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Date de fondation du forum: 15 avril 2012.
11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1)
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saintluc
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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 06:41 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

PAGE 1: Préambule - MEXIQUE: bataille d'Otumba - massacre de Cholula - siège de Tenochtitlán - révolte des Pueblos - guerre américano-mexicaine (1846-1848) - siège de Fort Texas - bataille de Palo Alto - bataille du Resaca de la Palma - siège de Los Angeles - bataille de Monterrey - siège de Veracruz - bataille de Contreras - bataille de Cerro Gordo -
                
Page 2: (1846:bataille de Dominguez Rancho /  bataille de Natividad  / bataille de San Pasqual) - bataille de Chapultepec - bataille de Buena Vista - bataille de Churubusco - bataille de Molino del Rey - bataille de Mexico - Siège de Puebla - bataille de Huamantla - bataille de La Paz - traité de Guadalupe Hidalgo - Guerre de Réforme ou guerre des trois années - (guerre d'indépendance du Mexique 1810 à 1821) prise de l'Alhóndiga de Granaditas - Batalla de Puerto de Carroza -  bataille de Monte de las Cruces
              
Page 3: Bataille de Zacoalco - Prise de Guadalajarabataille d'Aculco - Bataille de Guanajuato - Bataille de Real del Rosario - Bataille de Tres Palos - bataille d'Aguanueva - Batailla d'Urepetiro -   bataille du pont de Calderón -  Bataille de Puerto del CarneroBataille de San Ignacio de Piaxtla - Bataille de Puerto de Piñones - Prise de ZacatecasBataille d'El VeladeroBataille de MagueyBataille de Llanos de Santa Juana - Bataille de Puerto del Carnero - Bataille de San Ignacio de Piaxtla - Bataille de Puerto de Piñones - Bataille d'El Veladero - Bataille de Maguey - Siège d'Acapulco - Bataille de La Chincúa bataille de Medina - Bataille de Maria Lomas de Santa  - Bataille de Puruarán - bataille de TemalacaBataille de Cañada de Los NaranjosBataille de Valle de Maíz - Bataille de Peotillos - Bataille de Los Arrastraderos - Bataille de Fuerte del Sombrero - Bataille de Cerro de CóporoBataille de San Diego de la Unión  Bataille d'El Tamo - Bataille de Cerro de Barrabás Bataille de Agua Zarca - Batalla de ZapotepecBataille d'Azcapotzalco -  bataille de Mejicanos - bataille de Mariel - bataille de Velasco - siège de Béxar - Bataille de Gonzales - bataille de Goliad - bataille de Concepción -  bataille de Lipantitlán - siège de Fort Alamo - bataille de Refugio bataille de Coleto Creek   bataille de San Jacinto Bataille navale de Campêche - bataille de Fortín - bataille de Las Cumbres - bataille de Puebla  

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Dernière édition par saintluc le Mar 6 Juin - 18:23 (2017); édité 50 fois
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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 06:41 (2017)    Sujet du message: Publicité

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saintluc
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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 07:00 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

Nous allons voir chaque évènement dans tous ses détails afin de bien comprendre.
Histoire des conflits latino-américains
Guerres d'indépendance de l'Amérique espagnole

Amérique centrale
À l'époque coloniale, l'Amérique centrale était partiellement contrôlée par la Capitainerie générale du Guatemala, qui recouvrait les régions devenues aujourd'hui le Guatemala, la Belize, le Honduras, le Salvador, le Nicaragua et le Costa Rica. À l'indépendance (1821-1822), la Capitainerie devient les Provinces unies d'Amérique centrale (1823-1824), puis la République fédérale d'Amérique centrale (1824-1839). Les États que l'on connaît aujourd'hui sont issus de l'éclatement de cette fédération.
Amérique du Sud
Dans les années 1820, la fin de la domination espagnole en Amérique provoque de graves fractures sociales dans les sociétés des nouvelles républiques indépendantes. Combinées à la pression croissante d'intérêts financiers étrangers et au caractère autocratique - sinon dictatorial - des gouvernements nationaux, elles provoquent l'apparition de troubles civils intérieurs et l'émergence de guérillas. Les premières insurrections et guérillas, lors de la phase de « colonisation interne » du continent, sont l'œuvre des tribus indiennes, qui, au sein de ces nouveaux États, se sentent spoliées par les citoyens « blancs » comme elles l'étaient par l'ancien occupant espagnol.
Lors du développement économique qui s'ensuit, c'est au tour des pauvres - laissés-pour-compte, paysans, esclaves - de se révolter contre un ordre social qui ne fait que reproduire les outrances de castes de celui de l'empire espagnol. Le marxisme fait sa réelle apparition tardivement au sein des mouvements insurrectionnels locaux, c'est-à-dire après 1945. Ainsi, au Mexique, Emiliano Zapata, Pancho Villa ou les Cristeros ne se donnaient pas comme « marxistes ».
Voir çi dessous l'évolution de la carte de l'Amérique du Sud depuis 1700 au fil des conflits
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/transcoded/5/5c/Non-Native_Am…
Dans les années 1930, les mouvements insurrectionnels tournent de plus en plus ouvertement à la subversion révolutionnaire. Les forces armées locales essaient de contrer toute forme de solution démocratique aux problèmes sociaux par des coups d’État et des pronunciamientos suivis d'instauration de régimes dictatoriaux soutenus par des sociétés étrangères - essentiellement américaines. Ceci a pour conséquence un aggravement croissant de la situation, l'augmentation de l'agitation, et le regain du ressentiment antiaméricain.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale et au début de la guerre froide, les États-Unis - qui nourrissent d'importants et croissants intérêts stratégiques et économiques au sein de ces régions - optent pour un soutien militaire inconditionnel aux gouvernements pro-américains, dictatoriaux ou non. Ce choix politique est renforcé en janvier 1959 par la victoire de Fidel Castro à Cuba, malgré l'appui américain massif à la junte de Batista.

Guerres civiles en Argentine (1820-1861)
Première Guerre civile chilienne (1829)
"Guerra Grande" en Uruguay (1839-1851, guerre civile)
République du Rio Grande (1840, sécession)
République du Yucatán (1841-1848, sécession)
Guerre de Réforme au Mexique (1857-1861, guerre civile)
Campagnes de colonisation de la Patagonie par le gouvernement argentin (1872-1884)
Guerre civile chilienne de 1891
Guerre des Mille Jours en Colombie (1899-1902, guerre civile)
Révolution mexicaine (1910-1920, guerre civile)
Insurrection des Cristeros au Mexique (1926-1929)
Révolution brésilienne (1932)
"La Violencia" en Colombie (1948-1953, guerre civile)
Guerre civile et guérilla au Guatemala (1954-1983)
Révolution cubaine (1956-1959)
Guérilla des FARC en Colombie (1964 à nos jours)
Guérilla Chéguévariste en Bolivie (1966-1967)
Coup d'État militaire au Chili (1973)
Guérilla sandiniste au Nicaragua (1978-1979, guerre civile)
Guerre civile du Salvador (1979-1992)
Guérilla du Sentier Lumineux au Pérou (1980 à nos jours)
Guérilla anti-sandiniste des "contras" au Nicaragua) (1982-1990)
Révolte néozapatiste au Mexique (1994)

La plupart des conflits latino-américains des xixe siècle et xxe siècle trouvent leurs origines profondes dans l'incertitude quant aux frontières et aux compétences des institutions coloniales espagnoles et dans l'absence d'occupation effective sur de vastes portions de territoires (problème juridique de l'« Uti possidetis juris » (litt. « comme vous possédez ») qui peut-être « de jure » ou non (litt. «  en droit ou de fait »)) de l'autorité espagnole. Dans un premier temps, les patriotes sud-américains (c'est moins vrai en ce qui concerne l'Amérique centrale), venus de différents « horizons » régionaux, s'étaient coalisés contre le colonisateur espagnol. Après son départ, ces coalitions ont éclaté pour faire place aux nationalismes régionaux, les alliés d'hier devenant parfois les adversaires du jour. On notera régulièrement l'intervention des Chemises rouges garibaldiennes, les Brigades internationales de l'époque - que l'on retrouvera aussi en France en 1871 -, dans ces conflits.
Amérique centrale
Guerre du Football entre le Honduras et le Salvador (1969)
Amérique du Sud
Guerre de Cisplatine (1825-1828)
Guerre entre le Pérou et la Grande Colombie (1828-1829)
Guerre de la confédération péruano-bolivienne (1835-1839)
Guerre du Paraguay ou de la Triple-Alliance (1864-1870)
Guerre du Pacifique (1879-1884)
Guerre de l'Acre (1900-1903)
Guerre colombo-péruvienne (1932-1933)
Guerre du Chaco entre le Paraguay et la Bolivie pour le contrôle de la région boréale du Gran Chaco (1932-1935)
Conflits frontaliers entre la Colombie et l'Équateur (1830-1916) :
Guerre colombo-équatorienne (1832)
Conflits frontaliers entre le Pérou et l'Équateur (1830-1998) :
Guerre péruano-équatorienne de 1858
Guerre péruano-équatorienne de 1941
Guerre du Paquisha (1981)
Guerre du Cenepa (1995)

Timbre postal patriotique paraguayen émis pendant la Guerre du Gran Chaco (1932-1935)

Conflits avec des pays extérieurs
Amérique du Nord
Guerre des Pâtisseries (1838, 1re guerre franco-mexicaine) (ou "Guerre des gâteaux" : l'un des plaignants était pâtissier)
Guerre américano-mexicaine (1846-1848, annexion du Texas, de la Californie et du Colorado par les États-Unis au détriment du Mexique)
Expédition du Mexique (1861-1867, 2e guerre franco-mexicaine)
Deuxième Guerre américano-mexicaine (1912, intervention des États-Unis dans la guerre civile mexicaine)
Amérique centrale
Guerre de restauration de l'indépendance dominicaine ou Deuxième guerre d'indépendance dominicaine (1863-1865, contre l'Espagne)
Guerre des Dix Ans (1868-1878, 1re guerre d'indépendance de Cuba, se soldant par la victoire espagnole)
Guerre hispano-américaine (1898, 1re intervention militaire des États-Unis au-delà de la frontière mexicaine, aboutissant à l'indépendance de Cuba)
Débarquement de la baie des Cochons à Cuba (1961)
Crise des missiles de Cuba (1962)
Intervention américaine à Saint Domingue (1965)
Operation Urgent Fury (1982, intervention militaire des États-Unis dans l'île de la Grenade)
Opération Juste Cause (1989, intervention des États-Unis à Panama)
Interventions à Haïti américaines et internationales depuis les années 1990

Amérique du Sud
Guerre hispano-sud-américaine (1864-1883)
Guerre des Malouines (1982, conflit opposant le Royaume-Uni et la Junte militaire argentine quant à la souveraineté sur l'archipel des Falklands/Malvinas)
Les guerres brésiliennes
 Participation d'États latino-américains à d'autres conflits

Seconde Guerre mondiale (Brésil - Mexique)
Guerre de Corée (Colombie)
Interventions du régime communiste cubain dans les conflits africains dès les années 1960 : Guerre des sables, Congo et Katanga, Mozambique, Angola et Afrique australe
Guerre d'Irak (Salvador)
« Casques Bleus » latino-américains : les mandats de l'ONU
 Guerre contre les « narco-trafiquants »
Depuis les années 1980, cet état de guerre larvée oppose, à l'échelle du continent, les États nationaux (polices et forces armées), en grande partie soutenus par l'assistance technique et militaire de la communauté internationale, à la « nébuleuse » internationale mafieuse des trafiquants de drogues, en particulier de cocaïne, sud-américains. Il implique bien souvent, à leur corps défendant, les populations les plus démunies (notamment les Amérindiens) et provoque la mort de très nombreux civils.
Cartel de Medellin
Lutte contre les narcotrafiquants au Mexique
Les Indiens dans les conflits latino-américains
Parties prenantes, le plus souvent à leur corps défendant, des nombreux conflits latino-américains, le sort des Amérindiens d'Amérique centrale et australe au cours et à l'issue de ceux-ci n'a à ce jour encore fait l'objet que de rares études spécifiquement consacrées au sujet - le sort des Indiens du Chiapas, en raison de la couverture médiatique de leur révolte, faisant à peu près seule exception à la règle.
Guerre des Castes (Guerra de Castas) - Chiapas 1867-1870

 

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saintluc
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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 07:19 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

MEXIQUE
La bataille d'Otumba est un conflit militaire décisif de la conquête de l'Empire aztèque par les Espagnols.
Le 7 juillet 1520, les troupes d'Hernán Cortés, qui fuyaient Mexico-Tenochtitlan en direction de Tlaxcala, à la suite de la déroute de la Noche Triste, furent rattrapées par un important contingent de guerriers aztèques dans la plaine d'Otompan. Alors même que les Castillans risquaient d'être débordés par leurs ennemis, Cortès et cinq de ses meilleurs cavaliers parvinrent à franchir les lignes Aztèques, et tuèrent alors l'ensemble des commandants ennemis, entraînant la fuite des armées aztèques. Cette bataille se solda par la victoire inespérée des conquistadors malgré leur très nette infériorité numérique, et permit à Cortés de reconstituer par la suite une armée puissante afin d'assiéger Tenochtitlan et de détruire l'Empire aztèque.

Après avoir fui la capitale Tenochtitlan assiégée par les Aztèques, à l'occasion de la Noche Triste (30 juin 1520), Hernan Cortés compte mener sa troupe, dont il a perdu la moitié des effectifs, se réfugier dans le territoire de ses alliés à Tlaxcala. Le nouvel empereur aztèque Cuitlahuac décide alors de la poursuivre pour l'anéantir.
Une impressionnante armée d'environ 40 000 guerriers aztèques rejoignit la troupe espagnole dans les plaines d'Otompan (Otumba). Sachant que les Aztèques sacrifiaient toujours leurs prisonniers, les soldats espagnols et tlaxcaltèques se préparèrent à se battre jusqu'à la mort, et ce malgré la perte de leur artillerie et d'une bonne partie de leurs chevaux et armes à feu pendant leur fuite de la capitale aztèque.

L'armée aztèque encercla immédiatement les Espagnols, qui résistèrent durant plusieurs heures tout en échangeant tirs d'arquebuses et d'arbalètes contre les flèches. Malgré la supériorité technique des Espagnols, l'écrasante supériorité numérique faisait pencher la balance du combat en faveur des Aztèques, dont les victimes des armes à feu et des épées en acier étaient immédiatement remplacées par des troupes fraîches. Hernán Cortès décida alors de jouer sa dernière carte, et sur les conseils de La Malinche, l'indigène qui accompagnait les Espagnols, il attaqua le tepuchtlato Cihuacoatl Matlatzincatzin, le plus grand et le plus décoré des guerriers aztèques, qui semblait être le chef suprême de l'armée. Pour la première fois dans l'histoire de la conquête du Mexique, les Espagnols réalisèrent une modeste charge de cavalerie avec 13 cavaliers qui se ruèrent sur le Cihuacóatl au cri de « Santiago ! ».

Le chef aztèque, qui n'avait jusqu'alors vu les chevaux être utilisés que comme moyen de transport et non comme arme, fut pris par surprise et tué d'un coup d'épée par le soldat Juan de Salamanca, qui s'empara de son étendard. Ayant observé cette scène, l'armée aztèque, prise de panique, rompit les rangs et s'enfuit, poursuivie par la cavalerie espagnole. Après cette victoire inespérée, les Espagnols se retirèrent dans la ville alliée de Tlaxcala sans être inquiétés. La troupe ne rassemblait plus que 440 fantassins, 20 chevaux, 12 arbalétriers et 7 arquebusiers.
Quelques jours plus tard, l'empereur aztèque envoya des émissaires aux Tlaxcaltèques pour leur proposer la paix en échange des Espagnols. Les Tlaxcaltèques refusèrent et conclurent une nouvelle alliance avec les Espagnols pour reconquérir Tenochtitlan.

 

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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 07:33 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

Le massacre de Cholula est une attaque réalisée par les forces militaires du conquistador espagnol Hernán Cortés lors de sa marche vers la ville de Mexico-Tenochtitlan en 1519.
Selon les chroniqueurs et Hernán Cortés lui-même, il s'agit d'une action préventive en vue d'une possible embuscade à l'intérieur de la ville de Cholula où ils avaient été accueillis.
Il en résulta la mort de 5 000 à 6 000 Cholultèques, des civils désarmés pour la plupart, en moins de six heures. Après cette action militaire, les Cholultèques, qui avaient été jusqu'alors de fidèles tributaires des Mexicas, se soumirent et s'allièrent aux conquistadors espagnols.

Après avoir rencontré le huey tlatoani Moctezuma Xocoyotzin à San Juan de Ulúa, Cortés prit la décision de marcher vers la ville de Mexico-Tenochtitlan, malgré les tentatives de l'en dissuader des Mexicas. Rapidement, le conquistador prit conscience que les peuples soumis par les Mexicas et leurs ennemis pourraient être des alliés importants pour entreprendre la conquête du Mexique.
- Il conclut donc un pacte avec les Totonaques de Cempoala qui étaient des tributaires soumis, puis entama sa marche vers la capitale mexica.
- Sur le chemin il affronta brièvement les Tlaxcaltèques, qui étaient des ennemis acharnés des Mexicas; après quelques combats il réussit à les convaincre de former une alliance en vue de vaincre l'État mexica.
Alors-même que Cortès et les chefs de Tlaxcala étaient réunis, des messagers de Moctezuma arrivèrent avec des présents en or et des tissus ornés de fins plumages, afin de convaincre les Espagnols de se déplacer à Cholula, cité tributaire des Mexicas, où l'hébergement, sous la protection du huey tlatoani, leur fut promis. L'intention de Moctezuma était d'éviter à tout prix la possible alliance des Espagnols et des Tlaxcaltèques. Trop tard : Cortès avait déjà fait un pacte avec les gouvernants tlaxcaltèques : Xicohténcatl Huehue (le vieux), Maxixcatzin, Citlalpopocatzin, Hueyolotzin et d'autres. Ces derniers avaient été convertis à la foi chrétienne, et qui avaient offert des femmes aux Espagnoles en symbole de leur amitié.
Les Tlaxcaltèques, ennemis des Cholultèques et des Mexicas, envoyèrent un ambassadeur de paix, appelé Patlahuatzin, qui avait pour mission de rencontrer les chefs cholultèques et de leur demander qu'ils envoient à leur tour un ambassadeur pour se réunir et dialoguer avec Cortés. Cet ambassadeur était respecté et honoré, mais les Cholultèques écorchèrent le visage de Patlahuatzin et ses mains jusqu'aux coudes, comme réponse négative à la requête. Indignés, les Tlaxcaltèques réclamèrent la vengeance à Cortés. Toutefois, devant l'insistance des messagers de Moctezuma, Cortés accepta l'invitation et décida de se rendre à Cholula, malgré la contrariété et l'avertissement des Tlaxcaltèques qui se méfiaient d'une tromperie de la part des Mexicas et des Cholultèques, fidèles tributaires de Moctezuma.
Il avait été confié à Pedro de Alvarado et Bernardino Vázquez de Tapia une mission de reconnaissance du terrain et de recherche du meilleur chemin vers la ville. Ces deux conquistadors retrouvèrent Cortés à Cholula, lequel avait finalement avancé avec le reste de la troupe, les alliés tlaxcaltèques et les alliés totonaques.

Un petit cortège cholultèque reçut les forces armées de Cortés, entre autres le tlaquiach et le tlachiac (noms des principaux gouvernants, dont la signification est "le seigneur de ce qui est en haut du sol" et "le seigneur de ce qui est en bas du sol"). Après avoir offert les habituels présents, ils se justifièrent auprès de Cortés de ne pas avoir reçu Tlaxcala, du fait de la rivalité existante avec ce peuple: ils accueillirent les Espagnols et les Totonaques, mais demandèrent aux Tlaxcaltèques de ne pas entrer dans la cité.
Cortés agit de manière diplomatique et comprit la requête des Cholultèques et ordonna aux Tlaxcaltèques de camper en dehors de la ville. Seuls les Espagnols, les Totonaques et quelques tamemes tlacaltèques entrèrent dans Cholula devant les yeux ébahis des habitants. Cortés décrit le site comme une grande cité avec plus de 20 000 habitations, et plus de 400 tours dans la seconde lettre de relation adressée à Charles Quint.
Selon plusieurs témoignages concordants, en particulier selon les chroniques de Bernal Díaz del Castillo et les rapports officiels d'Hernán Cortés à son roi Charles Quint, ce massacre aurait été ordonné pour éviter que les troupes espagnoles ne succombent à une embuscade. Selon cette version, Moctezuma avait envoyé un escadron de 20 000 guerriers mexicas près de la cité pour attaquer les Espagnols par surprise. Ces plans auraient été révélés aux Espagnols, notamment par La Malinche, qui aurait été elle-même avertie par une vieille femme prétendant être sa belle-mère.

Selon d'autres témoignages, que Michel Graulich qualifie de « pro-aztèques » et dont il critique la fiabilité, ce sont les soldats de Tlaxcala qui complotèrent pour obtenir le massacre de leurs ennemis de Cholula.
Enfin, selon le témoignage ultérieur d'un conquistador ennemi de Cortés, Vázquez de Tapia, en 15293, amplement repris ensuite par les défenseurs des indigènes, Hernán Cortés aurait ordonné le massacre de plusieurs milliers de porteurs, sans avoir été sous la menace d'une attaque indigène. Cette version n'est cependant pas crédible: en effet, outre le fait qu'un tel massacre aurait été contraire aux intérêts de Cortés, Vázquez de Tapia a lui-même contredit cette version, entre 1542 et 1546, en écrivant dans un document administratif, pour faire valoir auprès du roi les services qu'il a rendus, que le massacre était justifié par la menace imminente de troupes mexicas et les traitements hostiles réservés par les habitants de Cholula aux Espagnols

 

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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 07:52 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

Le siège de Tenochtitlán par Hernán Cortés en 1521 (30 mai-13 août) fut le point culminant de la conquête du Mexique par les Espagnols. La chute de la capitale aztèque, au bout de 75 jours de siège, marqua la fin de l'empire de la triple alliance aztèque.
En 1519, à la tête d'une expédition espagnole venue de Cuba, Hernán Cortés débarqua sur la côte du Golfe du Mexique, où il fonda la ville de Villa Rica de Vera Cruz. Il y entendit parler des richesses de l'empire aztèque. Les ambassadeurs que lui dépêcha le souverain aztèque Moctezuma II ne firent qu'aiguiser sa convoitise. Outrepassant les instructions du gouverneur de Cuba, il se mit en route pour Tenochtitlan, prétextant de son désir de rencontrer Moctezuma. En route, les Tlaxcaltèques, ennemis traditionnels des Aztèques, après avoir tenté de s'opposer au passage des Espagnols sur leur territoire, se rallièrent aux nouveaux venus et leur apportèrent un concours précieux.
Le 8 novembre 1519, malgré les obstacles mis sur son chemin par les Aztèques, Cortés fit son entrée dans la capitale, où il fut accueilli par Moctezuma dans une atmosphère d'apparente cordialité. Au bout de quelques jours, il s'empara de la personne de l'empereur et gouverna désormais en son nom. En décembre, Cortés dut retourner à Vera Cruz pour faire face à une expédition espagnole rivale sous les ordres de Panfilo de Narvaez, envoyée de Cuba pour le démettre de son commandement.
En son absence, son lieutenant, Pedro de Alvarado, mit le feu aux poudres à Tenochtitlan en faisant massacrer la fleur de la noblesse mexica lors de la fête de Toxcatl. À son retour, Cortés se retrouva encerclé dans le palais que ses troupes occupaient. Au cours des troubles qui suivirent, Moctezuma perdit la vie. Sous la direction d'un nouveau tlatoani, Cuitláhuac, les Aztèques se montrèrent décidés à anéantir les envahisseurs. Au cours de l'épisode connu sous le nom de Noche triste, Cortés et ses hommes se frayèrent un chemin vers la terre ferme au prix de très lourdes pertes.

Après avoir frôlé l'anéantissement lors de la bataille d'Otumba, Cortés continua sa retraite vers Tlaxcala. Il existait au sein de la classe dirigeante tlaxcaltèque deux factions : Maxixcactzin et Xicotencatl l'Ancien étaient favorables aux Espagnols; Xicotencatl le Jeune leur était hostile. Il s'était montré sensible aux avances des Aztèques, qui avaient proposé une alliance avantageuse à Tlaxcala. Le parti espagnol l'emporta néanmoins et Cortés put refaire ses forces à Tlaxcala.
Cortés, malgré l'opinion contraire de certains de ses compagnons, était fermement décidé à retourner à Tenochtitlan et à soumettre la ville. On se prépara donc au conflit des deux côtés. Les Aztèques recherchèrent des alliés. Ils firent notamment des ouvertures au souverain tarasque, mais ce dernier refusa par deux fois et fit sacrifier les ambassadeurs aztèques. L'empereur Cuitlahuac promit de dispenser de tribut toute cité qui tuerait des Espagnols, mais sans plus de succès, car les Aztèques s'étaient fait haïr des peuples récemment soumis, qui, ignorant tout des buts des Espagnols, voyaient en eux des libérateurs.
De son côté, Cortés reçut à plusieurs reprises de précieux renforts venus de la côte : trois bateaux d'une expédition lancée par Francisco de Garay, gouverneur de la Jamaïque; deux bateaux envoyés par le gouverneur de Cuba pour renforcer les troupes de Narvaez, ainsi que plusieurs navires venus d'Espagne. À la fin de l'année 1520, Cortés pouvait compter sur quelque 550 hommes, dont 80 arquebusiers et arbalétriers, 40 chevaux et neuf canons. Le manque de poudre devait cependant rester un souci pendant toute la campagne.
Comme Tenochtitlan était une île, Cortés fit construire treize brigantins pour en faire le blocus naval. Ce fut une des chances du conquistador que se trouvât parmi les survivants de la Noche Triste un remarquable charpentier de marine, Martin Lopez. Ce dernier entreprit de récupérer des matériaux, fers, clous, voiles et cordages sur les bateaux échoués à Vera Cruz. Ces embarcations à voiles et à rames d'un faible tirant d'eau furent assemblées à Atempa dans les environs de Tlaxcala grâce à l'aide des indigènes.
Pour prouver à tous, Espagnols comme Indiens, qu'il maîtrisait la situation, Cortés attaqua la cité de Tepeac où quelques Espagnols avaient été massacrés. Il anéantit la garnison aztèque et réduisit les habitants en esclavage. Les captifs furent marqués au fer rouge d'un «G» (guerra). Dans sa seconde lettre à Charles Quint, Cortés explique lui-même qu'il veut inspirer la terreur :
« Je pris encore cette résolution de les faire esclaves pour jeter l'épouvante parmi les Indiens de Mexico et parce que la population est si dense que si je ne leur imposais pas un châtiment exemplaire, il me serait impossible de les soumettre»


 Ensuite, «considérant que cette province se trouve être le débouché de tous les passages de la côte à l'intérieur, et que c'est le chemin que prennent les marchandises pour pénétrer dans le pays», il fonda à proximité la ville de Segura de la Frontera, qui lui servirait de base.
Entretemps, les conquistadores avaient reçu une alliée inattendue. Au cours de l'été 1520, la variole, qui aurait été apportée de Cuba à Vera Cruz par un serviteur noir, se répandit rapidement dans tout le Mexique et décima la population qui n'était pas immunisée contre cette maladie inconnue dans le Nouveau-Monde. La variole atteignit la vallée de Mexico en septembre 1520 et ravagea Tenochtitlan en octobre. Parmi les morts se trouvait le successeur de Moctezuma, Cuitlahuac. Il fut remplacé par Cuauhtemoc. Non seulement l'épidémie sapa les capacités physiques au combat des indigènes, mais, comme elle ne semblait pas tuer leurs ennemis espagnols, elle ébranla également leur moral.
Le 28 décembre 1520, Cortés quitta Tlaxcala en direction de la vallée de Mexico. Il s'empara d'abord sans coup férir de Texcoco, deuxième cité de la Triple Alliance. Les habitants étaient divisés : le roi Coanacochtzin s'étant enfui à Tenochtitlan, une partie d'entre eux, emmenés par Ixtlilchochtitl, un fils de Nezahualpilli, que les Aztèques avaient écarté de la succession au trône, rejoignirent le camp espagnol. Se servant de Texcoco comme base, Cortés lança des opérations de reconnaissance autour du lac.
Les brigantins furent amenés en pièces détachées de Tlaxcala. Le 28 avril 1521, ils furent mis à l'eau sur le lac Texcoco. À la veille du siège, Cortés disposait d'environ 90 cavaliers, 120 arbalétriers et arquebusiers, 700 fantassins, trois grands canons et 15 petits, ainsi qu'un nombre indéterminé d'alliés indiens.
Avant le début du siège, il prit soin de renforcer la discipline de ses troupes en promulguant des ordonnances très sévères. Le plan de Cortés était d'affamer les habitants de la cité lacustre en bloquant les accès des principales chaussées qui y menaient et en sillonnant le lac avec ses brigantins.
Il répartit ses forces terrestres en trois corps : une division fut confiée à Pedro de Alvarado chargé de bloquer la chaussée de Tacuba; une deuxième à Cristóbal de Olid, face à la chaussée de Coyoacan, la troisième à Gonzalo de Sandoval au débouché de la chaussée d'Ixtapalapa. Chaque corps était appuyé par quelque huit mille alliés indiens. Cortés lui-même prit la tête de la force navale formée des treize brigantins, montés chacun par vingt à trente hommes et armés d'un canon.
Le 22 mai, Alvarado et Olid quittèrent Texcoco pour prendre leurs positions. En chemin, ils coupèrent l'aqueduc de Chapultepec, qui approvisionnait Tenochtitlan en eau potable.
Le 31 mai, Sandoval complétait le dispositif à Ixtlapalapa. Cortés laissa délibérément libre la chaussée de Tepeyac, au nord de la ville : il espérait que les forces aztèques emprunteraient cette dernière voie pour évacuer la ville et que celle-ci tomberait intacte entre ses mains

Le 1er juin eut lieu un important engagement naval : environ cinq cents canots aztèques attaquèrent la flotte de brigantins. Les Espagnols les dispersèrent et en détruisirent un grand nombre, s'assurant le contrôle du lac.
Au cours des premières semaines du siège, les combats furent indécis. En terrain découvert, les canons et les chevaux des Espagnols leur offraient une supériorité évidente. Il n'en allait pas toujours de même sur les chaussées menant à la cité ou dans des combats de rue. Lors des combats sur les chaussées, les canots aztèques harcelaient les Espagnols sur leurs flancs, les arrosant de flèches et de pierres. Ils creusaient des brèches dans les chaussées et construisaient des barricades pour entraver l'avance des conquistadores. Comblées par les auxiliaires indiens des Espagnols, elles étaient aussitôt rouvertes par les Aztèques la nuit suivante.
Comme des vivres continuaient à pénétrer dans la cité par la chaussée de Tepeyac, Cortés envoya un détachement pour la bloquer, rendant le blocus hermétique. Les brigantins montrèrent alors leur utilité en appuyant les opérations terrestres et en opérant des raids à l'intérieur de la ville, où ils pénétraient par les grands canaux. Les Aztèques, de leur côté, fichèrent des pieux au fond du lac pour entraver les mouvements des bateaux. Ils s'efforcèrent de s'adapter à la technologie militaire espagnole: confrontés aux armes à feu, ils apprirent à ne plus avancer en ligne droite, mais à courir en zigzag. Le Codex de Florence décrit comment «...lorsqu'ils voyaient qu'allait tomber déjà le coup de la grosse trompette-à-feu, ils se jetaient à terre, on se couchait par terre, on s'accroupissait.». Ils ne firent jamais usage eux-mêmes d'armes à feu prises aux Espagnols, mais s'en débarrassaient : «... la trompette-à-feu, là-bas, ils (les Espagnols) l'ont laissée dans leur précipitation sur la meule des sacrifices. Aussitôt les vaillants guerriers l'ont saisie, l'ont traînée, l'ont jetée dans l'eau.»
Chaque jour, les Espagnols lançaient maintenant des raids à l'intérieur de la cité et se retiraient la nuit. Du haut des immeubles, les Aztèques les bombardaient de projectiles, qui tuaient peu de monde, mais faisaient de nombreux blessés.

Le 30 juin, une attaque générale du marché de Tlatelolco se solda par un échec retentissant. Les Espagnols avaient négligé de combler un fossé derrière eux et s'étaient aventurés sur une chaussée fort étroite. Lorsque les Aztèques contre-attaquèrent, la retraite espagnole tourna à la débandade. Cortés fut à deux doigts d'être pris. Les conquistadores perdirent un brigantin et plusieurs dizaines d'entre eux, capturés vivants, furent sacrifiés par les Aztèques. De loin, leurs camarades assistèrent impuissants à la scène. L'empereur Cuauhtemoc s'empressa par ailleurs d'envoyer dans les provinces des messagers, qui portaient des témoignages de la défaite espagnole, notamment des têtes de chevaux. La plupart des alliés indiens abandonnèrent le camp espagnol et le moral des envahisseurs était au plus bas.
La priorité de Cortés était de restaurer la confiance de ses alliés indiens. Appelé à l'aide par les habitants de Cuernavaca menacés par les Aztèques de Malinalco, il dépêcha un de ses lieutenants, Andrés de Tapia, sur place avec une petite troupe qui tailla les Aztèques en pièces. De son côté, Sandoval porta assistance aux Otomi contre Temascalcingo.
L'impact psychologique de ces victoires fut énorme et vers la mi-juillet, les Espagnols virent leurs alliés revenir vers eux. N'obtenant pas de résultats décisifs par cette guerre d'usure, Cortés décida de changer de stratégie :
« ...je résolus de prendre alors pour notre sûreté une mesure radicale et ce fut de détruire, quelque temps que cela pût nous coûter, les maisons de la ville, chaque fois que nous y pénétrerions; de manière que nous ne ferions plus un pas en avant sans tout raser devant nous, tout aplanir et transformer les canaux et les tranchées en terre ferme. »
Le procédé se révéla payant et les conquistadores purent pénétrer de plus en plus profondément dans la cité. Cortés put bientôt installer un camp permanent au cœur de la ville. Alvarado atteignit la seule source qui alimentait encore la ville et la détruisit. Tlatelolco fut le dernier réduit de résistance. Le 27 juillet, Alvarado atteignit son célèbre marché. Le lendemain, Cortés et lui y firent leur jonction. Les cavaliers espagnols pouvaient maintenant circuler à leur guise sur cette immense place, sans que les défenseurs aztèques puissent les en empêcher. En août les habitants, affamés, en étaient réduits aux dernières extrémités:
Nous avons mangé le bois coloré du tzompantli,
nous avons mâché le chiendent du natron,
l'argile des briques, des lézards,
des souris, de la poussière de crépi,
et de la vermine
— 'Annales historiques de Tlatelolco
Plusieurs tentatives de négociations eurent lieu mais elles n'aboutirent pas. La situation était sans issue et le découragement gagna les assiégés. Le 13 août 1521, toute résistance cessa. Les Espagnols capturèrent l'empereur Cuauhtemoc, qui tentait de s'échapper en canot. La ville n'était plus qu'un monceau de ruines que les survivants épuisés furent autorisés à quitter :
« Pendant trois journées et trois nuits, les trois chaussées furent absolument couvertes d'Indiens, de femmes et d'enfants, sortant à la file sans discontinuer, si maigres, si sales, si jaunes, si infects que c'était vraiment pitié de les voir. »
Les conquistadores en furent sur le moment pour leurs frais : ils trouvèrent peu d'or et exprimèrent leur mécontentement à l'égard de Cortés.

 
 

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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 18:56 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

La révolte des Pueblos de 1680 ou la rébellion de Popé fut une révolte du peuple des Pueblos contre la colonisation des Espagnols en Amérique, en Nouvelle-Espagne, dans la province du Nouveau-Mexique, qui eut lieu en 1680. Même si les Pueblos réussirent à mettre en fuite les Espagnols en les obligeant à quitter provisoirement la région, ceux-ci profitèrent des divisions internes qui agitèrent la nation pueblo après la révolte pour récupérer leur colonie en 1692.
Après l'expédition du conquistador espagnol Coronado dans le sud-ouest américain actuel en 1540-1542, il faut attendre plus d'un demi-siècle pour que la domination espagnole s'étende au Nouveau-Mexique. Lorsque Juan de Onate, avec de nombreux colons et soldats, arriva dans la région pour fonder Santa Fe en 1610, plusieurs nations amérindiennes, dont les Pueblos, furent victimes de l'extrême violence dont firent preuve envers elles Onate et ses hommes. Se méfiant des Espagnols et outrés par les excès des soldats de Onate, les Pueblos se soulevèrent contre l'expédition coloniale, soulèvement qui fut réprimé dans le sang. Plus de cinq cents Amérindiens furent massacrés par les Espagnols, et de très nombreux autres furent réduits en esclavage. Ces actes commis par Onate eurent pour conséquence de maintenir de force les Indiens locaux sous le joug de l'Espagne qui s'installa alors durablement au Nouveau-Mexique. Les Pueblos durent ainsi accepter la domination espagnole sur leur territoire, qui fut celle des franciscains.

Si, dans un premier temps, ils respectèrent les Pères espagnols, les considérant comme des shamans à moitié divins, l'impuissance de ceux-ci face à l'épidémie de variole de 1636-1640, aux raids Apaches et à une succession de catastrophes naturelles (aridité du climat qui fut extrêmement mauvaise pour l'agriculture), les fit considérer par les Pueblos avec plus de méfiance. En plus de la remise en cause de leurs pouvoirs surnaturels, les Franciscains se virent coupables d'abus sexuels et autres excès sur de nombreux indiens dans les années 1670. Bien que le gouverneur espagnol ait bien voulu aider les Pueblos dans ces problèmes, ceux-ci montèrent une véritable résistance passive et pacifique face aux Pères en continuant par exemple à exercer leur religion en cachette des Espagnols voulant leur inculquer le catholicisme. Il fallut attendre 1680 et l'action du shaman Popé pour que les Pueblos se regroupent politiquement pour chasser les Espagnols du Nouveau-Mexique.
Les villages pueblos du Nouveau-Mexique s'étaient regroupés politiquement sous la domination espagnole, abandonnant leurs divisions internes d'alors pour mettre sur pied une importante confédération soudée. Ce fut un shaman pueblo, Popé, qui poussa son peuple à la révolte ouverte contre les Espagnols, en prenant la tête du mouvement anti-espagnol. Il prôna le retour aux anciennes traditions, que les Franciscains voulaient supprimer en partie, et envoya à chaque village pueblos des messages critiquant ouvertement la domination espagnole et dénonçant leurs abus. Le peuple pueblo se rangea bientôt derrière Popé, acceptant de prendre les armes contre les colons.
Le dimanche 10 août 1680, des Pueblos du nord du Nouveau-Mexique assassinèrent des Fransiscains en pleine messe, avant de s'emparer du bétail et des chevaux du village. Le soulèvement fut si bien coordonné et si vite commencé qu'il créa la surprise totale dans la colonie. Le 13 août, les Amérindiens assiégèrent la ville de Santa Fe, forçant les Espagnols à se retirer le 20 août après une résistance inutile de quelques jours. Les colons s'enfuirent au sud à El Paso del Norte (maintenant Ciudad Juárez, au Mexique), où ils restèrent douze ans. Près d'un millier d'Espagnols furent tués, dont 401 colons et 21 Fransiscains le premier jour de révolte. Les Franciscains, qui, par leurs violences et leurs excès, avaient eu une bonne part dans le déclenchement indirect de la guerre, déclarèrent ensuite que ceux de leur ordre ayant été massacrés par les Pueblos lors de la Révolte étaient des martyrs.

Les Pueblos ainsi redevenus maîtres du Nouveau-Mexique firent main basse sur tous les produits espagnols laissés sur place. Le bétail et les chevaux des colons leur rapportèrent notamment beaucoup, car ils purent les échanger à d'autres nations amérindiennes, dont les Apaches et les Navajos. Les Pueblos créèrent ainsi un réseau commercial qui s'étendit jusqu'aux tribus des Plaines et du Grand Bassin.
Cependant, l'unité politique et militaire qui s'était créée entre les villages pueblos s'effondra après le retrait des Espagnols. La nation pueblo se morcela à nouveau en villages autonomes, et aucun leader politique ou militaire ne fut rechoisi après Popé. De plus, les raids apaches reprirent contre les villages pueblos, affaiblissant davantage ceux-ci qui ne pouvaient plus compter sur la présence militaire espagnole pour se défendre.
Les Espagnols profitèrent de cette situation et de la chute de l'unité pueblo pour revenir en force au Nouveau-Mexique et reconquérir la région au début des années 1690. Conduite par Don Diego Vargas, une expédition militaire composée de soldats espagnols et d'alliés amérindiens partit du sud du Nouveau-Mexique et s'attaqua aux villages pueblos un à un. Vargas pouvait compter sur la capitulation de nombreux chefs de guerre pueblos, qui, voyant la taille de l'armée coloniale, acceptaient de se rendre sans condition. C'est ainsi qu'en 1692, Vargas et ses hommes firent le siège de Santa Fe avec succès, tuant plus de 450 Amérindiens ennemis et faisant prisonnier plus de 400 femmes et enfants qui seront ensuite revendus comme esclaves aux Antilles. En 1696, la majorité des villages pueblos du Rio Grande et du Nouveau-Mexique étaient repassés sous contrôle espagnol.

Chefs de la révolte
Ku-htihth (La Cienega de Cochiti): Antonio Malacate
Galisteo: Juan El Tano
Walatowa (Jemez): Luis Conixu
Nambé (Nambé): Diego Xenome
Welai (Picuris): Luis Tupatu (White Elk)
Powhogeh (San Ildefonso): Francisco El Ollito et Nicolas de la Cruz Jonv
Ohkay (San Juan): Po'pay et Tagu
San Lazaro: Antonio Bolsas et Cristobal Yope
Khapo (Santa Clara): Domingo Naranjo et Cajete
Kewa (Santo Domingo): Alonzo Catiti
Teotho (Taos): El Saca
Tehsugeh (Tesuque): Domingo Romero

 

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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 19:46 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

La guerre américano-mexicaine (1846-1848) a opposé les États-Unis au Mexique. Elle est déclenchée lorsque le Congrès américain vote l'annexion du Texas en 1845.
Aux États-Unis, elle est plus couramment appelée The Mexican War (la guerre mexicaine). Occasionnellement, des critiques contemporains l'ont surnommée ironiquement Mr. Polk's War (« la guerre de M. Polk », qui est alors président des États-Unis). Au Mexique, elle est appelée La intervención norteamericana (l'Intervention nord-américaine) ou La guerra del 47 (la guerre de 47).

Nombre d'officiers ayant servi dans l'une ou l'autre des armées, deviendront ensuite présidents de leur pays respectif : Mariano Arista, Nicolás Bravo et Pedro María Anaya pour le Mexique, Zachary Taylor, Ulysses S. Grant et Franklin Pierce pour les États-Unis. On peut citer également George Pickett ou James Longstreet qui deviendront deux importants généraux de l'Armée confédérée.
Cette guerre, ou plus justement l'annexion par les États-Unis des territoires mexicains, fut l'un des facteurs déclencheurs de la guerre de Sécession qui une douzaine d'années plus tard mettra les États-Unis à feu et à sang, comme l'écrivit plus tard Ulysses Grant dans ses mémoires :
« La rébellion du Sud fut l'avatar de la guerre avec le Mexique. Nations et individus sont punis de leurs transgressions. Nous reçûmes notre châtiment sous la forme de la plus sanguinaire et coûteuse guerre des temps modernes. »
— Ulysses Grant

 

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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 20:20 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

La situation à la veille de la guerre est complexe : le Mexique s'étend depuis son indépendance en 1821 sur les territoires du sud-ouest des États-Unis actuels, avec les territoires de Haute-Californie (Alta California) et du Nouveau-Mexique (Santa Fe de Nuevo México ou Nuevo México) c'est-à-dire approximativement sur les territoires des actuels États américains de Californie, de l'Utah, du nord de l'Arizona, du sud-ouest du Wyoming et du Nouveau-Mexique. Le Mexique vient de perdre le Texas, qui, à la suite d'une révolte en 1836, s'est constitué en république indépendante, puis a été incorporé aux États-Unis en 1845. Sur le littoral de l'océan Pacifique, les intérêts mexicains sont menacés par les comptoirs russes.
Quelques terres de cette région sont devenues familières aux montagnards américains et aux marchands qui fréquentent la piste de Santa Fe. Quelques centaines d'Américains sont déjà installés en Californie et des bateaux y échangent différents produits, le long de la côte. Tous ces territoires avant cette guerre se trouvent sous la souveraineté de la République du Mexique indépendante depuis un quart de siècle et qui constituait auparavant la majeure partie de la Nouvelle-Espagne, la colonie espagnole d'Amérique du Nord. Avant le début de la guerre, les États-Unis envoyèrent un diplomate à Mexico, dont la mission était d'acheter le Nouveau-Mexique et la Californie pour 25 millions de dollars. Le Mexique ne donna aucune réponse.
À Washington, le président James Knox Polk est un chantre de la conquête de l'Ouest et veut voir se réaliser la « Destinée manifeste ». Cette idée a été parfaitement illustrée par le rédacteur de la Democratic Review, John L. O'Sullivan : « C'est manifestement notre destinée de nous répandre sur le continent que la Providence nous a alloué pour y assurer le libre développement d'une population qui, chaque année, se multiplie par millions. ». En février 1846, il envoie des troupes, commandées par le général Zachary Taylor, sur le Río Grande pour faire pression sur le gouvernement mexicain. Il souhaite acheter les territoires qui compléteraient l'Union. Taylor construit alors Fort Texas (plus tard nommé Fort Brown) sur la rive nord du Rio Grande face à la ville mexicaine de Matamoros.

Le siège de Fort Texas est l'un des premiers engagements de la guerre américano-mexicaine. Cette bataille est aussi connue sous le nom de siège de Fort Brown, ce qui n'est pas absolument correct – le nom de Fort Brown lui sera donné après la bataille qui vit la mort du commandant du fort le major Jacob Brown qui fut l'une des deux victimes du bombardement mexicain lors du siège.
À Washington, le président James Knox Polk est un chantre de la conquête de l'Ouest et veut voir se réaliser la « Destinée manifeste » des USA. En février 1846, il ordonne l'envoi des troupes, sur le Río Grande pour faire pression sur le gouvernement mexicain.
En mars 1846, 3 000 hommes sous le commandement du général Zachary Taylor traversent le Rio Nueces et avancent vers la rive nord du Río Grande. Arrivé sur la berge, le général ordonne une halte sur une péninsule dans un tournant du fleuve, juste en face de Matamoros. Le 27 mars 1846, les troupes américaines commencent la construction d'une fortification en étoile faite de murailles de terre qu'elles nomment simplement "Fort Texas".
Dans leur fort, les troupes américaines paradent, roulements de tambours, drapeaux et bannières s'agitent et une fanfare joue des airs martiaux alors que les Mexicains de l'autre côté du fleuve les regardent faire. Les spectateurs ressentent sans doute un certain malaise en imaginant ce qu'on peut attendre d'une troupe étrangère stationnée à un jet de pierre de leurs foyers et de l'armée mexicaine forte de 5 000 hommes commandée par le général Francisco Mejía.
Mejía envoie rapidement un message à Taylor, il proteste de la présence des troupes américaines sur le sol mexicain. Taylor lui répond que son armée est ici de plein droit sur un territoire appartenant aux États-Unis. Au cours des semaines suivantes des notes de plus en plus insistantes demandent à Taylor et ses hommes de se retirer, toutes reçoivent la même réponse.
Les troupes américaines mettent à profit les semaines qui s'écoulent pour construire le Fort. Sous la conduite de l'ingénieur capitaine Joseph K. F. Mansfield, ils construisent une structure en terre constituée de murs de 4,50 m disposés en étoile à six branches. Les hommes travaillent la boue, la foulant et la disposant en murs de 3 m de haut. Ils creusent un fossé de 2,50 m de profondeur et de 5 à 6 m de large autour des murailles. Un pont-levis et une porte sont placés à la seule entrée du fort.
Quand il sera terminé, le fort formera un rempart sur chacune des six branches de l'étoile au bout desquelles on placera des canons qui pourront faire face à une attaque d'où qu'elle vienne, y compris des canons situés sur l'autre rive du Río Grande. Des sacs de sables empilés autour des fûts les protègent des boulets.
Les Mexicains ne restent pas non plus bras ballants, ils renforcent les défenses de Matamoros, ses forts et les emplacements de ses canons. L'un des forts de cette époque, la Casamata, existe toujours et est devenue un musée d'histoire mexicain.
La fièvre guerrière emplit l'air. Chacun s'attend à recevoir le feu de l'ennemi mais nul ne sait où et quand.
Des rumeurs indiquent que l'armée mexicaine va traverser le Río Grande, des rumeurs justifiées car le nouveau commandant mexicain le général Mariano Arista, y songe justement. Il craint que Matamoros ne puisse résister à un siège si, comme il s'y attend, les troupes américaines attaquent. Arista décide de prendre l'initiative.

L'Affaire Thornton est le casus belli de cette guerre. Zachary Taylor envoie une patrouille de 63 dragons le long du Río Grande afin de détecter toute tentative de traversée de l'armée mexicaine vers Fort Texas. Le 25 avril 1846, les dragons, commandés par le capitaine Seth Thornton, arrivent par une ouverture dans un champ entouré d'une brousse épaisse au Ranchos Carricitos. Les soldats se dirigent vers les bâtiments quand 2 000 cavaliers mexicains commandés par le général Anastasio Torrejon apparaissent, leur coupant toute retraite. Des coups sont tirés alors que les soldats américains tentent une charge désespérée avant de galoper dans toutes les directions pour échapper au feu ennemi.
Le feu ne dure pas très longtemps, onze soldats américains sont à terre et la plupart des autres sont capturés y compris Joseph Hardee qui deviendra plus tard un général confédéré. Mais au moins un homme parvient à s'enfuir et rejoint Fort Texas avec les nouvelles de l'anéantissement de la patrouille. Dès lors le Président Polk tient la provocation qu'il cherchait pour déclarer la guerre au Mexique et dont le Congrès des États-Unis sera bientôt saisi. Les travaux pour achever Fort Texas redoublent.
Au début mai, le capitaine des Texas Ranger Sam Walker qui patrouille pour le général Taylor, lui rapporte de mauvaises nouvelles. Des milliers de Mexicains menés par le général Mariano Arista traversent le Río Grande et seront bientôt en mesure d'empêcher tout ravitaillement de Fort Texas qui arrive depuis Port Isabel sur la côte du Golfe du Mexique. Face à ce dilemme, Taylor divise ses forces. Il marche avec la plus grande partie de ses troupes vers la côte, laissant 500 hommes et de l'artillerie au fort, dans l'espoir qu'ils puissent résister à l'attaque. Cette stratégie semble fonctionner, la traversée de l'armée mexicaine a été retardée, permettant aux forces de Taylor d'éviter une confrontation directe. Se déplaçant de nuit, Taylor rejoint sans encombre Port Isabel où les soldats commencent à renforcer les fortifications et remplir les chariots destinés au ravitaillement de Fort Texas.
Arista décide d'assiéger Fort Texas, il pense que 500 hommes, encombrés d'une centaine de femmes et d'enfants, de soldats blessés et de prisonniers mexicains, ne résisteront pas longtemps. Les troupes américaines de Port Isabel devront tenter de leur venir en aide et lorsqu'elles le feront, Arista leur tombera dessus en terrain découvert.

Le 3 mai, les Mexicains commencent le bombardement de Fort Texas. Les forces américaines répondent avec leur artillerie et détruisent deux pièces d'artillerie sur l'autre rive du Río Grande, obligeant les Mexicains à déplacer plusieurs de leurs batteries. Fort Texas fait pleuvoir ses canons sur le centre de Matamoros. Les Mexicains répondent avec un feu redoublé. Le grondement de la bataille est si intense qu'à des kilomètres de là, il est entendu par les troupes de Zachary Taylor sur la côte. Décontenancé et inexpérimenté, Ulysses S. Grant, écrira plus tard, « …pour un jeune second lieutenant qui comme moi n'avait jamais entendu auparavant le feu des canons ennemis, je regrettais alors de m'être engagé. »
Taylor est déchiré, il craint que Fort Texas ne puisse résister à l'assaut et que même s'il le peut, il ne pourra renforcer suffisamment les fortifications de Port Isabel avant d'aller au secours du fort. Il envoie quelques éclaireurs à Fort Texas afin d'estimer combien de temps il tiendra. Un seul atteint le fort, le capitaine Sam Walker des Texas Rangers, qui apprend que les murailles de boue de Fort Texas résistent bien au bombardement mexicain. Les boulets de canon qui frappent les murailles pentues ont tendance à rouler au loin plutôt que d'exploser. Les défenseurs commandés par le Major Jacob Brown, sont optimistes, ils tiendront jusqu'au retour de Taylor.
Même sous le feu des canons ennemis les soldats continuent la construction du fort. Ils ont même terminé le sixième mur ainsi que le pont-levis et la porte du fort. Le Sergent Horace B. Weigert est la première victime, touché alors qu'il travaille à la construction du dernier mur.
Le jour suivant, le 4 mai, à 4 heures du matin, l'éclaireur Walker, tente de rejoindre Port Isabel pour faire son rapport à Taylor, mais il lui est impossible de franchir les lignes mexicaines et rentre au fort. L'armée mexicaine poursuit le bombardement du fort jusque tard dans la nuit. Fort Texas répond en prenant soin d'économiser ses munitions. À la tombée de la nuit, Walker tente une nouvelle sortie. Les soldats du fort entendent un coup de feu, puis plus rien.
Le bombardement mexicain reprend le 5 mai avant le lever du soleil. La plupart des boulets ne causent que peu de dommages même si quelques-uns atterrissent à l'intérieur des fortifications.
Avec les murailles, les soldats ont construit des traverses. Ces longs tunnel font environ 80 cm de large et offrent un passage couvert entre les différents points du fort. Construits avec des barils qui font office de parois et des planches comme toit, les traverses sont couvertes de 30 cm de boue et offrent un abri sûr aux défenseurs qui ne sont pas de garde sur les murailles.
Les hommes du fort, s'ils sont relativement à l'abri des canons mexicains, voient arriver une nouvelle menace, un millier de soldats mexicains traversent le Río Grande, prenant position à proximité de Fort Texas. Commandés par le général Pedro Ampudia, les hommes se répartissent le long d'un bras mort du Río Grande. (Il se nomme aujourd'hui le Resaca de Fort Brown.)
Des soldats parviennent à se glisser hors du fort pour espionner les positions mexicaines, s'approchant suffisamment près pour observer que d'importantes forces de cavalerie et d'infanterie sont dangereusement proches. Il est clair que l'armée mexicaine est prête à donner l'assaut. Les efforts pour achever la dernière muraille n'en deviennent que plus urgents.
La reconnaissance établit également que l'armée mexicaine a stationné de l'artillerie le long du bras mort du fleuve. En tirant de concert avec leurs lourds canons situés sur l'autre rive du fleuve, les Mexicains tiendraient Fort Texas sous un feu croisé.

Le Président James Knox Polk

Le 6 mai, l'attaque s'intensifie. Le fort est maintenant martelé par l'artillerie de trois côtés à la fois. Le commandant du fort, le Major Jacob Brown, supervise le feu d'un canon lorsqu'un boulet s'écrase et explose, tout proche, déchiquetant sa jambe. Saignant abondamment, on le conduit à l'abri, ses officiers inquiets se pressent autour de lui. On rapporte que Brown leur dit alors, "Faites votre devoir. Restez à votre poste. Je ne suis que l'un de vous." Les chirurgiens décident que seule l'amputation a une chance de lui sauver la vie.
Pendant ce temps le général Ampudia fait quelques essais tactiques. Il envoie un groupe d'hommes comprenant des tireurs d'élite s'approcher du fort. Ils dissimulent leur mouvements en avançant dans la ravine formée par le bras mort du Río Grande. Alors qu'ils approchent du fort, ils utilisent la berge du Río Grande pour se couvrir, mais les guetteurs du fort les aperçoivent et les canons du fort ouvrent le feu. Ils tuent un soldat mexicain et les autres se retirent rapidement. En voyant la précision du tir de l'artillerie ennemie, Ampudia conclut qu'un assaut sur le fort serait trop coûteux en hommes. Il décide donc de continuer le siège.
Au soir du 7 mai, Fort Texas a subi cinq jours de bombardement intensif. Aucun des deux camps ne fait montre de vouloir abandonner le combat et il n'y a toujours aucun signe d'un prochain renfort pour les défenseurs. Ceux-ci ont terminé le dernier mur alors que les Mexicains poursuivent leur tir d'artillerie, avec quelques réponses sporadiques du fort.
Des officiers américains décident de prendre l'offensive. L'ingénieur chef Mansfield conduit furtivement un groupe hors du fort, s'approchant de quelques fortifications mexicaines et faisant sauter un remblai. Un autre groupe incendie des maisons occupées par des troupes mexicaines.
Ces incursions remontent sans doute le moral des troupes, mais elle ne bouleversent pas l'équilibre des forces. L'armée américaine voit chaque jour ses provisions diminuer et reste prisonnière du fort.
Walker, le Texas Ranger, a malgré tout réussi à passer au travers de milliers de soldats mexicains et rejoint Port Isabel où il rapporte au général Taylor que les défenseurs tiennent bon, donnant le temps à Taylor d'améliorer la défense du dépôt et d'organiser les secours.
Le 8 mai, Taylor marche sur Fort Texas avec une armée de 2 300 hommes et 250 chariots de ravitaillement. Sur sa route, à une douzaine de kilomètres au nord du fort, une armée mexicaine forte de 4 000 hommes, commandée par le général Mariano Arista, l'attend.
La bataille de Palo Alto va commencer, avec celle du Resaca de la Palma, elles décideront du sort de Fort Texas.


 

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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 21:01 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille de Palo Alto fut la première bataille majeure de la guerre américano-mexicaine, elle se déroula le 8 mai 1846 à 8 km de Fort Texas (aujourd'hui Brownsville; le site de la bataille n'est pas à Palo Alto (Texas)). Une force d'environ 4 000 hommes (une partie de l'Armée du Nord mexicaine) conduite par le général Mariano Arista, comprenant les brigades d'infanterie de La Vega et Garcia ainsi que la brigade de cavalerie Torrejon engagèrent une force de l'armée américaine de 2 400 hommes – appelée alors US Army of Observation (Armée US d'observation).
La bataille découle des opérations mexicaines visant à assiéger Fort Texas dont la construction a commencé fin mars 1846, que les Mexicains considèrent (avec raison) avoir été construit sur le territoire mexicain. Le général Zachary Taylor, se trouve alors à Port Isabel où il reçoit de l'approvisionnement, lorsqu'il entend au loin le canon tonner. Les Mexicains ont commencé l'attaque de Fort Texas. Taylor rassemble ses troupes et vole au secours des défenseurs du fort, mais il est alors attaqué par une force mexicaine commandée par le général Arista. Une autre force mexicaine (composée de 1 540 hommes : artillerie 14 canons, les bataillons de Gardes nationaux de Matamoros et les bataillons d'active de Mexico, Puebla et Morelia) sous le commandement du général de brigade Francisco Mejia sont restés autour de Fort Texas et à Matamoros (la ville mexicaine faisant face au fort sur la rive sud du Río Grande).

L'armée du général Arista se déploie sur une largeur de près de 2 km rendant impossible la première option de Taylor d'une charge américaine à la baïonnette. Taylor, dans un mouvement improbable fait avancer son artillerie pour attaquer l'ennemi. Il s'agit d'une Flying Artillery (artillerie légère mobile, montée sur des chariots tirés par des chevaux et servie par des cavaliers), la tactique d'utilisation de l'artillerie légère consistant à attaquer puis rapidement changer de position et tirer à nouveau, développée par le major Samuel Ringgold (qui sera tué lors de la bataille), sera décisive. L'artillerie mexicaine, lourde et peu mobile, est totalement inefficace dans les broussailles épaisses de Palo Alto. Arista ordonne des charges de cavalerie pour attaquer par le flanc l'artillerie américaine, mais la Flying Artillery est capable par un mouvement rapide de changer de position et de décimer les dragons qui chargent.
Les Mexicains subissent de lourdes pertes comparées à celles des Américains, ce pour quantité de raisons. L'armée mexicaine utilise une poudre de qualité médiocre qui raccourcit la portée des canons et des mousquets. Cette mauvaise poudre ayant la fâcheuse habitude d'exploser prématurément, les soldats ont tendance à en charger une quantité réduite, ce qui affecte encore plus la portée de leurs armes. Les Mexicains généralement peu entraînés sont souvent terrifiés par le volume des gaz d'explosion de leur poudre. Enfin, leur armement est technologiquement inférieur. Les mousquets qu'utilisent les hommes d'Arista sont des Brown Bess britanniques, les mêmes que ceux utilisés par les Anglais lors des guerres napoléoniennes (30 ans auparavant), les troupes américaines étaient munies des tout derniers fusils produits aux États-Unis.

Lors de la nuit du 8 mai, les Mexicains se retirent sur une position qu'ils estiment plus favorable à leurs forces, la Resaca de La Palma où se produira le lendemain la prochaine bataille.
Il est difficile de désigner un vainqueur pour cette bataille ; certes les Mexicains font retraite, mais il s'agit surtout d'un mouvement tactique visant à amoindrir l'efficacité de la Flying Artillery américaine en choisissant un terrain qui lui soit moins favorable alors qu'il avantagera l'artillerie lourde mexicaine. D'un autre côté, l'artillerie américaine a réellement démoralisé les hommes d'Arista et causé de lourdes pertes dans leur rangs.
Le site de la bataille se trouve aujourd'hui dans le Palo Alto Battlefield National Historic Site sous la garde du National Park Service.

 

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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 21:07 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille du Resaca de la Palma se déroule le 9 mai 1846 durant la guerre américano-mexicaine. Elle oppose le général Mariano Arista commandant l'armée mexicaine aux troupes de l'armée U.S. commandées par le général Zachary Taylor. Elle se déroule à proximité de Fort Texas (aujourd'hui Brownsville). Elle se termine par la déroute de l'armée mexicaine.
Pendant la nuit du 8 mai, Arista, après la décevante bataille de Palo Alto, choisit de se replier sur une position plus favorable, le Resaca de la Palma, la berge d'une rivière à sec offrant un rempart naturel, où il attend les troupes de Taylor.
Au matin du 9 mai, les 1 700 hommes de Taylor attaquent une force mexicaine d'environ 4 000 hommes. Les plans méticuleux d'Arista pour cet engagement sont mis à mal par les luttes politiques au sein de son état-major et les difficultés de communications sur le terrain très accidenté du champ de bataille.

La résistance des mexicains est vive et les forces américaines manquent de perdre pied, lorsqu'un coup de chance permet à leurs dragons de prendre par surprise le flanc des lignes mexicaines et les forcent finalement à battre en retraite. Deux contre-attaques sur les positions américaines sont repoussées et l'armée mexicaine fuit le champ de bataille, laissant derrière elle presque la totalité de son artillerie, les couleurs du Mexique et le service en argent d'Arista.
L'embarras causé par cette potentielle victoire tournant en cuisante défaite, fait qu'Arista est relevé de son commandement de l'armée du Nord et pousse à un sérieux réexamen de la stratégie mexicaine. Malheureusement pour les Mexicains, la corruption et les conflits au sein de leur gouvernement ne permettent pas d'établir une stratégie cohérente tout le temps que durera cette guerre, malgré les talents et certains succès de l'armée mexicaine.
Le site de la bataille se trouve aujourd'hui à l'intérieur des limites de la localité de Brownsville.

 

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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 21:22 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

Polk est informé de l’affaire Thornton qu'il considère comme un casus belli. Un message au Congrès du 11 mai déclare que « le Mexique a envahi notre territoire et versé le sang américain sur le sol américain, j'invoque l'intervention urgente du Congrès pour qu'il reconnaisse officiellement l'existence de la guerre ». Une session conjointe des chambres approuve par une majorité écrasante la déclaration de guerre. Les Démocrates soutiennent la guerre à une écrasante majorité, 67 Whigs votent contre lors d'un amendement, mais au vote final seuls 14 Whigs votent non, y compris le représentant Abraham Lincoln qui précise que ce n'est pas le sol américain, mais un territoire convoité par deux pays. Le Sénat américain vota dans le même sens par 40 voix contre 2. Les États-Unis déclarent la guerre au Mexique le 13 mai 1846, le Mexique la déclarera le 23 mai.
Les Whigs du Nord et du Sud sont en général opposés à la guerre, alors que les Démocrates, pour la plupart, la soutiennent. Abraham Lincoln (du Parti whig) conteste les causes de la guerre et demande à quel endroit exactement Thornton a été attaqué et le sang américain versé.
« Cette guerre est indéfinissable », déclare le leader du Parti whig, Robert Toombs de Géorgie. « Nous accusons le président d'usurper le droit de faire la guerre… en se saisissant d'un territoire qui depuis des siècles appartient aux Mexicains. Contrôlons ce désir de domination. Nous avons bien assez de territoire, comme même le Ciel le sait. » [Beveridge 1:417]
Après la déclaration de guerre, les troupes des États-Unis envahissent le Mexique sur deux fronts principaux. Le Département de la Guerre des États-Unis envoie des troupes de cavalerie commandées par Stephen W. Kearny pour envahir l'ouest du Mexique depuis Fort Leavenworth, renforcé par la flotte du Pacifique sous les ordres de John D. Sloat. Le but premier est ici de contrecarrer les Britanniques qui auraient pu être tentés d'occuper ce territoire. Deux autres forces, l'une commandée par John E. Wool et l'autre par Taylor, reçoivent l'ordre d'occuper le Mexique jusqu'à la ville de Monterrey.

Le siège de Los Angeles commence le 13 août 1846, durant la Guerre américano-mexicaine. Il consiste en une occupation du Pueblo de Los Angeles par les Marines des États-Unis.
Après la bataille de Monterey, les Américains tiennent le nord de la Californie, mais le général José Maria Castro et le gouverneur Pio Pico organisent la résistance dans le sud autour de la région de Los Angeles. Le commodore Robert Field Stockton arrive dans la baie de Monterey à bord de l'USS Congress, le 15 juillet et prend le commandement détenu par John Drake Sloat. Stockton accepte le Bear Flag, sous le commandement du Major John Charles Frémont ainsi que le Bataillon de Californie. Stockton place alors des garnisons à Sonoma, San Juan Bautista, Santa Clara et Sutter's Fort.
Le plan de Stockton, pour faire face à Castro, est d'embarquer les hommes de Frémont, commandés par Samuel Francis Du Pont, à bord de l'USS Cyane vers San Diego afin de bloquer tout mouvement vers le sud, tandis que lui-même débarque ses forces, à San Pedro, qui se déplacent par voie terrestre en opposition à Castro. Fremont arrive à San Diego le 29 juillet et atteint San Pedro le 6 août à bord de l'USS Congress
Après la tenue d'un conseil de guerre, Castro décide de quitter la Californie, en direction de Sonora avec Pico et quelques partisans le 11 août, tandis que le reste de ses forces se retire à Rancho San Pascual.
Le 13 août 1846, Stockton mène ses hommes en ville, suivi par les forces de Frémont, une demi-heure plus tard. Le 14 août, le reste de l'armée se rend à l'armée de Californie
Stockton établit une garnison de quarante-huit hommes sous le commandement du capitaine Archibald H. Gillespie et quitte la ville en septembre. Ses hommes, cependant, sont indisciplinés, dans une région fortement pro-Mexicaine.
Le 23 septembre, une vingtaine d'hommes, sous le commandement de Cerbulo Varela, échangent des coups de feu avec les Américains à la maison du gouvernement, ce qui enflamme le Pueblo de Los Angeles. Le 24 septembre, 150 Californios, s'organisent sous l'autorité de José María Flores, un officier mexicain resté en Californie, dans l'ancien camp de Castro, à La Mesa. José Antonio Carrillo et Andrés Pico rassemblent une troupe de Vaqueros. Les forces de Gillespie sont assiégées, tandis que Gillespie envoie Juan Flaco Brown demander de l'aide à Stockton. Les hommes de Gillespie se retirent à Fort Hill le 28 septembre, mais sans eau, ils se rendent dès le lendemain. Les conditions imposées aux hommes de Gillespie sont de quitter Los Angeles, ce qu'ils font le 30 septembre 1846 à bord du navire marchand américain Vandalia. Flores balaie rapidement les forces américaines restantes dans le sud de la Californie

 

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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 21:31 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille de Monterrey se déroule du 21 au 23 septembre 1846 durant la guerre américano-mexicaine. Elle oppose le général Pedro de Ampudia commandant l'Armée mexicaine du Nord aux troupes de l'armée américaine commandées par le général Zachary Taylor. Elle a lieu devant la ville forteresse de Monterrey où Ampudia a décidé de stopper l'avance des troupes américaines mais il est contraint d'abandonner la ville et n'obtient qu'un armistice de deux mois.
Après les défaites de Fort Texas, Palo Alto et du Resaca de la Palma, l'Armée du Nord mexicaine fait retraite afin de se réorganiser avant d'engager à nouveau les forces américaines du général Taylor qui semblent invincibles. Près de la vieille ville forteresse de Monterrey, le général Pedro de Ampudia reçoit l'ordre de Santa Anna de faire retraite jusqu'à la ville de Saltillo où il devra établir une ligne défensive. Mais Ampudia est assoiffé de victoire et conscient que ses hommes sont au bord de la mutinerie à force d'être contraint de faire retraite, il choisit d'ignorer les ordres et de tenir Monterrey. Cette bataille est la première à laquelle participeront les volontaires américano-irlandais pour le Mexique, les San Patricios, en tant qu'unité d'artillerie contre les troupes américaines.

Durant trois jours, les forces américaines tentent de prendre la ville sans succès. Une forte résistance mexicaine cause des pertes considérables dans les rangs américains et l'artillerie américaine est incapable de percer les murs des nombreuses forteresses et fortifications qui se trouvent face à elle.
Au troisième jour, la Division des Texas Ranger ainsi qu'une division d'infanterie sous le commandement du général William J. Worth prennent quatre collines à l'Ouest de la ville. Elles sont immédiatement occupées par des canons lourds qui déciment les troupes mexicaines fuyant les collines. Une diversion qui permet aux divisions américaines de pénétrer dans la ville par l'Ouest et l'Est.
Il s'ensuit un corps à corps au cœur des murailles de la cité. Les Texas Rangers montrent aux américains un nouveau truc : la guerilla urbaine. Ils envoient des obus incendiaires dans une maison tenue par des soldats mexicains les forçant ainsi à sortir. Alors que l'obus ne cause que des blessures légères, le feu force les mexicains à sauter par les fenêtres. L'armée mexicaine se regroupe sur la place de Monterrey où ils sont bombardés par les obusiers ennemis, le général Ampudia se décide alors à négocier. Taylor, alors toujours face à un ennemi supérieur en nombre, en territoire ennemi, négocie un armistice de deux mois en échange de la reddition de la cité.
L'armistice signé par Taylor et Ampudia aura des effets majeurs sur la suite de la guerre. Taylor est vilipendé par Washington, où le Président James K. Polk affirme que l'US Army n'a aucun droit de négocier quelque trêve que ce soit, elle n'a que le droit de « kill the enemy » (tuer l'ennemi). Qui plus est, les termes de l'armistice qui autorisent les forces d'Ampudia à faire retraite avec toutes leurs armes et les honneurs, sont vus comme stupides et à courte-vue par les observateurs américains.
D'autres pensent qu'Ampudia a, en fait, semé les graines de la défaite du Mexique à Monterrey. Nombre de soldats mexicains sont désabusés par la guerre. Dans une place forte, avec des provisions, des munitions et des armes en quantité, une armée de 12'000 hommes a tenu en échec l'armée américaine pour finalement devoir se rendre sous les coups de l'artillerie lourde américaine.

 

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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 21:44 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

Le siège de Veracruz se déroule durant la guerre américano-mexicaine, du 9 au 29 mars 1847 autour du port et de la ville de Veracruz au Mexique. Il commence par le premier débarquement à large échelle de l'histoire, conduit par les forces armées des États-Unis et se termine par la prise et l'occupation de la ville. Les forces américaines marcheront ensuite sur Mexico.
Après les batailles de Monterrey et de Buena Vista, les combats dans le nord cessent. La plupart des troupes de l'armée d'occupation de Zachary Taylor passe sous le commandement du général Winfield Scott. Après en avoir débattu avec les officiels de Washington, Scott s'accorde pour un débarquement à Veracruz, qui offrira une tête de pont aux américains pour leur progression vers l'intérieur du Mexique.

Forces en présence
États-Unis
Scott a sous ses ordres 12 000 hommes, répartis en 3 divisions, pour cette expédition :
1re Division – William J. Worth
2e Division – David E. Twiggs
3e Division de volontaires – Robert Patterson
Les troupes de Worth et Twiggs se sont précédemment battues à Monterrey et deux des brigades de Patterson sont commandées par des généraux talentueux: John A. Quitman et James Shields. Une brigade de cavalerie commandée par William S. Harney participe également au corps expéditionnaire. L'artillerie navale est sous les ordres du commodore David Conner. Scott a demandé que l'on fabrique des barges de débarquement pour ses troupes, elles sont les premières du genre et ont été construites par le chantier naval de George M. Totten à Philadelphie.
Mexique
Veracruz est considéré à cette époque comme la plus sure forteresse des Amériques. Le brigadier général Juan Morales commande une garnison de 3 360 hommes qui occupent les trois principaux forts qui gardent Veracruz:
Fort Santiago – au sud de la ville,
Fort Concepción – au nord,
Fort San Juan de Ulúa – en mer sur le récif de Gallega.
La ville elle-même est entourée d'une muraille de 4,5 m de haut. Les défenses sont composées de 235 canons dont 135 sur le fort San Juan de Ulúa. On pense que même si la ville devait tomber, Ulúa pourrait tenir et interdire l'accès du port de Veracruz. Parce que la garnison de Morales n'est pas très importante, il décide de ne pas se risquer à engager les forces américaines en terrain découvert et préfère conserver ses troupes dans les forteresses. Faisant cela, il laisse les plages sans défenses ce qui représente des cibles de choix pour l'armée de Scott.

Le corps expéditionnaire américain arrive à Veracruz au début mars. Scott étudie les défenses et conclut qu'un bombardement naval, seul, ne suffira pas à faire tomber la ville. Il choisit la plage Collado à 5 km au sud de Veracruz pour son débarquement. La 1re Division de Worth est choisie comme unité de débarquement. Les navires de Connor se positionnent à moins de cent mètres de la plage, afin d'offrir une couverture d'artillerie en cas de besoin.
Le 9 mars à 3:30, la 1re Division, embarquée dans les barges, atteint la plage à la rame. Juste avant que le gros des troupes ne touche terre, le général Worth saute de son embarcation, il a de l'eau jusqu'aux épaules mais se rue sur la plage afin d'y être le premier. Toute la division de Worth débarque sans que ne soit échangé un seul coup de feu. À 23:00 lors de cette première journée, toute l'armée de Scott a débarqué sur cette plage: le premier grand débarquement de l'histoire militaire des États-Unis est un succès.
Une fois à terre la Division de Patterson fait mouvement vers le nord afin d'encercler totalement la ville. L'une des brigades de Patterson, commandée par Gideon Pillow met en fuite une unité de cavalerie mexicaine à Malibran, coupant l'approvisionnement en eau de la ville. Quitman et Shields se chargent de repousser toute attaque de cavalerie qui tenterait d'empêcher l'avance des troupes. Trois jours plus tard, les Américains encerclent complètement la ville par une ligne de siège de 12 km de Collado au sud à Vergana au nord.

Une tempête se lève et empêche Scott de débarquer ses canons de siège. C'est alors que les assiégeants subissent des attaques venant de la ville et de la guérilla mexicaine. Le colonel Juan Aquayo profite de la tempête pour permettre à la garnison d'Alvarado de rejoindre Veracruz. Le General Patterson est d'avis que l'on devrait profiter de la tempête pour prendre la ville. Scott décline cette option et mentionne qu'il ne veut pas perdre plus de cent hommes. Le 18 l'artillerie est enfin débarquée et Scott conclut qu'il lui est possible de prendre la ville, mais pas le Fort Ulúa.
Le 21 mars, le commodore Matthew C. Perry, second de Conner, arrive de Norfolk (Virginie), après avoir fait des réparations sur le USS Mississippi, avec ordre de remplacer Conner aux commandes de l'escadre. Perry et Conner s'entretiennent avec Scott concernant le rôle de la marine dans le siège et Perry propose que 6 canons soient servis par des marins depuis les navires. À terre, sous la direction de capitaine Robert E. Lee une batterie d'artillerie est mise en place à 600 m de la ville.
Le 22 mars Morales décline l'offre de capitulation que lui présente Scott puis les batteries américaines ouvrent le feu. Les batteries mexicaines répondent avec précision, même si peu d'Américains sont touchés. Des fusées incendiaires sont tirées sur les défenses de la ville, le feu prend dans Fort Santiago et contraint les canonniers mexicains à abandonner leurs postes.

Le 24 mars, la brigade de Persifor F. Smith capture un soldat mexicain porteur d'un message indiquant que Antonio López de Santa Anna et son armée marchent sur Verracruz depuis Mexico. Scott envoie le colonel Harney avec 100 dragons pour guetter l'arrivée de Santa Anna. Harney rapporte que 2 000 Mexicains et une batterie sont proches et qu'il demande des renforts. Le général Patterson conduit un groupe composé de volontaires et de dragons qui avec les hommes de Harney délogent les Mexicains de leurs positions.
Avec de telles nouvelles, Scott s'impatiente et prépare des plans d'assaut sur la ville. le 25 mars, les Mexicains demandent un cesser le feu afin de discuter les termes d'une reddition. Les officiels mexicains plaident pour que femmes et enfants soient autorisés à quitter la ville. Scott refuse, pensant qu'il s'agit d'une manœuvre dilatoire et fait poursuivre les tirs d'artillerie sur la ville. Ce même jour, le second de Morales, le général José Juan Landero s'interpose afin d'éviter à son chef le déshonneur de la capitulation et demande une trêve aux envahisseurs. S'ensuit une négociation de trois jours permettant aux Mexicains d'obtenir des termes de reddition qui leur permettent de sauver la face. Le 29 mars les garnisons mexicaines de Veracruz et Fort Ulúa se rendent officiellement. Ce jour, le drapeau des États-Unis flotte sur San Juan de Ulúa.
Douze jours de bombardement aboutissent à la capitulation de Veracruz et ouvrent la côte est du Mexique aux forces américaines, Scott a tenu sa promesse de pertes minimales: 18 morts. Un autre facteur sur lequel Scott n'a aucun contrôle est la fièvre jaune qui commence à frapper son armée. Cependant Scott établit ses plans de campagne, il laisse une petite garnison à Veracruz et marche vers l'intérieur, son premier objectif sera Xalapa. Sur son chemin Scott va rencontrer l'armée mexicaine commandée par Santa Anna à Cerro Gordo.

 

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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 21:48 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille de Contreras aussi nommée bataille de Padierna (dans le monde hispanique) se déroule dans la nuit du 19 au 20 août 1847 durant la phase finale de la guerre américano-mexicaine, à Contreras, l'un des arrondissements de Mexico. Elle oppose l'armée américaine, forte de 8 500 hommes, commandée par le général Winfield Scott à l'armée mexicaine, forte de 20 000 hommes, commandée par les généraux Antonio López de Santa Anna et Gabriel Valencia. Elle se conclut par une victoire des États-Unis.
Après la superbe victoire lors de la bataille de Cerro Gordo, le 18 avril 1847, l'armée américaine se rend à Xalapa et Puebla, où elle se retrouve dans une région belle, productive et saine, bien loin des fièvres de la côte. Scott y attend des renforts et, peut-être, quelque ouverture de paix de la part du gouvernement mexicain. Mais assez vite il constate les problèmes que cause l'approvisionnement de son armée depuis la base de Veracruz. La route, depuis ses bases de Jalapa et Puebla, jusqu'à la côte est longue et infestée de guérilleros mexicains, il ne peut divertir assez d'hommes pour assurer la sécurité de ses convois d'approvisionnement. Face à ce dilemme, Scott prend une décision hardie: il abandonne sa longue chaîne d'approvisionnement et consolide sa position à Puebla. Son armée survivra sur ce qu'elle pourra arracher au pays et à ses habitants.
À la surprise générale, cela fonctionne. Mexico ne fait aucune demande de négociations mais Scott est en mesure de maintenir son armée en état de combattre durant tout l'été. Lorsque les renforts arrivent, portant ses troupes à environ 13 000 hommes, il décide qu'il est temps d'avancer vers Mexico.

Au sud de Mexico, devant la ville de San Antonio, les Américains se retrouvent face à des défenseurs occupant des positions particulièrement fortes et stratégiques. Scott se tourne à nouveau vers ses ingénieurs et en particulier vers Lee, pour trouver une alternative à une absurde attaque frontale.
Lee, à nouveau lui fournit une solution. Le terrain particulièrement accidenté de cette région, qui comprend le Pedregal, peut-être qualifié du plus infranchissable et plus pur lieu de désolation qu'une armée ait jamais rencontré, un stérile no-man's-land qui fait songer à un océan de lave déchaîné qui se serait subitement figé.
Il est fissuré, creusé de cavernes, hérissé d'affleurements pointus et dénué de vie. Santa Anna ne laisse pratiquement aucune garde en ce lieu où, pense-t-il, il n'est pas aisé de faire avancer un troupeau de chèvres et a fortiori toute une armée. Mais Lee trouve un passage et dirige ses ouvriers afin de tailler un chemin à l'armée de Scott jusqu'à la ville de Contreras. Ce passage permettant à une partie des troupes d'attaquer le flanc des positions mexicaines, alors que l'autre partie des troupes se masse devant San Antonio.
Le commandant et président mexicain Antonio López de Santa Anna envoie une force de 5 000 hommes commandée par le général Gabriel Valencia pour s'opposer aux Américains qui débouchent à Contreras. Les troupes américaines attaquent et mettent en déroute l'armée de Valencia à Contreras.
Avec la déroute de Valencia la position mexicaine de San Antonio est contrainte de se replier sur Churubusco. Après la prise de San Antonio, les forces américaines font leur jonction avec celles qui ont vaincu Valencia et se préparent pour la bataille de Churubusco.
 

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MessagePosté le: Ven 26 Mai - 21:58 (2017)    Sujet du message: 11 Les conflits concernant les pays latino-américains MEXIQUE (sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille de Cerro Gordo (en espagnol Cerro Gordo signifie la grosse colline) se déroule le 18 avril 1847 durant la guerre américano-mexicaine, à Cerro Gordo (localité située sur un col à 3 000m d'altitude, à une centaine de kilomètres à l'intérieur des terres) dans l'État de Veracruz au Mexique. Elle oppose l'armée américaine, forte de 8 500 hommes, commandée par le général Winfield Scott à l'armée mexicaine, forte de 12 000 hommes, commandée par le général Antonio López de Santa Anna. Elle se conclut par une lourde défaite de Santa Anna et de ses troupes.
Après avoir assiégé le port et la ville de Veracruz durant 20 jours, les troupes américaines y entrent victorieusement le 29 mars 1847 et marchent ensuite vers Mexico.
Le général Scott disposait de moins de douze mille hommes à Veracruz, alors que l'administration américaine lui en avait promis beaucoup plus. Il s'agit d'une toute petite armée, appelée à pénétrer à plus de 400 km à l'intérieur d'un pays ennemi pour y assiéger sa capitale; une ville qui à l'époque comptait bien plus de 100 000 habitants. Qui plus est, quel que soit le chemin choisi pour atteindre la capitale, il passe par les montagnes et leurs cols qui sont aisément défendables. En fait, à cette époque, il n'existe que deux routes, menant de Veracruz à Mexico, qui peuvent être empruntées par une armée; l'une passe par Xalapa et Perote, l'autre par Cordoba et Orizaba, toutes deux débouchent sur la vaste plaine qui va jusqu'à Mexico après avoir traversé une chaîne de montagnes.
Il était important de quitter au plus vite Veracruz afin d'éviter la fièvre jaune (nommée vomito au Mexique) qui y sévit à cette époque de l'année et qui peut être fatale aux personnes non acclimatées. Il était absolument nécessaire d'avoir suffisamment de provisions à fournir à l'armée dans sa marche vers Jalapa qui se situe à une altitude (1 400 m) où ne sévissent plus les fièvres côtières et qui plus est une région fertile où une armée de la taille de celle du général Scott peut trouver suffisamment de nourriture pour subsister durant une période indéterminée.
Sans compter les malades et les troupes qui gardent les prisonniers faits à Veracruz, la colonne en marche compte moins de 10 000 hommes. Elle est composée de trois divisions, commandées par les généraux Twiggs, Patterson, et Worth. Afin d'échapper aux fièvres, dès que des moyens de transport suffisant pour une division sont disponibles, elle commence son avance.

Le 8 avril, la division de Twiggs entame sa marche vers Jalapa. Elle est bientôt suivie par celle de Patterson. Le général Worth suivra avec l'arrière-garde dès qu'il aura réuni suffisamment de moyens de transport pour emporter six jours de vivres pour ses troupes ainsi que les munitions et les matériaux nécessaires à l'édification de campements, il pourra enfin quitter Veracruz le 13 avril.
L'avant garde fonce vers l'ennemi à Cerro Gordo, à quelque 80 km à l'ouest sur la route de Jalapa et campe à Plan del Rio, à environ cinq kilomètres des fortifications. Le général Patterson atteint Plan del Rio avec sa division, peu après l'arrivée de Twiggs. Tous deux sont maintenant en sécurité pouvant parer à toute attaque de Santa Anna qui commande les forces mexicaines. Ils font face à l'ennemi, mais sans qu'aucune agression ne se produise jusqu'au 18 avril. Le général Scott est resté à Vera Cruz pour hâter les préparatifs de campagne; Mais le 12 en apprenant la situation sur le front, il se rend immédiatement là bas pour superviser personnellement les opérations. Il établit immédiatement des plans afin de prendre la position tenue par Santa Anna et ses hommes.
Cerro Gordo est un des plus hauts éperons rocheux de ces montagnes à une vingtaine de kilomètres à l'est de Jalapa, Santa Anna l'a choisi car il est le point le plus facile à défendre contre l'armée d'invasion. La route dont on dit qu'elle fut construite par Cortez, zigzague sur le flanc de la montagne et est défendue à chaque virage par une position d'artillerie. De chaque côté s'élèvent des falaises où se creusent des précipices, une attaque en suivant la route ou par le flanc semble impossible. Dès l'arrivée du commandant en chef, des reconnaissances sont envoyées pour trouver ou construire une route par laquelle on pourrait atteindre l'arrière de l'ennemi sans avoir à attaquer de front.
Ces reconnaissances sont menées sous les ordres du Capitaine Robert E. Lee, assisté par les Lieutenants P. G. T. Beauregard, Isaac I. Stevens, Z. B. Tower, G. W. Smith, George B. McClellan, et J. G. Foster, du corps des ingénieurs, tous ces officiers deviendront fameux dans l'un ou l'autre des camps de la guerre de Sécession qui va bientôt déchirer les États-Unis.
Ces reconnaissances menées à bien et la construction de routes sur le flanc de l'ennemi est achevée le 17 avril. Tout ceci est accompli sans que Santa Anna n'en sache rien et sur un terrain où il supposait que ce fut impossible. Le même jour, le général Scott donne ses ordres pour une attaque le 18.

L'attaque a lieu telle qu'ordonnée, et peut-être ne fut-ce pas une bataille de la guerre américano-mexicaine, ni d'aucune autre, tant les ordres donnés avant l'engagement étaient plutôt un exact rapport de ce qui allait se passer ensuite. Sous la conduite des ingénieurs, des routes ont été ouvertes au-dessus de précipices surplombés par des falaises où les hommes pouvaient à peine grimper et où aucune bête ne l'aurait pu.
Les ingénieurs qui ont dirigé les travaux ouvrent la voie, suivis par les troupes. Les canons sont descendus à la main le long des parois escarpées, les hommes attachent une solide corde sur leur essieu arrière et les font descendre lentement, un à un, alors que les hommes au sommet freinent la descente des canons, d'autres plus bas dirigent leur course. D'une manière similaire, les canons sont ensuite hissés le long des pentes opposées. C'est ainsi que les troupes de Scott atteignent les positions qui leur ont été assignées, derrière les retranchements ennemis sans avoir été découverts.
L'attaque débute, les troupes de réserve mexicaines se retrouvent à découvert, derrière les lignes de défense et battent en retraite et celles qui occupent les lignes se rendent, la surprise est totale. Sur le flanc gauche, le général Pillow fait une formidable démonstration qui occupe l'ennemi et contribue à la victoire.
La victoire américaine est écrasante, 3 000 mexicains sont faits prisonniers, des magasins entiers de vivres, de matériels et de munitions sont saisis. Vu leur nombre, les prisonniers seront relâchés sur parole, l'artillerie est conservée, les petites armes et les munitions détruites.
La bataille de Buena Vista fut déterminante dans le succès du général Scott à Cerro Gordo et dans toute sa campagne, de Veracruz aux grandes plaines qui mènent à Mexico. La seule armée dont disposait Santa Anna pour protéger sa capitale et les cols à l'ouest de Veracruz, était celle qu'il avait alors engagée contre le général Taylor.

Il est peu probable qu'il soit allé au nord, jusqu'à Monterrey pour y attaquer les troupes américaines s'il avait su que son pays risquait une invasion par le sud. Lorsque Taylor fit mouvement vers Saltillo et avança vers Buena Vista, Santa Anna traversa le désert pour attaquer l'armée des envahisseurs, en espérant sans doute l'écraser et être de retour à temps pour rencontrer le général Scott dans les cols montagneux à l'ouest de Veracruz. Son attaque sur Taylor fut désastreuse pour l'armée mexicaine, mais, en dépit de ceci, il fait marcher son armée jusqu'à Cerro Gordo, sur une distance de pas moins de mille six cents kilomètres, juste à temps pour s'y retrancher convenablement avant l'arrivée de Scott. S'il avait été victorieux à Buena Vista ses troupes auraient sans doute offert une résistance acharnée à Cerro Gordo. Si la bataille de Buena Vista n'avait pas eu lieu, Santa Anna aurait eu le temps de faire mouvement tranquillement pour rencontrer l'envahisseur plus au sud avec une armée ni démoralisée ni obsédée par la défaite.
Après la bataille, l'armée victorieuse se rend à Jalapa, où elle se retrouve dans une région belle, productive et saine, bien loin des fièvres de la côte. Jalapa, cependant, est toujours dans les montagnes et d'ici à la grande plaine toute la route est facile à défendre. Il est donc important pour les américains de prendre possession de la grand' route entre la côte et le point où elle quitte les montagnes avant que les mexicains n'aient le temps de se réorganiser et d'y établir des fortifications. C'est la division de Worth qui est choisie pour s'assurer de son contrôle. Elle marche vers Perote sur la grande plaine, à quelque distance du débouché de la route des montagnes. Il y a un fort en face de la ville, connu sous le nom de Château de Perote qui se rend sans offrir la moindre résistance.

 

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