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Date de fondation du forum: 15 avril 2012.
(88) VOSGES
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saintluc
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MessagePosté le: Jeu 30 Mar - 12:33 (2017)    Sujet du message: (88) VOSGES Répondre en citant

         Les Vosges est un département français de Lorraine. Le département fait aujourd'hui partie de la région administrative Grand Est. Il tire son nom du massif des Vosges, qui occupe une grande partie de son territoire. Son chef-lieu est Épinal. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 88.

Occupant le sud de la province de Lorraine et quelques communes de Champagne et de Franche-Comté, le département des Vosges est l'un des 83 départements créés à la Révolution française le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789.
Le 21 février 1793, la principauté de Salm-Salm, enclave lorraine de l'Empire, gérée par la municipalité de Senones, demande un rattachement à la France. Le départ prudent de sa famille princière en été 1791 et surtout le blocus français des vivres de 1792 a discrédité le pouvoir princier et retourné l'opinion en terre de Salm. Ce rattachement est ratifié par la Convention nationale le 2 mars 1793. En 1795, à la suite d'une réfection du canton de La Broque, créée à partir des terres de Salm en vallée de la Bruche, des communes alsaciennes environnant Schirmeck et des communes des anciennes terres du Ban-de-La-Roche initialement incluses dans le Bas-Rhin, sont rattachées au département des Vosges.
En 1871, à la suite du traité de Francfort du 10 mai, une convention additionnelle signée à Berlin et à Paris les 21 et 23 juillet, annexe à l'Allemagne dix-huit communes des Vosges soit le canton de Schirmeck et la moitié du canton de Saales, comprenant 21 000 habitants et une superficie de 19 415 ha. Raon-sur-Plaine réduit à 860 ha, puisque la commune est amputée de son territoire stratégique sur le Donon, est rendu ultérieurement à la France le 12 octobre 1871, puis incorporé sur demande des habitants au canton de Raon-L'Etape. Les communes du canton de Saales restées françaises forment en 1872, avec Beulay, le canton de Provenchères-sur-Fave.
Les territoires vosgiens annexés sont rendus à la France par le traité de Versailles en 1919, mais ils sont restés depuis rattachés au Bas-Rhin.

Le département des Vosges est au croisement des bassins versants de la Meuse et du Rhin qui vont vers le nord vers la Mer du Nord, et du Rhône par la Saône qui va vers le sud vers la Mer Méditerranée, ainsi que de la Seine qui va vers l'ouest dans la Manche.
la Meuse, 950 km dont 486 km en France
l'Aroffe (rd), 50,2 km
le Vicherey (rd), 8,5 km
le Flambart (rd), 18,2 km
le Mouzon (rd), 63,3 km
l'Anger (rd), 27,9 km
le Bani (rd), 11,7 km
le Thu (rd), 3,5 km
le Vair (rd), 65,3 km

le Frezelle (rg), 16,4 km
le Petit Vair (rd), 15,6 km
la Vraine (rd), 22,9 km
la Saônelle (rg), 21,8 km
le Rhin, 1 233 km dont 188 km en France
la Moselle (rg), 560 km dont 315,2 km en France
l'Avière (rg), 28 km
le Durbion (rd), 35,1 km
l'Euron (rd), 27,9 km
le Madon (rg), 96,9 km
le Colon (rd), 20,3 km
la Gitte (rd), 22,2 km
le Robert (rd), 12,2 km
l'Illon, 12,7 km

(rd
)

la Meurthe (rg), 160,6 km
la Fave (rd), 22,2 km
le Ruisseau des Osières (rd), 3,8 km
le Ruisseau de la Jambe de Fer (rg), 2,4 km
le Ruisseau la Morte (rg), 14,3 km
la Hure (rd), 15,1 km
la Mortagne (rg), 74,6 km
l'Arentèle (rg), 21,1 km
le Belvitte (rd), 19 km
la Colline des Eaux (rd), 10,8 km
le Linty (rd), 3,2 km
le Padozel (rg), 12,6 km
la Petite Meurthe (rg), 15,5 km
la Plaine (rd), 34,3 km
le Rabodeau (rd), 25,7 km
le Robache (rd), 7 km
la Valdange (rg), 14,8 km
le Taintroué (rg), 14 km
la Moselotte (rd), 47,5 km

le Bouchot (rd), 18,1 km
le Chajoux (rd), 7,7 km
la Cleurie (rd), 19 km
le Xoulces (rg), 9,4 km
la Niche (rg), 18,6 km
la Vologne (rd), 49,6 km
le Barba (rg), 15,7 km
la Corbeline (rd), 9,4 km
la Jamagne (rg), 6,9 km
le ruisseau du Pheny (rd), 3,7 km
le Joinrupt (rd), 1,7 km

le Neuné (rd), 24,5 km
le Rhône, 812 km dont 544,9 km en France
la Saône (rd), 480 km dont 473,3 km en France
L'Apance (rd), 34,4 km
le Côney (rg), 55,2 km
le Bagnerot (rg), 13,4 km
La Lanterne (rg), 64,3 km
La Semouse (rd), 41 km
L'Augronne (rd), 29 km
La Combeauté (rg), 37 km

La Mause (rd), 16,7 km
Les Ailes (rd), 7,2 km
l'Ourche (rg), 13,3 km
Le ruisseau de Thuillières (rd), 10,8 km
la Seine, 777 km
la Marne, 514 km
la Saulx, 115,4 km
l'Ornain, 116,2 km


 

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MessagePosté le: Jeu 30 Mar - 12:33 (2017)    Sujet du message: Publicité

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saintluc
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MessagePosté le: Jeu 30 Mar - 12:49 (2017)    Sujet du message: (88) VOSGES Répondre en citant

L'histoire du département des Vosges, en tant qu'entité administrative, commence le 22 décembre 1789 par un décret de l'Assemblée constituante, qui entre en vigueur quelques mois plus tard, le 4 mars 1790. Il était partagé sous l'Ancien Régime entre le duché de Lorraine, le duché de Bar (bailliage de Bourmont), les Trois-Évêchés (quelques communes du nord-ouest du département, Vicherey, Pleuvezain...), la principauté de Salm, la Champagne et la Franche-Comté (quelques communes du sud-ouest). Ces territoires y sont inclus parce qu'ils étaient peuplés de Lorrains. Mais l'histoire du territoire du département des Vosges est bien plus ancienne.



Les Vosges et les provinces et territoires qui occupaient son territoire en 1756 :
L'âge du Bronze dans les Vosges a été peu étudié. Toutefois un premier inventaire des sites lorrains des âges des métaux a été réalisé en 1965 par J.-P. Millotte. À sa suite une synthèse de 1972 sur l'âge du Bronze vosgien a été rédigée et en 1999, le Bronze moyen lorrain a fait l'objet d'une maîtrise révélant le peu de fouilles et de résultats récents concernant cette période.
Il existe, selon ce faible nombre de données disponibles, une trentaine de gisements. La moitié d'entre eux présente un contexte connu et pour un quart le matériel associé n'a pas été retrouvé. Ces gisements sont principalement datés du Bronze final et sont souvent composés de découvertes isolées ou de découvertes funéraires ; on trouve plus rarement des dépôts et des traces d'habitat (comme dans la plupart des régions françaises). Un quart date du Bronze moyen alors que seuls deux sites du Bronze ancien ont été identifiés. Pour ce dernier, aucun groupe régional ne peut être défini, en dépit d'un bilan pour la région lorraine effectué dans une synthèse de 1992. Il n'est donc pas réellement possible de dater clairement les découvertes du Bronze ancien ou du Campaniforme dans les Vosges.
Le mobilier en os est connu par l'ensemble funéraire de Certilleux qui correspond aux inhumations de trois individus accompagnés de 11 boutons de forme sphérique ou conique à perforation en V. Ce type d'objets se retrouve dans des tombes du Campaniforme et de la première phase du Bronze ancien : Bronze A1 (comme dans la tombe de Bourroches à Dijon, et dans des tombes du Sud-Ouest de l'Allemagne, Singen par exemple). Une hache de bronze de type inconnu a été découverte à Gérardmer (Kichompré), datant probablement de cette période. En revanche, aucun site d'habitat n'a encore été mis au jour dans le département. Cette situation résulte peut-être des aléas de la recherche ou de l'érosion qui aurait oblitéré les structures les moins profondes. Une dispersion des installations peut également expliquer cet état de fait.
Pour le Bronze moyen, il y a un peu plus de sites et on trouve les premières traces d'habitats, avec notamment les fouilles de la RN 57 en 1994 à Florémont (Bois de Barangéa). On y a découvert trois bâtiments (le plus long à plan en abside), trois greniers, deux silos et des fosses rectangulaires ; des éléments du Bronze final se trouvant à proximité. Le terrain sur lequel se trouvaient ces constructions anciennes était propice à l'agriculture par la présence d'argiles grumeleuses légères et saines. D'autres traces d'habitations se situent à Nomexy et à Rebeuville (Grotte de l'Enfer), où des fouilles (1950 et 1970) ont mis au jour du matériel du Bronze moyen au Bronze final (céramique, inhumation, incinération...). Le seul objet en bronze provenant d'un tumulus de cette période a été découvert à Chaumousey (Bois de Truzey) et il s'agit d'une épingle à renflements cannelés et tête « en goutte ». Même si la plupart des objets de cette période sont comparables à ceux de la « culture de Tumulus », aucun véritable groupe « vosgien » ne semble pouvoir être mis en évidence.


Le début du Bronze final se caractérise dans deux découvertes, à savoir une épingle à tête en trompette (They-sous-Montfort) et une hache à talon et aileron médians (Le Tholy), éléments de transition. Tandis que l'épée de type Monza découverte près de la Moselle, à Dommartin-les-Remiremont est déjà plus récente. Sans avoir découvert de sépulture de cette phase initiale, les dépôts apparaissent (Ramecourt et Nonzeville). On y trouve des poignées de couteau à Épinal et Nonzeville, une spirale en bronze et bracelet (Nonzeville et Senonges), ce qui est comparable au mobilier funéraire des départements voisins (par exemple le Haut-Rhin et sa tombe à incinération de Bennwihr). Dans le dépôt de Ramecourt, on a découvert une hache à rebord de type Estavayer, spécifique de la production métallique du Rhône et une épingle à collerette plus répandue à l'est (Suisse, Allemagne).
Peu de traces du milieu du Bronze Final (céramiques de Bouzemont et Beaufremont) alors qu'au Bronze final III se multiplient les découvertes comme des armes et des outils (pointes de lance à Thaon-les-Vosges et Senones, hache à ailerons terminaux de Charmes, à douille de Jésonville). Les incinérations du BFIIIb sont toujours sous tumulus et présentent des ressemblances avec celles qui ont été fouillées à Gémonville (Meurthe-et-Moselle). Enfin, l'habitat est seulement représenté par une maison sur douze poteaux découverte en fouille préventive à Houécourt


La surabondance des sites funéraires par rapport à ceux d'habitation biaise le regard des archéologues qui étaient plus fortement intéressés par les nécropoles. En effet, pas moins d'une vingtaine de nécropoles tumulaires occupent principalement la partie ouest du département des Vosges à la période hallstattienne (entre Meuse, Moselle, Saône, vallée du Madon). Contenant parfois des tertres encore ou déjà occupés à l'extrême fin du Bronze final par des incinérations découvertes anciennement et difficiles à étudier. Plusieurs de ces nécropoles présentent une continuité avec la phase ancienne du Hallstatt au cours de laquelle la pratique de l'inhumation sous tumulus refait son apparition comme dans d'autres régions françaises (Bourgogne ou Jura par exemple). Toutefois la réoccupation d'anciens tertres de l'âge de Bronze n'est pas systématique et on peut trouver de nouvelles nécropoles dans la même zone géographique. Il est pourtant intéressant de constater que certaines sont utilisées de la fin du Bronze Final jusqu'à des phases très récentes et même durant La Tène ancienne.
Les tumulus les plus nombreux sont datés du Hallstatt ancien et moyen dans des nécropoles d'une vingtaine de tertres en général. La majorité des nécropoles se trouvent dans la Plaine, alors que pour le Premier âge du Fer, on ne trouve aucune sépulture dans le massif vosgien
Au contraire, on trouve dans le massif vosgien la plupart des sites d'habitat. En plaine, seul le site de Marainville-sur-Madon associe à la fois des tombes et des habitations. Une synthèse récente sur l'habitat à l'âge du Fer en Lorraine intègre les sites fouillés jusqu'en 1996
Les sépultures du second âge du Fer connaissent un phénomène de continuité avec les périodes précédentes Il semblerait que seulement 25% des sites lorrains de cette phase soit réellement nouveaux à La Tène ancienne. Au vu du nombre de nécropoles, il semble que la vallée du Madon soit densément peuplée.
Pour l'habitat, c'est réellement La Tène moyenne et finale qui voit le nombre de sites augmenter par rapport à La Tène ancienne. Alors que les sites de la Vôge sont assez mal connus et datés, c'est dans la Plaine qu'apparaissent des plans de bâtiments issus de fouilles préventives récentes. Par exemple à Nomexy, dans une zone fortement occupée jusqu'au iie siècle, on a trouvé un bâtiment sur six poteaux et à porche, contenant vraisemblablement un foyer à clayonnage. Et pour le moment, seul le site de Marainville-sur-Madon a révélé la présence d'un réseau de fossés et d'enclos quadrangulaires datés de La Tène finale. Pour ce type de site, on peut penser à des fermes ou des domaines plutôt qu'à de gros hameaux ; aucun parcellaire protohistorique n'a été mis en évidence pour le moment
Pour le massif vosgien, les deux sites les plus connus restent la Pierre d'Appel à Étival-Clairefontaine et celui du Camp celtique de la Bure à Saint-Dié-des-Vosges. Le premier site a livré davantage d'éléments que le second (maisons, structures de stockage, fours). On peut alors parler de village établi sur ce promontoire rocheux. Le camp celtique de la Bure possède toutefois un murus gallicus. La spécificité des sites du bassin de Saint-Dié est qu'ils se situent sur une hauteur dominant la vallée, lieu de passage incontournable ; un certain contrôle du cours supérieur de la Meurthe et des voies d'accès à la vallée du Rhin était donc assuré.
Plusieurs voies anciennes (qu'il reste encore, pour certaines, à vérifier archéologiquement), comme la voie Langres-Strasbourg ou Rambervillers-Colmar aboutissaient à des cols vosgiens (col du Donon, col de Sainte-Marie-aux-Mines, col du Bonhomme) donnant accès, soit à la plaine vosgienne, soit à la plaine rhénane. Le bassin de Saint-Dié se place donc à la croisée des voies transvosgiennes.

L'intervention romaine hégémonique gèle la partition territoriale et impose des modus vivendi entre les peuples. Une Gaule Belgique est reconnue sous le premier empire et son essor économique, longtemps retardé par une chute démographique, commence véritablement après 80/90 attirant l'intérêt impérial et les convoitises des voisins car il se poursuit continûment jusqu'en 160.
Les Romains jouant sur les rivalités et le réseau désuet d'alliance soumettent les Belges orientaux qui craignent autant l'expansion germanique que les Celtes du Val de Saône. Ils oublient d'accorder un statut de cité aux Médiomatriques, déclarent les terres leuques en province ouverte sous contrôle de la cité de Toul. Ils permettent l'installation de leurs alliés germaniques qui se fondent parmi les populations existantes.
La civilisation latine prend un essor tardif au ier siècle, mais l'Empire et le Bas-Empire laissent des traces spectaculaires autant en plaine avec la cité d'Andesina et son amphithéâtre, qu'en montagne avec la reconnaissance de grands domaines. Le quadrillage du territoire est réalisé par les voies romaines, qui régularisent les anciens faisceaux d'axes marchands des Gaulois. Les témoignages de présence gauloise subsistent fortement en montagne avec des sites de hauteurs comme le camp celtique de la Bure.
Les divisions administratives restent inchangées au rythme des invasions rapides. La première Gaule belgique est dévastée, parfois occupée momentanément par des Burgondes, des Alamans, des Francs. Au Bas-Empire, la christianisation opère avec lenteur depuis le cœur sacré de la cité, mais modifie considérablement les pratiques rurales. Saint Mansuy, saint Epvre, saint Élophe, saint Exupère, sainte Suzanne font des miracles à Toul ou irradient son voisinage. Après la bataille des Champs Catalauniques en 451, les modestes Francs saliens, présent au nord de la Belgique seconde, sont autorisés par Aetius et l'Empire romain à avancer vers l'immense espace dévasté à l'est qu'ils nomment Austrasie. Leur intelligente et prudente stratégie, puisqu'ils sont plus faibles, est de s'associer avec tous les petits centres de pouvoir locaux, en prenant un droit de contrôle mesuré sur les vieilles cités romaines et surtout leurs voies et péages. Ils sont rejoints par les Francs ripuaires qui s'approprient une large partie septentrionale de l'espace mosan et mosellan. Luttant contre les puissants Alamans, Wisigoths et Burgondes, leur roi Clovis choisit la religion chrétienne primitive, pour s'assurer une multitude de petites clientèles alors que l'autorité des grands rois germains imposent l'arianisme, récente et séduisante hérésie. Les Francs unifiés sous égide royale laissent les échanges s'ouvrir au nord de l'Europe afin d'appeler des aides mercenaires et faire commercer des denrées des contrées lointaines.


Le christianisme a laissé des lieux de culte hyperconcentré autour de Toul, lieu du pouvoir épiscopal et centre sacré de référence pour le territoire de la cité des Leuques. Les grands domaines mérovingiens ou les associations d'hommes solidaires s'émancipent, leurs patrons appellent une nouvelle pastorale monastique qu'ils contrôlent et développent des implantations politiques et chrétiennes, appelées bans, en montagne ou dans les contrées rurales, qui laissent une empreinte durable dans le tissus religieux : Romaric, Amé de Remiremont, Leudinus Bodo, Gondelbert, Saint Dié.
Les derniers Pépinides luttent violemment contre les Étichonides pour contrôler ces hautes terres. Le conflit âpre se clôt avec la victoire de Pépin, imposant une restauration autoritaire du fisc royal et une évacuation parfois radicale des sanctuaires, vénérés par les hommes des communautés vaincues. Les bans chrétiens pillés sont soumis et les groupes d'hommes autrefois libres réduits au servage ou assujettis. Dans le sillage des nouveaux maîtres imposant la religion orthodoxe romaine s'installent les administrateurs bénédictins qui rêvent à leur tour de fonder leur abbaye, Hydulphe y parvient modestement à Moyenmoutier. Quelques décennies plus tard, Charlemagne souhaite apaiser les mesures sévères de son père et restaurent une fraction du pouvoir des bans forestiers. Songe-t-il à la stabilité de ce qui est au cœur de son grand royaume, alors qu'il chasse dans les forêts vosgiennes. Ses enfants l'imitent à Champ-le-Duc, Cornimont.
À la mort de Louis le Pieux, la contrée fait partie de la Francie médiane dont le territoire se morcelle au fil des siècles : Lothaire Ier, Lothaire II, Saint-Empire romain germanique, liste des rois et ducs de Lotharingie.
L'évêque de Toul reprend le contrôle temporel à la fin du xe siècle d'une grande partie de son diocèse. L'activité incessante de saint Gérard en témoigne.
Gérard d'Alsace, qui a des domaines en Xaintois près de Châtenois (ville située en Alsace et non pas celle située près de Neufchâteau), reçoit de l'empereur germanique le duché de Lorraine et fonde une lignée fidèle qui sert le saint Empire tout en accroissant ses terres. Ces descendants allemands, mais polyglottes, subissent l'influence franco-flamande, autant sur les plans économiques que culturelles et religieuses : liste des ducs de Lorraine. Ainsi sans qu'ils y puissent grand chose, s'installe la seigneurie franco-flamande, l'influence des moines blancs, une écriture juridique de l'ancien français, sans oublier les arts et techniques, la poésie et la littérature. Des vassaux du duc de Lorraine prenant le meilleur de cet esprit nouveau s'émancipent en affermissant un soutien politique populaire : maison de Ribeaupaire, comté de Salm qui à la fin du xvie siècle se scinde en comté de Badonviller et principauté de Salm. Mais les Trois-Évêchés et le duché lorrain captent aussi cet héritage et commencent à se structurer petit à petit en véritables États lorrains. La maison française d'Anjou hérite de la branche aînée de Lorraine, mais doit s'allier à une branche cadette, les Vaudémont, après la défaite à Bulgnéville.
Menacé par le rêve d'expansion bourguignonne de Charles le Téméraire, René II préserve son duché grâce à l'aide des villes alsaciennes de la Basse Union et surtout aux garanties financières généreuses du Roi de France, Louis XI. La Lorraine autonome s'émancipe de l'Empire romain germanique. Une période autonome d'apogée lorraine s'ensuit en périphérie de la puissance française bienveillante.
Le conflit entre Valois et Habsbourg envahit les espaces préservées. Le siège de Metz par les troupes de l'Empire permet aux troupes françaises de défendre la cité reconnaissante. Henri II, prévoyant d'autre conflit avec l'Empire, annexe les Trois-Évêchés après la chevauchée d'Austrasie.


Mais l'Empire germanique s'effondre et sombre dans une guerre civile, initialement déclenchée entre catholiques et protestants. La guerre de Trente Ans sévit. Richelieu soutient financièrement les protestants, puis décide d'intervenir. La Lorraine, terre catholique intransigeante, est envahie par les deux alliés. De nombreux massacres sont perpétrés et la destruction systématique de toutes les places fortes est recommandée : Beaufremont, Châtillon-sur-Saône, forteresse de Châtel-sur-Moselle, Fontenoy-le-Château, château de Beauregard, château du Spitzemberg, château du Bonhomme…
Les Français occupent le duché. Au retour de la paix en 1648, ils annexent l'Alsace, aussi prennent-ils tous les prétextes pour contrôler et au besoin occuper temporairement les terres ducales. Les militaires à la fleur de lys y font construire des routes et ne le rendent qu'à contre-cœur. Le roi de France finit par négocier son achat en 1734 à son duc héritier François II.
Pour faire accepter la transition aux Lorrains, Louis XV place son beau-père Stanislas à la tête du duché. La réalité du pouvoir est entre les mains du chancelier français De La Galaizière. Une administration quasi-militaire se met en place, elle est efficace en dépit de la lourdeur des prélèvements fiscaux.
La Lorraine devient un État du Grand Royaume en 1766. Le sentiment patriotique s'y développe fortement dans les classes populaires alors qu'une large fraction de la vieille noblesse choisit de servir et parfois de s'établir dans le Saint-Empire. La Lorraine méridionale connaît une croissance heurtée à l'image du Royaume.
Le département des Vosges est créé le 4 mars 1790. Il était partagé sous l'Ancien Régime entre le duché de Lorraine, le duché de Barrois (bailliage de Bourmont), les Trois-Evêchés (quelques communes du nord-ouest du département, Vicherey, Pleuvezain...), la principauté de Salm, la Champagne et la Franche-Comté (quelques communes du sud-ouest). Elles y sont incluses parce qu'elles sont peuplées de Lorrains.
Les Vosges se mobilisent pour la défense de la République menacée en l'an II. Premier département à avoir versé l'impôt révolutionnaire, on donne en 1848 à l'ancienne place Royale de Paris le nom de place des Vosges. Les premières descriptions du département rappellent trois zones anciennes : la plaine à l'ouest de la Moselle, le piémont lorrain à l'agriculture diversifiée, la montagne vosgienne. Les bandes de cette segmentation se prolongent sur les départements limitrophes, Haute Saône et Meurthe. Réunir ainsi des populations différentes représentent une gageure pour le conseil général, siégeant à Épinal.
De 1791 à 1793, les 9 districts (Épinal, Saint-Dié, Remiremont, Mirecourt, Neufchâteau, Bruyères, Darney, Rambervillers et Lamarche) du département des Vosges fournirent 16 bataillons de volontaires nationaux.
Pendant l'Empire et la Restauration, le département reste une contrée rurale, assez isolée



 

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saintluc
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MessagePosté le: Jeu 30 Mar - 14:13 (2017)    Sujet du message: (88) VOSGES Répondre en citant

Sous la monarchie de Juillet, l'essor démographique vigoureux du département se poursuit, culminant pour nombre de communes vers 1845. Celles qui en étaient dépourvues se dotent d'une église, d'une mairie et d'une école.
Au milieu du xixe, abandons des vieilles activités et formes nouvelles d'industries influencées par le pôle mulhousien commencent à chambouler la répartition de la population ouvrière en forte croissance. Le premier désenclavement routier et ferroviaire consolide les activités des cantons les plus entreprenants. L'exode rural lui est concomitant et l'ouest du département aux bourgades trop faiblement industrialisées perd ses habitants.
Le département est amputé d'une partie de l'arrondissement de Saint-Dié en 1871 par le traité de Francfort : demi-canton de Saales, canton de Schirmeck et forêt de Raon-sur-Plaine sur le versant annexé. Les crises récurrentes de débouchés industriels après 1873, puis agricoles après 1878, amènent une érosion démographique qui se poursuit, malgré la persistance de développement industriel dans les vallées, principalement en aval et les spécialisations agricoles associées au maintien de l'artisanat traditionnel en Plaine.
La Première Guerre mondiale est particulièrement intense et meurtrière en 1914 dans les Vosges. Après une avancée française en Alsace, confortant parfois des positions quasi-inexpugnables en montagne, la puissance offensive allemande vers Épinal et sa ligne de chemin de fer est stoppée sur une ligne sud-est/nord-ouest dans l'arrondissement de Saint-Dié, en particulier à Rougiville, au col des Journaux et au col de la Chipotte. Les Français résistent malgré des pertes colossales, ne cèdent aucun terrain mais, épuisés, ne peuvent plus reprendre l'initiative. Apprenant la percée décisive en Champagne, l'état-major allemand abandonne tous ses projets de nouvelles offensives, et ordonne un repli défensif sur des positions surélevées et minutieusement choisies, abandonnant les fonds de vallées délicates à défendre. Dès qu'ils s'y sont solidement établis fin 1914, la ligne de front reste grosso modo inamovible grâce à la puissance de feu de l'artillerie de chaque camp.
Entre temps et plus occasionnellement ensuite, des luttes violentes et âpres ont lieu : c'est le cas au Spitzemberg, au Violu, à la côte 627, à la Fontenelle au Ban-de-Sapt, à la Chapelotte… où une guerre déployant des moyens industriels se mène souvent dans les airs, sur terre et sous la terre. Mais en de nombreux endroits, le secteur vosgien reste calme à partir de 1915.

De nouvelles armes techniques, l'aviation et les commandos, sont inventées ou développées. Elles permettent de porter l'insécurité de plus en plus loin dans les lignes ennemies. Saint-Dié à 6 kilomètres de la ligne de front n'est plus bombardé qu'à l'occasion par la grosse artillerie allemande, mais aussi dès 1917 par l'aviation à l'instar d'Épinal et des villes-campements logistiques vosgiennes. Les sites stratégiques alsaciens subissent aussi de puissants bombardements franco-anglais. L'intensification de la guerre aérienne au cours des années 1917 et 1918 conduit à une maîtrise des airs par la chasse alliée.
En septembre 1918, la réduction du saillant de Frapelle par la 5e Division d'Infanterie US montre en un lieu et un temps choisi la supériorité de l'offensive alliée. Fin 1918, les tranchées allemandes sont évacuées, quasiment intactes à la suite de l'armistice signé le 11 novembre.
Les Vosges, à l'instar des autres départements lorrains, rentrent dans une spirale de déclins industriels et agricoles alors que des mutations profondes du mode de vie et de l'économie voient le jour.
La Seconde Guerre mondiale : reddition de juin 1940, puis en automne 1944, bataille de Dompaire, bataille de Bruyères, maquis des Vosges, dévastation de la partie montagnarde des Vosges, dernier réduit vichyste et ultime point d'ancrage nazi avant l'Alsace allemande…

 

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saintluc
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MessagePosté le: Ven 31 Mar - 07:33 (2017)    Sujet du message: (88) VOSGES Répondre en citant

Épinal est une commune française située dans le département des Vosges, en région Grand Est. Préfecture, elle se situe au sud de l'ancienne région Lorraine (1982-2015). Épinal est traversée par la Moselle, un affluent du Rhin .
Connue d'abord pour son imagerie, fondée en 1796 par Pellerin, la ville l'est également pour son château et sa basilique.
Épinal est le premier pôle économique et commercial du département et joue donc un rôle majeur à l'échelle régionale dans le cadre du Sillon lorrain. La ville en fait l'expérience avec une extension urbaine forte et une démographie en hausse qui se remarque surtout dans sa banlieue, alors que la population de la ville-centre a tendance à se stabiliser, celle de sa banlieue proche (Golbey, Chantraine...) ou éloignée (Thaon-les-Vosges, etc.) « explose ».
Ses habitants sont appelés les Spinaliens.


Un vieux mémoire, cité par Dom Calmet, nous apprend que le château d’Épinal, un des plus anciens de la Gaule Belgique, dominait autrefois une ville du nom de "Chaumont", (Calmonensis, en latin).
Qu'il fut détruit ainsi que la ville, par les Vandales en 406 ; ainsi qu'Albéric ou Ambon les fit rebâtir l'un et l'autre, en 431, en qu'en 636, les Barbares les ruinèrent de nouveau de fond en comble.
Par la suite, ce lieu se couvrit de ronces et d'épines, d'où lui est venu plus tard le nom "Spinalium" du latin "spina", puis celui d’Espinal, d’Épinaeaux, et enfin d’Épinal.
En lorrain, la ville se nommait Pino.
La date mythique de fondation d'Épinal serait 983 puisque des célébrations ont eu lieu pour le « Millénaire » en juin 1983. Toutefois, on peut considérer aisément que cette date a été choisie de manière politique pour marquer un « point de départ »suite à l'élection de Philippe Séguin au poste de maire.
Sur une terre qui appartenait à l'ancienne cité des Leuques, se trouve un promontoire qui surplombe les routes d'eau nord-sud de l'ancienne route de Germanie (voie romaine Metz-Bâle) et un embranchement de la voie Langres-Strasbourg. Thierry Ier évêque de Metz décide de construire sur une des manses de la paroisse de Dogneville un château et un monastère. La manse s’appelait la manse de Spinal, mais la ville recouvrait aussi10 les terres des manses d'Avrinsart, Grennevo, Rualménil et Villers. Il dota l’ensemble d’un marché. Le but de Thierry était de protéger le sud de ses possessions qui était attaqué par les pillards bourguignons. À l’époque, la ville de Remiremont était bourguignonne. Il donna au monastère les reliques de saint Goëry qui se trouvaient dans le monastère messin de Saint-Symphorien. Ces reliques furent l’objet de nombreux pèlerinages ce qui permit l’essor économique de la ville.
Des fouilles archéologiques ont confirmé des traces d'une présence humaine au xe siècle. Un dépotoir a été retrouvé, ainsi que des traces de clôtures et des latrines.
Le monastère ne fut réellement occupé que sous le règne de son successeur Adalbéron II. L’église et le monastère furent consacrés en l’honneur de saint Maurice et de saint Goëry. Le monastère aurait d'abord été occupé par des hommes (chanoines), puis rapidement par des femmes, bénédictines puis chanoinesses, au xiie siècle.
En 1444, la ville d'Épinal faisait encore partie du domaine des évêques de Metz. En septembre, des représentants de la ville profitent du passage du roi Charles VII à Nancy pour lui offrir la soumission de la ville et lui demander en retour sa protection. L'acte de soumission d’Épinal est daté du 7 septembre 1444. Le roi promet de ne jamais aliéner la cité, mais Louis XI cède la place au maréchal de Bourgogne en 1465. Finalement, Épinal passe sous la tutelle du duc de Lorraine.

Depuis 1466 Épinal appartient au duché de Lorraine. Celui-ci est indépendant depuis le traité de Nuremberg de 1542. À l’intérieur du duché, la ville bénéficie d’un statut de relative autonomie. Elle est administrée par un collège de quatre notables choisis tous les ans. En 1585, on recense un peu moins de 4 000 habitants. Il y a une importante activité textile parfaitement visible sur le plan peint par Nicolas Bellot en 1626 (tableau original visible au musée de la Cité des images à côté de l’imagerie, reproduction visible au musée du Chapitre). Sur cette peinture on distingue parfaitement le blanchiment sur prés des draps au lieu-dit les Gravots. Il existe également une industrie papetière utilisant les moulins sur le bord de la Moselle (également visible sur le plan Bellot). Le plan montre également le château ainsi que les remparts qui protègent la ville. La ville connaît dans la première partie du siècle une certaine prospérité grâce aux activités industrielles et commerciales. Avec l’avènement de Charles IV duc de Lorraine (début du règne le 28 novembre 1625), la situation d’Épinal et de toute la Lorraine change. Ce dernier a un caractère belliqueux et inconstant. Malgré une intelligence certaine et de bonnes qualités militaires, il se montre incapable de mener une politique qui sauvegarde les intérêts du duché. Il choisit les Habsbourg contre les Bourbons, ne comprenant pas que la France est en pleine évolution et devient la puissance dominante en Europe. Au même moment Richelieu récent conseiller du roi Louis XIII cherche à affaiblir la maison d’Autriche. La situation s’aggrave quand Charles IV accueille le frère du roi, Gaston d’Orléans alors en disgrâce qui fuyait Paris. Ce dernier épouse Marguerite de Lorraine à Nancy.


En 1629, la ville est atteinte par une épidémie extrêmement violente de peste pendant les mois de juillet, août et septembre. La Lorraine est atteinte par les armées suédoises qui mènent des incursions meurtrières dans le duché en 1632.
Le 26 mars 1632, Charles IV reconnait par lettre patente les 32 religieuses de l’Annonciade sous la direction de la mère supérieure Seguin (ce couvent se situait sur la place du marché couvert).
En 1633, la ville est attaquée par les troupes françaises du maréchal Caumont de La Force. La ville se rend sans combattre ce qui lui permet de négocier des conditions favorables (proclamation du 17 septembre 1633).
En 1635, le maréchal de La Force empêche Jean de Werth et la ligue catholique d’occuper Épinal. La ville est assiégée par Charles IV, installé à Rambervillers. La défense de la ville est sous les ordres du colonel Gassion. Charles IV doit se replier en novembre sur Besançon sans prendre la ville.
La ville est touchée par une seconde épidémie de peste en 1636. La mortalité est énorme, à la fin de l’épidémie, il ne reste que 1 000 habitants dans la ville. La ville garde la mémoire de cet épisode, l’épidémie s’est appelée l’épidémie des quarante semaines (à cause de sa durée). Un quartier de la ville s’appelle toujours le quartier de la Quarante-Semaine (proche de l’endroit où furent enterrés les malades morts de la peste).


En octobre de cette même année, Charles IV reprend la ville grâce à la complicité d’un conseiller de la ville Denis Bricquel. À la suite de négociations de l’abbesse de Remiremont Catherine, tante de Charles IV, la neutralité de la ville est reconnue par le roi le 24 septembre. Le 2 avril 1641, Louis XIII et Charles IV signent la paix de Saint-Germain qui ne durera que quatre mois. Le 25 septembre, le lieutenant français du Hallier prend le château de la ville au baron d’Urbache. Commence alors une occupation de la ville par les troupes françaises qui dure jusqu’en 1650. Les habitants doivent supporter les frais de cette occupation (logement et nourriture des soldats et des chevaux).
Le 16 août 1650, la France est affaiblie par la Fronde, les troupes de Charles IV commandées par le colonel Lhuiller reprennent la ville avec l’aide des habitants. Malheureusement l’occupation lorraine est aussi lourde que l’occupation française. À la suite de négociations, la ville est de nouveau reconnue neutre par les deux parties. Mais les Français s’arrangent pour faire jouer la neutralité en leur faveur. La municipalité prête allégeance sous la menace au roi de France Louis XIV le 18 juillet 1653 à Nancy. Ainsi commence la troisième occupation française qui dure jusqu’au traité de Vincennes en 28 février 1661. La ville retourne dans le giron lorrain.
La ville est ruinée par les épreuves. Dans une requête datée de 1654 au duc Nicolas François, frère de Charles IV (celui-ci est alors prisonnier en Espagne), le rédacteur mentionne la ville comme étant la plus misérable de la province.

En 1670, les Français prennent la ville de Nancy, Charles IV se réfugie à Épinal. La ville défendue par le Lorrain comte de Tornielle est attaquée par les troupes du maréchal de Créqui. Il s’empare de la ville le 19 septembre et du château le 28 septembre. La ville est condamnée à verser aux Français une somme exorbitante de trente mille francs barrois et doit démolir à ses frais le château et les fortifications. Ces conditions exigées sur ordre du roi étaient destinées à effrayer la Lorraine. Le château est détruit mais les fortifications ne sont détruites que partiellement. Les remparts sont en fait intégrés progressivement à l’habitat. Les portes (porte des Grands-Moulins, porte Saint-Goëry, porte d’Ambrail, porte d’Arches) sont détruites entre 1723 et 1778. La porte du Boudiou n’est détruite qu’au xixe siècle (un jour avant l’arrivée de Prosper Mérimée qui venait déclarer la porte monument historique). Le montant de la somme d’argent à verser est fortement diminué après la reddition des autres places fortes lorraines. Mais la chute de la ville représente un tournant, la ville cesse d’être une place forte.
La ville se francise progressivement. En 1685, le bailliage est remplacé par le bailliage royal. Le système des quatre gouverneurs disparaît. Le premier maire royal de la ville, François de Bournaq est nommé.

En 1790, l’Assemblée constituante demande à l’assemblée départementale des Vosges de choisir entre Mirecourt et Épinal pour désigner le chef-lieu du département. L’assemblée départementale se réunit à Épinal le 1er juin et choisit par trois cent onze voix contre cent vingt-sept la ville d’Épinal. Mirecourt devient une sous-préfecture.
Même si Épinal est moins concernée par le conflit que les régions françaises plus au nord, la ville est néanmoins envahie par les troupes allemandes à partir du 12 octobre 1870. Les combats pour défendre la ville ont eu lieu dans les environs à Deyvillers, vers le château de Failloux, au bois de la Voivre et dans la tranchée de Docelles. À l’entrée des soldats par le faubourg Saint-Michel, s’illustre le Spinalien Sébastien Dubois qui, se plaçant un genou à terre avec son fusil au milieu de la rue, abat deux soldats avant d’être lui-même tué. En représailles de la résistance de la ville, les Allemands demandent 500 000 francs or. Cette somme est ramenée à 100 000 francs après négociation. La ville est occupée jusqu’au 30 juillet 1873.
Paradoxalement, la catastrophe pour la France de la défaite de 1870 est à l’origine d’un formidable développement de la ville. Avec le traité de Francfort, la ville d’Épinal comme la presque totalité du département des Vosges reste française. Commence alors un très fort développement basé sur l’immigration de nombreux industriels alsaciens, notamment du secteur textile, qui fuient l’annexion allemande. Ces industriels sont à l’origine de l’industrie textile dans les Vosges. Épinal prenant la place de Mulhouse, passé en territoire allemand, comme centre industriel du textile. Le développement est également provoqué par la position frontalière de la ville qui devient une des quatre places fortes avec Verdun, Toul et Belfort du système de défense Séré de Rivières.

Au début du xxe siècle, la ville dispose d'un réseau urbain de tramways, ce qui peut paraître étonnant au regard de sa population. Il disparaît avec la Première Guerre mondiale.
En juin 1940, pour protéger la retraite des troupes françaises le génie fait sauter les arches centrales du magnifique viaduc de la Taverne à Dinozé. Le 11 juin 1940, les Allemands vont à leur tour bombarder le viaduc de Bertraménil au cours de leur offensive de manière à couper tout lien ferroviaire aux troupes françaises dans ce secteur.
Le fort de Longchamp situé au nord d’Épinal, qui est le fort le plus puissant de la place, combattit quatre jours en juin 1940 avec un effectif très réduit. Il tirera près de 300 obus de 155 et 400 de 75. Les bombardements qu’il subira ne feront aucun dégât majeur mais cinq soldats périront dans le fort pendant les combats (3 Allemands et 2 Français). Il sera complètement ferraillé en 1943-1944.
La libération d'Épinal commença les 22 et 23 septembre 1944 par un duel d'artillerie qui fut particulièrement tragique pour la ville dont le centre a été durement éprouvé.
Auparavant, débarquée en Normandie, la 3e Armée américaine commandée par le général Patton a libéré le nord de la région d'Épinal. La 2e DB commandée par le général Leclerc formait alors l'aile droite de la 3e Armée américaine. Elle libérait Dompaire et avança sur Épinal par le nord et l'ouest (Chaumousey, Les Forges, Chantraine).
Débarquée en Provence, la 1re Armée française, commandée par le général de Lattre de Tassigny, montait en parallèle avec la 7e Armée américaine et libérait la région sud d'Épinal après avoir pris Toulon, Marseille, Lyon…

Ainsi, les forces alliées avaient décidé de prendre la ville d'Épinal en tenaille, en particulier grâce aux renseignements communiqués par les réseaux de résistance locale.
Très vite, l'ennemi fut chassé de l'usine où il était replié dans l'actuel quartier du port, et les Alliés prirent le dessus sur des Allemands manquant de munitions.
Le dimanche 24 septembre 1944, vers 17h30, le premier char américain de la 7e Armée américaine, commandée par le général Patch entra par le sud dans la ville d'Épinal sous les acclamations de la population : la victoire s'annonçait enfin.
Les habitants vivaient alors la fin de l'époque la plus dure et la plus cruelle de l'histoire de la ville.
Épinal était libérée, mais la ville était sinistrée. Son centre était détruit, le quartier de la gare était totalement rasé après les séries de bombardements visant à chasser l'ennemi. L'hôpital, le lycée, la prison…, toutes les installations, la plupart des ponts, des écoles et l'église, un nombre considérable de logements étaient entièrement ou partiellement détruits.
Au cours de la lutte, l’explosion des ponts fut si forte que tous les immeubles et les magasins bordant les rives de la Moselle eurent à souffrir.
La ville comptait ses morts au milieu des gravats.
Durant l’hiver 1947-1948, une forte crue de la Moselle accrut encore les dégâts.
Le cimetière américain d'Épinal d'une superficie d'environ 22 hectares, fut construit sur le site libéré le 21 septembre 1944 par la 45e division d'infanterie américaine. Le Mémorial est composé d'une chapelle et d'un musée ainsi que d'une cour d'Honneur.
La commune a été décorée, le 22 mai 1950, de la Croix de guerre 1939-1945 avec palme de bronze

  Liste des monuments historiques d'Épinal. 

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MessagePosté le: Ven 31 Mar - 07:50 (2017)    Sujet du message: (88) VOSGES Répondre en citant

La basilique Saint-Maurice d'Épinal est un édifice religieux construit, pour son état actuel, entre les xie siècle et xiiie siècle, elle dépend du Diocèse de Saint-Dié.
Au Moyen Âge, les terres dépendaient du seigneur de Metz, pour le religieux, elles dépendaient du diocèse de Toul, paroisse de Dogneville. Elle se situe vraisemblablement sur l'emplacement de la première église de la ville, édifiée au xe siècle par l'évêque Gérard de Toul sur la demande de Thierry de Hamelant, évêque de Metz, la paroisse est formée de cinq manses prélevèes à la paroisse de Dogneville : Spinal, Grennevo, Avrinsart, Villers et Rualménil. Thierry de Hamelant, fondant le monastère, l'église accueillait à la fois la population de la ville et les moines bénédictins, était initialement dédiée à saint Maurice. Pour parfaire la fondation, les deux évêques se déplacent, Thierry de Hamelant apportant les reliques de Saint Goëry, un miracle aurait eu lieu en cette occasion relatée par Widric. Au sud de la nef, se trouvait le cloître. Au sud du chœur y était associé le premier cimetière spinalien, sur l'actuelle place de l'Âtre, comme le rappelle un crucifix appliqué sur le mur du bras sud du transept. L'évêque suivant, Adalbéron II, trouvant le monastère déserté, décida d'y installer des moniales bénédictines sous le patronage de saint Goëry, un de ses prédécesseurs sur la cathèdre messine.


Dans le milieu du xie siècle, une nouvelle église romane, fut reconstruite, et consacrée par le pape lorrain saint Léon IX. On suppose qu'elle avait un aspect comparable à aujourd'hui. Les murs de la nef sont toujours ceux du xie siècle auxquels des bas-côtés ont été ajoutés au xiiie siècle. Les traces des ouvertures originelles sont bien visibles à l'extérieur, sur le mur sud.
C'est vraisemblablement au cours du xiiie siècle que les moniales sont remplacées par un chapitre de chanoinesses qui subsistera jusqu'à la fin du xviiie siècle. De nouveau consacrée à Saint-Maurice, la collégiale servit aussi d'église paroissiale pour les habitants d’Épinal, un autel ayant été placé à cet effet à l'extrémité est de la nef.
Des travaux eurent lieu du xiiie siècle au xive siècle. Dès le xiiie siècle, le chœur est reconstruit, un nouveau portail ouvrant sur la ville est bâti dans le mur nord de la nef et cette dernière est couverte de voûtes.
En 1846, l'église est classée monument historique. Au xixe siècle, la tour-beffroi fut ouverte d'un portail néo-roman.
C'est le 20 février 1933 que l'église paroissiale Saint-Maurice fut consacrée basilique mineure, sous le pontificat de Pie XI. D'importantes restaurations ont eu lieu au xxe siècle. Un parasol à bande rouge et or, un écusson et une clochette, dans le chœur, rappellent ce titre.

Telle qu'elle est visible actuellement, la tour est très massive et fait une trentaine de mètres ; elle comporte deux parties :
1 : depuis le sol, la partie la plus large, elle fait dix sept mètres de hauteur, deux salles carrées en son sein et couverte par un chemin de ronde, ouverte sur l'extérieur par des baies et des meurtrières ;
2 : par dessus est apposé un beffroi en retrait d'un mètre cinquante, contenant les cloches ;
depuis l'extérieur (T1 sur le plan), sur la droite en entrant et dans l'épaisseur du mur sud, se trouve un escalier en spirale dont les marches sont posées les unes sur les autres ne faisant qu'un avec le moyeu, il arrive jusqu'au chemin de ronde en se terminant par un chapiteau à crochets ;
un second escalier (T2 sur le plan), prenant naissance dans la nef, à gauche de la porte menant de la tour, fut redécouvert en 1984;
un toit en bâtière de grès posé en 1933 avec sur le dessus deux croix, l'une en pierre nimbée, l'autre en fer forgé avec en son haut un coq.


Le chœur
Il se compose d'un vaisseau central qui est formé :
deux travées précédant (A et B),
une abside à cinq pans,
deux absidioles à quatre pans en retrait d'une travée (A).
Le lieu principal de culte, l'abside, est mis en valeur alors que les absidioles en sont traitées que comme de simples annexes. Ces dernières sont remarquables en ce qu'elles sont désaxées, 45° par rapport à l'axe de l'église ; cette configuration est assez rare dans l'art roman. On peut ainsi la comparer aux églises de Montbron, à celle de Monsempron-Libos, à l'Abbaye de Puypéroux et à la Chapelle Saint-Quenin de Vaison-la-Romaine. Cette disposition sera reprise dans l'art gothique dans des exemples rayonnant depuis Église abbatiale Saint-Yved de Braine dans la Champagne et vers le nord, mais aussi vers Collégiale Saint-Gengoult de Toul ou la sainte-chapelle de Dijon ainsi que Bonlieu et Saint Maximin.


Au xiiie siècle, l'église était bordée au sud par un cloître et les bâtiments du couvent et les chanoinesses avaient ainsi une entrée particulière (A1 sur le plan) ; les paroissiens entraient donc par le nord, entrée dite des bourgeois (A2 sur le plan). Cette disposition persista jusqu'au xixe siècle où en fut alors percée une autre dans la tour (portail roman). Ce portail est alors nommé Antrée Mons St-Goéry
Il comportait un important décor sculpté avec des statues sur les parois de droite et de gauche, tandis que les deux tympans latéraux et le tympan de face comportaient des décors. Il y avait aussi des voussures ornées. L'ensemble subit une forte dégradation en 1793, mais Émile Boeswillwald supervisa des travaux réalisés par Schuler. Le portail est formé d'une entrée de 7,6 m en forme de trapèze avec une croisée d'ogive dont la clef est un agnus dei entouré d'un cercle de feuillage et d'un personnage très abîmé qui pourrait être un ange. L'arête sur la rue est un arc légèrement brisé avec une archivolte à deux voussures avec un décor en feuilles terminées en crochets. Le tout est surmonté d'une arête en saillie supportée par des corbeaux en gargouilles.
Au centre, entre les deux portes, se trouve une statue de la Vierge à l'Enfant haute de 2,25 m posée sur un trumeau ; elle porte des traces de polychromie et semble dater du xiiie siècle. Il reste cinq têtes de ce portail conservées au Musée départemental d'art ancien et contemporain d'Épinal.


Œuvres hébergées
Un tableau de Nicolas Bellot représentant la passion du Christ et le château d'Épinal (ce dernier symbolisant Jérusalem) au xviie siècle est exposé dans la basilique.
La nécropole des Dames du chapitre Saint-Goëry (sépultures de Yolande de Bassompierre à Gabrielle de Spada)
Reliquaires de saint Auger, saint Goëry et saint Maurice et de ses compagnons
Orgue somptueux mais abîmé ; pouvant fonctionner par soufflets bien qu'il soit maintenant électrique.

 

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MessagePosté le: Sam 1 Avr - 06:55 (2017)    Sujet du message: (88) VOSGES Répondre en citant

Domrémy-la-Pucelle est une commune française située dans le département des Vosges en Lorraine. La commune de l'arrondissement de Neufchâteau fait aujourd'hui partie de la région administrative Grand Est.
Domrémy-la-Pucelle est connue pour être la patrie de Jeanne d'Arc.
La commune est située dans la vallée de la Meuse au nord de Coussey. Le territoire communal englobe vers l'ouest une éminence boisée culminant à 407 m (le bois de Domrémy) et qui domine Les Roises, une petite commune meusienne.
Le nom de la localité est attesté au xie siècle sous la forme latinisée Domnum Remigium, puis Dompremy la Pucelle en 1578.
S'il existait un toponyme gaulois antérieur, il a disparu comme plusieurs milliers d'autres en Gaule sans laisser aucune trace. La formation toponymique actuelle date du Moyen Âge. Il s'agit d’un composé en Dom-, élément fréquemment rencontré dans la toponymie médiévale et signifiant « saint » au sens de dédicace de la paroisse, suivi du nom de saint Remy auquel est d'ailleurs consacré la paroisse, d'où la forme latinisée Remigius qui est précisément le nom de Remi (Remy ou Rémy) en latin. Le terme masculin dom, issu du latin dom[i]nus a disparu de l'usage commun, alors que sa forme féminine Dame s'est perpétuée dans le français moderne. Le a de dame, vocable issu du latin dom[i]na, est lié au phénomène de l'haplologie. On trouve également en toponymie la forme altérée Dam- comme dans Dammartin par exemple.


Domremy est un type toponymique fréquent puisqu'on trouve Domremy-Landéville (Haute-Marne, Domnus Remigius xie siècle) ; Domremy-aux-Bois (Marne, Domnus Remigius en 1047) ; Domremy-la-Canne (Meuse, Domnus Remigius en 1064) ; ainsi que Dompremy (Marne, Damremigius en 1161). En outre Dom- se retrouve dans les nombreux Dommartin Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Domjean, Domptail, Domprix, etc., tous formés avec un nom de saint.
La prononciation rémoise parfaitement constante depuis des siècles est « Remi » (et non « Rémi »). Remy (rarement Remi) est par ailleurs un nom de baptême et un patronyme très fréquemment attesté depuis un millénaire. Dans une monographie sur Jeanne d'Arc, Jérôme Estrada écrit : « Il est inexact d’écrire Domrémy avec un accent. L’« e » initial de Remigius étant libre — c’est-à-dire suivi d’une seule consonne — s’est affaibli en « e » sourd en français ». En réalité ce e intervocalique était devenu muet en français, d'où la prononciation ancienne « r'nard » pour renard, « s'cret » pour secret, « p'tit » pour petit. L'articulation du e [ø] est une réaction moderne, on devait dire « r'mi ». C'est pourquoi il faut écrire Remy comme renard ou secret sans accent aigu. Alain Litaize de l’université de Nancy pensent, que « la règle qui prévaut veut que l’on retienne la prononciation locale ». En la matière, les Domremois, à commencer par leur maire, Daniel Coince, et l’ancien recteur de la basilique Jean Mengin prononcent « dom-re-mi ».
Le sénateur Albert Voilquin fit passer au pilon tous les timbres de la maison de Jeanne d’Arc édités en 1970 parce qu’il y avait un accent aigu sur le e


Le lieu était habité à l'époque celte comme le montrent certaines murailles et tumuli antiques.
Au xve siècle, du vivant de Jeanne d'Arc, la paroisse était divisée en deux parties : l'une dépendait du comté de Champagne, française, l'autre du Barrois mouvant. La jeune Jeanne d'Arc aimait se rendre en la chapelle de Bermont, près de Greux, pour prier, comme à l'église de Domrémy où elle avait reçu le baptême. Ses voix, qui l'initièrent à sa mission et l'accompagnèrent dans son action – les saintes Catherine d'Alexandrie, Marguerite d'Antioche et saint Michel Archange – étaient pour elle des figures familières du voisinage, voire familiales, ce qui contribua à ouvrir la psychologie de la jeune adolescente à la vocation hors norme qui fut la sienne.
Domrémy – ou du moins la partie dans laquelle se trouvait la maison de Jeanne d'Arc, à savoir la partie nord du village – fut exempté d'impôts par Charles VII après son couronnement lors de l'anoblissement de Jeanne d'Arc. En 1571, le village de Domrémy fut officiellement rattaché à la Lorraine et perdit le privilège (le duché de Lorraine relevait du Saint-Empire romain germanique) et fut rattaché au royaume de France près de deux siècles plus tard sous Louis XV). En revanche, le village de Greux demeura territoire français et conserva le privilège jusqu'en 1766. La paroisse de Domrémy devint en 1578 Domrémy-la-Pucelle. Elle passa au statut de commune à la Révolution française.

Lieux et monuments
Maison natale de Jeanne d'Arc, classée monument historique depuis la première liste en 1840.
Église Saint-Rémy: cette église a été « retournée » en 1824, c'est-à-dire que l'entrée actuelle se trouve à la place de l'ancien chœur et que le chœur actuel est à la place de l'ancienne entrée. On peut y voir, sur un pilier, le martyre de saint Sébastien.
Basilique du Bois-Chenu ou basilique Sainte-Jeanne d'Arc (du nom du lieu où Jeanne entendit ses voix) et son orgue de Jacquot-Lavergne construit en 1944.
Centre Johannique, musée. Appuyé sur les découvertes les plus récentes de la recherche, documenté par de nombreux extraits de textes d'historiens renommés et richement illustré de reproductions d'œuvres d'art médiévales ou plus récentes, le Centre d'Interprétation tente de replacer le personnage de Jeanne d'Arc et son épopée dans son contexte historique et, sans en percer totalement le mystère, de l'expliciter par l'étude des mentalités et de l'imaginaire médiéval. On peut y découvrir une vidéo courte résumant la vie de cette grande figure de l'histoire de France (quinze minutes), une plus longue – vision sensible du pays de Jeanne et de son histoire – (une heure) ainsi qu'un théâtre son et lumière, la Chambre des Rois, présentant la guerre de Cent Ans et ses acteurs principaux (dix ou vingt minutes).
Carmel de Domrémy construit par l'architecte Louis Sainte-Marie-Perrin. Maurice Barrès dans son livre Les Amitiés françaises évoque ce bâtiment qu'il n'aime pas et y publie deux lettres de l'architecte.
 

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MessagePosté le: Dim 2 Avr - 07:10 (2017)    Sujet du message: (88) VOSGES Répondre en citant

Remiremont est une commune française située en Lorraine, dans le département des Vosges et la région Grand Est. Elle est la troisième agglomération urbaine du département après Épinal et Saint-Dié-des-Vosges.
Géologiquement, la ville est construite dans un environnement assez varié, constitué d'alluvions récentes, mais aussi de roches magmatiques (granites, microgranites…) et de roches métamorphiques au faciès granulite, ainsi que de roches sédimentaires notamment du Trias, avec des roches déposées précisément au Buntsandstein moyen, vers le sud de Remiremont (conglomérats, grès relativement grossiers, et paléosols).
L'Augronne prend sa source à l'étang du Renard au sud-ouest de la commune. Cela a pour conséquence d'avoir la partie sud-ouest de la commune se situant dans le bassin du Rhône alors que la reste de la commune est dans le bassin du Rhin.
La commune est limitrophe au parc naturel régional des Ballons des Vosges et est traversée par le GR 7 et de nombreux chemins de randonnées.
Un plan d’eau d’un peu plus de neuf hectares, créé en 1988, accueille les touristes en quête de verdure et de loisirs. Outre l’observation des oiseaux et la pêche, de nombreuses activités sont proposées autour du plan d’eau : plongée, canoë-kayak, baignade (surveillée pendant les mois d’été), pétanque et planche à voile. C’est aussi le point de départ d’une voie verte menant à Cornimont et à Bussang.
 Le pont de Prieur, enjambant la Moselle, relie les communes de Remiremont et Saint-Étienne-lès-Remiremont


Le nom de la ville de Remiremont dérive par décalque du nom de l'institution abbatiale prestigieuse, qui s'y installe initialement entre la fin du IXe siècle et le IXe siècle, cette dernière avait été fondée aux temps mérovingiens sur l'actuel saint-Mont, qui se nommait autrefois en latin ecclésiastique Sancti Romarici mons, abrégé en Romarici mons, le « mont de (saint) Romaric ». Romaric était selon la légende hagiographique un noble leude de la cour d’Austrasie à Metz, qui abandonna les affaires de cour pour la vie monastique, sous l’influence d’Amé de Remiremont, moine prédicateur disciple de saint Colomban. Ils fondèrent vers 620 deux monastères sur le mont Habendum que possédait Romaric, l’un d’hommes, et l’autre au sommet de femmes. Saint Romaric vécut pendant trente ans dans cette abbaye du Saint-Mont10, jusqu’à sa mort en 653.
 L'institution mixte de Romaric est progressivement démantelée et transférée au pied du Saint-Mont, puis sur l'autre rive pour favoriser le peuplement et améliorer le contrôle de la communauté religieuse, sous l'égide des derniers maîtres du palais pépinides à l'origine de la dynastie carolingienne, ceci provoque à long terme le développement de Remiremont.
L'abbaye suit une règle approuvée par Louis le Débonnaire et publiée en 816 au concile d’Aix-la-Chapelle.
La refondation carolingienne est aussi transformée de manière préférentielle en communauté de chanoinesses, séculière et souveraine, le Chapitre de Remiremont dirigée par une abbesse héritière spirituelle des filles de Romaric, l'institution féminine dénommée abbaye de Remiremont est désormais réservé aux jeunes filles de la haute noblesse d'Empire. Jusqu'à une cinquantaine de nobles dames pouvaient y vivre avec de riches prébendes car l’abbaye érigée par les carolingiens au rang de principauté ecclésiastique incluant forêt et pâturages avait de nombreuses possessions et l’abbesse souveraine avait rang de princesse du Saint-Empire romain germanique lors des cérémonies royales ou impériales.

Dès le XIIe siècle, les ducs de Lorraine, avoués de l'abbaye d'Empire, commencent à grignoter des parties cruciales de pouvoir princier aux abbesses et aux chanoinesses, en s'accaparant de biens et de droits stratégiques. L'administration ducale s'interpose souvent en façonnant des alliances politiques avec les populations montagnardes, justifiant a posteriori leurs interventions constantes et en s'immisçant dans l'administration de territoires limitrophes, parfois annexés promptement.
Au XVe siècle, l'état lorrain établit de facto une suzeraineté de ses dirigeants sur les territoires de l'abbaye et du chapitre, les ducs prenant le titre symbolique de comtes de Remiremont.
  L'abbaye d'Empire, encore auréolée de prestige, est ravalée au rang d'une simple seigneurie ecclésiastique, jouissant de biens fonciers encore considérables et gardant un simulacre d'indépendance par sa petite administration relictuelle, placée sous surveillance ducale.
Michel de Montaigne, qui s'arrêta à Remiremont en 1580, lors de son voyage en Italie et en Allemagne, relate dans son journal de voyage que l'abbesse et les chanoinesses lui firent le plus aimable accueil et lui firent envoyer des artichauts, des perdrix et un baril de vin pour restaurer sa petite équipée.
Il faut attendre le dernier quart du XVIe siècle pour que l'administration étatique de Lorraine s'accapare des derniers droits de contrôle des chanoinesses et abbesses, en l'occurrence sur les bois dits "répandise" et les chaumes. La cartographie orchestrée par le président de la chambre des comptes Thierry Alix en fait foi entre 1576 et 1578.

Pendant la guerre de Trente Ans, l'Abbesse Catherine de Lorraine, fille du duc Charles III de Lorraine, fit preuve d'initiative et de courage. En juillet 1638, lors du siège de Remiremont par les Français commandés par Turenne, avec ses chanoinesses, elle entraîne la population de Remiremont et en quelques heures les trois brèches ouvertes par les canons français dans les murs de la ville se trouvent réparées.
Auguste Digot dans son Histoire de la Lorraine en fait le récit:… le sieur de la Jonchette, gouverneur d'Épinal, avait engagé le vicomte (Turenne) à se diriger sur Remiremont, pour y rétablir l'autorité du roi. Il disait que la ville ne pouvait tenir plus d'une demi-journée… Turenne chargea La Jonchette d'attaquer Remiremont, et le siège commença le 2 juillet. Il n'y avait que trente soldats dans la place, mais les bourgeois avaient pris les armes, avec la résolution de se bien défendre. Le 3,le marquis de Ville parvint à s'échapper et gagna les montagnes, où il tâcha de rassembler du monde pour secourir les assiégés. La Jonchette ordonna deux assauts, fut repoussé avec pertes et dressa une batterie, qui ouvrit, en peu d'heures, une brèche large de vingt pas. Comme les soldats et les bourgeois n'étaient pas en état de garder les murailles et d'exécuter les ouvrages indispensables pour empêcher l'ennemi de pénétrer dans les rues, le commandant lorrain mit les femmes en réquisition ; elles refusèrent de sortir de chez elles ; mais la princesse Catherine, qui se trouvait heureusement dans la ville, accourut, avec les chanoinesses, et donna l'exemple de l'obéissance et du travail. À ce spectacle, chacun, voulut mettre la main à l'œuvre, et le dégât fut promptement réparé. Le 5 juillet, une compagnie de cavalerie lorraine, venant de la Franche-Comté, réussit à se jeter dans Remiremont ; le marquis de Ville y fit entrer cent cinquante hommes d'infanterie, et les Français, rebutés par l'opiniâtre résistance des assiégés, décampèrent, le 8, après avoir perdu plus de 700 hommes : tués, blessés ou prisonniers.
Jacques de Huvé, capitaine châtelain de la ville et du comté de Fontenoy-le-Château à la tête des sujets de sa capitainerie participa glorieusement à la levée du siège.
 À la Révolution française : le 7 décembre 1790, l’église abbatiale fut fermée après onze siècles d’existence.


Saint Romaric portant le monastère qu'il a fondé (détail).

La dernière abbesse, Louise-Adélaïde de Bourbon-Condé émigra, comme certaines des chanoinesses, pendant la Révolution. D'autres choisirent de retourner dans leur famille.
Pendant quelques années, la ville de Remiremont s’appela Libre-Mont.
Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.
Vers 1801 des Juifs s'installèrent à Remiremont. Ils venaient des pays de l'Est et d'Alsace ; leur nombre ne cessa de s'accroître jusqu'en 1881. Ils exerçaient les métiers de fabricant de tissu, boucher, marchand de bétail, de chiffons.
La synagogue construite dans un style orientaliste a été inaugurée en 1873, et l’année suivante la communauté de Remiremont devient le siège d’un rabbinat alors qu’elle dépendait précédemment du rabbin d’Epinal. À la Libération, seulement une demi-douzaine de familles rescapées de la Solution finale reviennent à Remiremont. De ce fait la synagogue est vendue à un particulier et détruite. Ses seuls vestiges visibles se trouvent actuellement à la synagogue-musée de Bruyères et les bancs des fidèles servent dans l'oratoire de la synagogue d'Épinal.
Quarante-et-un juifs romarimontains périrent lors de la Shoah. La présence d’un important cimetière israélite atteste de l’importance de la communauté juive pendant plus d’un siècle.
Après la guerre franco-prussienne de 1870, un fort fut érigé au-dessus de la ville, le fort du Parmont. Il est ouvert en 1876 après 2 ans de travaux. Durant la Seconde Guerre mondiale, il tombe aux mains de l'armée allemande le 18 juin 1940. Après cette guerre, il sera utilisé jusqu'en 1960 par l'armée américaine comme dépôt de munition. Laissé a l'abandon, il est restauré depuis 2005 par des bénévoles.
La ville fut libérée le 23 septembre 1944. Les troupes américaines sont arrivées ce jour là par la route qui s'appelle aujourd'hui rue des États-Unis.
 

Les Services Régionaux de l’Inventaire des Monuments Historiques et de l'Archéologie ont procédé à une étude complète du patrimoine de la ville. L'Abbatiale St Pierre est un élément très important de ce patrimoine.Elle est en majeure partie gothique même si le clocher a été rebâti au XVIIIe siècle. À l’intérieur, de belles décorations de marbres du XVIIe siècle décorent le chœur orné d’un retable monumental, spécialement conçu pour l’exposition des châsses de reliques. À droite du chœur, se trouve la statue de Notre-Dame-du-Trésor datant du XIe siècle. Au-dessous du chœur, une crypte composée de trois chapelles date du XIe siècle. Dans la première chapelle se trouvent différents sarcophages. Dans la galerie centrale de la crypte, les voûtes d’arêtes reposent sur des colonnes monolithes. Dans la troisième enfin, fermée au public, on a retrouvé des peintures murales médiévales. L’église a été récemment rénovée ainsi que son orgue.
  L’ancienne horloge de l’abbatiale a été installée en 1855 par Jean-Baptiste Schwilgué, l’auteur de la troisième horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg. Elle a été motorisée vers 1950, puis remplacée. Vers 1989 elle a été restaurée par l’entreprise Sonorest de Colmar, mais pas dans son état d’origine (le rouage de mouvement n’a pas été reconstitué et l’horloge est présentée au musée Charles-de-Bruyères avec ses différentes parties déconnectées, du fait de l’utilisation de trois cloches de verre distinctes). Il s’agit vraisemblablement de la dernière grande horloge de Schwilgué.
    Grand Orgue de l'église abbatiale, et l'orgue de chœur.
    Accolé à l’église, l’ancien palais abbatial, de style classique, édifié par l’abbesse Anne Charlotte de Lorraine, fille du duc Léopold Ier, présente une belle façade. Aujourd’hui, ce palais abrite l’hôtel de ville de la commune.Il a également abrité le Tribunal d'Instance de Remiremont jusqu'en fin 2009. L’ensemble des façades et toitures, sol de la cour, sol du jardin et sol du passage jusqu’aux murs de l’église ont été inscrits sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques le 31 mai 1965.
    Il subsiste encore une douzaine de maisons de chanoinesses des XVIIe et XVIIIe siècles dans le quartier de l’église et du palais.
    Notons aussi que les armes de l’abbaye de Remiremont figurant sur le fronton du Cheval Blanc à Wintzenheim rappellent que les dames chanoinesses possédaient là une cour colongère.
    La rue principale de la ville est la rue Charles-De-Gaulle. Cette rue possède de nombreuses arcades, aux piliers fleuris de géraniums, témoins de l’urbanisme du XVIIIe siècle.


Tables de la Loi de l'ancienne synagogue de Remiremont, au Musée Henri-Mathieu à Bruyères

Le musée municipal Charles-de-Bruyères expose l’histoire de Remiremont, l’artisanat lorrain : mobilier, verreries, faïences, dentelles, cires habillées. Il y a notamment des manuscrits précieux, des tentures peintes, des sculptures gothiques provenant de l’ancienne abbaye, des faïences du XVIIIe siècle, des peintures hollandaises du XVIIe siècle et des peintures françaises du XIXe siècle.
La maison-musée Charles Friry se situe dans un ancien hôtel des chanoinesses proche de l’église. Le musée possède des collections de documents, statues, objets d’art, hérités des Dames de Remiremont ou se rapportant à l’histoire locale et de la région. Il y a également de nombreuses peintures des XVIIe et XVIIIe siècles, des gravures et des pièces de mobilier, d’époques et de provenances diverses. La plus belle œuvre d’art du musée est Le Veilleur à la sacoche peint par Georges de La Tour. Ces anciennes salles d'habitation ont conservé leurs décorations du XIXe siècle. Dans le jardin du musée, qui reconstitue en partie le « Grand Jardin » de l’abbaye, on trouve deux fontaines ornementales et quelques autres vestiges anciens.
L’hôpital-hospice Sainte-Béatrix (détruit), du 1er quart XVIIIe siècle, dont il subsiste des éléments inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques (portail, niche et statue) et qui a conservé ses pots à pharmacie.
La statue du Volontaire de 1792, une œuvre du sculpteur Paul-François Choppin.
Dix fontaines de grande qualité artistique :
   Deux fontaines, la fontaine de Neptune et celle d’Amphitrite, classées par arrêté du 20 décembre 1966. Celles-ci faisaient partie de l’ancien jardin des chanoinesses de l’abbaye.
    Huit fontaines du XIXe siècle, la fontaine des Dauphins de 1818, les fontaines de la rue Xavée, de la rue Maucervelle et de la place de Mesdames de 1828, les fontaines des Capucins et à deux bassins de 1829, la fontaine du Cygne de 1845-1852 et la fontaine du jardin des Olives du troisième quart du XIXe siècle.


La chapelle de la Madeleine, dédiée à sainte Marie-Madelaine47 des XVIIe et XVIIIe siècles, dans un site de qualité à cheval sur les communes de Remiremont et Saint-Étienne-lès-Remiremont, inscrit par arrêté du 24 janvier 1944, et qui a servi de léproserie48. La chapelle a été inscrite sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 16 juillet 1991.
Les nombreuses croix sur la commune.
Temple protestant
Synagogue inaugurée en 1873, au bout de l'avenue Sadi Carnot, démolie un siècle après sa construction, elle se trouvait à la place occupée aujourd'hui par la Résidence l'Empereur.
Le cimetière juif, fondé vers 1830, accueille également les défunts des familles du Thillot.
Le monument aux morts, la plaque commémorative, la plaque commémorative à la mémoire des agents de la SNCF victimes de la guerre, les tombes militaires et le carré de corps restitués témoignent du lourd tribut des romarimontains aux différents conflits mondiaux.
Les sites naturels et paysagers

 

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MessagePosté le: Lun 3 Avr - 06:13 (2017)    Sujet du message: (88) VOSGES Répondre en citant

Saint-Dié-des-Vosges, appelée Saint-Dié jusqu'en 1999, est une commune française, chef-lieu de la Déodatie et d’arrondissement du département des Vosges. Située en Lorraine, la commune fait aujourd'hui partie de la région administrative Grand Est.
Ses habitants sont appelés les Déodatiens.
Chef-lieu d’un ban mérovingien à un coude remarquable de la vallée de la Meurthe, la ville de Saint-Dié-des-Vosges s’est pérennisée par de prestigieux monastères et sanctuaires chrétiens, accueillant pèlerins et malades. Si au xiie siècle, l’église Saint-Dié, érigée en chapitre et ses chanoines essaient de fonder une ville autour de leur collégiale et commencent à l’entourer de murailles et de tours, c’est au siècle suivant que la ville basse-lorraine naît véritablement par une association entre le duc de Lorraine et la collégiale.
Après l’incendie du 27 juillet 1757 au centre-ville, la grand’rue est reconstruite sous Stanislas, duc de Lorraine à titre viager ; un urbanisme français rectiligne promeut artères et ponts, ainsi la rue Stanislas, la rue des Trois-Villes, le Grand Pont… La ville se développe avec la route des autorités françaises. Centre de subdélégation, elle rassemble administrations forestières, justices et surtout évêché érigé en 1777.

La commune a connu un essor industriel entre 1830 et 1890. Elle est connue pour sa braderie à la fin septembre, héritière de ses foires d’automne. Le Festival international de géographie a été fondé en 1989 par une association privée, présidée par le maire. Il s’agit de fêter début octobre la discipline « géographie » avec salons, conférences, manifestations et des prix de reconnaissance, en particulier le prix Vautrin-Lud couronnant une carrière de chercheur et des classements de participation à l’exposition des posters scientifiques.
La ville tient son nom du chrétien saint Dié, fondateur de ban et moine chorévêque de rite colombanien (de saint Colomban, moine irlandais), dénommé en latin Deodatus, en français Déodat ou Dieudonné, abrégé par l’usage en Dié. La base latine persiste dans le gentilé. Longtemps dénommée Saint-Dié, la commune a pris officiellement son nom actuel de Saint-Dié-des-Vosges (parfois abrégé par l’acronyme SDDV) à compter du 29 décembre 1999. L’ancien nom, plus court, est encore employé, notamment à Nancy, pour la météo de la chaine régionale FR3, alors qu'à Épinal, à Strasbourg ou même à Paris, les instances officielles ont entériné le changement de nom. On peut aussi faire remonter l'appellation du toponyme de Saint-Dié avec les Vosges, à la plus ancienne charte de Charlemagne, rédigée à Aix-La-Chapelle, le 13 janvier 769, où le toponyme de Saint-Dié en latin est suivi de la mention infra Vosago silva. (ANF, K5, pièce n° 12).

La toponymie actuelle conserve la trace d’une multitude de lieux, hameaux, et de fermes près de la petite ville de Saint-Dié. L'immense majorité des toponymes séculaires, en dehors des repérages concrets des droits d'usages coutumiers, d'installations ou de propriétés anciens sont des toponymes gallo-romains du ier siècle, à l'instar des contrées rurales environnantes.
Les contrées de la rive sud de la Meurthe entouraient le faubourg du Vieux-Marché, autrefois au cœur de la paroisse Saint Martin : La Bolle, Foucharupt, Hellieule, Le Faing Sainte-Marguerite, Les Moîtresses, Périchamps, La Prairie, Les Tiges. Elles jouxtaient les fermes : La Rouge Pierre, Cerisiers, Chartreuse, Chenal, Le Bihay, La Balonne, La Ménantille, Monplaisir, La Goutte du Rupt, Le Haut du Mont…
Les contrées sur la rive nord de la Meurthe environnaient la ville de Saint-Dié, autrefois ceinte de murailles et entourée de faubourgs tels Saint-Charles et Saint-Éloi : les Behouilles, le Breuil, Dijon, les Jardins (zone du Beaujardin), Grattain, La Fontenelle, Trois-maisons (au-delà du faubourg Saint-Éloi), Varcosée. Les fermes dont un grand nombre existaient déjà au xiiie siècle, étaient : Les Jardins, Le Haut Jardin, Vigne-Henry, Paradis, Purgatoire, Enfer, la Behouille, Bois-Basselin, Tour Bayard devenue Tour Malakoff…
Les Trois Villes, doyenné donné en compensation de dommages de guerre par le duc de Lorraine au chapitre de Saint-Dié en 1225, sont un domaine de trois contrées (Marzelay, Le Villé, La Pêcherie), qui ont toujours gardé ensemble une forte individualité. Elles ne semblent nullement appartenir au ban Saint Dié à sa fondation

Enfin, Robache était une vieille mairie du ban Saint Dié, indépendante sous l’Ancien Régime, comprenant les écarts de Rétimont, Robache, des Raids de Robache et de La Culotte avec ses fermes : Les Behouilles, La Goule, Le Gouteau, Le Gouti, Ortimont, Saint-Roch (chapelle), Tour Bayant… Des lieux-dits porteurs de chapelottes, c'est-à-dire de petites statues de la Vierge ou de saints locaux, ont marqué la toponymie depuis l'époque médiévale. Le quartier de l'Orme provient d'un ou de plusieurs ormes à chapelottes. À proximité il y avait un sentier du sapin de la Vierge, un autre du chêne de la Vierge. La préservation des noms d'arbres n'est pas exceptionnelle dans la toponymie vosgienne, mais elle est limitée à des lieux sacrés très anciens repris tardivement par le christianisme.
Les quartiers officiels ont repris une grande part de ces toponymes.
Au cours de la Révolution française, la commune porte le nom d'Ormont
Suite: Saint-Dié-des-Vosges — Wikipédia


 

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MessagePosté le: Mar 4 Avr - 06:12 (2017)    Sujet du message: (88) VOSGES Répondre en citant

Gérardmer est une commune française située dans le département des Vosges, en Lorraine. La commune, qui fait aujourd'hui partie de la région administrative Grand Est, est le chef-lieu de son propre canton, dans l'arrondissement de Saint-Dié-des-Vosges. 
Elle doit son surnom de « Perle des Vosges » à Abel Hugo, frère de Victor.
Ses habitants sont appelés les Gérômois.
L'altitude la plus basse de la commune, 584 m, voit la Vologne s'écouler en direction de Granges. Le point le plus élevé est la Tête de Grouvelin qui culmine à 1 137 m et surplombe le lac de Lispach de La Bresse. La Tête de Grouvelin est aussi le sommet de la station de ski alpin de Gérardmer d'où partent plusieurs pistes de ski alpin.
Issu de la glaciation de Würm (80 000 à 10 000 ans av. J.-C. environ), le lac de Gérardmer est retenu par une moraine terminale bloquant définitivement la vallée vers l'aval. Il se déverse dans la Vologne par la Jamagne.
Le Sud de la commune, section des Bas Rupts, est drainé par le Bouchot et ses affluents, qui s'écoulent vers l'ouest.
La Cleurie et ses petits affluents drainent l'Ouest de la commune, en aval de la moraine.


Le toponyme est attesté sous les formes:
Geramer, 1285
Giramoix, 1343
Giralmeiz, xive siècle
Giralmeix, xive siècle
Giralmer, 1418
Geroltsze, 1426
Geroltsehe, 1484
Geroltzsee, 1484
Giramer, 1493
Giralmei, 1549
Gyraulmey, 1556
Girardmer, 1565
Gerardmer, Girameix, Gerameix, 1567
Giraulmeix, 1569
Giraulmer, 1571
Giraumeix, 1580
Gerentsee, 1580
Gerolt See, 1588
Giradmer, 1594
Girardmer, 1596
Giraumey ou Girarmer, 1656
Jerosmé, 1663
Gérarmer, Gerardi Mare, 1768
Gérardmer, appelé vulgairement Giraumeix, 1779

Les formes anciennes antérieures à celle de 1565 semblent montrer qu'il s'agit du nom de personne Giraud, variante de Géraud. La forme germanique initiale de l'anthroponyme est Ger(w)ald, qui a donné Géraud en français et Gerold en allemand, implique d'ailleurs le même anthroponyme. La confusion avec le nom de personne Gérard s'est effectuée à la fin du xvie siècle. On retrouve ce nom de Géraud dans Gérauvilliers (Meuse, Girauviller 1338).
En ce qui concerne l'appellatif utilisé comme second élément, il est fréquent d'entendre deux prononciations, même parmi des populations vosgiennes. L'étymologie et l'histoire dialectale ne justifient que la seconde prononciation pour les habitations et le centre ancien. En dialecte des hautes vallées, mô signifie « mer », et moué signifie « maison avec champ cultivé ». D'une manière générale, en dialecte vosgien, l'origine peut être germanique ou latine :
mô(r) ou mer a le sens générique de « lac, étendue d'eau » et est sans doute d'origine germanique, de même l'ordre déterminant-déterminé (Gerard-mer) reflète une influence syntaxique du germanique. En effet, -mer est attesté en vieux haut allemand mari / meri 'lac', correspondant du vieux bas francique *meri 'lac', 'étendue d'eau' (néerlandais meer), du vieux saxon meri, Goth. mari-, marei, du vieux norrois marr (suédois mar-, français mare). Ils dérivent d'un germanique commun *mari, lui-même issu de l'indo-européen *mori. L'indo-européen explique aussi l'origine du latin mare 'mer' (italien mare, français mer), vieux celtique *mori 'mer' (gaulois mori-, more, irlandais muir, gallois môr, breton mor), vieux slavon morje. L'appellatif toponymique d'origine germanique -mer est aussi attesté çà et là, de manière sporadique, dans le nord de la France (cf. Cambremer, Mortemer, etc.).
m(ou)é est apparenté au latin tardif mansus, au mas de la langue d'oc, au meix (-metz) de la langue d'oïl Il désigne un domaine, soit au moins une grande maison avec dépendances, jardin, prés, bois...
Or, les habitants de la vallée, lorsqu'ils désignent les lacs, disent :
Longemô pour Longemer, car c'est un lac tout en longueur,
R'tôn mô pour Retournemer, car ce lac est situé dans un cul-de-sac, pour revenir dans la vallée, il faut faire demi-tour, d'où « retourne ».
Mais ils prononcent « Girômoué » pour Gérardmer, suivi en cette différence de prononciation par la majorité des anciens dialectophones de la montagne vosgienne : « girômé, giromé, djiraumé ».... suivant des graphies non fixées. Ainsi, les habitants de Gérardmer traduisent parfois, à tort, « Gérardmer » en « jardin de Gérard », car meix / mé / moué a fini par désigner, au sens dialectal restreint, « un grand jardin ou un champ, où une variété de plantes est cultivée ». Le sens de "jardin" renverrait donc plutôt ici à celui de propriété, de domaine ou de fief.
Anciennes dénominations allemandes : Gerhardsee, Gerhardmeer, Gerdsee/Gertsee, Geroldsee.

Les avis des historiens divergent concernant l'anthroponyme Gérard. En effet, la première forme écrite n'est attestée que dans la première mention de ce domaine habité dans des documents écrits officiels en 1285, dans un acte du duc Ferry III de Lorraine créant une « ville neuve » sur le territoire des « lieux-dits de Géramer et Longe-mer ». Mais une hypothèse couramment formulée consiste à rattacher l'anthroponyme Gérard à Gérard Ier de Lorraine (dit Gérard d'Alsace), une hypothèse reprise souvent par les Gérômois eux-mêmes. Pourtant, les historiens lorrains, depuis la fin du xixe siècle, n'accordent que peu de crédit à cette interprétation. En premier lieu parce que l'acte de Ferry III est signé presque 240 ans après que Gérard Ier n'accède au titre de duc de Lorraine. Ensuite, comme le montre la toponymie, parce qu'une transformation d'une forme très ancienne de Gérald a pu se produire en « Gérard » sans pour autant renvoyer d'emblée à une personnalité historique. Par ailleurs, si, en l'absence de documents écrits, certains érudits locaux ont tout de même fait écho à l'opinion commune et ont maintenu cette relation entre Gérard Ier de Lorraine et la toponymie gérômoise, il reste que les sources archéologiques et écrites sont nettement insuffisantes et que, comme le montre Christophe Masutti dans une synthèse générale, la référence à l'anthroponyme Gérard relèverait davantage au patronage de saint Gérard (Gérard de Toul), étant donné le double patronage historiquement attesté de la ville à saint Gérard et saint Barthélémy (le second a prévalu dans un passé récent).
Pour reprendre les termes de l'historien lorrain Henri Lepage, c'est une « légende » qui attribuerait à Gérard d'Alsace la construction d'une tour sur le territoire de Gérardmer, en guise de relais de chasse. Non seulement aucune source ne peut corroborer cette interprétation mais elle proviendrait en réalité d'un article écrit par le docteur J.-B. Jacquot. M. Pascal Claude montre que c’est en 1826 que J.-B. Jacquot mentionne pour la première fois l’existence de cette tour. La source documentaire en serait un extrait d’une chronique manuscrite de Dom Ruinart en 1696, imprimée en 1724. Dom Ruinart y raconte son trajet de Remiremont à Champ-le-Duc et mentionne une « tour de Gérard d’Alsace » au moment de franchir la Vologne « qui, réunie au ruisseau qui coule du lac de Gérardmer, nourrit de petit poissons à écailles... Au sommet de la montagne qui domine cette rivière, est le vieux château qu’habitaient les ducs de Lorraine ». La confusion serait le résultat d’une mauvaise interprétation du texte qui, loin de situer à Gérardmer une « tour » de Gérard d’Alsace, fait en réalité référence au château d’Arches, où la Vologne (venant de la vallée de Gérardmer-Longemer) rejoint la Moselle


Vraisemblablement, la première mention de Gérardmer remonterait à 1285 dans un acte de cession de terres de Ferry III, duc de Lorraine, à Conrad Wernher, sire de Hadstatt.
L'histoire ancienne de Gérardmer est liée au duché de Lorraine et à l'abbaye des chanoinesses de Remiremont qui gouvernent longtemps les lieux. Gérardmer, communauté vivante et animée par un marché annuel de beurre et fromage, demeure longtemps un écart de la grande paroisse Saint-Jacques-du-Stat, puis de celle de Corcieux avant d'acquérir son autonomie à l'époque classique. C'est en 1540 que la ville est érigée en paroisse ; elle compte alors intra muros environ 150 habitants.
En 1751, Gérardmer fait partie du bailliage de Remiremont et en 1790, devient chef-lieu de canton du district de Bruyères.
Une ère nouvelle a coïncidé avec l'arrivée du chemin de fer, le tourisme s'ouvrant alors notamment aux Parisiens et aux bourgeois fortunés de Lorraine. L'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Allemagne voit aussi l'arrivée d'industriels alsaciens qui ont participé à l'essor de l'industrie textile. La seconde Guerre mondiale a eu des conséquences plus négatives avec son lot de destructions.
Historiquement, les premières structures en France à accueillir des touristes et à se charger de l'organisation du tourisme furent l'Union Syndicale de la Ville de Pau, créée en 1859, et devenue Syndicat d'Initiative en 1903 et... le "Comité des Promenades de la Ville de Gérardmer", qui fut créé en juillet 1875, et est devenu office de tourisme de France. Le surnom de « Perle des Vosges » aide à rendre populaire la station, que les Parisiens, notamment, gagnent par le train.
Le chemin de fer arrive à Gérardmer en 1878 avec la création de la gare de Gérardmer, terminus d'une ligne formant un embranchement à Laveline-devant-Bruyères sur la ligne d'Arches à Saint-Dié.
S'y rajoutent bientôt deux lignes de chemin de fer secondaire :
le Tramway de Gérardmer, ouvert en 1897 qui dessert le lac de Retournemer, le col de la Schlucht et se termine au Hohneck et au col de la Schlucht. Cette ligne à vocation touristique a été exploitée jusqu'en 1939 ;
le Tramway de Remiremont à Gérardmer, ouverte en 1900 et fermée en 1935.


Proche de la frontière depuis l'annexion de l'Alsace par les Allemands en 1871, Gérardmer devient une ville de garnison à partir de 1905 ; une caserne est construite (quartier Kléber) pour y loger le 152e régiment d'infanterie.
En 1922, Gérardmer est candidate à l'organisation des premiers Jeux Olympiques d'hiver prévu en 1924 face à Chamonix et Luchon.
Gérardmer est prise le 22 juin 1940 par l'armée allemande. C'est au cours de ces combats que l'église de la ville sera détruite par incendie lors de l'explosion d'un camion stationné à côté. Le 17 novembre 1944, des incendies se déclarent un peu partout et des dynamitages sont effectués. Le soir, tout Gérardmer brûle, la ville est recouverte d'un épais nuage noir. Ce qui ne brûle pas explose. Les réservoirs d'eau de la ville sont détruits, comme le transformateur électrique. Il n'y a donc plus d'électricité, ni d'eau courante à Gérardmer. La kommandantur quitte la ville dans la soirée, suivant ainsi le général Schiel et son état-major, partis dans la nuit du 15 au 16 novembre. Le matin du 18 du même mois, un groupe de choc sillonne Gérardmer, armes automatiques au poing. Et d'autres éléments mettent le feu dans les maisons qui n'ont pas encore été assez détruites.
L'après-midi, plus aucun soldat allemand n'est présent à Gérardmer. Les civils circulent librement et constatent les dégâts opérés par si peu d'hommes et en si peu de temps. Le 19 novembre 1944, Gérardmer n'est plus qu'un amas de ruines fumantes. Et vers 14 heures, ce sont les premiers soldats français qui arrivent et se rendent à l'hôtel de ville. 85 % de la ville est détruit lors de la fuite allemande.
La commune a été décorée, le 11 novembre 1948, de la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil


Le 6 février 1948, le major allemand Grauer est condamné à 15 ans de travaux forcés pour sa participation à la destruction de Gérardmer en novembre 1944. En 1949, la cour d'appel de Metz renvoie devant le tribunal spécial des criminels de guerre à Paris les quatre généraux responsables de la destruction de Gérardmer : Erich Petersen, Otto Schiel, Hermann Balck et Heinrich Wiese. Hermann Balck et Heinrich Wiese sont alors en fuite, leurs jugements sont donc prévus par contumace. En janvier 1950, ces deux derniers sont détenus par les américains qui refusent leurs extraditions. Dès le début du procès, les deux présents, Erich Petersen et Otto Schiel, nient leurs responsabilités à la déportation des habitants de Gérardmer. Le 21 janvier 1950, Balke est condamné par contumace à vingt ans de travaux forcés, et vingt ans d'interdiction de séjour ; Petersen et Schiele et Wiese sont acquittés.
Après-guerre
La majorité des bâtiments du XIXe a ainsi été détruite. Concernant les hôtels, seul un de l'époque subsiste encore de nos jours, fondé en 1860. La gare de style Belle-Époque survit aux incendies mais est détruite dans les années 1960 pour laisser place à un bâtiment moderne, reconverti en 1988 en office du tourisme

Patrimoine lié à la nature
La tour d'observatoire de Mérelle : située au sud-ouest de la commune, en direction de Sapois, elle coiffe une montagne au-dessus du lac. Un sentier de randonnée partant du lac au stade du lieu-dit Ramberchamp permet d'y accéder, ainsi que la route forestière D 69 en direction du hameau du Phény. Depuis le haut de la tour, une vue panoramique spectaculaire sur le lac, la ville et le domaine skiable s'offre au promeneur.

   

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MessagePosté le: Mer 5 Avr - 07:49 (2017)    Sujet du message: (88) VOSGES Répondre en citant

Jeanne d'Arc, née vers 1412 à Domrémy village du duché de Bar dont une partie relevait du royaume de France pour le temporel et de l'évêché de Toul pour le spirituel (actuellement dans le département des Vosges en Lorraine), et morte sur le bûcher le 30 mai 1431 à Rouen, capitale du duché de Normandie alors possession du royaume d'Angleterre, est une héroïne de l'histoire de France, chef de guerre et sainte de l'Église catholique, surnommée depuis le xvie siècle « la Pucelle d'Orléans » et, depuis le xixe siècle, « mère de la nation française ».


Au début du xve siècle, cette jeune fille de dix-sept ans d'origine paysanne affirme avoir reçu de la part des saints Michel, Marguerite d'Antioche et Catherine la mission de délivrer la France de l'occupation anglaise. Elle parvient à rencontrer Charles VII, à conduire victorieusement les troupes françaises contre les armées anglaises, à lever le siège d'Orléans et à conduire le roi au sacre à Reims, contribuant ainsi à inverser le cours de la guerre de Cent Ans.
Capturée par les Bourguignons à Compiègne en 1430, elle est vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg, comte de Ligny, pour la somme de dix mille livres. Elle est condamnée à être brûlée vive en 1431 après un procès en hérésie conduit par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et ancien recteur de l'université de Paris. Entaché de nombreuses irrégularités, ce procès voit sa révision ordonnée par le pape Calixte III en 1455. Un second procès est instruit qui conclut, en 1456, à l'innocence de Jeanne et la réhabilite entièrement. Grâce à ces deux procès dont les minutes ont été conservées, elle est l'une des personnalités les mieux connues du Moyen Âge.
Béatifiée en 1909 puis canonisée en 1920, Jeanne d'Arc est devenue une des quatre saintes patronnes secondaires de la France. Sa fête nationale est instituée par la loi en 1920 et fixée au 2e dimanche de mai.
Elle est dans le monde entier une personnalité mythique qui a inspiré une multitude d’œuvres littéraires, historiques, musicales, dramatiques et cinématographiques.

Sujet à des crises intermittentes de maladie mentale suivies de phases de rémission, le roi de France Charles VI, dit « le Fol », se voit fréquemment contraint de délaisser le pouvoir au profit de son Conseil, devenu bientôt le siège de sourdes luttes d'influences entre son frère Louis d'Orléans et son oncle Philippe de Bourgogne, dit Philippe le Hardi.
L'affrontement entre les ducs d'Orléans et de Bourgogne s'intensifie lorsque Jean sans Peur, fils de Philippe le Hardi, succède à son père. Le nouveau duc de Bourgogne finit par faire assassiner son rival et cousin Louis d'Orléans en novembre 1407, acte déclencheur d'une guerre civile entre les Bourguignons et les Orléans. Ces derniers sont ultérieurement appelés Armagnacs en raison de l'engagement de Bernard VII d'Armagnac en faveur de son beau-fils Charles d'Orléans, fils et successeur du défunt duc Louis.

Profitant de ce conflit, le roi Henri V d'Angleterre relance les hostilités en brisant une longue trêve franco-anglaise. La seconde phase de la Guerre de Cent Ans se caractérise donc par une guerre étrangère couplée à une guerre civile. Le monarque Lancastre débarque en Normandie en 1415. La chevalerie française subit un désastre à Azincourt, face au Corps des Long Bow, archers gallois. En effet, les Anglais disposent d'un corps gallois ayant une maîtrise meurtrière de l'arc long (longbow). Toujours bien abrités des charges de cavalerie par des pieux disposés à l'avance, ces gallois déciment sous une pluie de flèches la chevalerie française, dont les chevaux ne sont pas encore protégés. Ils vont ainsi devenir maîtres des batailles à terrain découvert malgré leur nette infériorité numérique. Mais après Orléans, Jeanne ayant obtenu des chefs militaires français — sur « sa grande insistance » — de poursuivre les troupes anglaises, le Corps des Long Bow est surpris faisant une pause à Patay et, inorganisés, quasiment tous ses archers sont massacrés par des charges de cavalerie. Le Corps ne sera pas reconstitué et sera totalement éliminé une décennie plus tard par l'apparition de l'artillerie nouvelle des frères Gaspard et Jean Bureau - notamment l'artillerie de campagne - aux batailles de Formigny et Castillon, avantages combinés qui mettront fin au conflit.

À Domrémy, on apprend que le duc Édouard III de Bar, son frère, Jean de Bar, seigneur de Puysaye et son petit-fils le comte de Marle, sont tombés au combat. Le duché échoit au frère survivant du duc défunt, Louis, évêque de Verdun, lequel est un temps contesté par le duc de Berg, gendre du feu duc.
Lors de l'entrevue de Montereau, le 10 septembre 1419, le dauphin Charles et Jean sans Peur doivent se réconcilier pour faire face à l'ennemi. Cependant, le duc de Bourgogne est poignardé au cours de cette rencontre, peut-être à l'instigation du dauphin lui-même et de certains de ses conseillers (dont Tanneguy III du Chastel), entre autres motifs par vengeance de l'assassinat du duc Louis d'Orléans. En réaction à cet assassinat, le fils de Jean sans Peur et nouveau duc de Bourgogne, Philippe le Bon, se rallie aux Anglais, imité en cela par la puissante université de Paris.
Alliés au puissant duc de Bourgogne, les Anglais peuvent imposer en 1420 le traité de Troyes, signé entre le roi Henri V d'Angleterre et Isabeau de Bavière, reine de France et régente. Selon les termes de ce traité, Henri V se marie à Catherine de Valois, fille de Charles VI. À la mort de Charles VI, la couronne doit revenir à leur descendance, réunissant les deux royaumes.
Ce traité est contesté par la noblesse française car il spolie le Dauphin - stigmatisé en tant qu'assassin du duc de Bourgogne - de son droit à la succession. À la mort de Charles VI en 1422, la France n'a donc plus de roi ayant été sacré. La couronne de France est alors revendiquée par le roi d'Angleterre encore mineur, Henri VI qui vient de succéder à son père.
La situation territoriale devient alors la suivante : le Sud-Ouest du territoire français est contrôlé par les Anglais de même que la plupart des régions du Nord, excepté le duché de Bretagne, État indépendant, qui se remet d'une guerre de succession et dont la neutralité réglée par le traité de Guérande de 1381 se poursuivra sous le règne de Jean V. La Bretagne jouera néanmoins un rôle décisif dans la dernière phase de cette guerre de Cent Ans en assurant le blocus de Bordeaux

La naissance de Jeanne d'Arc se situe vraisemblablement en 1412 dans la ferme familiale du père de Jeanne attenante à l'église de Domrémy, village situé aux marches de la Champagne, du Barrois et de la Lorraine, pendant la guerre de Cent Ans qui opposait le Royaume de France au Royaume d'Angleterre.
Au début du xve siècle, Domrémy se trouve imbriquée dans un territoire aux suzerainetés diverses. Sur la rive gauche de la Meuse, elle peut relever du Barrois mouvant, pour lequel le duc de Bar, par ailleurs souverain dans ses États, prête hommage au roi de France depuis 1301. Mais elle semble être plutôt rattachée à la châtellenie de Vaucouleurs, sous l'autorité directe du roi de France qui y nomme un capitaine (le sire de Baudricourt, au temps de Jeanne d'Arc). Enfin, l'église de Domrémy dépend de la paroisse de Greux, au diocèse de Toul dont l'évêque est prince du Saint-Empire germanique.
L'historienne médiéviste Colette Beaune précise que Jeanne est née dans la partie sud de Domrémy, côté Barrois mouvant, dans le bailliage de Chaumont-en-Bassigny et la prévôté d'Andelot. Les juges de 1431 corroborent cette origine, de même que les chroniqueurs Jean Chartier et Perceval de Cagny. Seul Perceval de Boulainvilliers considère pour sa part qu'elle est née dans la partie nord, qui relevait de la châtellenie de Vaucouleurs et donc du royaume de France dès 1291.

L'âge exact de Jeanne demeure inconnu. Lors du procès tenu à Rouen, Jeanne dit être née à Domrémy, et qu'elle a 18 ou 19 ans. Une lettre du conseiller royal Perceval de Boulainvilliers en date du 21 juin 1429 constitue l'unique source faisant naître Jeanne la nuit de l'Épiphanie, autrement dit le 6 janvier, sans précision de l'année. La date de cette venue au monde saluée par le chant des coqs, à en croire Boulainvilliers, n'est pas authentifiée par les historiens médiévistes, qui soulignent plutôt la valeur symbolique de la nuit des rois mentionnée dans la missive.
Les chroniques médiévales se révèlent en fait souvent imprécises et les appréciations testimoniales sur les dates des naissances d'autant plus approximatives lorsque celles-ci ne sont pas illustres. Pour Jeanne d'Arc, les dates de naissance données par les chroniqueurs s'échelonnent entre 1399 et 1417 mais « la Pucelle », lors de son premier interrogatoire le 21 février 1431 dit « qu'elle croit avoir environ 19 ans » et lorsqu'elle retrace sa vie, elle reste relativement cohérente. De plus, lors de son procès en nullité, les témoins, à l'exception de son amie d'enfance Hauviette et de Jean d'Aulon, concordent pour lui donner comme âge en 1431, 18, 19 ou 20 ans, ce qui la ferait naître vers 1412

Durant son procès de condamnation, Jeanne répond à ses juges que son nom de famille est « d'Arc », de Arco selon la transcription latine figurant dans les manuscrits du procès. En latin, de Arco signifie « de l'arche » ou « du pont » (équivalent des noms courants « Dupont ou Dupond »), ce qui se rapporte peut-être à un microtoponyme disparu ou à un village. La Pucelle mentionne également son matronyme « Rommée » (avec deux « m »), suivant l'usage de Domrémy où les femmes portent le nom de leur mère.
Le patronyme de Jeanne et de ses frères s'orthographie diversement en français dans les documents du xve siècle, aucune règle n'étant alors fixée à ce sujet. On trouve le plus souvent « d'Arc » mais également « Tarc », voire « Daly », ou « Day » d'après la transcription phonétique du patronyme prononcé avec l'accent local, « Da-i . » Du reste, l'usage typographique de l'apostrophe débute uniquement à partir du xvie siècle. L'historien médiéviste Olivier Bouzy note donc l'inintérêt de la querelle idéologique disputée durant le xixe siècle autour de l'orthographe du nom de Jeanne, qu'il s'agisse de privilégier la graphie « Darc » afin de souligner la roture d'une « fille du peuple » ou, inversement, de revendiquer à tort la particule « d'Arc » comme une marque de noblesse.
Fille de Jacques d'Arc et d'Isabelle Rommée, Jeanne appartient à une famille de cinq enfants : Jeanne, Jacques, Catherine, Jean et Pierre.

Le père de Jeanne, Jacques, est désigné comme « pauvre laboureur » par des témoins du procès de réhabilitation de la Pucelle dans les années 1450. Cependant, Olivier Bouzy note qu'un laboureur n'est pas pauvre puisque ce type de paysan aisé possède des terres et des bêtes. L'état des biens de Jacques d'Arc n'est pas connu avec précision. Bien que construite en pierre, sa maison comporte uniquement trois pièces pour toute sa famille. Bénéficiant vraisemblablement d'une certaine notoriété à Domrémy, le père de Jeanne représente à plusieurs reprises la communauté des villageois.
Jeanne (ou « Jeannette », comme on l'appelait dans son village natal) fut décrite par tous les témoins comme très pieuse ; elle aimait notamment se rendre en groupe, chaque dimanche, en pèlerinage à la chapelle de Bermont tenue par des ermites garde-chapelle, près de Greux, pour y prier. Les témoignages de ses voisins lors de ses futurs procès rapportent qu'à cette époque, elle fait les travaux de la maison (ménage, cuisine), du filage de la laine et du chanvre, aide aux moissons ou garde occasionnellement des animaux quand c'est le tour de son père, activité loin du mythe de la bergère qui utilise le registre poétique de la pastourelle et le registre spirituel du Bon berger de la Bible. Cette légende de la bergère résulte probablement de la volonté des Armagnacs de transmettre cette image (plus symbolique qu'une simple fille de paysan) à des fins de propagande politico-religieuse pour montrer qu'une « simple d'esprit » pouvait aider le chef de la chrétienté du royaume de France et guider son armée, illuminée par la foi.
Les réponses qu'elle a faites à ses juges, conservées dans les minutes de son procès, révèlent une jeune femme courageuse, dont le franc-parler et l'esprit de répartie se tempèrent d'une grande sensibilité face à la souffrance et aux horreurs de la guerre, comme devant les mystères de la religion.
Une plaque apposée en 1930 sur le parvis de la cathédrale de Toul indique qu'elle comparut ici lors d'un procès matrimonial intenté par son fiancé en 1428

Parmi les sources évoquant « la voix » (au singulier) entendue par Jeanne d'Arc, on compte initialement la lettre du conseiller royal Perceval de Boulainvilliers, datée du 21 juin 1429, ainsi qu'une lettre d'Alain Chartier en août de la même année. Cependant, c'est l’instrumentum du procès de condamnation qui fournit ensuite davantage de précisions. Ainsi, le 22 février 1431, Jeanne d'Arc soutient devant ses juges qu'à treize ans, alors qu'elle se trouvait dans le jardin de son père, elle reçut pour la première fois une « révélation de Notre Seigneur par une voix qui l'enseigna à soi gouverner ». La Pucelle en demeure initialement effrayée. Ultérieurement, Jeanne identifie les voix célestes des saintes Catherine et Marguerite et de l'archange saint Michel lui demandant d'être pieuse, de libérer le royaume de France de l'envahisseur et de conduire le dauphin sur le trône. Dès lors, elle s'isole et s'éloigne des jeunes du village qui n'hésitent pas à se moquer de sa trop grande ferveur religieuse, allant jusqu'à rompre ses fiançailles (probablement devant l'official de l'évêché de Toul)
Elle craint le pillage et les massacres pour son village de Domrémy : les intrusions anglo-bourguignonnes menacent toute la Lorraine. Ses expériences mystiques se multiplient à mesure que les troubles dans la région augmentent mais, effrayée, elle ne les révèle à son « oncle », Durand Laxart (en fait, un cousin qu'elle appelle oncle car plus âgé), qu'à l'âge de 16 ans. Après beaucoup d'hésitations, son « oncle » l'emmène — sans permission parentale — rencontrer Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, forteresse voisine de Domrémy, sous prétexte d'aller aider aux relevailles d'une cousine germaine. Demandant à s'enrôler dans les troupes du Dauphin pour répondre à une prophétie locale qui voulait qu'une pucelle des Marches de Lorraine sauvât la France, elle demande audience à Robert de Baudricourt en vue d'obtenir de lui la lettre de crédit qui lui ouvrirait les portes de la Cour. Le seigneur local la prend pour une affabulatrice ou une illuminée et conseille Laxart de ramener sa nièce chez ses parents avec une bonne gifle.

L'année suivante, les Anglo-bourguignons attaquent Domrémy ; avec sa famille, elle se réfugie à Neufchâteau. Jeanne tenace revient s'installer à Vaucouleurs en 1429 pendant trois semaines. Elle loge chez Henri et Catherine Le Royer, famille bourgeoise, et la population — avide en ces temps troublés de prophéties encourageantes — l'adopte et la soutient. Dotée d'un grand charisme, la jeune paysanne illettrée acquiert une certaine notoriété de guérisseuse lorsque le duc malade Charles II de Lorraine lui donne un sauf-conduit pour lui rendre visite à Nancy : elle ose promettre au souverain de prier pour sa guérison en échange de l'abandon par le duc de sa maîtresse la belle Alison Du May et d'une escorte menée par René d'Anjou, gendre du duc et beau-frère du Dauphin Charles pour libérer la France. Elle finit par être prise au sérieux par Baudricourt après qu'elle lui a annoncé par avance la journée des Harengs et l'arrivée concomitante de Bertrand de Poulengy, jeune seigneur proche de la maison d'Anjou et de Jean de Novellompont, dit de Metz. Il lui donne une escorte de six hommes : les deux écuyers Jean de Metz et Bertrand de Poulengy qui resteront fidèles à Jeanne tout au long de son aventure, ainsi qu'un courrier, le messager royal Colet de Vienne, chacun accompagné de son serviteur (Julien et Jean de Honnecourt ainsi que Richard L'Archer). Avant son départ pour le royaume de France, Jeanne se recueille dans l'ancienne église de Saint-Nicolas-de-Port, dédiée au saint patron du duché de Lorraine

Portant des habits masculins et arborant la coupe « en écuelle » ou en « sébile » à la mode masculine de l'époque, autrement dit la chevelure taillée en rond au-dessus des oreilles, avec la nuque et les tempes rasées — ce qu'elle fera jusqu'à sa mort, excepté pour sa dernière fête de Pâques — elle traverse incognito les terres bourguignonnes et se rend à Chinon où elle est finalement autorisée à voir le Dauphin Charles, après réception d'une lettre de Baudricourt. La légende raconte qu'elle fut capable de reconnaître Charles, vêtu simplement au milieu de ses courtisans. En réalité, arrivée à Chinon le mercredi 23 février 1429, elle n'est reçue par Charles VII que deux jours plus tard, non dans la grande salle de la forteresse mais dans ses appartements privés lors d'une entrevue au cours de laquelle elle parle de sa mission au roi. Considérant que seul le sacre à Reims confère la dignité royale, la Pucelle s'adresse à Charles VII en usant du titre de « dauphin. ». La grande réception devant la Cour à l'origine de la légende n'ayant lieu qu'un mois plus tard. Jeanne est logée dans la tour du Coudray. Jeanne annonce clairement quatre événements : la libération d'Orléans, le sacre du roi à Reims, la libération de Paris et la libération du duc d'Orléans.
Après l'avoir fait interroger par les autorités ecclésiastiques à Poitiers où des docteurs en théologie réalisent son examen de conscience et où des matrones, supervisées par la duchesse douairière d'Anjou, belle-mère du roi, constatent sa virginité (exigence pour une « envoyée de Dieu » ? Vérification qu'elle n'est pas un homme ? Pour ne pas donner prise à ses ennemis qui la qualifient de « putain des Armagnac »), et après avoir fait une enquête à Domrémy, Charles donne son accord pour envoyer Jeanne à Orléans assiégée par les Anglais

  

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MessagePosté le: Mer 5 Avr - 08:04 (2017)    Sujet du message: (88) VOSGES Répondre en citant

En avril 1429, Jeanne d'Arc est envoyée par le roi à Orléans, non pas à la tête d'une armée, mais avec un convoi de ravitaillement. Ses frères la rejoignent. On l'équipe d'une armure et d'une bannière blanche frappée de la fleur de lys, elle y inscrit Jesus Maria, qui est aussi la devise des ordres mendiants (les dominicains et les franciscains). En partance de Blois pour Orléans, Jeanne expulse ou marie les prostituées de l'armée de secours et fait précéder ses troupes d'ecclésiastiques. Arrivée à Orléans le 29 avril, elle apporte le ravitaillement et y rencontre Jean d'Orléans, dit « le Bâtard d'Orléans », futur comte de Dunois. Elle est accueillie avec enthousiasme par la population, mais les capitaines de guerre sont réservés. Avec sa foi, sa confiance et son enthousiasme, elle parvient à insuffler aux soldats français désespérés une énergie nouvelle et à contraindre les Anglais à lever le siège de la ville dans la nuit du 7 au 8 mai 1429.

GEn raison de cette victoire (encore célébrée à Orléans au cours des « Fêtes johanniques », chaque année du 29 avril au 8 mai), on la surnomme la « Pucelle d'Orléans », expression apparaissant pour la première fois en 1555 dans l'ouvrage Le Fort inexpugnable de l'honneur du sexe féminin de François de Billon
 Après le nettoyage de la vallée de la Loire grâce à la victoire de Patay (où Jeanne d'Arc ne prit pas part aux combats), le 18 juin 1429, remportée face aux Anglais, Jeanne se rend à Loches et persuade le Dauphin d'aller à Reims se faire sacrer roi de France.
Pour arriver à Reims, l'équipée doit traverser des villes sous domination bourguignonne qui n'ont pas de raison d'ouvrir leurs portes, et que personne n'a les moyens de contraindre militairement. Selon Dunois, le coup de bluff aux portes de Troyes entraîne la soumission de la ville mais aussi de Châlons-en-Champagne et de Reims. Dès lors, la traversée est possible.

Le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de Reims, en la présence de Jeanne d'Arc, Charles VII est sacré par l'archevêque Regnault de Chartres. Le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, en tant que pair du royaume, est absent ; Jeanne lui envoie une lettre le jour même du sacre pour lui demander la paix. L'effet politique et psychologique de ce sacre est majeur. Reims étant au cœur du territoire contrôlé par les Bourguignons et hautement symbolique, il est interprété par beaucoup à l'époque comme le résultat d'une volonté divine. Il légitime Charles VII qui était déshérité par le traité de Troyes.
Cette partie de la vie de Jeanne d'Arc constitue communément son épopée : ces événements qui fourmillent d'anecdotes où les contemporains voient régulièrement des petits miracles, le tout conforté par leurs références explicites dans les procès, ont grandement contribué à forger la légende et l'histoire officielle de Jeanne d'Arc. La découverte miraculeuse de l'épée dite de « Charles Martel » sous l'autel de Sainte-Catherine-de-Fierbois, en est un exemple. Le mythe de la chef de guerre commandant les armées de Charles VII en est un autre. C'est le duc de Bedford, régent du royaume de France pour les Anglais, qui lui attribue le rôle de chef de guerre de l'ost du roi envoyé par le diable, pour minimiser la portée de la délivrance d'Orléans et des défaites ultérieures. Les conseillers du roi se méfiant de son inexpérience et de son prestige, ils la font tenir à l'écart des décisions militaires essentielles tandis que le commandement est successivement confié à Dunois, au duc d'Alençon, à Charles d'Albret ou au maréchal de Boussac. Les historiens contemporains la considèrent soit comme un porte-étendard qui redonne du cœur aux combattants, soit comme un chef de guerre démontrant de réelles compétences tactiques

Dans la foulée du sacre, Jeanne d'Arc tente de convaincre le roi de reprendre Paris aux Bourguignons et aux Anglais, mais il hésite. Jeanne mène une attaque sur Paris mais elle est blessée lors de l'attaque de la porte Saint-Honoré ; l'attaque est rapidement abandonnée et Jeanne est ramenée au village de la Chapelle. Le roi finit par interdire tout nouvel assaut : l'argent et les vivres manquent et la discorde règne au sein de son conseil. C'est une retraite forcée vers la Loire, l'armée est dissoute.
Jeanne repart néanmoins en campagne : désormais elle conduit sa propre troupe et se considère comme une chef de guerre indépendante, elle ne représente plus le roi. Entraîneur d'hommes qu'elle galvanise par son charisme et son courage (elle est plusieurs fois blessée), elle dispose d'une maison militaire avec une écurie de coursiers, un écuyer et un héraut. Ses troupes lutteront contre des capitaines locaux, mais sans beaucoup de succès. Le 4 novembre 1429, « la Pucelle » et Charles d'Albret s'emparent de Saint-Pierre-le-Moûtier. Le 23 novembre, ils mettent le siège devant La Charité-sur-Loire pour en chasser Perrinet Gressart. Pour Noël, Jeanne a regagné Jargeau à la suite de l'échec du siège
Jeanne est alors conviée à rester dans le château de La Trémoille à Sully-sur-Loire. Quittant le roi sans prendre congé, elle se rend à Compiègne, assiégée par les Bourguignons. Finalement, elle est capturée par les Bourguignons lors d'une sortie aux portes de Compiègne le 23 mai 1430. Elle essaie de s'échapper par deux fois, mais échoue. Elle se blessa même sérieusement en sautant par une fenêtre au château de Beaurevoir. Elle est vendue aux Anglais le 21 novembre 1430, pour dix mille livres tournois, payées par les Rouennais, et confiée à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et allié des Anglais. Les Anglais l'emmènent à Rouen où se situe leur quartier-général.

Lors de son procès dans le château de Rouen (dans la chapelle royale, la salle dite de parement qui faisait partie des appartements royaux et dans la tour-prison lors de séances en comité restreint) qui dure du 21 février au 23 mai 1431, Jeanne d'Arc est accusée d'hérésie. Elle est emprisonnée dans une tour du château de Philippe Auguste à Rouen, dite plus tard « tour de la Pucelle » ; seul le donjon de la construction est parvenu jusqu'à nous. Il est appelé à tort « tour Jeanne-d'Arc », cependant les soubassements de la tour de la Pucelle ont été dégagées au début du xxe siècle et sont visibles dans la cour d'une maison sise rue Jeanne d'Arc. Jugée par l'Église, Jeanne d'Arc reste néanmoins emprisonnée dans cette prison civile, au mépris du droit canon.
L'enquête préliminaire commence en janvier 1431 et Jeanne d'Arc est interrogée sans ménagement à Rouen. Si ses conditions d'emprisonnement sont particulièrement difficiles, Jeanne n'a néanmoins pas été soumise à la question, bien qu'elle en ait été menacée.
Le procès débute le 21 février 1431. Environ cent vingt personnes y participent, dont vingt-deux chanoines, soixante docteurs, dix abbés normands, dix délégués de l'université de Paris. Leurs membres sont sélectionnés avec soin. Lors du procès de réhabilitation, plusieurs témoignèrent de leur peur. Ainsi, Richard de Grouchet déclare que « c'est sous la menace et en pleine terreur que nous dûmes prendre part au procès ; nous avions l'intention de déguerpir. » Pour Jean Massieu, « il n'y avait personne au tribunal qui ne tremblât de peur. » Pour Jean Lemaître, « Je vois que si l'on n'agit pas selon la volonté des Anglais, c'est la mort qui menace. »
Une dizaine de personnes sont actives lors du procès, tels Jean d'Estivet, Nicolas Midy et Nicolas Loyseleur. Mais les enquêteurs, conduits par l'évêque de Beauvais Pierre Cauchon, ne parviennent pas à établir un chef d'accusation valable : Jeanne semble être une bonne chrétienne, convaincue de sa mission, différente des hérétiques qui pullulent dans un climat de défiance vis-à-vis de l'Église en ces temps troublés. Le tribunal lui reproche par défaut de porter des habits d'homme, d'avoir quitté ses parents sans qu'ils lui aient donné congé, et surtout de s'en remettre systématiquement au jugement de Dieu plutôt qu'à celui de « l'Église militante », c'est-à-dire l'autorité ecclésiastique terrestre. Les juges estiment également que ses « voix », auxquelles elle se réfère constamment, sont en fait inspirées par le démon. Soixante-dix chefs d'accusation sont finalement trouvés, le principal étant Revelationum et apparitionum divinorum mendosa confictrix (imaginant mensongèrement des révélations et apparitions divines). L’université de Paris (Sorbonne), alors à la solde des Bourguignons, rend son avis : Jeanne est coupable d'être schismatique, apostate, menteuse, devineresse, suspecte d'hérésie, errante en la foi, blasphématrice de Dieu et des saints. Jeanne en appelle au Pape, ce qui sera ignoré par les juges.
« Sur l'amour ou la haine que Dieu porte aux Anglais, je n'en sais rien, mais je suis convaincue qu'ils seront boutés hors de France, exceptés ceux qui mourront sur cette terre. »
— Jeanne d'Arc à son procès (le 15 mars 1431)
Le 24 mai, au cimetière Saint-Ouen de Rouen, les juges mettent en scène un simulacre de bûcher pour effrayer Jeanne et la presser de reconnaître ses fautes. Jeanne, sous la promesse orale (donc invérifiable) du tribunal de l'incarcérer dans une prison ecclésiastique, signe d'une croix (alors qu'elle savait écrire son nom) l'abjuration de ses erreurs, reconnaissant avoir menti à propos des voix et se soumet à l'autorité de l'Église. Elle est alors renvoyée dans sa prison aux mains des Anglais. S'estimant trompée, elle se rétracte deux jours plus tard, endosse de nouveau des habits d'homme (dans des conditions obscures).

Le tribunal la déclare « relapse » (retombée dans ses erreurs passées), la condamne au bûcher et la livre au « bras séculier ». Le 30 mai 1431, après s'être confessée et avoir communié, Jeanne en tunique de toile soufrée est conduite vers neuf heures, sous escorte anglaise, dans la charrette du bourreau Geoffroy Thérage, place du Vieux-Marché à Rouen où l'on a dressé trois estrades : la première, pour le cardinal Winchester et ses invités, la seconde pour les membres du tribunal civil représenté par le bailli de Rouen Raoul le Bouteiller ; la troisième, pour Jeanne et le prédicateur Nicolas Midi, docteur en théologie. Après le prêche et la lecture de sa sentence, les soldats la conduisent au bûcher dressé en hauteur sur une estrade plâtrée pour qu'elle soit bien vue.
Le supplice de Jeanne suscite de nombreux témoignages de mythographes (comme celui du chevalier Perceval de Caigny) qui prétendent que sur le bûcher, un écriteau décrivant ses péchés masquait Jeanne, ou que Jeanne était coiffée de la mitre d'infamie qui dissimulait son visage. Ces témoignages donnent naissance quelques années plus tard à la légende survivantiste selon laquelle Jeanne aurait survécu au bûcher grâce à la substitution d'une autre condamnée.
Le cardinal de Winchester a insisté pour qu'il ne reste rien de son corps. Il désire éviter tout culte posthume de la « pucelle ». Il a donc ordonné trois crémations successives. La première voit mourir Jeanne d'Arc par intoxication par les gaz toxiques issus de la combustion, dont notamment le monoxyde de carbone. Le bourreau écarte les fagots, à la demande des Anglais qui craignent qu’on ne dise qu’elle s’est évadée, pour que le public puisse voir que le cadavre déshabillé par les flammes est bien celui de Jeanne. La seconde dure plusieurs heures et fait exploser la boîte crânienne et la cavité abdominale dont des morceaux sont projetés sur le public en contrebas, laissant au centre du bûcher les organes calcinés à l'exception des entrailles et du cœur (organes plus humides brûlant moins vite) restés intacts. Pour la troisième, le bourreau ajoute de l'huile et de la poix et il ne reste que des cendres et des débris osseux qui sont dispersés, à quinze heures, par Geoffroy Thérage dans la Seine61 (non pas à l'emplacement de l'actuel pont Jeanne d'Arc, mais du pont Mathilde, jadis situé près de l'emplacement de l'actuel pont Boieldieu) afin qu'on ne puisse pas en faire de reliques ou des actes de sorcellerie

Peu après avoir repris Rouen, Charles VII publie, le 15 février 1450, une ordonnance disant que « les ennemis de Jeanne l'ayant fait mourir contre raison et très cruellement », il veut savoir la vérité sur cette affaire. Mais il faut attendre que Calixte III succède à Nicolas V pour qu'un rescrit papal ordonne enfin, en 1455 et sur la demande de la mère de Jeanne, la révision du procès. Le pape a ordonné à Thomas Basin, évêque de Lisieux et conseiller de Charles VII, d'étudier en profondeur les actes du procès de Jeanne d'Arc. Son mémoire est la condition juridique du procès en réhabilitation. Celui-ci aboutit à casser le premier jugement pour « corruption, dol, calomnie, fraude et malice » grâce au travail de Jean Bréhal, qui enregistre les dépositions de nombreux contemporains de Jeanne, dont les notaires du premier procès et certains juges. Le jugement, prononcé le 7 juillet 1456, déclare le premier procès et ses conclusions « nuls, non avenus, sans valeur ni effet » et réhabilite entièrement Jeanne et sa famille. Il ordonne également l'« apposition [d'une] croix honnête pour la perpétuelle mémoire de la défunte » au lieu même où Jeanne est morte. La plupart des juges du premier procès, dont l'évêque Cauchon, sont morts entre-temps. Aubert d'Ourches, ancien compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, comparait à Toul comme vingt-huitième témoin, voici sa déposition du 14 février 1456 lors de la neuvième séance : « La Pucelle me parut être imbue des meilleures mœurs. Je voudrais bien avoir une fille aussi bonne… Elle parlait moult bien »




 
 

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Jeanne d'Arc
 

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MessagePosté le: Jeu 6 Avr - 05:18 (2017)    Sujet du message: (88) VOSGES Répondre en citant

Jules Ferry, né le 5 avril 1832 à Saint-Dié (Vosges) et mort le 17 mars 1893 à Paris, est un homme politique français.
Opposant à l'Empire, membre du gouvernement provisoire en 1870 et maire de Paris en 1871, il est l'auteur des lois de la IIIe République, restaurant l'instruction obligatoire et gratuite qui avait été instituée en 1793, sous l'impulsion de Louis Joseph Charlier.
Considéré comme le promoteur de « l'école publique laïque, gratuite et obligatoire », il est devenu plusieurs décennies après sa mort l'un des pères fondateurs de l'identité républicaine. Parallèlement, Jules Ferry montre au cours de sa carrière politique un fort engagement pour l'expansion coloniale française, en particulier dans la péninsule indochinoise, ce qui provoque sa chute et une crise lors de l'affaire du Tonkin. Il est inhumé à Saint-Dié


Jules François Camille Ferry est le fils de Charles-Édouard Ferry, avocat, et d’Adèle Jamelet. C'est une famille catholique vosgienne de fondeurs de cloches établie à Saint-Dié en 1718, et, en 1794, les Ferry sont à la tête d’une tuilerie.
François-Joseph Ferry, grand-père de Jules, fut maire de la ville ; son fils Charles-Édouard, libre-penseur, se marie avec Adèle Jamelet, dont il a trois enfants : Jules (1832-1893) Charles (1834-1909) et Adèle (1826-1871).
Élève au collège de Saint-Dié jusqu'en 1846, puis au lycée impérial de Strasbourg (actuellement lycée Fustel-de-Coulanges), il est ensuite étudiant à la faculté de droit de Paris ; il devient un avocat réputé et se passionne pour la chose publique, se spécialisant rapidement dans la défense des républicains.
Il collabore régulièrement aux journaux suivants : La Presse, Le Courrier de Paris, Le Temps.
Opposant actif au Second Empire, il connaît la notoriété en publiant en 1868 une série d'articles pamphlétaires humoristiques contre le préfet de la Seine Haussmann, fustigeant la gestion opaque du financement de ses travaux parisiens : Les Comptes fantastiques d’Haussmann.
Il est élu député républicain de la 6e circonscription de Paris en mai 1869.
Ennemi déclaré de l'Empire, républicain convaincu, Jules Ferry avait pris place au Palais dans le groupe des opposants, avec Charles Floquet, Émile Durier, Ferdinand Hérold, Anne-Charles Hérisson, Jean-Jules Clamageran, Amaury Dréo, Clément Laurier, Léon Gambetta. Il est impliqué dans le fameux procès des Treize en 1864 ; Avec Garnier-Pagès, Lazare Carnot, Treize républicains qui s’étaient réunis chez Garnier-Pagès peu avant des élections à Paris sont arrêtés pour réunion non autorisée et condamnés à 500 Francs d’amende.
Le 4 septembre 1870, il devient membre du gouvernement de la Défense nationale. Nommé maire de Paris le 15 novembre 1870, il a la charge, au demeurant quasi impossible, d'assurer le ravitaillement de la capitale assiégée par l'armée prussienne. Les restrictions alimentaires qu'il impose lui valent les surnoms de « Ferry-Famine » et « Ferry l'affameur ». Une commission mixte de l'enseignement est instaurée. Cette commission est composée de femmes et d'hommes compétents en matière d'instruction. Dans les rapports de cette commission, figure déjà l'affirmation de gratuité et d'obligation que l'on retrouve dans les lois scolaires promulguées sous son ministère.
Dès le premier jour de l'insurrection de la Commune de Paris, adversaire résolu des Fédérés, il fuit la ville. Cependant, il conserve officiellement la fonction de maire jusqu'au 5 juin 1871.
Aux élections du 8 février 1871, il se fait élire représentant des Vosges à l'Assemblée nationale, siège qu'il conserve jusqu'en 1889. Il est chargé de négocier la frontière sur la ligne de crête vosgienne; intransigeant sur les principes, il ne lâche rien. C’est une expérience douloureuse, car les négociateurs dissèquent son arrondissement natal et l’Alsace, où avait vécu une partie de sa famille, rejoint désormais le Reich allemand.
Jules Ferry, chef de file de la majorité départementale, candidat républicain en face de Louis Joseph Buffet, est élu le 8 octobre 1871 conseiller général du Thillot. Le jeune vice-président du Conseil Général suscite l'ire des autorités administratives. Adolphe Thiers décide, afin de le protéger, de l'éloigner des Vosges encore occupées par les troupes prussiennes, en l'envoyant à Athènes résoudre, avec rang d'ambassadeur, le différend entre les gouvernements grec, français et italien au sujet des mines du Laurion (1872-1873). À son retour en France, il devient l'un des chefs de l'opposition républicaine jusqu'à l'élection de Jules Grévy à la présidence.

Le 8 juillet 1875, les francs-maçons donnent une grande solennité à sa réception par le Grand Orient de France (loge « La Clémente Amitié »). Il y est reçu en même temps que Littré et que Grégoire Wyrouboff. Une grande publicité est faite au discours que Littré prononce à cette occasion, et la presse en donne un large écho. Par la suite, Ferry appartiendra à la loge « Alsace-Lorraine ».
La même année, Ferry, vieux garçon, se marie à la mairie du huitième arrondissement de Paris avec Eugénie Risler, douce jeune femme protestante de dix huit ans sa cadette et fille fortunée d'un industriel alsacien de Thann. Elle n'a pas caché qu'elle ne peut pas avoir d'enfant mais le prétendant, moralement transformé, est emporté par l'enthousiasme.
Le couple fait construire un chalet suisse, résidence secondaire, sur les contreforts du massif forestier du Kemberg à Saint-Dié-des-Vosges, là où autrefois se trouvait la fonderie de cloches familiale, mais réside plus souvent à Paris, dans l'hôtel particulier construit par le frère adoré de Jules, Charles Ferry au 1 rue Bayard. Sans descendance directe, Jules reportera toute son affection sur son neveu Abel Ferry, dont il fera son unique héritier et fils d'adoption
Nommé ministre de l'Instruction Publique du 4 février 1879 au 23 septembre 1880 dans le cabinet Waddington, il attache son nom aux lois scolaires. Ses premières mesures sont :
création d'une École normale féminine à Sèvres et d'une agrégation féminine, le 9 août 1879 ;
nomination de Ferdinand Buisson comme directeur de l'enseignement primaire en 1879 ;
collation des grades universitaires retirée à l'enseignement privé (12 mars 1880) ;
Expulsion des congrégations religieuses non autorisées (29 mars 1880).
Président du Conseil du 23 septembre 1880 au 10 novembre 1881, il poursuit la mise en place des lois sur l'enseignement :
extension aux jeunes filles du bénéfice de l'enseignement secondaire d'État (21 décembre 1880) ;
gratuité de l'enseignement primaire (16 juin 1881).
De nouveau ministre de l'Instruction du 31 janvier au 29 juillet 1882 (Ministère Freycinet), il continue son œuvre scolaire :
loi relative à l'obligation et à la laïcité de l'enseignement (28 mars 1882) ; cette loi est une suite logique de celle portant sur l'obligation scolaire ; c'est une obligation d'instruction et non de scolarisation.
Il est de nouveau Président du Conseil du 21 février 1883 au 30 mars 1885, et ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts jusqu'au 20 novembre 1883, date à laquelle il est remplacé par Armand Fallières. Il rédige une lettre circulaire aux instituteurs, le 17 novembre 1883, trois jours avant de confier le ministère de l'Instruction à Fallières. Cette lettre contient par ailleurs des recommandations très importantes en matière d'éducation morale : elle incite les enseignants à respecter scrupuleusement l'autorité des parents, condition nécessaire pour « communiquer la sagesse du genre humain, [...] une de ces idées d'ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l'humanité ».
Ferry, anticlérical mais pas antireligieux (s'opposant ainsi aux positions d'Émile Combes), ne souhaite pas dans un premier temps imposer un monopole en matière d'éducation ; il laisse subsister l'enseignement confessionnel, mais sa volonté de laïcisation fait qu'il est exécré par la presse cléricale qui l'appelle « Ferry sans Dieu »

Parallèlement, Jules Ferry se montre un partisan actif de l'expansion coloniale française, à tel point qu'il sera surnommé « Tonkinois » par ses adversaires politiques et une partie de l'opinion publique hostile à l'expansion coloniale.
On retrouve notamment l'empreinte de Ferry en Tunisie, dont il obtient le protectorat le 12 mai 1881 par le traité du Bardo, et à Madagascar.
Il lance l’explorateur Pierre Savorgnan de Brazza à la conquête du Congo (1879), dossier qui lui sera fatal lors de sa seconde présidence du Conseil commencée le 21 février 1883. Il s'était d'ailleurs réservé le portefeuille des Affaires Etrangères. Les conservateurs, comme Adolphe Thiers, sont opposés à la colonisation, qu'ils accusent de détourner hors du territoire les investissements, tandis que les progressistes y sont favorables pour des questions idéologiques. Mais la gauche républicaine de Georges Clemenceau y est opposée également, parce que les aventures colonialistes détournent l'attention des provinces perdues d'Alsace-Lorraine. Les positions s'inverseront diamétralement en trois ou quatre générations.
Ayant obtenu d'un vote de la Chambre les crédits nécessaires à la conquête du Tonkin, il provoque une extension du conflit à la Chine. L'annonce de l'évacuation de Lạng Sơn, qui lui vaudra le surnom de « Ferry-Tonkin », déclenche une violente opposition parlementaire et provoque sa chute le 30 mars 1885 sur fond de spéculations boursières du printemps 1885, lors de l'Affaire du Tonkin.
Il connaît alors une vague d'impopularité en France.
Ferry prononce un discours dont Charles-André Julien a pu dire qu'il était « le premier manifeste impérialiste qui ait été porté à la Tribune ».
On peut difficilement, aujourd'hui, savoir quelle était la part de sincérité et celle de démagogie dans ce discours, le mot de devoir étant très porteur à cette époque, et Ferry désirant sans doute voir aboutir son projet. Dans son discours du 28 juillet 1885, Ferry illustre les présupposés du discours colonisateur de la gauche française sous la IIIe République :
« Messieurs, il y a un second point, un second ordre d’idées que je dois également aborder (...) : c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question. (...) Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. (...) Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. (...) Ces devoirs ont souvent été méconnus dans l'histoire des siècles précédents, et certainement quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l'esclavage dans l'Amérique centrale, ils n'accomplissaient pas leur devoir d'hommes de race supérieure. Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes s'acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation. »
Inversement, dans une réponse au discours prononcé par Jules Ferry le 30 juillet 1885, Georges Clemenceau s'indigne que l'on puisse s'appuyer sur un « droit des nations dites supérieures ». Il rappelle dans quelle étendue « au nom de la justice et de la civilisation » des violences et des crimes ont été commis. Il considère que la conquête que Ferry préconise, loin d'être un droit ou un devoir, est un abus de la force justifié au profit du seul « civilisateur »
Clemenceau estime que ces théories servent de prétexte à justifier une politique propice au pillage qui va donc rapidement se montrer contraire aux Droits de l'homme. Isolé à cet égard au sein de la gauche républicaine, il rejette le processus de colonisation, mais pour une raison bien différente du « Nous d'abord » caractérisant les positions de Thiers et d'une partie de la droite (Louis Calla, Edgar Raoul-Duval), et des motifs de morale chrétienne des monarchistes (Louis Adhémar de Guilloutet), encore nombreux à cette époque, qui reprochent à la République de ne pas protéger les missionnaires (reproche aussi évoqué par le député d'extrême-gauche Émile Vernhes), alors qu'elle envisage une politique coloniale, mais aussi de prendre le risque d'une guerre (Paul de Cassagnac, Baudry d'Asson)


Peu d'hommes politiques de l'époque, quel que soit leur bord, remettent en question l'idée de supériorité européenne (l'Amérique n'en étant vue que comme une excroissance). La Droite, illustrée par Thiers, réclame que l'on réserve l'argent épargné par les Français à des travaux de développement de la France. La Gauche se préoccupe davantage de questions humaines comme la médecine, la vaccination, l'hygiène, l'éducation, la lutte contre les féodalités en place et les superstitions, mais critique elle aussi Ferry sur les points économiques
Les grands intellectuels de l'époque étaient favorables à la colonisation, qui permettait selon eux de faire avancer les peuples dits « en retard ». Victor Hugo défend la politique de Ferry au nom des Droits de l'homme ; cela n'a rien d'un paradoxe si l'on suppose que le Blanc est « plus en avance » : il a alors un devoir de civiliser, d'apporter l'évolution aux peuples moins développés, comme jadis les Romains aux Gaulois, exemple cher à Ferry) .
Néanmoins, le caractère économique (véritable source du débat), occupe l'extrême majorité des propos de Ferry, le 28 juillet 1885 :
« La concurrence, la loi de l'offre et de la demande, la liberté des échanges, l'influence des spéculations, tout cela rayonne dans un cercle qui s'étend jusqu'aux extrémités du monde. C'est là un problème extrêmement grave. Il est si grave (...) que les gens les moins avisés sont condamnés à déjà prévoir l'époque où ce grand marché de l'Amérique du Sud nous sera disputé et peut-être enlevé par les produits de l'Amérique du Nord. Il faut chercher des débouchés... »
Finalement, l'expansion coloniale pour Ferry se justifie par les intérêts de la géopolitique française qui veut qu'en tant que puissance, elle ait des points d'appui partout dans le monde.
« Je dis que la politique coloniale de la France, que la politique d'expansion coloniale, celle qui nous a fait aller, sous l'Empire, à Saigon, en Cochinchine, celle qui nous a conduits en Tunisie, celle qui nous a amenés à Madagascar, je dis que cette politique d'expansion coloniale s'est inspirée d'une vérité sur laquelle il faut pourtant appeler un instant votre attention : à savoir qu'une marine comme la nôtre ne peut pas se passer, sur la surface des mers, d'abris solides, de défenses, de centres de ravitaillement. (...) Rayonner sans agir, sans se mêler aux affaires du monde, (...) c'est abdiquer, et, dans un temps plus court que vous ne pouvez le croire, c'est descendre du premier rang au troisième et au quatrième... »


L'expédition du Tonkin va causer la perte de Jules Ferry. En 1885, c'est l'« affaire du Tonkin », épisode noir de l'histoire boursière : une dépêche Havas confond la modeste retraite de Lang Son de l'armée française avec un abandon général du delta du fleuve Rouge. La fausse nouvelle, donnée « de bonne foi » par le général Louis Brière de l'Isle, fait chuter la Bourse de Paris et le gouvernement, « au moment même où arrive une deuxième dépêche minimisant l'importance des combats ». Dès le 26 août 1883, les milieux financiers s'étaient inquiétés, redoutant de lourdes dépenses de guerre, puis découvrant le 9 septembre 1883 que le traité de paix franco-vietnamien n’était pas reconnu par la Chine.
Lâché par les radicaux, Jules Ferry échoue aussi lors de l'élection présidentielle du 3 décembre 1887 face à Sadi Carnot. Ce jour-là, le Conseil municipal de Paris installa « en plein Hôtel de Ville un bureau révolutionnaire décidé à proclamer la Commune si M. Jules Ferry avait été élu président de la République. » Une semaine plus tard, il est blessé à l'assemblée d'un coup de revolver par un boulangiste du nom d'Aubertin. Aux élections législatives du 22 septembre 1889, il est battu par Ernest Picot, conservateur. Le scrutin est annulé par le Conseil d'État, sur recommandation de Georges Clemenceau. Jules Ferry ne se représente pas. Par ailleurs président du conseil général des Vosges et de l'Association nationale républicaine, il est élu au Sénat en 1891 et en devient président le 24 février 1893.
Il échappe par deux fois, en 1883 et 1885, à des attentats perpétrés contre lui, le second par un déséquilibré partisan de Clemenceau, qui lui laisse une balle dans la poitrine. Cela le handicape jusqu'à sa mort d'une crise cardiaque au 1 rue Bayard, le 17 mars 1893.
Il est décidé de lui faire des funérailles nationales (loi du 20 mars 1893 débloquant un crédit de 20 000 francs), mais la famille refuse en raison de son hostilité à l'égard du gouvernement, estimant que Clemenceau, en particulier, a cherché par tous les moyens à discréditer Ferry ; on lui attribue ce cruel portrait de celui dont il renversa le gouvernement en mars 1885 :
"Pas un malhonnête homme, mais du point de vue de l'intelligence, en-dessous du médiocre. Ces gens-là habituellement ont au moins la parole, ils n'expriment peut-être que du vent, mais ils l'expriment (...). Et si on en a fait un président du Conseil, c'est précisément parce qu'il n'était bon à rien".
Des obsèques nationales ont cependant lieu le 22 mars dans la cour d'honneur du Palais du Luxembourg puis un immense cortège conduit la dépouille de Ferry jusqu'à la gare de l'Est d'où un train spécial l’emmène vers les Vosges. Ferry y est inhumé le lendemain dans le caveau familial à Saint-Dié, selon son testament « en face de cette ligne bleue des Vosges d'où monte jusqu'à mon cœur fidèle la plainte touchante des vaincus ».


Auréolé des lauriers d’une laïcité scolaire républicaine, le personnage public s’est statufié. Il faut retrouver l'homme et dépasser son austérité glaciale et sa modération légendaire.
Élevé dans une famille aisée et catholique, le jeune homme représente la troisième génération d’une famille d’artisans du métier du feu enrichie après la Révolution et engagée dès 1789 pour la République.
Le jeune journaliste, polémiste et provocateur, a séduit les opposants au régime napoléonien par son sens de la dérision et de l’humour. Il faut surtout un grand courage physique ou une terrible insouciance bonhomme pour fronder un régime politique, d’essence dictatoriale, même sur la défensive après 1860. Et la facilité d’expression de Ferry déconcerte même les anciens conservateurs royalistes. Ses idées politiques, modérées, sont celles d’un républicain de Centre Gauche. Le vieux Thiers entrevoit chez ce jeune journaliste formé au Droit une grande carrière un peu à son image.
Les témoignages des populations rurales de la montagne vosgienne attestent les pratiques des familles aisées, parmi lesquelles les Ferry en leurs époques prospères; un des leurs engrossant une jeune femme de condition modeste, elles achetaient un silence respectueux et garantissaient l’existence de la jeune fille-mère en lui offrant une ferme.
L’homme public, dénigré et humilié sort incontestablement aigri du siège de Paris et de la révolte de la Commune. L’élu victorieux du Thillot affiche un mépris violent face aux provinciaux siégeant au conseil général des Vosges. Plus tard, assagi après sa crise mystique et amoureuse de l’année 1875, il garde constamment à l’esprit la nécessité d’éduquer les classes laborieuses afin d’empêcher les révolutions fracassantes et fixer surtout les populations rurales à la glèbe, prenant autant modèle sur la précédente politique rurale de Napoléon III que sur les paysans pacifiques et croyants de sa montagne natale. L’homme politique craint les effets dévastateurs de l’exode rural.
À Paris, le responsable politique désormais assagi, plus sûr de sa froide détermination, sait modérer ses colères, impressionne par son écoute calme et s’impose petit à petit parmi les chefs républicains. Les débuts difficiles aux postes de responsabilités politiques et les blessures si vivement ressenties pendant les premiers pas ont laissé des traces indéniables dans les lois ferrystes, comme dans ses conceptions de politiques extérieures pragmatiques où il donne un grand crédit à l’avis des militaires, basés à La Réunion ou à Saigon. Il tente un rapprochement avec Bismarck. Les contacts amorcés ne peuvent aboutir, les élites politiques françaises refusent de traiter avec l’Empire allemand. Il est probable que Jules Ferry admire la façon magistrale dont les Prussiens avaient réussi à sortir du joug autrichien, en premier lieu par l’ouverture, l’entreprise économique et le savoir technique et scientifique.
 La contestation la plus violente que Ferry dût subir, et l’historienne de la famille le rappelle dans un livre, provient des partisans du général Boulanger qui menacent le simple acquis démocratique et la paix chèrement acquise. Jules Ferry, alors au pouvoir, résiste à cette tempête. Cette double montée du nationalisme et du mépris xénophobe dénaturent sur le terrain l’application des lois scolaires. Plus tard, les discriminations, œuvres funestes de la colonisation en Algérie, présentées dans les rapports sénatoriaux, l’inquiètent. L’homme est resté un républicain libéral, modéré et conservant une gamme de pensées idéalistes, à l’aune des hommes politiques français.


Émile Erckmann, écrivain, le décrit au début de la décennie 1870 avec ces deux mots : « le petit gros ». Il souligne ainsi avec cette description physique banale l’aptitude de l’homme politique à passer des salons des Goguel, possesseurs du château de l’Ermitage, aux moindres petits estaminets pour les besoins de sa campagne à Saint-Dié. L’ensemble des républicains a une réputation de corruption qui n’est nullement infondée. Erckmann semble peu apprécier l’homme public, au style sec du début des années 1870. L’écrivain George Sand a également laissé un portrait au vitriol du politicien.
Cet homme qui a mené dans l’ensemble une vie privilégiée et parisienne sait parfois être généreux, et le ministre parisien n’a pas oublié ses modestes compatriotes de Saint-Dié ; il a ainsi donné un grand nombre d’ouvrages reliés à la Société philomatique vosgienne. Après sa mort, conformément à son testament, son corps a rejoint le cimetière de la Côte Calot, à Saint-Dié.
Sa loi de 1882 (école laïque et instruction obligatoire), à cause de l'obligation d'utiliser la seule langue française, a sérieusement réduit l'usage des langues locales, en particulier le breton ou l'occitan. L'enseignement français étant obligatoire, quiconque parlait en patois ou une langue régionale à l'école se voyait puni. Les pratiquants ont ainsi développé une certaine honte à parler leur langue maternelle et les militants des langues locales en rendent souvent coupable l'école de Ferry. L'objectif était cependant que tous les Français puissent comprendre les lois et règlements affichés, et aussi manœuvrer ensemble en cas de guerre.


Ascendance de Jules Ferry
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
Nicolas FERRY
(03/06/1690 à Anould – 17/07/1763 à Saint-Dié-des-Vosges)
maître-fondeur de cloches,
conseiller de l'hôtel de ville de Saint-Dié-des-Vosges
 
 
 
 
 
 

 
François Joseph FERRY
(10/10/1734 à Saint-Dié-des-Vosges – 16/09/1788 à Saint-Dié-des-Vosges)
maître fondeur de cloches, négociant,
conseiller de l'hôtel de ville de Saint-Dié-des-Vosges
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
Anne GÉRARD
(1696 à Metz – 20/04/1782 à Saint-Dié-des-Vosges)
 
 
 
 
 
 

 
François Joseph FERRY
(21/11/1770 à Saint-Dié-des-Vosges – 16/02/1847 à Saint-Dié-des-Vosges)
fabricant de tuiles,
maire de Saint-Dié-des-Vosges
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
Jean-Baptiste RICHERT
aubergiste à Colmar
 
 
 
 
 
 

 
Françoise RICHERT
(???? à Colmar – 5/3/1794 à Saint-Dié-des-Vosges)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
Marie Ursule ROESCH
 
 
 
 
 
 

 
Charles Édouard FERRY
(18/10/1796 à Saint-Dié-des-Vosges – 12/02/1856 à Paris)
avocat
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 





 
Jean Jude Thadée WIMPFFEN 
 
 
 
 
 
 
 
 
 





 
Françoise Marie WIMPFFEN
(17/4/1769 à Colmar – 25/04/1849 à Saint-Dié-des-Vosges
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 





 
Françoise RICHERT 
 
 
 
 
 
 
 
 
 





 
Jules François Camille FERRY
(05/04/1832 à Saint-Dié-des-Vosges – 17/03/1893 à Paris)
président du Conseil des ministres français
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 





























 
Adèle Joséphine JAMELET
(1798 à Rethel – 07/10/1836 à Saint-Dié-des-Vosges)
 




 

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MessagePosté le: Ven 7 Avr - 06:58 (2017)    Sujet du message: (88) VOSGES Répondre en citant

Maurice Barrès, né le 19 août 1862 à Charmes (Vosges) et mort le 4 décembre 1923 à Neuilly-sur-Seine (Seine), est un écrivain et homme politique français, figure de proue du nationalisme français.
Le premier axe de sa pensée est « le culte du Moi » : Barrès affirme que notre premier devoir est de défendre notre moi contre les « Barbares », c'est-à-dire contre tout ce qui risque de l'affaiblir dans l'épanouissement de sa propre sensibilité. Le second axe est résumé par l'expression « La terre et les morts » qu'approfondissent les trois volumes du Roman de l'énergie nationale : Les Déracinés (1897), L'Appel au soldat (1900) et Leurs Figures (1902) qui témoignent de l'évolution de Maurice Barrès vers le nationalisme républicain et le traditionalisme, l'attachement aux racines, à la famille, à l'armée et à la terre natale.
Il est resté l'un des maîtres à penser de la droite nationaliste durant l'entre-deux-guerres.


La famille paternelle de Maurice Barrès est originaire d'Auvergne (sud-ouest de Saint-Flour). À la fin du xvie siècle, une des branches de la famille s'installa plus au nord, à Blesle, dont Jean-Francis Barrès (arrière-grand-père de Maurice Barrès) fut maire et conseiller général. L'un de ses fils, Jean-Baptiste Auguste, après s'être engagé dans les vélites de la Garde impériale, prit sa retraite en 1835, à Charmes, dans le département des Vosges, où il s'était marié. De ce mariage avec une Lorraine, il eut un fils, Auguste (père de Maurice) qui lui-même épousa Mlle Luxer, dont le père fut maire de Charmes en 1870. Auguste Barrès, ancien élève de l'École centrale, fut un moment professeur, puis précepteur, avant de cesser tout travail5.
Maurice Barrès naît le 19 août 1862. À l'âge de dix ans, il entre comme pensionnaire au collège de La Malgrange, près de Nancy. Il passe quatre années dans cet établissement et fait la rencontre de Stanislas de Guaita6. Il gardera de cette première expérience de l'internat un souvenir douloureux. Ses camarades l'appellent « le corbeau » parce qu'il est « un petit garçon noir de cheveux, grave et isolé ».
« Il naquit dans l'Est de la France et dans un milieu où il n'y avait rien de méridional. Quand il eut dix ans, on le mit au collège où, dans une grande misère physique (sommeils écourtés, froids et humidité des récréations, nourriture grossière), il dut vivre parmi des enfants de son âge ; fâcheux milieu, car à dix ans ce sont précisément les futurs goujats qui dominent par leurs hâbleries et leur vigueur, mais celui qui sera plus tard un galant homme ou un esprit fin, à dix ans, est encore dans les brouillards. »
— Maurice Barrès, Sous l’œil des Barbares, 1888.
Il termine ses classes élémentaires et poursuit ses études à l'internat du lycée de Nancy. Il y reçoit un « enseignement qui éveille sans exciter », et passe sa vie entre les cours de morale et la lecture des lyriques modernes. En 1878, Stanislas de Guaita lui apporte en cachette les Émaux et Camées, les Fleurs du Mal et Salammbô. L'année suivante, il obtient d'être externe et partage sa chambre rue de la Ravinelle avec Stanislas de Guaita. « Toute la journée, et je pourrais dire toute la nuit, nous lisions à haute voix des poètes... En même temps que les chefs-d’œuvre, nous découvrions le tabac, le café et tout ce qui convient à la jeunesse... »
Il effectue une année de droit à la faculté de Nancy et publie son premier article dans le Journal de la Meurthe et des Vosges pour soutenir la candidature de Paul de Saint-Victor à l'Académie française. En 1882, il écrit une étude littéraire dans la Jeune France, un périodique mensuel. Ses manuscrits sont remarqués par Leconte de Lisle et Anatole France (dont il était encore l'ardent admirateur), qui souhaitent le faire venir à Paris. Il retourne à Charmes au mois de juillet, puis part pour Paris en janvier 1883 pour continuer officieusement ses études en droit. Il continue d'écrire des articles pour la Jeune France mais ne trouve pas d'éditeur à son Départ pour la vie. Devant le refus des éditeurs, il décide de s'imprimer lui-même et fonde une revue : les Taches d'encre6. Il assume à lui seul la rédaction des quatre numéros. Dans le premier numéro, il expose son credo esthétique et politique :

« Notre tâche sociale, à nous, jeunes hommes, c'est de reprendre la terre enlevée, de reconstituer l'idéal français qui est fait tout autant du génie protestant de Strasbourg que de la facilité brillante du Midi. Nos pères faillirent un jour : c'est une tâche d'honneur qu'ils nous laissent. Ils ont poussé si avant le domaine de la patrie dans les domaines de l'esprit que nous pouvons, s'il le faut, nous consacrer au seul souci de reconquérir les exilés. Nous dirons la France est grande et l'Allemagne aussi. Quels que soient, d'ailleurs, les instants de la politique, trois peuples guident la civilisation dans ce siècle : la France, l'Angleterre, l'Allemagne aussi. Et ce serait pour nous une perte irréparable si l'un de ces flambeaux disparaissait. Le patriotisme d'aujourd'hui ne ressemble pas plus au chauvinisme d'hier qu'au cosmopolitisme de demain. Nous avons des pères intellectuels dans tous les pays. Kant, Goethe, Hegel ont des droits sur les premiers d'entre nous. »
Ces fascicules ne sont pas un succès mais il continue à donner des articles à La Vie Moderne, la Revue Illustrée, la Revue des Lettres et des Arts, au Paris Illustré, dans les Chroniques, etc. À Paris, Maurice Barrès fréquente les cénacles littéraires. Il rencontre Paul Bourget, Charles Maurras, Leconte de Lisle, les frères Goncourt. Sursitaire pour poursuivre ses études, il est ensuite exempté du service militaire. Comme toute la jeunesse de son temps, il est très influencé par la pensée d'Hippolyte Taine et celle d'Ernest Renan, qu'il n'hésite pourtant pas à brocarder dans deux courts récits de 1888, Monsieur Taine en voyage et Huit jours chez Monsieur Renan. En janvier 1887, sa santé fragile l'amène en Italie où il écrit les pages principales de Sous l’œil des Barbares. À son retour à Paris en avril il trouve un éditeur et publie son livre à la fin de l'année 1887. Confronté au silence de la presse et à la méconnaissance de l’œuvre, Barrès repart en Italie


C'est Paul Bourget qui le premier, en 1888, dans un article au Journal des Débats, attire l'attention sur l'auteur, encore inconnu, de Sous l'œil des Barbares. Les trois volumes du Culte du Moi lui valent l'admiration de la jeunesse, ainsi Léon Blum se souvient-il dans un article de 1903 :
« À une société très positive, très froidement sceptique, que Renan et Taine avaient dressée soit à la recherche tranquille des faits, soit au maniement un peu détaché des idées, Barrès venait apporter une pensée sèche en apparence, mais sèche comme la main d'un fiévreux, une pensée toute chargée de métaphysique et de poésie provocante. Il parlait avec une assurance catégorique, à la fois hautaine et gamine, et si dédaigneuse des différences ou des incompréhensions ! Toute une génération, séduite ou conquise, respira cet entêtant mélange d'activité conquérante, de philosophie et de sensualité. »
Ainsi Jean Tharaud :
« Le phénomène, devenu depuis assez banal, d'un écrivain qui connaît le succès à vingt-cinq ans, était rare en ce temps-là, d'autant qu'il s'agissait d'un écrivain qui ne s'intéressait qu'à lui, qui ne parlait que de lui, mais lui c'était nous-mêmes (...) Maurice Barrès nous promenait dans ce domaine de l'idéologie pure, le seul que nous connaissions un peu et où nous nous sentions à notre aise. Son dédain pour ce qui n'était pas méthode pour voir clair en soi-même, son mépris des choses extérieures et de la société (nous savions, par ailleurs, qu'il vivait en jeune seigneur élégant), son art délibéré qui ne se souciait pas d'exprimer une grossière réalité extérieure, mais uniquement les mouvements de flux et de reflux de son esprit, comment cela ne nous eût-il pas enchantés ! Et, merveille !, à ses dégoûts, à ses impertinences et à ses ironies, la vie commune, bafouée par lui, répondait par des faveurs ! Nous nous réjouissions, comme d'une réussite personnelle, de voir monter l'étoile de ce jeune intellectuel, dont nous nous sentions les frères. »
En ces années où Émile Zola (et le naturalisme) est au sommet de sa gloire, Maurice Barrès, pour qui les écrits de Zola ne sont alors que « grossièretés retentissantes », est sacré « prince de la jeunesse ». Ainsi, Henri Massis rappelle « qu'en 1890, au Conseil supérieur de l'Instruction publique, le recteur Octave Gréard exprimait le regret que Barrès fût, avec Verlaine, l'auteur le plus lu par les rhétoriciens et les philosophes de Paris ». Le guide Paris-Parisien, qui le considère en 1899 comme une « notoriété des lettres », relève son « culte du moi » tout en le considérant comme un « ironiste délicat et subtil », un « polémiste violent » et un « styliste hors ligne ».
Dans Le Culte du Moi, Maurice Barrès « affirme les droits de la personnalité contre tout qui se conjugue pour l'entraver », y revendiquant « le petit bagage d'émotions qui est tout mon moi. À certains jours, elles m'intéressent beaucoup plus que la nomenclature des empires qui s'effondrent. Je me suis morcelé en un grand nombre d'âmes. Aucune n'est une âme de défiance ; elles se donnent à tous les sentiments qui la traversent. Les unes vont à l'église, les autres au mauvais lieu. Je ne déteste pas que des parties de moi s'abaissent quelquefois. » Maurice Barrès, le futur apologiste de la terre et des morts, y fait alors également le vœu « d'habiter n'importe où dans le monde ».


Dans Sous l'œil des Barbares (1888), premier roman de ce triptyque, Maurice Barrès s'attache à démontrer que notre moi n'est pas immuable, il faut constamment le défendre et le créer. Le culte du moi est d'abord une éthique qui réclame des efforts réguliers. Notre premier devoir est de défendre notre moi contre les Barbares, c'est-à-dire contre tout ce qui risque de l'affaiblir dans l'épanouissement de sa propre sensibilité.
« Attachons-nous à l'unique réalité, au moi. — Et moi, alors que j'aurais tort et qu'il serait quelqu'un capable de guérir tous mes mépris, pourquoi l'accueillerai-je ? J'en sais qui aiment leurs tortures et leurs deuils, qui n'ont que faire des charités de leurs frères et de la paix des religions ; leur orgueil se réjouit de reconnaître un monde sans couleurs, sans parfums, sans formes dans les idoles du vulgaire, de repousser comme vaines toutes les dilections qui séduisent les enthousiastes et les faibles ; car ils ont la magnificence de leur âme, ce vaste charnier de l'univers »
— Maurice Barrès, Sous l’œil des Barbares, 1888.
Dans le second roman, Un Homme libre (1889), Maurice Barrès fixe les trois principes de sa méthode :
« Premier principe : Nous ne sommes jamais si heureux que dans l'exaltation.Deuxième principe : Ce qui augmente beaucoup le plaisir de l'exaltation, c'est de l'analyser.
Troisième principe : Il faut sentir le plus possible en analysant le plus possible »
— Maurice Barrès, Un Homme libre, 1889.
Cependant, cette méthode lui fait prendre conscience que le fait de s'analyser le fait remonter à son passé, dont il est le produit, et notamment à son origine géographique, la Lorraine.
« C'est là que notre race acquit le meilleur d'elle-même. Là, chaque pierre façonnée, les noms mêmes des lieux et la physionomie laissée aux paysans par des efforts séculaires nous aideront à suivre le développement de la nation qui nous a transmis son esprit.
En faisant sonner les dalles de ces églises où les vieux gisants sont mes pères, je réveille des morts dans ma conscience (...) Chaque individu possède la puissance de vibrer à tous les battements dont le cœur de ses parents fut agité au long des siècles.
Dans cet étroit espace, si nous sommes respectueux et clairvoyants, nous pourrons reconnaître des émotions plus significatives qu'auprès des maîtres analystes qui, hier, m'éclairaient sur moi-même. »
— Maurice Barrès, Un Homme libre, 1889.
Dans le dernier volet du Culte du Moi, Le Jardin de Bérénice (1891), Maurice Barrès, député boulangiste de Nancy depuis 1889, retrace une campagne électorale. Le récit se déroule en Provence, dans la région d’Aigues-Mortes, qu'il compare aux forêts du Nord :
« Et la terre avait aussi son charme, car ces doux hivers du Midi mettent des mollesses de Bretagne sous le ciel abaissé d’Aigues-Mortes. Telle était cette lande et tel notre débat qu’il me semblait que nous revenions d’une promenade sur l’emplacement de la forêt des Ardennes défrichée. »
— Maurice Barrès, Le Jardin de Bérénice, 1891.

Barrès est élu député boulangiste de la troisième circonscription de Nancy le 22 septembre 1889 à 27 ans. Il se veut aussi socialiste et siège à l'extrême gauche. Il se bat en duel le 3 novembre 1889 contre un avocat de Nancy. Nouveau duel à l'épée le 11 novembre 1889 à Nancy, contre Goulette, directeur de l'Est républicain (boulangiste), à la suite d'un article polémique dans le Courrier de l'Est, dont il sort légèrement blessé. Barrès se battra de nouveau en duel en 1894 contre Francis de Pressensé. Barrès épouse Paule Couche, catholique fervente, le 11 juillet 1891, à Paris en l'église Saint-Séverin. De cette union naitra un fils unique : Philippe Barrès, né en 1896 à Neuilly-sur-Seine.
En 1893 parait L'ennemi des Lois, dont le personnage principal passe trois mois à Sainte-Pélagie pour propagande anarchiste. Maurice Barrès revient sur la nécessité de trouver « l'énergie de conformer nos mœurs à nos façons de sentir », tâche d'autant plus difficile à réaliser que « notre malaise vient de ce que nous vivons dans un ordre social imposé par les morts, nullement choisi par nous-mêmes. »
En 1894, dans Du sang, de la volupté et de la mort, Maurice Barrès délivre des impressions de voyages, effectués en Espagne et en Italie autour de 1892. La mélancolie, le spleen élégant de ces récits de voyage marqueront la sensibilité de la fin de siècle.
De 1893 à 1897, Maurice Barrès suit les cours de Jules Soury à l'École pratique des hautes études. Pour l'historien Zeev Sternhell, Jules Soury fut le véritable maître à penser de Barrès. Or Jules Soury tente de fonder le respect des traditions, la défense de la race et le caractère sacré de la patrie sur la « continuité substantielle des caractères héréditaires ».


Barrès dirige la revue nationaliste La Cocarde de septembre 1894 à mars 1895 et fait l'éloge funèbre du Marquis de Morès en 1896. Il adhére ensuite à la Ligue de la patrie française en 1899 puis à la Ligue des patriotes de Paul Déroulède, et est un antidreyfusard antisémite.
Alors que le jeune Léon Blum vient lui rendre visite en espérant le rallier au combat pour la réhabilitation de Dreyfus, il refuse et écrit un certain nombre d'articles antisémites, affirmant notamment dans Ce que j'ai vu à Rennes : « Que Dreyfus est capable de trahir, je le conclus de sa race. » Dans Scènes et doctrines du nationalisme, il écrit qu'Émile Zola, qui a pris la défense de Dreyfus « n'est pas un Français », ce qui explique, selon lui, la prise de position de Zola en faveur de Dreyfus :« Qu'est-ce que M. Émile Zola? Je le regarde à ses racines: cet homme n'est pas un Français [...]. Il se prétend bon Français; je ne fais pas le procès de ses prétentions, ni même de ses intentions. Je reconnais que son dreyfusisme est le produit de sa sincérité. Mais je dis à cette sincérité: il y a une frontière entre vous et moi. Quelle frontière? Les Alpes. [...] Parce que son père et la série de ses ancêtres sont des Vénitiens, Émile Zola pense naturellement comme un Vénitien déraciné. »
Proche de Charles Maurras, son cadet mais qui exerce sur lui une réelle fascination, Barrès refuse pourtant d'adhérer aux idées monarchistes tout en marquant, jusqu'à sa mort, sa sympathie pour l'aventure intellectuelle de l'Action française.
De 1897 à 1902, Barrès publie le Roman de l'énergie nationale. Cette trilogie témoigne de l'évolution de Maurice Barrès vers le nationalisme républicain et le traditionalisme, l'attachement aux racines, à la famille, à l'armée et à la terre natale. Dans Les Déracinés (1897), « le livre qui eut le plus de succès dans les premières années du xxe siècle » selon Pierre de Boisdeffre, un groupe de lycéens lorrains est incité par leur professeur de philosophie à poursuivre leurs études à Paris. Tous partent pour la capitale tenter l'aventure politique et la réussite sociale, où chacun suit son destin. Dans L’Appel au soldat (1900) et Leurs figures (1902), les anciens lycéens connaissent des parcours différents : si les uns se sont avilis en se vendant corps et âme, en pratiquant le chantage, l’un d’entre eux, devenu boulangiste, connaît le succès politique et affronte leur ancien professeur, devenu député de l’opposition. Vaincu à la fin de l’œuvre, compromis dans le scandale de Panama, le maître s’inclinera devant l’élève.
Dans son célèbre discours du 10 mars 1899 à la Ligue de la patrie française, intitulé La Terre et les Morts, Maurice Barrès revient longuement sur la nécessité de « restituer à la France une unité morale, de créer ce qui nous manque depuis la révolution : une conscience nationale ».
« Cette voix des ancêtres, cette leçon de la terre que Metz sait si bien nous faire entendre, rien ne vaut davantage pour former la conscience d'un peuple. La terre nous donne une discipline, et nous sommes le prolongement des ancêtres. Voilà sur quelle réalité nous devons nous fonder. »
— Maurice Barrès, La Terre et les Morts, 1899.
L'écrivain Paul Léautaud, qui le connaissait bien, commentera :
« Peut-on se plaire aux idées dont Barrès s’est fait le champion, dont il s’est fait, pour parler plus justement, un tremplin, ces dernières années ? La leçon des morts, l’enseignement des morts, l’obéissance aux morts, la terre et les morts, la petite patrie, etc. Idées inintelligentes, philosophie d’esclave. L’enseignement des morts ! N’est-ce pas assez de les subir en soi forcément, sans encore se plier volontairement à eux ? Je pense au mot de Goethe : « En avant, par-delà les tombeaux. » Véritable cri d’un homme qui voulait être et savait être un homme. Mes morts à moi-même ne m’intéressent déjà pas. Je veux dire celui que j’étais hier, que j’ai été auparavant. Ce n’est pas pour retourner et me soumettre aux morts réels. Je doute de l’intelligence d’un homme, d’inventer des niaiseries pareilles. Ou il me fait l’effet d’un auteur qui a cherché ce qu’il pourrait bien inventer pour se faire une spécialité littéraire. »
— Paul Léautaud, Journal littéraire, Gallimard (Folio), 1968, 16 janvier 1907, p. 190.
En 1902, dans Scènes et doctrines du nationalisme, Barrès affirme et définit sa doctrine politique. Il plaide pour un fédéralisme, plus conforme à la tradition française. La nation est considérée comme une multiplicité de familles : « Familles d'individus, voilà les communes ; familles de communes, voilà la région ; familles de régions, voilà la nation ; une famille de nations, citoyens socialistes, voilà l'humanité fédérale où nous tendons en maintenant la patrie française et par l'impulsion de 1789. » Ainsi la « nationalité » a un sens aussi bien local (nationalité lorraine) que national (nationalité française) : « La nationalité française, selon nous, est faite des nationalités provinciales. Si l'une de celles-ci fait défaut, le caractère français perd un de ses éléments. » L'individualisme des débuts laisse la place à la théorie organique du lien social : « l'Individu n'est rien, la société est tout. »
En 1903, dans Amori et Dolori Sacrum, Maurice Barrès retrace son évolution personnelle dans son texte « Le 2 novembre en Lorraine ». Dans ce texte, véritable « point d'orgue » de sa pensée, Barrès développe l'idée que notre « Moi » n'est que « l'éphémère produit de la société », et en vient, à nouveau, à la conclusion que « notre raison nous oblige à placer nos pas sur les pas de nos prédécesseurs » :
« Certaines personnes se croient d'autant mieux cultivées qu'elles ont étouffé la voix du sang et l'instinct du terroir. Elles prétendent se régler sur des lois qu'elles ont choisies délibérément et qui, fussent-elles très logiques, risquent de contrarier nos énergies profondes. Quant à nous, pour nous sauver d'une stérile anarchie, nous voulons nous relier à notre terre et à nos morts. »
— Maurice Barrès, Amori et Dolori Sacrum, 1903.
Maurice Barrès est aussi le grand écrivain de la Revanche contre l'Allemagne victorieuse en 1871. C'est aux fins de « service national » qu'il rédige les trois volumes des Bastions de l'Est : Au service de l'Allemagne (1905), Colette Baudoche (1909) qui obtient un immense succès, puis, bien plus tard, Le Génie du Rhin (1921).

Maurice Barrès est élu le 18 janvier 1906 à l'Académie française où il succède à José-Maria de Heredia et entre également à l'Académie de Stanislas comme membre associé. Il est élu la même année comme député de Paris (premier arrondissement, circonscription des Halles) le 6 mai 1906 au premier tour de scrutin. Il siège alors au sein de l'Entente républicaine démocratique. Après avoir échoué aux élections de 1893 (Neuilly-Bourgogne), 1896 (Boulogne-Billancourt), 1898 (Nancy, troisième circonscription), 1903 (Paris, quatrième arrondissement), il ne cessera plus dès lors d'être député jusqu'à sa mort (élections générales des 24 avril 1910, 26 avril 1914, 16 novembre 1919).
Ses principaux discours de 1906 portent sur l'affaire Dreyfus et sur la loi de séparation des Églises et de l'État. Le 8 juillet 1908, il défend la peine de mort. Le 19 mars 1908, un vif duel oratoire l'oppose à Jean Jaurès au Parlement, Barrès refusant la panthéonisation d'Émile Zola défendue par Jaurès. Adversaire politique mais ami de Jaurès et des pacifistes à la veille de la Grande Guerre, Barrès vint un des premiers s'incliner, le 1er août 1914, devant le corps de Jaurès, assassiné la veille par le nationaliste Raoul Villain.
Une séance à la Chambre des députés : Maurice Barrès et Aristide Briand en 1921.
À partir de 1910, Barrès lance une fameuse campagne pour les églises menacées par les effets de la loi de séparation de 1905. Il polémique avec Aristide Briand, écrit une lettre ouverte au ministre de l'Intérieur, lance une pétition signée de 450 artistes, et prononce à la Chambre les trois discours retentissants qui seront recueillis dans La Grande Pitié des églises de France (1914)
Parallèlement à son activité politique, Maurice Barrès publie plusieurs essais (Les amitiés françaises, 1903 ; Ce que j'ai vu au temps du Panama, 1906), des recueils d'articles ou de discours (Chronique de la Grande Guerre, 1914-1920), ainsi que ses Cahiers (1896-1929). En 1907, il rachète le château de Mirabeau à l'écrivaine Gyp.
En 1913, Barrès publie La Colline inspirée dont l'incipit, « Il est des lieux où souffle l'esprit », est resté célèbre. Dans ce récit mystique, où il se tourne vers ces « lieux élus de toute éternité pour être le siège de l'émotion religieuse » il recommande un retour au christianisme pour des raisons sociales et politiques.
Barrès voyage beaucoup, notamment en Espagne, et en Grèce d'avril à mai 1900, un périple qu'il retrace dans son récit de voyage Voyage à Sparte (1906), voyage dont il revient un peu déçu : « Je me suis aperçu que ma terre sainte était ailleurs ! L'hellénisme est la propriété de mes professeurs. Cela ne parle pas à mon cœur, cela ne frappe pas mon imagination et j'ai horreur des exercices littéraires. »
Il remonte le Nil entre décembre 1907 et janvier 1908. De ce voyage, on ne connaît que quelques notes dans ses Cahiers. En 1911, dans Greco ou Le secret de Tolède, où il décrit la ville de Tolède et la peinture du Greco, Barrès cherche à reproduire « les expériences d'un étranger qui veut se soumettre aux influences de Tolède » et donner « un chemin royal à chacun de nous pour pénétrer dans la connaissance du génie espagnol ». Barrès retourne en Orient en mai-juin 1914 : Alexandrie, Beyrouth, Damas, Alep, Antioche, etc. Son récit de voyage Une Enquête aux pays du Levant parait, un peu avant sa mort, en novembre 1923.

Pendant la Grande Guerre, Barrès est un acteur important de la propagande de guerre qui lui valut d’être élu par Le Canard enchaîné, chef « de la tribu des bourreurs de crâne. » L'écrivain se fait le champion du « jusqu'auboutisme » dans les articles qu'il écrit chaque jour pendant quatre ans à l’Écho de Paris. Il exalte les combats en cours et se voit décerner par Romain Rolland le surnom de « rossignol des carnages. » Il inaugure une campagne de presse pour la création d'une décoration pour récompenser les soldats de la Grande Guerre, qui deviendra la Croix de guerre 1914-1918. Pendant la bataille de Verdun, il nomme « Voie Sacrée » la ligne de ravitaillement menant à Verdun, en référence à l'antique Via Sacra qui menait au triomphe : « C’est la route sacrée. Elle deviendra légendaire, elle continuera à parler à jamais à cette longue plaine meusienne qui vit passer tant d’invasions. » Le pacifisme était certes devenu une opinion très minoritaire, et la lutte contre l'Allemagne impériale pangermaniste, « la guerre du droit », avait emporté l'adhésion même d'une majorité des socialistes et des anarchistes. Ses carnets montrent cependant qu'il n'était pas dupe de l'optimisme de commande qu'il affichait dans ses propres articles : ils révèlent des poussées de pessimisme et un fréquent désabusement, parfois à la limite du défaitisme.
Atténuant en partie l'expression de son antisémitisme, Maurice Barrès rend pendant la Grande Guerre un hommage aux Juifs français dans Les diverses familles spirituelles de la France (1917) où il les place au côté des traditionalistes, des protestants et des socialistes comme un des quatre éléments du génie national. Barrès rend notamment hommage aux Juifs tués pendant la Grande Guerre : Amédé Rothstein, Roger Cahen, Robert Hertz. Il immortalise la figure du rabbin Abraham Bloch, frappé à mort au moment où il tendait un crucifix à un soldat mourant.
Avec un certain nombre de chefs nationalistes et militaires tel Ferdinand Foch, il plaida pour une nouvelle frontière plus sûre sur la rive gauche du Rhin. Le 24 juin 1920, la Chambre des députés adopta son projet visant à instituer une fête nationale de Jeanne d'Arc.
On sait qu'il aima, de façon semble-t-il platonique, la poétesse Anna de Noailles, et que cet amour lui inspira peut-être Un Jardin sur l'Oronte (1922), roman qui choqua nombre de ses lecteurs catholiques. Pierre de Boisdeffre remarque que « l'on ne comprendrait rien à l'œuvre de Barrès si l'on n'y soupçonnait pas le filigrane, les intermittences du cœur ». La « querelle de l'Oronte » démarre à partir d'un article de José Vincent, paru dans La Croix du 9 juillet 1922. Rejoint par Vallery-Radot, Bernoville et Henri Massis, José Vincent s'inquiète de l'influence de ce roman sur le public et met en accusation Barrès du point de vue de la morale religieuse. Barrès répond dans l’Écho de Paris :
« Je suis d’accord avec la critique catholique : la morale c’est la morale chrétienne. Est-ce à dire que l’artiste ne doit connaître et peindre que des situations édifiantes ? Voulez-vous écarter le monde immense des émotions, des passions de l’âme et des affections du cœur ? »
— Maurice Barrès, « Comment la critique catholique conçoit le rôle de l’artiste », l’Écho de Paris, 16 août 1922.
Quelques mois avant sa mort Maurice Barrès publie Souvenirs d'un officier de la grande armée, dans la préface duquel il a ce singulier pressentiment : « J'ai achevé ma matinée en allant au cimetière de Charmes causer avec mes parents. Les inscriptions de leurs tombes me rappellent que mon grand-père est mort à soixante-deux ans et tous les miens, en moyenne, à cet âge ; elles m'avertissent qu'il est temps que je règle mes affaires. »
Maurice Barrès meurt le 4 décembre 1923, à l'âge de 61 ans, dans sa maison de Neuilly-sur-Seine, foudroyé par une congestion pulmonaire. Après des funérailles nationales célébrées à Notre-Dame de Paris en présence d'Alexandre Millerand, de Raymond Poincaré et du maréchal Foch, il est enterré au cimetière de Charmes


Au printemps 1921, les dadaïstes organisent le procès, présidé par André Breton, de Maurice Barrès, accusé de « crime contre la sûreté de l'esprit » ; Georges Ribemont-Dessaignes est l'accusateur public, la défense est assurée par Aragon et Soupault, et, parmi les témoins se trouvent Tzara, Péret, Drieu la Rochelle, Jacques Rigaut. André Breton expose ainsi l'acte d'accusation : « Le problème est de savoir dans quelle mesure peut être tenu pour coupable un homme que la volonté de puissance porte à se faire le champion des idées conformistes les plus contraires à celles de sa jeunesse. Comment l'auteur d'Un Homme Libre a-t-il pu devenir le propagandiste de l'Écho de Paris ? »
Cette manifestation, à l'issue de laquelle Barrès est condamné à vingt ans de travaux forcés, est à l'origine de la dislocation du mouvement dadaïste (1922), les fondateurs du mouvement (Tristan Tzara en tête) refusant toute forme de justice, même organisée par Dada.

 

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