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Date de fondation du forum: 15 avril 2012.
Histoires de Noël....

 
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roberto


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MessagePosté le: Jeu 22 Déc - 11:33 (2016)    Sujet du message: Histoires de Noël.... Répondre en citant

Les aventures de Julie et Julien


Il était une fois des jumeaux de sept ans, Julie et Julien, qui habitaient le petit village de Clansayes, en Drôme provençale. Noël approchait.
Les enfants rêvaient. Ils rêvaient que cette année-là le père Noël leur apporterait un poney et une ponette.
Chaque fois qu’ils en parlaient à leurs parents, ceux-ci répondaient. 
- Ce n’est pas sûr que le père Noël ait les moyens de vous offrir des cadeaux aussi coûteux, et puis des cadeaux comme ça, ça se mérite.
Etes-vous certains de vous être toujours bien conduits durant l’année ? 
Julie et Julien convenaient qu’ils n’avaient pas toujours été sages, ni obéissants envers leurs parents, ni vraiment attentifs à l’école.
Pourtant, ils en avaient tellement envie de ce poney et de cette ponette. Tellement, qu’ils voulurent plaider leur cause auprès du père Noël. 
Dans la nuit du 24 au 25 décembre, ils descendirent sans faire de bruit de leur chambre, et sortirent pour se rendre tout en haut de la tour de Clansayes
. C’est là, pensaient-ils, qu’ils avaient le plus de chance d’approcher l’attelage du bonhomme.
Arrivés tout en haut de la tour, quelle ne fut pas leur surprise en constatant qu’un grand barbu s’y trouvait déjà, 
un grand barbu aussi noir et aussi sombre de vêtements et de caractère que le père Noël était blanc de poil, rouge d’habits et jovial de tempérament. 
- Je ne suis pas le père Noël, je suis son frère, le père fouettard, dit l’homme en noir. Mais, bon, c’est Noël pour tout le monde.
Ce sera donc mon jour de bonté. Je vais vous faire un cadeau. Cette jolie boîte est à vous, mais je vous interdis de chercher à savoir ce qu’il y a dedans ! 
La boîte était d’ébène (un bois précieux et noir) et délicatement sculptée, son fermoir et ses ferrures étaient d’or ouvragé. 
Julie et Julien remercièrent avec chaleur le père fouettard et regagnèrent bien vite leur chambre, où ils ne se lassaient pas de tourner et 
de retourner la boîte entre leurs mains. Alors que minuit n’était plus loin, Julie dit à Julien. 
- Si on l’ouvrait, juste un peu ? 
Le frère en avait autant envie que sa jumelle. Ils l’ouvrirent, juste un peu. Ce peu-là était déjà trop. 
Une main velue surgit et distribua des claques à l’un et à l’autre des deux enfants qui ne parvenaient pas à refermer la boîte à gifles.
Au douzième coup de minuit, ils entendirent toussoter dans la chambre. C’était le père Noël. 
- Je reconnais bien là mon frère, le père fouettard. Il vous a donné cette boîte en sachant que vous ne résisteriez pas à la tentation.
Quel enfant ne sait pas que la meilleure confiture est celle qu’on lui a interdit de manger ! 
Les jumeaux supplièrent le père Noël de les aider. 
- Cela dépend de vous. Rappelez-vous les trois plus grosses bêtises que vous avez commises cette année.
Vous verrez bien si vous êtes pardonnés ! 
Au fur et à mesure que Julie et Julien confessaient leurs plus grosses bêtises, en promettant de ne plus recommencer,
la main se faisait plus câline, plus caressante. 
- C’est bien, dit l’homme à la grande barbe blanche. Gardez la boîte. Maintenant, c’est une boîte à caresses. 
Les deux enfants se regardèrent. Ils dirent au père Noël. 
- Nous avons une maman, un papa. Nous n’avons jamais manqué ni de câlins, ni de caresses.
Prenez la boîte et offrez-la à un enfant qui a besoin de rêver. 
Ému, le père Noël s’assit sur le lit de Julie. 
- Et vous, que voudriez-vous pour Noël ?
- Un poney et une ponette, répondirent en chœur les enfants.
- C’est que je n’en ai pas amené avec moi. Attendez, il y a peut-être un moyen d’arranger les choses. 
Le père Noël prit dans sa hotte un crayon, une boîte de peinture à l’eau. Il dessina sur la tapisserie neuve un poney et une ponette.
C’est vrai qu’ils étaient bien beaux, tellement expressifs qu’on aurait pu les croire vivants.
Les enfants étaient un peu déçus, et inquiets quant à la réaction des parents en voyant la tapisserie le lendemain matin.
Ils n’en montrèrent rien, pour ne pas peiner le bon vieillard qui s’était donné tant de mal. Ils le remercièrent, 
et le bonhomme s’en fut. On entendit quelque temps tintinnabuler les sonnailles du traîneau et de l’attelage, puis ce fut le silence imposant de 
la grande nuit d’hiver. Les jumeaux s’endormirent. Ils dormirent jusqu’à ce que les réveillent des hennissements joyeux et des coups de langue amicaux sur les joues.
Il y avait là un poney, une ponette, en vrai, et le dessin sur la tapisserie avait disparu.
Mais pour les faire descendre de la chambre au premier étage, ce fut une autre histoire !









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MessagePosté le: Jeu 22 Déc - 11:33 (2016)    Sujet du message: Publicité

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tomy


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MessagePosté le: Jeu 22 Déc - 11:52 (2016)    Sujet du message: Histoires de Noël.... Répondre en citant

Okay Okay Okay
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préretraité ses cool


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Omphale


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MessagePosté le: Jeu 22 Déc - 19:21 (2016)    Sujet du message: Histoires de Noël.... Répondre en citant

mon père n'avait pas du tout apprécié nos essais picturaux sur le papier peint, il faut dire que nous avions dessiné au crayon rouge.... des fesses avec un thermomètre, voilà ce que c'est que d'avoir un père médecin.
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"attends d'avoir traversé la rivière avant de dire que le crocodile a une sale gueule" (Joseph Andjou)


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Ninete
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MessagePosté le: Jeu 22 Déc - 19:37 (2016)    Sujet du message: Histoires de Noël.... Répondre en citant

Okay Okay
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La règle d'or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu'une partie de la vérité et sous des angles différents.


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roberto


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MessagePosté le: Ven 23 Déc - 09:30 (2016)    Sujet du message: Histoires de Noël.... Répondre en citant

À cette époque, les messes de minuits étaient à minuit. Les parents de Julia l’avaient couchée de bonne heure parce que ce soir-là, 
elle allait assister à sa première messe de Noël… elle allait aller à la messe des grands!
Julia ne réussissait pas à s’endormir même si, pour lui faire plaisir, ses parents lui permirent de se coucher dans leur lit. 
Il faut dire que les derniers jours avaient été chargés d’émotions. Les plus vieux étaient revenus des études, les uns après les autres. C’était le plus beau moment de l’année.
Julia voyait tous les cadeaux sous l’arbre de Noël défiler dans sa tête. Ils n’étaient pas tous pour elle, mais c’était excitant quand même.
Peut-être que la petite boîte emballée d’un papier illustrant un gros père Noël renferme la chaîne que j’ai demandée?
 Et l’autre boîte avec des sapins décorés, qu’est-ce qu’il peut bien y avoir à l’intérieur?
Voyant qu’elle ne dormait pas encore, Léonard, un de ses grands frères est venu s’asseoir près d’elle.
– Tu ne dors pas encore?
– Non, Léo, c’est impossible…
– Tu veux que je te raconte une histoire?
– Oh oui! S’il te plaît!
Léonard lui raconta l’histoire d’un vieil homme qui était venu au village à la fin de novembre. C’était en 1901. 
L’institutrice de la petite école des rapides était gravement malade et plus personne ne pouvait enseigner. 
Le vieil homme s’était présenté devant monsieur le curé et avait proposé de la remplacer le temps qu’elle aille mieux. 
Sans trop avoir le choix, monsieur le curé avait accepté.
Au fur et à mesure que Léonard racontait son histoire, la petite Julia voyait les scènes défiler dans sa tête. Les mots que prononçait son frère se transformaient en images. 
Julia se voyait comme une élève dans la classe du vieil homme qui faisait découvrir aux enfants le monde qu’il avait parcouru.
Il leur parlait de Jules Verne et de ses romans fabuleux. Il leur racontait comment il avait vécu l’ouverture de la tour Eiffel. 
Il leur décrivait la sensation d’une tempête de sable dans le désert et la beauté des pyramides en Égypte.
Le vieil homme, finalement, était reparti au moment où l’institutrice avait retrouvé la santé peu avant Noël. 
Mais au fond, dans le cœur des enfants et de tous les villageois, le vieil homme n’était jamais parti. 
Il avait transformé la destinée du village et de ces citoyens.
Au dire de tous, conclua Léonard, le vieil homme avait offert aux enfants le plus beau cadeau de Noël. 
Il leur avait donné le goût d’apprendre et de découvrir le monde.
Julia s’endormit rapidement après que Léonard eut terminé son histoire. Elle continua de rêver au vieil homme et à son école. 
En fait, même une fois réveillée, pendant la messe et le réveillon, puis pendant l’échange de cadeaux, Julia était encore dans un état de rêve, fascinée par l’histoire du vieil homme.
– Un jour, moi aussi je changerai le monde! se disait-elle. Je deviendrai enseignante.



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roberto


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MessagePosté le: Lun 26 Déc - 04:43 (2016)    Sujet du message: Histoires de Noël.... Répondre en citant

La Reine des Oiseaux 





L'autruche était depuis toujours la Reine des Oiseaux. Grande et forte, elle savait courir très vite, mais surtout, 
elle était extrêmement sage et perspicace. Cependant, certains oiseaux, surtout ceux qui étaient fiers de voler haut et bien,  
se plaignaient de leur reine. 
L'aigle protestait plus que les autres : 
"Comment se fait-il que l'autruche soit notre reine puisqu'elle ne sait pas voler ? Pendant que nous y sommes, 
une poule pourrait aussi bien faire l'affaire ! " 
Le cormoran, l'albatros, puis le serpentaire se rallièrent à l'aigle, obtenant que l'on procède à de nouvelles élections. 
L'oiseau qui volerait le plus haut, régnerait sur les autres. L'autruche ne participa même pas à la compétition et, de honte, 
cacha sa tête dans le sable. 
La compétition commença. Le cormoran, l'albatros et le serpentaire s'élevèrent très haut dans le ciel,  
mais l'aigle vola encore plus haut. Il planait triomphalement dans les nuages, quand il vit soudain un petit troglodyte s'agiter  
au-dessus de lui. Il s'était caché subrepticement dans le plumage de l'aigle qui l'avait emporté jusque dans le ciel. 
L'aigle tenta en vain de voler encore plus haut, mais les forces lui manquèrent. Les oiseaux furent interloqués et mécontents. 
Ce minuscule troglodyte ferait, en vérité, un piètre roi ! Le petit oiseau se hâta de les rassurer : 
"Je ne veux pas être roi. Quel souverain pourrais-je faire ? Aussi mauvais que ce stupide aigle qui se laisse duper par n'importe qui ? 
Que la sage autruche continue à être notre reine ! " 
Et c'est ainsi que l'autruche resta la Reine des Oiseaux. 

 

 


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roberto


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MessagePosté le: Mar 27 Déc - 06:14 (2016)    Sujet du message: Histoires de Noël.... Répondre en citant

Le jardin de la belle El Ghalia Bent El Mansour


(Conte arabe traditionnel)


Il était une fois un homme de bien qui possédait sept femmes et sept juments. Les unes et les autres étaient stériles. Le maître se désolait lorsqu’il parcourait le souk.
Il regardait avec attendrissement les pères et les fils déambuler de concert en échangeant paroles douces comme le miel et sourires emprunts de respect.
Un beau jour, il alla trouver un docteur juif et lui demanda ce qu’il devait faire pour connaître enfin les joies de la paternité. 
Le vieux juif lui conseilla de prendre une huitième épouse et d’acheter une huitième jument.
Ce qu’il fit ! La première année, sa première femme lui donna un premier fils ; sa première jument, un premier poulain.
Il en fut ainsi chaque année pour chacune de ses femmes et chacune de ses juments. La huitième année, la huitième femme lui donna un huitième fils, le plus aimable qui soit ; 
la huitième jument engendra un poulain qui était le plus vif et le plus rapide que l’on eût jamais vu.
L’homme de bien était un homme comblé. Mais les qualités de son benjamin suscitaient la jalousie de ses aînés. Ils bouillaient de le voir toujours briller en société, 
de le voir gagner toutes les courses avec son cheval. Ils allèrent un jour se confier à leur vieille nourrice qui s’était retirée non loin du souk.
Celle-ci se rendit auprès de son ancien maître, parla de choses et d’autres (du temps, de la récolte de dattes à venir, des caravanes qui faisaient halte aux portes de la ville, 
des esclaves noirs et chrétiens qu’on vendait sur le marché…) Puis elle lui demanda :
- Sais-tu quel fils t’aime le plus ?


L’homme de bien sourit avec indulgence, convaincu de connaître la réponse. Pour ne pas blesser la nourrice, il dit :
- Je ne sais pas !


- Eh bien, dit la nourrice, fais semblant d’être malade ! Demande à tes fils de t’apporter les fruits du jardin de la belle El Ghalia Bent El Mansour qui seuls pourraient te guérir.
L’homme se prêta au jeu. Les fils se récusèrent les uns après les autres. À l’exception du dernier, qui promit de se mettre en quête dès le lendemain. 
Le père ordonna à ses frères d’accompagner le benjamin. Il leur fit remettre une somme d’argent pour pourvoir aux frais du voyage, qui serait long et dangereux.
Le lendemain, les huit frères se mirent en route. En traversant la première ville rencontrée, les aînés vendirent leurs chevaux, et ouvrirent un commerce.
Le plus jeune poursuivit sa route. Après avoir parcouru le pays en tous sens, il se prépara à passer la nuit sur un rocher dominant une vaste grotte. 
Comme le sommeil le gagnait, il entendit du bruit. Ouvrant les yeux, il vit un troupeau de moutons qui pénétrait dans la grotte.
Le berger n’était autre qu’une vipère énorme ! De saisissement, le jeune homme fit un geste brusque. Il heurta son sac de voyage. Ses provisions roulèrent vers la vipère. 
Cette dernière s’en délecta. Elle déclara qu’elle était prête à exaucer le moindre vœu de l’homme qui avait calmé son appétit. Le jeune homme s’empressa de se montrer. 
Il lui dit qu’il voulait se rendre au jardin de la belle El Ghalia Bent El Mansour !


- Rien de plus facile, dit la vipère : le chemin qui mène à ce jardin passe par ma gueule. Tu devras prendre garde aux deux montagnes qui closent mon gosier :
il se ferme et s’ouvre si vite que tu serais broyé s’il se refermait sur toi ! Tu devras aussi invoquer le nom d’Allah quand les éléments te feront obstacle. 
Si tu échappes à mon gosier et aux éléments déchaînés, tu parviendras au jardin de la belle El Ghalia Bent El Mansour !


La vipère ouvrit son énorme gueule. Le cheval, d’un bond, entra à l’intérieur. Le jeune homme prit le temps de réciter un verset du Coran avant de jeter son cheval dans le défilé du gosier :
ils n’eurent que le temps de passer… La queue du cheval fut coupée net quand les deux montagnes se refermèrent.
La route fut longue jusqu’au jardin de la belle El Ghalia Bent El Mansour. Les pierres roulaient vers eux, les arbres et les plantes se tordaient pour les étouffer, le vent rugissait,
des vagues monstrueuses tourbillonnaient. Le jeune homme invoquait le nom d’Allah. Il avançait toujours. Il parvint enfin devant un mur derrière lequel se dessinait un château de marbre vert.
Une porte d’or, couverte d’une coupole de jade, protégeait l’entrée de la propriété. Un corbeau, qui tenait dans son bec une clé en or, était perché au-dessus de la coupole :
- Je suis le gardien du jardin de la belle El Ghalia Bent El Mansour. Pour entrer, il te faudra me tuer. Voici un fusil et six balles. Si tu me rates six fois, la terre t’avalera !


Le jeune homme prit le fusil, et rata une première fois le corbeau. Il s’enfonça dans le sol jusqu’aux chevilles. Il tira une seconde balle. 
Il rata de nouveau le corbeau. Il s’enfonça jusqu’au genoux. Il tira une troisième balle. Le corbeau tomba, et la clé d’or avec. La terre se mua en sable. 
Le jeune se dégagea. Il pénétra dans le parc du château. Il sentit qu’on lui touchait le bras. En se retournant, il vit une esclave :
- Ma maîtresse, la belle El Ghalia Bent El Mansour dort depuis quatre jours. Tu devras attendre quatre jours pour la rencontrer, car elle veille huit jours, et dort ensuite pendant huit jours…
- Je n’ai pas le temps d’attendre, dit le jeune homme : mon père est malade et je dois lui ramener au plus vite les fruits du jardin de la belle El Ghalia Bent El Mansour !


Sans écouter les protestations de l’esclave, il se rendit au jardin. Il y emplit son sac de fruits. Avant de partir, il prit son poignard, se coupa le doigt, et écrivit son nom sur le mur.
Il reprit le même chemin. Il apaisa de nouveau, en invoquant le nom d’Allah, les éléments déchaînés. Il franchit de nouveau, après avoir récité un verset du Coran, le gosier du monstre. 
Puis il partit vers la ville où il avait laissé ses frères. Ceux-ci vendirent leur commerce, achetèrent de nouveaux chevaux, et prirent le chemin de la maison du père. 
En cours de route, l’aîné se plaignit de la soif. Le benjamin chercha un puits, et en trouva un. 
- Il n’y a plus une goutte d’eau dans ce puits, s’exclama l’aîné !


Le benjamin se pencha. Les frères le firent basculer. Sans plus attendre, ils gagnèrent la demeure du père. L’homme de bien contemplait les fruits du jardin de la belle El Ghalia Bent El Mansour. 
Il les tournait et les retournait dans sa main. Son cœur était triste : les aînés avaient prétendu que le benjamin les avait quittés pour mener joyeuse vie, dépensant sans 
compter son argent avec des gens de peu et des femmes impures.


Pendant ce temps, la belle El Ghalia Bent El Mansour s’était éveillée. Mise en fureur par la disparition des fruits, elle fit couper la tête de son esclave.
Elle partit ensuite à la recherche de son voleur. Son cheval franchit la gueule de la vipère d’un bond, sans même avoir touché le sol.
En chemin, la belle El Ghalia Bent El Mansour, qui comprenait le langage des oiseaux et des animaux, les entendit vanter les mérites d’un jeune homme qui avait affronté bien
des dangers pour rapporter à son père des fruits destinés à le guérir d’une maladie terrible. Elle reconnut le nom de son voleur ! Avec l’aide d’Allah le miséricordieux, 
le fiel de la colère se mua peu à peu en miel. Parvenue chez le père, elle se présenta comme la belle El Ghalia Bent El Mansour. Elle exigea d’être présentée à son voleur.


Les frères, qui redoutaient sa vengeance, s’empressèrent de nier être l’auteur du larcin. Le père se fâcha. Il leur dit que s’ils ne lui disaient pas la vérité, 
il leur ferait couper la tête. Honteux, les frères confessèrent avoir assassiné le benjamin. Aussitôt, le père organisa une caravane pour ramener le corps de son fils.
Devant le puits, un cheval à la queue coupée net hennissait de douleur. Quelle ne fut pas la surprise du père et de la belle El Ghalia Bent El Mansour en apercevant l
e jeune homme retenu par une toile d’araignée ! Allah le miséricordieux lui avait ainsi manifesté aide et estime !
La belle El Ghalia Bent El Mansour épousa son voleur et, touchée par la grande bonté d’Allah, elle fit grâce aux sept frères !


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roberto


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MessagePosté le: Mer 28 Déc - 20:06 (2016)    Sujet du message: Histoires de Noël.... Répondre en citant

Le ksour aux quatre tours
( Histoire du roi Onor et du berger Hâd )


Depuis quelque temps déjà, le roi Onor ne se sentait de goût pour rien ; il dépérissait, bien qu’on l’estimât comme un roi puissant, bon, sage, croyant, infiniment respectueux d’Allah ; malgré les quarante houris qui agrémentaient son harem, toutes plus belles et aimantes les unes que les autres ; malgré la nature qui l’avait comblé du don t’entendre le langage des animaux. Les meilleurs médecins du royaume furent mandés auprès du roi : aucun ne trouva de quel mal pouvait bien souffrir Onor, jusqu’à ce que le plus vieux, le plus chenu, le plus savant, le plus saint, le plus sage d’entre eux, qui revenait de la Mecque, hochât la tête ; il dit : “ Le roi se meurt d’ennui, il faut le divertir ! ” On fit mander tout ce que le royaume comptait de conteurs, musiciens, joueurs de genbri , de bendir , de rebab et de kamanja , de derboukas et de thilat , de jongleurs, de chikha , de baladins de toutes sortes... Rien n’y fit : aucun de tous ceux-là ne l’arracha à la torpeur qui l’envahissait tous les jours un peu plus, pas un qui lui arrachât un sourire ; jusqu’à ce qu’un aigle, entrant par la fenêtre du ksour , vînt se poser sur l’accoudoir du trône royal ; sans plus de cérémonie, il s’adressa à lui :
“ Roi Onor, je vais te conter l’histoire du berger Hâd ; puisse-t-elle te divertir et te rendre pour un temps le monde agréable. Ce jeune garçon avait été placé enfant chez un riche fellah pour y garder ses brebis ; encore heureux : pauvre parmi les plus pauvres, Hâd eut autrement depuis longtemps rejoint le paradis d’Allah. Il avait pour l’aider dans sa tâche une petite chienne que le maître avait baptisée Louisa, sans doute afin de manifester en quel peu d’estime il tenait cet animal. Un jour où le petit berger gardait les brebis du maître près de l’Oued , la petite chienne entreprit de gratter furieusement la terre ; elle mit au jour un tajine contenant du Khôl ; par jeu, Hâd maquilla l’oeil droit de Louisa : la petite chienne tourna trois fois sur elle-même, puis elle fila vers le désert, elle creusa le sable et exhuma un trésor fabuleux ; Hâd recommença une nouvelle fois l’opération, maquillant cette fois-ci l’oeil gauche : la petite chienne tourna de nouveau trois fois sur elle ; elle courut jusqu’à un autre endroit où elle déterra un autre trésor. Il en fut ainsi durant plusieurs jours : que Hâd maquillât l’un puis l’autre oeil de Louisa, celle-ci courait déterrer un nouveau trésor. Pendant quelque temps le petit berger amassa les pierres précieuses, les pièces d’or, les tissus richement brodés dans une grotte du désert ; un jour enfin il s’en fut trouver son maître ; il lui dit : “ Maître, je vous rachète votre ferme, les igherm et toute la propriété alentour ! ” Le fils d’Adam rit en entendant ces paroles : “ Comment pourrais-tu me payer ma ferme, les igherm, la propriété alentour, alors que tu n’as rien ? Sans moi, tu serais depuis longtemps mort de faim ! C’est bon : ma ferme vaut dix mille rials ; pour toi, j’en propose le double ! ” Hâd quitta la maison du maître qui riait tant qu’il étouffait ; son rire s’étrangla dans sa gorge quand le petit berger revint portant deux choukkara remplies de pièces d’or : “ Le compte y est : vous pouvez recompter ! ”
Hâd entreprit aussitôt de se faire construire un ksour, avec de vastes caves pour y entreposer ses richesses ; il fit dresser une tour, si haute qu’on pouvait tout à la fois admirer le désert et voir l’horizon jusqu’à la mer ; quand la tour fut construite, il monta tout en haut ; il cria aux quatre points cardinaux, comme l’eût fait un muezzin : “ Je suis le plus riche, le plus grand, le plus puissant des fils d’Adam ; aucun homme n’est mon égal, je suis fort, le plus fort, aussi fort qu’Allah lui-même ! ” Quelqu’un lui tapa sur l’épaule : c’était la Mort ! “ Crois-tu ? Et bien, aussi puissant que tu sois, tu ne m’échapperas pas : ton heure est venue de rendre à Allah des comptes sur ta témérité ! ” Hâd se jeta à genoux ; il supplia la Mort : “ Je ne suis pas prêt : laisse-moi deux mois, par pitié ! ” La Mort hocha la tête ; elle dit : “ C’est bien je te laisse deux mois ! ” L’ancien berger se fit construire une tour si haute qu’il fallait une journée pleine pour en atteindre le sommet ; le délai écoulé, la tour finie, la Mort était au rendez-vous. De nouveau Hâd se fit suppliant : “ Je ne suis pas prêt : laisse-moi six mois, par pitié ! ” La Mort hocha la tête ; elle dit : “ C’est bien je te laisse six mois ! ” L’ancien berger se fit construire une tour si haute qu’il fallait trois jours pleins pour en atteindre le sommet ; le délai écoulé, la tour finie, la Mort était au rendez-vous. De nouveau Hâd se fit suppliant : “ Je ne suis pas prêt : laisse-moi un an, par pitié ! ” La Mort hocha la tête ; elle dit : “ C’est bien, mais c’est la dernière fois : je te laisse un an ! ” L’ancien berger se fit construire une tour si haute qu’il fallait une semaine pleine pour en atteindre le sommet ; le délai écoulé, la tour finie, la Mort était au rendez-vous ! Hâd s’était dissimulé sous une peau d’âne ; la Mort hocha la tête ; elle toucha la peau de son doigt : “ Riche ou pauvre, puissant ou humble, personne, jamais, quand bien même celui-là changerait de peau, ne saurait m’échapper ! ” Hâd mourut ! Cette nuit-là le ksour s’enfonça dans la terre ; au matin, le sable du désert avait recouvert son emplacement ! ”
Depuis longtemps le roi Onor s’était dressé sur le coude ; il buvait chacune des paroles de l’aigle : “ Quelqu’un saurait où se trouve cet endroit ! ” L’aigle réfléchit un court instant : “ Si quelqu’un le sait, c’est mon grand-père ; il est si vieux qu’il ne pourra jamais voler jusqu’à toi : je devrai le porter sur mon dos ; tu pourrais, toi, lui rendre jeunesse et vigueur en lui grattant la tête ! ” Le roi Onor promit de s’occuper du vieil aigle ; quelques jours plus tard, l’aigle fut de retour, son grand-père sur le dos ; le roi gratta la tête de l’ancêtre ; celui-ci retrouva jeunesse et vigueur. Quelques jours encore : une caravane prenait le chemin du désert, guidé par le grand-père de l’aigle. Arrivé à destination, le roi Onor convoqua Cyclone et Tornade : “ Demain matin, dès la première heure, vous ferez surgir le ksour aux quatre tours ; ma récompense sera à la mesure du service rendu ! ” Durant la nuit Cyclone se dit que s’il faisait surgir le ksour durant le sommeil du roi, la récompense serait pour lui seul ; lorsque le souverain se réveilla, dès la première heure, il entra dans une extrême colère en voyant le ksour : “ Mon plaisir était de le voir surgir, Cyclone m’en a privé : il sera puni ! ” Il fit seller son cheval préféré, il s’approcha du ksour, avec la ferme intention d’y pénétrer ; en franchissant la porte, il vit l’écriteau apposé au-dessus : “ Quiconque franchit cette porte, franchit les portes de l’enfer ! ” Comment faire, alors que le cheval s’était déjà engagé ? Le roi Onor ne pouvait dès lors ni avancer, ni reculer : tirant son épée, il trancha la tête du cheval, qui roula à l’intérieur ; le souverain demanda qu’on lui fît dresser un siège ; il s’assit, la tête reposant sur ses mains croisées sur le pommeau de sa canne ; il resta en contemplation devant le ksour aux quatre tours sept jours et sept nuits, sans jamais bouger ; personne n’eut l’audace de le distraire dans sa méditation, jusqu’à ce qu’un petit ver entrât par le pied de la canne, montât jusqu’au pommeau ; la canne cassa ; le roi Onor tomba : on vit qu’il était mort, un sourire d’infini bonheur sur les lèvres !



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roberto


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MessagePosté le: Jeu 29 Déc - 06:11 (2016)    Sujet du message: Histoires de Noël.... Répondre en citant

La Jouvencelle au roseau.


(conte transcaucasien)


Il était une fois un roi juste et bon, mais âgé, qui ne souhaitait qu’une chose : transmettre la couronne à son fils unique. Il sentait le temps venu pour lui de jouer au grand-père en faisant sauter ses petits-enfants sur ses genoux. Il fit proclamer, dans les limites du monde connu, qu’il consentirait à donner son fils en mariage à toute jeune personne de qualité, pourvu qu’elle agréât à son fils. Des quatre coins du monde connu, des messagers apportèrent des tableaux de jeunes filles ; belles, et moins belles ; jeunes et moins jeunes ; riches et moins riches. Toutes aspiraient à devenir reine. Le prince jetait un œil distrait sur les portraits de ces dames. Il refusait son agrément. Chaque fois que le vieux roi s’étonnait de pareille obstination, le prince prétendait qu’il connaissait celle qui lui était destinée : elle lui apparaissait chaque nuit en rêve. Il ne pouvait se tromper. Un jour, le prince s’en alla porter ses pas jusqu’au bord de la rivière qui traversait de part en part la Capitale du royaume. L’envie lui prit de se tailler une flûte dans l’un des roseaux. Voilà qu’à peine le roseau taillé, il se mit à jouer seul ! Une voix s’éleva :
- Je suis la jouvencelle au roseau, celle qui depuis toujours t’est destinée. Une méchante sorcière m’a transformée en roseau d’or, dans l’île qui se trouve où le fleuve se jette dans un lac. Pour m’épouser, tu devras me retrouver et tailler le roseau d’or !
Le prince courut informer le roi qu’il savait où se trouvait celle qui depuis toujours lui était destinée. Le roi se désola que son fils pût croire à pareille fable ! Contre la promesse d’épouser la fille qu’il lui aurait choisie, pour le cas où sa quête serait vaine, il donna consentement à le laisser s'éloigner à la recherche de sa belle, en aval de la rivière. Le prince fit seller un cheval. Il suivit le cours de l’eau. Il parvint, au soir du premier jour, à l’endroit où le fleuve se jetait dans le lac. L’île se profilait à quelques centaines de brasses. Sans plus attendre, il se jeta dans les flots tumultueux. Il entreprit de fouiller l’île. Il dut interrompre ses recherches à nuit faite. Il se résolut à dormir sur place. Le lendemain, il reprit ses recherches, toute une journée durant. Il désespérait réussir quand, alors que le soir tombait de nouveau, dans un épais bosquet de roseaux, il trouva le roseau d’or. À peine l’eut-il taillé avec son couteau, que le roseau lui échappa. Dès qu’il eut touché le sol, le roseau se métamorphosa en une jeune fille, vêtue de sa seule longue chevelure noire qui lui battait les talons. La jouvencelle au roseau était encore plus belle que dans ses rêves ! Ses yeux étaient verts, couleur d’eau mouvante. Sa peau délicate avait la couleur du lait. Ses lèvres étaient aussi rouges que des grenades. Il émanait de sa personne un parfum si délicat qu’aucune rose ne lui était comparable. Le prince voulut la mener sur-le-champ jusqu’au palais de son père. La jeune fille l’en dissuada :
- Je ne peux être présentée à ton père dans le plus simple appareil. Tu dois, mon bien aimé, toi que j’ai appelé en rêve durant toutes ces nuits, aller me quérir une robe afin que j’apparaisse à tous digne d’être ta femme. Va vite, je t’attendrai !
Le prince se rendit aux raisons de la jouvencelle. Il reprit aussi vite que cela se peut le chemin de la Capitale.
Ce que tous deux ignoraient, c’est que la sorcière n’avait perdu miette de la rencontre de l’homme et du roseau, de la métamorphose de la jouvencelle, de la discussion entre les deux jeunes gens ! Comme elle voulait être reine, elle donna au dépourvu un coup de baguette à la jeune fille, qui devint un petit poisson d’or ! Drapée dans sa longue chevelure noire, identique à celle de la jouvencelle, la sorcière attendit le retour du prince.
Les choses ne se déroulèrent pas comme ce dernier l’avait prévu : le roi le dissuada de retourner sur-le-champ chercher sa promise.
- Tu seras plus utile ici, pour recevoir nos invités ! Envoie plutôt ton serviteur, et la femme de chambre, qui sera dorénavant à l’entière disposition de ta femme, jusqu’à l’île, avec un carrosse. Puisque tu veux en faire une reine, elle doit entrer en reine dans la Capitale !
Le jeune homme se rendit aux raisons de son père. Pendant que le carrosse traçait chemin vers l’île au roseau, le jeune homme s’empressa auprès des invités à la noce, veillant à ce qu’ils ne manquassent de rien !
En arrivant sur place, la femme de chambre, portant une robe de soie agrémentée de perles et de diamants destinée à la jouvencelle, ne put s’empêcher de s’étonner à haute voix que le prince eut choisi femme si laide, ridée comme un pachyderme, à la peau si noire !
- C’est à cause du prince ! Il m’a fait attendre toute une journée en plein soleil, prétendit la sorcière. Dans quelques jours, il n’y paraîtra plus. Je redeviendrai la jouvencelle de ses rêves. Tu dois me couvrir la tête d’une étoffe afin de me protéger des agressions du soleil !
C’est donc voilée, que la sorcière pénétra dans la Capitale de son futur royaume. Le prince s’étonna d’un tel travestissement :
- Pourquoi, ma bien aimée, dissimuler ton visage à la beauté incomparable à nos invités ?
Elle lui fit d’amers reproches sur le peu d’empressement qu’il avait mis à venir la chercher. Cette désinvolture expliquant la raison pour laquelle elle avait le teint gâté ! Le prince fut surpris par la voix croassante qui émanait du voile. Il mit cela sur le compte des fatigues du voyage. La sorcière obtint du roi qu’il fît couper la tête de la femme de chambre qui l’avait trouvé femme si laide, ridée comme un pachyderme, à la peau si noire !
Le mariage eut lieu. Le soir même, le prince découvrait enfin la supercherie. Trop tard ! Ils étaient mariés devant Dieu. De ce jour, le prince erra désespéré dans le palais. Il évitait autant qu’il le pouvait tout face à face avec sa femme. Il passait de longues journées à se promener au bord de la rivière ; cette rivière qui lui rappelait le souvenir de la jouvencelle au roseau…
Le petit poisson d’or avait remonté la rivière en amont. Il parvint ainsi aux abords du palais. Il pouvait ainsi voir le prince déambuler, la mine sombre, en regardant mélancoliquement couler l’eau. Des serviteurs venaient chaque jour pêcher afin d’assurer en poisson frais les repas du roi, du prince et de sa femme. Le petit poisson d’or se laissa volontairement prendre dans les mailles de leurs filets. Les pêcheurs furent surpris en voyant un petit poisson si beau, aux grands yeux verts, couleur d’eau mouvante. Ils le délivrèrent avec précaution. Ils coururent le montrer au prince. Celui-ci, en découvrant le petit poisson d’or et les grands yeux verts, couleur d’eau mouvante, commanda immédiatement qu’on bâtit un bassin de marbre rose. C’est au bord de ce bassin qu’il passait dorénavant ses journées, observant avec tendresse les grands yeux verts, couleur d’eau mouvante, qui lui rappelaient ceux de la jouvencelle au roseau.
La sorcière savait de quoi il retournait ! Elle alla trouver le roi, son beau-père. Elle lui dit que si elle était si laide, si le prince perdait la raison en s’amourachant d’un poisson, il y avait là quelque maléfice qu’elle se faisait fort de conjurer :
- Envoyez votre fils sous un prétexte quelconque loin du palais. Faites cuire le petit poisson. Partageons-nous en la chair. Je retrouverai ma beauté et l’amour de mon mari. Vous, vous recouvrerez jeunesse et vigueur !
Le roi crut à la fable de la sorcière ! Il éloigna son fils. Durant son absence, il fit pêcher et cuire le petit poisson, qu’il partagea avec sa belle-fille. La chair du poisson ne procura ni beauté, ni amour à la sorcière ; le roi n’en obtint ni jeunesse ni vigueur !
Le cuisinier jeta les arrêtes. Le serviteur du prince les enterra dans un coin du jardin. En l’espace d’une nuit, un rosier poussa où gisaient les restes du petit poisson d’or. Au matin, les rameaux bourgeonnaient. À midi, les roses étaient fraîches écloses ! Le prince se désola de la disparition du petit poisson d’or. Quand il vit le rosier, quand il sentit les senteurs enivrantes qu’il dégageait, il entra en extase devant une telle splendeur, une telle délicatesse ! La sorcière enrageait ! Elle alla de nouveau trouver le roi, son beau-père. Elle lui dit que si elle était si laide, si le prince perdait la raison, s’amourachant d’un rosier, il y avait là quelque maléfice qu’elle se faisait fort de conjurer :
- Envoyez votre fils sous un prétexte quelconque loin du palais. Faites arracher le rosier. Faites le brûler. Je ferai de la cendre un philtre que nous nous partagerons. Je retrouverai ma beauté et l’amour de mon mari ; vous, vous recouvrerez jeunesse et vigueur !
Le roi crut de nouveau à la fable de la sorcière ! Il éloigna son fils. Durant son absence, il commanda qu’on arrachât le rosier. Le jardinier refusa. Telle une furie, la sorcière le fit congédier sur l’heure. Ses serviteurs arrachèrent l’arbuste, qu’ils brûlèrent. Le philtre que confectionna la sorcière de la cendre ne lui procura ni beauté, ni amour ; le roi n’en obtint ni jeunesse ni vigueur !
Ce que la sorcière ignorait, c’est que le jardinier avait regagné sa masure, aux abords de la Capitale, en emportant l’une des roses ! Comme il lui fallait bien manger, le jour suivant il gagna le marché pour trouver quelque emploi de portefaix ! Durant son absence, la rose se métamorphosa en jouvencelle au roseau. Quelle ne fut pas la surprise du jardiner en constatant que la maison était rangée avec soin et qu’un repas chaud l’attendait ! Le lendemain, les choses se déroulèrent à l’identique : la rose se métamorphosa en jouvencelle au roseau, le jardiner trouva maison rangée et un repas chaud ! Le surlendemain, il revint à l’improviste. Il découvrit l’existence de la jouvencelle au roseau !
- Je te supplie de ne point révéler pour l’heure ma présence en ces lieux. Va, je te prie, au marché acheter la soie la plus recherchée, de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel !
Le jardinier agréa à la demande de la jouvencelle : il revint avec la soie. Elle en tissa un tapis extraordinaire : il représentait un roseau d’or, un poisson d’or, un rosier, sur fond d’arc-en-ciel !
- Va, je te prie, exposer ce tapis au marché. Quoi qu’on t’en offre, refuse de le vendre. Quand le prince viendra, refuse encore. Dis-lui que ce tapis est à lui, à condition qu’il se rende le soir dans ta maison, accompagné de son père et de sa femme !
Le lendemain, tout le marché était en émoi ! Le bruit courait qu’on y trouvait le plus beau tapis qui soit ! Le jardinier déclinait les offres, toutes plus mirobolantes les unes que les autres. Le serviteur du prince, qui avait accompagné le carrosse, savait tout de l’aventure de son maître. Il courut l’informer de l’existence de ce tapis extraordinaire. Le prince était dans le plus complet ravissement en examinant l’œuvre :
- Dis ton prix, jardinier ! Quel qu’il soit, je t’en donnerai dix fois plus !
- Ce tapis n’est pas à vendre, prince. Vous l’aurez pour rien, à condition de venir ce soir chez moi avec votre père et votre femme !
Le prince accepta avec empressement la proposition. Le soir même, il se rendit aux abords de la ville, dans la masure du jardinier. La nuit était noire. Ni lune ni étoile pour l’attendrir. La masure était éclairée, sans qu’il s’y trouvât ni lampe, ni bougie, ni flambeau : la lumière qui baignait la pièce émanait du tapis. Une voix s’éleva :
- Prince, roi et reine, je vais vous raconter une histoire. Il était une fois une fée transformée en roseau d’or par une sorcière désireuse d’épouser un prince et de devenir reine !
Le tapis s’anima. Un bouquet de roseaux dodelinait au gré du courant !
- La fée redevint ce qu’elle était, poursuivit la voix, par la grâce de l’amour qu’elle portait à un prince, et à celui que ce dernier éprouvait en retour pour elle. La sorcière la transforma de nouveau. Elle devint petit poisson d’or frétillant dans un bassin de marbre rose !
Le tapis s’anima de nouveau. Le poisson d’or voguait dans les eaux bleues qui baignaient la pièce !
- La sorcière avait épousé par traîtrise le prince. Par traîtrise, elle fit manger de la chair du petit poisson à son beau-père, le roi. Des arrêtes du petit poisson naquit un rosier !
Le tapis s’anima à nouveau. Un rosier envahit la pièce. Son parfum enivrant envoûta les assistants !
- Ce rosier, la sorcière le fit brûler. Un brave jardinier en recueillit pourtant une rose. Voici, prince, roi, reine, l’histoire de la fée, qu’on nommait la jouvencelle au roseau, amoureuse d’un prince !
La jouvencelle au roseau se matérialisa ! Le prince la serra dans ses bras. Le roi, furieux d’avoir été dupé par une sorcière, fit enfermer celle-ci dans le cachot le plus noir, de la plus redoutable prison du royaume. Le prince épousa la jouvencelle. C’est ainsi que le vieux roi, juste et bon, réalisa le rêve qu’il caressait depuis si longtemps : il transmit la couronne à son fils unique, et connut les joies de jouer au grand-père en faisant sauter ses petits-enfants sur ses genoux !










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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:41 (2017)    Sujet du message: Histoires de Noël....

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