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9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1)
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saintluc
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MessagePosté le: Sam 29 Avr - 07:42 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

Page 1: campagne du Caucasebataille de Kara Killisse bataille de Sarıkamış - bataille des Dardanelles - bataille de Sedd-Ul-Bahr - débarquement au cap Hellesbataille de Krithia - Kérévés Déré -  Guerres ottomanes en Europe - Conquête des Balkans (1356-1402) bataille de Maritsa - Reprise des conquêtes (1430-1478) Affrontement avec les Vénitiens et l'Ordre hospitalierReprise des conquêtes (1430-1478) - siège de Rhodes - seconde bataille de Kosovo - chute de Constantinople - Grand Siège de Malte - guerre de Chypre siège de Famagouste - La Sainte-Ligue - bataille de Lépante - bataille de Nicopolis - bataille de Djerba - bataille de Varnasiège de Belgrade -
 
                               

Page 2: bataille de Mohács - Chute de Gallipoli - siège de Vienne - siège de Szigetvárbataille de CălugăreniBattaille de Cecora -
guerre de Candie ou guerre de Crète - bataille de Focchies - bataille de Paros - siège de Candie - bataille de Khotin - Guerre de Morée ou sixième guerre turco-vénitienne - sièges de Buda - bataille de Slankamen - Bataille de Zenta - guerre polono-cosaque-tatare - guerre russo-turque (1568-1570) - guerre russo-turque de 1676-1681- guerre russo-turque de 1686–1700 guerre russo-turque de 1710-1711 - guerre russo-turque de 1735-1739 - sixième guerre russo-turque - révolution d'Orloff ou expédition des frères Orloff - traité de Küçük Kaynarca - bataille de Tchesmé - septième guerre russo-turque huitième guerre russo-turque - neuvième guerre russo-turque -
guerre de Crimée DETAILS DE LA GUERRE DE CRIMEE - Siège de Sébastopol (1854-1855) - Bataille de Malakoff le 8 septembre 1855 -

Page 3: Bataille de la rivière Tchernaïa - bataille d’Oltenița - bataille de l'Alma - bataille de Balaklava charge de la brigade légère - bataille de Cetate - bataille de Kurekdere - bataille de Bomarsundsiège de Silistra - combat d'Isatcha - Combat de Pitsounda - bataille de Sinope - siège de Petropavlovsk - bataille d'Inkerman - assaut d'Eupatoria - siège de Taganrog - Siège de Kars - bataille de Kinburn
première guerre balkanique qui dura d'octobre 1912 à mai 1913  - Bataille de Sarantáporo  - Bataille de Giannitsá - bataille de Kumanovo - bataille de Kirk Kilissé - bataille de Kaliakra - bataille d'Elli - bataille de Bulair - bataille de Lemnos - bataille de Bizani - bataille d'Andrinople - deuxième guerre balkanique bataille de Kresna bataille de Dojran - bataille de Bregalnica - bataille de Kresna - campagne du Caucase - offensive Bergmann - bataille de Sarıkamış - première offensive de Suez - bataille de Kara Killisse bataille de Bitlis - bataille de Ctésiphon -

Page 4: siège de Kut-el-Amara - bataille de Magdhaba - bataille de Rafa - première bataille de Gaza - seconde bataille de Gaza - bataille d'Aqaba - bataille de Rafa chute de Bagdad bataille de Beer-Sheva - bande de Gaza - bataille de Megiddoguerre d’indépendance turqueArmée du Calife - campagne de Cilicie - guerre turco-arménienne - bataille de Sardarapat - bataille de Bach Abaran - bataille de Karakilisa guerre gréco-turque de 1919-1922 - occupation de Smyrne incendie de Smyrne - batailles d'İnönü - bataille de la Sakarya - bataille de Dumlupınar - Participation à la guerre de Corée -  bataille d'Incheon -

Page 5: 
bataille du Chongchon - bataille pour le Crochet Invasion turque de Chypre coup d'État du 15 juillet 1974 à Chypre - attentat de Suruç  - 
                              






La campagne du Caucase est le théâtre d'opération du Caucase dans le cadre du front du Moyen-Orient durant la Première Guerre mondiale. Elle opposa l'Empire ottoman à l'Empire russe puis la République démocratique d'Azerbaïdjan, la République démocratique d'Arménie, la République de Caspienne centrale et le Royaume-Uni participèrent à ce conflit. La campagne du Caucase s'étendit du Caucase à l'Anatolie orientale jusqu'à Trabzon, Bitlis, Muş et Van. La flotte russe se déploya dans la région de la mer Noire contrôlée par l'Empire ottoman.
Le 8 mars (23 février) 1917, l'avancée russe fut stoppée par la Révolution russe et par la suite l'Armée du Caucase russe en pleine désintégration fut remplacée par les forces armées de l'Arménie nouvellement créée comprenant les volontaires et les irréguliers arméniens. En 1918, la région vit également la création de la République de Caspienne centrale et de la République démocratique d'Arménie, ainsi que l'arrivée d'une armée alliée du nom de Dunsterforce composée de troupes d'élites issues des fronts de Mésopotamie et de l'ouest. L'Empire ottoman et l'Allemagne s'affrontèrent à Batoumi lors de l'arrivée de l'expédition allemande dans le Caucase, dont la mission principale était de sécuriser les champs de pétrole.
Le 3 mars 1918, la campagne se termina entre l'Empire ottoman et la Russie avec la signature du traité de Brest-Litovsk et le 4 juin, l'Empire ottoman signa le traité de Batoumi avec l'Arménie. Cependant, il resta en guerre avec la République de Caspienne centrale, l'Arménie orientale ayant fait sécession et la Dunsterforce de l'Empire britannique jusqu'à l'armistice de Moudros signé le 30 octobre 1918.
Le principal objectif de l'Empire ottoman était la reconquête de ses territoires d'Anatolie orientale. Ces régions avaient été annexées par l’Empire russe à la suite de la guerre de 1877-1878. Les objectifs stratégiques étaient la prise d'Artvin, d'Ardahan, de Kars et du port de Batoumi. Un succès dans cette région provoquerait une dispersion des forces de l'armée impériale russe, déjà engagées sur les front de Galice et de Pologne. Le plan fut donc soutenu par l'Empire allemand qui fournit du matériel à la 3e armée ottomane. Le ministre de la guerre Ismail Enver espérait qu'une victoire ouvrirait la route de Tbilissi et provoquerait le soulèvement des populations musulmanes. L'objectif ottoman, ou plutôt celui des Allemands, était de couper l'approvisionnement en pétrole issu de la mer Caspienne.
La Russie avait donné la priorité au front de l'est en matière d'armement et d'effectifs. Elle s'inquiétait d'une campagne ottomane dans le Caucase visant à reprendre Kars et Batoumi qu'elle avait obtenu après la guerre de 1877-1878. En mars 1915, lors d'une rencontre avec le Français Maurice Paléologue et le Britannique George Buchanan (en), Sergueï Sazonov déclara que la Russie revendiquerait en cas de victoire le contrôle de la région de Marmara. La Russie tsariste prévoyait l'expulsion des musulmans de la région et leur remplacement par des cosaques jugés plus fiables.
Les Arméniens étaient sous domination ottomane depuis le xvie siècle et disposaient d'une relative autonomie dans les régions d'Arménie occidentale où ils étaient majoritaires. Les guerres entre les Russes et les Ottomans firent passer les territoires arméniens historiques sous domination russe. La Première Guerre mondiale et la Révolution russe permirent aux Arméniens de créer la République démocratique d'Arménie. La République de Caspienne centrale fut également une entité arménienne.

Les Ottomans disposaient d'une armée basée dans la région, la 3e armée. En 1916, ils envoyèrent des renforts pour former la 2e armée. Ces forces qui comptaient entre 100 000 et 190 000 hommes au début du conflit étaient mal équipées.
Avant la guerre, l'Armée du Caucase russe disposait de 100 000 hommes sous le contrôle nominal du gouverneur général du Caucase, Illarion Ivanovitch Vorontsov-Dachkov. Le vrai commandant était cependant le général Nikolaï Ioudenitch. Au début de la guerre, les Russes durent redéployer une grande partie de leurs forces sur le front européen après les défaites de Tannenberg et des lacs de Mazurie. L'Armée du Caucase possédait des généraux arméniens comme Tovmas Nazarbekian ou Movses Silikyan. L'Armée du Caucase se désintégra lors de la Révolution russe en 1917 lorsque les soldats russes désertèrent la ligne de front. Les forces arméniennes se montèrent alors à 150 000 hommes.
À l'été 1914, les unités de volontaires arméniens se trouvaient sous l'autorité des forces russes. Comme les conscrits russo-arméniens avaient déjà été envoyés sur le front de l'est, ces unités étaient uniquement composées d'Arméniens non russes ou de ceux qui n'étaient pas obligés de se battre. Ces troupes étaient dirigées par Andranik Toros Ozanian, Drastamat Kanayan, Archak Gafavian et Sarkis Mehrabian. Leurs effectifs se montaient initialement à 20 000 hommes mais ils s'étoffèrent par la suite. En 1916, Nikolaï Ioudenitch décida d'incorporer ces unités au sein de l'Armée du Caucase.
Le mouvement de libération national arménien organisa des forces paramilitaires sous le commandement de Sebastatsi Murad (arménien : Սեբաստացի Մուրատ). Ces groupes étaient généralement connus sous le nom d'irréguliers arméniens. Boghos Nubar Pacha, le président de l'Assemblée nationale arménienne déclara à la conférence de paix de Paris en 1919 que ces unités avaient épaulé les unités régulières. La Fédération révolutionnaire arménienne mit également en place des forces militaires.
On trouvait également des milices kurdes dans la région qui se battaient à la fois contre les Ottomans et les Russes.
Lionel Dunsterville fut choisi en 1917 pour commander une force alliée de 1 000 soldats australiens, britanniques, canadiens et néo-zélandais accompagnés d'automitrailleuses. Cette force avait pour mission de lutter contre l'influence allemande dans le Caucase.
Durant le mois de juillet 1914, des négociations eurent lieu entre le Comité Union et Progrès (CUP) et les dirigeants arméniens du Congrès arménien d'Erzurum. L'Empire ottoman souhaitait obtenir le soutien, sinon la neutralité des Arméniens lors de la guerre avec la Russie en échange d'une plus large autonomie. Les représentants arméniens étaient tout a faits disposés à rester fidèles au gouvernement ottoman mais refusèrent d'inciter les Arméniens de Russie à la révolte. L'historien Erickson écrit qu'après cette rencontre, le CUP fut convaincu des forts liens entre les Arméniens et les Russes

1914
Le 1er novembre, lors de l'offensive Bergmann, les Russes franchirent la frontière et avaient pour objectif les villes de Doğubeyazıt et de Köprüköy. La déclaration de guerre officielle ne fut envoyée que le 2 novembre. Les Russes comprenant 25 bataillons d'infanterie, 37 de cavalerie et 120 canons se déployèrent en deux ailes et prirent Köprüköy dès le 4 novembre. Le commandant de la 3e armée ottomane, Hasan Izzet n'était pas favorable à une offensive dans le rude climat hivernal et privilégiait une tactique défensive jusqu'au printemps. Cependant, le ministre de la Guerre, Enver Pacha, ordonna une contre-offensive le 7 novembre. Le régiment tribal kurde qui devait renforcer l'armée ottomane se révéla peu fiable. L'offensive s'essouffla et les Russes réalisèrent une percée de 25 km vers Erzurum.
Durant le mois de décembre, Nicolas II de Russie visita le théâtre du Caucase. Le chef de l'Église arménienne et le président du bureau national arménien, Alexandre Khatissian, rencontrèrent l'empereur à Tbilissi :
« De tous les pays, les Arméniens se pressent pour rejoindre les rangs de la glorieuse armée russe, prêts à donner leur sang pour la victoire de l'armée russe... Que le drapeau russe flotte librement sur les Dardanelles et le Bosphore, que les Arméniens sous le joug turc puissent recevoir la liberté, que le peuple arménien de Turquie qui a souffert pour la foi du Christ reçoive la résurrection pour une nouvelle vie.... »
— Nicolas II de Russie
Le 15 décembre 1914, la ville d'Ardanuch fut capturée. L'opération était commandée par le général allemand Stange. Sa mission était de mener une opération de diversion pour fixer les unités russes et était soutenue par les rebelles Adjars qui avaient capturé les routes. Par la suite, ils durent soutenir la bataille de Sarikamish en coupant les routes de ravitaillement russes entre Sarikamish et Kars. Le 1er janvier, l'unité arriva à Ardahan.
Le 22 décembre à la bataille de Sarıkamış, la 3e armée reçut l'ordre d'avancer sur Kars. Bien qu'il ait reçu des consignes pour reculer, Ioudenitch décida de défendre Sarikamish. Enver Pacha prit le commandement personnel de la 3e armée et lança ses troupes dans la bataille. Cependant l'attaque est mal menée et les Ottomans souffrent du froid intense.

1915
Le 6 janvier, les Russes lancèrent une violente contre-attaque, le quartier-général de la 3e Armée se trouva prit sous le feu ennemi. Hafız Hakkı Pacha ordonna une retraite totale. La bataille de Sarıkamış est un désastre. Seul 10 % de l'armée parvint à se replier sur ses positions initiales. Enver Pacha abandonna le commandement des opérations et accusa les Arméniens de la région d'être aux côtés des Russes après son retour à Constantinople. Le 18, le général Stange quitta la région d'Ardahan mais resta derrière les lignes ennemies jusqu'au 1er mars 1915.
En février, le général Ioudenitch fut récompensé pour cette victoire et reçut le commandement de toutes les forces russes dans le Caucase. Les Alliés (France et Grande-Bretagne) demandèrent aux Russes d'alléger la pression sur le front de l'Ouest et la Russie demanda aux Alliés d'alléger la pression sur le Front du Caucase par une attaque navale. Les opérations navales en mer Noire et la bataille des Dardanelles permirent aux Russes de se renforcer. Le 12 février, le commandant de la 3e Armée, Hafız Hakkı mourut du typhus et fut remplacé par Mahmut Kamil Pacha. Il eut pour mission de remettre l'armée en ordre. La 3e Armée anéantie reçut de faibles renforts de la 1re et de la 2e armée car la bataille de Gallipoli était prioritaire. Les Russes s'emparèrent d'Eleşkirt, Ağrı et Doğubeyazıt sans que les Ottomans épuisés ne puissent s'y opposer.
À Van, le gouverneur ottoman ordonna des massacres d'Arméniens sous le prétexte d'intelligence avec l'ennemi et de désertion. Le 20 avril, la résistance arménienne s'organisa dans la ville. Les défenseurs arméniens au nombre de 1 500 avaient pour mission la protection des 30 000 résidents et des 15 000 réfugiés avec 300 fusils, 1 000 pistolets et des armes anciennes. Le général Ioudenitch commença son offensive le 6 mai, une aile de son armée devait avancer vers le lac de Van pour secourir les Arméniens de Van. Le 21 mai, l'armée libère la ville après trois semaines de siège qui ont fait près de 55 000 morts. Aram Manoukian met en place un gouvernement provisoire. Une fois Van sécurisée, les combats se déplacèrent vers l'ouest.
Le 24 avril, le ministre de l'Intérieur Talaat Pacha signa le décret du 24 avril (connu sous le nom de dimanche rouge par les Arméniens), prétendant que les Arméniens de cette région s'étaient soulevés avec le soutien des Russes. Ce décret est le point de départ du génocide arménien. Le 27 mai, la loi Tehcir ordonna la déportation de tous les Arméniens de la région vers la Syrie.

Les troupes russes imprudemment avancées dans les montagnes au nord du lac de Van subirent de violentes contre-attaques et furent repoussés à la bataille de Kara Killisse. Ils durent donc évacuer Van, laissant la ville sans autre défense que les milices arméniennes. 200 000 civils s'enfuirent à la suite de l'armée russe, 40 000 en sont morts. Les Ottomans prirent la ville fin août mais furent chassés un mois plus tard par une nouvelle offensive russe. Le front se stabilisa jusqu'à la fin de l'année et Ioudenitch exploita ce calme pour renforcer son armée. Au début de 1916, ses forces atteignaient 200 000 hommes et 380 canons. De l'autre côté, la bataille de Gallipoli absorbait toutes les ressources ; la décision d'Enver Pacha de considérer ce front comme secondaire fit que les renforts furent très faibles. Le 1er janvier, les forces ottomanes comptaient 120 000 hommes mais seulement 74 000 fusils et 180 canons.

1916
Au début janvier, Ioudenitch quitta secrètement ses quartiers d'hiver et avança vers la forteresse ottomane d'Erzurum. L'hiver n'est pas le meilleur moment pour attaquer dans cette région. Le froid mordant et les mauvaises routes avaient grandement contribué à l'anéantissement de la 3e Armée l'année précédente. Le général Ioudenitch vit cela comme une opportunité et écrasa une division ottomane à la bataille de Koprukoy entre le 10 et le 18 janvier. Le 16 février, Mahmut Kamil fut obligé de retirer son armée d'Erzurum du fait de son infériorité numérique
En avril, l'Armée du Caucase avança vers le nord pour capturer Trabzon. L'autre branche de l'offensive avança vers Muş et Bitlis. Ces unités repoussèrent la 2e Armée loin en Anatolie après la bataille de Bitlis. La ville était la dernière place forte de l'Empire ottoman empêchant les Russes d'entrer en Anatolie et Mésopotamie.
En juillet, le général Ioudenitch dut contrer des offensives ottomanes en lançant sa propre attaque vers Erzincan qui tomba la 2 juillet. L'offensive turque vers Trabzon fut arrêtée pour essayer de stabiliser le front. En août, Mustafa Kemal tout juste nommé réussit à recomposer l'armée et à stabiliser le front. Néanmoins, ses offensives échouèrent du fait des problèmes de ravitaillement et s'il parvint à reprendre Muş et Bitlis en août, il doit les céder à la fin de l'automne.
La fin de l'année est relativement calme car les deux camps épuisés consolident leurs positions. De plus, l'hiver particulièrement rude empêcha tout combat.

1917
La situation militaire n'évolua pas au printemps 1917, les plans d'attaques russes ne furent jamais mis en place. Cependant la Russie était plongée dans une tourmente sociale et politique qui mena à la Révolution russe. Le chaos qu'elle engendra mit fin à toutes les opérations militaires et les forces russes commencèrent à se désintégrer car les soldats refusaient de continuer la guerre. De plus, une nouvelle épidémie de typhus, de scorbut et de choléra aggrava la situation de l'Armée du Caucase.
Jusqu'à la Révolution russe de 1917, une offensive ottomane dans le Caucase était inimaginable. Après Sarıkamıs, les unités ottomanes étaient « quasiment toujours » en situation difficile et tentaient de maintenir leurs positions. Elles ne pouvaient pas non plus tirer profit de la situation politique en Russie du fait de la pression britannique en Palestine et en Mésopotamie.
Le 1er mars, l'ordre « numéro 1 » voté par le Soviet de Petrograd incluait des paragraphes concernant la démocratisation de l'armée. Ceux-ci permettait aux unités militaires d'élire leurs représentants. Le 9 mars 1917, le Comité spécial de Transcaucasie est mis en place avec Vasily Kharlamov à sa tête par le gouvernement provisoire comme étant la plus haute division administrative de Transcaucasie. Le nouveau gouvernement réassigne le général Ioudenitch en Asie centrale mais celui-ci quitte l'armée après cette mutation.
Durant l'été, l'administration de l'Arménie occidentale soutint une conférence pour former une milice de 21 000 hommes sous le commandement d'Andranik avant décembre 1917. La 1re brigade de la division Andranik était composée des régiments Erzincan et Erzurum. La 2e brigade était composée des régiments Khnous et Alashkert. La 3e brigade était de Van.
Le 14 septembre 1917, l'Armée russe dans la région n'existait plus. Vers la fin de l'automne, le commandant en chef du Front du Caucase Przhevalskii ordonna aux unités arméniennes et géorgiennes de rejoindre l'armée pour ralentir la désintégration. Les problèmes de démoralisation de l'Armée russe (tous les fronts connaissaient la même difficulté) étaient liées à la décision du gouvernement provisoire de poursuivre la guerre et cela facilita la prise du pouvoir par les Bolcheviks. En novembre 1917, le premier gouvernement de Transcaucasie (Seïm) fut mis en place à Tbilissi et remplaça le Comité spécial de Transcaucasie à la suite de la révolution d'Octobre.
Le Seïm de Transcaucasie fut dirigé par le menchevik Nikolaï Chkheidzé mais ne put empêcher la désintégration de l'armée russe dans la région en de nombreuses petites forces nationales. Les Arméniens prévoyaient de conserver leur indépendance en étant soutenus par les Alliés et la Russie et établir leur force militaire avec le soutien de l'armée russe. Le général Nazarbekov fut choisi comme commandant en chef de l'armée de 32 000 réguliers et de 40 000 miliciens. L'armée russe abandonna 160 canons, 180 mitrailleuses et 160 millions de cartouches.
Le 23 octobre, au moment de la révolution d'octobre, la 3e armée ottomane tenait un front de 190 km des montagnes de Munzur à la mer Noire mais le manque de tous les éléments nécessaires à la guerre empêchait les Ottomans de lancer une offensive. Le front était bloqué.
Le 5 décembre 1917, l'armistice d'Erzincan est signé entre la Russie et les Ottomans à Erzincan et met fin à la guerre entre les deux pays. Entre décembre et février, les régiments arméniens remplacèrent les troupes russes qui rentraient en Russie en abandonnant leur matériel. Après la nationalisation (ou la démocratisation de l'armée), il n'y avait plus de forces militaires russes à la fin 1917.
Au début de 1918, les puissances alliées, les cosaques, les Géorgiens et les Arméniens étaient disposés à construire une ligne de résistance commune contre les Ottomans. Dans le cas d'un accord entre la Russie et l'Empire ottoman, ce fut la seule stratégie pour continuer à lutter contre les Ottomans18. Les Arméniens qui conservèrent leurs positions dans la région après le retrait des soldats russes du front du Caucase reçurent 1 million de roubles de la part de la Grande-Bretagne.

 1918
Le 1er janvier, l'Ittihad favorable à une union des musulmans de Russie se rapprocha des bolcheviks. Maintenant que l'armée russe était partie, de vastes territoires du sud étaient sans défense. À la fin janvier, les troupes de Nazarbekian occupaient les avant-postes majeurs entre Erevan, Van et à Erzincan. Vehib Pacha fit face aux troupes arméniennes.
En février, Tovmas Nazarbekian devint commandant du Front du Caucase et Andranik Toros Ozanian prit le commandement des forces arméniennes à l'intérieur du territoire ottoman. L'offensive ottomane commença le 5 février sur une ligne allant de Tirebolu à Bitlis. Les territoires furent repris aux Arméniens. Kelkit fut libéré le 7 février, Erzincan, le 13, Bayburt, le 19, Tercan le 22 et le grand port de la Mer Noire, Trabzon tombe le 25 malgré les renforts arrivant par la mer. Erzurum est prise le 12 mars après une forte résistance arménienne. Au début de mars 1918, les troupes ottomanes étaient revenues à la frontière d'avant-guerre. En mars, les Arméniens
Le 3 mars, le grand vizir Talat Pacha signa le traité de Brest-Litovsk avec la RSFS de Russie. Il était précisé que la Russie devait céder Batoumi, Kars, Ardahan. Ces territoires avaient été capturés par la Russie lors de la Guerre russo-turque de 1877-1878. Il était également précisé que la Transcaucasie devait être indépendante. De plus, une clause secrète obligeait la Russie à démobiliser les forces arméniennes
Entre le 14 mars et avril 1918, la conférence de Trabzon rassembla l'Empire ottoman et la Transcaucasie. Enver Pacha offrit de renoncer à toutes ses ambitions sur le Caucase en échange de la reconnaissance des ré-acquisitions turques en Anatolie orientale comme prévu dans le traité de Brest-Litovsk. Le 5 avril, le chef de la délégation transcaucasienne Akaki Chkhenkeli accepta le traité de Brest-Litovsk comme base pour plus de négociations et pressa le gouvernement d'accepter cet accord L'état d'esprit qui prévalait à Tbilissi était cependant très différent et le gouvernement se considérait déjà en état de guerre avec l'Empire ottoman.
Le 11 mai, une nouvelle conférence s'ouvrit à Batoumi. À cette conférence, les ottomans accrurent leurs ambitions et revendiquaient maintenant Tbilissi, Alexandropol et Etchmiadzin ainsi que la construction d'une ligne de chemin de fer pour connecter Kars, Djoulfa et Bakou. Les membres arméniens et géorgiens de la délégation commencèrent à ne plus s'entendre. Le 21 mai, les ottomans reprirent leur offensive qui mena aux victoires arméniennes lors des batailles de Sardarapat, Karakilisa et d'Aparan. Le 4 juin, la République démocratique d'Arménie dut signer le traité de Batoumi. Bien que les Arméniens aient réussi à infliger une série de défaites aux ottomans, les forces turques n'étaient qu'à quelques kilomètres de la capitale Erevan. Dans ce traité, l'Empire ottoman reconnaissait l'indépendance de l'Arménie mais celle-ci devait renoncer à ses ambitions sur l'Anatolie orientale. Le 26 mai 1918, la Géorgie se retira de la fédération et proclama son indépendance encouragée par la mission allemande menée par Friedrich Kress von Kressenstein et Friedrich-Werner von der Schulenburg. Deux jours plus tard, l'Azerbaïdjan prend son autonomie. La Transcaucasie n'existe donc plus. Le même jour, la Géorgie signe le traité de Poti avec l'Allemagne. Celle-ci reconnait l'indépendance de la Géorgie et s'engage à la protéger en échange d'un accord de libre passage pour les troupes allemandes et de grandes facilités économiques.
En juin, la république d'Arménie signa le traité de Batoumi. Cependant, sous l'impulsion d'Andranik Toros Ozanian, les Arméniens de la région montagneuse du Karabagh résistèrent tout au long de l'été à la 3e armée ottomane et installèrent un gouvernement indépendant à Chouchi.
L'arrivée des troupes allemandes en Géorgie en juin 1918 coïncida avec la montée de la rivalité germano-ottomane à propos des ressources et de l'influence dans le Caucase en particulier sur les champs de pétrole de Bakou. Vehip Pasha reprit son offensive et fut confrontée à une force germano-géorgienne. Le 10 juin, la 3e Armée attaqua et fit de nombreux prisonniers, ce qui mena à des menaces officielles de Berlin l'invitant à retirer ses troupes. Le gouvernement turc réorienta donc ses forces vers l'Azerbaïdjan et l'Iran. Une délégation géorgienne partit pour Berlin afin de négocier un traité final mais celui-ci fut rendu caduc par la défaite de l'Allemagne en novembre 1918.
Les ambitions turques dépassaient le cadre de la simple reconquête de territoires perdus 40 années plus tôt. Une nouvelle force fut créée en mars 1918 et nommée Armée de l'Islam (en) qui en réalité ne comptait pas plus de 25 000 hommes. Celle-ci était entièrement composée de musulmans dont la plupart parlait turc. Elle attaqua la République de Caspienne centrale et avait pour objectif Bakou. L'Allemagne était fortement opposée à cette nouvelle offensive car elle considérait que tout le sud de la Russie était dans sa zone d'influence. L'Armée de l'Islam avança jusqu'à Bakou où elle affronta les forces britanniques et les troupes arméniennes. La ville tomba le 14 septembre.
En octobre, les troupes ottomanes essayèrent de détruire les troupes arméniennes du Karabagh sous le commandement d'Andranik jusqu'à l'armistice de Moudros. Les combats furent indécis mais l'arrêt des combats permit à Andranik d'assurer le contrôle d'un corridor à travers le Nakhitchevan.
Le 30 octobre, l'armistice de Moudros fut signé et mit fin à la campagne du Caucase. À la fin de la guerre, l'Empire ottoman, défait sur les fronts de Mésopotamie, de Palestine et de Perse avait repris tous les territoires qu'il avait perdus au début de la guerre.

L'Empire ottoman fut finalement vaincu par les Alliés mais les frontières du Caucase n'étaient pas encore fixées. Deux ans après l'armistice, le traité de Sèvres fut signé entre les Alliés et l'Empire ottoman le 10 août 1920. Cependant, ce traité très dur pour la Turquie ne fut jamais appliqué et fut remplacé par le traité de Kars en octobre 1921. Les différents États du Caucase se livrèrent une série de guerre sur des motifs territoriaux. La guerre d'indépendance turque menée par Mustapha Kemal se termina par la signature du traité d'Alexandropol entre la Turquie et l'Arménie qui permit à la Turquie de conserver la plupart de ses territoires en Anatolie orientale.
Le 27 avril 1920, le gouvernement d'Azerbaïdjan reçu une information de Moscou selon laquelle l'armée soviétique se préparait à envahir la république d'Azerbaïdjan. À l'ouest, les Arméniens occupaient de grandes parties du territoire azerbaïdjanais. À l'est, les communistes se rebellaient contre le gouvernement de Bakou et au nord, les unités soviétiques avançaient rapidement après avoir battu les armées blanches de Dénikine. La république d'Azerbaïdjan se rendit aux Soviétiques mais de nombreux miliciens continuèrent de résister et il fallut plusieurs mois pour stabiliser la RSS d'Azerbaïdjan. La république d'Arménie capitula le 4 décembre et la RSS d'Arménie fut proclamée et le 25 février 1921, l'Armée rouge envahit la Géorgie.
Le 23 octobre 1921, le traité de Kars mit fin aux hostilités. En décembre 1923, l'URSS fut créée à partir des RSS d'Ukraine, de Biélorussie, de Russie et de Transcaucasie qui regroupait la Géorgie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan.



                                   

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Dernière édition par saintluc le Lun 5 Juin - 19:58 (2017); édité 33 fois
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MessagePosté le: Dim 30 Avr - 06:35 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille de Kara Killisse (« Église noire », en turc : Karakilise Muharebesi) est une bataille qui s'est déroulée en juillet 1915 sur le front du Caucase après la bataille de Manzikert. Dans la littérature historique russe, cet engagement est considéré comme faisant partie de l'« opération défensive d'Alashkert » (9 juillet – 3 août).
Auparavant, à l'été 1915, les Russes attaquent des positions turques au nord-est du lac de Van, mais sous-estiment les forces adverses. Ils sont défaits à la bataille de Manzikert. Ce succès encourage les unités commandées par Abdulkerim Pacha de prendre l'offensive contre les Russes dans la vallée d'Eleskirt, mais tandis qu'ils poursuivent les restes de l'armée d'Oganovski à travers les montagnes d'Agri, les Turcs se dispersent, permettant ainsi au général russe Ioudenitch de les contre-attaquer par l'ouest avec quelques 20 000 hommes arrivés en renfort, principalement des unités cosaques, et de tenter de les encercler. Mais les Russes ne sortent que partiellement victorieux. Les Turcs perdent de l'artillerie, des réserves d'approvisionnement, 10 000 d'entre eux sont tués et blessés et 6 000 sont capturés, cependant le succès russe n'est que tactique et ils se retirent de la ville de Van ce qui permet aux Turcs de l'occuper le 3 août.
Alors que la bataille fut indécise et la situation sur le terrain peu modifiée, les Russes la voient comme une victoire et elle remonte le moral national russe en offrant un peu de répit aux défaites continues du front de l'Est.


La bataille de Sarıkamış ou de Sarikamis ou de Sarikamish est un épisode de la campagne du Caucase, durant la Première Guerre mondiale. Elle opposa les troupes russes et ottomanes dans le nord-est de la Turquie actuelle, du 22 décembre 1914 au 17 janvier 1915 : les Ottomans, désireux de reprendre Kars, russe depuis 1877, y subirent une lourde défaite.
Le 29 décembre 1914, le commandant russe, le général Illarion Ivanovitch Vorontsov-Dachkov, bloque l'avancée turque sur Kars, dans le Caucase, mais les combats se poursuivent. Aucun des deux belligérants ne parvient à l'emporter. Quelque 100 000 soldats russes tentent de contenir l'avancée turque vers la ville de Kars. L'attaque turque est mal menée par Enver Pacha, dont les soldats souffrent du froid intense (beaucoup d'entre eux sont morts de froid et de maladie). Une soudaine contre-attaque russe force les Turcs à se replier sur Erzurum. Enver Pacha renonce à son commandement. Le général Vorontsov-Dachkov, peu enclin à poursuivre les Turcs, est remplacé par le général Nikolaï Ioudenitch.
Les Ottomans perdirent 32 000 hommes lors de la bataille et près de 60 000 à cause du froid et des maladies, soit environ 90 000 morts au total.
L'historien Mehmed Niyazi affirme que sur 76 000 soldats russes, 23 000 d'entre eux sont morts


 

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MessagePosté le: Lun 1 Mai - 07:10 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille des Dardanelles, également appelée bataille de Gallipoli (ou campagne des Dardanelles, ou campagne de Gallipoli), est un affrontement de la Première Guerre mondiale qui opposa l'Empire ottoman aux troupes britanniques et françaises dans la péninsule de Gallipoli dans l'actuelle Turquie du 25 avril 1915 au 9 janvier 1916.
La péninsule de Gallipoli forme la partie nord du détroit des Dardanelles reliant la mer Égée à la mer de Marmara. Durant la Première Guerre mondiale, cette région était contrôlée par l'Empire ottoman alors en guerre contre les puissances alliées dont le Royaume-Uni, la France et la Russie. Pour pouvoir ravitailler cette dernière, le contrôle des Détroits était indispensable mais une tentative alliée pour traverser les Dardanelles échoua le 18 mars en raison des mines qui y avaient été posées. Pour que les dragueurs de mines puissent opérer en sécurité, il était nécessaire de réduire au silence les batteries ottomanes sur les hauteurs du détroit. Un débarquement fut donc organisé le 25 avril au cap Helles et dans la baie ANZAC à l'extrémité sud de la péninsule.
Le terrain difficile, l'impréparation alliée et la forte résistance ottomane provoquèrent rapidement l'enlisement du front et les tentatives des deux camps pour débloquer la situation se soldèrent par de sanglants revers. Le 6 août, les Alliés débarquèrent dans la baie de Suvla au nord mais ils ne parvinrent pas non plus à atteindre les hauteurs dominant le détroit au milieu de la péninsule et ce secteur se couvrit également de tranchées. L'impasse de la situation et l'entrée en guerre de la Bulgarie aux côtés des Empires centraux poussèrent les Alliés à évacuer leurs positions en décembre 1915 et en janvier 1916 et les unités furent redéployées en Égypte ou sur le front de Salonique en Grèce.
La bataille fut un sérieux revers pour les Alliés et l'un des plus grands succès ottomans durant le conflit. En Turquie, l'affrontement est resté célèbre car il marqua le début de l'ascension de Mustafa Kemal qui devint par la suite un des principaux acteurs de la guerre d'indépendance et le premier président du pays. La campagne fut également un élément fondateur de l'identité nationale Turque. Commémorée sous le nom de journée de l'ANZAC, la date du débarquement du 25 avril est la plus importante célébration militaire en Australie et en Nouvelle-Zélande, où elle surpasse le jour du Souvenir du 11 novembre.

Le front du Moyen-Orient de la Première Guerre mondiale a été ouvert du 29 octobre 1914 au 30 octobre 1918. Les belligérants étaient l'Empire ottoman, assisté des autres puissances centrales, et principalement les empires britannique et russe parmi les Alliés, assistés de la France et de l'Italie.
En plus des forces régulières les belligérants ont utilisé des forces asymétriques dans la région. Il y avait du côté des Alliés les révoltés arabes et la milice arménienne participant à la résistance contre l'Empire ottoman. Les unités de volontaires arméniens et la milice formaient le Corps arménien de la République démocratique d'Arménie en 1918. Ce front a été le plus large de tous ceux de la Première Guerre mondiale.
En 1914, l'Europe est divisée entre deux systèmes d'alliances : la Triplice et l'Entente. Dès 1906, la prévision d'une guerre au cours de laquelle les troupes germanoturques prendraient l'Égypte en traversant le canal de Suez et provoqueraient une révolte de l'Afrique musulmane déstabilisant ainsi les colonies de l'Entente poussent les Britanniques à élaborer un plan pour intimider les Orientaux et les forcer à signer une paix séparée.
Ce plan prévoyait une action offensive à la fois navale et terrestre pour prendre possession des Détroits, menacer Constantinople et obliger ainsi la Grande Porte à la paix. Une telle offensive nécessitait un grand déploiement de navires de guerre ainsi que d'importantes troupes d'infanterie.
Le front sera théâtre de cinq campagnes principales : celles du Sinaï et de la Palestine, de Mésopotamie, du Caucase, perse et des Dardanelles. On peut également citer les campagnes d'Afrique du Nord, d'Arabie du Sud et la Grande révolte arabe de 1916-1918 contre l'autorité de l'Empire ottoman.
La participation de la Russie prit fin avec l'armistice d'Erzincan du 5 décembre 1917, avant le désengagement total de la Russie révolutionnaire avec le traité de Brest-Litovsk. le 3 mars 1918.
Les Arméniens attendirent la conférence pour la paix de Trabzon le 14 mars 1918 qui mena au traité de Batoumi du 4 juin 1918. Les Ottomans acceptèrent l'armistice de Moudros avec les Alliés le 30 octobre 1918, et signèrent le traité de Sèvres le 10 août 1920 ainsi que le traité de Lausanne le 24 juillet 1923.
Elle opposa principalement les Senoussi et des tribus berbères, appuyées par l'Empire ottoman et l'Empire allemand, au Royaume-Uni, à l'Italie et à la France dans le sud-ouest de la Libye et en Tripolitaine. Les Ottomans avaient l'intention d'ouvrir un nouveau front afin d'attirer les troupes britanniques combattant dans le Sinaï et en Palestine afin de réduire la pression que les Allemands subissaient de la part des Alliés sur d'autres fronts. Les Italiens, qui souhaitaient conserver les gains territoriaux qu'ils avaient faits par le biais du traité de Lausanne, participèrent au conflit.
En 1917, les Britanniques étendent leur zone d'opération contre la Palestine ottomane dans deux batailles infructueuses à Gaza en mars et avril. Le 26 mars 1917, le général britannique sir Archibald Murray commence à envahir la province turque en tentant de percer la ligne Gaza-Beer-Sheva avec 16 000 soldats. L'attaque dirigée par les unités sous les ordres du général sir Charles Dobell est un échec en raison d'une mauvaise organisation des Britanniques, d'un manque de communication entre les unités d'infanterie et de cavalerie, d'une pénurie d'eau potable et de la résistance turque.
Les Turcs, qui disposent du même nombre de soldats, dans ce qui deviendra la première bataille de Gaza, perdent 2 500 hommes lors des combats, tandis que les pertes britanniques s'élèvent à près de 4 000 hommes. Murray est cependant autorisé à lancer une deuxième attaque contre les Turcs.

De 1914 jusqu'à la fin de la guerre en 1918, les forces britanniques et indiennes affrontent les forces ottomanes bien supérieures en nombre en Mésopotamie.
En 1914, les Britanniques possédaient les riches gisements pétrolifères du Koweït mais ils rêvaient de s'emparer de la région de Bassorah, elle aussi riche en pétrole et aux mains de l'Empire ottoman. L'entrée en guerre de la Turquie le 29 octobre 1914 aux côtés des Allemands va permettre aux Britanniques de s'emparer de la Mésopotamie et de ses richesses.
Les Britanniques décident de réagir à la suite de l'entrée en guerre de la Turquie et envoient la 6e division indienne débarquer en Mésopotamie afin de protéger le pétrole koweïtien. La raffinerie de pétrole d'Abadan est prise début novembre. Mais pour la protéger des contre-attaques turques, la prise de Bassorah est nécessaire. La 6e division indienne s'élance à l'attaque de la ville le 14 novembre 1914 et finit par s'en emparer le 23 novembre.
La campagne du Caucase s'étendit du Caucase à l'Anatolie orientale jusqu'à Trabzon, Bitlis, Muş et Van. La flotte russe se déploya dans la région de la mer Noire contrôlée par l'Empire ottoman.
Le 23 février 1917, l'avancée russe fut stoppée par la Révolution russe et par la suite l'Armée du Caucase en pleine désintégration fut remplacée par les forces armées de l'Arménie nouvellement créée comprenant les volontaires et les irréguliers arméniens.
En 1918, la région vit également la création de la République de Caspienne centrale et de la République démocratique d'Arménie, ainsi que l'arrivée d'une armée alliée du nom de Dunsterforce composée de troupes d'élite issues des Fronts de Mésopotamie et de l'ouest. L'Empire ottoman et l'Allemagne s'affrontèrent à Batoumi lors de l'arrivée de l'expédition allemande dans le Caucase dont la mission principale était de sécuriser les champs de pétrole et l'oléoduc de Bakou à Batoumi.
Le 3 mars 1918, la campagne se termina entre l'Empire ottoman et la Russie avec la signature du traité de Brest-Litovsk et le 4 juin, l'Empire ottoman signa le traité de Batoumi avec l'Arménie. Cependant, il resta en guerre avec la République de Caspienne centrale, l'Arménie orientale ayant fait sécession et la Dunsterforce de l'Empire britannique jusqu'à l'armistice de Moudros signé le 30 octobre 1918.
La Perse – l'actuel Iran – était neutre lors de la Première Guerre mondiale, mais a été affectée par la rivalité entre les Alliés et les empires centraux. La Perse a des réserves significatives de pétrole et est stratégiquement située entre l'Afghanistan et trois États participant au conflit : l'Empire ottoman, la Russie et l'empire britannique.
Le seul combat principal dans ce théâtre d'opération s'est produit quand une force composée principalement de Russes s'est déplacée au sud à travers la Perse occidentale, afin d'essayer d'aider la garnison britannique assiégée à Kut, vers la fin de 1915, mais ils étaient toujours à 90 kilomètres de la frontière mésopotamienne quand les forces britanniques assiégés se sont rendues.
Des accrochages mineurs se sont produits dans ce secteur tout le reste de la guerre, la plupart du temps autour de la ville de Hamadan. La Russie a eu des vues au cours de ces opérations, espérant atteindre le golfe Persique et y établir un port, mais elle n'a pu atteindre cet objectif.

Au début du xxe siècle, l'Empire ottoman était surnommé l'« homme malade de l'Europe »  en raison de son instabilité politique, des revers militaires et des tensions sociales liées à un siècle de déclin. En 1908, un groupe de jeunes officiers appelés les Jeunes-Turcs prit le pouvoir lors d'un coup d'État (en) ; le sultan Abdülhamid II fut renversé et son frère Mehmed V lui succéda même s'il n'avait plus aucun pouvoir. Le nouveau régime lança de nombreuses réformes afin de moderniser l'économie et l'administration de l'Empire. L'Allemagne était déjà un soutien de l'Empire et elle finançait plusieurs projets de modernisation comme le chemin de fer Berlin-Bagdad. Son influence s'accrut aux dépens de la présence britannique traditionnelle et des officiers allemands participèrent à réorganisation de l'armée. Malgré ces investissements, les ressources de l'Empire furent épuisées par les guerres balkaniques en 1912 et 1913. La faction pro-allemande menée par Enver Pacha, l'ancien attaché militaire ottoman à Berlin, s'opposa à l'influence britannique au sein du gouvernement et renforça les liens de l'Empire avec l'Allemagne. Ce rapprochement se traduisit en décembre 1913 par l'arrivée à Constantinople d'une mission militaire allemande menée par le général Otto Liman von Sanders. Dans le même temps, la position géographique de l'Empire signifiait que sa neutralité revêtait une importance considérable pour la Russie et ses alliés français et britanniques dans le cas d'une guerre en Europe.
Durant la crise de juillet 1914, les diplomates allemands proposèrent aux Ottomans de former une alliance contre la Russie en échanges de gains territoriaux dans le Caucase et dans le nord-ouest de la Perse. La faction pro-britannique était alors isolée du fait de l'absence de l'ambassadeur britannique. Le 30 juillet, deux jours après le début de la Première Guerre mondiale, les dirigeants ottomans approuvèrent une alliance secrète avec l'Allemagne contre la Russie mais l'accord ne les contraignait pas à entreprendre des actions militaires. Le 2 août, le gouvernement britannique réquisitionna deux cuirassés, le Sultan Osman I et le Reşadiye, construits par les chantiers navals britanniques pour le compte de l'Empire ottoman ; cela affaiblit les partisans du Royaume-Uni à Constantinople malgré les propositions d'indemnisation si l'Empire restait neutre. À la suite de cet incident diplomatique, le gouvernement allemand offrit deux croiseurs en remplacement, le SMS Goeben et le SMS Breslau, pour accroître son influence. Les Alliés tentèrent d'intercepter les navires mais ces derniers s'échappèrent quand le gouvernement ottoman les autorisa à traverser les Dardanelles jusqu'à Constantinople. L'Empire était cependant neutre et la convention de Londres signée en 1841 interdisait tout passage de navires de guerre dans les Dardanelles; en autorisant l'entrée des navires allemands, ces derniers confirmaient leurs liens avec l'Allemagne.

En septembre, la mission navale britannique à Constantinople créée en 1912 par l'amiral Arthur Limpus fut rappelée du fait de l'entrée en guerre, apparemment imminente, de l'Empire ottoman ; le commandement de la marine ottomane fut transmis au contre-amiral Wilhelm Souchon de la marine allemande. Sans en référer au gouvernement ottoman, le commandant allemand des fortifications des Dardanelles ordonna la fermeture du détroit le 27 septembre. La présence navale allemande et les succès militaires de l'Allemagne sur les différents fronts du conflit poussa le gouvernement ottoman à déclarer la guerre à la Russie. Le 27 octobre, les deux croiseurs de la marine ottomane Yavuz Sultan Selim et Midilli (antérieurement le Breslau et le Goeben) entrèrent en mer Noire, bombardèrent le port russe d'Odessa et coulèrent plusieurs navires. Les Ottomans refusèrent d'expulser les missions allemandes comme le demandaient les Alliés et ils entrèrent officiellement en guerre aux côtés des Empires centraux le 31 octobre; la Russie déclara la guerre à l'Empire le 2 novembre. Le lendemain, l'ambassadeur britannique quitta Constantinople et une escadre britannique bombarda les forts de Kum Kale et de Seddulbahir à l'entrée méditerranéenne du détroit. Le Royaume-Uni et la France déclarèrent à leur tour la guerre à l'Empire le 5 novembre et les Ottomans passèrent à l'offensive dans le Caucase à la fin du mois. Les combats éclatèrent également en Mésopotamie lorsque les Britanniques débarquèrent dans le golfe Persique pour prendre le contrôle des installations pétrolières de la région. Les Ottomans planifièrent une offensive contre l'Égypte britannique au début de l'année 1915 pour occuper le canal de Suez et couper les liens entre le Royaume-Uni et ses colonies indiennes. L'historien Hew Strachan estime que rétrospectivement l'entrée en guerre ottomane ne faisait aucun doute après l'arrivée du Goeben et du Breslau et que les retards étaient plus liés à l'impréparation ottomane qu'à des hésitations sur la politique à tenir

Après les succès allemands au début du conflit, le front de l'Ouest s'était enlisé à la suite des contre-attaques alliées sur la Marne et à Ypres. L'impossibilité de la guerre de mouvement poussa les deux camps à créer des tranchées qui s'étendirent rapidement de la Manche jusqu'à la frontière suisse. La situation était similaire à l'est et le front s'était figé sur une ligne allant de la mer Baltique à la mer Noire. Pour les Alliés, la neutralité de l'Empire ottoman et l'ouverture des Dardanelles revêtaient une importance capitale car le détroit était le seul lien entre la Russie d'un côté et la France et le Royaume-Uni de l'autre. En effet, les routes terrestres étaient contrôlées par l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie, la mer Blanche au nord et la mer d'Okhotsk en Extrême-Orient étaient bloquées par les glaces l'hiver et éloignées des théâtres d'opérations tandis que l'accès à la mer Baltique était bloqué par la marine allemande. Tant que l'Empire restait neutre, la Russie pouvait être ravitaillée par la mer Noire mais le détroit fut fermé et miné par les Ottomans en novembre.
En novembre, le Royaume-Uni proposa de payer l'Empire ottoman pour qu'il reste neutre tandis que le ministre français de la Justice, Aristide Briand, suggéra de lancer une attaque préventive ; les deux propositions furent rejetées. Plus tard dans le mois, le premier lord de l'Amirauté, Winston Churchill présenta un projet d'attaque navale contre les Dardanelles basé sur des rapports erronés sur les défenses ottomanes. Churchill voulait redéployer en Méditerranée les cuirassés obsolètes ne pouvant opérer contre la Hochseeflotte allemande afin d'organiser une opération navale suivie d'un débarquement limité. L'opération avait également pour objectif de pousser la Bulgarie et la Grèce, deux anciennes possessions ottomanes, à rejoindre le camp des Alliés. Le 2 janvier 1915, le grand-duc Nicolas de Russie demanda l'aide britannique alors que les Ottomans lançaient une grande offensive dans le Caucase. Les préparations de l'opération navale commencèrent immédiatement pour soulager les Russes en obligeant les Ottomans à redéployer leurs forces dans les Dardanelles

Naufrage du HMS Irresistible.

Le 17 février 1915, un hydravion britannique du HMS Ark Royal réalisa un vol de reconnaissance au-dessus du détroit. Deux jours plus tard, une importante escadre anglo-française menée par le cuirassé HMS Queen Elizabeth commença à pilonner les positions ottomanes sur la côte. Les Britanniques avaient prévu d'utiliser les huit appareils du HMS Ark Royal pour orienter les tirs mais les mauvaises conditions climatiques ne permirent l'emploi que d'un seul Short Type 136 (en). Le 25 février, les premières fortifications à l'entrée des Dardanelles avaient été écrasées tandis que le passage avait été déminé. Une unité de Royal Marines fut alors débarquée pour détruire les canons de Kum Kale sur la côte asiatique et à Sedd el Bahr à l'extrémité de la péninsule de Gallipoli tandis que le bombardement naval se tournait vers les batteries entre Kum Kale et Kephez
Frustré par la mobilité des batteries ottomanes qui échappaient aux bombardements alliés et menaçaient les dragueurs de mines, Churchill poussa le commandant de la flotte, l'amiral Sackville Carden, à accroître la pression. Ce dernier prépara une nouvelle tactique et envoya le 4 mars un télégramme à Churchill indiquant qu'il pourrait atteindre Constantinople en moins de 14 jours en lançant un assaut avec l'ensemble de ses forces. Cette confiance fut renforcée par l'interception de messages allemands révélant que les forts ottomans étaient presque à court de munitions. Il fut donc décidé d'organiser une attaque générale vers le 17 mars mais Carden, malade, fut remplacé par l'amiral John de Robeck. Le 18 mars 1915, la flotte composée de 18 cuirassés et de nombreux croiseurs et destroyers tenta de forcer le passage le plus étroit des Dardanelles large de seulement 1 500 mètres. Malgré la menace des canons ottomans, les dragueurs de mines reçurent l'ordre de participer à l'assaut. À 14 h, un compte-rendu du quartier-général ottoman rapporta que « toutes les lignes téléphoniques ont été coupées, toutes les communications avec les forts sont interrompues, certains canons ont été touchés… en conséquence, les tirs d'artillerie des défenses ont été sévèrement réduits».
Les reconnaissances alliées n'avaient cependant pas identifié tous les champs de mines ottomans et à 15 h 15, le cuirassé français Bouvet coula en deux minutes avec plus de 600 marins après avoir touché une mine. Les HMS Irresistible et HMS Inflexible heurtèrent également des mines tandis que le HMS Ocean, envoyé pour secourir le premier connut la même mésaventure et les deux navires coulèrent ensemble. Les cuirassés français Suffren et Gaulois furent aussi endommagés après avoir traversé une ligne de mines discrètement posée dix jours plus tôt par le mouilleur de mines Nusret. Le feu ottoman, bien que réduit, restait menaçant et les dragueurs de mines, pour la plupart de simples chalutiers manœuvrés par des équipages civils, battirent en retraite en laissant intacts les champs de mines.
Ces lourdes pertes contraignirent de Robeck à ordonner une retraite pour sauver ce qui restait de la flotte. Certains officiers comme le commodore Roger Keyes du HMS Queen Elizabeth estimaient que la victoire était toute proche car les batteries ottomanes n'avaient presque plus de munitions mais de Robeck, John Fisher et d'autres commandants estimèrent à l'inverse que les tentatives navales pour prendre le contrôle des détroits nécessiteraient des pertes inacceptables. Le repli allié renforça le moral des Ottomans et le jour fut par la suite célébré en Turquie comme une grande victoire. Comme la capture des Dardanelles par la mer était impossible, les préparatifs pour une opération terrestre commencèrent afin de prendre le contrôle des côtes, de neutraliser les batteries ottomanes et permettre aux dragueurs de mines de nettoyer le détroit en sécurité
 
 

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MessagePosté le: Lun 1 Mai - 07:27 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

Le secrétaire d'État à la Guerre britannique, Horatio Herbert Kitchener, plaça le général Ian Hamilton à la tête de la force expéditionnaire méditerranéenne (en) de 78 000 hommes chargée de mener cette opération. À ce moment, des troupes australiennes et néo-zélandaises étaient stationnées en Égypte où elles s'entraînaient en prévision de leur déploiement en France. Ces forces furent regroupées au sein du corps d'armée australien et néo-zélandais (ANZAC) composée des unités de volontaires de la 1re division australienne (en) et de la division d'Australie et de Nouvelle-Zélande. Cette unité commandée par le lieutenant-général William Birdwood fut déployée aux côtés de la 29e division britannique, de la Royal Naval Division (en) et de l'armée française d'Orient composée de troupes coloniales et métropolitaines. Les unités britanniques et françaises rejoignirent les troupes de l'ANZAC en Égypte avant d'être redéployées au cours du mois d'avril sur l'île grecque de Lemnos plus proche des Dardanelles. Ce regroupement des troupes alliées repoussa l'organisation des débarquements à la fin du mois d'avril et ce délai permit aux Ottomans de renforcer leurs positions.
Les stratèges alliés n'envisageaient pas que les débarquements pussent se faire sous le feu des Ottomans et aucun entraînement en ce sens ne fut entrepris. La combativité des défenseurs était également sous-estimée par les Alliés et cette nonchalance initiale fut illustrée par un dépliant distribué aux troupes australiennes et britanniques en Égypte qui indiquait : « De manière générale, les soldats turcs manifestent leur volonté de se rendre en tenant leur fusil à l'envers et en agitant des vêtements ou des haillons de toutes les couleurs. Un véritable drapeau blanc doit être considéré avec la plus profonde suspicion car il est improbable que les soldats turcs possèdent quoi que ce soit de cette couleur». L'historien Edward J. Erickson estime que cette indolence était liée à un « sentiment de supériorité » résultant du déclin de l'Empire ottoman et des mauvaises performances de ses forces lors des guerres balkaniques. En conséquence, les troupes alliées étaient mal préparées pour cette campagne et dans certains cas, leurs informations sur les Dardanelles étaient issues de guides touristiques achetés en Égypte
De leur côté, les Ottomans déployèrent la 5e armée (en) dans la zone pour repousser un débarquement sur les deux rives des Dardanelles. Cette force, initialement composée de cinq divisions, était une unité de conscrits commandée par le général allemand Otto Liman von Sanders58 et de nombreux officiers étaient également allemands. Les commandants allemands et ottomans débattirent de la meilleure tactique défensive et tous s'accordèrent sur le fait qu'il était nécessaire de garder le contrôle des hauteurs surplombant le détroit. L'emplacement des futurs débarquements alliés et donc la disposition des défenses ottomanes faisaient néanmoins débat. Mustafa Kemal, un lieutenant-colonel de 34 ans qui connaissait la péninsule de Gallipoli où il avait combattu les Bulgares durant les guerres balkaniques, considérait que le cap Helles formant l'extrémité sud de la péninsule et Gaba Tepe sur la côte ouest de la péninsule étaient les emplacements les plus probables pour un débarquement. Dans le cas du premier, les navires alliés pouvaient en effet offrir un soutien d'artillerie sur trois côtés tandis que l'étroitesse de la péninsule au niveau de Gaba Tepe permettrait facilement aux Alliés d'isoler les forces ottomanes au sud et de disposer d'une bonne position pour de futures opérations

Liman von Sanders estimait que la baie de Besika sur la côte asiatique au sud du détroit était la plus vulnérable car le terrain était favorable à un débarquement et les troupes alliées pourraient attaquer les principales batteries ottomanes protégeant le détroit. Il y déploya donc deux divisions. Deux autres furent regroupées à Bolayır (en) au nord de la péninsule pour protéger les lignes de communication et de ravitaillement. La 19e division de Mustafa Kemal et la 9e division furent disposées le long de la côte égéenne et au cap Helles tandis que le gros des défenseurs commandé par Liman von Sanders resterait à l'intérieur des terres. Après l'arrivée de la 3e division et d'une brigade de cavalerie au début du mois d'avril, les forces ottomanes dans les Dardanelles comptaient environ 60 000 hommes. Von Sanders mit l'accent sur l'amélioration des réseaux terrestres et maritimes pour pouvoir déplacer rapidement ses forces sur les fronts en difficulté mais cette stratégie était critiquée par les commandants ottomans qui estimaient que leurs unités étaient trop dispersées et ne pourraient pas contenir les Alliés avant l'arrivée des renforts. Le commandant allemand était néanmoins convaincu qu'une défense rigide serait inefficace et que toutes les chances de succès reposaient sur la mobilité de ses forces ; cela était particulièrement vrai pour la 19e division de Kemal qui en étant disposée près de Boghali devait pouvoir se porter au secours de Bolayır, de Gaba Tepe, du cap Helles ou de la côte asiatique
La durée des préparatifs britanniques permit aux défenseurs ottomans de renforcer leurs défenses. Von Sanders nota par la suite : « Les Britanniques nous ont offert quatre bonnes semaines de répit pour tous nos travaux avant le grand débarquement… Ce répit suffit à peine pour mettre en place les mesures les plus indispensables». Des routes furent construites, les plages furent piégées avec des mines improvisées tandis que des tranchées étaient creusées sur les hauteurs. Des petites embarcations furent rassemblées pour permettre le transfert rapide d'hommes et d'équipements des deux côtés du détroit et les troupes réalisaient de nombreuses patrouilles pour éviter toute léthargie. Les Ottomans créèrent une petite force aérienne avec l'aide allemande ; quatre appareils opéraient des missions de reconnaissance autour de Çanakkale en février et un aérodrome fut construit près de Gallipoli au début du mois d'avril.

Campagne terrestre
Pour les Français et leur Corps Expéditionnaire d'Orient (CEO), les opérations sur le front de Gallipoli se décomposent ainsi :

OpérationsBataillesCombats
Opérations des Dardanelles
(25 avril 1915 - 11 janvier 1916)
Bataille de Sedd-Ul-Bahr
Français et Anglais
(25 avril 1915 - 4 mai 1915)
Combat de Koum Kalé
(25-26 avril 1915)
Combat d’Eski Hissarlick (zone française)
Combat de Kanli Déré (zone anglaise)
(27-28 avril 1915)

Bataille de Krithia - Kérévés Déré
Français et Anglais
(5 mai - 13 juillet 1915)
1er combat du Kérévés Déré
(6-7-8 mai 1915)
2e combat de Kérévés Déré
(4 juin 1915)
3e combat du Kérévés Déré
(21 juin 1915)
4e combat du Kérévés Déré
(30 juin 1915)
5e combat du Kérévés Déré
(12-13 juillet 1915)

Bataille de Suvia
Français et Anglais
(6 - 8 août 1915)
6e combat du Kérévés Déré
(7 août 1915)
Les Alliés envisageaient de débarquer dans la péninsule pour prendre le contrôle des fortifications et des batteries d'artillerie ottomanes pour que les navires puissent traverser les Dardanelles et rejoindre la mer de Marmara et Constantinople. Prévus pour le 23 avril et repoussés de deux jours en raison du mauvais temps, les débarquements devaient être réalisés sur six plages dans la péninsule. La 29e division devait prendre le contrôle du cap Helles et avancer vers les hauteurs d'Achi Baba. Les unités ANZAC avec la 3e brigade d'infanterie en première ligne devait débarquer au nord de Gaba Tepe sur la côte égéenne dans ce qui fut surnommé la baie ANZAC, d'où elles pourraient traverser la péninsule et isoler les forces ottomanes au sud. Les Français réalisèrent une attaque de diversion à Kum Kale sur la côte asiatique avant de rembarquer pour soutenir l'attaque contre le cap Helles. D'autres opérations de diversion furent menées par la Royal Naval Division dont celle réalisée en solitaire par le futur général néo-zélandais Bernard Freyberg qui rejoignit à la nage la côte du golfe de Saros au nord de la péninsule pour y allumer des fumigènes sous le feu des Ottomans ; un acte de bravoure qui lui valut de recevoir l'ordre du Service distingué.
Le débarquement au cap Helles fut réalisé par la 29e division britannique du major-général Aylmer Hunter-Weston sur cinq plages nommées d'est en ouest, « S », « V », « W », « X » et « Y ». Sur cette dernière, les Alliés ne rencontrèrent presque pas de résistance et des reconnaissances furent menées dans l'intérieur des terres sans plus d'opposition. Les ordres étaient néanmoins de sécuriser cette tête de pont et aucune action ne fut entreprise pour prendre le contrôle du village de Krithia alors virtuellement sans défense. Lorsque les Alliés reprirent leur offensive (en) le 28 avril, les Ottomans y avaient redéployé un bataillon du 25e régiment et parvinrent à repousser toutes les attaques. Les débarquements les plus difficiles eurent lieu à la plage « V » située en contrebas de l'ancienne forteresse de Sedd el Bahr et sur la plage « W » à la pointe occidentale de la péninsule.

Sur cette première, l'attaque fut menée par les fusiliers royaux de Munster (en) et le régiment royal de Hampshire à bord d'un charbonnier transformé, le SS River Clyde (en), qui fut volontairement échoué sous la forteresse pour que les troupes puissent débarquer via des rampes sur les flancs du navire. Les autres unités dont les fusiliers royaux de Dublin et les fusiliers du Lancashire approchèrent des plages à bord de chaloupes ouvertes et sans protection. Sur les deux plages, les Ottomans occupaient de solides positions défensives et infligèrent de lourdes pertes aux assaillants. Les soldats émergeant un par un des flancs du River Clyde furent décimés par les mitrailleuses situées dans la forteresse et sur les 200 hommes à débarquer, seuls 21 atteignirent la plage
 Les Ottomans étaient néanmoins trop peu nombreux pour pouvoir repousser les assaillants mais ils infligèrent de lourdes pertes et limitèrent la progression alliée à la côte. Le matin du 25 avril 1915, les défenseurs étaient à court de munitions et n'avaient plus que leurs baïonnettes pour affronter les Alliés. Sur les hauteurs de Chunuk Bair, le 57e régiment d'infanterie reçut l'ordre de Kemal : « Je ne vous ordonne pas de combattre, je vous ordonne de mourir. Le temps que vous mourriez, d'autres troupes et commandants pourront arriver et prendre vos places». Tous les hommes de l'unité furent tués ou blessés et en signe de respect, l'armée turque ne compte plus aucun 57e régiment.
Les Britanniques parvinrent à prendre le contrôle des plages « V » et « W » au prix de pertes s'élevant à plus de 60 %. Quinze croix de Victoria furent décernées dans les deux premiers jours de cette bataille. Un seul officier dublinois survécut à l'attaque et finalement, seulement onze soldats de cette unité sortirent sans blessures de la campagne de Gallipoli sur un effectif de 1 012 hommes. Après les débarquements, les Alliés firent peu pour profiter de leur avantage et en dehors de quelques opérations de reconnaissance, le gros des troupes resta à proximité des plages. L'offensive alliée perdit donc de son élan et les Ottomans purent se regrouper et se renforcer

Herbert Kitchener avait ordonné que tous les besoins aériens soient assurés par le Royal Naval Air Service (RNAS) et les Alliés déployèrent des hydravions et d'autres appareils sur l'île grecque de Ténédos. Ces derniers réalisèrent de missions de reconnaissance mais leur nombre était insuffisant pour répondre aux besoins des services de renseignement.
Le matin du 25 avril, alors que les troupes alliées débarquaient, le sous-marin australien HMAS AE2 du lieutenant-commandant Henry Stoker torpilla la canonnière Peyk-i Şevket (de) à Çanakkale. Il s'échoua ensuite non loin d'un fort ottoman mais parvint à s'échapper. Peu après, son périscope fut repéré par un cuirassé ottoman qui tirait sur les plages de débarquement et ce dernier préféra se replier. Ayant franchi les Dardanelles, le sous-marin entra dans la mer de Marmara vers 8 h 30 mais Stoker préféra reposer son submersible sur le fond marin et attendre la nuit avant de continuer. Il fit surface dans la soirée pour recharger ses batteries et envoya un message radio à la flotte. Même si le débarquement au cap Helles se déroulait comme convenu, celui dans la baie ANZAC rencontrait de plus grandes difficultés et le commandant de l'ANZAC, William Birdwood, envisagea d'évacuer ses forces. Le succès du sous-marin australien fut l'un des facteurs qui le firent changer d'avis et la nouvelle fut relayée aux troupes pour remonter leur moral. Stoker navigua dans la mer de Marmara pendant cinq jours en réalisant de fréquentes apparitions en surface pour donner l'impression d'un grand nombre de sous-marins alliés mais ses attaques contre les navires ottomans échouèrent du fait de problèmes mécaniques avec ses torpilles


 

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MessagePosté le: Mar 2 Mai - 06:16 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

Dans l'après-midi du 27 avril 1915, les 12 bataillons de la 19e division de Mustafa Kemal et six bataillons de la 5e division lancèrent une attaque contre les six brigades alliées dans la baie ANZAC. Avec le soutien de l'artillerie navale, les Alliés parvinrent à tenir tête aux assaillants durant la nuit. Le lendemain matin, les Britanniques et les Français ayant débarqué à la droite de la plage « S » après leur opération de diversion contre Kum Kale tentèrent de prendre le village de Krithia. Cette offensive (en) planifiée par Hunter-Weston se révéla complexe et mal coordonnée d'autant plus que la 29e division était épuisée par les débarquements et les contre-attaques ottomanes. L'avancée alliée s'arrêta donc à mi-chemin entre le cap Helles et le village de Krithia vers 18 h et les attaquants avaient perdu 3 000 hommes. Avec l'arrivée de renforts ottomans dans la zone, la possibilité d'une victoire rapide dans la péninsule s'éloigna et les combats se transformèrent en une guerre d'attrition.
Considérant que la situation avait tourné à son avantage, Kemal commença à regrouper des unités et après l'arrivée de huit bataillons de Constantinople, les Ottomans passèrent à l'offensive dans l'après-midi du 1er mai. Malgré quelques succès contre les Français, les attaquants subirent de lourdes pertes et furent repoussés sur les autres secteurs. La nuit suivante, William Birdwood ordonna aux unités ANZAC du major-général Alexander Godley de contre-attaquer. Les troupes progressèrent lentement dans l'obscurité derrière un tir de barrage de l'artillerie navale et terrestre mais la progression fut désordonnée et la résistance ottomane les contraignit à se replier après avoir perdu un millier d'hommes
Pour une raison inconnue, le sous-marin AE2 commença à faire surface de manière incontrôlée le 30 avril à proximité du torpilleur Sultanhisar. Ce dernier ouvrit immédiatement le feu et le capitaine australien décida d'abandonner son navire qui fut sabordé pour éviter sa capture. Les succès du HMAS AE2 démontrèrent néanmoins qu'il était possible pour les sous-marins de traverser les Dardanelles et l'envoi de submersibles dans la mer de Marmara entrava fortement les opérations de transport et de ravitaillement des Ottomans. Le HMS E14 (en) du lieutenant-commandant Edward Boyle entra ainsi dans la mer de Marmara le 27 avril et torpilla quatre navires dont le transport Gul Djemal à bord duquel se trouvaient 6 000 soldats et une batterie de campagne en partance pour la péninsule. Même si cette perte n'était pas dramatique pour les Ottomans, elle affaiblit considérablement le moral des troupes. Ces opérations sous-marines n'étaient cependant pas sans danger et lors de sa tentative de traversée du détroit, le submersible français Joule toucha une mine et sombra avec tout son équipage le 1er mai

Considérant que les positions de l'ANZAC étaient solidement établies, Hamilton déclencha une nouvelle offensive contre Krithia (en). Impliquant 20 000 hommes, l'attaque était la première attaque générale depuis le cap Helles et devait avoir lieu durant la journée. Après une préparation d'artillerie de 30 minutes, l'assaut commença dans la matinée du 6 mai. Progressant en quatre colonnes séparées par des ravins, les unités alliées tentèrent de contourner les positions fortifiées ottomanes mais le terrain difficile compliqua cette manœuvre. Soumis à un tir nourri de l'artillerie et des mitrailleuses ottomanes qui n'avaient pas été repérées par les reconnaissances aériennes, l'attaque fut interrompue au bout d'une journée.
L'arrivée de renforts permit une reprise de l'offensive le 7 mai mais les défenses ottomanes restèrent infranchissables et les Alliés ne progressèrent que de quelques centaines de mètres aux prix de lourdes pertes. Après cette bataille, le front se stabilisa du fait de l'épuisement des deux belligérants. Les stocks de munitions alliés, en particulier ceux de l'artillerie, étaient presque épuisés et les deux camps profitèrent de l'accalmie pour se réapprovisionner et étendre leurs réseaux de tranchées. Des combats sporadiques se poursuivirent néanmoins avec des raids et des attaques à la grenades contre des tranchées parfois séparées de seulement quelques mètres. Les tireurs de précision devinrent une menace persistante pour les deux camps et le commandant de la 1re division australienne, le major-général William Bridges, fut mortellement blessé par l'un d'eux le 18 mai.
Le 19 mai, 42 000 Ottomans lancèrent une offensive contre la baie ANZAC pour « rejeter à la mer » les 17 000 Australiens et Néo-Zélandais qui s'y trouvaient. Manquant de munitions et de pièces d'artillerie, les Ottomans espéraient que l'effet de surprise et leur supériorité numérique leur permettraient de l'emporter ; leurs préparatifs avaient cependant été repérés par un appareil de reconnaissance britannique la veille. Sans effet de surprise, l'assaut fut un désastre et les Ottomans perdirent 13 000 hommes dont 3 000 tués contre 160 morts et 468 blessés du côté allié. Les pertes ottomanes furent telles qu'un cessez-le-feu fut organisé par l'officier de liaison britannique Aubrey Herbert le 24 mai pour inhumer les corps reposant dans le no man's land ; cet événement donna lieu à des actes de fraternité semblables à ceux de la trêve de Noël 1914 sur le front de l'Ouest
Les Ottomans souffraient d'une grave pénurie de munitions104 et après l'échec de leur offensive du 19 mai, ils arrêtèrent les assauts frontaux et entreprirent une guerre de sape. Malgré les tentatives alliées pour les neutraliser, les Ottomans firent exploser une mine dans le secteur australien et attaquèrent avec un bataillon du 14e régiment. Le 15e bataillon australien fut repoussé mais il reprit le terrain perdu dans la soirée avant d'être relevé par des unités néo-zélandaises. Revenus sur leurs positions, les belligérants reprirent leurs escarmouches et continuèrent à renforcer leurs réseaux de tranchées.
Sur mer, la domination britannique fut affaiblie par le torpillage le 13 mai du cuirassé HMS Goliath (en) par le destroyer Muâvenet-i Millîye. De plus, le sous-marin allemand U-21 envoya par le fond le HMS Triumph le 25 mai et le HMS Majestic deux jours plus tard. Les appareils alliés réalisèrent un plus grand nombre de patrouilles et le U-21 décida de quitter la zone. Les Alliés ignoraient néanmoins ce repli et ils retirèrent un grand nombre de navires dans leur base sur l'île grecque d'Imbros ; cela réduisit considérablement le soutien d'artillerie allié dans la péninsule de Gallipoli. Dans le même temps, le sous-marin HMS E11 (en) traversa les Dardanelles le 18 mai et coula ou endommagea 11 navires dont trois dans le port de Constantinople le 23 mai

Dans le secteur du cap Helles où les réseaux de tranchées étaient très denses, les Alliés attaquèrent (en) à nouveau en direction de Krithia le 4 juin avec deux divisions britanniques et deux divisions françaises. L'offensive ne permit pas d'obtenir de percée décisive et la guerre de positions reprit avec des objectifs limités à quelques centaines de mètres. Dans les deux camps, les pertes approchaient les 25% : 4 500 Britanniques sur 20 000 engagés et 2 500 Français sur 10 000. Du côté ottoman, les pertes s'élevèrent à plus de 9 000 hommes. Le 30 juin, le commandant français Henri Gouraud, qui avait remplacé Albert d'Amade en mai, fut blessé et le général Maurice Bailloud lui succéda à la tête des forces françaises.
Du côté de la mer Égée, les Britanniques attaquèrent les positions ottomanes le 28 juin et parvinrent à progresser rapidement le long d'un ravin parallèle à la mer. Le front avança d'un kilomètre mais les pertes avaient à nouveau été élevées et les Ottomans lancèrent plusieurs contre-attaques entre le 1er et le 5 juillet sans pouvoir reprendre le terrain perdu. Cette avancée marqua néanmoins la fin des offensives britanniques sur le front du cap Helles et leur attention se concentra au nord autour de la baie ANZAC.
Dans le même temps, la guerre sous-marine se poursuivait. Le HMS E14 traversa pour la troisième fois les Dardanelles le 21 juillet malgré le filet anti-sous-marin posé par les Ottomans. Le 27, le submersible français Mariotte ne parvint pas à éviter cet obstacle et il fut contraint de faire surface. Pris pour cible par les batteries côtières, il fut abandonné et sabordé par son équipage. Le 8 août, le HMS E11 torpilla le cuirassé ottoman de fabrication allemande, Barbaros Hayreddin, dans la mer de Marmara; il coula également un torpilleur, sept navires de transports et 23 navires à voiles durant son passage dans la zone
L'impasse sur le front du cap Helles poussa à Hamilton à planifier une nouvelle offensive au nord pour prendre le contrôle des hauteurs situées au milieu de la péninsule. À ce moment, les effectifs des deux belligérants avaient fortement augmenté par rapport au début de la bataille : les Alliés disposaient de 15 divisions contre cinq au départ tandis que les Ottomans en alignaient 16 contre six initialement. Commandés par Godley, les Alliés envisageaient de débarquer deux nouvelles divisions d'infanterie du IXe corps britannique dans la baie de Suvla à 5 km au nord de la baie ANZAC. Dans le même temps, les unités déjà sur place attaqueraient en direction du nord-est dans le secteur le moins défendu du dispositif ottoman. Au moment de cette attaque, les Alliés disposaient d'une quarantaine d'appareils notamment des Nieuport 10 basés sur les îles d'Imbros et de Tenedos. Les Ottomans alignaient quant à eux une vingtaine d'appareils dont huit était stationnés à Çanakkale. En plus des opérations de reconnaissance, les avions alliés commencèrent à mener des actions limitées de bombardement sur terre et sur mer; l'un d'eux coula ainsi un remorqueur ottoman dans le golfe de Saros avec une torpille

Photographie prise durant la trêve du 24 mai 1915 destinée à inhumer les corps reposant dans le no man's land. 

Le débarquement dans la baie de Suvla eut lieu dans le nuit du 6 août et ne rencontra qu'une faible résistance. Le commandant britannique Frederick Stopford se montra cependant peu entreprenant et la progression alliée se limita aux plages. Cela permit aux Ottomans de se redéployer sur les hauteurs et le front de Suvla devint rapidement statique avec la construction de tranchées par les deux camps. Dans la baie ANZAC, la 1re brigade d'infanterie australienne attaqua le 6 août au sud-est pour obliger les Ottomans à dégarnir leurs positions au nord-est et elle parvint à capturer la principale ligne ottomane. Une autre attaque de diversion depuis le cap Helles se solda par un échec sanglant et ces deux manœuvres n'empêchèrent pas les Ottomans de redéployer leurs forces pour faire face aux attaques. Au nord-est, la brigade d'infanterie néo-zélandaise progressa avec difficulté mais ne parvint pas à atteindre son objectif qui était le sommet de Chunuk Bair. Cet échec eut des conséquences dramatiques car l'unité devait prendre à revers les positions ottomanes tandis que la 3e brigade de cavalerie légère australienne devait mener un assaut frontal contre ces mêmes tranchées. Malgré le revers néo-zélandais, l'attaque fut maintenue ; du fait du manque de coordination entre l'artillerie et l'infanterie, du terrain difficile et des solides positions ottomanes, les pertes australiennes s'élevèrent à 372 hommes sur un effectif de 600. D'autres tentatives pour reprendre l'offensive furent facilement repoussées par les Ottomans. Les Néo-Zélandais tinrent leurs positions près de Chunuk Bair pendant deux jours malgré des pertes de 90 %, jusqu'à l'arrivée de deux bataillons britanniques. Ces derniers furent néanmoins repoussés par une contre-attaque commandée par Mustafa Kemal le 10 août et les Ottomans revinrent quasiment sur leurs positions de la semaine précédente
Trois nouvelles divisions britanniques débarquèrent dans la baie de Suvla entre le 7 et le 10 août mais ces renforts ne permirent pas de débloquer la situation. Il fut alors décidé d'attaquer les hauteurs situées entre la baie de Suvla et la baie ANZAC pour unifier la ligne de front mais les assauts lancés le 21 août échouèrent. Le 17 août, Hamilton avait demandé 95 000 hommes supplémentaires mais les Français avaient annoncé qu'ils planifiaient une offensive en France pour l'automne. Lors d'une réunion le 20 août, il fut décidé de donner la priorité au front de l'Ouest et seulement 25 000 hommes seraient accordés au front des Dardanelles. Le 23 août, après l'échec des attaques contre les hauteurs séparant les deux plages, Hamilton se résolut à adopter une stratégie défensive. Cette décision était également motivée par l'imminence de l'entrée en guerre de la Bulgarie aux côtés des Empires centraux qui allait faciliter le soutien allemand à l'armée ottomane. Le 25 septembre, Kitchener ordonna le redéploiement de deux divisions britanniques et d'une division française sur le front de Salonique en Grèce et cela marqua le début de la fin de la bataille de Gallipoli

L'échec de l'offensive d'août poussa les Alliés à envisager une évacuation de leurs positions dans la péninsule de Gallipoli. Déjà décontenancée par les succès ottomans, l'opinion publique britannique se retourna contre la gestion de l'opération après la publication d'articles critiques dans le Sunday Times de Keith Murdoch135. Hamilton s'opposa initialement à la possibilité d'une évacuation lorsque cette possibilité fut évoquée le 11 octobre pour des raisons de prestige. Il fut par la suite limogé et remplacé par Charles Monro. L'arrivée de l'automne et de l'hiver apporta un répit aux soldats souffrant de la chaleur mais le froid entraîna également des milliers de cas de gelures.
La situation à Gallipoli fut encore compliquée par l'entrée en guerre de la Bulgarie aux côtés des Empires centraux le 5 octobre 1915. Avec l'appui de cette dernière et de l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie envahit la Serbie et un nouveau front se forma au nord de la Grèce. Ce dernier, appelé front de Salonique, reçut la priorité par rapport aux Dardanelles et trois divisions qui s'y trouvaient furent redéployées en Grèce. Via la Bulgarie, l'Allemagne put soutenir l'artillerie lourde ottomane qui dévasta les tranchées alliées en particulier dans le secteur de la baie ANZAC où elles étaient très nombreuses. L'Autriche-Hongrie apporta également son aide et déploya deux unités d'artillerie dans la zone. La situation dans le ciel fut également rééquilibrée par l'arrivée d'appareils modernes.
La campagne alliée fut entravée par des objectifs mal définis, une logistique défaillante, l'insuffisance de l'artillerie, l'inexpérience des troupes, la faiblesse des renseignements et des cartes, l'arrogance et des erreurs de commandement à tous les niveaux. La géographie joua également un rôle décisif dans cette défaite car les Alliés furent incapables de contrôler les hauteurs de la péninsule. Les Ottomans disposaient ainsi de positions en surplomb des forces alliées confinées aux plages56. La nécessité même de la campagne reste un sujet de débat entre ceux estimant que les Alliés auraient dû concentrer tous leurs efforts sur le front de l'Ouest et ceux jugeant qu'il était judicieux d'attaquer le « ventre mou » de l'Allemagne formé par ses alliés au sud-est.
Les opérations sous-marines britanniques et françaises dans la mer de Marmara furent l'un des seuls points positifs de cette bataille pour les Alliés car les Ottomans durent abandonner leurs opérations de transport maritime dans la zone. Entre avril et décembre 1915, neuf sous-marins britanniques et quatre submersibles français coulèrent un cuirassé, un destroyer, cinq canonnières, 11 navires de transport, 44 navires de ravitaillement et 148 voiliers ; sur ces 13 sous-marins, huit furent détruits ou perdus dans la mer de Marmara ou lors de la traversée des Dardanelles. À la fin de la bataille des Dardanelles, la marine ottomane avait complètement cessé d'opérer dans la zone tandis que les activités civiles furent fortement réduites, ce qui affecta la logistique et le ravitaillement des troupes à Gallipoli.
À la suite de l'évacuation de Gallipoli, Hamilton et Stopford furent limogés mais Hunter-Weston resta à la tête du VIIIe corps britannique et le commanda durant la bataille de la Somme en 1916. Les compétences des commandants de brigade australiens, John Monash et Harry Chauvel, furent reconnues et ils furent promus major-généraux. L'influence de Kitchener sur la stratégie britannique s'affaiblit après la formation d'un gouvernement de coalition en mai 1915 en raison de l'impasse à Gallipoli et sa proposition de soutien aux troupes des Dardanelles en décembre 1915 fut rejetée en faveur du front de Salonique. Du côté ottoman, la bataille représenta une grande victoire qui renforça le moral des troupes à présent confiantes dans leur capacité à vaincre les Alliés. En Mésopotamie, une expédition britannique fut encerclée à Kut-el-Amara et fut contrainte à la reddition en avril 1916168. Les attaques (en) en direction du canal de Suez échouèrent néanmoins à l'été 1916 en raison d'une logistique insuffisante et ce revers marqua le début de la campagne du Sinaï et de la Palestine. L'optimisme ayant émergé de la victoire des Dardanelles disparut alors que les Britanniques prennent l'initiative au Moyen-Orient et la conservent jusqu'à la fin de la guerre.
La bataille eut une influence considérable sur la pensée militaire et Theodore Gatchel estime que durant l'entre-deux-guerres, la campagne « devint le pivot des études sur la guerre amphibie». Pour l'historien Russell Weigley, son analyse avant la Seconde Guerre mondiale fit naître la « croyance partagée par la plupart des forces armées du monde » selon laquelle des débarquements n'avaient aucune chance contre des défenses modernes. Cette idée resta dominante jusqu'au débarquement de Normandie en 1944, même si des opérations antérieures en Afrique du Nord, en Italie et dans le Pacifique avaient été victorieuses. Peter Hart soutient cette idée et écrit que même si les opérations amphibies étaient regardées avec réticence par les stratèges alliés dans l'entre-deux-guerres, la situation militaire après 1940 les obligea à les envisager. Depuis 1945, l'affrontement a continué à influencer la doctrine amphibie américaine et elle a été étudiée par les stratèges britanniques durant la guerre des Malouines en 1982

L'échec des débarquements eut d'importantes répercussions politiques en Grande-Bretagne. L'amiral John Fisher démissionna en mai après de violents désaccords avec Churchill au sujet de la conduite de la bataille. Déjà affaibli par la crise des obus, le Premier ministre libéral Herbert Asquith fut contraint de former un gouvernement de coalition avec le Parti conservateur. L'une des conditions posées par les conservateurs était la démission de Churchill de son poste de premier lord de l'Amirauté; ce dernier s'exécuta et il commanda par la suite un bataillon d'infanterie écossais sur le front de l'Ouest en 1916. Asquith mit en place une commission d'enquête pour déterminer les causes de l'échec de l'expédition ; plusieurs rapports furent publiés entre 1917 et 1919 et pointèrent le manque de préparation de l'opération et une certaine incompétence des officiers supérieurs. Les Dardanelles affectèrent l'autorité d'Asquith et il fut remplacé en décembre 1916 par le libéral David Lloyd George. Churchill reçut le poste de ministre de l'Armement dans le nouveau gouvernement malgré l'opposition conservatrice ; il y joua un rôle important dans le développement du char d'assaut
Le nombre de victimes durant la bataille des Dardanelles varie selon les sources mais il est estimé qu'à son terme, elle avait coûté la vie à plus de 100 000 hommes dont entre 56 000 et 68 000 Ottomans et environ 53 000 Britanniques et Français Carlyon avance le nombre de 43 000 Britanniques tués ou blessés dont 8 709 Australiens. Il y eut également 2 721 Néo-Zélandais tués, soit le quart de ceux ayant débarqué dans la péninsule. En intégrant les victimes de maladies, les pertes s'élèvent à près d'un-demi million dont 205 000 Britanniques, 47 000 Français et 251 000 Ottomans selon les estimations officielles britanniques. Ce nombre de victimes ottomanes est contesté et probablement moins élevé ; une autre source avance ainsi que les pertes furent de 2 160 officiers et de 287 000 soldats d'autres rangs. Les conditions sanitaires furent particulièrement difficiles et de nombreux soldats souffrirent de typhoïde et de dysenterie. Il est estimé qu'au moins 145 000 Britanniques et 64 000 Ottomans tombèrent malades durant la campagne.
Les forces alliées furent accusées d'avoir bombardé des hôpitaux et des navires-hôpitaux ottomans à plusieurs occasions. Le gouvernement français contesta ces allégations auprès de la Croix-Rouge et les Britanniques répondirent que si cela avait été le cas, il s'agissait d'accidents. Aucune arme chimique ne fut utilisée à Gallipoli même si Alliés envisagèrent d'y faire appel et en transportèrent sur place ; ces munitions chimiques furent par la suite utilisées contre les Ottomans lors des seconde et troisième batailles de Gaza en 1917
La péninsule de Gallipoli accueille 31 cimetières administrés par la Commonwealth War Graves Commission (CWGC) responsable du développement et de l'entretien des cimetières de tout le Commonwealth. Six se trouvent au cap Helles, quatre dans la baie de Suvla et 21 dans la baie ANZAC. De nombreux tués et ceux morts à bord des navires hôpitaux qui furent inhumés en mer ne disposent pas de tombes ; leurs noms sont inscrits sur cinq mémoriaux. Il existe également un cimetière de la CWGC sur l'île grecque de Limnos où se trouvait un hôpital militaire. Sedd el Bahr au cap Helles accueille le seul cimetière français de la péninsule. Il n'existe pas de grand cimetière ottoman dans la péninsule mais de nombreux mémoriaux dont le plus important se trouve au cap Helles. Plusieurs mémoriaux et cimetières ont été construits sur la côte asiatique soulignant l'importance donnée par l'historiographie turque à la victoire navale du 18 mars par rapport aux combats terrestres dans la péninsule

La bataille des Dardanelles eut une forte influence en Australie et en Nouvelle-Zélande où elle est considérée comme le « baptême du feu » de ces pays qui avaient obtenu leur autonomie du Royaume-Uni la décennie précédente. Pour de nombreux observateurs, elle permit l'émergence d'une identité nationale australienne après le conflit dont les caractéristiques sont celles accordées dans l'imaginaire populaire aux soldats qui combattirent durant cette bataille. Ces qualités d'endurance, de courage, d'ingéniosité, de jovialité et de fraternité ont été regroupées au sein du concept d'ANZAC spirit (« esprit ANZAC »).
Le débarquement du 25 avril reste célébré chaque année dans les deux pays et porte le nom de journée de l'ANZAC. Elle fut créée de manière informelle en 1916 dans les églises de Melbourne, de Brisbane et de Londres avant d'être reconnue comme une fête nationale dans tous les États d'Australie en 1923. Le jour devint également une fête nationale en Nouvelle-Zélande dans les années 1920. Des commémorations avec des anciens combattants commencèrent en 1925 et une cérémonie officielle fut organisée deux ans plus tard au cénotaphe de Sydney. Le site de Gallipoli est également devenu un lieu de recueillement pour des milliers de touristes australiens et néo-zélandais. Plus de 10 000 personnes assistèrent aux cérémonies du 75e anniversaire de la bataille en 1990 en présence de dignitaires turcs, néo-zélandais, britanniques et australiens. La journée de l'ANZAC reste la commémoration militaire la plus importante en Australie et en Nouvelle-Zélande où elle surpasse le jour du Souvenir du 11 novembre..
En Turquie également, la bataille est restée gravée dans l'imaginaire collectif comme un des éléments fondateurs du pays ; les combats terrestres ont néanmoins été occultés par la bataille navale de mars 1915 durant laquelle la flotte alliée fut repoussée devant Çanakkale. Pour les Turcs, le 18 mars a la même signification que le 25 avril pour les Australiens et les Néo-Zélandais et si cette date n'est pas une fête nationale, elle est commémorée avec des cérémonies dédiées. En Turquie, la bataille est étroitement liée à l'émergence de Mustafa Kemal qui devint le premier président de la république de Turquie en 1923. Çanakkale geçilmez (Çanakkale est infranchissable) est devenue une phrase populaire pour exprimer la fierté nationale associée à cet affrontement


 

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MessagePosté le: Mer 3 Mai - 06:27 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille de Sedd-Ul-Bahr se déroule du 25 avril 1915 au 4 mai 1915 pendant l'expédition des Dardanelles et au cours de laquelle les forces franco-britannique débarquent dans la péninsule de Gallipoli.
Après l'échec de l'attaque navale contre les forts de l'entrée des Dardanelles, le gouvernement anglais décide, pour marcher sur Constantinople, d'attaquer et de conquérir la péninsule de Gallipoli. Concentrée à Alexandrie, l'armée franco-anglaise commence ses débarquements le 25 avril, à Gaba-Tépé pour les Anzacs, à Sedd-Ul-Bahr pour les Anglais.
Le Corps expéditionnaire d'Orient, français, est placé sous le commandement du général Ian Hamilton. La division du général Albert d'Amade devra créer une diversion en débarquant sur la côte d'Asie et ensuite renforcer l'aile droite des anglais à Sedd-Ul-Bahr.
La 2e brigade coloniale (4e et 6e RMC) est dirigée vers Koum Kalé, sur la côte asiatique où sera effectué un débarquement de diversion, sous les ordres du colonel Ruef, commandant la brigade, avec le 6e régiment mixte colonial, une batterie de 75 et du génie.
25 avril - Débarquement à 8 h 30 depuis la Savoie, le Vinh-Long et le Carthage avec pour mission : Prise du village, de la forteresse et du cimetière de Koum Kalé, s'étendre au sud vers Oranieh et tenir trois jours.
10 h 30 - Avec l'appui des pièces de marine, le village et la forteresse sont prises.
21 h - Le 6e mixte est bloqué au cimetière.
26 avril
2 h 30 - toutes les unités sont en ligne, avec le 75 tirant à mitraille, pour repousser les contre-attaques turques.
14 h - Prise du cimetière et de 600 prisonniers.
18 h - Ordre de réembarquement.
Pertes françaises : 20 officiers, 750 hommes.
Pertes turques : 1730 tués, blessés et prisonniers.
Cette opération « admirablement conduite » fixera quelques divisions turques qui ne gagneront la côte européenne qu'après le 29 avril.
27 avril au soir - Débarquement dans la baie de Morto du 1er RMA et du 175e RI avec pour mission de tenir la pointe d’Eski Hissarlick à droite de la ligne britannique qui pivotant, devait prendre Krithia et Achi-Baba par le sud et l'ouest.
28 avril - Le débarquement se poursuit, l'attaque commence à 6 h 45 avec un bataillon du 175e et deux bataillons du RMA.
16h - Les troupes françaises parviennent au ravin du Kéréves
1er au 2 mai - Contre-attaques turques repoussées.
Le débarquement sur la péninsule de Gallipoli a réussi, les alliés ont progressé de 3 km et décimé les forces turques qui n'ont pu les rejeter à la mer.
Toutefois, le retard pris dans les opérations a permis aux Ottomans de se renforcer et de préparer leurs défenses sur leur terrain. Le cap Hellès va voir se dérouler une bataille d'usure (Batailles de Krithia) et les succès seront une avance d'une centaine de mètres ou la capture d'une tranchée.

Le débarquement au cap Helles eut lieu le 25 avril 1915, cette opération fait partie de la bataille des Dardanelles.
L'invasion franco-britannique de la péninsule de Gallipoli commence. Le plan de bataille prévoit trois débarquements, totalisant 30 000 hommes. Le premier est un débarquement de troupes britanniques au cap Helles, à la pointe de la péninsule. Le deuxième est un débarquement du corps expéditionnaire australien et néo-zélandais (ANZAC) dans le nord du cap Helles, à Ari Burns. Le troisième est une attaque de diversion des troupes françaises qui doivent débarquer à Kum Kale, de l'autre côté du détroit des Dardanelles.
Des bombardements depuis la mer sont également prévus pour soutenir chaque offensive, et les navires de guerre bombardent Bulair, à 80 km du cap Helles, pour distraire l'attention du commandant local, le général allemand Liman von Sanders.
Les opérations sur la péninsule s'engagent mal. Au cap Helles, la 29e division britannique débarque sur cinq plages sous le feu nourri des forces turques. Malgré de lourdes pertes humaines, des éléments de la division arrivent presque à atteindre leur premier objectif, le promontoire de Achi Baba et la ville de Krithia, le 28 avril.
Cependant, la confusion règne, et certains soldats font des haltes pour faire du thé. Les Turcs dépêchent des troupes en avant et occupent les deux positions, d'où ils peuvent tirer sur les Britanniques qui débarquent sur la plage. Les ANZAC, à Ari Burna, ont également pour ordre de prendre des positions élevées, la crête de Chunuk Bair. La zone est relativement peu défendue et les ANZAC sont sur le point de la prendre. Néanmoins, l'action prompte d'un officier turc, Mustafa Kemal, qui dépêche des réserves dans le secteur juste à temps, empêche les ANZAC d'atteindre leur premier objectif.

La bataille de Krithia - Kérévés Déré est une série de combats qui eurent lieu à partir du 5 mai 1915 pour la prise de Krithia. Cette bataille, qui faisait partie de l'expédition des Dardanelles et au cours de laquelle les forces franco-britannique tentèrent de prendre Krithia, fut un échec sanglant.
Après le débarquement à Sedd-Ul-Bahr, les forces alliées lancent une offensive le 28 avril pour prendre les positions turques autour de la ville de Krithia, sur la péninsule de Gallipoli. Ils ne progressent que de 3 km au prix de 3 000 pertes humaines. Les Turcs, qui dépêchent des renforts sur la péninsule, lancent une série de contre-attaques.
Le Corps Expéditionnaire d'Orient, au sud-est de Krithia, soutiendra et prendra part à toutes les actions britanniques.
Depuis le cap Helles jusqu'à Atchi Baba (point coté 215), le terrain montagneux et raviné est difficile pour des forces offensives. Quatre grands ravins, ou deres, descendent de l'Atchi Baba vers le cap. À l'ouest on trouve le Gully Ravine, séparé de la mer Égée par son éperon. Plus à l'est, l'éperon de Fir Tree en bordure de la Vallée de Krithia (appelé aussi Krithia Nullah ou Kirte Dere) puis l'éperon de Kéréves Déré surplombant le ravin du même nom qui rejoint la baie de Morto. Seules les éperons de Gully Ravine et de Fir Tree offraient une certaine couverture et la majorité des avances britanniques a été faite sur ces éperons et à l'abri de ces ravins.
Les forces françaises opéraient sur et dans le Kéréves Déré d'où le nom des combats.
1er combat du Kérévés Déré (6-7-8 mai 1915)
Second Battle of Krithia.
Le 6 mai depuis le cap Helles, les Britanniques tentent une nouvelle fois de prendre la ville de Krithia tenue par les Turcs. Leur avancée est vite freinée, ils ne progressent que de 500 m au prix de 6 500 morts. Le commandant britannique, le général sir Ian Hamilton, reçoit des renforts.
Le 8 mai, enlèvement de l'éperon de Kérévés Déré par les Français (4e RMC et 8e RMC ) et de la première crête de Krithia par les Britanniques.
Le 14 mai, le général d'Amade, malade, est remplacé par le général Gouraud.
2e combat de Kérévés Déré (4 juin 1915)
Third Battle of Krithia.

Le 4 juin à Gallipoli, les Britanniques tentent de prendre pour la troisième fois la ville de Krithia, tenu par les Turcs. Environ 30 000 hommes attaquent, mais ils ne progressent que de quelques centaines de mètres au prix de 6 500 pertes humaines. Les pertes qui s'accumulent, ainsi que l'enlisement de leurs forces conduisent les Britanniques à envoyer encore des renforts. Cependant, on doute de plus en plus de l'efficacité d'une telle opération.
3e combat du Kérévés Déré (21 juin 1915)
Enlèvement par les zouaves et les légionnaires du 1er régiment de marche d'Afrique de la redoute du « Haricot ».
4e combat du Kérévés Déré (30 juin 1915)
Prise de l'ouvrage turc « Quadrilatère des Z » par le 7e RMC.
Gouraud, grièvement blessé, cède le commandement au général Bailloud.
5e combat du Kérévés Déré (12-13 juillet 1915)
Enlèvement par le 1er régiment de marche d'Afrique renforcé du 4e et 7e RMC, du 175e RI des positions I,J,K.
6e combat du Kérévés Déré (7 août 1915)
Le 6e combat du Kérévés Déré se rattache à la bataille de Suvla, parce que l’attaque du C.E.O. était destinée à retenir devant le front français le plus de troupes ennemies possible pour faciliter le débarquement et l’attaque des troupes anglaises dans la région de Suvia.
Le 6 août, tentant de sortir de l'impasse à Gallipoli, les Britanniques lancent un assaut amphibie dans la baie de Suvla, au nord de la péninsule, près de l'endroit où eut lieu le premier débarquement, sur la plage d'Ari Burna. Le plan est de déborder les défenseurs turcs au sud, qui ont confiné les Britanniques à la pointe de la péninsule. Les débarquements sont coordonnés avec l'attaque australienne et néo-zélandaise des hauteurs de Chunuk Blair. Bien que l'offensive des ANZAC soit déterminée, ils paient cher le peu de territoire conquis. Ils prennent brièvement le sommet de Chunuk Bair le 8, mais une contre-attaque turque, dirigée par Mustafa Kemal, les fait reculer deux jours plus tard. Les débarquements à Sulva ne rencontrent pas d'opposition, mais le commandant sur place, sir Frederick Stopford, ne profite pas de la situation, ce qui permet aux renforts turcs de gagner les hauteurs de la baie de Sulva.

Le 17 août, le commandant de l'opération sur Gallipoli, le général sir Ian Hamilton, demande au secrétaire d'État à la Guerre, lord Kitchener, un renfort de quelque 95 000 hommes. La classe politique s'inquiète de plus en plus de l'enlisement de l'opération et des pertes humaines grandissantes à Gallipoli.
Le 30 septembre, la 10e division britannique est retirée de la bataille de Gallipoli qui s'enlise, et envoyée à Salonique, en Grèce.
Le 16 octobre, le commandant des forces britanniques à Gallipoli, le général sir Ian Hamilton, est avisé qu'il sera remplacé par le général sir Charles Monro, qui entre en poste le 28. Sa première requête est de demander des vêtements chaud pour l'hiver.
Le 22 novembre, lord Kitchener, le secrétaire d'État à la Guerre, parti enquêter sur le front de Gallipoli depuis le 10, préconise l'évacuation. Il repart en Angleterre le 24. Aucune décision n'est prise avant le 7 décembre, quand le gouvernement britannique décide d'évacuer les positions de la Baie de Suvla et d'Ari Burna.
Le 8 décembre, l'évacuation des têtes de pont de la Baie de Suvla et d'Ari Burna à Gallipoli commence. Malgré beaucoup d'appréhension, elle se déroule avec succès grâce au plan méticuleux du général William Birdwood. Les Turcs n'interviennent pas et quelques 83 000 hommes, et 168 pièces d'artillerie, 1 700 véhicules et 4 500 animaux de somme sont évacués. L'opération est achevée le 20. Les troupes restent cependant en position au Cap Helles, à la pointe de la péninsule.
Le 8 janvier 1916, l'évacuation britannique de la péninsule de Gallipoli est achevée lorsque les dernières troupes (17 000 hommes et environ 40 pièces d'artillerie) quittent les plages du Caps Helles. Il n'y a aucune perte durant cette opération complexe. La campagne a cependant fait 252 000 morts du côté des Britanniques, des forces du Commonwealth et des Français et 250 000 victimes du côté des Turcs.

 

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MessagePosté le: Jeu 4 Mai - 07:01 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

Guerres ottomanes en Europe
Les guerres ottomanes en Europe sont les guerres qui, après la chute de Constantinople (1453), ont opposé l’Empire ottoman en expansion au nord et à l'ouest, à l’Europe chrétienne du xive siècle au xviiie siècle.
Les principaux adversaires des Ottomans furent d'abord la République de Venise, le Saint-Empire, et la Pologne-Lituanie ; s'y ajouta la Russie vers la fin du xviie siècle. Même les principautés chrétiennes tributaires de la « Sublime Porte » (Transylvanie hongroise et principautés roumaines de Moldavie et Valachie) se dressèrent parfois contre leur suzeraine. Au contraire, des puissances comme la France, la Suède et la Prusse s'alliaient sporadiquement avec la Sublime Porte, et au cours du xviie siècle, la Pologne-Lituanie fut temporairement alliée au Khanat des Tatars de Crimée. Enfin au xviiie siècle, des patriotes polonais cherchèrent à faire alliance avec les Ottomans.
Premières conquêtes sur l'Empire byzantin (1346 - 1356)
Même si les Ottomans multiplient les incursions les long des côtes grecques depuis la fin du xiiie siècle, la conquête de l'Europe débute réellement avec l'invasion progressive des Balkans pendant la seconde moitié du xive siècle. Durant cette période, l'Empire byzantin, longtemps la seule puissance d'Europe orientale à résister aux Turcs pendant le Moyen Âge, n'est plus que l'ombre de lui-même et s’affaiblit de plus en plus au fil du temps. Ainsi, au cours de la guerre civile qui secoue l'empire, le prétendant byzantin Jean VI Cantacuzène marie sa fille en 1346 au bey ottoman Orhan.
En 1354, les Ottomans prennent le contrôle de Gallipoli, leur donnant ainsi une base arrière pour de futures opérations militaires en Thrace. En l'espace d'une décennie, l'essentiel de la Thrace orientale tombe ainsi entre leurs mains, Orhan Ier colonisant massivement la région avec des membres des tribus turques. Ces possessions, coupant Byzance de tous ses débouchés européens les plus proches, constituent un atout stratégique décisif. Le contrôle des voies de communication continentales en Thrace isole aussi Byzance, qui perd ainsi contact avec des alliés potentiels dans les Balkans. Jean V Paléologue doit reconnaître la perte des territoires par traité en 1356. Mourad Ier succède à Orhan vers 1360.
Conquête des Balkans (1356-1402)
La perte temporaire de Gallipoli par les Ottomans entre 1366 et 1376 bloque Mourad en Anatolie. Les Turcs présents en Thrace, sous l'autorité plus ou moins théorique des Ottomans, remportent cependant des succès, face à des adversaires dont les empires respectifs se sont disloqués en principautés rivales sous le coup de mouvements séparatistes. Andrinople est prise à une date incertaine (entre 1361 et 1371), et les Serbes qui cherchent à les expulser d'Europe sont battus à la bataille de la Maritsa en 1371, ce qui permet aux Ottomans de vassaliser par la suite une partie des multiples souverains serbes et bulgares.
Probablement après 1377, Mourad transfère sa capitale à Édirne (Andrinople) aux dépens de Bursa, marquant ses desseins d’expansion en Europe. Les différentes principautés serbes, bulgares et albanaises sont progressivement vassalisées puis parfois conquises par Mourad et son successeur Bayezid Ier (batailles de Kosovo, Nicopolis etc)
L'invasion de Tamerlan en Anatolie et l'interrègne ottoman donnent un répit aux voisins des Ottomans, dont certains reprennent leur indépendance.
La reconquête de Gallipoli fut une tentative couronnée de succès menée par Amédée VI, comte de Savoie, pour reprendre la péninsule de Gallipoli, après que celle-ci eut été conquise par les Ottomans, en 1354, à la suite d'un séisme désastreux. Elle se veut une tentative de reprendre le contrôle stratégique des Dardanelles et en Thrace.
Depuis 1354, les Turcs utilisent les Dardanelles pour envoyer des troupes nombreuses en Thrace. L'ouest de l'Asie mineure fut en l'espace de moins d'un siècle le cœur du royaume ottoman. Pendant que ces derniers débarquent en Europe, ils prennent villes sur villes à l'empire byzantin, lequel est plongé dans une guerre civile qui durera jusqu'en 1391. Les Grecs sont peu à peu remplacés par des colons turcs, ce qui permet aux Ottomans de renforcer leur position dans la région qui constitue aujourd'hui la partie européenne de la Turquie moderne.
En fin de compte, Gallipoli n'était pas une position stratégique cruciale en 1366 comme elle pouvait l'être en 1354 (la Thrace était déjà une forteresse turque). Cependant, les Chrétiens ont conservé une suprématie navale dans la région jusqu'au début du xve siècle`, alors qu'elle était déjà occupée par les Turcs.
De fait, une guerre d'usure pourrait tourner à l'avantage de Byzance. Sans renforts de la part de Turcs venant de l'Asie Mineure, la Thrace ottomane pourrait être écrasée. Néanmoins, malgré la reprise de Gallipoli, la guerre civile occupe bien trop l'empire byzantin et l'empereur Andronic IV Paléologue permet aux Turcs de pénétrer en Europe en échange de l'aide du sultan contre les dissidents.
De fait, Gallipoli, bien que reconquise, sera cédée aux Turcs en 1377 et servira une nouvelle fois au transport de colons turcs en Europe, affaiblissant ainsi un peu plus l'Empire byzantin.


La bataille de Maritsa eut lieu près de la Maritsa à côté du village de Černomen (aujourd'hui Ormenio en Grèce) le 26 septembre 1371 entre les forces turques de Lala Şâhin Paşa et le roi serbe de Macédoine Vukašin Mrnjavčević.
Les Turcs Ottomans s'étaient installés depuis le milieu du xive siècle en Thrace, qu'il nommaient Roumélie (terre des Romains). Le sultan Murad Ier était occupé en Asie Mineure où se trouvait la majeure partie du territoire ottoman. Il avait laissé le soin de défendre ses nouvelles possessions d'Europe à son général Lala Şâhin Paşa.
Les Turcs étaient une menace pour Constantinople et les Bulgares mais surtout pour les Serbes qui, depuis la Bataille de Velbazhd, imposaient leur autorité à la région. Après la mort de l'empereur serbe Dusan, l'Empire serbe s'était divisé en plusieurs royaumes et principautés souvent rivales. Le roi Vukašin Mrnjavčević contrôlait une grande partie de la Macédoine, sans Thessalonique. Son frère Ugljesa dirigeait une principauté autour de la ville de Serrès.
Vukasin était en conflit larvé avec Murat Ier au sujet de la ville de Plovdiv. Avec l'aide de son frère, il décida de profiter de l'absence du sultan pour attaquer les Ottomans et chasser les Turcs d'Europe.
 Vukašin et son frère savaient qu'ils devraient rassembler une puissante armée. Ils ne trouvèrent pas d'aide auprès des autres seigneurs serbes (comme Lazar Hrebeljanović ou Vuk Branković), soit parce qu'ils avaient déjà été en guerre avec eux, soit ils n'avaient pas réussi à les convaincre de l'importance de la menace turque.
Par contre, les Byzantins et les Bulgares qui souffraient déjà de l'occupation ottomane sur une partie de leurs terres se joignirent en nombre à l'armée du roi serbe. De plus, d'après les auteurs turcs, l'armée serbe comptait aussi des troupes hongroises.
Les Turcs, de leur côté, rassemblèrent au plus vite un maximum de soldats lorsqu'ils apprirent la menace qui pesait sur leur capitale. Mais ils étaient bien conscients d'être en très grande difficulté car ils se retrouvaient à quatre contre un, alors que les Serbes sûrs de leur victoire à Édirne se projetaient déjà sur les objectifs suivants.


L'armée chrétienne progressa lentement en territoire ottoman, elle établit son camp à moins de quarante kilomètres d'Edirne, au bord de la Maritsa juste à côté de la ville d'Orménio. Sachant qu'ils n'étaient plus loin de Edirne, ils décidèrent de s'installer ici pour établir le plan de siège. Sûrs de leurs forces, les Serbes installèrent le camp sans grande vigilance et, surtout le soir venu, le camp n'était plus du tout surveillé car l'armée des chrétiens pensait que les Turcs, musulmans, n'allaient pas les combattre de nuit car il était interdit pour un musulman de faire cela.
Les Turcs, voyant la supériorité numérique de leur adversaire, décidèrent d'attaquer le camp de nuit. Ils savaient qu'autrement ils n'avaient aucune chance de vaincre et que s'ils attendaient le mouvement de leur ennemi vers la ville, ils ne pourraient pas les arrêter au cours d'une bataille rangée.
Les Turcs attaquèrent le camp du roi serbe quelques heures avant l'aube, le jour même ou celui-ci avait prévu de faire mouvement sur Edirne. Personne du côté serbe n'avait prévu ce scénario, la surprise fut totale. La bataille qui s'ensuivit était plus proche du massacre que d'une bataille. Les Ottomans pénétrèrent dans toutes les parties du camp et tuèrent les soldats dans leur sommeil. La seule alarme qui fut déclenchée fut celle des cris des hommes qui fuyaient devant l'avancée des Turcs. Le roi serbe et son frère trouvèrent tous les deux la mort au cours de la bataille.
Après la victoire ottomane, le royaume de Vukasin était sans armée pour le défendre. Son fils Marko Mrnjavčević accepta une capitulation sans condition et devint le vassal de Mourat Ier.
Pour l'Empire ottoman cette bataille fut une réussite inespérée : ils avaient vaincu une armée quatre fois supérieure en nombre, et mieux, ils avaient plus que doublé leurs possessions sur le continent européen. Jusqu'alors, la majorité de la puissance ottomane était due à ses territoires d'Asie Mineure. Après cette bataille, la proportion de richesse bascula vers l'Europe. En effet, les non-musulmans devaient payer un impôt pour pouvoir pratiquer leur religion, l'Europe étant peuplée de chrétiens, les caisses de l'Empire se remplirent très vite. La puissance militaire des Turcs augmenta aussi considérablement car toutes les familles non-musulmanes devaient "offrir" à l'Empire leur premier né de sexe mâle pour qu'il serve comme janissaires dans l'armée turque. Avant cette bataille, il était encore possible pour les chrétiens de vaincre "la menace turque", selon l'appellation de Rome et Constantinople. Après la défaite de la Maritsa qui a vu disparaître le royaume serbe de Macédoine, l'avantage n'était plus du côté des seigneurs serbes. Les Serbes n'ont plus jamais déclenché de guerre agressive via-à-vis de l'Empire ottoman, ils n'ont plus fait que se défendre.

Reprise des conquêtes (1430-1478)
La victoire de Mehmed Ier sur ses rivaux permet aux Ottomans de reprendre leur politique d'expansion en Europe. Sous son règne et celui de ses successeurs, la quasi-totalité des Balkans passe sous contrôle ottoman direct : conquête de Thessalonique (1430), Bataille de Kosovo (1448) prise de Constantinople (1453), annexion formelle des despotats de Serbie, de Morée (1460), puis de la Bosnie.
Au nord de la mer Noire, les colonies génoises de Gazarie et le khanat de Crimée passent sous la tutelle ottomane en 1478.

Affrontement avec les Vénitiens et l'Ordre hospitalier
Alors que les Ottomans étaient devenus maîtres de toute la Grèce continentale, seules quelques îles du sud de la Méditerranée leur échappent encore pendant quelques décennies. Rhodes est prise en 1522 à l'Ordre hospitalier, Chypre aux Vénitiens en 1571 et la Crète est contrôlée par les Vénitiens jusqu'en 1669. Les Hospitaliers se replient sur Malte où ils repoussent les Ottomans lors du Grand Siège de 1565. En marge de la grande guerre, les raids de corsaires se poursuivent sans interruption jusqu'au xviiie siècle, Barbaresques du côté musulman et chevaliers de Malte du côté chrétien.
 
 Le siège de Rhodes de 1522 est un siège organisé autour de l'île de Rhodes par les armées ottomanes en 1522.
C'est l'évènement militaire qui met définitivement fin à la présence en Méditerranée orientale des Ordres militaires nés des Croisades. L'Ordre des Hospitaliers est chassé de l'île par Soliman le Magnifique après un long siège de cinq mois.
 Après la perte de Saint-Jean d'Acre en 1291, l'ordre des Hospitaliers s'installe pendant quelques années à Chypre puis conquiert l'île de Rhodes sous suzeraineté byzantine entre 1307 et 1311. L'Ordre se dote d'une puissante marine de guerre et conserve un certain nombre de garnisons sur les îles du Dodécanèse. Alors que l'Empire ottoman est en pleine extension, la présence des Hospitaliers au large de l'Asie mineure constitue une menace pour le Sultan ottoman.
Les premières tentatives de conquête par les Ottomans échouent en 1440 et 1444. Après la chute de Constantinople, un nouveau siège en 1480 ne donne pas plus de résultats. C'est Selim Ier qui décide d'une nouvelle expédition contre l'Île, mais il meurt en 1520 et c'est son fils et successeur Soliman le Magnifique qui va la mener à bien.
Soliman sait que l'Occident est divisé par le conflit entre François Ier et Charles Quint. De plus, il signe un traité avec Venise pour s'assurer de sa neutralité. Il espère donc que les Hospitaliers ne pourront bénéficier des renforts qui leur avaient permis de résister en 1480.
 Une flotte ottomane importante est regroupée à Istanbul et arrive en vue de Rhodes le 24 juin 1522. Le nombre de voiles est estimé selon les auteurs de 200 à 400. Soliman la rejoint le 18 juillet. La ville est investie sur mer et sur terre, les troupes étant dirigées par Mustapha Pacha, beau-frère de Soliman.
Le Grand-Maître de l'Ordre est Philippe de Villiers de l'Isle-Adam, élu l'année précédente contre son rival, le grand prieur de Castille-Portugal, André d'Amaral. Il prend les dispositions d'usage en fermant le port d'une double chaîne immergée et en sabordant des vaisseaux pour en interdire l'accès. La ville est renforcée en artillerie, munitions et vivres. En prévision du travail de sapes destiné à ébranler les fortifications, le Grand Maître fait appel à Gabriel Tadini di Martinengo, vénitien, expert en contre-sapes au grand désappointement du doge. Les défenseurs sont de l'ordre de 16 000. Malgré les appels du Pape Adrien VI, les seuls renforts dont pourront bénéficier les assiégés seront le fait de quelques frères hospitaliers venant des garnisons voisines du Dodécanèse en raison de la faiblesse du blocus maritime.
En revanche, les Ottomans sont actifs du côté terre où le siège est un furieux combat d'artillerie et de sapes. Après l'échec de plusieurs assauts, notamment celui désastreux pour les assaillants du 24 septembre, Soliman destitue Mustapha Pacha et le remplace à la tête de l'armée par le chef des janissaires Ahmed Pacha. Le siège s'enlise et l'armée ottomane est décimée autant par les combats que par la dysenterie. Le 30 octobre, un serviteur d'André d'Amaral, prieur de Castille, est surpris en train d'envoyer un message au camp turc. Il avoue sous la torture avoir agi sur l'ordre de son maître. Malgré ses dénégations, d'Amaral est exécuté le 8 novembre.
Le 14 novembre, la tour d'Espagne s'effondre et bientôt les bastions d'Aragon, d'Angleterre, de Provence et d'Italie menacent ruine rendant très aléatoire la situation des assiégés. Villiers de l'Isle-Adam veut résister, mais se rend finalement à l'avis de Préjean de Bidoux et Gabriel Martinengo. Les négociations entre les deux camps commencent le 10 décembre et l'accord est signé le 19 décembre. Le Grand Maître livre la ville, mais obtient la liberté pour les 160 chevaliers survivants, ainsi que pour les Rhodiens qui souhaitent quitter la ville. En contrepartie, Soliman exige l'évacuation de toutes les garnisons de l'Ordre dans le Dodécanèse. Les chevaliers quittent Rhodes dans les premiers jours de 1523, emportant leurs navires et leurs biens.
La prise de Rhodes permet à Soliman d'obtenir la maîtrise de la mer en Méditerranée orientale, objectif essentiel pour sécuriser les liaisons maritimes entre Constantinople, le Caire et les différents ports du Levant. Seule la Crête reste aux mains des Vénitiens, mais ils sont liés par des traités commerciaux avec l'Empire ottoman.
L'Ordre des Hospitaliers entame une errance de sept ans, s'installant successivement à Civitavecchia, puis, en 1528, à Viterbe et enfin à Nice dans les États de Savoie. Finalement l'empereur Charles Quint, comprenant l'utilité que peut avoir un ordre militaire en Méditerranée face aux avancées ottomanes (Alger est conquis par Barberousse en 1529), confie le 24 mars 1530 à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem la possession de l'archipel de Malte, dépendance du royaume de Sicile.


 

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MessagePosté le: Ven 5 Mai - 07:54 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

La seconde bataille de Kosovo se déroula du 17 au 20 octobre 1448. Elle opposa une coalition des forces hongroises menée par Jean Hunyadi et des armées valaques de Vladislav II de Valachie, aux troupes du sultan ottoman Murad II et de ses vassaux chrétiens. Les Ottomans sortirent victorieux de l'affrontement.

La chute de Constantinople est un siège historique qui a eu lieu le 29 mai 1453, et aboutit à la prise de la ville par les troupes ottomanes conduites par Mehmed II. Elle marque la disparition de l’Empire romain d'Orient, aussi qualifié d'Empire byzantin, et sa fin définitive en tant qu’entité politique et juridique.
Le siège qui commence au début du mois d’avril 1453 intervient alors que la situation de Constantinople s’est considérablement dégradée lors des siècles précédents. En 1453, l’empire se réduit aux alentours de Constantinople et au Péloponnèse et il n’est plus en état de résister à la puissance montante qu’est l’Empire ottoman à cette époque. Ce dernier a déjà assiégé Constantinople à deux reprises sans résultats mais contrôle l'Anatolie et une grande partie des Balkans. Malgré de multiples appels à l’aide des Romains en direction de l’Occident, seules quelques rares troupes italiennes combattent aux côtés des 5 000 défenseurs constantinopolitains conduits par l’empereur Constantin XI. Ces 7 000 à 8 000 hommes sont largement surpassés en nombre par les 80 000 à 100 000 soldats ottomans soutenus par une flotte de plus de 120 navires. Après avoir résisté à plusieurs assauts, les Byzantins finissent par céder le 29 mai 1453. S’ensuit un large pillage de la ville puis l’entrée de Mehmed II dans la cité. Il gagne à cette occasion l’épithète de Fatih (le Conquérant) et fait de Constantinople la nouvelle capitale de son empire qui entre dans sa période faste.
Au-delà de la fin d’un empire déjà moribond, la chute de Constantinople a un impact profond sur le monde et notamment en Occident. Héritier de l’Empire romain, traditionnel rempart à l’expansion musulmane en Orient, l’Empire byzantin laisse derrière lui un vide important. Cependant, malgré son déclin politique, l’empire connaît lors de ses dernières années d'existence un profond renouveau culturel dont les principaux représentants comme Jean Bessarion ou Manuel Chrysoloras émigrent peu à peu en Italie et dans le reste de l’Europe à mesure que l’Empire byzantin s’étiole.
De nombreux historiens, dont Jules Michelet, ont estimé que la chute de Constantinople constitue une vraie rupture marquant la fin du Moyen Âge et le début de la Renaissance. Toutefois, cette vision est de plus en plus remise en cause et les historiens modernes considèrent plutôt la chute de Constantinople comme une étape dans le processus de transmission du monde grec vers le monde latin, conduisant à la Renaissance.

En 1453, l’Empire romain (d'Orient) est réduit à la portion congrue. Les Paléologues n’exercent plus le pouvoir qu'autour de Constantinople et sur une partie du Péloponnèse. Les Byzantins ne contrôlent plus les voies commerciales entre l'Occident et l'Extrême-Orient qui avaient contribué à leur richesse. Les concessions commerciales accordées aux Vénitiens et aux Génois se sont notablement accrues au fil des siècles, et les caisses sont de fait vides.
La ville a déjà été encerclée par les forces turques en 1391-1392 et 1394-1402, mais devant l'obligation de combattre les Turco-Mongols à l'est, les Turcs ont laissé la ville sauve. Les années qui suivent constituent une période de calme relatif pour Constantinople, les Ottomans étant occupés par des querelles dynastiques. Cette accalmie n'est pas mise à profit pour renforcer l’Empire. Celui-ci ne dispose plus des moyens pour repartir à l'offensive même s'il parvient à récupérer certains territoires dont la ville de Thessalonique. Les rivalités théologiques entre les Églises d'Orient et d’Occident empêchent l’acheminement d'aide aux Byzantins, et la méfiance envers les Occidentaux est grande à la suite du sac de la ville lors de la quatrième croisade, en 1204. Lucas Notaras, dernier grand amiral de la flotte byzantine et premier personnage de l'empire après l'empereur, aurait dit : « Plutôt le turban que le chapeau de cardinal ». Si l'authenticité de cette phrase est encore sujette à débat, il n'en reste pas moins qu'elle symbolise le profond ressentiment entre les deux pôles de la chrétienté.
En 1422, Mourad II, ayant mis fin aux querelles dynastiques, assiège Constantinople, impliquée dans les intrigues de la cour ottomane. S'il ne parvient pas à prendre la cité, il pille les possessions byzantines du Péloponnèse et met le siège devant Thessalonique. Le sultan négocie néanmoins un traité de paix et le versement d'un tribut avec Jean VIII Paléologue afin de retourner mater la révolte de Küçük Mustafa en Anatolie, soutenue par les Byzantins.
En 1430, les forces turques prennent et mettent à sac Thessalonique, réduisant la population en esclavage. La menace ottomane se fait de plus en plus pressante et le basileus Jean VIII est décidé à trouver un accord avec l'Église d'Occident. Aussi, en 1438, il prend la mer pour l'Italie en emmenant avec lui des théologiens et des évêques (ils sont près de 700 à avoir fait le voyage). Les deux Églises se réunissent aux conciles de Ferrare et de Florence. Un accord est trouvé entre les Églises latine et orthodoxe en 1439.
En 1440, les Turcs sont repoussés devant Belgrade et le pape en conçoit de grands espoirs. Il prêche donc pour une nouvelle croisade. Celle-ci est commandée par Ladislas III Jagellon, roi de Pologne et de Hongrie. En 1444, les croisés sont mis en déroute à la bataille de Varna et Ladislas est tué.
En 1448, une nouvelle bataille a lieu à Kossovo Polié ; les Turcs, grâce à des forces quatre fois plus nombreuses, remportent la victoire sur les troupes hongroises de Jean Hunyadi. C'est la dernière tentative pour aider l'Empire byzantin agonisant. La même année, Jean VIII décède sans descendance et c'est son frère, Constantin, despote de Morée, qui lui succède. L'Empire byzantin n'a alors plus les moyens de s'opposer aux forces ottomanes et est contraint d'envoyer une ambassade à Mourad pour que celui-ci donne son assentiment à l'accession au pouvoir de Constantin

Mehmed II, âgé de 21 ans, succède à son père Mourad II, mort en février 1451. C'est un jeune homme volontaire et autoritaire qui s'est fixé comme objectif principal la prise de Constantinople. Le conseiller de l'empereur Georges Sphrantzès perçoit rapidement la menace que peut faire peser le jeune sultan et propose à Constantin de se marier avec la princesse serbe Mara Brankovic, la belle-mère de Mehmed et veuve de Mourad. Cette union permettrait entre autres d'allier la Serbie à l'Empire byzantin. Toutefois, Mara Brankovic refuse, arguant du fait qu'elle a juré de ne se consacrer qu'à Dieu dans le cas où ce dernier la délivrerait de Mourad et des Turcs. Dans le même temps, Mehmed sécurise ses arrières en renouvelant la paix avec Venise en 1452 tandis que Raguse s'engage à augmenter son tribut. Il renouvelle aussi la paix avec l'Empire byzantin et promet d'assurer la pension d'Orkhan, un membre de la famille du sultan résidant à Constantinople et possible prétendant au trône ottoman. En échange de cette pension, les Byzantins acceptent de ne pas soutenir une éventuelle rébellion d'Orkhan. Cette souplesse est due aux difficultés que Mehmed rencontre en Anatolie. L'émir de Karaman tente de profiter de la succession pour se révolter mais doit se soumettre après que Mehmed est venu en personne rétablir l'ordre dans la région. Le sultan peut dès lors se consacrer à la conquête de la cité byzantine qui continue de perturber les relations entre les deux parties de l'Empire ottoman. De plus, la prise de Constantinople permettrait de réaliser le vieux rêve ottoman d'un empire universel, héritier du prestige de l'Empire romain. Dans le même temps, Constantin XI envoie une ambassade protester contre le retard dans le paiement de la pension d'Orkhan. Les ambassadeurs rappellent aux Ottomans qu'Orkhan est un prétendant possible. Cette menace à peine voilée est présentée au grand vizir Halil Pacha, traditionnellement amical envers les Byzantins. Il prévient ces derniers que Mehmed II est plus dangereux qu'il n'y paraît. Voici la traduction de la réponse d'Halil retranscrite par l'historien britannique Donald Nicol :
« Je connais depuis longtemps, Grecs stupides, vos manières sournoises. Le sultan défunt était pour vous un ami débonnaire et attentionné. Le sultan Mahomet ne voit pas les choses de la même façon. S'il ne parvenait pas avec sa fougue habituelle à s'emparer de Constantinople, ce serait uniquement parce que Dieu continue à fermer les yeux sur vos procédés sordides. Vous êtes bien niais si vous croyez pouvoir nous effrayer avec vos puérilités, alors que l'encre de notre dernier traité n'est pas encore sèche. Nous ne sommes pas des enfants sans force ni raison. Si vous croyez pouvoir tenter quelque chose, allez-y. Si vous voulez amener les Hongrois de ce côté du Danube, faites-les venir. Si vous voulez reprendre les places que vous avez perdues depuis longtemps, essayez donc. Mais sachez ceci : ni là ni ailleurs, vous n'irez bien loin. Tout ce que vous risquez, c'est de perdre ce qui vous reste. »
Si la réponse du grand vizir est dépourvue d'aménité, son ton de défi s'explique par la claire conscience de l'obstacle que représente, pour l'expansion de l'impérialisme ottoman, la puissance byzantine, prête pour se défendre à faire appel aux Occidentaux invités à une nouvelle croisade, et qui, dans le même dessein, soutient les divers prétendants ottomans. Dès l'hiver 1451, Mehmed commence le blocus de Constantinople qui doit lui permettre à terme de prendre la ville.
 

À partir de ce moment, toute la politique de Mehmed vise à détruire l'Empire byzantin. À la fin de l'année 1451, il expulse les Grecs de la vallée de la basse Strouma et mobilise un millier d'ouvriers pour construire la forteresse de Rumeli Hisarı à l'endroit le plus étroit du Bosphore, en face du fort d'Anadolu Hisarı construit par Bayezid Ier dans les années 1390 sur la rive asiatique du Bosphore. Constantin envoie une ambassade auprès du sultan pour exprimer son opposition à un tel projet contraire aux traités byzantino-ottomans interdisant la construction de forteresses turques dans la région ; mais Mehmed II la rejette. Il commence la construction de la forteresse le 15 avril 1452. Constantin a conscience que cette structure n'est que la première étape d'une attaque contre Constantinople. En effet, elle empêche l'arrivée de renforts en provenance des colonies génoises de la mer Noire. Constantin tente de protester mais il n'a aucun moyen d'agir contre les Turcs. Peu après la fin de la construction de la forteresse en août 1452, Mehmed vient inspecter les forteresses de Constantinople avant d'interdire l'accès à la ville par la mer. Un navire vénitien dirigé par Antonio Rizzo qui tente de forcer le passage est coulé par les canons du fort de Rumeli Hisarı. Les visées ottomanes sont alors claires pour l'empereur, d'autant plus que les janissaires ont massacré les habitants du bourg d'Epibation, proche de la forteresse de Rumeli Hisarı. Constantin met alors la ville en état de défense et en fait fermer toutes les issues à l'exception des portes militaires. Il emprisonne brièvement les sujets turcs présents dans la cité avant de les relâcher, constatant l'inefficacité de cette action.
Grâce à sa nouvelle forteresse, Mehmed peut espérer prendre Constantinople à l'usure en la privant de tout approvisionnement et de renfort mais une telle stratégie reste très incertaine. Deux camps s'opposent au sein de l'état-major ottoman. Celui d'Halil Pacha, l'ancien grand-vizir de Mourad, est opposé à une guerre coûteuse et au résultat incertain : prendre Constantinople ne lui semble pas une priorité car la menace qu'elle fait peser sur l'Empire ottoman est négligeable. Contre lui, les principaux chefs militaires de l'Empire ottoman qui ont la faveur du sultan, réclament la guerre. À la fin de l'année 1452, Mehmed se décide à prendre la ville. Il obtient le soutien unanime des hauts dignitaires ottomans. Dès l'automne 1452, Turahan Beg lance un raid contre le despotat de Morée pour empêcher toute coalition byzantine de se mettre en place. Au début de l'année 1453, le gouverneur ottoman d'Europe envoie son armée prendre les villes byzantines d'Anchialos et de Messembria qui se rendent sans résistance. Les villes de Selymbria et de Périnthus tentent en vain de résister

Depuis la fin du xive siècle, les autorités byzantines recherchent tant bien que mal l'aide occidentale pour lutter contre les Turcs. Parfois, les empereurs font de longs voyages en Europe, à l'image de Manuel II Paléologue lors du siège de Constantinople de 1394-1402. Dès son arrivée au pouvoir, Constantin XI envoie de nouvelles ambassades dans les différents États chrétiens dans l'espoir de susciter une nouvelle croisade. Toutefois, la défaite de Varna (10 novembre 1444) décourage les États occidentaux. De surcroît, ces derniers sont persuadés que l'arrivée de Mehmed II est une bonne nouvelle après l'ère d'expansion de l'Empire ottoman sous Mourad26. Cette impression est renforcée par le fait que Mehmed renouvelle les différents traités avec Venise ou avec Jean Hunyadi. De même, le prince de Valachie, les chevaliers de Rhodes, les seigneurs de Lesbos et de Chio sont assurés de la paix. Enfin, le souverain de Serbie reprend le contrôle de quelques villes occupées par les Ottomans sous Mourad.
La plupart des souverains d'Europe occidentale s'investissent dans d'autres missions que celles d'endiguer le flot ottoman. Les Français et les Anglais sont engagés dans les derniers combats de la guerre de Cent Ans. Charles VII est alors trop occupé à restaurer la puissance française tandis que Frédéric III de Habsbourg cherche avant tout à obtenir la couronne impériale à Rome. En outre, il s'oppose à Jean Hunyadi, le régent du trône de Hongrie que lui-même convoite. Or, si la participation de la Hongrie à une croisade est indispensable, celle-ci ne peut agir seule. En effet, ses défaites contre Mourad l'ont fragilisée. De surcroît, Jean Hunyadi s'oppose rapidement au roi Ladislas V de Hongrie qui, en atteignant la majorité, veut s'émanciper de sa tutelle. 
Le duc Philippe III de Bourgogne n'est pas réticent à partir en croisade, mais sa priorité reste son opposition au roi de France Charles VII, tandis que le souvenir de la capture de Jean Sans Peur lors de la bataille de Nicopolis reste vivace. De nombreux souverains sont quant à eux bien trop éloignés des rivages de Constantinople pour envoyer de l'aide à l'Empire byzantin. De même, les souverains de la péninsule Ibérique concentrent leurs efforts à la lutte contre les dernières possessions musulmanes dans la région. Seul le roi Alphonse V d'Aragon est prêt à défendre Constantinople, mais ses visées sur les dernières possessions byzantines rendent son aide peu digne de confiance. De son côté, la Russie reste empêtrée dans ses affaires intérieures et condamne fermement l'union des deux Églises signée par Jean VIII quelques années plus tôt pour s'assurer le soutien de la papauté. Enfin, la principauté de Valachie reste neutre du fait de son statut de vassal de l'Empire ottoman

De nombreux États de la péninsule italienne sont directement concernés par la situation à Constantinople. Ainsi en est-il de la papauté qui cherche à juguler la progression des forces musulmanes en Europe. Pour s'assurer le soutien du pape, Jean VIII a signé l'« Union », celle des deux Églises, au concile de Florence mais celle-ci reste très formelle et les divergences dogmatiques persistent. Elles poussent le patriarche unioniste Grégoire III Mammé à trouver refuge à Rome en 1451 face à l'opposition des anti-unionistes. De fait, le pape Nicolas V reproche la subsistance du schisme, et cela ne favorise pas l'envoi de soutiens, d'autant plus qu'à l'image des autres États européens, les Italiens semblent assez peu conscients du danger que Mehmed II fait peser sur les derniers bastions byzantins. Les exilés grecs en Italie tentent de défendre la cause byzantine mais sans succès probants. En 1451, Constantin envoie un ambassadeur en Italie où il demande la permission à Venise de recruter des archers crétois, puis porte à Rome un message des anti-unionistes. L'objectif de l'empereur est de montrer que les oppositions subsistent à l'Union des Deux Églises et il demande au pape de réunir un nouveau concile pour régler les différends. Mais le pape reste inflexible et demande à Constantin de régler les problèmes par lui-même.
Venise est embarrassée par la situation. Si elle se rend compte assez vite que la générosité de Mehmed ne dure pas, certains dignitaires vénitiens pensent que la chute de Constantinople améliorerait la stabilité de la région, ce qui ne pourrait qu'être bénéfique pour le commerce. La défense d'un empire presque perdu risquerait d'encourager Mehmed à s'en prendre aux possessions vénitiennes dans la région. Toutefois, cette opinion est loin de faire l'unanimité car bon nombre de Vénitiens sont conscients qu'après Constantinople, c'est aux colonies vénitiennes que Mehmed risque de s'en prendre. Cette impression est renforcée après qu'un navire a été coulé par le fort ottoman de Rumeli Hisar. Cependant, Venise dispose d'une marge de manœuvre étroite. Elle est engagée dans une guerre coûteuse en Lombardie, ses relations avec le pape sont mauvaises tandis que celles qu'elle entretient avec Gênes sont proches du conflit, ce qui rend toute coopération impossible. De plus, la protection des places vénitiennes en Orient est une tâche qui occupe la grande majorité de la flotte. De fait, si Venise s'engage à défendre les chrétiens, elle demande aussi à ses gouverneurs d'Orient de ne pas provoquer les Turcs. Cette position ambiguë illustre bien la difficulté de la situation pour Venise qui autorise néanmoins l'empereur à recruter des soldats en Crète. Gênes se trouve dans une situation similaire et si elle ne déclare pas la guerre au sultan, elle n'empêche pas ses citoyens de prendre parti contre les Ottomans. Tout Génois peut défendre Constantinople mais en son nom propre, les gouverneurs de Péra et de Chio doivent éviter toute provocation envers les Turcs. Malgré son intransigeance, le pape Nicolas se refuse à abandonner Constantinople mais ses appels à une croisade restent lettre morte bien qu'Alphonse V ait envoyé une flottille de dix navires en mer Égée, avant de la retirer pour qu'elle participe à d'autres combats.
En dépit de ces échecs, le pape envoie le cardinal Isidore de Kiev à Constantinople pour faire aboutir l'Union. Il arrive le 26 octobre 1452 avec 200 archers recrutés à Naples et Léonard, l'archevêque génois de Lesbos. Constantin réunit alors un comité en faveur de l'Union et Lucas Notaras se charge des négociations bien que les plus fervents opposants à un compromis restent à l'écart. L'empereur les réunit mais les anti-unionistes réclament à nouveau la tenue d'un concile à Constantinople. Malgré la persistance de cette opposition, l'Union est proclamée solennellement le 12 décembre dans la basilique Sainte-Sophie. Toutefois, peu de Byzantins assistent à la cérémonie et, parmi les partisans de l'Union, beaucoup attendent simplement la venue de renforts occidentaux, après quoi le compromis serait renégocié. Par conséquent, derrière cette Union formelle se cache la volonté politique de l'empire romain d'Orient d'obtenir des secours à tout prix, y compris en acceptant un compromis dont la portée reste minime et ne met pas fin aux dissensions à l'intérieur du christianisme.
Malgré cette avancée, Constantinople a un besoin criant de renforts, et Constantin envoie de nouveaux ambassadeurs à travers l'Europe en 1452. De nouveau, il doit faire face à la passivité des républiques italiennes. Le roi d'Aragon permet seulement aux Byzantins de s'approvisionner en divers vivres et matériaux en Sicile. De même, le pape reste contrarié par les problèmes auxquels fait face l'Union tandis qu'une révolte à Rome en janvier 1453 l'empêche de se mobiliser pleinement en faveur de Constantinople, d'autant plus qu'il souhaite l'intervention active de Venise avant toute mobilisation

Il est difficile de chiffrer exactement les effectifs turcs, même si de nombreuses évaluations ont été données, bien souvent exagérées. Il est évident qu'une grande partie de l'armée ottomane fut mobilisée pour prendre la ville. Seuls les hommes de Turahan Beg et les garnisons de défense des frontières ne furent pas engagés dans la bataille. Dans le même temps, des milliers d'irréguliers (des bachibouzouks) furent recrutés tandis que de nombreux hommes furent attirés par la possibilité du pillage. Les sources de l'époque citent couramment le nombre de 200 000 soldats. Le cardinal Isidore de Kiev mentionne le nombre de 300 000 hommes, le Vénitien Nicolò Barbaro celui de 160 000 et le marchand florentin Giacomo Tedaldi celui de 200 000 dont 60 000 combattants. Les historiens modernes s'accordent sur le fait que ces chiffres sont bien souvent exagérés. Steven Runciman s'appuie sur les sources turques et donne le chiffre de 80 000 soldats auxquels s'ajoutent 20 000 bachibouzouks sans compter le grand nombre de non-combattants. Parmi ces non-combattants figurent de nombreux musiciens. Selon Constantin d'Ostrovica, un des membres du contingent serbe au sein de l'armée ottomane, ils ont pour fonction d'impressionner psychologiquement les défenseurs aux côtés du bombardement continuel de l'artillerie. Comparativement aux effectifs des assiégés, la disproportion est énorme. Au sein de l'armée ottomane, les janissaires sont au nombre de 12 000. Ils constituent l'élite de l'armée de Mehmed. En outre, Đurađ Branković, le despote de Serbie et vassal du sultan, envoie un contingent combattre au sein de l'armée turque.
À la différence du siège de 1422, Mehmed s'appuie en grande partie sur la flotte pour mener à bien les opérations. La ville de Constantinople est facilement accessible par la mer et sans la maîtrise de celle-ci, il est presque impossible de prendre la ville. Les Arabes ont été repoussés à deux reprises par l'action de la marine byzantine tandis que les Francs et les Vénitiens ont profité de leur domination sur les mers pour prendre d'assaut la ville par la Corne d'Or. Toutefois, la flotte ottomane reste embryonnaire et les Turcs doivent souvent faire appel à des navires d'autres nationalités pour assurer les liaisons entre l'Europe et l'Asie. Lors des mois précédant le siège, Mehmed bâtit une grande flotte qui se rassemble au mois de mars vers Gallipoli. Aux côtés des nombreuses embarcations de fortune figurent des trirèmes et des birèmes de grande taille ainsi que des fustes, plus petites et plus rapides, et une pléthore de navires de différents types. Il est difficile de chiffrer l'importance exacte de la marine ottomane, mais selon les sources italiennes, elle est composée de six trirèmes, dix birèmes, quinze galères à rames, soixante-quinze fustes, une vingtaine de parapandaires (navires utilisés pour le transport), ainsi qu'un nombre substantiel de bateaux de petite taille pour les communications. Selon Tedaldi, l'armada turque compte 70 galères, 68 galères légères, de 18 à 20 navires de différents types (peut-être des navires de transport) et de nombreux autres navires et embarcations de tous types.
 L'historien britannique David Nicolle estime la taille de la marine ottomane à cent-vingt-six navires. La flotte pénètre en mer de Marmara à la fin du mois de mars. Toutefois, si cette flotte est quantitativement impressionnante, les navires sont qualitativement inférieurs à ceux d'Europe occidentale, ce qui explique les résultats contrastés de l'armada ottomane lors du siège.
En plus de ces effectifs impressionnants, les Ottomans disposent d'une artillerie puissante chargée de détruire les murailles de Constantinople. Mehmed ordonne à ses fonderies de concevoir des canons suffisamment performants pour abattre des remparts. Parmi ces canons figure celui d'Urbain ; cet ingénieur hongrois avait d'abord proposé d'assister Constantin XI mais ce dernier, n'ayant pas les finances suffisantes pour satisfaire les demandes de l'ingénieur, Urbain se tourne donc vers les Ottomans. Après avoir conçu un des canons de Rumeli Hisar, il en fabrique un autre qui sort des fonderies en janvier 1453. Ce canon très connu possède des dimensions impressionnantes : le tube mesure huit mètres de longueur et les boulets pèsent près de 600 kilos, mais la cadence de tir n'excède pas les sept boulets à la journée. L'essai du canon impressionne le sultan qui l'incorpore à son armée

L'historien byzantin contemporain des faits Georges Sphrantzès a effectué un compte très précis du nombre de Grecs en mesure de porter les armes à la fin du mois de mars 1453. Il l'évalue à 4 773 très exactement, dont la plupart ne sont que de simples moines ou citoyens byzantins en âge de combattre. Ce chiffre est très faible et beaucoup d'hommes ne sont pas des soldats de métier; l'empereur demande que le recensement soit tenu secret afin de ne pas créer un climat de peur et de panique au sein de la ville. À cette date, l'armée byzantine n'est plus que l'ombre d'elle-même et la garnison de Constantinople ne compte que quelques centaines d'hommes. Toutefois, un nombre substantiel d'étrangers se joignent aux Byzantins. Selon Sphrantzès, il s'élève à un peu moins de 2 000. Parmi eux, se trouvent 700 GénoisNote 4 menés par Giovanni Giustiniani, ancien podestat de Caffa, qui arrive à Constantinople le 26 janvier 1453; ses connaissances en matière militaire sont précieuses pour Constantin, qui lui confie la responsabilité de la défense des murailles terrestres. En outre, Giustiniani a embarqué avec lui un ingénieur allemand ou écossais du nom de Johannes Grant spécialisé dans le génie militaire. Quelques hommes en provenance de Péra se joignent à la défense de la cité malgré la neutralité officielle de la colonie génoise, située sur la rive septentrionale de la Corne d'Or, en face de Constantinople. D'autres nobles génois arrivent à Constantinople parfois accompagnés de quelques hommes à l'image de Jacob Contarini ou des frères Bocchiardi (Antonio, Paolo et Troïlo). Quelques Catalans dirigés par leur consul se mettent au service de l'Empire byzantin ainsi que le prétendant Orkhan et sa suite.
De plus, la colonie vénitienne de la ville, dirigée par Girolamo Minotto, se joint à la défense de Constantinople après la destruction du navire d'Antonio Rizzo par les canons de Roumeli Hisar. En outre, plusieurs navires dirigés par Alviso Diedo et Gabriele Trevisano arrivent à Constantinople au début de l'année 1453. Toutefois, 700 hommes dirigés par Pierre Davanzo parviennent à quitter Constantinople le 26 février à bord de sept navires (six crétois et un vénitien). Cette défection réduit le nombre de navires à la disposition des assiégés. En effet, seuls vingt-six navires de taille substantielle sont encore dans la Corne d'Or au début du siège. La nationalité de ces derniers est très disparate : cinq sont vénitiens, cinq autres génois, trois sont crétois, un vient d'Ancône, un autre de Catalogne et un dernier enfin de Provence. À cela, il faut ajouter dix navires byzantins, reliquats de la presque défunte marine byzantine. Ce sont donc des effectifs bariolés qui assurent la défense de la cité face à une armée ottomane très largement supérieure en nombre mais aussi en armement. L'artillerie de Constantinople se réduit à quelques petits canons péniblement acquis par Constantin peu de temps avant le siège. La ville génoise de Péra située sur l'autre rive de la Corne d'Or reste neutre durant le siège, en espérant être épargnée par les Ottomans. Au sein même de Constantinople, si certaines sources parlent d'une population de seulement 36 000 habitants, une telle estimation est sous-évaluée. En réalité, il semble plutôt que Constantinople est peuplée par 40 000 à 50 000 habitants, ce qui correspond globalement au nombre de prisonniers fait par les Ottomans après la prise de la ville. 
 Néanmoins, ce chiffre est particulièrement faible en comparaison avec le demi-million d'habitants peuplant la ville à l'apogée de l'Empire byzantin. Par conséquent, de larges secteurs de la ville sont peu habités et la cité ressemble plus à un ensemble de petits quartiers séparés entre eux par des étendues inhabitées servant parfois à l'agriculture

Le site de Constantinople est d'une importance stratégique considérable, à la jonction entre l'Asie et l'Europe. La géographie même de la ville explique sa longévité malgré les multiples sièges Ce lien renvoie vers une page d'homonymie qu'elle a subis. La cité impériale se situe sur une forme de triangle dont deux côtés sont bordés par la mer. Au sud, c'est la mer de Marmara qui mouille les murs de Constantinople et au nord, c'est la Corne d'Or, un port naturel idéal qui s'étend profondément dans les terres et sépare la ville de la colonie génoise de Péra, indépendante de l'Empire byzantin depuis la fin du xiiie siècle. Du côté terrestre, c'est le mur théodosien qui assure la protection de la cité sur une longueur de 6,5 km. Les dégâts subis lors du siège de 1422 sont en grande partie réparés en 1453. En fait d'un seul rempart, la muraille de Théodose est constituée de deux murs successifs, le mur intérieur et le mur extérieur, séparés par le Péribolos, espace large de douze à dix-huit mètres. Le mur extérieur, d'une hauteur moins importanteNote 6, est précédé d'un fossé dont certaines portions sont inondables. Il est d'une largeur moyenne de 18 mètres et d'une profondeur de six à neuf mètres. Juste après le fossé se trouve un espace nommé Parateichion, entre l'ouvrage de soutènement surplombant le fossé et le rempart extérieur. Cet espace est large d'une quinzaine de mètres. À la pointe nord du mur de Théodose se trouve le quartier des Blachernes. Cet ancien faubourg, incorporé à la cité au viie siècle, est entouré d'une muraille simple, renforcée sous Manuel Ier. Les murailles maritimes sont de simples remparts construits le long du rivage, percés de quelques portes qui donnent directement sur la mer. Du fait de leur disposition et des courants de la mer de Marmara, ces remparts sont peu susceptibles de subir des attaques, d'autant plus que la Corne d'Or peut être barrée par une longue chaîne tendue entre Constantinople et Péra.
Dans la ville même, le pessimisme règne, d'autant que de multiples prophéties parfois anciennes prédisent la chute de l'empire pour l'an 7000 après la création du monde, soit en 1492. En ce qui concerne les vivres, Constantinople dispose dans ses murs de quelques cultures, insuffisantes pour approvisionner la ville dans son entier, mais susceptibles de compléter les provisions déjà présentes dans la cité. En effet, dès 1452, en prévision du siège, Constantin a fait parvenir dans la ville le produit des récoltes des campagnes environnantes. L'armement dont dispose Constantinople est correct : les assiégés ne manquent pas de projectiles divers (flèches, javelots, voire mangonneaux), mais leur artillerie est insuffisante, et chaque tir ébranle les murailles sur lesquelles elle est positionnée. Enfin, les armures des assiégés sont souvent meilleures que celles des Turcs

Constantin XI concentre ses faibles forces sur le pourtour des remparts extérieurs. Giustiniani a en charge l'ensemble des murailles terrestres tandis que les murailles maritimes sont peu garnies. Ces dernières sont effectivement peu susceptibles d'être attaquées, notamment du côté de la mer de Marmara, car il n'existe presque aucun espace émergé entre la mer et le pied des murailles. De plus, les courants et les bas-fonds compliquent toute manœuvre de débarquement. Constantin XI prend position à proximité de la vallée du Lycus. Giustiniani occupe le secteur proche de la porte de Charisius avant de se déporter vers la vallée du Lycus plus tard lors du siège. Il est remplacé par les hommes des frères Bocchiardi tandis que les troupes vénitiennes dirigées par Minotto défendent le secteur des Blachernes. Théodore Carystène (Καρυστηνός) défend les positions entre la porte de Caligaria et le mur de Théodose. D'autres troupes génoises dirigées par Cattaneo se positionnent sur la gauche de l'empereur. Théophile Paléologue, le cousin de Constantin, défend la porte de Pegae, Philippe Contarini le secteur entre la porte de Pegae et la porte d'Or, elle-même défendue par quelques Génois. Enfin, Démétrios Cantacuzène défend l'extrémité sud des murailles terrestres. Le Studion, secteur le plus occidental des murailles, le long de la mer de Marmara, est surveillé par Jacques Contarini, tandis que des moines assurent la garde du reste des remparts bordant la mer. 
Orkhan défend le port d'Éleuthère avec ses hommes tandis que les Catalans s'occupent des remparts proches de l'Hippodrome et du Grand Palais. Le cardinal Isidore défend la pointe de l'Acropole avec deux cent hommes. Enfin, les murailles bordant la Corne d'Or sont défendues par des Italiens dirigés par Gabriele Trevisano tandis qu'Alviso Diedo est à la tête de la flotte réfugiée dans la Corne d'Or. En outre, deux corps de réserve doivent venir en aide aux secteurs les plus en difficultés. Lucas Notaras dirige celui situé à proximité directe des murailles terrestres avec cent cavaliers et Nicolas Gougélès dirige un autre corps de réserve à l'effectif inconnu. En ce qui concerne la flotte, une dizaine des 26 navires assiégés est chargée de défendre le barrage de la Corne d'Or.
En définitive, entre les 5 000 à 7 000 hommes, pour la plupart volontaires et n'ayant aucune expérience au combat, et les troupes que le sultan a réquisitionnées chez tous ses vassaux (environ 80 000 hommes), la disproportion est énorme, d'autant plus que la flotte levée par Mehmed II s'avère la plus puissante jamais rassemblée par l'Empire ottoman. Elle permet en effet d'envisager un blocus complet de la ville.
Toutefois, David Nicolle rejette l'idée selon laquelle Constantinople était d'ores et déjà condamnée et que la situation des deux empires devait conduire inévitablement à la chute de la ville. En effet, il affirme que Constantinople restait la ville disposant des meilleures défenses en Europe à cette époque. Il s'oppose à Steven Runciman qui considère que tôt ou tard l'Empire byzantin aurait fini par s'effondrer du fait de sa superficie, devenue trop petite pour envisager une reconquête des territoires perdus : « L'Empire byzantin était d'ores et déjà condamné. Diminué, sous-peuplé et appauvri, il ne pouvait que succomber lorsque les Turcs jugeraient le moment venu de lui porter le coup fatal. »

C'est le 2 avril que les premiers détachements turcs apparaissent devant la cité. Une sortie byzantine les affaiblit mais l'arrivée de renforts turcs contraint les troupes gréco-latines à se replier. Constantin XI ordonne la destruction des ponts franchissant les douves et fait fermer les portes de la ville. Dans le même temps, la chaîne établie entre Constantinople et Péra permet aux Byzantins de barrer la Corne d'Or. C'est le 5 avril que le sultan arrive en présence de son armée. Après avoir établi son camp à deux ou trois kilomètres de la ville, il décide de faire avancer ses troupes sur leurs positions initiales. Zağanos Pasha occupe le terrain faisant face à Péra pour contrôler la colonie génoise. Karadja Pacha dirige les troupes européennes entre la Corne d'Or et la porte de Charisius. À sa droite se trouvent les troupes asiatiques dirigées par Ishak Pacha. Le sultan plante sa tente dans la vallée du Lycus, juste derrière les positions occupées par les janissaires. Pour défendre leurs positions, les Turcs creusent une tranchée protégée par une palissade en bois. Dès ces positions atteintes, l'artillerie turque bombarde les murs de la ville. Au bout de deux jours de bombardement, la muraille près de la Porte de Charisius est détruite. Mehmed, qui attend des canons supplémentaires, suspend le bombardement et demande à ses troupes de combler les fossés situés à proximité des murs. Enfin, Baltoglu tente en vain de forcer la chaîne d'or et doit attendre le soutien de la flotte de la mer Noire
Le sultan décide alors de réduire les forteresses pouvant menacer les arrières de l'armée turque. Il commence par s'emparer du château de Thérapia qui domine le Bosphore. La forteresse résiste deux jours mais ses fortifications s'écroulent sous l'action de l'artillerie et sa garnison est exécutée. Le petit château de Studios près de la mer de Marmara oppose une résistance encore plus faible et les survivants sont empalés. Baltoglu est envoyé avec une partie de ses forces conquérir les îles des Princes. Prinkipo, l'île principale de l'archipel, est gardée par un château défendu par ses habitants et trente soldats. Après plusieurs assauts infructueux, Baltoglu enfume le bastion, dont de nombreux occupants périssent alors que les soldats survivants sont tués et les habitants réduits en esclavage
Dès le 11 avril, les canons lourds sont en position et peuvent bombarder la muraille extérieure de la ville. Cette œuvre de destruction se poursuit jusqu'à la chute de la ville à l'aide de canons au calibre imposant comme celui de l'ingénieur Urbain, canon qui ne peut toutefois tirer que sept boulets par jour. Il finit par exploser peu de temps après le début du siège. En face, les vieilles fortifications byzantines peinent à soutenir le choc. Le rempart de la vallée du Lycus est le premier à s'écrouler et les gravas comblent en partie le fossé creusé juste devant. Néanmoins, les défenseurs parviennent à élever une fragile barrière. Le 12 avril, les premiers combats se déroulent près la Chaîne de la Corne d'Or peu après l'arrivée de renforts turcs. Les navires du sultan mettent en place leur artillerie et leurs marins tentent de prendre d'assaut les navires chrétiens. Toutefois, l'artillerie turque se révèle inefficace et les défenseurs réussissent à éteindre les incendies causés par les canons tandis que les soldats tirent des flèches et des javelots contre la marine turque. Menacé d'encerclement, Baltoglu doit renoncer et se replier8. Constatant l'incapacité des canons de sa marine à causer de réels dégâts aux navires latins, le sultan revoit sa stratégie et installe un canon sur la pointe de Galata qui parvient à détruire un des navires appartenant aux assiégés, contraignant les autres à se replier plus profondément dans la Corne d'Or. Par la suite, entre le 12 et le 18 avril, les Turcs se contentent de bombarder constamment les murailles byzantines. Seules quelques escarmouches ont lieu entre les deux camps.
Le 18 avril, les Turcs tentent de profiter de la brèche faite au Mesoteichion (partie de la muraille couvrant la vallée du Lycus). Après avoir remblayé le fossé, ils s'attaquent à la palissade qu'ils brûlent avant d'essayer de forcer la ligne tenue par les défenseurs soit en défaisant les barricades, soit en grimpant sur la muraille à l'aide d'échelles. Toutefois, les Byzantins tiennent près de quatre heures avant que les Turcs ne se replient. Selon Barbaro, les Turcs ont perdu deux cents hommes et les chrétiens aucun. Malgré la reprise du bombardement par l'artillerie turque, le moral des défenseurs remonte et ils continuent à réparer les brèches.

Quelques jours après, c'est sur la Mer de Marmara que se reporte la confrontation. En effet, les quelques navires en provenance d'Italie ont enfin les vents en leur faveur et se dirigent vers Constantinople pour soutenir celle-ci. Les trois navires génois payés par le pape pour acheminer des vivres et du matériel à Constantinople sont accompagnés d'un navire byzantin chargé de blé venant de Sicile. La petite flotte apparaît à la vue de Constantinople le matin du 20 avril. L'ensemble de la flotte turque, exceptés les navires à voile, vogue en direction de cette petite armada. Cette dernière se trouve rapidement encerclée par la marine turque mais les chrétiens ont l'avantage de la hauteur et peuvent harceler leurs adversaires à l'aide de flèches et de javelots. Après avoir approché les rivages byzantins, la petite flottille est déportée au large par le courant tandis que le vent du sud s'apaise. Les Turcs tentent de couler leurs adversaires avec l'artillerie, sans résultat, puis décident de passer à l'abordage. Malgré l'écrasante supériorité numérique des Turcs, les Génois parviennent à repousser les multiples assauts tandis que les Byzantins du transport impérial se servent de feu grégeois. Malgré tout, le navire byzantin est bientôt sur le point d'être submergé, ce qui conduit les Génois à se rapprocher de lui et à former une sorte de forteresse flottante. Les deux camps opposés observent la bataille avec grand intérêt. Pour Constantinople, c'est l'espoir de voir arriver de nouveaux renforts ; pour Mehmed, c'est la volonté de briser la résistance adverse. En dépit de leurs pertes de plus en plus élevées, les Turcs multiplient leurs assauts et épuisent les chrétiens. Néanmoins, ces derniers profitent du vent qui se lève en fin de journée et leur permet d'aller jeter l'ancre dans la Corne d'Or grâce à une ouverture faite dans le barrage à cette occasion. Cet événement entraîne une formidable hausse du moral dans les rangs byzantins à la différence des Turcs pour qui la déroute est catastrophique malgré la relative faiblesse des pertes. Mehmed est critiqué par plusieurs dignitaires ottomans tandis que l'amiral Baltoglu est fouetté avant d'être congédié. Il est remplacé à la tête de la flotte ottomane par Hamza Bey.
Le 21 avril, l'artillerie turque parvient à détruire une tour du Mesoteichion et, selon Steven Runciman, s'appuyant sur les dires des défenseurs, une attaque ottomane aurait probablement été victorieuse. Toutefois, le sultan ne se trouve pas sur le lieu de la bataille mais au lieu-dit des Deux Colonnes, pour trouver un moyen de contrer la supériorité navale des Byzantins. Ces derniers profitent de ce répit pour combler la brèche dans leur système de défense

La bataille du 20 avril rappelle à Mehmed l'importance de la Corne d'Or, le port naturel de Constantinople, qui permet à la flotte byzantine de disposer d'un refuge sûr et à la muraille nord d'être gardée par un minimum d'hommes. Il élabore alors un moyen de faire passer ses navires dans la Corne d'Or par voie terrestre. Cette technique n'est pas nouvelle : elle a déjà été expérimentée par d'autres, et plus récemment par les Vénitiens lors d'une campagne en Longobardie. Il est probable que l'un des participants à cette campagne a informé le sultan de cette technique. Toutefois, les Turcs doivent faire avec un relief pentu, ce qui accroît la difficulté de la manœuvre. Mehmed met en place les travaux dès le 21 avril à l'aide de milliers d'artisans et d'ouvriers tandis que le canon implanté près de Péra bombarde continuellement les environs de la chaîne pour masquer les préparatifs. À l'aube du 22 avril, les premiers navires sont halés à l'aide de bœufs à la grande stupéfaction des assiégés. Bientôt, ce sont soixante-douze navires turcs qui mouillent dans la Corne d'Or. Les défenseurs de Constantinople tiennent conseil le 23 avril mais ils ont peu d'options, toute intervention de Péra semblant à exclure. Ils n'ont en effet pas suffisamment de combattants pour débarquer sur la rive opposée, détruire les canons et incendier les navires.
Constantin bénéficie de l'aide de Giacomo Coco, un navigateur en provenance de Trébizonde qui prévoit d'incendier la flotte turque à l'aide de ses navires la nuit tombée96. L'action est repoussée à la nuit du 24 avril et elle prévoit l'envoi de deux transports, deux galères et deux petites fustes accompagnées de multiples navires de petite taille. Ce sont ces derniers qui ont pour mission de couler et d'incendier les navires turcs. Seuls les Vénitiens sont mis au courant car les Génois pourraient transmettre l'information à Péra dont les relations avec le sultan sont ambiguës. Ils finissent néanmoins par être informés de l'opération et exigent d'y participer. Ils demandent d'attendre le 28 pour qu'un de leur navire puisse participer à l'opération en fournissant une fuste supplémentaire. Ce délai est mis à profit par un Génois à la solde du sultan pour informer les Turcs de l'opération. Ainsi, la nuit du 28 avril l'opération est lancée et Coco qui dirige une des fustes décide de mener lui-même les hostilités mais son navire est détruit par l'artillerie turque informée de l'opération. Si une des galères et les transports parviennent à s'en sortir sans trop de dégâts, les petits navires subissent de lourdes pertes. Les quarante prisonniers chrétiens sont exécutés devant les murailles de la ville, ce qui incite les Byzantins à faire de même avec plus de deux cent Turcs. Les pertes s'élèvent à une galère, une fuste et quatre-vingt-dix marins pour les assiégés et un navire pour les Turcs. Si la Corne d'Or n'est pas encore tombée entre les mains des Turcs, elle n'est plus un refuge sûr et cela contraint les assiégés à dégarnir leurs défenses déjà peu pourvues en hommes pour assurer la protection de la muraille bordant la Corne d'Or, celle-là même qui fut franchie par les Croisés en 1204 lors de la première chute de Constantinople.
En outre, la prise de contrôle d'une partie de la Corne d'Or améliore la communication entre l'armée turque principale et les hommes dirigés par Zağanos Pasha au-dessus de Péra. Avant, le sultan devait parcourir un long crochet pour assurer la liaison entre ses deux corps d'armée, dorénavant il dispose d'un ponton construit à proximité directe des murailles. Enfin, des plates-formes sont disposées le long de ce ponton pour y poster des canons et ainsi tirer sur les murailles des Blachernes sous un nouvel angle. Toutefois, les chrétiens parviennent à maintenir une flotte entre le ponton et la chaîne. S'il semble que Mehmed II n'a jamais eu l'intention de lancer d'assaut depuis la Corne d'Or, la présence d'une flotte turque au sein de celle-ci est une source d'angoisse constante pour les assiégés qui ne peuvent se permettre de transférer des troupes positionnées sur les remparts terrestres

Après la prise partielle de la Corne d'Or, les Turcs continuent le pilonnage de la ville sans lancer d'attaque directe contre la cité. Cette dernière doit faire face au problème des vivres et Constantin lance une nouvelle collecte de fonds pour en obtenir davantage et les répartir. Peu à peu, les réserves de Constantinople diminuent d'autant que les cultures produisent peu en avril et que les bateaux de pêche ne peuvent plus agir du fait de la présence de navires turcs dans la Corne d'Or99. Confronté à ce nouveau défi, l'empereur décide de l'envoi d'un navire devant se porter à la rencontre de l'escadre vénitienne promise par Minotto. Ainsi, le 3 mai, un brigantin hissant les couleurs turques pour tromper la vigilance ottomane parvient à franchir le blocus pour se diriger ensuite vers la mer Égée.
L'appel lancé par Minotto en janvier 1453 est reçu par Venise le 19 février. Le 13 avril, la Sérénissime République envoie Alviso Longo à Ténédos à la tête d'une flotte pour recueillir divers renseignements sur la situation de Constantinople et sur les forces turques. À Ténédos, Alviso Longo doit attendre l'arrivée de Loredan, le capitaine général de la flotte emmenant avec lui 15 galères en provenance de Venise ainsi que deux navires crétois devant le rejoindre à Négrepont. Si à la date du 20 mai la flotte vénitienne ne l'a pas rejoint, il doit se diriger vers Constantinople si cela est possible et se mettre au service du baile Girolamo Minotto. Toutefois, Loredan ne part de Venise que le 7 mai pour se rendre tout d'abord à Corfou où une galère de l'île doit le rejoindre. Au total, la flotte de Loredan devait transporter 2 000 hommes au maximum Il a pour instruction de prendre contact avec Longo et, si ce dernier est déjà parti pour Constantinople, de le rejoindre dans la cité impériale si la situation le permet. Si Loredan apprend que l'empereur byzantin a traité avec le sultan, il doit se diriger vers la Morée et exiger la restitution de plusieurs villages pris par le despote Thomas Paléologue. Dans le cas contraire, il doit mettre l'île de Négrepont en état de se défendre contre une offensive turque. En outre, Bartolomeo Marcello, l'ambassadeur nommé par Venise auprès du sultan, doit embarquer avec Loredan et si la flotte de ce dernier parvient à Constantinople, il doit essayer de négocier la paix entre les parties en assurant Mehmed des intentions pacifiques de Venise. Dans le cas contraire, les Vénitiens doivent conduire la lutte aux côtés des Byzantins. Dans le même temps, le pape tente péniblement de mettre en place une expédition de secours mais, en Italie, on reste persuadé que la ville peut tenir encore longtemps, ce qui n'incite pas à la rapidité. Le 10 avril, Venise apprend que les cardinaux s'apprêtent à mobiliser une petite flotte de cinq navires à leurs frais mais qu'elle doit armer. Si cette dernière approuve fortement l'initiative, elle rappelle qu'au-delà du 31 mai, toute entreprise de secours serait compromise car les vents du nord rendent difficile la navigation dans les Détroits. Il faut attendre le 5 juin (une semaine après la chute de Constantinople) pour qu'un représentant de la république de Raguse informe Venise que la papauté est prête à payer 14 000 ducats. Toutefois, cette somme est jugée insuffisante par Venise, ce qui retarde le départ d'une expédition devenue de toute façon inutile. Dès lors, l'espoir de Constantin de voir arriver une flotte de secours en provenance de l'Occident est tout à fait illusoire.

À Constantinople, les tensions sont croissantes entre les Vénitiens et les Génois qui se rejettent la faute pour la responsabilité de l'échec du 28 avril. Les Génois critiquent la prétendue lâcheté des Vénitiens qui s'enfuiraient dès qu'ils le peuvent, tandis que les Vénitiens accusent la complicité dont feraient preuve les Génois de Péra envers les Turcs. Ces multiples disputes contraignent l'empereur à recourir à l'arbitrage, tandis que le moral des assiégés faiblit progressivement. Des contacts entre l'empereur et le sultan ne donnent rien, Mehmed continue d'exiger la reddition de la ville en échange de la sûreté des habitants et de leurs biens ainsi que d'une possibilité d'exil en Morée pour l'empereur. Certains dignitaires préconisent le départ de l'empereur pour que celui-ci rallie des troupes à l'extérieur (les hommes de Scanderbeg entre autres) dans l'objectif de secourir Constantinople. Toutefois, Constantin affirme que s'il abandonnait la cité, la défense s'effondrerait ; si la cité devait périr, il périrait avec elle
Les bombardements redoublent d'intensité au début du mois de mai avec la remise en état du canon d'Urbain, le 6 mai. En face, les Byzantins se préparent à l'assaut ottoman qui se déroule le matin du 7 mai dans le secteur du Mesoteichion mais sans succès, après trois heures de lutte. Pour renforcer la défense de la ville, la plupart des équipages des navires vénitiens sont envoyés sur les murailles des Blachernes malgré la résistance initiale des marins. Les navires vénitiens sont rapatriés dans le port. Le 13 mai, les Turcs lancent une offensive à la jonction des murailles des Blachernes et celles du mur de Théodose. Une nouvelle fois, les assiégés repoussent l'assaut. Les 16 et 17 mai, la flotte turque fait plusieurs démonstrations à proximité du barrage de la Corne d'Or sans pouvoir le forcer. Mehmed tente alors de placer des mines sous les fortifications byzantines. Après un premier tunnel mal situé, le deuxième est repéré par les Byzantins qui le détruisent grâce à une contre-mine fabriquée par l'ingénieur Johannes Grant. Une troisième tentative turque échoue également.
Le 18 mai, les Ottomans ont recours à une tour de siège dans le secteur du Mesoteichion. Ce nouveau stratagème impressionne grandement les assiégés. En effet, cette tour permet aux Turcs de combler le fossé précédant les remparts sans pertes tandis que les projectiles tirés du haut de celle-ci permettent d'abattre une tour byzantine proche de la porte Saint-Romain. Après avoir comblé le fossé, les Turcs s'apprêtent à lancer à nouveau l'assaut contre la brèche mais, durant la nuit, les Byzantins parviennent à placer dans les remblais des charges de poudre qui détruisent la tour. Plusieurs autres tours d'assaut sont détruites par la suite sans qu'aucune ne parvienne à forcer les défenses byzantines. Le 22 mai, une éclipse de Lune provoque la terreur chez les assiégés persuadés d'y voir un signe divin de leur future destruction. Nicolò Barbaro, cité par Gustave Schlumberger, retranscrit cette terreur dans son compte-rendu du siège :
« Ce signe en effet donnait à entendre à cet illustre souverain que les prophéties allaient s'accomplir et que son empire approchait de sa fin, comme aussi il est arrivé. Ce signe, par contre, parut un signe de victoire aux Turcs, qui fort s'en réjouirent et firent une grande fête dans leur camp. »
Parmi les autres mauvais présages observés par les témoins du siège figure l'épisode de l'icône de la Vierge. Celle-ci est une des plus saintes reliques de la ville et la Vierge est une protectrice de Constantinople. Or, au cours d'une procession dans les rues, la Vierge se détache de son support avant qu'un orage n'éclate et ne plonge les habitants dans le désespoir. De même, le 24 mai, une lumière rouge illumine la basilique Sainte-Sophie, créant un mouvement de panique parmi les Byzantins. Selon Donald Nicol, ce phénomène est dû aux feux allumés par les Ottomans qui éclairent la basilique. Le feu de Saint-Elme pourrait être une autre explication à ce phénomène.
Malgré ces funestes présages, les combats continuent. Le 23 mai, Grant et ses hommes capturent un officier turc dirigeant les opérations de minage, qui leur révèle l'emplacement de tous les tunnels. Ces derniers sont détruits un à un et les Ottomans abandonnent cette option. Le même jour, le brigantin revient dans la Corne d'Or après avoir échappé à la marine turque et annonce à l'empereur que malgré plusieurs jours de navigation dans la mer Égée, aucune flottille de secours n'est en route pour Constantinople. Cette nouvelle atteint durement le moral des défenseurs qui, malgré leurs faibles pertes, souffrent de la fatigue et d'un manque de vivres de plus en plus criant. Enfin, le bombardement continuel de l'artillerie ottomane entame en plusieurs points la muraille byzantine et les défenseurs réparent de plus en plus difficilement les brèches ouvertes par les canons turcs

Toutefois, le moral des Turcs commence à faiblir avec la durée du siège. L'armée ottomane craint l'arrivée de renforts chrétiens d'autant plus que Jean Hunyadi s'affirme délié du traité de paix signé avec le sultan. De plus, la marine turque a subi plusieurs échecs cuisants ce qui accroît le sentiment d'impuissance chez les assiégeants. Mehmed tente à nouveau d'obtenir la reddition de la ville de Constantin. Vers le 25 mai, il envoie un ambassadeur dans la cité pour persuader les Byzantins d'accepter de négocier. Le basileus accepte et envoie à son tour un ambassadeur écouter les demandes du sultan. Ce dernier promet la levée du siège en échange d'un tribut de 100 000 besants d'or. Une telle somme est impossible à payer pour l'empereur qui ne peut que refuser la reddition.
Le 25 mai, Mehmed réunit ses différents conseillers pour écouter leurs avis. Halil Pacha persiste dans son opposition à la prise de la ville qui n'apporte que des pertes à l'Empire ottoman. Ce dernier vient de subir de multiples coups durs et risque de faire face à l'arrivée de renforts occidentaux. L'idée selon laquelle Halil Pacha est payé par les Grecs pour essayer de tempérer les ardeurs du Sultan n'a jamais été démontrée mais à partir de cette date, le vizir tombe définitivement en disgrâce auprès du sultan. Zaganos Pacha milite pour continuer le siège à l'image de nombreux autres généraux. Après avoir reçu l'avis favorable de la quasi-totalité de son état-major, Mehmed décide de lancer un nouvel assaut.
Pour préparer ce qui doit être l'offensive décisive, le bombardement des murailles redouble d'intensité les 26 et 27 mai pendant que les Byzantins se préparent au choc en réparant les dommages causés par l'artillerie. Giustiniani est légèrement blessé alors qu'il supervise les réparations de la barricade du Mesoteichion mais reprend très rapidement son poste le dimanche 27 mai. Le même jour, Mehmed effectue la revue de ses troupes et les encourage avec la promesse de trois jours de pillages ininterrompus. La nuit tombée, des dizaines d'hommes se succèdent pour combler le fossé dans la vallée du Lycus. Le lundi 28 est consacré au repos et à la préparation de l'assaut final. De nouveau, Mehmed fait une tournée d'inspection générale. Il ordonne à sa marine tout entière, qu'elle soit dans la Corne d'Or ou sur la mer de Marmara de se préparer à l'assaut pour le lendemain, les marins devant essayer d'escalader les murailles maritimes de Constantinople pour obliger les assiégés à maintenir une vigilance constante sur chaque point du mur. Zaganos devait fournir des renforts aux marins tandis que le reste de ses troupes a pour objectif le secteur des Blachernes. À sa droite jusqu'à la Porte de Charisius, c'est le général Karadja Pacha qui est responsable de l'offensive tandis qu'Ishak et Mehmed dirigent les troupes d'Asie entre la Porte de Saint-Romain et la mer de Marmara, le sultan se chargeant du secteur de la vallée du Lycus, le point le plus faible de la défense byzantine. En face, les assiégés souffrent d'une profonde discorde en leur sein. Les Vénitiens réaffirment que les Génois ne sont pas dignes de confiance du fait de la neutralité de Péra. Peu de temps avant l'assaut final, Giustiniani et Lucas Notaras se disputent au sujet de l'artillerie. Giustiniani veut la concentrer dans la vallée du Lycus, là où le choc principal aura lieu tandis que Notaras veut assurer la défense des murailles maritimes de la Corne d'Or insuffisamment protégées. Constantin XI arbitre le différend en faveur du Génois.
Le lundi 28 mai, les assiégés oublient leurs querelles. Une procession religieuse fait le tour des murailles et des reliques et autres objets à valeur religieuse sont placées devant les points les plus affaiblis des remparts. Constantin fait un dernier discours à l'adresse de l'ensemble des défenseurs et à la fin de la journée, une grande partie de la population se retrouve pour une cérémonie au sein de la basilique Sainte-Sophie. De nouveau, les dissensions religieuses sont oubliées. Le soir, les défenseurs reprennent leurs positions. Giustiniani et ses hommes se placent à l'endroit le plus affaibli de la muraille sur le Mesoteichion. Les portes du rempart intérieur sont alors fermées pour éviter toute retraite. Constantin se réunit avec plusieurs de ses ministres et de membres de sa famille avant de se diriger dans le secteur des Blachernes pour se préparer pour la bataille

Au moment de l'assaut final, les murailles de Constantinople sont sérieusement fragilisées et trois brèches ont été ouvertes par l'artillerie turque. La première se situe entre la Porte d'Andrinople et le palais du Porphyrogénète, la deuxième près de la Porte Saint-Romain dans la vallée du Lycus et la troisième à proximité de la troisième porte militaire
C'est au soir du lundi 28 mai que les Turcs se mettent en action. Des milliers d'hommes comblent le fossé face aux murailles et les assiégés sont impuissants à les en empêcher. À 1 h 30 du matin le 29 mai, le sultan ordonne l'assaut général tandis que les défenseurs s'organisent au son du tocsin. Ce sont les bachibouzouks qui constituent la première vague d'assaut. Ils sont plusieurs milliers à se lancer à l'assaut des murailles constantinopolitaines dans l'objectif d'épuiser les défenseurs. Pour se prémunir de la défection de ces soldats peu fiables, Mehmed a placé une ligne de sergents doublée d'une ligne de janissaires pour abattre tout déserteur. L'effort turc se concentre autour de la vallée du Lycus mais les bachibouzouks, mal armés et peu disciplinés, sont repoussés par les soldats de Giustiniani qui disposent du meilleur armement à la disposition des assiégés. Après deux heures de lutte, Mehmed ordonne la retraite avant de lancer les troupes anatoliennes d'Ishak à l'assaut. Ces dernières sont bien plus disciplinées que les bachibouzouks et tentent de forcer la palissade du Mesoteichion. De nouveau, le grand nombre des assaillants joue en leur défaveur car ils se bousculent entre eux et constituent des cibles faciles. Toutefois, le canon d'Urbain parvient à détruire la palissade ce qui permet à trois cent Turcs de pénétrer à l'intérieur de la ville mais les troupes gréco-latines menées par Constantin parviennent à les rejeter hors des murs de la cité. Ce revers conduit à l'abandon de l'assaut par la deuxième vague. Partout, les défenseurs parviennent à repousser les assauts turcs. Au niveau du rempart sud, plusieurs groupes de soldats sont envoyés soutenir les défenseurs de la vallée du Lycus tandis que les moines et les troupes d'Orkhan repoussent les quelques tentatives turques de prendre la ville du côté de la mer de Marmara. En ce qui concerne la Corne d'Or, les Ottomans ne sont pas en mesure de menacer réellement la défense byzantine. Enfin, les Vénitiens s'opposent victorieusement aux attaques de Zaganos autour du palais des Blachernes malgré l'acharnement turc

Malgré tout, le but de Mehmed est atteint. Les deux premières vagues d'assaut ont fortement fatigué les défenseurs et ces derniers n'ont pas le temps de terminer les réparations de la palissade endommagée qu'une pluie de projectiles s'abat sur eux. C'est le coup d'envoi de la troisième vague d'assaut, celle qui doit emporter la décision. Ce sont les janissaires, les troupes d'élite du sultan, qui dirigent cet assaut. À la différence des bachibouzouks et des troupes anatoliennes, les janissaires parviennent à maintenir leur formation à l'approche des remparts. Mehmed dirige ses troupes devant le fossé et là, les janissaires lancent de multiples assauts contre les restes de la palissade qui barre l'entrée de Constantinople dans la vallée du Lycus. Malgré leur épuisement, les assiégés parviennent à empêcher les Turcs de pénétrer dans la cité durant près d'une heure. Selon Barbaro, les assiégés pensent alors qu'ils sont en mesure de remporter la victoire.
C'est alors que le sort de la bataille tourne en faveur des Ottomans. Au niveau de la Porte Saint-Romain, Giustiniani est touché mortellement au sternum par une balle de couleuvrine ou un carreau d'arbalète. Il demande alors à être ramené à l'intérieur de la cité malgré les supplications de Constantin XI qui désire qu'il reste à son poste, craignant que son départ n'entraîne la défection de ses troupes. Transporté en direction du port pour être embarqué sur un navire, son absence provoque effectivement la panique parmi les Génois qui fuient, laissant les Byzantins seuls pour endiguer le flot ottoman. Ces derniers sont peu à peu acculés contre le rempart intérieur et périssent nombreux dans les douves sous les projectiles tirés par les Turcs. Un autre événement controversé a peut-être accru la panique parmi les défenseurs. En effet, selon Doukas qui est le seul chroniqueur à rapporter ce fait, une cinquantaine de soldats turcs parviennent à pénétrer dans la cité plus au nord, par la Kerkoporta. Cette petite poterne qui n'a jamais été localisé avec certitude mais pourrait se trouver à la jonction des murailles de Théodose et du rempart des Blachernes, dans le secteur défendu par les hommes des frères Bocchiardi. Elle sert probablement à ces derniers pour lancer des sorties nocturnes contre les Turcs mais il est probable qu'au cours d'une de ces actions les défenseurs ont oublié de refermer la porte.
Les Byzantins réagissent très vite et parviennent à enrayer l'avancée ottomane. Toutefois, des soldats turcs parviennent en haut d'une des tours et y lèvent le drapeau ottoman, visible aux yeux des assiégés. Ces derniers, croyant la ville tombée aux mains des Ottomans pourraient avoir abandonné la lutte. Quoi qu'il en soit, malgré la panique, Constantin et ses plus fidèles compagnons tentent alors d'organiser la défense byzantine dans la vallée du Lycus mais la situation est déjà perdue. Constantin XI et de nombreux dignitaires byzantins périssent lors des ultimes combats en tentant de repousser les assauts turcs, dont Théophile Paléologue et Démétrius Paléologue Métochitès, le dernier gouverneur de Constantinople.
Partout la défense byzantine cède. Les Vénitiens de Minotto sont encerclés dans les Blachernes tandis que les Turcs parviennent à prendre possession des murs de la Corne d'Or. Peu à peu, toutes les portes de la cité sont ouvertes. Celles de la muraille sud le sont par les Turcs déjà présents dans la cité et les défenseurs du secteur sont soit tués soit faits prisonniers. De nombreux Byzantins tentent de retourner chez eux pour assurer la protection de leur famille tandis que les Italiens essaient de regagner leurs navires dans l'espoir de fuir la cité. Le long de la mer de Marmara, les Ottomans débarquent sans rencontrer de résistance, sauf dans le secteur défendu par les hommes d'Orkhan. Les Catalans résistent longuement avant de périr ou de se rendre mais de nombreux secteurs voient leurs défenseurs se rendre sans résistance. Pris par l'euphorie de la victoire et par l'appât du butin, de nombreux marins turcs quittent leurs navires pour participer au pillage de la ville promis par Mehmed. Cela permet à de nombreux navires italiens de s'échapper avant que le port ne soit pris vers midi

Conformément à la tradition islamique, Mehmed II a envoyé une offre de reddition à Constantin XI avant la chute de la ville. Du fait qu'elle a été refusée, le sultan est libre selon les lois de l'islam de livrer la ville au pillage durant trois jours, même si des sources affirment qu'il a fait cesser celui-ci dès le premier jour. Si les régiments pénètrent en bon ordre dans la ville, ils se lancent ensuite dans une entreprise de pillages et de tueries. Mais, assez vite, les soldats turcs décident de faire des prisonniers dans l'espoir d'obtenir des rançons. Les troupes ayant pénétré dans Constantinople par la Kerkoporta s'attaquent au palais des Blachernes dont la garnison vénitienne est vaincue. Toutes les églises proches des remparts sont pillées. Bientôt, les troupes turques se dirigent vers le centre de la ville en direction de la pointe de l'Acropole. Il est difficile de suivre le trajet des soldats turcs mais il est certain que peu de bâtiments échappent aux pillages. La basilique Sainte-Sophie devient la cible des troupes terrestres ainsi que des marins qui convergent ensemble vers le plus somptueux bâtiment religieux de la ville. Les soldats ottomans n'ont aucune difficulté à forcer les portes de la basilique derrière lesquelles se trouve un grand nombre de réfugiés. Des hommes sont tués en grand nombre, la plupart des réfugiés sont faits prisonniers, notamment les jeunes filles et les jeunes garçons que se disputent les Ottomans. Selon la légende, les prêtres de l'église réussissent à se dissimuler dans le mur de la basilique d'où ils réapparaîtraient quand Constantinople redeviendrait chrétienne. Les habitations pillées sont signalées par des fanions et bientôt, l'ensemble de la population est faite prisonnière bien que les plus jeunes enfants soient souvent tués du fait de leur faible valeur marchande. De même, plusieurs livres sont préservés car les Turcs espèrent les revendre par la suite. Le pillage se poursuivit pendant trois jours selon toutes les sources de l'époque, tant occidentales que turques, bien qu'on lise chez Steven Runciman, toutefois sans documents à l'appui, que le sultan aurait, dès le soir du 29 mai, « proclamé que le pillage devait cesser ». D'après les sources de l'époque, le nombre de prisonniers s'élève à 50 000 tandis que 4 000 civils sont victimes du massacre. C'est aussi le soir du 29 mai que Mehmed II pénètre dans la cité impériale pour se diriger vers la basilique Sainte-Sophie. Il permet aux quelques chrétiens encore présents dans l'église de repartir chez eux avant de rendre hommage à Allah sur l'autel de la basilique
À la suite du pillage, de larges portions de la ville sont dans un état de destruction avancée et de nombreuses maisons sont inhabitables comme dans le quartier des Blachernes. Toutefois, contrairement à ce que certains récits du pillage laissent croire, certains quartiers constantinopolitains sont relativement épargnés par les pillages. Il en est ainsi des quartiers du Phanar et du Pétrion par exemple. Ce « traitement de faveur » pourrait être dû à l'action des dignitaires de ces quartiers, qui, se rendant rapidement aux Ottomans, voire en ouvrant les portes des murailles bordant leur quartier, se seraient attiré les faveurs du sultan qui aurait envoyé des unités de police militaire protéger ces quartiers.
Le 30 mai, Mehmed exige de faire un état des lieux du butin pris lors du pillage de la ville. Il s'en réserve une part substantielle et distribue une autre partie aux troupes n'ayant pu participer au pillage. La plupart des nobles byzantins voient leur sort décidé par Mehmed. Ce dernier permet aux femmes de retrouver la liberté avec suffisamment d'argent pour racheter leur famille, à l'exception des hommes et des femmes les plus séduisants que Mehmed conserve. Il permet à certains nobles de rejoindre l'armée ottomane s'ils abjurent la foi chrétienne. Il est beaucoup moins indulgent envers les différents chefs étrangers faits prisonniers à la suite de la prise de la ville. Minotto et plusieurs autres dignitaires vénitiens sont exécutés ainsi que le consul catalan Pere Julia. De même, le prétendant turc Orkhan est exécuté après avoir essayé de fuir la ville sous un déguisement de moine grec. L'archevêque Léonard et le cardinal Isidore parviennent à s'échapper grâce à divers stratagèmes. Quant aux quelques Constantinopolitains qui ont échappé à la capture, ils obtiennent la permission de rentrer chez eux. Selon le Sénat de Venise, plus de 500 citoyens vénitiens et crétois ont péri lors des combats dont 40 nobles. En ce qui concerne les pertes financières, elles sont difficiles à évaluer. Le marchand florentin et chroniqueur du siège Jacopo Tedaldi donne les chiffres suivants : 40 000 ou 50 000 ducats pour Venise, 20 000 pour Florence, plus de 20 000 pour Ancône et une somme considérable pour Gênes. Le Sénat vénitien estime lui les pertes financières de la République de Venise à 200 000 ducats plus 10 000 pour Candie.
Parmi les nobles byzantins, si Mehmed adopte une attitude indulgente les premiers jours, il n'hésite pas à faire preuve de fermeté, notamment avec le mégaduc Lucas Notaras, le deuxième personnage de l'Empire après l'empereur. Lucas se rend le 29 mai aux troupes ottomanes et Mehmed pourrait avoir prévu de le nommer gouverneur de la ville mais il finit par s'opposer à Lucas. En effet, le sultan désire incorporer un des fils de Lucas dans son sérail. Face au refus de Lucas, il décide de le décapiter avec son fils et son gendre. De même, Sphrantzès, un des hommes les plus proches de l'empereur, est emprisonné durant dix-huit mois avant de parvenir à payer la rançon pour sa liberté et celle de sa femme mais ses deux enfants restent dans le sérail du sultan et son fils adolescent est tué par Mehmed lui-même en décembre 1453. Au-delà de l'assassinat de Notaras, Mehmed tient surtout à éliminer les grands dirigeants de l'Empire byzantin pour éviter toute résurgence de celui-ci. Le sort de l'empereur lui-même est réglé par les armes puisqu'il est tué lors des derniers combats mais sa dépouille ne fut jamais retrouvée. Il est probable qu'il a été enterré avec d'autres soldats byzantins morts au combat. Étant débarrassé de ses insignes impériaux, son cadavre n'en est que plus difficilement reconnaissable. Certains textes de l'époque remettent toutefois en cause la fin héroïque de l'empereur. Ainsi, le pape Pie II a publié avant son élection au trône pontifical un texte dans lequel il affirme que l'empereur aurait fui et serait mort piétiné. L'historien italien Andrea Cambini reprend cette version dans son Livre des origines des Turcs et de l'empire des Ottomans. Le marchand Tedaldi présent lors du siège développe une version plus nuancée de la fin de l'empereur :
« L'empereur de Constantinople mourut et d'aucuns disent qu'il eut la tête tranchée. D'autres disent qu'il mourut à la porte, en la presse, en soi cuidant issir. L'un et l'autre peut bien être vrai : c'est qu'il fut mort en la presse et que puis les Turcs lui eussent coupé la tête. »
Georges Sphrantzès, pourtant très proche de l'empereur, ne donne aucune indication permettant de croire que l'empereur est mort en combattant, il ne fait que mentionner qu'il n'est pas à ses côtés le jour de l'assaut final158. Donald M. Nicol a compilé les différentes versions de la mort de l'empereur et ne parvient pas à démêler la réalité de la fiction. Les versions varient fortement selon les sources, les auteurs grecs insistant sur sa mort héroïque et les sources turques ou slaves présentant une fin plus déshonorante. 
Quant aux auteurs occidentaux tels Léonard de Chio, ils ont tendance à rabaisser la valeur des Grecs et donc de l'empereur

La prise de Constantinople de 1453 s'inscrit dans la phase finale du déclin de l'Empire byzantin, dont les toutes dernières miettes sont le Despotat de Morée, l'Empire de Trébizonde et la Principauté de Théodoros qui subsistèrent respectivement jusqu'en 1460, 1461 et 1475. Amorcé plusieurs siècles auparavant, le déclin de l'Empire a de nombreuses causes, la principale étant le pillage de Constantinople lors de la Quatrième Croisade de 1204, qui inaugure la mainmise de Venise et de Gênes sur les îles et les sources de prospérité de l'Empire, entraîné dans des guerres coûteuses et souvent désastreuses. Dès lors, l'Empire ottoman peut sans difficulté conquérir progressivement le territoire byzantin mal défendu par une armée en sous-effectif par manque de moyens financiers et humains. Il est donc évident que l'Occident tient une part de responsabilité importante dans la chute de Constantinople, d'autant que la crainte byzantine d'une nouvelle croisade pour refonder l'Empire latin de Constantinople a mobilisé à l'Ouest de nombreuses ressources qui auraient pu être consacrées à la lutte contre la progression turque. Le désintérêt de l'Occident chrétien pour l'Empire byzantin en 1453 n'est que l'un des facteurs de la chute de ce dernier : Steven Runciman et Georges Ostrogorsky estiment qu'une intervention occidentale n'aurait pas visé à sauver l'Empire grec, mais à réinstaurer un Empire latin d'Orient. De même, Rodolphe Guilland estime que si les Ottomans avaient échoué, Venise aurait sûrement fait payer très cher son engagement auprès de Constantinople, surtout si les hommes de Loredan avaient participé à la bataille. Constantin devait donc choisir entre l'impérialisme ottoman et l'impérialisme vénitien car Venise intervenait pour la défense de ses intérêts et non pour ceux des Byzantins. Depuis un siècle déjà, l'Empire byzantin était devenu un État de second ordre, proie de ses voisins. En 1453, si les murailles de Constantinople restent impressionnantes, l'Empire byzantin ne bénéficie plus de la supériorité militaire sur son adversaire à l'image du rôle déterminant que joue le feu grégeois dans la défaite arabe en 678. Au contraire, l'artillerie ottomane, très moderne, est un élément clé expliquant la défaite byzantine

D'un point de vue géographique, la prise de Constantinople n'apporte pas grand-chose à l'Empire ottoman qui contrôle déjà l'ensemble ou presque des anciens territoires de l'Empire byzantin (Asie Mineure et péninsule balkanique). L'acquisition de Constantinople permet surtout de parachever la domination ottomane sur les détroits. L'unité de l'Empire ottoman est renforcée et les communications entre sa partie européenne et sa partie asiatique sont grandement facilitées. De surcroît, l'élimination de l'Empire byzantin permet à l'Empire ottoman de se prémunir contre toute nouvelle croisade ayant pour objectif de sauver Constantinople, à l'image des batailles de Nicopolis et de Varna. Ainsi, Mehmed II élimine un facteur d'instabilité parfois vecteur de troubles dynastiques au sein de l'Empire ottoman lorsque le basileus soutient l'un des prétendants au trône ottoman. C'est dans une optique similaire que Mehmed se décide à réduire les trois états grecs encore indépendants (Mistra dans le Péloponnèse, Trébizonde en Anatolie pontique et Crimée). La Morée, possession formelle du basileus, est devenue au fil du temps l'apanage de membres de la famille impériale qui se disputent son contrôle. Constantin XI lui-même fut despote de Morée avant de devenir empereur byzantin. Déjà en 1452, Mehmed II envoie une partie de son armée ravager le territoire grec pour l'empêcher de venir en aide à Constantinople. Après la chute de la ville, il devient la cible prioritaire de Mehmed. Le despotat est dominé par Thomas Paléologue et Démétrios Paléologue qui font appel aux Ottomans en 1454 pour réduire la révolte des populations albanaises. Mais, dans le même temps, les despotes essaient de susciter une croisade en Occident. Mehmed II réagit en envoyant une nouvelle expédition ravager le despotat en 1458 avant de s'en emparer en 1460. L'Empire de Trébizonde subit le même sort l'année suivante. L'empereur David II de Trébizonde qui avait essayé de susciter une croisade contre les Ottomans est contraint de capituler le 15 août 1461 alors que les Ottomans assiègent Trébizonde.
Ce processus de destruction des forces chrétiennes tentant de s'opposer à l'avancée ottomane en Europe (et dans une moindre mesure en Asie Mineure) se poursuit tout au long du règne de Mehmed II et de ses successeurs. Partout dans les Balkans, les derniers bastions de résistance chrétiens cèdent. Skanderbeg, le chef albanais périt en 1468 et avec lui la résistance de son peuple contre les Ottomans. De même, la principauté de Valachie dirigée par Vlad Dracula est obligée, à la mort de ce dernier en 1476, de se reconnaître vassale du Sultan. L'Empire ottoman acquiert dès lors le statut de grande puissance dont l'influence devient indépassable en Europe. La chute de Constantinople a un rôle dans l'évolution du statut de l'Empire ottoman. Le déclin de l'Empire byzantin a privé la chrétienté occidentale de son rempart traditionnel contre la progression musulmane (échec des deux sièges arabes de Constantinople). La chute de Constantinople fait prendre conscience aux États occidentaux de l'intensité de la menace ottomane. Dans le même temps, l'Empire ottoman tente de reprendre l'héritage de l'Empire byzantin. C'est dans cette optique que Mehmed fait de Constantinople sa capitale dès le mois de juin 1453. En tant qu'héritier des empereurs byzantins, Mehmed II décide rapidement de nommer un nouveau patriarche qui doit devenir le nouveau chef de la communauté chrétienne orthodoxe de l'Empire ottoman. Il prend parti pour Georges Scholarios, le chef du parti anti-unioniste à Constantinople et ce dernier est nommé par un synode dès les premières semaines suivant la prise de la ville. En janvier 1454, Scholarios est intronisé par Mehmed II, qui reprend le rôle de l'empereur byzantin dans la cérémonie. En définitive, la communauté grecque est soumise globalement au même statut que les autres communautés chrétiennes de l'Empire ottoman, l'Église orthodoxe ayant par exemple pour fonction de rendre la justice dans la majorité des affaires opposant des chrétiens

Il ne faut que quelques semaines avant que la chrétienté ne soit mise au courant de la chute de Constantinople. Trois navires ayant fui la cité arrivent à Candie, en Crète, le 9 juin. La nouvelle frappe de stupeur les habitants de l'île. Les colonies vénitiennes de Chalcis et de Modon sont aussi informées rapidement de la prise de la ville et envoient des messagers qui arrivent à Venise le 29 juin. De là, l'information arrive à Rome le 4 juillet avant d'atteindre Naples et le roi d'Aragon Alphonse V, puis l'ensemble de l'Europe. Partout, c'est la stupeur qui prédomine. L'ensemble des États occidentaux pensaient que les fortifications de la ville étaient suffisamment solides pour tenir un siège, au moins avant l'arrivée de renforts. En fait, la plupart des souverains sont trop occupés par leurs propres problèmes pour accorder une véritable attention à l'Empire byzantin. Venise qui possède de nombreux intérêts en mer Égée conseille la prudence à ses différentes colonies tandis que la flotte de Loredan doit emmener un ambassadeur auprès de Mehmed et continuer à y patrouiller pour prévenir toute offensive ottomane. Ce diplomate doit obtenir le renouvellement du traité de 1451 ainsi que la permission de rétablir la mission commerciale vénitienne à Constantinople. Gênes se trouve dans une situation encore plus inconfortable car elle est mobilisée dans des guerres à l'ouest qui l'empêchent d'envoyer des secours à ses différentes places orientales dont la ville de Péra. Le gouverneur de celle-ci tente d'amadouer le sultan qui accorde divers privilèges à la ville. Toutefois, Mehmed vient à Péra dès le 3 juin et ordonne le désarmement de la cité. Dès lors, Péra appartient pleinement à l'Empire ottoman et le gouverneur génois est remplacé par un Ottoman. En outre, la prise de contrôle de l'ensemble des détroits par Mehmed condamne l'existence des villes génoises de la mer Noire dont aucune ne survit plus de cinquante ans à la conquête de Constantinople. Chio subit un sort similaire car Gênes laisse le gouvernement de l'île traiter directement avec le sultan. Les autres cités commerciales italiennes (Florence, Ancône…) connaissent une meilleure situation et établissent rapidement de nouvelles relations commerciales avec le sultan. En effet, ces villes ne possèdent pas de territoires dans la région du Levant et n'entrent donc pas en confrontation avec l'expansionnisme ottoman. De même, les Catalans reviennent assez vite à Constantinople, bien que le Consulat ait disparu définitivement avec l'Empire byzantin.

Le pape Nicolas V lance un appel à la croisade dès le mois de septembre 1453 alors que Frédéric III du Saint-Empire a annoncé la tenue d'une Diète d'Empire à Ratisbonne devant décider du lancement d'une croisade. Toutefois, c'est un échec tout comme la Diète de Francfort en septembre 1454 dont la promesse de l'envoi de 10 000 cavaliers et 30 000 fantassins reste lettre morte. Comme avant l'année 1453, les souverains occidentaux ont des problèmes plus urgents ou manquent de moyens pour intervenir. Frédéric III ne dispose pas d'assez de pouvoir sur ses différents vassaux pour espérer entreprendre une action efficace. Charles VII de France doit veiller à la reconstruction de son pays tandis qu'Henri VI d'Angleterre sombre dans la folie et que son royaume bascule dans la guerre des Deux-Roses. Ladislas de Hongrie, qui doit faire face à l'influence de Jean Hunyadi, n'a pas les moyens d'inquiéter les Turcs tandis qu'Alphonse V s'enferme dans une stratégie défensive. Enfin, le duc Philippe de Bourgogne promet d'intervenir (vœu du faisan) mais cette promesse reste sans acte. Calixte III, le successeur de Nicolas, publie la bulle Ad summi apostolatus apicem le 15 mai 1455 qui proclame la levée des dîmes pour financer une expédition devant partir le 1er mars 1456. En juin 1456, le pape parvient à envoyer une flotte prendre les îles de Lemnos, Thasos et Samothrace mais aucun prince chrétien n'est en mesure de défendre ces conquêtes qui retombent vite sous la coupe ottomane. Plus les années passent et plus l'idée d'une intervention occidentale s'estompe. Le projet de croisade de Pie II disparaît avec sa mort en 1464 malgré l'apparente motivation de Philippe de Bourgogne à respecter son engagement. Charles le Téméraire, le successeur de ce dernier, tente de reprendre le projet de croisade bourguignon et signe une alliance avec Ferdinand Ier d'Aragon en 1471 mais les nécessités de la lutte contre Louis XI de France le contraignent à abandonner ce projet.
 Partout en Occident, on s'accommode de la domination ottomane. Cela est dû à l'inimitié profonde qui existe entre l'ancienne Constantinople des Grecs schismatiques et l'Occident chrétien. Pour certains, les Grecs reçoivent le châtiment qu'ils méritent après avoir pillé Troie, les Ottomans étant une forme de réincarnation des Troyens. En outre, la papauté, profondément affaiblie par le Grand Schisme d'Occident, n'a plus la même influence sur les royautés occidentales qu'au temps des croisades. Bientôt, la nécessité l'emporte et les États chrétiens se rendent compte qu'ils ne peuvent se passer d'un partenaire commercial comme les Ottomans. Selon Jacques Heers, la raison d'État l'emporte sur la défense de la foi et il symbolise cette idée par cette phrase de Louis XI : « Et même s'il fallait aller plus loin et reconquérir Constantinople, vous êtes plus tenus au roi et à son pays que vous ne l'êtes à l'empereur de Grèce et autres seigneurs du Levant et ce ne serait pas grand honneur à vous que de le vouloir tout en laissant détruire le roi et les royaumes par les Anglais. » Dès lors, seules les complaintes de quelques esprits romanesques comme Olivier de la Marche témoignent du désarroi que cause la chute de Constantinople. Mais ces hommes restent minoritaires et il ne faut pas plus de quelques années pour voir l'idée d'un Empire byzantin disparaître définitivement. Cet état de fait est confirmé par l'alliance entre le roi de France François Ier et Soliman le Magnifique près de cinquante ans après la chute de Constantinople.
En Europe, seule la Russie tente d'assurer l'héritage byzantin. Dernier pays orthodoxe à ne pas subir la domination ottomane, la Russie se considère comme l'héritière directe de l'Empire romain et le seul empire chrétien digne de ce nom. « Constantinople est tombée pour avoir trahi la Vraie Foi. Mais la Foi orthodoxe vit encore, c'est celle des Sept conciles, telle que Constantinople l'a transmise au grand prince Vladimir. Il n'existe plus qu'une seule Église orthodoxe au monde, l'Église de Russie. » Le métropolite de Moscou écrit ce texte en 1458 et condamne l'Union signée au concile de Florence. Dès lors, Moscou devient la « Troisième Rome » par la volonté de Dieu tandis que le tsar Ivan III épouse Zoé, l'une des dernières représentantes de la famille Paléologue. Cette union permet à Ivan III de récupérer l'aigle à deux têtes du blason impérial et de s'attribuer de facto le titre de successeur de l'Empire byzantin.

Avec l'année 1492 et la découverte de l'Amérique, l'année 1453 est souvent perçue comme l'une des dates clés faisant basculer le monde du Moyen Âge vers la Renaissance et l'Époque moderne. Plusieurs raisons justifient une telle vision. Tout d'abord, la chute de Constantinople signifie la fin de l'Empire byzantin dont l'essence est fondamentalement médiévale, du moins à partir d'Héraclius. En tant qu'héritier de la Rome antique voire de la Grèce antique, l'empire possède de vastes bibliothèques dans lesquelles sont préservés de multiples écrits de savants et érudits gréco-romains. Ainsi, Constantinople apparaît comme la passerelle directe entre l'Antiquité et la Renaissance caractérisée par le retour en grâce des anciens textes. Dès le xixe siècle se propage l’idée que la chute de Constantinople est à l’origine directe de la Renaissance. En effet, de nombreux savants grecs décident de s’exiler en Italie, apportant leurs savoirs et leurs manuscrits avec eux. Cette thèse est notamment défendue par Jules Michelet.
Toutefois, à la suite des travaux du médiéviste américain Charles H. Haskins, qui font aujourd'hui autorité, les historiens actuels remettent en question l’idée d’un tournant brutal. Ils rappellent que les intellectuels de la Grèce antique sont déjà étudiés au Moyen Âge. Jacques Verger notamment met en évidence le mouvement important de traduction des œuvres scientifiques et philosophiques grecques et arabes qui a lieu au xiie siècle, c'est-à-dire en plein cœur du Moyen Âge. En particulier, la plupart des œuvres d'Aristote étaient déjà traduites, commentées et enseignées dès les xiie et xiiie siècles, ce qui provoqua la naissance de la scolastique médiévale avec Thomas d'Aquin.
Plus généralement, les historiens contestent l’idée d’un changement brutal et mettent en avant l’aspect progressif du passage à la Renaissance. Ainsi, Steven Runciman conteste l'idée que la prise de Constantinople signifie précisément la fin du Moyen Âge : « Il n'existe aucun point, aucun moment qui marque réellement le passage du monde médiéval au monde moderne. Bien avant 1453, cette période que l'on appelle la Renaissance avait déjà commencé en Italie et dans le monde méditerranéen. Bien après 1453, les idées du Moyen Âge ont continué d'avoir cours en Occident. »
Ainsi, s’il est exact que des intellectuels byzantins viennent en Italie à la suite de la chute de Constantinople ou dans les années précédant celle-ci, comme le cardinal Bessarion qui légua ensuite sa collection de manuscrits à la bibliothèque de Venise, ce mouvement commence bien avant 1453. Dès 1396, Manuel Chrysoloras part pour Florence où il enseigne le grec. De nombreux Italiens se rendent à Constantinople d’où ils repartent avec des manuscrits comme Giovanni Aurispa qui ramène une grande partie des œuvres de Platon en Europe occidentale dès 1430. De même, le concile de Florence en 1438 est l’occasion de rencontres entre les intellectuels italiens et les membres de l’ambassade byzantine parmi lesquels figurent de nombreux érudits. En définitive, le départ des élites byzantines n’est pas uniquement lié à la seule chute de Constantinople mais bien au lent délitement de l’Empire byzantin. Toutefois, l’apport grec reste décisif en ce qui concerne la langue : les érudits byzantins vont permettre aux Italiens et aux Européens en général d’accroître leur connaissance du grec et donc de traduire de façon plus exacte les nombreux textes antiques.
Dans un autre domaine, certains historiens ont aussi mis en avant l'impact de la prise de Constantinople dans l'histoire militaire. En effet, l'utilisation importante et efficace de l'artillerie est une avancée majeure. Les canons peuvent dès lors être utilisés pour mettre à bas les vieilles forteresses médiévales réputées jusqu'alors imprenables. Ce fait est à mettre en parallèle avec la fin de la guerre de Cent Ans, la même année, parfois perçue comme l'un des derniers conflits médiévaux.
Enfin, il a parfois été rapporté que la chute de Constantinople est à l’origine du mouvement des Grandes Découvertes du fait de la fermeture des routes commerciales entre l’Orient et l’Occident qu’elle engendre. Les Européens se mettent alors à chercher d’autres voies d’approvisionnement par l’ouest et parviennent à contourner l'Afrique. Ainsi, Sešan parle de la découverte de l'Amérique comme d'un cadeau offert indirectement par les Byzantins aux Européens. Toutefois, là encore, cette idée doit être relativisée car le mouvement d’exploration maritime commence dès le début du xve siècle, à une époque où l’Empire ottoman est en crise après sa défaite face à Tamerlan, et ne représente donc pas une menace directe pour le commerce. En outre, les Grandes Découvertes sont à l’instigation des Portugais (avec Henri le Navigateur) qui ne sont pas directement concernés par la menace turque à la différence des Républiques italiennes qui entretiennent quant à elles de nombreux comptoirs au Levant. Si ces dernier


 

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MessagePosté le: Sam 6 Mai - 06:39 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

Le Grand Siège de Malte a été mené par les Ottomans en 1565 pour prendre possession de l'archipel et en chasser l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Malgré leur supériorité numérique, les Ottomans ne viennent pas à bout de la résistance des chevaliers et doivent lever leur siège après avoir essuyé de lourdes pertes. Cette victoire de l'Ordre assure sa présence à Malte et renforce durablement son prestige dans l'Europe chrétienne.
Cet épisode s'inscrit dans la lutte pour la domination de la Méditerranée entre les puissances chrétiennes, notamment l'Espagne, appuyées par les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et l'Empire ottoman. Les chevaliers sont installés depuis 1530 à Malte après avoir été chassés de Rhodes par les Turcs en 1522. Face aux activités de corsaires des chevaliers qui harcèlent les navires ottomans en Méditerranée et dans l'optique de s'assurer une base navale stratégique, Soliman le Magnifique décide d'envoyer son armée contre l'archipel.
Fin mai 1565, une importante force turque, sous les ordres du général Mustafa Pacha et de l'amiral Piyale Pacha, débarque à Malte et met le siège devant les positions chrétiennes. Les chevaliers de l'Ordre, appuyés de mercenaires italiens et espagnols, et par la milice maltaise, sont commandés par le grand maître de l'Ordre, Jean de Valette. Inférieurs en nombre, les défenseurs se réfugient dans les villes fortifiées de Birgu et de Senglea, dans l'attente d'un secours promis par le roi Philippe II d'Espagne. Les assaillants commencent leur siège par l'attaque du fort Saint-Elme qui commande l'accès à une rade permettant de mettre à l'abri les galères de la flotte ottomane. Les chevaliers parviennent néanmoins à tenir cette position durant un mois, faisant perdre un temps considérable et de nombreux hommes à l'armée turque. Au début du mois de juillet, le siège de Birgu et Senglea commence. Durant deux mois, malgré leur supériorité numérique et l'importance de leur artillerie, les Ottomans voient leurs attaques systématiquement repoussées, causant de nombreuses pertes parmi les assaillants. Début septembre, une armée de secours, menée par le vice-roi de Sicile, don García de Tolède, débarque à Malte et parvient à défaire l'armée turque, démoralisée par son échec et affaiblie par la maladie et le manque de nourriture.
La victoire des chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem a un retentissement considérable dans toute l'Europe chrétienne : elle leur confère un immense prestige et renforce leur rôle de défenseur de la religion chrétienne face à l'expansionnisme musulman. Les fonds collectés à la suite de cette victoire permettent de relever les défenses de Malte et d'assurer la présence durable de l'Ordre sur l'île. Une nouvelle ville est également édifiée, en vue de défendre la péninsule de Xiberras contre un retour éventuel des armées turques. D'abord appelée Citta' Umilissima, elle prend ensuite le nom de La Valette, en hommage au grand maître de l'Ordre vainqueur des Ottomans.
La défaite ottomane, au-delà des pertes humaines, n'a pas eu de conséquences militaires importantes. Il s'agit cependant d'un des rares échecs de l'armée de Soliman, privant les Turcs d'une position stratégique qui leur aurait permis de lancer de nombreux raids en Méditerranée occidentale.

 Chassés de Rhodes par les Turcs à la suite du siège de 1522, les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem recherchent un lieu de séjour fixe et indépendant leur permettant de continuer la guerre de course, dite corso, contre les Ottomans. Leur volonté d'indépendance vis-à-vis des puissances nationales (les membres de l'Ordre sont dispensés de prêter allégeance à leurs souverains respectifs) ne facilite pas leur recherche. Cependant, après la prise définitive d'Alger en 1529, l'empereur Charles Quint, inquiet de la montée de la puissance ottomane dans le bassin méditerranéen et soucieux de protéger Naples et la Sicile, qui font partie de ses possessions, leur offre de s'installer à Malte.
En effet, au début du xvie siècle, la Méditerranée occidentale est pacifiée par les Espagnols au cours de la Reconquista. Ces derniers ont mené les prises de nombreuses places en Afrique du Nord  : Mers el-Kébir (1505), Peñón de Vélez de la Gomera (1508), Oran (1509), Béjaïa (1510), Alger (1510) et Tripoli (1510). Néanmoins, dans les décennies qui suivent, la situation se dégrade. Les frères Arudj et Khayr ad-Din Barberousse installés à Djerba (1510) disputent Alger de 1516 à 1529 et infligent à l'Espagne ses premiers revers. Après avoir repris Alger, ils prêtent même hommage au sultan ottoman dont les possessions menacent dès lors directement les côtes espagnoles. Malte prend ainsi toute sa valeur dans la lutte pour le contrôle de la Méditerranée. De leur côté, pour les chevaliers, il est vital de retrouver un rôle actif et un établissement stable pour éviter que ses membres ne se dispersent et de manière à conserver leur légitimité de défenseurs de la chrétienté.
Après de nombreuses hésitations et tractations résultant d'une méfiance mutuelle entre l'Ordre, soucieux de sa souveraineté, et l'Empereur, qui se méfie de leur lien avec la France, Charles Quint se rend aux pressions du pape Clément VII. Il signe à Bologne, le 24 mars 1530, le diplôme concédant à l’Ordre « en fief perpétuel, noble et franc, les villes, châteaux et îles de Tripoli, Malte et Gozo avec tous leurs territoires et juridictions » en échange d'un faucon chasseur offert à chaque Toussaint au vice-roi de Sicile et l'engagement de ne pas prendre les armes contre l'Empereur. Les chevaliers finissent par accepter l'offre de l'Empereur, y compris la ville de Tripoli, prise par les Espagnols en 1510.
Le 26 octobre 1530, les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem avec, à leur tête, Villiers de L'Isle-Adam débarquent à Malte et prennent possession de l'île, à charge pour eux de défendre l'archipel, qui verrouille l'accès entre les parties occidentale et orientale de la Méditerranée et qui contrôle l'accès du sud de la péninsule italienne par l'Afrique du Nord.
Les chevaliers ne sont guère enchantés de leur installation sur cette île aride presque dépourvue d'arbres et de ressources. Ils délaissent la capitale, Mdina, située au centre des terres pour s'installer sur la côte nord, dans le port de Borgho, aujourd'hui Birgu, au centre de la vaste baie de Marsa, appelée aujourd'hui le « Grand Port » et défendue par le fort Saint-Ange. Ils commencent alors à élever des défense autour de Birgu, en même temps qu'ils continuent leur lutte contre les Ottomans en Méditerranée

En 1535, les chevaliers de l'Ordre participent à la prise de Tunis par Charles Quint6. Ils poursuivent leur guerre de course contre les navires ottomans, à laquelle répond un harcèlement similaire de la part de nombreux corsaires liés à l'empire ottoman, comme le célèbre Dragut. Ce type de guerre, spécifique à la Méditerranée, est l'activité de prédation maritime qui s’opère entre chrétiens et musulmans, du xvie siècle au xviiie siècle, activité située entre la course et la piraterie, sous prétexte de guerre sainte. Les prises réalisées alimentent les finances de l'Ordre et permettent les travaux menés à Malte en vue de sa protection. En 1550, les chevaliers incendient la ville de Mahdia, repaire des navires corsaires de Dragut. En représailles, ce dernier débarque à Malte en juillet 1551 et dévaste l'île. Birgu étant trop bien défendue, après un échec devant Mdina, Dragut et Sinan Pacha ravagent l'île de Gozo puis se dirigent alors vers Tripoli qui tombe le 14 août. Sous le commandement de Jean de Valette, capitaine général de la flotte en 1554 puis nouveau grand maître élu en 1557, les galères de l'Ordre harcèlent plus que jamais les navires musulmans. Si l'expédition pour reprendre Tripoli se solde par un échec retentissant devant Djerba en 1559, confirmant la supériorité de la marine turque, les forces chrétiennes réussissent néanmoins la prise de Peñón de Vélez de la Gomera en 1564. Cette même année, le capitaine Mathurin Romegas affronte et capture une caraque ottomane fortement armée et chargée d'une riche cargaison à destination de proches de Soliman. Ce dernier fait d'armes décide Soliman à lancer une expédition contre Malte pour en finir avec les corsaires de l'Ordre
Les activités navales des chevaliers ont commandé leur installation sur la côte nord de l'île de Malte. Là s'étendent deux grandes rades naturelles, celle de Marsamxett et celle de Marsa (aujourd'hui le Grand Port), séparées par une presqu'île rocheuse, la péninsule de Xiberras. Villiers de l'Isle-Adam, conscient de la situation privilégiée de la péninsule dominant les deux rades, envisage un temps d'y établir les activités de l'Ordre mais les fonds manquent pour une telle entreprise. Les chevaliers s'installent donc dans la bourgade existante de Birgu, sur une presqu'île de l'autre rive de la baie de Marsa, qu'ils s'attachent à fortifier. La péninsule de Birgu est déjà défendue à son extrémité par le château Saint-Ange qui est alors renforcé. Sous le gouvernement du Grand Maître Juan de Homedes, dans les années 1540, de nouveaux travaux sont entrepris : Birgu est renforcée de nouveaux bastions, le fort Saint-Michel est établi au sud de Birgu pour en interdire l'accès et enfin le fort Saint-Elme est édifié à l'extrémité de la péninsule de Xiberras pour interdire l'accès de la rade de Marsamxett. Claude de La Sengle, successeur de Homedes, développe et fortifie la péninsule située au sud de Birgu, renforçant notamment le fort Saint-Michel. En son honneur, la péninsule prend le nom de Senglea. Néanmoins, si les chevaliers de l'Ordre s'attellent à la protection de l'île dès leur arrivée, et encore plus, après le raid de Dragut sur l'archipel en 1551, ils continuent de penser à un retour à Rhodes et n'envisagent pas une installation à long terme à Malte

La prise par Romegas de la caraque armée par Kustir Aga, chef des eunuques noirs du sérail fait grand bruit à Constantinople et dans l'entourage du sultan, le poussant ainsi à intervenir pour débarrasser la Méditerranée des corsaires chrétiens. Soliman garde à l'esprit la situation stratégique de Malte, avec ses vastes ports bien abrités, au centre de la Méditerranée, dans l'optique d'une éventuelle conquête de la Sicile et du sud de l'Italie. La question est débattue pour la première fois lors d'un conseil militaire en octobre 1564. Les conseillers militaires soulignent néanmoins la difficulté d'une telle entreprise et notamment la différence entre Malte et Rhodes, prise à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1522. Située à proximité de la côte turque et riche en ressources agricoles, il était facile, à Rhodes, de pourvoir aux besoins d'une armée de siège, contrairement à Malte, aride et isolée. Conjuguée à l'impossibilité d'un ravitaillement extérieur du fait des tempêtes qui balayent la Méditerranée dès l'automne, cette situation impose de déplacer l'armée et de vaincre, ou d'être vaincu, en moins de six mois. Certains suggèrent alors d'autres objectifs comme La Goulette ou Peñón de Vélez de la Gomera, ou encore la Hongrie voire directement la Sicile. La situation géographique stratégique de Malte, comme avant-poste d'une potentielle poussée vers l'ouest, en fait néanmoins l'objectif privilégié de Soliman. Les généraux Mustapha Pacha, chef de l'armée, et Piyale Pacha, chef de la marine, approuvent finalement l'idée de leur souverain qui décide de lancer le siège de Malte au printemps de l'année suivante. Les préparatifs de cette expédition démarrent alors dans les arsenaux de Constantinople

Une fois la décision d'attaquer Malte prise au plus haut niveau de l'État, l'armée ottomane rassemble ses forces sous l'autorité de Mustapha Pacha et de l'amiral Piyale Pacha auxquels Soliman a confié le commandement bicéphale de l'expédition. Si Mustapha Pacha, déjà présent au siège de Rhodes, reçoit la direction de la campagne, Piyale, commandant en chef de la flotte, conserve la haute main sur l'ensemble des opérations navales. Durant tout l'hiver 1564-1565, les préparatifs se poursuivent tant pour le rassemblement des troupes qu'en ce qui concerne leur équipement. Informé de la faiblesse relative des défenses de l'île, et limité par la question de l'approvisionnement d'une armée trop nombreuse, Soliman décide de n'engager qu'environ 30 000 de ses soldats dans l'expédition (sans compter les esclaves, marins, galériens et surnuméraires affectés au ravitaillement). Il s'agit cependant là de l'élite de l'armée ottomane avec notamment 6 000 janissaires et 9 000 sipahis.
Pour compléter les effectifs de son armée, Soliman invite Dragut et ses corsaires, Hassan pacha d'Alger, et Uludj Ali, gouverneur d'Alexandrie à se joindre à l'expédition. Cette multiplicité de chefs, tous de grande valeur, comporte néanmoins un revers, celui de contribuer à l'éclatement du commandement de l'opération, ce qui complique les prises de décisions de l'état-major tout au long du siège. Pour transporter l'ensemble de l'armée et son approvisionnement, une armada d'environ 200 navires est apprêtée, formée essentiellement de galères. En plus des hommes, les navires emportent notamment 80 000 boulets, 15 000 quintaux de poudre à canon et 25 000 quintaux de poudre à destination des armes à feu des soldats (arquebuses, mousquets et autres). La flotte quitte Constantinople au début du mois d'avril 1565 à destination de Malte.
Des préparatifs d'une telle ampleur ne passent pas inaperçus pour les observateurs étrangers installés à Constantinople. La destination leur en reste néanmoins hypothétique. En janvier 1565, l'ambassadeur français à Constantinople rapporte cependant à Catherine de Médicis les rumeurs qui destinent la flotte à une attaque de Malte. Philippe II, quant à lui, en est informé par don Garcia de Tolède. Plus tôt, d'autres avis ont déjà alerté le grand maître La Valette du danger qui menace l'île et ce dernier a battu le rappel des membres de l'Ordre à travers l'Europe. Sur l'île, les fortifications sont renforcées, les fossés élargis et de larges quantités de poudre et de nourriture sont accumulées dans les caves du château Saint-Ange. Les chevaliers tirent également parti de la stérilité de Malte pour ne fournir aucune ressource aux assaillants : les récoltes sont soit moissonnées soit détruites, et les puits sont empoisonnés. Si le couvent de l'Ordre, installé à Birgu, est largement protégé par les eaux et le château Saint-Ange, les défenses situées du côté de la terre sont bien plus faibles et largement constituées de levées de terre. La situation est similaire à Senglea. La défense de Mdina est confiée à sa garnison de miliciens sous les ordres d'un chevalier portugais, dom Mesquita, le gros des forces étant concentré à Birgu et Senglea. La cavalerie est cantonnée à Mdina, en vue de lancer des raids sur l'arrière des armées  turques.
Les forces de l'Ordre comptent environ 600 chevaliers, 1 200 mercenaires italiens et espagnols, ainsi qu'environ 3 000 à 4 000 soldats de la milice maltaise. Des esclaves des galères et des résidents grecs de l'île portent les effectifs à environ 6 000 ou 9 000 hommes, dont moins de la moitié sont des professionnels.
Parallèlement à ces préparatifs sur place, La Valette est très actif au niveau diplomatique et il sollicite l'aide de nombreux monarques européens. Ceux-ci sont néanmoins globalement peu intéressés par la situation de Malte et de ses chevaliers : l'empereur Maximilien est déjà aux prises avec les Turcs aux portes de son empire, la France de Charles IX est déchirée par les guerres de religion et se sent peu concernée de ce qui se passe en Méditerranée et l'Angleterre d'Élisabeth Ire d'Angleterre a rompu avec le pape et la religion catholique, et confisqué les biens de l'Ordre. En Italie, la plupart des principautés sont sous dépendance espagnole et les États indépendants de Venise et de Gênes, dans le souci de préserver leurs intérêts commerciaux en Méditerranée, ne sont guère portés à prêter assistance à l'Ordre. Parmi les puissances susceptibles d'apporter une aide aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ne restent guère que le Saint-Siège et l'Espagne. Le Pape fait finalement parvenir une aide financière mais aucune des troupes demandées par l'Ordre. Seul Philippe II, dont les possessions de Sicile et les côtes seraient directement menacées en cas de chute de Malte, promet l'envoi de 25 000 hommes en renfort, à charge pour le vice-roi de Sicile, don García de Tolède, d'organiser les secours

Le vendredi 18 mai 1565, les galères turques arrivent en vue de l'île dont ils commencent à repérer les côtes. La Valette envoie immédiatement un message d'alerte annonçant le début du siège et demande son aide au vice-roi de Sicile. Le 18 au soir, après avoir fait le tour de l'île par le Sud, le gros de la flotte s'ancre dans la Għajn Tuffieħa à l'ouest. Le 19 mai, les premières galères entrent dans la baie de Marsaxlokk, au sud-est de Malte, où elles commencent à débarquer les troupes. Après quelques escarmouches entre les éclaireurs de l'armée turque et la cavalerie chrétienne commandée par le maréchal Copier, devant l'inégalité des forces en présence, la stratégie qui s'impose aux forces des chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem est de résister le plus longtemps possible dans leurs forteresses. Les dernières dispositions sont donc prises pour soutenir un siège de longue durée et la crique des galères est fermée du côté de la mer par une longue chaîne tendue entre le fort Saint-Ange et Senglea
Les galères turques débarquent environ 30 000 hommes à Malte. Ceux-ci se rendent rapidement maîtres de tout le sud de l'île. Ils établissent rapidement leur camp sur les hauteurs qui dominent la baie de Marsa et mettent aussitôt le siège devant Birgu. Dès le 21 mai, les Ottomans lancent un premier assaut contre le bastion tenu par les chevaliers de la langue de Castille, dit bastion de Castille, point désigné comme le plus faible des fortifications par les prisonniers chrétiens capturés lors des premiers jours, assaut qui se solde par un échec. Le 22 mai, le conseil de guerre turc se réunit pour décider de la stratégie à adopter, bien que Dragut ne soit pas encore arrivé. Deux positions s'affrontent. D'un côté, Mustapha Pacha, général des armées à terre, souhaite se rendre d'abord maître de l'ensemble de l'île et de Gozo et établir un blocus complet de Malte pour empêcher l'arrivée de tout renfort. De l'autre côté, Piyali, amiral de la flotte, souhaite d'abord fournir un abri sûr à ses navires, exposés aux vents dans la baie de Marsaxlokk. Il préconise de prendre en premier lieu le fort Saint-Elme qui commande à la fois l'entrée de la baie de Marsa et de la rade de Marsamxett, où les galères pourront s'abriter. La prise de Saint-Elme permettrait également de lancer des assauts sur Birgu depuis la mer35. Devant l'insistance de Piyali, le second parti l'emporte. Mustapha Pacha ordonne alors le transport de l'artillerie depuis la baie de Marsaxlokk sur les hauteurs de la colline de Xiberras pour bombarder le fort. Cette stratégie permet néanmoins aux chevaliers de continuer à renforcer les défenses de Birgu et Senglea dans l'attente de l'assaut principal

Le fort Saint-Elme est construit sur la colline de Xiberras, à l'extrémité mer de la péninsule qui sépare la baie de Marsa de la rade de Marsamxett. Sa garnison, en vue du siège, s'élève à 300 hommes, sous les ordres du bailli de Saint-Elme, Luigi Broglia. Informé de la stratégie turque, le grand maître fait renforcer la garnison de Saint-Elme, par environ 70 chevaliers et 200 enrôlés sous le commandement du chevalier Pierre de Massue-Vercoyran, dit « colonel Mas ». Il est renforcé, du côté de la terre, par un ravelin qui défend son entrée et, du côté de la mer, par un cavalier, emplacement surélevé servant de plate-forme pour les canons
Les Ottomans prennent place sur la péninsule de Xiberras sur laquelle se dressera plus tard la ville de La Valette. Le 24 mai, l'artillerie est en place et le siège de Saint-Elme commence. Au même moment, Jean de La Valette reçoit une réponse du vice-roi de Sicile qui lui demande du temps pour rassembler une armée de secours et refuse de lui envoyer des renforts de faible importance. Alors que les remparts se dégradent sous l'effet du bombardement continu des Ottomans, la garnison du fort est encore renforcée et les assiégés tentent quelques sorties pour freiner l'avancée des fantassins turcs. Durant les premiers jours du siège, les forces turques sont encore renforcées par les arrivées successives du gouverneur d'Alexandrie et du corsaire Dragut. Ce dernier désapprouve la stratégie adoptée en son absence de démarrer par l'attaque de Saint-Elme ; d'autant que les éléments de cavalerie réfugiés dans Mdina harcèlent constamment les forces turques à la recherche de vivres dans l'île. Néanmoins, l'affaire étant largement engagée, il se résout à poursuivre l'attaque de Saint-Elme. Il fait cependant installer de nouvelles batteries, notamment sur la pointe Sottile, située en face de Saint-Elme sur l'autre rive de la baie de Marsa où sera construit plus tard le fort Ricasoli, afin de couper les communications entre Birgu et Saint-Elme, de même que sur la pointe de Tigné, sur l'autre rive de la rade de Marsamxett

Le soir du 3 juin, les janissaires s'emparent par surprise du ravelin qui défend l'entrée de Saint-Elme et manquent de justesse de pénétrer dans le fort, arrêtés au dernier moment par l'abaissement de la herse. L'assaut sur le fort se poursuit néanmoins toute la nuit et la journée du lendemain. Les assiégés parviennent à repousser les assaillants turcs en leur infligeant de lourdes pertes, grâce notamment à leurs armes incendiaires, grenades, feux grégeois et « cercles de feu », cerceaux entourés d'une bourre inflammable lancés enflammés du haut des remparts et qui permettent de mettre le feu aux assaillants. Les renforts nocturnes assurent le renouvellement des troupes de défense de Saint-Elme, le passage de renforts de jour étant rendu impossible par l'installation de la batterie de la pointe Sottile.
Le 7 juin, les janissaires tentent un nouvel assaut des murailles du fort. À la suite de cet assaut, devant l'état de délabrement du fort soumis à un feu incessant et l'épuisement de ses défenseurs, les commandants du fort envoient une ambassade au grand-maître pour demander à l'évacuer et à le faire sauter. La Valette refuse et leur demande de tenir encore, dans l'espoir d'une arrivée rapide des renforts venus de Sicile. Un message reçu les jours précédents fixait la date du 20 juin pour l'arrivée potentielle des renforts. Le 8 juin, les assauts turcs se poursuivent et le désespoir de certains défenseurs est tel qu'une partie signe une pétition pour demander au grand-maître une évacuation immédiate. Ce dernier, furieux, envoie trois commissaires chargés d'évaluer l'état du fort. L'un d'eux, le chevalier napolitain Costantino Castriota, ne voit pas la situation si désespérée et se porte volontaire, avec une centaine d'hommes pour renforcer la garnison du fort le matin du 10 juin. Cet exemple ainsi qu'une lettre méprisante du grand-maître offrant à ceux qui le souhaitent de se réfugier à Birgu, décide l'ensemble des défenseurs à rester à Saint-Elme.
Le 10 juin, deux galères de l'Ordre, amenant de Syracuse quelques renforts, notamment les chevaliers qui n'avaient pu rejoindre Malte avant le début du siège, tentent de gagner Birgu. Elles en sont empêchées par le blocus de la flotte turque. Dans la crainte de l'arrivée de renforts plus importants, Dragut et Piali décident de renforcer la surveillance des côtes par une centaine de navires. La cavalerie du maréchal Copier ayant détruit la batterie de la pointe Sottile, Dragut décide de la rétablir et de la renforcer pour empêcher définitivement les communications entre Birgu et Saint-Elme. Il envoie un important corps de troupe pour s'y installer pendant qu'une nouvelle canonnade pilonne le fort. Convaincu de l'épuisement des défenseurs de Saint-Elme et excédé par la résistance du fort qui tient toujours depuis le début du siège, Mustapha décide de lancer dans la nuit du 10 au 11 un nouvel assaut qu'il espère final, mené par Aga, le chef des janissaires. À l'aube, l'assaut est finalement repoussé et les assaillants se replient. Assauts et bombardements se poursuivent au cours des journées suivantes. Le 15 juin, Mustapha propose aux assiégés de se rendre en échange de la vie sauve, proposition refusée par les défenseurs du fort. Le 16 juin, les galères ottomanes se joignent au pilonnage du fort, ajoutant aux batteries de terre, le feu des leurs canons, disposés depuis la mer. Ce bombardement est suivi d'un nouvel assaut qui se solde par un échec et une retraite ordonnée à la tombée de la nuit
Le 17 juin, les officiers turcs tiennent un nouveau conseil de guerre. Ils décident de prendre de nouvelles mesures pour neutraliser la batterie sud de Saint-Elme, qui cause de nombreuses pertes parmi leurs troupes à chaque assaut, et pour empêcher définitivement le passage de renforts de nuit vers Saint-Elme. Pour cela, une nouvelle batterie d'artillerie est élevée sur la péninsule de Kalkara, face à Saint-Elme, et une muraille de pierre et de terre est élevée face au château Saint-Ange, pour mettre à l'abri les arquebusiers turcs qui peuvent alors tirer sur les chaloupes de transport de troupes. Au cours des préparatifs de mise en œuvre de ces dispositions, Dragut est mortellement atteint par un éclat d'obus le 18 juin. Les dispositions prises rendent néanmoins rapidement impossible tout nouveau renforcement de la garnison, de même que son éventuelle évacuation.
Les troupes ottomanes continuent en parallèle à se rapprocher du fort. Le 21 juin, les janissaires, appuyés par la batterie située à l'extrémité de la pointe de Tigné, parviennent à s'emparer du cavalier du fort et peuvent maintenant maintenir l'arrière du fort sous le feu de leurs arquebusiers. Le 22 juin a lieu un nouvel assaut, meurtrier pour les deux parties, sans que les Ottomans ne parviennent à investir le fort. Le grand-maître tente de faire parvenir des renforts à Saint-Elme, sans succès. Le cavalier aux mains des Ottomans, leurs galères peuvent enfin franchir l'entrée de la rade de Marsamxett, objectif initial pour la prise du fort Saint-Elme. Le matin du 23 juin, veille de la Saint-Jean, fête patronale de l'Ordre, l'armée turque lance un dernier assaut sur le fort. Les défenseurs ne sont plus qu'une poignée qui résiste encore quelques heures avant de voir le fort investi par les troupes ottomanes. Un chevalier de la langue d'Italie allume sur la muraille le signal indiquant la fin du fort. Du côté des assiégés, plus de 1 500 hommes dont environ 120 chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem sont morts pour sa défense. Ce fort, que les ingénieurs militaires turcs avaient annoncé pouvoir prendre en quelques jours de siège a tenu près de cinq semaines et coûté plus de 8 000 hommes et 18 000 salves de canons à une des armées les plus aguerries de son époque. Mustapha, à la tête de son état-major peut enfin pénétrer dans Saint-Elme

Après la chute de Saint-Elme, Mustapha fait décapiter et mutiler les cadavres des chevaliers qu'il fait jeter à la mer. Pour les chefs du fort, il fait placer leurs têtes sur des piques tournées vers Birgu. Devant les cadavres mutilés de chevaliers qui s'échouent à Birgu amenés par la marée, La Valette fait décapiter tous les prisonniers turcs capturés par le maréchal Copier, et envoyer leurs têtes dans les lignes ennemies en guise de boulets de canon. Chaque camp réaffirme ainsi sa détermination dans l'engagement qui s'annonce. Les deux parties prennent alors leurs dispositions pour la suite des opérations.
Du côté des Turcs, Mustapha fait déplacer les canons des collines de la péninsule de Xiberras vers les hauteurs de Corradino et du mont Sainte-Marguerite, qui entourent les péninsules de Birgu et Senglea. Les Ottomans renforcent leurs positions en créant des tranchées et en élevant des murs pour prévenir les sorties des assiégés. À la fin du mois de juin, 112 pièces d'artillerie dont 64 de gros calibre sont prêtes à bombarder les deux péninsules tenues par les chevaliers. De son côté, La Valette a fait renforcer les garnisons de Birgu et Senglea par cinq compagnies amenées de Mdina. Les vivres sont encore abondants dans les positions assiégées et celles-ci bénéficient en outre d'une source naturelle jaillissant dans Birgu même. Dans un discours à ses troupes, le grand-maître insiste sur la pénurie de provisions et de munitions chez les assaillants, touchés en outre par la maladie du fait de l'empoisonnement des sources de l'île.
Durant tout le siège de Saint-Elme, le vice-roi de Sicile, don Garcia de Tolède, hésite à engager ses troupes pour la défense de Malte. L'attaque de Malte pouvant n'être qu'un préliminaire à une invasion future du sud de l'Italie, il craint d'affaiblir la Sicile en envoyant des troupes, potentiellement en pure perte pour la sauvegarde hypothétique de Malte. De même, il craint de devoir répondre devant Philippe II d'Espagne de la perte de galères espagnoles dans une confrontation avec l'armada turque. Par prudence, il cherche donc à retarder l'engagement de ses troupes en fonction de l'évolution de la situation à Malte. Philippe II lui avait par ailleurs formellement ordonné de ne pas engager témérairement ses armées. Sur l'insistance du grand-maître et poussé par les chevaliers de l'Ordre qui n'avaient pu rejoindre l'île avant le début des combats, don Garcia se résout à laisser partir quatre galères à la fin du mois de juin, avec à leur bord environ 700 hommes dont 42 chevaliers et un détachement de 600 fantassins de l'infanterie espagnole commandé par le chevalier Melchior de Robles. Le commandement de la flotte est confié à Juan de Cardona. La troupe débarque sur l'île durant la nuit du 29 juin et parvient, par des routes détournées, à contourner les lignes ennemies et à rejoindre Birgu par la crique de Kalkara. Le piccolo soccorso (« le petit renfort ») arrive à point pour renforcer les défenses de Birgu et le moral des assiégés.
Le lendemain, 30 juin, Mustapha décide de proposer à La Valette une reddition, avec la vie sauve et le passage vers la Sicile en échange de l'abandon de Malte. Son offre est refusée par le grand maître.
Mustapha ordonne alors de transporter, par la terre, des galères de la rade de Marsamxett à celle de Marsa, évitant ainsi les canons du château Saint-Ange. Cette manœuvre lui permet d'attaquer Senglea à la fois par la mer et par la terre en concentrant ses attaques sur le fort Saint-Michel, supposé le plus faible après Saint-Elme. Une fois Senglea tombée, les forces ottomanes peuvent alors attaquer Birgu et Saint-Ange sur tous les fronts. Mis au courant de ces intentions par un officier déserteur de l'armée turque64, La Valette répond en faisant construire un barrage côtier à l'aide de pieux enfoncés dans la mer, reliés par une chaîne de fer, et édifier un ponton entre Birgu et Senglea pour faciliter la communication entre les deux positions

Le 5 juillet, les canons de l'armée ottomane ouvrent le feu sur l'ensemble des positions chrétiennes, qu'ils encerclent de toutes parts. Au même moment, afin de préparer l'attaque des galères par la mer, les meilleurs nageurs de l'armée turque sont envoyés avec des haches pour tenter de briser le barrage construit par les défenseurs le long des côtes de Senglea. Ils sont repoussés par des Maltais armés de couteaux qui combattent dans l'eau65. Le lendemain, les Turcs tentent à nouveau de détruire la palissade à l'aide de cabestans et de câbles manœuvrés depuis la rive qu'ils contrôlent ; mais cette tentative échoue également.
Entre temps, Hassan Pacha, le bey d'Alger, arrive en renfort de l'armée ottomane avec environ 2 500 de ses hommes. Les nouveaux arrivants raillent l'armée turque pour être restée si longtemps en échec devant Saint-Elme. Mustapha leur permet de mener l'assaut suivant, prévu pour le 15 juillet, qui vise à enlever Senglea68. La stratégie adoptée ce jour-là est celle d'une double attaque sur cette presqu'île : par la terre contre le fort Saint-Michel et par la mer, grâce aux galères amenées depuis la rade de Marsamxett, contre la côte sud de Senglea. Hassan conduit les forces terrestres tandis que son lieutenant, Candelissa, mène l'assaut maritime. Du côté de Saint-Michel, l'attaque se heurte à la résistance des hommes du chevalier de Robles, le chef du piccolo soccorso. Pendant ce temps, du côté de la mer, les assaillants ont réussi à prendre pied sur le rivage. L'explosion subite d'un magasin de poudre situé près du bastion de la pointe de Senglea met à bas une partie des remparts et ouvre une brèche à l'attaque ottomane. Proches d'investir la place, les Turcs sont finalement repoussés grâce à l'arrivée de renforts accourus depuis Birgu par le ponton établi précédemment. Surveillant l'attaque, Mustapha décide alors d'ouvrir un troisième front en effectuant un nouveau débarquement sur la pointe de Senglea, côté nord, pour prendre à revers les défenseurs. À cet effet, un corps de 1 000 janissaires est préparé sur dix barques, prêt à intervenir. Les embarcations sont cependant anéanties avant d'avoir pu débarquer par une batterie dissimulée à fleur d'eau sous le château Saint-Ange. Un seul des dix navires parvient à regagner la côte, les neuf autres sombrent dans la baie de Marsa69. L'attaque se poursuit donc sur les deux premiers fronts durant près de cinq heures, jusqu'à ce que Hassan, constatant l'étendue de ses pertes, près de 3 000 hommes, se résigne à sonner la retraite
Échaudé par cet échec, Mustapha s'en remet à une stratégie moins couteuse en hommes que ce grand assaut frontal. Il décide de bombarder de façon continue les deux presqu'îles. Une fois les brèches ouvertes dans les remparts, les Turcs pourront donner l'assaut. Mustapha compte également sur la fatigue des défenseurs et sur l'épuisement de leurs provisions. Les forces ottomanes réalisent en même temps le blocus complet des deux presqu'îles : la flotte de Piyali qui croise au large empêche tout débarquement de renforts tandis que les forces terrestres et l'établissement de batteries complètent l'encerclement des chevaliers dans leurs retranchements.
Durant cette période, en l'absence de renforts venus de l'extérieur, le seul secours qui parvient aux assiégés est la nouvelle d'une indulgence plénière accordée par le pape à tous ceux qui seraient amenés à donner leur vie pour la défense de Malte. La Valette se sert notamment de cet éléments pour stimuler la volonté de résistance de la population civile maltaise.
Au matin du 2 août, la canonnade redouble d'intensité, elle est entendue jusqu'en Sicile à Syracuse et à Catane, prélude à un assaut turc ce même jour sur une brèche ouverte dans le fort Saint-Michel. Après cinq attaques repoussées en six heures, les Ottomans abandonnent les combats en début d'après-midi pour reprendre leur bombardement.
Le 7 août, Mustapha décide d'un nouvel assaut général, combiné sur Birgu et Senglea. Pendant que Piyali, à la tête de 3 000 hommes mène l'attaque sur Birgu et le bastion de Castille, Mustapha lui-même conduit 8 000 hommes contre le Senglea et le fort Saint-Michel. L'assaut sur Birgu est repoussé avec peine par les défenseurs. À l'inverse, les troupes de Mustapha parviennent, à travers plusieurs brèches ouvertes dans le fort Saint-Michel, à investir ce bastion et menacent directement Senglea. Les combats se poursuivent avec acharnement, la population civile participant également aux combats de défense de la cité, et les assaillants sont contenus avec peine. Attaquées chacune séparément, les deux presqu'îles ne peuvent se porter assistance. Mustapha lui-même mène l'assaut au milieu de ses troupes. Alors que la situation semble critique pour les défenseurs, la retraite est subitement ordonnée par Mustapha, averti de l'attaque du camp de Marsa par une force chrétienne. Craignant l'arrivée d'une armée de secours, Mustapha ramène toutes ses troupes pour défendre le camp, qu'il trouve dévasté mais sans traces d'aucune armée. De fait, le camp a subi l'attaque, à l'initiative de dom Mesquita, gouverneur de Mdina, du détachement de cavalerie réfugié dans la capitale de l'île. Les hommes de Mesquita, trouvant le camp peu défendu, y ont opéré un raid rapide, massacrant les blessés et les chevaux, incendiant les tentes et détruisant les provisions. Furieux de l'affront causé par une petite troupe d'hommes à cheval, tout autant que de l'occasion ratée sur Senglea, Mustapha jure de ne faire aucun quartier une fois l'île prise. Il renonce cependant à partir à l'assaut le jour même, conscient de la fatigue de ses hommes

Pendant les jours qui suivent, Mustapha décide de mettre en œuvre la sape des remparts pour aider l'artillerie dans son entreprise de démolition. Cette technique, impossible à mettre en place à Saint-Elme qui est construit sur du rocher, est bien plus adaptée aux remparts de Birgu, élevés sur de la terre. Les équipes de sapeurs turcs et égyptiens creusent des tunnels en vue de miner le rempart principal du bastion de Castille. Parallèlement, Mustapha fait construire une tour de siège qui va permettre, à l'aide d'un pont-levis surélevé, de déverser des assaillants par-dessus les murailles. Son nouveau plan d'attaque est le suivant : après avoir lancé une grande attaque sur le fort Saint-Michel, une fois que les défenseurs de Birgu auraient passé le ponton pour porter secours à Saint-Michel, les Ottomans feraient sauter la mine située sous le bastion de Castille. La brèche ainsi ouverte permettrait aux soldats de Piyali de mener un nouvel assaut sur le bastion aux défenses affaiblies et délaissé par une partie de ses défenseurs, pendant qu'en même temps la tour de siège mènerait l'attaque sur une autre partie des remparts de Birgu. Le 18 août, les équipes de sapeurs annoncent que la mine est en place et qu'elle va permettre de faire écrouler le rempart.
Entre temps, le regroupement de l'armée de secours s'opère et, vers la mi-août, don Garcia fait parvenir un message à La Valette promettant son arrivée à la tête d'une armée de 12 000 hommes, accompagnée de 4 000 soldats venus d'Italie. Les renforts sont promis pour la fin du mois d'août. La Valette, lui, ne croit plus aux promesses du vice-roi de Sicile et se résout à ne compter que sur ses propres forces.
Du côté des assaillants, le contingent des troupes d'élite est sérieusement diminué par les pertes subies depuis le début du siège. Les survivants, moins expérimentés, regimbent de plus en plus fréquemment à monter à l'attaque.
Au matin du 18 août, Mustapha fait avancer ses troupes sur Senglea et le fort Saint-Michel. Malgré l'intensité de l'assaut sur Senglea, La Valette refuse de dégarnir les défenses de Birgu, où le travail de sape des Turcs est repéré, bien que son état d'avancement soit encore inconnu. Mustapha décide néanmoins de mettre son plan à exécution et ordonne la mise à feu de la mine située sous le rempart du bastion de Castille. Son explosion met à bas un pan de la muraille, brèche dans laquelle s'engouffrent les troupes de l'amiral Piyali. Face au désarroi de ses troupes, La Valette prend alors lui-même les armes et décide de participer à la défense de Birgu. Après avoir battu en retraite, les Turcs reprennent l'assaut à la nuit tombée, sans parvenir à investir définitivement le bastion de Castille. L'assaut a néanmoins causé de lourdes pertes chez les défenseurs et les fortifications de Birgu sont sérieusement affaiblies.
Toute la journée du 19 août, les Ottomans reprennent l'attaque pour s'emparer du fort Saint-Michel et du bastion de Castille. La tour de siège est également avancée. Une sortie pour la détruire se solde par un échec et la mort du neveu de La Valette, qui conduit l'attaque. Les défenseurs parviennent finalement à la mettre à bas par le tir de deux boulets reliés par une chaîne qui sectionne une partie de la base de la tour. Pendant ce temps, Mustapha tente également d'utiliser une sorte de bombe remplie de clous et autres projectiles pour décimer les défenseurs mais ces derniers parviennent à rejeter la bombe de l'autre côté des remparts avant son explosion. Durant cette journée, alors qu'il participe toujours aux combats, La Valette est blessé à la jambe par l'explosion d'une grenade. Le 20 août, les combats continuent, tant contre Birgu que contre Senglea, sans que les forces ottomanes ne parviennent à forcer la décision

Devant le blocage de la situation, Mustapha commence à envisager la possibilité de passer l'hiver sur l'île. Passée la mi-septembre, l'armée n'aurait plus la possibilité de se retirer, la Méditerranée étant trop dangereuse pour la navigation des galères dès l'automne. L'amiral Piyali refuse catégoriquement cette éventualité, car il ne juge pas la rade de Marsamxxet, trop exposée aux vents d'hiver et insuffisamment équipée pour l'entretien des navires, comme un abri sûr pour la flotte turque. Les échecs répétés devant Birgu et Senglea, conjugués à la dysenterie qui sévit dans leurs rangs, entament de plus le moral des troupes ottomanes. Du côté des défenseurs, après un nouvel assaut subi dans la journée du 23 août et devant l'état de délabrement des défenses, le Conseil de l'Ordre propose à La Valette de se retirer dans le fort Saint-Ange, le seul qui soit encore intact. La Valette ne cède pas. Saint-Ange étant trop petit pour abriter tous les défenseurs et les provisions nécessaires, le grand maître refuse d'abandonner les Maltais et Maltaises qui participent activement à la défense de l'île depuis le début du siège. Plus pragmatiquement, il est parfaitement conscient que sous le feu concentré d'un ennemi maître de Birgu et Senglea, Saint-Ange ne pourrait résister longtemps. Les assiégés, tant qu'ils parviennent à tenir Birgu et Senglea, obligent leurs assiégeants à disperser leurs forces, réduisant par là même l'efficacité de leurs bombardements et de leurs attaques
À la fin du mois d'août, l'armée turque commence à manquer de poudre, et certains canons deviennent inutilisables après plusieurs semaines d'utilisation intensive. Parallèlement, les vaisseaux chargés du ravitaillement depuis la Tunisie sont attaqués par les corsaires chrétiens et les vivres commencent à se faire rares. Face à cette situation fâcheuse, Mustapha envisage de se tourner vers Mdina, qui semble être un objectif facile, pour faire main basse sur les provisions de la ville et tirer le bénéfice d'un succès contre la capitale de l'île. La cité fortifiée de Mdina, située sur un promontoire rocheux, n'est défendue que par une faible garnison. Dom Mesquita, gouverneur de la place, décide de faire habiller et armer les nombreux paysans réfugiés dans la ville, et les poste sur les remparts pour faire croire à l'existence d'une garnison importante. Les soldats turcs, échaudés par la résistance de Saint-Elme, renoncent à prendre une place qui semble finalement bien défendue.
Le siège de Birgu et Senglea se poursuit notamment sous la forme d'une guerre de mines entre défenseurs et assaillants91. Les Ottomans lancent néanmoins régulièrement des attaques contre le bastion de Castille et le fort Saint-Michel.

Pendant ce temps, à Messine, à la demande de Philippe II, don Garcia regroupe ses forces qui comprennent les fantassins du royaume de Naples. Le 25 août, le vice-roi prend la tête de l'armée de secours, dont les effectifs se montent à 8 000 hommes, et se dirige vers l'île de Linosa, à l'ouest de Malte, point de rencontre convenu entre les défenseurs et l'armée de secours. Après avoir essuyé une tempête, les 28 galères de don Garcia sont contraintes de faire relâche pendant quelques jours sur la côte ouest de la Sicile pour réparation. Le 4 septembre, la flotte reprend la mer et rejoint Linosa, avant de mettre les voiles sur Malte. Le dernier message envoyé par La Valette informe le vice-roi que les Turcs tiennent Marsaxlokk et Marsamxett et indique les baies de Mellieħa ou de Mġarr pour un débarquement. Éparpillée par un coup de vent, la flotte n'arrive en vue de Gozo que le 6 septembre, sans avoir croisé la flotte turque également chassée par les vents. Le 7 septembre au matin, l'armée débarque sur la plage de Mellieħa. Don Garcia repart en Sicile avec les galères et la promesse de revenir sous une semaine avec de nouveaux renforts. Il laisse le commandement de l'armée à Ascanio de la Corna. En quittant l'île, la flotte chrétienne passe devant la baie de Marsa et salue la garnison de Saint-Ange, annonçant l'arrivée de l'armée de secours
Surestimant l'importance de l'armée chrétienne, Mustapha ordonne la levée du siège et le rembarquement des hommes. Le 8 septembre au matin, les hauteurs surplombant Birgu et Senglea sont désertes. Néanmoins, après avoir reçu les rapports de ses éclaireurs, il prend conscience de sa précipitation à lever le camp. L'armée de secours ne s'élève qu'à environ 6 000 hommes, principalement des tercios espagnols, loin des 16 000 annoncés initialement. Un conseil de guerre turc décide le débarquement immédiat des troupes pour prendre l'initiative du combat face aux forces chrétiennes récemment débarquées.
Le 7 septembre au soir, La Corna, qui progresse avec prudence et ignore le rembarquement des Turcs, a établi son camp sur les hauteurs non loin du village de Naxxar.
Le lendemain, le 8 septembre, des messagers de La Valette l'informent que l'armée turque, forte de 9 000 hommes a débarqué et se dirige vers lui pour un affrontement. Postés sur les hauteurs, les hommes de La Corna chargent les Ottomans qui arrivent à leur rencontre. Affaiblis par le long mois de siège et démoralisés par leurs échecs, les soldats turcs subissent une déroute et ne parviennent qu'à grand'peine à rejoindre la baie de Saint-Paul où les attendent les galères de l'amiral Piyali. À la tête de ses hommes, Mustapha manque d'être fait prisonnier. Le soir du 8 septembre, au terme d'un dernier affrontement lors du rembarquement de l'armée turque, l'ensemble de la flotte ottomane se regroupe au large de la baie de Saint-Paul et reprend la direction de Constantinople, abandonnant définitivement le siège de l'île

 La défaite ottomane, au-delà des pertes humaines, n'a pas de conséquences militaires importantes. Il s'agit cependant là d'un des rares échecs militaires de Soliman. Faisant suite à de nombreuses défaites chrétiennes, comme la bataille de Djerba, cet échec prive cependant les Turcs d'une base à la position stratégique qui leur aurait permis de lancer de nombreux raids en Méditerranée occidentale.
Pour l'ordre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, la victoire sur les Ottomans lui confère un prestige immense dans la chrétienté et renforce son rôle de défenseur de la religion chrétienne face à l'expansionnisme musulman. Une ordonnance du grand-maître Jean de la Valette prescrit de célébrer avec une solennité particulière la fête de la Nativité de la Vierge (8 septembre) dans toutes les églises dépendant de l'Ordre, en action de grâces pour la victoire remportée sur les Turcs. Les fonds collectés à la suite de cette victoire permettent de relever les défenses de l'île qui ne sera jamais plus inquiétée par les envahisseurs turcs. Malgré quelques alertes au cours du xviie siècle, l'île n'est plus jamais attaquée, tandis que, au contraire, l'Ordre continue son activité de harcèlement contre les navires ottomans en Méditerranée.
Non décisive militairement, le retentissement considérable de cette victoire permet d'imposer durablement l'existence de l'Ordre aux puissances européennes
Des deux côtés, le bilan humain est très lourd. Du côté turc, environ 30 000 hommes ont perdu la vie sur l'île. Seuls 10 000 survivants parviennent à rejoindre Constantinople. Du côté chrétien, à la fin du siège, La Valette ne dispose plus que de 600 hommes valides : 250 chevaliers sont morts, de même que 2 500 mercenaires et plus de 7 000 Maltais.
Après le départ des Turcs, l'île est dévastée : de nombreux villages sont brûlés, la campagne pillée, les fortifications mises à bas et les villes de Birgu et Senglea en ruines. Les réserves d'eau et de nourriture sont épuisées et les caisses de l'ordre vides, notamment après la distribution de récompenses aux mercenaires venus au secours de l'île

Lors de l'installation des chevaliers à Malte, la population locale, et notamment la noblesse, ne fait pas preuve d'un grand enthousiasme à leur égard. Les gentilshommes maltais se retirent majoritairement dans leurs palais de la cité de Mdina, se cantonnant à une relative indifférence vis-à-vis de ces chevaliers, dont l'arrivée leur est imposée par Charles Quint5. Depuis la conquête de Malte par les Normands au xie siècle et la fin de la domination Aghlabides, l'île est régulièrement sujette aux attaques de corsaires musulmans. Dans les décennies qui précèdent le siège, Dragut effectue notamment plusieurs raids sur Malte, laissant l'île dévastée. À l'annonce de l'arrivée d'une armée turque, les Maltais, de confession majoritairement catholique, se rangent ainsi du côté des chevaliers. 3 000 à 4 000 Maltais se portent volontaires pour défendre Birgu et Sengle. Non professionnels, ces hommes se révèlent néanmoins d'une aide décisive pour les chevaliers et les mercenaires. Ils se mettent d'ailleurs particulièrement en évidence en se battant au couteau lors des spectaculaires combats dans l'eau contre les soldats turcs venus tenter de démonter le barrage maritime. Les Maltais, par leur connaissance des eaux de l'archipel et de la topographie de l'île, s'avèrent également indispensables pour la communication entre les différentes positions chrétiennes, comme entre Birgu et Mdina, ou même avec la Sicile, avec qui les communications ne seront jamais coupées durant toute la durée du siège. Certains maltais s'illustrent comme espion et messager, notamment le fameux Toni Bajada qui deviendra une légende populaire maltaise encore vivace aujourd'hui. Tentant de créer des dissensions au sein des défenseurs, Mustapha propose, au cours du siège, aux Maltais de rendre les armes en échange d'un traitement équitable. Il compte pour cela sur la lassitude de la population civile et sur son inimitié pour les chevaliers, rapportée par ses espions. Il présume également d'une affinité de la population envers les Ottomans, du fait de la longue domination arabe sur l'île entre les ixe siècle et xie siècle ; le Maltais est par ailleurs un dialecte arabe. Son offre est ignorée par les autochtones, profondément attachés à la foi chrétienne. Aucun ne passe d'ailleurs à l'ennemi durant le siège de Birgu et Senglea. Enfin, en plus des volontaires qui combattent tous les jours aux côtés des chevaliers, l'ensemble de la population civile, femmes et enfants inclus, participe également à la défense des fortifications, en apportant des munitions aux soldats ou même en jetant projectiles, eau bouillante ou poix fondue sur les assaillants. Les femmes contribuent également aux soins des blessés. La contribution de la population locale est décisive dans la défense de l'île et La Valette, reconnaissant sa valeur, refuse de l'abandonner pour se réfugier dans le château Saint-Ange. À la fin du siège, les paysans retrouvent néanmoins leurs terres dévastées comme jamais au cours des précédents raids des corsaires




  

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MessagePosté le: Dim 7 Mai - 05:52 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

La guerre de Chypre, également désignée comme la quatrième guerre vénéto-ottomane est une guerre qui a opposé de 1570 à 1573 l'Empire ottoman à la République de Venise appuyée par la Sainte-Ligue
Le contexte de cette fin du xvie siècle est complexe.
Le nouveau Calife Selim II désire se forger une image de conquérant digne de celle de son père Soliman Ier le Magnifique. Après avoir conclu un traité de paix avec le Saint Empire en 1568 et noué des relations amicales avec le Chah de Perse (Tahmasp Ier) il se tourne vers la Méditerranée. L'île de Chypre est un royaume sous contrôle de la République de Venise mais sous tutelle de la Sublime Porte (Venise paye un tribut annuel pour occuper cette « colonie »). Les population grecques des îles de Chypre et de Crète et la Morée sont orthodoxes. Elles sont facilement manipulables par les parties en guerre pour se révolter afin de se libérer du joug de leur maîtres respectifs (Venise dans les îles, le Turc en Grèce).
La volonté de combat du pape Pie V, pour contrer l'avancée des Ottomans, s'oppose aux désirs de paix des commerçants de Venise. Les revers de 1570 font craindre au Vatican une paix négociée et précipitée avant la campagne de 1571. Afin de conserver Venise dans son camp, il encourage les négociations en vue de la formation de Sainte-Ligue. Le royaume d'Espagne possède La Goulette (une position isolée en Tunisie). La lutte entre corsaires ottomans et navires espagnols est régulière en Méditerranée occidentale.
Le camp chrétien n'est pas vraiment unifié. Les républiques de Gênes et de Venise sont rivales de longue date pour contrôler le commerce méditerranéen. Les dépendances espagnoles en Italie (Naples et Milan) encerclent les États pontificaux et ingèrent les Habsbourg d'Espagne interviennent dans la politique intérieure de la péninsule. La France alliée à la Sublime Porte, est neutralisée par les guerres de religion. Par solidarité religieuse elle partage quelques informations diplomatiques avec la Sainte-Ligue.
Même si les territoires de la République de Venise et ceux de l'Empire ottoman sont voisins le long de l'Adriatique, les combats entre ces pays ont toujours été le fait de projections de forces via la mer. De même, le Royaume d'Espagne (ses annexes de Naples et de Sicile et Gênes son allié) est une entité composite dépendant de la mer pour regrouper ses forces. Les campagnes navales sont donc annuelles (les hivers étant consacrés à la préparation et l'entretien des flottes de combat).
Pourtant engagé dès le début de l'année 1569, l'armement de la flotte turque n'est vraiment connu de Venise qu'à partir de l'été grâce aux courriers de l'ambassadeur de la République à Constantinople Marcantonio Barbaro (son frère Daniel est nommé à Londres).
Néanmoins, les buts de guerre turcs ne sont pas facilement identifiables (la Porte n'est pas menaçante, le commerce avec elle est toujours florissant) et le grand vizir Mehemet pacha se montre très rassurant. Comme l'Espagne lutte intensivement contre les corsaires barbaresques en Afrique du nord, il semble que La Goulette, Malte ou la Sicile pourraient être la cible des Ottomans. Aussi la menace ne semble pas vraiment présente pour la Sérénissime jusqu'à ce que Marcantonio Barbaro rapporte que des palandières sont en construction et que des mises en garde françaises lui ont été adressées par le biais de son homologue (Monsieur de Grandchamps). Or ces navires (destinés au transport de chevaux) ne peuvent pas naviguer sur les longs trajets en mer. C'est donc bien Chypre qui serait visée.
Le déclenchement du recrutement des chiourmes turques par conscription (durant l’hiver) confirme que la flotte turque sortirait en campagne dès le printemps 1570.
De mauvais signaux parviennent à Venise après que deux navires de marchandises appareillant pour Venise (le 21 janvier) ont été mis sous séquestre à Constantinople. D'autres interviennent depuis la Dalmatie où les sandjaks locaux déplacent les populations loin de la côte et capturent les commerçants vénitiens.
Le chaouch Kouba envoyé de la Porte débarque le 28 mars à Venise et adresse au Doge Loredan une lettre du Sultan. C'est un ultimatum : prétextant des abus commerciaux de la part de Venise et dénonçant l’agissement de corsaires chrétiens depuis l’île de Chypre (ou ils s’approvisionnent en eau) cette lettre exige la renonciation de Chypre par Venise.

L'armement de la flotte vénitienne semble pouvoir être mené avec rapidité grâce aux coques de galères stockées démontées à l'arsenal. Mais les candidats pour l’enrôlement des chiourmes ne se présentent pas en nombre suffisant pour l'armada envisagée. Et le recrutement des gens d'armes demande des délais important. De plus, la préparation des biscuits de mer est pénalisée par les mauvaises récoltes de l'année précédente.
Pendant que la flotte vénitienne se prépare sous le commandement de Girolamo Zane, la diplomatie vaticane s'active et le nonce Antonio Facchinetti est envoyé auprès du Roi Très Catholique Philippe II. Or le Roi d'Espagne adresse des ordres ambigus à Giovanni Andrea Doria (neveu du grand Andrea Doria) qui reste basé en Sicile à Messine pour monter la garde devant Malte et La Goulette au lieu de se joindre à Zane. Le Pape manifeste aussi son intention de se joindre à Venise en armant lui-même quelques galères. Il demande à Venise de lui fournir quelques coques et des hommes d'équipage et s'engage à prendre en charge la chiourme et les hommes d'armes. Or les aspects pratiques liés à l'accastillage d'une flotte sont ignorés du Vatican. Cela crée de nombreuses incompréhensions entre les deux puissances italiennes. Marcantonio Colonna (capitaine de sa Sainteté) doit alors s'activer pour parvenir à mettre sa flotte en ordre de marche avant de pouvoir rejoindre Zane à l'île fortifiée de Corfou.
Pendant ce temps, la flotte turque sous le commandement du Kapudan pacha Ali Pacha Moezzin (accompagné du troisième vizir Piali pacha) prend la mer et se dirige directement vers Chypre pour escorter les bateaux de débarquement depuis la Syrie. L'armée de Lala Mustafa Pacha (cinquième vizir de Sélim II) débarque et installe un camp provisoire à titre de tête de pont le temps que l'ensemble de ses moyens soient regroupés. Les garnisons vénitiennes s'enferment dans Nicosie et Famagouste sans intervenir pour perturber l'installation des Turcs. Mustafa décide de mettre directement le siège à Nicosie. Il s'adresse aux natifs grecs de l'île et s'assure de leur ralliement pour peu qu'ils jurent fidélité à Sélim II.
Nicosie était une forteresse moderne, mais avec peu de ressources pour l'armer. Mustafa approche ses lignes en creusant des tranchées puis comble les fossés devant quatre bastions. Il donne l’assaut à chacun de ces bastions pour les amoindrir, évaluer la défense de chacun et user le potentiel de résistance de la place. Finalement, comme la flotte de Venise n'intervient pas, Kapudan pacha accepter de prêter nombre de ses gens d'arme pour permettre une attaque générale de Nicosie. Ils attaquent deux bastions pendant que l'armée de Lala Mustafa Pacha s'occupe des deux autres. La percée est réalisée dès le premier jour et la ville est mise à sac. La garnison est passée au fil de l'épée et tous ses habitants sont transformés en esclaves.
Côté chrétien, la flotte attend à Corfou que Doria la rejoigne. Des maladies se déclarent sur les galères de Venise et Girolamo Zane voit son potentiel humain s'effondrer, il décide de s'avancer jusqu'à Candie pour compléter sa chiourme avec des Crétois. Quelques tentatives isolées ont lieu sur les forts ottomans côtiers de Morée mais les révoltes grecque suscitées par la guerre en Albanie ne sont pas soutenues par Venise (pas de renforts, par de financement).
Le Pape perd patience et renvoie le nonce Antonio Facchinetti en Espagne afin que Doria reçoive des instructions plus fermes et qu'il se joigne enfin aux forces navales vénéto-vaticanes (mais une clause indique qu'il ne doit pas risquer ses navires en pure perte). Il accepte alors de rallier Candie mais y refuse les commandements de Colonna et de Zane. Il inspecte les galères de Venise et retarde le départ des forces de secours chrétiens vers Chypre en prétextant insuffisant le nombre d'hommes qui s'y trouvent embarqués. Finalement, la nouvelle de la chute de Nicosie démotive la flotte qui ne croise pas plus loin à l'est que le cap occidental de Chypre. Doria décide de retourner à Gênes et laisse Colonna et Zane seuls à La Canée. Une première grande bataille est alors évitée pour 1570 lorsque le Kapudan pacha, explorant la mer depuis Rhodes, ne trouve pas la flotte alliée divisée.
Finalement, pour l'hiver, alors que chaque flotte retourne dans son arsenal. Lala Mustafa pacha déplace son armée vers Famagouste sans y mettre le siège et le Kapudan pacha détache une petite escadre destinée à bloquer le port. Cette escadre est surprise et détruite par une flotte d’approvisionnement dans les derniers jours de l'année.

L'année 1571 s'ouvre sur la destitution de l'amiral vénitien et son inculpation de pusillanimité par le conseil des Dix. Le nouvel amiral de la République sera Sébastien Venier. Il rejoint la flotte à Corfou, consolide ses forces et doit recruter pour armer ses vaisseaux. Une autre partie de la flotte de Venise se trouve à La Canée. Il lui faut rappeler ces forces avant qu'elles soient bloquées par la flotte turque pour concentrer ses galères à l'entrée de la Mer Adriatique.
Marcantonio Colonna est reconduit à la tête des galères du Vatican. Il rejoint rapidement Veniero une fois sa flotte armée pour une nouvelle campagne.
Les pertes commerciales dues à la guerre, l’absence de résultats de la campagne de 1570 et la perte de la majorité de Chypre poussent une partie des marchands de Venise à envisager une négociations de paix avec La Porte. La Pape préfère relancer les négociations avec l'Espagne afin de parvenir à une grande alliance contre « le Turc ». Philippe II impose facilement son demi-frère Don Juan. Puis les négociations se bloquent sur deux points : le nombre de galères qui doivent être armées par l'Espagne et la désignation de l'adjoint de Don Juan.
Pendant ce temps, la flotte ottomane (toujours sous le commandement Ali Pacha Moezzin mais accompagné cette fois par le deuxième vizir Perteu pacha) prend la mer et se dirige directement vers Chypre pour ravitailler et renforcer Lala Mustafa Pacha qui met alors le siège devant Famagouste. Ce siège sera bien plus complexe et difficile que celui conduit à Nicosie l'année précédente. En parallèle, Selim II délègue son quatrième vizir Ahmet pacha pour commander une armée qui pacifiera la Morée puis l'Albanie. Ensuite, elle devra soutenir la flotte pour assiéger les villes vénitiennes du rivage illyrien de la Mer Adriatique.
Cette fois les flottes de Venise et du Vatican sont concentrées à Corfou et ne subissent pas d'épidémie, mais attendent celle de l'Espagne et de ses alliées. En effet, les négociations pour former la Sainte-Ligue ne débouchent pas et Don Juan ne s'embarquera pas tant qu'elle ne sera pas signée. Marcantonio Colonna (capitaine de sa Sainteté) est désigné lieutenant général de la Sainte Ligue et second de Don Juan (amiral de la flotte alliée) mais Philippe II refuse d'armer le nombre de galères demandés par Venise.
Une fois, le siège de Famagouste engagée, la flotte ottomane se dirige vers la Crète, pille ses ports et réduit en esclavage ses habitants pour renforcer sa chiourme. Elle passe devant Candie et La Canée et se dirige vers l'Adriatique. Veniero replie la flotte à Messine pour ne pas être piégé par les Turcs à Corfou. D'ailleurs, les Turcs ne tentent pas un nouveau siège de la forteresse érigée sur cette île et préfèrent se diriger vers le nord en laissant les corsaires du gouverneur d'Alger (Euljd Ali) bloquer les communications de Venise avec sa flotte. Ne trouvant pas la flotte chrétienne, le capitan pacha décide de remonter l'Adriatique et attaque successivement les villes de Dulcigno, d'Antivari et de Budva avec le concours de l'armée d'Ahmet pacha. Une fois ces lieux pris, la grande base vénitienne de Cattaro semble devenir le prochain objectif des Ottomans. Et d'ailleurs, plus au nord, la ville même de Venise envisage de préparer sa défense. Mais encombré de butin et d'esclaves, les pachas envisagent de ne pas pousser plus au nord et de s'établir pour l’hiver en Grèce pour éviter de devoir retourner hiverner jusqu'à Constantinople. Les échanges avec le sultan valident ce projet, en les complètent avec l'ordre, si possible, de détruire la flotte chrétienne.
Entre temps, la traité d'alliance porté par le Pape est signé. Cette nouvelle Sainte Ligue permet le ralliement de Doria à la flotte chrétienne et l'embarquement de Don Juan à Barcelone. Passant par Gênes pour embarquer des gens d'arme allemands, puis Naples, la flotte espagnole rejoint celles de Venise et du Vatican en Sicile. Hélas, même placé sous commandement unique, mésententes et rivalités se multiplient, notamment entre le corsaire Doria et le capitaine général de la flotte vénitienne Sébastien Veniero. D'autre part l’incertitude de la définitions des objectifs de guerre de la flotte chrétienne génère de nouveaux retards et ne permettront pas de bloquer la sortie des Turcs de l'Adriatique (à l'époque il n'y avait pas encore de doctrine de domination des mers).
Don Juan d'Autriche doit alors retrouver Ali Pacha pendant que celui-ci s'installe dans le Golfe de Corinthe à proximité du port de Lépante. La proximité de la côté et la lassitude des hommes se conjuguent pour démobiliser partiellement les forces turques. Pourtant, pour respecter les ordres de Selim II, Ali Pacha sort du golfe en ordre de bataille pour aller à la rencontre de la flotte de la Sainte Ligue.
La victoire de Don Juan intervient trop tardivement dans l'année pour pouvoir exploiter ce succès (avant que la flotte ne doive se séparer avant l'hiver). D'autre part, les dégâts et les pertes importantes (de la bataille) invite la flotte à rejoindre ses ports d'attaches. Malgré la victoire, la mésentente s'installe à nouveau quand Don Juan profite de son statut de commandant pour s'arroger une part personnelle dans les prises (esclaves et galères capturés) en contradiction avec les répartitions fixées dans le traité d'alliance de la Saint Ligue.
Campagne navale de 1572
Reconstruction de la flotte turque sous le commandement du nouveau capitan pacha Euljd Ali (ou Kiliç Ali) en coordination avec le grand vizir Mehmed pacha.
Prise de Candie et de La Goulette.
Le traité de paix
La mort de Pie V le 1er mai 1572 prive la Ligue de son partisan principal.

 

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MessagePosté le: Dim 7 Mai - 05:56 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

Le siège de Famagouste commence le 22 août 1570 et oppose l'importante flotte ottomane commandée par Lala Mustafa Pacha et les Vénitiens sont commandés par Marco Antonio Bragadin et Astorre Baglioni.
Vers mi-octobre, le commandant Lala Mustafa invite gentiment le gouverneur de la ville à se rendre, celui-ci refuse l'invitation. Devant le refus, le général turc s’irrite et passant à des manières moins courtoises donne l’ordre d’une reddition immédiate accompagné de la tête tranchée et putréfiée de Niccolò Dandolo, gouverneur de Nicosie. Cela n’épouvante ni Bragadin ni Baglioni lesquels, après avoir fait enterrer avec les honneurs la tête du malheureux, décident de résister.
Famagouste a un très bon système défensif conçu par l’architecte Michele Sanmicheli: il fait face à la mer et est protégé par un mur d’enceinte doté de quatre bastions et l’enceinte est protégée par un fossé important et profond. Famagouste ne peut cependant résister à l’importante armée ottomane dont les unités croissent en permanence. Pour aggraver la situation des Vénitiens, il faut ajouter, à terme, la fin des vivres. le 22 septembre 1570, le blocus de Famagouste est complet.
Les premières attaques sont conduites par les janissaires qui sont repoussés par la cavalerie vénitienne. Jugeant de la futilité des attaques, Lala Mustafa Pacha décide d’utiliser l’artillerie : 25 canons et 4 bouches à feu commencent à bombarder la ville.
Compte tenu de leur infériorité numérique, les assiégés ne peuvent faire autrement que de résister avec l’espoir qu’à un moment ou un autre des renforts viennent les rejoindre depuis Venise. Entretemps Bragadin et le commandant des troupes Astorre Baglioni savent mettre à profit au mieux le peu de troupes et des fortifications dont ils disposent : ils réussissent à résister tout l’hiver, grâce à leurs batteries et aux incursions surprises qu’ils effectuent dans le campement de l’ennemi.

Tout ceci ne fait qu’irriter le général turc qui craint une défaite comme celle subie durant le siège de Malte en 1565, une autre défaite aurait compromis sa carrière. Il demande donc des renforts supplémentaires et après deux mois réussit à porter ses effectifs à 250 000 hommes.
Le 26 janvier 1571, 16 galions vénitiens commandés par Marcantonio Querini arrivent à Famagouste pour apporter des vivres et de nouvelles troupes, 1 600 hommes, parmi ceux-ci le fils de Gianantonio Querini, un nouveau renfort de 800 hommes arrive en mars.
Début avril, l’armée turque reprend les attaques après avoir mis en place 85 canons et plusieurs bouches de feu et creusé de nouvelles tranchées qu'ils utilisent pour placer de la poudre explosive. Ils reprennent les bombardements de la ville qui est désormais réduite à un amas de ruines.
Le 20 mai, les royaumes catholiques se rassemblent dans la Sainte-Ligue et décident l’envoi d’une flotte de combat2.
Fin juillet 1571 Mehmed pacha Sokolović, qui a perdu son fils dans une des innombrables offensives qui provoquent des pertes considérables chez les Turcs, ordonne le plus gros bombardement depuis le début du siège, la tour nord est en grande partie détruite. Désormais les murs ne permettent plus de résister et les soldats, en grande partie blessés et affaiblis par les privations, ne sont plus que 700 et incapables de défendre le poste. Baglioni et le colonel Martinengo, à la suite d'une nouvelle proposition de Mustafa Pacha, optent pour la reddition. Marco Antonio Bragadin prévoit le tragique destin de la ville mais décide, sous la pression de la population, d’accepter de se rendre.
Le 4 août 1571, Famagouste se rend. Les chefs vénitiens obtiennent de Mehmed pacha Sokolović la promesse d’avoir la vie sauve ainsi que celle de tous les habitants et la possibilité d’un rapatriement.
Mais Lala Mustafa Pacha, revenant sur ses promesses en invoquant le sort des esclaves ottomans, fait tuer Astorre Baglioni à peine la reddition signée. Le colonel Martinengo, capturé est pendu. La ville est laissée aux mains de la milice ottomane qui la saccage.
Marco Antonio Bragadin est capturé, torturé et écorché vif le 17 août 1571. Le trophée macabre, avec les têtes du général Alvise Martinengo, de Gianantonio Querini et du châtelain Andrea Bragadin est hissé sur la hampe de la galère du commandant turc Mehmed pacha Sokolović et conduit à Istanbul.
L'héroïque résistance de Famagouste permit aux forces chrétiennes de gagner du temps en retenant la flotte ottomane. À Lépante, un mois et demi après, l’armée de la Sainte-Ligue obtint une importante victoire sur les forces turques et mit fin à ses prétentions sur la Méditerranée.

 

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MessagePosté le: Dim 7 Mai - 05:58 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

La Sainte-Ligue est une alliance créée le 25 mai 1571 par divers États catholiques présents sur le pourtour méditerranéen avec pour objectif de briser la progression des Turcs ottomans durant la Quatrième guerre vénéto-ottomane de 1570 à 1573.
C'est l'aboutissement d'une année de tractations diplomatiques opérées par le pape Pie V en prévision de la guerre imminente entre la République de Venise et la colossale puissance militaire ottomane à propos de Chypre, possession vénitienne dont la Sublime Porte veut s'emparer. Dès mars 1570, Pie V demande à Philippe II de joindre ses galères à celles de la Sérénissime République. En attendant la réponse espagnole, il quémande et obtient l'apport des principautés citées plus loin tout en armant douze galères à ses propres frais. En mai, Philippe II accepte le principe d'une coalition contre les Turcs. Le 3 juillet, ces derniers débarquent à Chypre et entament le siège de Nicosie. La coalition ne peut intervenir dans l'immédiat. Les Vénitiens croisent devant Candie (Crète) et les Espagnols achèvent leurs préparatifs à Messine. Le reste des escadres est à Otrante.

Le 3 septembre, la flotte chrétienne se retrouve enfin au complet sur la côte septentrionale de Crète. Elle y apprend que Nicosie vient de tomber et a été saccagée.
Incapable de s'accorder sur une stratégie commune et en proie à de sourdes rivalités d'ordre politique ou personnel, le conseil décide de ne rien entreprendre. Chacun rentre chez soi pour rendre compte. La coalition informelle de 1570 ayant montré ses limites, Pie V passe l'hiver à en préciser les statuts sur une base claire et indiscutable, acceptée par toutes les parties1.
C'est chose faite le 25 mai 1571.
Les principaux membres de l'alliance sont la république de Venise, les États des Habsbourg d'Espagne, de Naples et de Sicile, et les États pontificaux. S'y ajoutent divers petits États de la péninsule italienne parmi lesquels la République de Gênes, le duché de Savoie et l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Ces États s'engagent à fournir 200 galères le 1er avril de chaque année, la moitié du coût étant prise en charge par l'Espagne, un tiers par Venise, et un sixième par le gouvernement de la papauté. Le commandement de la flotte est donné à don Juan d'Autriche, demi-frère du roi d'Espagne Philippe II.
Le 7 octobre 1571, la Ligue affronte et anéantit la flotte turque lors de la bataille de Lépante au large de la ville grecque du même nom. La Ligue est dissoute à la suite de la signature du traité de paix en 1573.

 

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MessagePosté le: Dim 7 Mai - 06:26 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille de Lépante est une bataille navale qui s'est déroulée le 7 octobre 1571 dans le golfe de Patras, en Grèce, à proximité de Naupacte — appelée alors Lépante —, dans le contexte de la quatrième guerre vénéto-ottomane. La puissante marine ottomane y affronta une flotte chrétienne comprenant des escadres vénitiennes et espagnoles renforcées de galères génoises, pontificales, maltaises et savoyardes, le tout réuni sous le nom de Sainte-Ligue à l'initiative du pape Pie V. La bataille se conclut par une défaite pour les Turcs qui y perdirent la plus grande partie de leurs vaisseaux et près de 20 000 hommes. L'événement eut un retentissement considérable en Europe car, plus encore que la défaite des janissaires lors du Grand Siège de Malte de 1565, il sonna comme un coup d'arrêt porté à l'expansionnisme ottoman.
Certains historiens estiment qu'il s'agit de la bataille navale la plus importante par ses conséquences depuis celle d'Actium, qui marqua la fin des guerres civiles romaines
Le déclencheur est la prise de Chypre par les Ottomans en 1570 : la prise de cette possession de la République de Venise, au terme d'une conquête brutale (plus de 20 000 habitants de Nicosie sont mis à mort), entraîne rapidement une réaction européenne. Sous le nom de « Sainte-Ligue », le pape Pie V mobilise sur le thème de la croisade, et réussit à constituer une alliance entre l'Espagne, Venise, les États Pontificaux, la république de Gênes, le duché de Savoie, l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem et quelques autres puissances.
L'ensemble s'inscrit dans le contexte plus général d'une lutte généralisée d'influence pour le contrôle de la Méditerranée. La bataille dérive des tensions géopolitiques et religieuses croissantes de l'époque, consécutives à la montée de l'expansionnisme musulman ottoman en Méditerranée. Celui-ci menace à nouveau des puissances chrétiennes, en particulier les intérêts espagnols, puissance dominante dans la région à l'époque. Depuis le début du xvie siècle, les Turcs pratiquent des razzias en Méditerranée occidentale. Débarquant sur les côtes italiennes ou espagnoles, ils pillent les villes du littoral et emmènent certains habitants en esclavage

La Sainte Ligue a mobilisé au total 206 galères et 6 galéasses et pour la flotte ottomane, un total de 206 galères et 45 galiotes.
La flotte chrétienne, de 210 unités, est composée des flottes combinées :
vénitienne (114 unités dont les 6 galéasses, soit plus de 54% du total, sous des appellations diverses, en dehors de Venise, celles d'anciennes possessions prises par les Ottomans : La Canée, Candie, ou de villes en pleine terre : Padoue, Bergame, etc.),
espagnole (50 unités sous les drapeaux d'Espagne, de Naples, de Sicile, soit près de 24%),
génoises (publique -3 unités- et privées -25 unités-, soit plus de 13%),
pontificales (12 unités, soit moins de 6%),
des Hospitaliers de Malte (3 unités),
savoyarde (3 unités).
L'Espagne est représentée par Naples (31 unités), l'Espagne elle-même (12 unités) et la Sicile (7 unités). Elle est commandée par le jeune infant Juan d'Autriche (24 ans), fils naturel de Charles Quint et demi-frère du roi d'Espagne Philippe II — qui s'avère être un excellent commandant. Il est très bien secondé au centre par le Vénitien Veniero, à l'aile gauche par le Vénitien Agostino Barbarigo, en réserve par l'Espagnol Don Alvaro de Bazan. En revanche, le comportement du Génois Giovanni Andrea Doria sera mis en cause et très critiqué, ses qualités d'amiral n'étant cependant pas douteuses : c'est lui qui a laissé s'échapper quelques 30 galères ottomanes.
Soldats chrétiens à bord : 8 000 Espagnols, 5 000 Vénitiens, 1 500 Pontificaux, 5 000 Allemands, 5 000 Italiens, 4 000 nobles aventuriers.
La flotte ottomane est commandée par le kapudan pacha Ali Pacha Moezzin, qui se place au centre. Il est assisté d'Uludj Ali (régent d'Alger) qui dirige l’aile gauche et de Mohammed Sirocco (gouverneur d'Égypte) qui dirige l’aile droite. Les galères ottomanes sont occupées par 13 000 marins expérimentés et 34 000 soldats
L'ordre de bataille des flottes de la Sainte Ligue et des Ottomans décrit la composition de chacune des flottes et l'ordre dans lequel ces flottes ont été engagées. Chaque fois que l'information existait dans les sources pour chaque navire est donnée son origine et son capitaine.
La flotte chrétienne, la Sainte Ligue, est composée des flottes combinées pontificales, espagnoles et vénitiennes avec des contributions de Gênes, d’autres États de la péninsule italienne, du duché de Savoie qui y envoie les trois galères de Nice, et des Hospitaliers. Elle est commandée par le jeune infant Juan d'Autriche (24 ans), fils naturel de Charles Quint et demi-frère du roi d'Espagne Philippe II — qui occupe le centre du dispositif et qui s'avère être un excellent commandant. Il est assisté d'Agostino Barbarigo qui dirige l'aile gauche, de Giovanni Andrea Doria qui dirige l'aile droite, de Don Juan Cardona qui dirige l'avant-garde et Don Álvaro de Bazán qui dirige l'arrière-garde.
Soldats chrétiens à bord : 8 000 espagnols, 5 000 vénitiens, 1 500 pontificaux, 5 000 allemands, 5 000 italiens, 4 000 nobles aventuriers.
La flotte ottomane est commandée par le kapudan pacha Ali Pacha Moezzin, qui se place au centre. Il est assisté d'Uludj Ali (régent d'Alger) qui dirige l’aile gauche et de Mohammed Sirocco (gouverneur d'Égypte) qui dirige l’aile droite. Les galères ottomanes sont occupées par 13 000 marins expérimentés et 34 000 soldats.

 Composition et ordre de bataille de la Sainte Ligue
Avant-garde - sept galères commandées par Don Juan Cardonna
Santa-Maddalena (Venise) - Marino Contarini
Le Soleil (Venise) - Vincezzo Quirini
La patrone (Sicile)
La capitane (Sicile) - Juan Cardona
La capitane de Saint-Jean (Sicile) - David Impériale
Santa-Catherina (Venise) - Marco Cogogna
Notre-Dame (Venise) - Pier-Francesco Malipiéro
Aile gauche - 53 galères et 2 galéasses commandées par Agostino Barbarigo
première capitane (Venise) - Agostino Barbarigo, provéditeur général de la flotte vénitienne
deuxième capitane (Venise) - Antonio de Canale, provéditeur de la flotte vénitienne
La Fortune (Venise) - Andrea Barbarigo
Le Sagitaire (Naples) - Martino Pirola
Les Trois Mains (Venise) - Giorgio Barbarigo
Les Deux Dauphins (Candie) - Francesco Zeni
Le Lion et Phénix (La Canée) - Francesco Mengano
Le San-Nicolas (Cherso) - Colane Drascio
La Victoire (Naples) - Occava di Rocadi
La Lomellina (Naples) - Agostino Cancuali
La Reine (Pape) - Fabio Valicati
La Madone (La Canée) - Filipo Polani
Le Cheval marin (Candie) - Antonio di Cavalli
Les Deux Lions (Candie) - Nicolo Fradello
Le Lion (Capo d'Istria) - Domenico del Tacco
en avant de la ligne, première galéasse ( - ? - ) - Ambrogio Bragadino
La Croix (Céphalonie) - Marco Cimera
La Sainte-Vierge (Céphalonie) - Christoforo Criffa
Le Lion (Candie) - Francesco Bonvecchio
Le Christ (Candie) - Andrea Cornaro
L'Ange (Candie) - Giovani Angelo
La Pyramide (Candie) - Francesco Boni
La Dame au cheval armé (Candie) - Antonio Endominissi
Le Christ ressuscité (Venise) - Simon Guoro
Le Christ ressuscité (Venise) - Frederigo Renieri
Le Christ (Corfou) - Christoforo Condocolli
Le Christ ressuscité (La Canée) - Giorgio Calergi
Le Christ (Venise) - Bartolomo Donato
Le Christ ressuscité (Veglia) - Lodovico Cicuta
galère (Retimo) - Nicolo Avonali
Le Christ (Candie) - Giovanni Corneri
Le Christ ressuscité (La Canée) - Francesco Zancaruoli
La Ruade (La Canée) - Francesco Molini
La Sainte-Euphémie(Bressa) - Horatio Fisogna
La Marquise (Gènes) - Francesco San-Freda
La Fortune (Gènes) - Giovani Alvigi Belvi
Il Bravo (La Canée) - Danielo Calefatti
Le Cheval Marin (Venise) - Antonio de Cavalli
La Christ (La Canée) - Danelo Calefatti
Le Bras (Venise) - Nicolo Lippomano
Notre-Dame (Zante) - Nicolo Mondini
Le Christ ressuscité (La Canée) - Feancesco Zancaruoli
en avant de la ligne, deuxième galéasse ( - ? - ) - Antonio Bragadino
Notre-Dame (Venise) - Marcantino Pisani
Dieu le Père dans la Trinité (Venise) - Giovanni Contarini
La Flamme (Naples) - Juan de las Cuevas
Le Saint-Jean (Naples) - Garzia di Vergara
L'Envie (Naples) - Teribio de Accaves

La Brave (Naples) - Miguel Quesada
Le Saint-Jacques (Naples) - Monferat Guardiola
Le Saint-Nicolas (Naples) - Christoforo di Mongius
Le Christ ressuscité (Venise) - Giovanni-Battista Querini
L'Ange (Venise) - Onfré Giustiniani
La Sainte-Dorothée (Venise) Polo Nani
troisième capitane (Venise) - Marco Quirini, provéditeur de la flotte vénitienne
Corps de bataille - 62 galères et 2 galéasses commandées par Don Juan d'Autriche
la capitane de Lomellini ( - ? - ) - Paolo Giodano Orsino
la patrone de Lomellini ( - ? - ) - Pietro-Battista Lomellini
la capitane de Bendinelli ( - ? - ) - Bendinelli Sauli
la patrone (Gènes) - Pellerano
La Toscana (Pape) - Mettello Caracciolo
L'Homme marin (Vicence) - Jacopo Draffrano
Notre-Dame (Venise) - Giovanni Zeni
Le Saint-Jérôme (Lesina) - Gio. Balzi
Le Saint-Jean (Venise) - Petro Badoaro
Le Saint-Alexandre (Bergame) - Gio. Antonio
la capitane (Mari) - Giorgio d'Asti
Il Tronco (Venise) - Girolamo Canale
Le Mont Gibel (Venise) - Bertucci Contarini
''La Donzella (Candie) - Francesco Dandolo
en avant de la ligne, troisième galéasse ( - ? - ) - Jacopo Guoro
La Tempérance (Gènes) - Ciprian de Mari
La Ventura (Naples) - Vincentio Pascalo
La Roccaful (Espagne) - Roccaful
La Vittoria (Pape) - Baccio de Pise
La Piramide avec un chien ( - ? - ) - Marc-Antonio S. Uliana
Le Christ (Venise) - Giralamo Contarini
Le Saint-François (Espagne) - Christoforo Vasques
La Paix (Pape) - Jacopo Ant. Perpignano
La Perle (Gènes) - Gio. Battista Spinola
La Roue avec un serpent (Venise) - Gabrio de Canale
La Pyramide (Venise) - Francesco Boni
La Palme (Venise) - Girolamo Veniero
la capitane de Gil d'Andrada ( - ? - ) - Bernardo Cinoguera
La Grenade (Espagne) - Paulo Bottino
la capitane (Gènes) - Ettore Spinola et le prince de Parme
la capitane (Venise) - Sébastien Veniero, capitaine général de la flotte vénitienne
à la poupe de La Réale et de la capitane de Veniero, la patrone réale (Espagne)
La Réale (Espagne) de Don Juan d'Autriche
à la poupe de La Réale et de la capitane de Colonna, la capitane du grand commandeur de Castille
la capitane (Pape) - Marcantonio Colonna, capitaine de sa Sainteté et lieutenant général de la Sainte Ligue
la capitane (Savoie) - monseigneur de Leyni et le prince d'Urba
La Grifona (Pape) - Alessandro Negrone
Le Saint-Théodore (Venise) - Théodore Balbi
La Mendoza (Naples) - Martino de Caide
La Montagne (La Canée) - Alessandro Vizzamano
Le Saint-Jean-Baptiste (Venise) - Gio. Mocenigo
La Vottoria (Gènes) - Filipo Doria
La Pisana (Pape) - Ercole Lotia
La Fighiera (Espagne) - Diego Lopez d'Illianos
Le Christ (Venise) - Giorgio Pisani
Le Saint-Jean (Venise) - Sanielo Moro
La Fiorenza (Pape) - Thomaso de Medici
Le Saint-Georges (Naples) - Eugenio de Vargas
la patrone (Naples) - Francisco de Benavides
La Luna (Espagne) - Emmanuel de Aguilar
Il Passaro (Venise) - Luigi Pasqualigo
Le Lion (Venise) - Pietro Pisani
Le Saint-Jérôme (Venise) - Gasparo Malipiero
la capitane ( - ? - ) - Giorgio Grimaldi
la patrone de David Impériale ( - ? - ) - Nicolo de Luvano
Le Saint-Christophe (Venise) - Alessandro Contarini
en avant de la ligne, quatrième galéasse - Francesco Duodo, capitaine des galéasses

La Judith (Zante) - Marino Sicuro
L'Armelino (Candie) - Pietro Grandenigo
La Demi-Lune (Venise) - Valerio Valleresso
La Doria (Gènes) - Jacopo di Casalo
Le Saint-Pierre (Hospitaliers) - Saint-Aubin
Le Saint-Jean (Hopitaliers) - Alvigi de Tessera
la capitane (Hospitaliers) - Giustiniani, prieur de Messine
Aile droite - 50 galères et 2 galéasses commandées par Giovanni Andrea Doria
la capitane (Sicile) - Juan de Cadona (déjà cité)
La Piemontaise (Savoie) - Ottavio Moretto
la capitane de Nicolo Doria (Gènes) - Pandolfo Polidoro
La Forze (Venise) - Rinieri Zeni
La Reine (Candie) - Gio. Barbarigio
Il Nino (Venise) - Paulo Polani
Le Christ ressuscité (Venise) - Benedetto Soranzo
L'Homme armé (Retimo) - André Calergi
L'Aigle (Retimo) - André Calergi (ci-dessus)
La Palme (Canée) - Jocopo di Mezo
L'Ange (Corfou) - Stelio Carchiopulo
Le Saint-Jean (Arbe) - Gio. De dominia
La Donna (Traù) - Luigi Cipico
La Nave (Venise) - Antonio Pasqualigo
Notre-Dame (Candie) - Marco Foscarini
en avant de la ligne, cinquième galéasse ( - ? - ) - Andrea da Cesaro
La Christ (Candie) - Francesco Cornero
Le San-Vittorio (Crema) - Evangelista Zurla
la patrone de Grimaldi ( - ? - ) - Lorenzo Trecha
la patrone de De' Mari ( - ? - ) - Antonio Cortiglia
La Marguerita (Savoie) - Battaglino
La Diane (Gènes) - Gio. Giorgio Lasagna
La Cingana (Naples) - Gabrio di Medina
La Luna (Naples) - Giulio Rubbio
La Fortune (Naples) - Diego de Medrano
L'Espérance (Naples) - Pietro di Bustro
La Furie (Lomellini) - Jacopo Chiappe
la patrone (Lomellini) - Giorgio Greco
La Negrona (Negroni) - Nicolo de Costa
La Bastarda (Negroni) - Lorenzo de Torre
Il Fuoco (Candie) - Antonio Boni
L'Aigle (Candie) - Girolamo Zorzi
Le Saint-Christophe (Venise) - Andrea Troni
Le Christ (Venise) - Marcantonio Lando
L'Espérance (Candie) - Girolamo Cornaro
Le roi Attila (Padoue) - Pataro Buzzacarini
Le Saint-Joseph (Venise) - Nicolo Donato
La Gusmana (Naples) - Francesco de Osedo
La Determinata (Naples) - Gio. de Carasse
en avant de la ligne, sixième galéasse ( - ? - ) - Pietro Pisani
La Sicilia (Sicile) - Francesco Amadei
la patrone de Nicolo Doria ( - ? - ) - Giulo Centorioni
L'Aigle (Corfou) - Pietro Bua
Le San-Trifone (Cattaro) - Cirolamo Bisante
La Tour (Vicence) - Lodovico da Porto
La Santa-Maria (Pape) - Pandolfo S.
Le Saint-Jean (Pape) - Angelo Bifali
la patrone de Negroni - Luigi Gamba
la capitane de Negroni - Gio. Ambrogio Negroni
La Monarque (Gènes) - Nicolo Garibaldo
La Donzella (Gènes) - Nicolo Imperiale
la capitane (Génes) - Giovanni Andrea Doria
Arrière-garde et réserve - 30 galères commandées par Don Alvaro de Bazan
Le Saint-Jean (Sicile) - ?
Le Baccana (Sicile) - Gio. Pietro de Morilo
La Lionne (Naples) - ?
La Constanza (Naples) - Pietro Delagia
La Marchesa (Naples) - Gio. di Machada
La Santa-Barbara (Naples) - Gio. de Achale
Le Saint-André (Naples) - ?
Le Sainte-Catherine (Naples) - Gio. Rugis de Velasco
Le San-Bartholomeo (Naples) - ?
Le San-Angelo (Naples) - ?
La Terana (Naples) - Gio. de Riva de Neillino
Le Christ (Venise) - Marco de Molino
Les Deux Mains (Venise) - Gio. Loredano
la capitane (Naples) - don Alvaro de Bazan, marquis de Santa-Cruz
La Fede (Venise) - Gio. Battista Contarini
La Colonna (Venise) - Catherino Malipiero
La Maddalena (Venise) - Alvivgi Balbe
La Donna (Venise) - Gio. Bembo
Il Mondo (Venise) - Filippo Leoni
L'Aspérance (Venise) - Gio. Battista Benedetti (Chypre)
Le Saint-Pierre (Venise) - Pietro Badoaro
Le Saint-George (Sebenico) - Christoforo Lucich
Le Saint-Michel ( - ? - ) - Giorgio Cochini
La Sibylle (Venise) - Danielo Troni
La Grua (Espagne) - Luis de Heredia
la capitane de Vasques ( - ? - ) - Vasques de Coronado
La Soprana (Pape) - Antonio d'Ascole
L'Occasion (Espagne) - Pedro del Roij
la patrone (Pape) - ?
La Serena (Pape) - ?
Pour la Sainte Ligue, au total 202 galère et 6 galéasses. Dans la liste des navires certains noms de navires ont été francisés ; l'ordre est celui de Jurien de la Gravière.

Composition et ordre de Bataille de la flotte ottomane
Aile droite - 54 galères et 2 galiotes
Corps de bataille - 87 galères et 8 galiotes
Aile gauche - 61 galères et 32 galiotes
Réserve - 8 galères et 21 fustes et galiotes
Pour la flotte ottomane, au total 210 galères et 63 fustes et galiotes

Au matin du 7 octobre 1571, la flotte chrétienne en provenance de Messine rencontre la flotte turque en provenance de Lépante (aujourd'hui Naupacte) dans le golfe de Patras, au large de la Grèce.
Cette bataille est restée dans les traités d’histoire militaire comme un tournant dans la stratégie navale. En effet, c’est la première fois que les galères se voient opposées (à grande échelle) à une flotte plus manœuvrante et armée de canons. Cette combinaison technique, une stratégie qui a consisté à enfermer les Turcs dans le golfe de Lépante, une tactique consistant à faire prendre à l’abordage les galères par l’infanterie espagnole (les tercios), alliées à des défections rapides dans la flotte turque contribua grandement à la réputation de cet affrontement.
Pendant le cours de la bataille, le navire du commandant ottoman est envahi par les hommes de la galère de Juan d'Autriche10 ainsi que par celle de l’amiral de la flotte savoyarde André Provana de Leyni entre autres, et l’amiral turc est décapité et sa tête placée au bout du mât du navire principal espagnol, ce qui contribue à saper le moral turc. La bataille dure une grande partie de la journée et est particulièrement violente
La démesure de l’affrontement en fait un événement majeur : on dénombre au moins 7 000 morts et 20 000 blessés chez les Chrétiens, 20 000 morts ou blessés et 3 500 prisonniers chez les Turcs (sans compter ceux qui sont massacrés à terre par les Grecs révoltés), 12 000 forçats chrétiens libérés de leurs fer
Les Ottomans subissent une lourde défaite : 117 galères et 13 galiotes sont capturées, et 62 galères coulées, alors que les chrétiens ne perdent qu'une douzaine de galères. 450 canons et 39 étendards sont pris aux Ottomans.
Les navires ottomans rescapés sont ramenés à Constantinople par Uludj Ali, seul amiral ottoman à s'être distingué et à avoir sauvé l'essentiel de son escadre, et qui est nommé Capitan pacha le 28 octobre.
Néanmoins, l'Empire Ottoman surmontera sa défaite. Au cours de l'été 1572, un an après Lépante, une armée de 250 galères et 8 galéasses turques, commandée par Uludj Ali, se livre à une démonstration de force en Méditerranée orientale. Venise, une fois de plus, se résigne à traiter avec le sultan de Constantinople, auquel elle verse un tribut de 300 000 ducats. Chypre demeura aux mains des ottomans

La victoire de la flotte chrétienne à dominante vénitienne, confirme l’hégémonie espagnole sur l'ouest de la Méditerranée et met un coup d’arrêt à la progression ottomane vers l'Europe. Psychologiquement, la victoire a un retentissement considérable en Europe, car c'était la première fois qu'une flotte chrétienne réussissait à vaincre la marine ottomane.
Pour l'empire ottoman, cette défaite fut dure à digérer, mais pas extrêmement gênante : les Ottomans reconstruisirent l'intégralité des navires perdus en une année[réf. nécessaire]. Le grand vizir Mehmet Sokkolü aurait commenté les événements de 1571 d'une boutade ironique et menaçante :
« En nous emparant de Chypre, nous vous avons coupé un bras, et à Lépante vous nous avez coupé la barbe. Un bras coupé ne peut repousser, tandis que la barbe coupée repousse avec plus de force qu'avant. »
Cependant, les dissensions entre alliés empêchent de poursuivre l'avantage, et les projets de reconquête des Dardanelles, voire de Constantinople, doivent être abandonnés. Les Ottomans ayant reconstitué rapidement leur flotte, reprennent le contrôle de la Méditerranée orientale, pour peu de temps toutefois. Venise, ruinée par la guerre et l'interruption de son commerce avec l'Orient, négocie avec les Turcs et leur reconnaît par traité le 7 mars 1573 la possession de Chypre, pourtant objet originel du conflit.
L’expansionnisme ottoman est en revanche irréversiblement marqué par la défaite de Lépante. Comme le souligne l'historien Bartolomé Bennassar : « Avant les coups d'arrêt de Malte et de Lépante (1565-1571), la poussée turque paraissait impossible à contenir. Or, après ce paroxysme de la guerre, la Méditerranée occidentale cesse d'être pour les Ottomans un objectif prioritaire16 ». S'ils ont rapidement remplacé les navires, les Turcs n'ont jamais vraiment pu se remettre de la perte de 20 000 hommes, souvent hautement qualifiés — marins, rameurs, archers embarqués comme « artillerie légère ». Grâce à leur alliance avec la France, en lutte contre l'Espagne, les Ottomans réussissent à finaliser leur conquête du Maghreb avec la prise de Tunis en 1574, mais pour l'essentiel leur influence en Méditerranée occidentale prend fin avec Lépante.

Toutefois, le rôle prépondérant de la mer Méditerranée s’est progressivement atténué dans les années suivantes avec l’essor des flottes océaniques qui avait commencé quelques décennies plus tôt. De nouvelles routes sont empruntées par la chrétienté pour atteindre l'Orient en contournant l'Afrique, sans transiter par le Moyen-Orient. Cependant que la découverte de l'Amérique détourne le commerce international vers le nord de l'Europe, dont le développement signe une nouvelle primauté de l'Occident et le déclin de l'empire ottoman.
Militairement, la bataille montre la redoutable efficacité des galéasses vénitiennes (grosses galères à voiles armées de canons fixés au navire). Même si des batailles antérieures plus limitées l’avaient déjà annoncé, même si la flotte chrétienne comportait un nombre important de galères (mais la flotte turque ne comprenait pas de galéasse), et même si l’emploi du canon a été moins décisif que la légende ne l’a voulu, on considère généralement la bataille de Lépante comme la fin des flottes de galères au profit des galions armés de canons
Lépante apparut en Europe comme une grande victoire de la chrétienté sur les musulmans, bien que peu de pays aient répondu à l'appel du Pape, en corrélation avec la Reconquista. Elle contribua de ce fait à isoler la France qui, bien que nation chrétienne, ne participa pas à la bataille en raison de son lien avec la Sublime Porte.
On peut penser que cette bataille vit également l'émergence ou le renforcement d'une certaine « conscience européenne », structurée ici autour de son identité religieuse.
Une analyse géopolitique voit dans cette victoire « une alliance classique d'États qui craignent de ne pas faire le poids face à un ennemi plus fort que chacun d'entre eux

Les représentations artistiques réalisées dans les années qui suivirent la bataille de Lépante pour célébrer la victoire du christianisme furent nombreuses dans toute l'Europe.
Pour l'Italie, à Venise, l'épisode fut peint par Andrea Vicentino dans le Palais des Doges, sur les murs de la Sala dello Scrutinio et remplaça la Victoire de Lépante du Tintoret, œuvre détruite par un incendie en 1577. Toujours à Venise, les Gallerie dell'Accademia abritent la peinture de Paolo Veronese, Allégorie de la bataille de Lépante.
À Pavie, dans la chapelle du collège Ghislieri, est conservée une œuvre de Lazzaro Baldi intitulée La Vision de saint Pie V, peinte en 1673. À Rome, le pape Pie V fit réaliser de nombreuses représentations de la victoire, dont celle réalisée par Vasari exposée dans la Sala Regia des musées du Vatican.
Intéressantes en raison du rôle controversé de Gianandrea Doria pendant la bataille, six tapisseries de Bruxelles commandées par l'amiral génois sont exposées dans la Sala del Naufragio du Palazzo del Principe à Gênes. Les dessins réalisés par Lazzaro Calvi et Luca Cambiaso montrent les différentes étapes de la bataille. Ils ont été reproduits par les artisans belges à travers un effet de miroir, ce qui rend la compréhension de l'événement encore plus problématique
L’un des participants les plus connus est l’écrivain espagnol Miguel de Cervantes, qui y perdit l’usage de sa main gauche, gagnant le surnom de « manchot de Lépante » mais il fut capturé à son retour par l'amiral algérois Mami Arnaute au large de Barcelone. De là, il fut emmené à Alger (La Bien Gardée).
La tradition catholique attribue la victoire à la Vierge Marie : le pape Pie V avait appelé à un rosaire universel pour obtenir la victoire. Il en eut surnaturellement connaissance avant que la nouvelle ne fut parvenue à Rome. L'anniversaire de la bataille fut inscrit sous le nom de Notre-Dame du Rosaire dans le calendrier liturgique romain.
Cette bataille opposant des nations chrétiennes à l'Empire ottoman a donné son nom à une tactique du jeu de stratégie Diplomatie popularisée par Edi Birsan où l'Autriche et l'Italie s'allient contre l'Empire ottoman.
À Saint-Raphaël, la basilique de style néo-byzantin « Notre-Dame-de-la-victoire-de-Lépante » (communément appelée « Notre-Dame-de-la-victoire ») abrite une copie de la « Croix de Lépante » qui se trouvait sur le vaisseau amiral de la flotte chrétienne, et dont l'original est conservé dans la cathédrale Sainte-Eulalie de Barcelone.
Gilles Veinstein, selon une lettre de la Sainte-Ligue publiée à Paris en 1572, mentionne que23 « Le désastre de Lépante aurait semé la panique à Istambul. Sélim II aurait fait passer son trésor à Bursa, de même que les femmes et les jeunes enfants mâles du sérail. Lui-même et ses janissaires se seraient réfugiés à Edirne, tandis que les défenses d'Istambul étaient renforcées. La population musulmane aurait également fui la capitale ne la laissant peuplée que de Grecs et de chrétiens francs. »


 

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MessagePosté le: Lun 8 Mai - 06:36 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille de Nicopolis a lieu le 25 septembre 1396 (certains la datent du 28) sur la rive droite (sud) du Danube (aujourd'hui Nikopol en Bulgarie). Le sultan ottoman Bayezid Ier (Bajazet en français), fils de Mourad Ier) et le prince Stefan Lazarevic de Serbie battent une croisade menée par Sigismond de Luxembourg, roi de Hongrie.
La bataille constitue un des tournants de la conquête des Balkans par les armées de l’Empire Ottoman. Alors que les Paléologues rivalisent avec les Cantacuzène pour le pouvoir à Constantinople, ces derniers demandent par deux fois — en 1346 et en 1352 — l’aide de l’armée ottomane pour combattre leurs rivaux. Lors de sa dernière intervention, cette armée, au lieu de franchir de nouveau le Bosphore, décide de s’installer en Thrace. Les Ottomans conquièrent la Thrace et asservissent la Bulgarie et la Serbie.
Le basileus Manuel II Paléologue et le roi de Hongrie Sigismond Ier, relayés par le pape Boniface IX, demandent l’organisation d’une croisade qui repousserait les forces ottomanes au-delà du Bosphore. La France et l’Angleterre, qui observent à cette époque une trêve dans les combats de la guerre de Cent Ans, répondent dans un premier temps à l’appel bien qu’en définitive seule la France envoie 10 000 soldats - dont 1 000 chevaliers et écuyers - auxquels viennent s’ajouter des troupes d'Allemands, d’Alsaciens, de Tchèques, de Transylvains et de Valaques, ainsi que des Hospitaliers sous les ordres de celui qui deviendra leur grand maître , le prieur d'Aquitaine Philibert de Naillac.

 Principaux chefs de guerre chrétiens
Sigismond Ier de Luxembourg, roi de Hongrie,
Jean sans Peur, comte de Nevers, fils de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, commandant de l'ost français
Gui de La Trémoïlle (1346-1397), dit le vaillant, Grand Chambellan héréditaire de Bourgogne, et conseiller favori de Philippe le Hardi
Jacques II de Bourbon, comte de la Marche, comte de Castres
Jean de Vienne, amiral de France,
Jean II Le Meingre, dit Boucicaut, maréchal de France,
Geoffroy de Kerimel, Maréchal de Bretagne
Philippe d'Artois, comte d'Eu, connétable de France,
Guillaume III de GUENAND, seigneurs des Bordes, porte-oriflamme de la France,
Enguerrand VII de Coucy
Regnault de Roye, chambellan du roi,
Philibert de Naillac, prieur d'Aquitaine des Hospitaliers de Rhodes
Nicolas de Gara, palatin de Hongrie,
Mircea, prince de Valachie,
Henri de Bar, gendre d'Enguerrand de Coucy
Stephen II Lacković, ban croate
Vuk Branković, seigneur médiéval serbe
Humbert le Bâtard, demi-frère d'Amédée VIII
Ivan Sratsimir, roi du Tsarat de Vidin
Principaux chefs de guerre ottomans
Bayezid Ier, sultan ottoman
Stefan Lazarevic, prince serbe, Stefan était chrétien mais à la suite de la bataille de Kosovo Polje 1389, il était devenu vassal et beau-frère de sultan Bayezid Ier

Les armées alliées à la Hongrie établissent leur jonction à Bud (Buda) en juillet.
Sigismond propose aux chefs chrétiens une stratégie plutôt défensive, conseillant d'attendre l'armée de Bayezid plutôt que de se porter au-devant des troupes ottomanes. Toutefois cette stratégie est rejetée, lors du discours d'Enguerrand de Coucy, porte-parole des chevaliers français. « pour conquérir toute la Turquie, et pour aller en l'Empire de Perse… ».
Sur leur route vers Nicopolis, les croisés capturent Vidin, puis prennent la ville de Rachova (Oryahovo en Bulgarie) dont une partie des habitants est gardée en otage, contre l'avis de Sigismond. Cet épisode marque le début d'une méfiance entre Hongrois et Français qui durera pendant toute la croisade.
Les croisés sont alors accusés de pillage et de maltraitance en traversant les territoires musulmans. Toutefois, il faut garder à l'esprit que les chroniqueurs de l'époque recherchaient une raison à l'échec de la croisade, en blâmant l'immoralité des croisés. Leurs affirmations sont sujettes à caution.
Les croisés continuent vers Nicopolis, prenant quelques places, mais délaissant une citadelle d'où partiront des messagers pour prévenir le sultan turc Bayezid de l'arrivée de l'armée chrétienne.
Nicopolis est une cité fort bien défendue par des tours et de fortes murailles et les croisés n'ont apporté aucun engin de siège. Après avoir tenté quelques échelades, sans succès, et échoué dans une tentative de sape, il apparaît que la cité ne pourra être prise par la famine qu'après un long siège.
Ainsi qu'ils l'avaient déjà fait pendant leur voyage, les nobles de l'armée chrétienne s'installent dans un faste confortable, profitant de la vie pendant que dure le siège. Ceux-ci pensent que le sultan Bayezid se trouve loin, peut-être même de l'autre côté du Bosphore. La suffisance du commandement est telle qu'il néglige d'organiser des missions de reconnaissance. Ce sont donc les fourrageurs, chargés de rapporter du foin pour les chevaux, qui les premiers signalent des opérations de l'armée ottomane. Ces premiers rapports sont même négligés, notamment par Boucicaut, craignant que la nouvelle ne démoralise les croisés.
En réalité, le sultan assiège Constantinople et est en mesure d'accourir au secours de Nicopolis dès l'annonce de son siège. Les Ottomans sont d'autant mieux renseignés que le duc de Milan Gian Galeazzo Visconti les a informés des mouvements de l'armée chrétienne.
Sigismond finit par envoyer le comte Jean de Maroth en reconnaissance; ce dernier confirme à son retour que l'armée de Bayezid opère près de Tirnovo, à une centaine de kilomètres du camp croisé. La nouvelle est apprise par les habitants de Nicopolis, qui la célèbrent dans la joie. Malgré cela, le commandement chrétien reste persuadé que le sultan n'attaquera pas

À l'annonce de l'arrivée de l'armée turque, les croisés s'affolent et se préparent en toute hâte. Certains sont encore en train de dîner, d'autres sont saouls, et la confusion s'installe dans plusieurs unités. À ce moment, les prisonniers de Rachowa sont tous exécutés, un acte de barbarie dénoncé jusqu'en Europe occidentale.
Jean de Nevers et les chevaliers français ont exigé de constituer l'avant-garde de l'armée chrétienne, par vanité, et ceci contre l'avis du commandement hongrois et valaque, pourtant plus familier des stratégies turques pour les avoir affrontées sur les champs de bataille. Sigismond alors divise ses troupes en trois parties: Nicolas de Gara au centre, à la tête des troupes hongroises, allemandes, tchèques, alsaciennes et flamandes ainsi que les Hospitaliers ; le flanc droit de cette armée, les Transylvains menés par Stefan Lazkovitch et les Valaques sur le flanc gauche. Sigismond commande directement la réserve.
En face, Bayezid aligne son avant-garde composée d'archers à pied (azab) et de janissaires, qui masque le champ de pieux destiné à briser l'assaut de la cavalerie adverse. Le gros de l'armée ottomane, en particulier sa cavalerie (archers ou akindji et sipahis), et ses alliés serbes reste caché derrière les collines.
La première charge de la chevalerie française se heurte à la présence des pieux et doit poursuivre le combat sans ses chevaux. Les chevaliers, cuirassés dans leurs harnois, résistent aux volées de flèches de l'archerie ottomane et enfoncent l'infanterie adverse. Les Ottomans comptent de très nombreuses victimes et la chevalerie française entend pousser son avantage. Elle attaque et défait la cavalerie ottomane qui fuit vers l'arrière-garde.
Bien que toujours à pied, les chevaliers poursuivent les fuyards en direction des collines et finissent par tomber sur le gros de l'armée de Bayezid. Ils sont écrasés par le nombre ; de nombreux chevaliers sont tués — dont Jean de Vienne et Regnaut de Roye— et les principaux chefs de guerre français sont capturés — Jean de Nevers, Enguerrand de Coucy, Boucicaut, Philippe d'Artois…
Voyant l'ost français en difficulté, Sigismond tente de rétablir l'équilibre avec l'infanterie restante. Toutefois l'entrée en jeu de la cavalerie lourde serbe de Stefan Lazarevic fait pencher la balance en faveur des Ottomans et Sigismond, comprenant que l'issue de la bataille ne fait plus de doute, choisit de s'échapper. Escorté par le futur grand maître des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, Philibert de Naillac, et quelques chevaliers hospitaliers, il rejoint les bouches du Danube sur un bateau hospitalier, d'où il embarque sur un des vaisseaux de la flotte vénitienne.
La bataille est terminée et l'ost des croisés capitule.

En représailles de l'exécution des mille otages de Rachova, en Bulgarie et des lourdes pertes que son armée a dû essuyer dans cette bataille, le sultan Bayezid fait massacrer la plupart des prisonniers croisés, soit environ trois mille.
Seuls les plus fortunés sont épargnés et réduits en esclavage dans l'attente du paiement de rançons très élevées : par exemple, le duc Philippe le Hardi doit payer la somme astronomique de 100 000 florins pour la libération de son fils Jean, et est obligé d'emprunter l'argent à son banquier Dino Rapondi. La somme réclamée par Bayezid pour la libération de ses 24 prisonniers de marque aurait atteint 200 000 ducats. Certains chevaliers français, tels Gui de La Trémoïlle, Philippe d'Artois ou Enguerrand de Coucy meurent néanmoins en captivité ou sur le chemin du retour.
Dans les cours française et bourguignonne, au-delà de la consternation née lorsque la nouvelle de la défaite arrive par un chevalier picard du nom de Jacques de Heilly, on fête le retour des chevaliers rançonnés comme de véritables héros et on s'empresse d'imputer la débâcle à Sigismond ou à la lâcheté de certains alliés qui auraient fui le combat - les Valaques ou les Transylvains… Pour sa part, Sigismond n'a guère à souffrir de la défaite de la croisade qu'il avait appelée de ses vœux puisqu'il sera élu « empereur romain germanique » en 1433.
La défaite de Nicopolis marque la fin des croisades pour l'Europe Occidentale. Les combats continuent à l'ouest - jusqu'à l'achèvement de la reconquista dans la Péninsule ibérique - et en Méditerranée mais les nations des Balkans doivent désormais lutter seules face à l'avancée ottomane, avec pour conséquence la chute de Constantinople le 29 mai 1453.


 

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MessagePosté le: Mar 9 Mai - 07:03 (2017)    Sujet du message: 9 Les conflits concernant l'Empire Otoman (sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille de Djerba est une bataille navale qui a lieu du 9 au 14 mai 1560 le long des côtes tunisiennes (au large de Djerba). Elle oppose la flotte de l'Empire ottoman, commandée par Piyale Pacha et Dragut, à une flotte européenne principalement composée de navires espagnols, napolitains, siciliens et maltais.
La bataille de Djerba représente l'apogée de la domination navale des Ottomans en Méditerranée.
Depuis la défaite de la bataille de Préveza, subie en 1538 face à la flotte ottomane commandée par Khayr ad-Din Barberousse, ainsi que la désastreuse expédition d'Alger de l'empereur Charles Quint en 1541, les principales puissances navales du bassin méditerranéen, l'Espagne et la République de Venise, se sentent de plus en plus menacées par les Ottomans et les corsaires barbaresques.
En 1551, les Ottomans prennent Tripoli aux mains des chevaliers de Malte, faisant de la ville un centre important pour les raids de pirates en Méditerranée et la capitale de la province ottomane de Tripolitaine.
Cette menace s'accentue lorsque Dragut mène l'invasion des îles Baléares en 1558, avec 150 navires et 15 000 hommes, et s'empare de Ciutadella de Menorca qui n'est défendue que par une petite garnison de quarante soldats (réduisant en esclavage plus de 4 000 habitants) ; il organise ensuite des raids contre les côtes méditerranéennes espagnoles en compagnie de Piyale Pacha. Le roi Philippe II d'Espagne décide alors de réagir et invite le pape Paul IV et ses alliés européens à entreprendre la reconquête de la ville de Tripoli, possédée par les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem jusqu'en août 1551, date à laquelle Dragut s'en empare, exploit qui lui a valu d'être nommé bey de Tripoli par le sultan ottoman Soliman le Magnifique

L'historien William H. Prescott aurait écrit que les sources décrivant la bataille étaient tellement contradictoires qu'il défiait le lecteur de les réconcilier.
En 1559, Philippe II autorise les chevaliers de Malte et le vice-roi de Naples à monter une expédition contre Tripoli et l'île de Djerba. Les historiens les plus réputés pensent que la flotte rassemblée par les puissances chrétiennes comporte environ cinquante à soixante galères et quarante à soixante navires plus petits. Par ailleurs, Giacomo Bosio, l'historien officiel de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem a indiqué qu'elle comportait 54 galères.
Fernand Braudel donne également le chiffre de 54 navires de guerre complétés par 36 navires de transport. L'un des comptages les plus détaillés est celui de Carmel Testa qui eut accès aux archives de l'ordre de Malte. Il liste précisément 54 galères, sept bricks, 17 frégates, deux galions, 28 navires marchands et douze petits navires. Ils étaient fournis par une coalition composée des républiques de Gênes et Naples, de la Sicile, de Florence, des États pontificaux et de l'ordre de Malte.
La flotte se rassemble à Messine sous le commandement de Giovanni Andrea Doria (neveu de l'amiral génois Andrea Doria) puis se dirige vers Malte où elle est bloquée pendant deux mois par le mauvais temps. Durant cette période, quelque 2000 hommes périssent en raison de diverses maladies. Le 10 février 1560, la flotte appareille pour Tripoli. Le nombre précis de soldats embarqués n'est pas connu. Braudel donne pour sa part le chiffre de 10 000 à 12 000, Testa 14 000 alors que des sources plus anciennes donnent un chiffre supérieur à 20 000, une exagération au regard du nombre d'hommes que peut contenir une galère du xvie siècle.
Bien que l'expédition n'accoste pas loin de Tripoli, le manque d'eau, la maladie et une violente tempête poussent les commandants à abandonner leurs objectifs d'origine et, le 7 mars, ils appareillent vers l'île de Djerba qu'ils prennent rapidement. Le vice-roi de Sicile, Don Juan de la Cerda, duc de Medina Coeli, ordonne la construction d'un fort sur l'île. À ce moment-là, une flotte ottomane d'environ 86 galères et galions, placés sous le commandement de l'amiral ottoman Piyale Pacha, est déjà en route depuis Istanbul. Cette flotte arrive à Djerba le 11 mai, à la surprise des forces chrétiennes

La bataille est une affaire d'heures : près de la moité des galères chrétiennes sont prises ou coulées. Anderso donne le bilan total des pertes chrétiennes à 18 000 mais Guilmartin les réduit à environ 9 000 dont près des deux-tiers sont des rameurs.
Les survivants trouvent refuge dans le fort, achevé quelques jours auparavant, qui est rapidement attaqué par les forces combinées de Piyale Pacha et Dragut (qui a rejoint Piyale Pacha au cours du troisième jour) mais pas avant que Giovanni Andrea Doria réussisse à s'échapper dans un petit navire. Après un siège de trois mois, la garnison se rend et, selon Bosio, Piyale Pacha ramène 5 000 prisonniers à Istanbul, dont le commandant espagnol, Don Alvaro de Sande, qui avait pris le commandement de la flotte chrétienne après la fuite de Doria. Les circonstances des derniers jours de la garnison assiégée sont contradictoires. Ogier Ghislain de Busbecq, l'ambassadeur autrichien à Istanbul, raconte dans ses Lettres turques que, reconnaissant la futilité de la résistance armée, de Sande essaya de s'échapper dans un petit bateau mais fut rapidement capturé. Dans d'autres récits, notamment celui de Braudel, il dirige une tentative de sortie le 29 juillet et se fait alors capturer. À travers les efforts de Busbecq, de Sande est libéré quelques années plus tard. Il combattra à nouveau les Ottomans lors du siège de Malte en 1565
Une tour composée de crânes, dite Borj-er-Rous, aurait été érigée par Dragut en hommage à cette bataille. Elle est détruite en 1848 sur ordres du bey de Tunis, à la demande du ministre espagnol des affaires étrangères, et remplacée par un obélisque
La bataille de Djerba représente l'apogée de la domination navale des Ottomans en Méditerranée qui grandissait depuis leur victoire à la bataille de Prévéza 22 ans plus tôt. Ils assiègent ensuite la nouvelle base de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1565 (après l'avoir chassé de Rhodes en 1522) mais perdent cette bataille décisive. Il faut attendre la destruction d'une large flotte ottomane à la bataille de Lépante en 1571 pour que la réputation d’invincibilité des Ottomans s'effondre.
Toutefois, à la suite de la prise de Chypre en 1571, les Ottomans parviennent à reconstruire leur flotte en moins d'un an et prennent Tunis aux Espagnols et à leurs vassaux hafsides en 1574
 


La bataille de Varna a eu lieu le 10 novembre 1444 entre Varna et Kaliakra dans l'Est de ce qui est actuellement la Bulgarie. Elle oppose les forces du sultan Murad II aux croisés commandés par Ladislas III Jagellon, roi de Pologne et de Hongrie. La bataille se solda par une victoire ottomane.
Après leur défaite à Belgrade en 1440, les Ottomans ont signé une trêve de dix ans avec la Hongrie que cette dernière ne respectait pas, puisqu'elle s'est entendue avec la République de Venise et le pape Eugène IV pour organiser une nouvelle croisade. Murad II, rappelé au pouvoir par le Grand Vizir Çandarlı Halil Hayreddin Pacha, décida donc de mener son armée sur les terres occidentales. Des bateaux français et italiens firent traverser le Bosphore à son armée.
L'armée chrétienne commandée par les voïvodes de Transylvanie et de Valachie, Jean Hunyadi et Vlad Dracul, était principalement formée de Hongrois, de Roumains et de Polonais, mais comptait aussi des détachements tchèques, croates, serbes, bulgares et russes, ainsi qu'un détachement français commandé par le légat papal Julien Cesarini.
La flotte vénitienne ne pouvait pas empêcher le transport des renforts turcs en provenance d'Asie Mineure. À cause de cela, Venise a été accusée de trahison et d'avoir laissé traverser le Bosphore aux turcs, chose qu'elle niera toujours.
Le 9 novembre, les Chrétiens sont alertés de la présence d'une énorme armée turque autour de Kaliakra, Jean Hunyadi va en reconnaissance l'examiner. Réalisant que les forces turques surpassent largement en nombre celles des Chrétiens, il convoque immédiatement un conseil de guerre. Cesarini est favorable à un retrait, les Turcs ayant l'avantage du terrain. Mais la fuite aurait laissé la possibilité aux Turcs de harceler sans relâche les Chrétiens, de plus la fierté du roi Ladislas et de Hunyadi leur interdisait la fuite. Cesarini propose alors de camper sur une position défensive et d'attendre des renforts moldaves, génois et grecs par la Mer Noire, de manière à prendre les Turcs à revers. Tous approuvent sauf Hunyadi qui préfère une attaque frontale pour paniquer l'ennemi. « S'échapper est impossible, se rendre est impensable. Battons-nous avec courage et honorons nos armes », dit-il.
Les Chrétiens, lancés dans un combat désespéré, se battent bravement et font de terribles dégâts dans les rangs turcs ; à tel point que la victoire aurait pu leur appartenir si le jeune roi de Pologne n'avait pas commis l'erreur de se lancer à la tête d'un petit contingent vers Murad, voulant le faire prisonnier. Le sultan apeuré est sur le point de fuir quand les Janissaires le retiennent et taillent en pièces le roi polonais dont la tête fut exposée dans la capitale ottomane.
Après cet épisode désastreux, les Chrétiens sont démoralisés, d'autant qu'une tempête empêche la venue de la flotte des Byzantins, des Moldaves et des Génois. L'armée chrétienne se dégage de la nasse de Kaliakra et fuit devant les Musulmans. Autant d'hommes périrent au cours de la bataille que lors de la fuite. Toutefois les pertes sévères infligées aux forces du sultan par les croisés retardèrent son avancée en Europe.


Le siège de Belgrade a eu lieu du 4 juillet au 22 juillet 1456. Après la chute de Constantinople en 1453, le sultan ottoman Mehmed II rassemblait des forces en vue de conquérir le Royaume de Hongrie. Son objectif immédiat était de s'emparer de la forteresse (en hongrois : végvár) de la ville de Belgrade (en hongrois : Nándorfehérvár). Jean Hunyadi, un noble hongrois seigneur de la Transylvanie, qui s'était déjà battu pendant deux décennies contre les Ottomans, s'attendait à leur attaque.
Le siège de Belgrade se transforma en une bataille majeure, au cours de laquelle Hunyadi conduisit une contre-attaque qui submergea le camp turc, contraignant le sultan Mehmed II, blessé durant l'affrontement, à lever le siège et à battre en retraite. Selon le pape Calixte III, ce siège « décida du sort de la Chrétienté »
À la fin de l'année 1455, Jean Hunyadi commença à organiser la résistance contre les Ottomans. À ses propres frais, il approvisionna et arma la forteresse de Belgrade, qu'il munit d'une forte garnison commandée par son beau-frère Mihály Szilágyi et son fils aîné László. Lui-même quitta la ville pour former une armée de soutien, ainsi qu'une flotte de deux cents corvettes. Les seigneurs hongrois, redoutant son pouvoir grandissant, le laissèrent encore une fois financer l'opération. En revanche, Hunyadi reçut l'appui du frère franciscain Jean de Capistran, qui prêchait le lancement d'une croisade. Grâce à lui, une armée de paysans et de fermiers, pour certains simplement armés de frondes et de faux, vint se ranger sous la bannière de Hunyadi, qui avait déjà réuni autour de lui quelques mercenaires et cavaliers. Au total, Hunyadi pouvait compter sur 25 à 30 000 hommes
Le sultan Mehmed II, surnommé Mehmed le Conquérant, à la tête d'une armée d'environ 70 000 soldats, arriva à Belgrade et mit le siège devant la ville le 4 juillet 1456. Dans la place, Szilágyi pouvait compter sur 5 à 7 000 hommes. Du haut d'un promontoire, le sultan commença à faire feu sur les murailles de la ville le 29 juin 1456. Il répartit ses hommes en trois corps. Le corps de Rouméliens, d'origine européenne, disposait de la majorité des 300 canons6 engagés dans le siège, la flotte ottomane, forte de deux cents navires mobilisant le reste. Les Rouméliens furent rangés sur le flanc ouest de l'armée, les Anatoliens occupant le flanc est. Au centre se trouvaient les janissaires, qui constituaient la garde personnelle du sultan, ainsi que le poste de commandement. Les Anatoliens, comme les janissaires, formaient un corps d'infanterie lourde. Mehmed II établit le gros de sa flotte au nord-ouest de la ville, de façon à contrôler les zones marécageuses situées autour de Belgrade et pour empêcher l'arrivée d'éventuels renforts. Il s'agissait aussi de surveiller la Save, au sud-ouest, pour empêcher que l'infanterie ne soit débordée par l'armée d'Hunyadi. Le Danube, à l'est, était gardé par les spahis, le corps de cavalerie légère du sultan, de façon que l'armée ne puisse être débordée sur la droite. Les 7 000 soldats de la forteresse tenaient bon. Pour leur défense, les assiégés comptaient principalement sur leur forteresse, l'une des plus importantes des Balkans depuis que Stefan Lazarević, en 1404, en avait fait la capitale du Despotat de Serbie. Le despote avait alors fait effectuer d'importants travaux pour transformer la citadelle byzantine en une puissante ville fortifiée .

Jean Hunyadi apprit la nouvelle du siège alors qu'il se trouvait en Hongrie pour recruter des troupes supplémentaires. Le cardinal Jean de Capistran l'y avait rejoint. Hunyadi et Capistran voyagèrent ensemble, chacun commandant ses troupes. À eux deux, ils réunissaient 40 à 50 000 hommes. Le 14 juillet 1456, Jean Hunyadi arriva à proximité de Belgrade et parvint à briser le blocus naval des Turcs, coulant trois galères et s'emparant de 24 navires.
Le 21 juillet, Mehmed II, désireux de tirer avantage des dommages causés à la forteresse, ordonna de donner l'assaut ; lancé au coucher du soleil, il dura toute la nuit. Les assiégeants entrèrent dans la ville basse et commencèrent à attaquer le fort. Hunyadi ordonna aux défenseurs de Belgrade de lancer sur les Ottomans des matériaux enflammés. Et, de fait, à cause des flammes, les janissaires furent séparés du reste de leur armée. Ils furent encerclés par les hommes de Szilágyi et le combat tourna à l'avantage des Chrétiens. Les Hongrois réussirent à repousser l'assaut des attaquants à l'extérieur des murs. Les janissaires, enfermés dans la ville, furent massacrés et les soldats turcs qui tentaient de s'emparer de la ville haute subirent de lourdes pertes. À un certain moment, un soldat turc réussit presque à planter l'étendard du sultan au sommet d'un bastion, mais un soldat appelé Titus Dugović (en hongrois : Dugovics Titusz) se jeta sur lui pour l'en empêcher et les deux hommes tombèrent du haut de la muraille. Quelques années plus tard, en souvenir de cet acte, le roi de Hongrie Matthias Corvin, anoblit le fils de Titus Dugović

Le 22 juillet 1456, les paysans-croisés engagèrent une action spontanée et contraignirent Capistran et Hunyadi à tirer parti des événements. En dépit des ordres de Hunyadi, des assiégés sortirent des murs de Belgrade à demi détruits et attaquèrent les soldats ottomans. Les spahis tentèrent en vain de repousser les attaquants. Immédiatement, d'autres Chrétiens rejoignirent le combat et ce qui était un incident isolé se transforma en une véritable bataille.
Jean de Capistran, qui tentait d'ordonner un repli, se vit entouré de 2 000 Croisés. Il prit alors la décision de se mettre à leur tête et les lança contre les lignes ottomanes en criant : « Le Seigneur, qui a fait le commencement, prendra soin de la fin ». Au même moment, Hunyadi lança une charge à partir du fort pour s'emparer des canons turcs. Selon les chroniqueurs, les Turcs, paralysés par la surprise, prirent la fuite. Les janissaires, au nombre de 5 000, tentèrent en vain de mettre un terme à la panique et de reprendre le camp. Le sultan lui-même s'engagea dans la bataille et se battit avec un chevalier en combat singulier ; il reçut une flèche dans la cuisse et tomba inanimé. Profitant de l'obscurité, les Turcs battirent en retraite, transportant leurs blessés dans 140 chariots. Le sultan reprit conscience dans la ville de Sarona. Apprenant que son armée avait été mise en déroute, que ses chefs avaient été tués et tout l'équipement abandonné sur place, il tenta de prendre du poison mais en fut empêché. Il rentra alors à Constantinople
Juste après la victoire, la peste fit son apparition dans l'armée hongroise. Jean Hunyadi fut touché par la maladie et mourut le 11 août 1456.
L'échec du siège de Belgrade arrêta la percée ottomane en Europe centrale pendant quelques années et offrit un répit de 70 ans à la Hongrie. Mais l'Empire ottoman conquit rapidement la Serbie et la Bosnie. Soliman le Magnifique s'empara de Belgrade en 1521 et fit le siège de Vienne en 1529. Leur avancée ne fut définitivement arrêtée qu'après la bataille de Vienne, en 1683

 

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