araignées, de petits serpents et de charogne qu'il trouve en retournant le sol.

Le tatou géant adulte pèse entre 20 et 30 kg. Sa longueur est de 90 à 160 cm, dont un tiers pour la queue.
Il a une armature osseuse (11 à 13 bandes), couvrant son dos, sa queue et sa tête. D'apparence très rigide, elle n'en est pas moins très flexible et lui permet de se mouvoir aisément. Quelques poils sont visibles entre les plaques. La couleur est jaune sur les côtés et brune sur le dos. Les pattes, dotées de longues griffes lui permettent de construire d'énormes cavités en guise de terrier, de fouiller et de détruire les fourmilières et les termitières. Sa langue sécrète une substance visqueuse pour capturer des insectes. Il a un très bon odorat qui lui permet de détecter où se trouvent ses proies. Les autres sens ne sont guère développés : il ne distingue pas les couleurs mais étant un animal nocturne, cette déficience n'est pas handicapante. Il passe la journée tapi dans son terrier. Il vit en moyenne 12 à 15 ans.
Il apparaît sur les billets de 5 bolivar vénézuélien.

En dehors de la période d'accouplement, les deux sexes vivent séparés, habitant des terriers distincts. L'accouplement résulte de la rencontre fortuite d'un mâle et d'une femelle dans un terrier. Les femelles ont une période de gestation de 16 semaines, et elles ont de 1 à 3 petits.
Son seul prédateur est l'homme, qui le chasse pour utiliser sa cuirasse pour l'artisanat et sa chair comme aliment. Sa disparition a également pour cause la disparition de son biotope avec la déforestation et le développement de l'élevage. Il survit difficilement en captivité.
En Argentine, la réserve naturelle Formosa a été créée en 1968. Un de ses principaux objectifs est la protection de certains des derniers individus de l'espèce.







 

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MessagePosté le: Dim 9 Juil - 18:47 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE Répondre en citant

Adolphe Sylvestre Félix Éboué, né le 26 décembre 1884 à Cayenne (Guyane) et mort le 17 mai 1944 au Caire, est un administrateur colonial, résistant de la première heure durant la Seconde Guerre mondiale et homme politique français. Humaniste, franc-maçon, il fut membre de la SFIO jusqu'en septembre 1939. Gouverneur du Tchad, alors possession coloniale française, il range le territoire du côté de la France libre sitôt entendu l'Appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle. Depuis 1949, Félix Éboué repose au Panthéon.

Félix Éboué est né le 26 décembre 1884, rue Christophe Colomb à Cayenne, d'une famille originaire de Roura, issue de « nouveaux libres » (esclaves émancipés par l'abolition de 1848). Il est le quatrième d'une famille de cinq enfants, dont quatre frères : Yves, Edgard, Max, Félix le cadet et une sœur, Cornélie, mariée plus tard à Félix Gratien et qui eut cinq enfants : Clérence, Yves (neveu et filleul de Félix Éboué qui eut deux filles : Florence et Isabelle Gratien), Aurélia, Élie (qui eut deux enfants Évelyne et Raymond Gratien), et Solange Gratien. Les trois frères de Félix Éboué n'étaient pas mariés et moururent jeunes par noyade ou ayant contracté des maladies comme chercheurs d'or. Son père, Yves Urbain Éboué, était orpailleur, d'abord sur le placer « Enfin » (Haute Mana), puis directeur-adjoint du placer « Dieu Merci ».

Après de brillantes études à Cayenne, il obtient en 1898 une bourse d'étude pour la métropole et part pour Bordeaux, inscrit au lycée Montaigne. Dans la capitale girondine, en complément de ses études, Félix Éboué s'adonne au sport et particulièrement au football et devient capitaine de l'équipe du lycée, les « Muguets ». Avec celle-ci, il se rend à Strasbourg, en Belgique et en Angleterre. Ces déplacements lui permettent d'étudier sur le vif le tempérament des joueurs et des habitants des régions visitées. Les comptes rendus des journaux régionaux (Le Phare de la Loire, Le Populaire) enregistraient les succès de l'équipe bordelaise et rendaient avec détails, l'entrain et l'adresse d'un joueur noir de cette équipe auquel était due en grande partie la victoire. Sous les couleurs du Stade bordelais UC (SBUC) et du Sporting club universitaire de France (SCUF), il connaît les joies du stade. Il obtient à Bordeaux son baccalauréat de lettres, puis va s'installer à Paris où il suit des études de droit tout en suivant l'enseignement de l'École coloniale (où sont formés les administrateurs de la France d'Outre-Mer). Il obtient en 1908 sa licence à la faculté de droit.

Élève administrateur des colonies, puis administrateur-adjoint Félix Éboué est affecté en 1910 en Afrique-Équatoriale française à Madagascar, puis en Oubangui-Chari (actuelle République centrafricaine). Il s'efforce d'apprendre les usages et coutumes de ses administrés, ce qui lui permet de mieux asseoir son administration. Ainsi, il fait publier en 1918 une étude sur les langues Sango, Banda et Mandjia.
Son approche de l'administration tenant compte de l'épanouissement des valeurs humaines et sociales dans la concertation et le respect des traditions africaines est très appréciée et il est nommé en 1927 chevalier de la Légion d'honneur sur la proposition du ministre de l'Instruction Publique.
Il a passé vingt années de service en Afrique équatoriale française, qui lui ont permis de donner sa mesure et de révéler ses qualités d'administrateur.
Durant trois congés successifs, Félix Éboué revint en Guyane retrouvant avec plaisir sa famille et ses amis et partageant avec eux souvenirs et expériences africaines. C'est ainsi qu'il fit découvrir l'écrivain René Maran, guyanais comme lui, adjoint des Affaires civiles en AEF, qui en 1921 reçut le prix Goncourt pour son roman Batouala.
Sa mère meurt en 1926, rejoignant son père disparu des années auparavant.

Félix Éboué est nommé secrétaire général en Martinique, de juillet 1933 à janvier 1934 pour remplacer le gouverneur titulaire parti en congé pour deux ans.
Après un passage au Soudan français, il est élevé au rang de gouverneur et nommé en Guadeloupe en 1936. C'est le premier noir à accéder à un grade aussi élevé. En Guadeloupe, il met en pratique son esprit de conciliation dans un contexte social troublé. À l'occasion de la remise solennelle des prix le 1er juillet 1937 au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre, il adresse à la jeunesse d'Outre-Mer son célèbre discours « Jouer le jeu » dont voici quelques extraits :
    « Jouer le jeu, c'est être désintéressé
    Jouer le jeu, c'est piétiner les préjugés, tous les préjugés et apprendre à baser l'échelle des valeurs sur les critères de l'esprit.
    Jouer le jeu, c'est mépriser les intrigues et les cabales, ne jamais abdiquer, malgré les clameurs ou menaces, c'est poursuivre la route droite qu'on s'est tracée.
    Jouer le jeu, c'est savoir tirer son chapeau devant les authentiques valeurs qui s'imposent et faire un pied-de-nez aux pédants et aux attardés.
    Jouer le jeu, c'est aimer les hommes, tous les hommes et se dire qu'ils sont tous bâtis sur une commune mesure humaine qui est faite de qualités et de défauts.
    Jouer le jeu, c'est mériter notre libération et signifier la sainteté, la pureté de notre esprit... »

Devant la menace d'un futur conflit, il est nommé en 1938 gouverneur du Tchad, avec mission d'assurer la protection de la voie stratégique vers le Congo français ; il fait construire les routes qui permirent en janvier 1943 à la colonne Leclerc de remonter rapidement à travers le Tibesti vers l'Afrique du Nord.
Dès le 18 juin 1940, Félix Éboué se déclare partisan du général de Gaulle, dont il a entendu l'appel à la radio. Le 26 août, à la mairie de Fort-Lamy, il proclame, avec le colonel Pierre Marchand, commandant militaire du territoire, le ralliement officiel du Tchad au général de Gaulle, donnant ainsi « le signal de redressement de l'empire tout entier » et une légitimité politique à la France libre, jusqu'alors dépourvue de tout territoire. René Pleven, envoyé du général de Gaulle assistait à cette proclamation. Le 15 octobre Félix Éboué reçoit de Gaulle à Fort-Lamy, qui va le nommer, le 12 novembre, gouverneur général de l'Afrique-Équatoriale française. Le 29 janvier 1941, il figure parmi les cinq premières personnes à recevoir du général de Gaulle la croix de l’ordre de la Libération. Il transforme l'AEF en une véritable plaque tournante géostratégique d'où partent les premières forces armées de la France libre, conduites par les généraux de Larminat, Kœnig et Leclerc.
Résidant à Brazzaville, il organise une armée de 40 000 hommes et accélère la production de guerre où il peut enfin appliquer la « politique indigène » qu'il a eu le temps de mûrir au cours de sa longue carrière.

À l'exemple de Lyautey, il souhaitait que les autochtones pussent conserver leurs traditions et pensait que l'appui des chefs coutumiers était indispensable. Il combattit pour l'insertion de la bourgeoisie indigène dans la gestion locale. Il a consigné toutes ses idées dans son étude intitulée La Nouvelle Politique indigène pour l'Afrique équatoriale française.
La conférence des hauts dirigeants administratifs des territoires africains tenue à Brazzaville le 22 janvier 1944 retient la thèse d'Éboué sur l'assimilation. Il ne voit pas les réalisations issues de cette conférence. Fatigué, il part se reposer en Égypte, après avoir séjourné en Syrie. Il meurt d'une congestion cérébrale au Caire le 17 mai 1944 entouré de sa femme, de sa fille et de son fils cadet.

Le 14 juin 1922, au cours d'un de ses congés en Guyane, Félix Éboué s'est marié à Saint-Laurent-du-Maroni avec Eugénie Tell fille de Herménégilde Tell, le (1891-1972), notamment conseillère de la République — sénatrice — sous la IVe République, institutrice de sept ans sa cadette et amie de sa sœur Cornélie (devenue Madame Félix Albert Gratien et qui repose actuellement au cimetière de Thiais près de Paris avec ses enfants Aurélia et Yves Gratien). Le couple a eu deux enfants :
 Ginette, née le 1er mars 1923 à Paris et décédée en 1992, qui a été mariée de 1946 à 1956 au président sénégalais et poète Léopold Senghor ;
    Charles Yves Joseph, né le 14 mai 1924 à Bangassou, en Oubangui-Chari (Afrique-Équatoriale française, actuelle République centrafricaine), décédé le 27 décembre 2013 à Reims, était pilote d'avion en Égypte, dans la péninsule indochinoise et en Nouvelle-Calédonie.

Félix Éboué a eu deux autres fils de précédentes unions :
    Henry, né le 14 juillet 1912 à Bouka en Oubangui-Chari (actuelle République centrafricaine), décédé le 5 juin 1972 à Paris ;
    Robert, né le 18 mai 1919 à Bambari en Oubangui-Chari, décédé le 12 janvier 2011 à l'âge de 91 ans, dont le corps repose au cimetière des Clayes-sous-Bois, près de l'église Saint-Martin des Clayes-sous-Bois (Yvelines). Il a eu de son premier mariage une fille Caroline et de son deuxième mariage une autre fille Sylvie et deux fils, Christian et Bertin.
Tous ses enfants ont combattu dans les Forces françaises libres, Henry et Robert dans la 1re DFL à partir de 1942, Charles dans les Forces aériennes françaises libres, Ginette dans les volontaires féminines. Henry Éboué s'est évadé d'un camp de prisonniers allemand, probablement en 1942.

Léopold Sédar Senghor, qui a épousé sa fille, lui a dédié un poème de son recueil Hosties Noires, qu'il écrit à Paris en 1942.
En 1946, Jacques Soustelle, ministre de la France d'Outre-Mer, en présence de Madame Éboué, de Gaston Monnerville, de Gaston Palewski représentant le général de Gaulle, inaugura, dans la cour d'honneur du ministère de la France d'Outre-Mer, une plaque commémorative en l'honneur de Félix Éboué.
Sur l'initiative du Gouvernement, la promotion 1947 de l'École de la France d'outre-mer fut solennellement baptisée : « Promotion du Gouverneur Félix Éboué ».
En 1947, le Conseil Municipal de la mairie de Paris décida de donner le nom de place Félix-Éboué à l'ancienne place Daumesnil. Et en 1977 le Conseil de Paris a aussi donné le nom de rue Eugénie-Éboué à une voie nouvelle, pour honorer son épouse.
La France, par la loi du 28 septembre 1948 ordonna que soient inhumés au Panthéon les restes du premier résistant de la France d'Outre-Mer. La dépouille mortelle de Félix Éboué fut débarquée le 2 mai 1949 à Marseille qui lui fit un émouvant accueil. Le vendredi 20 mai 1949, il est entré au Panthéon en compagnie de Victor Schœlcher.
Gaston Monnerville président du Conseil de la République rappela alors que "c'est (un) message d'humanité qui a guidé Félix Éboué, et nous tous, Résistants d'outre-mer, à l'heure où le fanatisme bestial menaçait d'éteindre les lumières de l'esprit et où, avec la France, risquait de sombrer la liberté".

Cela a fait de lui la première personne noire à y reposer.
Il a été décoré du titre de Compagnon de la Libération. De Gaulle l'a décrit comme « un de ces noirs ardemment français ».
Pour perpétuer, à l'intérieur de l'École de la France d'outre-mer le souvenir de l'élève-administrateur de 1908, le samedi 21 janvier 1950 en présence notamment de Gaston Monnerville, de Madame Éboué et de Madame Pavie (veuve du fondateur de l'École Coloniale en 1889), un marbre fut dévoilé où l'on lit cette inscription :
    « À la mémoire du gouverneur général Félix Eboué
    Premier résistant de la France d'Outre-mer
    Né à Cayenne le 26 décembre 1884 breveté de l'école coloniale (1908)
    Décédé au Caire le 17 mai 1944
    Transféré à l'école, puis au Panthéon le 20 mai 1949 »
Le 21 janvier 2012, un hommage a été rendu lors de l'inauguration de Aéroport international Félix Éboué par le chanteur Tedjee à travers la chanson "Félix Eboué" co-écrite par l'ancienne Ministre de la justice Christiane Taubira et Tedjee.





   

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MessagePosté le: Lun 10 Juil - 07:47 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE Répondre en citant

Henri Gabriel Salvador, né à Cayenne, en Guyane, le 18 juillet 1917 et mort à Paris le 13 février 2008, est un chanteur et humoriste français. Compositeur et guitariste, il joue à ses débuts dans des orchestres de jazz français. Sa longue carrière (commencée dans les années 1930), prend une nouvelle dimension lorsqu'il entame à partir de 1948, une carrière de chanteur.
Artiste populaire, apprécié d'un large public, on lui doit de nombreuses chansons qui aujourd'hui encore demeurent dans les mémoires : Syracuse ; Maladie d'amour ; Le Loup, la Biche et le Chevalier (Une chanson douce) ; sa reprise en français Le lion est mort ce soir ; Dans mon île; Le travail c'est la santé ; Zorro est arrivé; Jardin d'hiver…
Sacha Distel et lui sont les deux seuls chanteurs français de variété à figurer dans le Dictionnaire du Jazz, chacun ayant bien connu Ray Ventura, Sacha Distel étant son neveu et Henri Salvador, à ses débuts, chanteur dans son orchestre.

Henri Salvador naît au 19, rue de la Liberté, à Cayenne, le 18 juillet 1917. Son père Clovis Salvador, percepteur des impôts, et sa mère Antonine Paterne, fille d’une Amérindienne caraïbe, sont tous deux natifs de Guadeloupe: son père de Morne-à-l'Eau, et sa mère de Port-Louis. Le jeune Henri débarque du paquebot Pérou au Havre le 16 août 1929, à l’âge de 12 ans, en compagnie de toute sa famille. Il est le benjamin d'une fratrie comprenant sa sœur Alice et son frère André, avec lequel il chantait en duo au début de sa carrière, et avec qui il fit les beaux jours du Jimmy’s, à Paris et à Biarritz. Son frère reçut le Grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros en 1947 pour Hey-ba-ba-re-bop avec l’orchestre d’André Ekyan
Henri Salvador est par ailleurs le père biologique du photographe Jean-Marie Périer, conçu lors d'une liaison avec l'actrice Jacqueline Porel. L'enfant a ensuite été reconnu par François Périer. Les circonstances de la rencontre entre Jean-Marie Périer et son père naturel à Los Angeles en 1982 sont relatées dans son autobiographie Enfant gâté.
Il se marie en 1940 avec une jeune Corse, Lili Susini, qui l'accompagnera pendant son périple sud-américain avec l'orchestre de Ray Ventura jusqu'à son retour en France en 1945. Il se remarie avec Jacqueline Garabédian en 1950. Après la mort de sa seconde épouse en 1976, Henri Salvador se remarie, en mai 1986, avec Sabine de Ricou, de qui il divorcera en 1995.
En novembre 2001, il épouse Catherine Costa, femme de radio et productrice d'émissions télévisées.

Enfant du paradis au cirque Medrano, il s'esclaffe si fort sur les gradins que le clown Rhum lui demande de revenir tous les dimanches, lui apprenant des gags en échange de ce rire communicatif. Ayant obtenu de justesse son certificat d'études, il exerce de nombreux petits boulots mais sans succès. Timide mais comprenant que son rire est son arme, il fait le pitre devant les terrasses des cafés parisiens et décide d'arrêter ses études à 15 ans, ce qui désespère son père.
Influencé par sa tante Léona Gabriel qui chante dans un cabaret parisien, il apprend la musique (trompette et violon, instruments dont joue son père, mais surtout la batterie et la guitare). En 1933, un de ses cousins lui fait entendre les disques de Louis Armstrong et Duke Ellington. Fasciné par le jazz, il écoute cette musique à longueur de journée jusqu'au jour où il accompagne son frère André dans des cabarets parisiens. Ses talents de musicien, mais aussi d’humoriste, le font connaître et apprécier du public. En 1935, ils jouent au Jimmy’s Bar, cabaret renommé de l’époque. Django Reinhardt qui trouve des parfums tropicaux dans le jeu d'Henri l'engage alors comme accompagnateur.
En septembre 1937, il est affecté pour son service militaire dans un régiment d'infanterie dans l'Est de la France puis est muté à Paris, grâce aux relations du patron du Jimmy's, dans le 213e régiment d'infanterie. À nouveau confronté au racisme et peu fait pour la vie de caserne, il déserte et est emprisonné dans la prison militaire de Maisons-Laffite. Réintégré, il est envoyé en juin 1940 sur le front Nord. La guerre est rapidement remportée par les Allemands, si bien qu'il est contraint de revenir à Paris en pleine débâcle

En 1941, il fuit la zone occupée pour la zone libre, où il est d'abord chanteur d'orchestre à Nice puis en avril à Cannes (son frère le fait engager au Maxim's comme guitariste dans l'orchestre de Bernard Hilda où Ray Ventura le remarque). Il fait partie de décembre 1941 à décembre 1945 de l’orchestre de Ventura lors de son séjour en Amérique du Sud — Brésil, Argentine, Colombie, Uruguay, etc. Il part seul, sans son frère qui était pourtant le leader de leur duo, signant les contrats. Il y exerce ses talents de guitariste-chanteur, et de comique, avec une imitation de Popeye. C'est là qu'il connaît son premier succès personnel, « sauvant » la première soirée de l'orchestre de Ray Ventura au casino d'Urca (Rio de Janeiro) par son imitation de Popeye puis l'interprétation de Maladie d'amour. Ventura revient à Paris en 1945 mais Henri accepte un contrat pour effectuer une tournée solo au Brésil. Lorsqu'il retrouve son frère André le 5 décembre 1945, ce dernier souhaite reformer leur duo mais Henri, devenu une vedette, refuse, ce qui provoque une douloureuse rupture affective. Il réintègre l'orchestre de Ventura puis, lassé d'être le fantaisiste surtout reconnu pour son jeu scénique, monte son propre orchestre en 1946, avec succès. En 1947, il propose au directeur de Bobino de l’embaucher en vedette à part entière, prenant le pari de n'être payé que par les entrées. Dès sa première scène le 18 octobre 1947, il rencontre le succès qui lance sa carrière de « chanteur créole ». Il participe, en 1949, au film Nous irons à Paris, de Jean Boyer, aux côtés de l’orchestre de Ray Ventura, des Peter Sisters, de Martine Carol et d’autres vedettes de l’époque.
En 1949, il obtient le grand prix du disque de l’Académie Charles-Cros, et passe à l’ABC, le temple des music-halls parisiens, dans la revue de Mistinguett Paris s’amuse. C’est là qu’il rencontre Jacqueline Garabédian, étudiante égyptienne qui devient son épouse le 24 janvier 1950 et son imprésario.
Par la suite, devenu chanteur, il est accompagné par plusieurs musiciens tels que Philippe Gérard, Henri Leca, Jack Diéval, surnommé le « Debussy du jazz », Joe Boyer, Michel Legrand… Il fait toujours en sorte de combiner sur ses albums chansons très fantaisistes et chansons douces, bien que le grand public se montre plus enthousiaste sur les premières, tandis que la concurrence est sévère dans le domaine des secondes (André Claveau, Georges Ulmer, etc.).

En 1956, sous le pseudonyme d’Henry Cording — en référence à recording (enregistrement en anglais), il est l'un des premiers à interpréter des airs de rock 'n' roll en français. Il s’agit, en fait, de parodies de ce nouveau style de musique alors en vogue aux États-Unis.
Parallèlement, la même année, il enregistre un 45-tours à la guitare jazz, intitulé Salvador Plays the Blues.
C'est en débutant dans l'orchestre de Ray Ventura qu'Henri Salvador révèle ses qualités d'interprète et de fantaisiste. Il y fait la rencontre déterminante de Bernard Michel et Maurice Pon, avec qui il écrira de nombreux succès : Le Loup, la Biche et le Chevalier (communément appelée « Une chanson douce »), Le travail, c'est la santé, Dans mon île, Croqu'Soleil, Les Bestioles, etc.
La complicité de Bernard Michel et Henri Salvador engendre plus de quarante-cinq ans de créations artistiques fructueuses, telles que : Ah Ah Ah, Ma Doudou, Twist SNCF, Zorro est arrivé, Minnie, petite souris, Tout ça, c'est pas grave, Monsieur Boum Boum, J'étais une bonne chanson, Une femme d'affaires, Pauvre Jésus-Christ, Le Voyageur, Une blonde en or, Les Aristochats, C'est pas la joie, J'aime tes genoux, etc. Sa carrière prend un tournant dans les années 1960, en grande partie grâce aux émissions de variétés de Maritie et Gilbert Carpentier, dans lesquelles il interprète des chansons humoristiques, qui le consacreront comme chanteur populaire : Faut rigoler, Juanita Banana, etc. Il obtient même, en première partie de soirée, sa propre émission, intitulée « Salves d’Or », qui connaîtra plusieurs éditions.
Il crée en 1964 son propre label, « Rigolo », qui publiera dorénavant tous ses disques jusqu'en 1984, ainsi que ceux de quelques autres artistes : Tiny Yong, Jacky Moulière, Baris Manço, les Bretell's, Jacqueline Boyer, Audrey…
Supporter du Paris Saint-Germain depuis le début des années 1970, Henri Salvador possédait quatre abonnements à vie au Parc des Princes depuis l’ère Hechter. Le club était en effet dans une mauvaise passe financière et Daniel Hechter avait demandé à ses amis de mettre la main à la poche. En contrepartie de 10 000 francs de dons, Hechter a offert un abonnement à vie au Parc pour tous les matches du club. Henri Salvador en prit quatre.
Le 19 septembre 1976, sa femme Jacqueline meurt d'un cancer. Il sombre alors dans une grave dépression et perd son manager. Son imprésario Charley Marouani le convainc de venir quelques jours à Tahiti chez un autre de ses artistes, Jacques Brel, séjour qui lui redonne le goût de la musique.

En 1979, il participe au conte musical Émilie Jolie, écrit par Philippe Chatel, dans lequel il incarne le conteur, et interprète trois chansons, dont l’une avec Françoise Hardy et Émilie Chatel.
Certains de ses innombrables succès ont été repris sur disque par d'autres artistes, en particulier Le Loup, la Biche et le Chevalier (plus connu de tous sous le titre Une chanson douce). Enzo Enzo ou Thierry Gali, entre autres, ont repris ce titre dans leurs albums à destination d'un jeune public. De 1971 à 1975, il participe, avec bonheur, à plusieurs séries de variétés pour la jeunesse produites sur la Première Chaîne de télévision par Gilbert Richard. Notamment, il compose et interprète l'indicatif de son émission du mercredi après-midi : « Papa Tête en l'Air ».
Sa carrière connaît une éclipse dans les années 1980 et 1990. Il passe même alors auprès des jeunes pour un musicien « ringard », et la télévision ne le montre plus. Le chanteur se consacre alors surtout à la pétanque, dont il est un joueur de haut niveau. Il publie un album de bande dessinée sur le sujet, Passion… Pétanque, et invente même des boules : une première série est commercialisée d’abord par le fabricant JB, puis il dépose trois brevets pour la boule de haute technologie « VMS Plot ».
Essentiellement reconnu comme chanteur fantaisiste (alternant de fréquents succès de chansons drôles et de rares succès de chansons douces), ce qu'il regrette parfois, il renoue avec le jazz avec l'album Monsieur Henri enregistré à New York en 1994 et qui est un grand échec artistique et commercial.
En 2000, Keren Ann et Benjamin Biolay, grâce au mécénat de Philippe Ulrich, lui offrent l’occasion de revenir au sommet avec son disque Chambre avec vue et son titre phare : Jardin d’hiver. La collaboration avec Benjamin Biolay s’envenime quelque temps plus tard mais n'empêche pas le retour gagnant du crooner jazzy

Henri Salvador s’est également prêté au doublage de films d’animation, en prêtant sa voix en 1989 au crabe Sébastien dans La Petite Sirène, des Studios Disney. En 2006, à l’occasion de la sortie DVD du film, il réenregistra également les dialogues de sa suite, La Petite Sirène 2 : Retour à l'océan, dialogues confiés à un autre comédien sur la version originale de 2000.
Parolier pour de nombreux artistes, notamment pour Régine, Sheila, il a fait connaître au grand public Keren Ann. Plusieurs musiciens, comme Laurent Voulzy, Gabriel Yared, Eddy Mitchell et Art Mengo, ont composé pour lui.
Son dernier album, intitulé Révérence, sort fin octobre 2006. Il met fin à sa carrière active lors d’un dernier spectacle donné au palais des Congrès de Paris le 21 décembre 2007.
Entre les deux tours de l'élection présidentielle française de 2007, Henri Salvador a participé à un meeting de soutien à Nicolas Sarkozy, au cours duquel il a pris la parole en faveur de son candidat.
Il meurt le 13 février 2008 d’une rupture d'anévrisme à son domicile parisien, au 6 place Vendôme, à l’âge de 90 ans. Sa dernière émission enregistrée aura été celle de Laurent Baffie sur Europe 1, enregistrée quelques jours avant sa mort et diffusée le 10 février 2008. Ses obsèques ont lieu le 16 février 2008 en l'église de la Madeleine à Paris, en présence de Nicolas Sarkozy et du prince Albert de Monaco. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (97e division). La date de naissance à l'état civil est bien 1917, et non pas 1918 comme indiqué par erreur sur sa pierre tombale.


 

 
 

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MessagePosté le: Lun 10 Juil - 08:01 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE Répondre en citant

Gaston Monnerville, né le 2 janvier 1897 à Cayenne (Guyane) et mort le 7 novembre 1991 à Paris, est un homme politique français. Il est notamment député, sous-secrétaire d'État, président du Conseil de la République de 1947 à 1958, puis président du Sénat de 1958 à 1968.
Petit-fils d'esclave, Gaston Monnerville est le fils de Marc Saint-Yves Monnerville et de Marie-Françoise Orville. Des côtés maternel et paternel, la famille est originaire de Case-Pilote, commune de la Martinique. Son frère, Pierre Monnerville, fait également une carrière politique.
Il fréquente le lycée de Cayenne et en 1912, boursier, il quitte la Guyane et entre en classe de seconde à Toulouse, au lycée Pierre-de-Fermat. Il s'y montre un élève particulièrement brillant, aussi doué pour les sciences que pour les lettres. En classe de seconde, Gaston Monnerville accumule les récompenses : prix d'excellence, premier prix de mathématiques, deuxième prix de version latine, troisième prix d'histoire moderne.
Son année en classe de rhétorique est, elle aussi, fort brillante et le palmarès est impressionnant : inscription au tableau d'honneur, premier prix en mathématiques, premier prix en anglais (première langue), premier prix en espagnol (deuxième langue), etc.
Le brillant élève opte pour les lettres et choisit de suivre la classe de philosophie. Il y remporte notamment le prix Ozenne et le prix d'honneur.
Étudiant aux facultés de lettres et de droit de l'université de Toulouse, Gaston Monnerville passe à la fois sa licence ès lettres et sa licence en droit, avec les félicitations du jury. C'est également avec les félicitations du jury qu'il est reçu, en 1921, docteur en droit, après avoir soutenu une thèse sur « l'enrichissement sans cause ». Celle-ci est honorée d'une souscription du ministère de l'Instruction publique et primée la même année au concours des thèses.

Dès 1918, Gaston Monnerville s'inscrit au Barreau de Toulouse. Reçu, en 1921, au concours des secrétaires de la Conférence, il obtient la médaille d'or « Alexandre Fourtanier » qui récompense l'un des meilleurs secrétaires. À ce titre, il prononce, à une séance solennelle de rentrée, un discours remarqué sur « La Critique et le Droit de réponse ».
Gaston Monnerville quitte Toulouse et s'inscrit en 1921 au Barreau de Paris. Il entre bientôt au cabinet d'un célèbre avocat et futur homme d'État, César Campinchi (1882-1941), dont il est, pendant huit ans, le principal collaborateur. En 1923, il est reçu au concours des secrétaires de la Conférence des avocats, à la cour d'appel de Paris. En 1927, il est élu président de l'Union des jeunes avocats à la cour de Paris (UJA de Paris).
Gaston Monnerville plaide plusieurs grands procès. Il s'illustre notamment à l'âge de 34 ans, en 1931, dans l'affaire Galmot. Inculpés, après l'émeute provoquée en 1928 par la fraude électorale et par la mort suspecte de Jean Galmot, quatorze Guyanais sont traduits devant la cour d'assises de Nantes. Avec Alexandre Fourny, Alexandre Zévaès et Henry Torrès, il assure leur défense. Sa plaidoirie produit un effet considérable sur les jurés, qui se prononcent pour l'acquittement.
En marge de son métier d'avocat, Gaston Monnerville collabore en tant que journaliste avec la station Radio Tour Eiffel.

À la suite de l'affaire Galmot, on lui propose de se présenter en Guyane, contre le député sortant, Eugène Lautier. Il est élu à une majorité considérable député radical de la Guyane en 1932 et 1936.
Le 21 juin 1933, il prononce place du Trocadéro un discours visionnaire Le Drame juif qui évoque le massacre des Héréros et pressent la Shoah
Dans les troisième et quatrième gouvernements de Camille Chautemps, il est sous-secrétaire d’État aux colonies en 1937 et 1938. Ses ministres de tutelle sont Marius Moutet puis Théodore Steeg. À son initiative, le bagne fut aboli en Guyane. La nomination d'un homme de couleur au gouvernement ne fut appréciée ni en Allemagne, ni en Italie. Dans L'Azione coloniale du 22 juillet 1937, un article titré « Derrière le Rouge du Front populaire vient le Noir » annonce la création d'un sous-secrétariat d'État aux Colonies « confié au noir G. Monnerville » et commente : « La France a adopté une politique indigène qui, outre qu'elle est une folie pour la nation française elle-même, est un danger pour les autres nations de l'Europe, car cette action qui dépasse le cadre purement politique pour rencontrer le cadre biologique, doit être dénoncée à l'opinion publique mondiale, là où existe une race incontestablement supérieure à celle de couleur que la France voudrait implanter au cœur de l'Europe ».
 Engagé volontaire dans la marine du 23 juin 1939 jusqu'à la formation du cabinet Pétain, il participe à la protestation conduite par Candace à Vichy contre les premières mesures discriminatoires qui frappent « les Juifs, les Arabes et les hommes de couleur ». Le maréchal Pétain répond de façon évasive et dilatoire. Monnerville participe ensuite à la Résistance. Il prend contact avec le capitaine Chevance et entre dans le mouvement Combat sous le nom de « Saint-Just », en hommage à son oncle, Saint-Just Orville, maire de Case-Pilote en Martinique.
Après la Libération, Gaston Monnerville siège à l’Assemblée consultative provisoire. Le Gouvernement provisoire de la République française le charge de préparer le statut de l’outre-mer français. La vieille revendication d'accorder le statut de département français aux « quatre vieilles colonies » aboutit enfin avec lui, Césaire, Bissol, et malgré les réserves du Guadeloupéen Valentino. En 1946, la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion deviennent des départements d'outre-mer.
Après avoir été élu aux deux Assemblées nationales constituantes, Gaston Monnerville est élu au Conseil de la République (Guyane) en 1946. Il devient président de ce conseil en mars 1947. Il est alors la première personnalité originaire de l'ancien Empire colonial français à accéder à un tel niveau de responsabilité et le plus jeune président de la haute assemblée (50 ans).
En 1948, il est élu dans le Lot et conserve ce mandat sous la Ve République en qualité de sénateur du groupe de la Gauche démocratique. Il siège au Sénat jusqu'en 1974.
En 1953, lors de l'élection présidentielle indécise, c'est René Coty qui est élu président de la République, alors même que la tradition sous la Troisième et Quatrième République était d'élire dans ces cas-là le président du Conseil de la République (ancien Sénat), alors Gaston Monnerville. Mais, selon son biographe Jean-Paul Brunet, la couleur de peau de Monnerville joue en sa défaveur.
En 1958, il joue un rôle important dans le retour du général de Gaulle au pouvoir en se rendant avec André Le Troquer à Saint-Cloud pour un entretien sur les modalités de l’investiture du général et le respect de la constitution.
Il conserve son mandat à la présidence de la Haute Assemblée en étant président du Sénat de 1959 à 1968. Il a ainsi présidé la Chambre haute du Parlement durant 21 ans.

En 1962, Gaston Monnerville s’oppose au projet de référendum sur l’élection du président de la République au suffrage universel direct et lâche le mot de « forfaiture » à l’encontre du Premier ministre Georges Pompidou, qui avait accepté de signer le projet de référendum. Il combat le projet de réforme du Sénat qui sera rejeté lors du référendum du 27 avril 1969.
Gaston Monnerville présida également le Sénat de la Communauté en 1959 et 1960. Sur le plan municipal, il fut maire de Cayenne, puis maire de Saint-Céré (Lot). Sur le plan départemental, il présida le conseil général du Lot de 1951 à 1971.
Ayant renoncé, en 1968, à la présidence du Sénat, Gaston Monnerville continue à exercer son mandat sénatorial, six ans durant. Lorsque survient la scission radicale de 1972, il donne son adhésion au nouveau Mouvement des radicaux de gauche.
Le 22 février 1974, Alain Poher, son successeur, le nomme membre du Conseil constitutionnel, à l'âge de 77 ans. La nomination de Gaston Monnerville surprend, car le président du Sénat de 1962 n'avait pas été tendre pour le Conseil constitutionnel, lequel s'était déclaré incompétent pour juger du référendum sur l'élection du président de la République au suffrage universel.
Considérant qu'il est appelé à une fonction juridictionnelle, il estime qu'en conséquence il doit s'interdire, pour l'avenir, toute prise de position politique. Gaston Monnerville prête serment le 5 mars, devant Georges Pompidou, président de la République, qui meurt moins d'un mois plus tard, le 2 avril.
Il quitte le Conseil neuf ans plus tard. Déjà chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur à titre militaire pour faits de résistance depuis 1947, il est promu officier de l'ordre de la Légion d'honneur en 1983 par le chef de l'État, François Mitterrand, qui lui remet la « rosette » à l'Élysée. Âgé de 86 ans, il n'abandonne pas toute activité. Il prononce encore des conférences sur les institutions ou des causeries sur ses souvenirs d'homme public. La télévision vient l'enregistrer. Il signe quelques préfaces.
Atteint d'un cancer depuis plusieurs années, il décède le 7 novembre 1991, à l'âge de 94 ans. Son épouse est décédée centenaire en 2000.
Grand porte-parole des Droits de l'homme en France, Gaston Monnerville fut l’un des meilleurs orateurs français sous la IIIe, sous la IVe et sous la Ve République.
Il fut franc-maçon en tant que membre pendant vingt ans de la loge « La Prévoyance », Grande Loge de France

 

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MessagePosté le: Lun 10 Juil - 08:26 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE Répondre en citant

Morpho menelaus, le Morpho bleu, est une espèce de lépidoptères de la famille des Nymphalidae et de la sous-famille des Morphinae.

Morpho menelaus est un très grand papillon, d'une envergure d'environ 138 mm au bord externe des ailes antérieures concave avec le dessus des ailes de couleur bleu avec des reflets métalliques. Le revers est marron avec une ligne de gros ocelles à la base de l'aire postdiscale.

Morpho (Grasseia) menelaus a été décrit par Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Papilio menelaus.
En Guyane, le Morpho bleu est appelé "Morpho commun" ou tout simplement "Morpho", car il est beaucoup plus répandu que d'autres espèces telle le Morpho Cypris. En anglais il se nomme Blue Morpho

Répartition
Morpho menelaus est présent à Panama, au Costa Rica, au Venezuela, en Colombie, en Équateur, en Bolivie, au Pérou, au Brésil, au Suriname, en Guyana et en Guyane.
Habitat
Il réside dans la canopée.


  

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MessagePosté le: Lun 10 Juil - 18:19 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE Répondre en citant

Le jaguar (Panthera onca) est un mammifère carnivore de la famille des Felidae. C'est l'un des cinq « grands félins » du genre Panthera, avec le tigre, le lion, l'once et le léopard. Son aire de répartition actuelle s'étend du Mexique à la majeure partie de l'Amérique centrale et de l'Amérique du Sud, jusqu'au nord de l'Argentine et du Paraguay. Hormis des errances occasionnelles de spécimens originaires du Mexique, le jaguar est une espèce extirpée des États-Unis depuis le début des années 1970.
Ce félin tacheté ressemble physiquement au léopard, mais il est généralement plus grand et d'apparence plus massive. En outre son habitat et son comportement sont plus proches de ceux du tigre. Bien que la forêt tropicale dense constitue son habitat de prédilection, le jaguar s'accommode d'une large variété de milieux ouverts et boisés. Il est fortement associé à la présence de l'eau et, comme le tigre, il aime nager. C'est un prédateur solitaire qui chasse à l'affût, tout en étant opportuniste dans la sélection des proies. C'est aussi un superprédateur qui joue un rôle important dans la stabilisation des écosystèmes et la régulation des populations qu'il chasse. Il a développé une puissance de morsure exceptionnelle, même par rapport aux autres grands félins, ce qui lui permet de percer les carapaces des reptiles et d'employer une méthode de mise à mort inhabituelle : il mord directement le crâne de sa proie et porte ainsi un coup fatal au cerveau.
Le jaguar est une espèce quasi menacée (NT) selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), et ses effectifs sont en baisse. Il est notamment menacé par la destruction de son habitat, plus ou moins liée à la fragmentation écopaysagère. Alors que le commerce international des jaguars ou de leurs dérivés est interdit, cet animal est encore régulièrement chassé par l'homme, en particulier lorsqu'il entre en conflit avec les éleveurs et les agriculteurs d’Amérique du Sud. Bien que de plus en plus réduite, son aire de répartition reste large.
Compte tenu de sa répartition historique, le jaguar a figuré en bonne place dans la mythologie de nombreuses cultures amérindiennes, notamment celle des Mayas et des Aztèques.

Les femelles atteignent la maturité sexuelle à l'âge de deux à trois ans et les mâles entre trois et quatre ans. Le jaguar est considéré comme actif tout au long de l'année dans la nature, bien que les naissances puissent augmenter lorsque les proies sont abondantes. Les recherches sur les mâles en captivité confirment l'hypothèse de l'accouplement toute l'année, sans variation saisonnière dans le sperme et la qualité de l'éjaculation. Toutefois, dans le nord de son aire de répartition, l'activité est plus intense en décembre-janvier, lorsque les proies sont plus nombreuses. Un faible taux de reproduction a également été observé en captivité. L’œstrus de la femelle est de 6 à 17 jours sur un cycle de 37 jours, et la femelle indique sa période de fécondité avec des marques urinaires et l'augmentation des grognements. Ses appels peuvent attirer de un à trois mâles. La copulation est brève mais fréquente, jusqu'à cent fois par jour.
Les couples se séparent après la reproduction, et la femelle prend la responsabilité entière des petits. La période de gestation dure de 91 à 111 jours et les femelles donnent naissance à deux à quatre petits, le plus souvent deux. La mère ne tolère pas la présence des mâles après la naissance des petits, par peur du cannibalisme, comportement qui se retrouve également chez le tigre.
Les jeunes qui pèsent entre 700 et 900 grammes à la naissance, sont aveugles et ouvrent les yeux au bout de deux semaines. À la naissance, leur fourrure laineuse est de couleur brun clair moucheté de gros points noirs. Ils sont sevrés à cinq mois et à six mois ils commencent l'apprentissage de la chasse avec leur mère qui se poursuivra pendant un à deux ans avant que les petits quittent leur mère pour conquérir leur propre territoire. Le répertoire vocal des jeunes est quasiment complet dès l'âge d'un an. Les jeunes mâles sont d'abord nomades, rivalisant avec leurs homologues plus âgés jusqu'à ce qu'ils parviennent à revendiquer un territoire propre. L'espérance de vie dans la nature est estimée à environ 12-15 ans, et en captivité, le jaguar vit jusqu'à 23 ans, ce qui le place parmi les félins avec la plus grande longévité

Comme tous les félins, le jaguar est un carnivore. C'est un chasseur opportuniste et son régime alimentaire comprend 87 espèces. Le jaguar préfère les grandes proies et chasse cervidés, serpents, capybaras, tapirs, pécaris, caïmans. Toutefois, le félin peut manger toutes les petites espèces qu'il peut capturer, y compris les grenouilles, poissons, des œufs, des paresseux, des singes et des tortues. Il peut également chasser le bétail, raison pour laquelle il est parfois tué par les éleveurs. Il lui arrive de s'attaquer aux jeunes pumas, le second plus gros félin du Nouveau Monde. Contrairement à toutes les autres espèces du genre Panthera, le jaguar attaque très rarement l'humain. La plupart des rares cas où les jaguars se sont tournés contre l'homme montre que l'animal était soit vieux, soit blessé.
Au lieu d'utiliser la technique typique des Panthera, c'est-à-dire la morsure profonde dans la gorge pour provoquer la suffocation, il préfère une méthode de mise à mort unique parmi les félins : il perce l'os temporal du crâne avec ses canines, transperçant le cerveau. Cela est peut-être une adaptation aux carapaces de tortues, qui après la fin des extinctions du Pléistocène, sont devenues avec d'autres reptiles à carapace, une source abondante de proies pour le jaguar. Cette technique de morsure du crâne est employée particulièrement sur les mammifères, en particulier le capybara. Avec les reptiles comme les caïmans, le jaguar peut sauter derrière sa proie pour rompre ses vertèbres cervicales, immobilisant la cible. Capable de fissurer les carapaces de tortues, le jaguar peut vider la chair. Pour les proies telles que les chiens, un coup de patte pour écraser le crâne peut être suffisant. Ses griffes rétractiles lui sont utiles pour maintenir la proie de ses pattes arrière, pendant que les pattes avant l'étouffent.
Le jaguar est un prédateur qui aime chasser à l'affût et tendre des embuscades. Le félin attaque d'un bond rapide à partir d'un endroit où il est couvert et, en général, d'un angle où la proie ne peut pas le voir. Les capacités de l'espèce à chasser à l'affût sont considérées comme inégalées dans le règne animal à la fois par les peuples autochtones et par les chercheurs, et sont probablement le produit de son rôle clé de prédateur dans des environnements très variés. L'embuscade peut être faite dans l'eau car le jaguar est tout à fait capable de transporter en nageant une grande proie morte ; sa force étant si importante que des carcasses de vaches peuvent être montées jusqu'en haut d'un arbre lors des inondations.
Une fois la proie morte, le jaguar va traîner la carcasse vers un fourré ou un autre endroit isolé. Il commence à manger le cou et le thorax, plutôt que l'abdomen. Le cœur et les poumons sont consommés, suivis par les épaules. La quantité quotidienne de nourriture consommée par un animal de 34 kg, c'est-à-dire au plus bas de la fourchette de poids de l'espèce, a été estimée à 1,4 kg. Pour les animaux en captivité pesant entre 50 et 60 kg, plus de 2 kg de viande par jour est recommandée. Dans la nature, la consommation est naturellement plus erratique, les jaguars dépensant une énergie considérable à la capture des proies, ils peuvent consommer jusqu'à 25 kg de viande en une fois, suivis par des périodes de famine

L'habitat du félin comprend les forêts tropicales de l'Amérique centrale et du Sud qui sont saisonnièrement inondées. Parmi ces habitats, le jaguar préfère une forêt dense. Adapté à de nombreux habitats, il n'est cependant pas présent dans les déserts, et à des altitudes trop élevées, bien que des observations à 2 700 mètres dans les Andes et 3 800 mètres au Costa Rica aient été rapportées.
La présence d'eau (marécages, lacs, mangroves) est un paramètre important de son installation dans une région
L'aire de répartition historique de l'espèce couvre la plupart du continent américain, néanmoins elle est en net recul. Le félin a rapidement perdu de son aire de répartition dans les régions sèches de son habitat, comme la pampa argentine, les prairies arides du Mexique, et le sud-ouest des États-Unis.
Son aire de répartition s'étend du Mexique jusqu'en Amérique du Sud, en passant par l'Amérique centrale et une grande partie de l'Amazonie. Les pays inclus dans cette aire sont l'Argentine, le Belize, la Bolivie, le Brésil, la Colombie, le Costa Rica (notamment sur la péninsule d'Osa), l'Équateur, les États-Unis, le Guatemala, le Guyana, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, le Pérou, le Suriname et le Venezuela. Il est également présent en Guyane. Le jaguar est néanmoins considéré comme une espèce éteinte au Salvador et en Uruguay. En Amérique centrale il est considéré comme commun uniquement au Belize.
Compte tenu de l'inaccessibilité de la plupart de l'aire de répartition du jaguar, l'estimation de la population d'animaux est difficile. Les recherches portent généralement sur des régions particulières et donc les analyses complètes sur l'espèce sont rares. En 1991, de 600 à 1 000 individus ont été estimés comme vivant au Belize. Un an plus tôt, de 125 à 180 jaguars ont été estimés comme vivant au Mexique dans la réserve de biosphère de Calakmul, avec 350 autres dans l'État du Chiapas. La réserve de biosphère Maya au Guatemala contiendrait, quant à elle, de 465 à 550 animaux. Les travaux utilisant la télémétrie GPS en 2003 et 2004 ont montré qu'il y avait seulement six à sept jaguars pour 100 km2 dans la région du Pantanal, comparativement aux dix à onze en utilisant les méthodes traditionnelles, ce qui suggère que les méthodes d'échantillonnage anciennement utilisées pourraient surestimer le nombre réel de félins

 

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:00 (2017)    Sujet du message: (973) GUYANE

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