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Date de fondation du forum: 15 avril 2012.
MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... 1 (Sommaire page 1)
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saintluc



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MessagePosté le: Mer 12 Juil - 08:13 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... 1 (Sommaire page 1) Répondre en citant

Revue du message précédent :

« Au fur et à mesure que l'entreprise d'extermination se développait, les victimes ne furent plus seulement les malades mentaux ou les handicapés physiques gravement atteints, mais tous les patients « indésirables » internés dans les asiles. »
— Michael Tregenza
En mars 1938, les asiles psychiatriques allemands comptent environ 250 000 lits, dont 70 000 à 80 000 sont occupés par des internés en permanence ; ils emploient 2 000 médecins et 40 000 infirmières.
Le recensement de tous les établissements thérapeutiques dont certains patients pourraient être concernés par l'opération d'euthanasie forcée est effectué sur base d'une circulaire de Leonardo Conti du 21 septembre 1939 ; le 9 octobre 1939, une nouvelle circulaire de Conti ordonne aux responsables des établissements de compléter des formulaires pour chaque patient. D'après les données des formulaires, diffusés à 200 000 exemplaires, les médecins de l'Aktion T4 répartissent les patients en quatre groupes:
les patients atteints de troubles mentaux et se trouvant dans l'incapacité de travailler, ou ceux qui ne pouvaient accomplir que des tâches subalternes routinières,
les patients ayant été internés pendant au moins cinq ans,
les patients internés en tant que fous dangereux et confinés dans des unités sous haute surveillance,
les patients qui n'étaient pas citoyens allemands ni de race allemande ou assimilée.
Le premier groupe est ensuite « ramené aux malades incapables de travailler ou qu'on ne pouvait employer qu'à un travail machinal », comme le précise le 26 juillet 1940 Herbert Linden, pour qui « il y a lieu de déclarer plutôt trop de malades que pas assez». Ce critère de capacité au travail génère un effet paradoxal : dans un premier temps, de nombreux responsables d'asiles, craignant que leurs patients capables de travailler ne soient mobilisés pour l'économie de guerre, en classent le plus grand nombre possible dans la catégorie des patients inaptes au travail. Lorsque le sort des « inaptes au travail » devient connu, la démarche inverse est souvent adoptée : des médecins d'institutions psychiatriques recensent dans la catégorie des « aptes au travail » tous les malades qui en présentent la moindre apparence. Cette démarche fait l'objet d'un contrôle de la part de l'administration de l'Aktion T4 : quand le nombre des aptes au travail est jugé excessif, une commission de contrôle est envoyée sur place. Dirigées par des collaborateurs médicaux expérimentés de l'Aktion T4, ces commissions sont composées de jeunes médecins fidèles au parti mais tout à fait inexpérimentés, ou d'étudiants en médecine, ainsi que de secrétaires dactylographes. Leurs membres n'examinent aucun patient, mais se contentent de vérifier le contenu des formulaires et d'interroger le personnel soignant, sans tenir compte des objections de celui-ci.
Les formulaires sont examinés par des membres de l'administration centrale de l'Aktion T4, qui prennent comme principal critère celui de l'aptitude au travail ; sans avoir vu les patients, et sans aucune compétence psychiatrique, ils marquent les formulaires des futures victimes d'une croix, ce qui leur vaut le surnom de Kreuzelschreiber (faiseurs de croix). Les cas difficiles à trancher, comme ceux des anciens combattants de la Première Guerre mondiale, sont soumis à Viktor Brack, sous le pseudonyme de Jennerwein. Lorsque certains responsables d'institutions psychiatriques refusent de remplir les questionnaires, conscients de sa véritable finalité, les médecins de l'Aktion T4 s'en chargent à leur place, sans le moindre contact avec les patients concernés. La plupart des victimes sélectionnées ne souffrent pas d'une maladie mortelle et aucune d'entre elles ne souhaite mourir. En raison du peu de connaissances à l'époque, il est difficile de déterminer quelles maladies et handicaps avaient les victimes de l'Aktion T4.
Dès le début de l'Aktion T4, les patients juifs font l'objet d'un sort particulier : concentrés dans quelques asiles, ils sont presque tous gazés à Brandebourg-sur-la-Havel à partir de juillet 1940


Leonardo Conti en 1939.

« Les modalité de transport sont une caricature des transferts psychiatriques. La combinaison d'hommes en manteaux blanc et portant des bottes de SS incarne le projet d'« euthanasie » au sens général du terme. »
— Robert Jay Lifton
Les victimes sont transportées vers les centres de gazage par des autocars aux vitres peintes ou obstruées, les « bus gris ». Souvent, à l'arrivée des camions, les patients se réfugient dans les greniers, les jardins ou les annexes des asiles, d'où il faut les déloger, et dans bien des cas la violence est employée pour les faire monter dans les véhicules. Une équipe de transport de la Gekrat, comportant trois ou quatre chauffeurs membres de la SS avec leurs autocars, est affectée à chaque centre de gazage. Les convois sont dirigés par un membre de la Gekrat, un employé de l'Aktion T4 ou un médecin d'un centre d'extermination : ils embarquent les malades avec leurs papiers et effets personnels transportables. Certains chefs de convoi acceptent parfois de laisser des malades à l'asile, mais habituellement ils exigent que le nombre initialement prévu soit respecté et qu'on leur livre des « remplaçants ».
Dans tous les cas, les familles ne sont averties du transfert qu'après que celui-ci ait eu lieu, en gardant la destination secrète ; le courrier précise également que les visites ne sont pas autorisées et qu'aucun renseignement ne peut être donné « en raison du manque de personnel dû à la guerre et du surcroît de travail qui en résulte »


Entre 1939 et 1941 six centres de gazage sont mis en place dans le Reich.
Chaque centre est dirigé par un médecin dont on n'exige aucune expérience en psychiatrie ou en neurologie. Il a sous ses ordres un ou plusieurs médecins assistants, en général fraîchement diplômés et dépourvus de formation ou d'expérience psychiatriques et du personnel infirmier. L'essentiel du processus d'assassinat est effectué par un détachement de SS.

Centre de gazage de l'Aktion T4Nom de codeNombre de victimes66.Période de fonctionnement
GrafeneckA10 654
20 janvier 1940 - décembre 1940
Brandebourg-sur-la-HavelB9 7728 février 1940 - octobre 1940
Schloß HartheimC18 2696 mai 1940 - décembre 1944
Pirna-SonnensteinD13 720juin 1940 - septembre 1942
BernburgB8 60121 novembre 1940 - 30 juillet 1943
HadamarE, puis A
10 072janvier 1941 - 31 juillet 1942

La chambre à gaz de Bernburg.

Alors que, dans le cadre de l'« euthanasie » des enfants, les enfants handicapés étaient assassinés par injection de morphine-scopolamine, par l'ingestion de comprimés de luminal ou par sous-alimentation68, le gazage au moyen de monoxyde de carbone est choisi comme méthode de mise à mort de préférence à l'empoisonnement médicamenteux : ce mode d'assassinat a déjà été utilisé sur des malades mentaux polonais, après l'invasion du pays, à l'automne 1939 à Poznań, puis en Prusse orientale. La première expérience de gazage dans le cadre de l'Aktion T4 se déroule en janvier 1940 à Brandebourg, dans une chambre à gaz construite sous la supervision de Christian Wirth: afin de tester différentes méthodes d'assassinat, six malades reçoivent des injections de différentes substances , dont la scopolamine-morphine, le curare et un mélange d'acide cyanhydrique et de morphine alors qu'une vingtaine d'autres sont gazés. L'opération se déroule en présence de quatorze fonctionnaires nazis et spécialistes médicaux venus du siège central de l'opération à Berlin, dont Philipp Bouhler, Viktor Brack, Leonardo Conti, Karl Brandt, Werner Heyde, Irmfried Eberl, Ernst Baumhard et Aquilin Ullrich. D'après le témoignage de Heyde, repris par Lifton et Tregenza, Brandt et Conti ne se contentent pas d'assister à l'opération mais administrent eux-mêmes les injections mortelles, dont l'action s'avère décevante et qui doivent être renouvelées. Le mode d'exécution par le gaz s'avérant plus efficace, il est généralisé par Viktor Brack dans les six centres de mise à mort de l'Aktion T4. Les bouteilles de monoxyde de carbone sont fournies par IG Farben sur simple commande par téléphone, et livrées via l'intermédiaire de l'institut technique de criminologie de la Kripo.
Fermant de manière hermétique, les chambres à gaz ressemblent à des salles de douche:
« Une pièce analogue à une salle de douche carrelée, mesurant environ trois mètres sur cinq et haute de trois mètres. Sur le pourtour étaient placés des bancs et le long du mur, à environ 10 cm du sol, passait une canalisation d'environ un pouce de diamètre. Ce tuyau était percé de petits trous d'où sortait l'oxyde de carbone. Les bouteilles de gaz se trouvaient à l'extérieur de la pièce, et elles étaient raccordées à la canalisation d'amenée du gaz.»
Une fois les victimes enfermées dans la chambre à gaz, un médecin actionne le manomètre d'une bouteille de monoxyde de carbone, le processus d'asphyxie prenant une vingtaine de minutes, pendant lesquelles certains malades frappent aux portes alors que d'autres restent passifs

Malgré les efforts des autorités nazies pour garder secrète l'Aktion T4, des rumeurs se propagent et des protestations individuelles s'élèvent rapidement. Des habitants d'Hadamar remarquent que de la fumée s'échappe des cheminées de l'institution peu après l'arrivée de chaque convoi et entendent des membres du personnel du centre d'exécution parler de leur travail ; les familles des victimes sont de plus en plus nombreuses à faire le lien entre le transfert de leurs proches dans un des six centres de gazage et leur décès immédiat. Des familles reçoivent des urnes funéraires vides, d'autres sont averties que leurs proches sont décédés d'une appendicite aiguë, alors qu'ils avaient déjà été opérés. « Comme le cercle des personnes impliquées dans le transfert des patients ne cessait de s'élargir, l'entreprise d'élimination ne fut plus un secret d'État, mais un secret de polichinelle. »
Des fonctionnaires du ministère de la Justice, des magistrats et des procureurs s'étonnent de la fréquence anormale des décès dans les institutions psychiatriques. Un juge du Brandebourg, Lothar Kreyssig, spécialisé dans les affaires de tutelle, écrit au ministre Franz Gürtner pour protester contre un programme de meurtre de masse illégal et immoral : celui-ci lui répond que « Si vous ne reconnaissez pas la volonté du Führer comme une source de la loi, comme une base de la loi, vous ne sauriez rester juge »38. Kreyssig est ensuite convoqué par Roland Freisler, le plus haut fonctionnaire du ministère de la Justice, qui lui confirme que les meurtres sont exécutés sur ordre de Hitler. Cela ne l'empêche pas d'écrire aux directeurs des hôpitaux psychiatriques de son district pour leur faire savoir que le transfert de patients vers les centres d'assassinat est illégal et passible de poursuites : cette attitude persistante lui vaut une mise à la retraite forcée en décembre 1941. « Certains psychiatres résistent également à l'assassinat médical — mais généralement de manière limitée, isolée et indirecte —. Même insuffisante, cette résistance n'est pas insignifiante ».
Des pasteurs et un évêque de l'Église protestante, Mgr Theophil Wurm, s'élèvent à titre individuel contre la campagne d'assassinats, mais leurs critiques restent inconnues de la population allemande. Des figures éminentes de l'Église confessante, comme Friedrich von Bodelschwingh et Paul Gerhard Braune, qui envoie un mémorandum de protestation à Hitler — dont Robert Jay Lifton souligne l'importance — s'opposent vigoureusement à la politique de stérilisation forcée puis à celle d'euthanasie

C'est de l'Église catholique allemande, d'abord peu critique envers le régime nazi lors la signature du concordat du 20 juillet 1933, puis émettant certaines réserves quant au respect des termes de cet accord au travers de l'encyclique Mit brennender Sorge du pape Pie XI en 1937, que vient la première protestation publique connaissant un large écho. Dans un premier temps, la discrétion prime : si le Saint-Office affirme, le 2 décembre 1940, « qu'il est interdit de tuer, sur ordre de l'autorité publique, des personnes qui du seul fait d'une infirmité psychique ou physique, ne peuvent plus être utiles à la nation », cette décision n'est pas publiée dans l'Osservatore Romano, ni relayée par Radio-Vatican, et elle n'est diffusée en Allemagne qu'en mars 1941. Alors que le cardinal Adolf Bertram, président de la Conférence de Fulda tente de temporiser, estimant qu'il n'y a pas assez de preuves pour protester, l'évêque de Münster, Clemens August von Galen, prend position publiquement dans un sermon prononcé le 3 août 1941.
« Il y a un soupçon général, confinant à la certitude, selon lequel ces nombreux décès inattendus de malades mentaux ne se produisent pas naturellement, mais sont intentionnellement provoqués, en accord avec la doctrine selon laquelle il est légitime de détruire une prétendue « vie sans valeur » Une doctrine terrible qui cherche à justifier le meurtre des personnes innocentes, qui légitime le massacre violent des personnes handicapées qui ne sont plus capables de travailler ! Si on l'admet, une fois, que les hommes ont le droit de tuer leurs prochains « improductifs », alors la voie est ouverte au meurtre de tous les hommes et femmes improductifs. La voie est ouverte, en effet, pour le meurtre de nous tous, quand nous devenons vieux et infirmes et donc improductifs. Alors on aura besoin seulement qu’un ordre secret soit donné pour que le procédé, qui a été expérimenté et éprouvé avec les malades mentaux, soit étendu à d'autres personnes « improductives » ! »


Clemens August von Galen.

— Clemens August von Galen
Le sermon de Galen connaît un énorme retentissement en Allemagne et à l'étranger. À l'initiative de l'évêque, il est imprimé sous forme de lettre pastorale et lu dans les églises paroissiales ; l'évêque de Limbourg adresse au ministre de la Justice une lettre condamnant les meurtres et celui de Mayence prononce un sermon dans ce sens. « C'était le mouvement de protestation le plus puissant, le plus explicite et le plus répandu contre une politique nazie depuis le début du IIIe Reich». L'allusion de Galen aux soldats souffrant de graves blessures influence de hauts responsables du Troisième Reich. En privé, le Generalfeldmarschall Keitel est contre l'euthanasie à cause des blessés et aliénés de la Première Guerre mondiale et parce que les hostilités en Russie, déclenchées en juin 1941, produiraient de nouvelles « vies improductives » : les supprimer porterait un coup terrible au moral des troupes sur le front. Cette position est partagée, pour les mêmes motifs par Himmler, chef de la Waffen-SS.
Les Britanniques, qui se sont procuré le texte du sermon, en font diffuser des extraits par le service allemand de la BBC ; ils le répandent en larguant des tracts au-dessus de l'Allemagne et en faisant circuler des exemplaires en France, aux Pays-Bas, en Pologne et dans d'autres régions d'Europe.
Le 24 août 1941, Hitler ordonne à Karl Brandt de mettre fin à l'Aktion T4 et le charge de transmettre cette instruction à Philipp Bouhler et Viktor Brack, tout en s'assurant que le meurtre des enfants handicapés, pratiqué à une échelle beaucoup plus réduite et donc moins visible, se poursuive. Cette décision d'arrêter l'opération fait suite aux protestations de Mgr Galen, à l'obstruction de nombreuses infirmières et aides-soignants, à l'inquiétude exprimée de plus en plus ouvertement par les parents, amis et voisins des victimes. Elle découle aussi de la crainte de Hitler de se voir rendu directement responsable des assassinats et du fait que le quota de 70 000 victimes qu'il avait initialement fixé a été atteint et même légèrement dépassé.
L'assassinat des handicapés et des malades mentaux continue cependant jusqu'à la fin de la guerre


Camion Magirus-Deutz détruit, similaire aux camions à gaz employés au camp d'extermination de Chełmno

Si l'Aktion T4 est officiellement arrêtée le 24 août 1941, l'extermination de personnes considérées par les nazis comme des charges pour la société se poursuit jusqu'en 1945. Le recensement des malades à éliminer se poursuit au moyen des formulaires envoyés tous les six mois par les asiles, les institutions de l'Aide sociale et les maisons de repos à la commission du Reich pour l'enregistrement scientifique des souffrances héréditaires et congénitales graves, et la Gekrat continue à organiser le transport des patients vers leur lieu d'assassinat.
Sur la base d'initiatives locales, des euthanasies sont pratiquées dans plusieurs Reichsgaue dès l'automne 1933.
Depuis 1938, sur décision de commissions de médecins, environ 5 000 voire 8 000 nourrissons et enfants atteints de malformations diverses sont placés dans des unités de pédiatrie spécialisées (Kinderfachabteilungen), où ils sont assassinés dans le cadre de l'« euthanasie » des enfants. Antérieure à l'Aktion T4 et indépendante de celle-ci, cette politique se poursuit jusqu'à la fin du conflit.
Officiellement évacués des asiles situés dans des régions dont l'air est contaminé, des milliers de patients sont transférés vers des prétendus camps de repos, où médecins et infirmières les éliminent en les affamant ou par surdose médicamenteuse.
Le « traitement par la faim » est officiellement mis en place en Bavière en 1942 : une fiche de cuisine spéciale est distribuée dans les différents établissements de soins, prescrivant un régime dépourvu de matières grasses et exclusivement constitué de légumes bouillis, qui doit conduire à la mort dans un délai de trois mois
En Prusse et Pologne occupée, dès octobre 1939, le Gauleiter de Poméranie fait « nettoyer » les asiles des villes côtières de Stralsund, Swinemünde et Stettin afin de libérer de la place pour l'implantation d'Allemands de la Baltique : les patients sont emmenés dans le voisinage de Dantzig où ils sont fusillés par des escouades de SS. Son collègue de Prusse orientale, Erich Koch fait liquider 5 558 patients internés dans des établissements de son Gau, qui sont tués par des SS mis à disposition par Wilhelm Koppe. Dans le Wartheland, Arthur Greiser fait assassiner des malades mentaux par une équipe dirigée par Herbert Lange au moyen d'un camion à gaz du type de ceux utilisés par les Einsatzgruppen, puis au camp d'extermination de Chelmno. Une chambre à gaz est mise en service dans un fort militaire de Poznań à l'automne 1939 ; à la demande du HSSPF de Königsberg, Lange et ses hommes gazent également 1 558 malades mentaux de Prusse orientale, rassemblés au camp de Soldau, au prix de 10 Reichsmarks par victime. Au total, au milieu de l'année 1940, ces actions locales ont fait environ 10 000 victimes.
Dans le Gouvernement général, les opérations sont confiées à Leonardo Conti qui donne l'ordre d'exterminer tous les malades mentaux, qu'ils soient polonais ou étrangers ; ceux-ci sont tués par la Gestapo ou par la SS.
De mi-1941 à l'hiver 1944-1945, les détenus des camps de concentration jugés trop faibles ou trop gênants pour être maintenus en vie, sont transférés pour être gazés dans les centres de mise à mort de l'Aktion T4, dans le cadre d'un opération connue sous le nom de code 14f. En Alsace, partie intégrante du Gau Baden-Elsaß, 50 malades mentaux de l'hôpital de Stephansfeld-Brumath sont déportés à Hadamar le 5 janvier 1944 pour y être exterminés. Un seul a survécu
De 200 000 à 250 000 aliénés et handicapés sont assassinés par les nazis entre 1939 et 1945, soit par gazage, soit par injection létale, soit par dénutrition; pour Eugen Kogon, entre 70 273 et 71 088 de ces victimes périssent par le seul gazage dans le cadre de l’Aktion T4, le premier chiffre, provenant du rapport statistique officiel de l'opération, étant repris par Willi Dressen et Michael Tregenza. Robert Jay Lifton, établissant le bilan de l'Aktion T4 et de l'Aktion 14f avance les chiffres suivants : 80 000 à 100 000 patients adultes internés dans des institutions, 5 000 enfants dans des institutions, 1 000 patients juifs et 20 000 détenus des camps de concentration. Ian Kershaw estime le nombre des victimes de l'Aktion T4 de son déclenchement jusqu'au mois d'août 1941 de 70 000 à 80 000 patients, le nombre total des victimes de l'entreprise nazie de liquidation des malades mentaux approchant sans doute le double


Karl Brandt lors du procès des médecins.

« Le groupe le plus important de l'opération Reinhard provient du programme d'euthanasie. Ils y apportent leur connaissance et leur expérience pour la mise en place et le fonctionnement des institutions de gazage pour [commettre] des meurtres de masse. Ils occupent les postes clés impliqués dans les procédés d'extermination, la planification et la construction des trois camps de la mort — Belzec, Sobibor et Treblinka — et commandent ces camps. »
— Yitzhak Arad
De nombreux exécuteurs de l’Aktion T4 participent ensuite à la Shoah. Ils sont notamment mis à disposition d'Odilo Globocnik dans le cadre de l'opération Reinhard, leurs salaires continuant à être versés par la chancellerie du Führer. Sur les dix sous-officiers des SS-Totenkopfverbände mutés à l'Aktion T4 début novembre 1939, neuf constituent le noyau de la garnison du camp d'extermination de Belzec. Parmi les participants affectés à la Shoah se retrouvent notamment :
Christian Wirth, plus haut responsable de l'Aktion T4 à être affecté à l'opération Reinhard, est nommé, en décembre 1941, commandant du camp d'extermination de Belzec, puis, en août 1942, inspecteur général des camps d'extermination de l'opération Reinhard.
Irmfried Eberl, médecin-chef des centres de gazage de Brandebourg-sur-la-Havel et de Bernburg, est le premier commandant du camp d'extermination de Treblinka.
Gottlieb Hering, qui a dirigé le centre de mise à mort de Hartheim, succède à Wirth comme commandant du camp d'extermination de Belzec.
Josef Oberhauser est chargé de la construction du camp d'extermination de Belzec et y est l'adjoint de Wirth,
Gottfried Schwarz est commandant adjoint du camp d'extermination de Belzec.
Erich Fuchs est affecté au camp d'extermination de Belzec, puis de Treblinka.
Gustav Wagner, Erich Bauer, Franz Reichleitner et Kurt Bolender sont affectés à Sobibor.
Franz Stangl, affecté au bureau d'état civil spécial de Hartheim, devient commandant du camp d'extermination de Sobibor puis de Treblinka.
« Après la guerre, de nombreux acteurs de ces opérations d'extermination firent carrière. Beaucoup d'entre eux rencontrèrent de la compréhension, à la différence des victimes exterminées, dont les familles n'ont toujours eu droit à aucune indemnité. »
— Willi Dressen, 1989
Certains responsables de l'Aktion T4 sont jugés lors du procès des médecins qui se tient à Nuremberg du 9 décembre 1946 au 20 août 1947 ; à l'issue de celui-ci Viktor Brack et Karl Brandt sont condamnés à mort et exécutés par pendaison. La publication après ce procès d'un ouvrage d'Alexander Mitscherlich, reprenant les éléments de base du procès, fait accuser l'auteur par les autorités médicales allemandes de trahir sa patrie. Si les 350 médecins en lien direct avec les opérations d'assassinat se justifient par le fait qu'ils n'ont fait qu'appliquer le verdict prononcé par d'autres médecins et sans opposition des tribunaux, « en acceptant d'appliquer ces verdicts, ils approuvaient la condamnation à mort de ceux qui « souillaient » la race et ils admettaient la ségrégation de toute une population de « malades », d'« asociaux », de « criminels » et de personnes appartenant aux races « inférieures ».
Seuls 40 participants aux euthanasies forcées sont condamnés en République fédérale d'Allemagne ; de nombreux médecins sont acquittés ou ne sont pas poursuivis (tel Julius Hallervorden), de même que les fonctionnaires du ministère de la Justice ou les 200 maires et employés municipaux impliqués dans l'opération

 
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MessagePosté le: Mer 12 Juil - 08:13 (2017)    Sujet du message: Publicité

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saintluc
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MessagePosté le: Jeu 13 Juil - 06:27 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... 1 (Sommaire page 1) Répondre en citant

Le Dimanche sanglant de Bydgoszcz
(en allemand Bromberger Blutsonntag) est un épisode de la Seconde Guerre mondiale sur lequel la lumière se fait peu à peu.
Bydgoszcz (en allemand Bromberg) est une ville polonaise située sur la Vistule. Située en Prusse-Occidentale jusqu'en 1919, elle devint polonaise en même temps que la majorité de la province prussienne à la suite du traité de Versailles. Sa population allemande est devenue majoritaire en 1920. Le 3 septembre 1939, deux jours après l’agression hitlérienne et l'invasion de la Pologne sans déclaration de guerre, un certain nombre d'Allemands y furent massacrés. La propagande de Goebbels parla alors de cinquante-huit mille morts qui fournirent le prétexte à des représailles sanglantes le 5 septembre quand la 50e division de la Wehrmacht entre dans la ville. Les Allemands regroupèrent des otages civils sur la place centrale et fusillèrent entre 300 et 400 d'entre eux. En représailles, environ 28 000 des habitants de Bromberg ont été fusillés ou ont péri dans les camps de concentration dont de nombreux Juifs polonais.

Après la guerre, historiens allemands et historiens polonais s’affrontèrent. Pour les premiers, on s’en était pris à des civils innocents parmi lesquels des femmes et des enfants. Pour les seconds, la cinquième colonne allemande avait essayé de prendre le contrôle de la ville et, depuis les toits des maisons, avait tiré sur l’armée polonaise. Vaincue, elle se repliait en désordre non sans faire quelques victimes dans les rangs allemands.
Depuis la chute du rideau de fer et du fait de l'éloignement des événements, les jugements se font plus objectifs. Le nombre des victimes allemandes est maintenant évalué entre mille et six mille morts, et plus près sans doute du premier chiffre que du second, mais on voit difficilement la trace d’une cinquième colonne et le carnage semble bien s'apparenter à ce qu'on appellerait aujourd'hui un massacre ethnique perpétré sur la population allemande civile.
La mort d'une légende - Günter Schubert (écrit en 1989 mais traduit seulement 14 années plus tard en polonais !). L'auteur, historien et journaliste, contrairement à la position de l'historiographie allemande, a écrit que le 3 septembre 1939 à Bromberg s'est produite une révolte allemande préparée par des agents venus du IIIe Reich.

 

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saintluc
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MessagePosté le: Jeu 13 Juil - 07:46 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... 1 (Sommaire page 1) Répondre en citant

Le massacre de Katyń est l'assassinat de masse, par la police politique de l’Union soviétique (le NKVD), au printemps 1940 dans la forêt de Katyń, village russe proche de Smolensk et de la frontière biélorusse, de plusieurs milliers de Polonais, essentiellement des officiers d'active et de réserve (dont des étudiants, des médecins, des ingénieurs, des enseignants etc.), et divers autres membres des élites polonaises considérées comme hostiles à l’idéologie communiste.
L'URSS a nié sa responsabilité dans le massacre dès qu’il fut révélé par les militaires allemands ainsi que durant toute la guerre froide, et en a rendu l’Allemagne nazie responsable. Mais en 1990, l'URSS a reconnu que ce massacre avait été ordonné par les responsables soviétiques.
Pour différentes raisons, dont notamment l’exploitation au début de l'année 1943 par la propagande allemande du massacre de Katyń découvert en 1941 lors de l’avance allemande en Russie, l’histoire a retenu ce massacre particulier comme emblématique de l’ensemble des crimes commis par l’URSS à l'encontre de la nation polonaise.
Au total, ces exécutions massives de membres de l’élite polonaise en divers lieux de l’ouest de l’URSS à la suite du partage de la Pologne entre l’Allemagne nazie et l'Union soviétique ont concerné environ 22 000 personnes exécutées et 60 000 autres qui ont été déportées (essentiellement les membres des familles).
Même si les Allemands menaient dans le même temps des opérations anti-polonaises identiques (opération Tannenberg, opération extraordinaire de pacification) et que la Gestapo et le NKVD coopéraient, il n'existe pas de preuves que les Allemands connaissaient le massacre de Katyń avant la découverte des charniers en 1941 à la suite de l'invasion de l'URSS.

À la fin de la Première Guerre mondiale, la Pologne recouvre son indépendance. Cependant, la frontière avec la Russie est mal définie par le traité de Versailles. Alors que la Russie veut avancer vers l'ouest pour faire jonction avec la Hongrie communiste et les révolutionnaires allemands, la Pologne veut récupérer, vers l'est, les territoires qu'elle a perdus lors des partages de la Pologne à la fin du xviiie siècle.
Trop occupée avec sa guerre civile, la Russie laisse la Pologne lancer la première offensive de grande ampleur, l'opération Kiev, qui marque le début officiel de la guerre soviéto-polonaise de 1920. La Pologne est bientôt menacée par la supériorité numérique de l'Armée rouge, qui marche sur Varsovie. Soutenue par l'Angleterre et la France (le jeune officier Charles de Gaulle s'illustre à cette occasion), elle résiste cependant victorieusement et impose à la Russie la paix de Riga, qui voit la frontière de la Pologne avancer de quelque 200 km à l’est. Quelque 110 000 prisonniers soviétiques sont internés dans des camps, où environ 30 000 meurent. Cette victoire polonaise laisse sans doute un désir de revanche à la Russie soviétique, notamment à Staline, personnellement impliqué dans l'offensive soviétique et sa défaite
Pendant les Grandes Purges, divers opérations visèrent les minorités en URSS (allemande (en), coréenne (en), grecque (en)…).
Les Polonais furent visés par l'ordre 00485 du NKVD ordre 00485 (en) qui prévoyait 111 000 exécutions et 29 000 déportations au Goulag. Le simple fait de porter un nom à consonance polonaise mettait en danger et sachant que ce fut le pic des persécutions on estime les totaux à 100 000 déportés et 200 000 tués pour l'ensemble des années 1930 en URSS.


La Pologne se fixa une ligne politique d'équilibre entre ses deux voisins aussi puissants qu'hostiles, qui n'avaient pas accepté sa renaissance après la Première Guerre mondiale. Aussi, après son alliance défensive avec la France de 1921 a-t-elle signé un pacte de non-agression avec l'Union soviétique en juillet 1932, puis avec l’Allemagne en janvier 1934. La Pologne espérait que ces accords diplomatiques lui permettraient d'échapper à la guerre et/ou à l'occupation.
Le fragile équilibre est rompu lors des accords de Munich, conclus le 29 septembre 1938, entre l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l'Italie. La Pologne refuse d'accorder un droit de passage sur son territoire à l'Armée rouge pour défendre la Tchécoslovaquie et participe au démantèlement de la Tchécoslovaquie en occupant les territoires contestés de la Zaolzie (région de Český Těšín). Mais surtout, la France et le Royaume-Uni sont discrédités sur le plan international et l'Union soviétique peut voir dans ces accords le risque d'un front commun occidental contre elle.
Lorsque les troupes nazies deviennent menaçantes, la Pologne refuse de servir d'« avant-poste » à l'Armée rouge et cette situation internationale nouvelle conduira aux négociations donnant lieu le 23 août 1939 au pacte germano-soviétique. L'une des clauses secrètes de ce pacte consistait justement en un partage de la Pologne entre l'Allemagne et l'URSS, partage qui suivait le tracé proposé par les Occidentaux lors de la guerre de 1920 (ligne Curzon) moyennant deux exceptions (Bialystok et Lwów).
La Pologne est finalement envahie par les armées allemandes le 1er septembre 1939, puis par l’Armée rouge le 17 septembre 1939 (les Soviétiques prétextant notamment le besoin de protection des populations biélorusses et ukrainiennes, majoritaires ensemble dans une partie des territoires polonais concernés).
La répression soviétique en Pologne (en) est très dure. 150 000 hommes sont incorporés de force dans l'Armée rouge et 100 000 dans des bataillons de construction spéciaux (strojbatami).
Une première déportation d'au moins 140 000 personnes a lieu le 10 février 1940, dont 70 % de Polonais, et des Ukrainiens et Biélorusses, avec une mortalité élevée aggravée par les conditions météorologiques du moment et les envois vers le nord de l'URSS.
Environ 111 000 sont emprisonnées de 1939 à 1941 dont 40 000 seront déportées dans des camps de travail de la Vorkuta, 7 305 exécutées en marge de Katyń et environ 10 000 ont été assassinées lors de l'évacuation des prisons à la suite de l'invasion allemande de l'été 1941

Dès le 19 septembre 1939, le commissaire du peuple aux Affaires intérieures et à la Sécurité de l’État de l’URSS, Lavrenti Beria, ordonnait au NKVD de créer un « Directorat pour les Prisonniers de Guerre », afin de prendre en charge les prisonniers polonais. Le NKVD organisa un réseau de centres de détention et de camps de transfert, puis transféra les prisonniers dans l'Ouest de l'URSS.
Environ 250 000 soldats polonais, dont 10 000 officiers, furent faits prisonniers par les Soviétiques. La moitié d’entre eux — les simples soldats — fut relâchée par l’Armée rouge, les autres étant confiés au NKVD, lequel relâcha rapidement 42 400 soldats pour la plupart de culture ukrainienne ou biélorusse et en livra aux Allemands 43 000 autres, originaires de Pologne occidentale. Au 19 novembre 1939, le NKVD ne détenait plus qu'environ 40 000 prisonniers de guerre dont à peu près 8 500 officiers et sous-officiers. Beaucoup furent employés comme travailleurs forcés. Aussi d'après des estimations récentes des années 2000, fondées sur l'examen des archives, entre septembre 1939 et juin 1941 plus de 440 000 Polonais de la zone occupée par l'Armée rouge furent déportés au Goulag ou assassinés par les Soviétiques dans le but d’éliminer « les classes sociales hostiles » au communisme. Selon Jean-Sylvestre Mongrenier « Le chiffre total des déportés est d’environ 340 000 et le nombre des victimes de la répression anti-polonaise s’élèverait à au moins 500 000 personnes dont au moins 30 000 fusillées et 100 000 mortes dans les camps».
Fin février 1940, 6 192 policiers et assimilés et 8 376 officiers restaient toujours internés. Ces prisonniers furent soigneusement triés. Les officiers, parmi lesquels de nombreux étudiants (car le système de conscription polonais les incorporait systématiquement dans l’armée de réserve), furent rassemblés dans les deux camps de concentration de Kozielsk et de Starobielsk. Les cadres de la police, de la gendarmerie, des gardiens de prison, des gardes frontières et du scoutisme dans celui d'Ostachkov. 

Ces trois camps avaient également reçu des membres de l'élite civile polonaise (médecins, avocats, professeurs…), de même d'ailleurs que sept autres camps mineurs de l'URSS occidentale. La répartition des hommes était la suivante : 5 000 à Kozielsk, 6 570 à Ostachkov, et 4 000 à Starobielsk. Le jour de Noël 1939, les religieux de toutes les confessions en furent retirés. On suppose qu’ils furent éliminés. Tous ces hommes subirent de longs interrogatoires et un espionnage interne permanent destinés à repérer ceux qui seraient enclins à collaborer avec les Soviétiques. L’échec fut total.
Le 5 mars 1940, les membres du Politburo, Staline, Kliment Vorochilov, Anastase Mikoyan, Viatcheslav Molotov, Lazare Kaganovitch et Mikhaïl Kalinine — ces deux derniers étant absents lors de la réunion — donnent leur accord à la demande de Lavrenti Beria d'appliquer « le châtiment suprême, la peine de mort par fusillade » à 25 700 « prisonniers polonais, anciens officiers, fonctionnaires, agents de police, agents de renseignement, gendarmes, membres de diverses organisations contre-révolutionnaires d'espions et de saboteurs… », sans comparution des détenus devant les tribunaux spéciaux du NKVD, ni acte d'accusation
Les assassinats sont perpétrés par les services spéciaux du NKVD qui comptent quelques milliers « d'exécuteurs de sentences » professionnels, spécialement entraînés pour tuer les condamnés et cacher leurs corps. Ce meurtre de masse nécessite un personnel nombreux et formé, afin, en moins d'un mois, de fusiller des milliers de personnes, de cacher leurs corps, d'effectuer des transports dans une zone rurale, mais densément peuplée et de maintenir le secret sur l'ensemble du processus.
Les victimes sont tuées d'une balle tirée dans la partie postérieure du crâne. Si les munitions sont indubitablement de fabrication allemande, les corps de certaines victimes présentent des traces de coups de baïonnette à quatre arêtes, utilisées par l'Armée soviétique, et les cordes qui attachent les mains derrière le dos et sont reliées à une corde nouée autour du cou, sont également de production soviétique.
Les méthodes d’exécution avaient depuis longtemps déjà été éprouvées sur les citoyens soviétiques. Les condamnés étaient transportés en train jusqu’à la gare la plus proche, puis en camion jusqu’à l'endroit de l’exécution. Les transports quotidiens étaient de moins de cent personnes. Chaque individu était ligoté séparément, puis placé sur le bord de la fosse, où on lui tirait une balle dans la nuque. Les exécutions s’effectuaient habituellement au moyen de pistolets Walther fournis par Moscou, modèle de fabrication allemande, comme les balles, couramment exportés pendant la période 1920-1926, notamment en Estonie dont les arsenaux militaires venaient d'être saisis par les Soviétiques

Du 4 avril au 16 mai, les 6 287 prisonniers de guerre détenus à Ostachkov furent tués à Kalinine (aujourd'hui Tver), et les victimes enterrées dans le charnier soviétique de Mednoïe.
Entre le 3 avril et le 13 mai 1940, 4 404 prisonniers de guerre furent transportés du camp de Kozielsk, dans la forêt de Katyń, près de Smolensk (où des exécutions ont également pu avoir lieu), située à environ 50 kilomètres de la frontière biélorusse, où ils furent abattus d’une balle dans la nuque et ensevelis dans des fosses communes.
Du 5 avril au 12 mai, les 3 896 prisonniers de guerre de Starobielsk furent assassinés dans les locaux du NKVD à Kharkov. Les corps ont été retrouvés dans le charnier soviétique de Piatykhatky.
3 870 détenus de diverses prisons de Pologne occupée dont des ex-militaires sont rassemblés et exécutés à Minsk. Leur lieu d'ensevelissement supposé est Kuropaty où des exécutions ont également pu avoir lieu.
3 435 détenus (connus nominativement depuis la publication d'archives en 1994) de diverses prisons de Pologne occupée dont des ex-militaires sont pour l'essentiel transférés et exécutés à Kiev et ensevelis dans les fosses communes de Bykovnia. Plus de trois mille corps d'officiers polonais ont été déterrés dans cet immense charnier soviétique (ouvert en 1937 pour faire disparaître les dizaines de milliers de victimes des Grandes Purges staliniennes en Ukraine), qui sera visité pour cette raison par le pape polonais Jean Paul II en 2001. Ce n'est qu'à l'occasion de cette visite que la mention de la responsabilité nazie dans ce massacre a été effacée.
Comme à Katyń, les Soviétiques ont attribué à l'Allemagne ces fosses découvertes lors de l'offensive allemande Barbarossa. Tous les cadavres portaient la marque d'une ou plusieurs balles dans la tête. Les agendas et autres documents retrouvés ont permis de confirmer la seule responsabilité soviétique dans le massacre. 
« Les 21 892 victimes furent transportées en camion vers les cinq sites d'exécution. Le plus célèbre se situait dans la forêt de Katyń près de Smolensk. Le NKVD avait noté les adresses des familles des victimes quand celles-ci avaient eu l'autorisation d'écrire à leur proches. Elles furent donc rassemblées et 60 667 personnes furent déportées au Kazakhstan »
— Antony Beevor, La Seconde Guerre mondiale, Paris, Calmann-Lévy, 2012, page 66.
80 % des déportés étaient des femmes et des enfants.
Les massacres ont donc concerné au cours de ces seuls trois mois environ 22 000 Polonais au titre de la décision du 5 mars 1940. Si les exécutions furent perpétrées en au moins six lieux distincts, Katyń reste emblématique de par sa médiatisation dès le courant de la Seconde Guerre mondiale.
En juin 1940 lors de l'Occupation des pays baltes les Soviétiques mettent la main sur 6 500 soldats polonais internés (pl). Ils sont enfermés, mais ne font pas l'objet de massacre.
Une troisième déportation d'au moins 80 000 personnes a lieu en mai-juillet 1940 dont 80 % de Juifs et des Ukrainiens et Biélorusses.
À la fin de 1940, les relations soviéto-allemandes se dégradant lentement, des tentatives de créer une armée polonaise en URSS se font jour sans succès (novembre 1940 et début juin 1941).
Une quatrième déportation d'au moins 85 000 personnes a lieu en mai-juin 1941, liée à l'attaque allemande en URSS, avec une mortalité élevée.
Lors de l'opération Barbarossa en juin 1941, le NKVD procède aux transfert mais surtout au massacre des prisonniers des prisons susceptibles de tomber aux mains des Allemands. 150 000 prisonniers étaient concernés dont environ 100 000 furent tués, les autres essentiellement transférés à l'intérieur de l'URSS même si certains furent simplement abandonnés ou s’échappèrent. Environ 35 000 des tués étaient des Polonais.
Après l'opération Barbarossa, la situation change avec les accords Sikorski-Maïski permettant des libérations et la timide création de l'Armée polonaise de l'Est.
Par contre, l'opposition au Gouvernement polonais en exil implique une répression féroce à partir de 1944 contre l'Armia Krajowa ou les Soldats maudits y compris des massacres (camp NKVD Trzebusce (pl), répression soviétique en Pologne (pl), raid de juillet 1945 (pl)) parfois qualifiés de « petits Katyń ».
Au total, les Soviétiques auraient tué 150 000 Polonais sur les 1 800 000 ayant fait l'objet de mesures de répression.

En août 1941, quelques semaines après le début de l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht, les troupes allemandes découvrent dans la forêt de Katyń un premier charnier contenant les restes de plusieurs centaines d'officiers polonais.
Signal, l'hebdomadaire illustré de la Wehrmacht, publie des photos de l'exhumation des corps : les uniformes sont reconnaissables et les cadavres dans un état de décomposition assez peu avancée. L'ensemble de la presse nazie exploite largement, à cette époque, la macabre découverte.
Fin 1942, des cheminots polonais, qui conduisent les trains allemands, rapportent avoir entendu des paysans biélorusses parler de soldats polonais enterrés dans la forêt de Katyń. C'est ainsi que d'autres charniers, bien plus importants que celui de l'été 1941 sont découverts.
Au printemps 1943, les militaires allemands mettent au jour plus de 4 500 corps d’officiers polonaisNote 4 empilés dans plusieurs fosses. Le 13 avril, les médias allemands rendent publique la découverte des corps d'environ un millier d'officiers polonais, fusillés, d'après la presse allemande, par le NKVD. Deux jours après, les dirigeants soviétiques nient leur responsabilité sur les ondes en répliquant que les nazis ont commis ces atrocités lors de leur avance au cours de l’année 1941. Les autorités du Reich exploitent intensément l'événement dans le cadre de leur propagande antisémite jusqu'à l'été 1943. « Le mot d'ordre « Katyń » recouvrit la pire campagne antisémite qu'ait connu le régime depuis son avènement » analyse l'historien allemand Peter Longerich. Pour les nazis, ce massacre était un « massacre juif ». En retour « l'anéantissement des Juifs pour ne pas être anéantis par eux constitua le cœur de la propagande sur Katyń ».
Selon l'historien britannique John Erickson, Iakov Djougachvili (un des fils de Staline) se serait suicidé au camp de concentration de Sachsenhausen le 14 avril 1943 après que la nouvelle du massacre fut parvenue à sa connaissance

Dans la foulée de l'annonce du 13 avril, les autorités nazies mettent en place une commission d'enquête médicale internationale et suggèrent à la Croix-Rouge internationale d'envoyer ses propres experts sur place. Afin d'utiliser le massacre à des fins de propagande, elles montrent le site à des prisonniers de guerre anglais et américains ; Heinrich Himmler suggère même au ministre des Affaires étrangères Joachim von Ribbentrop d'inviter à Katyń le chef du gouvernement polonais en exil, Sikorski. « Connaissant bien la réaction de l'armée et de l'opinion publique polonaises, et devant les pressions de certains ministres qui avaient perdu des parents dans les camps soviétiques », Sikorski sollicite également l'envoi d'experts de la Croix-Rouge : cette demande fournit un prétexte à Joseph Staline pour rompre les relations diplomatiques avec le gouvernement polonais en exil, rupture officialisée le 26 avril.
La commission internationale, essentiellement composée de représentants de pays alliés à l'Allemagne nazie ou occupés par celle-ci, à l'exception de la Suisse, publie ses conclusions unanimes le 30 mai : les assassinats ont eu lieu au printemps 1940, ce qui en fait porter la responsabilité aux Soviétiques. La commission d'enquête de la Croix-Rouge polonaise parvient à la même conclusion, mais elle ne la rend pas publique, pour de pas donner d'argument à la propagande nazie : son rapport est transmis au gouvernement britannique qui le classe comme un document ultra-secret et ne le divulgue qu'en 1989

Selon l'historien allemand Peter Longerich, la découverte des charniers coïncide avec un tournant de la propagande antisémite nazie. Cette propagande entre dans une phase au cours de laquelle il s'agit moins de dissimuler l'extermination des Juifs que d'avertir les Allemands que dans le cas où l'Allemagne nazie perdrait la guerre, elle serait l'objet de représailles terribles de la part des Soviétiques et des Juifs, systématiquement assimilés les uns aux autres.
Ainsi, dès la découverte, Goebbels note-t-il dans son journal, le 9 avril : « À proximité de Smolensk, on a retrouvé des fosses communes polonaises. Les bolchéviques y ont tout simplement abattu et entassé quelque 10 000 prisonniers polonais J'invite des journalistes neutres de Berlin à visiter les fosses communes polonaises. Sur place, ils devront se convaincre de leurs propres yeux de ce qui les attend si ce qu'ils souhaitent tant s'accomplissait vraiment, à savoir que les Allemands soient battus par les bolcheviques ».
Une violente campagne antisémite s'ensuit dans la presse allemande. Le 17 avril, Goebbels écrit : « Nous allons tellement agiter la propagande antisémite que, comme dans le temps de la lutte, le mot « Juif » sera de nouveau utilisé avec le ton dévastateur qu'il mérite ». Et effectivement, la campagne menée sur Katyń, en étroite liaison avec Hitler lui-même, recouvre la pire campagne antisémite qu'ait connue le régime nazi depuis 1933. La presse reprend le leimotiv de Katyń comme « massacre juif » . Le but est de démontrer ce qui attendrait la population allemande en cas de défaite dans cette « guerre juive ». Ainsi, présenté par la presse allemande comme un crime judéo-bolchevique, celle-ci affirme, conformément aux consignes du bureau de presse du Reich, que le sort des Polonais massacrés annoncerait le sort des populations européennes en cas de défaite allemande et fournit l'occasion, pour le bureau de presse du Reich, de publier un essai intitulé Juda veut assassiner les peuples d'Europe et de dénoncer non seulement les « plans juifs d'extermination » des peuples d'Europe, mais aussi le meurtre rituel, soi-disant pratiqué par les Juifs, réalité « démontrable ».
Les éditoriaux de Robert Ley dans Der Angriff sont basés sur la diffusion de fantasmes antisémites angoissants. Car selon cette propagande, ce sont les Juifs, les communistes juifs, qui sont à l'origine du massacre de Katyń. Le Westdeutscher Beobachter du 22 avril 1943, sous le titre « Le désir de meurtre des Juifs », assimile le massacre de Katyń au prétendu « meurtre rituel juif ».
La campagne antisémite fléchit un peu ensuite dans la presse, mais Goebbels lui-même la relance dans un article paru le 9 mai 1943, dans Das Reich où il définit la guerre comme une « guerre de la race juive et des peuples qui la soutiennent contre l'humanité aryenne ». Il conclut sur la menace qui caractérise cette campagne : « Si les Puissances de l'Axe perdaient le combat, plus aucun barrage ne pourrait sauver l'Europe du déferlement judéo-bolchevique. »


Peu après la reprise de la zone de Katyń par l'Armée rouge, l'URSS met en place une commission d'enquête présidée par un chirurgien de renom, Nikolaï Bourdenko : la « Commission spéciale pour la vérification et l'enquête sur l'exécution par les envahisseurs nazis des officiers polonais prisonniers de guerre dans le bois de Katyń ». Cette commission attribue la responsabilité des assassinats aux forces armées allemandes, en se basant sur le fait, jamais contesté, « que les balles avec lesquelles les prisonniers polonais avaient été exécutés étaient de fabrication allemande ». Dans un premier temps, elle situe la date des assassinats entre août et septembre 1941, avant de changer de version et de les situer entre août et décembre, les corps des victimes étant revêtus de vêtements d'hiver.
Ces travaux servent de base à ceux de la commission pour l'organisation du procès de Nuremberg, dirigée par Andreï Vychinski : les responsables soviétiques comptent en effet sur le procès pour accréditer leur version des faits et attribuer officiellement la responsabilité du massacre aux nazis. Les témoins sont préparés par des adjoints de Lavrenti Beria, préparation qui, « dans la langue du NKVD-KGB, a toujours eu une signification sinistre renforcée, dans le cas présent, par les noms de ceux qui se sont occupés du travail », comme Viktor Abakoumov. Seul l'un des procureurs soviétiques à Nuremberg « refuse de participer à l'œuvre de falsification des dirigeants soviétiques » et veut faire part de ses doutes à Vychinski : il est retrouvé mort dans sa chambre d'hôtel le 23 mai 1946, vraisemblablement assassiné sur ordre de Beria.
À la fin des hostilités, les Soviétiques déclarèrent zone interdite la région de Katyń, refusèrent toute enquête par des organisations internationales et, assurés du soutien passif (et, parfois même, actif) des Occidentaux, organisèrent, à l’aide des partis communistes locaux, selon la technique éprouvée de l’amalgame (ceux qui mettent en doute la thèse soviétique sont des pro-nazis), une campagne internationale pour discréditer les personnes connaissant le dossier par expérience directe et chasser de leur poste d’enseignant les membres de la Commission internationale de 1943 (les Pr Naville à Genève et Palmieri à Naples).
Le gouvernement communiste de la nouvelle république populaire de Pologne quant à lui censura la question en accord avec la position soviétique. Cette attitude, couplée à celle des Anglo-Saxons, qui mirent tout « en œuvre pour supprimer les informations susceptibles de contredire la version soviétique », laissèrent les mains libres à la propagande stalinienne
La même année, le président des États-Unis, Roosevelt missionna le capitaine George Earle, son envoyé spécial dans les Balkans, afin de compiler les informations sur ce dossier. Earle utilisa ses contacts en Bulgarie et en Roumanie et conclut que le coupable était l’Union soviétique. Le président en rejeta les conclusions et ordonna la destruction du rapport. Quand Earle insista pour le publier, le président lui intima par écrit l’ordre de ne pas le faire, puis l’affecta aux îles Samoa. Roosevelt déclara solennellement que cette affaire ne représentait « rien d’autre que de la propagande, un complot des Allemands » et qu’il était « convaincu que ce ne sont pas les Russes qui l’ont fait ». Les archives nationales américaines ont divulgué, depuis le 10 septembre 2012, de nouveaux documents secrets apportant les preuves que les États-Unis savaient, depuis 1943, que l'URSS était responsable du massacre.
De leur côté, les Britanniques bénéficiaient du rapport de leur ambassadeur auprès des Polonais, O’Malley, qui aboutissait à la même conclusion que George Earle. Ce qui ne modifia en rien la ligne stratégique adoptée par le gouvernement en vue de maintenir de bons rapports avec leur allié : faire en sorte « que l’histoire enregistre l’incident de la forêt de Katyń comme une tentative sans importance des Allemands pour retarder leur défaite »

Présenté par l’accusation soviétique, le rapport Burdenko, document officiel, répondait aux exigences de l’article 21 des statuts pour être admis comme document à valeur probante (URSS). D’où la mention du massacre dans la liste des faits susceptibles d’être attribués aux accusés, constituant l’acte d’accusation, les trois autres parties (États-Unis, Royaume-Uni, France), bien qu’ayant protesté, n’avaient pas les moyens juridiques de s’y opposer
Le Livre Blanc allemand de 1943 fut, lui, admis au dossier au titre de l’article 19 c’est-à-dire, comme l’avait souligné le président du tribunal, doté d’une valeur probante éventuelle, accordée après examen (mais le cours des débats rendit cette valorisation sans objet).
L'un des procureurs soviétiques, Nicolaï Zoria, fut retrouvé mort dans son lit après qu’il eut manifesté son opposition à la manipulation en cours.
L'intransigeance des Soviétiques à faire apparaître Katyń dans l’acte d’accusation était commandée par l’objectif final recherché : que ce crime soit cité dans le verdict. Ils tentèrent tout pour cela, à commencer par refuser la comparution de témoins au profit de déclarations écrites non publiques. Trois dépositions d’officiers allemands présents en 1943 furent cependant acceptées par le tribunal (sur six témoins demandés par la défense, dont le Pr François Naville, professeur de médecine légale et doyen de la faculté de médecine à Genève et membre de la Commission Internationale de 1943, qui fut refusé). L'accusation obtint corrélativement la présentation de trois témoins, dont le Pr Markov, un Bulgare, membre de cette même commission, que, avec les moyens de pression connus, les Soviétiques avaient « retourné », ainsi que le président de la Commission soviétique, Burdenko, qui était également le président de l'Académie des sciences médicales d’URSS.
Cependant, le rôle du tribunal n’était pas d'attribuer la responsabilité du massacre à l’Allemagne ou à l’Union soviétique, mais à l’un au moins des vingt-deux dignitaires de l'État national-socialiste poursuivis. La tâche de l'accusation était alors d'établir un lien entre les actes reprochés et les accusés. Mais, à l'audience, le procureur soviétique se révéla incapable de nommer le responsable de l'exécution du massacre, ainsi que le principal suspect parmi les accusés.
Les Soviétiques tentèrent malgré tout de faire passer en force leur point de vue, allant jusqu’à dénoncer une inadéquation des statuts du tribunal. Ce « baroud d'honneur » soulignait plus encore la faillite de l'accusation à charger les accusés, ce qui se matérialisa par l'absence de mention du massacre dans les 22 verdicts constituant le jugement.
Pour ce qui est de l'interprétation du traitement donné au massacre par le Tribunal Militaire International TMI, il y a un consensus parmi les historiens et journalistes qui ont assisté au procès de Nuremberg ou l'ont étudié : le déroulement des débats et l'absence de toute mention de Katyń du verdict signifient que la partie allemande a réussi à prouver son innocence, ce qui désigne en creux les Soviétiques comme coupables. Par exemple, Annette Wieviorka analyse l’absence de mention de Katyń dans le jugement comme « l'aveu tacite de la culpabilité soviétique». Elle reformule ainsi l'affirmation d’Alexandra Kwiatkowska-Viatteau selon laquelle, dans ce procès, « il y avait seulement deux meurtriers présumés sic responsables du crime [l’Allemagne ou l’URSS]». Si toutes deux voient « Katyń disparaître simplement du jugement », c’est parce que les juges ont montré un grand respect des droits de la défense. Bien que du camp des vainqueurs, ceux-ci auraient ainsi démontré leur équité. Étendue à l’ensemble du procès, cette disposition d’esprit non partisane établirait par conséquent la légitimité du tribunal.
L'épisode a néanmoins été utilisé, par exemple, par plusieurs personnes condamnées, en France, pour propos négationnistes, comme Robert Faurisson, dans le but de discréditer le jugement de Nuremberg en affirmant que les Allemands auraient été reconnus coupables pour Katyń et en soutenant que la loi Gayssot interdirait d'affirmer la culpabilité des Soviétiques à Katyń

Pendant la Guerre froide, l'URSS a mis en avant le village martyr au nom paronymique de « Khatyn », en Biélorussie. Dans ce village, 149 personnes furent brûlées vives par les nazis, le 22 mars 1943.
Selon plusieurs chercheurs comme George Sanford (en) ou Victor Zaslavsky (en), il a existé pendant des décennies chez les Soviétiques (et chez leurs partisans en Occident) une volonté d'entretenir la confusion entre les massacres de Katyń et de Khatyn, dans une démarche propagandiste qui a rencontré un certain succès. Des chercheurs, comme l'historien Norman Davies, expliquent ainsi que Khatyn a été choisi en 1969 pour y construire un mémorial à cause de la ressemblance avec le nom de Katyń. Toute allusion soviétique aux villages martyrs était systématiquement construite autour de Khatyn, Lidice et Oradour (trois massacres pour lesquels la responsabilité des nazis ne faisait pas débat). Le texte de Vladimir Poutine, « Les leçons de la victoire sur le nazisme » publié dans le quotidien français Le Figaro le 7 mai 2005, cite encore une fois ces trois villages martyrs
Le contenu des débats de Nuremberg, tout comme celui du Livre Blanc allemand et du rapport Bourdenko, n'ayant pas atteint le grand public, la culpabilité allemande ou tout au moins une culpabilité largement partagée restait dans la mémoire (collective), comme un fait de notoriété publique
Bliss Lane, ex-ambassadeur des États-Unis en Pologne, présida en 1949 une commission privée d’enquête sur Katyń et mena une campagne politique pour sensibiliser l’opinion sans obtenir de résultat. En 1951, la situation des prisonniers américains de la guerre de Corée inspirant le Congrès des États-Unis, une commission spéciale fut constituée pour effectuer une enquête officielle sur Katyń. Elle conclut à la responsabilité du NKVD. Le gouvernement britannique rejeta cette conclusion. L'ensemble resta sans effet sur l’opinion publique. Cette enquête pouvait être interprétée comme une fabrication opportuniste, un avertissement diplomatique destiné aux Chinois et Coréens. Les médias britanniques et américains ne firent guère référence au massacre de Katyń jusqu'aux années 1960.
Les postures officielles se figèrent ainsi de part et d’autre du Rideau de fer. D'après Radio Europe libre, après le XXe Congrès du PCUS, Khrouchtchev proposa deux fois à son homologue polonais, Gomulka, de reconnaître la responsabilité de Staline et de Béria dans le massacre de Katyn. Selon la même source en 1965, peu après la chute de Khrouchtchev, Gomulka affirma avoir refusé, de crainte « de déclencher une vague de haine anti-soviétique ». À la fin des années 1970, les autorités britanniques interdirent l’érection d’un mémorial affichant 1940 comme date des massacres sous le prétexte de son caractère provocant dans le contexte de la Guerre froide. De leur côté, celles de Pologne remplacèrent un mémorial érigé en 1981 par le syndicat Solidarność qui exhibait la simple inscription « Katyń, 1940 » par un monument officiel dédié « aux soldats polonais victimes du fascisme hitlérien reposant à Katyń ».
Malgré ces attitudes officielles commandées par la nécessité de s'entendre ou de composer avec l'URSS, les travaux publiés par plusieurs historiens réfutent la version soviétique du massacre, comme ceux de Józef Czapski (Terre Inhumaine, 1949), Janusz K. Zawodny (Death in the forest, 1962), Henri de Montfort (Le Massacre de Katyn : crime russe ou crime allemand ?, 1966), au point que Jean-François Revel, dans La connaissance inutile reproche à Claude Lanzmann d'avoir publié en 1987 dans les Temps Modernes un article qui nie la responsabilité soviétique à Katyn alors « qu'elle a été scientifiquement établie par les historiens ». « Lanzmann parle avec un scepticisme opiniâtre de crimes imputés à Staline par la propagande nazie. Se rend-il même compte qu'il se laisse ainsi envahir par une obsession de nier ce qui lui déplaît identique à celle qui pousse un Robert Faurisson et les « révisionnistes » à mettre en doute les preuves de l'existence des camps de la mort ? Ses faux camps de la mort à lui, mais soviétiques ceux-là, sont ceux où avant juin 1941 furent de surcroît déportés deux millions de Polonais dont la moitié au moins périrent de mauvais traitements ».
Pour le grand public, l'historien Alain Decaux raconte en 1978 l'affaire de Katyn à la télévision : il conclut à la responsabilité soviétique en se fondant sur les indices disponibles à cette époque, alors que dans un travail publié en 1967, il n'excluait pas une coresponsabilité allemande, les nazis ayant pu compléter un charnier soviétique.

L'aveu de Gorbatchev et la confirmation d'Eltsine, à la chute de l'URSS, la livraison des originaux des ordres de Staline par Vladimir Poutine, la fouille des quatre charniers secrets de l'ex-Union soviétique, en dehors de celui de Katyń, où l'on retrouve les cadavres de la quasi-totalité des militaires polonais disparus, mettent un point final au débat historique. Vladimir Poutine explique ces massacres par une vengeance : la mise à mort de 32 000 prisonniers de guerre soviétiques lors de la guerre soviéto-polonaise en 1919-1920 par les militaires polonais.
Tous ces gestes marquent une nouvelle orientation dans le traitement diplomatique du drame, notamment entre la Pologne et la Russie et l'Ukraine qui autorisent l'érection de monuments en mémoire des victimes sur les lieux des fosses communes, Bykivnia, près de Kiev, Mednoïe près de Tver, Piatykhatky près de Kharkov, et d'y tenir des cérémonies religieuses régulières.
La sortie du film d'Andrzej Wajda, Katyń, contribue à informer l'opinion publique internationale.
Dans le contexte de la Glasnost et de la Perestroïka lancées par Mikhaïl Gorbatchev, une commission d'enquête polono-soviétique sur l'affaire de Katyn, supervisée par Alexandre Nikolaïevitch Iakovlev est mise en place : ses membres polonais, dont Wojciech Jaruzelski, n'obtiennent que des réponses dilatoires à leurs questions sur l'existence d'archives relatives au massacre.
Les premières archives sont découvertes fortuitement à la fin des années 1980 par des historiens travaillant pour la commission dans un fonds au nom absolument inoffensif, celui du Centre pour la conservation des documents historiques ; même si ces documents ne contiennent pas de trace des ordres d'exécution, ils permettent d'établir la responsabilité soviétique dans le massacre de Katyn. Averti de ces découvertes et après quelques atermoiements, Gorbatchev présente ses excuses officielles au peuple polonais lors d'une cérémonie organisée au Kremlin, le 13 octobre 1990, à l'occasion de la journée mondiale pour les victimes de Katyn, et transmet aux autorités polonaises des documents d'importance secondaire (Z52).
En décembre 1991, Gorbatchev remet à Boris Eltsine des archives secrètes du Politburo, qui portent notamment sur le massacre de Katyn: le 24 septembre 1992, les membres de la commission créée par Elstine prennent connaissance de ces archives qui contiennent des documents établissant de manière irréfutable la responsabilité soviétique. Ces documents sont produits devant la Cour constitutionnelle de la Fédération de Russie lors de la mise en accusation du PCUS comme organisation criminelle, puis transmis, en octobre 1992, au président Lech Walesa.
Cependant, en mars 2005, en réponse à la demande de la Pologne lors du 65e anniversaire du massacre, la Russie refuse toujours de transmettre des documents sur le sujet, encore classés secrets (116 sur les 183 volumes d’archives rassemblées pendant les investigations et la décision d’y mettre un terme furent classifiés).
Le procureur général militaire Alexandre Savenkov clôture une dizaine d’années d’instruction du dossier par un non-lieu, qualifiant le massacre de « crime militaire » pour l’assassinat de 14 540 personnes — ni génocide, ni crime contre l'humanité — ce qui lui accorde le bénéfice de la prescription (50 ans) et que par conséquent il n’y avait plus lieu à débattre sur le plan judiciaire.
En réponse, l’Institut polonais de la Mémoire nationale décide d’engager sa propre enquête59 et le Sénat polonais vote un texte demandant aux Russes de déclassifier les archives concernées et de qualifier Katyń de génocide.
En mars 2005, Zbigniew Zaleski, eurodéputé de la Plate-forme civique et membre du PPE demande à Josep Borrell, alors président du Parlement européen, que l'assemblée observe une minute de silence en l'honneur des victimes. La requête lui est refusée au motif qu'il n'est pas possible de consacrer des minutes de silence à tous les événements tragiques du passé, pour lesquels des demandes affluent61.
En 2005, un crâne, oublié depuis la Seconde Guerre mondiale, refait son apparition à l'institut médico-légal de Copenhague. Membre de la commission internationale envoyée sur les lieux du massacre en 1943, le médecin légiste danois Helge Tramsen avait rapporté clandestinement de sa mission cet objet plutôt macabre. Sur place, il avait autopsié des cadavres portant des uniformes polonais, exécutés par balles. Les restes du cadavre furent identifiés et restitués aux autorités polonaises venues sur place.
En avril 2006, une plainte est déposée devant la Cour européenne des Droits de l’Homme contre la Russie en vue de faire reconnaître le crime de Katyń comme crime contre l’humanité.
Le 26 novembre 2010, la Douma russe reconnaît la responsabilité directe de Staline en votant une résolution selon laquelle les documents conservés dans les archives secrètes du Kremlin prouvent que Staline a bien ordonné personnellement ce massacre

  

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MessagePosté le: Mar 18 Juil - 14:45 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... 1 (Sommaire page 1) Répondre en citant

Le massacre de Vinkt
est un crime de guerre commis par les troupes allemandes lors de la Campagne des 18 jours en Belgique, et plus précisément lors de la Bataille de la Lys du 25 au 28 mai 1940.
Le 25 mai 1940, les troupes de la Wehrmacht attaquèrent Vinkt, un village situé à proximité de Gand en Flandre-Orientale et encore tenu par les Chasseurs Ardennais.
Au cours du duel d’artillerie qui précéda l’attaque allemande, un premier drame survint lorsqu’un obus tomba en plein milieu d’une colonne de réfugiés, faisant 38 morts.
Le 26, les Allemands avancèrent. Les Chasseurs ardennais, régiment belge d'élite dont le recrutement se faisait presque uniquement au sein des appelés d'origine ardennaise, repoussèrent plusieurs attaques, notamment de la 225e Division d'Infanterie de la Wehrmacht qui subit des pertes énormes (1 500 morts ou blessés). Les soldats allemands avaient en effet adopté la tactique de l'infiltration, ce à quoi les soldats du 1er Régiment de chasseurs ardennais avaient répliqué par la même méthode. Il en résulta que les Allemands subirent des tirs venus de flanc et même de l'arrière de leur première ligne, ce qui ne correspondait pas à la méthode de combat adoptée jusque là par l'armée belge, agissant en ligne avec le souci d'éviter d'être tournée, comme, d'ailleurs, les armées française et anglaise. Or, une partie des régiments allemands venaient d'être lancés dans la bataille et leurs soldats ne pouvaient croire qu'on leur opposait leur propre tactique. Aussi, crurent-ils être attaqués par des francs-tireurs, c'est-à-dire des civils combattant en guérilla. Il en résulta des représailles sur des civils belges qui furent massacrés. C'était la répétition des massacres de civils belges, en août-septembre 1914, lors de l'invasion allemande de la Première Guerre mondiale.

Dans le village voisin de Meigem, les Allemands enfermèrent les habitants dans l’église comme otages. Le 27 mai, alors que des dizaines de personnes y étaient encore retenues, un obus tomba sur celle-ci et tua 27 personnes: l’église avait été visée par l’artillerie belge car elle servait également de poste d’observation aux Allemands.
Lorsque le 377e Régiment d’Infanterie allemand entra dans Vinkt, les Allemands commencèrent à piller les maisons et à sortir les habitants, les hommes étant séparés des femmes et enfants. Les hommes furent conduits dans un pré et fusillés, il y eut quatre survivants des 38 victimes.
À un autre endroit, au lieu-dit « het Zwarte Huizeke » 12 personnes furent exécutées, à la ferme des Van der Vennet trois hommes furent fusillés, le père et le fils Vermeulent furent enlevés et fusillés au lieu-dit « Steenkiste » avec Aloïs Coene, Emiel Galle et Petrus Mestdagh.
Le 28 mai, jour de la capitulation de la Belgique, des habitants furent fait prisonniers et parqués dans un pré. Neuf hommes furent fusillés, ils eurent la tâche horrible de creuser leurs tombes avant l’exécution.
Durant ces journées 27 personnes périrent à cause des bombardements et 86 exécutées.
Après la guerre deux officiers Allemands furent jugés, Kühner et Lohmann, la peine fut de 20 ans. Après 5 ans ils furent remis aux autorités allemandes.

Cette hantise allemande de se faire attaquer par des civils explique notamment les atrocités allemandes d'août 1914 au cours desquelles, rien qu'en Wallonie (notamment à Dinant où tombèrent 674 hommes femmes et enfants), plus de 15 000 maisons furent détruites et plus de 5 000 civils furent passés par les armes, sur toute l'étendue du territoire belge (particulièrement wallon du fait de l'axe de l'invasion).
Des historiens, notamment allemands, ont pris note de l'apparition de ce complexe du franc-tireur, notamment au combat de Wielsbeke, mais il n'entraîna en ce lieu que des tirs qu'on appelle amis (des soldats allemands se tirèrent dessus sur la rive est de la Lys).

 

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MessagePosté le: Mer 19 Juil - 10:10 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... 1 (Sommaire page 1) Répondre en citant

Le massacre du Paradis
est un crime de guerre commis au début de la Seconde Guerre mondiale par des membres de la 14e compagnie de la division SS Totenkopf, compagnie placée sous le commandement du Hauptsturmführer Fritz Knöchlein. Il a eu lieu le 27 mai 1940 durant la bataille de France, au moment où le corps expéditionnaire britannique (BEF) bat en retraite dans le Nord de la France, à travers le département du Pas-de-Calais, durant la bataille de Dunkerque, Dunkerque étant une importante agglomération portuaire située dans le département du Nord, proche des côtes britanniques.

Des soldats du 2e bataillon du Royal Norfolk Regiment (en) se retrouvent isolés de leur régiment. Ils occupent et défendent une ferme située dans le hameau dit Le Paradis sur la commune de Lestrem, contre les attaques des troupes SS. À court de munitions, ils se rendent aux troupes allemandes. Les soldats allemands les conduisent le long de la route contre un mur et les mitraillent. Quatre-vingt-dix-sept soldats britanniques sont ainsi assassinés. Deux survivent avec des blessures et se cachent jusqu'à ce qu'ils soient capturés par des soldats de la Wehrmacht, quelques jours plus tard.
Après la guerre, le commandant de la troupe, Fritz Knöchlein, est arrêté, poursuivi en justice et condamné par une cour pour crimes de guerre. Les deux survivants du massacre témoignent contre lui et il est exécuté en 1949 pour sa participation à ce crime.

 

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MessagePosté le: Mer 19 Juil - 10:22 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... 1 (Sommaire page 1) Répondre en citant

Le massacre du bois d'Eraine 
est un crime de guerre commis le 11 juin 1940, sur le territoire de la commune de Cressonsacq (Oise) durant la bataille de France au début de la Seconde Guerre mondiale par des membres de la 15e compagnie du régiment Grossdeutschland
Venant d'Alsace, la 4e division d'infanterie coloniale reçoit l'ordre, le 23 mai 1940, de repousser les éléments qui ont traversé la Somme. Elle y parvient, partiellement, causant de lourdes pertes à l'ennemi.
Le 7 juin, elle reçoit l'ordre de couvrir la gauche des armées françaises en retraite sur l'Oise. La 4e DIC parvient une nouvelle fois à contenir l'ennemi. Dans la soirée du 7 juin, la 4e DIC décroche sur Saint-Just-en-Chaussée poursuivi par la 10e Panzerdivision dont fait partie le régiment Grossdeutschland.

Le 9 juin, 2 000 hommes de la 4e DIC et d'éléments disparates d'autres divisions se trouvent encerclés dans Angivillers. Afin de rejoindre les troupes françaises qui tiennent la rive gauche de l'Oise, une sortie est décidée.
L'artillerie, le génie et un bataillon du 24e régiment de tirailleurs sénégalais forcent l'encerclement et parviennent à reprendre Erquinvillers à l'ennemi. Ceux-ci contre-attaquent, s'emparent à nouveau du village et massacrent les tirailleurs africains qu'ils ont capturés.
Plusieurs autres groupes de coloniaux s'échappent de l'encerclement et se cachent dans les bois situés au Sud-Est, mais environ 300 hommes, la plupart blessés, restent à Angivillers et sous le commandement du lieutenant-colonel Fabre du 24e RTS repoussent, le 10 juin, une attaque allemande puis se rendent faute de munitions. Les prisonniers africains ont la vie sauve grâce à l'intervention du lieutenant-colonel Fabre.

trois groupes, un du 16e RTS et deux du 24e RTS sont cachés dans le bois d'Eraine au sud de la ferme d'Eloges-les-Bois. Ceux-ci sans ravitaillement d'eau et de nourriture et sans munitions sont attaqués par les Allemands. Après un bref combat, les tirailleurs se rendent faute de munitions et sont emmenés à la ferme d'Eloges-les-Bois. Le commandant allemand fait ensuite séparer les soldats africains des soldats métropolitains et fait emmener chacun des groupes dans des lieux différents malgré les protestations des officiers.
Les Tirailleurs Africains, n'ont ensuite jamais été revus, morts ou vivants.
Alors que les hommes de troupes métropolitains, sont emmenés dans des camions à Saint-Just-en-Chaussée, en tant que prisonniers de guerre, les officiers français ayant manifesté leur mécontentement sont assassinés à la lisière Nord du bois d'Eraine, le 11 juin 1940 au matin d'une balle dans la nuque et enterrés par un tirailleur et un canonnier, l'un Ivoirien l'autre Guinéen dont les corps ont été retrouvés à proximité des tombes

 

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MessagePosté le: Jeu 20 Juil - 05:02 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... 1 (Sommaire page 1) Répondre en citant

Massacre de Chasselay

Devant l'avance allemande sur les deux rives de la Saône (le pont de Neuville-sur-Saône étant notamment resté intact), les soldats français prennent position dans le village de Chasselay et établissent des défenses. Les trois routes conduisant au bourg sont pourvues de chicanes.
À Cros-de-Géorand, le 15 ou 16 juin, trois Dewoitine D.520 de l'Armée de l'Air effectuent un atterrissage forcé.
Le 18 juin, la 4e Panzerdivision de Ewald von Kleist continue son offensive vers le sud, sur la rive ouest de la Saône. Le 19 au matin, ses premiers éléments blindés se heurtent à l'artillerie française du 405e régiment d'artillerie anti-aérienne (RDCA) dans le secteur de Chasselay. Une colonne allemande parvient néanmoins à atteindre le carrefour de Montluzin sous le feu des canons de 75 mm français. Vers 18 h, le 19, les Français battent en retraite, débordés par les fantassins ennemis. Les canons du lieutenant Pangaud sont détruits par les chars allemands. Environ cinquante morts et une vingtaine de blessés sont laissés sur le terrain, faits prisonniers.

À Cheminas le 19 juin, un Potez 63 appartenant au Groupe de reconnaissance 2/14 s'écrase en raison de mauvaises conditions météorologiques alors qu'il avait été envoyé afin d'effectuer une mission de reconnaissance sur une zone s’étendant de la vallée du Rhône au val de Loire. Les deux membres d'équipage sautent en parachute mais l'un d'entre eux s'écrase au sol.
Dans le secteur de Tournon-sur-Rhône dans la matinée du 19 juin, un bombardier allemand Dornier Do 17 de la Luftwaffe est intercepté et sérieusement touché par une patrouille de Morane-Saulnier MS.406 du Groupe de Chasse III/I. Il parvient à s'échapper et aurait effectué un atterrissage forcé à Tournon.
Les 19-20 juin, les soldats du 25e régiment de tirailleurs sénégalais (RTS) commandés par le colonel Bouriand reçoivent l'ordre de « résister sans esprit de recul » et de défendre la route nationale 6 au nord de Lyon. Les Allemands de la Panzergrenadier Division Grossdeutschland et de la 3e Panzerdivision SS Totenkopf, déferlent sur leurs positions, à 100 contre 1. Les tirailleurs sénégalais, à court de munitions, se rendent, non loin de Chasselay. Ils sont regroupés dans des champs près de la ville et sont massacrés de sang froid par les mitrailleuses de deux chars allemands. Le 21 juin, quarante-huit Sénégalais furent inhumés par les habitants de Chasselay, une quinzaine de blessés furent recueillis et pansés

Du 19 au 20 juin 1940, à Chasselay, l'armée française et ses troupes coloniales sénégalaises, à 1 contre 100, retardent l'entrée des troupes allemandes dans Lyon, déclarée « ville ouverte », le 18 juin 1940.
Non prévenue par l'armée, la défense s'organise, le 17 juin à Chasselay. Des barricades sont dressées, grâce aux soldats du 405e régiment d'artillerie anti-aérienne de Sathonay-Camp et du 25e régiment de tirailleurs sénégalais et aussi à l'aide de civils. N'ayant rencontré que très peu de résistance depuis Dijon, les Allemands du régiment Grossdeutschland et de la 3e Panzerdivision SS Totenkopf, arrivent le 19 juin à Montluzin. De violents combats les opposent aux troupes françaises et sénégalaises. Le bilan compte 51 morts, dont un civil du côté français, et plus de 40 blessés pour les Allemands.
Le 20 juin, à l'issue d'une deuxième bataille, au château du Plantin, les prisonniers, environ 70, sont divisés en deux groupes, d'un côté les soldats français blancs et de l'autre les soldats sénégalais noirs.
Après avoir parcouru deux kilomètres à pied, les soldats français couchés dans l'herbe, le long d'un pré, assistent au massacre des soldats sénégalais par des mitrailleuses et pour certains écrasés par des chars d'assaut allemands. Les Français sont emprisonnés à Lyon. Les habitants de Chasselay, horrifiés par le massacre, rassemblent les corps des Sénégalais pour les enterrer dignement dans un cimetière. Deux ans plus tard, ils sont transférés dans le tata sénégalais, érigé par Jean Marchiani et inauguré le 8 novembre 1942.
Un massacre similaire eut lieu non loin de là à Lentilly ce même jour, 20 juin 1940, où les SS de la 3e PD Totenkopf fusillèrent 18 tirailleurs sénégalais faits prisonniers.

 

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MessagePosté le: Jeu 20 Juil - 05:35 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... 1 (Sommaire page 1) Répondre en citant

 
La Shoah (hébreu : שואה, « catastrophe ») est l’extermination systématique par l'Allemagne nazie d'entre cinq et six millions de Juifs, soit les deux tiers des Juifs d'Europe et environ 40 % des Juifs du monde, pendant la Seconde Guerre mondiale. On utilise aussi les termes d'« holocauste », de « génocide juif » ou « génocide nazi », voire « Génocide » tout court, de « judéocide » ou encore de « destruction des Juifs d'Europe » (Raul Hilberg), des débats opposant historiens et linguistes sur le terme le plus adéquat.
Les Juifs, désignés par les nazis comme leurs ennemis irréductibles et assimilés par leur idéologie à une race inférieure, furent affamés jusqu’à la mort dans les ghettos de Pologne et d’Union soviétique occupée, ou assassinés par l’emploi des méthodes suivantes : fusillades massives des Einsatzgruppen sur le front de l’Est — connues sous l'appellation « Shoah par balles » — ; travail forcé et sous-alimentation dans les camps de concentration ; gazage dans les « camions à gaz » ou dans les chambres à gaz des camps d’extermination. Dans ce dernier cas, les corps, privés de sépulture, étaient éliminés par l'usage intensif des fours crématoires, et la dispersion des cendres. Cet aspect de la Shoah en fait le seul génocide industrialisé de l'Histoire.
L’horreur de ce « crime de masse » a conduit, après-guerre, à l’élaboration des notions juridiques de « crime contre l’humanité » et de « génocide ». Ces crimes ont été jugés imprescriptibles par la Convention sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, adoptée par les Nations unies en 1968 et ces notions ont été utilisées postérieurement dans d'autres contextes (génocide arménien, génocide des Tutsi, génocide de Srebrenica, etc.) Le droit international humanitaire a également été enrichi avec l’adoption des Conventions de Genève de 1949, qui protègent la population civile en temps de guerre. Les précédentes conventions de Genève (de 1929), en vigueur durant la Seconde Guerre mondiale, concernaient uniquement les combattants blessés, malades ou faits prisonniers.

L'extermination des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale se distingue par son caractère industriel, bureaucratique et systématique qui rend l'action génocidaire nazie unique dans l'histoire de l'humanité. Paroxysme d’antisémitisme, ce génocide a voulu éliminer une population qui ne représentait aucune menace militaire ou politique, sinon dans l’imagination des bourreaux. Les femmes, les enfants (y compris les nouveau-nés) et les vieillards furent tout aussi systématiquement traqués et voués à la mort de masse que les hommes adultes. En particulier, 1 500 000 enfants furent victimes de l’anéantissement. L’extermination physique des Juifs fut aussi précédée ou accompagnée de leur spoliation systématique (aryanisation) et de la destruction d’une part considérable de leur patrimoine culturel et religieux.
Perpétré sur l’ordre d’Adolf Hitler, le crime a principalement été mis en œuvre par la SS et le RSHA dirigés par Heinrich Himmler, ainsi que par une partie de la Wehrmacht, et par de nombreux experts et bureaucrates du IIIe Reich. Il a bénéficié de complicités individuelles et collectives dans toute l’Europe, notamment au sein des mouvements collaborationnistes d’inspiration fasciste ou nazie, et de la part de gouvernements ou d’administrations ayant fait le choix de la collaboration d’État. L’ignorance du début puis les passivités indifférentes ou lâches de beaucoup ont aussi permis son accomplissement. Au contraire, de nombreux anonymes, souvent au péril de leur vie, se sont dévoués pour sauver des persécutés. Certains d’entre eux reçurent après-guerre le titre honorifique de « Juste parmi les nations ».
Le Troisième Reich a aussi exterminé en masse les handicapés mentaux : leur gazage massif lors de l’aktion T4 a précédé et préfiguré celui des Juifs d’Europe. Les Roms sont eux aussi victimes d’un génocide connu sous le nom de Porajmos. Les populations civiles slaves notamment polonaises et soviétiques connaissent des pertes importantes causées par des crimes de guerre et des massacres. Mais seul le génocide des Juifs a été conduit de façon systématique et avec acharnement, jusqu’aux derniers jours des camps en 1945.
La Shoah constitue l’un des événements les plus marquants et les plus étudiés de l'histoire contemporaine. Son impact moral, historique, culturel et religieux a été immense et universel, surtout depuis sa redécouverte à partir des années 1960-1970. À côté de l’investigation historique, la littérature de la Shoah offre quelques pistes aux nombreuses interrogations posées à la conscience humaine par la nature et l’horreur exceptionnelles du génocide

En France, l'usage a consacré le terme « Shoah », de préférence à celui d’« holocauste » qui signifie un sacrifice religieux. Ainsi Le Petit Larousse (2004) précise-t-il à l’entrée « Holocauste » : « génocide des Juifs d'Europe perpétré par les nazis et leurs auxiliaires de 1939 à 1945. On dit plus couramment Shoah. » Et à l’entrée « Shoah » : « mot hébreu signifiant “anéantissement” et par lequel on désigne l'extermination systématique de plus de cinq millions de Juifs par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. » De même, l’Encyclopædia Universalis indique à l’entrée « Shoah » : « En hébreu, shoah signifie catastrophe. Ce terme est de plus en plus employé, de préférence à holocauste, pour désigner l'extermination des juifs réalisée par le régime nazi. ». Les expressions de « génocide juif » ou, plus rare, de « judéocide », sont aussi utilisées. L'expression « solution finale » est tirée de l’expression nazie « solution finale à la question juive » die Endlösung der Judenfrage.
Shoah est un mot hébreu qui signifie « anéantissement, cataclysme, catastrophe, ruine, désolation ». Il apparaît quatre fois dans les Nevi'im (Isaïe 10,3, Ezéchiel 38,9 et 47, Sophonie 1,15) et neuf fois dans les Ketouvim (Psaumes 35,8 (deux fois) 35,17 et 63,10, Proverbes 1,27 et 3,25, Job 30,3, 30,14 et 38,27). Il est désormais préféré en France à « holocauste », connoté religieusement et signifiant « sacrifice ne laissant subsister aucune trace de la victime » ou un « sacrifice par le feu ». D’autres pays, dont les pays anglo-saxons, de même que l’Organisation des Nations unies, continuent d’employer de préférence le terme d’« holocauste ». Il est institutionnalisé en Amérique depuis 1993 (musée United States Holocaust Memorial Museum). Le terme « judéocide » est aussi employé, notamment par l'historien Arno Mayer dans La « Solution finale » dans l'histoire.
Les éditeurs du Columbia guide to the Holocaust, Donald Niewyk et Francis Nicosia, constatent pour leur part un écart entre l’acception usuelle du mot « Holocauste » (exclusivement le peuple juif) et diverses approches plus « inclusives ». Pour leur part, ils choisissent un moyen terme comme base de travail : le critère de l’hérédité. Ils proposent cette définition : « L’Holocauste (c’est-à-dire le génocide nazi) était l’assassinat systématique, et planifié par l’État, de communautés entières déterminées par l’hérédité. Cela s’appliquait aux Juifs, aux Tsiganes et aux handicapés. »
C'est dans le quotidien israélien Haaretz que le mot hébreu « Shoah » a été employé pour la première fois pour désigner les crimes nazis. Le premier Premier ministre d'Israël, David Ben Gourion, instaure ainsi un « Jour de la Shoah », Yom HaShoah.

La Shoah est un génocide, terme initialement formé en 1944 par le juriste Raphael Lemkin afin de désigner l'extermination des Juifs d'Europe. L’utilisation du terme « Shoah » a surtout été constatée depuis les années 1990, consécutivement à la sortie du film de Claude Lanzmann, Shoah, en 1985. Il s'agit d'un film documentaire de neuf heures trente composé de témoignages. Claude Lanzmann justifie le titre de son film de la façon suivante : « Si j’avais pu ne pas nommer ce film, je l’aurais fait. Comment aurait-il pu y avoir un nom pour nommer un événement sans précédent dans l’histoire ? Je disais 'la chose'. Ce sont des rabbins qui ont trouvé le nom de Shoah. Mais cela veut dire anéantissement, cataclysme, catastrophe naturelle. Shoah, c’est un mot hébreu que je ne comprends pas. Un mot opaque que personne ne comprendra. Un acte de nomination radicale. Un nom qui est passé dans la langue, sauf aux États-Unis23. » Le terme se trouvait déjà, par exemple, dans le texte hébreu de la Déclaration d'indépendance de l'État d'Israël de 1948, mais la version anglaise utilise le terme d'holocauste .
Si le génocide juif perpétré pendant la Seconde Guerre mondiale est aujourd'hui communément appelé « Shoah », certains récusent l'emploi de ce terme. Linguiste et traducteur Henri Meschonnic précise que le terme « shoah » signifie « catastrophe naturelle » et ajoute : « Le mot « Shoah », avec sa majuscule qui l'essentialise, contient et maintient l'accomplissement du théologico-politique, la solution finale du « peuple déicide » pour être le vrai peuple élu. Il serait plus sain pour le langage que ce mot ne soit plus un jour que le titre d'un film ». Elie Wiesel conteste aussi ce terme autant que celui d'« holocauste » même s'il l'emploie également. Dans ses entretiens avec Michaël de Saint Cheron, en 1988, il dit lui préférer le terme « hourban », qui, dans la littérature yiddish portant sur l'événement, signifie également « destruction » et se réfère à celle du Temple de Jérusalem. Par leur origine, ces trois termes (shoah, holocauste, hourban) soulignent la spécificité juive de l'événement.
On utilise aussi le terme « génocide nazi ». Ainsi, pour Jacques Sebag, « Shoah dit la judéité de la victime et souligne, à juste titre
Raul Hilberg analyse la Shoah comme un processus, dont les étapes sont la définition des Juifs, leur expropriation, leur concentration, et enfin leur destruction.
La première étape est la loi sur la restauration de la fonction publique du 7 avril 1933 (Gleichschaltung) qui a pour but l'élimination de l'État national-socialiste de tous les adversaires du régime et en premier lieu les Juifs. La loi stipulait la mise à la retraite de tous les fonctionnaires non aryens. Suivirent les lois dites de Nuremberg, en 1935.
Les Juifs y sont définis par la législation nazie selon la religion de leurs ascendants et leur propre confession. Toute personne ayant trois ou quatre grands-parents juifs est considérée comme juive. Une personne ayant deux grands-parents juifs est considérée également comme juive si elle est elle-même de religion israélite, ou si elle est mariée à une personne de cette confession. Si tel n'est pas le cas, ou si la personne n'a qu'un seul grand-parent juif, elle est rangée dans une catégorie spécifique, les Mischlinge. La définition des Mischlinge est arrêtée en 1935. À partir de là, ils restent soumis aux mesures de discriminations concernant les non-aryens, mais échappent en principe aux mesures ultérieures, comme le processus de destruction, qui ne concerneront que les seuls Juifs. À partir de l'automne 1941, les Juifs d'Allemagne doivent porter une étoile jaune, signe rendu également obligatoire en 1942 à travers les territoires européens occupés, où les nazis ont d'emblée fait recenser et discriminer la population juive. Le 28 juillet 1942, alors que l'extermination bat son plein, Himmler interdit à ses experts de continuer à chercher la définition du Juif - afin de ne pas lier les mains aux tortionnaires.
En règle générale, les lois de Nuremberg sont rapidement introduites telles quelles par ordonnance allemande dans la plupart des pays vaincus et occupés (Belgique, Pays-Bas, Grèce, etc.). Mais plusieurs pays européens avaient adopté d'eux-mêmes leur propre législation antisémite dès l'avant-guerre, notamment l'Italie fasciste de Mussolini en 1938, la Hongrie de l'amiral Horty, la Roumanie du maréchal Ion Antonescu, la Slovaquie de Mgr Tiso. En France, le gouvernement de Vichy du maréchal Pétain, issu de la défaite de juin 1940, a mis en place un statut discriminatoire des Juifs dès octobre 1940. Toutes ces dispositions n'ont aucun objectif homicide par elles-mêmes, mais elles prédisposent les gouvernants à collaborer aux futures déportations. Et, en isolant et en fragilisant les Juifs nationaux et étrangers, elles les rendent vulnérables lorsque surviendra la tentative nazie d'extermination.
L'expropriation prend la forme de très fortes incitations sur les Juifs à vendre les entreprises qu'ils possèdent (aryanisation), puis, à partir de 1938, de ventes légalement forcées. La concentration des Juifs du Reich dans des immeubles réservés commence à partir d'avril 1939. Cette phase d'expropriation est également mise en œuvre avec des variantes dues aux circonstances locales dans l'ensemble des pays d'Europe sous domination nazie.

Avant-guerre, le but est d'abord de chasser les Juifs par une persécution sans cesse plus radicale. La liste des métiers interdits s'allonge sans fin, celle des brimades et des interdictions aussi : toute vie normale leur est rendue impossible, afin de les contraindre à l'émigration hors du Reich. Mais beaucoup refusent de quitter leur pays, et à partir de 1938, la volonté nazie d'expansion territoriale met cette politique dans une impasse : à chaque agrandissement, le Reich absorbe plus de Juifs qu'il n'en sort de ses frontières.
C'est le cas lorsqu'il annexe l'Autriche en mars 1938 (l'Anschluss est accompagnée d'un déchaînement immédiat de brutalités contre les Juifs, agressés, battus, dépouillés ou humiliés jusqu'en pleine rue), puis lors du rattachement des Sudètes (octobre 1938) et de l'entrée des troupes allemandes à Prague le 15 mars 1939. La conquête de la Pologne, en septembre 1939, fait à elle seule tomber plus de trois millions de Juifs sous la coupe des nazis.
En octobre 1939, dans un acte antidaté au 1er septembre 1939 pour le faire coïncider avec le début de la guerre, Hitler autorise personnellement l'Aktion T4, qui entraîne l'extermination par gazage d'environ 70 000 handicapés mentaux allemands en deux ans, dans des « centres d'euthanasie » prévus à cet effet. Les forces nazies poursuivent le programme Aktion T4 en Pologne : elles fusillent ou assassinent au moyen d'un camion à gaz les malades incurables qu'elles trouvent. La continuité entre cette politique d'eugénisme criminelle et la Shoah est très importante : nombre de spécialistes de l'euthanasie sont ensuite réaffectés au gazage massif des Juifs, qui survient à son tour à partir de fin 1941
Au cours de la nuit de Cristal du 9 novembre 1938, pogrom organisé par les responsables nazis dans toute l'Allemagne, 91 Juifs sont assassinés et 30 000 internés dans des camps de concentration ; des centaines de magasins sont dévastés et des dizaines de synagogues incendiées. Cet événement marque un nouveau durcissement de la politique antisémite.
Le 30 janvier 1939, pour le sixième anniversaire de sa prise du pouvoir, dans un discours retentissant devant le Reichstag, Hitler déclare :
« je vais à nouveau être prophète, aujourd'hui : si la juiverie financière internationale, hors d'Europe et en Europe, réussissait à précipiter encore une fois les peuples dans une guerre mondiale, alors la conséquence n'en serait pas la bolchévisation de la terre et la victoire de la juiverie, mais l'anéantissement de la race juive en Europe. »
Or c'est à cette « prophétie » que lui-même et de nombreux dignitaires et responsables nazis se référeront les années suivantes pour justifier tous les massacres de masse perpétrés contre les Juifs jusqu'au génocide.
En particulier, lorsque la guerre devient mondiale en décembre 1941 avec l'agression japonaise à Pearl Harbor et la déclaration de guerre du Reich aux États-Unis, Hitler et son entourage se persuadent qu'il faut « punir » les Juifs, jugés responsables de la guerre que l'Axe a elle-même provoquée, et donc vus comme coupables des pertes allemandes au front ou des bombardements sur les villes.

Hantés par le mythe mensonger du « coup de poignard dans le dos » (l'Allemagne aurait perdu la guerre en 1918 sans être militairement vaincue, mais parce qu'elle aurait été trahie de l'intérieur, entre autres par les Juifs), les nazis veulent aussi anéantir la menace imaginaire que représenteraient les communautés du continent. Beaucoup de tortionnaires seront persuadés de mener contre ces civils désarmés une lutte toute aussi méritoire que celle des combattants au front.
Dans son discours de Posen prononcé en octobre 1943, Himmler justifie la nécessité pour les Allemands de tuer aussi les femmes et les enfants en raison du danger que ces derniers exercent un jour des représailles sur eux-mêmes ou leurs propres enfants. C'est à cette occasion qu'il qualifie le massacre en cours de « page glorieuse de notre histoire, et qui ne sera jamais écrite ».
Au-delà, la Shoah est l'aboutissement logique de la haine idéologique absolue des antisémites nazis pour une « race » qu'ils ne jugent pas seulement inférieure, mais radicalement nuisible et dangereuse. Vus comme des « poux » et des « vermines », exclus de l'humanité (au point qu'on ne se donnera jamais la peine d'établir aucun décret les condamnant à mort, a fortiori de le lire aux victimes, les Juifs n'ont pas leur place sur terre - notamment pas dans l'espace vital arraché à l'Est sur les « sous-hommes » slaves.
Le judéocide trouve en effet aussi en partie ses origines dans le vaste projet de remodelage démographique de l'Europe mis au point par les nazis, secondés par une pléthore d'experts, de géographes et de savants souvent hautement diplômés. Dans l'espace vital conquis à l'Est, il s'agit de faire de la place pour des colons allemands en déportant les Slaves en masse, mais aussi en les stérilisant et en les réduisant à l'état d'une masse de sous-hommes voués à l'esclavage, tandis que les mêmes territoires doivent être nettoyés des Tziganes et surtout des Juifs par l'extermination.
Comme le résume Marc Mazower, « génocide et colonisation étaient inextricablement liés, car le but de Hitler était la complète recomposition raciale de l’Europe ». Ce n'est en rien un hasard si les premières expulsions puis mises à mort massives de Juifs eurent lieu dans les territoires polonais annexés par le Reich et qu'il s'agissait de « nettoyer » et de germaniser au plus vite, ainsi le Warthegau ou les environs de Dantzig, ni si la ville d'Auschwitz, siège du plus grand camp de concentration et d'extermination nazi, devait être aussi redessinée pour accueillir des colons allemands.
Ces projets démographiques ne sont toutefois qu'un point de départ. Car à partir du meurtre des Juifs de l'Est, c'est par extension, par pure haine idéologique, tous les Juifs d'Europe et tous ceux du monde entier tombés sous la coupe des hitlériens qui doivent être tués (en 1943, on verra même les nazis déporter 17 Juifs de Tunis vers les camps de la mort, tandis qu'Hitler demandera en vain à ses alliés japonais de s'en prendre aux Juifs allemands réfugiés à Shanghai).
Dès novembre 1940, les Juifs polonais sont enfermés dans des ghettos mortifères où la faim, le travail forcé, les mauvais traitements et les exécutions sommaires entament un processus d’élimination physique.

 

Lettre de Göring à Heydrich chargeant ce dernier d'organiser la « solution finale de la question juive », juillet 1941.

En 1940, le Plan Madagascar des Allemands prévoyait encore une émigration massive et forcée des Juifs d'Europe occupée vers Madagascar qui serait devenue une « réserve juive ». La continuation du conflit avec le Royaume-Uni empêche cette solution à la « question juive » d'aboutir. Début 1941, Hitler songe également à déporter les Juifs en Sibérie : cette solution aurait suffi à entraîner une hécatombe et était donc déjà en elle-même quasi génocidaire. Mais dès le ralentissement de l'avancée allemande en Russie à l'automne 1941 et avant même l'échec de la Wehrmacht devant Moscou, cette solution n'est plus à l'ordre du jour.
Après l'agression de l'URSS le 22 juin 1941, cependant, la violence meurtrière se déchaîne à une échelle sans précédent : ce sont près de 1 500 000 Juifs qui périssent en quelques mois, fusillés par les Einsatzgruppen. Au début, les Einsatzgruppen exécutent surtout des hommes juifs. Mais à partir de la fin de l'été 1941, les meurtres de masse sont étendus aux femmes et aux enfants juifs.
L'extermination de la totalité des Juifs d'Europe est décidée dans le courant de l'automne 1941. Le 31 juillet 1941, le dirigeant SS Reinhard Heydrich reçoit, signé par Hermann Göring, no 2 du régime, un ordre officiel secret qui lui confie la recherche et la mise en œuvre d'une « solution finale au problème juif ». Sans doute vers la fin de l'été, Adolf Eichmann est convoqué dans le bureau de Reinhard Heydrich, qui lui dit : « Je sors de chez le Reichsführer Heinrich Himmler ; le Führer Adolf Hitler a maintenant ordonné l'extermination physique des Juifs. »
Pour Raul Hilberg, la Shoah est un crime de bureaucrates, qui passent d'une étape à l'autre, minutieusement, logiquement, mais sans plan préétabli. Cette analyse a été approuvée par les autres spécialistes de la Shoah, mais le moment exact où l'intention exterminatrice apparaît fait l'objet de débats, analysés ci-après dans la section « Historiographie » de l'article.


 

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MessagePosté le: Dim 23 Juil - 14:27 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... 1 (Sommaire page 1) Répondre en citant

Les crimes de guerre nazis en Union soviétique sont les crimes perpétrés par les forces armées allemandes au cours de la Seconde Guerre mondiale en URSS.
Le 18 décembre 1940, Adolf Hitler ordonne à ses généraux de préparer l'invasion et la destruction de l’Union soviétique. Six mois plus tard, débute l'opération Barbarossa qui sera la première phase de ce que les Soviétiques appellent la Grande Guerre patriotique. La Guerre germano-soviétique débute et va s'accompagner de l'extermination de populations civiles, extermination qui prendra une ampleur sans précédent.
En 2001, un groupe officiel d'historiens russes estimait les pertes de ce conflit à 26,2 millions de tués (environ 16 % de la population de l’Union soviétique de 1940) dont probablement 11 millions de soldats et officiers (6,8 millions de tués directs et 3,8 millions de prisonniers de guerre décédés entre les mains de la Wehrmacht), et surtout 15 millions de civils qui constituent donc près de 60 % du total des pertes soviétiques. Le nombre de soldats de l'armée soviétique tués au combat représente près de 5 000 morts par jour, soit des pertes quatre fois plus élevées que celles subies par l’armée impériale russe sur ce même front entre 1914 et 1917. Les pertes de l'armée allemande sur le front de l'Est étaient estimées en 2000 à 4 millions de tués et disparus (7 millions selon d'autres sources). C’est dire que la guerre germano-soviétique de 1941-1945 fut sans doute le conflit le plus sanglant de l’histoire humaine.
Dans l’image laissée par l’opération « Barbarossa » dans la mémoire populaire allemande, on retrouve une vision déformée de la réalité qui exagère considérablement la part des évènements militaires et des souffrances des soldats, alors que l’aspect singulier de cette invasion, à savoir son caractère intrinsèquement criminel, est passé sous silence et « normalisé ». La guerre conduite par le Reich en Union soviétique a été une guerre très particulière composée de volets complémentaires, militaire (objectif d'anéantissement de l'Armée rouge), mais aussi politique (liquidation d'un État et de ses institutions), humain (extermination complète ou partielle de larges couches de populations), et économique (asservissement économique des populations, pillages extrêmes, destruction des infrastructures et des outils de production non nécessaires aux besoins immédiats du IIIe Reich). Ces volets dessinent un projet d'ensemble revendiqué par les théoriciens nazis : la création d’un Lebensraum à l’Est, qui sera édifié sur les cendres du monde slave ramené à un stade pré-civilisationnel. Pour organiser l'espace conquis, un « nettoyage » est indispensable. Himmler en sera chargé par une directive signée de Wilhelm Keitel le 16 mars 1941.
Par son ampleur gigantesque sans précédent (vingt millions d'Allemands portèrent à un moment ou à un autre l'uniforme de la Wehrmacht sur le front russe tandis que près de 35 millions de Soviétiques furent mobilisés de 1941 à 1945, 65 millions de Soviétiques se retrouvèrent sous occupation nazie au plus fort des conquêtes de la Wehrmacht, 17 millions de personnes furent déplacées vers l'Est en 1941 afin d'échapper à cette occupation), par les conséquences tragiques qu'il a entraînées dans la vie et le destin de dizaines de millions d'êtres humains, ce projet idéologique, accompagné de ses mises en œuvre concrètes, constitue sans doute un phénomène unique dans l'histoire européenne.
Cette volonté d’anéantissement a joué le rôle essentiel dans les immenses pertes en vies humaines de l'Union soviétique en 1941-1945. Hormis les commandants des Einsatzgruppen, et certains haut-gradés, en particulier, le maréchal Wilhelm Keitel (pendu après le procès de Nuremberg), l’écrasante majorité des officiers supérieurs de la Wehrmacht, du RSHA et de la Waffen-SS ayant participé aux massacres de masse commis en Union soviétique n’ont pas été inquiétés après la capitulation à Berlin du 8 mai 1945.

Le 31 mars 1941, Adolf Hitler avait réuni ses généraux pour les informer que la guerre contre l’Union soviétique serait d’une « nature spéciale ». Il déclare : « Le communisme n'a jamais été et ne sera jamais pour nous un camarade. La lutte qui va s'engager est une lutte d'extermination ». Avant que l’armée allemande n’envahisse l’Union soviétique, les soldats reçurent des ordres précisant clairement la nature de l’« Opération Barbarossa » : il s’agissait d’une guerre différente de toutes les campagnes antérieures, d’une « guerre entre idéologies » dans laquelle les adversaires ne pouvaient être considérés comme des « camarades en armes ».
Les guerres à l'ouest n'ont pas été motivées par une croisade d'anéantissement telle qu'elle doit avoir lieu sur le front de l'Est. Les Anglais, les Français ou les Tchèques ne sont pas perçus comme des peuples « dégénérés », même s'ils sont présentés comme inférieurs et décadents. La haine antisémite trouve un prolongement dans la volonté obsessionnelle de détruire l'Union soviétique : celle-ci est supposée constituer l'opposé de la nation allemande, par le communisme et par sa composition traditionnellement pluriethnique (l'Union soviétique est alors un empire laïque cimenté par la dictature du Parti unique), par la place accordée aux Juifs depuis la Révolution, et par ce qui est présentée par les idéologues nazis comme une identité asiatique arriérée. L'Union soviétique est figurée comme une expression de l'anti-civilisation européenne, peuplée d'« Untermenschen » (sous-hommes) slaves indignes de vivre, qui seront soit éliminés soit impitoyablement exploités.
La Wehrmacht ne doit donc pas livrer une guerre ordinaire mais conduire une campagne d’assassinats et de destructions. Elle devra faire la guerre à l’Armée rouge, mais aussi, et particulièrement, aux civils. Son comportement en Russie occupée ressort alors davantage de celui d’une organisation criminelle que d’une armée en campagne. L’espace russe est destiné à devenir l'« espace vital » allemand, une fois expurgé de ses populations slaves. Les populations urbaines devront être anéanties, celles rurales soumises à un joug impitoyable afin de produire les surplus agricoles destinés à l'Allemagne et à la colonisation aryenne. Selon Alfred Rosenberg, l'idéologue du parti nazi, l'Union soviétique devra être liquidée en tant que structure politique et, afin d'organiser le pillage et sa mise en coupe réglée, son territoire sera démembré en quatre grandes zones d’exploitation. Dans les territoires qui seront conquis, Himmler annonce la liquidation par la famine programmée de 30 millions de personnes (la préméditation reste cependant controversée selon l'historien Jean Stengers). Quant aux survivants de cette politique, ils seront libérés du bolchevisme afin que les Allemands puissent les asservir (les Slaves, réduits en esclavage, sont destinés à devenir un réservoir de main d'œuvre exploitable sans merci pour l'économie du Reich).
La politique d’extermination est définie dans ses grandes lignes en mars 1941, quatre mois avant l’invasion. La décision d'utiliser des unités du Reichssicherheitshauptamt (RSHA - services de sécurité) pour accomplir des « actions politiques spéciales » (euphémisme pour désigner l’organisation de massacres) est prise au début de la planification de l'invasion. Le général Wilhelm Keitel, commandant de l'OKW (« Oberkommando der Wehrmacht » - haut commandement des armées allemandes), dote le plan Barbarossa d'un supplément qui traite de « tâches spéciales », indépendantes des besoins militaires de l'invasion, et qui seront supervisées par Himmler qui a les pleins pouvoirs pour agir en Russie. Dans le cadre plus général d’une extermination de masse, certaines tâches spécifiques sont confiées à des unités spécialisées, les Einsatzgruppen, « groupes d’intervention » chargés d’éliminer derrière le front, de manière organisée, c’est-à-dire systématique, les Juifs soviétiques et des catégories particulières de la population russe. Le 28 avril 1941, un décret ordonne aux officiers de la Wehrmacht de collaborer avec les Einsatzgruppen.
L’extermination des Juifs d’Europe centrale et orientale et celle des Slaves relèvent de deux projets différents. Celle des populations juives, qui débute en Russie soviétique dès les premières semaines de l’opération Barbarossa, se veut totale et absolument prioritaire, systématique et la plus rapide possible ; elle s’appuie sur la doctrine raciale du nazisme et sur le mythe du « judéo-bolchévisme ». Elle est voulue, pensée et organisée avant l’invasion (l’idée des camps d’extermination, elle, serait venue à Himmler à Minsk en août 1941). L’extermination des Slaves, si elle est voulue, se veut partielle, d’ampleur limitée dans un premier temps, et sa mise en œuvre se fera progressivement au gré des circonstances. Elle a surtout des objectifs « utilitaires » d’autant que les besoins aigus du IIIe Reich en main d’œuvre tempèreront, à partir de 1942, , les résolutions raciales des dirigeants allemands. Il n’en reste pas moins, qu’en pratique et même sur une échelle limitée, elle sera massive et dévastatrice puisqu’au moins 11 millions de civils furent anéantis du fait d'une action directe et intentionnelle de l’Allemagne nazie lors de l’occupation de la partie occidentale de l'Union soviétique (massacres, exécutions sommaires, famines organisées, bombardements, déportations, sur-exploitation au travail forcé).

Le 13 mai 1941, deux semaines avant l’invasion, un décret parvient dans les états-majors relatif à « l’exercice de la juridiction militaire en temps de guerre dans la zone Barberousse, et à des mesures spéciales à exécuter par les troupes » : plus de conseils de guerre ni de cours martiales. Les sévices et atrocités commis par les soldats allemands à l’égard des civils (pillages, viols, meurtres gratuits, assassinats collectifs) ne seront plus sanctionnés mais encouragés. Le général SS Bach-Zelewski, chargé de la lutte contre les partisans en Union soviétique, rapporte que des ordres explicites avaient été donnés par les plus hautes autorités du Troisième Reich afin que les soldats auteurs de crimes contre les civils ne fussent ni traduits en justice ni punis par les tribunaux militaires. Les généraux devaient faire montre d’un « manque total de pitié », les villages seraient brûlés avec leurs habitants, les villes rasées, les opposants anéantis. Lors de ses préparatifs de guerre, et deux mois avant l’invasion, le général von Küchler, commandant de la 18e armée, déclare à ses commandants de division : « le but doit être la destruction de la Russie d’Europe ». Les instructions données à la VIe armée par le maréchal Reichenau sont sans ambiguïté : « Les troupes ont des missions à remplir qui dépassent le cadre de leurs devoirs ordinaires. On ne traite pas assez sérieusement la lutte contre l'ennemi, derrière la ligne de front. On continue à faire prisonniers des partisans et des femmes. La fourniture d'aliments aux habitants et aux prisonniers de guerre est un acte d'humanité mal compris. La disparition des symboles extérieurs de la domination bolchevique, y compris les bâtiments, correspond aux buts de la guerre d'anéantissement. À l'est, les objets de valeur historique et les objets d'art n'ont aucune importance ». Le général d’armée Erich Hoepner, commandant le 4e groupe de Panzer, écrit le 2 mai 1941 : « Cette lutte doit avoir pour but la démolition de la Russie actuelle et doit donc être menée avec une rigueur sans précédent. Chaque opération, dans sa conception et son exécution, doit être guidée par une volonté absolue d’anéantissement total et impitoyable de l’ennemi ». L'« ordre sur les commissaires » du 8 juin 1941, exige l’exécution immédiate et systématique de tous les commissaires politiques de l’Armée rouge, assimilés en majorité plus ou moins explicitement à des Juifs conformément aux postulats du « judéo-bolchévisme ». En juillet et août 1941, des décrets prévoient l’exécution immédiate de tous les citoyens qui refuseront d’obéir ou feront preuve de la moindre marque d’hostilité envers l’occupant allemand.
Ces instructions donnent une base légale aux assassinats, vols, viols, tortures et destructions sur une grande échelle, dont allaient être victimes les 65 millions de Soviétiques (40 % de la population de l'Union soviétique) qui se retrouveront dans les territoires conquis par la Wehrmacht en 1941 et 1942 En pratique, l’armée ne se contentera pas de fermer les yeux sur les actions criminelles du régime, elle ordonnera aux troupes de les réaliser. La guerre de conquête et de destruction de l’Union soviétique offrira aux soldats allemands d’innombrables occasions de tuer, de détruire, de piller, de violer et de torturer, avec ou sans l’assentiment de leurs chefs. Ils furent rarement punis pour ces actions et assez souvent félicités par leurs supérieurs3. En outre, l’aggravation des difficultés de la Wehrmacht sur le front russe, dès l’hiver 1941-1942, après son échec devant Moscou, entraînera très rapidement une brutalisation radicale du comportement des soldats. Cette brutalisation sera encouragée par la hiérarchie de la Wehrmacht car elle offrait un exutoire à une discipline de combat très dure imposée aux unités combattantes. Les crimes de guerre deviendront un élément du quotidien de l’armée allemande.
La Stavka soviétique agit symétriquement en imposant elle aussi à ses troupes une rigueur au combat particulièrement sévère : les défaillances sont durement sanctionnées (mutilation volontaire, désertion et complicité de désertion auxquelles sont assimilées la reddition même involontaire à l’ennemi, et aussi « défaitisme » ou « manque de combativité » auxquels sont assimilés toute réticence à participer aux atrocités). Quand ils n’étaient pas fusillés par le NKVD, les récalcitrants partaient dans les « shtrafbat » (bataillons pénitentiaires).
Selon les sources militaires russes, 422 700 hommes moururent dans les unités pénitentiaires pendant la guerre

Dès le déclenchement de l’invasion, en juin 1941, l’armée allemande fait le tri des prisonniers pour découvrir les commissaires politiques et les militants communistes, qu’elle fusille aussitôt. À noter que cette extermination immédiate a un cadre plus large encore puisqu’elle inclut également les officiers et sous-officiers, ainsi que tous les membres de l’intelligentsia (Intelligentzler) : instituteurs, universitaires, scientifiques, ingénieurs... Plus généralement, la Wehrmacht tue à l’aveuglette, sur de simples soupçons, « tous ceux qui regardent de travers » selon les ordres de Hitler. Dans les territoires conquis, tout refus d’obéissance à l’occupant, voire toute objection verbale, vaut immédiatement une balle dans la nuque. Le 23 juillet 1941, un mois à peine après le début de l’invasion, Wilhelm Keitel donne l’ordre de renforcer la terreur « afin de détruire dans la racine toute tentative de résister ». En août 1941, Himmler rend visite à l'Einsatzgruppe B, il assiste alors à une exécution de masse de civils à Minsk. Dans les villes, la Wehrmacht a instruction de fusiller immédiatement et systématiquement 50 otages pour un soldat allemand blessé par la résistance, 100 otages pour un soldat abattu. Dans les campagnes, et sous couvert de lutter contre les partisans, la Wehrmacht organise de gigantesques exterminations. Le 10 octobre 1941, Walther von Reichenau, de la Wehrmacht, se réjouit en public d’avoir fait mourir plusieurs milliers de civils. En novembre 1941, le général Hermann Hoth, commandant de la 17e armée allemande, rappelle dans ses instructions à ses soldats que « la compassion et la faiblesse à l’égard de la population sont déplacées », et appelle les soldats à comprendre « la nécessité de mesures sévères contre les éléments étrangers à la nation allemande et à l’espèce ». Dans un rapport, le commandant de la Wehrmacht en Biélorussie déclare avoir fusillé 10 431 prisonniers sur 10 949 pris lors de « combats avec les partisans » au cours du seul mois d’octobre 1941. L’opération avait coûté la vie à deux soldats seulement du côté allemand. Ces chiffres ne concernent qu’une des nombreuses offensives « anti-partisans » qui étaient en réalité de purs et simples massacres de civils désarmés.
L’extermination semble avoir eu une portée générale. À Charkhov, en Ukraine, dès l’arrivée des troupes allemandes à l’automne 1941, des centaines d’hommes sont pendus aux balcons de la ville où ils restent exposés pendant plusieurs jours (cité par Philippe Burin dans l'« Armée d'Hitler »). Un commandant de la division Das Reich s’étonnait d’une exclamation horrifiée du préfet du cru à la suite du Massacre d'Oradour-sur-Glane (644 tués). Il expliqua alors que pour la seule ville de Kiev c’est plus de 100 000 civils, tous sexes et âges confondus, qui avaient été abattus en représailles à des actions des partisans. Lors de la Bataille de Moscou les Allemands raseront les villages dans un rayon de 100 km autour de la capitale, massacrant leurs habitants.
Lorsque le terme « partisans » sembla insuffisant pour légitimer la brutalité, en particulier lorsque des civils manifestement sans défense étaient en cause, l’armée recourut parfois à un euphémisme précieux, « agent » ou « espion », qui transformait des innocents en coupables. Friedrich Schmidt, l’un des tortionnaires ordinaires de la Wehrmacht, « responsable de la sécurité » dans le village de Boudionnovka, près de Marioupol, note dans ses carnets : « 9 mars : journée difficile. Je dois mettre à mort 30 adolescents capturés. À 10 heures, on m’a amené encore deux jeunes filles et six jeunes gens. J’ai du les frapper impitoyablement. Depuis ça a été des exécutions en masse : hier, six, aujourd’hui trente trois. Le fossé est à peu près rempli. Comme elle sait mourir héroïquement cette jeunesse soviétique ! Certains d’entre eux, les jeunes filles surtout, n’ont pas versé une larme - 14 mars. J’ai fait fusiller Ludmila Tchoukanova, 17 ans – 23 mars : j’ai interrogé deux gamins qui avaient voulu passer sur la glace jusqu’à Rostov. On les a fusillés comme espions ».
Les Allemands ne faisaient pas prisonnières les femmes qui portaient l’uniforme (800 000 jeunes femmes servirent comme volontaires dans l’Armée rouge): ils les abattaient sur place. Les généraux de la Wehrmacht n’avaient pas de scrupules à ordonner l’exécution de tous les hommes d’un village ou l’évacuation de toute une population. Ils redoutaient cependant que l’exécution de femmes et d’enfants ne créent des problèmes de discipline au sein de la troupe, et préféraient en général laisser aux Einsatzgruppen le « soin » d’accomplir ces tâches. En octobre 1941, la 12e division d’infanterie avertit ses hommes que « les renseignements sont en général fournis par des jeunes de 11 à 14 ans » et présenta « le fouet comme le moyen le plus recommandé pour les interrogatoires ».


 

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MessagePosté le: Dim 23 Juil - 14:55 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... 1 (Sommaire page 1) Répondre en citant

Des milliers de villages furent pillés et incendiés, les habitants fusillés, pendus ou brûlés vifs, femmes et enfants inclus. Maria Timofeïevna Savitskaïa, agent de liaison pour la Résistance, se souvient : « Tout brûlait autour de nous, les villages étaient incendiés avec leurs habitants. On brûlait les gens sur de grands bûchers... dans les écoles.... dans les églises... Je ramassais les restes carbonisés. Je ramassais pour une amie tout ce qui était resté de sa famille. On retrouvait des os, et quand il subsistait un lambeau de vêtement, ne fût-ce qu’un infime morceau, on savait aussitôt qui c’était ».
Les massacres massifs de civils désarmés furent ininterrompus durant toute la durée de l’occupation de l’Union soviétique par le Reich nazi.
La première application de la politique nazie de « dépopulation » appliquée à la Russie soviétique se retrouve dans le traitement inhumain réservé aux officiers et soldats soviétiques faits prisonniers, sort qui doit peu au hasard ou aux conditions de la guerre. Le 20 novembre 1941, le général Erich von Manstein, commandant de la 11e Armée, précise que « ce combat n’est pas mené contre l’armée soviétique selon des méthodes conventionnelles guidées par les seules règles de la guerre européenne... ». Durant les six premiers mois de la campagne, environ 2 millions de prisonniers de guerre soviétiques sur 3,3 millions moururent victimes d’exécutions sommaires sur une vaste échelle, de marches à pied épuisantes et de faim. Selon les ordres de la Wehrmacht, les prisonniers survivants devaient être nourris « avec les moyens les plus primitifs », se voyaient confisquer tous leurs vêtements chauds en hiver, et interdiction était faite aux médecins allemands de soigner les blessés de l’Armée rouge3. Ils étaient parqués sans soin, ni nourriture, ni abri dans d’immenses camps de concentration à ciel ouverts. Le camp de Minsk par exemple, regroupait en moyenne 120 000 prisonniers; le taux de mortalité y était proche de 20 % par mois. Ceux qui parvenaient à survivre étaient déportés dans les camps d'extermination de Pologne et d’Autriche ou furent utilisés comme main d'œuvre forcée pour les besoins du Reich.
Environ 3,5 % des prisonniers de guerre anglais et américains et moins de 2 % des prisonniers de guerre français moururent en captivité. En revanche, sur les 5,4 millions de soldats et officiers soviétiques faits prisonniers par l’Ostheer, au moins 3,8 millions périrent soit 70 %. Ils moururent de faim, d’inanition, de froid, de maladie, d’exécutions sommaires et de gazages (les premiers à être gazés à Auschwitz furent des Russes et des Polonais même si la majorité des victimes d’Auschwitz furent des Juifs). Des 80 généraux de l’Armée soviétique capturés par la Wehrmacht, seuls 37 survécurent à leur captivité24. Leur grade ne leur conférait ainsi aucun traitement de faveur, ce dont témoigne le sort du général Karbouchev Héros de l'Union soviétique, torturé à mort le jour même de son arrivée au camp d’extermination de Mauthausen (Autriche). Les ordres de la Wehrmacht concernant les soldats soviétiques et les éléments politiquement ou « racialement » dangereux apportèrent non seulement une caution officielle à une campagne d’assassinats systématiques, mais ils ouvrirent la voie à une vague massive d’exécutions collectives, perpétrées par des soldats dont les ordres étaient d’assassiner des militaires désarmés et des civils sans défense. Pour rendre ces ordres « acceptables », la propagande de la Wehrmacht présentait les Slaves dans leur ensemble comme des « Untermenschen » ne méritant pas de vivre et animés d’une haine farouche pour les Allemands « plus civilisés », alors que des milliers de militaires soviétiques, au début de l’opération Barbarossa, s’étaient non seulement volontairement rendus sans combattre, mais, ignorant la nature réelle du nazisme, imaginaient les Allemands en libérateurs et demandaient à combattre contre le stalinisme.
Les exécutions sommaires de prisonniers de guerre soviétiques eurent un caractère massif sur toute l’étendue du front soviéto-allemand, durant toute la durée du conflit. 600 000 personnes au moins furent fusillées sur le champ en tant que prisonniers de guerre, mais l’estimation officielle des pertes est dramatiquement sous-évaluée puisqu'un nombre indéterminé, mais probablement très important, de soldats soviétiques furent exécutés par les soldats allemands après leur capture, avant même d’avoir été comptabilisés comme prisonniers. À la mi-septembre 1941, l’OKH (« Oberkommando des Heeres », Haut Commandement militaire, qui dépendait directement de Hitler) ajouta une précision aux ordres donnés aux divisions combattant à l’Est : tous les soldats soviétiques dépassés par l’avance de la Wehrmacht et se réorganisant derrière la ligne de front devaient être traités comme des partisans, c’est-à-dire abattus sur le champ. Cet ordre semblait introduire une distinction subtile entre « soldats organisés » et « soldats non organisés ».
En pratique, les commandants d’unité ne s’embarrassaient guère de telles nuances. Tel le commandant de la 12e division d’infanterie donnant ses ordres à ses officiers : « Tout soldat tue tout Russe trouvé derrière la ligne de front et qui n’a pas été fait prisonnier au combat ».

Si, lors de la campagne de Pologne, « seulement » 10 000 Juifs environ avaient été éliminés (des hommes valides pour la plupart), la politique d'assassinats collectifs prit, à partir d’août 1941, dans les territoires conquis, une allure radicalement nouvelle. Selon l’historien Omer Bartov, la genèse de la solution finale est à rechercher dans l’opération Barbarossa.
Dès les premiers jours de l’invasion, les Juifs, considérés en bloc comme « bolchéviques », sont la cible de massacres systématiques. Au cours des cinq premiers mois de l’occupation, 550 000 Juifs de tout âge furent assassinés, par familles et villages entiers. On évalue au total à 2,8 millions (dont 1,5 million par les Einsatzgruppen) le nombre de Juifs soviétiques assassinés en Russie, en Biélorussie et en Ukraine (Shoah par balles), ou morts en déportation dans les camps d’extermination. La plupart des massacres de Juifs eurent lieu en Ukraine. Selon l’historien Alexandre Krouglov, 500 000 Juifs soviétiques furent assassinés en Ukraine en 1941 ; plus de 700 000 en 1942 et encore 200 000 en 1943 jusqu’à la retraite définitive des forces allemandes d’Ukraine en 1944. Moins de 1 % des Juifs rattrapés par l’avance allemande survécurent à l’occupation nazie.
Créés par Himmler et Heydrich spécifiquement pour l’invasion de l'URSS et dans le but d’exterminer le plus rapidement possible les Juifs, les communistes, les membres de l’intelligentsia et les Tsiganes, les Einsatzgruppen opéraient dans les territoires occupés par la Wehrmacht et avec la coopération d’unités régulières de l’armée et de milices auxiliaires locales (en Lituanie et en Ukraine en particulier). Ils assassinèrent au moins un million et demi de personnes, dont une écrasante majorité de femmes et d’enfants (la plupart des hommes juifs valides avaient été mobilisés dans l’Armée rouge depuis le 22 juin 1941). Il semble que ce soit Himmler qui ait donné l’instruction de systématiser l’extermination des femmes et des enfants, sans considération de leur âge (du nourrisson au vieillard). La majorité des victimes des Einsatzgruppen furent des Juifs. Le procédé d’exécution était la plupart du temps les fusillades ou une balle dans la nuque. Au nombre de quatre, ces Einsatzgruppen furent rattachés pour trois d’entre eux (Einsatzgruppen A, B, et C) à la Wehrmacht sur le front de Russie centrale, le quatrième (Einzatzgruppe D) opérant seul en Ukraine. La plupart des crimes perpétrés eurent lieu en Ukraine et dans les pays baltes de Lettonie, Estonie et Lituanie où la population juive était plus nombreuse qu’ailleurs (voir « zone de résidence »). Il y avait approximativement 600 à 1 000 hommes dans chaque Einsatzgruppe, bien que beaucoup fussent du personnel de soutien. Leurs membres actifs provenaient de différentes organisations militaires et non-militaires du Troisième Reich. La majorité des membres appartenait aux Waffen-SS (la branche militaire des SS) et au personnel du Reichssicherheitshauptamt (RSHA). Otto Ohlendorf, dernier commandant survivant d'un Einsatzgruppe (Einsatzgruppe D), fut pendu en 1952 en RFA pour les 90 000 assassinats qui lui furent reprochés (en particulier le massacre de Simferopol en Crimée). Le SS letton Viktors Arājs, qui travaillait de près avec l’Einzatzgruppe A, dirigeant le Sonderkommando Arājs, responsable à lui seul de la mort d’entre 50 000 et 100 000 personnes, ne sera lui arrêté qu’en 1975 et condamné à perpétuité en 1979.
En raison du stress psychologique provoqué chez les membres incomplètement déshumanisés des Einsatzgruppen, les autorités du Troisième Reich décidèrent à fin 1941 de recourir à une méthode moins « personnelle » que les tueries par balle. C’est ainsi que fut mis en place le système des chambres à gaz, principalement en Pologne. Pour des raisons logistiques cependant, la « Shoah par balles» se poursuivit jusqu’en 1944 dans les territoires soviétiques conquis par la Wehrmacht : en Ukraine, par exemple 80 % des Juifs furent tués par les commandos SS ou leurs auxiliaires locaux ; les autres 20 % ont été déportés et gazés à Belzec, Sobibor et Auschwitz.
Du 28 au 30 août 1941, 23 600 personnes (principalement des Juifs de Hongrie, mais non-hongrois, livrés par le régime d'Horthy) sont massacrées à Kamenetz-Podolsk. Berditchev, au sud de Kiev, est occupée par la Wehrmacht le 7 juillet 1941. Dans la nuit du 14 au 15 septembre, environ 12 000 Juifs, femmes et enfants compris, y sont massacrés par groupes de 40 au bord d’immenses fosses avec l’aide de collaborateurs locaux. 18 000 autres Juifs y sont assassinés dans les mois qui suivent (pour l'ensemble de la ville, seuls six Juifs survécurent au massacre). 58 000 Juifs d’Odessa sont brûlés vifs à Berezov, à 80 kilomètres au nord d’Odessa (une partie dans des wagons, une autre est conduite dans une clairière, arrosée d’essence et brûlée).

En 1942, 90 000 Juifs d’Odessa sont massacrés à Domanevka (40 kilomètres au nord de Berezovka), principalement par la milice ukrainienne recrutée par les Allemands. Le seul massacre de Babi Yar, près de Kiev, du 29 au 30 septembre 1941 (soit trois mois après le début de l’invasion) fait 33 771 morts en deux jours d’exécutions ininterrompues (plus de 100 000 civils, Juifs et non Juifs, y seront assassinés par les Allemands avec l’aide de miliciens nationalistes ukrainiens du 201e bataillon Schutzmannschaft de 1941 à 1943). Les officiers du quartier général de la 6e armée (6e armée qui sera vaincue à Stalingrad), alors commandée par le feld-maréchal Walther von Reichenau, apportèrent leur contribution active à ce massacre en organisant le regroupement et l'acheminement des civils qui allaient être abattus.
« Après une longue marche, ils arrivaient à un passage formé par des soldats allemands avec des massues et des chiens policiers. Les Juifs étaient fouettés sur leur passage. Les chiens se jetaient sur ceux qui tombaient mais la poussée des colonnes qui se pressaient derrière était irrésistible et les faibles et les blessés étaient piétinés. Meurtris et ensanglantés, paralysés par le caractère incompréhensible de ce qui leur arrivait, les Juifs débouchaient sur une clairière d'herbe. Ils étaient arrivés à Babi Yar, devant eux se trouvait le ravin. Le sol était jonché de vêtements. Des miliciens ukrainiens, surveillés par des Allemands, ordonnaient aux Juifs de se déshabiller. Ceux qui hésitaient, qui résistaient, étaient battus, leurs vêtements arrachés. Il y avait partout des personnes nues, ensanglantées. L'air était empli de cris et de rires convulsifs. Les victimes étaient alignées au bord du ravin et abattues par des équipes de mitrailleurs. » Paul Blobel, commandant du Sonderkommando 4a de l'Einsatzgruppe C, responsable des massacres de Babi Yar, reçut à ce titre la Croix de fer, la plus haute décoration allemande pour « bravoure ».

L’invasion de l'Union soviétique fut, dès le début, une entreprise d’asservissement et de pillage sans précédent. Hitler : « Les vrais profiteurs de cette guerre, c'est nous ! Quand nous en sortirons, nous éclaterons de graisse. Nous ne rendrons rien et nous prendrons tout ce qui pourra nous servir. » Les autorités civiles et militaires organisèrent l’exploitation impitoyable des territoires occupés. À la tête de l'Office du plan quadriennal, Göring était chargé de la politique économique dans les territoires occupés. Il déclarait : « J'ai l'intention de piller et de piller abondamment ». Les responsables allemands savaient que cette politique entraînerait la mort par la famine de millions de Russes. En décembre 1941, Hermann Göring déclare au ministre italien des affaires étrangères Ciano : « Cette année, entre 20 et 30 millions de Russes vont mourir de faim en Russie. Peut-être est-il bon qu'il en soit ainsi car certaines nations doivent être décimées ». À Kharkov, par exemple, en Ukraine, 80 000 personnes décédèrent de la famine. Outre cette mise à mort programmée de vastes parties de la population, l’exploitation économique totale des territoires occupés se traduisit, dès les premières semaines de l’invasion, par la déportation en Allemagne de travailleurs forcés, les « Ostarbeiter » (travailleurs de l'Est) : plus de 4 millions de personnes (57 % de femmes) furent déportées en Allemagne à la suite des « programmes Saukel ». Plus d'un million d'entre eux périrent de faim ou d'épuisement.
En 1943, alors que la Wehrmacht bat déjà en retraite sous les coups de l'Armée rouge, la production industrielle, dans la partie de la Russie occupée par le Reich, s’est effondrée à 10 % seulement de son niveau d’avant-guerre, et la production agricole, à la moitié (V.Faline).
Dans sa retraite, la Wehrmacht mène une impitoyable politique de la terre brûlée. Tout ce qui présente une valeur industrielle quelconque est systématiquement détruit de manière irréparable. Les mines de charbon du Donetsk sont noyées sous des millions de tonnes d’eau. Les ponts sont détruits les uns après les autres, le bétail abattu, les puits sont empoisonnés, les routes minées. Sur des centaines de kilomètres, le long des routes de la retraite allemande, ce ne sont que des ruines qui restent des villes russes. Lors de sa retraite, la Wehrmacht rase systématiquement tous les villages qu’elle rencontre, après avoir déporté ou exterminés les hommes qu’elle y trouve et laisse derrière elle femmes et enfants dans le plus grand dénuement, les condamnant à mourir de faim (les hivers, les femmes et les enfants des villages rasés sont chassés vers des zones désolées, sans ressources alimentaires, par des froids de – 30/– 40°).
L’Ukraine, la Biélorussie et les régions centrales de Russie perdent les quatre cinquièmes de leurs capacités de production. Les Allemands y ont détruit 80 000 kilomètres de voies ferrées, même les traverses ont été détruites. 80 000 kilomètres, c’est plus que la longueur de tous les chemins de fer allemands avant la Seconde Guerre mondiale (V.Faline). À l’heure du bilan, fin 1945, une source russe évalue à 1 700 le nombre de villes et 70 000 le nombre de villages partiellement ou totalement détruits par l’Allemagne lors de la guerre

En août 1943, les Allemands sont mis en échec lors de la bataille de Koursk. Durant l’occupation de la ville, la Wehrmacht a fusillé 3 000 civils, 10 000 sont décédés de famine et de maladie, 10 000 autres ont été déportés en Allemagne comme « esclaves pour le travail ». Les soldats russes découvrent qu’à Rostov-sur-le-Don plus de 40 000 civils ont été abattus par l’armée allemande, 53 000 autres ont été déportés en Allemagne. La totalité du tissu industriel de cette vaste zone de la Volga a été systématiquement rasée. À la libération d’Orel, en août 1943, les Soviétiques y dénombrent plus de 11 000 civils massacrés. Le 24 août 1943, Kharkov est libérée. On estime aujourd’hui qu’environ 300 000 personnes, civils et prisonniers de guerre, ont été exécutés à Kharkov, et que plus de 160 000 habitants ont été déportés en Allemagne. En septembre 1943, le Donbass, la première zone d’extraction de charbon d’Union soviétique, est totalement libéré. Plus de 167 000 civils ont été tués à Stalino (la ville de Donetsk s'appelait Stalino en 1941), première ville du Donbass, affamés ou exécutés. Le 6 novembre 1943, Kiev est libérée. Plus de 195 000 civils y ont été exécutés, 100 000 personnes auraient été déportées. Les destructions y sont telles qu’à sa libération 80 % des habitants n’ont plus de domicile. Le 10 avril 1944, Odessa est libérée. Les Allemands y ont fait périr 82 000 civils et déporté 78 000 personnes. Le 9 mai, Sébastopol est libérée. 27 000 civils y ont été abattus, la quasi-totalité de la ville a été rasée. En décembre 1943, la plus grande partie de l’Ukraine est libérée.
En Ukraine, près de 5 millions de personnes ont été tuées par les Allemands (3,5 millions de civils et 1,5 million de prisonniers de guerre) tandis que 2,4 millions d’habitants ont été déportés.
Le 19 janvier 1944, Novgorod est libérée. Lors de son occupation, les Allemands y ont abattu 201 000 civils et prisonniers de guerre. Le 23 juillet, Pskov est reprise. Les Allemands y ont exécutés 290 000 personnes et déporté 11 000 autres. Dans le milieu de l’été, les territoires de l'actuelle Fédération de Russie sont libérés. Les crimes commis par le Troisième Reich en Russie y ont pris l’allure d’un véritable génocide. Plus de 1,8 million de civils y ont été exécutés par les Allemands, tandis qu'1,3 million de personnes ont été déportées en Allemagne. Plus de trois millions d’immeubles ont été rasés. On compte en 1944 plus de 11 millions de Russes sans abri du fait des destructions.

Ainsi est dénommé l'offensive d'été 1944, le 23 juin exactement. Les Nazis sont attaqués sur plusieurs fronts par plusieurs groupes d'armées soviétiques (Fronts) de l'opération Bagration.
Le 26 juin 1944, Vitebsk, est libérée. La ville ne ressemble plus qu’à un véritable champ de ruine. Environ 140 000 civils et prisonniers de guerres soviétiques y ont été exécutés. Le 3 juillet, c’est Minsk, la capitale de la Biélorussie, qui est libérée. Plus de 400 000 personnes y ont péri du fait des exactions et des massacres commis par la Wehrmacht et les unités spéciales d’extermination. Le 28 juillet, Brest-Litovsk est libérée. 84 000 civils y ont été assassinés durant son occupation. En Biélorussie, la GFP (police secrète de campagne), la gendarmerie et l'Abwehr (contre-espionnage) imposaient un ordre impitoyable, multipliant les rafles et les exécutions sommaires. L'arrivée du gauleiter Wilhelm Kube au poste de commissaire général, pour la Biélorussie occupée, marqua le début des massacres. Les nazis asphyxiaient les victimes avec les gaz d'échappement de camions. Les allemands avaient créé 260 camps de concentration en Biélorussie où plus de 1,2 million de personnes trouvèrent la mort. Plus de 200 000 personnes ont été exterminées dans le camp d'extermination de Maly Trostenets près de Minsk. Les victimes n'ont été plus nombreuses qu'à Auschwitz, Majdanek et Treblinka. Le gauleiter Wilhelm Kube fut abattu le 21 septembre 1943 par la résistante soviétique Elena Mazanik qui sera honorée du titre de Héros de l'Union soviétique.
Au total, la Biélorussie perd 25 % de sa population (essentiellement en 1942-1943) du seul fait de l’occupation nazie (2,2 millions de disparus), sans distinction d’âge et de sexe, 380 000 personnes ont été déportées en Allemagne. 209 villes ont été rasées, 9 200 villages réduits en cendres, les habitants massacrés sur place. Environ 3 millions de personnes se retrouvent sans abri en Biélorussie en août 1944.
Enfin, le Reich détruira tous les symboles de la civilisation russe (église, monastère, bibliothèque, et monument d’avant 1917). Le traitement infligé au palais Peterhof de Saint-Pétersbourg et à bien d’autres palais de Russie doit peu aux malheurs de la guerre mais beaucoup à une volonté délibérée de destruction.
La commission d'historiens constituée lors de la perestroïka en 1987 évalua le bilan des pertes à 26,2 millions dont un peu plus de 10 millions de soldats soviétiques, 11 millions de pertes civiles directes et 5 millions de pertes civiles indirectes (surmortalité)40 :
11,15 millions de soldats soviétiques ont été tués dont 6,8 millions au combat et 3,8 millions dans les camps de prisonniers allemands.
550 000 soldats soviétiques sont morts dans des accidents ou fusillés par le NKVD.
1,8 million de personnes ont été tuées en Russie, dont 170 000 Juifs
3,5 millions de personnes ont été tuées en Ukraine, dont 1,43 million de Juifs.
2,2 millions de personnes ont été tuées en Biélorussie, dont 810 000 Juifs.
Environ 1 million de personnes sont mortes de la famine lors du siège de Leningrad qui se déroula entre le 8 septembre 1941 et le 18 janvier 1944.
5,365 millions de personnes sont mortes des suites de la famine, des bombardements, et des maladies.
Près de 1 710 villes et plus de 70 000 villages, 32 000 entreprises industrielles, 100 000 fermes collectives et étatiques, 4 700 000 maisons, 127 000 écoles, universités et bibliothèques publiques ont été détruits. Dans l’ensemble, les pertes matérielles ont été estimées à 600 milliards d’euros



 

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