50's pour toujours Index du Forum

50's pour toujours
Échange d'idées, humour, philatélie, photo, informatique et beaucoup plus.

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 



 Bienvenue 



 


Date de fondation du forum: 15 avril 2012.
(75) PARIS
Aller à la page: 1, 2, 3, 4, 5  >
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    50's pour toujours Index du Forum -> fiftiz pour toujours -> PHILATELIE (copies interdites sans l'autorisation d'un administrateur) -> DEPARTEMENTS FRANCAIS
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Sam 13 Mai - 11:27 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant

Page 1: Histoire - BALLONS MONTESBoule de Moulins - ARC DE TRIOMPHE - Hôtel des Invalides - La Bourse 

Page 2: 
Musée d’Orsay - Ministère des PTT - Palais du Luxembourg -  Maison de l'Unesco - Palais de l'Élysée - Abbaye Saint-Germain-des-Prés - Académie nationale de médecine - Arche de la Défense - Palais Bourbon - Bibliothèque nationale de FranceCentre national d’art et de culture Georges-Pompidou -  Cité des sciences et de l’industrie  - collège Sainte-Barbe - Collège de France -
                     
Page 3: Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) - École normale supérieure - fontaine des Innocents - Grand Palais - Grande Mosquée de Paris - grande synagogue de Paris - hôtel de la Monnaie - La Bastille ou Bastille Saint-Antoine - conciergerie - place de la Concorde
     
Page 4:  Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) - manufacture des Gobelins hôtel de Guénégaud - Panthéon - tombe du Soldat inconnu -  pont Neuf - Palais-Royal - lycée Henri-IV parc des Buttes-Chaumont - Montmartre - théâtre des Champs-Élysées - 36, quai des Orfèvres parc zoologique de Paris - 
            
Page 5: hôtel de ville de Paris- place des Vosges - musée du Louvre - Sainte-Chapelle - cathédrale Notre-Dame de Paris - 
    

_________________


Dernière édition par saintluc le Dim 25 Juin - 08:26 (2017); édité 50 fois
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Sam 13 Mai - 11:27 (2017)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Sam 13 Mai - 11:44 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant

Paris est la capitale de la France. Elle se situe au cœur d'un vaste bassin sédimentaire aux sols fertiles et au climat tempéré, le bassin parisien, sur une boucle de la Seine, entre les confluents de celle-ci avec la Marne et l'Oise. Ses habitants s’appellent les Parisiens. Paris est également le chef-lieu de la région Île-de-France et l'unique commune française qui est en même temps un département. Commune centrale de la Métropole du Grand Paris, créée en 2016, elle est divisée en arrondissements, comme les villes de Lyon et de Marseille, au nombre de vingt. L’État y dispose de prérogatives particulières exercées par le préfet de police de Paris.
Ville la plus peuplée de France, elle est troisième parmi les aires urbaines européennes derrière Moscou et Istanbul et la 29e plus peuplée du monde. 

La position de Lutèce, sur une île permettant le franchissement du grand fleuve navigable qu'est la Seine par une voie reliant le Nord et le Sud des Gaules, en fait dès l'Antiquité une cité importante, capitale des Parisii, puis lieu de séjour d'un empereur romain. Sa position au centre du territoire contrôlé par les rois Francs la fait choisir comme capitale de la France à la place de Tournai. Située au cœur d'un territoire agricole fertile avec un climat humide et doux, Paris devient une des principales villes de France au cours du xe siècle, avec des palais royaux, de riches abbayes et une cathédrale ; au cours du xiie siècle, avec l'Université de Paris, la cité devient un des premiers foyers en Europe pour l’enseignement et les arts. Le pouvoir royal se fixant dans cette ville, son importance économique et politique ne cesse de croître. Ainsi, au début du xive siècle, Paris est l'une des villes les plus importantes du monde chrétien. Au xviie siècle, elle est la capitale de la principale puissance politique européenne, au xviiie siècle l'un des plus grands centres culturels de l’Europe et au xixe siècle la capitale des arts et des plaisirs. Paris joue donc un rôle culturel, politique et économique majeur dans l’histoire de l'Europe et du monde occidental au cours du IIe millénaire.
Symbole de la culture française, abritant de nombreux monuments, la ville, surnommée la Ville Lumière, attire en 2013 près de 32 millions de visiteurs par an ce qui en fait une des capitales les plus visitées au monde. Paris occupe également une place prépondérante dans le milieu de la mode et du luxe. La capitale française n'est jumelée qu'avec une seule autre ville, Rome, ce qui est valable dans l'autre sens, avec ce slogan : « Seul Paris est digne de Rome, seule Rome est digne de Paris. »

La ville est, avec sa banlieue, la capitale économique et commerciale de la France, ainsi que sa première place financière et boursière. La région parisienne, avec un produit intérieur brut (PIB) de 649 milliards d'euros en 2014, est un acteur économique européen majeur. L'Île-de-France est la huitième région la plus riche d'Europe avec un PIB par habitant de 46 600 € en 2013 contre 86 400 pour le Grand Londres. Paris est le siège de plusieurs organisations internationales comme l'UNESCO ou l'OCDE. Elle est la première région européenne par le PIB régional, devant la Rhénanie du Nord-Westphalie (627 milliards) et le Grand Londres (509 milliards).
La densité de ses réseaux ferroviaire, autoroutier et de ses structures aéroportuaires en font un point de convergence pour les transports nationaux et internationaux. Cette situation résulte d’une longue évolution, en particulier des conceptions centralisatrices des monarchies et des républiques, qui donnent un rôle considérable à la capitale dans le pays et tendent à y concentrer les institutions. Depuis les années 1960, les politiques gouvernementales oscillent toutefois entre déconcentration et décentralisation.

Au milieu du Bassin parisien, deux îles sur la Seine constituent le cœur historique de Paris : l'île Saint-Louis, la plus à l'est et l'île de la Cité, la plus à l'ouest . La ville s'étend de part et d'autre du fleuve, sur une superficie environ deux fois supérieure au nord, sur la rive droite, à celle au sud, sur la rive gauche.
Plusieurs reliefs composés de buttes-témoin gypseuses forment de petites collines: sur la rive droite, Montmartre (131 m), Belleville (128,5 m), Ménilmontant (108 m), les Buttes-Chaumont (103 m), Passy (71 m) et Chaillot (67 m) ; sur la rive gauche, Montparnasse (66 m), la Butte-aux-Cailles (63 m) et la Montagne Sainte-Geneviève (61 m). Paris intra-muros, délimitée de fait en 1844 par l'enceinte de Thiers, puis administrativement en 1860 par l'annexion de communes ou de leurs quartiers, est aujourd'hui séparée de ses communes limitrophes par une frontière artificielle, le boulevard périphérique, voie rapide urbaine de 35 km. Les accès routiers se font par les portes de Paris ou par les routes et autoroutes qui rejoignent cette rocade, dont la couverture progressive permet de mieux ouvrir Paris à son agglomération.
Au-delà de l'enceinte de Thiers, deux grands espaces boisés ont été aménagés par le baron Haussmann, préfet de la Seine de 1853 à 1870, sur des communes voisines, avant d'être rattachés à Paris en 1929 : à l'ouest, le Bois de Boulogne (846 hectares, 16e) et à l'est, le Bois de Vincennes (995 hectares, 12e), ce qui porte le périmètre de la ville à 54,74 km. Paris s'étend également sur l'héliport (15e arrondissement). Plus anecdotique, depuis 1864, la ville de Paris est propriétaire du domaine entourant les sources de la Seine, à 231 km de la ville.
La superficie de la ville de Paris est deb 1 105,40 km2 (113e rang des communes de France métropolitaine). Son périmètre en longeant le boulevard périphérique est de 35 km, sa longueur est-ouest de 18 km, et celle nord-sud de 9,5 km.
Le point zéro des routes de France est matérialisé par une dalle située devant Notre-Dame de Paris.


La Seine traverse la ville en formant un arc de cercle, y entrant par le sud-est pour en sortir au sud-ouest. Plus de trente ponts permettent de franchir le fleuve.
La ville est également traversée par la Bièvre, aujourd'hui entièrement souterraine, qui arrive du sud, et par le canal Saint-Martin (4,5 kilomètres), inauguré en 1825. Il constitue la partie terminale du canal de l'Ourcq (108 kilomètres) et du canal Saint-Denis (6,6 kilomètres), ouvert en 1821, qui permet de rejoindre la Seine en aval en évitant la traversée de la ville. Il alimente le bassin de la Villette, passe en souterrain sous les boulevards Jules-Ferry et Richard-Lenoir et la place de la Bastille, traverse le port de l'Arsenal et rejoint la Seine en amont de l'île Saint-Louis
Autrefois, la Seine recevait encore dans Paris un autre affluent : le ruisseau de Ménilmontant qui traversait les faubourgs Saint-Martin et Saint-Denis, passait derrière la Grange-Batelière, continuait en traversant la Ville-l'Evêque et le Roule et se jetait dans la Seine au nord de la colline de Chaillot. À partir du xvie siècle, il fut transformé en égout et devint le Grand Égout.
D'autres cours d'eau traversent ou ont traversé Paris, dont le ruisseau du Bac, la Bièvre, le ru des Orgueilleux, le canal de l'Ourcq, la darse du fond de Rouvray, le ruisseau de Gravelle, le ruisseau de Montreuil — également appelé ruisseau de la Pissotte —, le ruisseau de Saint-Germain, le canal Saint-Martin‎.
La ville a été marquée par de nombreuses inondations, dont les plus importantes sont celles de 583, 842, 1206, 1280, 1325, 1407, 1499, 1616, 1658, 1663, 1719, 1733, 1740, 1764, 1799, 1802, 1836, 1844, 1876, 1910, 1920, 1924, 1945, 1955, 1986 et 2016.

 Le Bassin parisien, constitué il y a 41 millions d'années, forme un grand ensemble de couches sédimentaires successives. C'est un bassin marin épicontinental reposant sur des massifs datant du paléozoïque, les Vosges, le Massif central et le Massif armoricain. Avec la formation des Alpes, le bassin se referme mais reste ouvert vers la Manche et l'océan Atlantique, préfigurant les futurs bassins fluviaux de la Loire et de la Seine. À la fin de l'Oligocène, le Bassin parisien devient continental.
En 1911, le géologue Paul Lemoine montre que le bassin est composé de strates disposées en cuvettes concentriques, puis des études approfondies sur des données sismiques, des forages et des puits confirment les strates en cuvettes concentriques, mais avec des objets complexes comme des failles. Les formations du relief parisien se situent dans les couches du Mésozoïque et du Paléogène (ère tertiaire) et ont été élaborées par l'érosion. La première strate datant de l'ère tertiaire est constituée d'alluvions de la Seine d'époque moderne. Les plus anciens dépôts sont des sables et des argiles datant de l'étage sparnacien présent dans le 16e arrondissement d'Auteuil au Trocadéro. Mais l'étage le plus connu est le Lutétien, riche en gypse et en calcaire
Le sous-sol parisien se caractérise par la présence de nombreuses carrières de calcaire, gypse et pierre meulière. Certaines ont été utilisées comme catacombes et forment l'ossuaire municipal, dont une partie est ouverte au public. Le calcaire a été exploité jusqu'au xive siècle sur la rive gauche, de la place d'Italie à Vaugirard, et son extraction s'est aujourd'hui déplacée vers l'Oise, à Saint-Maximin par exemple. L'exploitation du gypse a été très active à Montmartre et Bagneux.
L'hydrogéologie est très influencée par l'urbanisation. La Bièvre, petit affluent de la Seine qui a modelé toute la rive gauche, a été couverte au xixe siècle pour des raisons hygiéniques. De nombreuses nappes d'eau souterraines, présentes dans le sous-sol parisien, fournissent par forage de l'eau à la ville, comme celles d'Auteuil. La nappe albienne est la plus connue de la région parisienne et est exploitée à Paris depuis 1841 par le puits artésien de Grenelle



Le nom de la cité est attesté pour la première fois par Jules César, au milieu du ier siècle av. J.-C., dans la Guerre des Gaules, sous la forme Lutecia ou Lutetia (selon les manuscrits). On trouve ensuite Lutetia apud Parisios au ive siècle (Parisios étant à l'accusatif pluriel) ; puis Parisios [usque] en 400 - 410, et enfin Paris, attestée dès 887.Le mot Paris est issu du nom du peuple gaulois des Parisii (au datif locatif pluriel : Parisiis), dont Paris était la capitale à l'époque gallo-romaine. La première désignation Lutetia (Lutèce) a été remplacée au ive siècle, suivant un processus général observé dans la Gaule du Bas Empire pour les capitales de civitas (cités gallo-romaines) : celles-ci furent d'abord appelées de leur nom originel complété du nom du peuple dont elles étaient la capitale, comme Lutecia des Parisii en l'occurrence. Puis le nom du peuple au datif locatif est seul resté, le nom signifiant alors chez les Parisii (voir entre autres Angers capitale des Andécaves, Tours des Turones, Évreux des Eburovices, Saintes des Santons, Poitiers des Pictons, Amiens des Ambiens, etc., qui sont toutes dans le même cas).
Selon Pierre-Henry Billy, Lutetia pourrait être issu du gaulois *luta, boue, avec le suffixe -etia, ce qui correspond très bien à la nature du terrain décrit par César dans la Guerre des Gaules (existence d'un marais permanent qui déversait ses eaux dans la Seine). Quant à l'étymologie de l'ethnonyme Parisii, elle n'est pas connue avec certitude. Il pourrait provenir du gaulois *pario, chaudron (cf. le provencal pairol de même sens), signifiant alors « Ceux du chaudron », avec une référence mythique et sacrée (thème celtique du chaudron d'abondance représentant la survie dans l'Au-delà et les richesses de l'Autre Monde).
Les Parisii ont donné leur nom à Paris, ainsi qu'au pays du Parisis (maintenant « pays de France »), qui subsiste dans Villeparisis, Cormeilles-en-Parisis, Fontenay-en-Parisis. On trouvait également des gaulois de la même tribu des Parisii en Angleterre, dans l'actuel Yorkshire de l'Est.

Un habitat permanent est attesté dans les limites du Paris actuel à partir de la période chasséenne (entre 4 000 et 3 800 avant notre ère) au village de Bercy ; les restes de trois pirogues néolithiques aujourd'hui visibles au musée Carnavalet ont ainsi été retrouvés sur la rive gauche d'un ancien bras de la Seine dans le 12e arrondissement, où la présence humaine semble avoir été continue durant le Néolithique.
De façon générale, l'histoire du site parisien est toutefois mal connue jusqu'à la période gallo-romaine. Seule certitude, les Parisii, l'un des 98 peuples gaulois, vivent sur cette région en 52 avant notre ère, au moment d'être soumis à Rome. Ainsi, on ne connaît pas précisément l'emplacement de la cité gauloise mentionnée dans les sources latines : il pourrait s'agir de l'île de la Cité (aucun vestige archéologique antérieur à Auguste n'y a toutefois été retrouvé), de l'île Saint-Louis, d'une autre île aujourd'hui rattachée à la rive gauche, voire du site de Nanterre, où a été découvert en 2003 une importante agglomération ordonnée. Dans tous les cas, la cité romaine s'étend sur la rive gauche et sur l’île de la Cité ; elle prend le nom de Lutetia (Lutèce).
À l'époque gallo-romaine, Lutèce n'est qu'une cité relativement modeste du monde romain, n'ayant probablement que cinq à six mille habitants à son apogée; en comparaison, Lugdunum (Lyon), capitale des trois Gaules (dont la lyonnaise qui englobe la région de Lutèce), aurait compté au iie siècle de 50 000 à 80 000 habitants. Elle connait toutefois une certaine prospérité grâce au trafic fluvial. Suivant la tradition, la cité aurait été christianisée par saint Denis, martyrisé vers 250.
La position stratégique de Lutèce face aux grandes invasions en fait un lieu de séjour pour l'empereur Julien entre 357 et 360, puis Valentinien Ier en 365-366. La cité prend le nom de Paris à cette époque. Si ses faubourgs subsistent encore au ive siècle, la population se replie au ve siècle dans l'île de la Cité, fortifiée par la récupération de pierres prises aux grands édifices ruinés. En 451, sainte Geneviève, future patronne de la ville, serait parvenue à convaincre les habitants de ne pas fuir devant les Huns d'Attila, qui s'en détournent effectivement sans combat


En 508, après avoir conquis la majeure partie de la Gaule, Clovis fait de Paris sa capitale. Il y établit sa résidence principale (Palais des Thermes), et y fait construire plusieurs édifices religieux, dont la basilique des Saints-Apôtres, où il est enterré ; le rôle de la cité doit cependant être relativisé, dans la mesure où il n’existe pas alors d’administration royale. Tout au long des vie et viie siècles, Paris garde une importance particulière, même si les divisions du royaume de Clovis entre ses héritiers limitent son rayonnement. Childebert Ier y fait ainsi construire la plus grande cathédrale de la Gaule (la cathédrale Saint-Étienne), tandis que Childéric II fait rénover les arènes gallo-romaines. Durant cette période, revitalisée par les fondations monastiques68 et sa fonction de capitale, la ville commence probablement à s’étendre sur la rive droite, alors que la rive gauche est réoccupée.
L’extension vers l’est du royaume des Francs sous le règne de Charlemagne fait perdre à Paris sa position politique privilégiée. À partir du milieu du ixe siècle, elle fait partie du territoire des Robertiens, qui prennent le titre de comte de Paris. Particulièrement exposée à cause de sa situation sur la Seine, elle est à la même époque ruinée économiquement par les raids des Vikings, qui la ravagent à plusieurs reprises, ce qui oblige la population à se replier à nouveau sur l’île de la Cité. En 885-886, assiégée par les Normands, la cité parvient à leur résister avec succès, tout en leur barrant l’accès au fleuve. Cet épisode procure un grand prestige à Paris et à son comte Eudes, qui a aidé à sa défense ; il marque par contre une étape du déclin de l’empire carolingien, le comportement de Charles le Gros ayant été jugé indigne durant les événements.
Sous le règne des premiers Capétiens, Paris est une des principales villes du domaine royal, mais pas une capitale, n’étant pour eux qu’une résidence parmi d’autres. Elle gagne cependant en importance avec le temps : Robert le Pieux fait ainsi restaurer le Palais de la Cité et plusieurs abbayes, tandis que Louis VI puis Louis VII y fixent leur cour et leur chancellerie. Dans le même temps, la cité prospère, devenant une place importante du commerce du blé, du poisson et du drap, les marchands parisiens s’unissant au sein d'une « hanse des marchands de l’eau » privilégiée par Louis VII en 1170-1171. Elle devient également un centre d’enseignement majeur, grâce aux écoles épiscopales dans un premier temps, puis à partir du milieu du xiie siècle, aux communautés religieuses qui s’établissent sur la rive gauche alors dépeuplée. À l’image de l’ensemble de l’Occident chrétien, sa population augmente à cette époque de façon considérable : Paris s’étend d'abord sur la rive droite (début du xie siècle), qui devient son poumon économique, l’île de la Cité abritant dès lors les grands édifices administratifs et religieux.

C’est Philippe Auguste qui fait de Paris la capitale incontestée du royaume, sur lequel il est le premier des capétiens à exercer un fort contrôle ; cette position est encore renforcée sous les règnes de Louis IX et de Philippe le Bel. L’administration royale, qui se développe considérablement, tient ainsi son siège dans la cité, où se situent la Chambre des comptes, le Trésor, et les Archives du royaume. Les bourgeois parisiens jouent un rôle majeur dans la gestion de l’État, faisant souvent partie du proche entourage du souverain. Les monarques veillent néanmoins à limiter l’autonomie de la ville, qui n’obtient pas le statut de commune ; les corporations se voient seulement accorder divers privilèges politiques, ce qui aboutit en 1263 à l’apparition d’une municipalité composée d’un prévôt des marchands et quatre échevins. Dans le même temps, les écoles de la rive gauche s’unifient en une « universitas », reconnue par le pape en 1209-1210, faisant de Paris le plus prestigieux centre d’enseignement d’Europe occidentale pendant au moins un siècle. La cité devient également le symbole du pouvoir royal, qui cherche à lui donner des édifices dignes de son rang : la cathédrale Notre-Dame est achevée vers 1250, la Sainte-Chapelle abritant la couronne d'épine du Christ en 1248, le Palais de la Cité est rénové et étendu, et le marché parisien est couvert et emmuré (Halles). Philippe Auguste entoure par ailleurs les deux rives de la cité de murailles de pierres, terminées en 1209-1212. Paris poursuit sa croissance, la rive gauche étant repeuplée au xiiie siècle; au début du xive siècle, on estime sa population à environ 200 000 habitants, ce qui en fait la ville la plus peuplée d'Europe.
En 1348, la cité est frappée pour la première fois par la peste, qui ravage l’Europe entre 1347 et 1351 ; ce mal l’atteint ensuite de façon cyclique pendant plusieurs siècles. Pendant la guerre de Cent Ans, elle est exposée aux attaques anglaises, ce qui amène Charles V à construire sur la rive droite un nouveau rempart englobant les faubourgs. Dans le même temps, dans un contexte de dépression économique et de défaite militaire, l’autorité royale est remise en cause : le prévôt des marchands Étienne Marcel tente ainsi de s'emparer du pouvoir en 1357-1358, tandis que les émeutes populaires se multiplient, telle celle des Maillotins en 1382. En réaction, Charles V puis Charles VI élisent résidence dans l’est parisien, moins exposé aux troubles. Au début du xve siècle, le conflit entre Armagnacs et Bourguignons occasionne également de nombreuses violences dans la capitale ; ces derniers s'imposent en 1418, et Paris tombe en conséquence aux mains du roi d’Angleterre deux ans plus tard. La cité est reconquise en 1436 par Charles VII, mais celui-ci préfère résider près de la Loire, et il en est de même pour ses successeurs Louis XI, Charles VIII et Louis XII. À l’issue de la guerre, Paris s’est rétractée derrière ses murailles, et sa population est tombée à environ 100 000 habitants

  

_________________


Dernière édition par saintluc le Lun 15 Mai - 10:53 (2017); édité 1 fois
Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Sam 13 Mai - 12:15 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant

La Renaissance, marquée par le roi et sa cour résidant dans le Val de Loire, ne bénéficie donc guère à Paris. Malgré son éloignement, la monarchie s’inquiète de l'expansion désordonnée de la cité. Une première réglementation d’urbanisme est édictée en 1500 à propos du nouveau pont Notre-Dame, bordé de maisons uniformes de brique et de pierre de style Louis XII.
En 1528, François Ier fixe officiellement sa résidence à Paris. Le rayonnement intellectuel s'accroît : à l'enseignement de l'université (théologie et arts libéraux) s'ajoute un enseignement moderne tourné vers l'humanisme et les sciences exactes voulu par le roi, au Collège de France. Sous son règne, Paris atteint 280 000 habitants et reste la plus grande ville du monde chrétien
Le 24 août 1572, sous Charles IX, est organisé le massacre de la Saint-Barthélemy. On compte entre deux mille et dix mille victimes. La Ligue catholique, particulièrement puissante dans la capitale, se dresse contre Henri III durant la Journée des barricades en 1588. Ce dernier s'enfuit avant d'assiéger la ville. Après son assassinat, le siège est maintenu par Henri de Navarre, devenu Henri IV. La ville, pourtant ruinée et affamée, ne lui ouvre ses portes qu'en 1594 après sa conversion.
La Journée des barricades (1648) marque le début de la Fronde qui provoque une importante crise économique et une nouvelle défiance du roi vis-à-vis de sa capitale.
Malgré une mortalité supérieure aux naissances, la population atteint les 400 000 habitants grâce à l'immigration provinciale. Paris est une ville misérable où règne une forte insécurité, la légendaire cour des miracles est progressivement vidée à partir de 1656 par le lieutenant-général de police Gabriel Nicolas de La Reynie qui fait établir 6 500 lanternes pour éclairer la ville la nuit et rendre les rues plus sûres.
Louis XIV choisit Versailles comme résidence en 1677, avant d'y déplacer le siège du gouvernement en 1682. Colbert prend en main la gestion parisienne et fait la navette entre Paris et Versailles. Durant son règne, le Roi Soleil ne vient que vingt-quatre fois à Paris, essentiellement pour des cérémonies officielles, marquant ainsi envers la cité une hostilité que n'apprécient guère les Parisiens.
Au xviiie siècle, Versailles ne dépossède pas Paris de son rayonnement intellectuel ; au contraire même, elle en fait une puissante frondeuse ouverte aux idées des Lumières. C'est la période des salons littéraires, comme celui de madame Geoffrin. Le xviiie siècle est aussi celui d'une forte expansion économique qui permet une importante croissance démographique, la ville atteint 640 000 habitants à la veille de la Révolution française.
En 1715, le régent Philippe d'Orléans quitte Versailles pour le Palais-Royal. Le jeune Louis XV est installé au palais des Tuileries pour un retour, éphémère, de la royauté dans Paris. Dès 1722, Louis XV retourne au château de Versailles rompant la fragile réconciliation avec le peuple parisien.
La ville s'étend alors à peu près sur les six premiers arrondissements actuels, le jardin du Luxembourg marquant la frontière occidentale de la ville. Louis XV s'intéresse personnellement à la ville en 1749 lorsqu'il décide l'aménagement de la place Louis XV (actuelle place de la Concorde), la création de l'école militaire en 1752, et surtout la construction d'une église dédiée à Sainte-Geneviève en 1754, plus connue sous le nom actuel de Panthéon

La Révolution française débute à Versailles par la convocation des États généraux puis le Serment du Jeu de paume. Mais les Parisiens, atteints par la crise économique (prix du pain), sensibilisés aux problèmes politiques par la philosophie des Lumières et mus par une rancœur à l'égard du pouvoir royal ayant abandonné la ville depuis plus d'un siècle, lui donnent une nouvelle orientation. La prise de la Bastille le 14 juillet 1789, liée au soulèvement des ébénistes du faubourg Saint-Antoine, en est une première étape. Le 15 juillet, l'astronome Jean Sylvain Bailly reçoit à l'hôtel de ville la charge de premier maire de Paris. Le 5 octobre, l’émeute, déclenchée par les femmes sur les marchés parisiens, atteint Versailles le soir. Le 6 au matin, le château est envahi et le roi doit accepter de venir résider à Paris au palais des Tuileries et d’y convoquer l’Assemblée constituante qui s’installe le 19 octobre dans le Manège des Tuileries.
Le « département de Paris » comprend alors trois districts : Paris, le Franciade et Bourg-de-l'Égalité.
Le 14 juillet 1790 se déroule la fête de la Fédération sur le Champ-de-Mars, lieu qui sera le 17 juillet 1791 le théâtre d'une dramatique fusillade. Occupés à partir de mai 1790 après la mise en vente des biens nationaux, le couvent des Cordeliers et le couvent des Jacobins, hauts lieux du Paris révolutionnaire, marquent la toute-puissance des clubs parisiens sur le cours de la Révolution.
Dans la nuit du 9 août 1792, une commune révolutionnaire prend possession de l'hôtel de ville. La journée du 10 août voit la foule assiéger le Palais des Tuileries avec le soutien du nouveau gouvernement municipal. Le roi Louis XVI et la famille royale sont incarcérés à la tour du Temple. La monarchie française est de fait abolie. Après les élections de 1792, les représentants de la Commune de Paris, très radicaux, s'opposent à la Convention nationale au groupe des Girondins (représentant l'opinion plus modérée de la bourgeoisie des provinces) qui sera écarté en 1793

Les Parisiens vivent alors deux années de rationnement. La Terreur règne sous la coupe du Comité de salut public. Le Tribunal révolutionnaire, avec l'aide de la mairie, s'emploie à incarcérer tout ce que la ville compte encore de nobles suspects, de prêtres réfractaires et d'opposants jugés contre-révolutionnaires. La création de la charge de Préfet de police par Napoléon, ôtera à la municipalité tout pouvoir de police judiciaire, de sorte que le maire de Paris est, aujourd'hui encore, le seul de France à en être privé. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné sur la place Louis XV, rebaptisée « place de la Révolution ». Il est suivi sur l'échafaud par 1 119 personnes, dont Marie-Antoinette, Danton, Lavoisier et finalement Robespierre et ses partisans après le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794).
La Révolution n'est pas une période favorable au développement de la ville (peu de monuments sont édifiés) qui n'a plus que 548 000 habitants en 1800. De nombreux couvents et églises sont rasés et font place à des lotissements édifiés sans plan d'ensemble, ce qui aboutit à une réduction des espaces verts de la ville et à une densification du centre. Sous le Directoire, des immeubles de rapport, de style néo-classique, sont élevés.
En 1806, Paris a compensé les pertes subies durant la Révolution et compte 650 000 habitants; cette progression est surtout le fait de l'immigration provinciale, la natalité restant faible. Depuis le milieu du xviiie siècle, la ville est distancée par Londres en pleine expansion économique et démographique qui atteint 1 096 784 habitants. Le 2 décembre 1804, Napoléon Bonaparte, qui a pris le pouvoir en 1799, est sacré empereur par le pape Pie VII à la cathédrale Notre-Dame. Il décide d'établir à Paris la capitale de son Empire et ambitionne d'en faire la « nouvelle Rome ». Il ordonne dans ce but la construction des arcs de triomphe de l’Étoile et du Carrousel ainsi que celle du palais impérial de la Bourse (achevé sous la Restauration) et de la colonne Vendôme. Il soumet également à Jean-Antoine Alavoine le projet de l'éléphant de la Bastille, et aux architectes Percier et Fontaine l'édification du palais du Roi de Rome, dont seuls les jardins du Trocadéro et le pont d'Iéna seront en définitive terminés. L'Empereur multiplie par ailleurs les points d'eau, alimentés par un réseau de 50 km de canaux qui acheminent l'eau de l'Ourcq.
En 1814, la bataille de Paris entraîne la capitulation de la capitale puis conduit à la première abdication de Napoléon et à la Restauration. Les cosaques de l'armée russe occupent certains points de la ville, ce qui donnera lieu à une légende concernant l'origine du mot bistro, comme le proclame le Syndicat d'Initiative du Vieux Montmartre, au restaurant À la Mère Catherine, place du Tertre. Les armées alliées quittent la ville après le 3 juin 1814, date du départ du tsar Alexandre Ier.

À la fin des Cent-Jours, la chute de l'Empire en juillet 1815 amène à Paris les armées anglaises et prussiennes, qui vont jusqu'à camper sur les Champs-Élysées. Louis XVIII, de retour de son exil à Gand, s'installe à nouveau aux Tuileries.
Louis XVIII et Charles X, puis la monarchie de Juillet se préoccupent peu de l'urbanisme parisien. Le prolétariat ouvrier, en forte expansion, s'entasse misérablement dans les quartiers centraux qui, avec plus de 100 000 habitants au kilomètre carré, constituent d'importants foyers d'épidémie ; le choléra en 1832 fait 32 000 victimes. En 1848, 80 % des morts vont à la fosse commune et les deux tiers des Parisiens sont trop pauvres pour payer des impôts. La masse paupérisée du petit peuple, délaissée et excédée, est mûre pour des révoltes répétées que le pouvoir ne sent pas germer ou est sûr de vaincre : les barricades font tomber Charles X lors des Trois glorieuses puis Louis-Philippe en 1848. La société de l'époque est abondamment décrite par Balzac, Victor Hugo ou Eugène Sue.
Durant cette période, la ville accélère son rythme de croissance pour atteindre le mur des Fermiers généraux. Entre 1840 et 1844, la dernière enceinte de Paris, dite enceinte de Thiers, est construite sur l'emplacement actuel du boulevard périphérique. Au cœur de la ville, la rue Rambuteau est percée.
Avec l'avènement du Second Empire, Paris se transforme radicalement. De structure médiévale, aux constructions anciennes et insalubres, quasiment dépourvue de grands axes de circulation, elle devient en moins de vingt ans une ville moderne. Napoléon III a des idées précises sur l'urbanisme et le logement : le Paris d'aujourd'hui est donc avant tout celui d'Haussmann. Des milliers de logements disparaissent, sur fond d'une spéculation immobilière qui sera la cause d'un krach financier international.
Le 1er janvier 1860, une loi permet à Paris d'annexer plusieurs communes voisines. La capitale française passe ainsi de douze à vingt arrondissements et de 3 288 à 7 802 hectares. Après ces annexions, les limites administratives de la ville ne seront que peu modifiées et la croissance urbaine, qui continue toujours de la fin du xixe siècle au xxe siècle, ne s'accompagnera donc plus d'une expansion des frontières communales, ce qui est à l'origine de la « banlieue ».
Lors de la Guerre franco-prussienne de 1870, Paris est assiégée pendant plusieurs mois mais n'est pas prise par les armées prussiennes. À cette occasion, est inventée la poste aérienne, grâce aux ballons montés. Refusant l'armistice signé le 28 janvier 1871 et à la suite des élections de février qui portent au pouvoir des royalistes désireux de mettre fin à la guerre, les Parisiens s'insurgent le 18 mars 1871. C'est le début de la Commune de Paris. L'Assemblée monarchiste installée provisoirement à Versailles, la réprime entre les 22 et 28 mai lors de la Semaine sanglante qui reste à ce jour la dernière guerre civile qu'ait connue Paris. Après la guerre de 1870, pour se relever, la ville de Paris lève un grand emprunt public de 1,2 million de francs qui a un grand succès ; il est souscrit plus de quinze fois

Pendant la Belle Époque, l'expansion économique de Paris est importante ; en 1913 la ville possède cent mille entreprises qui emploient un million d'ouvriers. Entre 1900 et 1913, 175 cinémas sont créés à Paris, de nombreux grands magasins voient le jour et contribuent au rayonnement de la ville lumière. Lieu de toutes les spéculations, Paris devient aussi la deuxième place financière internationale presque à égalité avec Londres.
Deux expositions universelles laissent une large empreinte dans la ville. La tour Eiffel est construite pour l'Exposition de 1889 (centenaire de la Révolution française) qui accueille vingt-huit millions de visiteurs. La première ligne du métropolitain, le Grand Palais, le Petit Palais et le pont Alexandre-III sont inaugurés à l'occasion de celle de 1900 qui reçoit cinquante-trois millions de visiteurs. L'industrie se déplace progressivement en proche banlieue où se trouve l'espace nécessaire : Renault à Boulogne-Billancourt ou Citroën à Suresnes. Cette migration est à l'origine de la « banlieue rouge ». Néanmoins certaines activités restent fortement implantées dans la ville intra-muros, en particulier la presse et l'imprimerie.
De la Belle Époque aux Années folles, Paris connaît l'apogée de son influence culturelle (notamment autour des quartiers de Montparnasse et de Montmartre) et accueille de très nombreux artistes tels Picasso, Matisse, Braque ou Fernand Léger.
En 1910, une crue centennale de la Seine provoque l'une des plus graves inondations que la ville ait connue et cause trois milliards de francs de dégâts. Lors de la Première Guerre mondiale, Paris, épargnée par les combats, subit des bombardements et des tirs de canon allemands. Ces bombardements restent sporadiques et ne constituent que des opérations à caractère psychologique. En 1917, la création d'une réplique de Paris est envisagée pour leurrer les aviateurs allemands venus bombarder la capitale.
L'entre-deux-guerres se déroule sur fond de crise sociale et économique. Les pouvoirs publics, pour répondre à la crise du logement, votent la loi Loucheur qui crée les habitations à bon marché (ou HBM) érigées à l'emplacement de l'ancienne enceinte de Thiers. Les autres immeubles parisiens sont, pour l'essentiel, délabrés et constituent des foyers de tuberculose ; la densité urbaine culmine en 1921, Paris intra-muros comptant 2 906 000 habitants. Parallèlement, des lotissements se développent partout autour de la cité, en « banlieue » où l'expansion se fait de façon anarchique, souvent en pleins champs sans réels aménagements ou équipements publics.
Les Parisiens tentent de reprendre leur prééminence politique dans un contexte de multiples scandales financiers et de corruption des milieux politiques. Le 6 février 1934, la manifestation des Ligues patriotes contre la gauche parlementaire dégénère en émeute et fait dix-sept tués et mille cinq cents blessés, puis le 14 juillet 1935, un important défilé en faveur du Front populaire compte cinq cent mille manifestants
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Paris, déclarée ville ouverte dès la débâcle, est occupée par la Wehrmacht le 14 juin 1940. Elle est relativement épargnée. Le gouvernement du maréchal Pétain installé à Vichy, Paris cesse d'être la capitale et devient le siège du commandement militaire allemand en France (Militärbefehlshaber in Frankreich). Le 23 décembre 1940, l'ingénieur Jacques Bonsergent est le premier résistant fusillé à Paris. Les 16 et 17 juillet 1942, il est procédé à la rafle du Vel' d'Hiv', arrestation de 12 884 Juifs, la plus massive en France, pour l'essentiel des femmes et des enfants.
À l'approche des troupes alliées, la Résistance intérieure déclenche un soulèvement armé le 19 août 1944. La Libération de Paris se fait le 25 août avec l'entrée dans Paris de la 2e division blindée du général Leclerc et de la 4e division d'infanterie américaine du major-général Raymond O. Barton. La veille, Leclerc avait donné l'ordre au capitaine Raymond Dronne de percer les lignes ennemies avec sa neuvième compagnie, La Nueve, (Régiment de marche du Tchad), qui arrive à l'hôtel de ville à 21 h 22 dans la soirée du 24. Le général von Choltitz capitule sans exécuter les ordres d'Hitler demandant la destruction des principaux monuments de la ville. La ville est relativement épargnée par les combats. Paris est l'une des rares communes de France à se voir décerner le titre de compagnon de la Libération

    

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Sam 13 Mai - 14:21 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant

En 1956, Paris se lie à Rome par un jumelage privilégié, symbole fort dans une dynamique géographiquement plus large de réconciliation et de coopération après la Seconde Guerre mondiales.
Sous les mandats du général de Gaulle de 1958 à 1969, plusieurs événements politiques se déroulent dans la capitale. Le 17 octobre 1961, une manifestation en faveur de l'indépendance de l'Algérie est violemment réprimée. Selon les estimations, entre 32 et 325 personnes sont massacrées par la police, alors dirigée par Maurice Papon. À partir du 22 mars 1968, un important mouvement étudiant démarre à l'université de Nanterre. Il entraîne dans le quartier latin des manifestations qui dégénèrent en émeutes. La contestation, prenant corps dans un contexte de solidarité internationale et d'émulation (noirs et féministes américains, « provos » néerlandais, Printemps de Prague, attentat contre l'Allemand Rudi Dutschke, etc.) entre brimés idéalistes et jeunes, bercés par Bob Dylan et son tube The Times They Are a-Changin', voulant « changer le monde », se développe très vite en crise politique et sociale nationale. Le 13 mai, d'immenses défilés rassemblent 800 000 personnes venues protester contre les violences policières. Le 30 mai, une manifestation de soutien au gouvernement et au Général de Gaulle réunit un million de personnes, de la place de l'Étoile à celle de la Concorde. Après deux mois de désordre et de troubles, les Parisiens votent massivement en faveur du général de Gaulle lors des élections législatives des 22 et 29 juin et le calme revient.

Le successeur du général de Gaulle, Georges Pompidou s'intéresse de près à la capitale. Il laisse son nom au bâtiment qui abrite le musée national d'Art moderne et la bibliothèque publique d'information et à la voie express rive droite. Valéry Giscard d'Estaing, président à son tour, ne partage pas sa vision d'une modernisation radicale : il remet en cause le projet prévu pour les Halles et interrompt partiellement celui de voie express rive gauche. En 1976, l'État accorde pour la première fois depuis 1871 une municipalité autonome à la capitale. Le gaulliste Jacques Chirac est alors élu maire. Il sera réélu en 1983 et 1989. Sous le premier mandat du président François Mitterrand, une réforme est adoptée par la loi de décentralisation du 31 décembre 1982 : elle dote chaque arrondissement de la capitale d'un maire et d'un conseil municipal propre et non plus désigné par le maire de Paris.
En 1991, les quais de la Seine, du pont de Sully (en amont) au pont d'Iéna (en aval), sont classés sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO au titre de remarquable ensemble fluvio-urbain avec ses monuments dont plusieurs constituent des chefs-d'œuvre architecturaux au rayonnement mondial

Élu président de la République en mai 1995, Jacques Chirac est remplacé par Jean Tiberi dont l'unique mandat est marqué notamment par la mise au jour de plusieurs affaires politico-financières et par la division de la majorité municipale. En 2001, Paris élit un maire de gauche, le socialiste Bertrand Delanoë. Il se démarque de ses prédécesseurs par sa volonté affichée de réduire la place de l'automobile dans la ville au profit notamment des piétons et des transports en commun. Il développe l'animation de la vie parisienne par de grandes manifestations culturelles comme Nuit Blanche ou simplement ludiques comme Paris Plages. Le 16 mars 2008, Bertrand Delanoë est réélu maire de Paris face à Françoise de Panafieu (UMP). À l'occasion des élections municipales de 2014, Anne Hidalgo, première adjointe de Bernard Delanoë, devient la première femme maire de Paris.

Depuis 2015, la France subit une vague d'attentats terroristes islamistes sans précédent. La ville de Paris est également touchée en janvier 2015 avec la tuerie contre Charlie Hebdo et la prise d'otage de l'Hyper Casher qui fait 17 victimes. À la suite de ces tragiques événements, une manifestation républicaine historique se déroule le 11 janvier 2015 réunissant plus de trois millions de personnes et près de 50 chefs d'État, pour défendre la liberté d'expression et rendre hommage aux victimes du terrorisme. Dix mois plus tard, le 13 novembre 2015, des attaques sans précédent ont frappé la capitale et sa banlieue sous forme d'actions kamikazes aux abords du Stade de France, de tueries de masse dans des terrasses de café dans le 10e et le 11e arrondissement ainsi qu'à la salle de spectacle du Bataclan, attaques organisées par un commando d'une dizaine d'hommes se revendiquant de l'État islamique qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés



 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Sam 13 Mai - 14:59 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant



BALLONS MONTES

Au cours de la guerre de 1870, Paris s'est retrouvée encerclée.
Des ballons à gaz, avec nacelle, ont été utilisés pour transporter notamment le courrier civil ou militaire, et des passagers, ainsi que des pigeons voyageurs. Ils étaient gonflés avec du gaz d'éclairage hautement inflammable. Les départs se faisaient de jour comme de nuit, essuyant les tirs de barrage des troupes prussiennes.

Nadar constitue de son propre chef la « Compagnie des Aérostiers Militaires » avec des bénévoles dont Camille Legrand (dit « Dartois ») et Claude-Jules Duruof dont le but est la construction de ballons militaires pour les mettre à la disposition du gouvernement. Leur première volonté était d'utiliser des ballons captifs (attachés au sol) pour l'observation des mouvements de l'ennemi. Germain Rampont, directeur général des Postes, se range à l'idée d'organiser des communications avec l'extérieur de Paris. Ils établissent un campement sur la place Saint-Pierre, au pied de la butte Montmartre, où naît la poste aérienne du siège.
Cette première fabrication en série d'aéronefs, marque le début de l'industrie aéronautique. Les trains ne circulant plus, deux ateliers de construction de ballons sont installés dans les gares de chemin de fer réquisitionnées : les frères Godard à la gare d'Austerlitz et Camille Dartois et Gabriel Yon, associés de Nadar, à la gare du Nord. Ils fabriquent des ballons captifs permettant de surveiller l’ennemi, d’établir des relevés des positions et des ballons libres permettant d’acheminer du courrier et des passagers hors de la ville assiégée. Nadar baptise ses ballons : « le George-Sand », « l’Armand-Barbès », « le Louis-Blanc », etc.
Le 23 septembre 1870, Le Neptune, et Duruof à son bord, décolle puis franchit les lignes ennemies.
Deux décrets du 27 septembre 1870 de l'Administration des Postes du Gouvernement de la Défense Nationale autorisent officiellement l'expédition du courrier par voie d'aérostats, applicables dès le lendemain. Ces deux décrets marquent la naissance de la Poste aérienne. L'administration imposait d'écrire sur du papier très mince et de plier la lettre en la cachetant de façon à ce qu'il ne soit pas nécessaire d'utiliser d'enveloppe. Les plis ne devaient pas excéder 3 ou 4 grammes.

Rapidement, faute d'aéronautes disponibles dans Paris, on recruta des marins et des gymnastes volontaires. Ceux-ci n'ayant aucune expérience, on les forma d'une manière expéditive, leur apprenant au sol les rudiments de l'aérostation. Cela ne fut pas sans conséquence quant à la qualité de la navigation et des atterrissages, avec en conséquence plusieurs blessés et des disparitions. L'installation d'un anticyclone sur le Nord-Est de l'Europe à partir de la fin novembre, poussant les ballons vers l'Ouest portés par des vents forts du Nord-Est et apportant sur Paris un temps très froid avec des records de températures négatives à l'époque, est la principale cause des pertes dans l'océan Atlantique.
Germain Rampont rationalise la fabrication des ballons postaux : ils devaient cuber 2 000 mètres, être en percaline à l'huile de lin, les nacelles en osier devaient avoir 1,30 m de large et 1,50 m de haut ; les sacs postaux, les sacs de lest et les cages de pigeons voyageurs pouvaient être suspendus à l'extérieur pour faciliter les mouvements lors des manœuvres.

Sollicité pour trouver une riposte, l'industriel allemand Krupp construisit plusieurs mousquets anti-ballons. Ce furent les premiers canons antiaériens. Ils furent peu efficaces, en raison de l'altitude prise par les ballons. Seul le ballon Daguerre fut mitraillé le 12 novembre 1870 : ses deux passagers furent faits prisonniers. Les prussiens renvoyèrent les pigeons vers Paris avec de faux messages, faisant état de prétendues défaites des armées françaises, mais les dépêches étaient signées du nom d'un secrétaire du gouvernement qui était resté à Paris.
Pour éviter la détection des ballons par les observateurs prussiens, ce qui pouvait aboutir à leur capture, on décida de partir de nuit à partir du 18 novembre. Cela rendait les vols encore plus dangereux, car il était impossible de connaître la direction initiale prise par le ballon.
Les frères Albert Tissandier (1839 - 1906) et Gaston Tissandier (1843 - 1899) tentèrent de faire le voyage retour par le même moyen avec le ballon Jean Bart, et organisèrent plusieurs points de départ des villes non occupées par les troupes prussiennes avec l'aide d'aérostiers ayant fait eux aussi une sortie. Les tentatives, avant que les troupes prussiennes n'étendent leur zone d'occupation, furent des échecs.

Presque tous ont eu une mission de courrier, le plus souvent double, puisque le ballon transportait des grosses quantités de courrier, mais aussi des pigeons voyageurs destinés aux informations en sens inverse. Si quelques ballons n'ont pas été affrétés officiellement pour le transport de courriers, il semble que quasi tous les aéronautes (conducteurs et/ou passagers) ont transporté quelques « plis confiés » à déposer à leur arrivée dans le premier bureau de Poste en fonctionnement rencontré.
Plusieurs des missions ont aussi transporté des personnes chargées d'organiser des opérations de transport de courrier de la province vers Paris (microfilms, Boules de Moulins, scaphandres, chiens, etc.)
Beaucoup de missions ont transporté des militaires de haut rang ou des estafettes, parfois de la dynamite.
Pendant le siège, 66 ballons montés transportèrent 164 passagers, 381 pigeons, 5 chiens et plus de 2 millions de lettres, soit environ onze tonnes de courrier.
Selon les vents dominants, et la nécessité de départs ne pouvant attendre des vents favorables, certains ballons arrivèrent en Norvège, en Allemagne ou tombèrent dans l'Atlantique (deux disparitions), mais la plupart atterrirent en province. Cinq des ballons seront capturés par l'ennemi.
Notons que les ballons étaient la seule manière de communiquer avec la province, toutes les autres méthodes ayant échoué (piétons, bateaux, sous-marins, scaphandres, électricité, etc.).
Le seul autre moyen qui ait fonctionné était le retour des pigeons voyageurs, qui transportaient des quantités importantes d'informations, grâce aux microfilms qu'ils emportaient. Malheureusement, beaucoup d'entre eux n'arrivèrent jamais.
Aucun des chiens supposés ramener les dépêches grâce à leur sens de l'orientation n'arriva à destination.

 1    23 septembre 1870    Le Neptune    1 300 m3    Godard, enveloppe récupérée dans Paris    Jules Duruof    sans    Place St Pierre    Cracouville    104 km    125 kg de courrier, très peu de lettres de particuliers    
2    25 septembre 1870    La Ville de Florence    1 400 m3    Godard, affrèté par la Poste    Gabriel Mangin    M.Lutz    Boulevard d'Italie (champ de « La Glacière »)    Vernouillet    30 km    120 kg de courrier, 30 kg de tracts lâchés sur les Prussiens, 3 pigeons    Premier ballon affrété par l'administration des Postes, premiers pigeons voyageurs, utilisés à l'atterrissage pour confirmer la réussite de la mission, 1 seul reviendra à Paris.
3    26 septembre 1870    Les États-Unis (= Le Napoléon + l'Hirondelle)    800 m3+500 m3        Louis Godard    J.G. Courtin    Usine à gaz de La Villette    Mantes    58 km    83 kg de courrier, 1 paquet de journaux, des tracts écrits par V. Hugo lâchés au-dessus des lignes ennemies, 6 pigeons    Ballon constitué de deux enveloppes d'anciens ballons reliées par une passerelle.
4    30 septembre 1870    Le Céleste    750 m3    Giffard    Gaston Tissandier        Parc de Vaugirard    Dreux    81 km    80 kg de courrier, 3 pigeons, des tracts lâchés sur les Prussiens    
5    30 septembre 1870    Non dénommé no 1    125 m3    sans    ballon non monté    sans    Boulevard d'Italie    Ville-d'Avray    15 km    environ 2000 cartes-poste (4 kg)    Premier essai de « ballon perdu ». Abattu par les Prussiens, atterrissage dans les lignes ennemies, une partie des cartes sera acheminée après le Siège.
sans    3 octobre 1870    Le National     ?    Tissandier Frères    Albert Bertaux    sans        Échec au décollage    Échec    non connu    Ancien ballon dénommé « l'Impérial », l'enveloppe, trop vieille, n'a pu se gonfler suffisamment.
6    7 octobre 1870    L'Armand Barbès    1 200 m3    Cie des Aérostiers    Alexandre Jacques Trichet    Eugène Spuller, Léon Gambetta    Place St Pierre    Épineuse (Oise)    98 km    "gros volume" de courrier, 16 pigeons    Les deux ballons : l'Armand Barbès et le George Sand partent à la même heure (11 h 10 ), selon les listes, ils sont donc en 7e ou 6e position. Ces deux ballons sont les premiers sortis des chaînes de fabrication improvisées dans Paris. Ils sont donc neuf, contrairement aux précédents construits avant le siège.
7    7 octobre 1870    Le George Sand    1 200 m3        Joseph Revillod (coéquipier de Nadar)    Charles May, M.Raynold, Étienne Cuzon    Place St Pierre    Crémery    120 km    pas de courrier, 18 pigeons    MM. May et Reynolds sont américains, affréteurs du ballon précédent, mais ils laissent leur place à Gambetta, E. Cuzon est le nouveau Sous-Préfet de Redon. Finalement, les deux ballons sont prêts à l'envol au même moment et quittent Paris à quelques minutes d'intervalle.
8    7 octobre 1870    Non dénommé no 2, ou Piper no 1    1 200 m3    -    « Racine »    Piper, et son secrétaire : Friedman    Usine de La Vilette    Stains    12 km    Cartes-poste (70 kg environ) en 2 sacs, 2 pigeons    Échec, atterrissage avant les lignes ennemies, à la suite d'une erreur de manœuvre, les sacs de courrier sont récupérés et ramenés dans Paris. « Le vol le plus court ! ».
9    12 octobre 1870    Le Washington    2 045 m3    Godard    Albert Bertaux    Louis Von Roosebecke, le Comte Albert Lefebvre de Béhaine    Gare d'Orléans    Carnières    204 km    300 kg de courrier en 5 sacs, 25 pigeons    L. v. Roosebecke est vice-président de l'association colombophile de Paris, le Comte de Béhaine est consul-général de France à Vienne, chargé de mission diplomatique.
10    12 octobre 1870    Le Louis Blanc    1 200 m3    Cie des Aérostiers    Eugène Farcot    Auguste Traclet    Place St Pierre    Beclers (Belgique)    290 km    128 kg de courrier en 4 sacs, 8 pigeons    A. Traclet est trésorier de l'Assoc. Colombophile de Paris, deux pigeons seulement arriveront à Tours, mais ils ne revinrent jamais à Paris.
11    14 octobre 1870    Le Godefroy Cavaignac    2 045 m3    Godard    Edmée Godard, père (68 ans)    Comte Émile de Kératry et son chef de cabinet M. Jay, et M. du Quesneau.    Gare d'Orléans    Brillon-en-Barrois (Meuse)    257 km    170 kg de courrier en 4 sacs, 6 pigeons    La liste des passagers varie d'un auteur à l'autre.
12    14 octobre 1870    le Jean-Bart no 1    2 045 m3    Godard    Albert Tissandier    Arthur Ranc, Victor Ferrand    Gare d'Orléans    Nogent-sur-Seine    114 km    400 kg de courrier, 5 pigeons    
13    16 octobre 1870    Le Jules Favre no 1    2 045 m3    Godard    Louis Godard    Maître Malapert-Ribot, Charles Bureau    Gare d'Orléans    Froid-Chapelle (Belgique)    298 km    195 kg de courrier, 6 pigeons    
14    16 octobre 1870    le Jean Bart no 2    2 000 m3    Godard    Henri Labadie    M. Daru, M.Barthélémy    Gare d'Orléans    Dinant (Belgique)    328 km    270 kg de courrier, 4 pigeons    Reprend du courrier du « non-dénommé no 2 » (ballon no 8).
15    18 octobre 1870    Le Victor-Hugo    1 200 m3    Cie des Aérostiers    Jean-Pierre Nadal    sans    Jardin des Tuileries    Bar-le-duc    117 km    450 kg de courrier, 6 pigeons    Victor Hugo était attendu au départ du ballon portant son nom (avec son accord), mais l'invitation arrivera deux jours après.


17    22 octobre 1870    Le Garibaldi    2 000 m3    Cie des Aérostiers    Iglesia    Paul de Jouvencel    Tuileries    Quincy près de Meaux    40 km    75 kg de tracts lâchés sur les Prussiens, 300 kg de courrier, 6 pigeons    Le hasard fit atterrir P. de Jouvencel, député d'opposition en mission, à un ou deux kilomètres de sa maison près de Meaux.
18    25 octobre 1870    Le Montgolfier    2 000 m3    Godard    Hervé Sené    colonel Delapierre et le commandant Joseph-Marie Le Bouedec9    Gare d'Orléans    Heiligenberg    503 km    220 kg de courrier, 2 pigeons    Parvenant à s'échapper grâce à la population locale10, les passagers et l'aéronaute rejoignent à pied le front puis Tours.
19    27 octobre 1870    Le Vauban    1 200 m3    Godard    Guillaume    Frédéric Rethinger, Édouard Cassiers    Gare d'Orléans    Vignoles    370 km    290 kg de courrier en 5 sacs, 23 pigeons    E. Cassiers est le Président de l'Assoc. Colombophile de Paris « L'espérance », E. Rethinger est Allemand et est chargé de mission diplomatique auprès de l'Angleterre et de l'Autriche.
20    27 octobre 1870    La Bretagne (ou Le Normandie)    2 000 m3    Godard    René Cuzon    Wœrth, Manceau, Hudin    La Villette    Fresnes-en-Woëvre-Hennemont    200 km    pas de courrier, billets et des valeurs financières (7 millions de Francs Or), 7 pigeons    Capturé, passagers blessés. Premier transport de fonds aérien ! (pour l'achat d'armes). Le courrier et les fonds arriveront à destination, pas les passagers qui seront libérés après la guerre après un internement en Allemagne.
21    29 octobre 1870    Le Colonel Charras    2 000 m3    Cie des Aérostiers    Ferdinand Gilles    sans    Gare du Nord    Montigny-le-Roi (Haute-Marne)    308 km    460 kg de courrier, 6 pigeons, 5 paquets de journaux    Fret au maximum possible, la charge étant de 500 kg environ.
22    2 novembre 1870    Le Fulton    2 000 m3    Godard    Le Gloannec    Ernest Cézanne    Gare d'Orléans    Angers    345 km    350 kg de courrier, 6 pigeons   
23    4 novembre 1870    Le Ferdinand Flocon    2 000 m3    Cie des Aérostiers    Vidal    Abel Lemercier de Jauvelle    Gare de Nord    Châteaubriant    392 km    150 kg de courrier, 6 pigeons    Tentative pour rétablir le télégraphe Paris-Province, A. Lemercier étant spécialiste des lignes télégraphiques.
24    4 novembre 1870    La Galilée    2 000 m3    Godard    Jean Husson    Étienne Antonin    Gare de Nord    Chartres    88 km    420 kg de courrier, 6 pigeons    Capturé, mais un sac de courrier échappe aux Prussiens.
25    6 novembre 1870    La Ville de Châteaudun    2 000 m3    Cie des Aérostiers    Philippe Bosc    sans    Gare de Nord    Reclainville    106 km    455 kg de courrier, 6 pigeons   
26    6 novembre 1870    Non-dénommé no 3 (ou Piper 2)    2 000 m3    -    Piper    Friedman, Juteau    Usine de La Vilette    Combs-la-Ville    28 km     ?    Échec mais courriers et passagers échappent aux Prussiens.
27    8 novembre 1870    La Gironde    2 045 m3    Godard    Gallay    Herbaut, Gambès, Barry    Gare d'Orléans    Gaudreville    117 km    60 kg de courrier    2 bouteilles de Château-Giscours bues en cours de route et jetées avec un message sur les Prussiens. Surnommé « le ballon à nacelle Première Classe ».
28    12 novembre 1870    Le Daguerre    2 000 m3    Godard    Jubert    Louis Pierron, Ernest Nobécourt et son chien    Gare d'Orléans    Ferrières-en-Brie    42 km    270 kg de courrier, 30 pigeons, matériel pour la fabrication de pellicules photographiques (Ernest Nobécourt est chimiste)    Capturé, 1 sac de courriers sera lâché avant la capture et acheminé.
29    12 novembre 1870    Le Niepce    2 000 m3    Godard    Pagano    René Dagron, Albert Fernique, Poisot, Gnochi11    gare d'Orléans    Coole (Marne)    196 km    matériel photographique pour microfilms    R. Dagron est spécialiste des microfilms.
30    18 novembre 1870    Le général Uhrich    2 000 m3        Émile Lemoine (père)    Thomas + 2    Gare de Nord    Luzarches    36 km    80 kg de courrier, 34 pigeons    Premier vol de nuit.
31    24 novembre 1870    L'Archimède    2 000 m3    Godard    Jules Buffet    Gaston de Saint-Valéry, Albert de Jaudas    Gare d'Orléans    Castelré (Hollande)    400 km    290 kg de courrier, 21 pigeons    9 pigeons seulement arriveront à Tours.
32    24 novembre 1870    L'Égalité    3 000 m3        Wilfried De Fonvielle    de Villoutray, Brunel, Rouzé, Dulud (ou Dubreuil)    Vaugirard    Louvins (Belgique)    225 km    12 pigeons    L'administration refuse de confier du courrier.
33    24 novembre 1870    La Ville d'Orléans    2 030 m3    Cie des Aérostiers    Paul Rolier    Léonard Béziers    Gare de Nord    Lifjell (Norvège)    1 246 km    100 kg de courrier, 6 pigeons    Record de distance.
34    30 novembre 1870    Le Jacquart    2 000 m3    Godard    Alexandre Prince    sans    Gare d'Orléans    Disparu en Mer d'Irlande     ?    250 kg de courrier    Première disparition, localisée vers les Iles Scilly. Du courrier a été récupéré près du Cap Lizard.
35    30 novembre 1870    Le Jules Favre no 2    2 000 m3    Cie des Aérostiers    Alfred Martin    Paul du Courroy    Gare d'Orléans    Belle-Île-en-Mer    548 km    100 kg de courrier    Passagers blessés.

 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Sam 13 Mai - 15:20 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant

 
36    1er décembre 1870    La bataille de Paris    2 000 m3    -    Poirrier    Jules Antoine Lissajous, Jules Maurat    Gare du Nord    Grand-Champ    460 km    pas de courrier, matériel pour construire un télégraphe optique    les deux passagers sont professeurs de physique du Lycée Saint-Louis spécialistes d'optique.
37    2 décembre 1870    Le Volta    2 045 m3    Godard    Chapelain    Jules Janssen    Gare d'Orléans    Bouvron    466 km    pas de courrier    Voyage scientifique, pour aller observer l'éclipse à Oran.
38    4 décembre 1870    Le Franklin    2 050 m3    Godard    Pierre Marcia    d'Andrecourt    Gare d'Orléans    Saint-Aignan-Grandlieu    403 km    100 kg de courrier, 6 pigeons    Le Comte d'Andrécourt est chargé de porter des documents secrets à la délégation de Bordeaux.
39    5 décembre 1870    L'armée de Bretagne    2 000 m3    Cie des Aérostiers    Surrel    Lavoine    Gare du Nord    Bouillet    355 km    pas de courrier    Surrel gravement blessé.
40    7 décembre 1870    Le Denis Papin    2 000 m3    Godard    Jean Louis Domalain    Pierre de Montgaillard, Delort, Robert    Gare d'Orléans    Le Mans    170 km    55 kg de courrier, 6 pigeons    Robert et Delors sont les inventeurs des Boules de Moulins.
41    11 décembre 1870    Le général Renault    2 000 m3    Cie des Aérostiers    Joignerey    Wolff, Lermanjat    Gare du Nord    Rouen    143 km    120 kg de courrier (en 2 sacs), 12 pigeons    -
42    15 décembre 1870    La Ville de Paris    2 000 m3    Cie des Aérostiers    Delamarne    Morel, Billebault    Gare d'Orléans    Wetzlar (Rhénanie prussienne)    510 km    65 kg de courrier, 12 pigeons    Capturé, les plans secrets du Général Trochu destinés à Gambetta pour coordonner les actions sont pris par l'ennemi. Le courrier sera restitué en juillet 1871 aux destinataires.
43    17 décembre 1870    Le Parmentier    2 045 m3    Godard    Paul    Desdouet, Lepère    Gare d'Orléans    Gourgançon    150 km    160 kg de courrier, 4 pigeons    Desdouet est photographe.
44    17 décembre 1870    Le Gutenberg    2 000 m3    Godard    Joseph Perruchon    Charles d'Almeida, Isaac-Georges Levy, Louisy    Gare d'Orléans    Montépreux    200 km    pas de courrier, 6 pigeons, matériel pour correspondre avec Paris La Science illustrée. Journal hebdomadaire... [archive]    Capturé par l'armée française, passagers et pilote sont jugés comme espions par un général français ... puis libérés.
45    18 décembre 1870    Le Davy    1 200 m3    Godard    Chaumont    Pierre Deschamps    Gare d'Orléans    Fussey    331 km    70 kg de courrier en 2 sacs    L'oriflamme du ballon, donnée par les aéronautes, est toujours dans la Mairie de Fussey.
46    20 décembre 1870    Le général Chanzy    2 000 m3    Cie des Aérostiers    Léopold Werrecke    Alfonse de l'Épinay, Juliac, F. Jouffryon    Gare du Nord    Rotembery ou Rottenberg[Où ?] (Bavière)    760 km    25 kg de courrier, 4 pigeons, 1 scaphandre sous-marin conçu par Juliac & Jouffryon    Capturé, le scaphandre était prévu pour une tentative de retour dans Paris par la Seine.
47    22 décembre 1870    Le Lavoisier    2 045 m3    Godard    Charles Sauveur Ledret    Raoul Le Mouton de Boisdeffre    Gare d'Orléans    Beaufort-en-Vallée    290 km    175 kg de courrier, 6 pigeons    -
48    23 décembre 1870    La Délivrance    2 050 m3    Cie des Aérostiers    Édouard Gauchet    Reboul    Gare du Nord    La Boissière-des-Landes (Vendée)    450 km    140 kg de courrier, 4 pigeons    -
49    24 décembre 1870    Le Rouget de l'Isle    2 050 m3    Godard    François Jahn    Garnier, Glachant    Gare d'Orléans    Alençon    240 km    pas de courrier, 4 pigeons   
50    27 décembre 1870    Le Tourville    2 050 m3    Godard    Abel Mouttet    Miége, S. Delaleu    Gare d'Orléans    Eymoutiers    433 km    160 kg de courrier, 4 pigeons    -
51    3 janvier 1871    Le Merlin de Douai    2 000 m3    Aéronautes    L.Griseaux    E.Tarbé    Gare du Nord    Massay    211 km    pas de courrier    Quelques plis confiés.
52    29 décembre 1870    Le Bayard    2 045 m3     ?    Paul Réginence (ou Reginensi)    Ducoux    Gare d'Orléans    La Mothe-Achard    377 km    110 kg de courrier, 4 pigeons  

53    30 décembre 1870    L'armée de la Loire    2 000 m3    Cie des Aérostiers    E. Lemoine (fils)    sans    Gare d'Orléans    Montbizot    231 km    230 kg de courrier   
54    4 janvier 1871    Le Newton            Aimé Ours    Amable Brousseau    Gare du Nord    Digny    110 km    310 kg de courrier, 4 pigeons   
55    9 janvier 1871    Le Duquesne    2 000 m3    Godard    Charles Richard    Aymand, Chemin, Lallemagne    Gare d'Orléans    Berzieux    167 km    150 kg de courrier, 4 pigeons    Tentative de direction avec une hélice.
56    9 janvier 1871    Le Gambetta    2 000 m3    Cie des Aérostiers    Charles Duvivier    Lefébure de Fourcy    Gare du Nord    Clamecy    200 km    240 kg de courrier, 3 pigeons    -
57    11 janvier 1871    Le Kepler    2 000 m3    Godard    Achille Félix Roux    Camille Dupuy    Gare d'Orléans    Montigné-le-Brillant    283 km    160 kg de courrier, 3 pigeons    -
58    13 janvier 1871    Le Monge    2 000 m3    Godard    Raoul    Guigné    Gare d'Orléans    Arpheuilles    293 km    pas de courrier   
59    13 janvier 1871    Le général Faidherbe    2 000 m3    Cie des Aérostiers    Van Seymortier    Hurel, Maréchal, Nicolas, Petit-Clair    Gare du Nord    Saint-Avit-de-Soulège (Gironde)    577 km    60 kg de courrier, 2 pigeons, 5 chiens    Transport de chiens pour les utiliser comme passeur de messages (dans leur collier) : aucun des chiens n'est revenu dans Paris.
60    15 janvier 1871    Le Vaucanson    2 045 m3    Godard    André Clariot    Valade, Delente    Gare d'Orléans    Armentières (Belgique)    240 km    75 kg de courriers, 3 pigeons    -
61    16 janvier 1871    Le Steenackers    2 000 m3        Vibert    Gustave Gobron    Gare du Nord    Huynd ou Hynd, près d'Harderwijk (Hollande)    552 km    pas de courrier, 2 caisses de dynamite    Record de vitesse et d'altitude.
62    18 janvier 1871    La Poste de Paris    2 000 m3    Cie des Aérostiers    Turbiaux    Cleray, Cavailhon    Gare du Nord    Venray (Pays-Bas)    400 km    70 kg de courrier, 3 pigeons    -
63    20 janvier 1871    Le général Bourbaki    2 000 m3    Cie des Aérostiers    Théodore Mangin    Boisenfrey    Gare du Nord    Auménancourt-le-Grand    162 km    180 kg de courrier, 3 pigeons    Tombé en zone ennemie, mais non capturé.
64    22 janvier 1871    Le général Daumesnil    2 045 m3    Godard    Robin    sans    Gare de l'Est    Charleroi (Belgique)    277 km    280 kg de courrier, 3 pigeons    -
65    24 janvier 1871    Le Torricelli    2 045 m3    Godard    Bely    sans    Gare de l'Est    Catillon-Fumechon    193 km    230 kg de courrier, 3 pigeons    -
66    27 janvier 1871    Le Richard Wallace    2 000 m3    Cie des Aérostiers    Inconnu    Émile Lacaze    Gare de l'Est    Disparu dans l'Atlantique, au large d'Arcachon     ?    220 kg de courrier, 3 pigeons    Du courrier est retrouvé sur la plage à Saint-Gilles-Croix-de-Vie et aux Sables-d'Olonne, puis à l'Ile de Ré.
67    28 janvier 1871    Le général Cambronne    2 045 m3    Godard    Auguste Tristan    sans    Gare de l'Est    Sougé-le-Ganelon (Sarthe)    253 km    20 kg de courrier    Dernier ballon, portant haut le mot de Cambronne !
 
 
 
 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Sam 13 Mai - 15:50 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant

Une boule de Moulins est un procédé de transport du courrier vers la ville de Paris employé lors du siège de la ville pendant la guerre de 1870. Comme le courrier empruntant ce moyen était au préalable centralisé à Moulins (Allier), ces boules furent dites « de Moulins ».
Les boules de Moulins, en métal et remplies de courrier, étaient immergées dans la Seine largement en amont de Paris. Roulant sur le fond du fleuve, elles devaient franchir les lignes des assiégeants et être récupérées aux abords de la capitale. Le procédé se révéla un échec total, aucune boule de Moulins ne parvenant à Paris avant la fin du siège, même si plus de la moitié d'entre elles a été récupérée depuis, de la Seine-et-Marne jusqu'à l'embouchure de la Seine.

Afin de continuer à correspondre avec la province dans une capitale totalement encerclée par les Prussiens, divers moyens avaient été employés, ballon monté ou pigeons voyageurs, mais surtout dans le sens Paris-province. Dans l'autre sens ceci était plus délicat et l'idée de faire voyager par le courant de la Seine des boules étanches contenant du courrier fut mis en œuvre, selon le principe de la bouteille à la mer. Pour déjouer la surveillance des assiégeants et les dispositifs qu'ils ont mis en œuvre pour barrer la Seine, les boules ne doivent pas flotter en surface ou entre deux eaux ; elles descendent le courant en roulant sur le fond. Ce sont trois ingénieurs (Pierre-Charles Delort, Émile Robert et J. Vonoven) qui mettent au point le système basé sur la fabrication de cylindres en zinc étanches une fois refermés par soudure. Le cylindre a un diamètre de 12 cm, une longueur de 20 cm. et est pourvu d'ailettes destinées à le faire tourner sur lui-même dans le courant du fleuve. D'un poids d'un peu plus de 2 kg, l'ensemble a la forme d'une sphère et peut renfermer 500 à 600 lettres qui ne doivent pas dépasser 4 grammes chacune. Ils se sont peut-être inspirés d'un dispositif comparable, utilisé pour la contrebande de tabac à la frontière franco-belge, dans les eaux de l'Yser. Deux expériences successives avec une boule sur la Bièvre sont concluantes.
Les boules fabriquées à Moulins sont mises à l'eau dans la Seine en amont de Paris, depuis Bray-sur-Seine jusqu'à Samois-sur-Seine et des filets descendant jusqu'au fond du lit de la Seine, tendus derrière les lignes ennemies, au niveau du Port à l'Anglais à Alfortville, doivent les récupérer. Delort reste à Moulins pour conditionner les boules, remplir les bordereaux qui détaillent leur contenu ; Robert assure le transport des « agents » — pour éviter les fuites, c'est le terme employé pour désigner les boules — de Moulins aux bords de la Seine où il les immerge ; Vonoven se charge de relever les filets

Le système ne fut pas efficace puisqu'aucune des 55 boules envoyées du 4 au 29 janvier 1871, date à laquelle le service fut interrompu, ne fut récupérée pendant le siège. Elles étaient probablement envasées, arrêtées par des obstacles ou sont passées au travers des filets détruits par les glaçons charriés par la Seine le 22 janvier. Le 10 février, 14 600 lettres en attente furent découvertes à Moulins. Elles furent acheminées à Paris dissimulées dans des sacs de riz
Certaines boules, cependant, purent être retrouvées après la fin du siège : la première fut repêchée en mars 1871 aux Andelys. Il semble cependant qu'une boule fut récupérée avant cette date, car une lettre est connue avec son cachet d'arrivée à Paris en date du 12 février 1871 (vente sur offre d'un marchand de timbres parisien, juin 2014). En définitive, environ 25 à 30 boules ont été retrouvées, la majeure partie avant 1910. Mais une l'a été en 1942, une autre en 1952. Plus récemment, une boule a été remontée par le conducteur d’un engin de dragage à Saint-Wandrille (Seine-Maritime), le 8 août 1968. Une boule a encore été récupérée à Vatteville-la-Rue (Seine-Maritime) en 1982, puis une autre en 19885,6. Chaque fois, l'administration postale cherche à remettre les lettres aux descendants des destinataires d'origine suivant le principe que « la mission de distribution du courrier n'a pas de limite dans le temps. Le courrier confié à La Poste doit arriver coûte que coûte ». Sur 55 boules confectionnées, une vingtaine restent donc enlisées au fond de la Seine et pourraient refaire surface dans les prochaines années. Mais l'emplacement des dernières trouvailles (à l'aval de Rouen) suggère que les boules restant à découvrir aient pu s'éloigner considérablement de Paris, voire rejoindre la Manche. Après la fin de la guerre de 1870, un repêchage est déclaré à Saint-Malo. Il aurait fallu pour cela que les courants marins aient permis à la boule de contourner toute la péninsule du Cotentin, ce qui peut sembler surprenant ; il est également possible qu'un pêcheur l'ait chalutée près de l'embouchure de la Seine pour la rapporter ensuite à son port d'attache

Après avoir soumis leur projet à Germain Rampont, directeur des postes à Paris, Delort et Robert gagnent Tours puis Bordeaux pour y rencontrer François-Frédéric Steenackers, directeur des télégraphes qui a suivi le gouvernement français en exil. Steenackers discute avec eux des tarifs et des modalités pratiques : le courrier sera centralisé à Clermont-Ferrand. Mais, à Clermont-Ferrand parvient, rédigé par Steenackers, l'ordre de suspendre l'opération ; de nouvelles négociations financières, moins favorables aux concepteurs du projet, ont lieu, et le lieu de collecte des lettres est transféré à Moulins. Les raisons de ce revirement sont mal connues, mais l'inimitié notoire opposant Rampont et Steenackers n'y est peut-être pas étrangère.
Les retards nés de ces atermoiements ont en tout cas certainement pesé dans l'échec du projet : les jours passant avec l'arrivée de l'hiver, le courant de la Seine se ralentit avec son embâcle partielle et les premières boules ne sont immergées que le 4 janvier 1871 alors que l'opération aurait pu débuter au moins quinze jours plus tôt. Après la guerre, Delort et Robert qui n'ont pas été payés de leur travail engagent des actions envers l'État pour obtenir des compensations financières, mais sans succès

Brevet de Delort pour sa « sphère sous-marine ».

Les plis qui étaient destinés à entrer dans Paris par l'intermédiaire des boules étaient envoyés de toute la France à Moulins et devaient être affranchis à 1 franc au lieu des 20 centimes du tarif normal. Les 80 centimes supplémentaires étaient destinés à la rétribution des trois concepteurs et opérateurs du système des boules (payée pour moitié à l'enregistrement du courrier et pour moitié à sa réception effective), cependant aucune garantie n'était promise aux utilisateurs. On estime entre 30 000 et 35 000 le nombre des lettres concernées. Afin de ne pas renseigner l'ennemi, elles ne se distinguaient par aucun cachet spécial, seule la surprenante mention Paris, par Moulins (Allier) étant nécessaire.
Bien sûr, les lettres ayant transité par les boules de Moulins ont une valeur marchande très importante et, à l'occasion de la découverte de 1968, la Poste a décidé d'apposer au dos des lettres récupérées une griffe officielle les authentifiant.

 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Dim 14 Mai - 16:19 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant

L’arc de triomphe de l’Étoile souvent appelé simplement l'Arc de Triomphe, dont la construction, décidée par l'empereur Napoléon Ier, débuta en 1806 et s'acheva en 1836 sous Louis-Philippe, est situé à Paris, dans le 8e arrondissement. Il s'élève au centre de la place Charles-de-Gaulle (anciennement place de l’Étoile), dans l'axe et à l’extrémité ouest de l’avenue des Champs-Élysées, à 2,2 kilomètres de la place de la Concorde. Haut de 49,54 m, large de 44,82 m et profond de 22,21 m, il est géré par le Centre des monuments nationaux. La hauteur de la grande voûte est de 29,19 m et sa largeur de 14,62 m. La petite voûte mesure 18,68 m de haut et 8,44 m de large. Le monument pèse 50 000 t, 100 000 t en prenant en compte les fondations qui s'enfoncent à 8,37 m de profondeur. Le coût total de la construction est de 9 651 116 F.


La place de l'Étoile forme un énorme rond-point de douze avenues percées au xixe siècle sous l’impulsion du baron Haussmann, alors préfet du département de la Seine. Ces avenues « rayonnent » en étoile autour de la place, notamment l’avenue Kléber, l'avenue de la Grande-Armée, l’avenue de Wagram et, la plus connue, l’avenue des Champs-Élysées. Des pavés de couleurs différentes dessinent sur le sol de la place deux étoiles dont les pointes arrivent pour l'une au milieu des avenues, pour l'autre entre les avenues.


Napoléon Ier, au lendemain de la bataille d'Austerlitz déclare aux soldats français : « Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de Triomphe » et par un décret impérial en date du 18 février 1806 ordonne la construction de cet arc de triomphe consacré à perpétuer le souvenir des victoires des armées françaises. Son projet initial est d'ériger le monument « à l’entrée des boulevards, près du lieu où était la Bastille, de manière qu’en entrant dans le faubourg Saint-Antoine on passe sous cet arc de triomphe ». Il veut ainsi en faire le point de départ d'une avenue triomphale traversant notamment le Louvre et la place de la Bastille. Le ministre de l'Intérieur Champagny avise l'Empereur que le choix de la Bastille serait dispendieux et le convainc d'ériger l'arc à l'ouest de Paris sur la Place de l'Étoile qui permettait le dégagement de belles perspectives.
Le comte Jean Bérenger, conseiller d'État, se charge du financement comme directeur général de la Caisse d'amortissement. Le décret impérial du 26 février 1806, qui ordonne l'érection d'un arc de triomphe, prévoit en effet que sera pris un million pour cet objet sur les contributions provenant de la Grande Armée. La caisse d'amortissement tiendra chaque mois, à dater du 1er mars, une somme de cinquante mille francs à la disposition du futur architecte et celle de quinze mille francs pour les travaux d'art et de sculpture ».

 Pour la conception du monument, l'architecte Jean-François-Thérèse Chalgrin est en concurrence avec son confrère Jean-Arnaud Raymond, chargé de collaborer avec lui. Le premier souhaite orner l'arc de colonnes isolées tandis que le second les veut engagées, l'incompatibilité de ces deux conceptions rendant impossible toute collaboration entre les deux architectes. Un arbitrage rendu par Champagny, ministre de l'Intérieur, force Raymond à se retirer honorablement. Chalgrin supprime alors les colonnes de son projet et s'inspire de l'arc tétrapyle de Janus et de l'arc de Titus à Rome, alors en pleine restauration.
La première pierre en forme de bouclier portant une inscription est posée le 15 août 1806 et recouverte d'une plaque en bronze pour la protéger. Les fondations (un massif de 54,56 mètres de longueur sur 27,28 mètres de largeur et 7,55 mètres de profondeur) exigent deux années de chantier. En 1810, les quatre piles s'élèvent à environ un mètre au-dessus du sol. À l'occasion de son mariage avec l'archiduchesse Marie-Louise et de l'entrée de celle-ci dans Paris, l'Empereur délègue des crédits qui permettent à Chalgrin de construire une maquette en vraie grandeur en charpente, stuc et toiles peintes qui restent assez longtemps en place et sous laquelle la princesse passe. L'architecte meurt assez subitement en 1811, suivi, huit jours après lui, par son confrère Raymond


Lors des premières défaites napoléoniennes (Campagne de Russie en 1812), et des évènements de 1814, l'arc de triomphe est élevé jusqu'aux voûtes (l'imposte de la grande arcade est posée avec la 45e assise), mais la construction est interrompue puis abandonnée sous la Restauration. Louis XVIII ne reprend la construction qu'en 1824 avec les architectes Louis-Robert Goust puis Huyot et sous la direction de Héricart de Thury. En 1830, Louis-Philippe reprend la pensée initiale de Napoléon mais, dans un esprit de réconciliation, associe les armées qui ont combattu entre 1792-1815. C’est Louis-Philippe et Adolphe Thiers qui décident du choix des thèmes et des sculpteurs : Le départ des Volontaires, communément appelé La Marseillaise, de François Rude et Le Triomphe de Napoléon de Jean-Pierre Cortot. Plus spectaculaire est la frise située au sommet de l’Arc et qui se divise en deux parties : Le départ des Armées et Le Retour des Armées avec une longue scène centrale à la gloire de la Nation. La construction est finalement reprise et achevée entre 1832 et 1836 par l'architecte Guillaume-Abel Blouet, sous Louis-Philippe.



L'Arc de triomphe de l'Étoile est inauguré le 29 juillet 1836 pour le sixième anniversaire des Trois Glorieuses. Au départ, une grande revue militaire en présence de Louis-Philippe avait été prévue. Mais, alors qu'il venait d'être visé par un nouvel attentat le 25 juin, le président du Conseil, Adolphe Thiers, convainc le roi de s'en abstenir. La revue militaire est décommandée et remplacée par un grand banquet offert par le roi à trois cents invités, tandis que le monument est inauguré en catimini par Thiers, à sept heures du matin.
En 1842, Honoré de Balzac en a fait un symbole de la fidélité des soldats à l'Empereur : « mais tous les cœurs, même les plus hostiles à l'empereur, adressaient au ciel des vœux ardents pour la gloire de la patrie. Les hommes les plus fatigués de la lutte commencée entre l'Europe et la France avaient tous déposé leurs haines en passant sous l'arc de triomphe »

Dans l'esprit des concepteurs, le sommet de l'Arc devait être couronné par un groupe sculpté monumental. Plusieurs projets, dont certains très fantaisistes, sont présentés : la France victorieuse, un aigle colossal, Napoléon sur une sphère, un réservoir d'eau, un éléphant, etc. En 1882, un quadrige conçu par le sculpteur Alexandre Falguière est installé sur le socle laissé vide : cette maquette en charpente et en plâtre, grandeur naturelle, représente une allégorie de La France ou de La République, tirée par un char à l'antique s’apprêtant à « écraser l’Anarchie et le Despotisme ». La sculpture monumentale, baptisée le Triomphe de la Révolution, est enlevée dès 1886 car elle commence à se dégrader, son remplacement définitif par un bronze ne s'étant jamais fait par la suite.
L'arc de triomphe de l'Étoile fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 6 février 1896

L'Arc de Triomphe fait maintenant partie des monuments nationaux à forte connotation historique. À ses pieds se trouve la tombe du Soldat inconnu de la Première Guerre mondiale. La flamme éternelle qu’il abrite, est avec celle de l'autel de la Patrie à Rome la première du genre depuis l’extinction de la flamme des Vestales en 39. Elle commémore le souvenir des soldats morts au combat et ne s’éteint jamais : elle est ravivée chaque soir à 18 h 30 par des associations d'anciens combattants ou de victimes de guerre. L’Arc de Triomphe est aussi un haut lieu symbolique depuis que la dépouille du Soldat Inconnu a été inhumée le 28 janvier 1921. Deux ans plus tard, André Maginot, alors ministre de la Guerre, soutient le projet d’y installer une "flamme du souvenir" qui est allumée pour la première fois le 11 novembre 1923 par le ministre. Ce geste de ravivage symbolique a été accompli chaque soir, même le 14 juin 1940, jour où l'armée allemande est entrée dans Paris et défilait sur la place de l'Étoile : ce jour-là, le ravivage a eu lieu devant les officiers allemands qui ont autorisé la cérémonie.

En février 2008, fut inaugurée la nouvelle scénographie permanente de l'Arc de Triomphe due à l'artiste Maurice Benayoun et à l'architecte Christophe Girault. Renouvelant l'exposition des années 1930, cette nouvelle muséographie accorde une large place au multimédia. Intitulée "Entre guerres et paix", elle propose une lecture de l'histoire du monument prenant en compte l'évolution de sa symbolique jusqu'à la période actuelle, période où les valeurs du dialogue et de la rencontre prennent le pas sur la confrontation armée. Une présentation multimédia raconte en sept stations et sur trois niveaux l'histoire du monument de façon contemporaine, interactive et ludique. Elle permet de découvrir ce qui aurait pu être (les projets non réalisés), ce qui a disparu et ce qui ne peut être facilement vu (le décor sculpté).

 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Dim 14 Mai - 16:33 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant

L'élévation de cet arc monumental tétrapyle est la suivante : devant les façades principales des piédroits, le premier registre est orné de groupes en ronde-bosse sur des piédestaux. Ce bandeau est surmonté d'un premier entablement constitué d'une frise de grecques et d'une corniche saillante. Le second registre est animé de grands cadres de pierre rectangulaires, ornée d’un bas-relief, et surmonté d'un entablement, comprenant une frise historiée, sous une corniche saillante. Le troisième registre dans la partition verticale de l'édifice est un important étage d'attique orné de 30 boucliers.

Le programme iconographique comprend :
quatre haut-reliefs posés sur des socles élevés, adossés aux piédroits et hauts de 18 mètres. Ce sont :
Le Départ des volontaires de 1792 (dit La Marseillaise), par François Rude. Ce haut-relief représente le rassemblement de tous les Français, pour défendre la nation en partant au combat. L'ensemble et la diversité du peuple français est mis en avant par la diversité des soldats partant au combat : révolutionnaires, bonapartistes et royalistes ; jeunes et moins jeunes. Au-dessus d'eux, la Victoire les guide, reconnaissable à ses ailes. Cette victoire fut vite considérée comme une allégorie de la Patrie. L'architecture générale mélange le style antique (la Victoire casquée et ailée portant l'Égide, les drapés, les cuirasses, les armes, le nu) avec le style appartenant au Romantisme caractéristique du xixe siècle en France (gestes véhéments, expression marquée des visages, mouvement général).
Le Triomphe de 1810, par Jean-Pierre Cortot
La Résistance de 1814, par Antoine Étex
La Paix de 1815, par Antoine Étex

six bas-reliefs plus petits gravés sur les faces de l'arc, retraçant des scènes de la révolution et de l'Empire. Ils se situent au-dessus des 4 groupes ainsi que sur les côtés de l'arc :
Les funérailles du général Marceau le 20 septembre 1796, par P.H. Lamaire (face Sud droite),
La bataille d'Aboukir le 25 juillet 1799, par Seurre aîné (face Sud gauche),
La bataille de Jemappes le 6 novembre 1792, par Carlo Marochetti (face EST),
Le passage du pont d'Arcole le 15 novembre 1796, par Jean-Jacques Feuchère (face Nord droite),
La prise d'Alexandrie le 3 juillet 1798, par John-Étienne Chaponnière (face Nord gauche),
La bataille d'Austerlitz le 2 décembre 1805, par Jean-François-Théodore Gechter (face Ouest).

l'attique orné de 30 boucliers quinconcés par des glaives dressés. Sur les boucliers sont gravés les noms de grandes batailles de la révolution et de l'Empire :
Valmy, Jemappes, Fleurus, Montenotte, Lodi, Castiglione, Rivoli, Arcole, Pyramides, Aboukir, Alkmaer, Zurich, Heliopolis, Marengo, Hohenlinden, Ulm, Austerlitz, Iena, Friedland, Somosierra, Essling, Wagram, Moskowa, Lützen, Bautzen, Dresde, Hanau, Montmirail, Montereau et Ligny.

le bas-relief de la frise du grand entablement qui tourne sur les quatre faces de l'édifice. Il représente :
Le départ des armées, par Brun, G. Jacquot et Laité. Sur cette frise on peut voir la représentation de plusieurs personnalités de la révolution et de l'Empire. De gauche à droite, on y distingue, Chenier, Moitte, Roland, Me Roland, Penthièvre, Marceau, Hoche, Soult, Carnot, Cambronne, Joubert, Latour d'Auvergne, Championnet, Jourdan, Beurnonville, La Fayette, Sieyes, Duc d'Orléans, Bailly, Duc de Bourbon, Talleyrand, Mirabeau, Custine, Foy, Desaix, le Duc de Chartres, Masséna, Kléber, Houchard, Kellermann, Daboville, Lefebvre, Augereau, Dumouriez,Miranda, Gouvion St Cyr, Eugène et Joséphine de Beauharnais, David, Gossec, Rouget de l'Isle.
Le retour des armées, par Louis-Denis Caillouette, François Rude et Seurre aîné.
Les grandes arcades qui sont rehaussées dans leurs écoinçons de figures allégoriques représentant des personnages de la mythologie romaine (Renommées avec le pied posé sur un globe, leurs mains tenant une trompette et Victoires tendant une couronnes de laurier), exécutées par James Pradier

Quatre bas-reliefs se situent au-dessus des noms des personnalités de la Révolution et de l'Empire. Ils portent le nom de batailles célèbres de la révolution et de l'Empire :
Attributs des victoires du Nord, par François Joseph Bosio. La scène indique les batailles d'Austerlitz, d'Iéna, de Friedland, d'Ulm, de Wagram et d'Eylau.
Attributs des victoires du Sud, par Antoine-François Gérard. La scène indique les batailles de Marengo, de Rivoli, d'Arcole et de Lodi.
Attributs des victoires de l'Est, par Valcher. La scène indique les batailles d'Alexandrie, des Pyramides, d'Aboukir et d'Héliopolis.
Attributs des victoires de l'Ouest, par Jean-Joseph Espercieux. La scène indique les batailles de Jemmapes et de Fleurus.

Sous l'arc se trouve la tombe du soldat inconnu. Sur la tombe on peut lire :
Ici
repose
un soldat
français
mort
pour la patrie
1914 . 1918






 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Dim 14 Mai - 16:34 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant


 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Lun 15 Mai - 10:34 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant

L’hôtel des Invalides est un monument parisien dont la construction fut ordonnée par Louis XIV par l'édit royal du 24 février 1670, pour abriter les invalides de ses armées. Aujourd'hui, il accueille toujours des invalides, mais également la cathédrale Saint-Louis des Invalides, plusieurs musées et une nécropole militaire avec notamment le tombeau de Napoléon Ier. Cet immense complexe architectural, conçu par Libéral Bruand et Jules Hardouin-Mansart, est un des chefs-d’œuvre les plus importants de l'architecture classique française.
Ce site est desservi par les stations de métro Invalides, Varenne et La Tour-Maubourg.

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaise figure, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.
En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.
Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de l'Escurial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».
Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.
Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.
L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.
Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.
Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le roi, qui lui demande d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».
Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

SUITE: Hôtel des Invalides — Wikipédia
 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Lun 15 Mai - 10:50 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant

La Bourse, située à Paris, devenue Euronext depuis le 22 septembre 2000, est le marché officiel des actions en France. Il n'existe plus de bourse physique à Paris. La bourse de Paris désormais intégrée dans Euronext, a été délocalisée dans la zone industrielle de Basildon, banlieue de Londres, sous bannière anglaise, tout comme les places financières de Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne, Luxembourg, sous Data Center, sous contrôle trading-fréquence.
En effet, le CAC 40 est indexé par Euronext. Le lieu historique qu'elle a longtemps occupé à Paris est le palais Brongniart.

La première Bourse de Commerce à Paris est créée en 1639. Ce fut à partir de cette date que les courretiers de change, deniers et marchandises prirent le nom d'agent de change que le roi Charles IX avait créé par un édit en 1572.
L’existence de sociétés par actions en France est ancienne. La Compagnie des Indes occidentales, créée en 1664, ainsi que la « Compagnie d’Afrique » et la banque générale de John Law font en 1716 l'objet d'une spéculation effrénée. Peu après, un arrêt du Conseil d’État du roi, le 24 septembre 1724, donne naissance à la bourse de Paris. La présence des femmes y est dès l'origine proscrite, et ce jusqu'en 1967.
La Bourse de Paris au xviiie siècle a occupé l'hôtel de Nevers, avant de transiter par plusieurs sites parisiens. En 1808, Napoléon Ier pose la première pierre du Palais Brongniart, conçu par l'architecte Alexandre-Théodore Brongniart et destiné à accueillir la Bourse de Paris, institution considérée d'ordre public et appréhendée par l'Empereur comme le « thermomètre de la confiance publique » à cause de la présence des rentes constituées 5 % (résultant du tiers consolidé de la Banqueroute des deux tiers votée sous le Directoire) qui composent l'essentiel de la cote officielle, et dont le cours est suivi avec assiduité par Napoléon Bonaparte. Le bâtiment est finalement inauguré sous la Restauration le 4 novembre 1826.

Vers le milieu du xixe siècle, la Bourse de Paris est entraînée dans la grande spéculation sur les premiers chemins de fer, qui vient de Londres et se transmet via les premiers liens inter-Bourses, comme les pigeons voyageurs et le télégraphe.
Le 5 mars 1886, Charles Gallo (maître adjoint dans une école, clerc d'huissier, avant de devenir anarchiste et d'être condamné pour fausse monnaie) lance une bouteille d'acide prussique depuis les galeries supérieures dans la corbeille de la Bourse, puis tire trois coups de revolver sans blesser personne. Devant la cour d'assises, il explique avoir voulu accomplir un acte de propagande par le fait. Il est condamné à 20 ans de travaux forcés.
À la fin du xixe siècle, la place financière parisienne connaît un rayonnement mondial très important, avec les grandes opérations en capital comme Suez, Panama, et les Emprunts russes.
Après 9 ans de fermeture pour cause de guerre, la Bourse de Paris rouvre ses portes le 27 juin 1949
jusqu'en 1700: place du Change (cour du Palais, au-dessous de la Galerie-Dauphine, du côté de la Conciergerie)
1717 à 1721: rue Quinquampoix (lieu non officiel)
1721 à 1724: Hôtel de Soissons
1724 à 1789: « jardins de la Compagnie des Indes », Hôtel de Nevers, 6 rue Vivienne
1789 au 27 juillet 1793: partie du « Palais Mazarin » correspondant à l'actuelle galerie Vivienne.
10 mai 1795 au 13 décembre 1795: Palais du Louvre
12 janvier 1796 au 7 octobre 1807: église des Petits-Pères devenue bien national.
7 octobre 1807 au 23 mars 1818: Palais-Royal, galerie dite « de Virginie », sous la grande salle du « Tribunat »
23 mars 1818 à 1826: dans un hangar, sur le terrain de l'ex-couvent des Filles-Saint-Thomas.
6 novembre 1826 au 6 novembre 1998: Palais Brongniart

La réputation internationale des charbonnages wallons est telle que, dans les années 1840, plusieurs mines de charbon de Belgique sont les premières entreprises industrielles à bénéficier d'une cotation officielle la Bourse de Paris, où l'inauguration du palais Brongniart a eu lieu le 4 novembre 1826. La première cotation de société étrangère accueillie avait en 1834 la Banca Romana, suivie par la Banque de Belgique puis la deuxième banque américaine.
L'histoire des mines d'or s'accélère à la fin du xixe siècle avec la cotation, dans les années 1890, des mines d'or d'Afrique du Sud à la Bourse de Paris, où elles deviennent la principale attraction. Dès 1905, l’Afrique du Sud se hisse au premier rang mondial devant l’Australie. En 1913 l’or représente 45 % de son revenu, 80 % de ses exportations et 40 % de la production mondiale.
Dans son livre Le Grand Méchant Marché, l'économiste David Thesmar raconte qu'au début du xxe siècle, la place de Paris bénéficiait d'une forte activité chez les petits porteurs, qui s'est un peu assagie par la suite, et n'avait pas beaucoup à envier aux Bourses anglo-saxonnes, si ce n'est l'absence d'investisseurs de long terme comme les fonds de pension.
Pierre-Cyrille Hautcœur, directeur d'étude à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), estime à environ 2,5 millions le nombre de porteurs de titres à la fin de la Belle Époque, contre moins de 2 millions au début des années 1980.
L'un des meilleurs historiens de la Bourse de Paris est l'investisseur international André Kostolany, mort à Paris en 1999 à l'âge de 93 ans, et surtout connu en Allemagne où il écrivait chaque semaine une chronique pour le magazine Capital.
Dans son livre Si la Bourse m'était contée, André Kostolany raconte que la première Bourse de valeurs organisée d'Europe est née à Anvers en 1592, mais qu'il a fallu, en France, attendre 1613, pour qu'un bâtiment spécialisé soit édifié sur le lieu des échanges, au Pont-Neuf (dans les villes italiennes de Florence et Venise, les échanges avaient lieu aussi sur un pont, respectivement le Ponte Vecchio et le Rialto).

Jusqu'à la fin des années 1980, la Bourse de Paris est gérée par la corporation des agents de change, qui bénéficiaient d'un monopole sur la cotation. Dès le début des années 1980, et à la suite de la recrudescence de la concurrence entre places boursières internationales, se pose la question de la modernisation de la Bourse de Paris, qui, jusqu'à cette époque, fonctionnait principalement à la criée. Le système CAC (cotation assistée en continu), introduit progressivement entre 1986 et 1989, a rendu possible la cotation en continu et la survie d'un marché qui était notamment menacé par la Bourse de Londres. Cette informatisation fut suivie d'autres réformes institutionnelles, comme la modification du statut des agents de change et l'apparition de nouvelles sociétés de bourse. La Société des bourses françaises (acronyme de l'actuel indice SBF) fait suite à la Compagnie des agents de change (acronyme originel de l'actuel indice CAC40). La modernisation de la Bourse de Paris est accompagnée d'autres initiatives telles que la création, dès 1989, des marchés organisés de produits financiers dérivés — le MATIF et le MONEP, désormais regroupés sous l'appellation Euronext-Liffe depuis le rachat du LIFFE par Euronext en 2002 — ou la dématérialisation des titres (avec la création de la Sicovam).
Dès la fin des années 1990, et après la mise en place du NSC (Nouveau système de cotation), la Bourse de Paris lance une initiative de fusion entre diverses bourses européennes, qui culminera avec la création d'Euronext en 2000.
En 2007, le groupe Euronext a fusionné avec le NYSE pour donner naissance à la société holding NYSE Euronext. Le siège de la nouvelle entité est situé désormais à New York. Paris préserve un statut de siège international

 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Mar 16 Mai - 09:39 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant

Le musée d’Orsay est un musée national inauguré en 1986, situé dans le 7e arrondissement de Paris et installé, le long de la rive gauche de la Seine, dans l'ancienne gare d'Orsay construite par Victor Laloux de 1898 à 1900, réaménagée en musée, sur décision du Président de la République Valéry Giscard d'Estaing. Ses collections présentent l'art occidental de 1848 à 1914, dans toute sa diversité : peinture, sculpture, arts décoratifs, art graphique, photographie, architecture, etc. Il est l'un des plus grands musées d'Europe.

Le musée possède la plus grande collection de peintures impressionnistes et post-impressionnistes au monde, avec près de 1 100 toiles au total sur plus de 3 450, et l'on peut y voir des chefs-d’œuvre de la peinture et de la sculpture comme Le Déjeuner sur l'herbe et l’Olympia d'Édouard Manet, une épreuve de La Petite Danseuse de quatorze ans de Degas, L'Origine du monde, Un enterrement à Ornans, L'Atelier du peintre de Courbet, Les joueurs de cartes de Cézanne ou encore cinq tableaux de la Série des Cathédrales de Rouen de Monet et Bal du moulin de la Galette de Renoir.

Des expositions temporaires éclairent périodiquement l’œuvre d’un artiste, ou bien mettent en valeur un courant, un marchand, une question d’histoire de l’art. Un auditorium accueille des manifestations diversifiées, concerts, cinéma, théâtre d’ombres, conférences et colloques et des spectacles spécifiquement destinés à un jeune public.
Le musée est situé à l'emplacement du palais d’Orsay, édifié à partir de 1810, qui accueille en 1840 le Conseil d'État au rez-de-chaussée puis, deux ans plus tard la Cour des comptes au premier étage. Il est incendié en 1871 pendant la Commune de Paris et laissé à l'état de ruines jusqu'à la construction par Victor Laloux de la gare d'Orsay, ancien terminus de la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans, pour accueillir les visiteurs et les délégations étrangères de l'exposition universelle de 1900.

Son esplanade, à l'ouest, a été aménagée en 1985 et dotée de nombreuses statues dont le groupe dit Statues des 6 continents, initialement installées sur la terrasse du palais du Trocadéro lors de l'exposition universelle de 1878.
Le musée d’Orsay a ouvert ses portes dans la gare reconvertie, le 9 décembre 1986. Afin de permettre sa transformation en un musée des arts du xixe siècle, selon la volonté du Président de la République Valéry Giscard d'Estaing, le bâtiment a été reconfiguré de 1983 à 1986 par les architectes Renaud Bardon, Pierre Colboc et Jean-Paul Philippon (ACT Architecture), lauréats d'un concours d’architecture organisé en 1979, rejoints ensuite par l’architecte d’intérieur italienne Gae Aulenti.

Dans la nuit du 6 octobre 2007, lors de la Nuit Blanche, des individus s’introduisent dans le musée et endommagent gravement un tableau de Claude Monet, Le Pont d'Argenteuil, datant de 1874, qu'ils déchirent sur 10 cm. Le tableau a été restauré depuis.
Inauguré au pavillon de Marsan du Louvre en 1905, le musée des arts décoratifs avait été envisagé en 1879 sur l’emplacement attribué à la gare d’Orsay en 1897, qui retrouvera finalement cette vocation muséale en 1986. La Porte de l'enfer de Rodin, dont le plâtre est visible au niveau médian - terrasse Rodin, devait en constituer l'entrée monumentale.

Dès 1977, une collection d’objets d’arts décoratifs de la période 1848-1914 a été constituée au musée d’Orsay. Hormis la salle à manger Charpentier de 1900, reconstituée dans un espace propre (period room), les meubles et les objets sont montrés hors de leur contexte. Constituée d’œuvres représentatives de la production de céramique, de verrerie, de joaillerie et de mobilier, cette collection témoigne de la mutation de la production d’objets d’art liée à la révolution industrielle, celle des beaux-arts appliqués à l’industrie. Elle compte quelques chefs-d’œuvre longtemps méconnus ou mal considérés et présente aussi des pièces attestant l’exceptionnelle qualité des industries de luxe de cette époque. Le découpage muséographique des collections d’objets d’art distingue par leur localisation ceux produits sous le Second Empire (1852-1870) et dans les deux premières décennies de la Troisième République (1870-1940) de ceux correspondant au style Art nouveau (à partir de 1890).


Le musée d'Orsay expose et conserve la plus grande collection de peintures impressionnistes (plus de 480 toiles) et post-impressionnistes (plus de 600 toiles cloisonnistes, néo-impressionnistes, symbolistes, nabis...) au monde, ainsi que de remarquables ensembles de peintures de l'école de Barbizon, réalistes, naturalistes, orientalistes et académiques, y compris des écoles étrangères. Près de 5 200 peintures composent la collection, mais de nombreuses œuvres, dont près de 1 720 peintures, incluant une centaine non localisées ou détruites, sont déposées dans des édifices publics ou musées de province, telles que 19 des 95 peintures de Vuillard, 20 des 87 peintures de Bonnard, 19 des 83 peintures de Renoir ou 21 des 69 peintures de Maurice Denis.

Cette liste non-exhaustive répertorie les principaux peintres représentés au musée d'Orsay avec le nombre de leurs œuvres peintes dans les collections ainsi que le titre de leurs principales réalisations, qu'elles soient ou non exposées, compte tenu du renouvellement régulier des accrochages. Cette liste mentionne également les pastels, pour les artistes concernés : en effet, bien que n'appartenant pas au département des peintures, un certain nombre de pastels sont exposés dans les collections permanentes du musée.


Créée en 1980, la Société des Amis du Musée d’Orsay est une association régie par la loi de 1901, reconnue d'utilité publique. Elle regroupe des amateurs d’art de la seconde moitié du xixe siècle (1848-1914) et compte 600 membres actifs. Elle a pour but d’enrichir les collections du Musée d’Orsay et de favoriser le rayonnement de celui-ci à travers le monde.
La Société des Amis apporte son soutien à :
l’acquisition d’œuvres d’art en complétant les crédits du musée,
l’achat d’œuvres pour le musée (plus de 600 œuvres ont été acquises pour une valeur totale de 2 600 000 €).
Elle encourage également les donateurs, héritiers ou collectionneurs, à faire don d’une œuvre ou d’un ensemble d’objets d’art au profit du musée. Par son action plus de 800 dons d’œuvres et ensembles d’objets d’Art sont entrés dans les collections du musée.

En 2009 a été créée la Société des American friends of the Musée d'Orsay. Cette organisation caritative à but non lucratif, a pour vocation de promouvoir auprès du public américain la richesse et la connaissance des arts de la fin du xixe siècle en soutenant les collections, les expositions et les programmes du Musée d'Orsay et du Musée de l’Orangerie, en particulier quand ces actions présentent un rapport direct avec les États-Unis. La société des AFMO compte à ce jour plus de 250 adhérents.

Les musées d'Orsay et de l'Orangerie ont créé le Cercle des Femmes Mécènes en octobre 2013. Cette initiative unique en son genre est le fruit de la mobilisation de plus de 120 femmes et du soutien de 7 réseaux influents. Témoignant d'une volonté commune de mettre les femmes à l'honneur, le Cercle [archive] a pour but, via la généreuse contribution de particuliers ou d'entreprises, de financer des projets issus de la programmation des musées d'Orsay et de l'Orangerie, dédiés aux femmes. Il s'agit également de sensibiliser les acteurs économiques à différents enjeux autour de la place des femmes dans la société (parité, égalité professionnelle, éducation…) et de créer, sur le long terme, une véritable plateforme d'échanges de référence.
Les musées d'Orsay et de l'Orangerie et la Chambre de Commerce Italienne pour la France ont créé le Cercle Italien des Mécènes. Ce Cercle [archive] réunit des entreprises italiennes désireuses de soutenir les projets engagés par les musées. Cette fondation s'inscrit dans une relation étroite entre l'Italie et le musée d'Orsay.

 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Mar 16 Mai - 09:44 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant







 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Mar 16 Mai - 09:48 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS Répondre en citant






 

_________________


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:00 (2017)    Sujet du message: (75) PARIS

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    50's pour toujours Index du Forum -> fiftiz pour toujours -> PHILATELIE (copies interdites sans l'autorisation d'un administrateur) -> DEPARTEMENTS FRANCAIS Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Aller à la page: 1, 2, 3, 4, 5  >
Page 1 sur 5

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com