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Date de fondation du forum: 15 avril 2012.
MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1)
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saintluc



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MessagePosté le: Ven 21 Avr - 08:25 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

Revue du message précédent :

Farciennes
Le 22 août 1914 des régiments indéterminés de l'armée impériale allemande y passèrent par les armes 20 civils et détruisirent 146 maisons, lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion.
Monceau-sur-Sambre
Première Guerre mondiale : les troupes allemandes entrent à Bruxelles le 20 août 1914 et, suivant l'axe nord-sud Bruxelles-Charleroi, trois armées allemandes convergent vers la vallée de la Sambre pour prendre en tenaille et détruire la 5e armée française du général Lanrezac : à l'ouest la 1re armée de von Kluck, au nord la 2e armée de von Bülow et à l'est la 3e armée de von Hausen. Une grande bataille aura lieu à Charleroi et au sud de la ville, mais Lanrezac parviendra habilement à se dégager et à éviter ainsi à la France un nouveau Sedan.
Les 19 et 20 août 1914, les troupes françaises en retraite sont bien accueillies à Monceau et y prennent leur cantonnement. Le vendredi 21 août, les Français quittent la commune pour occuper les positions stratégiques de Marchienne, Gozée et Fontaine-l'Évêque où va s'amorcer la première bataille de la Sambre. Pour couvrir leur retraite, ils déploient en embuscade quelques hommes bien armés aux endroits les plus propices pour retarder la progression des troupes de von Bülow supérieures en nombre et en armement. Ce même jour, sur ordre du gouvernement belge, la garde civique vient d'être démobilisée pour démentir les allégations de l'ennemi : des "francs-tireurs" belges font le coup de feu sur les soldats allemands.

Le samedi 22 août, une patrouille de uhlans - de 25 à 35, selon un témoignage recueilli ultérieurement - circulant du lieu-dit "le Ruau" vers le pont enjambant la Sambre à Marchienne-au-Pont, est mitraillée par les soldats français essaimés en embuscade dans le quartier de la gare jusqu'en bordure de la Sambre. L'escarmouche fait 7 tués et de nombreux blessés parmi les uhlans, certains rescapés rejoignent leur quartier-général stationné près du charbonnage du Martinet et racontent, dans leur épouvante, que des civils ont tiré sur eux. Il est à peine 9 heures du matin et le général von Susskind des troupes d'assaut décide, en représailles, d'incendier Monceau. La soldatesque pille les maisons, massacre, moleste et humilie les habitants avant de bouter le feu. En très peu de temps, l'axe Ruau - Marchienne-État et les rues voisines sont transformés en brasier. Les survivants sont parqués comme du bétail pour servir parfois de bouclier humain. Au "Hameau", devant la résistance acharnée des soldats français, les Allemands massacrent des civils ou les font marcher devant eux pendant leur percée vers Gozée.
En fin de compte, la 1re DI et le 2e RUR de l'armée impériale allemande a passé par les armes soixante-trois civils et détruit deux cent quarante-huit maisons lors des « atrocités allemandes » commises au début de l'invasion

Montignies-sur-Sambre
Depuis de nombreuses générations, les Piérard faisaient commerce de tissus. Ils faisaient les marchés et avaient un magasin à la chaussée de Charleroi (actuellement ING, la maison reculée face à Taaj, l’ancien Lidl). Vers 1870, deux des fils ont fondé les Usines du Marais, un laminoir racheté après 1918 par Sambre-et-Moselle qui allait devenir Hainaut-Sambre. L’un d’eux était Jacques Piérard, joueur de balle pelote réputé et futur bourgmestre de Montignies. L’autre était Sébastien Piérard qui fit construire un « château », ce genre de grande maison de capitaines d’industrie.
A sa mort en 1900, c’est sa fille Mathilde qui en hérita et continua à y vivre en compagnie de ses domestiques. Le 22 août 1914, les Allemands entrent à Montignies vers midi. Mais la bataille fait rage à Loverval et les troupes sont bloquées tout le long de la chaussée de Gilly (actuellement avenue du Centenaire). Tout cela dans le calme. Les habitants viennent voir les soldats. Tout se passe bien jusque vers 17h00 où les Allemands se mettent à tirer sur les civils.
Depuis un siècle, on se demande pourquoi. C’est ma cousine Adeline Feron, la nièce de Mathilde Piérard, qui m’a expliqué la raison de ce changement. L’homme à tout faire de Tante Mathilde était monté au grenier avec des jumelles pour regarder par la tabatière le déroulement de la bataille de Loverval. Là-bas, un officier a vu un éclair dans la tabatière et est redescendu vers Montignies pour dire au Major allemand que des francs-tireurs se trouvaient dans cette maison (il s’agissait en fait du reflet du soleil sur les jumelles !) Le Major a ordonné la fouille de la maison. Ne trouvant aucune arme, il a fait incendier la maison vers 18h00 et l’homme à tout faire a été battu à mort pour avouer. Quant à Mathilde et sa servante, elles ont été traînées devant la gare (actuellement Carrefour) pour assister à l’incendie de leur maison. Les otages gilliciens et carolos y ont aussi été ramenés pour y assister, depuis la place communale où ils avaient été parqués.
Ne trouvant pas d’arme chez Mathilde, les Allemands sont allés fouiller le bâtiment voisin, à savoir l’éco
Même scénario : pas d’armes, incendie, et les frères amenés devant la gare. Furieux de ne rien découvrir, les Allemands ont continué à incendier les maisons à partir de là jusque sur la place communale.
Ensuite, les otages, parmi lesquels Tante Mathilde, sa servante et les frères, ont été amenés sur les ponts de la Sambre, les hommes sur le pont et les femmes sur le déversoir, où ils ont passé toute la nuit dans l’humidité (pluie ou brouillard, selon les témoignages). Là, ils ont vu, à l’aller et au retour, le bourgmestre de Charleroi, Emile Devreux, qui se rendait en voiture au château de Parentville pour signer les accords de Couillet.
Le 22 août 1914, le 19e DIR de l'armée impériale allemande passa par les armes 35 civils et détruisit 103 maisons lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion. Des civils furent utilisés comme boucliers humains. Des personnes furent placées sur le pont de la Sambre pour qu'on ne le fasse pas exploser; d'autres durent progresser devant les troupes allemandes en direction de Nalinnes. L'hôpital Ste Thérèse échappa de peu à l'incendie. Le 10 novembre et le 11 au matin, Montigny fut soumis à des "bombardements" par aéroplanes. Le 18, les Anglais arrivèrent.
Ethe
Le 23 août 1914, les 46e, 47e, 50e et 6e RI de l'armée allemande y passent 218 civils par les armes et y détruisent 256 maisons, lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion.
Bièvre
Le 23 août 1914, de rudes combats opposèrent les Allemands, qui venaient de Haut-Fays et les Français, qui venaient d'Orchimont. Les morts de cette bataille, au nombre de plusieurs centaines, furent d'abord enterrés sur place, puis ramenés, en 1917, au cimetière du lieu-dit « Borbouze », à la gare de Graide, puis, en 1932 au grand cimetière militaire de Maissin. Le village eut en outre à déplorer 17 civils fusillés et l'incendie de 72 maisons.
Bouge
Le 23 août 1914, les 71e et 95e RI de l'armée impériale allemande, passèrent par les armes dix-huit civils et détruisirent quarante-huit maisons, ces faits sont expliqués dans l'ouvrage de Horne et Kramer récemment paru, Atrocités allemandes.

 
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MessagePosté le: Ven 21 Avr - 08:25 (2017)    Sujet du message: Publicité

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saintluc
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MessagePosté le: Ven 21 Avr - 09:30 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille de Dinant est une bataille de la Première Guerre mondiale qui opposa les troupes françaises à l'armée allemande, du 15 au 23 août 1914.
Elle est devenue tristement célèbre le 23 août 1914 par le massacre de 674 civils par les forces allemandes, notamment dans le quartier des Rivages et dans le village de Neffe.
Au début de la Première Guerre mondiale, l'armée allemande, qui combat sur deux fronts, décide de frapper vite et fort, dès le mois d'août. L'invasion de la Belgique et du Grand-duché de Luxembourg n'est qu'une étape dans l'avancée vers la France. Dinant, sur la Meuse, est située sur l'axe principal de l'invasion de l'armée impériale allemande.
La ville dispose d'une importance stratégique, située entre Mons et Liège et près des frontières française et allemande.
À partir du 6 août, les Allemands mènent des patrouilles de reconnaissance dans la région de Dinant.
Le 9 août, peu de temps après que l'Empire allemand ait déclaré la guerre à la France, le 148e régiment d'infanterie de l'armée Française venant de Givet se déploie à Dinant et occupe la rive gauche de la Meuse


Le 15 août, à l'aube vers 6 h du matin, les 12e bataillon de chasseurs de Freyberg et 13e bataillon des Garde-Jäger lancent une attaque sur la ville. L'artillerie allemande, déployée à l'ouest de Sorinnes ouvre le feu sur Dinant, touchant notamment la citadelle. À 11 h, le général Henry Victor Deligny ordonne à l'artillerie française (21e RAC) de répliquer. À 11 h 40, la citadelle tombe aux mains des Allemands malgré la défense des Français.
Le duel d'artillerie continue et les obus allemands pleuvent sur les positions françaises. Vers 13h20, le général Deligny ordonne de reprendre chaque recoin de la ville. Vers 16 h, le 8e régiment d'infanterie (RI) se regroupe et traverse la Meuse afin de reprendre la citadelle. La victoire est totale, le drapeau allemand est déhissé et une vingtaine de soldats allemands sont faits prisonniers.
La population dinantaise acclame les troupes françaises en chantant La Marseillaise. Les pertes allemandes s'élèvent à 3 000 soldats tués, prisonniers disparus au total tandis que le 8e RI perd 54 hommes et subit 9 officiers blessés au cours de la reprise de la citadelle.
À la fin de la journée, les tirs d'artillerie allemands cessent et les troupes allemandes battent en retraite.
Les jours suivants, la région de Dinant est survolée par les avions allemands, quelques escarmouches continuent d'avoir lieu, les unités françaises se replient sur la rive gauche de la Meuse prêtes à intervenir en cas d'attaques allemandes

Dinant est parmi les villes les plus durement touchées par les atrocités allemandes en 1914.
Dans la nuit du 21 au 22 août, des cavaliers allemands soutenus par des automitrailleuses s’engagent dans la rue Saint-Jacques non-défendue et mettent le feu aux habitations. Dans la journée du 22 août, 2 500 civils tentent de fuir derrière les lignes françaises et sont accueillis par les troupes françaises. Le quartier-général donne bientôt l'ordre de battre en retraite.
Le 23 août, les Allemands, suspectant de compter dans la population dinantaise des francs-tireurs, rassemblent un grand nombre d'habitants qu'ils fusillent. On recense 674 hommes, femmes et enfants passés par les armes lors de ce massacre et plus d'un millier d'habitations incendiées. Quelques compagnies françaises tentent encore sans répit de défendre Dinant.
Les nombreux massacres et pillages perpétrés par les Allemands donna l'avantage moral aux Alliés. En effet, le concept de « guerre du droit » joua un rôle central dans l'engagement des États-Unis en 1917.
Un cimetière militaire a été inauguré sur la citadelle en 1923, où reposent les 1 200 soldats français tombés pendant les combats d'août 1914.
Un monument du nom de L'Assaut, sculpté par le belge Alexandre Daoust, est par ailleurs situé près du cimetière, commémorant la reprise de la citadelle par les Français le 15 août 1914


Le lieutenant Charles de Gaulle, futur chef de la France libre et président de la République française, est touché à la jambe pendant cette bataille, le 15 août (« fracture du péroné par balles avec éclats dans l'articulation »). Il rejoindra ensuite le 33e RI sur le front de Champagne pour commander la 7e compagnie.
Une statue du lieutenant Charles de Gaulle de 2,5 mètres de haut a été inaugurée le 15 août 2014 par le petit-neveu de Charles de Gaulle et du petit-fils du Chancelier Konrad Adenauer, en présence des autorités locales et de l'ancien délégué Général de la Wallonie et de Bruxelles à Paris Paul-Henry Gendebien. Elle est l'œuvre du dernier artisan dinandier de Dinant Guido Clabots.
Jusque le 6 mai 2001, le drapeau allemand n'a pas flotté sur le pont de Dinant en raison de l'épisode du massacre des 674 civils par l'armée allemande. C'est la date choisie par les autorités communales pour organiser une cérémonie de « rapprochement » avec l'Allemagne, et « tourner » la page de ces évènements. Ce jour-là, le ministre allemand de la Défense est venu exprimer officiellement les regrets de son peuple aux Dinantais


La bataille des Frontières désigne l'une des premières phases de combats de la Première Guerre mondiale sur le front Ouest en août 1914, juste après la mobilisation des différents belligérants. Comme il s'agit d'une expression française, le terme désigne la série d'affrontements entre les troupes allemandes et franco-britanniques le long des frontières franco-belge et franco-allemande, sur une période allant du 7 au 23 août 1914.
Elle comprend plusieurs zones de combats : d'une part en Haute-Alsace (batailles de Mulhouse et de Dornach), dans les Vosges (bataille du Donon, etc.) et sur le plateau lorrain (batailles de Morhange et de Sarrebourg) où les Allemands repoussent les offensives françaises, d'autre part dans l'Ardenne belge (bataille des Ardennes) et le sillon Sambre-et-Meuse (batailles de Charleroi et de Mons) où les Français, les Belges et les Britanniques sont enfoncés par l'offensive allemande.
Les victoires allemandes, notamment en Belgique, entrainent à partir du 23 août la retraite de l'aile gauche française et de la petite armée britannique jusqu'en Champagne : c'est la Grande Retraite, qui se termine par la bataille de la Marne au début de septembre. En Lorraine, le front se stabilise sur la même période.
Plusieurs années avant que les hostilités soient déclarées, les différents belligérants ont préparé des plans de mobilisation des réservistes et de concentration des troupes aux frontières, qui vont être déterminants pour les opérations d'août 1914.
Le plan de déploiement allemand (Aufmarschplan) a été préparé par le chef de l'État-Major général Moltke le Jeune et mis à jour annuellement (le dernier date de 1913). Ce plan, surnommé ultérieurement « plan Schlieffen » du nom du prédécesseur de Moltke jusqu'en 1905, prévoit d'une part la concentration de la majeure partie des armées allemandes à l'ouest (sept armées face aux Français et une seule face aux Russes), d'autre part le passage par la Belgique pour déborder largement les fortifications françaises (en allant jusqu'au-delà de Bruxelles).
Cet encerclement par un flanc doit se faire avec une aile droite allemande très forte (1re, 2e et 3e armées) qui doit passer sur la rive gauche de la Meuse en Belgique avant de marcher vers Paris, un centre (4e et 5e armées) qui doit traverser le massif ardennais en s'alignant sur l'aile marchante pour la protéger, tandis que l'aile gauche (6e et 7e armées) doit occuper l'armée française en s'appuyant sur les fortifications d'Alsace-Lorraine (Moselstellung autour de Metz et de Thionville, retranchements de campagne le long de la basse-Nied et Breuschstellung de la place de Strasbourg au fort de Mutzig). Pour avoir assez d'unités en ligne, les unités de réserve forment des corps d'armée (Reserve-Korps) engagés immédiatement lors des opérations

Organisation des armées allemandes à l'Ouest le 18 août 19147
 Commandants et
chefs d'état-major
 Composition :
corps et divisions
Missions
Kluck
et Kuhl
cinq corps (II., III. & IV. A.K. ; III. & IV. R.K. ; 10., 11. & 27. Ldw.-Brig.), soit 10 DIattaquer par LiègeBruxelles et Mons
Bülow
et Lauenstein
huit corps (G.K. ; VII., IX. & X. A.K. ; II. Kav.K. ; G.R.K. ; VII. & X. R.K. ; 25. & 29. Ldw.-Brig.), soit 14 DI et 3 DCattaquer par Liège et Charleroi
Hausen
et Hoeppner
cinq corps (XI., XII. & XIX. A.K. ; I. Kav.K. ; XII. R.K. ; 47. Ldw.-Brig.) soit 8 DI et 2 DCattaquer par Dinant
duc de Wurtemberg
et Lüttwitz
six corps (VI., VIII. & XVIII. A.K. ; IV. Kav.K. ; VIII. & XVIII. R.K. ; 49. Ldw.-Brig.) soit 10 DI et 2 DCattaquer par Arlon et Neufchâteau
Kronprinz de Prusse et Knobelsdorfcinq corps (V., XIII. & XVI. A.K. ; V. & VI. R.K. ; 13., 43., 45. & 53. Ldw.-Brig. ; 9. bay.Ldw.-Brig.) soit 10 DIattaquer par Longwy, puis investir la place de Verdun
Kronprinz de Bavière
et Krafft
six corps (I., II. & III. bay.A.K. ; XXI. A.K. ; III. Kav.K. ; I. bay.R.K. ; 5. bay.Ldw.-Brig.) soit 10 DI et 3 DCdéfendre entre Metz et Vosges, puis attaquer Nancy
Heeringen
et Hänisch
trois corps (XIV. & XV. A.K. ; XIV. R.K. ; 55. & 60. Ldw.-Brig. ; 1. & 2. bay.Ldw.-Brig.) soit 6 DIdéfendre les Vosges et l'Alsace
L'État-Major général, dont le chef (Moltke) est sous les ordres de l'empereur (Guillaume II), dispose aussi de la VIIIe armée (six corps d'armée, soit treize divisions) qui doit faire face à l'armée russe, du 9e corps de réserve (deux divisions) qui surveille les côtes de la mer du Nord, de quatre divisions de réserve autonomes, de six divisions d’Ersatz et de la division de marine. La garde des places fortes est confiée à des unités de Landwehr, tandis que la garde des voies de communication est confiée à la Landsturm. Au total, vers le 18 août, l'Empire allemand a sous les drapeaux 3 822 000 hommes, dont 2 398 000 font partie de l'armée de campagne, dont environ 1 690 000 sont déployés face à l'ouest. Les différents Kriegspiel réalisés depuis 1905 prévoient trois réactions françaises : soit une offensive en Lorraine, soit une contre-offensive dans les Ardennes, soit un redéploiement défensif le long de la frontière française

Le plan XVII de 1913 (applicable à partir du 14 avril 1914) organise la concentration de l'armée française le long des frontières franco-allemande et franco-belge, de Mézières au nord jusqu'à Belfort au sud : le passage des forces allemandes à travers le sud de la Belgique est pris en compte comme une hypothèse probable. À partir du décret de mise en application du plan, la mobilisation et la concentration ont besoin de quinze jours pour terminer la mise en place des derniers réservistes et de 19 jours pour les unités de la territoriale. Ce plan prévoit la division du corps de bataille en cinq armées, avec sa gauche (la 5e armée) aux débouchés des Ardennes, son centre en Lorraine (3e, 2e et 1re), sa droite face à l'Alsace (un détachement de la 1re) et une armée (la 4e) en réserve. Tout est prévu pour déployer rapidement l'armée, mais le plan XVII n'évoque qu'à peine les opérations postérieures à la concentration. Son principal auteur, le général Joffre, a écrit dans ses mémoires : « j'étais pénétré de l'idée qu'il était impossible de fixer à l'avance une manœuvre définitive. On ne peut établir un plan d'opération qu'après la mobilisation, quand les choses se dessinent. »
Cependant les intentions françaises sont clairement de passer le plus vite à l'offensive, pour éviter l'invasion, pour ne pas perdre l'initiative et parce qu'elle a été promise à l'allié russe. Si les Allemands respectent la neutralité belge, trois offensives françaises sont envisagées successivement en Haute-Alsace (par le détachement de la 1re armée), sur l'est du plateau lorrain (par les 1re et 2e armées) et au nord de la Moselstellung (par les 3e et 5e armées); la 4e armée peut alors soit s'intercaler entre les 2e et 3e pour soutenir l'offensive au centre, soit entre les 5e et 3e pour l'offensive de l'aile gauche. Si par contre les Allemands entrent en Belgique, la 4e armée doit d'abord se déployer entre les 5e et 3e ; ensuite les 1re et 2e armées doivent attaquer comme précédemment en Alsace et en Lorraine ; enfin les 3e, 4e et 5e armées lanceront leur offensive à travers le Luxembourg belge et le Thionvillois
Restent aux ordres du général en chef (Joffre) ou en réserve du ministre de la Guerre (Messimy) : le 1er corps de cavalerie (du général Sordet : trois DC), deux groupes de divisions de réserve (six DI), l'armée des Alpes (six DI : une d'active, quatre de réserve et une territoriale), l'armée d'Afrique (trois DI d'active), le camp retranché de Paris (sept DI : deux de réserve et cinq de territoriale) et quelques divisions gardant le littoral et les Pyrénées (huit DI : une de réserve et sept de territoriale). Au total, vers le 18 août, la République française a sous les drapeaux 3 580 000 hommes, dont 1 681 100 forment le corps de bataille (le reste formant les garnisons, gardant les voies ferrées ou étant dans les dépôts), mais seuls les 1 046 000 hommes des divisions d'active combattent (les divisions de réserve et celles de territoriale sont soit en seconde ligne, soit sur des secteurs calmes ; elles ne sont pas engagés avant la fin d'août)

Organisation des armées françaises au 2 aoûthttps://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_Fronti%C3%A8res#cite_note-20

Commandants et chefs d'état-majorZones de
concentration
Composition :
corps et divisions
EffectifsMissions
1re armée
(armée de Dole)
Dubail
et Demange
autour de Remiremont et Charmescinq corps (7e8e13e14e et 21e), soit 10 DI et 2 DC266 452 h.attaquer vers Mulhouse et Sarrebourg
2e armée
(armée de Dijon)
Castelnau
et Anthoine
autour de Pont-Saint-Vincent et Neufchâteaucinq corps (9e15e16e18e et 20e) et le 2e GDR, soit 13 DI et 2 DC323 445 h.attaquer vers Morhange
3e armée
(armée de Châlons)
Ruffey
et Grossetti
autour de Saint-Mihiel et Verduntrois corps (4e5e et 6e) et le 3e GDR, soit 10 DI et 1 DC237 257 h.surveiller la place de Metz
4e armée (armée de Fontainebleau)Langle de Cary
et Maistre
autour de Saint-Dizier et Bar-le-Ductrois corps (12e17e et CAC), soit 6 DI et 1 DC159 588 h.en réserve sur l'Argonne
5e armée
(armée de Paris)
Lanrezac
et Hély d'Oissel
d'Hirson à Dun-sur-Meusecinq corps (1er2e3e10e et 11e), soit 12 DI et 1 DC299 350 h.surveiller le massif ardennais
Le 1er août 1914, les gouvernements français (à 15 h 45) et allemand (à 17 h)16 prennent la décision de lancer leur mobilisation, faisant entrer en application leur plan respectif à compter du 2 août17. L'Empire allemand déclare la guerre à la République française le 3 (à 18 h 45) et au Royaume de Belgique le 4 (à 6 h), puis en soirée le Royaume-Uni fait de même vis-à-vis de l'Allemagne (à 23 h)18. Plusieurs rencontres ont lieu entre les unités françaises et allemandes chargées d'assurer la couverture le long de la frontière commune, la première le 2 août au matin à Jonchery près de Belfort où un caporal français et un lieutenant allemand sont tués.
L'annonce de l'entrée des troupes allemandes au Luxembourg dès le matin du 2 août confirme à l'État-Major français l'hypothèse d'une attaque allemande par le flanc tentant de déborder la concentration en passant par la Belgique (envahie à partir du 4 août au matin); ordre est donc donné dès le 2 août au soir à l'aile gauche française de se déployer pour contrôler les débouchés des Ardennes (c'est une variante prévue au plan XVII): la 4e armée, jusque là en réserve, doit s'intercaler entre la 3e et la 5e de Sedan à Montmédy, la 5e armée se décale un peu plus à l'ouest d'Hirson à Charleville, la moitié de la 3e armée se redéploie de Montmédy à Spincourt, tandis que le corps de cavalerie est envoyé en couverture et reconnaissance en avant de la 5e, dans l'Ardenne belge (le gouvernement belge donne l'autorisation aux Français d'entrer en Belgique le 4 août à 23 h). Le 5, Joffre fait installer son état-major (le GQG) à Vitry-le-François ; le 7, il demande à son ministre deux croix de commandeur de la Légion d'honneur, 20 croix d'officier, 200 de chevalier et 500 médailles militaires. 


Molke est d'abord retenu à Berlin par l'empereur, puis ils s'installent avec l'État-Major (l'OHL) à Coblence à partir du 17.
Aux troupes françaises se rajoutent les unités belges et britanniques, mais l'ensemble n'est pas sous un commandement unique. Le corps expéditionnaire britannique (British Expeditionary Force, commandé par le Field marshal French) arrive tardivement : quatre divisions d'infanterie et une de cavalerie débarquent du 9 au 17 août au Havre, à Rouen et à Boulogne, puis sont transportées par voies ferrées jusqu'au Cateau et Maubeuge, à l'extrémité gauche du dispositif français, et sont opérationnelles à partir du 20. Quant à l'armée belge, son corps de bataille comprend 117 000 hommes essentiellement répartis dans six « divisions d'armée », dont quatre se concentrent de Louvain à Tirlemont, la 3e dans la position fortifiée de Liège et la 4e dans celle de Namur.

La situation militaire en Belgique en août 1914 est le principal centre d'intérêt des deux état-majors allemand et français. Pour Moltke, la Belgique doit être traversée de façon à déborder les armées françaises du Nord-Est par un mouvement tournant en coup de faux qui les coupe de leurs arrières. Pour donner à cette manœuvre la plus grande ampleur possible, il groupe cinq armées sur les sept armées allemandes déployées sur le front. C'est, au total, 29 corps d'armée (26 d'infanterie et trois de cavalerie) : 18 d'entre eux (formant les Ire, IIe et IIIe armées) qui sont chargés de passer la Meuse depuis Liège jusqu'à Dinant, tandis qu'onze autres (les IVe et Ve armée) doivent s'aligner avec cette aile marchante pour protéger son flanc en Ardenne de Givet à Thionville7. La Belgique sert donc de champ de bataille aux deux principaux belligérants : l'initiative y est allemande, avec le franchissement de la frontière luxembourgeoise dès le 2 août 1914, puis de celle de la Belgique le 4. Le gouvernement belge donne l'autorisation aux Français d'entrer en Belgique le 4 août à 23 h23.
L'hypothèse de la violation de la neutralité de la Belgique ou de la Suisse est envisagée par les plans de concentration français dès 1878, avec pour certains d'entre eux une variante pour débarquer des troupes au plus près. Mais leur point commun est de ne prévoir une invasion qu'au sud de l'axe Meuse – Sambre, considérant que les Allemands n'auraient pas assez de troupes pour aller plus au nord, sans dégarnir la Lorraine. Seul le projet en février 1911 du général Michel, qui fut refusé, évoque une offensive allemande beaucoup plus ample et propose un plan massant une des armées françaises (avec sept corps) entre la mer et la Sambre. Joffre, qui remplace Michel en juillet 1911, envisage l'éventualité d'une offensive allemande en Belgique mais uniquement sur la rive droite de la Meuse, avec environ dix corps d'armée : à cette fin, le plan XVII a prévu de concentrer une forte aile gauche française entre Mézières et Verdun, composée des 5e, 4e et 3e armées françaises, capable d'attaquer dans l'Ardenne belge. Mais l'État-Major français considère l'invasion de la Belgique comme peu probable car très favorable aux Français :
« Pour envahir la Belgique, nos adversaires ne disposeront tout au plus que de dix corps d'armée  Eh bien général, voici un double décimètre, veuillez mesurez la distance qui sépare Malmédy de Lille et calculer le développement dangereux pour leurs troupes d'un mouvement aussi excentrique par rapport à leur ligne d'invasion. Ce serait une grave imprudence de leur part ! Mais ils ne commettront pas cette faute et nous n'aurons pas cette chance-là ! »
— Castelnau (sous-chef de l'État-Major de 1911 à 1913) au général Lebas.
Les combats entre les Allemands et les Belges autour de Liège, de Haelen, de Namur et d'Anvers sont regroupés sous le nom de « bataille de Belgique » et ne font pas partie de la « bataille des Frontières », mais les deux affrontements sont étroitement liés.

L'armée belge, encore en pleine mobilisation, se déploie pour couvrir Bruxelles, avec une première ligne de Tirlemont à Gembloux (1re et 5e divisions d'armée, auxquels se rajoutent les restes de la 3e à partir du 7) et une seconde de Louvain à Wavre (2e et 6e divisions) ; sa droite s'appuie sur la position fortifiée de Namur, gardée par la 4e division. Les Belges, conscients de leur infériorité, font appel le soir du 4 août au Royaume-Uni, à la France et à la Russie pour les soutenir. Le 5 août au matin, Joffre ordonne au corps de cavalerie français (commandé par le général Sordet, avec trois divisions) d'entrer en Belgique, lui confiant le soir comme mission d'explorer au nord de Neufchâteau. Les cavaliers français sont le 6 à Bouillon, Bertrix et Paliseul, mais comme le roi des Belges envoie à Poincaré deux appels à l'aide, le corps reçoit l'autorisation de chevaucher vers Liège pour des raisons « morales et diplomatiques »; ils atteignent Huy le 8 mais sont rappelés le jour même. Le 8, l’Instruction générale no 1 de Joffre précise : « Au nord, une armée allemande, où l'on trouve les éléments de 5 corps d'armée, a pénétré en Belgique et est engagée en partie contre les forces belges » ; en conséquence, la 3e armée française doit être « prête à agir dans la direction du nord », la 4e à « attaquer entre Meuse et Argonne », la 5e « entre Mouzon et Mézières », le corps de cavalerie dans la « région Mariembourg, Chimay » et le 4e groupe de divisions de réserve se regrouper autour de Vervins.
Dès l'aube du 5 août, des unités de la 4e division de cavalerie allemande passent la Meuse sur des barges à Lixhe (en aval de Liège, juste à côté de la frontière néerlandaise) et forment une tête de pont protégeant la construction d'un pont de bateaux85. Regroupées sur la rive gauche, les unités du 2e corps de cavalerie allemand (du général von der Marwitz) encerclent Liège, puis à partir du 9 août s'avancent à l'ouest de Tongres et se heurtent le 12 à la division de cavalerie belge (du général de Witte) sur la Gette autour de Halen (bataille des casques d'argent). Le 15, les unités allemandes ayant terminé leur concentration (les corps de réserve ne sont pas encore arrivés) atteignent la Meuse et commencent à traverser, la 1re armée essentiellement au nord de Liège (par Visé, Argenteau et Flémalle), la 2e plus au sud. Le 17, quatre corps d'armée de la 1re se déploient de Hasselt à Saint-Trond, quatre autres de la 2e de Liège à Huy. Le même jour, l'OHL (c'est-à-dire l'empereur et Moltke) s'installe à Coblence, marquant la fin de la mobilisation et le début de la campagne par une directive, ordonnant l'offensive de toute l'aile droite à partir du lendemain. Le 18, le roi Albert Ier ordonne le repli de l'armée belge à l'abri de la position fortifiée d'Anvers: des combats d'arrière-garde ont lieu à Diest et Tirlemont, mais la ligne le long de la Gette est abandonnée immédiatement, puis celle sur la Dyle. La 1re armée allemande entre à Bruxelles le 20, masquant Anvers avec un corps de réserve, tandis que la 2e s'aligne de Genappe à Gembloux, confiant l'investissement de Namur au corps de réserve de la Garde, et que la 3e atteint Marche

      

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MessagePosté le: Ven 21 Avr - 10:03 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

Okay on y est pas encore en faite moi je suis né a un km de binche +-15km de monsentre les deux Mons Borinage et Charleroi mais je connait bien fontaine l eveque jai habite a 2km.
marchienne monceau sur Sambre Montignie sur Sambre pour avoir travaille a hainaut sambre aciérie en regie pour une entreprise électrique Nalinnes ses au dessus de loverval
le rayon de soleil qui existe encore on y soignais les grand brule maintenant il sont plutôt dirigé ver l hôpital militaire près de Bruxelles les autre ville je ne connait pas mais bouge ses prés de Namur
donc je situe bienje vient de lire ton rajou wavre ses un peut plus pre de chez moi quand meme 60km mais la ville de wavre je connait ha Genappe ses prés de chez moi11km on se rapproche
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MessagePosté le: Sam 22 Avr - 06:05 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

Les Rivages est un quartier de la ville belge de Dinant située en Région wallonne dans la province de Namur. Cet ancien hameau se trouve en bord de Meuse (rive droite) juste au sud du rocher Bayard.
Le hameau fut le théâtre d'atrocités allemandes durant la Première Guerre mondiale, le 23 août 1914. Il semble que dans le cas des Rivages, comme d'autres quartiers de Dinant, la fausse croyance sincère des soldats allemands dans l'existence de francs-tireurs a pu s'exacerber du fait de l'impression des résonances données par l'explosion des balles et leur écho dans la vallée particulièrement encaissée notamment à la hauteur des Rivages : « La surface de l'eau amplifiant les sons, la rivière donne l'impression qu'un tir à certaine distance vient de tout près, une erreur d'interprétation renforcée par le mur rocheux abrupt sitiué derrière les Rivages, qui distord les échos et qui empêche de localiser la provenance des tirs. »
Neffe
Le 23 août 1914, les mêmes troupes allemandes qui passèrent par les armes 674 habitants de Dinant massacrèrent à Neffe 81 femmes, hommes et enfants, dont certains réfugiés dans l'avaloir qui passe sous le chemin de fer, là où il croise le charreau. Les autres sont emmenés sur la rive droite où ils sont exécutés devant le mur Bourdon .
Horne et Kramer décrivent comme suite le massacre. Le 101e régiment de grenadiers et la 3e compagnie de génie entrent dans le faubourg des Rivages au milieu de l'après-midi. Ce quartier est situé sur la rive droite de la Meuse et comme elle st à cet endroit très étroite, il contient peu d'habitations. Le génie allemand doit construire un pont de bateaux pour passer la Meuse. Un certain nombre de soldats sont tués par un feu soutenu sur le pont déjà avancé de 40 mètres. Les Allemands l'attribuent à des francs-tireurs provenant des deux côtés de la rivière. La surface de l'eau amplifiant les sons, l'écho des détonations sur les rochers et les ricochets des balles tirées part les Français sur ceux-ci donnent aux soldats de l'armée impériale le sentiment qu'ils sont pris à revers. M.Bourdon, un magistrat est envoyé vers la rive ouest (Neffe), pour avertir les habitants que si les tirs continuent des otages seront exécutés. Après de nouveaux coups de feu, les Allemands fusillent les civils dont M.Bourdon revenu sur la rive droite. Parmi ceux-ci, quinze enfants de moins de quatorze ans (dont sept bébés) et sept vieillards de plus de 70 ans. « Lorsque le 101e régiment de grenadiers atteint la rive ouest, ils continuent la tuerie dans le village de Neffe ; quatre-vingt-six habitants périssent. Trente-trois d'entre eux sont retrouvés sous un viaduc de chemin de fer où ils ont été abattus, et quarante-trois sont conduits sur la rive droite, où ils sont exécutés devant le mur de M.Bourdon.»

Hastière-par-delà
Le curé d’Hastière, l’abbé Schlögel, également inspirateur de ce projet, fut assassiné par les Allemands le 24 août 1914 comme dix-huit autres de ses paroissiens, parmi lesquels, Honoré Ponthière, fondateur de l'institut Electro-mécanique de l'Université de Louvain, par des hommes des 103e, 104e et 133e régiments d'infanterie de l'armée allemande.
Spontin
Le village fut incendié et presque complètement détruit le 23 août 1914 ; la population fut décimée.
Waulsort
Le 23 août 1914, au début de la Première Guerre mondiale, le 181e RI de l'armée impériale allemande y passa par les armes 14 civils et y détruisit 11 maisons lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion.
Flénu
Le 23 août 1914, l'armée allemande fusilla douze civils et y détruisit douze maisons lors des atrocités allemandes commises au début de la Première Guerre mondiale, lors des combats de la bataille de Mons. Les 24 et 25 août, 67 soldats allemands trouvèrent la mort à Flénu, de même que 17 Britanniques. Le 9 novembre 1918, Flénu fut libéré par les Canadiens.
Quaregnon
 Le 23 août 1914 le 24e RI de l'armée impériale allemande passa par les armes 66 civils et détruisit 137 maisons lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion. Plusieurs familles de mineurs trouvèrent refuge sur le Plateau matheysin, au sud de Grenoble (France). Cette région du Dauphiné, réputée pour ses mines d'anthracite (fermées en 1997), accueillit beaucoup de Belges, notamment à La Mure.
Ville-Pommerœul
Le 23 août 1914, la 7e DI et le 165e RI de l'armée allemande passèrent 14 civils par les armes lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion.

Saint-Léger (Gaume)

Le 23 août 1914, des unités indéterminées de l'armée impériale allemande détruisirent 6 maisons et passèrent 6 civils par les armes lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion.
Bertrix
Le 24 août 1914, les 115e, 116e, 117e, 118e RI de l'armée impériale allemande, passèrent par les armes 11 civils et détruisirent 4 maisons, lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion.
L'histoire et la mémoire de Bertrix sont, par ailleurs, étroitement attachées à celle de Montauban (France). En effet, « Les soldats de la 33e Division d’Infanterie basé à Montauban seront décimés dans la forêt de Bertrix, le 22 août 1914 ». Dans chacune de ces deux localités, une statue a été récemment érigée pour rappeler la tragédie de ces premiers combats de la Grande Guerre.
Houdemont
Le 24 août 1914, le 23e RI de l'armée impériale allemande y passa 11 civils par les armes et y détruisit 68 maisons, lors des atrocités allemandes commises lors de l'invasion.

Izel
Le 24 août 1914, des régiments indéterminés de l'armée impériale allemande passèrent par les armes 20 civils et détruisirent 161 maisons lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion.
Offagne
Le 24 août 1914, le 118e IR de l'armée allemande y passa par les armes 13 civils au cours des atrocités allemandes commises au début de l'invasion dans le village d'Assenois qui avant la fusion des communes faisait partie d'Offagne.
Hermeton-sur-Meuse
Le 24 août 1914, le 106e IR de l'armée impériale allemande passa par les armes 20 civils et détruisit 161 maisons lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion.
Latour
Lors de la Première Guerre mondiale, le 24 août 1914, le 50e IR et le 6e IR de l'armée impériale allemande y passèrent par les armes 71 civils. Ce chapitre de l'histoire fait partie des atrocités allemandes commises lors de l'invasion.
Anthée
Le 25 août 1914, les 104e et 106e RI de l'armée impériale allemande y passèrent 13 civils par les armes et y détruisirent 71 maisons, lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion. Parmi les civils froidement assassinés se trouvait le bourgmestre, le docteur Félix Jacques, fusillé avec son plus jeune fils.
Romedenne
En 1914, le village est incendié par les troupes allemandes qui tuent 11 civils. 119 maisons sur les 198 sont détruites

 Surice
Les massacres du 25 août 1914 — Au cours de l’invasion, les troupes allemandes tuent avec cruauté 69 personnes — hommes, femmes et enfants — dont 36 habitants et incendient le village; seules 8 maisons sur les 138 que compte le village sont épargnées. Trois monuments rappellent cette funeste journée : le monument aux Morts sur la place communale (portant le nom de toutes les victimes), une colonne marquée de 69 petites croix, à côté de l’église, et sur les lieux d’un massacre collectif, dans une praire à l’entrée du village, un petit enclos comprenant une croix en fer.
Surice a été déclaré "village-martyr" de la Première Guerre mondiale : le 25 août 1914, les 104e, 106e, 107e RI de l'armée impériale allemande passèrent par les armes 56 civils et détruisirent 132 maisons, c'est-à-dire quasiment tout le village, lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion.
Frasnes-lez-Couvin

Le 26 août 1914, les 100e, 101e et 104e RI de l'armée impériale allemande y passèrent 10 civils par les armes et y détruisirent 145 maisons lors des atrocités allemandes, commises au début de la Première Guerre mondiale. Seules 2 maisons restèrent intactes.
Le 16 septembre 1914, 34 prisonniers civils français provenant du canton de Montmirail, furent fusillés sans jugement au pied de la carrière du Lion.

 

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MessagePosté le: Sam 22 Avr - 21:30 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

Okay Okay Okay dse region que je connait anthee frasne-les-couvin romedenne hermethon sur bier Quaregnon au borinage pres de mons
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MessagePosté le: Dim 23 Avr - 06:23 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

Saint-Trond
9 août 1914, la brigade des hussards de la garde de l'armée impériale allemande passa par les armes 20 civils et détruisit un nombre indéterminé de maisons lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion.
Haybes

En août 1914 Haybes est entièrement détruite par l'armée allemande et une partie de la population massacrée. L'avance allemande s'est, en effet, accompagnée d'exactions nombreuses contre les populations civiles, notamment à Dinant, en Belgique. Haybes marque la fin de ces violences : les croyants de Fumay attribueront cette accalmie à l'intervention de Notre-Dame de Diversmonts, renforçant ainsi la dévotion ancienne. Haybes, comme l'ensemble des Ardennes, est occupée durant 4 ans.
Jarny
Située à seulement quelques kilomètres de la frontière franco-allemande de 1871, correspondant à la Moselle actuelle, Jarny est occupée par les troupes allemandes dès les premiers jours du conflit. Le 26 août 1914, quatre otages sont fusillés pour l'exemple : Henri Génot, maire de la ville, l’abbé Léon Vouaux, frère du curé de Jarny, Jean Bernier, et François Fidler. La liste des victimes continuera de s'allonger avec Cosme Aufiero, Jean Bérard (4 ans), Alexis Fournier, Ernest L’Hermite, Henri Menne, Adrien Pérignon, son épouse Eugénie née Sponville et leur fils Fernand (17 ans), Charles Plecis, et un autre Français, inconnu. Toujours en août 1914, des travailleurs italiens des mines de Jarny sont fusillés dans l'actuelle rue Albert 1er, à quelques pas de l’actuelle place Henri Génot : Gerolamo Bernacchini, Andrea Bisesti, Giuseppe Brigatti, Vincenzo Cesaroni, Stefano Gaggioli, Angelo Luisetti, Enrico Maffi (13 ans), Luigi Pesenti, Stefano Piralli, Giovanni Testa, Giovanni Tron, Giuseppe Vaglia, Amilcare et Giovanni Zoni.
Toujours en août 1914, l'église et plusieurs maisons sont incendiées.
La commune restera sous la domination de l'armée allemande jusqu'à l'Armistice, en novembre 1918.
Badonviller
La ville fut incendiée le 12 août 1914, 84 maisons ont été brûlées par les Bavarois à la suite de la résistance du 20e bataillon de chasseurs à pied (BCP) de Baccarat sur le 16e IR bavarois. 12 civils ont été assassinés par l'occupant et deux soldats français blessés furent achevés, abandonnés aux flammes dans l'écurie de l'hôtel de la gare. 14 otages furent arrêtés et déportés. Madame Benoit, femme du maire en place, était tuée dans les événements, fusillée avec une dizaine de femmes et de jeunes filles.
À la suite de cette prise, véritable exploit pour l'armée bavaroise, le chef de la musique du régiment Georg Fürst (de) écrivit la Badonviller-Marsch (de), la marche de Badonviller, musique militaire qu'il est toujours possible d'entendre. Cette musique sera la préférée d'Adolf Hitler selon un article de Time où il est possible de lire qu'Hiltler se réservait l'usage de cette marche pour ponctuer ses apparitions publiques. Elle met en avant la première victoire allemande contre les Français sans évidemment parler des exactions qui eurent lieu dans le village.
D'importants combats se sont déroulés en février-mars 1915 au col de la Chapelotte à Angomont ; le mémorial a été dressé à Badonviller.
En 1918, Badonviller est détruite à 72 %, elle acquerra le titre de Cité martyre.

Nomeny
Le 20 août 1914, les 2e , 4e et 8e régiments d'infanterie bavarois de l'armée impériale allemande bombardent, envahissent, incendient le village. Le bilan est de 55 morts, dont 7 asphyxiés dans les caves.
Ordre no 2 du Cdt de la 8e Brigade d'Infanterie bavaroise en date du 20 août 1914
Côté nord de Nomeny, par ordre du commandant de division, deux compagnies reçoivent l'ordre suivant: Tous les habitants de Nomeny, y compris femmes et enfants, sont à chasser dans la direction de l'ennemi. Les malades non transportables sont à rassembler dans une maison convenable. Les hommes montrant la moindre résistance sont à fusiller sans forme de procès. Tâchez surtout d'appréhender le maire et lui déclarer qu'à la prise de Nomeny, après son évacuation par les troupes françaises, de nombreux non combattants ont tiré sur les soldats allemands et qu'il aurait à expier, par sa mort, ce crime de la population de Nomeny. Le village est à incendier entièrement ; seules les maisons portant le drapeau de la Croix-Rouge, servant réellement d'abri aux malades et blessés, sont à épargner. En plus, la route à l'est conduisant au pont de la Seille est à laisser intacte.
Ordre du jour du général von Oven, gouverneur de Metz en date de 21 août 1914
Dans les combats d'hier autour de Nomeny, il est à regretter qu'à nouveau des civils aient tiré dans le dos de nos braves soldats du 4e Régiment bavarois. En conséquence, j'ai fait fusiller les coupables et incendier les maisons jusqu'au sol de telle manière que la localité de Nomeny est anéantie. Je porte ce fait à la connaissance de tous à toutes fins utiles.
Le 22 août 1914, 75 habitants furent assassinés en quelques heures.


La question du droit de la guerre est traité dans l'Encyclopédie de la grande guerre (1914-1918), article qui renvoie lui-même à tous les problèmes posés notamment par les civils dans le droit de la guerre et, entre autres, le fait que la participation de non-belligérants « est un acte illégal qui peut être librement sanctionné pénalement par la puissance qui les détiendrait »
Deux historiens irlandais, John Horne et Alan Kramer, auteurs de German Atrocities paru à Dublin en 2001, qui ont consulté longuement des archives tant françaises que belges et allemandes concluent que la conviction des Allemands selon laquelle des francs-tireurs firent feu sur les troupes allemandes dans les premiers jours de l'attaque d'août 1914 est une « fausse croyance sincère ». Les auteurs s'efforcent de comprendre aussi les racines de cette croyance :
dans l'expérience réelle des francs-tireurs français de la guerre franco-prussienne de 1870 ;
dans un certain conservatisme des dirigeants (politiques et militaires) allemands méfiants à l'égard des insurrections populaires ;
dans le sentiment confus que la résistance de l'Armée belge, à laquelle ils ne s’attendaient pas, avait quelque chose d'illégitime, celle-ci faisant le jeu de la France. Cette croyance persista en 1940 où 80 habitants de Vinkt en Flandre furent passés par les armes : les chasseurs ardennais venaient d'infliger une défaite à un régiment allemand ;
dans certains éléments techniques de l'armement de l'époque ou certaines particularités des lieux (comme aux Rivages).
dans la panique qui amena les troupes prussiennes à s'entretuer, ces faits devant être camouflés par l'état-major.
Dans Apologie pour l'histoire, Marc Bloch écrit : « Beaucoup de maisons belges présentent, sur leurs façades, d'étroites ouvertures, destinées à faciliter aux recrépisseurs le placement de leurs échafaudages ; dans ces innocents artifices de maçons, les soldats allemands, en 1914, n'auraient jamais songé à voir autant de meurtrières, préparées pour les francs-tireurs, si leur imagination n'avait été hallucinée de longue date par la crainte des guérillas. »


Ces exactions peuvent aussi résulter du fait que les Allemands ont particulièrement mal pris le fait que la Belgique :
n'accepta pas les termes de l'ultimatum allemand (laisser passer les troupes allemandes sur son sol, dans le but d'attaquer la France) et
permit à l'armée française de contre-attaquer l'armée allemande sur le sol belge.
La position belge fut basée sur le fait que l'indépendance et la neutralité de la Belgique étaient garanties par les puissances signataires des traités de Londres (Traité des XVIII articles et Traité des XXIV articles). Selon cette thèse, la Belgique se devait de refuser le passage de l'armée allemande sur son sol. Par contre et selon la même thèse, dès la violation de sa neutralité et de son indépendance, la France et le Royaume-Uni pouvaient et même devaient intervenir.
La position allemande fut fondée sur le fait que, selon eux, la Belgique avait dû s'allier à la France et au Royaume-Uni et donc trahir sa neutralité, pour préparer, avant l'attaque allemande, les opérations de contre-offensive.
Le fait que de nombreuses exactions se soient déroulées directement après les batailles relatives à la contre-offensive française (Dinant, notamment) appuie cette explication.
Axel Tixhon, professeur d’histoire contemporaine à l'université de Namur, va plus loin et avance une troisième hypothèse « Les troupes allemandes ont sciemment organisé ces massacres, avec l’ordre de le faire [...] Vu le nombre de cas et le fait qu’ils soient perpétrés par les différentes armées allemandes, on peut penser que des consignes ont été données pour terroriser la population belge. Des témoignages, des écrits attestent de ces ordres, notamment au sein de la 3e armée allemande, composée de troupes saxonnes, qui traverse l'Est de la Belgique, le Condroz et s’attaque à Dinant ».
Le plan Schlieffen et plus tard le concept de Blitzkrieg reposaient sur une attaque rapide de la Belgique et de la France (l'Allemagne devant prendre l'initiative) et sur l'inertie attendue du Royaume-Uni. La résistance de l'Armée belge et les réponses rapides françaises et britanniques étaient de nature à contrecarrer ce plan.



 

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MessagePosté le: Dim 23 Avr - 07:04 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

Le génocide arménien est un génocide perpétré d'avril 1915 à juillet 1916, voire 1923, au cours duquel les deux tiers des Arméniens qui vivent alors sur le territoire actuel de la Turquie périssent du fait de déportations, famines et massacres de grande ampleur. Il est planifié et exécuté par le parti au pouvoir à l'époque, le Comité Union et Progrès (CUP), plus connu sous le nom de « Jeunes-Turcs », composé en particulier du triumvirat d'officiers Talaat Pacha, Enver Pacha et Djemal Pacha, qui dirige l'Empire ottoman alors engagé dans la Première Guerre mondiale aux côtés des Empires centraux. Il coûte la vie à environ un million deux cent mille Arméniens d'Anatolie et d'Arménie occidentale.
Les déportations et massacres sont préparés et organisés depuis Constantinople, alors capitale de l'Empire, et mis en œuvre à l'échelle locale par les responsables des divers districts et provinces. Chaque responsable local est chargé de rassembler ses administrés arméniens, puis les soldats et gendarmes ottomans escortent les convois jusqu'au désert dans des « marches de la mort » et procèdent eux-mêmes aux assassinats ou laissent libre cours à la violence de groupes de bandits armés majoritairement kurdes. De nombreux criminels, regroupés dans ce qui sera connu comme l'« Organisation spéciale », ont été libérés par les autorités à cette fin.
Sa reconnaissance politique à travers le monde fait encore l'objet de débats et de controverses, à cause de la négation de ce génocide, notamment en Turquie. En octobre 2015, le génocide est reconnu par les parlements de vingt-neuf pays.


Les six vilayets arméniens de l'Empire ottoman en 1900.

La situation précédant le génocide permet en théorie de comprendre ce qui s'est passé et quelles en ont été les conséquences. Toutefois, les données démographiques sur la population arménienne vivant dans l'Empire ottoman avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale ne concordent pas, que l'on prenne celles du patriarcat arménien de Constantinople (plus élevées) ou celles, officielles, des autorités ottomanes (plus modestes).
La plupart des estimations considèrent qu'entre un million et demi et deux millions et demi d'Arméniens vivaient dans l'Empire ottoman avant le génocide.
Le patriarcat arménien a procédé à plusieurs recensements durant les dernières décennies du xixe siècle : trois millions d'Arméniens selon les statistiques apportées par la délégation arménienne au congrès de Berlin (1878), deux millions six cent soixante mille selon une nouvelle statistique datant de 1882. Finalement, les sources du patriarcat arménien donnent une population arménienne d'environ deux millions cent mille personnes à la veille de la Première Guerre mondiale. Entre-temps avaient eu lieu les massacres hamidiens, les massacres de Cilicie et plusieurs vagues d'émigration, ce qui explique la démographie décroissante.
Si l'on prend les statistiques officielles ottomanes, on constate que le recensement de 1844 porte à près de deux millions le nombre d'Arméniens pour la seule Turquie d'Asie. Vingt ans plus tard, soit en 1867, le gouvernement ottoman fait publier le nombre de deux millions d’Arméniens en Turquie d'Asie et quatre cent mille en Turquie d'Europe, soit un total de deux millions quatre cent mille. Puis, on constate que les Arméniens et leur poids démographique deviennent un sérieux problème lors des négociations en 1878 du traité de San Stefano et du congrès de Berlin : en effet, la possible autonomie de l'Arménie est évoquée pour la première fois. Le gouvernement ottoman présente alors des nombres réduits de près de la moitié, soit entre un million cent soixante mille et un million trois cent mille Arméniens vivant sur le territoire ottoman. Il s'agit désormais pour le gouvernement de minimiser l'importance de cette minorité qui attire par intermittence l'attention de la communauté internationale et qui revendique de plus en plus énergiquement le respect de ses droits tels que définis par les traités puis par la constitution ; désormais, les chiffres divergeront toujours grandement entre les sources arméniennes et ottomanes. Auparavant, la logique était différente : plus il y avait d'Arméniens, plus les autorités pouvaient exiger d'impôts selon le système du millet.
Citons encore un dernier chiffre, celui révélé par le carnet personnel de Talaat Pacha faisant état de un million six cent dix-sept mille deux cents Arméniens en 1914, un chiffre bien supérieur aux statistiques officielles ottomanes de l'époque


Le xixe siècle est caractérisé par un mouvement d'émancipation des minorités de l'Empire ottoman, marqué par la guerre d'indépendance grecque de 1821 à 1830, les soulèvements dans les Balkans qui conduisent à l'indépendance de la Roumanie en 1851, la Bulgarie et la Serbie en 1878. Ces mouvements conduisent aux traités de San Stefano et de Berlin en 1878 à la suite de la Guerre russo-turque de 1877-1878, qui entérinent l'indépendance des Balkans ainsi que le démembrement de l'Empire ottoman dans sa partie européenne et dans lesquels « la Sublime Porte s'engage à réaliser, sans plus de retard, les améliorations et les réformes qu'exigent les besoins locaux dans les provinces habitées par les Arméniens et à garantir leur sécurité contre les Circassiens et les Kurdes.
En cette fin du xixe siècle, les Arméniens de l'Empire ottoman prennent conscience de l'inégalité de leurs droits face aux autres citoyens ottomans. À la suite de la non-mise en place des réformes promises par les traités de 1878, des groupes arméniens, la plupart du temps révolutionnaires, se forment. Ils dénoncent les méthodes du sultan, exigent l'application des réformes et veulent la liberté pour tous ainsi que l'égalité entre Arméniens et musulmans. Le parti armenakan est créé en 1885, le parti hentchak (« la cloche ») en 1886 (ou 1887), de tendance socialiste, et la Fédération révolutionnaire arménienne dashnak en 1890 (de tendance relativement indépendantiste). Les adhérents de ces partis ramènent l'espoir chez les Arméniens de l'Empire ottoman (principalement paysans). À l'inverse, l'émancipation voulue par ces partis va être l'un des principaux motifs pour l'Empire de massacrer les Arméniens. Des soulèvements de faible ampleur se produisent dans des vilayets dans lesquels beaucoup d'Arméniens vivent — Zeïtoun par exemple — mais la répression ottomane est sanglante et se termine par des massacres, préludes du génocide

Dès la fin du xixe siècle, un groupe d'opposants au sultan Abdülhamid II se forme et donne naissance au Comité Union et Progrès (CUP), composé essentiellement de nationalistes ou de progressistes turcs, les « Jeunes-Turcs ». Le CUP reçoit le soutien de nombreux mouvements représentant les minorités de l'Empire, y compris des mouvements indépendantistes ou autonomistes arméniens comme le Dashnak. Cependant, cette alliance de circonstance trouve sa limite dans une question cruciale, celle de la création d'un État arménien autonome ou indépendant. Les Jeunes-Turcs parviennent à renverser le sultan en 1908 avec l'aide des mouvements minoritaires, et dirigent alors l'Empire ottoman. Les minorités font leur entrée au parlement, les communautés fraternisent. Aux marches de l'Empire, elles réclament bientôt leur indépendance et obtiennent le soutien des démocraties occidentales.
Néanmoins, le CUP n'acceptant pas la création de l'État arménien, les mouvements indépendantistes cessent de lui apporter leur soutien et cherchent alors à nouer d'autres alliances dans la région, notamment auprès des Russes. Inspiré par le positivisme et le darwinisme social, le CUP développe peu à peu une idéologie nationaliste turquiste qui gagne l'élite ottomane, poussée par une aile radicale en panturquisme, ressuscitant même le mythe du pantouranisme. Les jeunes turcs imposent une assimilation forcée aux différents peuples qui composent ce qui reste de l'Empire et on passe progressivement d'un système impérial, multi-national, multi-ethnique, pluriculturel à un système d'État-nation. Victimes de ce nationalisme et du panturquisme, les Arméniens, qui sont une composante démographique importante de l'Empire, deviennent les ennemis de l'intérieur et sont un obstacle majeur à l'unification ethnique des Turcs en Anatolie et à leur expansion dans les pays de langue turque d'Asie centrale, une aire géographique décrite par Ternon comme un « espace vital » du panturquisme. Dans ce contexte, les dirigeants du mouvement jeune turc passent progressivement d'un bord politique légaliste et intellectuel à un bord nationaliste, militaire et violent. En 1909, les massacres de Cilicie, dans lesquels sont impliqués des Jeunes-Turcs, vont semer encore plus le doute au sujet des intentions des Jeunes-Turcs envers les Arméniens.


Caricature du Sultan Abdülhamid II, suite aux massacres hamidiens.

Les massacres hamidiens renvoient à la première série d'actes criminels de grande ampleur perpétrés contre les Arméniens de l'Empire ottoman. Ils eurent lieu entre 1894 et 1896 sous le règne du sultan Abdülhamid II, connu en Europe sous le nom de « Sultan rouge » ou encore de « Grand Saigneur ». Le qualificatif fait référence au nom du sultan qui ordonna les massacres. Abdülhamid prônait le panislamisme comme idéologie de l'empire et espérait en agissant ainsi renforcer l'intégrité de l'empire en butte à l'hostilité du monde chrétien. Les massacres ont visé principalement les Arméniens, mais ont touché également des chrétiens syriaques, comme à Diyarbakır où la tuerie fit 25 000 morts.
Les massacres commencèrent en 1894 pour gagner en ampleur dans les années 1894-1895 et diminuer progressivement en 1897 devant la pression exercée par les condamnations internationales. Le nombre des victimes arméniennes n'est pas connu avec exactitude et se situerait selon les auteurs entre 80 000 et 300 000
L'hostilité envers les Arméniens se nourrit de la position de plus en plus précaire de l'Empire ottoman au cours du dernier quart du xixe siècle. Les Ottomans ont perdu les Balkans et doivent affronter des courants nationalistes exigeant l'autonomie, voire l'indépendance. Les Arméniens sont des citoyens de seconde zone (des dhimmis) et luttent depuis le début des années 1870 pour obtenir des réformes civiles et fiscales et d'une façon générale pour l'égalité des droits avec les musulmans. Les dirigeants ottomans y voient une menace pour le caractère islamique de l'empire et pour son existence même.
La victoire russe lors de la guerre de 1877-1878, associée à la crise financière que subit l'empire depuis 1873 et qui place celui-ci sous la quasi-tutelle fiscale des puissances occidentales suscitent des espoirs de libération chez les Arméniens. Mais le Congrès de Berlin maintient la majorité des territoires arméniens sous le joug ottoman. Des agitations sociales ont lieu à Merzifon (1892) et à Tokat (1893) protestant contre l'usurpation des terres, le pillage des Kurdes et des Circassiens, les irrégularités dans la collecte des impôts, le refus d'accepter les chrétiens comme témoins dans les procès. Le sultan n'était cependant pas prêt à renoncer à son pouvoir. L'historien turc et biographe d'Abdülhamid, Osman Nuri, observe que « la simple mention du mot “réforme” irrite Abdul Hamid, et excite ses instincts criminels ».
Les provinces orientales de l'Asie Mineure étaient une zone d'insécurité eu égard à la faiblesse de l'empire. Des bandes d'irréguliers kurdes attaquaient régulièrement les villages arméniens. Faute de pouvoir y mettre un terme, le sultan Abdülhamid leur donnait une quasi-caution officielle. Ces bandits étaient connus sous le nom d'Alaylari Hamidiye (appartenant à Hamid).
Pour leur défense, les Arméniens s'organisent en formations révolutionnaires dans les années 1880 : le Dachnak, l'Arménakan, le Hentchak.
En 1894, le sultan a commencé à prendre comme cible le peuple arménien, signe précurseur d'un premier massacre. Cette persécution renforce le sentiment nationaliste parmi les Arméniens. La première révolte notable de la résistance arménienne a lieu au Sassoun. Des militants Hentchak, Mihran Damadian, Hampartsoum Boyadjian et Hrayr, encouragent la résistance contre la persécution ottomane et la double imposition fiscale exercée par l'État central turc et des féodaux kurdes. La Fédération révolutionnaire arménienne arme les habitants de la région. Les Arméniens font face à l'armée ottomane et aux irréguliers kurdes au Sassoun, mais doivent se rendre devant la supériorité des adversaires et l'assurance turque d'une amnistie qui ne fut jamais respectée.
Pour éliminer toute résistance, le gouverneur local incite les musulmans contre les Arméniens. L'historien Lord Kinross écrit que les massacres de ce genre étaient souvent canalisés en rassemblant les musulmans dans la mosquée locale et en affirmant que les Arméniens avaient pour but de détruire l'islam. La violence se répand et gagne rapidement la plupart des villes arméniennes.


En octobre 1895, les grandes puissances (Grande-Bretagne, France et Russie) interviennent auprès du sultan pour qu'il réduise les pouvoirs de l'Alaylari Hamidiye. Le 1er octobre 1895, deux mille Arméniens défilent à Constantinople et pétitionnent pour la mise en œuvre des réformes. La police ottomane disperse violemment la foule7. Aussitôt les massacres d'Arméniens éclatent à Constantinople, puis s'étendent aux autres provinces peuplées d'Arméniens : Bitlis, Diyarbakir, Erzeroum, Kharpout, Sivas, Trabzon et Van. Des milliers d'Arméniens sont tués par leurs voisins musulmans et les forces gouvernementales, et bien d'autres succombent pendant l'hiver froid de 1895-96. La pire des atrocités a eu lieu à Ourfa où les troupes ottomanes brûlent la cathédrale arménienne dans laquelle s'étaient réfugiés 3 000 Arméniens, et tirent sur ceux qui tentaient de s'échapper.
Les tueries se poursuivent jusqu'en 1897. En trois ans, il y eut 200 000 à 250 000 victimes, sans compter les pillages, dépossessions et enlèvements de femmes ; 350 villages sont rayés de la carte, 645 églises détruites. Il faut considérer aussi que 100 000 Arméniens choisirent l'exil dans les Pays occidentaux ou en Russie et que quelques dizaines de milliers se réfugièrent dans les provinces occidentales de l'Empire ottoman.. Le sultan Abdülhamid déclare alors que la question arménienne est réglée. Tous les révolutionnaires arméniens avaient été tués ou s'étaient exilés en Russie. Le gouvernement ottoman dissout les mouvements politiques arméniens. Pour Vahakn Dadrian ces massacres ont une dimension proto-génocidaire et constituent le prélude expérimental au génocide de 1915.
Certains groupes non-arméniens ont également été poursuivis pendant ces trois années. L'Alaylari Hamidiye a en effet perpétré des massacres d'Assyriens à Diyarbakir, Hasankeyef, Sivas et d'autres parties de l'Anatolie
La nouvelle des massacres a été largement rapportée en Europe et aux États-Unis et a suscité de vives réactions de la part des gouvernements étrangers et des organisations humanitaires.
Jean Jaurès dénonça le massacre des populations arméniennes dans un discours à la Chambre des députés le 3 novembre 1896.
En 1896, au plus fort des massacres, Abdülhamid a tenté de limiter l'impact des protestations internationales. L'hebdomadaire américain Harper a été interdit par la censure ottomane pour sa couverture des massacres.


 

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MessagePosté le: Lun 24 Avr - 05:31 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

Les massacres d'Adana contre les populations arméniennes de Cilicie sont perpétrés dans la province ottomane d'Adana durant le mois d'avril 1909.
Adana devient arménienne en 1132, prise par les forces armées de la principauté de Petite-Arménie et en fait partie jusqu'en 1360.
Les Arméniens continuent de s'y installer au fil des siècles, formant une population prospère et créatrice. À la fin du xixe siècle, le sultan Abdülhamid II, animé par le panislamisme, sorte de nationalisme musulman, met en œuvre une campagne de massacres d'Arméniens qui, en 1896, aura fait plus de 200 000 morts. Ces massacres provoquent l'indignation de toute l'Europe qui n'intervient toutefois pas. Les Arméniens de l'empire et de la diaspora, sous le choc, accueillent positivement l'arrivée au pouvoir du mouvement « Union et Progrès » qui promet la réconciliation entre les religions et les ethnies de l'empire. Mais une des premières dispositions des Jeunes-Turcs, à la tête du mouvement, est de massacrer les Arméniens de la province d'Adana afin de mettre fin à leurs mouvements de protestation.
Organisés par le mouvement Jeunes-Turcs, arrivés au pouvoir en 1908, ils font entre 20 000 et 30 000 morts.
À l'instar du sultan Abdülhamid, les Jeunes-Turcs sont animés par un nationalisme musulman, le panturquisme, qui place la race turque au-dessus des Arabes et des Perses. L'idée originale que « l'Empire de l'Islam sera assez vaste pour que nous puissions rompre tout contact avec les Chrétiens » a fait son temps et l'idée de régénération de la Turquie est finalement passée par une épuration de tous les « infidèles de l'Empire ».
Dans la nuit du 25 au 26 avril 1909, avec l'aide de Tchiganes et de Bachi-Bouzouks, les soldats ottomans vont massacrer les chrétiens, et piller leurs commerces, églises et écoles. Le vali se montrera incapable de ramener l'ordre. De nombreuses écoles chrétiennes sont détruites, dont la dernière école française d'Adana.
Organisés quelques années après les massacres hamidiens de 1894-1896, ils sont aussi le prélude au génocide arménien de 1915-1916.


1914. Commandants des Unités de volontaires arméniens : Khetcho, Dro et Armen Garo

Au moment où la Première Guerre mondiale est sur le point d'éclater, les Arméniens sont conscients qu'ils courent le danger d'être pris entre l'Empire russe et l'Empire ottoman. Dès l'été 1914, les dirigeants jeunes-turcs demandent aux notables arméniens de Van et d'Erzurum d'organiser une révolte des Arméniens contre les Russes, formulée notamment lors du huitième congrès de la Fédération révolutionnaire arménienne (ou FRA). Les notables refusent, soutenant que les Arméniens doivent combattre loyalement pour l'État dont ils font partie. Le 1er novembre 1914, après avoir été depuis août sollicité par l'Allemagne, l'Empire ottoman entre dans la Guerre mondiale aux côtés des puissances centrales.
La tension s'accroît dès l'automne 1914, lorsque la section transcaucasienne de la FRA participe à la formation d'unité de volontaires arméniens pour l'armée russe, en violation des conclusions de son huitième congrès. De même, en octobre 1914, la FRA met en place un réseau de contrebande avec la Russie pour armer la population arménienne de Van, ce qui sera considéré plus tard par le dirigeant de la FRA Hovannès Katchaznouni comme une « erreur ».
Henry Morgenthau relate la montée en tension progressive durant la fin de l'année 1914 : « Durant l'automne et l'hiver de 1914-1915, des signes précurseurs d'événements graves se produisirent, et, cependant les Arméniens observèrent une retenue admirable. Depuis des années, la politique turque consistait à provoquer la rébellion des Chrétiens, qui devenait alors le prétexte comme l'excuse des massacres. De nombreux indices révélèrent au clergé arménien et aux leaders politiques que les Turcs voulaient employer leurs vieilles tactiques ; aussi, exhortèrent-ils le peuple au calme, lui recommandant de supporter toutes les insultes, voire les outrages, avec patience, afin de ne pas fournir aux Musulmans l'occasion qu'ils cherchaient : « Brûleraient-ils même quelques-uns de nos villages, conseillèrent-ils, ne vous vengez pas, car la destruction d'un petit nombre de nos hameaux est préférable au meurtre de la nation entière. »
La troisième armée ottomane, qui s'est engouffrée sans préparation logistique en Transcaucasie, est écrasée par l'armée russe en janvier 1915, à Sarikamish. Enver Pacha accuse les Arméniens de la région de pactiser avec les Russes, causant la défaite à Sarikamish, ce qui est démenti par les observateurs sur place. Le 18 avril 1915, 60 000 Arméniens sont massacrés dans la région de Van, berceau historique de l'Arménie. La justification avancée pour les massacres est qu’il s’agit d’une réaction face aux désertions d’Arméniens, et surtout face aux quelques actes localisés de résistance. Les survivants se replient dans la ville de Van et organisent leur défense, ce qui sera présenté par le gouvernement comme une révolution, version démentie par tous les rapports des témoins italiens, allemands ou américains (consuls, missionnaires, enseignants…) qui expliquent que les Arméniens ont organisé une défense de la ville pour éviter de subir un massacre.
La destruction des populations arméniennes est opérée en deux phases successives : d'avril 1915 à la mi-automne 1915 dans les sept provinces — vilayets — orientales d'Anatolie — dont les quatre proches du front russe: Trébizonde, Erzurum, Van, Bitlis, trois en retrait : Sivas, Kharpout, Diyarbakır — où vivent près d'un million d'Arméniens ; puis, de la fin de 1915 jusqu'à l'automne 1916, dans d'autres provinces de l'Empire


Soldats arméniens sur la ligne de défense des murs de la forteresse de Van, mai 1915.

En février 1915, le comité central du parti et des ministres du cabinet de guerre, Talaat Pacha et Enver en particulier, met secrètement au point un plan de destruction qui sera exécuté dans les mois suivants. Il est présenté officiellement comme un déplacement de la population arménienne — que le gouvernement accuse de collaborer avec l'ennemi russe — loin du front. En fait, la déportation n'est que le masque qui couvre une opération d'anéantissement de tous les Arméniens de l'Empire; l'éloignement de nombre des victimes du front, lors des différentes phases des massacres, enlève toute vraisemblance à l'accusation de collaboration avec l'ennemi.
La première mesure, prise dès février 1915, est le désarmement des soldats et gendarmes arméniens enrôlés dans l'armée ottomane, bien qu'Enver Pacha, à l'issue d'une inspection sur le front du Caucase en février 1915 déclare que « les soldats arméniens de l'armée ottomane ont rempli scrupuleusement tous leurs devoirs sur le champ de guerre, ce dont je puis témoigner personnellement. Je vous prie d'exprimer toute ma satisfaction et ma reconnaissance au peuple arménien dont le parfait dévouement au gouvernement impérial ottoman est bien connu ». Ils sont relégués dans des bataillons spécialement créés et affectés aux travaux et à la voirie, puis éliminés par petits groupes au cours de l'année 1915, par les gendarmes chargés de leur encadrement ou par les Kurdes appelés en renfort

La rafle des intellectuels arméniens du 24 avril 1915 à Constantinople parfois appelé dimanche rouge (en arménien : Կարմիր կիրակի) est un évènement marquant le commencement du génocide arménien qui a consisté en l'arrestation des élites arméniennes de Constantinople, le 24 avril 1915. Ceux-ci ont ensuite été conduits dans des centres de rétention où la plupart ont été immédiatement assassinés. Ces arrestations ont été décidées par le ministre de l'intérieur Talaat Pacha. Dans la nuit du 24 avril, 235 à 270 intellectuels arméniens sont arrêtés. En comptant les arrestations survenues les jours suivants à Constantinople, on atteint le chiffre de 2 345 déportations ; l'écrivain Vrtanes Papazian et le musicien Komitas sont parmi les rares à y avoir survécu.
La date du 24 avril a été choisie comme journée de commémoration du génocide arménien à travers le monde, en Arménie où le jour est férié comme pour la diaspora arménienne
Le ministre de l'intérieur Talaat Pacha du gouvernement Jeunes-Turcs donne le 24 avril 1915 l'ordre de l'arrestation d'intellectuels arméniens. L'opération débute à 20 heures à Constantinople et est conduite par Bedri Bey, le chef de la police de Constantinople. Dans la nuit du 24 au 25 avril 1915, 235 à 270 intellectuels arméniens sont alors arrêtés, en particulier des ecclésiastiques, des médecins, des éditeurs, des journalistes, des avocats, des enseignants et des hommes politiques. Les personnes arrêtées sont maintenues en détention pour identification durant une journée, soit en commissariat de police (en turc ottoman : Emniyeti Umumiye) soit à la prison centrale. Une seconde vague d'arrestation est alors lancée et conduit à l'arrestation de 500 à 600 Arméniens. Quelques-uns, comme par exemple l'écrivain et poète Alexandre Panossian (1859-1919), ont été libérés rapidement mais la plupart ont été ensuite déportés. Au total, on estime que 2 345 notables Arméniens ont été arrêtés en quelques jours, avant d'être déportés. La plupart d'entre eux n'avaient aucune activité politique ou nationaliste
Le 29 mai 1915, peu après la promulgation de la loi Tehcir, les Arméniens détenus à Constantinople sont déportés vers la Syrie ottomane.
Une partie des détenus est conduite à la gare de Haydarpasa après avoir emprunté le bateau à vapeur (vapur) no 67 de la compagnie Şirket. Après dix heures d'attente, ils prennent le lendemain un train spécial en direction d'Ankara. 220 Arméniens étaient dans ce convoi ferroviaire9. Un conducteur de train qui avait obtenu la liste des Arméniens déportés par ce convoi, parvient à la transmettre à Zaven Ier Der Eghiayan ; celui-ci tente alors de faire libérer autant de prisonniers que possible. Il est aidé dans cette tâche par l'ambassadeur américain Henry Morgenthau senior. Malgré leurs efforts, cette tentative n'aboutit pas. Après 20 heures de voyages, les déportés arrivent à Sincanköy : ils sont alors divisés en deux groupes, conformément au tri réalisé auparavant par le directeur de la prison centrale de Constantinople. Le premier groupe est envoyé à Çankırı et à Çorum (entre Çankırı et Amasya) et le second groupe à Ayaş. Les déportés du second groupe seront presque tous assassinés durant les mois suivants. Seuls dix (ou treize) membres de ce groupe pourront revenir vivants à Constantinople


Certains notables tels que le Dr Nazareth Daghavarian et Sarkis Minassian ont été évacués de la prison d'Ayaş le 5 mai et pris sous escorte militaire vers Diyarbakır avec Haroutioun Djangulian, Karékine Khajag, et Roupen Zartarian pour comparaître devant une cour martiale. Ils ont été, apparemment, assassinés par des groupes paramilitaires soutenus par l'État et dirigés par Tcherkesse Ahmet, et les lieutenants Halil et Nazım, dans une localité appelé Karacaören peu avant d'arriver à Diyarbakır. Marzbed, un autre déporté, a été envoyé à Kayseri pour comparaître devant une cour martiale le 18 mai 1915.
Les militants responsables des meurtres ont été jugés et exécutés à Damas par Djemal Pacha en septembre 1915, l'incident est devenu plus tard l'objet d'une enquête en 1916 par le Parlement ottoman dirigé par Artin Boşgezenyan, député d'Alep. Après la libération de Marzbed de la cour, il a travaillé sous une fausse identité ottomane pour les Allemands à Intilli (le tunnel ferroviaire d'Amanus). Puis il s'est échappé à Nusaybin, où il est mort d'une chute de cheval peu de temps avant l'armistice


 

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MessagePosté le: Mar 25 Avr - 05:27 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

Au moment où la Première Guerre mondiale est sur le point d'éclater, les Arméniens sont conscients qu'ils courent le danger d'être pris entre l'Empire russe et l'Empire ottoman. Dès l'été 1914, les dirigeants jeunes-turcs demandent aux notables arméniens de Van et d'Erzurum d'organiser une révolte des Arméniens contre les Russes, formulée notamment lors du huitième congrès de la Fédération révolutionnaire arménienne (ou FRA). Les notables refusent, soutenant que les Arméniens doivent combattre loyalement pour l'État dont ils font partie. Le 1er novembre 1914, après avoir été depuis août sollicité par l'Allemagne, l'Empire ottoman entre dans la Guerre mondiale aux côtés des puissances centrales.
La tension s'accroît dès l'automne 1914, lorsque la section transcaucasienne de la FRA participe à la formation d'unité de volontaires arméniens pour l'armée russe, en violation des conclusions de son huitième congrès. De même, en octobre 1914, la FRA met en place un réseau de contrebande avec la Russie pour armer la population arménienne de Van, ce qui sera considéré plus tard par le dirigeant de la FRA Hovannès Katchaznouni comme une « erreur ».
Henry Morgenthau relate la montée en tension progressive durant la fin de l'année 1914 : « Durant l'automne et l'hiver de 1914-1915, des signes précurseurs d'événements graves se produisirent, et, cependant les Arméniens observèrent une retenue admirable. Depuis des années, la politique turque consistait à provoquer la rébellion des Chrétiens, qui devenait alors le prétexte comme l'excuse des massacres. De nombreux indices révélèrent au clergé arménien et aux leaders politiques que les Turcs voulaient employer leurs vieilles tactiques ; aussi, exhortèrent-ils le peuple au calme, lui recommandant de supporter toutes les insultes, voire les outrages, avec patience, afin de ne pas fournir aux Musulmans l'occasion qu'ils cherchaient : « Brûleraient-ils même quelques-uns de nos villages, conseillèrent-ils, ne vous vengez pas, car la destruction d'un petit nombre de nos hameaux est préférable au meurtre de la nation entière. » ».
La troisième armée ottomane, qui s'est engouffrée sans préparation logistique en Transcaucasie, est écrasée par l'armée russe en janvier 1915, à Sarikamish. Enver Pacha accuse les Arméniens de la région de pactiser avec les Russes, causant la défaite à Sarikamish, ce qui est démenti par les observateurs sur place. Le 18 avril 1915, 60 000 Arméniens sont massacrés dans la région de Van, berceau historique de l'Arménie. La justification avancée pour les massacres est qu’il s’agit d’une réaction face aux désertions d’Arméniens, et surtout face aux quelques actes localisés de résistance. Les survivants se replient dans la ville de Van et organisent leur défense, ce qui sera présenté par le gouvernement comme une révolution, version démentie par tous les rapports des témoins italiens, allemands ou américains (consuls, missionnaires, enseignants…) qui expliquent que les Arméniens ont organisé une défense de la ville pour éviter de subir un massacre.
La destruction des populations arméniennes est opérée en deux phases successives : d'avril 1915 à la mi-automne 1915 dans les sept provinces — vilayets — orientales d'Anatolie — dont les quatre proches du front russe: Trébizonde, Erzurum, Van, Bitlis, trois en retrait : Sivas, Kharpout, Diyarbakır — où vivent près d'un million d'Arméniens ; puis, de la fin de 1915 jusqu'à l'automne 1916, dans d'autres provinces de l'Empire


En février 1915, le comité central du parti et des ministres du cabinet de guerre, Talaat Pacha et Enver en particulier, met secrètement au point un plan de destruction qui sera exécuté dans les mois suivants. Il est présenté officiellement comme un déplacement de la population arménienne — que le gouvernement accuse de collaborer avec l'ennemi russe — loin du front. En fait, la déportation n'est que le masque qui couvre une opération d'anéantissement de tous les Arméniens de l'Empire; l'éloignement de nombre des victimes du front, lors des différentes phases des massacres, enlève toute vraisemblance à l'accusation de collaboration avec l'ennemi.
La première mesure, prise dès février 1915, est le désarmement des soldats et gendarmes arméniens enrôlés dans l'armée ottomane, bien qu'Enver Pacha, à l'issue d'une inspection sur le front du Caucase en février 1915 déclare que « les soldats arméniens de l'armée ottomane ont rempli scrupuleusement tous leurs devoirs sur le champ de guerre, ce dont je puis témoigner personnellement. Je vous prie d'exprimer toute ma satisfaction et ma reconnaissance au peuple arménien dont le parfait dévouement au gouvernement impérial ottoman est bien connu ». Ils sont relégués dans des bataillons spécialement créés et affectés aux travaux et à la voirie, puis éliminés par petits groupes au cours de l'année 1915, par les gendarmes chargés de leur encadrement ou par les Kurdes appelés en renfort
Le 24 avril 1915, le ministre de l'intérieur Talaat Pacha du gouvernement Jeunes-Turcs donne l'ordre de l'arrestation des intellectuels arméniens. L'opération débute à 20 heures à Constantinople et est conduite par Bedri Bey, le chef de la police de Constantinople. Dans la nuit du 24 au 25 avril 1915, 235 à 270 intellectuels arméniens sont alors arrêtés, en particulier des ecclésiastiques, des médecins, des éditeurs, des journalistes, des avocats, des enseignants, des artistes et des hommes politiques dont des députés au parlement ottoman. Une seconde vague d'arrestation est lancée le 25 avril et conduit à l'arrestation de 500 à 600 Arméniens. Au total on estime que 2 345 notables Arméniens ont été arrêtés en quelques jours, avant d'être déportés puis massacrés dans leur majorité dans les mois suivants

Dans les provinces orientales, l'opération se déroule en tous lieux de façon similaire. Les notables sont systématiquement arrêtés au motif d'un prétendu complot contre le gouvernement et leurs maisons perquisitionnées à la recherche d'armes et d'indices. Ceux-ci sont ensuite torturés pour soutirer des aveux, déportés vers une destination inconnue puis massacrés dans les environs. Un avis de déportation est publié en vertu duquel toute la population (les personnes inaptes à la mobilisation générale) doit être évacuée vers les déserts de Syrie et de Mésopotamie en convois de femmes, d'enfants et de personnes âgées qui quittent la ville à intervalles réguliers, à pied, avec peu ou pas de bagages, accompagnés de gendarmes à cheval. Au total, 306 convois de déportés sont dénombrés entre avril et décembre 1915, avec un total de 1 040 782 personnes recensés comme faisant partie de ces convois
Les hommes restants sont systématiquement massacrés dès le départ du convoi, les plus belles femmes et les enfants sont enlevés pour être revendus en tant qu'esclaves, tandis que le reste du convoi est décimé à chaque étape du convoi, tant par les gendarmes chargés de les escorter que par des tribus kurdes et autres miliciens recrutés à cette fin. Seuls quelques milliers de personnes survivent à cette déportation. Dans les vilayets de Bitlis et de Diarbékir, presque tous les Arméniens sont assassinés sur place.
Constatant les massacres, les gouvernements alliés font une déclaration le 24 mai 1915 dans laquelle ils accusent la Turquie de « crimes contre l'humanité et la civilisation » et s'engagent à tenir pour responsable les membres du gouvernement ottoman ainsi que toute personne ayant participé aux massacres. En représailles, le 27 mai 1915, le gouvernement ottoman promulgue la loi Tehcir (loi provisoire de déportation) autorisant l'expulsion de la population arménienne hors de l'Empire ottoman, sous couvert de « déplacement de populations suspectes d'espionnage ou de trahison ». Elle sera abrogée officiellement le 4 novembre 1918 par le parlement ottoman d'après-guerre, la déclarant inconstitutionnelle
Le 15 septembre 1915, le ministre de l'intérieur Talaat Pacha envoie un télégramme à la direction du parti Jeunes-Turcs à Alep : « Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l'âge ni du sexe. Les scrupules de conscience n'ont pas leur place ici » ; puis, dans un second télégramme : « Il a été précédemment communiqué que le gouvernement a décidé d’exterminer entièrement les Arméniens habitant en Turquie. Ceux qui s’opposeront à cet ordre ne pourront plus faire partie de l’administration. Sans égard pour les femmes, les enfants et les infirmes, si tragiques que puissent être les moyens d’extermination, sans écouter les sentiments de la conscience, il faut mettre fin à leur existence».


huit professeurs arméniens massacrés par les Turcs

Des prisonniers de droit commun sont libérés afin d'assister les forces armées ottomanes dans l'exécution des massacres. Ils seront regroupés sous une entité militaire secrète nommée « Organisation spéciale ». Créée en juillet 1914 par le comité central du Comité Union et Progrès (CUP) avec la coopération du ministère de l'Intérieur et de celui de la Justice, l'« Organisation spéciale » est spécialisée dans l'extermination des convois de déportés arméniens. Ils étaient entraînés dans le centre de Çorum avant d'être envoyés massacrer les Arméniens. L'existence de l'« Organisation spéciale » a été révélée en 1919 lors du procès du Parti Union et Progrès.
Dans le reste de l'Empire, le programme prend les formes d'une déportation, conduite par chemin de fer sur une partie du parcours, les familles restant parfois réunies. Les convois de déportés — environ 870 000 personnes — convergent vers Alep, en Syrie, où une Direction générale de l'installation des tribus et des déportés les répartit selon deux axes : au sud, vers la Syrie, le Liban et la Palestine — une partie survivra ; à l'est, le long de l'Euphrate, où des camps de concentration, véritables mouroirs, sont improvisés. Les déportés sont peu à peu poussés vers Deir ez-Zor. Là, en juillet 1916, ils sont envoyés dans les déserts de Mésopotamie où ils sont tués par petits groupes ou meurent de soif. Les derniers regroupements de déportés le long du chemin de fer de Baghdad, à Ras-ul-Aïn, à Intilli sont, eux aussi, exterminés en juillet 1916. Seul survit un tiers des Arméniens : ceux qui habitaient Constantinople et Smyrne, les personnes enlevées, les Arméniens du vilayet de Van, sauvés par l'avancée de l'armée russe, soit deux cent quatre-vingt-dix mille survivants.
Le gouvernement ottoman s'emploie à systématiquement éliminer toute preuve du génocide. Les photographies des convois de déportés sont interdites, les missionnaires sont empêchés d'apporter nourriture, eau, vêtements aux rescapés, la censure officielle interdit aux médias de faire mention des massacres. Un système de double ordre est mis en place : les ordres effectifs sont envoyés chiffrés aux autorités provinciales, tandis que des faux ordres niant toute intention génocidaire sont formulés en public. Tout fonctionnaire s'opposant à l’exécution du génocide est muté, démis de ses fonctions ou fusillé. Parmi ces fonctionnaires réfractaires, Hasan Mazhar Bey, gouverneur d'Ankara jusqu'en août 1915, dirigea par la suite la commission Mazhar aboutissant aux cours martiales turques de 1919-1920
De nombreux témoins, diplomates, missionnaires occidentaux sont présents sur les lieux des massacres. Ceux-ci rédigent de très nombreuses notes à destination des gouvernements occidentaux, décrivant avec moult détails le processus génocidaire en cours. Ces notes sont conservées dans les archives des pays destinataires, en particulier la France, l'Angleterre, l'Italie, l'Allemagne, les États-Unis et dans les archives secrètes du Vatican. Les témoins les plus notables sont Henri Morgenthau, Armin T. Wegner, Johannes Lepsius et Leslie Davis
Les alliés, déjà engagés sur le front européen, assistent souvent impuissants aux massacres. Néanmoins, ils accusent officiellement la Turquie de « crimes contre l'humanité et la civilisation » dans un rapport du 24 mai 1915, et s'engagent à tenir pour responsables tous les fonctionnaires ayant pris part au génocide. Cette accusation est réitérée par une lettre du 7 novembre 1916 d'Aristide Briand à Louis Martin, dans lequel il accuse la Turquie de mener un « monstrueux projet d'extermination de toute une race ». Il écrit notamment :
«  Le Gouvernement de la République a déjà pris soin de faire notifier officiellement à la Sublime-Porte que les Puissances Alliées tiendront personnellement responsables des crimes commis tous les membres du Gouvernement Ottoman, ainsi que ceux de ses agents qui se trouveraient impliqués dans les massacres. Quand l'heure aura sonné des réparations légitimes, il ne mettra pas en oubli les douloureuses épreuves de la Nation Arménienne et, d'accord avec ses alliés, il prendra les mesures nécessaires pour lui assurer une vie de paix et de progrès.  »
Quelques interventions militaires alliées spécifiques au génocide sont à signaler, notamment l'intervention militaire française au Musa Dagh. En juillet 1915, les habitants des villages de la région choisissent de désobéir et de résister à l'armée ottomane ; malgré un sous-effectif et un moral entamé, les Arméniens défendent le siège de la montagne durant cinquante-trois jours. Le 12 septembre 1915, à court de vivres et de munitions, ils sont évacués par la marine française mouillant au large des côtes syriennes ; plus de quatre mille personnes sont acheminés par Le Guichen à Port-Saïd en Égypte.
Un autre fait notable est le soutien russe à la résistance de Van, débutée le 20 avril 1915, lorsque les troupes ottomanes assaillirent les quartiers arméniens de la ville. Le 28 avril, le général Nikolaï Ioudenitch ordonne aux armées impériales russes de secourir les Arméniens de Van. Après cinq semaines de combats acharnés, les troupes russes venues de Perse entrent dans la ville le 18 mai 1915, mettant en fuite les troupes turques. Ils sont suivis les 23 et 24 mai des forces russes venues de Russie. Ils découvrent les cadavres de quelque 55 000 civils arméniens massacrés


Le rôle de l'Allemagne a longtemps été sous-évalué et fait encore l'objet de controverses. L'Allemagne avait déjà été muette lors des massacres hamidiens de 1894-1896. Cette position était considérée comme résultant d'une forme de realpolitik, l'Allemagne ayant d'énormes intérêts stratégiques et économiques en Turquie et se contentant de défendre une position de « non-ingérence ». Bien que le gouvernement allemand n'ait pas pris part activement aux massacres, les études récentes montrent que l'Allemagne était informée des plans génocidaires de l'Empire ottoman dès 1912, et décida de ne rien faire, comme le confirma Henry Morgenthau à propos de Hans Freiherr von Wangenheim, qui déclara qu'il « ne fera rien pour aider les Arméniens ». De même, la participation à la préparation et la mise en œuvre des massacres de certains fonctionnaires et militaires allemands en poste dans l'Empire ottoman a été mise au jour. À partir des archives allemandes et autrichiennes, Vahakn Dadrian évoque l'exemple du général Fritz Bronsart von Schellendorf, vice chef d'état major ottoman, qui signa des ordres de déportation dans lesquels il demande que de « sévères mesures » soient prises à l'encontre des bataillons de travail arméniens.
De nombreux officiers allemands présents en Turquie en 1915 intègrent après la guerre le parti nazi et certains d'entre eux participent activement à la Shoah62. C'est le cas de Rudolf Höss qui a commandé le camp d'Auschwitz ou encore de Konstantin von Neurath qui servait dans la 4e armée ottomane et devient en 1932 Obergruppenführer dans la Waffen-SS. À l'inverse, des soldats allemands désobéissent aux ordres de leur hiérarchie et documentent les atrocités ou viennent en aide aux Arméniens, comme le sous-lieutenant Armin Wegner, infirmier militaire, qui prend clandestinement des photos des massacres, avant d'être arrêté par le commandement allemand pour avoir désobéi aux ordres de censure


Le Vatican reçoit les premiers rapports des massacres en juin 1915. Le pape Benoît XV intervient personnellement à deux reprises auprès du sultan Mehmed V par courrier, ce qui ne fait qu'empirer la situation globalement, malgré des promesses et quelques concessions turques comme la grâce d'une soixantaine d'Arméniens à Alep. En même temps, le Vatican conserve systématiquement tout document relatif au génocide dans ses archives secrètes, dont l'existence n'est révélée qu'en 2011 à l'occasion de l'exposition Lux in Arcana.
Selon l'historien Michael Hesemann, la contre-productivité des actions du Vatican au moment du génocide des Arméniens est la cause de l'attitude du pape Pie XII lors de la Seconde Guerre mondiale. Le Vatican était resté silencieux au moment de la Shoah face aux actions nazies, alors que dans le même temps, le pape multipliait les actions visant à sauver le plus de juifs possible. En effet, Pie XII en 1915, alors secrétaire de la Congrégation pour les affaires extraordinaires du Secrétariat d’état, était informé de toutes les répercussions des actions papales sur le déroulement du génocide des Arméniens. C'est ainsi qu'il aurait décidé de ne pas formuler de protestation ouverte en 1942 contre les nazis, craignant un effet similaire aux protestations de 1915

 

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MessagePosté le: Mar 25 Avr - 05:44 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille de Sarıkamış ou de Sarikamis ou de Sarikamish est un épisode de la campagne du Caucase, durant la Première Guerre mondiale. Elle opposa les troupes russes et ottomanes dans le nord-est de la Turquie actuelle, du 22 décembre 1914 au 17 janvier 1915 : les Ottomans, désireux de reprendre Kars, russe depuis 1877, y subirent une lourde défaite.
Le 29 décembre 1914, le commandant russe, le général Illarion Ivanovitch Vorontsov-Dachkov, bloque l'avancée turque sur Kars, dans le Caucase, mais les combats se poursuivent. Aucun des deux belligérants ne parvient à l'emporter. Quelque 100 000 soldats russes tentent de contenir l'avancée turque vers la ville de Kars. L'attaque turque est mal menée par Enver Pacha, dont les soldats souffrent du froid intense (beaucoup d'entre eux sont morts de froid et de maladie). Une soudaine contre-attaque russe force les Turcs à se replier sur Erzurum. Enver Pacha renonce à son commandement. Le général Vorontsov-Dachkov, peu enclin à poursuivre les Turcs, est remplacé par le général Nikolaï Ioudenitch.
Les Ottomans perdirent 32 000 hommes lors de la bataille et près de 60 000 à cause du froid et des maladies, soit environ 90 000 morts au total.
L'historien Mehmed Niyazi affirme que sur 76 000 soldats russes, 23 000 d'entre eux sont morts


La défense de Van (également connue sous le nom de siège de Van ou résistance de Van pour les Arméniens Vani herosamart et rébellion ou révolte de Van pour les Turcs ; turc : Van İsyanı/İhtilâli) est une insurrection qui s'est déroulée en 1915, au cours de la campagne du Caucase, face aux massacres de l'Empire ottoman contre la population arménienne dans le vilayet de Van. Plusieurs observateurs contemporains et historiens qui suivirent ont affirmé que le gouvernement ottoman avait délibérément incité la résistance armée arménienne en imposant d'épouvantables conditions aux Arméniens, pour justifier le génocide des Arméniens qui commençait dans l'empire. Toutefois, les décisions de déportation et d'extermination ont été prises avant cet épisode.
Les témoignages recueillis montrent que la position arménienne à Van constitue un acte de résistance face au massacre. Basée principalement dans la ville de Van, cette résistance est l'un des rares cas pendant le génocide arménien où les Arméniens se sont battus contre les forces armées de l'Empire. Après cinq semaines de combats acharnés, les troupes russes entrent dans la ville mettant en fuite les troupes turques. Ils découvrent les cadavres de quelque 55 000 civils arméniens massacrés.
Pendant la fin de la période ottomane, Van est un centre important de la vie culturelle, sociale et économique arménienne. Khrimian Hayrik met en place une presse typographique à Van, et lance par la suite le Vaspurakan Ardzvi (Aigle de Vaspourakan), la première publication périodique en Arménie. En 1885, le parti Arménakan est fondé dans la ville de Van. Peu de temps après, les partis Hentchak et Dachnak, de tendance autonomiste, voire indépendantiste, établissent des branches dans la ville.

Tout au long des années 1895-1896, les Arméniens dans l'Empire ottoman subissent une vague de massacres communément appelés les massacres hamidiens. Alors que Van a largement évité les massacres en 1895, les Ottomans effectuent une expédition militaire en juin 1896. Les Arméniens, initialement en mesure de se défendre à Van, acceptent cependant de se désarmer en échange de garanties de sécurité, puis sont massacrés, avec la mort de plus de 20 000 Arméniens.
Les indicateurs démographiques de la province de Van à l'avant-guerre (Première Guerre mondiale) varient selon les sources. Les principales localités habitées par les Arméniens sont la ville de Van (divisée en trois : Havasor (Gürpınar), Timar (Gedikbulak) et Archak (Ercek)). Les Arméniens vivent également dans le district d'Erciş (Akants, Artchesh) au nord de la province, et le district de Çatak (Chatakh), Başkale (Bachkalé) et Bahçesaray (Moks) au sud de la province. Le recensement du patriarcat entre février 1913 et août 1914 évoque une population arménienne de 110 897 personnes. Les estimations ottomanes de 1914 à partir du recensement de 1906 font état d'une population d'origine arménienne de 67 797 personnes. Les statistiques ottomanes de 1914 sont contestées par les historiens car abaissant volontairement le nombre d'Arméniens des six vilayets arméniens en raison de leur demande de plus d'autonomie.
Le rapport secret sur les massacres d'Arménie de Johannes Lepsius mentionne : « le vilayet de Van comptait, sur une population de 542 000 habitants, 290 200 chrétiens, dont 192 000 Arméniens et, 98 000 Syriens. Il y a de plus 5 000 Juifs. La minorité de 247 000 Mahométans se compose de 210 000 Kurdes, 30 500 Turcs et 500 Tcherkesses. Les Yézidis (les prétendus adorateurs du diable) sont 5 400 et les Tziganes 600 ».
L'estimation de la population de la ville de Van est plus difficile. De vastes mouvements de population à l'intérieur et autour de la ville ont eu lieu à la suite de la détérioration de la situation économique et politique avant la Première Guerre mondiale. Le dénombrement de la population par les Ottomans à l'époque enregistre 79 000 musulmans et 34 000 Arméniens dans la ville de Van, y compris les zones environnantes. La population arménienne de la ville de Van s'élève à environ 30 000 personnes à l'automne 1914


Le 30 octobre 1914, après un échange de tirs au cours de la poursuite du Goeben et du Breslau, l'Empire ottoman entre dans la Première Guerre mondiale. La province de Van est située entre la Perse et le Caucase. Les itinéraires les plus accessibles qui relient la Perse, la Russie, la Mésopotamie et l'Anatolie passent à travers la province. Van a une haute valeur stratégique en raison de son emplacement. Le premier engagement de la campagne du Caucase a lieu le 2 novembre 1914, avec l'offensive Bergmann au cours de laquelle les Russes arrivent à la ligne Kara Kilise (rebaptisé Karaköse en novembre 1919, aujourd'hui Ağrı) - Beyazit (Doğubeyazıt).
Le ministre de la Guerre ottoman, Enver Pacha, veut encercler les forces russes entre Sarikamis et Ardahan. La 3e armée ottomane, qui s'engouffre sans préparation logistique en Transcaucasie, est écrasée par l'armée russe en janvier 1915, lors de la bataille de Sarikamis. Après son retour à Constantinople, Enver reproche sa défaite aux Arméniens vivant dans la région, en les accusant d'avoir pris activement parti pour la Russie, causant la défaite à Sarikamis, ce qui est démenti par les observateurs sur place.
Le 11 décembre 1914, les préparations ottomanes pour la campagne de Perse commencent avec l'ordre d'Enver Pacha de former une force provisoire qui sera acheminée en Perse à travers la province de Van. Alors que les préparatifs turcs sont en cours, les Russes transfèrent le général arménien Tovmas Nazarbékian dans l'Azerbaïdjan persan sous occupation russe, en renfort de la brigade cosaque persane de Fiodor Tchernozoubov, qui a été déployée opérationnellement en Perse depuis 1906. Pendant cette période, les autorités ottomanes distribuent 24 000 fusils pour les Kurdes en Perse et dans le district de Van. Le 1er corps expéditionnaire ottoman est assigné au chef du renseignement du quartier général ottoman, le lieutenant-colonel Kazim Karabekir Bey (en). Le 5e corps expéditionnaire est sous les ordres du lieutenant-colonel Halil Kut, oncle d'Enver Pacha, par la suite vainqueur des Britanniques à Kut-el-Amara le 29 avril 1916.
Le 1er corps expéditionnaire est une unité structurellement autonome, capable d'opérations indépendantes, assistée du 7e et du 9e régiments d'infanterie, et disposant d'un détachement de cavalerie, un hôpital de campagne, une unité de transport, une section de renseignement, un bataillon d'obusiers de montagne avec deux batteries, un équipement télégraphique, une batterie de terrain, un bataillon de réparation d'équipement, un dépôt de remplacement et de moyen de transport actifs. Le 10 janvier 1915, tandis que le 1er corps expéditionnaire se dirige vers l'Azerbaïdjan persan, le plan initial est abandonné. En raison des pertes turques subies à la désastreuse bataille de Sarikamis, le 1er corps expéditionnaire se trouve affecté à la 3e armée. Le 11 janvier 1915, le 5e corps expéditionnaire reçoit l'ordre d'aller au nord vers Erzurum et onze jours plus tard, le 1er corps expéditionnaire s'y rend aussi. Le régiment de gendarmerie de Van sous le commandement d'état-major de Köprülü Kâzım Bey (Özalp), qui allait devenir le ministre de la Défense nationale et le président de la Grande Assemblée nationale de Turquie, est alors la seule force disponible à la frontière persane. Plus tôt, le 14 décembre 1914, la division de gendarmerie mobile de Van a assumé le rôle de sécuriser la route de la Perse à travers la vallée de Kotur (Col de Kotur). Cette formation paramilitaire est légèrement équipée d'artillerie et de mitrailleuses, étant principalement adaptée pour les fonctions de sécurité internes plutôt que pour l'invasion d'un pays voisin.
En plus de ces activités militaires, durant la période 1914-1915, des missionnaires américains et allemands présents dans la région signalent des cas de massacres de la population arménienne. Selon une source, les 52 villages arméniens près de Beyazit et Eleskirt sont perquisitionnés, pillés et détruits par les régiments de cavalerie hamidiés


Après les énormes pertes de la 3e armée dans la bataille de Sarikamis, la gendarmerie, originalement chargée des fonctions de police parmi les populations civiles, est transférée à la 3e armée au moment où l'armée ottomane essaie de restaurer l'efficacité au combat de ses forces militaires opérationnelles. Le 24 février 1915, les Ottomans envoient les unités de gendarmerie de Harput, Diyarbakir et Bitlis à la ville de Van. Il y a 52 000 troupes ottomanes dans la zone de guerre du Caucase au cours de cette période, dont 75 % situés au nord de la zone de guerre, au-delà de la province de Van. Les unités ottomanes dans la province de Van sont constituées de subdivisions de gendarmerie de Van qui sont restés sous le contrôle du gouverneur. La division de gendarmerie de Van comprend également l'unité d'artillerie de Rafael de Nogales. La 36e division d'infanterie est assemblée en Mésopotamie avec comme objectif de contrôler la partie sud, près du lac de Van. Le 1er corps expéditionnaire tient le front au sud du lac de Van. Un bataillon surnommé le « bataillon de bouchers » (en turc : kasab taburu) apparenté à l'Organisation spéciale et comptant environ 5 000 hommes est présent au cours des événements. Ce bataillon est sous les ordres directs de Djevdet Bey.
La population arménienne organise la résistance dans la ville. Une autorité unifiée (« l'Autorité de la Défense militaire ») constituée d'Armenak Ekarian, Aram Manoukian, Kaytsak Arakel, Bulgaratsi Gregory, Gabriel Semerjian, Hrant Galikian et Panos Terlemezian est créée pour l'occasion. Des services de secours sont mis en place comprenant la distribution de nourriture et d'aide médicale, ainsi qu'un atelier d'arme (une manufacture de poudre et d'armes qui pouvait produire deux canons). Fondée pour l'occasion, l'Union des femmes est principalement engagée dans la fabrication de vêtements pour les combattants. Face au danger imminent, des représentants de divers partis politiques arméniens (Ramkavar, Dachnaks) se mobilisent. Les défenseurs de Van ne représentent pas plus de 1 500 combattants, disposant de 505 fusils et 750 pistolets Mauser ainsi qu'une petite quantité de munitions. L'Autorité de la défense militaire impose donc d'utiliser les munitions avec parcimonie. Le quartier Aygestan est divisé en cinq zones de défense avec 73 positions distinctes

Le gouverneur de Van, Hasan Tahsin Bey, se retrouve à l'aube de la guerre officieusement « secondé » à la tête du vilayet par Djevdet Bey, dur du régime et beau-frère d'Enver Pacha, qui reçoit le double titre provisoire de gouverneur militaire de Van et de commandant en chef des troupes turques massées le long de la frontière persane. Son arrivée fin septembre est un tournant majeur pour Van, dans la mesure où il est autrement plus radical que le gouverneur en place. Jugé trop modéré, Tahsin Bey est très vite remplacé à son poste de gouverneur par ce dernier et est muté à Erzurum en février 1915, sous l'instigation d'Ömer Naci, inspecteur du CUP à Van et chef de l'Organisation spéciale dans la région. Djevdet Bey est accompagné par Rafael de Nogales Méndez, qui se voit confier avec la permission de la 3e armée la responsabilité de superviser les unités de gendarmerie ottomane sous la direction du nouveau gouverneur.
Les dirigeants arméniens sont Aram Manoukian, le chef régional du parti de la Fédération révolutionnaire arménienne, Armenak Yekarian des rangs du parti Arménakan, Nikoghayos Poghos Mikaelian (surnommé Ichkhan, en français le prince), membre de la FRA, et Archag Vramian, le député de Van au Parlement ottoman. Vramian était aussi un camarade de classe et ami de Djevdet
En juillet 1914, Archag Vramian, le député de la province de Van, participe aux négociations avec le Comité Union et Progrès (CUP) comme agent de liaison pour le congrès arménien d'Erzurum. La conclusion publique de ce congrès est « Ostensiblement menée pour faire avancer pacifiquement les demandes arméniennes par des moyens légitimes ». Les dirigeants arméniens locaux Aram Manoukian, Archag Vramian, Nikoghayos Poghos Mikaelian, et Armenak Yekarian disent aux Arméniens de Van de rester fidèles au gouvernement ottoman et de ne pas lui être hostiles. Le CUP craint une insurrection arménienne cherchant l'indépendance des vilayets arméniens, persuadés de forts liens russo-arméniens. Plus tard, en septembre 1914, les fouilles à la recherche d'armes, de munitions et de documents opérationnels, commencent. Le 20 octobre 1914, le 4e régiment de cavalerie de réserve turc, patrouillant Hasan Kale, aurait découvert des fusils cachés dans les maisons arméniennes. Erickson affirme que « avant le début de la guerre, des indicateurs de potentielle intention de violence s'accumulent, et les autorités ont trouvé des bombes et des armes cachées dans les maisons arméniennes», ce qui est contredit par le témoignage de Rafael de Nogales faisant état d'unités de l'armée ottomane photographiant leurs propres armes, affirmant qu'elles avaient été trouvées dans des maisons et des églises arméniennes.
Dès le 5 novembre 1914, une attaque majeure par les Russes sur les lignes défensives de la 3e armée dans la province de Van se développe, compliquant les perceptions turques des intentions des Arméniens. Le 19 novembre, les Russes commencent de plus grandes opérations vers Saray et Van. En novembre, les unités de gendarmerie turques de l'appareil provincial de sécurité (alors sous l'autorité des gouverneurs) changent de main, et reviennent au commandement militaire turc. Ce changement inclut les unités sous le commandement du gouverneur de Van. La gendarmerie et les divisions de cavalerie de réserve de Van sont affectées à la 3e armée. La division de gendarmerie de Van est placée sous le commandement du major Ferid. Le gouverneur Djevdet garde un petit contingent.
Au cours du mois de décembre 1914, Djevdet Bey ordonne de sécuriser l'ouest de la province de Van, en vue du déplacement des forces ottomanes pour la campagne de Perse. Des négociateurs du CUP sont envoyés à Erzurum et Van avant que Djevdet Bey ne quitte la ville. Ces négociateurs et Djevdet Bey voulaient tester la loyauté des Arméniens de Van. Ils voulaient voir une fois de plus (la première étant lors du congrès arménien) s'ils seraient d'accord pour organiser un soulèvement en Arménie russe48. Djevdet exige que les Arméniens fournissent 4 000 volontaires, selon la conscription dans l'Empire ottoman. Les Arméniens refusent de s'y soumettre. Ussher déclare que « il était clair que les objectifs de Djevdet étaient de massacrer les hommes valides de Van de sorte qu'il n'y ait pas de défenseurs, comme il l'avait fait dans les villages sous prétexte de recherches d'armes, recherches qui s'est transformée en massacres. Les Arméniens, parlementant pour gagner du temps, offrirent de donner cinq cents soldats et de payer des exemptions en argent pour le nombre manquant ». La conscription arménienne devient à nouveau un problème lorsque Djevdet retourne dans la ville pendant les fêtes de Pâques arméniennes (avril) de 1915. Djevdet demande une fois de plus aux Arméniens de fournir des conscrits qui seront utilisés pour l'établissement de fortifications ottomanes. Ussher déclare « les Arméniens qui avaient pratiquement décidé de donner au Vali [Djevdet] les quatre mille hommes qu'il avait demandé, maintenant n'osaient plus le faire, car ils étaient certains qu'il avait l'intention de les mettre à mort». Finalement, Djevdet ne reçoit pas de soldats arméniens de la ville de Van, ni à la première, ni à la deuxième demande.
L'Azerbaïdjan perse avait une grande population chrétienne, pour la plupart des Arméniens et des Assyriens. Beaucoup ont fui lors de l'hiver avec l'armée russe en retraite à la ville frontalière russe de Djoulfa. Ceux qui sont restés ont enduré une période de pillages et de massacres ; de nombreux villages ont été pillés et détruits. Après une campagne infructueuse menée par Djevdet Bey pour capturer Khoy, située à 160 kilomètres au nord-ouest de Tabriz, Djevdet ordonne le meurtre d'environ 800 personnes — la plupart des vieillards, des femmes et des enfants — dans le district de Salmas (au nord-est du lac d'Ourmia) au début du mois de mars.

A SUIVRE...

 

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MessagePosté le: Mer 26 Avr - 07:59 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

Au cours du mois de décembre 1914, Djevdet Bey ordonne de sécuriser l'ouest de la province de Van, en vue du déplacement des forces ottomanes pour la campagne de Perse. Des négociateurs du CUP sont envoyés à Erzurum et Van avant que Djevdet Bey ne quitte la ville. Ces négociateurs et Djevdet Bey voulaient tester la loyauté des Arméniens de Van. Ils voulaient voir une fois de plus (la première étant lors du congrès arménien) s'ils seraient d'accord pour organiser un soulèvement en Arménie russe. Djevdet exige que les Arméniens fournissent 4 000 volontaires, selon la conscription dans l'Empire ottoman. Les Arméniens refusent de s'y soumettre. Ussher déclare que « il était clair que les objectifs de Djevdet étaient de massacrer les hommes valides de Van de sorte qu'il n'y ait pas de défenseurs, comme il l'avait fait dans les villages sous prétexte de recherches d'armes, recherches qui s'est transformée en massacres. Les Arméniens, parlementant pour gagner du temps, offrirent de donner cinq cents soldats et de payer des exemptions en argent pour le nombre manquant ». La conscription arménienne devient à nouveau un problème lorsque Djevdet retourne dans la ville pendant les fêtes de Pâques arméniennes (avril) de 1915. Djevdet demande une fois de plus aux Arméniens de fournir des conscrits qui seront utilisés pour l'établissement de fortifications ottomanes. Ussher déclare « les Arméniens qui avaient pratiquement décidé de donner au Vali [Djevdet] les quatre mille hommes qu'il avait demandé, maintenant n'osaient plus le faire, car ils étaient certains qu'il avait l'intention de les mettre à mort». Finalement, Djevdet ne reçoit pas de soldats arméniens de la ville de Van, ni à la première, ni à la deuxième demande.
L'Azerbaïdjan perse avait une grande population chrétienne, pour la plupart des Arméniens et des Assyriens. Beaucoup ont fui lors de l'hiver avec l'armée russe en retraite à la ville frontalière russe de Djoulfa. Ceux qui sont restés ont enduré une période de pillages et de massacres ; de nombreux villages ont été pillés et détruits. Après une campagne infructueuse menée par Djevdet Bey pour capturer Khoy, située à 160 kilomètres au nord-ouest de Tabriz, Djevdet ordonne le meurtre d'environ 800 personnes — la plupart des vieillards, des femmes et des enfants — dans le district de Salmas (au nord-est du lac d'Ourmia) au début du mois de mars.
Le 25 février 1915, la 3e armée et tous les commandements de gendarmerie, y compris celui de Van, reçoivent la « Directive 8682 », intitulée « Mesures de sécurité accrues ». Cette directive, au motif d'une augmentation d'activités dissidentes de la part de la population arménienne à Bitlis, Alep, Dörtyol et Kayseri, ordonne la destitution de tous les officiers arméniens travaillant aux états-majors des 3e et 4e armée ottomanes. Néanmoins, Felix Guse, commandant en chef de la 3e armée, écrit qu'il n'y avait aucune preuve que les Arméniens avaient prévu ou avaient l'intention de monter un soulèvement général. Le 23 mars 1915, le 1er corps expéditionnaire arrive dans les environs de la ville de Van et restera au sud de Van pendant les événements


Avant ces événements, des meurtres d'hommes arméniens dans la région de Van sont signalés par des observateurs neutres.
L'extrémisme de Djevdet envers les Arméniens est plus ouvert : « un homme d'humeur dangereusement imprévisible, amicale un moment, férocement hostile l'autre, capable de brutalité perfide », il est surnommé le « maréchal-ferrant » (Nalband Bey) après les atrocités commises à Bachkalé où il a cloué des fers à cheval aux pieds de ses victimes.
À son retour à Van, Djevdet « instaure un règne de terreur dans les villages isolés de la province sous prétexte de rechercher des armes. » Dans le processus, les gendarmes ottomans ont tué de nombreux Arméniens. Les dirigeants arméniens de Van en attendant exhortent les gens à supporter en silence. « Il vaut mieux, » disent-ils, « que certains villages soient brûlés et détruits sans représailles que donner le moindre prétexte aux Musulmans pour un massacre général. » Toutefois, en même temps, il y avait des rapports de quelques Turcs lynchant des Kurdes responsables d'atrocités particulièrement dures
Pendant ce temps, les massacres, sous le prétexte d'une recherche d'armes, continuent. Plus tard, les Arméniens attaquent une patrouille ottomane provoquant la colère de Djevdet. Alarmé, les Arméniens de Van demandent au Dr Clarence Ussher, missionnaire et représentant des États-Unis, de servir de médiateur entre eux et Djevdet. Djevdet tente de violer l'immunité diplomatique de l'enceinte où se trouvait Ussher en essayant de placer une garnison de 50 soldats ottomans à l'intérieur49. Il est devenu clair pour Ussher que les tentatives de médiation seront vaines. En même temps cependant, des rapports circulent que les Arméniens ont commencé à rassembler des volontaires pour organiser une défense

Le 15 avril, les Arméniens ont été rassemblés à Artchesh par la gendarmerie. Plus tôt, les percepteurs d'impôts accompagnés par des gendarmes sont allés au nord de Van pour compter les moutons sur lesquels les villageois étaient imposés. Artchesh était une unité administrative avec 80 villages arméniens au nord de Van. Le percepteur a donné le considérant d'ordre du sultan quant au calcul des impôts60. Un désaccord surgit entre les villageois et le percepteur d'impôts. Le désaccord tourne au conflit et s'étend à l'unité de gendarmerie dans Banat, et de Banat vers d'autres villages. La violence dans la campagne atteint un pic le 19 avril avec 2 500 hommes dans la ville d'Artchesh tués en une seule journée.
Le 17 avril, Djevdet ordonne à ses bataillons d'anéantir Chatakh. La force ottomane a au lieu de cela attaqué des villages arméniens localisés près de Van. Le même jour, Archag Vramian est arrêté après avoir été convoqué par Djevdet. Un maître d'école est également arrêté à Chatakh à la mi-avril. Il y a une manifestation locale en sa faveur. Plusieurs Arméniens éminents dirigés par Nikoghayos Poghos Mikaelian se sont rendus dans cette ville à la demande de Djevdet. Nikoghayos Poghos Mikaelian et d'autres Arméniens éminents sont arrêtés à mi-chemin à Hirdj et assassinés le 17 avril. Parmi les trois dirigeants de la FRA, seul Aram Manoukian a pu y échapper en ne se rendant pas à la convocation du gouverneur, se doutant d'un piège64. Djevdet prend également des mesures contre les dirigeants de la FRA à Van. Quant à la résistance, c'était un signe que la ville n'était pas sûre. Djevdet pensait sans doute que, en tuant les dirigeants des partis arméniens, il détruirait la cohésion de la résistance. Le ministre de l'Intérieur Talaat Pacha ordonne l'arrestation des dirigeants de la communauté arménienne dans la capitale ottomane ainsi que dans d'autres grandes villes au cours de la rafle du dimanche 24 avril 1915. Ils sont détenus dans deux centres de détention près d'Ankara. Archag Vramian avait été envoyé en direction de la capitale accompagné d'une garde de cinquante gendarmes et aurait été tué en chemin, peu après Bitlis, à Arapu Tsor


Le 20 avril, les soldats ottomans saisissent plusieurs femmes arméniennes voulant entrer dans la ville. Deux hommes arméniens venus pour les aider, sont abattus sur le coup. Les Arméniens attaquent en retour une patrouille ottomane provoquant la colère de Djevdet. En conséquence, les forces militaires ottomanes bombardent les quartiers arméniens de la ville à l'artillerie. Une grande partie de la ville est alors en flammes et un siège régulier est organisé. Le 25 avril, le premier petit groupe de réfugiés de la campagne arrive dans la ville par la route de Sushantz qui est maintenue ouverte par les forces civiles arméniennes.
G. Sbordonne fait le récit suivant:
« Van se divise en deux parties, dont une est appelée « ville » ou « la ville », et l'autre « jardin » ou « les jardins ». La « ville » est à proximité du lac et contient les bureaux du gouvernement, les tribunaux, les casernes, les locaux des différentes administrations civiles comme la banque, la régie, la poste, le télégraphe et les bazars. On y compte aussi un noyau des maisons arméniennes.
Les « jardins » sont occupés par les quartiers arméniens et quelques quartiers turcs. Le gros de la population musulmane se trouve sur l'espace qui sépare la ville des jardins. Lorsque le bombardement commença, le gouvernement avait à sa disposition douze canons et d'immenses quantités de munitions, il comptait six mille soldats (turcs, kurdes, circassiens), il comptait cinq casernes et disposait du port de Van, d'un petit vapeur et de tous les voiliers.
Les habitants du village de Iskélé-Keui ou village du « port » avaient tous trahi la cause arménienne sous des menaces, et servaient les Turcs.
Les Arméniens n'avaient pas de canons, ils comptaient de cent à cent vingt combattants en « ville », et mille cinq cents dans « les jardins ». Ils s'organisèrent avec une promptitude et une sagacité remarquables ; ils constituèrent un état-major, organisèrent un corps de génie, un bataillon de tirailleurs, une croix-rouge, une ambulance, une police, creusèrent des tranchées, élevèrent des barricades, et ils eurent l'extrême prudence de se tenir sur la défensive, pour ne pas perdre inutilement leurs hommes, et de défendre à ceux-ci de tirer un seul coup de feu inutile.


Les opérations du siège se résumèrent pour les Turcs à bombarder, de jour et de nuit, la « ville » et les « jardins », à brûler les maisons arméniennes, à s'efforcer, mais inutilement, de s'emparer des positions arméniennes, et à terroriser la population par des fusillades sans fin. Les canons firent relativement peu de dégâts (on jeta près de dix mille boulets sur la « ville » et six mille sur les « jardins »), ils tuèrent une centaine de femmes et enfants qui traversaient les jardins et quelques hommes ; quant aux dégâts faits aux positions arméniennes, ils étaient immédiatement réparés. Les Arméniens furent plus heureux, ils repoussèrent toutes les attaques, et s'emparèrent, en les incendiant, des positions ennemies. »
Les défenseurs arméniens de Van sous le commandement d'Aram Manoukian, mettent en place un gouvernement provisoire local qui s'occupe de la défense, des provisions et de l'administration – et des relations étrangères, pour s'assurer que la neutralité des propriétés étrangères de la ville est respectée. Juges, fonctionnaires de police et de santé sont nommés. Il est devenu urgent de faire parvenir un message pour informer les Russes des événements. Plusieurs messagers avec des messages cousus dans leurs vêtements sont envoyés, dont douze d'entre eux sont passés
Le 30 avril, le nombre de réfugiés dans Van venant des villages alentours atteint les 15 000. À ce moment, la population arménienne de la ville arrive à 30 000 habitants et 15 000 réfugiés dans le quartier arménien et la banlieue d'Aygestan qui ne dépassent pas le kilomètre carré. Djevdet favorisait l'arrivée des réfugiés dans la ville, espérant qu'un tel afflux créerait une catastrophe humanitaire et sanitaire au sein des Arméniens. Après avoir facilement repoussé les assauts initiaux, les forces arméniennes rencontrent des problèmes d'approvisionnement en munitions. Lepsius, évoque : « parmi les défenseurs, 1 500 purent être armés de fusils, et autant de pistolets. Leurs provisions en munitions étaient petites ; ils les épargnaient donc beaucoup, et recouraient à toutes sortes de ruses pour amener les assaillants à consommer leurs munitions. Ils se mirent de plus à fondre des balles et à faire des cartouches : ils en fabriquaient tous les jours 3 000. Ils fabriquaient aussi de la poudre et, après quelque temps, ils firent aussi trois mortiers ». Au total, 16 000 boulets de canons sont tirés sur les défenseurs


Jeune messager dachnak qui a servi Aram Manoukian, Van 1917.

Le général Nikolaï Ioudenitch ordonne aux armées impériales russes de secourir les Arméniens de Van. Pour cela, il ordonne à la 2e brigade cosaque de Transbaïkalie du général Troukhine et à la brigade de volontaires araratien dirigée par Sarkis Mehrabian de rejoindre Van depuis Erevan. Ioudenitch ordonne aussi à la 3e brigade cosaque de Transbaïkalie ainsi qu'à la division de cavalerie caucasienne de prendre le train à destination de Tabriz dans le but de dissuader les Kurdes d'intervenir. Un des douze messagers arméniens expédiés atteint la Perse. Le 8 mai, une division commandée par Chernoroyal ainsi que l'unité de volontaires dirigée par Andranik Ozanian forte de 1 200 hommes est envoyée depuis Bachkalé qu'ils venaient de capturer la veille.
Le 6 mai, une offensive majeure de la Russie se met en place. Les lignes de défense ottomanes étaient tenues par les 10e et 11e corps d'armée ainsi que le 5e corps expéditionnaire se situant au nord du vilayet de Van. Les Russes attaquent le 1er corps expéditionnaire ottoman et la brigade de cavalerie de Van se situant dans le vilayet d'Erzurum, bien que ne faisant pas partie du siège de Van, et les forcent à battre en retraite. Le 12 mai, les Russes entrent dans la ville d'Artchesh, au nord de Van. Djevdet envoie un canon et deux-cents soldats de la ville de Van pour contrer les russes, en vain. Le 6 mai, les conflits autour de la citadelle de Van (dans le district de Kale) se terminent.
Le 14 mai, un vendredi soir, un groupe de navires quittent Van, d'autres encore plus nombreux suivirent le lendemain. Les Turcs évacuaient leurs femmes et leurs enfants. Le 16 mai, un bombardement de 46 obus se déclare pour couvrir la retraite des unités turques. Au même moment des rapports font état de jusqu'à 6 000 Arméniens tués. Les rapports du New York Times pendant la période d'avril-juin 1915, attribuent les massacres et les combats aux forces auxiliaires kurdes plutôt qu'à des unités turques. Djevdet abandonne la ville dans la nuit du 16 au 17 mai et se retire vers Bachkalé et rejoint le 1er corps expéditionnaire sous les ordres du lieutenant-colonel Halil Kut.
 


Cartes de l'offensive militaire turque où l'on voit les deux îlots de résistances arméniens qui correspondent à la République démocratique d'Arménie et la République arménienne de la montagne.

Le 17 mai, les forces civiles arméniennes ont le contrôle de la ville. Au même moment, l'avant-garde des forces russes, qui repousse la 1re et la 3e brigade de cavalerie ottomane de la ville de Malazgirt depuis le 11 mai, atteint le nord de la province et se déploie jusqu'aux rives du lac de Van. L'avant-garde des forces russes qui étaient déjà dans la ville repousse les forces ottomanes avec une pression continue au sud de la ville. Ces forces ottomanes en retraite subissent des pénuries logistiques causées par l'interruption des lignes de communication. Peu de temps après les réguliers russes les poursuivent
Selon Ussher, le mardi 18 mai, les volontaires d'Ozanian pénètrent dans la ville dans l'après midi, précédant de 6 heures la division de Chernoroyal, mettant en fuite les troupes turques. Ils sont suivis les 23 et 24 mai des forces russes venues de Russie. Ils découvrent les cadavres de quelque 55 000 civils arméniens massacrés. Le 20 mai, les principaux centres de la province de Van sont occupés par des Russes. Le 23 mai 1915, un détachement de soldats russes occupe la ville de Van, portant ainsi l'assistance très attendue aux Arméniens, qui sont assiégée par les Ottomans81. Cependant, les Russes étaient occupés à combattre contre les Ottomans et ils n'avaient pas le contrôle de la campagne environnante. La seule puissance restante dans la campagne est composée de forces civiles arméniennes.
La 2e brigade cosaque de Transbaïkalie du général Troukhine n'atteint pas Beghrikale avant le 24 mai. La 2e brigade des fusiliers caucasienne du général Nazarbékov (Tovmas Nazarbékian) reçoit l'ordre de soutenir Troukhine posté à Bachkalé le 7 mai. Le 31 mai, Troukhine entre dans la ville. Le même jour, la patrouille de Troukhine et l'avant-garde de Nazarbékov font jonction entre Van et Hochap.
Le général Ioudenitch obtient l'accès de la ville et de la citadelle à son arrivée. Il confirme le gouvernement provisoire arménien. Aram Manoukian devient le gouverneur. Armenakis Yekarian devient le chef de la police. Les combats se déplacent plus à l'ouest pour le reste de l'été avec la ville de Van sécurisée. À l'arrivée des Russes, les Ottomans se retirent à l'ouest du lac de Van en direction de Bitlis.


Rafael de Nogales Méndez, un officier vénézuélien qui a servi dans l'armée ottomane, a participé au siège de Van et après la guerre a écrit un récit sur la bataille et ses conséquences.

Tout au long des mois de juin et de juillet, les forces turques et russes s'affrontent au nord de la région de Van, des milliers d'Arméniens de Mouch et d'autres provinces voisines commencent à affluer dans la ville de Van. Le 5 juin 1915, la rive nord du lac de Van est dépourvue de forces ottomanes. Les Russes, avançant sur les lignes au nord du lac de Van, poursuivent plus à l'ouest vers la ville turque de Mouch. Sur cette nouvelle impulsion, l'armée russe redéploie les forces de la province de Van autour de la côte nord du lac de Van à la ville de Malazgirt, dans l'intention d'une nouvelle offensive en Anatolie, vers Mouch. Les pertes subies par la 3e armée ottomane durant la précédente offensive hivernale d'Enver avaient créé un saillant dans le flanc sud de leur front du Caucase, ce qui crée une première occasion pour les forces russes. Toutefois, cette opportunité est de courte durée et six semaines plus tard, les forces russes subissent des revers ayant des conséquences graves pour la population arménienne dans la ville de Van.
Le 11 juillet, au cours d'une réorganisation des forces turques, le 18e corps d'armée (Sağ Cenah Grubu ou Groupe du Flanc Droit) de la 3e armée se voit confier la responsabilité de la province de Van, avec les autres provinces du sud. Enver Pacha fait de cette formation une entité opérationnelle indépendante de la 3e armée et affecte au poste de commandant le mirliva Abdulkerim Pacha. Ce dernier réussit à arrêter l'avancée russe du 16 juillet.


Le 16 juillet, l'armée ottomane, ayant concentré plus de forces que les Russes, contre une offensive planifiée et repousse l'armée russe à la bataille de Malazgirt (se déroulant du 10 au 26 juillet 1915), capturant la ville. Il s'ensuivit la bataille de Kara Killisse qui voit les Russes recapturer Malazgirt. Toutefois, à la suite de ces opérations au nord du lac de Van, les Russes ont évacué leurs forces combattantes restantes de la ville de Van. Les volontaires arméniens sont alors devenus les seuls défenseurs des réfugiés arméniens. Les bataillons de volontaires arméniens ne prirent aucune part active dans les batailles de juillet et entreprirent la lourde tâche de s'occuper de l'arrière-garde de l'armée russe et des réfugiés arméniens dans le district de Van. Les forces civiles arméniennes occupent quatre divisions et des dizaines de milliers de Kurdes ottomans juste au moment où les Turcs avaient grand besoin de ces forces pour les aider à déporter et massacrer des Arméniens.
Armen Garo, et son assistant, Khetcho demande au général Abatzieff de permettre aux habitants arméniens dans la région de Van de se déplacer avec l'armée russe vers Iğdır. Cette demande est rejetée au motif que les déplacements essentiels de l'armée russe ne pouvaient se faire promptement s'ils étaient entravés par les réfugiés. Pendant huit jours consécutifs au cours du mois de juillet, le général Nikolaeff trompe les leaders arméniens et les fait rester inactifs. Le général russe leur dit chaque jour qu'il ne se retirera pas, en aucune circonstance, et que par conséquent, il est tout à fait inutile de renvoyer des personnes. Cependant, le 18 juillet, le général Nikolaeff envoie une dépêche à Aram Manoukian, et Sarkis Mehrabian (Vartan) pour l'évacuation. Le général Trokine est dans la ville à ce moment. Il offre d'évacuer la population arménienne vers le territoire russe à travers les passages du nord. Le général Trokine reçoit une dépêche juste après cinq heures lui demandant de quitter la ville et de faire sa sortie à travers la Perse


Le 4 août, les forces russes de Van font une sortie vers la Perse et prennent des positions défensives dans la province de Van, à Bargiri, Saray et dans les districts d'Hoşap. Le groupe de réfugiés, suivant les forces russes, est arrêté et massacré par les forces kurdes alors qu'il traversait les cols de montagne au nord du col de Beghrikale. Les survivants qui sont passés de l'autre côté sont aidés par les organismes de secours arméniens. Le 5 août, les forces russes effectuant une offensive vers le Caucase russe à partir de Van sont repoussées à 20 km derrière la frontière russe. Le 18e corps d'armée ottoman s'engouffre dans la brèche. Abdulkerim Pacha avait plus tôt demandé la permission avant de laisser la province de Van de s'avancer en territoire russe. Enver Pacha a personnellement donné l'ordre d'avancer jusqu'à Eleskirt et Kara Kilise et de nettoyer la région frontalière de toutes traces russes.
Début août 1915, près de 200 000 réfugiés fuyant derrière les forces russes en retraite arrivent en Transcaucasie. Il y a deux grands groupes de réfugiés qui ont quitté la ville : un groupe qui la quitte sous la protection des volontaires arméniens et l'autre groupe en essayant d'en sortir par ses propres moyens. Près de 150 000 habitants arméniens sont contraints de laisser tous leurs biens à la merci du feu de l'ennemi et de fuir vers Erevan sous la protection de volontaires. Les réfugiés sous protection subissent une perte de 8 000 à 10 000 hommes, femmes et enfants. Plus de 5 000 réfugiés sont morts dans des attaques des Kurdes lors de la traversée des montagne. Le commandant des unités de volontaires arméniens prétend plus tard : « Si le général russe nous avait donné sept ou huit jours pour organiser la retraite, il aurait été possible de diriger les gens vers Erivan sans perdre une seule vie ».
Le 29 septembre 1915, l'armée ottomane quitte la ville de Van après un séjour de seulement plus ou moins un mois. La retraite ottomane résulte des défaites subies par leurs armées dans d'autres régions du front du Caucase, et en partie de l'isolement relatif de Van dans la Première Guerre mondiale en Turquie anatolienne. Certains des résidents arméniens qui se sont échappés en Transcaucasie y retournent.
Le 19 janvier 1916, la défaite turque à la bataille de Koprukoy voit les forces russes avancer à nouveau vers Erzurum, une ville étant à mi-chemin entre le lac de Van et la mer Noire. La province de Van passe sous l'administration de l'Arménie occidentale jusqu'en 1918. Les conflits entre 1916 et 1918 se sont déplacés à l'ouest de la province de Van, au nord-ouest à la bataille de Mouch et au sud-ouest à la bataille de Bitlis.


Avec la révolution russe de 1917, la situation change à nouveau dans la région. Les armées russes commencent à se désintégrer. Van est complètement coupée des Alliés. L'armée britannique engagée dans la campagne de Mésopotamie ne manœuvre pas au-delà de Bagdad. Les Arméniens de Van tentent de garder leur terre et sont rejoints dans sa défense par les Assyriens.
Le 3 mars 1918, le grand vizir Talaat Pacha signe le traité de Brest-Litovsk avec la RSFS de Russie. Le traité de Brest-Litovsk stipule que la frontière soit reculée à des niveaux d'avant-guerre et les villes de Batoum, Kars, et Ardahan doivent être transférées à l'Empire ottoman. Juste deux mois après la signature du traité de Brest-Litovsk, début 1918, l'Empire ottoman attaque les territoires arméniens de Russie. En violation du traité signé précédemment avec la République socialiste fédérative soviétique de Russie, la cinquième armée ottomane traverse la frontière en mai 1918 et attaque Alexandropol (aujourd'hui Gyumri) d'où l'armée russe s'est retirée à la suite de la révolution de 1917, tandis que la 3e armée ottomane lance une offensive dans la province de Van. L'armée ottomane souhaite écraser l'Arménie et s'emparer de la Transcaucasie pour relier les États turcs. Le gouvernement allemand n'approuve guère l'initiative de son allié et refuse d'aider les Ottomans sur ce front. Vehib Pacha mène l'offensive sur trois fronts. Sur le front sud, la province de Van a été affectée au 4e corps d'armée. La mission du 4e corps d'armée était de se déployer jusqu'à Beyazit.
En avril 1918, les Arméniens de Van résistent une fois de plus à Van. Le 4 avril, la ville de Van commence à changer plusieurs fois de mains. L'armée ottomane contrôle à nouveau la ville de Van le 6 avril, suivie de Beyazit le 14 avril. Les Arméniens de Van sont finalement contraints d'évacuer et de se retirer de la province de Van. Les Arméniens de Van se retirèrent à l'est vers l'Azerbaïdjan perse. Ils ont tenu position près de Dilman où ils ont repoussé une fois les Ottomans, à la bataille de Dilman, mais, étant attaqués à nouveau, ils ont été obligés de battre en retraite vers le sud autour du lac d'Ourmia. Dans la poursuite des Arméniens de Van et des montagnards assyriens en Perse, la 3e armée ottomane entre en conflit avec les Assyriens d'Ourmia qui s'enfuient vers le sud en Mésopotamie
En juillet 1918, l'armée britannique occupe la plus grande partie de la Mésopotamie pendant la campagne mésopotamienne, ainsi que d'une grande partie de l'Azerbaïdjan perse au cours de la campagne de Perse. Des préparations sont alors faites pour la mise en place d'un grand camp de réfugiés arméniens près de Bakouba en Irak.
Au cours de la première semaine du mois de septembre 1918, se retirant de Van, les Arméniens se rendent au camp de réfugiés de Bakouba par groupe de 1 000 ou de 2 000, par la route et par train. Beaucoup d'entre eux souffraient de dysenterie, du typhus et de fièvre récurrente, et il y avait une petite épidémie de variole parmi les enfants91. Nombreux sont ceux qui sont morts le long de la route pour cause d'épuisement et de famine. Ceci a continué tout au long du mois de septembre et de la première moitié du mois d'octobre, jusqu'à ce qu'environ 40 000 soient recueillis en tout. Fin septembre, il est décidé de lever quatre bataillons parmi les Arméniens sur les lignes d'un bataillon d'infanterie indien. Le 2e bataillon est créé par les Arméniens de Van et le 3e bataillon par les Arméniens d'autres régions. Le G.O.C. de la North Persian Force décide de déployer le 2e bataillon autour de Senna, tandis que le 3e bataillon se rend à Bijar. Le 30 octobre 1918, l'Empire ottoman signe l'armistice de Moudros et les opérations militaires se terminent.


Le 15 mai 1915, le consul russe, dans la ville de Van, rapporte que 6 000 Arméniens ont été massacrés à Van. Henry Morgenthau se référant au Dr Ussher, indique que « après avoir chassé les Turcs, les Russes commencèrent à recueillir et à incinérer les corps des Arméniens, qui avaient été assassinés dans cette province et qu'ainsi 55 000 cadavres furent brûlés ». Le massacre systématique des 25 000 Arméniens dans le district de Bachkalé, dont moins de dix pour-cent en ont réchappé, semble avoir été ordonné.
Bien que les réfugiés arméniens ont fait l'objet de l'attention des puissances occidentales et de tous les efforts de secours, la plupart des décès arméniens ont eu lieu dans les camps de réfugiés où le nombre de morts atteignait les 300 à 400 par jour dans le Caucase russe, causés par la famine et les maladies, comme rapporté par le consul britannique dans la région
La plupart des meurtres ont été attribués aux Circassiens et aux Kurdes, bien que certains rapports indiquent que les troupes turques y ont également pris part. Rafael de Nogales Méndez, un officier vénézuélien se battant pour les Turcs, mentionne dans ses mémoires que les fonctionnaires ottomans avaient reçu l'ordre d'exterminer tous les hommes arméniens de douze ans et plus. Selon Ussher, le 19 avril, Djevdet rend une ordonnance dans toute la province de Van, qui stipule : « les Arméniens doivent être exterminés. Si tout musulman protège un chrétien, d'abord, sa maison sera brûlée ; puis le chrétien tué devant ses yeux, puis sa famille [du musulman], puis lui-même ». Djevdet a plus tard été accusé de crimes de guerre aux cours martiales turques de 1919-1920 contre les Arméniens pendant les opérations autour de la ville de Van au cours du printemps 1915
Les consulats des États-Unis, de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie, ainsi qu'un certain nombre de fonctionnaires ottomans ont décrit et documenté les raisons du soulèvement de Van :
« J'ai retracé l'historique de la « Révolution » de Van, non seulement parce qu'elle marqua la première étape de la tentative, méthodiquement organisée pour exterminer toute une nation ; mais aussi parce que les Turcs rejettent toujours sur ces événements la responsabilité de leurs crimes ultérieurs. J'aurai occasion de reparler de mes intercessions auprès d'Enver, Talaat et consorts ; chaque fois que je les suppliais d'épargner les Arméniens, ils citaient invariablement en exemple les « révolutionnaires » de Van, donnant leur conduite comme échantillon de la « perfidie » arménienne. Ainsi que le prouve ce récit, la fameuse « Révolution » ne fut que la courageuse résistance d'Arméniens résolus à sauver l'honneur de leurs femmes et leurs propres vies, après que les Turcs, en massacrant des milliers de leurs voisins leur eussent montré quel sort les attendait. »
—Henry Morgenthau senior, Mémoires de l'ambassadeur Morgenthau
Le 15 avril 1915, l'ambassadeur allemand à Constantinople, déclare :
« Les Arméniens ont renoncé à leurs idées de révolution depuis l'introduction de la Constitution et il n'existe aucune organisation pour une telle révolte. »
—Hans Freiherr von Wangenheim
Le général de division, vice-maréchal, attaché militaire autrichien et le plénipotentiaire militaire de l'Empire ottoman, déclare :
« Le soulèvement de Van était certainement un acte de désespoir. Les Arméniens locaux ont réalisé que des massacres généraux contre les Arméniens avaient déjà commencé et qu'ils seraient la prochaine cible. Au cours de l'été 1915, le gouvernement turc avec des conséquences inexorables a mené sa tâche sanglante d'extermination de tout un peuple à sa fin. »
—Joseph Pomiankowski
Le gouverneur général de l'Empire ottoman à Erzurum, écrit que :
« Il n'y a pas eu et il ne pouvait y avoir de soulèvement à Van. Par nos pressions constantes [sur la population locale], nous avons créé une pagaille à laquelle nous ne pouvons plus échapper et mis l'armée en difficulté à l'Est. »
—Hasan Tahsin Bey
Un fonctionnaire du gouvernement turc déclare :
« J'ai suivi la question à sa source. J'ai demandé aux habitants et responsables de Van, qui étaient à Diarbekir, si un quelconque Musulman avait été tué par des Arméniens dans la ville de Van, ou dans les districts du Vilayet. Ils ont répondu par la négative, disant que le gouvernement avait ordonné à la population de quitter la ville avant l'arrivée des Russes et avant que quelqu'un n'ait été tué ; mais que les Arméniens avaient été appelés à rendre leurs armes et ne l'avaient pas fait, redoutant une attaque par les Kurdes, et redoutant le gouvernement également ; le gouvernement a en outre demandé que les principaux notables et dirigeants devaient leur être livrés comme otages, mais les Arméniens ne s'étaient pas soumis.
Tout cela a eu lieu lors de l'approche des Russes vers la ville de Van. Quant aux districts adjacents, les autorités ont recueilli les Arméniens et les ont conduits vers l'intérieur, où ils ont tous été abattus, aucun fonctionnaire du gouvernement

 

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MessagePosté le: Jeu 27 Avr - 04:47 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

Les populations araméennes (assyrienne, chaldéenne, syriaque) et pontiques furent aussi durement touchées durant cette période, ayant été en grande partie éliminées par les autorités ottomanes, ainsi que certains Syriaques et Yézidis. Selon les responsables de la communauté réfugiée en Arménie, 500 000 yézidis auraient péri durant les massacres. En 2007, l'Association internationale des spécialistes des génocides (International Association of Genocide Scholars) est parvenue à un consensus selon lequel « la campagne ottomane contre les minorités chrétiennes de l'Empire entre 1914 et 1923 constituait un génocide contre les Arméniens, les Assyriens et les Grecs pontiques d'Anatolie. ». Les expressions de génocide assyrien et génocide grec pontique sont donc actées par la communauté des historiens.
De 500 000 à 750 000 morts assyriens représentant environ 70 % de la population de l'époque sont massacrés selon le même modus operandi sur la même période que le génocide arménien. Environ 350 000 Grecs pontiques sont massacrés à la suite de meurtre et de pendaison, ainsi que de la famine et des maladies. Selon un conseiller auprès de l’armée allemande, Ismail Enver, le ministre turc de la défense aurait déclaré en 1915 qu’il voulait « résoudre le problème grec de la même façon qu’il pensait avoir résolu le problème arménien. »
L’expression génocide grec pontique, bien que controversée, reste celle utilisée pour définir l’histoire des Grecs pontiques pendant et après la Première Guerre mondiale. Le fait qu’il y ait eu ou non génocide fait encore débat entre la Turquie et la Grèce ; l'ONU n'a pas tranché. On fait aussi allusion à la Tragédie pontique, l’Extermination pontique et aux Atrocités commises par les Turcs dans le Pont et l’Asie Mineure. Ces termes se réfèrent aux persécutions, aux massacres, aux expulsions ainsi qu’aux migrations forcées infligées par le gouvernement jeune-turc aux Grecs pontiques au début du xxe siècle ; ces massacres, suivant ceux des Arméniens et des Assyriens, répondent à la définition de génocide proposée par un juriste français durant le procès de Nuremberg.


La Grèce ainsi que la République de Chypre ont officiellement reconnu le génocide et ont déclaré le 19 mai comme date commémorative (en 1994). Les États américains de la Caroline du Sud, du New Jersey, de Floride, du Massachusetts, de Pennsylvanie et de l’Illinois ont aussi voté des résolutions reconnaissant le génocide. Cependant, les États des États-Unis n’ayant pas de prérogatives en matière de politique extérieure, ces résolutions ne sont pas reconnues au niveau fédéral. L’Arménie a reconnu officiellement le 24 mars 2015 le génocide grec pontique et le génocide assyrien.
Le gouvernement turc rejette le terme de génocide. Le choix du 19 mai pour la commémoration de cet événement est perçu comme une provocation, car c’est un jour de fête nationale en Turquie
Selon la Ligue Internationale pour les Droits et la Libération des Peuples, entre 1916 et 1923, près de 350 000 Grecs originaires du Pont furent massacrés. Merrill D. Peterson indique 360 000 victimes. Selon G.K. Valavanis, « la perte de vies humaines parmi les Grecs pontiques, depuis la Grande Guerre jusqu’à mars 1924 peut être évaluée à 353 238 à la suite des meurtres et des pendaisons, ainsi que de la famine et des maladies» Selon un conseiller auprès de l’armée allemande, Ismail Enver, le ministre turc de la défense aurait déclaré en 1915 qu’il voulait « résoudre le problème grec…de la même façon qu’il pensait avoir résolu le problème arménien. »
Les survivants se réfugièrent principalement en Russie impériale (qui devint par la suite l’Union soviétique) et dans une moindre mesure en Dobrogée roumaine. Les Grecs pontiques restés dans la région ottomane du Pont jusqu’à la fin de la Guerre gréco-turque (1919-1922) furent expulsés vers la Grèce dans le cadre de l’échange forcé de populations entre la Grèce et la Turquie en 1922-1923, à l’exception d’une minorité qui se convertit à l’islam et se déclara turque.

Une des méthodes employées dans l’élimination systématique des Grecs fut la mise en place d’un Service de travail obligatoire (Amele Taburları en turc, Τάγματα Εργασίας Tagmata Ergasias en grec). Parmi ceux-là, beaucoup de jeunes et de personnes en bonne santé furent réquisitionnés pour des travaux forcés de terrassement pour l’administration ottomane pendant la Première Guerre mondiale, puis pour le gouvernement turc après la création de la République de Turquie. Le célèbre écrivain Elias Venezis a fait une description de la situation dans son livre Le nombre 31328 (Το Νούμερο 31328). Une recherche universitaire sur ces travaux forcés réalisée par le professeur Leyla Neyzi de l’université de Sabancı, basée sur les journaux de Yaşar Paker, un juif de Turquie enrôlé de force lui aussi, n’indique pas de véritable volonté de génocide : en fait, les autorités turques ont exploité les populations indésirables sans égard pour leur survie, leur disparition n’étant ni planifiée, ni évitée.
Une autre variante de cette politique est celle de la marche forcée jusqu’à la mort des personnes âgées, des handicapés, des femmes et des enfants.
L’expression « massacres blancs » a été utilisée pour dénommer tous ces moyens indirects d’infliger la mort (famine, déportation, camp de concentration, etc.)
La migration forcée consécutive au traité de Lausanne a mené à une élimination presque totale de la présence de la population grecque d’Anatolie, et à une diminution importante de la présence turque en Grèce, notamment dans la région de Thessalonique. Il est impossible de déterminer combien de Grecs du Pont, de Smyrne et du reste de l’Asie mineure moururent entre 1916 et 1923, et combien de Grecs d’Anatolie furent expulsés vers la Grèce ou l’Union soviétique, d’autant que certains ont transité par la Roumanie ou la Bulgarie à bord des bateaux du SMR. D’après G.W. Rendel, « ... plus de 500 000 Grecs furent déportés, mais très peu survécurent8. » Edward Hale Bierstadt indique que « selon un témoignage officiel, les Turcs ont massacré de sang-froid 1 500 000 Arméniens et 500 000 Grecs, femmes et enfants compris. ». Selon Manus I. Mildrasky dans son livre The Killing Trap, l’estimation des Grecs d’Anatolie qui furent tués s’élève à approximativement 480 000. Il faut enfin remarquer qu’un nombre non négligeable de Pontiques se sont convertis à l’islam et ont déclaré être Turcs pour survivre et garder leurs biens, sans compter les enfants de familles pontiques tuées, qui ont été adoptés et élevés par des Turcs.
Horton fait remarquer que « la plus intelligente des réponses donnée par les responsables de la propagande turque fut que les chrétiens massacrés étaient aussi mauvais que leurs exécuteurs, que c’était du “50-50.” » Sur ce, il indique que « si les Grecs, après les massacres qui ont eu lieu à Smyrne et dans le Pont, avaient massacré tous les Turcs de Grèce, alors là, il y aurait véritablement eu un 50-50 — presque. » En tant que témoin, il salue les Grecs pour leur « attitude […] envers les milliers de Turcs habitant en Grèce, alors qu’en Anatolie les massacres continuaient allègrement… » ce qui, selon lui, est « un des plus beaux chapitres de l’histoire du pays. »
 C’est depuis 1994 que le Parlement hellénique emploie officiellement le mot génocide pour décrire ces événements et que la commémoration se fait le 19 mai. Cette décision a été prise à l’initiative de Michalis Charalambidis, ancien membre du PASOK (il est reconnu par certains comme étant « l’homme à l’origine de la reconnaissance du génocide des Grecs du Pont »). En 1998, la Ligue Internationale pour les Droits et la Libération des Peuples avait déposé une requête au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme pour cette même reconnaissance



Population grecque en Anatolie en 1910 ; en jaune les locuteurs du grec moderne ; en orange les grecs pontiques ; en vert les grecs cappadociens.
La Turquie maintient que les événements ayant eu lieu à cette période ne peuvent être considérés comme étant un génocide. Ankara a déclaré que « le soi-disant "génocide" de la minorité grecque par les Turcs n’a aucune base historique ; il s'agit de tragédies de guerre liées à l’invasion russe et aux projets de dépeçage de l’Empire Ottoman ». Le 19 mai est une fête nationale en Turquie, en souvenir du jour où Mustafa Kemal Paşa a déclaré vouloir mener sa guerre d’indépendance à Samsun. Le ministre des Affaires étrangères a déclaré qu’il « protestait contre cette résolution ». « Non seulement le Parlement de la Grèce, qui devrait surtout faire ses excuses à la Turquie à la suite des massacres et des destructions perpétrées par les Grecs en Anatolie, soutient la traditionnelle politique de déformation de l’histoire de notre pays, mais il démontre que la mentalité expansionniste de la Grèce est toujours présente. » La commémoration du génocide le 19 mai est perçue en Turquie comme une provocation de la part des hommes politiques grecs. En 2006, à la suite de l’inauguration de deux monuments commémoratifs à Thessalonique, Aziz Kocaoğlu, le maire social-démocrate d’Izmir, a annulé la signature d’un accord de jumelage prévu entre İzmir et Thessalonique.
Colin Tatz, quant à lui, affirme que la Turquie dénie ces génocides afin de réaliser un rêve national :
« La Turquie, continuant son combat vieux de 95 ans pour devenir le berceau de la démocratie du Proche-Orient, fait tout ce qui est en son pouvoir pour dénier le génocide des Arméniens, des Assyriens et des Pontiques. »
George E. Pataki, gouverneur de l’État de New York a instauré le Pontian Greek Genocide Remembrance Day le 19 mai 2002.
L’Arménie parle d’un « génocide des Grecs » dans son premier rapport pour la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires du Conseil de l'Europe. Cette reconnaissance a été confirmée le 24 mars 2015 par un vote d’une résolution du parlement arménien à l’unanimité reconnaissant et condamnant le génocide des Grecs et des Assyriens dans l’Empire ottoman entre 1915 et 1923.
En Australie, le problème a été soulevé le 4 mai 2006 par la sénatrice Jenny Mikakos .En juin 2006, Stephen Pound (en), membre de la chambre des communes britannique, a fait un lien entre le génocide arménien et celui des Grecs pontiques.
Le 11 mars 2010, le Parlement de Suède a officiellement reconnu « le génocide de 1915 contre les Arméniens, les Assyriens, Syriens et Chaldéens et les Grecs pontiques ».


La répartition passée et présente des Grecs pontiques.

Le 10 avril 2015, le parlement des Pays-Bas vote une résolution contraignante reconnaissant le génocide des Assyriens, Grecs et Arméniens par les Turcs ottomans pendant la Première Guerre mondiale.
Le 12 avril 2015, le Pape François déclare lors de la messe célébrée à l’occasion du centenaire du génocide arménien au Vatican : « Notre humanité a vécu, le siècle dernier, trois grandes tragédies inouïes : la première est celle qui est généralement considérée comme « le premier génocide du XXème siècle » ; elle a frappé votre peuple arménien – première nation chrétienne –, avec les Syriens catholiques et orthodoxes, les Assyriens, les Chaldéens et les Grecs. ». Le Pape proclame également à cette occasion Grégoire de Narek, saint d'origine arménienne, 36e docteur de l'Église

 

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MessagePosté le: Ven 28 Avr - 07:19 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

Le génocide assyrien ou araméen / chaldéen / syriaque (également connu sous le nom Sayfo ou Seyfo) est le meurtre en masse de la population « assyrienne » de l'Empire ottoman lors de la Première Guerre mondiale. La population assyrienne du Nord de la Mésopotamie (Tour Abdin, Hakkari, Van, Siirt, régions du Sud-Est de l'actuelle Turquie et la région du Nord-Ouest de l'Iran, Urmiah) a été déplacée de force et massacrée par les forces ottomanes (turques) et les forces kurdes entre 1914 et 1920.
Les estimations sur le nombre total de morts varient. Certains rapports citent le nombre de 270 000 morts, bien que les estimations récentes aient révisé ce chiffre au nombre plus réaliste de 500 000 à 750 000 morts représentant environ 70 % de la population assyrienne de l'époque.
Le génocide assyrien a eu lieu durant la même période et dans le même contexte que le génocide arménien et des Grecs pontiques. Toutefois, les études sur le génocide assyrien sont relativement récentes notamment en raison du fait que la question du génocide arménien a occupé longuement la scène principale des génocides à l'encontre des populations chrétiennes de l'Empire ottoman.
En 2007, l'Association internationale des spécialistes des génocides (International Association of Genocide Scholars) est parvenue à un consensus selon lequel « la campagne ottomane contre les minorités chrétiennes de l'Empire entre 1914 et 1923 constituait un génocide contre les Arméniens, les Assyriens et les Grecs pontiques d'Anatolie. »


La population assyrienne sous l'Empire ottoman s'élevait à environ un million de personnes au début du xxe siècle et était largement concentrée dans ce qui est maintenant le Nord-Ouest de l'Iran, l'Irak et la Turquie. Il y avait de grandes communautés situées dans les régions à proximité du lac d'Orumieh en Perse, lac de Van (en particulier la région du Hakkiari) et en Mésopotamie, ainsi que dans les provinces de Diyarbakir, Erzeroum et Bitlis. Ils avaient donc pour voisins des populations majoritairement musulmanes. Mis à part le Hakkiari - et dans une moindre mesure le Tour Abdin -, leurs communautés étaient éparpillées aux côtés des Arméniens, des Kurdes, des Arabes ou encore des Turkmènes dans une mosaïque ethnico-religieuse.
Avant la guerre, près de la moitié de la population assyrienne vivait dans ce qui est aujourd'hui le sud-est de la Turquie, plus généralement dans la région du Tour Abdin et ses environs.
Comme les autres chrétiens de l'empire, ils étaient traités comme des citoyens de deuxième classe et ne pouvaient accéder à des postes de pouvoir. La violence dirigée à leur encontre avant la Première Guerre mondiale n'était pas récente. Beaucoup d'Assyriens ont été soumis au brigandage kurde, massacrés ou encore convertis de force à l'islam, comme ce fut le cas des communautés assyrienne et arménienne de Diyarbakir durant les massacres de 1895 et 1896.
La population assyrienne était en grande partie rurale, concentrée dans sa « région-refuge » du Tour Abdin et du Hakkiari (où se trouvait leur siège patriarcal de Qotchanès), même si des communautés existaient ailleurs, comme précisé précédemment. Les Assyriens vivaient donc dans la partie orientale de l'Empire ottoman et dans le nord-ouest de la Perse.
Les Assyriens furent considérés comme une cinquième colonne par les politiques qui déterminèrent la politique ottomane au tournant des xixe et xxe siècles.
Tout comme les Arméniens, les Assyriens ont eux aussi été déportés et massacrés à grande échelle par les Ottomans et leurs sous-fifres locaux. Les Assyriens de l'empire perse ont aussi été massacrés par les troupes kurdo-ottomanes en territoire perse, après que leurs coreligionnaires du Hakkari ont été pratiquement anéantis.
Les massacres des Arméniens et des Assyriens se sont confondus pour une grande partie : les assassins ne faisaient guère de différence entre les deux groupes de chrétiens.
À la suite du traité de Lausanne de 1923 tenu à Constantinople, les Arméniens, les Grecs et les Juifs obtiennent le droit de pratiquer librement leur religion. Cependant les Assyriens ne jouissent pas de cette liberté et ne sont toujours pas reconnus comme minorité et peuple autochtone en Turquie à ce jour. C'est dans ce cadre que l'union européenne au travers des associations assyriennes de la diaspora tente d'exercer une pression sur le gouvernement turc pour ainsi faire reconnaître ce peuple


Le génocide assyrien est parfois aussi appelé Sayfo ou Seyfo dans les sources de langue anglaise, basée sur la désignation araméenne Saypā (ܣܝܦܐ), « épée », prononcé comme Seyfo, et comme Sayfo dans le dialecte néo-araméen occidental (l'abréviation de terme Shato d'sayfo « L'année de l'épée », comparable à l'utilisation du mot en anglais Shoah basée sur l'hébreu ha-Šoah). La dénomination araméenne Qeṭlā D-'Amā Āṯûrāyā (ܩܛܠܐ ܕ ܥܡܐ ܐܬܘܪܝܐ), qui signifie littéralement « mise à mort du peuple assyrien », est utilisée par certains groupes pour décrire ces événements. Le mot Qṭolcamo (ܩܛܠܥܡܐ) signifie « génocide » et indique que ce terme est aussi utilisé dans les médias assyriens. Le terme utilisé dans les médias turcs est Suryani Soykırımı.
Dans les pays hébergeant d'importantes communautés assyriennes, la dénomination « Assyrien » est sujette à débats, notamment en Allemagne et en Suède, d'autres expressions telles que Assyriska / Syrianska / Kaldeiska folkmordet (« génocide assyrien / syriaque / chaldéen ») sont employés.
Les différentes communautés chrétiennes de tradition syriaque et les locuteurs araméens préconisent des termes différents concernant l'auto-désignation ethnique de leur peuple ainsi, différents courants ont vu le jour et se sont développés en diaspora :
« Assyriens », héritiers de l'ancien Empire assyrien, préconisé par les membres de l'Église apostolique assyrienne de l'Orient et l'Ancienne Église de l'Orient (« Assyriens orientaux ») et d'autres chrétiens de langue araméenne membre d'autres Églises de tradition syriaque notamment de l'Église syriaque orthodoxe, Église catholique syriaque, Église maronite («Assyriens occidentaux») et Église chaldéenne (« Assyriens orientaux de confession catholique »);
« Araméens » ou « Syriaques », héritiers des anciens Araméens, préféré par une grande partie des membres de l'Église syriaque orthodoxe et d'autres chrétiens de langue araméenne d'autres Églises syriaques notamment de l'Église catholique syriaque et de l'Église maronite.
« Chaldéens », d'après l'ancienne Chaldée, préféré par certains adeptes de l'Église catholique chaldéenne ;
« Phéniciens », d'après l'ancienne Phénicie, préconisé par certains adeptes Maronites, Melchite et d'autres communautés chrétiennes de tradition syriaque au Liban.
Ce problème de terminologie remonte selon les sources à différentes périodes, mais est devenu plus aigu en 1946, lorsque l'indépendance de la Syrie a amené à la nationalité syrienne. En effet, une grande partie des Assyriens/Araméens/Syriaques/Chaldéens de l'époque se nommait Syriens, cependant, dans un souci de distinction du peuple syrien musulman, certains ont préconisé les dénominations assyrienne, syriaque, chaldéenne ou encore araméenne qui avaient déjà été utilisées par les colonisateurs français et anglais. La controverse ne se limite toutefois pas ici et remonte aussi à des dénominations linguistiques variant selon la langue. En effet, cela ne se limite pas à l'exonymie anglaise « Assyrian » vs. « Aramaean », mais s'applique également aux auto-désignations en araméen, les partisans de la désignation "Araméen" approuvent Sūryāyēܣܘܪܝܝܐ et Ārāmayē à la fois ܐܪܡܝܐ, tandis que ceux préférant la désignation « Assyrien » insistent sur Āṯūrāyē ܐܬܘܪܝܐ mais acceptent également Sūryāyē ܣܘܪܝܝܐ ou Sūrāyē ܣܘܪܝܐ.
Une précision doit également être faite, les chrétiens syriaques du Moyen-Orient ne doivent pas être confondus avec les chrétiens de traditions syriaque, les Dravidiens d'Inde, qui sont également un groupe ethnique mais tout à fait différent du peuple Assyrien/Araméen/Syriaque/Chaldéen et qui a été évangélisé par les chrétiens syriaques du Moyen-Orient il y a déjà plusieurs siècles.

Le terme anglais historique pour ce peuple est « Syriens » (ou « Syrians » en anglais comme dans, par exemple, Éphrem le Syrien). Il n'est pas actuellement utilisé depuis la déclaration d'indépendance de 1936 de la République arabe syrienne, le terme « Syrian » désigne depuis les citoyens de cet État, indépendamment de l'appartenance ethnique.
Dès lors, la désignation « Assyriens » est devenue courante en anglais en plus de la traditionnelle désignation « Syriens » et cela au moins depuis le génocide de 1915.
L'adjectif « syriaque » quant à lui renvoie traditionnellement à la langue syriaque et ne constitue pas un groupe ethnique. Ce terme « syriaque » est cependant très souvent utilisé pour ainsi éviter l'ambiguïté avec les « Syriens » de la République arabe syrienne. L'utilisation du terme « syriaque » est toutefois déjà utilisé par des auteurs de langue syriaque» dans un contexte patristique et sont antérieurs à la Première Guerre mondiale.
Depuis les années 1980, un différend apparait entre « Assyrianistes » (chrétiens syriaques s'identifiant comme descendants de l'Empire assyrien) et « Araméaniste » (chrétiens syriaques soulignant leurs origines du peuple antique Araméen) et devient de plus en plus prononcée. À la lumière de ce différend, la désignation anglaise traditionnelle « Assyriens » (« Assyrians ») apparait avoir pris une position plus « Assyrianiste » et est très souvent préféré aux désignations araméenne, syriaque ou chaldéenne. Cependant, certaines sources officielles privilégient depuis les années 2000, une terminologie plus neutre en indiquant les différentes dénominations tel que « Assyrien/Chaldéen/Syriaque » dans le recensement ethnique aux États-Unis, et « Assyriens/Syriaques » dans le recensement suédois.
Dans la langue araméenne, le conflit se résume à la question de la dénomination privilégié Sūrāyē/Sūryāyē « Syriaque/Syrien » ou Āṯūrāyē « Assyrien » ou si celles-ci peuvent être considérés comme synonymes. Un dictionnaire en néo-araméen cite notamment le sujet en considérant les termes comme synonymes :
les Assyriens se nomment eux-mêmes : Suraye, Suryaye, Athuraye en araméen oriental et Suroye, Suryoye, Othuroye en araméen occidental
La question de l'origine de chacun de ces termes est moins claire. Les points suivants peuvent être distingués :


Le terme araméen Āṯūrāyē a-t-il été introduit au xixe siècle, assez récemment, ou est-il utilisé depuis l'araméen moyen (de 200 av. J.-C. à 200 av. J.-C.), langue vernaculaire du christianisme ancien ?
Quel est le rapport entre les termes grecs « Suria » vs. « Assuria » dans l'antiquité pré-chrétienne ? ;
Quel est le lien étymologique des termes « Syrie » et « Assyrie ».
Les auteurs médiévaux syriaques se montrent quant à eux conscients de l'origine araméenne de leur langue qui remonte aux anciens Araméens et ne semblent pas rejeter leurs origines araméennes. Ainsi, Michel le Syrien (xiiie siècle) écrit :
« Les royaumes qui ont été établis dans l'antiquité par notre race, les Araméens, à savoir les descendants d'Aram, qui ont été appelés Syriaques.»
Cependant, Michel le Syrien mentionne également un différend qui remonte au ixe siècle entre Syriens jacobites et savants grecs, pour lesquels les Jacobites auraient également une identité « assyrienne ».
« Même si leur nom est « Syriens », ils sont à l'origine « Assyriens » et ils ont eu beaucoup de rois honorables ... La Syrie est à l'ouest de l'Euphrate, et ses habitants qui parlent la même langue que nous, l'araméen, et qui sont appelés « Syriens » ne sont seulement qu'une partie des descendants de la totalité du peuple assyrien, tandis que l'autre partie qui se situe à l'est de l'Euphrate, aux frontières de la Perse, ont également eu beaucoup de rois d'Assyrie, de Babylone et d'Urhoy. ... Les Assyriens, qui ont été appelés « Syriens » par les Grecs, sont donc un et même peuple, les « Assyriens » d'"Assure" qui ont construit la ville de Ninive. »
John Joseph dans Les nestoriens et leurs voisins musulmans (1961) a déclaré que le terme "Assyrien" pour diverses raisons politiques a été introduit par les missionnaires britanniques au xixe siècle pour nommer les chrétiens syriaques, et a été entre autres appuyé par les découvertes archéologiques de l'ancienne Assyrie. Dans les années '90, la question a été reprise par Richard Frye, qui n'était pas d'accord avec Joseph, établissant que le terme "Assyrien" existait déjà et était utilisé par les Jacobites et les Nestoriens au cours de xviie siècle. Les deux spécialistes s'accordent toutefois sur le fait que la confusion a existé entre les deux termes assez semblables "Syrie" et "Assyrie" à travers l'histoire et jusqu'à nos jours mais chacun accuse l'autre de contribuer d'avantage à cette confusion.
La question de la synonymie Suria vs. Assuria a également été discutée par des auteurs classiques,
Hérodote a écrit: "Ce peuple, que les Grecs appellent les Syriens, sont appelés Assyriens par les barbares". Hérodote distingue toutefois les toponymes Syrie vs. Assyrie, le premier en référence au Levant et le deuxième à l'ancienne Mésopotamie.
Posidonius a quant à lui affirmer: "Les gens que nous [les Grecs] appelons Syriens ont été appelés par les Syriens eux-mêmes Araméens".
En dehors de la question de l'utilisation de ces deux termes, la question de la relation étymologique des deux termes a été ouverte jusqu'à encore récemment. Le point d'incertitude est de savoir si le toponyme Syrie a effectivement été dérivé du nom Assur (par opposition à des propositions alternatives affirmant que le terme Syrie provient des Hourrites). La question semble maintenant avoir été réglée par la conclusion affirmant que Syrie découle en effet du nom Assur. Cependant, ces conclusions sont contestées par un grand nombre d'historiens et d'Assyro-Araméens


Transport de réfugiés vers un village construit en Syrie sur la rivière Khabour.

Le nombre de massacres portés à l'encontre des Assyriens peut être estimé à plus d'une trentaine. Parmi les plus récents, ceux du xixe siècle, siècle durant lequel plusieurs vagues de massacres ont frappé la population assyrienne. Au xixe siècle, des centaines de milliers d'Assyriens ont été assassinés dans l'Empire ottoman, dont plus de 100 000 de 1895 à 1896.
Durant le mois d'octobre 1895, les massacres de masse des Assyriens ont débuté à Diyarbakir et se sont répandus partout dans l'Empire. Les massacres à l'encontre de ce peuple atteignent des niveaux sans précédent, des événements horribles ont lieu aux quatre coins de l'Empire ottoman, au cours desquels un grand nombre de personnes ont émigré, ont été converties de force à l'islam ou assassinées. On dénombre environ 100 000 Assyriens (répartis dans un peu plus de 245 villages) convertis de force de cette manière. Des milliers de jeunes filles et femmes ont également été forcées à entretenir les harems turcs et kurdes.
Les massacres du peuple assyrien se poursuivent dans toutes les régions de l'Empire ottoman. À la fin du xixe siècle à la suite des massacres organisés par le sultan Abdul Hamid II, environ 300 000 Arméniens ainsi que 55 000 Assyriens sont victimes de l'armée turque et de régiments ou milices kurdes. Ces brutalités perpétrées envers les Assyriens font partie des pages les plus sombres de l'histoire de l'Empire ottoman. Ce sont des massacres en masse, génocidaires de fait. En réalité, le xixe siècle et surtout les terribles événements de sa dernière décennie a eu des conséquences dramatiques pour la population assyrienne. Cependant ces derniers événements ne font qu'ouvrir la voie au désastre encore plus grand que constitue le génocide de 1915
Simo Parpola estime que toutes les persécutions et les massacres (y compris le "Seyfo") portés à l'encontre de la nation assyrienne ont réduit celle-ci d'une population de quelque 20 millions d'Assyriens à l'Antiquité, à un peu moins de deux millions aujourd'hui. L'estimation actuelle de la population assyrienne converge cependant le plus souvent vers un nombre de 5 à 6 millions
L'Empire ottoman déclare la guerre aux Alliés le 29 octobre 1914. Pour des raisons géographiques, il était important pour les Britanniques d'obtenir le soutien des Assyriens. Un accord a été conclu en promettant aux Assyriens persécutés d'obtenir leur propre patrie à l'issue de la guerre.
En raison des grandes réserves pétrolières de la région, la Grande-Bretagne voulait s'assurer que la région de Mossoul ferait partie du Mandat britannique de Mésopotamie et non du futur État turc. Les Assyriens promirent donc fidélité à la Grande-Bretagne en échange d'un État indépendant dans le futur. Après l'invasion de Mossoul par les Jeunes-Turcs, l'armée assyrienne, dirigée par le général Agha Petros, a combattu de façon intensive et avec succès les Ottomans et leurs alliés kurdes. Les forces assyriennes les poussèrent hors de Mossoul et de la région, assurant à la Grande-Bretagne le contrôle de la région. Les batailles menées sont décrites en détail par les lettres d'Agha Petros et des officiels britanniques.
Le nombre d'Assyro-Chaldéens massacrés varie d'environ 275 000 d'après Joseph Yacoub à 500 000 selon des études plus récentes.
Les Nestoriens uniates (rattachés à l’Église catholique) du nord de l'actuel Irak, et appelés aussi Assyro-Chaldéens, ont pu échapper en partie au génocide grâce à leur position géographique excentrée.
Les premières vagues d'extermination ont eu lieu dans la province méridionale de Diyarbakir, sous la direction de Réchid Bey.
Ces provinces abritaient un nombre important d'Assyriens et font partie de la région du Tur Abdin, région relativement calme jusqu'à la fin du xixe siècle pour ce peuple implanté là depuis plus de trois-mille ans. Toutefois, le génocide n'a pas épargné ces régions, le nombre de victimes se comptant en centaines de milliers, notamment dans les villes de Midyat, Nusaybin, Mardin, Diyarbekir y faisant respectivement 25 000, 7 000, 6 000 et 5 000 victimes. Dans cette région qui comptait plusieurs centaines de milliers d'Assyriens n'y vivent aujourd'hui plus que quelques milliers, parmi les centaines de monastères en activité, seule une petite dizaine persiste et bon nombre de villages et de villes ne comptent plus aucun Assyrien. Le génocide, les persécutions, les massacres et les menaces à l'encontre de ce peuple chrétien entouré de musulmans en sont la cause.

Dans le courant du mois de février 1915, Djevdet Bey, gouverneur militaire de la province de Van, tient une réunion durant laquelle il déclare : « Nous avons nettoyé les Arméniens et les Syriaques d'Azerbaïdjan, et nous en ferons autant à Van. »
À la fin de l'année 1915, Djevdet Pacha, à l'entrée de la ville de Siirt, accompagné d'un bataillon de 8 000 soldats qu'il appelait lui-même « le bataillon des bouchers » (Kasap Taburu en turc), ordonne le massacre de près de 20 000 Assyriens résidant dans une trentaine de villages.
Ce qui suit est une liste des villages qui ont été attaqués par les soldats de Djevdet et le nombre estimé de décès d'Assyriens :
Sairt : 2 000
Sadagh : 2 000
Mar-Gourya : 1 000
Guedianes : 500
Hadide : 1 000
Redwan : 500
Dehok : 500
Ketmes : 1 000
Der-Chemch : 200
Tentas : 500
Tellimchar : 1 500
Telnevor : 500
Benkof : 200
Altaktanie : 500
Goredj : 500
Galwaye : 500
Der-Mazen : 300
Artoun : 1 000
Ain-Dare : 200
Berke : 500
Bekend : 500
Archkanes : 500
Charnakh : 200
Der-Mar-Yacoub : 500
Der-Rabban : 300
Harevena : 200
Piros : 1 000
La ville de Siirt était peuplé d'Assyriens et d'Arméniens et était le siège d'un archevêque chaldéen, l'orientaliste Addaï Scher, qui a été assassiné par les Kurdes. Le témoin Hyacinthe Simon cite le nombre de 4 000 chrétiens ayant perdu la vie à Siirt

Malgré leur nombre inférieur et à défaut d'armes et de munitions, les Assyriens organisent ici et là un certain nombre d'assauts pour tenter de se défendre, notamment à Ainwardo où un grand nombre d'Assyriens d'autres villages du Tour Abdin ont convergé. Venant de Habasnos, Midyat, Bothe, Keferze, Kafro Elojto, Mzizah, Urdnas, Deqlath, Bscheriye, Gozarto, Hesen Kipho ou encore de Mifarqin, le nombre d'Assyriens présents à Ainwardo atteint les 22 000 personnes durant la résistance qui a duré soixante jours.
Le 3 mars 1918, les forces ottomanes menées par des soldats kurdes assassinent l'un des leaders assyriens de l'époque, entraînant cette fois également la riposte des Assyriens.
Lors de l'attaque de la forteresse kurde de Simku, les forces assyriennes remportent la victoire mais ne parviennent pas à capturer l'agha kurde, responsable de la mort du patriarche Mar Simon XIX Benjamin, qui réussit à prendre la fuite.
Les Assyriens mènent un certain nombre d'affrontements avec les forces ottomanes et kurdes pour tenter de sauver leurs vies. Lorsqu'ils sont armés et en nombre suffisant, ils arrivent à se défendre avec succès, mais ils sont souvent regroupés en petit bataillon et les villageois désarmés sont des cibles faciles pour les forces ottomanes et kurdes.
Au terme de l'année 1914, les Ottomans ont été informés du retrait de la Russie des régions iraniennes/perses. Les 36e et 37e divisions de l'armée ottomane ont dès lors été envoyées au nord-ouest de la Perse. Avant la fin de la même année, les troupes turques et les kurdes ont attaqué avec grand succès les villages autour d'Ourmia. Le 21 février 1915, l'armée turque à Ourmia a pris en otage 61 Assyriens impliqués dans la mission française, dont ils exigeaient une rançon importante. La mission n'avait malheureusement pas les moyens de libérer plus de 20 personnes. Le 22 février, les 41 personnes restantes ont été exécutées et leurs têtes arrachées de leurs corps. Parmi eux, se trouvait l'évêque Mar Dinkha.
Ces villages, en contraste avec les villages assyriens de la Turquie moderne, ont été complètement désarmés. Le 25 février 1915, les forces ottomanes ont pris d'assaut les villages de Gulpashan et de Salamas. Presque la totalité du village de Gulpashan (2 500 habitants) a été fusillée. À Salamas, les 750 réfugiés arméniens et assyriens ont été protégés par les habitants turcs et arabes. Le commandant de division ottoman n'appréciant pas ces « actes de traîtrise » a ordonné l'assaut, bien que le village comprenait également des Arabes et des Turcs. Tous les chrétiens ont finalement été déportés, fusillés ou abattus. La protection des chrétiens par les citoyens turcs et arabes, y compris des imams, est également confirmée en 1915 par un rapport du gouvernement britannique sur les massacres arméniens.
En effet, bon nombre de musulmans ont tenté de sauver leurs voisins chrétiens en les cachant dans leurs maisons, mais le gouvernement des Jeunes-Turcs était implacable, même s'il s'agissait d'imams. Ainsi durant l'hiver 1915, 4 000 Assyriens sont morts, affaiblis par les maladies et la famine, ainsi qu'environ 1 000 victimes dans les villages de la région d'Ourmia.

Au printemps 1918, de nombreux Assyriens commencent à fuir la Turquie actuelle. Mar Simon XIX Benjamin s'était arrangé pour que quelque 3 500 Assyriens puissent résider à Khoy, ville de la province de l'Azerbaïdjan occidental en Iran. Peu de temps après leur installation, les troupes kurdes de l'armée ottomane massacrent presque la totalité de la population. L'un des rares survivants, le prêtre Jean (Yohannan) Eshoo déclare avoir pu s'échapper:
« Vous avez sans doute entendu parler du massacre des Assyriens à Khoi, mais je suis certain que vous ne connaissez pas les détails.
La ville est littéralement devenue un abattoir humain où l'on exécute les victimes sans voix par groupes de dix voire de vingt à la fois. Ces Assyriens impuissants marchaient comme des agneaux vers l'abattoir.
Les bourreaux commençaient par couper d'abord les doigts de leurs victimes, un par un, jusqu'à ce que les deux mains aient été entièrement coupées. Puis ils les étendaient sur le sol tels des animaux, on leur tranchait la gorge à moitié de manière à prolonger la douleur avant la mort, et tout en se débattant, agonisant, les victimes étaient couvertes de coups. Beaucoup d'entre elles, étaient jetées dans les fossés et enterrées avant même d'avoir succombé aux tortures de leurs bourreaux.
Les jeunes femmes ainsi que les jeunes filles de belle apparence ont quant à elles plaidé pour être tuées. Cependant, elles ont été forcées contre leur volonté à entretenir les harems. »

À la mi-1918, l'armée britannique avait convaincu les Ottomans de libérer environ 30 000 Assyriens de diverses parties de la Perse. Les Britanniques décident de les expédier à Baaqouba, en Irak. Le voyage dure seulement 25 jours, mais au moins 7 000 d'entre eux perdent la vie pendant le transfert. Certains meurent de froid, d'autres de faim ou encore de maladie, d'autres civils sont la proie d'attaques de bandes armées kurdes et arabes. Arrivés à Baaqouba, les Assyriens sont contraints de se défendre par leur propres moyens contre d'autres raids arabes.
En 1920, les Britanniques décident de fermer les camps de Baqouba. La majorité des Assyriens réfugiés dans ces camps décident alors de retourner dans les montagnes du Hakkiari, tandis que les autres se dispersent à travers la Mésopotamie sous mandat britannique, où il y avait déjà d'anciennes communautés assyriennes fondées il y a déjà plus de cinq mille ans.
En 1933, alors que le nouvel État irakien vient d'acquérir son indépendance, un massacre de plusieurs milliers d'Assyriens sans défense a lieu à Simele et dans d'autres régions de l'Irak. Ces massacres sont perpétrés par l'armée irakienne aidée par des bandes kurdes. En 1961, de nombreux villages assyriens sont à nouveau rasés en Irak ; ce genre de destructions sont également fréquentes au cours du génocide kurde commis par Saddam Hussein en 1988. Jusqu'à nos jours, les Assyriens constituent une minorité relativement importante en Irak. 
Cependant, depuis la chute du régime de Saddam Hussein, ceux-ci sont fréquemment la cible d'attaques perpétrées par d'autres groupes ethniques musulmans tentant de faire fuir ce peuple autochtone de l'ancienne Mésopotamie et ainsi prendre le pouvoir dans la région du Nord de l'Irak, région abritant encore de grandes réserves pétrolières. Certains parlent même d'un nouveau génocide à l'encontre du peuple assyrien ayant pour but d'effacer totalement leur présence en Irak et plus généralement au Moyen-Orient

Les Assyriens en Perse se sont armés sous le commandement du général Agha Petros, qui avait été approché par les Alliés pour combattre les Ottomans.
Ils se sont révélés être d'excellents soldats. Constituée de volontaires, l'armée d'Aghas Petros avait peu de chance de vaincre les forces ottomanes et kurdes, pourtant à Saldouze malgré leur nombre de loin inférieur, les 1 500 cavaliers assyriens ont surmonté les forces ottomanes comptant plus de 8 000 soldats, commandées par Kheiri Bey. Agha Petros a également vaincu les Ottomans dans l'enjeu majeur de Saoudj Bulak. Il réussit même à repousser l'ennemi jusque Rowanduz.
De nombreux affrontements relativement mineurs avec les Ottomans et les Kurdes sont également couronnés de succès.
Malgré ces victoires, les forces assyriennes en Perse ont été grandement affectées par le retrait de la Russie et l'effondrement de la résistance arménienne dans la région. Elles ont été abandonnées à leur sort, sans armements, en infériorité numérique et cernées par les forces ottomanes.
Les chercheurs ont relaté les événements dans quelques villes du Sud-Est de l'Empire comme suit: les massacres ayant touché le peuple assyrien ont fait 25 000 victimes à Midyat, 21 000 à Jezira-ibn-Omar, 7 000 à Nisibe, 7 000 à Urfa, 7 000 dans la région de Qudshanis, 6 000 à Mardin, 5 000 en Diyarbekir, 4 000 à Adana, 4 000 dans la région de Brahimie, et 3 500 à Harput.
Le 4 décembre 1922, le Conseil national des Assyro-Chaldéens a déclaré dans ses notes diplomatiques que le nombre total de décès était inconnu. Ils estiment que près de 275 000 Assyro-Chaldéens sont morts entre 1914 et 1918 Cependant, ce chiffre avancé à l'époque est discutable et contradictoire compte tenu du fait que la population assyrienne de l'Empire ottoman était d'environ un million avant le génocide, et s'est vu réduite au nombre de 100 000 à 250 000 à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Compte tenu de ces éléments et de nouveaux rapports plus précis publiés après 1922, l'on retient le plus souvent le nombre de 500 000 à 750 000 victimes, représentant environ 70 % de la population assyrienne de l'époque.
Malgré le nombre impressionnant de victimes, les Assyriens n'ont pas été un peuple facile à exterminer, ils étaient fréquemment armés et étaient « aussi féroces que leurs voisins kurdes».
Les tableaux suivants renseignent sur le nombre d'Arméniens et d'Assyriens avant et après la Première Guerre mondiale.

Population chrétienne dans la province de Diyarbakır avant et après la Première Guerre mondiale

RiteAvant la Première Guerre mondialeDisparusAprès la Première Guerre mondiale
ArméniensApostoliques (orthodoxes)60 00058 0002 000
Arméniens catholiques12 50011 5001 000
AssyriensChaldéens catholiques11 12010 0101 110
Syriens catholiques5 6003 4502 150
Syriens jacobites84 72560 72524 000
Total
173 945143 68530 260
Populations chrétiennes dans la province de Mardin avant et après la Première Guerre mondiale

SectAvant la Première Guerre mondialeDisparusAprès la Première Guerre mondiale
ArméniensCatholiques10 50010 200300
AssyriensChaldéens catholiques7 8706 8001 070
Syriens catholiques3 8507003 150
Syriens jacobites51 72529 72522 000
Total
73 94549 87524 070
En avril 1915, après un certain nombre de tentatives infructueuses, les troupes kurdes et ottomanes envahissent Gawar, une région de Hakkari, et massacrent toute la population. Le même mois d'avril 1915, les troupes kurdes encerclent le village de Tel Mozilt et emprisonnent 475 hommes (parmi eux, le révérend Gabrial, prêtre célèbre pour sa barbe rousse). Le lendemain matin, les prisonniers ont été alignés par lignes de quatre et ont été fusillés tandis que les discussions sur ce qu'il fallait faire des femmes et des orphelins se poursuivaient entre Kurdes et fonctionnaires ottomans46. L'année précédente, en octobre 1914, 71 hommes assyriens de Gawar avaient déjà été arrêtés et emmenés au centre de l'administration locale à Bashkala et où ils avaient été assassinés
 

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MessagePosté le: Sam 29 Avr - 07:11 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

Nombre de victimes du génocide arménien
Les estimations du nombre d'Arméniens morts entre 1914 et 1923 durant le génocide arménien sont sujets à controverse. Les estimations pour la période allant de 1915 à 1917 ou 1918 varient entre 800 000 morts — nombre avancé par les statistiques ottomanes officielles — et 1,2 million de morts, chiffre le plus souvent retenu par les historiens occidentaux. D'autres auteurs et l'État arménien se basent sur les rapports des ambassadeurs allemands présents lors des événements, et estiment que le nombre de morts est d'1,5 million. Cet article étudie les différentes estimations des pertes arméniennes lors des massacres génocidaires commis dans les dernières années de l'Empire ottoman.
Les statistiques ottomanes officielles pour la période allant de 1915 à 1917-18 sont de 800 000 morts. Elles ont été publiées dans la gazette officielle ottomane. Elles seraient les résultats d'une commission formée par le ministre de l'intérieur Mustafa Arif. Elles ont été reprises par Rauf Orbay dans ses mémoires.
Ces premières statistiques prenaient en compte les Arméniens qui furent massacrés, apparemment sans tenir compte des autres morts. Mustafa Kemal répéta ce nombre en septembre 1919, au cours d'une conversation avec le Major General Harbord, chef de la Mission militaire américaine en Arménie.
Cependant, à la suite de la dissolution du tribunal militaire, ces données ont été constamment réinterprétées pour représenter finalement l'ensemble des pertes humaines arméniennes. L'auteur turc Taner Akçam montre qu'un rapport militaire turc du Lieutenant Colonel Nihat, en 1928, considère que ces 800 000 arméniens n'ont plus été précisément « tués » ou « massacrés », mais ont simplement péri. Par la suite, l'historien Bayur a écrit : « 800 000 Arméniens et 200 000 Grecs sont morts du fait des déportations ou dans les camps de travail. » Bayur conclut : « Selon nos sources officielles, ces chiffres sont exacts. »


Bien que les chiffres officiels soient de 800 000 morts, de nombreuses autres estimations non officielles ont été présentées pendant la guerre par certains responsables ottomans — Talat, par exemple, a avancé le nombre de 300 000 — mais il n'y a aucune explication sur la façon dont il a été obtenu. Des estimations semblables sont pourtant aujourd'hui avancées par des représentants du gouvernement turc
Les travaux de Justin McCarthy sont souvent cités par les défenseurs de la thèse turque ou par les négationnistes du caractère génocidaire des massacres. Quelques turcologues ont cité ses premiers calculs, comme illustration de la « disparition de près de la moitié de la communauté » arménienne lors des massacres, comme le dit Gilles Veinstein, et Thierry Zarcone, directeur de recherches au CNRS. McCarthy calcule le nombre de victimes arméniennes à partir des données officielles ottomanes auxquelles il applique des valeurs correctives, notamment concernant le nombre de femmes et d'enfants dans les provinces orientales. Il arrive à une estimation d'un peu moins de 600 000 morts alors que l’ensemble des Arméniens d’Anatolie ne dépassait pas selon lui un million et demi de personnes, pour la période allant de 1914 à 1922. Dans une publication plus récente, il estime que si les recensements arméniens de 1913 sont corrects, il faudrait ajouter 250 000 morts, pour un total donc de 850 000 victimes environ.
L'estimation de McCarthy est critiquée, on lui reproche de ne pas inclure les populations arméniennes des territoires perdus par la Russie au profit de l'Empire ottoman, de surestimer le nombre de survivants et plus généralement d'utiliser de façon malhonnête un modèle dont les conditions d'application ne sont pas remplies. Levon Marashlian, dans son étude (obtenant le nombre de 1,2 million), affirme que l'approche de McCarthy souffre d'une faille méthodologique fatale en basant toute sa méthode sur des archives imprécises. Il affirme qu'il y avait une sous-estimation du nombre d'Arméniens en Anatolie, aussi bien de la part du gouvernement ottoman que de la part du patriarcat arménien. McCarthy est aussi critiqué pour avoir surestimé le nombre de survivants. Il affirme, néanmoins, que ses résultats sur la population masculine ottomane adulte sont précis ; il trouve aussi que ses travaux sont injustement interprétés comme faisant l'apologie du point de vue turc, et se plaint d'un manque de débats au sein des universités. Frédéric Paulin, scientifique français, va jusqu'à comparer la méthodologie de McCarthy à celle de Paul Rassinier lorsqu'il calcule le nombre de victimes juives européennes durant la Seconde Guerre mondiale

Allemagne
Parmi les nations impliquées dans la guerre, l'Allemagne est considérée par beaucoup comme étant celle la mieux placée, après l'Empire ottoman lui-même, pour accéder aux sites des massacres et des déportations. Pour cette raison on considère qu'elle fournit les estimations les plus fiables des pertes arméniennes durant la Première Guerre mondiale.
Un rapport indique que dès février 1916, 1,5 million d'Arméniens avaient été décimés. Un autre rapport daté du 27 mai 1916, par Matthias Erzberger du Bureau des affaires étrangères, donna les mêmes estimations, tout comme un rapport du 4 octobre 1916 par l'ambassadeur allemand intérimaire en Turquie, Radowitz. Il semble que le nombre de 1,5 million de victimes, souvent repris aujourd'hui, provienne de ces sources allemandes. Il faut aussi prendre en considération l'une des sources allemandes les plus mesurées, par le Major Endres qui a servi dans l'armée ottomane, et qui parle de 1,2 million d'Arméniens décédés pendant la guerre. Les mêmes chiffres sont mentionnés durant le procès de Yozgat, ils sont aussi présentés au Tribunal permanent des peuples et sont souvent cités dans de nombreux travaux.
Autriche-Hongrie
Bien que l'Autriche n'ait pas présenté beaucoup de statistiques et estimations, on peut en trouver quelques-unes.
Le consul autrichien de Trébizonde et de Samsun, le Docteur Kwatkiowski, a envoyé un rapport à Vienne le 13 mars 1918. Se restreignant aux six vilayets orientaux et aux districts de Trébizonde et Samsun, il affirme que sur le million d'Arméniens déportés, la plupart sont morts. Le consul austro-hongrois d'Adrianople, le Docteur Nadamlenzki, rapporta quant à lui que l'ensemble des 1,5 million de la population arménienne de l'Empire aurait été déportée, mais cette thèse n'est largement pas admise par la communauté scientifique. Le Vice-Maréchal autrichien Pomiankowski a estimé les pertes arméniennes à environ 1 million


Contrairement aux statistiques officielles ottomanes et à certaines estimations allemandes, la plupart des statistiques des autres pays concernant la population arménienne étaient incomplètes. La raison tient probablement du fait qu'étant ennemis, ils avaient un accès limité aux sources d'informations fiables dans les limites de l'Empire ottoman et ne pouvaient pas mener d'investigation poussée. Ces sources ont été cependant largement utilisées.
Parmi elles, les données d'Arnold Joseph Toynbee. Il avança le chiffre de 600 000 victimes arméniennes pour l'année 1915 ; alors que ses travaux sont souvent considérés comme bien documentés ils n'incluent pas les victimes entre 1916 et 1917-18, selon le professeur Melson : « La description et l'analyse de Toynbee s'arrêtent vers l'hiver 1915 et le printemps 1916, quand la majeure partie de la population arménienne a été déportée ou tuée. Aussi précieux soient-ils, ces travaux ne prennent pas en compte ce qu'ont subi les déportés courant 1916, pas plus que les Arméniens qui furent déportés depuis les grandes villes après 1916. »
Une autre source d'informations largement utilisée est la commission King-Crane, mais avec des données contradictoires : le chiffre d'un million de victimes est parfois présenté comme le nombre de victimes durant la guerre, et par ailleurs comme le nombre de victimes, incluant les massacres hammidiens (fin du xixe siècle). Quoi qu'il en soit, on suppose que les pertes arméniennes furent sous-évaluées dans le but d'augmenter artificiellement la population arménienne afin de soutenir la création d'un État arménien. Cette supposition est sujette à débat. Les estimations arméniennes allaient dans le même sens. Durant cette période, certaines descendaient jusqu'à 500 000 quand le haut taux de mortalité mettait en danger la création de l'Arménie, ou jusqu'à plus d'un million dans d'autres cas. Les estimations des États-Unis pour la période entre 1915 et 1917 varient beaucoup, mais la plupart d'entre elles sont d'un million ou plus. La Société des Nations avance le chiffre d'un million mais la liste des réfugiés du Caucase et de l'Arménie russe qui ne faisaient pas partie de l'Empire ottoman n'a pas été clairement définie, ce qui suggère que la liste de 400 000 à 420 000 Arméniens ottomans peut contenir des Arméniens n'étant pas à proprement parler Ottomans, ce qui expliquerait pourquoi les autres estimations établissent des pertes supérieure au million affirmé par la Société.

Alors que les statistiques ottomanes couvrent les années 1917-18, de même que certains schémas allemands, la plupart des autres estimations les excluent. L'existence et la disponibilité des sources suivant 1917 est un autre problème. Plus récemment, des universitaires ont appelé cette période la seconde phase du génocide arménien. Melson, par exemple, fournit une estimation grossière de 500 000 victimes. D'un autre côté, ces estimations ne se basent absolument pas sur des archives, ce qui amène certains chercheurs à dire que de telles estimations pourraient très bien être très proches comme très éloignées du nombre véritable de victimes durant cette période.
Peu de commissions ont été formées cependant, comme celles pour Kars et Alexandropol. Les recherches à Alexandropol, de par leur nature, sont vues comme des plus sérieuses. Elles présentent un chiffre de 60 000 directement tués, pour un total de 150 000 victimes en comptant celles dont les conditions menaient inévitablement à la mort. Mais l'investigation prit apparemment subitement fin. Les Allemands d'un autre côté, sans présenter le moindre chiffre, ont reporté les conditions de vie des Arméniens russes qu'ils ont considéré comme étant dues à une tentative ottomane de s'en débarrasser. Tout cela sans considérer les incursions ottomanes dans l'Arménie perse.
La plus grande partie des victimes a pu être dénombrée en Cilicie, de même que dans les zones orientales, et sans oublier Smyrne durant ce qui fut reporté comme des massacres et qui a suivi l'incendie des quartiers grec et arménien de la ville. Le nombre de victimes n'est pas clairement établi, les estimations variant de plusieurs dizaines de milliers à plus de cent mille.
En couvrant la période allant de 1914 à 1923, le chiffre le plus souvent retenu par les historiens occidentaux est celui d'1,2 million de victimes. L'État arménien et les auteurs proches de ses positions maintiennent le chiffre de 1,5 million. D'autres historiens, comme par exemple le Turc Fikret Adanir, annoncent prudemment que plus d'un million d'Arméniens ont péri (mais Adanir exclut les suites de 1917). Bernard Lewis a jugé vraisemblable le total d'un million. Gilles Veinstein, Paul Dumont, François Georgeon et Thierry Zarcone n'ont pas étudié la question.
Quel que soit le nombre réel de victimes, le rapport parlementaire français souligne qu'au « lendemain du traité de Lausanne en 1923, il ne reste plus que quelques dizaines de milliers d'Arméniens en Turquie, pour l'essentiel à Istanbul », ces pertes résultant à la fois du génocide et de la diaspora qu'il a provoqué.

 

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MessagePosté le: Dim 30 Avr - 06:16 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille d'Aigos Potamos est une bataille navale ayant eu lieu en 405 av. J.-C. entre les flottes d'Athènes et de Sparte et qui a été le dernier engagement majeur de la guerre du Péloponnèse. À l'issue de cette bataille, la flotte spartiate, sous le commandement de Lysandre, détruisit complètement son homologue athénienne. Cela mit un terme effectif à la guerre, Athènes ne pouvant pas importer du grain ou communiquer avec le reste de son empire sans le contrôle de la mer.
Suite à la sévère défaite spartiate à la bataille des Arginuses, Lysandre, qui avait commandé la flotte spartiate lors de ses premiers succès, fut réinstallé aux commandes. Puisque la constitution spartiate interdisait qu'un commandant puisse détenir le poste de navarque plus d'une fois, il fut nommé vice-amiral à la place, même s'il était clair qu'il s'agissait d'une simple fiction légale.
L'un des atouts de Lysandre en tant que commandant était l'étroite relation qu'il avait avec le prince perse Cyrus le Jeune. Utilisant cette amitié, il rassembla rapidement l'argent nécessaire pour faire reconstruire la flotte spartiate. Quand Cyrus fut rappelé à Suse par son père, Darius II, il nomma, de façon totalement inattendue, Lysandre en tant que satrape d'Asie mineure. Avec les ressources de cette riche province perse à sa disposition, Lysandre fut capable de constituer rapidement sa flotte.
Lysandre se lança alors dans une série de campagnes à travers la Mer Égée. Il s'empara de plusieurs cités que détenaient les Athéniens et attaqua plusieurs îles. Toutefois, il ne put faire mouvement vers l'Hellespont à cause de la menace de la flotte athénienne stationnée à Samos. Pour créer une diversion, il attaqua à l'ouest. S'approchant assez près d'Athènes elle-même, il attaqua Égine et Salamine et débarqua même en Attique. La flotte athénienne se lança alors à sa poursuite, mais Lysandre l'évita et atteignit enfin l'Hellespont, établissant une base à Abydos. À partir de là, il s'empara de la ville, stratégiquement importante, de Lampsaque. La voie était désormais libre pour entrer dans le Bosphore et couper les voies commerciales par où Athènes recevait la majeure partie de son grain. Si les Athéniens voulaient éviter la famine, il fallait qu'ils réagissent immédiatement.

La flotte athénienne rattrapa Lysandre peu après qu'il eut pris Lampsaque, et établit une base à Sestos. Néanmoins, peut-être à cause de la nécessité de surveiller étroitement Lysandre, les Athéniens établirent un campement sur une plage beaucoup plus proche de Lampsaque. L'emplacement choisi était loin d'être idéal à cause de l'absence de port et de la difficulté qu'il y avait à ravitailler la flotte, mais sa proximité de Lampsaque semble avoir été la principale préoccupation des généraux athéniens. Tous les jours, la flotte mettait à la voile vers la ville en formation de bataille et attendait devant le port, mais, comme Lysandre refusait d'en sortir, ils rentraient à leur campement
À cette époque, l'ancien dirigeant athénien Alcibiade vivait en exil près du campement athénien. Descendant à la plage où les navires étaient rassemblés, il fit quelques suggestions aux généraux. D'abord, il leur proposa de déplacer la flotte à la base plus sécurisée de Sestos. Et ensuite, il leur assura que des souverains thraces avaient offert de lui fournir une armée. Si les généraux lui offraient une place de commandant à leurs côtés, il prétendit qu'il utiliserait cette armée pour prêter assistance aux Athéniens. Mais les généraux athéniens déclinèrent son offre et rejetèrent ses conseils et Alcibiade repartit donc chez lui
 Deux récits de la bataille d'Aigos Potamos nous sont parvenus. D'un côté, Diodore de Sicile relate que Philoclès, l'un des généraux athéniens, mit à la voile avec 30 navires, donnant l'ordre au reste de la flotte de suivre à distance. La stratégie athénienne, si ce récit est véridique, devait donc être d'attirer les Spartiates dans une attaque contre une petite flotte, puis de les surprendre par l'arrivée du reste de leurs forces. Mais la petite flotte fut immédiatement vaincue et les autres navires furent pris par surprise alors qu'ils étaient encore sur la plage.
De l'autre côté, Xénophon raconte que la flotte athénienne tout entière vint comme chaque jour défier Lysandre de sortir du port de Lampsaque et que celui-ci s'y refusa comme d'habitude. Quand les Athéniens retournèrent à leur campement, les marins se dispersèrent pour trouver de la nourriture; c'est alors que la flotte de Lysandre arriva et captura la plupart des navires sur la plage, sans même une bataille navale.
Quoi qu'il en soit, le résultat fut le même. La flotte athénienne fut annihilée et seule une poignée de navires, commandés par le général Conon, réussit à s'échapper. Lysandre captura le reste, ainsi que 3 ou 4 000 marins athéniens. L'un des navires qui avaient réussi à prendre la fuite, le Paralus, fut envoyé à Athènes pour informer les dirigeants du désastre. Les autres, avec Conon à leur tête, trouvèrent refuge à Chypre.
Lysandre et sa flotte victorieuse retournèrent à Abydos. Prenant comme prétexte une atrocité athénienne antérieure où les marins spartiates de deux navires capturés avaient été jetés par-dessus bord, Lysandre ordonna le massacre de Philocles et de 3 000 prisonniers athéniens, les captifs des cités alliées d'Athènes étant quant à eux épargnés. La flotte de Lysandre commença ensuite à faire lentement mouvement vers Athènes, s'emparant de cités tout au long de sa route. Les Athéniens, désormais privés de flotte, étaient impuissants devant cette menace. Lysandre trouva de la résistance seulement à Samos car les autorités de la cité, loyales à Athènes, refusèrent de se rendre et Lysandre dut laisser une partie de ses forces derrière lui pour mener le siège de la ville.
Craignant la vengeance que les Spartiates pourraient opérer sur eux, les Athéniens se résolurent à tenir le siège de leur cité, mais leur cause était sans espoir. Sans une flotte pour importer le grain de la Mer Noire, Athènes était au bord de la famine et la ville capitula le 22 avril 404 av. J.-C.. Les murs de la cité furent démolis et un gouvernement oligarchique pro-spartiate fut mis en place (les Trente). La victoire spartiate d'Aigos Potamos mit fin à 27 années de guerre et plaça Sparte dans une position d'hégémonie à travers tout le monde grec, hégémonie qui dura plus de trente ans jusqu'à ce que Thèbes y mette fin à la bataille de Leuctres.

 

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saintluc
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MessagePosté le: Dim 30 Avr - 06:22 (2017)    Sujet du message: MASSACRES, GENOCIDES, ATROCITES, ETC... (Sommaire page 1) Répondre en citant

La bataille de Changping, en -260, fut une victoire décisive de l'État du Qin sur l'État du Zhao durant la Période des Royaumes combattants.
Le Qin envahit le Han en -265, avec l'intention d'annexer la province du Han de Shangdang (dans la province actuelle de Shanxi) en coupant l'ensemble de ses communications avec le reste du Han. L'armée du Qin pénétra dans le territoire Han et les principales voies de communications et forteresses le long des montagnes Taiheng furent prises en quatre années. Shangdang fut complètement isolé du reste du Han, et était sur le point de tomber.
Le Han, en désespoir de cause, décida de donner le Shangdang au royaume voisin Zhao. Contre l'avis de ses conseillers, qui croyaient que cela amènerait le désastre pour son royaume, le roi Xiaoxing accepta le territoire. Il envoya alors Lian Po pour gérer la menace représentée par le Qin. Les deux armées, comptant en tout plus d'un million d'hommes, se rencontrèrent à Changping en -262. L'armée du Qin, dirigée par Wang He faisait face à celle du Zhao, menée par Lian Po.
Lian Po, après avoir étudié les formations Qin et avoir subi plusieurs défaites mineures, décida que le seul moyen pour arrêter leurs attaques était la patience. Il construisit plusieurs forteresses et campa, attendant que l'armée ennemi ne parte. Malgré ceci, l'armée Qin parvint une fois à forcer les lignes Zhao. Néanmoins, ils ne disposaient pas de la puissance ou des équipements nécessaires pour venir à bout définitivement de l'armée Zhao, et la bataille tourna rapidement à l'impasse, durant plus de trois années.

Le Qin n'avait pas l'intention d'abandonner. Des espions furent envoyés dans les royaume Han et Zhao, leur donnant l'ordre de répandre la rumeur que Lian Po était trop peureux et vieux pour mener des batailles. Le roi, entendant cela, décida de révoquer Lian Po et de le remplacer par Zhao Kuo, le fils d'un autre général célèbre, Zhao She. Dans le même temps, le Qin remplaça Wang He par le général renommé Bai Qi.
La légende dit que sur son lit de mort, Zhao She dit à sa femme de ne jamais laisser Zhao Kuo commander une armée. Ainsi la femme de Zhao She, en entendant la nomination de Zhao Kuo comme général, vint voir le roi de Zhao et son ministre Lin Xiangru et tenta de les persuader de renoncer à cette nomination, ce que le roi refusa.
Quand Zhao Kuo prit le commandement en juillet de l'année -260, il ordonna à son armée de lancer une invasion du camp Qin. Ces derniers feignirent une retraite et dans le même temps préparaient 25 000 hommes à bloquer la retraite de l'armée Zhao. Lors Zhao Kuo ordonna l'assaut de la forteresse Qin, 5 000 hommes Qin prirent celle des Zhao. Privée de leur base, les forces Zhao construisirent un nouveau camp sur une colline, se préparant à résister.
Lorsque le roi du Qin entendit la nouvelle, il accourut au Henei (près de la province du Shaanxi) et ordonna que tous les hommes de plus de quinze ans fournissent toute l'assistance qu'ils pouvaient pour bloquer les renforts et l'approvisionnement en nourriture du Zhao. Les États du Qi et du Yan arrivaient à l'aide du Zhao, et il fallait ne pas perdre de temps.
Le campement Zhao fut donc assiégé durant 46 jours. En septembre, affamés et assoiffés, les forces Zhao firent deux sorties désespérées, dirigées par Zhao Kuo. Il fut tué par les archers Qin, et son armée défaite.
La légende dit que Bai Qi laissa en liberté seulement 240 des plus jeunes soldats Zhao. Le reste, comprenant plus de 400 000 prisonniers de guerre Zhao, fut enterré vivant. Au total, le Zhao perdit plus de 450 000 soldats et le Qin la moitié de son armée. Les quatre années de batailles laissèrent les deux pays exsangues, mais, au contraire du Zhao, le Qin se reconstruisit rapidement.
Avec cette victoire, le Qin avait établi sa supériorité militaire sur les autres États. Plusieurs autres campagnes suivirent, notamment pour permettre la conquête du Chu. Néanmoins, quelle que soit l'ampleur de l'effusion de sang, la victoire finale du Qin était garantie.

 

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