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(87) HAUTE - VIENNE
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saintluc
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MessagePosté le: Dim 12 Mar - 07:28 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant

La Haute-Vienne (Nauta-Viena ou Nauta-Vinhana en occitan) est un département français, situé dans la région Nouvelle-Aquitaine. Il tire son nom de la rivière Vienne, qui le traverse d'est en ouest. Sa préfecture et principale ville est Limoges. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 87.
Situé au carrefour des axes de liaison historique entre Paris et Toulouse (nord-sud) et l'Atlantique et le Massif central (ouest-est), culturellement et historiquement occitan, le département occupe la partie ouest de l'ancienne province du Limousin qui recouvrait aussi une partie des actuels départements de la Charente, de la Vienne et de la Dordogne.

La Haute-Vienne fait partie de la région Nouvelle-Aquitaine. Elle est limitrophe de 6 départements : la Creuse (préfecture : Guéret) à l'est, la Corrèze (préfecture : Tulle) au sud, la Dordogne (préfecture : Périgueux) à l'ouest, la Charente (préfecture : Angoulême) au nord-ouest, la Vienne (préfecture : Poitiers) au nord-est et l'Indre (préfecture : Châteauroux) au nord. Elle est drainée principalement par deux cours d'eau qui la traversent d'est en ouest : la Vienne, qui lui donne son nom et qui arrose les deux villes principales, Limoges et Saint-Junien, et la Gartempe, affluent indirect de la Vienne via la Creuse, au nord.
Le département est situé sur la bordure nord-ouest du Massif central ; son altitude est ainsi comprise entre 160 mètres dans la vallée de la Vienne et plus de 750 mètres près du lac de Vassivière, dans la montagne. Le chef-lieu de commune le plus bas est Saillat-sur-Vienne (162 mètres) et le plus élevé Beaumont-du-Lac (633 mètres).
Le point culminant du département est le puy Lagarde avec une hauteur de 795 m.
La Haute-Vienne possède 149 996 ha de bois, soit un taux de boisement de 29,6 %. Le département arrive en dernière position régionale, puisque la Corrèze affiche un taux de plus de 45 %, et la Creuse est recouverte à 29,8 % de forêts. Il y a près de 7 000 km de cours d'eau.

La Haute-Vienne, contrairement à bon nombre de départements, comme la Corrèze proche, n'est pas véritablement divisée en entités géographiques distinctes, même si les paysages peuvent être très différents. On peut cependant déterminer trois grands ensembles.
La Basse-Marche, occupant un tiers nord du département, délimitée au sud par les monts de Blond, le pays de Saint-Pardoux et les monts d'Ambazac. Son altitude varie de 150 à 300 m. La zone rassemble environ 40 000 habitants.
Principales villes : Bellac, Magnac-Laval, Le Dorat, Châteauponsac.
La vallée de la Vienne, à laquelle on peut ajouter les zones environnantes et les vallées des principaux affluents, tels la Glane, la Briance, la Gorre, l'Aurence. Cette partie concentre la majeure partie de la population (environ 250 000 habitants) et des villes. Son altitude varie de 150 à 400 m.
Principales villes : Limoges, Saint-Junien, Rochechouart, Aixe-sur-Vienne, Nexon, Pierre-Buffière.
Les plateaux et monts du Limousin, couvrant le « bord » département du sud-ouest à l'est, sur une bande large de 10 à 25 km. La limite entre cette zone et les autres est parfois floue, tant les similitudes entre les collines de faible altitude et les sommets les plus hauts, regroupés au sein de cette partie sont parfois faibles. Elle se détache en plusieurs petits massifs (monts de Châlus, forêt de Fayat, plateau de Millevaches, monts d'Ambazac) séparés de « plateaux » et de collines. Son altitude varie de 300 à 777 m. La zone rassemble environ 70 000 habitants.
Principales villes (du sud-ouest vers l'est) : Châlus, Saint-Yrieix-la-Perche, Châteauneuf-la-Forêt, Eymoutiers, Saint-Léonard-de-Noblat, Ambazac, Bessines-sur-Gartempe.

Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de la province du Limousin (sa moitié sud) et du comté de la Marche (sa moitié nord), ainsi que de quelques communes de l'Angoumois (au sud-ouest) et du Poitou (Rochechouart). Il hérite provisoirement du numéro 81, et devient le 87e département au xixe siècle avec l'ajout de départements dans l'est et le nord-est.
Il tire son nom de la rivière qui le traverse, la Vienne, affluent en rive gauche de la Loire, née sur le plateau de Millevaches en Corrèze.
Peu de vestiges préhistoriques ont été découverts sur le territoire qui correspond à l'actuel département. Quelques pièces et vestiges du Paléolithique et Mésolithique ont néanmoins été découvertes près de Saint-Jean-Ligoure et dans les vallées de la Gartempe et de la Vienne. L'avènement de l’agriculture et de nouvelles techniques plus élaborées ont permis la découverte de céramiques dans l'abri de la Roche aux fées, à Cieux.
L'installation humaine du Néolithique est plus facilement prouvée par différents ensembles mégalithiques, comme le dolmen de Chez Boucher à La Croix-sur-Gartempe, ou celui de la Borderie, à Berneuil (-2 650 av. J.-C.) et à Breuilaufa, et le mobilier funéraire trouvé avec attestant du commerce (flèches, coquillages, parures…). L'arrivée de l'âge du bronze est illustrée par les haches trouvées à Châlus
L'arrivée des Romains avec la conquête de la Gaule se fait sur un territoire occupé par le peuple gaulois des Lémovices, qui donne son nom à la ville de Limoges et au Limousin. 10 000 d'entre eux furent envoyés à Alesia, menés par le chef Sedullos. Le commerce s'organise dans une région abritant des ressources importantes. Minières : or à Saint-Yrieix-la-Perche, exploité jusqu'à la fin du xxe siècle, étain. Agricoles, avec le vin dont la production est justifiée par la découverte d'amphores à Saint-Gence.
Sous le règne d'Auguste, Augustoritum (littéralement le gué d'Auguste), actuelle Limoges, est fondée sur la Vienne. L'établissement de la ville fait suite à une première capitale des Lémovices située sur un oppidum plus en amont, à Villejoubert, près de Saint-Denis-des-Murs. Son importance est vite remarquée, par l'existence d'un grand amphithéâtre romain et la position au carrefour de deux grandes voies romaines : la Via Agrippa, reliant Lugdunum (Lyon) à Mediolanum Santonum (Saintes), et une autre voie reliant l'Armorique et Avaricum (Bourges) à la Méditerranée.
Forte de sa position stratégique, Augustoritum fait partie de la province Aquitaine, tout comme d'autres localités : Rongomagus (Rancon), Blatomagus (Blond) et Carovicus (Château-Chervix).
Avec les premières tensions extérieures et les invasions barbares, la cité connaît un déclin dès le iiie siècle.


La région est christianisée à partir du iiie siècle mais la progression du christianisme sera lente et demeurera imparfaite. Un réseau paroissial important se constitue durant la période mérovingienne et la présence d’ermites entraîne un culte posthume de ces hommes, autour de leurs tombeaux.
La domination des Wisigoths est de courte durée, car le Franc Clovis s'empare du Limousin après la bataille de Vouillé en 507. Querelles et révoltes se multiplient, et la région est rattachée au duché d'Aquitaine en 674. La vicomté de Limoges est bientôt créée.
Des communautés religieuses sont fondées : Solignac est fondée par Éloi de Noyon, Saint Martial en 848. En 994, les reliques de saint Martial sont exposées afin d’éradiquer le « mal des ardents » ; ce sont les premières ostensions limousines. L'abbaye de Saint-Martial possède un imposant patrimoine. C'est aussi l'époque de prospérité de l'ordre de Grandmont, fondée par les disciples d'Étienne de Muret. Ces monastères œuvrent, en plus de leur rôle de christianisation, pour l'aménagement du territoire et l'agriculture.
Le Limousin est un territoire partagé entre diverses seigneuries, avec pour conséquence une forte insécurité. Les vicomtes réussissent à étendre leur influence vers le Périgord. Des châteaux sont construits sur des mottes : Châlucet, Lastours…
Aliénor d'Aquitaine, héritière du duc d'Aquitaine, divorçant de Louis VII, épouse en secondes noces Henri Plantagenêt, comte d'Anjou et du Maine, duc de Normandie, devenu roi d'Angleterre en 1158. Le Limousin est accolé à l'Aquitaine anglaise et se trouve au cœur des luttes entre Henri II et Louis VII.
Il en est de même à la génération suivante, entre Richard Ier, roi d'Angleterre, dit Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste. À l'occasion d'une trêve entre les deux souverains, Richard décide de s'en prendre au vicomte Adémard V de Limoges, qui s'était rallié au roi de France en son absence. C'est au cours d'une expédition punitive contre les châteaux qui protégeaient Limoges par le sud, que Richard Cœur de Lion est mortellement blessé par le chevalier limousin Pierre Basile lors du siège du château de Châlus-Chabrol en 1199.
La région est durement éprouvée par la guerre de Cent Ans. Marche entre le duché de Guyenne, anglais, et le royaume de France, le Limousin est touché par les bandes de mercenaires qui ruinent les campagnes. Avec la défaite de Jean le Bon en 1356 et le traité de Brétigny, la France donne aux Anglais un grand territoire comprenant le Limousin. La Cité de Limoges donne son soutien à la couronne française, quand le Château apporte son aide à la couronne anglaise et au Prince noir. Celui-ci met Limoges à sac en 1370, mais la totalité de la ville se rend au roi de France.
Une paix précaire s'installe à nouveau, troublée notamment par la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Diverses cités trouvent un essor dans les échanges commerciaux en plus des pèlerinages religieux (ex. Le Dorat, Saint-Junien, Saint-Léonard-de-Noblat).
Le Limousin profite de la paix pour remettre son économie en marche. Les tanneries et les mégisseries se multiplient sur la Vienne, comme à Saint-Junien, où cet artisanat perdure jusqu'au xxe siècle. L'industrie du papier et l'imprimerie sont également créées. L'émaillerie connaît un nouvel essor à Limoges, sous la houlette du célèbre Léonard Limosin, qui officie à la cour de François Ier. Les échanges sont relancés, et des foires sont inaugurées (Saint-Loup et les Innocents à Limoges, toujours existantes de nos jours). En revanche, poètes (Jean Dorat) et auteurs préfèrent rallier Paris pour exercer.


La réforme protestante pénètre dans la région, entraînant des conversions, peu nombreuses malgré la propagande de Jeanne III de Navarre dite d'Albret, vicomtesse de Limoges. Le Limousin est le lieu de la victoire de l’armée royale sur les troupes de Gaspard II de Coligny à la bataille de La Roche-l'Abeille. Ruinés par la guerre, les paysans s'insurgent contre les seigneurs.
En installant et imposant la paix et protégeant les paysans, Henri IV permet au Limousin de connaître à nouveau une certaine prospérité. Il est accueilli par une foule enthousiaste lorsqu'il entre à Limoges le 20 octobre 1607.
La Contre-Réforme entraîne la création de nombreux couvents et ordres religieux, surtout à Limoges. Les laïcs pratiquent la bienfaisance à l'égard des religieux.
L’'industrie se développe au xviiie siècle est en forme, particulièrement avec le lancement par l'intendant Turgot de l'industrie porcelainière en 1765, après la découverte de kaolin dans le sud du département, à Saint-Yrieix-la-Perche. Turgot permet aussi d'améliorer le réseau de transports, la fiscalité, l'agriculture.
Des auteurs du Limousin se font connaître, dont Tristan l'Hermite, qui obtient du succès avec son chef-d'œuvre Marianne, Jean-François Marmontel, secrétaire perpétuel de l'Académie française, et qui reste l'un des plus grands écrivains limousins de cette époque.
Les idées des philosophes commencent aussi à circuler dans la bourgeoisie, relayées par les loges maçonniques, dont la première voit le jour à Limoges en 1760.

Les États généraux sont convoqués par Louis XVI. Noblesse et tiers état se retrouvent dans des intérêts communs sur de nombreux points.
Le Limousin fournit des hommes illustres à l'État, comme le révolutionnaire Pierre-Victurnien Vergniaud et le futur maréchal d'Empire Jourdan. La région connaît peu de violences. Les paysans profitent de la vente des biens nationaux et du partage des biens communaux.
Le territoire devenu Haute-Vienne traverse sans heurts la France de Napoléon Ier, en fournissant toujours des hommes importants, notamment des scientifiques (Guillaume Dupuytren, Cruveilher, Gay-Lussac).
Le retour des souverains, pendant la Restauration, la Monarchie de Juillet, puis le Second Empire, conjugué avec l'essor de l'industrie de la porcelaine, fait naître un début de ressentiment à l'égard de la monarchie et le début d'un ancrage à gauche, mené par la classe ouvrière.
La Haute-Vienne se démarque aussi par son attachement rapide à la République, comme en témoigne la proclamation de celle-ci deux jours avant l'instauration nationale, en 1848. Lors des élections de 1849, les Hauts-Viennois élisent une majorité de députés radical-socialiste. La ville et le département acquièrent véritablement leur image de région rouge. Sous le Second Empire, un clivage émerge dans le département entre le monde urbain majoritairement républicain et les campagnes du département adhérant de plus en plus au bonapartiste. À la chute de l'Empire, une éphémère Commune est proclamée en 1871. Cependant, comme au niveau national, les élections législatives du 8 février 1871 voient la victoire sans appel des forces monarchistes dans le département : six sièges sur les sept qui étaient à pourvoir passent entre leurs mains. La plupart de ces nouveaux élus sont des orléanistes, des monarchistes modérés, par exemple Teisserenc de Bort, ou André Duléry de Peyramont. En 1876, les Républicains remportent très majoritairement les élections législatives dans le département.
La région connaît toujours une bonne santé économique (arrivée du chemin de fer en 1856, agriculture en expansions avec les bovins, production textile), permettant à la population d'augmenter : Limoges dépasse les 90 000 habitants à la veille de la Première Guerre mondiale, la Haute-Vienne compte plus de 300 000 âmes, le Limousin approche le million.
Les idées politiques (socialisme et communisme) se développent, aidées par le syndicalisme embryonnaire (la CGT est créée à Limoges en 1895). Les premières grèves font leur apparition. Mais la vie locale, puis rapidement nationale, est marquée par les grèves de Limoges de 1905, quand les manifestations font un mort, Camille Vardelle.
La Grande Guerre tue un grand nombre de jeunes Haut-Viennois, et développe l'industrie de la chaussure et des draps. Les prix augmentent, les grèves sont nombreuses. Celles-ci donnent une image négative du Limousin. Les généraux incapables sont envoyés par Joffre à Limoges : d’où l’expression « limoger ».
La Seconde Guerre mondiale voit naître un important réseau de résistants, dirigé par Georges Guingouin, au sein du maquis du Limousin. À la fin de 1944, le département compte 14 992 FFI13. La bataille du Mont Gargan voit environ 10 000 d’entre eux affronter les Allemands pendant plus de dix jours14 ; le massacre d'Oradour-sur-Glane rappelle la dureté et l'horreur du conflit.

Tourisme en Haute-Vienne.
   

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Dernière édition par saintluc le Mar 14 Mar - 08:06 (2017); édité 2 fois
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saintluc
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MessagePosté le: Lun 13 Mar - 08:25 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant

Le massacre d’Oradour-sur-Glane est la destruction, le 10 juin 1944, de ce village de la Haute-Vienne, situé à environ vingt kilomètres au nord-ouest de Limoges, et le massacre de sa population (642 victimes), par un détachement du 1er bataillon du 4e régiment de Panzergrenadier Der Führer appartenant à la Panzerdivision Das Reich de la Waffen-SS. Il s'agit du plus grand massacre de civils commis en France par les armées allemandes, assez semblable à ceux de Marzabotto, ou de Distomo (ce dernier perpétré lui aussi le 10 juin 1944), qui transposent sur le front de l'Ouest des pratiques courantes sur le front de l'Est.
Ces événements marquèrent profondément les consciences ; leurs conséquences judiciaires suscitèrent une vive polémique, notamment à la suite de l'amnistie accordée aux Alsaciens « Malgré-nous » qui avaient participé au massacre. Depuis 1999, le souvenir des victimes est célébré par le Centre de la mémoire d'Oradour-sur-Glane, situé non loin des ruines du village à peu près conservées en l'état.


Situé à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Limoges, Oradour n'est en cette première moitié du xxe siècle qu'un bourg, un village de marché. Le samedi, de nombreux habitants de Limoges viennent y faire leurs provisions, en empruntant le tramway de Limoges dont le trajet dure un peu plus d'une heure. En 1936, le territoire de la commune compte 1 574 habitants, dont 330 dans le village même. « Qu'est-ce donc que cet Oradour qui baigne paisiblement dans sa campagne verdoyante ? Simplement un village de moyenne importance. Il est modeste et vit sans bruit, sans éclat».
Politiquement, la commune se situe clairement à gauche, avec une dominance de la SFIO, surtout depuis les élections municipales de 1935 qui privent les partis de droite de toute représentation au conseil municipalb ; les parlementaires de la Haute-Vienne, tous socialistes, approuvent l'octroi des pleins pouvoirs à Philippe Pétain, à l'exception de l'élu de la circonscription qui comprend Oradour, Léon Roche.
De 1939 à 1944, la population d'Oradour augmente en raison de l'arrivée de réfugiés, en trois vagues successives, puis de manière diffuse. Début 1939, arrivent des républicains espagnols, vaincus du franquisme, anarchistes, communistes ou socialistes, dont 22 sont encore présents fin 1943. En septembre 1939, c'est au tour des populations évacuées d'Alsace pour les préserver des combats, mais elles sont plutôt mal accueillies et prennent en majorité le chemin du retour à l'été 1940. La troisième vague, en août 1940, est constituée d'environ 80 personnes expulsées de Lorraine, dont une partie a été annexée au Reich. En outre, à partir de la défaite française (juin 1940), et jusqu'en juin 1944, arrivent peu à peu des réfugiés du Nord et du Pas-de-Calais, de Montpellier et d'Avignon, des Juifs de la région parisienne, de Meurthe-et-Moselle ou de Bayonne. En juin 1944, le village compte un millier d'habitants, essentiellement à la suite de ces afflux de réfugiés.

La présence allemande dans la région ne date que de 1942, après l'occupation de la zone libre, au printemps 1944, l'occupation n'y semble toujours pas pesante : « Autour de nous proprement dit, pas grand-chose, pas grand-chose. On ne voit rien à part ce 11 novembre. Je crois que c'est en 1942, où les Allemands ont envahi la zone libre. On ne les a pas tellement vus, les Allemands à Oradour. On ne les a jamais vus, à part le 10 juinf ». « La commune n'a pas vu le sang couler et, somme toute, l’occupant ne lui a pas infligé de souffrances directes».
Il n'y a pas de maquis à Oradour-sur-Glane ou dans son voisinage immédiat, comme l'attestent les témoignages unanimes des habitants, confortés par les rapports de l'administration de Vichy et par les principaux chefs de la résistance dans la région. Oradour-sur-Glane ne figure pas sur les cartes murales des maquis retrouvées à la Gestapo de Limoges, le plus proche de la localité étant celui des monts de Blond.
Constitué de six compagnies FTP, ce dernier forme le plus puissant ensemble de formations de résistants de la Haute-Vienne après celui du communiste Georges Guingouin à l'est de Limoges ; deux de ces compagnies, à environ huit kilomètres d'Oradour, sont installées dans les bois des communes voisines : Le Four (à Cieux, au nord) et Le Bois Sournet (à Peyrilhac, au nord-est). À l'ouest, à même distance, ce sont les maquis FTP de la forêt de Brigueuil, une extension du maquis de Saint-Junien, à treize kilomètres au sud-ouest d'Oradour. C'est d'ailleurs en mission, revenant de Saint-Junien, qu'Albert Mirablon, photographe clandestin des Mouvements unis de la Résistance (MUR) de Limoges, en visite chez sa mère, est arrêté et tué à Oradour. L'existence de ces groupes est bien connue des habitants d'Oradour dont certains font partie des « légaux » du maquis, mobilisables en cas de nécessité, une telle situation étant cependant marginale. 


Certains Radounauds (habitants d'Oradour) font partie d'une filière d'évasion de pilotes alliés.
Fin mai 1944, l'Oberkommando der Wehrmacht (OKW) note un « fort accroissement de l'activité des mouvements de résistance dans le sud de la France, particulièrement dans les régions de Clermont-Ferrand et de Limoges l'annonce de nombreux recrutements dans l'armée secrète». Cette description est corroborée par celle du préfet régional de Limogesg qui note la multiplication des actions de la résistance : 593 en mars, 682 en avril et 1 098 en mai.
Les 8 et 9 juin, il n'y a pas moins de cinq accrochages entre maquisards et militaires allemands, conduisant à la capture, à la tombée de la nuit du 9 juin, à la hauteur du village de La Bussière, commune de Saint-Léonard-de-Noblat, du commandant Helmut Kämpfe, responsable de nombreuses exactions, qui est exécuté le 10 et à celle, dans un bourg proche d'Oradour, Nieul, d'un autre officier, le lieutenant Karl Gerlach.

En avril 1944, après avoir subi de lourdes pertes sur le front de l'Est, notamment lors de la quatrième bataille de Karkhov, la 2e division blindée SS Das Reich, sous le commandement du Gruppenführer Heinz Lammerding, est mise au repos dans la région de Montauban pour être reconstruite18. Début mai, elle comporte 18 468 hommes, dont de nombreuses recrues, par rapport à un effectif théorique de 21 000 hommes ; début juin, plusieurs de ses composantes ne sont toujours pas opérationnelles et la situation du matériel roulant, de l'armement lourd et des blindés est encore défaillante.
À son arrivée en France, la Das Reich possède les caractéristiques communes aux unités responsables de massacre sur le front de l'Ouest : ses membres sont imprégnés par l'idéologie nationale-socialiste, elle a combattu sur le front de l'Est, se perçoit comme une unité militaire d'élite et a déjà participé à des opérations de lutte contre les partisans. Ses soldats « ont traversé « l'univers moral » de la guerre à l'Est, fait de cruauté envers la population et de brutalités exercées par les officiers sur les hommes de troupe ; peines collectives, massacre de populations, destruction d'habitations et incendie de villages faisaient partie des moyens considérés comme « normaux » de la répression appliquée aux maquis».


Même si la division est officiellement au repos pour reconstituer ses forces, certains de ses éléments participent à des opérations de lutte contre les partisans et à des représailles contre la population civile.
La lutte contre les partisans est régie par des ordres émis, à la suite d'une intervention personnelle d'Adolf Hitler, le 3 février 1944, connus sous le nom d’ordonnance Sperrle, du nom du maréchal adjoint au haut commandement de l'Ouest. Selon ces ordres, la troupe est tenue de riposter immédiatement aux attaques terroristes en ouvrant le feu et si des civils innocents sont touchés, bien que cela puisse être regrettable, la responsabilité en incombe exclusivement aux terroristes ; les zones doivent être bouclées et tous les habitants, quels qu'ils soient, arrêtés ; les maisons qui ont abrité des partisans doivent être incendiées. L'ordonnance poursuit en précisant qu' « il ne faut punir que le chef manquant de fermeté et de résolution car il menace la sécurité des troupes qui lui sont subordonnées et l'autorité de l'Armée allemande. Face à la situation actuelle, des mesures trop sévères ne peuvent entraîner de punitions pour leurs auteurs ». Cette volonté de durcir la répression contre la résistance est partagée par le maréchal Wilhelm Keitel, qui donne l'ordre, en mars 1944, de fusiller les franc-tireurs capturés les armes à la main et non de les livrer aux tribunaux, et par le général Johannes Blaskowitz, supérieur hiérarchique opérationnel de Lammerding, pour qui « la Wehrmacht allemande doit se défendre par tous les moyens en son pouvoir. Si, ce faisant, il faut avoir recours à des méthodes de combat qui sont nouvelles pour l'Europe de l’Ouest, il reste à constater que le combat des terroristes par embuscades est lui aussi quelque chose de nouveau pour les critères européens de l'Ouest».


Le 5 juin 1944, le général Lammerding fait approuver par sa hiérarchie un programme répressif qui reprend les mesures mises en œuvre en Europe de l’Est et à l'arrière du front dans la lutte contre les partisans à partir de 1941. Ce programme prévoit notamment des actions de contre-propagande et de discrimination, « actions ayant pour but de monter la population contre les terroristes » ; il prévoit aussi des arrestations massives et préventives, l'occupation de localités et le ratissage de zones, ainsi que la réquisition de véhicules. Il précise enfin « l'annonce et l'exécution de la disposition que, pour chaque Allemand blessé 5 civils seront pendus et pour chaque Allemand tombé, 10 civils seront pendus».
En mai et début juin 1944, des unités de la Das Reich « terrorisent les populations des départements du Lot, Lot-et-Garonne, Haute-Garonne et Ariège (Tulle112) ». Au cours de leurs opérations, elles fusillent ou déportent des résistants et des otages, assassinent de nombreux civils, hommes femmes et enfants et incendient des habitations voire des villages entiers, comme celui de Terrou25 (Tulle 111-112, Fouché, Oradour, 53-56, Hawes, 35-38).
Le lendemain du débarquement, 7 juin 1944, la Das Reich reçoit deux ordres contradictoires du commandement suprême à l'Ouest : le premier lui donne instruction de rejoindre la Normandie, le second d'intervenir contre la Résistance dans la zone de Tulle-Limoges . Cette ambiguïté est levée par deux ordres reçus le 8 et 9 juin, qui précisent que l'essentiel de la division doit être retiré des engagements en cours avant le 11 juin à 12 h pour rejoindre le front de Normandie. Au cours de la progression vers Tulle, des éléments de la division sont confrontés au renforcement des actions de la Résistance: de nombreux partisans sont tués lors des combats ou sommairement exécutés ; des civils sont également assassinés par le bataillon commandé par Diekmann, qui est « le seul à s'en prendre délibérément aux femmes et surtout aux enfants », notamment lors du massacre de Calviac. La répression menée par la Das Reich connaît un premier point culminant avec le massacre de Tulle. Le 9 juin, après avoir réoccupé la ville brièvement libérée par les FTP le 7, 99 hommes, sans aucun lien avec la Résistance, sont pendus aux balcons et aux réverbères et 149 hommes sont déportés le lendemain (Tulle). Les unités qui n'ont pas fait mouvement vers Limoges mènent des opérations de répression contre la Résistance et commettent des exactions contre la population civile entre le 10 juin et le 16 juillet 1944
 SUITE: Massacre d'Oradour-sur-Glane — Wikipédia
 

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saintluc
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MessagePosté le: Mar 14 Mar - 08:27 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant

Limoges est une commune du centre de la France, préfecture du département de la Haute-Vienne. Capitale historique de l'ancienne province du Limousin, elle est un des pôles d'équilibre de la région Nouvelle-Aquitaine. Les habitants de la ville sont appelés les Limougeauds.
Grande ville d'Aquitaine au Moyen Âge, la ville est fortement marquée par le rayonnement culturel de l’abbaye Saint-Martial.
Limoges, qui reste attachée à ses ostensions, est pourtant parfois surnommée « La ville rouge » ou « La Rome du socialisme » du fait de sa tradition de vote de gauche et des événements ouvriers qu’elle connut au xixe siècle et au début du xxe siècle.
Ville de tradition bouchère, siège du leader mondial des équipements électriques pour le bâtiment, Limoges est également bien positionnée dans l'industrie du luxe. Elle est aujourd'hui connue et reconnue en tant que « capitale des arts du feu » en raison de l’implantation toujours présente des grandes maisons de porcelaine, de ses ateliers d'art travaillant l’émail ou les vitraux, mais aussi en raison du développement de son pôle de compétitivité dédié à la céramique technique et industrielle.
Posée sur les premiers contreforts ouest du Massif central, Limoges est traversée par la Vienne, dont elle fut, à l’origine, le premier point de passage à gué. Entourée d'une ruralité limousine préservée de toute culture ou élevage intensifs, la « ville qui entre en campagne » s'étend sur une superficie de 78 km2.
Elle est reconnue « Ville d’art et d’histoire » depuis 2008.


Le territoire géographique de Limoges est situé sur la branche sud de la chaîne hercynienne constituant les contreforts ouest du Massif Central. Cet orogène de 8 000 km de long et 1 000 de large, né de la formation de la Pangée par collision du Gondwana et du Laurussia-Baltica, est à l'origine du Massif central.
Sous l'ère Paléozoïque (éon Phanérozoïque), de la fin du Silurien au début du Permien, l'évolution géologique liée à l'orogenèse hercynienne a donné au sous-sol de Limoges une structure en nappes de charriage empilées associée à plusieurs générations de granitoïdes. Il en résulte un socle support de roches métamorphiques granitiques du Précambrien fait de gneiss et de granite d'anatexie et constituant une unité ophiolitique formée de péridotites serpentinisées associées à des métagabbros.
L'agglomération s'étend sur une superficie de 78 km2. Elle est construite, à l'instar de Rome ou Paris, sur sept collines. Son altitude est, en moyenne, de 306 mètres et varie de 230 mètres sur les rives de la Vienne à plus de 430 mètres, au lieu-dit Magenta, au nord-ouest de la commune. Elle est de 269 au niveau de l'Hôtel de Ville (Place Léon Bétoulle).
Localement, la sismicité est faible. Limoges n'est l'épicentre d'aucun tremblement de terre depuis 1661. Le dernier séisme ressenti dans la commune, d'une intensité de IV sur l'échelle de Mercalli, a eu lieu le 21 avril 1983

Limoges est la plus grande ville traversée par la Vienne, dans le bassin versant de la Loire, le bassin hydrographique Loire-Bretagne et la région hydrographique Loire. Construite pour l'essentiel sur la rive droite de la rivière, elle marque la limite entre son bassin supérieur et son cours moyen. La Vienne n'est pas ouverte à la navigation ni au transport fluvial à cause d'une profondeur trop faible, et ne relève donc pas du réseau des voies navigables de France.
L'Aurence est un affluent de la Vienne, qui donne son nom au quartier extérieur du « Val de l'Aurence » et à une ZUP homonyme. Elle prend sa source au nord de la commune dans les monts d'Ambazac. L'Auzette prend sa source au lieu-dit Le Puy de Breix, à Saint-Just-le-Martel, puis traverse Panazol et Feytiat, avant de se jeter dans la Vienne à Limoges. Le ruisseau du Palais et la Valoine alimentent la Vienne en ville, avec d'autres cours d'eau, comme le Rigouroux. À l'Aiguille, la Briance, roulant plus de 8 m3/s, porte le débit moyen de la Vienne à 56 m3/s. Celle-ci reçoit encore les eaux de l'Aurence et de l'Auzette, portant son débit à 61 m3/s.
En l'absence de grandes nappes phréatiques, à l'image du Limousin et de ses sources, Limoges est alimentée en eau potable par des retenues de surface et non des réserves souterraines, ce qui exclut la pollution par le radon. Cette position officielle est remise en cause par de nombreuses[évasif] associations et journalistes. Le réseau R RESOUPLIM assure le suivi quantitatif du réseau d’eaux souterraines de la région de Limoges.

Le nom de Limoges résulte de l'évolution phonétique de Lemovicas, forme issue du nom de la Civitas Lemovicum, la cité des Lémovices. Ce nom est préféré dès le ive siècle à la dénomination gallo-romaine d'Augustoritum « le gué d'Auguste », en usage à la fin du ier siècle av. J.-C.. Cette substitution du nom de la tribu au toponyme d'origine s'est produite dans de nombreux autres cas en Gaule. Lemovicas est directement issu du nom des Lémovices, peuple gaulois vivant sur le territoire limousin durant l’Antiquité.
Lemovicas et Lemovicum seraient construits sur la base de lemo, l’orme, et vices, qui vainquent. Lemovicis > Limoges pourrait donc se traduire par « ceux qui vainquent avec l'orme ». Le nom de la ville ferait ainsi référence à l'essence forestière que les gaulois occupant le site auraient utilisée pour confectionner leurs armes.
En occitan, la ville se nomme Limòtges. Cependant, ailleurs qu'en Limousin, on a la tendance à appeler la ville plutôt Lemòtges.
La toponymie limougeaude est fortement marquée par l'occitan : beaucoup de noms de quartiers ou de rues, non-francisés, sont d'expression limousine. C'est le cas de la rue du Rajat (participe passé du verbe rajar, jaillir), du quartier de Puy Las Rodas, de la place de la Bareyrette (las bareretas délimitaient les enclos de parcage des bêtes). Certains noms ont été, lors de leur francisation, l'objet d'une adaptation purement phonétique dont le résultat peut être étonnant. Ainsi, la rue Cruche d’or vient de cruchador [krytsaˈdur], mot désignant un type ancien de balance.

Tirant son nom de la tribu des Lémovices, dont la capitale est probablement située au lieu-dit Villejoubert (commune de Saint-Denis-des-Murs), ou au bourg de Saint-Gence, Limoges, qui revendique 2 000 ans d'histoire, est fondée par les Romains vers l'an 10 avant notre ère, sous Auguste, dans le cadre de la réorganisation des cités et provinces gauloises de l'Empire romain.
La nouvelle capitale des Lémovices, Augustoritum (le gué d’Auguste), est ainsi créée de toutes pièces, peut-être sur la place d’un petit site gaulois, au premier endroit où il est possible de passer la Vienne à gué. La cité est posée au carrefour de la Via Agrippa, qui relie Lugdunum (Lyon) à Mediolanum Santonum (Saintes), et de la Via Avaricum Tolosa qui relie Avaricum (Bourges) à Tolosa (Toulouse). Augustoritum dispose d’arènes plus vastes que celles d’Arelate (Arles) ou de Nemausus (Nîmes), et de thermes parmi les plus somptueux de la Gaule. Elle est construite suivant un réseau de rues parallèles orientées sud-est / nord-ouest, venant croiser en angle droit un autre réseau de rues parallèles orientées nord-est / sud-ouest. Ce quadrillage presque parfait suit le schéma d'urbanisme habituellement en usage chez les Romains.

Peu de vestiges gallo-romains sont visibles, la plupart sont détruits ou enfouis. Ainsi, l'amphithéâtre (fin du ier siècle) est enfoui sous le jardin d’Orsay. Le théâtre est situé en bord de Vienne, sous le quai Saint-Martial et la place Sainte-Félicité. Les thermes (iie siècle), enfouis sous la place des Jacobins, ont été détruits dans leur quasi-intégralité lors de travaux de réalisation d'un parc de stationnement. Les nouveaux thermes (Bas-Empire) sont situés sous les jardins de l'évêché. Le forum (100 mètres de large pour plus de 300 de long, placé au centre de la cité) est localisé sous l’actuelle place de l’Hôtel de ville. Malgré la tradition qui rapporte l’existence d’un temple consacré à Vénus, Diane, Minerve et Jupiter à la place de l’actuelle cathédrale, aucun sanctuaire ou temple gallo-romain n'est à ce jour identifié. L’importance des vestiges antiques semble cependant démontrer qu’Augustoritum est une cité gallo-romaine conséquente, dont l’étude et la mise en valeur globales restent à faire.
Vers 250, saint Martial venu de Rome avec deux compagnons, Alpinien et Austriclinien, évangélise la ville. Il en devient le premier évêque. Il convertit sainte Valérie, fille de Léocadius, proconsul romain et gouverneur de l’Aquitaine, au christianisme. Saint Aurélien, qui devient, au Moyen Âge, le saint patron de la puissante corporation des bouchers de Limoges, lui succède à la tête du diocèse naissant.
Du iiie à la fin du ive siècle, Augustoritum, dont le site deviendra « le Château », est progressivement abandonnée en raison de l'insécurité provoquée par les invasions germaniques. La population se concentre sur un lieu plus facilement fortifiable, le puy Saint-Étienne, sur lequel, au Moyen Âge, sera édifiée la cathédrale Saint-Étienne de Limoges et qui deviendra « la Cité »

Au début du vie siècle, Augustoritum devient Limoges et le second pôle urbain, le futur Castellum Sanctis Martialis (le Château), émerge autour de la nécropole située à proximité, au nord-ouest, qui accueille le tombeau de Martial, le premier évêque, que saint Loup de Limoges est chargé de conserver.
Dans la première moitié du viiie siècle, Limoges et le Limousin font partie du duché d'Aquitaine successivement tenu par les ducs Eudes, Hunald et Waïffre, ayant acquis une large autonomie au sein du Royaume des Francs. Ils semblent très liés à la ville de Limoges et notamment au site de Saint-Martial. Dans les années 760, le nouveau roi carolingien Pépin le Bref mène de dures campagnes pour mettre l'Aquitaine au pas. Limoges et le Limousin sont frappés à plusieurs reprises lors de ces campagnes. Le dernier duc Waïfre est assassiné en 768 en Périgord. L'ensemble de l'Aquitaine, dont Limoges, est alors soumise au nouveau pouvoir franc. En 781, Charlemagne fonde le Royaume d'Aquitaine qu'il confie à son jeune fils Louis, futur Louis le Pieux. À la fin du ixe siècle, un palais royal est attesté aux portes de Limoges à Jocundiac (Le Palais-sur-Vienne). En septembre 832, l’empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, fait acclamer son fils Charles (futur Charles le Chauve) âgé de 9 ans seulement, par les Grands d'Aquitaine, lors d'une assemblée générale tenue dans ce palais suburbain ; l'empereur souhaitait alors punir son fils Pépin Ier, roi d'Aquitaine. Les luttes entre Charles le Chauve et Pépin Ier, puis le fils de celui-ci Pépin II, se poursuivront jusque dans les années 850. En 855, Charles le Chauve, décide de donner un roi aux Aquitains en la personne de son fils Charles l'Enfant. La cérémonie de sacre et couronnement a lieu dans la basilique du Sauveur à proximité du Sépulcre de saint Martial.
Bien que pillée en 862 par les Vikings du chef Hasting, Limoges se développe toujours en ville double, partagée entre la Cité, qui relève du pouvoir de l'évêque, et le Château, qui relève des moines gardiens du tombeau de saint Martial, puis des vicomtes.

Invoqué à l’occasion du mal des ardents lors des ostensions de l’an 994, Martial obtient l'apostolicité par l'action du prédicateur Adémar de Chabannes, lors des conciles de Limoges de 1029 et 1031. Placé au rang des apôtres, saint Martial draine un courant de pèlerinages fructueux pour l’abbaye et la ville. Dénoncée dès le xviie siècle, cette apostolicité plaidée par Adémar de Chabannes est définitivement abandonnée au début du xxe siècle, Martial de Limoges n'étant pas inclus dans le groupe des douze Apôtres.
Limoges accueille le troisième des Lemovicensia concilia, le concile de Noël 1095. C'est au cours de ce concile de Noël qu'après son appel de Clermont, Urbain II prêche pour la première fois pour la première croisade en vue de la libération de la Terre sainte.
À la fin du xie siècle, et durant la première moitié du xiie siècle, la notoriété de Limoges est à son apogée. Elle est portée par le rayonnement de l’abbaye Saint-Martial, qui est alors le plus important centre de production intellectuelle, littéraire, poétique, artistique et musical du monde médio-latin. Les chants grégoriens y connaissent leur premier apogée, avec les productions de l'École de Saint-Martial. La ville bénéficie également du rayonnement des troubadours limousins, qui font de la langue limousine la langue de la culture du monde roman. Limoges est également renommée pour la qualité de sa production d'émaux ou de sa production textile de limogiatures.

Rats et l´oeuf, porcelaine, oeuvre de Peters, Musée Adrien Dubouché, Limoges

À partir du xiie siècle, Limoges, lieu de couronnement traditionnel des ducs d'Aquitaine, est l’une des principales villes de la dot d’Aliénor d'Aquitaine. La majeure partie de son histoire médiévale se calque sur celle des guerres entre Plantagenêts et Capétiens. Richard Cœur de Lion est couronné duc d'Aquitaine lors de deux cérémonies tenues successivement à Poitiers, puis, dans la grande tradition des monarques d'Aquitaine, à Limoges en 1172. À la tête de l'empire Plantagenêt, le roi-chevalier meurt en avril 1199 à Châlus, place-forte défendant l’accès sud-ouest de Limoges, lors d’une expédition punitive contre son vicomte, Adémar V de Limoges.
Au xive siècle, les affrontements entre rois de France et rois d’Angleterre, détenteurs du duché d’Aquitaine dont relève Limoges, culminent à l’occasion de la guerre de Cent Ans. Entre deux événements guerriers, Limoges doit faire face aux pillages des routiers et brabançons désœuvrés. Constituant toujours une « ville double », partagée entre la Cité et le Château, les bourgeois (par leurs consuls), évêques et vicomtes de Limoges jouent des alliances et protections, chacun selon les opportunités du moment. Ainsi, en 1370, la Cité ouvre ses portes aux troupes du roi de France, alors que le Château reste fidèle au roi anglais. Cet événement sera d’ailleurs l’occasion, pour le Prince Noir, de mettre à sac la Cité.

Au xvie siècle, Limoges tourne, avec la fin du Moyen Âge, l’une des plus riches pages de son histoire et intègre définitivement le royaume de France sous Henri IV, lors du rattachement en 1589, à la couronne de France de sa vicomté, passée par héritage à la maison d'Albret.
La Réforme qui gagne le pays affecte peu Limoges. L’activité missionnaire est faible et les conversions à l’Église réformée, estimées à 10 % de la population seulement. De même, les troubles sous les guerres de Religion sont limités. Grâce à l’action des consuls, la Saint-Barthélemy n’a aucune répercussion à Limoges. La ville ressent cependant quelques contrecoups des batailles incessantes que se livrent les nobles catholiques et protestants dans le reste de la province et qui, épuisant récoltes et paysans, donnent lieu, dans le sud du département, à Châlus, Oradour, Saint-Yrieix, Nexon et Saint-Léonard de Noblat, à l’émergence de la révolte dite jacquerie des croquants.
Au xviie siècle, la Contre-Réforme a une grande importance dans la ville. Six compagnies de pénitents sont créées (noirs, rouges ou pourpres, et blancs, qui ont laissé leurs noms à des rues de la ville, mais aussi gris, bleus et feuille-morte, d'après la couleur de leur tenue). De nombreux couvents sont fondés (Visitation, ursulines, etc.), d'autres réformés (bénédictins, Saint-Martin des feuillants, etc.). Le collège des jésuites oriente la formation des élites limougeaudes, alors que les ostensions et processions à grand spectacle (procession de l'octave de la fête du Saint-Sacrement, en particulier) connaissent un important renouveau. Selon Jean Levet, Limoges y gagne le surnom de ville sainte. Cependant, dès cette époque, des voyageurs commencent à relater une certaine évolution urbanistique de la ville ; l'abbé Louis Coulon voit Limoges comme une ville, certes marchande et populaire, mais qui paraît sale et mal bâtie, et dont « les bâtiments n'y sont que de bois et de terre »
Au xviiie siècle, l’intendant Turgot améliore considérablement le réseau routier limousin, relance l’économie limougeaude, favorise la création et le développement d’industries, dont celles du textile et du cuir. Mais le véritable tournant est celui de 1765 : un gisement de kaolin est découvert à Saint-Yrieix-la-Perche, à 40 km au sud de Limoges. L’industrie de la porcelaine est lancée.

La Révolution engendre des événements tragiques à Limoges. Un bref épisode de la Grande Peur y est signalé. Comme partout, les biens de l'Église sont vendus comme biens nationaux, et la politique de Déchristianisation décide de la fermeture de la plupart des églises et de la totalité des monastères. Un prêtre, l'abbé Chabrol, est tué dans une émeute plus ou moins spontanée et quelques prêtres sont guillotinés. L'un des effets majeurs de la Révolution à Limoges sera territorial puisqu'en 1792, la Cité de Limoges et le Château de Limoges sont enfin réunis. Juridiquement, le Château absorbe la Cité et l'ensemble forme officiellement une seule et unique commune87, qui intègre, en outre, les territoires de La Brugère, de Saint-Christophe et de Sainte-Claire-Soubrevas
Au xixe siècle, avec la révolution industrielle, et l'essor des ateliers et des manufactures de textile, cuir, chapeau, chaussures ou porcelaine, Limoges se peuple, au préjudice de sa campagne, d'une population ouvrière, jeune, féminisée, et qui embrasse massivement la cause syndicale. Limoges doit son surnom de Ville rouge (Pauline Roland parle de la Rome du socialisme) aux événements ouvriers de la fin du xixe siècle et du début du xxe siècle. Ainsi, en 1848, des émeutes très graves marquent les élections législatives. En 1851, Limoges tente de s'opposer au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, avant de connaître, en 1871, un très éphémère, mais tragique, épisode de Commune. La CGT est créée à Limoges en 1895. Enfin et surtout, en avril 1905, une protestation contre les pouvoirs des contremaîtres, jugés exorbitants dans le milieu ouvrier de la porcelaine (usine Théodore Haviland, notamment) et de la chapellerie (usine Beaulieu) va donner naissance à d'importants événements ouvriers qui tournent à la révolte sociale et causent la mort d'un jeune ouvrier, Camille Vardelle.
Le secteur industriel est à son apogée entre 1850 et les années 1930, comme en témoigne la création des grandes usines porcelainières Haviland, en 1892, dans le quartier du Mas-Loubier et dès 1852 sur le site de l'actuel Centre commercial Saint-Martial. La première de ces usines devient rapidement la plus grande de la ville avec, en 1907, huit cents ouvriers pour dix-sept fours. Parallèlement à ces structures imposantes, la micro-industrie porcelainière, dont l'usine Labesse qui emploie quatre-vingt-dix personnes entre 1873 et 1938, perdure.

L'essor de l'industrie est le moteur de l'expansion urbaine de la ville, qui au milieu du siècle dépasse à peine ses limites de l'Ancien régime, mais qui passant de 30 000 habitants en 1841 à 98 000 en 1926, s'étend en faubourgs résidentiels. Cette croissance se fait de façon plutôt anarchique, sans réelle réflexion urbanistique globale, exception faite de petites opérations localisées pilotées par des bourgeois locaux tels l'entrepreneur et mécène Ernest Ruben.
En 1914, Limoges est la ville de casernement des 63e et 263e régiments d'infanterie. Après les premiers revers militaires de la France au début de la Grande Guerre, Joseph Joffre estime que de nombreux officiers font preuve d'incompétence ou d'apathie. Il décide de les écarter du front et les assigne à résidence dans la 12e région militaire, dont la capitale est Limoges. Un nouveau terme apparaît : le limogeage. S'il demeure dans le vocabulaire actuel, le lien avec la ville de Limoges est à relativiser : sur cent-cinquante à deux cents hauts gradés (soit près de 40 % du total) limogés, moins d’une vingtaine sont effectivement envoyés dans la région.
Le 22 juin 1940, durant la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande se trouve à 30 km de Limoges lorsque le gouvernement Pétain demande l’armistice. Limoges et sa région, en zone libre jusqu'en 1942, accueillent de nombreux enfants retirés des zones de combats par leurs familles, puis des familles entières jetées sur les routes de l’exode. Limoges voit jusqu'à 200 000 réfugiés errer dans ses rues. Malgré les multiples maquis limousins qui organisent la Résistance en campagne, la ville apparaît comme relativement calme, bien que les juifs, dont la communauté Strasbourg-Limoges passe pour l’une des rares véritablement organisées en France, connaissent dès février 1943 les rafles de la Gestapo. Traumatisée par le massacre d'Oradour-sur-Glane et appelée « capitale du Maquis » par le général de Gaulle lors de son discours du 4 mars 1945, Limoges sort de la Seconde Guerre mondiale le 21 août 1944, libérée par les résistants des maquis Francs-tireurs et partisans dirigés par le colonel Georges Guingouin, mais cette libération est marquée par des exécutions sommaires lors de l'épuration.
Depuis 1945, la ville n'a été marquée par aucun événement historique ou politique, son histoire se fondant dans celle, plus générale, et pacifiée, de la République

 
 liste des monuments historiques de Limoges.  

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MessagePosté le: Mer 15 Mar - 08:59 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant

 Le château de Rochechouart est un château situé en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (Haute-Vienne), dans le Limousin historique, au-dessus du confluent de la Graine et de la Vayres, construit initialement au xiie siècle et qui comporte également des parties du xve siècle. La dynastie des vicomtes de Rochechouart en a été propriétaire de la création du château à sa vente à l'État français au xixe siècle. Le château de Rochechouart abrite aujourd'hui un musée départemental d'art contemporain et des services locaux du Conseil départemental de la Haute-Vienne.


L'histoire du château commence vers l'an 1000 par la fortification par les vicomtes de Limoges d'un éperon rocheux dominant la Graine.
Le château, dont le donjon date du xiie siècle, et la majorité du bâtiment du xve siècle, est situé au-dessus du confluent de la Graine et de la Vayres dans la commune de Rochechouart.
Jusqu'en 1470, la châtellenie est le fief d’une branche cadette des vicomtes de Limoges. De l'ancienne forteresse il ne subsiste plus que le châtelet d'entrée à pont-levis qui conserve une des tours du xiiie siècle.
Pendant la Révolution, on essaie de démolir le château. Les révolutionnaires ne réussirent qu'à démolir le sommet des deux tours qui encadrent la façade sud-est.
Le château est acheté par le département en 1836, pendant le règne de Louis-Philippe. Il entreprend sa restauration à l'identique.
Entre 1858 et 1859, le début des campagnes de restauration est mené par le service des Monuments historiques pour installer dans le château la sous-préfecture et la mairie, sous le règne de Napoléon III.
De nos jours, il abrite depuis 1985 le musée d'art contemporain de Rochechouart où l'on peut admirer le fond Raoul Hausmann, artiste dadaïste, et des œuvres d'artistes internationaux des années 60 à nos jours, tels que Giuseppe Penone, Arte Povera, Christian Boltanski ou Tony Cragg. On peut aussi y voir des collections de silex, haches, pierres taillées et polies, ossements des époques préhistoriques, des reconstitutions d'hypocaustes provenant de Chassenon, des poteries découvertes en Auvergne et en Charente.
Trois expositions temporaires s'y déroulent chaque année.
On peut y visiter aussi la salle des chasses qui abrite des fresques polychromes du début du xvie siècle, représentant une chasse au cerf, et la salle d'Hercule ornée de peintures murales en grisaille du milieu du xvie siècle.
Dans la cour d'honneur, on peut admirer la galerie soutenue par des colonnes torses.

Les vicomtes de Rochechouart ont régné 800 ans sur le château. Ils étaient vassaux du comte de Poitiers. On peut citer parmi eux :
Aymeric Ier Ostofranc, fils du vicomte de Limoges, Géraud, qui a vécu vers 990, est l'ancêtre de la dynastie.
Aymeric IV participa à la première croisade aux côtés de Godefroy de Bouillon.
Aymeric VI 1170-1230 fut celui qui fit bâtir le château actuel, dont il reste le donjon et le châtelet d'entrée. De lui, on connaît la légende suivant : en 1205, son épouse Alix ayant été accusée d'adultère par l'intendant du château, il la fit enfermer dans la cage d'un lion dans la tour est du château, mais l'animal ne la dévora pas et se coucha à ses pieds. Elle fut donc innocentée et l'intendant prit sa place avec le lion qui ne tarda pas à le dévorer .
Aymeric IX participa en 1283 à l'expédition d'Aragon, aux côtés du roi de France Philippe le Hardi.
Simon et Jean Ier se battirent en Flandres en 1304 et 1328 aux côtés des rois de France Philippe le Bel et Philippe VI de Valois. En 1346, le vicomte Jean Ier participa à la bataille de Crécy. Il fut tué dix ans plus tard, à la bataille de Poitiers, en défendant le roi Jean le Bon.
Le château fut un haut-lieu de la résistance aux Anglais durant la guerre de Cent Ans avec Louis, chambellan du roi Charles V, compagnon d'armes de Bertrand Du Guesclin, puis son fils Jean II et son petit-fils Geoffroy qui fut compagnon de Jeanne d'Arc.
Le vicomte Foucaud (1440-1472) fut un conseiller du roi Louis XI.
Le vicomte Jean de Rochechouart-Ponville fit restaurer le château dans le style Renaissance.
François, fils de Jean, fit décorer la salle de chasse. Il fut condamné à l'exil car accusé du meurtre de Pierre Bermondet.
Claude, son fils, fit décorer la salle Hercule. Il fut un compagnon d'armes du connétable de Montmorency, et fut blessé et fait prisonnier à la bataille de Saint-Quentin en 1557


Françoise-Athenaïs de Rochechouart, plus connue sous le nom de Madame de Montespan fut la favorite de Louis XIV.
Sous la Terreur, la vicomtesse Marie-Victoire, fut arrêtée et incarcérée à Paris, elle y fut guillotinée en 1794.
Le général Louis-Victor-Léon de Rochechouart (1788-1858) participa durant les guerres napoléoniennes aux campagnes de Russie, d'Allemagne et de France, et notamment à la Bataille de la Bérézina. Il fut ensuite maréchal de camp du roi Louis XVIII et gouverneur de Paris (1814-1821). Il acheta en 1825 le château de Rochechouart qu'il revendit en 1836 au département de la Haute-Vienne, et ses dépendances à la ville. Auteur d'un ouvrage remarquable sur sa famille.
Le vicomte Aimery VII de Rochechouart est, avec sa femme Alix, le protagoniste d'une légende connue sous le nom d'Alix et le lion, rapportée par l'abbé Duléry2 : Alix était une femme exceptionnellement belle et parée de grande vertu. L'intendant du château conçut une violente passion pour la vicomtesse qui repoussa ses avances. Pour se venger, il se plaignit auprès du vicomte en inversant les rôles. Fou de rage, Aimery fit jeter Alix dans un cachot où était enfermé un lion qui lui avait été offert lors de son expédition aux Croisades. Quelques jours plus tard, on explora la pièce. Alix était vivante, et le lion dormait à ses côtés. Il n'en fallut pas plus pour convaincre Aimery de l'innocence de sa femme. Le vicomte fit alors enfermer au cachot l'intendant qui fut dévoré sans attendre par le lion affamé.
En 1470, Anne, fille unique de Foucaud de Rochechouart, épouse Jean de Pontville, chambellan de Charles de France, duc de Guyenne et frère de Louis XI. La vicomté de Rochechouart quitte alors la famille de Rochechouart (qui subsiste avec les Seigneurs du Bourdet et les Seigneurs du Chandenier).


En 1512, leur fils François fait assassiner Pierre Bermondet, seigneur du Boucheron et de Saint-Laurent-sur-Gorre dont il convoitait les terres. S'ensuivit un procès retentissant qui ruina les Pontville. De cette simple histoire sordide naquit peu à peu la légende suivante :
« François de Pontville étant parti chasser, un ami, Bermondet de Cromières, serait venu lui rendre visite au château de Rochechouart. L'homme, réputé pour ses belles mains, aurait été reçu par la vicomtesse, puis s'en serait retourné, après avoir longuement attendu le vicomte.
À son retour, la vicomtesse aurait prévenu ce dernier de la visite de Bermondet, tout en louant ses manières élégantes et ses belles mains. Pontville, d'un caractère jaloux et impulsif, serait parti précipitamment avec quelques hommes à la poursuite de son ami. À sa vue, les cavaliers auraient fondu sur l'homme qui venait les saluer, et l'auraient tué à coups de poignards. Pontville aurait alors coupé une main de la victime, l'aurait mis dans une boîte et de retour au château, l'aurait offert à sa femme en lui disant : « Madame, voici l'objet de votre idolâtrie. C'est la belle main du marquis de Cromières ! » Le parlement de Paris, saisi de l'affaire, François de Pontville et ses complices auraient été condamnés à mort. »
Le châtelet d'entrée à pont-levis avec une de ses tours du xiiie siècle est la seule partie restant de l'ancienne forteresse.
Après la guerre de Cent Ans, le château fut rebâti suivant un plan pentagonal. Le corps de logis présente de grandes travées de baies couronnées de lucarnes passantes, et la galerie de la cour est sur colonnes au fût mouluré en torsades.
La tour nord-ouest maintenant arasée, était la tour maîtresse.
Le musée départemental d'art contemporain est installé dans le château. Il a été inauguré en 1985 par le conseil général de la Haute-Vienne et il est reconnu comme musée de France.
château situé en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (Haute-Vienne), dans le Limousin historique, au-dessus du confluent de la Graine et de la Vayres, construit initialement au xiie siècle et qui comporte également des parties du xve siècle. La dynastie des vicomtes de Rochechouart en a été propriétaire de la création du château à sa vente à l'État français au xixe siècle. Le château de Rochechouart abrite aujourd'hui un musée départemental d'art contemporain et des services locaux du Conseil départemental de la Haute-Vienne.


Le château est acheté par le département en 1836, pendant le règne de Louis-Philippe. Il entreprend sa restauration à l'identique.
Entre 1858 et 1859, le début des campagnes de restauration est mené par le service des Monuments historiques pour installer dans le château la sous-préfecture et la mairie, sous le règne de Napoléon III.
De nos jours, il abrite depuis 1985 le musée d'art contemporain de Rochechouart où l'on peut admirer le fond Raoul Hausmann, artiste dadaïste, et des œuvres d'artistes internationaux des années 60 à nos jours, tels que Giuseppe Penone, Arte Povera, Christian Boltanski ou Tony Cragg. On peut aussi y voir des collections de silex, haches, pierres taillées et polies, ossements des époques préhistoriques, des reconstitutions d'hypocaustes provenant de Chassenon, des poteries découvertes en Auvergne et en Charente.
Trois expositions temporaires s'y déroulent chaque année.
On peut y visiter aussi la salle des chasses qui abrite des fresques polychromes du début du xvie siècle, représentant une chasse au cerf, et la salle d'Hercule ornée de peintures murales en grisaille du milieu du xvie siècle.
Dans la cour d'honneur, on peut admirer la galerie soutenue par des colonnes torses.
Françoise-Athenaïs de Rochechouart, plus connue sous le nom de Madame de Montespan fut la favorite de Louis XIV.
Sous la Terreur, la vicomtesse Marie-Victoire, fut arrêtée et incarcérée à Paris, elle y fut guillotinée en 1794.
Le général Louis-Victor-Léon de Rochechouart (1788-1858) participa durant les guerres napoléoniennes aux campagnes de Russie, d'Allemagne et de France, et notamment à la Bataille de la Bérézina. Il fut ensuite maréchal de camp du roi Louis XVIII et gouverneur de Paris (1814-1821). Il acheta en 1825 le château de Rochechouart qu'il revendit en 1836 au département de la Haute-Vienne, et ses dépendances à la ville. Auteur d'un ouvrage remarquable sur sa famille.
Le vicomte Aimery VII de Rochechouart est, avec sa femme Alix, le protagoniste d'une légende connue sous le nom d'Alix et le lion, rapportée par l'abbé Duléry2 : Alix était une femme exceptionnellement belle et parée de grande vertu. L'intendant du château conçut une violente passion pour la vicomtesse qui repoussa ses avances. Pour se venger, il se plaignit auprès du vicomte en inversant les rôles. Fou de rage, Aimery fit jeter Alix dans un cachot où était enfermé un lion qui lui avait été offert lors de son expédition aux Croisades. Quelques jours plus tard, on explora la pièce. Alix était vivante, et le lion dormait à ses côtés. Il n'en fallut pas plus pour convaincre Aimery de l'innocence de sa femme. Le vicomte fit alors enfermer au cachot l'intendant qui fut dévoré sans attendre par le lion affamé.
En 1470, Anne, fille unique de Foucaud de Rochechouart, épouse Jean de Pontville, chambellan de Charles de France, duc de Guyenne et frère de Louis XI. La vicomté de Rochechouart quitte alors la famille de Rochechouart (qui subsiste avec les Seigneurs du Bourdet et les Seigneurs du Chandenier).


En 1512, leur fils François fait assassiner Pierre Bermondet, seigneur du Boucheron et de Saint-Laurent-sur-Gorre dont il convoitait les terres. S'ensuivit un procès retentissant qui ruina les Pontville. De cette simple histoire sordide naquit peu à peu la légende suivante :
« François de Pontville étant parti chasser, un ami, Bermondet de Cromières, serait venu lui rendre visite au château de Rochechouart. L'homme, réputé pour ses belles mains, aurait été reçu par la vicomtesse, puis s'en serait retourné, après avoir longuement attendu le vicomte.
À son retour, la vicomtesse aurait prévenu ce dernier de la visite de Bermondet, tout en louant ses manières élégantes et ses belles mains. Pontville, d'un caractère jaloux et impulsif, serait parti précipitamment avec quelques hommes à la poursuite de son ami. À sa vue, les cavaliers auraient fondu sur l'homme qui venait les saluer, et l'auraient tué à coups de poignards. Pontville aurait alors coupé une main de la victime, l'aurait mis dans une boîte et de retour au château, l'aurait offert à sa femme en lui disant : « Madame, voici l'objet de votre idolâtrie. C'est la belle main du marquis de Cromières ! » Le parlement de Paris, saisi de l'affaire, François de Pontville et ses complices auraient été condamnés à mort. »
Le châtelet d'entrée à pont-levis avec une de ses tours du xiiie siècle est la seule partie restant de l'ancienne forteresse.
Après la guerre de Cent Ans, le château fut rebâti suivant un plan pentagonal. Le corps de logis présente de grandes travées de baies couronnées de lucarnes passantes, et la galerie de la cour est sur colonnes au fût mouluré en torsades.
La tour nord-ouest maintenant arasée, était la tour maîtresse.
Le musée départemental d'art contemporain est installé dans le château. Il a été inauguré en 1985 par le conseil général de la Haute-Vienne et il est reconnu comme musée de France.
 
 

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MessagePosté le: Jeu 16 Mar - 05:05 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant

La collégiale Saint-Pierre ou église Saint-Pierre-ès-Liens est une église située dans la ville du Dorat, en Haute-Vienne, à 12 km au nord de Bellac et 76 km au sud-est de Poitiers.
Imposante église romane (77 mètres de long et 39 mètres au transept), elle est bâtie en granite gris. Son plan est en croix latine. Sa construction a débuté au xiie siècle. Elle fut fortifiée au xve siècle, d’où son caractère massif. Elle a été classée monument historique en 1846


En 866 - L'église, le monastère furent saccagés et brûles par les Normands.
Vers 980 - Boson Ier, dit le Vieux, premier comte de la marche, installe le chapitre du Dorat avec ses vingt chanoines dont Esther Foucault, doyen du Châpitre de Dorat en 987.
En 1013 - Un nouvel incendie est allumé par les habitants de Magnac-Laval, commandés par Étienne de Muret, baron de Magnac, lors d'une guerre ente Bernard, comte de la Marche et Hugues de Lusignan.
En 1063 - Consécréation d'une nouvelle église.
En 1080 - Nouvel incendie
En 1107 - Conflit entre le chapitre du Dorat et la comtesse Almodis.
En 1112 - Les chanoines ouvrent un important chantier.
Le 27 janvier 1130, les corps de saint Israël et saint Théobald sont levés de terre et transportés en procession dans la collégiale. Ces reliques sont exposées sur les autels pour être vénérés par les fidèles. Enfin, elles sont descendues dans la crypte, où les attendent deux tombeaux en granit, travaillé avec soin et piété, par un tailleur de pierre nommé Legros. Le chœur et la crypte sont consacrés
Jusqu’en 1170, vont se succéder des campagnes de travaux qui ajouteront la nef, la façade, le clocher du transept.
En janvier 1482, le roi Louis XI confirma sa protection royale, en ratifiant les privilèges de l'église par lettres patentes.
En 1659, par une ordonnance de Monseigneur de La Fayette, évêque de Limoges, les ostensions dorachonnes furent autorisées dans le cadre des ostensions limousines septennales. Elles n'ont été suspendues qu'une seule fois en 1799.
L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1846

La tour date de la fortification de l’église au xve siècle, réalisée en même temps que les remparts de la ville. Elles subirent beaucoup de dégâts en 1507. Il ne reste que la tour de défense (Tour Notre Dame), dressée sur la chapelle axiale du chevet, et dotée d'archères, d'échauguettes qui sont supportées par des masques sculptés appartenant primitivement à la tour romane.
Le clocher du transept apparaît entièrement conique au premier coup d'œil, pourtant plus de la moitié de sa hauteur est constituée par trois étages verticaux à peine en retrait. Les proportions respectives et surtout leurs décors prolongent jusqu'au toit de l'église la dynamique des obliques supérieures. À la base, les fenêtres en plein cintre forment une puissante colonnade portante, implantée sur la ligne de crête des toits, comme sur un horizon. Le deuxième étage aveugle correspond à la coupole intérieure. Le troisième étage s'étire vers le ciel. Ses baies en plein cintre sont refendues par des colonnettes médianes qui imposent leur verticalité et font pressentir le gothique. À 60 mètres au-dessus du sol, veille le grand ange en cuivre doré datant du xiiie siècle, haut de 1,30 m reposant sur une boule de 36 cm de haut, encastré sur la pierre du sommet de la flèche.
Le portail Ouest est polylobé, témoignant d'une influence mozarabe, cela apporte une note gaie à la sévérité de la façade.
L'escalier monumental de douze marches, allusion au nombre des apôtres, permet de découvrir d'un seul coup d'œil la nef et le chœur. On remarque que l'axe du chœur s'infléchit un peu sur la droite, ce qui résulte des légères déviations que l'on constate dans les murs des bas côtés dans la 4e travée et qui manquent une reprise des travaux.


La nef s'élève à 17 mètres et compte 5 travées voûtées en berceau brisé. Elle est percée de baies d'aération donnant sur les combles. Les bas-côtés anormalement larges pour cette région 2,50 m à 3 m, sont aussi très élevés. Les grandes arcades qui séparent la nef des bas-côtés, ont une partie de 6 m, cela a été rendu possible par la grande résistance du granit.
La croisée est située sous une coupole à tambours ajourée de huit fenêtres. La tour-lanterne, est voûtée d'une coupole octogonale qui culmine à 26m. 60. Un oculus à 8 pétales en occupe le centre. La lumière pénétra par les baies de plein cintre que relie par une arcade continue, une triple moulure limousine. La chapelle du transept nord est le baptistère, sa cuve est monolithe, côtelée et dominée par une statue de saint Jean Baptiste. La chapelle du transept sud est appelée "Chapelle des Saints". Les deux sarcophages en granit qui ont recouvert les reliques des Saints Israël et Théobald y sont placés.
Le transept est profond et porte sur chaque bras une absidiole. Deux marches séparent la nef du transept.
Le chœur se compose de deux travées. La première, droite, est voûtée d'un berceau cantonné entre deux doubleaux sur colonnes engagées. La seconde travée semi-circulaire est voûtée en cul de four. Les colonnes prolongent leur envolée par des arcs surélevés. Leurs espacements irréguliers sont calculés pour mettre en valeur l'arcade centrale. Les chapiteaux de ces colonnes sont parmi les plus beaux de la collégiale. Le chœur, surélevé, comprend un déambulatoire orné de trois chapelles rayonnantes, deux d'entre elles contiennent les châsses de saint Israël et saint Théobald.
Les colonnes des chapelles ont de beaux chapiteaux de calcaire blanc dans la partie nord, de granit dans la partie sud (petits lions, beaux masques d'hommes lions adossés à tête de tunique). Les sculpteurs ont tiré parti du granit extra dur de la région. On trouve des motifs végétaux, des palmettes et rinceaux très fouillés, des animaux adossés mordant les jambes d'un homme qui a la tête renversée, des masques.
Dans la partie nord du déambulatoire, les chapiteaux sont en calcaire blanc. Sur le portail, saint Pierre et dans le transept, les chapiteaux sont en serpentine verte (pierre volcanique de la région). Dans la nef, sur les quatrième piliers, des petites colonnes montent à mi-hauteur et portent des chapiteaux de granit.
La crypte date du xie siècle. On y accède par le bras droit du transept. Elle s'étend sous le chœur, et marque très probablement le point de départ de la collégiale. Son plan se superpose avec celui de l'ensemble chœur, déambulatoire qui se trouve à l'étage supérieur. Dédiée à Sainte Anne, elle contenait les sarcophages reliquaires de Saint Israël et Saint Théobald que les fidèles pouvaient vénérer directement de l'église à travers 3 ouvertures maintenant obturées. La chapelle centrale est renforcée par 4 colonnettes. À proximité de l'autel, une piscine eucharistique, sorte de colonne en granit où l'on versait l'eau des ablutions de la messe. Le déambulatoire voûté en berceau légèrement brisé, est séparé de la nef centrale par un mur de près de 2 mètres d'épaisseur, reposant sur une banquette et percé de 5 baies. Les chapelles sont voûtées en cul de four. 
Seule la chapelle du centre présente un dallage, le reste du sol est en terre battue. La déclivité du sol extérieur a permis à la crypte, d'accéder au jour par 7 ouvertures en plein centre.


La grande cuve baptismale carolingienne, qui se trouve au fond de la nef, est en granite rose monolithe, de forme rectangulaire. La face postérieure est arrondie pour épouser la forme du mur ou de la niche dans laquelle elle était incrustée. Aucun endroit de la collégiale ne lui convenant, elle est donc antérieure. Le grand côté ouest est sculpté de deux lions opposés dos à dos, dont les queues se terminent en palmette. Ces queues feuillues sont symbole de fécondité. La tête du lion de gauche, placée dans l'angle, est commune à un lion sculpté sur le côté nord. De semblables lions sculptés se retrouvent dans la chapelle de Charlemagne à Aix-la-Chapelle. Le côté sud est percé d'un orifice circulaire pour l'évacuation de l'eau. Sa hauteur est de 68cm, sa longueur de 167cm, sa largeur de 152cm, et sa profondeur de 40cm. Le trou d'évacuation des eaux en bas, la feuillure pour un couvercle sur le dessus, les dimensions, tout indique qu'il s'agit d'une cuve qui servait aux baptêmes par immersion.
Les orgues: la partie instrumentale de cet orgue de chœur est un témoin quasi intact de la facture d'Aristide Cavaillé-Coll, facteur d'orgues à Paris. C'est grâce aux libéralités d'une riche famille du Dorat que la collégiale s'est à nouveau trouvée dotée d'un instrument, ainsi que l'atteste une plaque au-dessous de la plate-face centrale du buffet : « Cet orgue a été donné l'an 1876 par M. et Mme Robert du Dorat, bienfaiteurs insignes de cette église ». Il fut restauré en 1962 et classé en 1978.
L'autel, œuvre de Philippe Kaeppelin (1973), est placé sur un dallage comprenant cinquante dalles de granits aux joints à la chaux. Il comprend quatre cadres de bois latté extrêmement résistant, recouverts d'une épaisse feuille de plomb battue sur la pierre. La table d'autel est une épaisse plaque d'ardoise d'Angers de 3 cm. d'épaisseur, soutenue par deux piliers intérieurs. Il est surmonté d'une croix suspendue, et à proximité un Christ de chêne couvert d'une feuille de cuivre, réalisée par le sculpteur Gubellini (1961).
Les châsses des saints du xviie siècle sont bois doré. Elles contiennent les restes des saints protecteurs du Dorat saint Israël. et saint Théobald. Elles reposent sur des stèles de granit avec un entourage en fer forgé, en médaillon des émaux de Georges Magadoux (1967).
Deux vitraux sont installés dans les chapelles du transept en 1870. Jusqu’alors, les 60 fenêtres étaient fermées par des murets aveugles ou de simples vitres. De 1881 à 1885, 36 autres vitraux sont installés. Dans cet ensemble, dominent les grisailles, les bordures colorées et les médaillons légendaires.
Une statue de saint Pierre de plâtre avec le pied droit en bronze. Il est sur son trône, en train de bénir les fidèles d'un geste de la main droite.
Les quinze stations du chemin de croix en terre cuite sont réparties sur les murs des nefs latérales. Ce chemin de croix est l'œuvre de Félix Oudin (1962)

 

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MessagePosté le: Ven 17 Mar - 06:57 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant

Thomas Robert Bugeaud, marquis de La Piconnerie, duc d'Isly, maréchal de France, né à Limoges le 15 octobre 1784, mort à Paris le 10 juin 1849. Gouverneur général de l'Algérie, il joua un rôle décisif dans la colonisation de celle-ci.
Issu d'une branche noble d'une ancienne famille du Périgord vert, il est né de messire Jean-Ambroise Bugeaud, chevalier, seigneur de la Piconnerie, et de dame Françoise de Sutton de Clonard, d'une famille illustre d'Irlande.
Selon Charles Mullié, le maréchal Bugeaud était un original et un homme d'esprit. Sa finesse et son habileté se cachaient, comme celles d'Henri IV, sous les apparences de la bonhomie et de la gaîté.
Bugeaud s'engage à l'âge de 20 ans dans l'armée, en 1804, comme vélite dans les grenadiers à pied de la Garde impériale. Il est promu caporal à Austerlitz et sert ensuite comme sous-lieutenant dans les campagnes de Prusse et de Pologne (1806-1807), il est blessé à la bataille de Pułtusk le 26 décembre 1806.
Il combat ensuite en Espagne où il sert dans le corps d'armée de Suchet, puis dans la division Lamarque.


Sous-lieutenant, puis lieutenant au 64e de ligne dans la campagne de Prusse et de Pologne, capitaine au 116e de ligne, le 2 mars 1809 ; il était chef de bataillon en Espagne, en 1811, où il se montra avec éclat aux sièges de Lérida, de Tortose et de Tarragone.
Il gagne le grade de capitaine au second siège de Saragosse et lutte contre les guérilleros. Il est promu au grade de lieutenant-colonel après la bataille d'Ordal en Catalogne (14 septembre 1813) où avec un seul bataillon, il met en déroute un régiment anglais. Il est promu colonel au 14e régiment d'infanterie de ligne à son retour en France.
Pendant la Restauration, le colonel Bugeaud célébra les Bourbons dans quelques pièces de vers. Il n'en retourna pas moins près de l'Empereur pendant les Cent-Jours.
Il rejoint, lors des Cent-Jours, le parti de Napoléon Ier qui l'envoie dans l'armée des Alpes, à la tête du 14e de ligne. Toujours sous les ordres de Suchet, il participe à la bataille de l'Hôpital, dans la plaine d'Albertville le 28 juin 1815 sur les Autrichiens.
Le 27 juin 1815, il est à Moûtiers, sur la Haute-Isère, lorsqu'il apprend le désastre de Waterloo et l'arrivée de 10 000 Autrichiens ; il n'a, lui, que 1 700 hommes.
Licencié de l'armée à la Seconde Restauration, il se retire dans sa propriété de La Durantie à Lanouaille, près de Payzac et d'Excideuil en Périgord, et s'occupe d'améliorer l'exploitation de ses terres dans les propriétés de son père, marquis de Faverolle et seigneur de la Piconnerie ; il s'occupe aussi également de l'étude des belles-lettres. En 1825, il est élu maire d'Excideuil, fonction qu'il occupera jusqu'en 1830.
Au moment de l'invasion d'Espagne par le duc d'Angoulême, le gouvernement refuse sa demande de réintégration dans l'armée. Adhérant à l'opposition libérale, il est en vain son candidat à une élection en Dordogne en 1829.

Dès lors, il entra dans l'opposition et y resta jusqu'en juillet 1831, où on l'envoya à la Chambre, élu député d'Excideuil en juillet 1831 et bientôt nommé maréchal de camp par Louis-Philippe. À la Chambre, il se fit rapidement une réputation particulière par ses excentricités et ses provocations envers les membres de l'opposition.
Le nouveau général devint l'ami du pouvoir. Attaché à une politique conservatrice, il est un défenseur intransigeant du protectionnisme douanier. Nommé gouverneur de la citadelle de Blaye, il avait donc la duchesse de Berry sous sa garde. Il fut encore chargé d'accompagner sa prisonnière jusqu'à Palerme.
Durant les débats de la Chambre des députés du 16 janvier 1834, Marie-Denis Larabit, un ami d'Alfred de Vigny, se serait plaint de l'autoritarisme du ministère Soult et de la manière dont Bugeaud s'acquitterait de la garde de la duchesse. De nombreux royalistes considéraient en effet qu'il ne respectait pas celle-ci, perdant ainsi tout honneur, ce qui lui vaudra le surnom d'« ex-geôlier de Blaye ». Bugeaud l'aurait alors interrompu par ces mots : « L'obéissance est le premier devoir du soldat ». Un autre député, François-Charles Dulong, fils naturel de Dupont de l'Eure, aurait alors demandé, caustique : « Même si on lui demande de devenir geôlier ? ». C'est cet incident qui aurait provoqué un duel entre Bugeaud et Dulong, le 27 janvier 1834, durant lequel ce dernier meurt d'une balle dans la tête

Au cours de l'insurrection parisienne des 13 et 14 avril 1834, les forces destinées à réprimer cette insurrection étaient divisées en trois brigades dont l'une était commandée par Bugeaud. Lors de l'attaque d'une barricade par l'armée, rue Transnonain (aujourd'hui rue Beaubourg), un officier est tué d'un coup de feu parti d'une maison voisine : les soldats pénètrent dans la maison et tuent tous les habitants (hommes, femmes, vieillards, enfants). Bien que l'endroit ne fût pas dans la circonscription assignée à la brigade de Bugeaud et que lui-même, donc, n'y ait nullement participé, la haine du peuple lia son nom à ce massacre et, malgré les déclarations contraires, persista à le stigmatiser comme « l'homme de la rue Transnonain ».
Il se consacre principalement aux affaires agricoles et propose en 1840 une loi tendant à créer des chambres d'agriculture qui n'est pas adoptée. Il est réélu député de la circonscription d’Excideuil aux élections de 1834, 1837 et 1839.
Bientôt, le général Bugeaud est envoyé en Algérie (6 juin 1836) avec ordre d'écraser la révolte d'Abd el-Kader. Il remporte un premier succès à la Sikkak le 6 juillet 1836. À l'époque du ministère Molé, comme lieutenant-général, la résistance des Algériens remet en cause tous ses projets et le contraint de signer le traité de Tafna avec l'émir Abd el-Kader le 30 mai 1837 ; par ce traité Abd el-Kader reconnaît aux Français la possession de quelques enclaves sur la côte algérienne (Alger, Bône, Oran…).
Rentré en France, Bugeaud déconseille, par son rapport, la conquête de l'Algérie et déplore une « possession onéreuse dont la nation serait bien aise d'être débarrassée ». Il préconise le maintien des territoires conquis sous statut militaire, pour éviter toute colonisation de peuplement. Ce statut perdurera jusqu'en 1870.
Bugeaud, lieutenant-général, depuis le 25 août 1836, et grand officier de la Légion d'honneur est cependant nommé gouverneur général de l'Algérie par le ministre Thiers en 1840.
Il embarque à Toulon pour Alger sur le Phaéton, le 19 février 1841, en compagnie de son aide de camp Eynard, chef d'escadron, et de Louis de Rochemore, son officier d'ordonnance.


Rue Transnonain, le 15 avril 1834. Lithographie d'Honoré Daumier.

Le jour même de son arrivée à Alger, le 22 février 1841, Bugeaud adressa une proclamation aux habitants européens de l'Algérie, et une à l'armée. Aux Européens, il exposait qu'il avait été l'adversaire de la conquête absolue en raison des moyens humains et financiers qu'elle exigeait, mais qu'il s'y consacrerait désormais tout entier. À l'armée, il disait que son but n'était pas de faire fuir les Arabes, mais de les soumettre.
Bugeaud finit par disposer de plus de 100 000 hommes. Entouré des généraux, La Moricière, Changarnier, Bedeau, Cavaignac, Bugeaud employa de nouvelles méthodes de guerre inspirées de son expérience dans la lutte contre les partisans pendant la guerre d'Espagne. Il allégea l'équipement des soldats, remplaça les voitures par des bêtes de somme, mit l'artillerie à dos de mulet. Les troupes furent divisées en colonnes mobiles ; elles pourchassèrent les résistants algériens par une incessante offensive et, pour les affamer, firent le vide devant eux, incendiant les villages, raflant les troupeaux. C'est la politique de la terre brûlée. Il disait :
« Le but n'est pas de courir après les Arabes, ce qui est fort inutile ; il est d'empêcher les Arabes de semer, de récolter, de pâturer, de jouir de leurs champs. Allez tous les ans leur brûler leurs récoltes, ou bien exterminez-les jusqu'au dernier. »
La « pacification » en Algérie connaîtra ses épisodes les plus sanglants par ce qui sera appelé par les historiens « les enfumades ». À Paris, on s'indigne lorsqu'on apprend les « enfumades » des grottes du Dahra. Le prince de la Moskowa, fils du maréchal Ney, fait une interpellation à la Chambre des pairs. Le général Bugeaud, interpellé, en assume la responsabilité et répond au ministre :
« Et moi, je considère que le respect des règles humanitaires fera que la guerre en Afrique risque de se prolonger indéfiniment. »
Sur le terrain également les méthodes de « contre-guérilla » préconisées par Bugeaud sont contestées par certains de ses subordonnés, en particulier Eugène Dubern.
Grand-croix de la Légion d'honneur le 9 avril 1843 puis maréchal de France en juillet 1843, il obtient la permission d'attaquer le Maroc, qui aidait l'émir Abd el-Kader qui continue sa résistance. Le 14 août 1844, les troupes marocaines sont surprises par Bugeaud sur l'oued Isly, non loin de la frontière. La victoire des Français obligera le roi du Maroc à changer de politique vis-à-vis de la résistance algérienne.
Cette victoire lui vaut le titre de duc d'Isly ; il traque ensuite Abd el-Kader, qui doit se rendre en 1847.
La préoccupation constante de Bugeaud fut d'associer l'armée à la colonisation.
« L'armée est tout en Afrique », disait-il ; « elle seule a détruit, elle seule peut édifier. Elle seule a conquis le sol, elle seule le fécondera par la culture et pourra par les grands travaux publics le préparer à recevoir une nombreuse population civile. »


L'occupation se double d'un effort de colonisation agricole avec la création des bureaux arabes. Il reste toute sa vie fidèle à sa devise Ense et Aratro, « par l'épée et par la charrue » .
En raison du différend entre Guizot et lui, né de l'expédition en Kabylie et de leurs conceptions divergentes de la colonisation, il est remplacé en septembre 1847 par le duc d'Aumale, ce qui lui « permettrait », selon l'expression de Guizot, « de venir jouir de sa gloire en France ».
Son rôle en Algérie lui vaudra de figurer dans la célèbre chanson militaire de l'armée d'Afrique intitulée La Casquette du père Bugeaud.
Il eut pour aide-de-camp le capitaine Louis Jules Trochu qui, devenu général,  assura le commandement de la Défense de Paris lors du siège de 1870-71.
Au moment de la révolution de février 1848, il reçoit le commandement de l'armée.
Le 23 à midi, suivi des généraux Rulhières, Bedeau, La Moricière, de Salles, Saint-Arnaud et d'autres, il alla au quartier général des Tuileries où il fut officiellement investi du haut-commandement par le duc de Nemours. Il rappela aux officiers présents que celui qui allait les diriger contre les révolutionnaires parisiens « n'avait jamais été battu, que ce soit sur le champ de bataille ou dans les insurrections », et que, cette fois encore, il promettait d'en finir rapidement avec « cette canaille rebelle ».
Pendant ce temps, les nouvelles de sa nomination contribuèrent largement à donner aux affaires un tour décisif. La garde nationale encore plus irritée par sa nomination au haut-commandement, cria : « À bas Bugeaud ! », « À bas l'homme de la rue Transnonain ! » et refusa absolument d'obéir à ses ordres.
Effrayé par cette manifestation, Louis-Philippe retira ses ordres, et passa la journée du 23 en vaines négociations. Le 24 février, seul du Conseil de Louis-Philippe, Bugeaud poussait encore à la guerre jusqu'au bout ; mais le roi considérait déjà que sacrifier le maréchal serait un moyen de faire la paix avec la garde nationale. Le haut-commandement fut donc placé en d'autres mains, et Bugeaud démissionna. Deux jours après, mais en vain, il offrait son épée au service du gouvernement provisoire.
Il est porté à la Constituante par une élection partielle à l'automne de 1848 ; les conservateurs songent à lui pour une candidature à la présidence de la République, mais il se désiste en faveur de Louis-Napoléon Bonaparte. Celui-ci, élu président, le nomme commandant en chef de l'armée des Alpes. Il venait d'être élu par la Charente-Inférieure à la Législative, lorsqu'il mourut du choléra, le 10 juin 1849 dans l'hôtel particulier du no 1 quai Voltaire à Paris.
Le corps du maréchal Bugeaud a été déposé dans une chapelle sépulcrale de l'hôtel des Invalides ; il se trouve placé au-dessus du cercueil de l'amiral Duperré, tout près de celui du général Duvivier.
Les papiers personnels de Thomas-Robert Bugeaud sont conservés aux Archives nationales sous la 225AP

 
 

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MessagePosté le: Jeu 23 Mar - 15:24 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant

Louis Joseph Gay-Lussac, né à Saint-Léonard-de-Noblat le 6 décembre 1778 et mort à Paris le 9 mai 1850, est un chimiste et physicien français, connu pour ses études sur les propriétés des gaz.
Ces travaux méticuleux en physique et chimie pneumatique, dans la continuité de Lavoisier et dans le respect de l'école newtonienne d'Arcueil, ont ouvert une voie paradoxale, mais assurée, aux notions fondamentales de la chimie atomique, à commencer par le nombre d'Avogadro et la molarité.
Le père de Louis Joseph Gay, Antoine Gay, fils de médecin, était avocat et procureur, et exerçait les fonctions de juge au Pont-de-Noblat. Père de deux fils et de trois filles, il était propriétaire d'une bonne partie du hameau de Lussac et ajoutait ordinairement le nom de ce hameau de Haute-Vienne à son nom de famille, suivant un usage de l'Ancien Régime. Vers l'année 1803, le père et le fils adoptèrent définitivement le nom de Gay-Lussac. Durant la Révolution, au nom de la loi des suspects, son père, ancien procureur du roi, fut, fin 1793, emprisonné à Saint-Léonard jusqu'au 9 thermidor (1794)
Louis Joseph Gay-Lussac a pour premier professeur l'abbé Bourleix, qui lui enseigne notamment, à lui et à son frère cadet, le latin. Au cours de la Révolution, l'abbé, réfractaire au serment à la constitution civile du clergé, quitte la France en 1793 et Gay-Lussac, que son père destine alors à la profession d'avocat, continue d'étudier à Saint-Léonard auprès de deux enseignants laïques jusqu'en novembre 1794, après la chute de Robespierre. Âgé de seize ans, son père l’envoie alors étudier à Paris, tout d'abord chez un certain abbé Dumonteil, puis à la Pension Savouret, rue de la Clef, puis dans la pension de M. Sencier, au village de Nanterre, il y apprend l'anglais et le dessin, puis les mathématiques. En octobre 1797, il est reçu à l'examen d'admission de l'École polytechnique (ouverte trois ans plus tôt) et y fait sa rentrée le 27 décembre suivant, à l'âge de 19 ans. Il a pour professeur de chimie Fourcroy et Vauquelin en première année, puis en deuxième année Chaptal, et en troisième année Guyton de Morveau et Berthollet pour le cours de perfectionnement. C'est durant cette troisième année, destinée à une minorité d'élèves et où il est choisi comme chef de brigade suppléant, qu'il travaille auprès de Berthollet sur le traitement du lin par le chlore. Gay-Lussac donne des leçons particulières de mathématiques afin de gagner un peu d'argent en plus de sa solde mensuelle de 60 francs. À cette époque un parent de Gay-Lussac, Simon François Gay de Vernon, devient directeur adjoint de l'école. Au terme de la deuxième année il est choisi pour entrer au service des ponts et chaussées. Il rentre à l’École des ponts et chaussées fin novembre 1800 avec un salaire annuel d'élève ingénieur de 900 francs. Il en suit les cours plus ou moins assidument durant les trois années suivantes tout en devenant assistant de Berthollet dans son laboratoire privé à Arcueil.


Au terme de ses études en novembre 1803, il continue à être rémunéré comme aide de laboratoire à l'École polytechnique, puis y est nommé répétiteur de chimie auprès de Antoine-François Fourcroy le 23 septembre 1804 avec un salaire annuel de 1500 francs. À la suite de ses travaux sur la dilatation des gaz et sur le magnétisme avec Humboldt, il est nommé membre du Bureau consultatif des arts et manufactures le 7 février 1806, avec un salaire annuel de 2 400 francs, il en sera durant plus de trente ans un des membres les plus actifs. Il est élu le 8 décembre de la même année à la première classe de l'Institut national, dans la section de physique, en remplacement de Mathurin Jacques Brisson. Il perçoit en cette qualité un salaire annuel de 1 500 francs. À l'École polytechnique, il obtient en 1809 le titre de professeur de chimie-pratique puis est nommé à l'âge de 32 ans, à la suite du décès de Fourcroy, instituteur de chimie le 1er janvier 1810 avec un salaire annuel de 6 000 francs. Le 15 juillet 1818 il est nommé membre du comité consultatif de la direction générale des poudres et salpêtres, avec un salaire annuel de 4 000 francs et un logement de fonction dans le quartier de l'Arsenal. Il devient membre du conseil de perfectionnement du Conservatoire national des arts et métiers en 1819. Il accepte en 1829, à la suite de Vauquelin, la charge d'essayeur du bureau de garantie de la Monnaie, avec un salaire annuel de 20 000 francs. Il propose alors au Gouvernement d'adopter le mode d'essai de l'argent par la voie humide. Il se démit en 1848 de ces fonctions en faveur de son fils aîné Jules.
Peu avant de prendre la succession de Fourcroy à l'École Polytechnique, Gay-Lussac est nommé le 11 mai 1809 le premier titulaire de la chaire de physique de la nouvelle faculté des sciences de Paris. Il y assure deux leçons hebdomadaires d'une heure et demie, les examens pour le baccalauréat, la licence et le doctorat ès sciences et reçoit un salaire annuel de 4 500 francs. Il partage le programme du cours annuel de physique d'abord avec Hachette, puis à partir de l'année 1815-16 avec Jean-Baptiste Biot, jusqu'en 1826, puis avec Claude Pouillet, et échange en 1828 ses leçons de physique avec les leçons de chimie de Pierre Louis Dulong, alors professeur adjoint à Thénard. Dulong succède en 1832 à Gay-Lussac à la chaire de physique de la faculté, lorsque celui-ci est nommé à la chaire de chimie organique et chimie minérale du Muséum d'histoire naturelle, laissée vacante par le décès de Laugier. Il donne sa première leçon au Muséum le 2 avril 1833 et s'installe alors dans un des logements du Muséum. En 1840, Gay-Lussac quitte ses fonctions à l’École polytechnique, où il est remplacé par son ami Théophile-Jules Pelouze. Il devient professeur à l'École d'application des tabacs. Il quitte le Muséum et l’École d'application des tabacs en 1848.

Membre de la première classe de l'Institut national, puis de l'Académie des sciences, il en est le président en 1822 et 1834. En 1807, il devient l'un des premiers membres de la Société d'Arcueil et participe à la rédaction des Mémoires d'Arcueil. Gay-Lussac fut membre de nombreuses sociétés savantes étrangères : l'Académie royale de Prusse, la Royal Society de Londres (membre étranger, 1815), l'académie impériale de Russie, les Sociétés d'Edimbourg, de Turin, de Stockholm. Il obtint également de nombreuses décorations: grand-officier de la Légion d'honneur, commandeur du mérite de Prusse et chevalier de l'étoile polaire de Suède.
Il reprend en 1816, en tant que coéditeur avec Arago, les Annales de chimie et de physique dont il devient rédacteur en chef
Gay-Lussac fut expert-conseil des Forges de Charenton. Il entre en 1832 à la compagnie des glaces de Saint-Gobain comme censeur. Il en devient administrateur en 1840, puis président du conseil d'administration en 1843, et ce jusqu'en 1847. Il introduit, à l’usine d’acide sulfurique de Chauny, la « tour Gay-Lussac » permettant de prévenir la libération dans l'atmosphère des oxydes d'azote.
Gay-Lussac est élu député de l'arrondissement de Limoges en 1831, réélu en 1834 et 1837 et nommé pair de France en 1839 par Louis-Philippe et siège à la Chambre des pairs jusqu'en 18481. Il se distinguera notamment pour son action visant à ne pas légiférer sur le travail des enfants mais perdra cette bataille législative.
Louis Joseph Gay-Lussac meurt à 71 ans et demi des suites d'une insuffisance cardiaque. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise

Dès 1802, alors qu'il est attaché au laboratoire de Berthollet à Arcueil, il s'illustre en énonçant que « de 0° à 100°, tous les gaz simples ou composés soumis à la même pression se dilatent de la même quantité pour des augmentations égales de température, et que 100 volumes de ces gaz à 0° deviennent 137 volumes à 100° de chaleur.». Il découvre ainsi la loi de dilatation des gaz et, quelques années plus tard, les lois volumétriques qui portent aujourd'hui son nom. Ces dernières stipulent que les gaz se combinent entre eux selon des rapports volumétriques simples. Il apporte plusieurs améliorations au baromètre à mercure.
En 1804, il est, avec Jean-Baptiste Biot, chargé par l'Institut de France de vérifier les observations de Horace-Bénédict de Saussure sur l'affaiblissement du magnétisme dans l'atmosphère en effectuant un voyage en ballon. Après un premier essai infructueux en compagnie de Biot le 24 août, Gay-Lussac renouvelle l'expérience en solitaire le 16 septembre montant à 7 016 m (record d'altitude pour l'époque) et infirme les observations du naturaliste. Non content de mesurer le champ magnétique terrestre et d'en vérifier la constance, il collecte des échantillons d'air atmosphérique à différents paliers d'altitude qui dévoilent des variations de température et d'humidité. Ce succès expérimental lui vaut l'année suivante de devenir membre du comité consultatif des arts et métiers.
Gay-Lussac commence à cette époque une collaboration avec Humboldt sur l'analyse de l'air et part avec lui en mars 1805, obtenant un congé d'un an de l'École polytechnique, faire un long voyage d'exploration scientifique dans les Alpes, la Suisse, l'Italie et l'Allemagne.
Il publie, en 1809, un important mémoire sur les combinaisons en volumes. Il retrouve la loi de Charles, à savoir que tous les gaz ont approximativement le même coefficient de dilatation. Il oriente ses recherches vers l'hygrométrie et la capillarité.
En 1810, il publie un mémoire à l'Institut sur le procédé de conservation inventé par Nicolas Appert, il donne une théorie erronée, expliquant que le chauffage modifiait la composition de l'oxygène et de ce fait le processus de fermentation était interrompu. Appert expliquait que c'était la chaleur qui tuait les "ferments". C'est Pasteur qui donnera raison à Appert lors de ses travaux sur "la génération spontanée".


Chimie
Gay-Lussac s'illustre également dans le domaine de la chimie.En 1808, en collaboration avec le chimiste français Louis Jacques Thénard, Gay-Lussac travaille à la préparation du potassium, par chauffage au rouge d'un mélange de fer pur et de potasse, et du sodium, et découvre le bore. L'étude des propriétés du potassium amène les chimistes à l'utiliser pour isoler le bore de l'acide borique. L'année suivante, il démontre, au moyen de la pile voltaïque, que le chlore, appelé alors "acide muriatique oxygéné", est en fait un corps simple. Il introduit la notion d'hydracide, c'est-à-dire d'acide ne contenant pas d'oxygène. Ceci conduit à abandonner l'hypothèse de Lavoisier pour qui il ne pouvait y avoir que des acides oxygénés (oxacides). Il montre que l'acide fluorhydrique est un hydracide comme l'acide chlorhydrique (ou "muriatique").
En 1815, ses travaux sur les prussiates (cyanures) le conduisent à découvrir le cyanogène et l'acide cyanhydrique. Ce dernier acide, très toxique, est encore un hydracide.
L'élément iode a été découvert par Bernard Courtois qui en a donné des échantillons à Gay-Lussac. Ce dernier a nommé ce nouvel élément « iode » (de iodès qui veut dire violet en grec) en raison des vapeurs violettes qu’il dégage quand on le chauffe. L'iode a pris ensuite une grande importance dans l'industrie et dans la médecine.
Après la Restauration, les progrès en chimie du carbone sont rapides. Avec Thénard, puis avec Liebig, il améliore les méthodes d'analyse organique.
Dans le domaine de la chimie industrielle, il améliore les procédés de fabrication de l'acide sulfurique et de l'acide oxalique et met au point des méthodes de contrôle par dosage. En 1821, il est chargé par l'administration française de définir une méthode pratique de mesure exacte de la concentration en alcool des boissons. La loi de 1824 sur la taxation des boissons alcooliques utilise ses travaux. Avec Collardeau, ancien élève de l'École Polytechnique, il devient fabricant d’instruments scientifiques et commercialise son alcoomètre en 1830.

 

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MessagePosté le: Ven 24 Mar - 07:06 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant

 Sadi Carnot, né le 11 août 1837 à Limoges et mort le 25 juin 1894 à Lyon (3e arrondissement), de son nom complet Marie François Sadi Carnot, est un homme d'État français. Il fut président de la République du 3 décembre 1887 jusqu'à son assassinat.
Haut fonctionnaire de carrière, Sadi Carnot, avant de se faire élire à l'Élysée, avait assumé de nombreuses charges politiques et gouvernementales : député de la Côte-d'Or, préfet de la Seine-Inférieure, puis sous-secrétaire d'État aux Travaux, il fut nommé ministre des Travaux publics, puis du Budget.
Sadi Carnot est le fils de Lazare Hippolyte Carnot, le petit-fils de Lazare Carnot (le Grand Carnot), le neveu du physicien Sadi Carnot, le frère de Marie-Adolphe Carnot et le père d'Ernest Carnot. C’est à son grand-père que Carnot doit son prénom de Sadi. Lazare, avant d’être révolutionnaire (organisateur de la victoire en 1793), était humaniste, et grand admirateur du poète persan Saadi de Shiraz, chantre des femmes, du vin et des roses. Il décida que ce prénom serait porté par son fils aîné, qui disparut prématurément à l'âge de 36 ans.
La famille maternelle de Sadi Carnot est originaire des départements de la Charente et de la Haute-Vienne, ce qui explique le lieu de naissance du futur président. Sa mère, Jeanne-Marie Dupont-Savignat (1816-1897), est la fille de François Dupont-Savignat (1769-1846), né à Chabanais, frère du général d'Empire Pierre Dupont de l'Étang, aïeul de la famille Panon Desbassayns de Richemont. La famille Savignat a donné son nom à un château près de Chabanais (appelé « Savignac »). Sadi Carnot a d'ailleurs été baptisé en l'église de Grenord. Par sa grand-mère maternelle, Sadi Carnot descend de Jean-Baptiste Nieaud, maire de Limoges à la Révolution française.

 



Il est l'élève du lycée Condorcet puis de l'École polytechnique (Promotion X1857) et enfin de l'École des ponts et chaussées dont il sort major en 1863. Après ses études, il devient ingénieur en chef de la Haute-Savoie, où il conçoit et fait construire vers 1874 le fameux système de régulation de la sortie des eaux du lac d'Annecy, communément appelé « les vannes du Thiou ». Joyau technique et architectural, elles ont permis de remonter le niveau du lac (2 759 hectares) de 20 cm afin d'assurer aux usines un débit constant toute l'année ; à eux seuls, ces 20 cm permettent d'assurer 16 jours de débit à l'étiage (4 m3/s). Il est également le concepteur du pont Carnot qui porte son nom, qui franchit le Rhône entre les départements de l'Ain et de la Haute-Savoie.
Il est élu député de la Côte-d'Or en 1871, et occupe des postes de haut fonctionnaire, notamment au Conseil supérieur des Ponts et Chaussées, puis il est nommé préfet de la Seine-Inférieure.
Le 1er juin 1863, il épouse à Paris, Cécile Dupont-White. De cette union sont issus quatre enfants : Claire (1864-1920) qui épousera Paul Cunisset, Sadi (1865-1948, colonel dans l'infanterie), Ernest (1866-1955, ingénieur civil des mines et député de la Côte-d'Or) et François (1872-1960), ingénieur des Arts et Manufactures, également député de la Côte-d'Or (1902-1910) et de la Seine-et-Oise (1910-1914). La fille aînée de François Carnot, Anne Carnot (1898-1985) épousera René Giscard d'Estaing (1891-1945), oncle de Valéry Giscard d'Estaing.

Sous-secrétaire d'État aux Travaux publics puis ministre des Travaux publics, il devient ministre des Finances en 1885 dans le gouvernement de Charles de Freycinet. Ce dernier explique dans ses Souvenirs comment la Commission du budget de la Chambre des députés attaqua le budget présenté par Sadi Carnot, et exigea la suppression des sous-préfets que Freycinet et Sadi Carnot refusèrent évidemment, ce qui provoqua la chute du gouvernement en décembre 1886 et par voie de conséquence la montée du boulangisme
À la suite de la démission de Jules Grévy, mis en cause dans l'affaire des décorations, Sadi Carnot devance Jules Ferry au premier tour de l'élection présidentielle, puis l'emporte au second tour, le 3 décembre 1887, face au général Félix Gustave Saussier.
Le 5 mai 1889, le président Sadi Carnot se rend à Versailles pour célébrer le centenaire des Etats Généraux de 1789.
Le début de son mandat est marqué par l'agitation boulangiste et le scandale de l'affaire de Panama (1892), ainsi que par le rapprochement avec la Russie, dans le cadre de l'alliance franco-russe. Il reçoit avec son ministre de la Marine l'amiral Henri Rieunier en France notamment à Toulon et à Paris, avec faste et lors de fêtes grandioses, du 13 au 29 octobre 1893, l'escadre de l'amiral Avellan, envoyé du tsar Alexandre III, et les marins russes. Il est décoré de l'Ordre de Saint-André par Alexandre III.


Dans un contexte d'agitation syndicale et anarchiste, les lois restreignant les libertés individuelles et la presse venaient d'être votées, Sadi Carnot est l'une des cibles du mouvement anarchiste ayant refusé la grâce de Ravachol, d'Auguste Vaillant, auteur de l'attentat à la Chambre des députés et d'Émile Henry. Il est blessé d'un coup de poignard par l'anarchiste italien Sante Geronimo Caserio le 24 juin 1894, alors qu'il quittait, par une issue secondaire pour éviter la foule, un banquet organisé à la Chambre de commerce à l'occasion de l'exposition universelle, internationale et coloniale à Lyon. Le député Gaston Doumergue, futur président de la République, est témoin de la scène. Caserio est guillotiné le 16 août suivant pour le crime.
Le président de la République meurt des suites de ses blessures, peu après minuit, le 25 juin 1894.
Son assassinat fait adopter par la Chambre la dernière et la plus marquante des lois scélérates visant les anarchistes et leur interdisant tout type de communication. Elle a été abrogée en 1992.
Il repose au Panthéon de Paris avec son grand-père Lazare Carnot.
né le 11 août 1837 à Limoges et mort le 25 juin 1894 à Lyon (3e arrondissement), de son nom complet Marie François Sadi Carnot, est un homme d'État français. Il fut président de la République du 3 décembre 1887 jusqu'à son assassinat.
Haut fonctionnaire de carrière, Sadi Carnot, avant de se faire élire à l'Élysée, avait assumé de nombreuses charges politiques et gouvernementales : député de la Côte-d'Or, préfet de la Seine-Inférieure, puis sous-secrétaire d'État aux Travaux, il fut nommé ministre des Travaux publics, puis du Budget.
Sadi Carnot est le fils de Lazare Hippolyte Carnot, le petit-fils de Lazare Carnot (le Grand Carnot), le neveu du physicien Sadi Carnot, le frère de Marie-Adolphe Carnot et le père d'Ernest Carnot. C’est à son grand-père que Carnot doit son prénom de Sadi. Lazare, avant d’être révolutionnaire (organisateur de la victoire en 1793), était humaniste, et grand admirateur du poète persan Saadi de Shiraz, chantre des femmes, du vin et des roses. Il décida que ce prénom serait porté par son fils aîné, qui disparut prématurément à l'âge de 36 ans.
La famille maternelle de Sadi Carnot est originaire des départements de la Charente et de la Haute-Vienne, ce qui explique le lieu de naissance du futur président. Sa mère, Jeanne-Marie Dupont-Savignat (1816-1897), est la fille de François Dupont-Savignat (1769-1846), né à Chabanais, frère du général d'Empire Pierre Dupont de l'Étang, aïeul de la famille Panon Desbassayns de Richemont. La famille Savignat a donné son nom à un château près de Chabanais (appelé « Savignac »). Sadi Carnot a d'ailleurs été baptisé en l'église de Grenord. Par sa grand-mère maternelle, Sadi Carnot descend de Jean-Baptiste Nieaud, maire de Limoges à la Révolution française.


Arrivée du président Sadi Carnot le 5 mai 1889 à Versailles

Il est l'élève du lycée Condorcet puis de l'École polytechnique (Promotion X1857) et enfin de l'École des ponts et chaussées dont il sort major en 1863. Après ses études, il devient ingénieur en chef de la Haute-Savoie, où il conçoit et fait construire vers 1874 le fameux système de régulation de la sortie des eaux du lac d'Annecy, communément appelé « les vannes du Thiou ». Joyau technique et architectural, elles ont permis de remonter le niveau du lac (2 759 hectares) de 20 cm afin d'assurer aux usines un débit constant toute l'année ; à eux seuls, ces 20 cm permettent d'assurer 16 jours de débit à l'étiage (4 m3/s). Il est également le concepteur du pont Carnot qui porte son nom, qui franchit le Rhône entre les départements de l'Ain et de la Haute-Savoie.
Il est élu député de la Côte-d'Or en 1871, et occupe des postes de haut fonctionnaire, notamment au Conseil supérieur des Ponts et Chaussées, puis il est nommé préfet de la Seine-Inférieure.
Le 1er juin 1863, il épouse à Paris, Cécile Dupont-White. De cette union sont issus quatre enfants : Claire (1864-1920) qui épousera Paul Cunisset, Sadi (1865-1948, colonel dans l'infanterie), Ernest (1866-1955, ingénieur civil des mines et député de la Côte-d'Or) et François (1872-1960), ingénieur des Arts et Manufactures, également député de la Côte-d'Or (1902-1910) et de la Seine-et-Oise (1910-1914). La fille aînée de François Carnot, Anne Carnot (1898-1985) épousera René Giscard d'Estaing (1891-1945), oncle de Valéry Giscard d'Estaing.
Sous-secrétaire d'État aux Travaux publics puis ministre des Travaux publics, il devient ministre des Finances en 1885 dans le gouvernement de Charles de Freycinet. Ce dernier explique dans ses Souvenirs comment la Commission du budget de la Chambre des députés attaqua le budget présenté par Sadi Carnot, et exigea la suppression des sous-préfets que Freycinet et Sadi Carnot refusèrent évidemment, ce qui provoqua la chute du gouvernement en décembre 1886 et par voie de conséquence la montée du boulangisme


À la suite de la démission de Jules Grévy, mis en cause dans l'affaire des décorations, Sadi Carnot devance Jules Ferry au premier tour de l'élection présidentielle, puis l'emporte au second tour, le 3 décembre 1887, face au général Félix Gustave Saussier.
Le 5 mai 1889, le président Sadi Carnot se rend à Versailles pour célébrer le centenaire des Etats Généraux de 1789.
Le début de son mandat est marqué par l'agitation boulangiste et le scandale de l'affaire de Panama (1892), ainsi que par le rapprochement avec la Russie, dans le cadre de l'alliance franco-russe. Il reçoit avec son ministre de la Marine l'amiral Henri Rieunier en France notamment à Toulon et à Paris, avec faste et lors de fêtes grandioses, du 13 au 29 octobre 1893, l'escadre de l'amiral Avellan, envoyé du tsar Alexandre III, et les marins russes. Il est décoré de l'Ordre de Saint-André par Alexandre III.
Dans un contexte d'agitation syndicale et anarchiste, les lois restreignant les libertés individuelles et la presse venaient d'être votées, Sadi Carnot est l'une des cibles du mouvement anarchiste ayant refusé la grâce de Ravachol, d'Auguste Vaillant, auteur de l'attentat à la Chambre des députés et d'Émile Henry. Il est blessé d'un coup de poignard par l'anarchiste italien Sante Geronimo Caserio le 24 juin 1894, alors qu'il quittait, par une issue secondaire pour éviter la foule, un banquet organisé à la Chambre de commerce à l'occasion de l'exposition universelle, internationale et coloniale à Lyon. Le député Gaston Doumergue, futur président de la République, est témoin de la scène. Caserio est guillotiné le 16 août suivant pour le crime.
Le président de la République meurt des suites de ses blessures, peu après minuit, le 25 juin 1894.
Son assassinat fait adopter par la Chambre la dernière et la plus marquante des lois scélérates visant les anarchistes et leur interdisant tout type de communication. Elle a été abrogée en 1992.
Il repose au Panthéon de Paris avec son grand-père Lazare Carnot.

  

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MessagePosté le: Sam 25 Mar - 08:33 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant

Maryse Bastié, née Marie-Louise Bombec, aviatrice française, gloire du sport, née le 27 février 1898, à Limoges (France), morte le 6 juillet 1952 à Bron. Elle fut la première aviatrice française à accrocher de nombreux records à son palmarès. Ses exploits furent très rapidement médiatisés. Nombre d'établissements scolaires, théâtres, rues et avenues portent aujourd'hui son nom.
Née à Limoges dans la rue de Beaumont, qui deviendra en 1953 rue Maryse-Bastié, orpheline de père à l'âge de 11 ans, la petite Marie-Louise Bombec fut une enfant difficile. Adolescente, elle est ouvrière dans une usine de chaussures comme piqueuse sur cuir. Elle se marie une première fois et a un fils qui meurt très jeune. Divorcée, elle se remarie avec son filleul de guerre, le lieutenant pilote Louis Bastié, originaire de Fiac, petit village proche de Toulouse. C'est à ses côtés qu'elle se découvre une passion pour l'aviation.
Le 29 septembre 1925, elle obtient son brevet de pilote sur la station aérienne de Bordeaux-Teynac, qui deviendra plus tard l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Une semaine après, elle passe avec son avion, un Caudron_G.3, sous les câbles du pont transbordeur de Bordeaux. Le 13 novembre 1925, elle vole de Bordeaux à Paris, divisant son parcours en six étapes, ce qui constitue son premier voyage aérien. L'année suivante, son mari, Louis Bastié, trouve la mort dans un accident d'avion. Arthur Sanfourche, père de Jean-Joseph Sanfourche, était son mécanicien. Loin de se décourager, Maryse Bastié devient monitrice de pilotage : l'aventure dure six mois et s'arrête avec la fermeture de son école de pilotage.


Montée à Paris, elle donne des baptêmes de l'air et fait de la publicité aérienne. Elle décide d'acheter son propre avion, un Caudron C.109 à moteur de 40 ch. Comme elle n'a pas d'argent pour le faire voler, le pilote Drouhin va l'aider à financer sa passion. Le 13 juillet 1928, il lui offre le poste de premier pilote. Elle établit alors avec lui un premier record féminin homologué de distance (1 058 km) à Treptow, en Poméranie.
En 1929, elle établit un nouveau record de France féminin de durée de vol, de 10 h 30, et un record international féminin de durée avec 26 h 44. Ce record lui est repris le 2 mai 1930 par Léna Bernstein (35 h 45). Bien décidée à le récupérer, elle décolle son avion, un Klemm L 25 modifié, le soir du 2 septembre 1930 et se pose le surlendemain après 37 h 55 de vol. Elle a lutté jusqu'à l'épuisement contre le froid et le manque de sommeil. Elle établit ensuite un record de distance avec 2 976 km sur le parcours Paris - Uring (URSS). Pour cet exploit, à son retour, elle reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur et le Harmon Trophy américain décerné, pour la première fois, à une Française.
En 1935, elle crée, à Orly, l'école « Maryse Bastié Aviation ». Encouragée par Mermoz, qui lui a fait faire avec lui un aller-retour, elle s'attaque à la traversée de l'Atlantique Sud. Un mois à peine après la disparition de Mermoz, le 30 décembre 1936, elle traverse l'Atlantique de Dakar à Natal, seule à bord d'un Caudron Simoun. Jean Moulin, le grand résistant de la Seconde Guerre mondiale, participe à cette époque à l'organisation de nombreux raids aériens civils, comme la traversée de l'Atlantique Sud par Maryse Bastié.

Dès 1934, elle s'engage avec Hélène Boucher et Adrienne Bolland dans le combat pour le vote des Françaises, en soutenant Louise Weiss qui se présentait aux élections législatives de 1936 dans le 5e arrondissement de Paris.
Lors de l'offensive allemande de mai 1940, elle offre ses services à la Croix-Rouge, notamment auprès des prisonniers français regroupés au camp de Drancy. Lors du départ d'un train vers l'Allemagne, elle est bousculée par une sentinelle allemande et se fracture le coude droit. Elle en garde une invalidité et ne pilote plus. Sous couvert de son activité à la Croix-Rouge, elle recueille des renseignements sur l'occupant.
En 1947, répondant à Louis Perret qui avait sollicité son opinion sur l’espéranto, elle lui écrit qu'elle est depuis de longues années convaincue de l’utilité de cette langue.
En 1951, elle entre au service de relations publiques du Centre d'essais en vol. Lors d'une de ses missions, elle trouve la mort dans l'accident d'un Noratlas, après un meeting aérien à l'aéroport de Lyon-Bron, le 6 juillet 1952.
Maryse Bastié est enterrée à Paris, au cimetière du Montparnasse. Elle était capitaine de l'armée de l'air et totalisait 3 000 heures de vol.
Une association des amis de Maryse Bastié fut formée, sous la présidence de l'aviatrice Jacqueline Auriol jusqu'à son décès.



1928, premier record féminin de distance de vol (1 058 km)
1929, record international de durée de vol féminin (26 h 44 min)
En 1930, elle bat le record de durée féminin international en 37 heures 55 minutes.
En 1931, elle s'empare du record féminin international de distance, avec 2 976 kilomètres.
En 1936, elle réalise la traversée féminine de l'Atlantique Sud en 12 heures 5 minutes.


 

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MessagePosté le: Dim 26 Mar - 07:31 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant

 Léonard I Limosin est un peintre, émailleur, dessinateur et graveur français du xvie siècle, né vers 1505 à Limoges, mort entre janvier 1575 et février 1577.

Léonard I est le fils aîné du courtier et aubergiste François Limosin. Une certaine obscurité entoure les débuts de sa carrière. On croit qu'il est l'élève de Léonard Penicaud (1470-1543). Certains biographes le font venir à Fontainebleau en 1528, bien que l'école dirigée par la suite par Rosso et le Primatice n'existe pas encore. Du reste, les premières œuvres de Léonard témoignent de l'influence allemande. Peintre du Roi dès 1530, mais peu ou mal payé par François Ier, il exécute de nombreux émaux pour les églises; son talent ne s'épanouit pas encore. Cependant en 1532, date la plus éloignée de ses travaux signés, il exécute dix-huit plaques d'après la Passion d'Albrecht Dürer. Très habile dessinateur, il copie en émaux les estampes du « Maître au Dé » et fait aussi en grisaille une suite de pièces représentant les divers épisodes de la fable de Psyché d'après Raphaël

Première génération
François Limosin est un courtier et aubergiste français des xve ‑ xvie siècles. Ses dates de naissance et de décès ne sont pas connues. Il a trois fils, peintre: Léonard I Limosin - Martin (ou Martial) Limosin - Jehan I (dit Jean de Limoges) Limosin et un petit-fils connu: François II Limosin. Aucune précision n'est donnée sur son épouse.
Deuxième générarion
Léonard Limosin ou Léonard I est un peintre français du xvie siècle, né vers 1505, mort entre 1575 et 1577. Il est le fils de François Limosin. Que l'on sache, il n'a aucune descendance hormis ses neveux.
Martin Limosin ou Martial est un peintre français du xvie siècle, sa date de naissance n'est pas connue mais sa date de décès se situe vers 1571. Il a deux frères: Léonard I et Jehan I.
Jehan I Limosin est un Artiste émailleur français des xvie ‑ xviie siècles. Né avant 1528 à Limoges. Mort vers 1610.
Troisième Génération
Léonard II Limosin est un peintre émailleur français des xvie ‑ xviie siècles, né vers 1550 à Limoges, mort vers 1625. Fils de Martin Limosin, Léonard II Limosin est probablement l'élève et l'aide de Léonard I, son oncle, dont il conserve l'atelier avec son neveu François II Limosin.
Jehan II Limosin est un peintre émailleur français des xvie ‑ xviie siècles, né vers 1561 à Limoges, mort en 1646. Il est le fils de Jehan I Limosin, frère cadet de Léonard I.
Quatrième génération
Léonard III Limosin ou Joseph, est un peintre émailleur français du xviie siècle, né entre 1606 et 1615 à Limoges, mort après 1666.
François II Limosin est un peintre émailleur français des xvie ‑ xviie siècles, né en 1554 (cette date est donnée comme étant celle de sa naissance, ce qui est improbable) à Limoges, mort en 1646.
Jehan III Limosin On ne sait rien de cet artiste sinon qu'il est vivant en 1679

En 1537 il émaille avec beaucoup de talent des coupes et des échiquiers que l'on peut admirer aujourd'hui au Louvre et qui sont des chefs-d'œuvre du genre.
En 1541 il s'établit à Limoges avec son frère Martin. Sa renommé est considérable et ses portraits sont très appréciés.
En 1544, il exécute celui de la reine Claude de France, femme de François Ier, et reproduit également presque toutes les célébrités contemporaines. À cette époque il s'essaye aussi dans la gravure, qui dessert plutôt son talent, privé du prestige de la couleur.
En 1545, le peintre Michel Rochetel (xvie siècle) lui fournit les dessins de la série des douze apôtres qui décorent le château d'Anet et transférés plus tard à l'Église Saint-Pierre de Chartres. Il reproduit plusieurs fois cette suite, dont deux sujets se trouvent aujourd'hui au Louvre. Les émaux dont le château d'Anet s'enorgueillit attirent sans doute l'attention de Diane de Poitiers qui y réside, car Léonard est bientôt chargé de faire le portrait de la royale favorite. Il la représente en croupe derrière Henri II de France. Ce tableau est peut-être le chef-d'œuvre du peintre. L'histoire de Diane est reprise par lui et répétée presque à l'infini.

En 1548, il est nommé valet de la chambre du Roy. Il signe ses œuvres: « Léonard Limosin, Esmailleur, Peintre, valet de chambre du Roy ».
En 1551, il peint à l'huile: L'Incrédulité de Saint Thomas, tableau d'autel, que possède le Musée de Limoges.
En 1558, Henri II commande à son émailleur deux tableaux destinés à orner deux autels appliqués à des boiseries disposées assez maladroitement en travers de la nef de la Sainte-Chapelle. Henri II veut que François Ier et Éléonore d'Autriche soient représentés sur l'un de ces tableaux, lui-même et Catherine de Médicis sur l'autre. Cette œuvre, constituée par quarante-six plaques d'émail, est achevée en un an. Léonard y applique tout son talent. À cette époque il exécute Une belle Blonde nue et une Déesse à la table des Dieux. Il s'agit encore de Diane de Poitiers. Puis la série des portraits se poursuit: François II, duc de Guise, Marguerite de Valois, le Cardinal de Lorraine, Amyot et beaucoup d'autres. Étourdi par le succès et la popularité, Léonard exécute œuvre sur œuvre, travaillant trop vite, et de cette époque date sa décadence. Sous François II, il conserve son titre de « Serviteur de la Chambre du Roy notre Syre et son Maître esmailleur », avec le traitement annuel de 80 livres

Émailleur et peintre, Léonard est encore arpenteur et dresse à ce titre des « figures de lieux et tenues », conservées aux Archives de la Haute-Vienne.
En 1571, il perd son frère et associé Martin Limosin. Il est nommé consul en même temps que l'émailleur Jean III Penicaud. Les derniers émaux de Léonard sont datés de 1574. Ils n'ont pas la valeur des précédents. Ce sont des plaques figurant Catherine de Médicis en Vénus, faisant suite à deux autres figurant Henri III en Jupiter, et Charles IX en Apollon. L'œuvre de Léonard Limosin est considérable. On peut évaluer à 1840 émaux qu'il signe et date entre les années 1532 et 1574. Ce n'est pas seulement leur nombre qui fait la célébrité du peintre, mais leur qualité et leur variété en général. Avec une grande hardiesse et une grande habileté, il use de tous les procédés jusque-là connus dans l'art de l'émailleur; il les unit souvent avec bonheur dans une même composition
L'effet de ces émaux est claire, éclatant, harmonieux. Léonard emploie tous les coloris, depuis les bleus vifs qui dominent dans ses œuvres sur les verts et les pourpres, jusqu'aux grisailles sur noir et sur bleu, savamment recouvertes d'un glacis violet ou bleuâtre. Aucun émailleur ne manie mieux que lui la pointe dans les ombres, ni obtenu un modelé aussi parfait par hachure ou pointillé. Parfois il dessine seulement ses sujets en bistre, au pinceau, sur un fond d'émail blanc, et se contente de glacer le tout en émaux colorés du côté de l'ombre. Il sait choisir ses couleurs suivant la nature des fonds, et ménage des transitions entre les tons les plus vifs et les ombres les plus intenses. Son dessin, influencé par l'École de Fontainebleau, témoigne d'une grande exagération dans l'allongement des formes. On croit que la plupart de ses émaux sont exécutés sur des dessins qui lui sont fournis par des peintres, Nicolò dell'Abbate et Étienne de Laulne en particulier

Léonard interprète ces dessins avec une grande liberté, mais dans ses admirables portraits, il s'applique à rendre toute la sincérité naïve des crayons français de l'époque. Par l'ensemble de ses qualités : sûreté du dessin, merveilleuse entente des ressources de l'émail, aisance de l'exécution, activité qui tient du prodige, Léonard Limosin se place en tête des émailleurs de Limoges, et même des émailleurs français de la Renaissance
Les principaux musées du monde conservent des pièces émaillées de Léonard Limosin : le Musée du Louvre à Paris (retables de la Sainte-Chapelle...), le Metropolitan Museum of Art à New York, etc. L'une des œuvres les plus connues est certainement la suite de douze apôtres émaillés, aujourd'hui conservée au musée des beaux-arts de Chartres, mais qui était prévue pour orner les pilastres de la chapelle Saint-Saturnin du château de Fontainebleau. Le Musée des Beaux-Arts de Limoges, Palais de L'Evêché, outre de nombreuses pièces émaillées (portrait de Galiot de Genouillac, Sybille, Je suis Sanson, etc.) présente également la seule peinture connue de l'artiste, L’Incrédulité de saint Thomas, huile sur panneau, daté 1551, dans lequel figure sans doute un autoportrait.

  

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saintluc
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MessagePosté le: Dim 26 Mar - 07:58 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant

Hippolyte Jean Giraudoux est un écrivai et un diplomate français, né le 29 octobre 1882 à Bellac dans la Haute-Vienne et mort le 31 janvier 1944 (à 61 ans) à Paris.
Brillant étudiant et soldat décoré pendant la Première Guerre mondiale, il occupe des fonctions diplomatiques et administratives tout en écrivant des romans (Suzanne et le Pacifique en 1921, Siegfried et le Limousin en 1922) avant de se diriger vers le théâtre après sa rencontre avec le comédien Louis Jouvet qui mettra en scène et interprétera ses œuvres principales.
Il est aujourd'hui surtout connu pour son théâtre qui compte des pièces célèbres comme Amphitryon 38 (1928), La guerre de Troie n'aura pas lieu (1935), Électre (1937), Ondine (1939), ou encore La Folle de Chaillot jouée en 1945 après sa mort. Jean Giraudoux a participé comme d'autres dramaturges des années 1930-1940 (Cocteau, Anouilh, Sartre, Camus par exemple) à la réécriture des mythes antiques éclairés par les mentalités modernes. Il a su allier fantaisie poétique et goût pour les images insolites, et également associer le tragique et le léger dans une langue élégante et fine, parfois même poétique comme dans Intermezzo ou Ondine.
Germanophile et diplomate de carrière, il est Commissaire général à l'information en 1939-1940 et pendant l'Occupation sa situation est complexe et son rôle contrasté.
Jean Giraudoux meurt à Paris le 31 janvier 1944, à l'âge de soixante et un ans, à la suite d'une intoxication alimentaire ou d'une inflammation du pancréas.
Fils cadet de Léger Giraudoux3, employé des Ponts et chaussées, et d'Anne Lacoste, Jean Giraudoux naît à Bellac, un an avant la nomination de son père à Bessines. Ce dernier quitte le corps des Ponts et chaussées en 1890 pour devenir percepteur à Pellevoisin. Reçu premier du canton au certificat d'études en 1892, Jean Giraudoux entre en octobre 1893 comme boursier au lycée de Châteauroux, qui porte aujourd'hui son nom (lycée Jean-Giraudoux), où il fait sa première communion en juin 1894, et est interne jusqu'à son baccalauréat en 1900.
Bachelier de philosophie, il poursuit ses brillantes études en classes préparatoires au lycée Lakanal de Sceaux pour tenter le concours littéraire de l'École normale supérieure; il termine sa seconde année de khâgne avec le prix d'excellence et obtient le premier prix de version grecque au concours général en 1902. Reçu 13e sur 21 à l'École normale supérieure de Paris, il accomplit son service militaire au 98e régiment d'infanterie à Roanne, Clermont-Ferrand et Lyon, dont il sort en 1903 avec le grade de caporal. Entré à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, dans la section lettres, il est passionné par la culture allemande. Après l'obtention, avec la mention « bien », de sa licence de lettres à la Sorbonne en juillet 1904, avec un mémoire sur les Odes pindariques de Ronsard, il passe, sur les conseils de son maître Charles Andler, dans la section d'allemand en novembre.


Ayant obtenu une bourse d'études, il s'inscrit alors à l'université de Munich. Durant l'été 1905, il est le répétiteur du fils du prince de Saxe et de Paul Morand à Munich, et il rencontre Frank Wedekind. Puis il part en voyage pour la Serbie, l'Autriche-Hongrie (Trieste entre autres) et Venise en Italie. En 1906, il obtient sa maîtrise et fait, durant l'été, un séjour linguistique en Allemagne4. Après un échec à l'agrégation d'allemand, il se rend aux États-Unis, de septembre 1907 à mars 1908, avec une bourse pour l'Université Harvard. À son retour, il entre à la rédaction du Matin et prépare le concours des Affaires étrangères, auquel il échoue en 1909. La même année, il publie son premier livre, Provinciales, remarqué par André Gide. En juin 1910, reçu premier au concours des chancelleries, il est nommé élève vice-consul à la direction politique et commerciale du ministère des Affaires étrangères ; il assure le convoiement de la valise diplomatique à Constantinople, Moscou, puis Vienne. Par ailleurs, il fait la connaissance de Rosalia Abreu (1886-1955), sœur de son ami Pierre, une jeune héritière cubaine, pour laquelle il éprouve une passion non partagée.
Promu attaché au bureau d'étude de la presse étrangère en septembre 1912, il devient vice-consul de 3e classe en 1913. La même année, il fait paraître chez Grasset L'École des indifférents et entame une liaison avec Suzanne Boland (1881-1969), mariée au commandant Paul Pineau, mais séparée de son mari.
Mobilisé comme sergent au 298e régiment d'infanterie en 1914, puis nommé sous-lieutenant, il est blessé à deux reprises, à la bataille de la Marne en 1914, aux Dardanelles en 1915, et nommé chevalier de la Légion d'honneur. Convalescent, il entre au bureau de la propagande du ministère des Affaires étrangères grâce à Philippe Berthelot, avant de participer à une mission militaire et diplomatique à Lisbonne en août-novembre 1916. Il prend part ensuite à la « mission Harvard », qui le conduit aux États-Unis en avril-août 1917.
Ce faisant, il continue d'écrire, faisant paraître Retour d'Alsace. Août 1914 en 1916, Lectures pour une ombre en 1917, Amica America et Simon le pathétique en 1918.
Après la guerre, il s'éloigne de l'Allemagne. Démobilisé en 1919, il devient secrétaire d'ambassade de troisième classe et dirige le Service des œuvres françaises à l'étranger (1920) puis le service d'information et de presse au Quai d'Orsay (fin octobre 1924). Au Quai d'Orsay il rejoint un de ses amis d'enfance le diplomate Philippe Berthelot.
Suzanne Boland lui donne un fils, Jean-Pierre, le 29 décembre 1919. Ils se marieront en 1921, Suzanne ayant divorcé l'année précédente. La même année paraît Suzanne et le Pacifique, roman suivi en 1922 par Siegfried et le Limousin, qui se voit décerner le prix Balzac5, et en 1924 par Juliette au pays des hommes. En 1926, il est promu officier de la Légion d'honneur.
En 1927, il se fait placer hors cadre à la disposition de la Commission d'évaluation des dommages alliés en Turquie, commission où il reste sept ans. Ce poste lui laissant beaucoup de temps libre, il en profite pour écrire ses premières pièces de théâtre. La rencontre avec Louis Jouvet en 1928 stimule en effet sa création théâtrale avec le succès de Siegfried (1928), adaptation théâtrale de son roman Siegfried et le Limousin, d’Amphitryon (1929) et d’Intermezzo (1933), malgré l'échec de Judith (1931).
À la fin de 1931, il entame avec Anita de Madero une liaison qui s'achève en 1936 par le départ de la jeune héritière argentine qui part se marier en Amérique du Sud.

En juin 1932, il est chargé de mission au cabinet d'Édouard Herriot, président du Conseil6, qu'il accompagne lors de la conférence de Lausanne. La même année, il écrit la préface de la traduction du livre de l'écrivaine germanophone d'origine messine Adrienne Thomas, Catherine Soldat.
En 1934, il est nommé inspecteur général des postes diplomatiques et consulaires. Au moment où l'horizon de l'Europe s'assombrit, il écrit La guerre de Troie n'aura pas lieu. La pièce est un plaidoyer désespéré en faveur de la paix, et par-delà ce contexte, Giraudoux y dénonce la complicité entre l'art et la guerre. Il montre que la "nécessité" ou le "destin", souvent invoqués par les gouvernants pour imposer leur décision, constituent une dangereuse fiction. En 1936, Jean Zay lui propose la direction de la Comédie-Française, mais il la refuse. La même année, il devient commandeur de la Légion d'honneur.
Le 28 avril 1939, il rencontre dans un studio de la radio, lors d'un entretien sur Ondine, Isabelle Montérou, jeune journaliste avec laquelle il entame une liaison qui dure jusqu'en novembre 1943. À la veille de la guerre, Giraudoux publie un important essai politique, recueil d'articles et de conférences : Pleins pouvoirs (Gallimard, 1939), dans lequel, prenant modèle sur les États-Unis, il demande notamment l'adoption d'une politique d'immigration, afin, non « d’obtenir dans son intégrité, par l’épuration, un type physique primitif, mais de constituer, au besoin avec des apports étrangers, un type moral et culturel ». Sa préférence va vers « une immigration scandinave éminemment souhaitable », à l'exclusion de « ces races primitives ou imperméables dont les civilisations, par leur médiocrité ou leur caractère exclusif, ne peuvent donner que des amalgames lamentables », symbolisées selon lui par les Arabes
Devant la montée des périls, Giraudoux s'engage en politique. Lors du remaniement ministériel du 29 juillet 1939, il est nommé par Édouard Daladier Commissaire général à l'information et prononce ses Messages du Continental, contre la guerre hitlérienne.
Le 21 mars 1940, lors de la formation de son gouvernement, Paul Reynaud le remplace par Ludovic-Oscar Frossard, nommé ministre de l'Information, et il devient président d'un « Conseil supérieur de l'information ».
Durant la débâcle de juin 1940, il suit le gouvernement à Bordeaux, avant de s'installer auprès de sa mère à Vichy. Nommé directeur des Monuments historiques à l'automne 1940, il fait valoir ses droits à la retraite en janvier 1941 et commence deux écrits inspirés par la défaite, qui ne paraîtront qu'après sa mort, le second étant resté inachevé : Armistice à Bordeaux 1945, et Sans Pouvoirs 1946, édités l'un et l'autre à Monaco.
Commissaire général à l'information sous Daladier, sa situation pendant l'Occupation est complexe et son rôle contrasté :
Sa passion pour la culture allemande existe de longue date : « Tous ceux qui aiment le travail, la musique, l'étude sont exilés d'Allemagne. Nous qui aimons Dürer, Goethe, nous sommes exilés d’Allemagne »; mais il l'a délaissée depuis quelques années, à l'époque, et Ondine (1939) constitue un « adieu » à l'« âme franco-allemande ».
Dans Armistice à Bordeaux, il s’oppose, phrase par phrase, au second discours de Pétain, refusant l'expiation nationale.
Il a refusé le poste de ministre de France à Athènes proposé par Vichy après l'armistice du 22 juin 1940 mais entretient des relations personnelles avec plusieurs membres du nouveau gouvernement.
Son fils Jean-Pierre a rejoint Londres dès juillet 1940 et s'est engagé dans les Forces navales françaises libres.
D'après le témoignage de Gérard Heller, qui l'a rencontré en juillet 1941, « Giraudoux perdit vite confiance dans les bonnes intentions du maréchal Pétain » et « avait très tôt communiqué à Londres des informations sur l'activité intellectuelle clandestine en France ».
En 1942, alors qu'il loge à Paris, il affirme « l'impossibilité d'une véritable rencontre entre les deux cultures tant que durerait la guerre ».
La même année, un journaliste collaborationniste lui reproche d'avoir, dans ses fonctions de commissaire général à l'information, accepté de « seconder les Juifs dans « leur » guerre ».
On lui propose de quitter la France. Il refuse, arguant de la nécessité de livrer en France une « lutte d’influence avec l’Allemagne »
a participation à la lutte contre l'occupation allemande au sein de la Résistance reste encore débattue. En décembre 1943, il aurait projeté de « participer à sa façon à la Résistance ».


Il poursuit ses travaux littéraires avec L'Apollon de Bellac, Sodome et Gomorrhe et La Folle de Chaillot et, devenu directeur littéraire chez Gaumont, participe à des adaptations cinématographiques, qu'il s'agisse de La Duchesse de Langeais de Balzac pour le film éponyme de Jacques de Baroncelli ou des Anges du péché pour Robert Bresson.
Après la mort de sa mère en 1943, sa santé se dégrade. Jean Giraudoux meurt le 31 janvier 1944, à l'âge de soixante et un ans, selon la version officielle, à la suite d’une intoxication alimentaire, mais, plus probablement, d’une pancréatite.
Quelques jours après son inhumation, qui a lieu le 3 février 1944 dans un caveau provisoire du cimetière de Montmartre, Claude Roy fait courir le bruit, au café de Flore, qu'il a été empoisonné par la Gestapo. Louis Aragon le reprend à son compte dans Ce soir le 20 septembre 1944 : « Pourquoi ? Pas seulement parce que c’est le plus français de nos écrivains, mais certainement aussi pour son activité résistante gardée très secrète et que, pour ma part, j’avais devinée durant le dernier entretien que je devais avoir avec lui cinq jours avant sa mort ». Une biographie explorant la question lui est consacrée par Jacques Body en 2004.
Il est inhumé au cimetière de Passy à Paris.
Se fondant sur plusieurs citations tirées du chapitre « La France peuplée » de Pleins pouvoirs, voire, dans certains cas, sur des extraits de répliques d'Holopherne dans Judith, plusieurs auteurs considèrent que Giraudoux était antisémite et raciste. Spécialiste de Sartre, Jean-François Louette juge ainsi que Giraudoux « évoque maints problèmes » dans Pleins pouvoirs, mais que « l'essentiel aujourd'hui semble le chapitre intitulé La France peuplée », dont il stigmatise la « violence raciste ». Pour Jean-Claude Milner, « le Giraudoux raciste et le Giraudoux républicain ne parviennent pas à se détacher ». Daniel Salvatore Schiffer juge, quant à lui, que, dans Pleins pouvoirs, Giraudoux est « non loin de l'antisémitisme de Fichte ou Hegel ». Aux yeux de Claude Liauzu, Giraudoux a donné des connotations positives au mot « raciste », dans le cadre d'une banalisation du racisme, dans les années trente. Selon Pierre Vidal-Naquet, de même, le racisme de Giraudoux, en 1939, est prodigieusement banal.
Pour André Job, « l'antisémitisme, c'est d'abord, à n'en pas douter, une façon de ne pas résister au plaisir d'un "bon mot", si malveillant soit-il », usage auquel il est arrivé à Giraudoux de sacrifier, « sans que les exemples soient en assez grand nombre pour qu'on puisse les juger vraiment significatifs ».


Alain Duneau parle de « défaillances », considérant que « deux pages de Pleins pouvoirs lui ont été à juste titre reprochées, mais sans lucidité particulière, par des professeurs de vertu qui ne s'interrogent peut-être pas assez sur eux-mêmes ou sur les illusions rassurantes mais criminelles dont d'autres se sont bercés ». À ses yeux, « ces deux pages trop connues pourraient bien être le fruit de l'appréhension d'un retour de la guerre », et il signale que « tout mot "raciste" a disparu chez lui dès que la guerre — réelle — a été déclarée ». Toujours selon lui, la répulsion de Giraudoux à l'égard de toute forme de laideur, « sans doute ressentie comme une forme du mal » peut également « expliquer en partie certaines de ses faiblesses qui lui [ont] été abondamment reprochée[s] (accusations injustifiées de racisme) ».
Pour son biographe Jacques Body, « Giraudoux antisémite, Giraudoux vichyste, c’est devenu l’antienne des ignorants. » Selon lui, de Pleins pouvoirs, « son plaidoyer pour une politique d’immigration et pour le droit d’asile », on a fait, « cinquante ans plus tard, un bréviaire xénophobe et raciste, à coup de citations tronquées. » Il considère que, chez Giraudoux, « l'appartenance à une patrie marque un homme, mais par la culture, non par des contraintes naturelles ou sociologiques. Giraudoux croit à la patrie, pas à la race. »
Pierre Charreton, de son côté, relève que, si Giraudoux défend l'avènement d'une « politique raciale » et d'un « ministère de la race », pour lui, le terme de « race », « aujourd'hui empoisonné, voire tabou », mais « employé sans précaution jusqu'au milieu du siècle, parfois certes dans un sens proprement raciste, mais aussi dans une acception proche du terme "peuple" », renvoie à un « habitus », un ensemble de valeurs et de comportements partagés sur un territoire, et non à une référence ethnique. Giraudoux, rappelle-t-il, défend l'idée que « la race française est une race composée. (...) Il n'y a pas que le Français qui naît. Il y a le Français qu'on fait. » Le but d'une « politique raciale », selon lui, n'est pas de retrouver un « type physique primitif », mais de « constituer, au besoin avec des apports étrangers, un type moral et culturel ». De même, il relève que l'auteur éprouve un « choc désagréable » en découvrant sur une pancarte ou une affiche l'inscription : « La France aux Français », jugeant que cette phrase, au lieu de « l'enrichir le dépossède »

 

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saintluc
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MessagePosté le: Lun 27 Mar - 06:58 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant

 Léonard I Limosin est un peintre, émailleur, dessinateur et graveur français du xvie siècle, né vers 1505 à Limoges, mort entre janvier 1575 et février 1577.

Léonard I est le fils aîné du courtier et aubergiste François Limosin. Une certaine obscurité entoure les débuts de sa carrière. On croit qu'il est l'élève de Léonard Penicaud (1470-1543). Certains biographes le font venir à Fontainebleau en 1528, bien que l'école dirigée par la suite par Rosso et le Primatice n'existe pas encore. Du reste, les premières œuvres de Léonard témoignent de l'influence allemande. Peintre du Roi dès 1530, mais peu ou mal payé par François Ier, il exécute de nombreux émaux pour les églises; son talent ne s'épanouit pas encore. Cependant en 1532, date la plus éloignée de ses travaux signés, il exécute dix-huit plaques d'après la Passion d'Albrecht Dürer. Très habile dessinateur, il copie en émaux les estampes du « Maître au Dé » et fait aussi en grisaille une suite de pièces représentant les divers épisodes de la fable de Psyché d'après Raphaël

Première génération
François Limosin est un courtier et aubergiste français des xve ‑ xvie siècles. Ses dates de naissance et de décès ne sont pas connues. Il a trois fils, peintre: Léonard I Limosin - Martin (ou Martial) Limosin - Jehan I (dit Jean de Limoges) Limosin et un petit-fils connu: François II Limosin. Aucune précision n'est donnée sur son épouse.
Deuxième générarion
Léonard Limosin ou Léonard I est un peintre français du xvie siècle, né vers 1505, mort entre 1575 et 1577. Il est le fils de François Limosin. Que l'on sache, il n'a aucune descendance hormis ses neveux.
Martin Limosin ou Martial est un peintre français du xvie siècle, sa date de naissance n'est pas connue mais sa date de décès se situe vers 1571. Il a deux frères: Léonard I et Jehan I.
Jehan I Limosin est un Artiste émailleur français des xvie ‑ xviie siècles. Né avant 1528 à Limoges. Mort vers 1610.
Troisième Génération
Léonard II Limosin est un peintre émailleur français des xvie ‑ xviie siècles, né vers 1550 à Limoges, mort vers 1625. Fils de Martin Limosin, Léonard II Limosin est probablement l'élève et l'aide de Léonard I, son oncle, dont il conserve l'atelier avec son neveu François II Limosin.
Jehan II Limosin est un peintre émailleur français des xvie ‑ xviie siècles, né vers 1561 à Limoges, mort en 1646. Il est le fils de Jehan I Limosin, frère cadet de Léonard I.
Quatrième génération
Léonard III Limosin ou Joseph, est un peintre émailleur français du xviie siècle, né entre 1606 et 1615 à Limoges, mort après 1666.
François II Limosin est un peintre émailleur français des xvie ‑ xviie siècles, né en 1554 (cette date est donnée comme étant celle de sa naissance, ce qui est improbable) à Limoges, mort en 1646.
Jehan III Limosin On ne sait rien de cet artiste sinon qu'il est vivant en 1679

En 1537 il émaille avec beaucoup de talent des coupes et des échiquiers que l'on peut admirer aujourd'hui au Louvre et qui sont des chefs-d'œuvre du genre.
En 1541 il s'établit à Limoges avec son frère Martin. Sa renommé est considérable et ses portraits sont très appréciés.
En 1544, il exécute celui de la reine Claude de France, femme de François Ier, et reproduit également presque toutes les célébrités contemporaines. À cette époque il s'essaye aussi dans la gravure, qui dessert plutôt son talent, privé du prestige de la couleur.
En 1545, le peintre Michel Rochetel (xvie siècle) lui fournit les dessins de la série des douze apôtres qui décorent le château d'Anet et transférés plus tard à l'Église Saint-Pierre de Chartres. Il reproduit plusieurs fois cette suite, dont deux sujets se trouvent aujourd'hui au Louvre. Les émaux dont le château d'Anet s'enorgueillit attirent sans doute l'attention de Diane de Poitiers qui y réside, car Léonard est bientôt chargé de faire le portrait de la royale favorite. Il la représente en croupe derrière Henri II de France. Ce tableau est peut-être le chef-d'œuvre du peintre. L'histoire de Diane est reprise par lui et répétée presque à l'infini.

En 1548, il est nommé valet de la chambre du Roy. Il signe ses œuvres: « Léonard Limosin, Esmailleur, Peintre, valet de chambre du Roy ».
En 1551, il peint à l'huile: L'Incrédulité de Saint Thomas, tableau d'autel, que possède le Musée de Limoges.
En 1558, Henri II commande à son émailleur deux tableaux destinés à orner deux autels appliqués à des boiseries disposées assez maladroitement en travers de la nef de la Sainte-Chapelle. Henri II veut que François Ier et Éléonore d'Autriche soient représentés sur l'un de ces tableaux, lui-même et Catherine de Médicis sur l'autre. Cette œuvre, constituée par quarante-six plaques d'émail, est achevée en un an. Léonard y applique tout son talent. À cette époque il exécute Une belle Blonde nue et une Déesse à la table des Dieux. Il s'agit encore de Diane de Poitiers. Puis la série des portraits se poursuit: François II, duc de Guise, Marguerite de Valois, le Cardinal de Lorraine, Amyot et beaucoup d'autres. Étourdi par le succès et la popularité, Léonard exécute œuvre sur œuvre, travaillant trop vite, et de cette époque date sa décadence. Sous François II, il conserve son titre de « Serviteur de la Chambre du Roy notre Syre et son Maître esmailleur », avec le traitement annuel de 80 livres

Émailleur et peintre, Léonard est encore arpenteur et dresse à ce titre des « figures de lieux et tenues », conservées aux Archives de la Haute-Vienne.
En 1571, il perd son frère et associé Martin Limosin. Il est nommé consul en même temps que l'émailleur Jean III Penicaud. Les derniers émaux de Léonard sont datés de 1574. Ils n'ont pas la valeur des précédents. Ce sont des plaques figurant Catherine de Médicis en Vénus, faisant suite à deux autres figurant Henri III en Jupiter, et Charles IX en Apollon. L'œuvre de Léonard Limosin est considérable. On peut évaluer à 1840 émaux qu'il signe et date entre les années 1532 et 1574. Ce n'est pas seulement leur nombre qui fait la célébrité du peintre, mais leur qualité et leur variété en général. Avec une grande hardiesse et une grande habileté, il use de tous les procédés jusque-là connus dans l'art de l'émailleur; il les unit souvent avec bonheur dans une même composition
L'effet de ces émaux est claire, éclatant, harmonieux. Léonard emploie tous les coloris, depuis les bleus vifs qui dominent dans ses œuvres sur les verts et les pourpres, jusqu'aux grisailles sur noir et sur bleu, savamment recouvertes d'un glacis violet ou bleuâtre. Aucun émailleur ne manie mieux que lui la pointe dans les ombres, ni obtenu un modelé aussi parfait par hachure ou pointillé. Parfois il dessine seulement ses sujets en bistre, au pinceau, sur un fond d'émail blanc, et se contente de glacer le tout en émaux colorés du côté de l'ombre. Il sait choisir ses couleurs suivant la nature des fonds, et ménage des transitions entre les tons les plus vifs et les ombres les plus intenses. Son dessin, influencé par l'École de Fontainebleau, témoigne d'une grande exagération dans l'allongement des formes. On croit que la plupart de ses émaux sont exécutés sur des dessins qui lui sont fournis par des peintres, Nicolò dell'Abbate et Étienne de Laulne en particulier

Léonard interprète ces dessins avec une grande liberté, mais dans ses admirables portraits, il s'applique à rendre toute la sincérité naïve des crayons français de l'époque. Par l'ensemble de ses qualités : sûreté du dessin, merveilleuse entente des ressources de l'émail, aisance de l'exécution, activité qui tient du prodige, Léonard Limosin se place en tête des émailleurs de Limoges, et même des émailleurs français de la Renaissance
Les principaux musées du monde conservent des pièces émaillées de Léonard Limosin : le Musée du Louvre à Paris (retables de la Sainte-Chapelle...), le Metropolitan Museum of Art à New York, etc. L'une des œuvres les plus connues est certainement la suite de douze apôtres émaillés, aujourd'hui conservée au musée des beaux-arts de Chartres, mais qui était prévue pour orner les pilastres de la chapelle Saint-Saturnin du château de Fontainebleau. Le Musée des Beaux-Arts de Limoges, Palais de L'Evêché, outre de nombreuses pièces émaillées (portrait de Galiot de Genouillac, Sybille, Je suis Sanson, etc.) présente également la seule peinture connue de l'artiste, L’Incrédulité de saint Thomas, huile sur panneau, daté 1551, dans lequel figure sans doute un autoportrait.

  

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MessagePosté le: Mar 28 Mar - 04:57 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant

Pierre-Auguste Renoir dit Auguste Renoir, né à Limoges le 25 février 1841 et mort au domaine des Collettes à Cagnes-sur-Mer le 3 décembre 1919, est l'un des plus célèbres peintres français.
Membre à part entière du groupe impressionniste, il évolue dans les années 1880 vers un style plus réaliste sous l'influence de Raphaël. Il a été peintre de nus, de portraits, paysages, marines, natures mortes et scènes de genre, pastelliste, graveur, lithographe, sculpteur et dessinateur.


Peintre figuratif plus intéressé par la peinture de portraits et de nu féminin que par celle des paysages, il a élaboré une façon de peindre originale, qui transcende ses premières influences (Fragonard, Courbet, Monet, puis la fresque italienne).
Pendant environ soixante ans, le peintre estime avoir réalisé à peu près quatre mille tableaux

Pierre-Auguste, dit Auguste Renoir, est né à Limoges, au no 71 de l'actuel boulevard Gambetta, ancien boulevard Sainte-Catherine, le 25 février 1841. Il est le sixième de sept enfants. Son père, Léonard Renoir (1799-1874) est tailleur, sa mère, Marguerite Merlet (1807-1896) est couturière. La famille vit alors assez pauvrement. En 1844, la famille Renoir quitte Limoges pour Paris, où le père espère améliorer sa situation. Pierre-Auguste y suit sa scolarité.
À l’âge de 13 ans, il entre comme apprenti à l’atelier de porcelaine Lévy Frères & Compagnie pour y faire la décoration des pièces. Dans le même temps, il fréquente les cours du soir de l’École de dessin et d’arts décoratifs jusqu’en 1862. À cette période, il suit des cours de musique avec Charles Gounod qui remarque cet élève intelligent et doué

En 1858 à l’âge de 17 ans, pour gagner sa vie, il peint des éventails et colorie des armoiries pour son frère Henri, graveur en héraldique. En 1862, Renoir réussit le concours d'entrée à l’École des beaux-arts de Paris et entre dans l’atelier de Charles Gleyre, où il rencontre Claude Monet, Frédéric Bazille et Alfred Sisley. Une solide amitié se noue entre les quatre jeunes gens qui vont souvent peindre en plein air dans la forêt de Fontainebleau.
Ses relations avec Gleyre sont un peu tendues et lorsque ce dernier prend sa retraite en 1864, Renoir quitte les Beaux-Arts. Cependant, alors que la première œuvre qu’il expose au salon (l’Esméralda 1864) connaît un véritable succès, après l’exposition, il la détruit. Les œuvres de cette période sont marquées par l'influence d'Ingres et de Dehodencq dans les portraits, de Gustave Courbet (particulièrement dans les natures mortes), mais aussi d'Eugène Delacroix, à qui il emprunte certains thèmes (les femmes orientales, par exemple). En 1865, Portrait de William Sisley et Soir d’été sont acceptés par le Salon, ce qui est plutôt de bon augure. Un modèle important à cette époque pour lui est sa maîtresse Lise Tréhot : elle a posé pour le tableau Lise à l'ombrelle (1867), qui, exposé au salon de 1868, a suscité les commentaires élogieux d'un jeune critique, nommé Émile Zola. Mais en général, les critiques sont plutôt mauvaises, et de nombreuses caricatures paraissent dans la presse, telles celles de Bertall.
Deux enfants sont nés de sa liaison avec Lise Tréhot: Pierre né à Ville-d'Avray, le 14 septembre 1868, dont on ignore le lieu et la date de décès, et Jeanne, née à Paris 10e le 21 juillet 1870 et décédée en 1934.
Le séjour que Renoir fait avec Monet à la Grenouillère (établissement de bains sur l'île de Croissy-sur-Seine, lieu très populaire et un peu « canaille » selon les guides de l'époque) est décisif dans sa carrière. Il peint véritablement en plein-air, ce qui change sa palette, et fragmente sa touche (moins que Monet qui va plus loin dans ce domaine).


Il apprend à rendre les effets de la lumière, et à ne plus utiliser le noir pour les ombres. Dès lors, commence la période impressionniste de Renoir. Monet préfère peindre les paysages, et Renoir préfère peindre les personnages. Pour les mêmes scènes de La Grenouillère, Renoir adopte un point de vue plus rapproché qui lui permet de donner une plus grande importance aux figures. En septembre 1873, il quitte son studio de la rue Notre-Dame-des-Champs pour un atelier plus grand rue Saint-Georges. En 1876, il loue un modeste atelier au no 12 rue Cortot (devenu en 1960 musée de Montmartre).
Il expose avec les Impressionnistes de 1874 à 1878 (ou 1879 ?) et réalise son chef-d'œuvre : le Bal du moulin de la Galette, à Montmartre, en 1877. Le tableau est acheté par Gustave Caillebotte, membre et mécène du groupe. Cette toile ambitieuse (par son format d'abord, 1,30 m × 1,70 m) est caractéristique du style et des recherches de l'artiste durant la décennie 1870 : touche fluide et colorée, ombres colorées, non-usage du noir, effets de textures, jeu de lumière qui filtre à travers les feuillages, les nuages, goût pour les scènes de la vie populaire parisienne, pour des modèles de son entourage (des amis, des gens de la « bohème » de Montmartre). Pour les nus, il fait d'abord appel à des modèles professionnels puis à des jeunes femmes qu'il rencontre parfois dans la rue et qu'il paye en leur offrant le portrait, des fleurs ou des chapeaux à la mode

Autour de 1880, Renoir est en pleine misère : il n'arrive pas à vendre ses tableaux et la critique est souvent mauvaise ; il décide de ne plus exposer avec ses amis impressionnistes mais de revenir au Salon officiel, seule voie possible vers le succès. De fait, grâce à des commandes de portraits prestigieux - comme celui de Madame Charpentier et ses enfants en 1878 - il se fait connaître et obtient de plus en plus de commandes. Son art devient plus affirmé, il recherche davantage les effets de lignes, les contrastes marqués, les contours soulignés, comme dans le fameux Déjeuner des canotiers peint de 1880 à 1881, même si le thème reste proche de ses œuvres de la décennie 1870. On peut apercevoir dans ce tableau son nouveau modèle, Aline Charigot, sa maîtresse qui devient sa femme en 1890, et qui lui donne trois autres enfants, après Pierre et Jeanne nés de Lise Tréhot : Pierre Renoir, Jean Renoir, le cinéaste, et Claude Renoir dit « Coco ». Les trois danses (Danse à Bougival (en), Musée des beaux-arts de Boston ; Danse à la ville et Danse à la campagne, Musée d'Orsay, vers 1883) témoignent aussi de cette évolution.
    

Entre 1881 et 1883, Renoir effectue de nombreux voyages qui le mènent dans le sud de la France (à l'Estaque, où il rend visite à Paul Cézanne), en Afrique du Nord où il réalise de nombreux paysages, et en Italie. C'est là-bas que se cristallise l'évolution amorcée dès 1880. Au contact surtout des œuvres de Raphaël, (les Stanze du Vatican), Renoir sent qu'il est arrivé au bout de l'impressionnisme, qu'il est dans une impasse, désormais il veut faire un art plus intemporel, et plus « sérieux » ; il a l'impression de ne pas savoir dessiner. Il entre alors dans la période dite ingresque ou Aigre, qui culmine en 1887 lorsqu'il présente ses fameuses Grandes Baigneuses à Paris. Les contours de ses personnages deviennent plus précis.
Il dessine les formes avec plus de rigueur, les couleurs se font plus froides, plus acides, ce qui indigne le critique Joris-Karl Huysmans « Allons, bon ! Encore un qui est pris par le bromure de Raphaël ! ». Sa peinture qui marque un retour vers le classicisme est plus influencée aussi par l'art ancien (notamment par un bas-relief de François Girardon à Versailles pour les Baigneuses).
Lorsqu'il devient à nouveau père d’un petit Pierre (1885), Renoir abandonne ses œuvres en cours pour se consacrer à des toiles sur la maternité.
La réception des Grandes Baigneuses est très mauvaise, l'avant-garde (Camille Pissarro notamment) trouve qu'il s'est égaré, et les milieux académiques ne s'y retrouvent pas non plus. Son marchand, Paul Durand-Ruel, lui demande plusieurs fois de renoncer à cette nouvelle manière.
Aline, la future Madame Renoir, le convainc de découvrir, en 1888, son village natal : Essoyes. Il écrit alors à son amie Berthe Morisot : « Je suis en train de paysanner en Champagne pour fuir les modèles coûteux de Paris. Je fais des blanchisseuses ou plutôt des laveuses au bord de la rivière. ».

De 1890 à 1900, Renoir change de nouveau son style. Ce n'est plus du pur impressionnisme ni le style de la période ingresque, mais un mélange des deux. Il conserve les sujets d'Ingres mais reprend la fluidité des traits. La première œuvre de cette période, les Jeunes filles au piano (1892), est acquise par l'État français pour être exposée au musée du Luxembourg. En 1894, Renoir est de nouveau père d'un petit Jean et reprend ses œuvres de maternité. La jeune femme qui s'occupe de ses enfants, Gabrielle Renard, devient un de ses fréquents modèles.
Alors que Renoir habite depuis 1889 dans le pavillon surnommé le « Château des Brouillards » au 13 rue Girardon, il devient propriétaire pour la première fois de sa vie en achetant, en 1896, une maison à Essoyes, devenue l'atelier Renoir. Ainsi, la famille Renoir se retrouve tous les étés, jusqu'au décès du peintre en 1919. Essoyes sera le rendez-vous des jeux de plein air, des pique-niques, pêches, baignades aussi bien en famille qu'entre amis, Julie Manet notamment en parle dans son journal.


Cette décennie, celle de la maturité, est aussi celle de la consécration. Ses tableaux se vendent bien (notamment par les marchands d'art Ambroise Vollard et Paul Durand-Ruel), la critique, dont l'animateur de La Revue blanche, Thadée Natanson, commence à accepter et à apprécier son style, et les milieux officiels le reconnaissent également, lesJeunes filles au piano sont achetées par l'état, on lui propose la Légion d'honneur, qu'il refuse d'abord puis accepte plus tard. En 1897, lors d'une mauvaise chute de bicyclette près d'Essoyes, il se fracture le bras droit. Cette chute est considérée comme responsable, du moins partiellement, de la dégradation ultérieure de sa santé. Des rhumatismes déformants l'obligeront progressivement, vers 1905, à renoncer à marcher. En 1900, Renoir est nommé chevalier de la Légion d'honneur, puis officier en 1911.
Comme le peintre Edgar Degas, les poètes José-Maria de Heredia et Pierre Louÿs, l'écrivain Jules Verne, le compositeur Vincent d'Indy, le grammairien Jules Lemaître, il adhère à la Ligue de la patrie française, ligue antidreyfusarde plutôt modérée.

En 1903, il s'installe avec sa famille à Cagnes-sur-Mer, le climat de la région devant être plus favorable à son état de santé. Après avoir connu plusieurs résidences dans le vieux village, Renoir fait l'acquisition du domaine des Collettes, sur un coteau à l'est de Cagnes, afin de sauver les vénérables oliviers dont il admire l'ombrage et qui sont menacés de destruction par un acheteur potentiel. Aline Charigot y fait bâtir la dernière demeure de son époux, où il va passer ses derniers jours au soleil du Midi, bien protégé toutefois par son inséparable chapeau. Il y vit avec sa femme Aline et ses enfants, ainsi qu'avec des domestiques, souvent autant des amis, qui l'aident dans sa vie de tous les jours, lui préparent ses toiles et ses pinceaux. Les œuvres de cette « période cagnoise » sont essentiellement des portraits, des nus, des natures mortes et des scènes mythologiques. Ses toiles sont chatoyantes, sa matière picturale plus fluide, toute en transparence. Les corps féminins ronds et sensuels resplendissent de vie.

Renoir est désormais une personnalité majeure du monde de l'art occidental, il expose partout en Europe et aux États-Unis, participe aux Salons d'automne à Paris. L'aisance matérielle qu'il acquiert ne lui fait pas perdre le sens des réalités et le goût des choses simples, il continue à peindre dans l'univers rustique du domaine des Collettes. Il essaie de nouvelles techniques, et en particulier s'adonne à la sculpture, incité par le marchand d'art Ambroise Vollard, alors même que ses mains sont déformées par la polyarthrite rhumatoïde. Ses ongles pénétrant dans la chair de ses paumes, des bandelettes de gaze talquées protégent ses mains (de là, la légende du pinceau attaché à sa main).
De 1913 à 1918, aidé par Richard Guino, un jeune sculpteur d'origine catalane que lui présentent Maillol et Vollard, il crée un ensemble de pièces majeures : Vénus Victrix, le Jugement de Pâris, la Grande Laveuse, le Forgeron . Après avoir interrompu sa collaboration avec Guino, il travaille avec le sculpteur Louis Morel (1887-1975), originaire d'Essoyes. Ensemble, ils réalisent les terres cuites, deux Danseuses et un Joueur de flûteau.

 

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MessagePosté le: Mar 28 Mar - 05:17 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant

Aline meurt en 1915, ses fils Pierre et Jean sont grièvement blessés durant la Première Guerre mondiale, mais en réchappent.
Renoir continue, malgré tout, de peindre jusqu'à sa mort en 1919. Il aurait, sur son lit de mort, demandé une toile et des pinceaux pour peindre le bouquet de fleurs qui se trouvait sur le rebord de la fenêtre. En rendant pour la dernière fois ses pinceaux à l'infirmière, il aurait déclaré « Je crois que je commence à y comprendre quelque chose ».


Le 3 décembre 1919, il s’éteint au « Domaine des Collettes » à Cagnes-sur-Mer, des suites d'une congestion pulmonaire, après avoir pu visiter une dernière fois le Musée du Louvre et revoir ses œuvres des époques difficiles.
Dans un premier temps, il est enterré avec son épouse dans le vieux cimetière du château de Nice et, deux ans et demi plus tard, le 7 juin 1922, les dépouilles du couple Renoir sont transférées dans le département de l'Aube où elles reposent désormais dans le cimetière d'Essoyes, comme l'avaient souhaité Renoir et son épouse. Depuis, Pierre et Jean, puis les cendres de Dido Renoir – seconde épouse de Jean – partagent sa sépulture.

Ayant abandonné le paysage impressionniste au bénéfice de la représentation de l'être humain, il place la gaieté au cœur de ses toiles marquées par les conséquences du progrès sur la société, par la mise en scène du quotidien joyeux dans un cadre urbain ou bucolique, intime ou populaire, qui lui valut le surnom de « peintre du bonheur ».
La peinture d'Auguste Renoir passe aujourd'hui pour la quintessence du « bon goût petit-bourgeois », comme ces « peintres décoratifs » et ces « peintres pour dames » réalisant des tableaux complaisants et stéréotypés, Renoir n'ayant pas toujours su éviter ce piège pour assurer sa subsistance. Citée en exemple, sa peinture illustre pour certains l'idée que le commun des mortels se fait de la beauté en art, ses toiles abordant des sujets simples ayant trait à la vie quotidienne, ses nus opulents et sensuels dégagent une certaine plénitude. C'est oublier que cette peinture figurative jugée mièvre et réconfortante, évoquant la nostalgie d'un bonheur perdu, illustrant calendriers des postes et cartes postales, a été rejetée par le public et les critiques pendant plus de vingt ans. En 1876, le critique Albert Wolf écrit dans le Figaro:

Essayez donc d’expliquer à M. Renoir que le torse d’une femme n’est pas un amas de chairs en décomposition avec des taches vertes, violacées qui dénotent l’état de complète putréfaction dans un cadavre !
La même année l'artiste Bertall écrit dans Le Soir :
Dans des cadres bizarres, des contournements grotesques, des fracas de couleur sans forme et sans harmonie, sans perspective et sans dessin.
Considérée par les collectionneurs de son temps comme inachevée, maladroite et bâclée, elle a, par la suite, été perçue comme totalement révolutionnaire car rompant avec les conventions de l'art officiel de l'époque. Cependant, le tournant opéré par Renoir vers 1890, lorsqu'il abandonne le plein air et renoue avec ses maîtres préférés, tels Jean-Honoré Fragonard, Raphaël ou François Boucher lui vaut d'être accusé de trahison par ses anciens compagnons impressionnistes qui lui reprochent de sacrifier à la peinture officielle des héritiers de Jacques-Louis David. L'histoire de l'art considère pourtant que cette dernière période de Renoir marquée par un retour vers le classicisme a fortement inspiré une jeune génération d'artistes, tels que Picasso, Henri Matisse, Maurice Denis ou Pierre Bonnard













 

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MessagePosté le: Mer 29 Mar - 02:53 (2017)    Sujet du message: (87) HAUTE - VIENNE Répondre en citant







 

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