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Date de fondation du forum: 15 avril 2012.
(89) YONNE

 
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saintluc
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MessagePosté le: Sam 8 Avr - 11:57 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

Le département de l'Yonne est un département français. Il est traversé, du sud vers le nord, par la rivière qui lui a donné son nom, l'Yonne, affluent de la Seine, qui la rejoint à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne). L'Insee et la Poste lui attribuent le code 89.
Les habitants du département de l'Yonne sont appelés Icaunais et Icaunaises.

« Ica-Ona » ou « Icauna » est le nom pré-latin de la rivière Yonne. Au iie siècle, l'Yonne se nomme Icauna ou Ica-ona, nom dans lequel on trouve le radical hydronymique pré-celtique ic- ou ica,  suivi du suffixe bien courant -onna, eau. Rivière aux grandes possibilités marchandes mais aussi sujette à de brusques colères, l'Yonne a été divinisée très tôt - la déesse Ica-Onna
Les premières traces d'habitat humain dans le département remontent au Paléolithique inférieur, près de la commune actuelle d'Arcy-sur-Cure. Au Néolithique, les populations habitent principalement sur les rives de l'Yonne, même si des Hommes venus des régions danubiennes viennent sur le territoire icaunais.
À l'époque de l'âge du Bronze, les minerais de cuivre et d'étain sont peu présents sur le territoire. Cette absence n'a pas empêché la découverte d'un important trésor sur le site de Villethierry comprenant 488 épingles, 244 bagues, 80 bracelets, 22 fibules et 1 pince à épiler. À l'époque d'Hallstatt, des découvertes permettent d'attester la présence d'objets en fer, l'exploitation des mines de sel sur le site des Fontaines Salées ou la construction de nécropoles

À l'époque celte, le département reste essentiellement partagé entre les Eduens, les Sénons et les Lingons. Après la victoire romaine de Jules César à la bataille d'Alésia en 52 av. J.-C., les Romains s'installent sur des sites occupés par les Gaulois ou créent de nouvelles villes à proximité des grandes voies romaines de la Gaule.
Les Romains ont édifié de nombreuses villes sur le territoire icaunais comme Agedincum (Sens) ou Autessiodurum (Auxerre) et ont construit de nombreuses villas afin d'exploiter les campagnes comme à La Chapelle-Vaupelteigne, à Gron, à Migennes, à Noyers et à Poiry. La campagne comprenait également quelques sanctuaires à Avallon et à Fontenoy, et des industries comme celles du fer dans les différentes forêts du département.
Durant l'Antiquité tardive, l'Yonne se christianise comme de nombreux territoires de l'Empire romain. Un grand nombre de futurs saints y ont séjourné : saint-Savinien, sainte-Colombe, saint Martin, saint-Pélerin, saint-Âmatre, saint-Germain. Le plus célèbre, Saint-Germain, est connu comme le deuxième évêque d'Auxerre et comme envoyé en 429 du concile de Troyes en Bretagne pour lutter contre l'hérésie pélagienne. À la fin de sa vie, il se rendit auprès de l'empereur et mourut dans la capitale impériale : Ravenne. Son corps fut rapatrié à Auxerre à la demande de la mère de l'empereur : Galla Placidia.

Au vie siècle, le monachisme se développe et au ixe siècle, Auxerre devient l'un des grands foyers intellectuels du continent européen. Toujours au ixe siècle, a lieu à Fontenoy, la bataille entre les trois petits-fils de Charlemagne pour le partage de l'empire carolingien. La victoire de Louis le Germanique et de Charles le Chauve le 25 juin 841 sur Lothaire amène au traité de Verdun et au partage de l'empire de Charlemagne
Après l'an mil, les territoires de l'Yonne sont divisés entre différentes zones appartenant à différentes entités : duché de Bourgogne, royaume de France, comté de Nevers suivant les années à cause des guerres et des héritages. Sens devient un centre religieux très important de la France, car la ville est le siège de l'archevêché, accueil le pape Alexandre III pendant dix-huit mois et célèbre le mariage de Louis IX avec Marguerite de Provence.
Entre le xie siècle et le xiiie siècle, le territoire icaunais se couvre d'églises de style roman, mais connaît dans le même temps de nombreuses révoltes seigneuriales dans les villes. Le style roman (cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre, basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay) laisse peu à peu place au style gothique : la première cathédrale gothique construite en France est celle de Sens. Suivent les églises de Montréal, Pontigny et Vermenton

Les siècles suivants (xive – xve siècles) sont beaucoup moins prospères. Les villes et les villages souffrent de la peste et des actions des grandes compagnies, mais également de la lutte pour le pouvoir royal entre les Armagnacs et les Bourguignons. Après la guerre de Cent Ans, les campagnes sont dépeuplées et les châteaux forts sont peu à peu abandonnés. Avec l'influence italienne et l'apparition de la Renaissance en France, de nouveaux types de château sont construits comme celui de Chastellux ou de Maulnes ; et les bâtiments religieux sont rénovés tels l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Villeneuve-sur-Yonne ou l'église Saint-Florentin de Saint-Florentin.
Mais le xvie siècle marque également une période difficile pour l'Yonne qui subit les ravages des différentes crises religieuses qui touchent le royaume de France, en particulier à cause des troupes de la Ligue et des huguenots.
Le quart nord-ouest du département actuel appartenait en 1771 à l'oncle de Louis XVI, le prince Xavier de Saxe, jusqu'à ce que le département de l'Yonne soit créé à la Révolution française, le 4 mars 1790.
La naissance du département a lieu en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir de parties des provinces de Bourgogne (Auxerrois et Avallonais), de Champagne (Sénonais et Tonnerrois) et d'Orléanais (Puisaye), et dans une moindre mesure de parties du Nivernais et d'Île-de-France.
Des villes comme Auxerre et Joigny ont le label « Ville d'art et d'histoire »


L'Yonne permet de découvrir des vestiges anciens, des monuments historiques et des musées, des vignobles réputés (Chablis, Côte Saint-Jacques, Irancy) et des spécialités culinaires, ainsi que de vastes espaces naturels dont celui de Boutissaint, au cœur de la Puisaye, et une partie du Parc naturel régional du Morvan, qui s'étend également sur la Côte-d'Or et la Nièvre.
Parmi les sites les plus remarquables, on peut citer : la cathédrale et les musées de Sens (le trésor de la cathédrale est le deuxième plus riche de France après celui de Sainte-Foy-de-Conques, et abrite notamment les vêtements liturgiques de Thomas Becket), l'abbaye Saint-Germain à Auxerre, la colline de Vézelay, le chantier médiéval de Guédelon, les châteaux de Saint-Fargeau, Ancy-le-Franc, Maulnes, et les grottes d'Arcy-sur-Cure qui abritent des curiosités géologiques et des peintures préhistoriques du plus grand intérêt.
Le golf du château de Misery, le moins cher de France a reçu le label "Golf écologique" et "Sport responsable". Pour ce dernier, il est, début 2013, le seul club sportif de Bourgogne (sur plus de 4 000). Une émission TV y est consacrée

 

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MessagePosté le: Sam 8 Avr - 11:57 (2017)    Sujet du message: Publicité

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saintluc
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MessagePosté le: Dim 9 Avr - 06:24 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

Vézelay est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté. Elle est un chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Avallon.
Renommée en raison de la basilique Sainte-Marie-Madeleine et de la colline classées au patrimoine mondial de l'humanité, elle est le point de départ de l'une des principales voies de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, la Via Lemovicensis. De grands écrivains du xxe siècle, comme Romain Rolland, Georges Bataille ou Jules Roy, ont habité sur la « colline inspirée »
Vézelay est distante de 15 km d'Avallon à l'est, à 21 km km de Clamecy à l'ouest et à 45 km d'Auxerre au nord.
Vézelay domine la vallée de la Cure qui a longtemps été la voie de navigation principale de la région et la frontière entre le Nivernais et la Bourgogne-Franche-Comté.


« La montagne sur laquelle est bâti Vézelay appartient tout entière aux différentes assises de la Grande-Oolithe. Vers la base, du côté de Saint-Père, se montrent encore quelques-unes des couches du lias et au-dessus les calcaires de l'oolite inférieure avec débris de pentacrinites et radioles de Cidaris Courtaudina, mais cet ensemble est promptement recouvert par les calcaires oolithiques subschistoïdes plus ou moins marneux de la grande oolite, que caractérisent les pholadomyes, les panopées, les Mytilus, les ammonites. Du côté opposé, en descendant la route de Vézelay à Clamecy, la succession des couches oolitiques est plus apparente encore. Sous les calcaires compacts et résistants qui constituent le sommet de la montagne, on voit se développer des calcaires argileux très riches en pholadomyes (Pholadomya vezelayi). Au pied de la montagne, d'anciennes carrières aujourd'hui abandonnées, ont été exploitées dans la partie inférieure de cette assise. Les couches sont plus compactes, moins marneuses ; les pholadomyes n'apparaissent pas encore ; les fossiles, assez rares, se bornent à quelques ammonites ».
La toponymie des bois environnants dévoile un sous-sol riche en minerai de fer : bois des Ferrières, bois du Fourneau.
Les eaux de pluie étaient « soigneusement recueillies dans trois grandes citernes publiques, deux réservoirs et un grand nombre de citernes particulières ». Les constructions les plus grandes sont au sein de l'abbaye, à la hauteur de l'ancien préau du cloître ; l'une d'entre elles a 16,85 m de longueur, 6,30 m de largeur et 3,60 m de profondeur. Des piliers en pierre carrée soutiennent des voûtes d'arêtes en moellons. Elle recueille les eaux pluviales des toitures plates de l'église et autrefois de tous les bâtiments du monastère.

Les Gaulois sont les premiers à avoir dénommé le nom de ce site en Uzellac, mot issu de la fusion de « uzell » (la montagne en celte) et de « awch » (le sommet en celte). Cette étymologie nous est fournie par Jules César lorsqu'il fait référence à Videliacus, un nouveau magistrat romain qui auparavant était druide d'Uzellac. Après la colonisation romaine, le toponyme aurait évolué en Vercellatus, Vezeliacum ou Virzeliacum à partir du nom d'un propriétaire agricole local important du nom de Vercellus.
Au Haut-Moyen-Âge, sous la dynastie mérovingienne, le site dépend de l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre et porte le nom de Videliacus. Quelques décennies plus tard, lors de l'annexion de la région par le roi carolingien Louis le Pieux et du don du site au comte Girart de Roussillon, le nom du lieu change en villam vezeliacum
Les premiers vestiges d'implantation humaine dans les environs de Vézelay datent de 2300-2200 av. J.-C. près des sources des Fontaines Salées. Au ier siècle et iie siècle, près de deux mille puits de mine sont exploités au sud-ouest de Vézelay par environ cinq cents à huit cents esclaves. Ces exploitations minières ont permis la création d'un centre d'activité économique (marché), d'un refuge et probablement d'un lieu de pèlerinage.
Dès le ier siècle, les Romains mettent en place la culture viticole sur la colline de Vézelay. Un temple en l'honneur de Bacchus a été découvert par le curé Guenot en 1689 dans les fondations de l'ancienne église Saint-Étienne lors de la construction d'un nouveau clocher, ce qui montre l'importance de cette culture dans la région
L'établissement humain sur la colline de Vézelay est très antérieur à l'abbaye bénédictine. Des sarcophages mérovingiens ont été retrouvés dans le sous-sol de l'église Saint-Pierre, et sous l'un d'eux un sarcophage plus ancien. On a découvert en 2012 un mur carolingien sous le cloître de Vézelay.
Girart de Roussillon reçoit par une faveur de Louis le Pieux la région et choisit vers 858 d'assurer la pérennité de ses possessions en les transformant en deux communautés bénédictines, respectivement masculine et féminine : Pothières et Vézelay. Il fonde ainsi un monastère de femmes à l'emplacement actuel de Saint-Père. Il possède une villa, entourée de grands domaines. Le finage dans lequel les habitations se trouvent porte le nom de Vezeliacus qui deviendra Vizeliac puis Vézelay.
L‘existence et l‘organisation de ce Vézelay primitif n‘aura toutefois qu‘une faible postérité puisqu‘elle s‘interrompt brutalement environ dix ans plus tard, entre 871 et 877, lorsque les Normands poussent les moniales à la fuite. Girart demande alors leur remplacement par une communauté d‘hommes. L’abbaye est alors transférée sur la colline et des moines bénédictins remplacent les moniales. La position du monastère attira nombre de familles afin de profiter de la protection des murs du nouvel établissement. Celui-ci est dédié à la Vierge et aux apôtres saint Pierre et saint Paul.
Son statut est assez particulier car elle a été affiliée à Cluny qui a bénéficié d'une exemption jusqu'en 1744 : « moyennant la redevance annuelle d'une livre d'argent, qu'elle payait au Saint-Siège, elle fut autorisée à ne reconnaître ni chef d'ordre, ni évêque diocésain, ni prince, ni seigneur quelconque. Elle forme une espèce de république théocratique, détachée d'abord de la monarchie carolingienne, ensuite de la féodalité française, et ne conservant, ni avec l'une ni avec l'autre, aucun lien, aucun rapport de subordination. »
Certains auteurs affirment qu'en 882 le moine Badilon aurait apporté de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume à Vézelay, des reliques de Marie-Madeleine. Par contre, Eudes, premier abbé, est mentionné en 897.

Élu en 1037, l'abbé Geoffroy réforme l'abbaye et convainc ses contemporains que l'abbaye possède les restes de Marie-Madeleine : d'où pèlerinages, donc offrandes et donations.
Entre les années 1050 et 1250, Vézelay fut le plus grand sanctuaire magdalénien d‘Europe occidentale. Ceci profita naturellement aux habitants et le village devint une petite ville. « De là, chez eux, un esprit d'indépendance que le despotisme monastique irrita, et qui bientôt se manifesta par des révoltes sanglantes, des luttes opiniâtres». Il faudra attendre une bulle pontificale pour que Madeleine devienne officiellement la patronne de l'abbaye (1050). Une telle prospérité attira Cluny : celle-ci soumit Vézelay et lui imposa l'abbé clunisien Artaud.
En 1060, Vézelay obtient le droit de commune.
En 1096, Urbain II prêche la première croisade ; la construction de l’abbatiale est décidée. Elle est consacrée en 1104. L'impôt établi pour réaliser cette entreprise avait exaspéré les habitants qui se révoltèrent : l'abbé Artaud fut assassiné en 1106. Après bien des vicissitudes (révoltes, conflits seigneuriaux, incendie de 1120 provoqué par la foudre), le narthex ou église des Pèlerins pénitents fut construit : il n'est dédicacé qu'en 1132. En 1137 l’abbé Albéric signe avec les habitants une charte qui définit les droits de l'abbaye et des bourgeois : acte de sagesse qui fut loué en termes élogieux par saint Bernard de Clairvaux.
Au xiie siècle, Vézelay se développe. Puis, en 1146, la réputation de Vézelay est telle que Bernard de Clairvaux y prêche la deuxième croisade au lieu dit la croix Saint Bernard, Le lieu du prêche est transformé en église commémorative : il en reste quelques débris connus sous le nom de la Cordelle. L'abbé Ponce de Montbossier rétablit temporairement l'abbaye dans ses privilèges anciens d'indépendance (« pote, potestas Vezeliacensis »). Les abbés reçoivent du Vatican d'énormes prérogatives : le droit de porter la mitre, la crosse, l'anneau et les sandales.
Dans le même temps, la ville continue son développement et se fortifie en 1150 avec 2 000 mètres de courtines et la construction de la porte Sainte-Croix. Ensuite, la ville obtient des institutions communales en 1152, qui lui sont retirées dès 1155 par Louis VII le Jeune. Après la révolte de 1167, les habitants obtiennent des moines une charte écrite qui leur garantit des libertés enviables dans la région (« libertas Vezeliacensis »).
En 1190, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion s'y donnent rendez-vous pour la troisième croisade. Le chœur de l'église romane est reconstruit en plus vaste. L'abbé Hugues, homme corrompu, dilapide les richesse de l'abbaye et est destitué en 1207. Le déclin de l'abbaye commence, coïncidant en cela avec le déclin des ordres monastiques et celui des bénédictins en particulier.
 

Si vers 1215 l'abbatiale est achevée, les conflits avec les comtes de Nevers reprennent. Les différents papes et les rois de France ne pourront rien pour protéger la communauté religieuse. La protection des reliques de la Madeleine semble peu efficace, et les pèlerins se détournent de cette ville agitée par tant de conflits (soulèvement de 1250). Le pape Clément IV lance une enquête pour comprendre les raisons d'une telle déchéance et ordonne une vérification solennelle des reliques de la Madeleine. Le roi saint Louis s'est associé à la cérémonie (24 avril 1267). Mais en 1279, le pape proclame que le corps retrouvé à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume est bien le corps de Marie Madeleine. Les pèlerins se détournent de Vézelay et la prospérité aussi : d'ailleurs l'apport, fête de Vézelay, change de date et se célèbre le jour de la Quasimodo.
En 1280 une ordonnance signée de Philippe le Hardi proclame le rattachement plus ou moins complet de Vézelay au domaine royal. Le pape Martin IV approuve le décret. L’ordonnance de 1312 de Philippe le Bel confirme que ville et abbaye sont une dépendance ordinaire du domaine royal. Les habitants ont compris que cette autorité leur permettait de contenir l'omnipotence abbatiale et d'échapper aux brutalités de seigneurs féodaux. Vézelay entre dans le cercle restreint des bonnes villes du royaume (il n'y en avait alors que 16).
En 1360, la muraille est reconstruite et renforcée avec des tours rondes possédant des mâchicoulis.
Le 27 juillet 1421, les troupes du duc de Bourgogne, Philippe Le Bon, attendent l'armée de secours à Vézelay. Elles font leur jonction avec les contingents anglais du roi Henri V, commandées par son frère, le duc de Bedford, Jean de Lancastre. Les deux armées rassemblent 12.000 hommes et se réunissent pour contrer les forces du Dauphin Charles à La Charité-sur-Loire.
L'abbé Hugues de Maison-Comte, conseiller de Charles V est reconnu pour son équité dans ses rapports avec les habitants de Vézelay, (1353-1383), et l'abbé Alexandre, conseiller de Philippe Le Bon pour son rôle diplomatique. Il exhorte les Vézeliens à quitter la ligue anglo-bourguignonne, et contribue au rapprochement entre Philippe le Bon et Charles VII et provoque la réunion du concile de Bâle en 1431. Il participe enfin à l'élaboration de la Pragmatique Sanction de Bourges en 1438.
Louis XI ne tolère pas que les abbés soient liés au duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Afin de s'assurer d'une place forte, il impose brutalement un de ses courtisans, Pierre de Balzac.
À la fin du xve siècle, une nouvelle porte est construite dans l'enceinte : la porte Neuve. Cette dernière est défendue par deux tours rondes d'environ douze mètres de diamètre avec des murs de trois mètres d'épaisseur, et deux herses sont ajoutées à la porte afin de pouvoir en interdire l'accès.
En 1538, une bulle accorde ce que les moines demandent depuis longtemps : à savoir la sécularisation. L'abbaye devient une simple collégiale, un chapitre de chanoines remplace les moines bénédictins et surtout le domaine est mis entre les mains d'abbés commendataires. François Ier essaie en vain d'obtenir que Vézelay devienne un évêché.
La bulle de 1541 n'est enregistrée par le Parlement de Paris qu'en 1653. Elle ne laisse au chapitre que des revenus insuffisants et favorise les abbés commendataires.


Lors des guerres de religion, elle passe au gré de ses abbés, de place forte des Réformés à citadelle de la Ligue. L'influence de Théodore de Bèze, l'abbaye en pleine décadence, font de Vézelay une des premières villes de la région acquise au protestantisme. En mars 1569, la ville est prise par les troupes protestantes des capitaines Sarrasin et Blosset, soucieuses de gagner une belle position militaire.
La ville est bientôt assiégée par les armées de Charles IX commandées par Louis Prévost de Sansac. La cavalerie est lancée sur Vézelay le 6 octobre, mais les capitaines retranchés dans la ville se défendent très bien en attaquant à leur tour. Les bombardements depuis Asquins et Saint-Père ne donnent rien. Le siège se transforme en blocus pour affamer la ville. La ville ne se rend pas malgré huit mois de siège et de combats intenses, grâce à un ravitaillement de secours de troupes protestantes. Sansac lève le camp, laissant la ville invaincue, le 25 février 1570.
Au traité de Saint-Germain (1570), Vézelay est l'une des deux villes du gouvernement de Champagne à autoriser les protestants à exercer librement leur culte.
En 1594, Edme de Rochefort, sieur de Pluvault, qui gouverne la ville au nom de la Ligue, livre la place à Henri IV et prend la tête des troupes royalistes pour prendre Avallon.
Son successeur Erard de Rochefort s'ingénie à réparer l'église de la Madeleine et ses dépendances, en particulier la chapelle basse : il fait des concessions équitables à la population. Mais les calamités s'abattent de nouveau sur la région avec la nomination de Louis Fouquet frère du surintendant : ce sont des procès interminables, l'abandon du privilège d'échapper à la juridiction de l'ordinaire et enfin les persécutions des protestants et ce bien avant la révocation de l'édit de Nantes.
En 1696-1697, Vauban rédige la Description géographique de l'élection de Vézelay, document statistique précis qui nous décrit minutieusement l'état de misère et de ruine du pays. La paroisse de Vézelay y est décrite comme un « Pays rude, sec et pierreux, qui ne rapporte que du vin très médiocre et peu de blé. ».
C'est sous l'abbé Jacques Berthier, prédicateur du roi, que le château gaillard est détruit : l'abbé de Cours le trouve trop triste et lui préfère une construction plus au goût de l'époque (1752-1769). À la veille de la Révolution, Vézelay a perdu ses privilèges municipaux, voit sa population diminuer et n'est plus qu'un petit bourg.
Le 6 septembre 1790, les membres du Directoire d'Avallon, agissant en vertu des lois votées par l'Assemblée Constituante, et en exécution des arrêtés spéciaux du Directoire du département, signifièrent aux chanoines que désormais l'abbaye de la Madeleine avait cessé d'exister
En août 1834, Prosper Mérimée découvre en Bourgogne l'église abbatiale de Vézelay. Immédiatement, il alerte le ministre de l'Intérieur sur l'état du monument : « il me reste à parler des dégradations épouvantables qu'a subies cette magnifique église. Les murs sont déjetés, pourris par l'humidité. On a peine à comprendre que la voûte toute crevassée subsiste encore. Lorsque je dessinais dans l'église, j'entendais à chaque instant des petites pierres se détacher et tomber autour de moi… enfin il n'est aucune partie de ce monument qui n'ait besoin de réparations… Si l'on tarde encore à donner des secours à la Madeleine, il faudra bientôt prendre le parti de l'abattre pour éviter des accidents ».
De 1840 à 1859, la très longue campagne de restauration de l'église abbatiale de Vézelay est dirigée par l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, assisté par ses inspecteurs des travaux, François Nicolas Comynet puis d'Émile Amé.


Les autorités ecclésiastiques et administratives locales décident de relancer le pèlerinage de la Sainte-Madeleine.
Le 22 juillet 1876, la fête de la Sainte Madeleine est rétablie et Mgr Bernadou, archevêque de Sens, restitue à Vézelay la relique donnée en 1267 au Chapitre cathédrale de Sens par le pape Martin IV et le pèlerinage est rétabli. L'activité de l'abbé Barret, prêtre militant d'une reconquête catholique se heurte aux républicains, qui ne se privent pas de troubler les processions et même de dérober les nouvelles reliques en 1898.
En 1919, Mgr Chesnelong, archevêque de Sens, nomme le chanoine Marie-Augustin Despiney comme curé doyen et qui va lancer une véritable politique culturelle pour faire connaitre Vézelay pendant 25 ans.
En 1920, l'ancienne église abbatiale, paroissiale depuis la Révolution, reçoit le titre de basilique du Vatican, pour signaler son importance historique pour la chrétienté.
En 1993, Vézelay voit le retour d'une communauté monastique catholique, avec l'installation aux abords de la basilique des Fraternités monastiques de Jérusalem.
L'école des sœurs de Sainte-Madeleine, aujourd'hui le Centre Sainte-Madeleine, fut l'abri d'une quinzaine d'élèves réfugiées juives entre 1942 et 1944. Elles furent accueillies par la directrice, sœur Léocadie, Marie Arnol (1880-1952), élevée au rang des Justes parmi les Nations par l'état d'Israël en 2006

 Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay.
Enceinte de Vézelay.
Église Saint-Étienne de Vézelay.
Chapelle de la Cordelle
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saintluc
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MessagePosté le: Lun 10 Avr - 06:34 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

Sens est une commune française, chef-lieu d'arrondissement, située à 100 km au sud-est de Paris dans le département de l'Yonne (89) (dont elle est une sous-préfecture) en région Bourgogne-Franche-Comté.
La commune est récompensée par la distinction Grand Prix et quatre fleurs au palmarès 2007 du concours des villes et villages fleuris3.
 Sens est située à l’extrême nord-ouest de la Bourgogne-Franche-Comté, à la frontière de trois régions, à savoir l'Île-de-France, la Champagne-Ardenne et le Centre-Val de Loire. Sens est la principale ville du Sénonais, une région naturelle et un pays couvrant le territoire de l'ancien peuple gaulois des Sénons et de la cité romaine d'Agedincum. Située sur le cours de l'Yonne dans la vallée du même nom, la ville est bordée par les collines de Paron et Saint-Martin-du-Tertre à l'ouest, prolongement du plateau du Gâtinais qui s'étend aussi sur le Loiret. À l'est, elle est bordée par la forêt d'Othe qui s'étend sur le département de l'Aube. Au nord, la vallée de l'Yonne débouche sur la Brie en Seine-et-Marne.


L'altitude de Sens varie entre 62 et 208 mètres selon le lieu. La mairie de Sens se situe à environ 70 mètres d'altitude.
Sens est traversée par deux rivières : l'Yonne (principal affluent rive gauche de la Seine) et la Vanne, un de ses affluents rive droite. L'Yonne, d'une longueur totale de 292 kilomètres, traverse la ville du sud vers le nord en provenance du Morvan avant de rejoindre la Seine à Montereau-Faut-Yonne. Sens est aussi le confluent de l'Yonne avec un de ses principaux affluents rive droite : la Vanne. Celle-ci, dont la source se trouve dans l'Aube, coule sur près de 60 kilomètres d'est en ouest et constitue par son captage et ses nombreuses dérivations (les ru), la principale source d'eau de la ville depuis l'Antiquité. En effet, les Romains ont construit au ier siècle, un aqueduc pour capter l'eau de la Vanne à partir de captages à Theil-sur-Vanne, Noé, Le Clos de Noé, Malay-le-Grand afin de l'acheminer sur 15 kilomètres jusqu'à la cité d'Agedincum, ancêtre de la ville de Sens. De nouveaux tronçons ont été ajoutés à la fin du iie siècle ou au début du iiie siècle. Les fouilles récentes ont mis au jour certains tronçons enterrés et permis d'établir que le débit avoisinait les 31 000 m³/jour. L'aqueduc de la Vanne fournit par ailleurs une grande partie de l'eau potable de Paris. D’une longueur de 156 km, commencé en 1866 et achevé en 1874, il est l’œuvre de l’ingénieur Eugène Belgrand qui l’a conçu à la demande du Baron Haussmann qui souhaitait faire venir l’eau potable de sites éloignés de Paris afin de garantir une alimentation en eau de qualité avec un débit régulier.


 Mosaïques gallo-romaines découvertes à Sens et conservées dans le musée de la ville.

La ville tient son nom du peuple gaulois des Sénons.
Une fraction du peuple des Sénons, entre dans l'Histoire de manière fracassante. Elle s'est établie au bord de la côte adriatique en Italie. De là, elle va attaquer Rome sous la conduite de Brennus, et rançonne sévèrement la ville (malgré la vigilance des oies). En Gaule, ce peuple est considéré avec grand respect (le mot « sen » de Sénon aurait donné sénat et sénile). Il n'a pas été identifié à ce jour d'oppidum majeur (peut-être à Château au-dessus de Villeneuve-sur-Yonne). À l'arrivée de César, les Sénons se déchirent entre partisans d'un roi et ceux du régime « républicain ». Il fixe son meilleur lieutenant Labiénus à Sens où les légions reconstituent leurs forces, et où les chefs gaulois sont tués.
On soupçonne que les bords de l'Yonne aient pu accueillir une agglomération fluviale qui aurait retenu l'attention des logisticiens militaires romains. Non seulement les lieux sont au bord d'une rivière qui conduit à l'embouchure de la Seine, mais ils permettent une circulation aisée entre le val de Loire et la Moselle.
La cité, nommée Agendicum10 à l'époque romaine, a conservé son plan à deux rues principales perpendiculaires decumanus et cardo et une partie de son enceinte romaine. Agedincum est probablement sous l'Empire romain, la capitale de la Senonia, province de la IVe Lyonnaise.
Le nom actuel de la ville vient de la tribu gauloise des Sénons, dont Brennus fut le chef au ive siècle av. J.-C. On y trouve des vestiges de drains faits par les Romains afin d'élever l'eau d'une source, à la manière d'un puits artésien. Ces travaux étaient destinés à alimenter un aqueduc.
En 53 av. J.-C., lors de l'invasion de la Gaule, César fait hiverner six légions, au lieu-dit « le camp de César » au sud de la ville11. Le sanctuaire gallo-romain de la Motte du Ciar situé non loin, près du confluent de la Vanne et de l'Yonne, a livré de nombreux vestiges archéologiques (monnaies, médaillons, fragment de marbres, etc.).
Sous le Haut-Empire, des bâtiments et diverses infrastructures sont construits pour y améliorer le confort. Au iie siècle, un aqueduc de seize kilomètres va chercher de l'eau de source dans la vallée de la Vanne. Des vestiges archéologiques attestent de la présence d'un amphithéâtre, d'un forum et de thermes. Les thermes, et surtout la façade, devaient présentés des sculptures variées.
À cette période, l'aristocratie locale possédait des maisons décorées avec des mosaïques et chauffées grâce à l'hypocauste.
La ville gagne peu à peu la plaine orientale. Sa superficie est environ cinq fois supérieure aux vingt-cinq hectares dans lesquels elle va se recroqueviller à la fin du iie siècle du fait des graves troubles de la guerre civile. Des familles de la cité poursuivent un cursus honorum remarquable qui les porte jusqu'à la dignité de consul à Rome. Une garnison semble prendre place dans un camp permanent à Mâlay (le Grand).
Au Bas-Empire, la ville est protégée par une muraille, dont les matériaux sont prélevés sur les édifices construits au Haut-Empire. Les fortifications parcouraient une distance de trois kilomètres, en prenant en parti appui sur l'Yonne et étaient parmi les plus imposant la Gaule romaine. La muraille repose sur de grands blocs de pierre issus de bâtiments publics ou de monuments funéraires. Afin de rendre la ville plus facilement défendable, la superficie de cette dernière se réduit (environ 25 hectares).
Du fait de la réforme administrative de Dioclétien, la cité de Sens devient le siège de la province de la quatrième Lyonnaise. De ce chef, la future province ecclésiastique poursuivra ce cadre hérité de l'Empire. Comme de très nombreuses cités romaines de Gaule (ex. Lutèce), la ville prend le nom du peuple dont elle est le centre administratif et commercial. La cité sera désormais appelée Sens.

Les origines du christianisme à Sens ont été l'objet de débats féroces au début du xxe siècle. Il est vrai que dans sa rédaction connue (très tardive), la vie de saint Savinien vient s'interpoler avec celle de sainte Colombe. Elle prétend que cet évêque a été désigné directement par les apôtres. Mais on peut aussi remarquer que le terme « apostole » signifie en vieux français « pape », ce qui peut en reporter la désignation à un quelconque pape romain.
Il faut par contre créditer l'Église locale de sainte Colombe. Cette Aragonaise a été baptisée dans la vallée du Rhône à Vienne et a subi le martyr à Sens. Son culte est célébrée dans des recueils wisigothiques de Haute Antiquité, ce qui rend impossible un culte imaginaire.
Un évêque Savinianus est cité dans des actes d'un concile du début du ive siècle. On est désormais fondé à assurer l'existence d'une organisation ecclésiastique. Mais nous sommes alors à la fin du règne de Constantin. Il ne doit pas être confondu avec un saint Sabinianus présent à Troyes.
Le diocèse de Sens a été fondé vers 240 par saint Savinien. Ses archevêques ont eu une place importante dans l’Église de France : au ixe siècle, le Pape Jean VIII a donné à l’archevêque de Sens le titre de « Primat des Gaules et de Germanie » et jusqu’au xviie siècle, l’évêque de Paris dépendait de l’archevêque de Sens. À ce titre, elle avait sous sa dépendance Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans, Nevers et Troyes. La circonscription ecclésiastique fut calquée sur la circonscription civile et le siège épiscopal de Nevers lors de sa création à la fin du ve siècle fut également rattaché à Sens. Ces sept évêchés constituaient une province ecclésiastique d’une exceptionnelle importance que traduisait la devise CAMPONT — acrostiche des initiales des sept sièges — inscrite sous les armes du chapitre de la cathédrale de Sens. En 769, l’archevêque de Sens, Villicaire, était à la tête de la mission épiscopale franque qui assistait à Rome au Concile chargé de juger le pontife intrus Constantin II, avec le titre d’archevêque des Gaules.

Au viiie siècle, le pape est contraint par les événements à prendre une mesure organisationnelle. Il ne peut pas communiquer avec l'épiscopat de Gaule. La Méditerranée est complètement rendue inaccessible par la flotte musulmane d'Afrique du Nord. Les musulmans d'Espagne sont eux-mêmes présents à Narbonne. La dévastation s'étend à l'intérieur de la Provence. La circulation ne peut se faire qu'à travers les Alpes, et uniquement aux beaux jours. Les Lombards se montrent peu compréhensifs. Contraint, le pape fait de l'archevêque de Sens son légat permanent pour l'au-delà des Alpes, à l'exception de la Bretagne (c'est-à-dire la Grande-Bretagne). Les souverains mérovingiens se satisfont de cette mesure. Dagobert, de mauvaise santé, limite ses déplacements aux alentours de Paris. Au changement de dynastie, rien ne change. L'autorité de l'archevêque se dilate à l'espace contrôlé par les Carolingiens.
Au début du xiie siècle, la base navale musulmane de La Garde-Freinet est libérée par le comte de Provence. La circulation commerciale devient intense à travers les Alpes (foires de Champagne). La fonction de légat permanent cesse d'avoir une grande utilité. L'évêque de Lyon (qui tente de ravir le titre archiépiscopal à son métropolitain de Vienne), obtient du pape la « reconnaissance » d'une autorité de primat en France. La réaction du roi Louis VI sera énergique et d'une rare violence. Le Roi refuse que son clergé passe sous contrôle d'un évêque opérant depuis une terre étrangère (le comté de Lyon est en Empire). Il y voit une rupture de l'alliance multi-séculaire des rois de France d'avec la papauté. Le pape recule.
Une nouvelle remise en cause date du règne de François Ier. Le roi Louis XI avait déjà favorisé à l'extrême les foires de Lyon, permettant un développement aussi tardif que spectaculaire de la ville. L'archevêque de Lyon (le conflit avec Vienne n'est pas encore terminé) appuyé par la riche bourgeoisie de sa ville, convainc sans peine François, désespérément à la recherche d'argent, de sa cause. Âgé, l'archevêque de Sens ne réagit pas. Le Parlement de Paris assure une brillante défense. Le Roi le fait plier. En compensation, le Parlement octroie le titre de primat des Gaules et de Germanie à l'archevêque de Sens ; l'archevêque de Lyon ne sera que primat de la Gaule.
À la fin du ive siècle, Sens est la capitale de la Quatrième Lyonnaise. Cette circonscription civile sert de cadre à l'Église pour la fondation de l'archevêché de Sens. Sa devise est Campont, d'après les initiales des évêchés de : Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans, Nevers et Troyes. L'hôtel de Sens est leur résidence officielle à Paris. Le trône archiépiscopal de l'archevêque dominait dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le trône épiscopal de l'évêque de Paris. En 1622, la province ecclésiastique de Sens fut divisée en deux, Chartres, Meaux, et Orléans devenaient suffragants du nouvel archevêché : Paris.
En 732, les Maures débarqués en Camargue remontent toute la vallée du Rhône et pillent la ville de Sens. Cette opération est vue comme une tentative de diversion, afin de diviser les forces franques à affronter, l'année de la bataille de Poitiers15.
Les comtes de Sens sont issus de très hauts lignages, apparentés à la famille royale mérovingienne. Petite-fille de Clovis, la reine Théodechilde fonde le monastère Saint-Pierre-le-Vif dans le 2e tiers du vie siècle. Vers 630, Samo, marchand né au voisinage de Sens, relève le courage des Esclavons chez qui il commerce et leur permet de tenir tête à une attaque des Huns. Il est fait roi de ce peuple.
L'usage de nommer à la tête du comté de Sens de très hauts dignitaires se poursuit jusqu'au début du xe siècle. Il a d'ailleurs été imaginé que les comtes de Savoie (devenus ducs de Savoie, rois de Piémont et rois d'Italie) procédaient en droite ligne des vicomtes de Sens de cette époque.
Au Moyen Âge, la ville conserve un rôle important au point de vue ecclésiastique. Plusieurs archevêques procèdent à des couronnements royaux avant que ce ne fut réservé à l'archevêque de Reims. Ses archevêques porteront par la suite le titre de « primats des Gaules et Germanie ».
En 1015, le comté du Sénonais est rattaché une première fois à la Couronne et définitivement à la mort du dernier comte Renard le Mauvais en 1055. Il est momentanément détenu par le comte de Blois de 1030 à 1032. Le Roi gère sa nouvelle possession par le biais d'un vicomte (basé à Vallery) et d'un prévôt. Le Roi dispose d'un palais (l'actuel tribunal de grande instance), d'écuries, d'une tour ronde et d'un donjon carré, des jardins, d'un clos. Mais il n'y vient qu'une fois toutes les trois années, puis très rarement une fois que Philippe-Auguste se fut lancé à la conquête de l'Ouest.
Le rattachement du Bas-Gâtinais en 1080 permet de rompre l'isolement du domaine royal sénonais, à présent capable de communiquer avec Orléans et Melun.

En 1120, Louis VI autorise Étienne, prévôt de l'église de Sens, à fortifier le cloître (portes, murailles, fossé).
En 1135, la ville choisit de reconstruire sa cathédrale dans un style innovant. C'est la première cathédrale gothique de France. Son style est caractéristique de cette période de transition. À la même époque, la ville bénéficie brièvement d’institutions communales, qui lui sont retirées par Louis VI.
Sous Louis VII, pendant près de trois années, le Pape Alexandre III exilé se fixe avec la Curie à Sens. La cité reçoit les archevêques de Cantorbéry Thomas Becket et Edmond (saint Edme).
En 1189-119018 le Roi Philippe-Auguste (neveu de Guillaume de Champagne) permet à Sens de disposer de toute l'indépendance alors possible en lui permettant d'avoir un maire (qui exerce avec les pairs la justice sur les hommes du roi) et des jurés et lui accorde une charte qui place la ville sous son autorité exclusive.
En 1194, un bailli royal est localisé à Sens. Il est le premier du domaine royal à être ainsi localisé alors que l'institution est connue depuis 1184. Le bailliage de Sens comprend à l'époque médiévale Melun, Nemours, Courtenay, Auxerre, le Donziois, la Puisaye, le Tonnerrois, la région de Langres jusqu'à la Saône, d'importants éléments du Barrois Mouvant, le Nord-Ouest troyen, des éléments épars près de Châlons-en-Champagne. La création postérieure de bailliages royaux à Mâcon, Saint-Pierre-le-Moûtier, puis l'incorporation de la Champagne dans le domaine royal, limitent l'action d'un des plus importants fonctionnaires territoriaux de la Couronne. Sens fournit le plus ancien lieutenant général de bailliage royal français, et travaille le premier à la mise en forme des plus anciennes coutumes de bailliage. Le tribunal fournit non seulement le travail à des magistrats, mais aussi à des centaines de sergents dispersés dans ce vaste ressort judiciaire. Il a fortement contribué à limiter les ambitions judiciaires des tribunaux féodaux de Champagne, de Bourgogne, de Nivernais, de l'Auxerrois, du Gâtinais et de la Brie française.
La ville est dotée de seize paroisses : Sainte-Croix (en la cathédrale), Sainte-Colombe-du-Carrouge, Saint-Pierre-le-Rond, Saint-Maximin, Saint-Maurice, Saint-Benoît, Saint-Romain, Saint-Hilaire, Saint-Didier, Saint-Pierre-le-Donjon, Saint-Hilaire et hors les murs La Madeleine, Saint-Didier, Saint-Savinien, Saint-Pregts et Saint-Symphorien.
En 1234, Saint Louis épousa Marguerite de Provence à la cathédrale de Sens.


Le bailli de Sens met la ville en défense face aux bandes anglo-navarraises. Il procède à la destruction de tous les immeubles approchant des fortifications (dont le Petit Hôtel-Dieu de Garnier Despres où on trouve un trésor destiné à le reconstruire en cas de destruction !). La ville perd son industrie drapière incarnée par la famille Chacerat, considérée comme étant celle des plus riches marchands existant entre Paris (la plus grande ville d'Europe) et Avignon (siège de la papauté). La ville fournit au régent Charles (V) le calme lui permettant de repartir à l'offensive contre Étienne Marcel.
Jusqu'à la perte du pouvoir par la reine Isabeau de Bavière, les patriciens de Sens jouissent d'une position tout à fait considérable au sein de l'appareil central de l'État. Ils ont largement contribué à le développer à partir des règnes des fils de Philippe le Bel. Les familles de Dicy, Dallement, Col, Chanteprime, de Quatremares, de Bragelongne peuplent le Trésor, les Aides, le Parlement, le Notariat royal, les Requêtes dans des proportions incroyables.
Durant la seconde phase de la guerre de Cent Ans, la ville est administrée par le bailli Guillaume de Chaumont jusqu'en 1420. Il est obligé de quitter la place face à la caravane militaire composée du roi d'Angleterre, du duc de Bourgogne et de la reine Isabeau de Bavière, revenant de Troyes et gagnant Paris. Lui-même va gagner Orléans où il accueille Jeanne d'Arc qui a traversé Sens en 1429.
La cité n'ouvre ses portes à Charles VII qu'en suivant l'exemple de la ville de Troyes. Mais Provins, Montargis et Auxerre maintiennent son ralliement isolé. Les campagnes sont libérées mais ruinées par Arnault-Guilhem de Barbazan, « chevalier sans peur et sans reproche » inhumé à Saint-Denis. Le combat larvé après le traité d'Arras implique certes la prévôté de Villeneuve-le-Roi, mais aussi le bailliage de Sens en base arrière du harcèlement juridique royal jusqu'en 1477. Les baillis sont d'éminents personnages de l'État, parfois même favoris du Roi (Charles de Melun). Plusieurs des griefs du duc de Bourgogne articulés durant l'entrevue de Péronne concernent les entreprises du bailli de Sens.
En juin 1474, la ville se voit accorder par le roi Louis XI l'autorisation d'avoir un maire et un conseil municipal. Louis XI entame le rééquilibrage du ressort judiciaire en retirant au bailliage de Sens l'Auxerrois, le Donziois et la Puisaye. La résistance persiste jusque sous François Ier.


Le bailliage de Sens obtient de disposer d'un siège présidial. Son ressort comprend, outre le Sénonais, le Gâtinais oriental, le Tonnerrois, le pays de Langres et des enclaves en Champagne. Il fait vivre environ 150 avocats et procureurs dans la seule cité. Durant les guerres civiles, le pays de Langres s'émancipe judiciairement.
Sous François Ier, la Couronne concède enfin à l'archevêque de Lyon (qui venait lui-même de s'affranchir l'archevêque de Vienne) le titre de primat de France. Le Parlement de Paris résiste un temps. Il plie finalement à cette innovation royale intéressée par les capacités financières des Lyonnais. En compensation, le Parlement donne à l'archevêque de Sens le titre de « Primat des Gaules et de Germanie » pour rappeler à tous la prééminence de l'archevêque de Sens datant de la fin du viiie siècle, quand il était systématiquement désigné légat permanent du pape pour les royaumes francs. Le titre est conservé de nos jours.
Durant les guerres de Religion, Sens est particulièrement agitée. Charles IX y commence son tour de France royal (1564-1566) en mars, accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine. Les habitants repoussent les assauts du prince de Condé et d'Henri de Navarre qui manque d'être tué par les sabotiers durant un assaut.
 Sous le règne de Louis XIII, le diocèse de Paris est érigé en archidiocèse par démembrement de celui de Sens. L'officialité métropolitaine perd la connaissance des appels en provenance de la province formée depuis près d'un millénaire par Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans, Nevers et Troyes. Le grand séminaire de Sens est ouvert en 1651. Le grand-père paternel de Cyrano de Bergerac est originaire de Sens.
La cité épiscopale rassemble environ neuf mille habitants. Elle est commodément reliée à Paris par le coche d'eau et se situe sur la route de poste de Paris à Dijon. À la tannerie, elle joint avant 1789 de grandes manufactures textiles. Mais l'économie locale ne fait que desservir les campagnes environnantes. Par contre le clergé local brille de tous ses feux. Le chanoine Fenel crée une bibliothèque ouverte au public. Les Tarbé éditent un journal (les Affiches Sénonaises) qui sont un prototype pour la province. Marivaux épouse la fille d'un notaire de Sens. Les archevêques finissent par opter pour l'attitude gouvernementale anti-janséniste, qui va indisposer gravement la bourgeoisie. Le petit séminaire est ouvert en 1747.
Mort de la tuberculose peu avant Noël 1765, le dauphin Louis-Ferdinand est inhumé dans la cathédrale. La dauphine Marie-Josèphe, qui avait contracté le mal de son époux en le soignant, l'y rejoint quelques mois plus tard. Leur tombeau est profané en 1794 mais leurs dépouilles, jetées à la fosse commune, sont replacées dans leur tombeau en 1814 sur ordre de leur fils Louis XVIII.
En 1789, la cité ne parvient pas à faire aboutir ses projets de département comprenant Provins et Montargis. Elle devient une sous-préfecture. Elle obtient un lycée grâce à l'entregent de Fauvelet de Bourienne, ancien secrétaire particulier de Napoléon Bonaparte. Sous la Restauration, le siège archiépiscopal est rétabli, de manière à honorer le confesseur de la Dauphine. La tannerie locale a profité d'un quart de siècle de guerres pour se hisser au second rang national. Mais dans l'ensemble, la ville ne grandit pas.
À la suite du succès du premier festival chantant d'orphéons, organisé par Charles Delaporte à Troyes en 1849, le second a eu lieu à Sens la même année. Ce sont les débuts d'une série de rassemblements qui réuniront par la suite des milliers de choristes dans quantités de villes.


En 1914, la ville accueille l'état-major français au lancement de la bataille de la Marne.
En 1940, les Allemands pénètrent en France le 15 mai et leur aviation bombarde la gare de Sens le 7 juin. Le département est envahi les 14 et 15 juin 1940 par des troupes allemandes en provenance de Troyes et subit de nombreux bombardements. L'exode des populations sur les routes de France commence. Les premières motos allemandes arrivent à Sens le 15 juin en fin de matinée et des troupes avec blindés se rangent à 14 heures sur la promenade. Les abords de la gare et de l'église Saint-Maurice (dont les vitraux sont détruits) ont été bombardés dans la nuit, puis des immeubles de la grande rue et d'autres, l’usine à gaz, tandis que la cathédrale et le palais synodal sont endommagés. Des combats ont lieu jusqu'au 16 juin. Le 17 juin, plus de trois mille prisonniers français venant de Montargis sont parqués sur la place Saint-Étienne et dans la halle. D'autres arrivent dans les jours suivants. L'archevêque Mgr Lamy tente de mettre sur pied un comité d'aide d'urgence, alors que toutes les autorités se sont enfuies. La Kommandantur installée place Drapès met en place un couvre-feu à partir du 20 juin et une liste d'otages volontaires (dont le maire et l'archevêque) en cas de non-respect des consignes. Après l'armistice, Sens se trouve en territoire occupé. Le 12 juillet 1942, le préfet de l'Yonne ordonne l'arrestation des 14 juifs étrangers (originaires de l'ancien Empire russe et de Pologne) qui demeurent à Sens (42 sont arrêtés dans tout le département).
En 1944, Sens, abandonnée par la plupart de ses occupants allemands, est traversée le lundi 21 août en début d'après-midi par des troupes de la IIIe armée du général Patton qui la quittent le lendemain à l'aube en direction de l'est.
Dans les années 60, la ville est à la tête du réseau banlieue de la gare de (Paris) Lyon. Un nombre considérable d'habitants prend chaque jour le train pour travailler à Paris et rentrer le soir.
Après avoir fermé le grand séminaire de Sens, l'archevêque Stourm déménage à Auxerre, ville où siège le préfet.
La ville se positionne habilement sur le réseau routier (autoroutes A6, A5, et barreau de liaison), et récemment sur la voie fluviale en amont de Paris (port de Gron). Elle joue ainsi sur des atouts bimillénaires.
 Liste des monuments historiques de Sens.
Maisons historiques de Sens.
Hôtels particuliers de Sens.

 


 

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MessagePosté le: Mar 11 Avr - 06:55 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

Tonnerre apparaît à l’époque romaine sous le nom de Tornodurum, « forteresse » pour les Lingons, elle était le capitale du Pagus tornodorensis. Ici, sur la vallée de l’Armançon, s’est créé le Comté de Tonnerre, qui a servi de point de passage entre Paris et Dijon, à l’époque où le roi de France avait des visées sur le duché de Bourgogne.
Les étymologies de Tonnerre viendraient, pour l’époque celte, de Torn, dérivant de l'appellation d’une obscure divinité locale ; d’autres la rapportent à Douros : forteresse, enfin une autre dénomination correspondrait à Dour en liaison avec un lieu près du torrent. Il est également possible que les trois solutions se rejoignent en une seule :
Un lieu divinisé : 1782, mise au jour des cavités contenant armes et ornements, monnaies et bijoux liés au culte de divinités.
La forteresse dominant Tonnerre se serait située sur les lieux « Mont Bellant » et « Vieux Châteaux » livrant de nombreux vestiges antiques.
Quant à la « source divinisée », le vestige en est d’une évidence flagrante, puisqu’il s’agit de la fosse Dionne.


En 2005, des recherches au lieu-dit Les Petits Ovis ont permis de découvrir que le site était occupé par une nécropole datant de la fin de l’âge du Bronze. Au lieu-dit Terre de Vauplaine des inhumations et des incinérations datant de la période située entre l’âge du bronze et l’âge du fer ont été mis au jour.
Un oppidum datant de La Tène semble s'être développé sur l'actuelle ville haute de Tonnerre. Puis, un établissement rural gallo-romain, connu mais mal localisé, a pu être circonscrit
Au cours de cette période, de nombreux ateliers de tanneurs sont apparus le long de l'Armançon ou près de la Fosse Dionne pour travailler les peaux
Tonnerre est le siège d'un comté depuis le milieu du xe siècle. Il administre le rebord occidental du vaste évêché de Langres. Plusieurs membres de la famille comtale se hisseront à la tête de cet évêché. Il pourrait avoir eu dans son giron la région de Bar-sur-Seine. Les comtes, connus par les chartes de l'abbaye Saint-Michel, portent le prénom de Miles. Au xie siècle, les successions se font plus chaotiques.
Un vicomte de Tonnerre apparaît au début de ce siècle. En droit, cela signifie que le titulaire du comté dispose d'un droit comtal autre que celui de Tonnerre, ce qui impose l'établissement d'un vicomte (même problématique qu'à Joigny en 1080). Ce vicomte est à l'origine de la famille de Rougemont.
La dernière héritière de cette première dynastie épouse au milieu du xie siècle Guillaume, comte de Nevers et d'Auxerre, quand celui-ci se relève très difficilement de la tutelle de son oncle le duc de Bourgogne qui avait tué son père. Sa sœur cadette, en épousant un fils du comte de Brienne, provoque la séparation définitive de Tonnerre du comté de Bar-sur-Seine.


Guillaume de Nevers administre longuement le comté. Un prévôt devient le représentant de son administration pour le Tonnerrois. La tendance à l'hérédité est un aveu de faiblesse comtale. Le fils cadet de Guillaume a failli faire émerger à nouveau un comté autonome. Le comté servira fréquemment de douaire aux comtesses douairières. Des féodaux étalent leur puissance dans le comté : Argenteuil, Rougemont. Certains se hissent au rang de vicomte quand les princes font émerger des vicomtés sur des axes commerciaux à la jointure de leurs principautés (Ligny-le-Châtel vers 1120). Ce phénomène touche d'autres contrées de la principauté. Les sires de Noyers-sur-Serein échappent très tôt à l'autorité comtale, et bâtissent une puissante seigneurie indépendante en franc-alleu, à la lisière du comté d'Auxerre et de l'ancien comté d'Avallon. La féodalisation atteint sa plénitude classique. Pour autant, la ville de Tonnerre se développe. Elle se dote de deux paroisses : Notre-Dame et Saint-Pierre. L'abbaye Saint-Michel fait face au château, de l'autre côté du vallon. Les comtes tenteront tardivement et avec un succès relatif de reprendre la main sur leurs grands féodaux. Ils ne parviendront qu'à leur imposer un partage successoral (Toucy vers 1170). Le Tonnerrois est durablement et profondément féodalisé.

De la fin du xiie siècle au milieu du xiiie siècle, Tonnerre vit dans le giron du comté de Nevers-Auxerre et Tonnerre. Ce vaste ensemble est de fait abandonné quand le chef du lignage se hasarde sans profit en Orient (empire de Constantinople). Copiant une institution mise en place en 1184 dans le domaine royal, ce comte institue un bailli. Mais comme en Champagne, ce nouvel agent est nettement moins efficace que son confrère de Sens. Il gère à la fois les baillies d'Auxerre et de Tonnerre. Il ne contrarie pas les féodaux locaux. Les heurts avec l'évêque d'Auxerre et la révolte d'Hervé de Donzy humilient le comte Pierre de Courtenay.
Un cadet de la famille de Courtenay prend place à la tête de la seigneurie de Tanlay.
Au milieu du xiiie siècle, une comtesse de Tonnerre épouse le roi de Sicile. Elle fonde le Grand Hôtel-Dieu : le plus grand monument civil de Bourgogne.
La famille de Chalon parvient à participer au partage de la principauté et se fait remettre le comté de Tonnerre.
En prélude de la seconde phase de la guerre de Cent Ans, le comte de Tonnerre enlève une fille d'honneur de la duchesse de Bourgogne. Jean Sans Peur saute sur ce prétexte pour mener une guerre à outrance contre le comte de Tonnerre. Malgré la disproportion des forces, le comte de Tonnerre parvient à retarder l'échéance de sa ruine. mais ce combat désespéré a un prix : le Tonnerrois est ravagé. Les féodaux qui ont suivi leur suzerain naturel sont spoliés par des nobles bourguignons accourus à la curée. La guerre entre Armagnacs et Bourguignons sera de peu postérieure (1411). Tonnerre reste au pouvoir du duc de Bourgogne. Pendant ce xve siècle, la ville gagne des institutions fiscales : la recette des Aides et l'Élection.
La ville a été victime des bombardements allemands en juin 1940, puis des anglo-américains le 25 mai 1944 qui firent quatorze morts en touchant l’église


Lieux et monuments
Le vignoble de Bourgogne tonnerre.
La fosse Dionne, source vauclusienne, au débit important, et aménagée en lavoir avec bassin circulaire au xviiie siècle. Cette curiosité touristique est un bassin aux eaux vert émeraude, serti dans une galerie couverte de tuiles de Bourgogne. Le site était voué à une divinité antique d’où le nom « Divona », qui signifie « Divine », évolué en « Dionne ».
Le vieil hôpital ou hôtel-Dieu, fondé par Marguerite de Bourgogne en 1293 et construit en trois années seulement, est un des plus anciens et des plus vastes ensembles hospitaliers de la France médiévale. Ses dimensions sont importantes avec notamment une toiture d'une surface de 4 500 m2 (initialement recouverte de tuiles vernissées) et une salle principale longue de 90 mètres pour une largeur de 18,2 mètres et une hauteur de 27 mètres. Le plafond est lambrissé et la gigantesque charpente est en forme de carène de vaisseau renversé. Jusqu'à 40 malades pouvaient y être soignés. À voir : la chapelle avec le tombeau de Marguerite de Bourgogne, le mausolée de Louvois, un Saint-Sépulcre du xve siècle, une méridienne du xviiie siècle, intéressant musée de l'Hôpital.
L'église Saint-Pierre, avec sa façade de style baroque, domine la ville et offre un beau panorama. Bâtie à partir du ixe siècle, elle a subi de nombreuses modifications. Elle a été quasiment détruite en 1556 par un incendie qui ravagea Tonnerre. À l'intérieur, on peut remarquer un orgue dont le buffet date de 1616, une chaire à prêcher, réalisée dans les années 1712-1713 et des vitraux datant du xvie siècle et restaurés en 2003. Aujourd'hui, Il ne reste plus rien de l’ancienne chapelle du xie siècle.
L'église gothique Notre-Dame, du xiie siècle. Le bâtiment religieux fut sévèrement endommagé par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.
L’hôtel d'Uzès, maison natale du chevalier d'Éon, devenue propriété de la Caisse d'épargne depuis 1879. Le bâtiment, restauré profondément en 1888, est décoré de fresques murales du peintre Georges Henri Carré. Tonnerre compte de nombreux autres hôtels particuliers.
L'ancienne abbaye Saint-Michel, reconvertie en hôtellerie. Ce fut durant des décennies un hôtel-restaurant doublement étoilé au Guide Michelin et Relais & Châteaux tenu par la famille de Christophe Cussac.
L’ancien couvent des Ursulines (>1789), place Edmond-Jacob, actuel lycée.
L’ancien couvent des Ursulines (1805>), rue Pasteur, actuels bâtiments annexes du Lycée.
La crypte Sainte-Catherine, rue Saint-Pierre, voûtes romanes du xiie siècle.
Le marché couvert, inauguré en 1904, au style d'architecture de la fin xixe, début xxe siècle, en fer et en verre à la mode Baltard, restauré en 2015.
L’hôtel de ville construit en surplomb du marché couvert.
Le château de Vaulichères, ancienne propriété de la Maison de Clermont-Tonnerre.
Le musée municipal et sa bibliothèque.
La promenade du Pâtis.

 

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MessagePosté le: Mar 11 Avr - 07:06 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

Le château de Tanlay est situé à Tanlay dans l'Yonne, en Bourgogne-Franche-Comté.
Aux xiiie et xive siècles, la terre de Tanlay et sa forteresse appartiennent à la maison des Courtenay.
Au début du xvie siècle débute la construction d'un nouveau château, sur les fondations de l'ancienne forteresse. En 1533, Tanlay échoit à Louise de Montmorency, sœur du connétable Anne de Montmorency et veuve du maréchal Gaspard de Coligny. C'est son plus jeune fils, François de Coligny d'Andelot, qui entreprend la construction du grand château, de 1550 à 1568 et le petit château à partir de 1558. Il reçoit pour cela le soutien financier de son frère, Gaspard de Coligny.
Pendant les heures sombres des guerres de religion son frère Gaspard, amiral de Coligny, choisit Tanlay pour réunir les chefs protestants. Louis Ier de Condé y séjourne fréquemment, son château de Noyers étant voisin de Tanlay.
François d'Andelot meurt en 1569, laissant le projet inachevé. Son gendre Jacques Chabot, marquis de Mirebeau et fils de Philippe Chabot, poursuit les travaux avec la Tour de la Ligue, la Tour Coligny et achève le petit château (1610)


En 1635, la seigneurie passe à Claude Vignier, premier président au Parlement de Metz. En 1642, il revend Tanlay à un proche de Mazarin : le surintendant des finances Michel Particelli d'Émery. Celui-ci charge l'architecte Pierre Le Muet d'achever les travaux. Entre 1642 et 1650, il fait élever l'aile droite du bâtiment, selon un plan symétrique en U qui encadre la cour d'honneur. Il travaille sur les façades du corps de logis principal et sur la décoration des appartements. Face au château, il construit des communs, dans un style classique et régulier. Des travaux importants sont menés dans le parc, afin d'aménager un canal et d'entourer le château par des douves.
Après 1650 le gendre de Particelli, Phelypeaux de la Vrillière recueille Tanlay, qui est érigé en marquisat en sa faveur par Louis XIV en 1671.
En 1704, son petit-fils vend Tanlay à Jean Thévenin, gouverneur de Saint-Denis. Le château appartient encore à ses descendants.
Le 20 décembre 1994, le château et certains éléments de son environnement sont classés au titre des monuments historiques

À l'époque des ducs de Bourgogne, le château de Tanlay est une véritable place forte. Charles le Téméraire la qualifie à l'époque de « place de guerre assise en frontière de plusieurs terres et l'une des plus importantes de Bourgogne ». La forteresse est construite au xiiie siècle sur un éperon de granite qui domine la Cure et renforcée par une enceinte triangulaire dotée de huit tours.
Parmi les tours qui composent la forteresse, deux ont des caractéristiques particulières. La première, la tour d'Amboise est la plus importante en taille et sera équipée pour l'usage de l'artillerie à la fin du xvie siècle. La deuxième, la tour Saint-Jean, est la plus ancienne et est bâtie sur des vestiges du xie siècle ou du xiie siècle
Château du xvie siècle
Le château de Tanlay est représentatif du style Renaissance française, édifié aux xvie siècle et xviie siècle, entouré de douves6. Certains détails d’architecture, tels que les pyramides sur le pont d’accès, le mur entourant la Cour verte, la Galerie des Césars, le Nymphée, sont imprégnés du goût italien
Le bâtiment d'entrée, le Petit Château, est une porte triomphale d'un étage avec des combles aménagés. Au-dessus de la porte subsistent les rainures du pont-levis. Il donne accès à la cour verte. Cette cour est fermée sur trois côtés par un haut mur décoré d'une arcature aveugle. Une porte ornée d'une tête de cheval donne sur les écuries. Une autre porte ornée de fleurs donne sur le jardin. Le quatrième côté fait face au château, auquel on accède par un pont précédé de deux obélisques de pierre.
Le Grand Château occupe les trois côtés d'un quadrilatère entouré de douves. L'architecte initial pourrait en être Bertrand de Cazenove, de Saint-Florentin. On accède à la cour par la porterie construite par Le Muet. En face s'élève le corps de logis principal, bâtiment d'un étage flanqué de chaque côté par deux courtes ailes que prolongent deux bâtiments de moindre hauteur. Les ailes sont fermées par deux tours rondes à la toiture en dôme surmonté d'un lanternon. À l'arrière du corps principal, côté parc, deux hautes tours couvertes d'un dôme et de deux lanternons superposés occupent les autres sommets du quadrilatère.
La façade, avec ses sept travées rythmées de pilastres, pourrait être du xvie siècle. Elle est surmontée d'une toiture avec des lucarnes rectangulaires ou en œil-de-bœuf. Au-dessus de la porte se trouve un cartouche portant les initiales de Michel Particelli d'Émery


On entre dans un grand vestibule, dit des Césars, œuvre de Le Muet. On accède à un petit puis à un grand salon, aux boiseries marquées MPH et à la cheminée monumentale.
À l'étage se trouve la galerie d'apparat longue de 21 m, avec un plafond en berceau et des murs couverts de peintures en trompe-l'œil.
La tour de la Ligue aurait accueilli les assemblées des chefs protestants. La voûte de la salle basse est peinte d'un décor pompéien, dont les attributs marins permettent de penser qu'elle avait pu servir de cabinet de travail à l'amiral de Coligny. Les fresques de la voûte en coupole de l'étage supérieur représentent des personnages de la cour de France, sous les traits de dieux de l'Olympe.
La tour de la Chapelle, construite au xvie siècle, a été aménagée au siècle suivant par Le Muet. Il a édifié une chapelle carré dans le plan circulaire de la tour, éclairée par une haute baie cintrée
Du parc tracé par Pierre Le Muet subsiste le grand canal, long de près de 530 m. Il est alimenté par un très beau nymphée Renaissance.
Chaque été se tiennent dans les communs des expositions d'art contemporain.
Le parc du château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 27 décembre 1927

 

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saintluc
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MessagePosté le: Mer 12 Avr - 06:46 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

L'église Notre-Dame de Saint-Père est une église située à Saint-Père dans le Morvan, dans l'Yonne en France
Saint-Père anciennement dénommée Saint-Père-sous-Vézelay est une commune du département de l'Yonne,


Établi de très longue date, Saint-Père est situé près du gué de l'ancienne voie menant d'Autun à Auxerre par Quarré-les-Tombes
Vers 6000 av. J.-C., des Hommes s'installent sur le site de Saint-Père car la terre y est fertile et l'eau proche. De cette époque, les fouilles archéologiques ont mis au jour un caillebotis constitué de galets brisés et des silex taillés
En 1933, un puits vertical cylindrique de 1,5 m de diamètre environ, est partiellement démoli lors de l'extraction de sable. Ce puits, creusé dans le sable, avait ensuite été comblé avec de l'argile ; il n'y avait pas de boisements d'étayage.
Tentant de dégager le puits d'argile en 1938 ou 1939, René Louis et Robert Dauvergne sont arrêtés à 4 m de profondeur par des infiltrations d'eau.

Les Fontaines salées au sud-est de Saint-Père-sous-Vézelay, proches de la Cure, s'appelaient anciennement le puits de sel. Elles ont été utilisées dès 2300 ou 2200 av. J.-C.. C'est l'âge des seize chênes évidés qui ont servi à fabriquer des puits de captage des eaux, et qui sont dans un très bon état de conservation. La grosseur de ces arbres laisse supposer qu'ils ont été conservés sur plusieurs générations avant d'avoir été abattus pour cet usage, un travail collectif mené à bien à l'aide de haches en cuivre ou en bronze. Deux techniques différentes ont été mises en œuvre pour ce faire, par deux groupes différents. Abandonné après l'âge du bronze ancien, les puits ont été comblés par les alluvions des crues de la Cure. Ensuite, certains puits ont été réutilisés à la fin de l'âge de bronze - peut-être pour abreuver du bétail. Il faut attendre l'âge du fer pour y voir une production de sel par le feu


Au lieu-dit le Poron, anciennement le Perron, une défense de mammouth a été trouvée en 1930 dans une sablière exploitée, à 1 m de profondeur. Des ossements et fragments de poterie sombre se trouvaient dans la couche de terre recouvrant le sable, aux environs proches de la carrière de sable. En 1934 c'est une imbrex gallo-romaine intacte qui est mise à jour; puis à une profondeur variant de 50 cm à 60 cm, une sépulture en 1937, une en 1938 et, suite aux premières fouilles de René Louis et Robert Dauvergne, trois autres en 1939. Ces cinq sépultures trouvées paraissent former trois rangs avec des espacements de 2 m entre chaque sépulture, et vraisemblablement il s'agit d'un "champ d'urnes" avec de nombreuses autres sépultures.
Outre les restes d'ossements humains, la deuxième urne funéraire trouvée entière contenait une autre urne de même modèle mais assez petite pour passer par le col de la grande urne, ainsi qu'un bol, deux bracelets de bronze, et une pointe de flèche néolithique en silex avec pédoncule et barbelures, craquelée comme après un passage dans le feu.
Ces « champs d'urnes » sont bien connus en Bohême, Allemagne du Sud, Rhénanie, Bavière, Suisse et Italie du nord. Ils indiquent la période entre l'Age du Bronze et l'âge du fer et correspondent à un peuple probablement originaire de Hongrie et de Lusace où la culture des urnes a remplacé celle des tumulus vers 1200 à 1000 av. J.-C.. Puis, ce peuple s'est étendu entre 1000 et 800 av. J.-C. en Allemagne du sud et la Haute vallée du Rhin, ensuite en Bavière, Suisse et Italie du nord. Les urnes globuleuses à haut col remplacent alors celles bicôniques à col court et évasé. Selon Bosch Gimpera, un groupe de ce peuple, parti de Bavière, Wurtemberg et Bâle, serait passé par la trouée de Belfort pour arriver au centre de la France (champs d'urnes de Pougues-les-Eaux - aussi une station thermale - dans la Nièvre, de Dompierre-sur-Besbre dans l'Allier) ; et aurait ensuite contourné les Cévennes par l'ouest pour arriver dans le Tarn (nombreuses nécropoles vers Saint-Sulpice-la-Pointe), la plaine de Toulouse et les Pyrénées. Un autre groupe du même peuple, passant par le plateau suisse et la vallée du Rhône où il aurait remplacé la civilisation palafitte, aurait suivi le bord de la Méditerranée pour peupler le Roussillon et le Narbonnais. Une autre nécropole découverte en 1935 à Granges près de Chalon-sur-Saône viendrait appuyer cette hypothèse. Les quatre champs d'urnes du centre de la France connus fin xixe siècle sont tous localisés dans des bancs de sable (en sus de nombreuses autres ressemblances)


Le matériel céramique et métallique retrouvé entre le village et la chapelle Saint-Jean-Baptiste indique une fréquentation importante depuis la Tène finale jusqu'au ve siècle.
En 1935-1936, un mur de de 80 mètres est découvert le long de la chapelle, des thermes gallo-romains avec plusieurs sanctuaires de source, et d'anciens captages néolithiques sont reconnus. Plusieurs exploitations de fer étaient présentes dans les environs proches et une activité commerciale s'était donc établie. Charles Beyney a également trouvé au lieu-dit Corvée St-Jean près de la Brèche, des pièces romaines, céramiques, tuiles romaines, pilette d’hypocauste, verre, un fût de colonne de 67 cm de diamètre (maintenant au musée de St-Père sauf les murs et le fût de colonne). Des photos aériennes indiquent un grand domaine rural, appelé Vercellacus à partir du ive siècle (du nom de son propriétaire), transmis en tant que villa carolingienne.
Au ier siècle, un propriétaire terrien dénommé Vercellus s'installe probablement à l'emplacement de l'actuel porche de Notre-Dame de Saint-Père. De cette ancienne demeure, des vestiges archéologiques comme les fondations de la maison, une tête d'Aphrodite en marbre blanc et des fragments de colonnes.
Des ruines de la chapelle Saint-Jean-Baptiste datant du ive siècle ont été explorées par l'abbé Pissier au début du xxe siècle.


La Geste des évêques d’Auxerre donne le nom "Vidiliacus" lors du don de Domecy avec Vézelay par Aunaire à Saint-Germain en 590 ("cum Vidiliaco"). Ce nom s'est transmis vers la colline de Vézelay. Par ailleurs on a découvert en 2012 un mur carolingien sous le cloître de Vézelay. Des sarcophages mérovingiens ont été retrouvés dans le sous-sol de l'église Saint-Pierre, et sous l'un d'eux un sarcophage plus ancien.
En 858 un monastère a été fondé par Girart comte de Vienne. Installé sur la colline, on ne sait pas s'il occupait dans ses débuts le site de l'église actuelle, mais il y a continuité d'occupation du site entre l'Antiquité et le Moyen Âge, comme l'ont démontré des fouilles réalisées dans le sous-sol de l'église Saint-Pierre
Le bourg fut appelé « Val-en-Sel » pendant deux ans après la Révolution, bien que les sources en usage aient été volontairement comblées en 1767 pour empêcher la production locale de sel.
Au xviiie siècle le ru du Val de Poirier (« des Perriers ») a été détourné à l'aide d'une digue pour établir un jardin. Il avait auparavant alimenté en eau le domaine gallo-romain puis les fossés moyenâgeux.
Le village d'aujourd'hui est construit sur la partie habitat du domaine gallo-romain, avec l'église Notre-Dame près de l'ancien hypocauste.


Lieux et monuments
L'église Notre-Dame de Saint-Père a été classée monument historique depuis 1840. Construite du xiiie au xve siècle, c'est un chef-d'œuvre de l'art gothique rayonnant bourguignon. Le clocher du xiiie siècle, haut de 50 mètres (34,30 mètre hors flèche) est remarquable. L'église fait aussi 50 m hors-tout. À l'extérieur, un porche couvert et clos typique de Bourgogne. À l'intérieur, deux chapiteaux dont une tête de nègre et une tête d'avare très abîmée dont deux dragons mangent les oreilles restées sourdes aux appels. La coûteuse rénovation oblige à faire appel à la générosité des habitants d'une modeste commune de 385 habitants. Très peu de messes y sont célébrées.
L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1840. Les travaux de restaurations furent supervisés par Eugène Viollet-le-Duc, et réalisés entre 1840 et 1849. Arrêtés faute de crédits, la restauration de la façade et du porche n'est engagée qu'entre 1888 et 1898 par Paul Boeswillwald.


Le site archéologique des Fontaines Salées : thermes romains et sanctuaire, bassin cultuel celte, captages du néolithique.
Le musée des fouilles des Fontaines Salées situé au pied de l'église. Il abrite principalement les trouvailles archéologiques du Site des Fontaines Salées. L'essentiel des collections est constitué par des céramiques, monnaies, bijoux, statuettes, Ex-voto.
Chapelle Sainte-Marie à Fontette construite en 1657.
Les vestiges de l'ancienne église de Saint-Père.
Sentier du GR 13 au Nord vers Fontainebleau, au Sud vers le lac des Settons, Bibracte, Autun ou Bourbon-Lancy.
GR de Pays Tour du Morvan qui traverse le Parc Naturel du Morvan et relie les 6 grands lacs du Morvan : le lac de Chamboux, le lac de Chaumeçon, le lac du Crescent, le lac de Pannecière, le lac de Saint-Agnan et le lac des Settons.
Passage de la Via Agrippa le long de la Cure.
Les ruines de la chapelle de Nanchèvre sont sous la végétation et sur un terrain privé.


 

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MessagePosté le: Ven 14 Avr - 06:49 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

L'abbaye de Pontigny est un ancien monastère de l'ordre cistercien. Fondée en 1114, au nord de la Bourgogne, aujourd'hui sur la commune de Pontigny, dans le département de l'Yonne (France), elle est la seconde des "quatre premières filles" de Cîteaux.
Sa célébrité est due à la fois à son rang au sein de l’Ordre, au prestige de ses protecteurs, de ses hôtes de marque et de ses abbés, à l’importance de sa communauté et de ses possessions, et à la richesse patrimoniale de sa bibliothèque et de son architecture. En revanche, elle est dotée d'une filiation relativement modeste.
Fermée à la Révolution française, elle est en partie détruite ; elle conserve néanmoins la plus grande église cistercienne du monde, consacrée depuis 1941 cathédrale de la Mission de France.
C’est le 30 ou 31 mai 1114 que, sous la direction d’Hugues de Mâcon, un groupe de moines, envoyé par Étienne Harding à la demande d’un prêtre d’Auxerre, vint s’installer à Pontigny. Il créait ainsi la seconde des « quatre premières filles » de Cîteaux qui ont un rôle particulier de contrôle dans l’organisation de l’Ordre. Première abbaye cistercienne à s’éloigner notablement de son « abbaye-mère », Pontigny, dans la vallée du Serein, se trouvait dans le diocèse d’Auxerre, en limite de ceux de Sens et de Langres, et non loin de celui de Troyes ; d’un point de vue politique, l’endroit était du comté de Tonnerre, en lisière de celui d’Auxerre (tous deux tenus à l’époque par le comte de Nevers), et tout proche des possessions du comte de Champagne : cette position en zone frontière est à l’origine de la légende qui voulait que, sur le pont de Pontigny, trois évêques, trois comtes et un abbé puissent se rencontrer sans quitter leur territoire. Plutôt que d’un pont qui n’est pas attesté dans les textes avant le xiiie siècle, le nom de Pontigny, de formation gallo-romaine (Pontiniacum), provient sans doute du nom d’un certain Pontinius auquel un suffixe locatif (-iacum) a été ajouté
Le développement rapide et considérable de l’abbaye de Pontigny, surtout pendant ses deux premiers siècles d’existence, est facilité par le soutien de personnages importants, aussi bien laïques qu’ecclésiastiques.


Ainsi, dès 1131, le roi Louis VI le Gros, pour la rémission de ses péchés, accorde aux moines de Pontigny l'exemption entière de toute taxe pour les marchandises qui passeront sur ses terres. Ce don sera confirmé par Louis VII qui accordera aussi, en 1139, un droit de pâturage dans ses bois de la forêt d’Othe, et confirmera l’ensemble des biens de l’abbaye en 1177.
En 1181, Philippe Auguste prit Pontigny et tous ses biens sous sa protection, confirma un don de la comtesse Mathilde de Nevers et, trente ans plus tard, un accord conclu avec Blanche, comtesse de Champagne; il prit aussi sous sa protection l’ensemble de la filiation de Pontigny avec celle de Clairvaux en 1221. On ne sait s’il fut présent à Pontigny lors de l’inhumation de sa mère, Adèle de Champagne, en 1206.
Louis IX accorda, en 1242, un vidimus de l’acte d’association entre Pontigny et Erard de Brienne et, en 1248 renouvela les privilèges de son grand-pèreGarr. 7. Il était venu à Pontigny l’année précédente, à l’occasion de la canonisation de saint Edme d’Abingdon . Philippe III amortir une rente à Malay-le-Vicomte en 1278.
Philippe IV le Bel vidime la vente à Pontigny par Jeanne, comtesse l’Alençon, d’une rente de cents livres, en 1287, approuve, en 1289, le droit de garde sur l’abbaye par Marguerite, reine de Sicile et comtesse de Tonnerre, confirme en 1294 l’acquisition de la moitié des villages de Montigny, de Merry et de Souilly16, confirme les acquisitions de l’abbaye en 1295, confirme les droits des religieux en 1304.
Louis X vidime un accord entre les cisterciens et les habitants de Sormery en 1315. Charles IV confirme au duc de Bourgogne, en tant que comte de Tonnerre, le droit de garde de l’abbaye, ainsi que d’autres actes de ses prédécesseurs, passant à Pontigny en août 1322.
Philippe VI facilite le paiement d’une rente par un acte daté de 1349, à Pontigny, le roi et les princes ayant quitté Paris à cause de la grande peste, ce qui sera confirmé par Jean II en 1351. En 1380, Charles V concède l’amortissement gratuit d’une rente de 60 livres accordée par Amédée de Joinville. Charles VI, en 1405, accorde une autre amortissement gratuit, confirmé en 1447 par son fils Charles VII.
Entre 1477 et 1482, Louis XI, venu plusieurs fois en pèlerinage dans l’abbaye, fait don d’une rente de 1200 livres, assise à Troyes, Chablis, Château-Thierry, Provins et Châtillon-sur-Marne.
François II, Henri III et Henri IV s’impliqueront pour leur part dans la nomination des abbés commendataires de la seconde moitié du xvie siècle

De passage à Rouen, en mai 1131, Henri Ier imita Louis VI de France en exemptant de taxes les marchandises des moines passant sur ses terres. Entre 1154 et 1157, Henri II renouvela le mandement de son père, en présence de son chancelier Thomas Becket. En 1251, Henri III accorde une rente de vingt marcs esterlins pour faire brûler en permanence quatre cierges autour du tombeau de saint Edme, récemment canonisé et, venu à Pontigny en 1254, il y offre des dons importants. À l’occasion de la paix conclu entre l’Angleterre et la France, Edouard III, en 1361, lève le séquestre sur la rente de son prédécesseur. En 1395 encore, Richard II rappelle qu’elle doit être versée malgré la guerre
L’aristocratie comtale fait aussi partie des bienfaiteurs importants de Pontigny, en tête desquels il faut placer les comtes de Nevers-Auxerre-Tonnerre : la notice de fondation de l’abbaye mentionne ainsi, dès les origines de l’abbaye, le soutien de Guillaume II de Nevers, présent également lors de plusieurs des toutes premières donations. À partir des années 1150, ses héritiers furent aussi des bienfaiteurs de l’abbaye, en particulier grâce à des échangesGarr. 11 et à des dons de bois. Le comte de Nevers Hervé IV de Donzy choisit même le monatère comme lieu de sa sépulture en 1222. Au milieu du xiiie siècle, l’abbé de Pontigny reconnaissait que les comtes de Nevers, comme fondateurs de l’abbaye, devaient en être aussi les gardiens.
C’est donc bien une tradition fautive qui donne comme fondateurs à Pontigny les comtes de Champagne, et plus précisément Thibaud II le Grand, qu’il s’agisse de l’implantation du monastère – Thibaud n’entra en fonction que dix ans plus tard – ou de sa construction: les archives de l’abbaye ne montrent qu’un intérêt limité du comte qui, contrairement à l’affirmation transmise par Vincent de Beauvais, n’a pas été inhumé à Pontigny. C’est avec ses enfants que semble se dessiner un intérêt un peu plus marqué pour la seconde fille de Cîteaux, Henri le Libéral accordant six actes pour Pontigny, et Adèle, troisième épouse de Louis VII, choisissant l’abbaye comme lieu de sépulture, sans aucun acte particulier de donation qui soit connu.
Il convient d’ajouter aux bienfaiteurs de rang comtal les titulaires des comtés de Bar-sur-Seine, au milieu du xiie siècle, ceux de Joigny, à partir des années 1180 et, de manière plus anecdotique, un comte d’Evreux ou un comte de Flandre


Les autorités religieuses soutiennent aussi, naturellement, la seconde fille de Cîteaux : la plus ancienne confirmation pontificale connue est donnée par le pape Innocent II, en 1139. De nombreuses autres suivront au cours du Moyen Âge, dont plus d’une centaine sont conservées sous forme d’originaux, émanant de ses successeurs Adrien IV, Alexandre III, Lucius III, Célestin III, Innocent III, Honorius III, Grégoire IX, Innocent IV, Alexandre IV, Urbain IV, Clément IV, Grégoire X, Martin IV, Nicolas IV, Boniface VIII, Benoît XI, Clément V, Jean XXII, Benoît XII, Martin IV, Paul III, Pie IV, Innocent XI ou Clément XI .
Les évêques sont parmi les premiers à favoriser le développement de Pontigny : ceux d'Auxerre, dans le diocèse duquel se trouvait l’abbaye, mais aussi ceux de Sens, de Langres et de Troyes, dont les évêchés sont tous voisins. Pour l’évêché d’Auxerre, on peut retenir les noms de Humbaud, qui installa les Cisterciens dans son diocèse, Hugues de Montaigu, Hugues de Mâcon, premier abbé de Pontigni,, Alain de Larivour,, et Guillaume de Seignelay qui y fut inhumé39 ; pour le siège archiépiscopal de Sens, Henri Sanglier, Hugues de Toucy, Guillaume aux Blanches Mains et Guy de Noyers; pour Langres, les évêques Joceran, Geoffroy de la Roche-Vanneau, Manasses, Garnier et Robert; pour le diocèse de Troyes, Hatton, Henri de Carinthie, Matthieu, Manasses, et Hervé.
L’expansion de Pontigny fait intervenir aussi les prélats de Paris ThibaudGarr. 60 et Maurice de Sully; de Rouen, Gautier, Robert et Thibaud; Jean de Poitiers; Guillaume de Bourges, ancien moine pontigniacien; Pierre d'Arras, ancien supérieur de l’abbaye; l’irlandais Gautier d'Ossory; en Angleterre, les évêques Gautier de Norwich et Richard de Chichester; les archevêques de Cantorbéry, comme Etienne Langton, saint Edme d’AbingdonGarr. 66, et Boniface de Savoie qui envisagea d’être inhumé dans l’abbaye s’il mourrait sur le continent
 Grâce aux solides protections de l’aristocratie comme des évêques, et tout autant, sinon davantage, aux donations de petits seigneurs locaux conservées dans des chartes originales ou copiées dans les cartulaires de l’abbaye, il est possible de suivre avec précision l’implantation territoriale du monastère aux xiie et xiiie siècles. Le temporel du monastère se constitua peu à peu autour de l’abbaye, avec des extensions en forêt d’Othe au nord et sur le plateau du Tonnerrois au sud. Dès 1138 apparaît une organisation autour de centres d’exploitation agricole qui structurent peu à peu l’ensemble des possessions cisterciennes. Une douzaine de granges, gérées par les frères convers, sont ainsi mentionnées dans la documentation médiévale, ainsi que plusieurs celliers et des maisons de ville.
Champs, prés et forêts constituent l’essentiel des dons des premières décennies, auxquels s’ajoutent, à la fin du xiie siècle, des terres viticoles, tout particulièrement à Chablis. Des échanges permettent aux moines de mieux structurer leurs propriétés et, dans le courant du xiiie siècle, quelques achats achèvent de donner aux domaines une forte cohérence géographique
À côté des productions agricoles, dès les premières décennies de l’abbaye, on trouve des indices d’autres activités économiques qui dureront des siècles : l’exploitation de mines de fer, au nord et, à proximité du monastère, de carrières d’argile fournissant la matière première de briques, de carreaux de pavement et, jusqu’à nos jours, de tuiles.
Quant à l’utilisation de l’eau par les Cisterciens de Pontigny, elle est bien attestée par l’existence d’un importante dérivation du Serein passant dans l’enceinte de l’abbaye, par la gestion de moulins et la possession de droits de pêche sur ce même cours d’eau et sur l’Armançon


Ainsi, d’après les cartes élaborées par Christophe Wissenberg, le patrimoine de l’abbaye de Pontigny, au Moyen Âge, comprenait les implantations suivantes :
Granges
Bœurs-en-Othe (Yonne, cant. Cerisiers)
Sévy (Yonne, cant. Cerisiers, comm. Bœurs-en-Othe, hameau)
Chailley (Yonne, cant. Brienon-sur-Armançon)
Champtrouvé (Yonne, cant. Saint-Florentin, comm. Germigny, lieu détruit)
Crécy (Yonne, comm. Saint-Florentin, ferme)
Sainte-Procaire (Yonne, cant. Ligny-le-Châtel, comm. Pontigny, ferme)
Le Beugnon (Yonne, cant. Ligny-le-Châtel, comm. Pontigny, ferme)
Beauvais (Yonne, cant. Ligny-le-Châtel, comm. Venouse, ferme)
Fouchères (Yonne, cant. Ligny-le-Châtel, comm. Montigny-la-Resle, lieu détruit)
Aigremont (Yonne, cant. Chablis)
Villiers-la-Grange (Yonne, cant. Noyers, comm. Grimault, hameau)
Loron (Yonne, comm. Courson-les-Carrières, hameau de Laurent)
Maison urbaines
Paris
Provins (Seine-et-Marne, ch.-l. arr.)
Troyes (plusieurs) (Aube, ch.-l. dép.)
Sens (plusieurs) (Yonne, ch.-l. arr.)
Malay-le-Grand (Yonne, cant. Sens-Sud-Est)
Ligny-le-Châtel (Yonne, ch.-l. cant.)
Tonnerre (plusieurs) (Yonne, ch.-l. cant.)
Chablis (Yonne, ch.-l. cant.)
Auxerre (Yonne, ch.-l. dép.)
Dijon (Côte-d’Or, ch.-l. dép.)
Celliers
Junay (Yonne, cant. Tonnerre)
Lignorelles (Yonne, cant. Ligny-le-Châtel)
Chablis (Yonne, ch.-l. cant.)
Saint-Bris (Yonne, cant. Auxerre-Est, comm. Saint-Bris-le-Vineux)
Principaux moulins
Frécambault, sur l’Armançon (Yonne, cant. Saint-Florentin, comm. Vergigny, lieu détruit)
Flogny, sur l’Armançon (Yonne, comm. Flogny-La Chapelle)
Revisy, sur le Serein (Yonne, cant. Saint-Florentin, comm. Vergigny, lieu détruit)
Moulin d'Héry, Gué du Fer, sur le Serein (Yonne, cant. Seignelay, comm. Héry)


À partir du xiiie siècle, les donations sont de plus en plus constituées de rentes, diminuant la part des ressources provenant du travail des religieux. Au siècle suivant, alors que les cisterciens deviennent moins nombreux, des granges sont peu à peu confiées à des laïcs moyennant des redevances en nature et en numéraire.
Au début du xviiie siècle, tout faire-valoir direct des granges a disparu, certaines exploitations agricoles sont divisées en plusieurs métairies, et l’ensemble est exploité par des fermiers. D’autres granges ont donné naissance à des villages dont la communauté monastique restent souvent le seigneur. Les principales forêts et vignes sont toujours exploitées sous la direction des moines jusqu’à la Révolution française : les unes deviendront alors domaniales, les autres enrichiront le vignoble chablisien
Les capacités économiques du monastère lui permettaient de tenir une hôtellerie aux capacités sans doute importantes. Si Pontigny, comme toute abbaye cistercienne, se devait d’accueillir toutes les personnes de passage, conformément à la règle de saint Benoît, certains hôtes prestigieux ont marqué l’histoire du monastère.
Saint Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry
Le plus internationalement connu est sans doute l'archevêque de Cantorbéry et primat d'Angleterre Thomas Becket qui, à la suite du violent conflit qui l’opposa au roi Henri II Plantagenêt, se réfugia dans l'abbaye de 1164 à 1166. Quatre ans plus tard, le prélat anglais mourut assassiné dans sa cathédrale, et Pontigny devait plus tard se féliciter d’avoir donné l’asile à un futur martyr.
Adèle de Champagne, reine de France
En 1204, la reine Adèle de Champagne, mère de Philippe Auguste, se fit confirmer par le pape Innocent III la possibilité d’être enterrée à Pontigny. L’année suivante, elle fut reçue dans l'enceinte du monastère, entendit un sermon dans le chapitre, prit part à une procession dans le cloître, mangea et passa deux nuits dans l'infirmerie avec plusieurs de ses dames de compagnie : l’abbé de Pontigny fut sévèrement puni par le Chapitre général pour avoir permis une telle intrusion de femmes dans la clôture. Cependant, après sa mort survenue en 1206 à Paris, la reine Adèle fut bel et bien inhumée dans l’abbaye où son tombeau existait encore au xviie siècle.
Étienne Langton, théologien, archevêque de Cantorbéry
Étienne Langton assista-t-il aux funérailles d’Adèle de Champagne ? Rien ne peut le prouver. Mais sans doute ce grand théologien d’origine anglaise en eut-il connaissance puisqu’il enseignait alors dans la capitale capétienne lorsqu’il fut nommé cardinal, puis élu archevêque de Cantorbéry. Consacré par le pape en 1207 malgré l’opposition du roi Jean sans Terre, il se vit refuser l’accès à l’Angleterre et c’est dans l’abbaye de Pontigny, à l’image de son prédécesseur Becket, qu’il choisit de s’exiler pendant six années. Rentré finalement à Cantorbéry en juillet 1213, après une longue dispute entre Rome et l’Angleterre, Langton eut un rôle politique important dans la rédaction de la Magna Carta, et il sut remercier l’abbaye cistercienne de l’avoir hébergé en lui attribuant une rente généreuse.
En revanche, l'affirmation suivant laquelle la Magna carta elle-même aurait été rédigée à Pontigny, pour répandue qu'elle soit dans les milieux francophones, est vivement réfutée par les historiens modernes, en particulier britanniques.


Saint Edme d’Abingdon, archevêque de Cantorbéry
Mais celui qui allait prendre une importance considérable dans l’histoire de l’abbaye au point de voir son nom y être associé fut sans doute Edmond d’Abingdon. Lui aussi archevêque de Cantorbéry, il augmenta le don de son prédécesseur Étienne Langton, très probablement à l’occasion d’un séjour à Pontigny lors d’un de ses déplacements en France, en 1238. Si la tradition réussit très tôt à le faire passer pour un exilé dans l’abbaye cistercienne, à l’image de ses prédécesseurs, on sait maintenant que Pontigny constituait en fait une halte lors de son voyage pour Rome. Il arrive au monastère probablement au début du mois de novembre 1240 mais, atteint par une maladie, rebrousse chemin et meurt dans le prieuré augustin de Soisy, près de Provins, le 16 novembre 1240. Son corps est préparé pour être transporté en Angleterre, mais l’abbé de Pontigny le fait enterrer dans son abbaye. Plus de 250 récits de miracles survenus sur son tombeau dans les deux années suivant son inhumation attestent d’une flambée de dévotion entretenue par les moines. Une demande de reconnaissance officielle aboutit ainsi à la rapide canonisation de l’archevêque par le pape Innocent IV, le 16 décembre 1246. 
 Le corps du saint, très bien conservé, fait dès lors l’objet d’une vénération qui attire des pèlerins et des donateurs grâce auxquels est fabriquée une précieuse chasse-reliquaire de grandes dimensions. Si elle semble avoir disparu à la fin du Moyen Âge, les reliques sont préservées et permettent au culte d’être revivifié, en particulier à partir de la fin du xviie siècle, puis à nouveau dans la seconde moitié du xixe. Le vocable de l’église de Pontigny ajoutera même au titre originel de « Notre-Dame », celui de « Saint-Edme ». Cette forme régionale du prénom Edmond sous laquelle le saint anglais est connu est particulièrement abondante dans l’onomastique bourguignonne des siècles derniers. Grâce au rôle de protecteur des enfants morts sans baptême accordé par la tradition à saint Edme, Pontigny est à mettre au rang des sanctuaires à répits de la période moderne.
La documentation historique donne assez peu de renseignements sur la composition de la communauté monastique de Pontigny au Moyen Âge. On peut cependant repérer dans les chartes, en particulier au milieu du xiie siècle, quelques noms de moines et de convers (avec parfois l’indication leur fonction)
La vie quotidienne des religieux de Pontigny au milieu du xiiie siècle est en partie connue grâce à une collection de lettres qui évoquent toutes les questions concernant les relations extérieures de l’abbaye.
Le nombre de religieux de l’abbaye est impossible à préciser pour le Moyen Âge central. La mention, en 1157, d’une cinquantaine de moines prêtres « alors que le nombre des autres moines non prêtres était bien plus important » ne peut être interprétée de façon absolument claire. Elle indique cependant déjà une importante communauté qui doit essaimer en fondant ou en s’affiliant plusieurs dizaines d’abbayes-filles. On peut proposer comme un ordre de grandeur approximatif, pour la période sans doute la plus faste de la fin du xiieet du début du xiiie siècle, un effectif d’une centaine de moines et de deux à trois cents frères convers, si l’on se réfère aux rares données chiffrées d’établissements de taille comparable
L’importance de la communauté de Pontigny se traduit aussi par le nombre de ses fondations et affiliations. L’abbaye essaima avec une filiation assurée de 43 abbayes-filles, constituant un réseau développé sur le territoire actuel de la France, mais aussi en Italie, en Hongrie et jusqu’en Roumanie.
À partir de la première moitié du xive siècle, quelques listes permettent de connaître le nombre de moines qui tourne alors autour d’une trentaine. Il semble, dès les années 1360 et jusqu’à la fin des années 1780, se maintenir généralement entre 15 et 20 religieux, alors qu’un maximum était fixé, en 1561, à 31 moines et novices.
Les cahiers de vêture sont conservés depuis 1688 et jusqu’à la dispersion des moines. Ils permettent de connaître en général l’âge et l’origine géographique des novices, ainsi que l’abbaye de leur profession : Pontigny en effet servait alors de noviciat commun à plusieurs maisons. En 1720 l'abbé Pierre de Calvairac appelle à Pontigny Dom Robinet résidant à l'abbaye de Chaalis, afin que celui-ci écrive le Cartulaire de l'abbaye.


En 1791, la communauté de la seconde fille de Cîteaux était composée de 14 moines et de 2 frères convers qui durent quitter l’abbaye, après les décrets concernant les ordres monastiques. À côté du destin du dernier abbé, Jean Depaquy, on ne connaît celui, partiel, que de quelques moines : Louis-Henri Meulan d’Oisonville est aumônier du bataillon de volontaires au district de Saint-Florentin jusqu’en 1793 ; François Mirey se retira près de Cosne-sur-Loire ; Gaspard Potherat de Corbière devient vicaire puis officier public à Neuvy-Sautour en 1792. François-Nicolas Robert est ministre du culte à Villy en 1797 ; déporté à l’île de Ré en 1798, il revient desservir Pontigny jusqu’à sa mort, en 1821. Selon certains, Simon Depaquit s’établit à Chablis où il fonda un domaine viticole. Pour d'autres il s'établit à Saint-Florentin où il transcrivit en 3 volumes in-quarto tous les titres anciens et récents de l'abbaye, qui se trouvaient aux archives de la ville, ecrivant également des notes historiques sur la maladrerie, l'hôtel-dieu, l'hospice et autres. Avant la Révolution Depaqui avait déjà transcrit une partie du Cartulaire établi à partir de 1720 par Dom Robinet sur la demande de Pierre de Calvairac en 1720 ; remplissant de sa main quatre volumes in-8° il avait écrit une notice sur les abbés, sur les bienfaiteurs depuis 1119, sur la filiation de l'ordre et autres documents sur l'histoire de l'abbaye
Depuis le début du xvie siècle, l’abbaye de Pontigny a porté « d’azur au pont d’argent, surmonté d’un arbre portant un oiseau dans son nid au naturel, accosté de deux fleurs de lis d’or ». Ces armoiries parlantes (« Pont au nid ») ont été reprises par la commune de Pontigny.
Vers 1140, elle semble la première à élaborer une collection des œuvres complètes de saint Augustin, suivie peu après en cela par Clairvaux.
Entre 1165 et 1174, les textes conservés dans le monastère font l’objet d’un catalogue encore conservé, qui décrit 271 manuscrits; il s’agit d’un des plus anciens catalogues cisterciens connus. On y trouve de la patristique, des ouvrages d’auteurs carolingiens, des textes rédigés dans les écoles monastiques et cathédrales, de la scolastique, de la philosophie et des sciences, de l’histoire, des homéliaires, des recueils hagiographiques, mais aussi du droit, de la grammaire, de la politique, de la poésie ainsi que des ouvrages liturgiques.
Naturellement, la composition de la bibliothèque de Pontigny reflète son réseau cistercien et sa proximité avec d’Auxerre, mais aussi l’influence du séjour de Thomas Becket, les relations avec la cour des comtes de Champagne, ou encore le passage d’Étienne Langton.
De 1135 à 1220 environ, le scriptorium de Pontigny a réalisé des dizaines de manuscrits : d’abord influencés en particulier par la production chartraine, ils présentent, tout au long du troisième quart du xiie siècle, un décor de style monochrome correspondant à la recherche esthétique cistercienne de formes épurées ; ensuite apparaissent des initiales polychromes, puis le style dit de Manerius, vers la fin du siècle, avant de faire appel, dans le deuxième décennie du xiiie siècle, à des artisans non monastiques des alentours
Dès la fin du xve siècle, et particulièrement au xviie, des livres imprimés vinrent enrichir la bibliothèque : le catalogue rédigé en 1778 par Jean Depaquy (lequel allait devenir dix ans plus tard le dernier abbé) décrit 3832 volumes sous 2193 titres. Si la bibliothèque médiévale était exceptionnelle, la bibliothèque moderne n’était donc que d’une importance moyenne.
À la Révolution française, les manuscrits comme la plupart des imprimés de la bibliothèque devenue propriété nationale, furent transportés au chef-lieu du département de l’Yonne, formant avec d’autres le noyau de la bibliothèque d’Auxerre ; c’est là que des aliénations officielles, en 1804, 1806 et surtout 1825, vinrent disperser des dizaines de volumes parfois vendus au poids : on retrouve ainsi aujourd’hui près de 120 manuscrits ou fragments de manuscrits provenant de la bibliothèque médiévale de Pontigny dans une vingtaine de dépôts, en France et dans une dizaine d’autres pays, de la Norvège à l’Espagne, de l’Irlande au Vatican, et sur les deux côtes des États-Unis


En tant que propriétés ecclésiastiques, les possessions de l’abbaye de Pontigny furent mises à disposition de la Nation (décret du 2 novembre 1789) et vendues comme biens nationaux à partir de 1791. L’enclos du monastère fut acquis par des particuliers en 1792, mais l’église abbatiale fut réservée à l’usage de la commune de Pontigny, tout comme l’allée permettant d’y accéder et la galerie sud du cloître nécessaire à sa stabilité. Les autres bâtiments monastiques furent détruits jusqu’aux fondations, à l'exception notable d'une aile du cloître et du bâtiment des frères convers.
En 1842, l’archevêque de Sens, Mgr de Cosnac, fit l’achat de l’ancien enclos abbatial et y installa l'année suivante une petite communauté de prêtres placée sous l’autorité du P. Jean-Baptiste Muard. Elle devint par la suite la Congrégation de Saint Edme qui occupa les lieux jusqu’à son départ pour les États-Unis décidé en 1901
Le domaine abbatial fut racheté par Paul Desjardins en 1906 ; il y organisa les célèbres Décades de Pontigny, rencontres d’écrivains, de philosophes et d’intellectuels français et européens, auxquelles participèrent, entre 1910 et 1939, des intellectuels comme André Gide, Roger Martin du Gard, André Maurois, Jacques Rivière, ou encore Jean Tardieu parmi de nombreux autres personnages.
À partir de 1947, les pères de la Congrégation de Saint Edme, qui s’était développée aux États-Unis, revinrent dans les locaux de l'ancienne abbaye et y dirigèrent pendant sept ans un collège franco-américain.
En 1954, la Mission de France installa son séminaire dans le domaine, après que le pape Pie XII eut érigé la paroisse de Pontigny comme prélature territoriale. Si la formation de ses prêtres s’effectue depuis 1968 en région parisienne, son statut canonique constitue de fait l'ancienne église abbatiale comme cathédrale de la Mission de France.
Entre 1968 et 2006, les anciens bâtiments accueillirent un des centres de formation de l’ADAPT où furent accueillis de nombreux stagiaires.
Acquis en 2003 par le Conseil Régional de Bourgogne, le domaine de l’abbaye a été rendu en partie accessible au public. Il attend une mise en valeur pour une destination culturelle qui soit cohérente avec son prestigieux passé cistercien dont l’année 2014 a fêté les 900 ans
L’abbaye de Pontigny possède un patrimoine architectural essentiellement médiéval, avec quelques éléments modernes.
À côté de l’ancienne abbatiale qui est la plus grande église cistercienne actuellement conservée et mérite un développement particulier (voir Abbatiale Notre-Dame-et-Saint-Edme de Pontigny), subsiste le bâtiment des convers : cette construction de 35,50 sur 14,50 m, comporte deux étages, voutés en deux nefs de six travées. Au rez-de-chaussée pouvaient se trouver le cellier de l’abbaye et, à l’étage, le dortoir des frères convers. Les phases de construction de cet édifice sont datées entre la fin du xiie et le début du xiiie siècle
Dans les jardins, à l’ouest de ce bâtiment, ont été déplacées deux grandes vasques monolithes dont l’emplacement originel n’est pas connu, mais qui pouvaient faire partie d’un lavabo monumental.
Un portail classique a été remonté entre les deux vasques, et un autre contre le bâtiment des convers, probables vestiges du palais abbatial démoli après la Révolution.
La galerie sud du cloître, reconstruit au début du xviiie siècle, de près de 50 m de long, donne une idée de l’ampleur que devait avoir cet espace lorsqu’il était complet.
La porterie, édifiée à la période moderne, ainsi que les portails latéraux de l’avenue de l’abbaye, inscrivent dans le paysage, avec le mur d’enceinte en grande partie conservé, l’emprise de l’espace préservé que constituait le monastère cistercien


  

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MessagePosté le: Sam 15 Avr - 06:41 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

Le château d'Ancy-le-Franc est un château de style Renaissance du xvie siècle situé dans la commune d'Ancy-le-Franc dans le département français de l'Yonne.
Dès le xiie siècle existait à Ancy-le-Franc un château fort, dont une tour subsistait encore à la fin du xvie siècle.
C'est à partir de 1544 que le château actuel est érigé à la demande d'Antoine III de Clermont, beau-frère de Diane de Poitiers et fils d'Anne de Husson, comtesse de Tonnerre. Les plans de l'édifice sont traditionnellement attribués à l'architecte italien Sebastiano Serlio, que le roi François Ier avait fait venir en France. Au décès de Serlio en 1554 à Fontainebleau, l'architecte Pierre Lescot, a pris la suite des travaux dans l'esprit des plans primitifs de Serlio. La décoration intérieure est l'œuvre du Primatice, qui travaille alors au château de Fontainebleau.


Antoine de Clermont meurt en 1578, laissant le château inachevé. C'est son petit-fils Charles-Henri qui reprend les travaux. Le château est alors en mesure d'accueillir des hôtes prestigieux : Henri III (attendu mais qui ne s'arrêtera pas au château), Henri IV en 1591, Louis XIII en 1631 et Louis XIV en 1674.
En 1683, les Clermont-Tonnerre doivent vendre la terre d'Ancy-le-Franc et le château revient à François Michel Le Tellier de Louvois, ministre de Louis XIV. L'année suivante, Louvois acquiert le comté de Tonnerre, se constituant ainsi un vaste domaine. Il fait construire des communs et confie à Le Nôtre le tracé du parc.
Après la Révolution, le dernier marquis de Louvois parvient à rentrer en possession du château. Il fait remettre en état le parc, laissé longtemps à l'abandon, sur un tracé différent. Il modifie la décoration intérieure. Le château retrouve alors sa splendeur passée.
En 1844, Ancy-le-Franc est cédé à Gaspard Louis Aimé de Clermont-Tonnerre, descendant d'Antoine III de Clermont. Il passe ensuite entre diverses mains, notamment celles des princes de Mérode.
Aujourd'hui propriété d'une société privée qui a entrepris sa restauration, le château fait l’objet de classements au titre des monuments historiques depuis le 8 mars 1983 et le 26 septembre 2003

L'architecture du château est le fruit de la rencontre entre Antoine de Clermont et Sebastiano Serlio. En effet, bien que l'architecte soit italien, il a su employer les fruits de la tradition française.
Le château est construit selon un plan centré et quadrangulaire. Quatre logis formant un carré sont chacun flanqués d'un pavillon saillant aux angles. Ce plan s'inspire des plans dits en « pi » très utilisés en France à cette époque. Serlio a séparé les deux niveaux d'élévations par une large corniche sur laquelle reposent au second niveau les baies. L'architecte a employé pour le premier niveau l'ordre toscan et au second niveau l'ordre dorique. Sur les deux niveaux, les baies sont encadrées de pilastres engagés. Il faut savoir que jusqu'au xviie siècle, une travée sur deux seulement était ouverte. Serlio voulait créer un rythme alterné entre baies ouvertes et travées aveugles.
Pour la façade de la cour intérieure, Serlio a employé au premier niveau l'ordre corinthien et au second niveau l'ordre composite. Là aussi, il a voulu jouer sur un rythme alterné entre les baies ouvertes et les niches encadrées de pilastres. Ces niches sont ornées d'un coquillage à l'intérieur. Serlio a ouvert une triple arcade au rez-de-chaussée qui n'est pas sans rappeler celle de la Villa Madame.
Serlio a su se plier aux exigences du commanditaire en surmontant l'édifice d'un toit très pentu comme au Château de Villandry et il a utilisé la pierre calcaire de Bourgogne.
L'intérieur du château renferme des peintures murales d'après des dessins du Primatice ou de Nicolò dell'Abbate, des plafonds à caissons, des boiseries finement sculptées, des ornementations colorées...
 

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MessagePosté le: Dim 16 Avr - 09:34 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban (1er mai 1633 - 30 mars 1707) est un ingénieur, architecte militaire, urbaniste, ingénieur hydraulicien et essayiste français. Il est nommé maréchal de France par Louis XIV.
Vauban préfigure, par nombre de ses écrits, les philosophes du siècle des Lumières. Comme le souligne Fontenelle dans l'éloge funèbre prononcé devant l'Académie, Vauban a une vision scientifique, sinon mathématique de la réalité et en fait un large usage dans ses activités.
Expert en poliorcétique (c'est-à-dire en l'art d'organiser l'attaque ou la défense lors du siège d'une ville, d'un lieu ou d'une place forte), il donne au royaume de France une « ceinture de fer » pour faire de la France un pré carré — selon son expression — protégé par une ceinture de citadelles. Il conçoit ou améliore une centaine de places fortes. L'ingénieur n'a pas l'ambition de construire des forteresses inexpugnables, car la stratégie consiste alors à gagner du temps en obligeant l'assaillant à mobiliser des effectifs dix fois supérieurs à ceux de l'assiégé. Il dote la France d'un glacis qui la rend inviolée durant tout le règne de Louis XIV — à l'exception de la citadelle de Lille prise une fois — jusqu'à la fin du xviiie siècle, période où les forteresses sont rendues obsolètes par les progrès de l'artillerie.
La fin de sa vie est marquée par l'affaire de La Dîme royale : dans cet essai, distribué sous le manteau malgré l'interdiction qui le frappe, Vauban propose un audacieux programme de réforme fiscale pour tenter de résoudre les injustices sociales et les difficultés économiques des « années de misère » de la fin du règne du Roi Soleil (1692, 1693 et 1694 sont des années de disette alimentaire épouvantables, qui font 3 millions de morts, soit un dixième de la population).
Douze ouvrages de Vauban, regroupés au sein du réseau des sites majeurs de Vauban, sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO le 7 juillet 2008. Le musée des Plans-reliefs aux Invalides à Paris, contient un nombre important de maquettes et de plans-reliefs de ces places.


Sébastien Le Prestre de Vauban, né le 1er mai fut baptisé le 15 mai 1633 en l’église de Saint-Léger-de-Fougeret, dans le Morvan (un décret impérial transforma le nom en Saint-Léger-Vauban en 1867). Le nouveau-né était issu d’une famille de petits hobereaux nivernais récemment agrégés à la noblesse (quatrième génération pour l'ascendance paternelle): les origines lointaines sont obscures et les « brûlements » et les pillages des guerres de religion ont permis, quand il fallut répondre aux enquêtes de noblesse ordonnées par Colbert, de camoufler l’absence de documents plus anciens
Les Le Prestre furent probablement d’anciens marchands: des Le Prestre s’installèrent à Dun-les-Places, puis à Bazoches où ils dirigèrent un flottage de bois vers Paris par la Cure, l’Yonne et la Seine. Nous savons aussi qu'Emery Le Prestre, l’arrière-grand-père paternel de Vauban, a acquis, en 1555, le château de Bazoches, située à une lieue de Bazoches, et que Vauban rachètera… D’Hozier, examinant en 1705, les preuves de noblesse de Vauban, dira : « quelle qualité que celle d’un bailli de village pour le père d’un chevalier du Saint-Esprit ? Et quelles alliances pour des tantes du maréchal que Millereau et Lambert ?… »
On ignore exactement où était située sa maison et en quoi consistait son aménagement intérieur… « Vauban, écrira Saint-Simon, toujours cruel (et qui pourtant lui reconnaît bien des qualités), petit gentilhomme de campagne tout au plus […]. Rien de si court, de si nouveau, de si plat, de si mince. »
Son père (il a trente ans à sa naissance), Albin ou Urbain Le Prestre suivant les généalogistes, qualifié d’« ecuyer » sur le registre de baptême de son fils, appartenait à une lignée noble depuis trois générations, mais cousinait par sa mère avec des maisons d’ancienne chevalerie, les Montmorillon et les Chastellux. Ce fut un homme discret, peu causant, dont la passion principale semble avoir été la greffe des arbres fruitiers (il a laissé à la postérité les pommes et les poires Vauban)…
Quant à la mère de Vauban, « damoiselle Edmée de Carmignolles (ou Cormignolles), fille de Jehan Carmignolle, escuyer », âgée de vingt-deux ans à sa naissance, elle sortait d’une famille de marchands et de paysans enrichis, des « principaux du village », comme le mentionnent les documents. C'est elle qui apporte en dot une demeure paysanne à Saint-Léger-de-Foucherets.

De son enfance et de son adolescence, on ignore à peu près tout.
Nous pouvons simplement supposer qu’il a été élevé à la dure et que, très tôt, il apprit à monter à cheval pour devenir le parfait cavalier qu’il fut longtemps. Et qu’il a vécu toute son enfance dans une ambiance de guerre (c’est en 1635 que la France entre dans la guerre de Trente Ans), avec son cortège de violences et de maladies (les troupes provoquent dans leur sillage des épidémies de peste) : en 1636, on compte plus de cent villages détruits dans la vallée de la Saône.
On peut supposer aussi qu’entre 1643 et 1650, Sébastien Le Prestre aurait fréquenté le collège de Semur-en-Auxois, tenu par les carmes. Il y fait ses « humanités » : il y a appris le latin, la grammaire, les auteurs antiques, notamment Cicéron et Virgile. Il dit de lui dans son Abrégé des services du maréchal de Vauban, qu’il avait reçu, à l’orée de sa carrière, « une assez bonne teinture de mathématiques et de fortification, et ne dessinant d’ailleurs pas mal ».
On devine donc, pour la suite de sa vie, une enfance plutôt pauvre, au contact des campagnards, « mal vêtus, été comme hiver, de toile à demi pourrie et déchirée, chaussés de sabots dans lesquels ils ont les pieds nus toute l’année » (Description de l’élection de Vézelay, 1696). C’est parmi eux qu’il a mesuré l’âpreté de la vie et c’est eux sans doute qui lui ont transmis le goût de la terre : toute sa vie, il s’appliquera, avec persévérance, à se constituer un domaine, lopin par lopin

Et puis c’est la Fronde (1648-1652). Vauban est présenté au prince de Condé par un oncle maternel qui est dans son état-major. Le voici engagé dans la rébellion : au début de 1651, probablement vers avril, à 17 ans, il entre comme cadet dans le régiment d’infanterie du prince de Condé, chef du parti frondeur, en suivant l’exemple de nombreux parents et voisins qui ont suivi, par fidélité quasi féodale, les Condé, qui sont gouverneurs de Bourgogne depuis 1631.
En novembre 1652, alors que Vauban expérimente, sur le terrain, ses talents d’ingénieur militaire, il se trouve impliqué dans le siège de Sainte-Menehould prise le 14 novembre par le prince de Condé, et il se distingue par sa bravoure : dans son Abrégé des services (le récit de sa carrière), il signale qu’il a été félicité par les officiers du prince pour avoir traversé l’Aisne à la nage sous le feu des ennemis. La place est finalement prise par les Frondeurs. Et Vauban est promu maistre (sous-officier) dans le régiment de Condé cavalerie.
Au début de 1653, alors que le prince de Condé est passé au service de l'Espagne, le jeune Vauban, lors d'une patrouille, face aux armées royales « fit sa capitulation », mais avec les honneurs (il n'est pas démonté, on l'autorise à garder ses armes) et il est conduit au camp de Mazarin, qui le fait comparaître, l'interroge et se montre séduit par ce Morvandais râblé et trapu, vigoureux, plein de vie, à la vivacité d’esprit et la repartie remarquable. Le cardinal ministre n’a, semble-t-il, aucune peine à le « convertir ». Vauban change de camp. C’est là un décisif déplacement de fidélité : il passe de la clientèle de Monsieur le Prince à celle de Mazarin, c’est-à-dire à celle du roi.

Il se trouve bientôt placé comme volontaire auprès de Louis Nicolas de Clerville, ingénieur et professeur de mathématiques, chargé du siège de Sainte-Menehould (la ville qui avait vu Vauban se distinguer dans l’armée rebelle). La ville capitule le 25 novembre 1653, et Vauban, chargé de réparer cette place forte, est nommé lieutenant au régiment d’infanterie de Bourgogne, bientôt surnommé le « régiment des repentis », car il recueillait beaucoup d’anciens frondeurs de la province.
Dans les années qui suivent, placé sous la tutelle du chevalier de Clerville (Colbert créa pour lui la charge de Commissaire général des fortifications), il servit en Champagne et participa à de nombreux sièges : notamment Stenay (siège dirigé par le marquis Abraham de Fabert d'Esternay), une place forte lorraine que le prince de Condé avait obtenue, en 1648, en contrepartie de l’aide qu’il avait apportée à l’État royal, « pour en jouir souverainement comme en jouissait Sa Majesté elle-même ». Pour le jeune roi, qui venait d’être sacré à Reims, le 14 juin, prendre Stenay, c’est, d’une certaine manière, outre accompagner l’onction divine d’un sacre militaire, achever la Fronde par la prise de cette ville au centre du territoire contrôlé par le prince de Condé. Le siège dura trente-deux jours et Vauban est assez sérieusement blessé au neuvième jour du siège. Rétabli, il est chargé de marquer l’emplacement où le mineur placera sa mine et il est à nouveau blessé, cette fois-ci par un coup de pierre alors que « les assiégés allumaient un grand feu au pied du bastion de la gauche, devant le trou du mineur, qui l’en chassa sans retour ». La ville est finalement prise en présence de Louis XIV, le 6 août.
Au lendemain de ce siège, il est promu capitaine (ce qui lui vaut une solde de 50 livres, que lui verse chaque mois le trésorier des fortifications au titre de sa fonction d'« ingénieur ordinaire »), puis il participe au secours d’Arras (août 1654), au siège de Clermont-en-Argonne (novembre 1654), à la prise de Landrecies (juin-juillet 1655) – il est fait alors « Ingénieur ordinaire » du roi par brevet du 3 mai 1655, alors qu’il a vingt-deux ans. L’année suivante, en 1656, il participe au siège de Valenciennes (juin-juillet), qui voit l’affrontement des troupes de Turenne (pour le roi) et de Condé (pour les Espagnols). Vauban, blessé au début du siège, a porté un jugement sévère sur cette opération (la ville fut obligée de se rendre, faute de vivres), dans son Mémoire pour servir d’instruction à la conduite des sièges. C’est, pour lui, une des opérations les plus mal dirigées (par Monsieur de la Ferté) auxquelles il ait participé :
« Il n’est pas concevable combien les Français y firent de fautes ; jamais les lignes ne furent plus mal faites et plus mal ordonnées, et jamais ouvrage plus mal imaginé que la digue à laquelle on travailla prodigieusement pendant tout le siège, et qui n’était pas encore achevée lorsqu’on fut obligé de le lever. »
Puis, en juin-juillet 1657, c’est le siège de Montmédy, en présence du roi, où Vauban est de nouveau blessé : ce fut un siège long – quarante-six jours de tranchée ouverte – particulièrement coûteux en vies humaines.
Vauban évoqua ce siège dans son Traité de l’attaque des places de 1704 :
« Il n’y avait que 700 hommes de garnison qui furent assiégés par une armée de 10 000 hommes, que de quatre (ingénieurs) que nous étions au commencement du siège, destinés à la conduite des travaux, je me trouvais le seul cinq à six jours après l’ouverture de la tranchée, qui en dura quarante-six ; pendant lesquels nous eûmes plus de 300 hommes de tués et 1 800 blessés, de compte fait à l’hôpital, sans y comprendre plus de 200 qui n’y furent pas ; car dans ces temps là, les hôpitaux étant fort mal administrés, il n’y allait que ceux qui ne pouvaient faire autrement, et pas un de ceux qui n’étaient que légèrement blessés ; il faut avouer que c’était acheter les places bien cher… »
Il a critiqué avec force la manière dont ce siège sanglant a été mené : « elle (la citadelle) pouvait être (emportée) en quinze jours si elle eût été bien attaquée. » Désormais, et ce sera son obsession tout au long de sa carrière militaire, il fera tout pour épargner le sang des hommes : « Il ne faut tenir pour maxime de ne jamais exposer son monde mal à propos et sans grande raison. »


Il est encore à Mardyck en septembre 1657, à Gravelines dans l’été 1658, puis à Oudenarde, où il a été fait prisonnier, libéré sur parole, puis échangé. Il est enfin à Ypres, en octobre, sous les ordres de Turenne. La ville est rapidement enlevée, ce qui lui vaut un nouvel entretien avec Mazarin, que Vauban rapporte ainsi : « Il le gracieusa fort et, quoique naturellement peu libéral, lui donna une honnête gratification et la flatta de l’espoir d’une lieutenance aux gardes». En fait, cette promotion se fera attendre (comme bien d’autres promotions…) : contrairement aux promesses de Mazarin, il ne sera nommé lieutenant aux gardes que dix ans plus tard, en 1668.
À vingt-cinq ans, il a déjà le corps couturé de multiples blessures, mais sa bravoure et sa compétence sont reconnues, notamment par Mazarin.
Après la paix des Pyrénées le 8 novembre 1659 – il a alors vingt-sept ans -, un congé d’un an lui permet de rentrer au pays pour épouser le 25 mars 1660, une petite parente, demi-sœur de cousins germains, Jeanne d’Osnay ou d’Aunay, fille de Claude d'Osnay baron d'Epiry. Elle a 20 ans et est orpheline de mère, le jeune couple s'installe dans le château d'Epiry. À peine marié depuis deux mois, Vauban est rappelé par le service du roi pour procéder au démantèlement de la place forte de Nancy rendue au duc de Lorraine. En fait, par la suite il ne revit plus sa femme, que le temps de brefs séjours (en tout, pas plus de trois ans et demi soit 32 mois sur 449!) et lorsque Jeanne, en juin 1661 met au monde une petite fille, Charlotte, son mari est à Nancy.
Mais ces rares séjours dans ses terres morvandelles, il y tient par-dessus tout, comme il l’explique au printemps 1680 :
« Le roi ne pouvait me faire un plus grand plaisir que de me permettre d’aller deux mois chez moi, même si la saison est peu propice à séjourner dans un si mauvais pays que le mien, j’aimerai beaucoup mieux y estre au cœur des plus cruels hivers que de ne point y aller du tout. »
Un de ses plus longs séjours à Bazoches eut lieu en 1690 : le roi l’autorisa à y rester presque toute l’année pour soigner une fièvre et une toux opiniâtres. Mais même à Bazoches, il ne cesse de travailler : tout au long de l’année 1690, Louvois lui adressa de multiples mémoires…
Sa femme lui donnera deux filles survivantes (la progéniture mâle a prématurément disparu, ce qui fut un drame intime pour Vauban) :


Charlotte, née en juin 1661, épousera, le 26 mars 1680, en l’église d’Epiry, en Morvan, Jacques-Louis de Mesgrigny, neveu de Jean de Mesgrigny, grand ami de Vauban, compagnon de siège, ingénieur, lieutenant général et gouverneur de la citadelle de Tournai. Jean-Charles de Mesgrigny, comte d’Aunay (1680-1763), fils de Charlotte Le Prestre de Vauban et de Jacques de Mesgrigny, reçut les papiers de Vauban en héritage (dont les manuscrits des Oisivetés, désormais dans la famille de Louis Le Peletier de Rosanbo, président à mortier au parlement de Paris et héritier de Charlotte de Mesgrigny dans la mesure où il a épousé sa fille unique, Marie-Claire Edmée de Mesgrigny, en 1738. Les manuscrits sont aujourd’hui conservés dans le château familial de Rosanbo dans les Côtes d’Armor et microfilmés aux Archives nationales. Le couple eut 11 enfants et un seul Jean-Charles eu une descendance avec deux filles et un garçon. Seule Marie-Claire Aimée de Mesgrigny fut la seule à survivre. Elle est née vingt-cinq ans après la mort. Elle épouse en 1738 Louis Le Peletier de Rosambo, et de cette union naissent trois enfants.
Jeanne-Françoise, la cadette se mariera, le 8 janvier 1691, en l’église Saint-Roch de Paris, avec Louis Bernin, marquis de Valentinay, seigneur d'Ussé, apparenté au contrôleur général des finances Claude le Pelletier, à deux intendants des finances, à des membres de la cour des comptes et à des trésoriers généraux des finances. Ce qui rapproche Vauban du monde des officiers de la finance et des parlementaires. Vauban séjournera souvent à Paris dans le faubourg Saint-Honoré, chez sa fille, tout en ne cessant de demander au roi une maison parisienne. Elle meurt bizarrement à 35 ans au château de Bazoches et son fils unique Louis Sébastien Bernin de Valentinay meurt en 1772 sans enfant.
D’autres unions, de sa part, et passagères, engendreront une demi-douzaine d’enfants naturels, parsemés le long de ses voyages dans les provinces du royaume (sur ce sujet, nous disposons d’un testament émouvant dans lequel il prévoit de laisser des sommes d’argent aux femmes qui disent avoir eu un enfant de lui). Il lègue la coquette somme de 14 000 livres à cinq jeunes femmes avec enfants Grand voyageur, il fait des journées de 30 à 35 kilomètres chacune, avec une record de 250 jours en 1681, grande année d'inspection durant laquelle il parcourt 7 500 kilomètres, à cheval ou dans sa basterne, une chaise de poste qui serait de son invention et suffisamment grande pour pouvoir y travailler avec son secrétaire

SUITE: Sébastien Le Prestre de Vauban — Wikipédia

  

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MessagePosté le: Lun 17 Avr - 05:00 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

Pierre Larousse, né le 23 octobre 1817 à Toucy dans l'Yonne et mort le 3 janvier 1875 à Paris, est un pédagogue, encyclopédiste, lexicographe et éditeur français. Il est surtout connu pour les dictionnaires qui portent son nom, dont Le Petit Larousse.
Né dans la petite ville de Toucy dans l'Yonne en 1817 de Edmé Athanase Larousse (1793-1877) charron-forgeron et de Louise Guillemot (1795-1871) cabaretière, il est un brillant élève déjà désireux de devenir encyclopédiste comme Diderot et obtient à 16 ans une bourse de l’université pour compléter sa formation à Versailles. De retour à Toucy, il devient, à 20 ans à peine, instituteur à l’école primaire supérieure. Pendant trois ans il cherche à renouveler la pédagogie en faisant appel à la curiosité des enfants avant de rejoindre Paris en 1840.
Pendant huit années, il suit les cours gratuits de la Sorbonne, étudie au Conservatoire national des arts et métiers, au Muséum national d'histoire naturelle et au Collège de France et fréquente de grandes bibliothèques. Il étudie le latin, le grec, la linguistique, le sanskrit, le chinois, les littératures française et étrangère, l'histoire, la philosophie, la mécanique et l'astronomie. Il constitue des milliers de fiches sur tous les sujets, dans la frénésie d'une formidable boulimie intellectuelle, ce qui lui vaut d'être surnommé le « bibliothécaire » par ses compagnons d'hôtel.


Alors qu'il songe se consacrer au commerce des vins de Bourgogne en s'associant avec sa sœur et son beau-frère, il renonce et entre en 1848 à l'Institution Jauffret comme répétiteur ; il y restera trois ans.
Larousse acquiert une propriété à Toucy où son désir secret de Bourguignon attaché à la terre est de cultiver la vigne. La Lexicologie des écoles primaires publiée à compte d'auteur, paraît en 1849. Une nouvelle édition de cet ouvrage est publiée en 1852 sous le titre Grammaire élémentaire lexicologique. C'est la première pierre d'un édifice monumental en gestation.
En 1851, il rencontre un homme de sa région natale, Augustin Boyer, instituteur avec lequel il se lie d'amitié. Boyer apporte les fonds nécessaires pour que les deux hommes puissent s'associer et fonder une maison d'édition, la Librairie Larousse, qui se développe rapidement. C'est le 1er mai 1852 que Pierre Larousse demande officiellement un brevet de libraire-éditeur. Le 23 octobre 1852, il reçoit l'autorisation d'exercer, ce qui permet aux deux hommes de s'installer dans un petit local loué au 2, rue Pierre-Sarrazin. Il a derrière lui plusieurs années de travail acharné. Son objectif est de tout savoir dans tous les domaines. Son autre souhait est aussi de préparer l'édition de manuels scolaires destinés aux écoles primaires, comme le Traité complet des analyses médicales.
En 1856, est publié (avec l’aide de François Pillon) le Nouveau Dictionnaire de la langue française, l’ancêtre du Petit Larousse. Il est condamné par l’Église et mis à l’Index des Livres Interdits par le Saint-Office de l’Inquisition romaine.
Son œuvre majeure fut le Grand dictionnaire universel du xixe siècle. D’abord publié en fascicules entre 1863 et 1866, il les regroupe en 17 volumes de 1866 à 1876 et mit onze ans (jusqu’à sa mort) pour écrire ce dictionnaire de 22 700 pages.

Après vingt-cinq ans de vie en concubinage avec Pauline Suzanne Caubel, le libertaire Pierre Larousse qui avait subi une attaque vasculaire-cérébrale et se savait proche du terme de sa vie, l'épouse sous le régime de la communauté de biens devant le maire du 6e arrondissement le 13 janvier 1872, avec notamment pour témoins Prudence Boissière et Pierre-Augustin Boyer mais en l'absence de sa famille. Agissant de la sorte, Larousse confie en priorité la gestion de ses bien à sa compagne, tout en marquant son amitié à son ex-associé, sans toutefois que son affection pour son neveu Julien Hollier soit à remettre en question. Celui-ci demeure d'ailleurs son héritier avec celle qui est désormais sa tante.
Pierre Larousse meurt de congestion cérébrale à Paris en 1875, l'année de la fondation de la société Larousse. Conformément à ses volontés, il est enterré civilement au cimetière Montparnasse (14e division).
La succession Larousse donnera lieu à d'âpres différends après le décès en 1890 de Pauline Larousse, qui avait bénéficié de l'usufruit de la moitié du ménage Larousse et qui s'était mise en ménage avec le peintre Constant Noleau. Mais l’œuvre du lexicographe sera poursuivie et achevée par son neveu Julien Hollier (1842-1909). Jules Hollier deviendra administrateur du grand dictionnaire universel et directeur de la librairie Larousse. Par décret du 19 janvier 1885, il est autorisé à ajouter à son nom celui de sa mère (il est donc Julien Hollier-Larousse). De son mariage avec Louise Jozwick (1854-1920), il a quatre enfants : Pierre (1878-1959), Jules (1879-1970), Jeanne (1880-1954) et Louise Hollier-Larousse (1882-1951).
Aujourd’hui, le patronyme de Larousse est devenu un nom commun et l’activité de la Librairie Larousse a pris un essor considérable depuis les premiers pas lors de l’installation à Paris, rue Pierre-Sarrazin puis rue Saint-André-des-Arts.


 

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MessagePosté le: Lun 17 Avr - 05:32 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

Sidonie-Gabrielle Colette née le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne), et morte le 3 août 1954 à Paris, est une femme de lettres française, connue surtout comme romancière, mais qui fut aussi mime, actrice et journaliste.
Après Judith Gautier en 1910, Colette est la deuxième femme élue membre de l'académie Goncourt en 1945, dont elle devient présidente, entre 1949 et 1954.


Gabrielle Colette est la dernière des quatre enfants (deux filles et deux garçons) de Sidonie Landoy, dite « Sido », remariée au capitaine Jules-Joseph Colette, saint-cyrien, zouave qui a perdu une jambe lors de la bataille de Melegnano et est devenu percepteur. Elle passe une enfance heureuse dans sa maison natale à Saint-Sauveur-en-Puisaye, un gros village de Bourgogne. Adorée par sa mère comme un « joyau tout en or » au sein d'une nature fraternelle, elle reçoit une éducation laïque. Sido, féministe et athée convaincue qui ne craint pas de troubler le curé de Saint-Sauveur avec son chien ou de lire Corneille caché dans un missel, lui apprend l'art de l'observation, notamment dans le jardin donnant sur la cour de la maison.
La jeune Gabrielle lit très tôt les grands classiques et prend des leçons de français et de style auprès de son père, grand lecteur de journaux. Sido ayant des goûts de luxe que son mari ne peut lui refuser, la famille ruinée doit quitter Saint-Sauveur et s'installe en novembre 1891 à Châtillon-sur-Loing.
Adolescente, Gabrielle rencontre Henry Gauthier-Villars, séducteur compulsif surnommé « Willy », avec qui elle se marie le 15 mai 1893 à Châtillon-sur-Loing. Willy est un critique musical très influent et un auteur prolifique de romans populaires, écrits en tout ou partie par des nègres. Il est aussi l'un des propriétaires de la maison d'édition Gauthier-Villars au 55 quai des Grands-Augustins, et le couple s'installe au dernier étage de l'immeuble. Il introduit sa jeune femme dans les cercles littéraires et musicaux de la capitale où Gabrielle fait sensation avec l'accent rocailleux de sa Bourgogne natale. Surpris par les dons d'écriture de sa jeune épouse, Willy l'utilise elle aussi comme nègre littéraire (le premier manuscrit de Colette date de 1893). Femme inconnue dans le monde littéraire de l'époque, elle signera Willy jusqu'en 1923

En 1895, il l'engage à écrire ses souvenirs d'école, puis les signe de son seul nom. Ainsi paraît, sous le pseudonyme « Willy », Claudine à l'école, bientôt suivi d'une série de Claudine (La Maison de Claudine, Claudine à Paris, Claudine en ménage, etc.).
Willy entretient, entre autres, une liaison avec la femme d'Émile Cohl, Marie-Louise Servat, dont il a eu un fils, Jacques Henry Gauthier-Villars, né en 1889, et donc bien avant leur mariage ; c'est d'ailleurs en mettant cet enfant en nourrice à Châtillon-Coligny qu'il rencontre Colette. Celle-ci, jalouse et frustrée, se libère de plus en plus de cette tutelle. En 1905, elle publie Dialogues de bêtes sous le nom de Colette Willy.
Pour gagner sa vie, encouragée par le comédien et mime Georges Wague (1874-1965), elle poursuit de 1906 à 1912 une carrière au music-hall, où elle présente des pantomimes orientales (« la première mime féminine de mon temps » écrit-elle) dans des tenues très légères (la préfecture de police interdit notamment son spectacle de pantomime nu sous une peau de panthère), puis se produit au théâtre Marigny, au Moulin Rouge, au Bataclan ou en province (ces spectacles transparaîtront dans La Vagabonde ou L'Envers du music-hall). Ce sont des années de scandale et de libération morale : après son divorce d'avec Willy en 1906, elle vit plusieurs aventures féminines, notamment avec Mathilde de Morny (Missy), fille du duc de Morny et sa partenaire sur scène, en 1911, chez qui elle vit le plus souvent et qui lui a offert la villa Roz Ven à Saint-Coulomb en Bretagne, ou avec Natalie Clifford Barney dite « l'Amazone ». Durant toute cette période, Colette chemine aussi dans sa vocation d'écrivain. Elle publie des ouvrages évoquant ces années, comme La Vagabonde, L'Envers du music-hall ou En tournée.

« Vu le commis voyageur Willy bardé de jeux de mots et d'à-peu-près à rendre jaloux le plus exubérant rat-de-table d'hôtes. Près de lui Colette, plus Polaire que jamais, avec sa mine d'enfant gâté et méchant, de cancre femelle, insupportable et contente d'elle. »
Après une brève liaison avec Auguste-Olympe Hériot, rencontré à la fin de 1909, elle fait la connaissance d'Henry de Jouvenel, politicien et journaliste, qu'elle épouse en 1912 et qui l'engage à donner quelques billets et reportages au journal Le Matin, dont il est le rédacteur en chef. De lui, à Castel Novel de Varetz en Corrèze, elle a son seul enfant, Colette Renée de Jouvenel, dite « Bel-Gazou » (« beau gazouillis » en provençal). À plus de quarante ans, alors que son mari la trompe, elle initie à l'amour le fils de son époux, Bertrand de Jouvenel, qui n'a pas encore dix-sept ans. Cette relation qui dure cinq années nourrit les thèmes et les situations dans Le Blé en herbe. En ce qui concerne Chéri, c'est un fantasme devenu réalité, puisque le livre publié en 1920 a été conçu en 1912, soit quelques années avant sa liaison avec Bertrand de Jouvenel. Le divorce d'avec Henry de Jouvenel sera prononcé en 1923. Comme elle le fera pour Willy dans Mes apprentissages, Colette se vengera de son ex-mari par un roman, Julie de Carneilhan.
En juin 1919, Colette, directrice littéraire du journal Le Matin, contacte Léopold Marchand, figure marquante du théâtre entre les deux guerres, pour contribuer à une nouvelle rubrique dénommée Mille et un Matins. C'est au Matin qu'elle embauche Hélène Picard, qui devient par la suite son amie, comme secrétaire. Colette invite Léopold Marchand dans sa demeure bretonne de Roz Ven à Saint-Coulomb près de Saint-Malo. En 1921, Léopold Marchand collabore avec Colette à l'adaptation théâtrale de Chéri. Il s'occupe de la mise en scène et joue même un rôle. En 1923, il adapte pour le théâtre le roman de Colette La Vagabonde. Colette a publié dans La Jumelle noire l'ensemble des critiques littéraires qu'elle a écrites sur les pièces de Léopold Marchand.

Mélomane avertie, Colette collabore avec Maurice Ravel entre 1919 et 1925 pour la fantaisie lyrique L'Enfant et les Sortilèges. Elle a été l'amie de la reine Élisabeth de Belgique, de Marguerite Moreno, de Renée Vivien, et a eu quelques brouilles avec la célèbre demi-mondaine de la Belle Époque, Liane de Pougy.
Colette préside (dès la seconde année) le jury du prix littéraire La Renaissance créé par Henry Lapauze en 1921 en vue de distinguer « l'auteur du meilleur ouvrage » ; les lauréats de ce prix seront successivement en 1921 Alexandre Arnoux pour Indice 33, en 1922 Henry-Jacques pour un volume de vers intitulé La Symphonie héroïque et Pierre Mac Orlan pour son roman La Cavalière d'Elsa, en 1923 Paul Morand pour Fermé la Nuit, et le romancier belge André Baillon pour la réédition de son livre En sabots, etc. En 1928, elle préside toujours le jury du même prix.
Elle rencontre son troisième mari, Maurice Goudeket, en accompagnant son amie Marguerite Moreno, chez Andrée Bloch-Levalois, au début de l'année 1925.
Colette fréquente assidûment la Côte d'Azur. Elle séjourne un temps dans sa villa de Guerrevieille, à Sainte-Maxime, puis elle s'installe plus longuement à La Treille-Muscate, à Saint-Tropez (auquel elle consacre de nombreux essais ou romans comme La Naissance du jour, Bella Vista, Prisons et paradis ou Journal à rebours), qu'elle quitte en 1938 en se plaignant de l'affluence trop importante de touristes à la suite de la promotion de son maire Léon Volterra. Elle vend alors sa villa à l'acteur Charles Vanel.
En 1932, Colette, qui a besoin de gagner sa vie, ouvre rue de Miromesnil à Paris un institut de beauté qui ne reçoit pas le succès escompté et ferme assez rapidement

Pendant l'Occupation, elle séjourne quelques mois chez sa fille en Corrèze dans le village de Curemonte puis revient à Paris, avec Maurice Goudeket (qu'elle sauva de la Gestapo), passer toute la durée de la guerre dans son appartement du Palais-Royal au no 9 de la rue de Beaujolais. Immobilisée dans sa « solitude en hauteur » dans son « lit-radeau » (offert par la princesse de Polignac) par une arthrite de la hanche, elle continue d'écrire à partir des fenêtres, véritables portes ouvertes sur le monde.
En 1945, Colette est élue à l'unanimité à l'académie Goncourt, dont elle devient présidente en 1949. Ayant vite compris que la célébrité passe par la maîtrise de son image, elle devient l'écrivain la plus photographiée du xxe siècle. Les Œuvres complètes de Colette sont publiées en quinze volumes par la maison d'édition Le Fleuron, créée par Maurice Goudeket.
En 1952 elle interprète son propre personnage dans le documentaire que lui consacre Yannick Bellon intitulé simplement Colette et qui est devenu un classique du genre, puisqu'il s'agit du seul film qu'elle interprète. En 1953, elle est élevée à la dignité de grand officier de l'ordre national de la Légion d'honneur. Elle compte Jean Cocteau parmi ses voisins. Sur ses vieux jours, celui qu'elle surnomme « son meilleur ami », c'est-à-dire Maurice Goudeket, l'aide à supporter sa polyarthrite, qui ralentit durablement sa production à la fin des années 1940.
Elle meurt le 3 août 1954.
Sa réputation sulfureuse conduit au refus par l'Église catholique d'un enterrement religieux. La France l'honore : Colette est la première femme à laquelle la République ait accordé des obsèques nationales. Elle est enterrée à Paris au cimetière du Père-Lachaise (4e division) à Paris. Sa fille repose à ses côtés.

Colette arrive à se démarquer de ses contemporains (André Gide, Romain Rolland ou encore Jean Giraudoux) grâce aux sujets qu'elle aborde. Elle montre un style épuré mais élevé. Elle trouve sa place parmi les romanciers régionalistes qui se sont imposés durant l'entre-deux-guerres, à travers, entre autres, les descriptions de sa région natale, la Bourgogne.
Une attention croissante à la justesse des mots, notamment lorsqu'ils sont chargés d'exprimer l'effusion dans la nature, une sensualité librement épanouie pour revendiquer les droits de la chair sur l'esprit et ceux de la femme sur l'homme, voilà quelles sont les lignes de force de cette écriture.
Par ailleurs, l'écriture de Colette est plus complexe et moderne qu'elle ne semble le laisser supposer au premier abord.
En 1999, Serge Doubrovsky, inventeur du terme moderne d'autofiction qu'il appréhende en dernier ressort comme une variante de l'autobiographie, considère Colette comme une pionnière illustrant sa conception :
« On découvre quand même, chez Colette, un livre qui s'appelle La Naissance du jour qui a paru en 1928 et qui, à l'origine, portait sur son péritexte le sous-titre roman. Et dans le roman de Colette, La Naissance du Jour, on trouve un personnage de femme âgée qui s'appelle Colette. Ensuite, on apprend qu'elle a écrit les Claudine. Bref, elle s'est mise en scène comme le personnage d'un roman écrit par Colette sur Colette. »

Les liens entre Colette et la Belgique sont étroits. Son grand-père combattit à la bataille de Waterloo, son oncle fut directeur des casinos d'Ostende et sa mère, Sidonie Landoy, dite « Sido », au décès de ses parents, alla rejoindre ses frères journalistes à Bruxelles où elle vécut de longues années. À l'âge de six ans, elle a séjourné dans la commune de Saint-Josse-ten-Noode au no 25 de la rue Botanique
Contre toute attente, Sido a découvert et partagé la vie d'artistes en vue : peintres, écrivains et musiciens. Mais sans dot ni métier, elle s'est résignée au mariage et est repartie dans l'Yonne. Cependant elle n'oublia pas la Belgique et conta ses charmes à sa fille, Colette. Dans les Lettres à Missy, Colette fait plusieurs fois mention de ses passages à Liège ou à Bruxelles où elle se rendait lors de ses tournées et séjournait notamment à l'hôtel Métropole — qui existe toujours place de Brouckère. Le 14 mai 1909, lors d'une étape de sa tournée Claudine à Liège, Colette se laisse séduire par la ville, la trouvant « la plus française des villes belges » — par allusion aux grands magasins qui s'y développaient, comme à Paris.
Elle séjourne aussi plusieurs fois à Bruxelles, notamment du 4 au 17 février 1910, où elle présente La Chair — pièce de Georges Wague — qui fera scandale car elle y paraissait dévêtue. Dans son édition du 6 février, le journal Le Soir relate cet événement avec un grand engouement pour les comédiens : « La pantomime La Chair qui a eu un grand succès à Paris et sur laquelle M. Chantrier a écrit une musique charmante, a été interprétée avec conviction par Colette Willy, Christine Kerf et Georges Wague ».
En 1922, Georges Simenon, alors rédacteur au journal liégeois La Gazette de Liège, se rend à Paris et rencontre Colette, directrice littéraire du journal Matin. Il travaille comme secrétaire chez l'écrivain Binet-Valmer et commence à lui envoyer des textes. Dans un premier temps, Colette les refusera tous. Pourtant, « la petite idole » retient enfin son attention malgré le scepticisme quant à son écriture. En effet, elle le jugera trop littéraire et lui conseillera de ne pas faire de la littérature. Simenon ne le comprit pas directement mais essaya une écriture plus simple. Le 27 septembre 1923, la romancière accepte finalement de le publier. Simenon rendra hommage plus tard aux précieux conseils reçus de l'écrivain. Lorsque Colette fut primée à l'académie Goncourt, le 2 mai 1944, elle reçut une lettre de Simenon la félicitant. Elle y répondit : « Cher Simenon, merci. Tout le monde est si gentil que je n'ai plus de papier à lettres ! Je viens de lire La Fuite de Monsieur Monde. Cette profonde tristesse de vos héros me frappe beaucoup. Une grande poignée de main. »


L'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique élit Colette en remplacement de la comtesse de Noailles. L'honneur fut reçu par Colette et la décision approuvée par le roi Léopold III malgré les reproches de son commerce esthétique et sa relation avec Mathilde de Morny, dite Missy. Même la reine Élisabeth, son amie et mère de Léopold III, lui adressa une lettre de félicitations.
Colette rencontra la reine Élisabeth de Bavière en novembre 1931. Elle rapporte cette rencontre dans Paris-Soir, le 13 octobre 1938. Elle décrit la beauté de la jeunesse persistante de cette reine-artiste. Leur amitié a duré jusqu'à la mort de la romancière. Colette accueillit la reine chez elle le 2 avril 1946, après son élection à l'académie Goncourt. Alors qu'elle commençait à avoir certaines difficultés à marcher dues à son arthrite, la reine se rendit à plusieurs reprises à son chevet. Toutefois, si elle ne pouvait rendre visite à Colette, elle lui envoyait des lettres, des présents et des promesses de visite. Cette promesse fut tenue le 10 mars 1949. C'est lors de ces retrouvailles que Colette offrit son unique exemplaire de Pour un herbier. Quatre jours plus tard, elle décrivait la reine Élisabeth dans Les Lettres aux Petites Fermières : « C'est une des rares créatures qui inspirent le dévouement, tant elle est prodigue d'elle-même. » De même que pour la reine, Colette comptait parmi ses amis particuliers.
Le 14 novembre 1954 un hommage a été rendu à Colette au Palais des beaux-arts de Bruxelles, en présence de Maurice Goudeket, son mari et de la reine Élisabeth. La reine assista également à la réception de Jean Cocteau à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, qui reçut la place de Colette.


La bisexualité tient un rôle primordial dans la vie de Colette, autant dans son existence personnelle que dans son œuvre artistique.
Si son mari Henry Gauthier-Villars exige d'elle une fidélité hétérosexuelle (que lui-même ne respecte pas), il n'a aucune objection à ce que Colette expérimente une vie extra-maritale avec des femmes. En 1906, Colette quitte son mari et s'engage plus ou moins publiquement dans une relation amoureuse avec la marquise de Belbeuf. Un soir, Colette et la Marquise choquent l'audience durant une représentation au Moulin Rouge aux tonalités ouvertement homoérotiques : une scène de baiser entre les deux femmes cause un énorme scandale, cette affaire déclenchant jusqu'à l'intervention du préfet de police de Paris. Après cet épisode lesbien, Colette se marie avec Henry de Jouvenel en 1912, dont elle était tombée éperdument amoureuse lors de sa première rencontre quelques mois auparavant. De ce mariage est issue une fille Colette de Jouvenel (1913/1981) . Après une liaison avec le jeune fils du premier mariage de son mari, Bertrand de Jouvenel, âgé de 17 ans, Colette s'est finalement mariée une troisième et dernière fois, à Maurice Goudeket en 1935.
Du côté de sa production littéraire, la bisexualité est également un élément récurrent de son œuvre, à commencer par sa série de romans Claudine, ses tout premiers romans, qui dépeignent, outre la protagoniste, de nombreuses femmes bisexuelles. Ainsi, une partie des thèmes abordés dans sa littérature est autobiographique. Colette est également l'auteur d'un ouvrage de réflexion sur l'Amour et la sexualité, Le Pur et l'Impur, qui puise dans des exemples d'expériences hétérosexuelles comme homosexuelles30.
Pour toutes ces raisons, Colette a été étiquetée « Reine de la bisexualité » par Julia Kristeva

 

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MessagePosté le: Mar 18 Avr - 18:34 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

Marie Noël, pseudonyme de Marie Rouget, née le 16 février 1883 à Auxerre et morte le 23 décembre 1967 dans cette même ville, est une poétesse française. En 2017, elle est déclarée servante de Dieu par l'Église catholique.
Marie Noël naît dans une famille très cultivée et peu religieuse, de Louis Rouget, professeur agrégé de philosophie au Collège d'Auxerre et de Marie-Emilie-Louise Barat. Elle reste célibataire et s’éloigne très peu de sa ville natale. Sa vie n'en fut pas si lisse pour autant : un amour de jeunesse déçu (et l’attente d’un grand amour qui ne viendra jamais), la mort de son jeune frère un lendemain de Noël (d’où son pseudonyme), les crises de sa foi… tout cela sous-tend une poésie aux airs de chanson traditionnelle. À sa mort, elle lègue son œuvre à la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l'Yonne. Cette société savante (fondée en 1847) gère et étudie son œuvre à travers de nombreuses publications.

Femme passionnée et tourmentée, elle n'est souvent connue que pour ses œuvres de « chanson traditionnelle », au détriment de ses écrits plus sombres, dont la valeur littéraire et la portée émotive sont pourtant bien plus fortes. Citons à titre d'exemple le poème pour l'enfant mort, véritable « hurlement » (titre d'un autre de ses poèmes) d'une mère écartelée entre sa souffrance quasi animale et sa foi en Dieu, appelant à l'acceptation (Marie Noël était profondément catholique, voire mystique). Le déchirement entre foi et désespoir, qui culmine dans un cri blasphématoire aussitôt repenti, est ici particulièrement poignant, selon la lecture que fait Jeanne-Marie Baude des Notes intimes. Elle obtient en 1962 le grand prix de poésie de l'Académie française.
En 1962, le compositeur Roger Boutry, grand prix de Rome, choisit son Rosaire des joies pour sujet et texte d’un oratorio donné en première audition au Théâtre des Champs-Élysées, en février 1963, avec un très grand succès.

Son œuvre est récompensée par de nombreux prix, tant à l’Académie Française, qu’à la Société des gens de lettres, la Société des Poètes, la Maison de Poésie, notamment le prix José-Maria de Heredia, le prix Alice-Louis Barthou, le prix Isabelle Mallet. Puis en 1957, le prix de l’Unanimité, en 1958 le prix de la Paulée de Meursault, en 1962 le grand prix de la Société des Gens de Lettres, le prix Lecomte du Noüy et le grand prix de poésie de l'Académie française. Enfin en janvier 1966, elle reçoit à l’Hôtel de Ville le grand prix de la Poésie de la ville de Paris. Maître ès Jeux Floraux depuis 1954, elle fut membre de l’Académie Ronsard et de plusieurs Académies de province.
Commandeur des Arts et des Lettres, le général de Gaulle lui décerne en 1960 la Croix d’officier de la Légion d'honneur. Elle fut une grande amie de l'ambassadeur Léon Noël (1888-1987) (sans lien de parenté)

 

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MessagePosté le: Mer 19 Avr - 06:04 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

Renée Lévy, née le 25 septembre 1906 à Auxerre et guillotinée le 31 août 1943 à Cologne, est une résistante française inhumée dans le Mémorial de la France combattante.
Renée Léa Lévy, petite fille d’Alfred Lévy, grand rabbin de France de 1907 à 1919, est née le 25 septembre 1906 à Auxerre où ses parents Léon Lévy et Berthe Lucie Lévy, professeurs de lettres enseignaient depuis plusieurs années. En 1909, Léon Lévy, son père à l’âge de 45 ans, est emporté après une courte maladie. « Son état, quoique grave, ne laissait pas prévoir une fin aussi brusque », journal de l’Yonne, lundi 10 mai 1909. Berthe Lucie Lévy vient s’installer à Paris avec Renée et Germaine, sa sœur aînée (Germaine Grun, née le 2 juillet 1899 à Auxerre, avocate, déportée par le Convoi No. 48, en date du 13 février 1943 à Auschwitz, elle y mourra en 1943). Berthe Lucie Lévy obtient une chaire d’enseignante au lycée Victor-Hugo à Paris, rue de Sévigné dans le 3e arrondissement, Renée a sept ans.

De 1913 à 1924, Renée Lévy étudie là où enseigne déjà sa mère, faisant ses classes élémentaires puis ses études de lettres classiques au lycée Victor-Hugo dans ce quartier du vieux Paris : avec le musée Carnavalet à droite et la bibliothèque Saint-Fargeau à gauche.
Renée Lévy qui souhaitait devenir professeur d’anglais passe les premiers certificats de la licence. Mais comme ces études l’obligent à faire des séjours en Angleterre et que sa sœur vient de se marier, elle hésite à laisser seule sa mère. Elle réoriente ses études vers l’agrégation de lettres qu’elle obtient en 1932. D'abord nommée au lycée Fénelon de jeunes filles de Lille, puis au lycée Victor-Duruy à Paris, elle est nommée professeur au lycée Victor-Hugo en 1937 à Paris.
En 1939, après l’éclatement de la guerre, un lycée provisoire fut créé à Cayeux-sur-Mer, dans le casino de la station balnéaire, pour les enfants des estivants afin qu’ils ne regagnent pas Paris menacé de bombardements. Des réfugiés y vinrent même des départements voisins, de la région parisienne et de Belgique. En vacances à Cayeux, Renée Lévy y est affectée comme professeur de lettres.

Après la défaite, à la suite de la promulgation de la loi du 4 octobre 1940 portant sur le statut des juifs (Journal Officiel du 18 octobre 1940) leur interdisant d'exercer dans la fonction publique, Renée Lévy rejoint le Groupe de résistance du musée de l'Homme, diffuse tracts et journaux, notamment le discours de Churchill du 21 octobre 1940 : « Rassemblez vos forces pour l’aube, car l’aube viendra » et le journal clandestin Résistance. Pénétré par un agent de l'Abwehr, le Groupe du musée de l'Homme est désorganisé.
Renée Lévy passe alors au réseau Hector qui collecte des renseignements militaires. À l'automne 1941, le réseau est démantelé par l'Abwehr. Renée Lévy est arrêtée par les Allemands le 25 octobre 1941. Un poste émetteur radio est trouvé à son domicile.
Incarcérée à la prison de la Santé de Paris, Renée Lévy est déportée, en vertu du décret Nacht und Nebel. Le 11 février 1942, transfert en Allemagne où l’instruction de son dossier est confiée à la Gestapo. Pendant 18 mois, elle est au secret absolu dans les prisons d'Aix-la-Chapelle, Essen, puis Prüm. Les lettres qu’elle tenta d’écrire à sa famille ont disparu avec la mort d’une camarade de détention. Le 30 avril 1943, elle est condamnée à mort par un tribunal spécial de Cologne. Le 31 août 1943, elle est guillotinée dans la cabane d'exécution de la cour de la prison de Cologne.
Le 29 octobre 1945, le nom de Renée Lévy est tiré au sort pour inhumation au Mont Valérien, à Suresnes, dans le Mémorial de la France combattante, avec quinze autres noms, dont celui de Berty Albrecht. La cérémonie a lieu le 11 novembre 1945

 

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MessagePosté le: Jeu 20 Avr - 04:31 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

Jean-Baptiste Auguste Chauveau est un vétérinaire, médecin, physiologiste et anatomiste français né le 21 novembre 1827 à Villeneuve-la-Guyard dans l'Yonne et mort le 4 janvier 1917 à Paris. Émule de Claude Bernard à Paris, il est longtemps professeur à l'École vétérinaire de Lyon puis au Muséum national d'histoire naturelle, avant d'être nommé Inspecteur Général des Écoles vétérinaires en 1886. Il est l'un des précurseurs dans l'étude du métabolisme des organismes vivants (alors appelé "chaleur animale") et de la physiologie musculaire. Il publie des travaux remarqués en neurophysiologie et en microbiologie, faisant de lui l'un des précurseurs méconnu de la théorie moderne de la vaccination. Il met au point plusieurs techniques et d'ingénieux instruments permettant l'étude de la physiologie du cœur (notamment le cathétérisme cardiaque ), la circulation sanguine et la mesure de la pression artérielle. Il a été président de l'Académie des Sciences de Paris et de l'Académie nationale de médecine.


Jean-Baptiste Auguste Chauveau nait le 21 novembre 1827 à Villeneuve-la-Guyard, d'un père maréchal-ferrant.
Élève à l’École nationale vétérinaire d'Alfort à partir de 1844, remarqué par son habileté, il aide son professeur Henri Bouley à la rédaction d'un ouvrage sur l'anatomie du pied du cheval: Traité de l'organisation du pied du cheval, publié par Labé en 1851. Après une excellente scolarité, il termine ses études à l’École nationale vétérinaire de Lyon à l'âge de 21 ans. Il y est nommé professeur en 1863 après avoir obtenu la charge de chef des travaux d’anatomie et de physiologie sur concours. S'orientant vers la recherche, il ne manque pas de fréquenter les hôpitaux de Lyon (allant jusqu'à assister aux visites des patients hospitlalisés) comme certains médecins fréquentent l'École vétérinaire.
Après la création des nouvelles Facultés de médecine sous l'impulsion de Paul Bert en 1847, Chauveau est nommé à la chaire de médecine expérimentale et comparée de la Faculté de médecine de Lyon (née de l'École préparatoire de médecine et de pharmacie) en 1877 alors qu'il n'a pas suivi d'études de médecine ! C'est par décision ministérielle qu'il est dispensé de scolarité en février 1877, avant de soutenir sa thèse de médecine consacrée à la vaccine en mars de la même année.
Il est nommé à la chaire d’anatomie et de physiologie comparée de l’École vétérinaire en 1863 et en devient directeur en 1875. En 1864, il est élu membre de l'Académie nationale de médecine. Il lui aurait été décerné le titre de Docteur Honoris Causa de l'École de Médecine de Lyon en 1877 et il se voit chargé des cours de médecine expérimentale et comparée. Sur le plan familial, le 6 août 1867 à Lyon, il épouse Sophie Clotilde Buffard qui lui donne quatre enfants dont Léopold (1870-1940) , chirurgien et illustrateur. Alors directeur de l'École vétérinaire de Lyon, il lui sera reproché à la fois son intransigeance et son impuissance face à la révolte étudiante5 du mois de mars 1881 ayant nécessité l'intervention des forces de l'ordre et une enquête demandée par le Ministre de l'Agriculture et du Commerce Pierre Tirard.
D'abord élu correspondant à l’Académie des Sciences de Paris dans la section de médecine et chirurgie le 6 mai 1878, il devient membre de l'académie le 19 avril 1886 à la section d'économie rurale6 remplaçant le professeur Bouley à sa disparition. Il est président de l'Association française pour l'avancement des sciences en 1881. Il est nommé Inspecteur général des Écoles vétérinaires et occupe la chaire de professeur de pathologie comparée au Muséum d'histoire naturelle où il créée un laboratoire de physiologie en 1893. À la suite du fondateur Brown-Séquard, il prend la direction avec Charles Bouchard des Archives de physiologie normale et pathologique qui deviendront Journal de physiologie et de pathologie générale en 1889. En 1906, il devient vice-président puis président en 1907 de l’Académie des Sciences de Paris, succédant ainsi à Henri Poincaré.
Auguste Chauveau prend sa retraite en 1911 mais est élu président de l'Académie nationale de médecine. Il décède le 4 janvier 1917 à Paris.

Son Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques, publié en 1857, est encore aujourd'hui considéré comme un ouvrage d'importance. Longtemps considéré comme une référence, il connait plusieurs éditions jusqu'en 1903 avec ses élèves François-Xavier Lesbre et Saturnin Arloing et sera traduit en anglais et en italien. Cet ouvrage contient de multiples gravures détaillées représentant les os et organes d'animaux et en particulier du cheval. Cette monographie a été imprimée jusqu'à 50 ans après sa première édition
Très tôt il s'intéresse à la glycogénolyse et démontre que la consommation de glucose se fait essentiellement dans le muscle et non dans les poumons comme le soutient plus tôt Claude Bernard . En 1886, il s'intéresse à l'énergétique des organismes vivants (encore nommée "chaleur animale") à l'instar de Marcellin Berthelot et d'André Mayer : il définit les notions de «travail physiologique», distingue «travail intérieur» et «travail extérieur».
Dès 1855, il entame une série d'expériences sur la dynamique cardiaque. Il étudie avec Etienne-Jules Marey le mécanisme de la circulation sanguine et ils développent la cardiographie intracardiaque entre 1861 et 1863. Cette étude repose sur l'introduction de sondes intracardiaques, une pour chacune des cavités gauches ou droites; la sonde pour l'exploration du ventricule gauche s'introduit par la carotide tandis que la sonde pour l'exploration du ventricule et de l'oreillette droite s'introduit par la veine jugulaire interne. Poussé par Frans Donders, il poursuit l'étude des cycles cardiaques avec Marey, réfutant la théorie de Joseph Honoré Simon Beau (en) sur les bruits du cœur pendant la systole et la diastole. Marey et Chauveau poursuivent leur collaboration les années suivantes, publiant en 1862 et 1863 deux ouvrages sur le système cardiovasculaire, dont une monographie de 568 pages contenant 235 illustrations


En 1865, il est envoyé en mission avec le médecin Jean-Antoine Villemin pour étudier la peste bovine sévissant en Angleterre. Il découvre alors que le système digestif humain et bovin peut être une voie de contamination infectieuse; il remarque la possibilité du phénomène de contagion entre espèces (notamment entre l'homme et l'animal). Vers 1866, il émet l'hypothèse de l'existence de plusieurs types de virus et que le mode d'inoculation influe sur leur virulence. Il reprend les recherches effectuées par Henry Toussaint sur le bacille charbonneux et vérifie ainsi la validité du vaccin anti-charbonneux.
Lors de la découverte du vaccin anti-charbonneux en 1880, il est un féroce défenseur d'Henry Toussaint, un de ses anciens élèves, contre Louis Pasteur, soutenant que le premier a découvert la méthode de fabrication du vaccin avant le second. Il reprend les travaux de son élève et confirme en 1882 la primauté de la mise au point du vaccin à Toussaint. Cette "paternité" sera plus tard oubliée, à la faveur de Pasteur soutenant avec ses collaborateurs être le devancier dans la façon d'atténuer la virulence du bacille charbonneux .
Ses études sur le phénomène de contagion l'amènent à préconiser une inspection à but sanitaire des viandes dès 1872, en pleine période d’essor pour les écoles vétérinaires, ce qui permettra un grand progrès des lois de protection sanitaire des animaux et des hommes par la suite.
Il étudie d'autres maladies animales ou humaine comme la tuberculose, la clavelée, la morve, la vaccine, la variole.
« De tous les grands problèmes de la Physiologie et de la Pathologie, aucun ne lui est demeuré étranger. C'est ainsi que, dès 1863, il aborde expérimentalement la grande question de la contagion et de son corollaire, l'immunisation, puis l'étude de l'excitant par excellence, l'électricité, et enfin le fonctionnement encore si mystérieux du moteur animé. Avec son grand talent d'expérimentateur, il étudie ses besoins, les transformations d'énergie dont il est le siège, pour arriver à établir sur les bases scientifiques l'alimentation rationnelles de l'homme et des animaux. Dès le début de ses recherches sur la clavelée, la variole et la vaccine, il démontre la fausseté de la croyance alors générale de la spontanéité des maladies virulentes ou infectieuses. Il termine son mémoire par ces mots que je transcris littéralement : "Ces maladies n'ont pas d'autre cause que la contagion, et par celle-ci procède toujours un agent spécial, le virus, organisme ou organite, que la spontanéité vitale est impuissante à créer de toute pièce... L'étude d'un tel agent peut être faite par des méthodes rigoureuses applicables à l'histoire naturelle des êtres vivants... Soyez sûr que la méthode expérimentale le déterminera bientôt... 
Soyez sûr que la méthode expérimentale le déterminera bientôt... Ce sera le point de départ de recherches qui permettront peut-être d'opposer, à chaque virus pernicieux, un agent atténué de même famille, jouant le rôle, jusqu'à présent unique, du virus vaccinal." Ces vues prophétiques, notre immortel Pasteur en faisait bientôt des réalités et l'expliquait par la même théorie, celle du virus ferment. » R.L

 

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MessagePosté le: Jeu 20 Avr - 06:52 (2017)    Sujet du message: (89) YONNE Répondre en citant

Rattachement de la Bourgogne à la France (1477)
En 1016, lors d'une entrevue tenue à Strasbourg, l'empereur Henri II du Saint-Empire, recevait du roi Rodolphe III de Bourgogne, sans héritier légitime, une promesse d'être désigné comme son successeur héritier en qualité de roi de Bourgogne. Cette promesse fut renouvelée à Bâle en 1027, avec son successeur, l'empereur Conrad II le Salique, neveu par alliance de Rodolphe, marié à sa nièce Gisèle. Le comte Eudes II de Blois, le fils de sa sœur Berthe, son neveu, figurait comme prétendant naturel à sa succession. À la mort de Rodolphe III survenue le 5 ou 6 septembre 1032, le comte Eudes revendiqua la succession de Rodolphe. En 1033, une lutte armée l'opposa à Conrad II, à laquelle Eudes mit fin en s'engageant auprès de Conrad à renoncer à toutes ses prétentions. Reniant son serment, Eudes reprit la lutte en 1035. En 1037, il trouva finalement la mort dans une bataille que lui livra le duc Gothelon Ier de Lotharingie, à proximité de Bar-le-Duc le 15 novembre 1037. Le comté de Bourgogne fut alors rattaché au Saint-Empire.
En 1037, Renaud Ier de Bourgogne, fils de Otte-Guillaume, est nommé comte palatin de Bourgogne, titre donné dans l’administration impériale à ceux qui sont chargés d’administrer les États impériaux et de rendre la justice au nom de l’empereur. Le Saint-Empire est alors constitué d'États autonomes vassaux d'un empereur qu'ils élisent le vaste et puissant comté de Bourgogne rejoint alors cet ensemble.
Le développement des routes commerciales à travers le massif du Jura et l'exploitation des salines (histoire du sel du Jura) assurent une grande prospérité à la région. Les villes préservent leur franchise en observant la neutralité dans les conflits féodaux.
En 1043 l'empereur Henri III donne le titre de noblesse de prince-évêque à l’archevêque Hugues Ier de Salins et ses successeurs, détachant Besançon du comté de Bourgogne.
Au début du xiie siècle, le pape Calixte II, fils du comte Guillaume Ier de Bourgogne et frère du comte Renaud II de Bourgogne, met un terme à l'importante querelle des Investitures en imposant à l'empereur Henri V le concordat de Worms, qui réconcilie les empereurs avec l'Église catholique romaine.


Au xiie siècle le Saint-Empire est garant de la prospérité du comté de Bourgogne, mais en 1127, après l'assassinat du comte Guillaume III de Bourgogne, son cousin le comte Renaud III de Bourgogne veut s'émanciper de la tutelle impériale de l'empereur Conrad III de Hohenstaufen. Il lui impose par la guerre le statut de « franc comte » (comte libre), à l'origine plus tard du nom de Franche-Comté repris pour la région.
L'empereur Frédéric Barberousse reprend possession du comté de Bourgogne en faisant prisonnier le fils héritier du comte Guillaume IV de Bourgogne. De plus, il épouse en 1156 la comtesse Béatrice Ire de Bourgogne, héritière du comté, qui devient impératrice. Leur second fils, le comte Othon Ier de Bourgogne (1165-1197), hérite du comté de Bourgogne. La fille d'Othon Ier, Jeanne Ire de Bourgogne (1191-1205), devient comtesse mais ne succède que pendant peu de temps après son père, et c'est sa sœur Béatrice II de Bourgogne (1191-1231) qui hérite du comté de Bourgogne.
Béatrice II épouse le duc Othon Ier d'Andechs et de Méranie qui devient, par son mariage, comte sous le nom d'Othon II de Bourgogne. Leur fils le comte Othon III de Bourgogne décédant sans héritier, sa sœur Alix de Bourgogne lui succède sous le nom de comtesse Adélaïde Ire de Bourgogne.
Cette dernière fait sortir le comté de Bourgogne de la suzeraineté impériale en épousant en 1236 le comte Hugues de Chalon. Ce dernier est issu d'une lignée française qui compte des liens de mariage et amicaux avec les comtés français voisins du duché de Bourgogne (comtés de Chalon, de Macon et d'Auxonne). Leur fils le comte Othon IV de Bourgogne est le dernier des comtes palatins de Bourgogne. Il épouse en secondes noces Mahaut d'Artois, comtesse d'Artois et paire de France, petite-nièce du roi Saint Louis, rendue célèbre par la saga historique Les Rois maudits. Leur fille la comtesse Jeanne II de Bourgogne (héritière des comtés d'Artois et de Bourgogne) devient reine de France par mariage avec le roi Philippe V de France, et ramène les comtés de Bourgogne et d'Artois sous l'influence royale. Malgré cela le comté de Bourgogne reste une terre d'Empire.
En 1318, la comtesse Jeanne III de Bourgogne, fille aînée du roi Philippe V et de Jeanne II, épouse le duc Eudes IV de Bourgogne. Elle hérite le comté de Bourgogne à la mort de sa mère. Son petit-fils Philippe Ier de Bourgogne en hérite et hérite ensuite du duché de Bourgogne de son grand-père : il réunit ainsi le comté et le duché de Bourgogne.

À la mort de Philippe Ier de Bourgogne sans héritier direct, la Bourgogne revient au domaine royal, au roi Jean II de France qui l'accorde en apanage à son fils cadet le duc Philippe le Hardi.
Les riches et puissants ducs de Bourgogne de la maison de Valois (Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon, Charles le Téméraire et Marie de Bourgogne) se considèrent alors chefs d'État souverain durant près d'un siècle, du riche et puissant État bourguignon. Ils deviennent de puissants rivaux des rois de France alliés des rois d'Angleterre.
L'unité de l'État bourguignon est rompue à la mort de Charles le Téméraire. Le duc de Bourgogne est d'abord vaincu par les Suisses à la bataille de Grandson le 2 mars 1476, puis à Morat le 22 juin 1476 et finalement, par le duc René II de Lorraine à la bataille de Nancy le 5 janvier 1477, où il trouve la mort. Le roi Louis XI de France en profite pour reprendre militairement la partie française du vaste État bourguignon.
La duchesse héritière Marie de Bourgogne, âgée de 20 ans, épouse le futur empereur des Romains Maximilien Ier. De l'héritage de son père, elle conserve les Pays-Bas bourguignons (partie de l'État bourguignon faisant partie de l'Empire), dont fait partie le comté de Bourgogne, duquel héritent ses descendants, les rois d'Espagne de la maison de Habsbourg en Espagne. Pendant 201 ans, de vives querelles et batailles sont alimentées entre le royaume de France, le royaume d'Espagne et le Saint-Empire pour la possession de ce territoire.
Le comté de Bourgogne demeure de 1477 à 1678 sous le contrôle de la maison de Habsbourg en Espagne, Maximilien puis son petit-fils l'empereur des Romains et roi d'Espagne Charles Quint, puis la branche des Habsbourgs d'Espagne, Philippe II et ses successeurs. Les rois de France, de Louis XI à Louis XIV, engagent de nombreuses guerres pour tenter de reconquérir sans succès la Franche-Comté
Par le traité de Nimègue de 1678 qui signe la paix avec le roi Charles II d'Espagne, le roi Louis XIV rattache définitivement le comté de Bourgogne (Franche-Comté) au royaume de France. Besançon devient alors la capitale du comté de Bourgogne (à la place de Dole) avec le parlement de Besançon.
La République française regroupe le comté de Bourgogne, le comté de Montbéliard et la partie de l'Alsace non annexée en 1871 pour en faire la région Franche-Comté.



 

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