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Date de fondation du forum: 15 avril 2012.
(86) VIENNE

 
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saintluc
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MessagePosté le: Sam 4 Mar - 07:16 (2017)    Sujet du message: (86) VIENNE Répondre en citant

La Vienne est un département français traversé par la rivière de la Vienne.
Cinquième département le plus étendu de la région Nouvelle-Aquitaine et 16e plus grand département de la France métropolitaine, il se caractérise cependant par un peuplement moyen mais, grâce à sa préfecture Poitiers et aussi grâce à sa situation géographique sur l'axe Paris-Bordeaux-Espagne, il affirme un dynamisme certain et une forte vitalité économique.
Sa devise est « Demain vous appartient ! », en référence au Futuroscope, principal pôle économique du département.
Les habitants de la Vienne sont appelés les Viennois.
L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 86.

Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une portion de la province du Poitou et d'une partie de l'Anjou avec le rattachement du sud du Saumurois (région du Loudunais, dépendant du gouverneur de Saumur).
Le Loudunais et le Mirebalais appartenaient auparavant à la province d'Anjou, depuis le milieu du Moyen Âge et sa conquête sur le comté de Poitiers. Loudun dépendait du gouverneur de Saumur, Mirebeau relevait de la Sénéchaussée de Saumur).
Le triangle Loudun, Mirebeau et Moncontour, constituant le Loudunais reste détaché du Poitou et dépendra du gouvernement de Saumur et du Saumurois jusqu'à la Révolution française et la création des départements français.
Sur le plan religieux, le Loudunais faisait partie du diocèse de Poitiers.
À sa création, le département de la Vienne était divisé en six districts : Loudun, Poitiers, Châtellerault, Civray, Montmorillon, Lusignan ; puis en cinq arrondissements : Poitiers, Châtellerault, Loudun, Montmorillon et Civray. En 1926, les arrondissements de Loudun et Civray sont supprimés. Le premier est rattaché à celui de Châtellerault et le deuxième rejoint celui de Montmorillon.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le département accueille environ 54 000 réfugiés du département de la Moselle à partir du mois de septembre 1939, y compris l’École normale de Metz, en plus des réfugiés espagnols internés au camp de la route de Limoges à Poitiers. Il doit encore accueillir les réfugiés de Gironde en 1941, les enfants réfugiés de Seine-et-Oise (1942), les 30 000 Nantais victimes des bombardements de 1943, les habitants chassés de la zone côtière de Charente-Maritime en 1944. En mai-juin 1940, le gouvernement belge s’installe à Poitiers, son parlement s’installant à Limoges. Fin juin, le département fait l’objet d’une invasion étrangère pour la première fois depuis le xive siècle et est coupé en deux par la ligne de démarcation. 20 000 Allemands y stationnent.
Le camp de concentration des Nomades, proche de Poitiers, sur la route nationale 147, qui avait servi à recevoir les réfugiés Espagnols en 1939, est également utilisé par la Kommandantur de Poitiers dès la fin de 1940 pour y enfermer les Tsiganes. À partir du 15 juin 1941, elle y parqua de façon provisoire les Juifs, avant de les acheminer vers le camp de Drancy. Très peu d’entre eux purent être sauvés, à cause de la très bonne collaboration de la Kommandantur et de la Préfecture. Au total, près de 1 600 Juifs furent envoyés vers Drancy à partir de ce camp, dont le rabbin Élie Bloch, mort à Auschwitz. Ce camp reçoit aussi les militantes communistes et les épouses de résistants et les réfractaires au STO à partir de janvier 1944.

Le premier réseau de Résistance organisé du département est le réseau Renar, du nom de son chef Louis Renard, qui le met en place à partir d’octobre 1940. Ce réseau, d’information essentiellement mais qui s’étendait, est démantelé par les Allemands aidés de la police française en août 1942. Cent résistants sont arrêtés, et quinze meurent en Allemagne. Parallèlement, les effectifs de la Résistance dans le département croissent, pour passer de 500 hommes mi-1943, à plusieurs milliers en juin 1944 (3 300 selon Calmon, 5 000 selon Stéphane Simonnet). Les principaux maquis se trouvent dans le sud du département, où le bocage les favorise, et dans la forêt de Scévolles, au sud de Loudun. Les FTP rejoignent les FFI du colonel Chêne en juillet, qui atteignent des effectifs de 12 000 hommes en septembre. Aidés par les équipes Jedburgh et les SAS (deux commandos de 56 et 46 hommes), les FFI harcèlent les Allemands à la fin de la guerre.
Ces combats, souvent violents, opposent les FFI à la Milice et les troupes allemandes à partir du 10 juin et jusqu’au 15 août. Du 22 au 31 août, celles-ci abandonnent Poitiers (à la suite du débarquement de Provence), et la colonne Elster traverse la Vienne le 3 septembre. Les Allemands ont fusillé 200 Poitevins ; 188 FFI sont morts au combat, 110 ont été blessés



 

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MessagePosté le: Sam 4 Mar - 07:16 (2017)    Sujet du message: Publicité

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saintluc
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MessagePosté le: Dim 5 Mar - 09:04 (2017)    Sujet du message: (86) VIENNE Répondre en citant

Poitiers est une commune du Centre-Ouest de la France, chef-lieu (préfecture) du département de la Vienne. Ancienne capitale de la région Poitou-Charentes, elle constitue désormais un pôle d'équilibre de la région Nouvelle-Aquitaine.
Ville d'art et d'histoire, celle qu'on surnomme encore « La ville aux cent clochers » ou « La ville aux cent églises » est riche d'un important ensemble monumental comprenant notamment le baptistère Saint-Jean (ive siècle), l'hypogée des Dunes (viie siècle), l'église Notre-Dame la Grande (xiie siècle), l'église Saint-Porchaire (xiie siècle) ou encore la cathédrale Saint-Pierre (fin du xiie siècle — début du xiiie siècle). Son centre historique concentre de nombreuses maisons à colombages, quelques hôtels particuliers — hôtel Fumé, hôtel Jean Beaucé — ainsi que l'ancien palais des comtes de Poitou, ducs d'Aquitaine (xiie siècle), où Aliénor d'Aquitaine tenait sa cour.
La ville de Poitiers est située sur le seuil du Poitou, passage peu élevé entre le Massif armoricain à l'ouest et le Massif central à l'est. Il s'agit donc d'une voie de passage facile entre le Bassin parisien et le Bassin aquitain, à 340 km au sud-ouest de Paris, 130 km de Limoges, 180 km de Nantes et à 220 km de Bordeaux. Poitiers jouit donc d’une position favorable sur une route commerciale et militaire.

Le site de Poitiers est un vaste promontoire en spatule enserré entre les vallées de la Boivre et du Clain, qu'il domine d’une cinquantaine de mètres de haut. Les rivières ont creusé de profondes vallées. Ce promontoire est relié au plateau par un pédoncule étroit, au lieu-dit la Tranchée, qui tire son nom du fossé creusé pour couper ce passage et isoler ainsi Poitiers du pays environnant. Le premier creusement daterait de l’oppidum gaulois, et il fut maintenu jusqu'au xviiie siècle. L'aspect défensif du site est donc prépondérant, mais son intérêt provient également d'une vaste superficie (2,3 km sur 1,3 km, soit 250 ha) très facilement défendable, jusqu'à l'invention de l'artillerie du moins. Ces deux caractères, étendue et facilité de la défense, ont fait que le site de la ville n'a pas été déplacé à l'époque romaine, comme cela est souvent arrivé (Alésia, Lutèce). Ce vaste espace permettait de faire pâturer les troupeaux à l'abri, puis à partir du Moyen Âge, d'aménager des jardins potagers et des vignes.
Les rivières étaient franchies sur des gués entretenus, sur les sites des actuels pont Joubert et pont Saint-Cyprien. En cas de siège, les gués étaient démolis.
Actuellement, la ville de Poitiers s'étend sur le plateau de part et d'autre des vallées, notamment en direction de l'est (campus, CHU, zones commerciales et d'habitation) et du Nord (technopole du Futuroscope). Situé sur la commune de Poitiers, le lieu-dit le Breuil-Mingot constitue encore une agglomération séparée, malgré la création de nouveaux quartiers à l'est de Saint-Eloi.
La géomorphologie du plateau, enserré entre les vallées de la Boivre et du Clain, doit son origine à la nature carbonatée du sous-sol. Les falaises du promontoire datent des périodes géologiques de l'Aalénien au Bathonien (entre 175 et 164 millions d'années) et forment une épaisse série d'environ 100 m de calcaire. Cette assise a ensuite été érodée par les rivières dont les vallées se sont profondément enfoncées dans les calcaires, formant ainsi le promontoire pictave. Le toit de l'Aalénien s'observe au sud, dans la grotte à Calvin, sous la forme d'un calcaire gris parfois dolomitisé. Viennent ensuite les calcaires bioclastiques à entroques et nombreux trichites du Bajocien moyen (falaise de Montmidi). Ils sont surmontés par des calcaires grenus à silex du Bajocien supérieur et du Bathonien (falaises du Porteau et de la Porte de Paris). Plus au nord, apparaissent les calcaires blancs sans silex du Callovien, au dessus d'une surface rubéfiée qui s'observe à la faveur des travaux récents.
La ville est traversée par le Clain et son affluent la Boivre.

Poitiers vient de Pictavis, forme ablative des Pictavii ou Pictons, et qui signifie « chez les Pictons ».
Poitiers a laissé son nom à trois grandes batailles :
la première bataille de Poitiers 507, ou bataille de Vouillé est la moins connue. Elle fut remportée par Clovis Ier sur Alaric II roi des Wisigoths (au lieu appelé Campus Vogladensis) au nord-ouest de Poitiers, et permit la conquête de toute la zone entre Loire et Pyrénées ;
la bataille de Poitiers en 732 à Moussais, sur la commune de Vouneuil-sur-Vienne, au nord de Poitiers, avec la victoire des Francs dirigés par Charles Martel sur les troupes Maures et leurs alliés ;
la bataille de 1356, qui eut lieu à Nouaillé-Maupertuis au sud de Poitiers, avec la victoire des Anglais commandés par le Prince noir contre les Français du roi Jean le Bon.
 La ville existait déjà à l'arrivée de César, sous la forme d'un oppidum celte nommé Lemonum ou Limonum, terme qui serait issu du gaulois lemo- ou limo-, orme (cf. vieil irlandais lem, orme), même racine indo-européenne que le latin ulmus qui a donné orme; Lemonum signifierait « l'ormeraie ». La ville fut réaménagée selon le modèle romain au ier siècle de notre ère et fut dotée d’un amphithéâtre de grande taille (détruit presque entièrement en 1857), de plusieurs thermes, d'au moins trois aqueducs, le tout donnant un statut de premier plan à la ville (vestiges aux Arcs de Parigny). Il est possible qu'au iie siècle de notre ère, la ville fut la capitale de la province d'Aquitaine.
Au ive siècle, une épaisse muraille de six mètres d'épaisseur et dix de hauteur ceint la ville sur 2,5 kilomètres. Celle-ci est réduite au sommet et flanc est du promontoire. Malgré la réduction drastique de la surface de la ville (l’amphithéâtre est laissé hors de l’enceinte, par exemple), la superficie enclose est l'une des plus grandes du Bas-Empire (50 ha), ce qui est probablement dû à la topographie du site.
Saint Hilaire évangélise la ville au ive siècle. Les fondations du baptistère Saint-Jean datent de cette époque. La cité prend ensuite le nom définitif de Poitiers, en rapport avec le peuple des Pictons.

À l'époque médiévale, Poitiers tire parti de son site défensif, et de sa situation géographique, loin du centre du pouvoir franc. Siège d'un évêché depuis le ive siècle, la ville est également la capitale du comté du Poitou, dont les comtes, longtemps également titrés duc d'Aquitaine dirigent une importante principauté regroupant plusieurs comtés et anciens comtés : Poitiers, Limoges, Angoulême, Périgueux, Saintes, etc. formant le duché d'Aquitaine. De 927 à 1216, Poitiers est l'une des capitales du Duché d'Aquitaine.
Au ixe siècle, le nom de Grand-rue apparait dans les chartes. C'est la plus ancienne trace d'un nom de rue conservée en Europe. Cette rue correspond à la ligne de plus faible pente, et donc la moins fatigante, pour monter du gué (actuel pont) Saint-Joubert au plateau, et elle est un itinéraire remontant à l'Âge du Fer. Grossièrement orienté est-ouest, il sert d'axe decuman au quadrillage orthogonal des rues à l'époque romaine. C'est au viie siècle que l'abbé Mellebaude fait construire l'hypogée des Dunes.
Une première tentative de création de commune a lieu, de façon autonome par les habitants en 1138 (peut-être par la confrérie Saint-Hilaire), qui appellent les bourgs et villes voisins à former une ligue. La commune est rapidement supprimée par le roi de France. Aliénor d'Aquitaine fit construire une nouvelle muraille au xiie siècle longue de 6 000 mètres, enserrant tout le promontoire. Aliénor d'Aquitaine tenait sa cour à Poitiers. Sa demeure, le palais des ducs d'Aquitaine est devenu en partie le palais de justice de Poitiers.
Lors de la révolte des fils d’Henri II, la ville reste fidèle au roi d’Angleterre, ce qui lui permet d’obtenir une charte communale vers 1175, sur le modèle des Établissements de Rouen. La charte est confirmée par Aliénor d’Aquitaine en 1199, puis par les rois de France. Aliénor d’Aquitaine fait également des travaux au palais des comtes-ducs et construire un nouveau marché. Elle meurt à Poitiers en avril 1204, et la ville est prise par Philippe Auguste en août de la même année.
La route de Saint-Jacques-de-Compostelle passant par Poitiers, la ville accueille de nombreux pèlerins, qui y font halte pour vénérer les reliques de sainte Radegonde ou de saint Hilaire.
Au xive siècle, la ville échoit en apanage au troisième fils de Jean II le Bon, le duc de Berry (commanditaire des Très Riches Heures du duc de Berry). Il embellit le palais médiéval des comtes de Poitiers, en y aménageant notamment le donjon (dit tour Maubergeon). De même il embellit l'ancien château triangulaire, visible dans le manuscrit des Très Riches Heures, au mois de juillet. En 1385 il fait construire un des premiers beffrois, le « gros horloge », aujourd'hui disparu.

En 1360, à la suite du traité de Brétigny, la ville, comme tout le Poitou, passe aux mains des Anglais. Du 22 au 25 septembre 1361, Jean Chandos, lieutenant du roi Édouard III d'Angleterre et connétable d'Aquitaine, chargé d'appliquer le traité dans les provinces cédées à l'Angleterre, prend possession de la ville et de son château. Le maire Jehan Barré lui en remet les clefs. Jean Chandos les lui rend, puis il reçoit les serments de fidélité au roi d'Angleterre des principales personnalités de la ville. Il met en place une nouvelle administration de la province, sous l'autorité de Guillaume de Felynton, chevalier anglais, comme sénéchal du Poitou.
Le 7 août 1372, grâce à quelques bourgeois infiltrés dans la ville, du Guesclin se fait ouvrir les portes de Poitiers et reprend la ville aux Anglais par surprise. Pour consolider cette conquête militaire, Charles V par son édit de décembre 1372 accorde la noblesse au 1er degré aux maires de Poitiers. Poitiers est alors la première ville du royaume de France où une dignité devient anoblissante19. Les maires étaient élus pour deux ans. Dans les premiers maires ayant été élevés à cette dignité, il est à noter que Guillaume Taveau le fut à plusieurs reprises entre 1388 et 1414. En épousant Sibille de Saint-Martin, Il devint baron de Morthemer. Cette famille est l'une des plus anciennes du comté. Cette baronnie a eu un rôle important dans l'histoire du Poitou. Sa descendance a œuvré aux côtés des rois de France jusqu'à la Révolution..
Pendant la guerre de Cent Ans, la ville devient temporairement capitale du royaume de France et accueille le Parlement royal en 1418. C'est également à Poitiers que Jeanne d'Arc est examinée en 1429 avant de recevoir le commandement de l'ost royal.
Profitant de la faveur royale et de la présence de nombreux érudits parisiens exilés, Poitiers obtient la création d'une université en 1431. Elle compte 4 000 étudiants à la fin du xve siècle. Parmi la douzaine d'Universités ouvertes dans l'équivalent de la France actuelle, elle fut suffisamment renommée pour accueillir et former des esprits brillants tels que Descartes, François Rabelais, Joachim du Bellay ou Pierre Ronsard.
La ville s'assoupit à la Renaissance. De fait, peu de changements ont lieu dans le tissu urbain, à part le percement de la rue de la Tranchée, et la construction de ponts qui remplacent les anciens gués. Quelques hôtels particuliers datent de cette époque : hôtels Jean-Baucé, Fumé, Berthelot, notamment.
La ville tire sa prospérité essentiellement de ses fonctions administratives : justice royale, évêché, monastères, et l'intendance et le Bureau des finances de la généralité du Poitou. C'est d'ailleurs de l'intendance que viennent quelques évolutions à la fin du xviiie siècle : le vicomte de Blossac, intendant de 1750 à 1784, fait aménager un jardin à la française (voir espaces verts de Poitiers). Il fait également abattre la muraille d'Aliénor d'Aquitaine et aménager des boulevards sur leur emplacement.
L’Ancien Régime est une période où, malgré les antagonismes de classe très marqués, des solidarités temporaires pouvaient se nouer contre l’ennemi commun, souvent la monarchie en la personne des commis chargés de lever les impôts. Ainsi, en 1676, les bouchers, profession fortement organisée, se révoltent contre les commis des aides. Ils sont soutenus par le maire. La Révolution est précédée à Poitiers de quelques moments de remise en cause du pouvoir royal : arrachage des affiches publiant les édits royaux à la fin du règne de Louis XV avec une émeute rassemblant 1 200 personnes en juillet 1768


Au xixe siècle, de nombreuses casernes sont construites, faisant de Poitiers une ville de garnison. La gare est construite dans les années 1850
En 1899, la ville est desservie par un réseau de tramway comprenant trois lignes dont la jonction se fait place d'Armes.
En 1901, un fait divers devient une affaire nationale et inspire à André Gide le roman La Séquestrée de Poitiers.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, Poitiers a accueilli le gouvernement belge en exil du 23 mai au 18 juin 1940. Le 13 juin 1944, l'aviation américaine bombarde l'axe vallée du Clain / quartier de la gare / vallée de la Boivre. 480 maisons ou immeubles sont rasés, plus de 2000 sont largement endommagés. Le nombre de morts est inconnu de manière précise, entre plusieurs dizaines et une centaine.





La ville de Poitiers s'étend considérablement depuis les années 1960, avec la création de la ZUP des Couronneries et du quartier des Trois-Cités, et la création de grands axes routiers en rocade (avenue John-F.-Kennedy puis avenue du 11-Novembre) et en pénétration (voie André-Malraux), au-delà desquelles se développent dans les années 1970 d'autres quartiers (la Gibauderie, Beaulieu…), puis un nouveau contournement nord-est de la ville (RN147) à la fin des années 1980. L'urbanisation de la ville se poursuit encore vers l'est avec la ZAC de Saint-Éloi pendant les années 1990 et 2000.
L'activité de la ville bénéficie de la décentralisation industrielle depuis les années 1970, avec notamment l’implantation d’une usine Michelin (fermée en 2006), compagnie des compteurs Schlumberger (compteurs industriels et résidentiels).
Le projet du Futuroscope (bâti sur les communes proches de Jaunay-Clan et de Chasseneuil-du-Poitou), construit en 1986-1987 sur une idée de René Monory, a permis le développement du secteur touristique de l’agglomération et a ouvert la cité à l’ère technologique et touristique. Aujourd’hui, Poitiers se visite en complément du parc, et bénéficie d’une clientèle de plus en plus européenne, notamment anglaise avec l’ouverture d’une ligne aérienne directe entre l’aéroport de Poitiers-Biard et Londres Stansted.
En écho aux mouvements sociaux de début de 2009, Poitiers voit des manifestations rassembler 20 000 personnes le 29 janvier, et 30 000 le 19 mars. Le 10 octobre de la même année, a lieu une manifestation anticarcérale lors de laquelle quelques vitrines et du mobilier urbain ont été détruits par des individus que la police et les médias ont désignés comme appartenant à l'ultragauche. Voir l’article de Wikinews, Violente manifestation contre le transfèrement vers la nouvelle prison de Poitiers.

 

Liste des monuments historiques de Poitiers.
Espaces verts de Poitiers.
 

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saintluc
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MessagePosté le: Lun 6 Mar - 07:17 (2017)    Sujet du message: (86) VIENNE Répondre en citant

La cathédrale Saint-Pierre est une cathédrale catholique romaine située à Poitiers, dans le département de la Vienne et la région Nouvelle-Aquitaine. Elle est le siège de l'archidiocèse de Poitiers. En plus de son titre d'église archiépiscopale, elle a rang de basilique mineure depuis le 1er mars 1912. Moins connue que l'église Notre-Dame la Grande, cet immense vaisseau de pierre est pourtant le plus vaste édifice religieux de la ville et un repère visible de loin dans le paysage urbain.
Construite à l'initiative d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II Plantagenêt à partir de 1160, consacrée en 1379, elle est de style gothique angevin (emploi de voûtes bombées sur plan carré) et s'apparente aux églises-halles par sa division en trois vaisseaux d'égale hauteur. La façade, cantonnée de deux tours inachevées, emprunte des éléments à la grammaire stylistique du nord de la France.
L'intérieur conserve des stalles du XIIIe siècle et une collection de vitraux historiés datant des XIIe et XIIIe siècles, parmi lesquels une Crucifixion, comptant parmi les sommets de l'art du vitrail médiéval français.


La cathédrale est bâtie sur l’emplacement de la cathédrale antique d’Hilaire de Poitiers, reconstruite à partir de 839 sur la cassette de l’Empereur.
    « Les portes de la cathédrale de Poitiers constituent la transition entre les vantaux composés d'un bâti entre lequel était fixé un parquet de planches ; et le système qui deviendra définitif où les panneaux sont embrevés dans la membrure elle-même. »
Cette cathédrale primitive, a disparu. Elle devait se trouver non loin de l'édifice actuel, dans la partie basse de la ville à l'intérieur de l'enceinte gallo-romaine, qu'elle avoisinait. On ignore tout de cette première cathédrale qui fut peut-être rebâtie plusieurs fois au nouveau millénaire. En 1018, un incendie la détruisit comme une partie de la ville en 1024 mais elle fut restaurée et agrandie par les soins du comte de Poitou, duc d'Aquitaine Guillaume le Grand. Un important concile s'y tint en 1100.
La cathédrale actuelle a été commencée dans la seconde moitié du XIIe siècle, probablement vers 1155 ; elle fut financée par l'évêque et son chapitre mais aussi peut-être par la duchesse d'Aquitaine, Aliénor d'Aquitaine (1122-1204), et son mari Henri II d'Angleterre Plantagenêt (1133-1189), comme par l'ensemble des fidèles. La construction fut longue car l'église ne fut définitivement consacrée que le 17 octobre 1379.
La construction a commencé par les deux travées orientales et le bras sud du transept. Les voûtes de cette première campagne se reconnaissent à leurs grosses nervures dépourvues de clef. Plus on avance vers l’ouest, plus les nervures sont fines, tandis que les baies passent d’un style encore marqué par le roman à l'art gothique rayonnant. Vers la fin du XIIe siècle, le mur nord de la nef et la base de la tour nord de la façade occidentale sont construites. Ensuite les voûtes de la première travée du chœur et du transept sont élevées. Une tour est construite à la croisée du transept. Puis le coté sud est bâti. La façade occidentale, quant à elle, date pour l’essentiel du deuxième tiers du XIIIe siècle.
En 1346, pendant la guerre de Cent Ans, la cathédrale est pillée par les troupes anglaises du comte de Derby.
Les tours n’ont été terminées qu’au début du XVIe siècle.
Lors des guerres de religion, en 1562, la cathédrale fut pillée et abîmée par les Huguenots. En 1569, Poitiers est assiégé par les troupes protestantes. On peut voir encore, de nos jours, les impacts de boulets que l'amiral de Coligny fit tirer des Dunes sur le chevet de la cathédrale.
En 1681, pendant les fêtes de Noël, un incendie détruisit l'orgue et dégrada la rosace qui est restaurée en 1687.
La flèche sur la croisée était nantie de cloches. Au Moyen Âge, une croyance voulait que le son des cloches éloigne la foudre mais celle-ci la frappa plusieurs fois. Devant les réparations répétées, l’évêché fera démonter la flèche du chœur en 1737.
De 1771 jusqu'à la Révolution, de nouveaux chantiers furent entrepris comme la reprise de la charpente de la nef ou la tribune des orgues en 1777.
De 1793 à 1795, pendant la période révolutionnaire, la cathédrale sert de Temple de la Raison. Le siège épiscopal est rétabli en 1801.
En 1912 elle reçut de Pie X le titre de basilique mineure.


La cathédrale est de style gothique angevin. La façade, avec sa rosace et ses trois portails à gable, a subi l’influence de l'architecture gothique du nord de la France. Les sculptures en haut-relief illustrent sur trois étages le Jugement dernier.
Le chevet est composé d'un simple mur droit de près de 50 mètres de haut, sans arcs-boutants. C'est une des rares cathédrales de France à présenter cette particularité, avec celles de Laon, de Dol et de Luçon.
Les impacts de boulets visibles sur le chevet de la cathédrale traduisent la violence de la canonnade essuyée par cette partie de la ville en 1569 lors du siège de Poitiers par les troupes protestantes de l'amiral de Coligny.
L'édifice est couvert par une immense toiture à deux pans, d'une surface totale de plus de 5 500 m2 d'ardoise.
Des contreforts massifs en lieu et place des arcs-boutant soutiennent l'édifice.
La porte Saint Michel, percée sur le flanc nord de la nef vers 1180, est décorée de chapiteaux historiés qui forment une frise. Sur les hauts tailloirs, sculptés uniquement du côté gauche, sont représentés les mages qui rendent visite à Hérode et qui chevauchent vers Bethléem. Sur les corbeilles correspondantes, le sculpteur a imagé le Massacre des Innocents et la Fuite en Égypte. À droite, sont figurés, sans souci de la chronologie narrative, l'Annonciation, le Songe de Joseph, l'Adoration des Mages et la Visitation. L’intérêt de ces sculptures réside dans l'art du relief et la force suggestive qui transcendent la barrière conventionnelle établie entre l'art roman et l'art gothique.

La façade, disposée en retrait des deux tours, date du milieu du XIIIe siècle. Elle est structurée par une rosace et trois portails à gable. Elle a subi l’influence de l’architecture gothique du nord de la France. En effet, la rosace ressemble dans son dessein à celle du bras sud du transept de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Le portail central est illustré par la scène du Jugement dernier, sculpté sur trois registres. Les morts s'extraient de leurs tombeaux dans un prodigieux mouvement d'ensemble. Saint Michel, glaive en main, sépare les élus des damnés qui sont précipités vers la gueule monstrueuse du Léviathan. Le Christ Juge, montre ses plaies. À ses côtés, se tiennent la Vierge et saint Jean agenouillés, ainsi que les anges qui exhibent les instruments de la Passion. Les personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament peuplent les voussures.
Le portail de gauche rassemble, en deux registres, la Dormition de la Vierge et le Couronnement de la Vierge. Les personnages qui se pressent autour de Marie, étendue sur son lit de mort à l'instant de son Assomption, sont remarquables par l'élégance de leurs silhouettes, par le relief et la fluidité des drapés et par la dignité recueillie des attitudes. Au-dessus, le Christ bénit sa mère que couronnent des anges. Dans la voussure, prennent place des saintes, des saints et des clercs.
Le tympan du portail de droite est dédié à saint Thomas. Ce choix thématique est rare dans la sculpture gothique. Si la scène de l'incrédulité de l'Apôtre est traditionnelle, l'iconographie du registre supérieur utilise le récit rapporté par la Légende Dorée de Jacques de Voragine : l'apparition céleste d'un palais que l'apôtre doit construire pour un roi des Indes. Il est ainsi possible de découvrir un édifice en forme de tabernacle qui plane au-dessus de la scène montrant saint Thomas en train de prêcher, de baptiser et de faire l’aumône. Cette scène montre que le vrai palais est spirituel et non matériel. Dans les voussures sont figurés des anges, des saints armés comme des chevaliers ainsi que la parabole des vierges folles et des vierges sages.
Exécuté autour de 1250 par un ou plusieurs ateliers dont certains ont aussi travaillé à Charroux, l'ensemble des sculptures du portail de façade occidentale de la cathédrale Saint-Pierre rivalise avec les ensembles des cathédrales de Paris, de Bourges ou de Reims.
Le deuxième niveau ouvre par une grande rosace.
La galerie et le pignon sont un ajout néo-gothique du XIXe siècle.


L'architecture de la cathédrale Saint-Pierre est typique d'une église-halle avec sa hauteur sous voûte quasi identique dans la nef et les bas-cotés : 30 m et 24 m. Il n'y a ni chapelles latérales, ni chapelle absidiale importante.
La longueur de la cathédrale est de 100 m pour une largeur au transept de 50 m.
L'intérieur se compose de trois vaisseaux qui se contrebutent mutuellement. Les grandes arcades de la nef ne se trouvant relayées par aucun triforium ni registre de fenêtres hautes, les sources d'éclairage sont reportées sur le périmètre mural, par des baies géminées.
Les parois sont doublées d'un registre continu d'arcatures qui soutiennent une étroite coursière de circulation. Cette dernière, ornée de nombreux modillons, contourne les supports par des passages coudés.
Les trois absides semi-circulaires qui concluent la nef, sont aménagées dans l'épaisseur du chevet.
La hauteur inusitée des collatéraux et le bombement des voûtes de type angevin s'allient pour obtenir la diffusion d'une lumière recherchée pour sa signification théologique. Le surhaussement et l'élargissement d'est en ouest ajoutent aux effets de perspective.
Face à l'autel dans la nef sur la droite, un labyrinthe en forme d'arbre, dessiné dans la pierre de moins d'un mètre de diamètre à hauteur d'homme représente peut-être celui qui existait au sol et qui a disparu. Signe de la création et du déroulement de la vie, l'arbre est ici élevé au rang de symbole christologique: l'arbre de vie porteur du salut. Le cheminement proposé n'aboutit pas au centre fait de plein et de vide, mais à une bifurcation, véritable nœud ontologique qui ramène au même point: aller et retour, mort et résurrection, passage des ténèbres à la lumière.
La cathédrale possède un des plus beaux ensembles de vitraux des XIIe et XIIIe siècles de l'ouest de la France. Les trois verrières du haut chevet droit sont les plus anciennes.
  Au centre, au-dessus de l'autel, existe encore un des plus vieux vitraux de tout le monde chrétien (XIIe siècle): le vitrail de la crucifixion. Sa taille (8,35 m x 3, 10 m) est exceptionnelle pour un vitrail de la seconde moitié du XIIe siècle et pour sa date précoce dans l'histoire de cet art qui s'épanouit au XIIIe. C'est une œuvre remarquable, aussi, par la puissance dramatique de l'évocation, l'intensité et la gamme des couleurs, la mise en scène des personnages. Le quadrilobe du bas s'ordonne autour du crucifiement de saint Pierre. Au milieu du vitrail, la crucifixion se détache sur un fond rouge inhabituel. Assisté de la Vierge et de saint Jean, le Christ garde les yeux ouverts en présence des soldats porteurs de la lance et de l'éponge. Au-dessus des bras de la croix, la Vierge et les Apôtres, aux attitudes variées, sont les témoins de l'Ascension que désignent deux anges. En décembre 2004, le vitrail a été reposé après restauration et nettoyage dans les ateliers angevins Barthe-Bordereau. Un verre de doublage placé à l’extérieur le protège. Les serrureries et les plombs abîmés ont été changés, les plombs de casse remplacés par des collages.
    Autour de ce vitrail, dans la verrière de droite, la vie de saint Pierre est représenté et dans celle de gauche, celle de saint Laurent.
    Les baies du côté nord et celles de la troisième travée sud sont consacrées à l'Ancien Testament, celles du flanc sud au Nouveau Testament.

Les décors peints dans la première travée datent de la fin du XIIIe siècle. Les arcs et les nervures ont été soulignés par un décor peint mis au jour à la fin du XXe siècle dans les deux travées occidentales. Les moulures d'extrados retombent sur des têtes sculptées à fort relief et associées à des corps peints en trompe-l’œil. Ces personnages expressifs forment d'étonnantes silhouettes dont la technique mixe la sculpture et la peinture. Cette technique évoque celle de l'émail.
Une peinture sur un mur de la nef représente Jésus à Gethsémanie et date de la fin du XVIIe siècle. Une autre représente la Sainte Famille. Elle date de 1670-1675. Elle a été commandée par le chapelain de la cathédrale. Durant la période révolutionnaire, elle a été badigeonnée de blanc. Elle a été dégagée en 1847. Au centre, se trouve l'Enfant Jésus. Au-dessus de lui, Dieu le Père et une colombe qui symbolise le Saint Esprit. À gauche, Anne et Joachim, les parents de Marie. À droite, Marie et Joseph, les parents de Jésus. Dans les médaillons, sont représentés les grands moments de la vie de la Vierge.
En 2012, lors de sondages préliminaires à des travaux pour endiguer des infiltrations d'eau sur des voûtains de la nef, un superbe ensemble de peintures gothiques est découvert sous le badigeon « imitation pierre » réalisé en 1783 dans une esthétique néoclassique. Les peintures s'étendent aux élévations, jusqu'au sol. En novembre 2015, le dégagement des peintures murales sur 24 mètres de hauteur est achevé sur 600 des 900 m2 couverts par ces peintures datées de la deuxième moitié du XIIIe siècle; la phase de restauration va débute
Au lendemain de la Révolution, un certain nombre d’œuvres de couvents ou abbayes supprimés ont trouvé place à la cathédrale : autel de marbre noir et d’esprit baroque de l’abside centrale du chevet (abbaye bénédictine de la Trinité, à la fin du XVIIe siècle, l’Assomption), grand retable en bois du bras sud (couvent des dominicains, XVIIe siècle, l’institution du rosaire), retable en chêne du bras nord (couvent des capucins, du XVIIIe siècle) avec tabernacle de 1700-1701 provenant du couvent des carmélites.


La cathédrale possède des orgues qui sont parmi les plus belles et les plus célèbres de France, remontant au XVIIIe, dues au facteur d'orgue parisien François-Henri Clicquot.
Des recherches approfondies menées par Jean-Albert Villard, de 1949 à 2000, permettent de penser qu'en 1363 existait déjà un orgue à la cathédrale, et certainement un orgue de tribune.
Vers 1460, Pierre de Montfort, religieux bénédictin, avait construit un orgue proposé comme modèle pour les cathédrale de Besançon et de Chartres. Lors du sac de Poitiers, les 27 et 28 mai 1562, la cathédrale fut le théâtre de pillages et l'orgue fut détruit.
En 1582, un premier projet est avorté. Mais le chapitre fit construire, en 1611, un orgue par Crespin Carlier. Il fut réceptionné en mai 1613. Cette orgue connut un destin tragique dans la nuit du 25 au 26 décembre 1681: un brasero mal éteint, servant aux organistes et souffleurs, provoqua un incendie où périt l'orgue.
Une campagne de travaux, permit, de 1770 à 1778, de construire la tribune actuelle due à l'architecte poitevin Vetault.
Le grand orgue a été commandé par les chanoines en 1787. Il a été installé en février 1791. Il a quatre claviers manuels et un clavier de pédales, qui commandent 3000 tuyaux. Les jeux d’anches constituent près du tiers de l’ensemble.
Sorti intact de la période révolutionnaire, les détériorations dues à l'usage, à l'accumulation de la poussière imposaient des interventions restauratrices au cours du XIXe siècle.
En 1838, lors de travaux du démontage de la rosace, l'orgue fut exposé, sans défense aux intempéries et aux oiseaux. La robustesse de l'orgue et le soin apporté au choix des matériaux et à la construction lui permirent de résister.
Il a été classé « monument historique », le 11 juin 1908.
Deux organistes en sont les titulaires depuis l'année 2000 : Olivier Houette et Jean-Baptiste Robin.
 


Les stalles ont été mises en place sous l'épiscopat de Jean de Melun (1235-1257). Elles comptent parmi les plus anciennes conservées en France. Ces stalles sont un bel exemple du gothique parisien et comptent parmi les plus anciennes de France. Elles étaient une centaine à l’origine et il en reste, de nos jours, 37 de chaque côté. Même réduites à 74, elles rappellent l'importance du chapitre cathédral.
Les écoinçons de l'arcature qui s'inscrit sur les hauts dossiers, s'ornent d'anges tenant deux couronnes, représentés en alternance avec une multitude de sujets variés: animaux familiers, scènes de la vie courante, figurations allégoriques des vices, un architecte et ses instruments, une Vierge à l'Enfant à la grâce un peu maniérée.
Dans le bras sud du transept, un beau retable date du XVIIe siècle. Ce retable dont les ors et les colonnes salomiques dénoncent le caractère baroque, est accompagné d'un tabernacle daté des années 1630 et d'une toile commandée en 1616. Sur la porte du tabernacle, sont sculptés la Vierge qui remet un rosaire à saint Dominique et un chien qui tient un flambeau dans sa gueule. Cette image illustre un jeu de mots: les dominicains se veulent "Domini cane", c'est-à-dire les "chiens du Seigneur". Parmi les personnages représentés sur la toile, figurent le roi de France Louis XIII et sa femme Anne d'Autriche qui firent halte à Poitiers au retour de leur mariage à Bordeaux.
Devant l'autel du chevet, une Vierge à l'Enfant du XVIIe siècle. La Vierge esquisse un mouvement rapide pour éloigner l'Enfant de la gueule du serpent qui vient de surgir sous son siège. La souplesse propre à la terre cuite convient singulièrement pour exprimer le péril de l'instant, immédiatement perceptible dans le gestuel et le froissé des drapés. Elle a été sculptée par Pierre Biarbeau.
Le trésor de la cathédrale est maintenant présenté dans la tour sud. Il regroupe une soixantaine d'œuvres allant du XIIe au XXe siècle.
La cathédrale est l’église de l’évêque, c’est là qu’il a son siège (cathedra en latin). Jusqu’à la Révolution de 1789 un chapitre de chanoines y a assuré le service du culte, la prière des heures de chaque jour ; il a eu aussi un certain temps la charge d’élire le nouvel évêque lors des vacances de siège. Chanoines et personnel auxiliaire de chapelains et clercs représentaient plusieurs dizaines de personnes, d’où l’importance du chœur et le nombre de stalles. La nef était réservée aux grandes cérémonies et aux deux réunions synodales annuelles d’un très vaste diocèse qui, au moment de la construction de l’actuel édifice, comptait plus de 1200 paroisses.
Après la Révolution la cathédrale est devenue église paroissiale. En 1801 le siège épiscopal est rétabli. Depuis 2002 Poitiers a été élevé au rang d'archevêché, l'édifice devient donc la cathédrale de l'archevêque. L'archevêché de Poitiers regroupe Angoulême (Charente), Limoges (Haute-Vienne et Creuse), La Rochelle et Saintes (Charente Maritime) et Tulle (Corrèze).

 
 

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MessagePosté le: Mar 7 Mar - 07:25 (2017)    Sujet du message: (86) VIENNE Répondre en citant

L’abbaye Sainte-Croix de Poitiers est une ancienne abbaye de Poitiers, qui a été transférée aujourd'hui sur la commune de Saint-Benoît.
L'abbaye Sainte-Croix fut fondée par la reine des Francs Radegonde en l'an 552, qui fuyait ainsi son époux Clotaire. Menacé d'excommunication par saint Germain de Paris, évêque de Paris, ce dernier finit par acquérir les terres près du quartier épiscopal de Poitiers où fut construite l'abbaye Sainte-Marie, premier monastère féminin de Gaule.
La première abbesse en fut sainte Agnès, la reine ayant refusé cette charge. Agnès plaça le monastère sous la règle de Césaire d'Arles. Agnès avait été une ancienne dame de compagnie de Radegonde, de même que sainte Disciole, une autre fidèle de Radegonde. L'abbaye fut renommée Sainte-Croix lorsqu'elle reçut en 567 des fragments de la Croix envoyés par l'empereur de Constantinople. L'abbaye possédait une quantité importante de reliques, et fut aussi un foyer culturel majeur à l'époque. Radegonde y fit venir notamment le poète italien Venance Fortunat, plus tard évêque de Poitiers, qui y écrivit ses hymnes les plus célèbres. On lui attribue entre autres le "Vexilia Regis". De cette époque subsistent un certain nombre d'objets : une grande croix mérovingienne en métal jadis ornée de pierreries, le fameux pupitre dit de sainte Radegonde, et la plaque centrale de la staurothèque contenant les reliques et datant vraisemblablement des alentours de l'an mil. Ces objets sont toujours en possession des religieuses.
La révolte des nonnes du monastère de Sainte-Croix de Poitiers a lieu entre 589 et 590. Menées par Basine et Chrodielde, les nonnes s’insurgent contre leur abbesse, Leubovère. Elles fuient le monastère pour trouver refuge chez l’évêque Grégoire de Tours puis dans la basilique de Saint-Hilaire. Les évêques tentent une conciliation pour résoudre le conflit. Cependant, des hommes de mains, recrutés par les religieuses, les chassent. Le roi Childebert II roi d’Austrasie, ordonne alors à un de ses comtes, Maccon, de mettre un terme à cette révolte. Les nonnes sont finalement jugées et réintègrent leur monastère.
Les causes
La révolte est menée par deux nonnes, Basine et Chrodielde, qui sont également princesses mérovingiennes. En effet, Chrodielde est la fille du roi Charibert et Basine la fille du roi Chilpéric. Ces nonnes contestent l’élection de la nouvelle abbesse Leubovère. Elles critiquent les conditions de vie au monastère, déclarant « qu’elles ne pouvaient plus endurer la faim, le dénuement, non plus que les mauvais traitements ». Elles remettent également en cause la gestion du monastère par Leubovère. Cette dernière est accusée d’avoir « célébrée des fiançailles dans le monastère ». Cependant, l’abbesse récuse ses accusations. Selon elle, « elles n’avaient jamais enduré elles-mêmes une disette excessive étant donné la pénurie de la saison. Quant aux vêtements, (…) elles en ont plus que ne l’exigent leurs besoins ». Les nonnes n’admettent pas l’autorité de Leubovère qui en contrôlant le monastère s’impose comme la principale notable de la région. Lors de la révolte des nonnes en 589, le Poitou se trouve dans une situation politique complexe. Depuis sa fondation en 552, le monastère a été sous la domination de six rois différents. En 585, le roi Gontran de Bourgogne, envahit le Poitou, territoire appartenant à son neveu, le roi Childebert II. En 587, Childebert II et Gontran signent le traité de paix d’Andelot et se jurent amitiés. Le Poitou est rétrocédé à Childebert II. En contrepartie Gontran obtient une partie de l’Aquitaine. Le Poitou est donc dans une situation géopolitique délicate car il se trouve en périphérie du royaume de Childebert II, loin du pouvoir politique du roi à Reims et tout près du royaume concurrent de Gontran.


La révolte
Les nonnes dirigées par Basine et Chrodielde, quittent le monastère de Sainte-Croix pour se rendent à Tours, afin d’adresser leurs griefs à l’évêque Grégoire de Tours. Elles se plaignent également de l’attitude de l’évêque de Poitiers Marovée. Ce dernier parait peu soucieux du sort de l’abbaye et reste passif. L’évêque est, en effet, en conflit avec les nonnes depuis que l’abbesse Radegonde a tenté d’empêcher l’évêque de contrôler le monastère. Cette dernière était l’épouse de Clotaire Ier et a construit le monastère avec les ressources financières de son époux. Radegonde entra en conflit avec l’évêque en rapportant une relique de la croix de Jésus ainsi que la règle écrite d’Arles car elle cherchait à émanciper le monastère du pouvoir de l’évêque et donc du pouvoir royal.
Chrodielde confie les nonnes à Grégoire de Tours et le supplie de « daigner garder ces jeunes filles qui ont été soumises à de grandes humiliations par l’abbesse de Poitiers, jusqu’à ce qu’elle aille trouver les rois, ces parents ». Elle se rend chez le roi Gontran, son cousin pour plaider sa cause. Chrodielde pensait que l’évêque Marovée, soutien de l’abbesse Leubovère, serait désapprouvé par son métropolitain et les évêques des provinces avoisinantes, sujets de Gontran. En effet, Marovée n’était pas apprécié dans le royaume de Bourgogne car il avait refusé de se soumettre à Gontran lors de l’invasion du Poitou. Les soldats royaux avaient été obligés de « se jeter sur l’évêque » afin d’empêcher sa sédition.
Cependant, les nonnes se lassent d’attendre les évêques auxquels le roi Gontran avait donné l’ordre de venir discuter avec l’abbesse. Ce dernier hésite à envoyer des évêques sur les terres du roi d’Austrasie car il a peur de créer un conflit avec lui. Il attend donc ses instructions. Childebert II « instruit de ces nouvelles, adressa des envoyés au roi Gontran, afin que, réunissant les évêques des deux royaumes, on pût par un jugement canonique remédier à ce qu’il se passait ».
Les nonnes ne veulent pas se résigner à rentrer au monastère. La décision est prise de revenir à Poitiers mais de ne pas réintégrer le cloître. Elles se mettent à l’abri dans la basilique Saint-Hilaire se trouvant à côté du monastère. Chrodielde décide de rassembler une troupe de gens « coupables de tous les crimes », pour se défendre. Cependant, les évêques Gondegisile de Bordeaux, Nicaise d’Angoulême, Saffaruis de Périgeux et Marovée de Poitiers, convoqués par Gontran et Childebert II, arrivent au monastère de Sainte-Croix. N’y trouvant pas les nonnes, ces derniers se rendent à Saint-Hilaire. Ils veulent « inculper à ses filles le désir de les ramener dans leur monastère ». Celles-ci refusent de se soumettre aux évêques et ils les excommunient. Les hommes rassemblés par Chrodielde, armés de bâtons, se jettent alors sur les évêques, les clercs et les serviteurs en les rouant de coups. Les évêques écrivent aux autres évêques du royaume de Gontran réunis en synode avec le roi pour les informer de la situation. Ces derniers valident la sentence d’excommunication. Plusieurs tentatives de conciliation sont menées mais elles échouent toutes car les nonnes souhaitent que leur sentence d’excommunication soit levée. 
 Durant l’hiver 589/590, ayant peu de ressources pour vivre, une partie des nonnes quittent Chrodielde et Basine afin de retourner dans leur ancien monastère. Le noyau de nonnes qui résiste toujours envisage alors d’envahir le domaine de Sainte-Croix. Pendant la semaine sainte, elles se rendent au monastère, frappent les nonnes fidèles à l’abbesse et après plusieurs tentatives, kidnappent cette dernière. Le roi Childebert exaspéré par la situation ordonne au comte Maccon de réprimer la sédition, son armée tue alors tous les hommes de Chrodielde. Les révoltées se retrouvant sans défense, sont condamnées à se rendre au tribunal ecclésiastique.

Le procès
Lors du procès, l’abbesse est confrontée aux accusations des deux princesses et elle doit donc s’expliquer. Des personnalités, comme le médecin Réovald, interviennent pour défendre l’abbesse Leuvobère. Les évêques, se fondant sur les canons de l’Église, déclarent que les révoltées sont privées de communion jusqu’à ce qu’elles aient accompli une pénitence acceptable. Ils les condamnent également à restituer tous les biens volés. Le jugement condamne les nonnes à la même peine sans faire distinction de rang. Cependant en novembre, suite à l’obstination de Chrodielde, un nouveau procès est organisé en présence du roi Gontran. Basine « se jeta aux pieds des évêques, demanda pardon, promettant de rentrer dans le monastère pour y vivre en charité avec l’abbesse et de ne transgresser en rien la règle ». Chrodielde quant à elle affirma qu’elle ne rentrerait jamais dans le monastère « tant que l’abbesse Leubovère y resterait ». Le roi leur accorda son pardon. Ainsi « elles furent reçues à la communion et envoyées à Poitiers, Basine pour rentrer dans le monastère, et Chrodielde dans une maison des champs ». Peu de temps après, en 592, Leuvobère et l’évêque Marovée meurent.

En 1909 le Père Camille de la Croix, archéologue, a mis au jour les fondations de la première abbatiale Sainte-Marie, petit édifice rectangulaire avec un emplacement d'autel. Il a aussi découvert, jouxtant l'abbatiale, les fondations de la cellule de Radegonde et son oratoire (ces deux dernières constructions ont été restituées dans un style inspiré de l'époque mérovingienne en 1912).
Ce petit oratoire, détruit à la Révolution, est appelé la chapelle du « Pas de Dieu », puisque c'est là qu'avant de mourir, nous dit-on, Radegonde eut la vision du Christ lui disant « tu es la perle de ma couronne ». En partant, il aurait laissé une empreinte dans une pierre, longtemps conservé dans la chapelle. Après la Révolution, la pierre a été transférée dans l'église Sainte-Radegonde où elle se trouve toujours. À côté de la chapelle, aujourd'hui dans un terrain appartenant au couvent de l'Union chrétienne se trouve le « Laurier de sainte Radegonde ». Elle aurait planté un arbre devant sa cellule, qui dès lors avait poussé miraculeusement. L'arbre est effectivement très ancien, et les religieuses de Sainte-Croix avait pour tradition d'offrir ou de vendre les feuilles dans de petits sachets au xixe siècle.
Dans les années 1950, François Eygun, archéologue, a mis au jour les fondations de la seconde abbatiale, Sainte-Croix. Beaucoup plus importante, elle avait été agrandie à l'époque romane, et détruite à la Révolution. On connait son élévation grâce aux nombreux dessins qui en ont été faits. Durant ses fouilles, Eygun découvrit non seulement les vestiges romans (piliers, murs gouttereaux et chevet mais aussi les fondations d'une petite absidiole mérovingienne, celle de la première construction. Un grand nombre de mosaïques préromanes ont été découvertes. Elles sont aujourd'hui conservées au Musée Sainte-Croix et chez les religieuses de l'abbaye à la Cossonière. Les fondations et constructions sont, quant à elles, visibles dans le jardin et l'arrière-cour d'un immeuble moderne situé 8 rue Jean-Jaurès. On peut aussi admirer au musée, les archivoltes de l'ancien portail roman, ornées d'animaux.
L'église destinée à abriter les sépultures des moniales fut consacrée sous le nom de basilique Sainte-Marie-Hors-les-Murs, car l'abbaye fut construite en dehors de la muraille romaine de la ville (tout en étant à l'intérieur de la boucle du Clain). Elle fut rebaptisée Sainte-Radegonde à la mort de la fondatrice, en 587. En décembre 838, le roi Pépin Ier d'Aquitaine est enterré dans l’église.
Un bourg s'établit autour de l'église. Il fut détruit par des assaillants plusieurs fois, ce qui poussa à sa fortification au xe siècle. En 955 on sait que les environs de l'église sont fortifiés. Ils sont ensuite inclus dans la muraille construite par Aliénor d'Aquitaine au xiie siècle
C'est aujourd'hui l'église Sainte-Radegonde reconstruite au xie siècle.

Des édifices de l'abbaye datant de la Renaissance reste un très grand corps de logis, restauré en 2006-2007, datant de la fin du xvie siècle. Il est aujourd'hui transformé en résidence de standing.
Elle connaît une période faste durant l'abbatiat de Charlotte-Flandrine de Nassau, entre 1603 et 1640. Fille du stathouder Guillaume le Taciturne (qui avait accompagné Gaspard II de Coligny lors du siège de Poitiers en 1569), et sœur de Charlotte-Brabantine d'Orange-Nassau, duchesse de la Tremoille, elle avait abjuré le protestantisme avant de devenir abbesse à Poitiers. Elle fit faire de nombreux travaux d'ornement dans l'abbatiale, et fit venir de nombreux tableaux de hollande pour les besoins de l'abbaye. On conserve ainsi au Musée Sainte-Croix le chemin de croix, en partie œuvre du peintre d'Utrecht Everard Quirinsz van der Maes (1577-1656). Flandrine de Nassau offrit aussi le grand retable de style baroque dans la chapelle du collège des jésuites.
Détruite en grande partie à la Révolution, l'enclos est traversé par la rue du Pont-Neuf à partir des années 1830. Les religieuses reviennent par la suite, et l'abbaye est reconstruite. Les Augustines hospitalières s'étant installées dans les anciens édifices encore debout, l'abbaye Sainte-Croix est reconstruite plus à l'ouest, de l'autre côté du baptistère Saint-Jean. La nouvelle abbaye comprend les anciens bâtiments xvie – xviie siècle du chapitre de la cathédrale. L'église est bâtie rue Paschal-le-Coq dans un style néo-gothique en 1871.
En 1965 quittent le centre de Poitiers. Elles font l'acquisition d'une ancienne maison de plaisance appartenant aux jésuites, à la Cossonière, dans la campagne proche de Poitiers, perpétuant ainsi cette abbaye. Bâtie dans les années 1960, elle porte maintenant le nom d'abbaye Sainte-Croix de la Cossonière, à Saint-Benoît. Dans l'église, construite à la fin des années 1950, par l'architecte Mlle Ursault, se trouvent les superbes grilles en ferronnerie datant de 1739, et les stalles de l'abbaye d'avant 1789. Les religieuses y conservent encore le reliquaire de la vraie croix, la fameuse staurothèque. Elles conservent aussi pieusement le pupitre de Sainte Radegonde, un curieux objet en bois, datant du vie siècle et servant possiblement de lutrin. Il est orné de signes chrétiens, et il s'agit du plus ancien meuble conservé intact en France. Sont également conservés de nombreux objets archéologiques, dont une très belle croix pectorale qui aurait appartenu à la sainte. Tous ces objets sont régulièrement montrés au public lors d'expositions ou d'évènements religieux.
Les bâtiments xixe siècle de l'abbaye ont été détruits dans les années 1970, seuls ont été conservés les éléments des siècles précédents. À l'emplacement de l'abbaye fut construit le Musée Sainte-Croix par l'architecte Jean Monge, bâtiment de style brutaliste en béton et verre inauguré en 1974. Lors de la construction de cet édifice, les vestiges antiques mis au jour ont été conservés in situ. Le musée conserve de nombreux objets liés à l'histoire de l'abbaye, dont la fameuse effigie en bois de la Grand'Goule, le chemin de croix, et des moulages des objets conservés à la Cossonière.
Il est à noter que ce sont les sœurs de l'abbaye qui confectionnent les hosties de tout le diocèse de Poitiers. Ce sont les seules autorisées à fabriquer le précieux pain (comme dans la plupart des diocèses où la fabrication des hosties est assurée par les monastères). Il s'agit d'ailleurs de leur principale source de revenus. (Source : reportage France bleu poitou, début année 2010 à l'occasion de la fête du pain). 1000 hosties coûtent à l'Église entre 6 € et 10 €.


 

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MessagePosté le: Mer 8 Mar - 06:55 (2017)    Sujet du message: (86) VIENNE Répondre en citant

L’abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe est située à Saint-Savin dans le département de la Vienne. Elle est classée au patrimoine mondial de l'Unesco car elle abrite un très bel ensemble de peintures murales romanes très complet, bien conservé et unique en Europe.
La charte de fondation de l'abbaye ayant disparu lors des guerres de religion en 1598, la date de sa fondation reste imprécise mais celle-ci a été fondée sous Charlemagne au début du ixe siècle. Elle fut édifiée pour les saints Savin et Cyprien dont on ignore beaucoup de choses encore aujourd'hui. Au xie siècle a été créé un ouvrage : La Passion de saint Savin et saint Cyprien qui tient surtout du genre épique.
D'après la tradition, c'est au ve siècle que deux frères, Savin et Cyprien, qui fuyaient la Macédoine où ils étaient persécutés car ils étaient chrétiens, furent finalement rejoints sur les bords de la Gartempe. Ils y furent martyrisés et décapités. Savin fut inhumé par des prêtres non loin de la ville actuelle, en un endroit appelé Cerisier.
Trois cents ans plus tard, les reliques des deux martyrs ayant été retrouvées sur les lieux de leur massacre, Badillus, clerc à la cour de Charlemagne, décida d'y fonder une église abbatiale pour y conserver les précieuses reliques. Saint Benoît d'Aniane, en 821, y fit appliquer la règle de saint Benoît et y fit installer une vingtaine de moines. Il désigna l'abbé Eudes Ier, qui fit construire la première église.


En 1010, Aumode, comtesse du Poitou et d'Aquitaine, fit un don considérable à l'abbaye pour le salut de son âme et celui de sa famille. Cette somme d'argent permit de construire l'église abbatiale actuelle. La construction et la décoration durèrent de 1040 à 1090 sous la direction des abbés Odon et Gervais.
Au xiiie siècle, le comte Alphonse de Poitiers, frère de Saint-Louis, finança la construction des bâtiments conventuels.
Durant de très nombreuses années, Saint-Savin est restée l'une des plus influentes abbayes de France.
La guerre de Cent Ans sonna le glas de la prospérité du monastère qui changea plusieurs fois de main, (Anglais, Français, Prince noir). En 1371, le Prince Noir met à feu et à sang le monastère.
Durant les guerres de religion, catholiques et protestants se disputèrent sa possession. Elle fut dévastée d'abord par les huguenots en 1562 et 1568 qui incendièrent les stalles médiévales, les deux orgues, les reliques, les archives et la charpente, puis, ensuite, par l'armée royale en 1574. Puis, des abbés laïcs furent nommés. Ceux-ci étaient plus soucieux d'empocher les revenus de l'abbaye que de faire entretenir les bâtiments. Vers 1600, un de ces abbés, le vicomte de la Guerche, fit démanteler les bâtiments, pour en vendre les pierres ! C'est ainsi que disparurent en grande partie les bâtiments conventuels et le cloître.
À partir de 1611, un de ces abbés, Henri de Neuchèze, chassa les moines, et s’installa dans l’abbatiale dont il fit son logis. Il en fut, à son tour, chassé sur ordre du roi Louis XIII en 1640.
C'est aussi en 1640 que l'installation par le roi de religieux de la congrégation de Saint-Maur venus de l'abbaye de Nouaillé permit de mettre fin à cette longue période de destruction.
Entre 1682 et 1692, commencèrent la restauration de l'abbatiale et la construction de nouveaux bâtiments conventuels. Les moines participent à sauver les murs de l'église, mais ils la rendent aussi « moderne » en remplaçant les autels et en construisant des bâtiments monastiques contemporains. Pendant un siècle l'abbaye retrouva sa fonction première, puis éclata la Révolution française.
En 1792, l'église abbatiale devint église paroissiale et les quatre derniers moines quittèrent l'abbaye. Les bâtiments conventuels devinrent logement d'instituteur, gendarmerie jusqu'en 1971, et le cloître devint le théâtre de fêtes révolutionnaires.
En 1820, la foudre détruisit en partie la flèche du xve siècle, située au-dessus de la tour-porche. Elle s'effondra sur la toiture de l'abbatiale ce qui lézarda la voûte de la nef sur toute sa longueur.

En 1833, à la suite d'une visite du préfet du département, Alexis de Jussieu au moment où le maire faisait boucher une fissure de la nef et badigeonner les peintures murales, l’alerte fut donnée par celui-ci auprès du premier inspecteur général des monuments historiques, Ludovic Vitet. On prit alors conscience de la valeur de Saint-Savin et sa sauvegarde fut entreprise. Prosper Mérimée, deuxième Inspecteur général des Monuments historiques, para aux restaurations les plus urgentes dès 1836.
Dans un appel adressé à Guizot, ministre de l'Instruction Publique et des Cultes, Prosper Mérimée écrira le 31 octobre 1835 : « Je n'hésite pas à dire, Monsieur le Ministre, que dans aucun pays je n'ai vu de monument qui méritât à un plus haut degré l'intérêt d'une administration amie des arts. Si l'on considère que ces fresques de Saint-Savin sont à peu près uniques en France, qu'elles sont le monument le plus ancien de l'art de la peinture dans notre pays, on ne peut balancer à faire des sacrifices même considérables pour les conserver ».
Pendant dix ans, Prosper Mérimée devra se battre pour la protéger de la destruction ou de la détérioration par des restaurateurs abusifs.
En 1840, l’église fut classée, et de nombreuses restaurations des maçonneries furent entreprises pour mettre hors d’eau le bâtiment et ainsi stopper la dégradation des peintures. C’est ainsi que grâce à Prosper Mérimée, en 1849, elle est considérée comme provisoirement sauvée.
En 1877, la flèche est reconstruite par l'architecte Jean Fromigé qui intervint aussi sur l'église Sainte-Radegonde de Poitiers pour la construction du buffet d'orgues.
De 1967 à 1974, des restaurations ont été effectuées, sur la voûte de la nef et sur ses peintures, dans les cryptes, le chœur et sur la tribune.
Autres événements importants pour l’abbatiale, son classement par l’UNESCO en 1983 et la création en 2006 de l'Établissement Public de Coopération Culturelle de l'Abbaye de Saint-Savin sur Gartempe et Vallée des Fresques, chargé de la gestion touristique et économique de ce site unique en Europe.
L'ensemble abbatial et ses peintures ont connu un important chantier de restauration entre 2005 et 2008 afin d'améliorer la conservation des peintures (éclairage par fibres optiques, nettoyage et traitement des peintures, réfection des vitraux...) et l'accueil des visiteurs.


L'abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe est caractéristique de la maturité du style roman. L'abbatiale Notre-Dame est connue pour ses peintures murales mais elle est aussi une référence en architecture avec une nef visant à la magnificence. Elle crée une symbiose entre architecture et peinture murale, chapiteaux et autels, alliance qui confère aux églises romanes leur caractère incomparable.
L'église abbatiale est classée monument historique depuis 1840, c'est-à-dire depuis la création de la protection patrimoniale en France par Prosper Mérimée
De manière générale, la construction est datée du xie siècle. On trouve trois campagnes de constructions :
la première dans la première moitié du xie siècle a vu la construction du transept puis du chœur.
une deuxième campagne à la fin du xie siècle concerne la construction des trois premières travées de l'ouest.
une dernière campagne vers 1090 a permis l'édification du clocher-porche puis des six dernières travées de la nef.
Les peintures datent de 1100.
L’église est bâtie selon un plan en forme de croix latine, ce qui était la règle pour les églises romanes. La croix est tournée vers l’est pour indiquer aux fidèles le levant, la lumière, symboles du Christ.
Elle frappe par l'ampleur de ses dimensions : 76 mètres de longueur totale, 77 mètres de hauteur pour la flèche et 31 mètres de longueur pour le transept.


Elle commence à l'ouest avec un clocher porche. Il a été plaqué sur la première façade de l'abbatiale. Le clocher, carré, décoré d'arcatures, a été couronné au xiie siècle de deux étages percés de baies. Il est surmonté d'une haute flèche à crochets, pinacles et parapet, datée du xive siècle, très restaurée au xixe siècle.
La nef a trois vaisseaux qui comporte neuf travées. Le transept vient dans la continuité, long et étroit. Le bras sud est plus court que le bras nord car les bâtiments monastiques y étaient accolés. Des chapelles orientées sont jointes sur chacun des bras.
Le transept se caractérise par son aspect austère. Le soubassement de ses deux chapelles orientées sont dépourvues d'arcatures et leur unique fenêtre est décorée seulement d'un cordon d'archivolte. Au-dessus d'elles, s'élèvent les hauts murs du transept renforcés d'étroits contreforts et percé de fenêtres non ébrasées.
Le chevet est caractérisé par l'étagement des volumes du déambulatoire avec ses cinq chapelles rayonnantes de même hauteur et des volumes du sanctuaire. L'unité du premier niveau est souligné par la présence, au soubassement, d'une arcature aveugle continue. Les courbes dominent. Les fenêtres sont surmontées par des archivoltes moulurées et elles sont encadrées par des colonnettes. En revanche, l'austérité règne au niveau supérieur. Les murs sont articulés en pans coupés. Ils sont renforcés par de petits contreforts et les fenêtres, non ébrasées, sont dépourvues de décor. Cette modification des traitements des différentes parties du chevet n'est pas connue : changement du parti pris en cours de construction ? Volonté de hiérarchiser les volumes ?


Le porche n'est pas perpendiculaire au transept. Il est désaxé. En effet, il restait l'ancienne nef carolingienne entre eux deux lors de sa construction, ce qui ne permettait pas d'évaluer les distances et l'axe de construction.
Le rez-de-chaussée est un narthex bas, abritant un sas d'entrée (datant des derniers travaux de conservation du début du xxie siècle). Il est couvert d'une voûte en berceau plein cintre doublé par deux grands arcs doubleaux.
Au tympan qui surmonte la porte donnant accès à la nef figure un grand Christ en gloire, assis sur un trône, dans une mandorle circulaire. Il ouvre les bras comme pour accueillir les fidèles et les bénir de la main droite à la manière byzantine, c'est-à-dire pouce et annulaire joints. À sa droite, deux anges présentent un des instruments de la Passion du Christ: la croix.
Sur la première voussure, par groupe de trois, douze anges adorateurs se prosternent devant le Christ et douze Apôtres (six ont disparu) sont représentés assis sur des globes, tenant un livre.
Sur la deuxième voussure, de la droite vers la gauche :
La Vierge encadrée par deux anges qui l'encensent est assise sur un trône. À sa droite se trouvent l'abbé et la communauté monastique de Saint-Savin. À sa gauche, de gauche à droite, quatre grands personnages ayant un rapport avec l'histoire de l'abbaye, se présentent à elle : Charlemagne, Louis le Pieux, saint Benoît d'Aniane et Guillaume V comte du Poitou et duc d'Aquitaine.

Saint Jean, assis à gauche, voit apparaître dans le ciel l'Arche d'Alliance dans son sanctuaire. Il voit aussi une femme qui va donner le jour à un enfant mâle. Un dragon rouge ayant sept têtes et dix cornes attend que l'enfant naisse pour le dévorer mais un ange le prend et l'emmène en sécurité dans le ciel. Pour se venger, le dragon vomit un fleuve afin de noyer la femme mais la terre engloutit le fleuve. Pour échapper au dragon, la femme est munie des ailes de l'aigle et va se réfugier dans le désert. Cette scène est tirée de l'Apocalypse de Saint-Jean.
La scène décrite est de nouveau tirée de l'Apocalypse de Saint-Jean. Dieu remet à sept anges une trompette. En jouant de l'instrument, chaque ange va faire s'abattre sur la terre des fléaux destructeurs. La scène sculptée représente ce qui arrive au son de la cinquième trompette : l'ange ouvre le puits de l'Abîme et libère les locustes ou sauterelles à corps de cheval et à tête d'homme couronnée portant une chevelure de femme, des dents de lion et une queue de scorpion. Ces monstres vont pendant cinq mois tourmenter les hommes qui n'ont pas le sceau de Dieu sur le front.
Dans cette partie centrale, dans les douze médaillons étaient représentés les signes du zodiaque.
Le sixième ange de l'Apocalypse sonne de la trompette. Il est chargé de libérer les quatre cavaliers enchaînés sur le fleuve Euphrate afin qu'ils créent une armée qui se composera de deux cents millions de cavaliers. La force de leurs montures vient de leurs queues-serpents qui crachent feu, fumée et qui détruiront le tiers de l'humanité.
Monté sur un cheval blanc et accompagné d'anges armés d'épée, saint Michel terrasse le dragon.
Les peintures ont été soumises aux intempéries et sont partiellement détruites, on peut quand même y admirer un Christ en gloire entouré d'anges portant les instruments de la Passion et salué par des groupes d'Apôtres peints sur les parois voisines, et des épisodes de l'Apocalypse : Combat de l'Archange et de la Bête, le Fléau des sauterelles évocation saisissante de la Vision de Saint Jean. La luminosité est plus faible que dans la nef. De ce fait, les artistes ont choisi des couleurs plus contrastées et plus vives. Les scènes d'Apocalypse sont un thème généralement dévolu au Moyen Âge à la partie occidentale de l'église, comme c'est le cas ici.
Cinq marches conduisent du narthex à la nef.


Elle est située au-dessus du porche auquel elle est reliée par un escalier assez étroit. C'est une salle qui fait le double de la hauteur du rez-de-chaussée. Cette salle présente la même couverture en voûte que pour le narthex. Une grande fenêtre ouvre sur la nef.
Les peintures qui représentent quelques scènes de la Passion et de la Résurrection du Christ y sont aussi assez dégradées car soumises aux intempéries, les fenêtres ayant été dépourvues de vitraux jusqu'au xixe siècle. Une peinture représente une descente de croix, les autres des portraits de saints, d'Apôtres, et d'évêques.
La descente de la Croix a été restaurée de 1999 à 2000. Le style est pur et linéaire. C'est un des chefs-d’œuvre de l'abbaye. La Descente compte neuf personnages, ce qui est beaucoup par rapport à la représentation traditionnelle de ce thème. La Vierge pose sa joue sur le bras du Christ, autant par tendresse que pour constater sa mort.
Les peintures sont considérées comme les plus anciennes de Saint-Savin et dateraient de la fin du xie siècle.

SUITE:
Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe — Wikipédia  

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MessagePosté le: Jeu 9 Mar - 00:13 (2017)    Sujet du message: (86) VIENNE Répondre en citant

Le château de Dissay date du xve siècle. C’est Pierre d’Amboise, évêque de Poitiers, qui le fit construire. Il servira d’ailleurs de résidence aux évêques jusqu’à la Révolution.
Les systèmes de défense furent autorisés par lettres patentes du 11 janvier 1434 signées du roi Charles VII. Hugues de Combarel, prédécesseur de Pierre d’Amboise y est autorisé à construire un hôtel entouré de « murs, fossés, palais, pont levis portaux, tours, guérites, barbacanes et autres fortifications, tel que bon lui semblera ».


Le bâtiment dessine un rectangle flanqué de tours rondes qui lui donnent cet air imposant. La fortification du bâtiment se retrouve dans tous les éléments architecturaux  : la présence des mâchicoulis, le nombre limité de fenêtres, les douves et le pont-levis (remplacé ensuite par un pont dormant). Malgré ce luxe de précaution, il fut pris par l’amiral de Coligny avant le siège de Poitiers de 1569, épisode des guerres de religion.
En 1789, l’évêque de Poitiers, Martial-Louis de Beaupoil de Saint-Aulaire, est élu aux États généraux du royaume mais en 1791, il refuse de prêter le serment de la constitution civile du clergé et s’enfuit en émigration. Le château est donc saisi et vendu comme bien national.

Le bâtiment a depuis cette époque souffert de plusieurs destructions. La collégiale qui bordait le mur situé à droite du castelet d’entrée, a été détruite. Dans l’oratoire, des peintures murales datant du xvie siècle ont été abîmées par des travaux d’aménagement. Il reste tout de même des éléments de ces fresques qui sont l’un des intérêts de la visite du château.
Elles représentent notamment « Adam et Ève », le « Roi David », « Nabuchodonosor » et « Manassé » qui entourent « la Fontaine de Miséricorde » recevant le sang du Christ. Signalons, à ce sujet une communication de Robert Favreau, ancien directeur du Centre d’études supérieures de civilisation médiévales de Poitiers au colloque international organisé par l’Université d’Angers en 1998 : Favreau (Robert), Les inscriptions de la chapelle du château de Dissay et le milieu angevin. 28 p. - Rome, Ecole française de Rome. 2000.

Après 1850, la famille Fruchard qui venait de racheter le château, s’engageait dans une rénovation architecturale, tant pour le château que pour l’église, en utilisant les vitraux et les volets de la collégiale, qui avaient été « démontés ». Les 18 peintures sur verre représentent l'Enfance et la Passion du Christ dans le style des miniaturistes de l'école de la Loire à la fin du xve siècle. Ces travaux ont permis au propriétaire actuel, le baron Régis de Lassat, de faire reconnaître le château, inscrit comme « Monument Historique » en 1989 pour le château en tant que tel, les communs et les douves, tandis que les jardins le sont depuis 1967.

Dans la verte vallée du Clain, non loin de Poitiers, on peut apercevoir les hautes courtines blanches du château de Dissay, se mirant dans l'eau de ses douves ou se détachant mieux encore lors des illuminations qui le rehaussent les soirs d'été.
Les agrandissements du XVIIIe siècle, les restaurations du XIXe n'ont pas défiguré l'aspect des bâtiments primitifs, dus à l'initiative de Pierre d'Amboise, dont le frère Georges est connu dans l'histoire, car il fut le cardinal ministre de Louis XII.
Pierre d'Amboise, né vers 1450, reçut de Charles VIII l'évêché de Poitiers et le titre de conseiller du roi mais il ne joua aucun rôle politique, se contentant de vivre princièrement, tantôt à la Cour, tantôt dans son diocèse, où il se fit bâtir à Dissay cette belle résidence de campagne.
Vers la fin de sa vie, Pierre d'Amboise revint à une méditation plus profonde des mystères et des exigences de la religion et ces préoccupations le poussèrent à faire recouvrir les murs de son oratoire de fresques ordonnées autour des thèmes de la Rédemption, de la Pénitence et du Pardon divin.
Le motif central est ce que l'on appelait alors une Fontaine de miséricorde : la croix à laquelle le Christ
est suspendu, surgit d'une vasque ronde, d'où le Sang rédempteur se répand en un large bassin. Vers cette source se tournent les figures de grands pécheurs : Nabuchodonosor et Manassès dans une attitude de défi, Adam et David agenouillés en signe de repentir.
C'est en arrière de David qu'on aperçoit les deux personnages choisis pour le premier timbre : un jeune seigneur et sa dame, habillés à la mode qui avait cours vers 1500.
La toque plate sur une abondante chevelure, l'ample manteau bordé de fourrure ne sont pas sans rappeler des détails du médaillon de Louis XII au musée de Cluny. Quant à la jeune femme, avec sa coiffure retombante et sa riche robe de brocart, elle nous paraît bien la contemporaine d'Anne de Bretagne.
L'autre timbre reproduit un des anges qui survolent la Fontaine. Les deux fouets qu'il réunit en sa main droite sont les instruments de mortification dont usaient les religieux, et les emblèmes de la pénitence des pécheurs repentants.
D'auteur inconnu, mais exécutées avec une grande finesse et remarquablement conservées, les fresques de la chapelle du château de Dissay sont assurément les peintures les plus attachantes que nous ait laissées dans le Poitou l'art de la fin du Moyen Age.

Fresque de la chapelle de Dissay (Vienne) - La Poste 

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MessagePosté le: Jeu 9 Mar - 00:28 (2017)    Sujet du message: (86) VIENNE Répondre en citant

La bataille de Vouillé, qui s'est déroulée au printemps 507, est une bataille qui opposa l'armée des Wisigoths et des Auvergnats, au sud, face à celle des Francs, au nord. Cette bataille vit la victoire des Francs, les Wisigoths perdant leur roi Alaric II au combat et étant contraints de laisser un vaste territoire (midi de la France) aux vainqueurs.
Au printemps 507, sous le commandement de Clovis et de son fils aîné Thierry, l'armée franque franchit la Loire en direction de Poitiers. L'armée des Wisigoths conduite par le roi Alaric II marche au nord pour limiter sa progression en espérant que les Ostrogoths les appuieront, mais ceux-ci sont immobilisés par la menace que les Byzantins font peser sur leurs terres, sans doute en concertation avec Clovis.
Malgré ses craintes, le roi Alaric II se résout alors à engager le combat. La rencontre a lieu dans la plaine de Vouillé, près de Poitiers. Le combat débute à l'aube, les cavaliers wisigoths employant sans doute leur tactique habituelle faite de charges successives auxquelles les Francs opposent un mur de francisques.


Un terrible corps-à-corps commence, jusqu'à ce que le roi Alaric II soit tué par Clovis en personne qui a fondu sur lui au péril de sa vie dès les premiers instants de la lutte. Cet épisode n'est guère surprenant et est probablement conforme à la réalité car Clovis est considéré par les chroniqueurs contemporains et ultérieurs comme un redoutable guerrier, à l'image de son père.
Comme pour la bataille de Tolbiac contre les Alamans, cette mort apparaît comme un « jugement de Dieu » et marque la débandade des Wisigoths qui s'enfuient vers le sud, emmenant avec eux l'héritier du royaume : Amalaric. L'infanterie auvergnate, ralliée aux Wisigoths et menée par Apollinaire, le fils de Sidoine Apollinaire, ne se rend pas et se battra avec bravoure jusqu'au dernier homme. En milieu de matinée, la bataille s'achève.

Grégoire de Tours rapporte alors dans son Histoire des Francs :
" On vit marcher contre les Francs, avec une intrépidité étonnante, 10 000 citoyens de la ville d'Auvergne ayant à leur tête le fils du célèbre Sidoine Apollinaire. Le nouveau conquérant, Clovis, ne fut vainqueur que lorsqu'il ne trouva plus aucun Auvergnat pour lui disputer la victoire [...]. " - Histoire des Francs, Grégoire de Tours. Traduction Guizot. L. I, p. 104.
Cette victoire ouvre pour Clovis la route du Midi. Il réussit dès 508 à conquérir Toulouse ancienne capitale des Wisigoths, puis temporairement le Narbonnais qui sera repris par les Ostrogoths après l'échec du siège d'Arles. Il s'empare également de l'Aquitaine, de la Gascogne, du Languedoc et du Limousin, ce qui consacre un domination franque toute relative sur l'Auvergne.
La Provence est laissée aux soins des alliés burgondes qui échoueront devant Arles, ce qui convient à Clovis puisque les Burgondes en resteront affaiblis ; en effet, Gondebaud a vidé son trésor et perdu ses soldats.

Cette bataille de Vouillé aura des conséquences lourdes : Clovis marque d'une empreinte durable les futures frontières de la France car ses successeurs, Mérovingiens, Carolingiens puis Capétiens, pourront se prévaloir d'une suzeraineté plus ou moins effective sur des territoires constituant plus tard le duché d'Aquitaine et le comté de Toulouse.
De plus, dès 508, Clovis installe sa nouvelle capitale à Paris, en lieu et place de Tournai, trop excentré par rapport aux nouvelles conquêtes.
Le chroniqueur Grégoire de Tours raconte que peu avant la bataille, Clovis, chassant une biche, celle-ci lui fait découvrir un gué qui lui permet de faire franchir la Vienne en crue à ses troupes.

 

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MessagePosté le: Ven 10 Mar - 08:44 (2017)    Sujet du message: (86) VIENNE Répondre en citant

Le Poitevin mulassier, également appelé trait mulassier ou Poitevin, est une race chevaline française rattachée au groupe des traits. Grand, calme, élégant et doté de crins ondulés en raison de son origine liée au cheval flamand, il peut porter des robes variées et originales, comme le souris, le noir et l'isabelle. Il tire son nom « mulassier » de sa principale fonction d'origine, son aptitude à engendrer des juments. Celle-ci croisées avec des baudets du Poitou donneront naissance aux mules poitevines aux qualités de force et de rusticité très appréciées. L'industrie mulassière fait les beaux jours du Poitevin mulassier du milieu du xixe siècle jusqu'au milieu du xxe siècle.
La race connaît une très importante régression avec la motorisation et la fin de la demande en mules après la Seconde Guerre mondiale, d'autant plus rapide que les juments donnent naissance à une mule à la place d'un poulain une année sur deux. Il s'agit actuellement d'une des races de trait françaises les plus menacées de disparition, en raison d'une importante consanguinité et de la faible rentabilité des animaux pour la production de viande. Plusieurs plans de sauvegarde visant à retrouver une diversité génétique ont été mis en place afin de la préserver. Le Poitevin mulassier est désormais destiné à l’attelage, au débardage, aux travaux urbains et à l'équithérapie, la nouvelle demande en mules poitevines devrait à terme lui permettre de retrouver sa fonction historique, lorsque les effectifs de la race seront stabilisés.


L'histoire du Poitevin mulassier est étroitement liée à celle du marais poitevin, d'où son surnom de « fils du vent marin, de la terre et des eaux ». La race est historiquement élevée près des marais de Luçon et de La Rochelle, ainsi qu'autour de Melle et de Niort. Elle doit son physique à une longue sélection naturelle doublée d'une sélection humaine dans ce biotope humide particulier6. Bien qu'il soit décrit comme un cheval « de trait », cette qualification est impropre puisqu'il n'a pas été sélectionné historiquement pour la traction, et était peu prisé dans ce domaine
La région poitevine héberge des chevaux dès la préhistoire, des restes datés du Mésolithique ayant été retrouvés près de Surgères et d’Échiré. La tradition dit la race originaire des Marais du bas Poitou, mais quelques passionnés lui revendiquent, en se basant sur la présence des robes souris et isabelle, propres aux chevaux primitifs, une origine commune avec le Tarpan « peint sur les parois de Lascaux », sans que cela soit confirmé par une étude scientifique rigoureusement menée. D'autres chevaux sont probablement amenés par les Celtes migrant dans la région durant l'Antiquité, on retrouve leur trace au xe siècle lorsqu'un prélat de Rome demande une jument de la région au comte de Poitiers. Il semblerait que ces animaux aient été, comme les mulets, parmi les montures favorites des magistrats et des ecclésiastiques médiévaux, et se soient vendus autour de Niort, de Saint-Maixent, de l'Auvergne, du Dauphiné, du Languedoc, et même en Espagne. Peu de sources existent concernant la population équine de la région à ces époques, aussi est-elle mal définie avant le xviie siècle

La race prend forme lorsqu'à la demande du roi Henri IV de France, en 1599, Sully charge des ingénieurs hollandais et flamands dirigés par Humphrey Bradley d'effectuer les travaux d’assèchement du marais poitevin. Ils amènent avec eux leurs chevaux Frisons, Brabançons et Flamands, vieille race chevaline de travail particulièrement réputée au xiiie siècle. Les animaux, dont la taille ne dépasse pas 1,70 m pour un poids allant jusqu'à 1 200 kg, s’accouplent avec les juments autochtones, ce croisement forme la souche de la race dite « Poitevine », un animal volumineux, lent et lymphatique, assez proche du cheval flamand de l'époque. On suppose que ces animaux gardent leur type du fait de la proximité entre les polders hollandais et les marais poitevins.
« La race chevaline mulassière du Poitou porte le cachet dans toutes ses fibres, dans toutes ses formes de l'influence d'un sol bas et humide. »
— Eugène Ayraul


À la fin du xviiie siècle, l'administration des haras tente d'imposer des croisements avec des étalons légers normands et anglais afin de fournir la cavalerie. Malgré les incitations financières, les éleveurs paysans protestent car les juments issues de croisements avec le Pur Sang sont sans valeur pour produire des mules. La race tend à s'alléger avec ces croisements, mais aussi avec les modifications de son biotope. La sélection porte sur un animal résistant aux conditions humides de la région. Le cheval Poitevin acquiert d'énormes sabots, très particuliers parmi les races équines, et un caractère calme. Certains documents récents laissent entendre qu'il était employé à l'attelage, sa grande force étant un atout pour le travail en terrain boueux. Il aurait réalisé divers travaux agricoles ou de débardage au besoin. Pour Lætitia Bataille ainsi que d'autres spécialistes, ces animaux n'étaient pas mis au travail, en particulier à l'attelage puisqu'ils n'étaient pas caudectomisés. L'industrie mulassière se serait donc mise en place rapidement. De plus, les documents du xixe siècle attestent d'un fort emploi de la traction bovine (et non hippomobile) dans les marais.
Les juments poitevines sont utilisées pour faire naître de grandes mules rustiques par croisement avec des baudets du Poitou, les fameuses mules poitevines. Mules et mulets étant des hybrides stériles, de tels animaux ne peuvent naître que par croisement entre un âne et une jument. L'industrie mulassière du Poitou est fréquemment combattue par l'administration des haras, dont le but est d'obtenir des chevaux aptes à remonter les troupes françaises. C'est pourquoi au xviiie siècle, les haras interdisent officiellement de faire naître des mules avec des juments de plus d'1,20 m, et menacent ensuite de faire castrer tous les baudets de la région. En 1823, le préfet des Deux-Sèvres, dans sa volonté de lutter contre l'industrie mulassière, demande que le haras de Saint-Maixent n'héberge plus que des chevaux de demi-sang, les étalons mulassiers étant impropres à l'amélioration et à la production du cheval de cavalerie.


Le vétérinaire Eugène Ayrault (1867) affirme à son époque que les départements de la Vendée et surtout celui des Deux-Sèvres font naître le plus grand nombre de chevaux mulassiers. Dans ce dernier, le nombre de poulinières mulassières est estimé à 23 000, pour un effectif total estimé à 50 000. L'hippologue Eugène Gayot signale la « race poitevine mulassière » comme un « groupe d'animaux dont la principale destination est d'entretenir la poulinière vouée à la production du mulet », ajoutant qu'« autrefois cette race ne portait que le nom de poitevine ». Beaucoup de juments de races diverses produisent des mulets à l'époque, mais toujours d'après Gayot, aucune n'est reconnue plus apte que « la grosse et lourde jument des marais du Poitou ». Cette préférence est vraisemblablement due au fait que les juments poitevines lèguent à leur muleton une conformation charpentée.
Si elle n'est pas la seule race de jument destinée à faire naître des mulets, la production des Poitevines mulassières est réputée « dans le monde entier ». Les mules sont très demandées aux États-Unis de la fin du xixe siècle à 1914, l'élevage commence à décliner dans les années 1920. C'est dans le département des Deux-Sèvres, particulièrement l'arrondissement de Melle, près de Luçon ainsi qu'à Saint-Maixent, que se concentre l'élevage mulassier dans des lieux nommés « ateliers ». Un atelier est relativement coûteux : au milieu du xixe siècle, seuls les quatre neuvièmes des juments mises au baudet finissent par mettre bas. Il faut nourrir seize juments pour avoir, chaque année, trois mules et trois mulets, élever tous les ans une mulassière et mettre deux juments au cheval pour entretenir le cheptel

SUITE: Poitevin mulassier — Wikipédia
 

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MessagePosté le: Sam 11 Mar - 07:00 (2017)    Sujet du message: (86) VIENNE Répondre en citant

La poitevine est une race caprine originaire du centre ouest de la France. Pelage long de couleur brune marqué de blanc au ventre, aux pattes et la tête. Très nombreuse autrefois en Poitou, pays de fromage de chèvre par excellence, elle a été victime d'une épidémie de fièvre aphteuse au début du xxe siècle. Après des abattages massifs, les troupeaux ont été reconstitués par des Alpines et Saanens. Elle tente de reconquérir sa place, mais la sélection opérée sur ses concurrentes et dont elle n'a pas bénéficié en font une race locale protégée mais moins productive. Elle produit tout de même environ 550 litres de lait de très bonne qualité. Il y aurait environ 2 600 chèvres Poitevines réparties sur 125 élevages en 2011


La Poitevine est originaire du bassin niortais, aux alentours de la Sèvre, dans le Centre-Ouest de la France, une région où la production caprine est très ancienne, et toujours très présente de nos jours. Selon la légende, cette chèvre serait la descendante des caprins apportés dans la région par les sarrasins avant qu'il ne soient repoussés en 732 par Charles Martel à Poitiers. Le zootechnicien André Sanson rattache lui la race aux chèvres du Massif central.
Les chèvres Poitevine étaient plus de 40 000 au début du xxe siècle dans de petits troupeaux traditionnels. Toutefois, ce cheptel est très fortement touché par une épizootie de fièvre aphteuse en 1925, et la plupart des troupeaux sont véritablement décimés. Le troupeau local est reconstitué avec des chèvres alpines, qui se trouvent alors en concurrence directe avec les dernières poitevines et prennent rapidement l'ascendant, suivies des saanens. Ces deux races s'imposent dans la région, et les poitevines voient leurs effectifs décroître de plus en plus. On ne dénombre plus que 2 600 femelles aujourd'hui en France
La Poitevine est une chèvre de gabarit moyen et d’aspect longiligne. Les mâles pèsent entre 55 et 75 kg, et les femelles mesurent 70 à 80 cm pour un poids de 50 à 70 kg. Elle a un dos long et droit et une poitrine profonde. Ses onglons sont bien noirs et très résistants. Sa robe est généralement de couleur brune, plus ou moins foncée. Toutefois on rencontre également parfois des chèvres à la robe presque noire que l'on dit « en cape de Maure ». Cette robe est constituée de poils demi-longs sur le dos et les cuisses. Elle est nettement plus claire sur la face intérieure des membres et sous le ventre et la queue. La tête est sombre avec deux lignes blanches de chaque côté du chanfrein, partant des oreilles et allant jusqu'au museau. Elle est fine est triangulaire. La chèvre poitevine peut avoir des cornes mais ce n'est pas le cas de tous les animaux. Il en est de même pour la barbiche et les pampilles
La poitevine est une race qui présente une bonne production laitière, même si elle reste inférieure à celle de l'alpine et la saanen. Elle s'élève en moyenne à 538 kg en 249 jours pour les animaux participant au contrôle laitier. Les taux sont corrects également, puisque le taux protéique est de 30,7 g/kg, et le taux butyreux de 35,9 g/kg. Ce lait est apprécié pour ses grandes qualités fromagères.

D'ailleurs, une étude menée par l'INRA en 1994, a montré que les allèles « forts » et « moyens » exprimant la synthèse de caséine alpha S1, qui est particulièrement intéressante pour la transformation fromagère, étaient très fréquents chez la poitevine (85 % des animaux) alors qu'ils sont plus rares chez les deux principales races sélectionnée (54 %). Par ailleurs le variant B1, qui fait partie des allèles dits forts et que l'on trouve majoritairement chez la poitevine, semble être l'allèle originel des ancêtres des chèvres européennes, preuve de la primitivité de la race, que certains décrivent comme « la dernière représentante d’un type indigène commun ». La poitevine est également réputée pour son aptitude à valoriser les pâturages et les fourrages grossiers
Aujourd'hui encore de nombreux éleveurs détenteurs de chèvres poitevines ont seulement quelques chèvres pour produire du lait et des fromages pour leur consommation personnelle. Les élevages professionnels, au nombre de 47 en 2007, sont majoritairement des élevages d'éleveurs transformateurs qui commercialisent des fromages. La moitié environ a uniquement des chèvres poitevines. Cette chèvre est souvent conduite de manière intensive avec une complémentation d'aliments concentrés importantes, à la manière de l'alpine et la saanen
L'Association de Défense et de Développement de la Chèvre Poitevine est chargée de la mise en application du programme de sauvegarde de la race depuis sa création en 1986, alors que l'on ne compte plus que 600 animaux inscrits au livre généalogique. Elle est épaulée dans ce but par divers partenaires parmi lesquels le Parc interrégional du Marais poitevin, qui a lancé son propre plan de sauvegarde et met un animateur au service de ce programme depuis 1994, l'Institut de l'Élevage, le Ministère de l'Agriculture ou encore Caprigène, chargés du schéma de sélection. L'animateur au service du programme de sélection est entre autres chargé d'assurer un suivi technique des exploitations, de faire le tour des élevages détenteurs de chèvres poitevines chaque année pour faire un point sur la situation et de représenter l'association lors de manifestations.


La sélection de la chèvre poitevine est surtout orientée vers le maintien d'une variabilité génétique suffisante. Pour cela l'animateur du programme est chargé de veiller à ce que les accouplements soient faits de manière satisfaisante entre animaux non apparentés. De plus en plus, au fur et à mesure que les effectifs augmentent, les éleveurs souhaitent également que des efforts soient faits sur la production des chèvres, et notamment sur la quantité et la qualité du lait produit, qui sont les principaux objectifs de sélection à l'heure actuelle. Un certain nombre de boucs de la race sont disponibles en insémination artificielle, pour leur permettre d'être diffusés à grande échelle, et de changer un peu de souches pour les éleveurs
On la trouve dans 45 départements français, et quelques troupeaux sont également présents en Belgique et en Allemagne
La chèvre poitevine est aujourd'hui représentée dans de nombreuses manifestations autour de l'élevage, parmi lesquelles le Salon international de l'agriculture, la foire exposition de Niort, la Fête du Parc du Marais Poitevin ainsi que dans divers petits comices locaux. C'est une des races emblématiques du Parc interrégional du Marais poitevin, créé en 1979.

 

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MessagePosté le: Jeu 29 Juin - 20:54 (2017)    Sujet du message: (86) VIENNE Répondre en citant

Mgr Prosper Augouard (1852-1921), missionnaire français de la Congrégation du Saint-Esprit, fut le second évêque responsable du Congo français et de l'Oubangui.
Prosper Philippe Augouard est le fils de François, menuisier, et de Jeanne Adèle née Barreau, chrétiens, qui élevèrent leurs enfants dans la foi. Il est né le 17 septembre 1852 à Poitiers. Enfant plein d'énergie, il étudies au Petit Séminaire de Montmorillon, puis en théologie au Grand Séminaire de Séez pour devenir prêtre, après avoir rencontré Mgr de Ségur alors qu'il était engagé volontaire, pendant la guerre de 1870 et qu'il se trouvait à Rennes. Il est ordonné prêtre en 1876.

Écoutant le récit fait par Antoine Horner sur ses missions au Zanzibar et en Afrique orientale, il entre dans la congrégation du Saint-Esprit. Il embarque pour l'Afrique en décembre 1877 comme secrétaire de Mgr Le Berre, vicaire apostolique du Gabon.
En 1878, il rencontre Mgr CariePuis il part en décembre 1879 pour Lândana à partir de laquelle il fonde de nombreuses missions et travaille de concert avec l'administration coloniale (Albert Dolisie), rencontre Brazza, Stanley, etc. En 1881, il fonde la station de Nembo, celle de M'Bona qui étaient proche de Mfoa, et mène une expédition lointaine vers le Stanley-Pool. Il fonde la mission de Linzolo en 1883. De retour en France en 1884, pour se soigner, il plaide auprès de Jules Ferry en faveur des vastes espaces qui étaient à portée de la France. À la fin de l'année, il retourne sur le Stanley-Pool et fonde la mission de Kwamouth. La conférence de Berlin fait passer la mission de Saint-Paul de Kasaï à la Belgique, et Lândana au Portugal. Il installe les premiers bâtiments à Brazzaville de ce qui deviendraient la cathédrale et l'archevêché avec l'accord du résident de France, M. Chavannes.
Alors que les déplacements se faisaient en caravane sur plus de 560 km pour relier les missions, une première barque en acier et à voile fit ses premières rotations. En 1888, M. Augouard l'équipait d'une machine à vapeur. Toutes les pièces venaient d'Europe et donnèrent une nouvelle expansion aux déplacements sur les cours d'eau, et une mission fut fondée à Saint-Louis de l'Oubangui, 1 200 km en amont.

De nouveau de retour en France, pour y recevoir des soins en mai 1890, le pape le nomme évêque titulaire de Sinita et vicaire apostolique pour le Haut-Congo français et l’Oubangui. De retour en juillet 1891, il fait commencer la construction de la cathédrale de Brazzaville (40 mètres de longueur et 13 mètres de voûte), une maison épiscopale, des classes et des dortoirs. Les sœurs de Saint-Joseph de Cluny arrivent en 1892 et commencent l'évangélisation et le soin des filles et de leurs mères. Toute cette activité de bâtisseur mène à l'élévation de fabriques pour cuire les briques (il en fut fabriqué quinze millions) ainsi qu'à la construction d'un atelier portuaire à Brazzaville pour l'entretien des trois bateaux (dont le Léon XIII d'une longueur de 20 mètres), servant aussi à toute la navigation du fleuve. Alphabétisation, dispensaires, routes commerciales, rachat d'esclaves, lutte contre la polygamie, soutien des expéditions : toutes ces activités le mettent en relation avec de nombreuses personnalités de l'Afrique équatoriale française: la Mission Foureau-Lamy, Béhagle, Mizon, Dibowsky, le gouverneur Émile Gentil, etc.
Son incessante activité amena Mgr Augouard à fonder de nouvelles missions : Saint-Paul des Rapides sur l'Oubangui (1893), la Sainte-Famille des Banziri (1894). De nouveaux bateaux furent construits et de nouveaux missionnaires arrivèrent, comme les sœurs franciscaines missionnaires de Marie. À Lékéti sur l'Alima en 1897, il prit en charge la mission de France-ville au Gabon avant de la rendre au diocèse du Gabon en 1907.
De retour en France pour raisons de santé, Prosper Philippe Augouard meurt à Paris le 3 octobre 1921.

 

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MessagePosté le: Ven 30 Juin - 06:29 (2017)    Sujet du message: (86) VIENNE Répondre en citant

Camille Guérin est un vétérinaire et biologiste français, né le 22 décembre 1872 à Poitiers et mort le 9 juin 1961 à Paris. Avec le docteur Calmette, il est l'inventeur du BCG, vaccin antituberculeux.
Né à Poitiers, en 1872, Camille Guérin est le fils d'un entrepreneur de travaux publics, mort de la tuberculose en 1882. Il étudie la médecine vétérinaire de 1892 à 1896 à l'École nationale vétérinaire d'Alfort, tout en servant d'assistant au pathologiste Edmond Nocard (1850-1903).
Diplômé en 1896, il rejoint l'Institut Pasteur de Lille en 1897 et commence à travailler avec Albert Calmette. D'abord préparateur, il est chargé de préparer le sérum antivenin de serpent et le vaccin contre la variole. Il améliore grandement les techniques de production de ce dernier en utilisant des lapins porteurs, et il met au point une méthode pour évaluer la virulence latente du vaccin.

En 1900, il se consacre presque exclusivement aux deux sujets d'études qui occuperont la majeure partie de sa carrière scientifique  : la vaccine jennérienne et la tuberculose. En 1905, il est nommé chef de laboratoire. Il poursuit alors les travaux sur la prévention de la variole, menés un siècle plus tôt par Edward Jenner, médecin anglais.
Il découvre d'abord, en 1905, que le bacille de la tuberculose bovine (Mycobacterium bovis) peut immuniser les animaux sans déclencher la maladie. Par la suite, il s'emploie avec Calmette à développer des stratégies de réduction de la virulence de Mycobacterium par des cultures successives. En 1908, après avoir obtenu une préparation immunologique active, Calmette et lui publient les résultats de leurs travaux sur ce qu'ils nomment le vaccin Bilié de Calmette et Guérin (BCG). En 1915, leurs recherches sont interrompues par l'occupation de Lille. Ils ne les reprennent qu'en 1918, après la libération. Finalement, en 1921, après 230 passages de culture du BCG, ils obtiennent un vaccin utilisable chez l'homme. En 1924, les pouvoirs publics autorisent l'extension de l'usage du BCG sur les nouveau-nés.

En 1919, Guérin est devenu chef de service à l'Institut Pasteur de Lille. Il prend en 1928, la direction du service de la tuberculose à l'Institut Pasteur de Paris. En 1939, il devient vice-président du Comité national de défense contre la tuberculose. En 1948, il est président du premier congrès international du BCG et, en 1951, président de l'Académie de médecine. En 1955, il reçoit le grand prix de la recherche scientifique de l'Académie des sciences.
Il meurt en 1961, à l'âge de 88 ans, à l'hôpital Pasteur de Paris et est inhumé, aux côtés de son épouse Marie, à Châtellerault.

 

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:50 (2017)    Sujet du message: (86) VIENNE

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