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Date de fondation du forum: 15 avril 2012.
8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945
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saintluc
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MessagePosté le: Ven 16 Déc - 07:02 (2016)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

Mutinerie de Tongzhou, également désignée sous le nom d'incident de Tongzhou désigne une attaque menée par les troupes chinoises contre les soldats et civils japonais dans le district de Tongzhou. Elle se déroula le 29 juillet 1937, quelques semaines après l'incident du pont Marco Polo, qui avait déclenché la seconde Guerre sino-japonaise.
En 1937, le district de Tongzhou était le siège du Conseil autonome du Hebei oriental, un gouvernement collaborateur chinois qui contrôlait le point stratégique de l'est de Pékin. En juillet, un détachement d'environ 800 soldats chinois, appartenant à la 29e armée de l'Armée nationale révolutionnaire, commandé par le général Song Zheyuan, campa sous les murs de Tongzhou et refusa de partir, malgré les protestations du chef de la garnison japonaise. Le chef du gouvernement du Hebei, espérant se débarrasser de ses alliés japonais, avait conclu un accord secret avec le général Song, lui permettant de faire venir ses troupes à Tongzhou.
Le 27 juillet, les Chinois refusèrent de déposer les armes. Le lendemain, un affrontement armé éclata entre troupes japonaises et chinoises; ces dernières furent bientôt submergées et acculées contre les murs de la ville. Environ 5000 soldats chinois de l'armée du Hebei oriental, entraînés par les Japonais, se mutinèrent alors pour venir en aide aux soldats du Kuomintang et attaquèrent la garnison japonaise. Les soldats chinois s'en prirent également à des civils Japonais et coréens résidant à Tongzhou; environ 250 civils furent tués, tandis que la ville était quasiment détruite par les combats.
Le massacre fut utilisé par le gouvernement de l'Empire du Japon pour alimenter la propagande de guerre et justifier la poursuite de l'intervention militaire en Chine.

La bataille de Shanghai opposa en 1937 l'Armée impériale japonaise à l'Armée nationale révolutionnaire chinoise pendant la guerre sino-japonaise.
Le Service aérien de la Marine impériale japonaise y procéda à l'un des premiers bombardements stratégiques de l'histoire. Ayant déclenché la guerre en juillet, l'Empire du Japon souhaitait conclure la guerre aussi rapidement que possible. Les Japonais disposaient, avant même le déclenchement ouvert du conflit, de troupes et de garnisons dans la ville spéciale de Shanghai, qui représentait un point stratégique privilégié, grâce notamment à son accès à la mer. Le 9 août, le lieutenant japonais Isao Oyama, ayant pénétré illégalement dans l'aéroport de Hongqiao, fut abattu par les troupes chinoises de maintien de la paix. Les Japonais demandèrent immédiatement le démantèlement unilatéral des troupes chinoises de la zone spéciale de Shanghai. Devant le prévisible refus chinois, la situation dégénéra en conflit ouvert.
À partir du 13 août, les troupes japonaises et chinoises commencèrent à s'affronter. Tchang Kaï-Chek ordonna au général Zhang Zhizhong de débuter le 14 août une offensive contre les Japonais, comptant sur la supériorité numérique des troupes chinoises pour battre l'armée impériale. La ville fut parcourue d'une série de batailles de rue particulièrement intenses, afin de conquérir ou défendre quartier après quartier.


Dès le 14 août, l'aviation japonaise commença à attaquer les cibles chinoises, provoquant des dizaines de milliers de morts civils. Les forces aériennes chinoises, supérieures en nombre, contre-attaquèrent alors efficacement, abattant plusieurs avions japonais. L'armée de l'air japonaise bénéficiait cependant d'une technologie plus avancée, et ses avions abattus pouvaient être rapidement remplacés, ce qui n'était pas le cas des avions chinois. Les succès initiaux de l'aviation chinoise furent vite annulés : si les Chinois parvinrent à abattre 85 avions japonais durant les combats dans la région de Shanghai, les Japonais abattirent de leur côté 91 avions chinois, ce qui représentait près de la moitié des forces aériennes de la République de Chine.
La Force aérienne de la République de Chine bombarde également lourdement la ville et par deux fois frappe la concession française de Shanghai faisant plusieurs centaines de morts, l'attaque du 14 août faisant 445 morts et 828 blessés


À partir du 23 août, les troupes japonaises amphibies commencèrent à débarquer massivement, entraînant la retraite des troupes chinoises de la ville de Shanghai elle-même. Les deux semaines suivantes virent une série de combats particulièrement intenses dans les villes et villages des environs de Shanghai.
La résistance chinoise fut acharnée, et les Japonais durent batailler pour prendre un village côtier après l'autre. Mais, mal armées et ne disposant pas de forces navales suffisantes pour leur venir en renfort, les troupes chinoises perdirent peu à peu du terrain. Du 11 au 30 septembre, des combats très durs eurent lieu autour de la ville de Luodian2, qui représentait un point stratégique : les Chinois durent affronter un adversaire disposant désormais d'une puissance de feu très importante, et perdirent de nombreux hommes. L'armée chinoise parsema de champs de mines les routes conduisant aux villes côtières des environs de Luodian. À la fin août, les combats se firent également très âpres dans la ville côtière de Baoshan, autre point stratégique vital. Le 6 septembre, la ville tomba, les Japonais ayant réussi à anéantir les troupes chinoises qui en assuraient la défense.
 


À compter d'octobre, les troupes japonaises avaient vu monter leurs effectifs dans la région de Shanghai jusqu'à 200 000 hommes, le Japon espérant accélérer la fin du conflit. La ville de Dachang, au sud de Shanghai, et les berges de la rivière Yunzaobin, furent le cadre de combats acharnés, dans lesquels les Japonais ne réussirent qu'à avancer de cinq kilomètres entre le 11 septembre et le 20 octobre. L'armée chinoise du Guangxi, arrivée en renfort, organisa une contre-offensive qui échoua. Dachang tomba finalement le 25 octobre. À la fin du mois d'octobre, Tchang Kaï-chek organisa la défense de la rivière Suzhou, contre l'avis d'autres chefs militaires comme Li Zongren, qui souhaitaient que les troupes chinoises soient déployées au plus vite pour défendre Nankin. L'armée chinoise, épuisée, ne parvint pas à empêcher les Japonais de traverser la rivière et de prendre la berge le 30 octobre.
 Le 5 novembre, les troupes japonaises débarquèrent à Jinshanwei, située sur la Baie de Hangzhou, au sud de Shanghai. À la fin novembre, les troupes chinoises, épuisées et à court de munitions, entamèrent leur retraite finale, et se replièrent sur Nankin, la capitale chinoise.
Peu après leur victoire définitive, les Japonais établirent à Shanghai un gouvernement collaborateur, chargé d'administrer la région. La durée et l'intensité inattendues des combats à Shanghai firent comprendre aux Japonais que le conflit en Chine serait plus long et plus difficile que prévu. L'armée japonaise décida de prendre au plus vite la capitale, pour venir à bout du gouvernement chinois, dans l'espoir d'abréger la résistance. S'ensuivirent la déroute des troupes chinoises à Nankin et un massacre de grande ampleur.


 

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MessagePosté le: Ven 16 Déc - 07:02 (2016)    Sujet du message: Publicité

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saintluc
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MessagePosté le: Sam 17 Déc - 04:38 (2016)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

La bataille de Pingxingguan plus communément appelée la grande victoire de Pingxingguan fut un affrontement entre la Huitième armée de route du parti communiste chinois et l'Armée impériale japonaise, le 25 septembre 1937.
En septembre 1937, les forces japonaises, venant de remporter avec aisance une série de victoires, envahissaient le Shanxi : l'Armée nationale révolutionnaire chinoise tenta sans succès de les arrêter à Taiyuan
Dans le cadre de cette invasion, une colonne de l'armée japonaise et des troupes supplétives du Mandchoukouo, engagée dans le défilé de Pingxingguan, tomba dans un guet-apens tendu par la 115e division communiste dirigée par Lin Biao. Les communistes parvinrent à anéantir les troupes ennemies, à repousser les forces armées japonaises arrivées en renfort, et à s'emparer d'un convoi de cent camions, comportant des armes, du matériel et du ravitaillement. Le Parti communiste chinois vit dans cette opération sa première grande prise de matériel lourd ainsi qu'une illustration de l'efficacité de la tactique de guérilla prônée notamment par Mao Zedong, permettant de vaincre un ennemi mieux armé et supérieur en nombre.
La défaite des Japonais dans cette bataille ne les empêcha cependant pas de conquérir la région, où les communistes poursuivirent ensuite leurs actions de guérilla.

La bataille de Taiyuan opposa en 1937 l'Armée impériale japonaise et l'Armée nationale révolutionnaire chinoise pendant la guerre sino-japonaise.
En septembre 1937, l'armée japonaise envahit le Shanxi afin de prendre le contrôle de la région et de s'emparer de ses ressources naturelles. La chute de Datong amena les troupes chinoises à se placer sur la défensive, aux alentours de la Grande Muraille. L'envoi de forces armées pour défendre Shijiazhuang eut cependant pour effet de dégarnir le front du nord, permettant aux Japonais d'enfoncer le front chinois.
Les troupes des communistes de la Huitième armée de route, intégrées à l'armée régulière chinoise dans le cadre du deuxième front uni, participèrent aux combats contre les Japonais. L'armée impériale était soutenue par les troupes des indépendantistes de Mongolie-intérieure, commandées par le prince Demchugdongrub.
Les Japonais finirent par contourner le défilé de Niangziguan à la fin octobre, déjouant ainsi la défense chinoise de la ville, et entraînant la chute de Taiyuan le 9 novembre.
La victoire japonaise à Xinkou favorisa encore leur conquête de la région, malgré leur échec face aux communistes à Pingxingguan. Les Japonais remportèrent une victoire importante, arrachant aux Chinois le contrôle du Shanxi et d'une partie du Suiyuan, et mettant un terme provisoire à la résistance armée dans le nord de la Chine. Ils s'emparèrent également de la mine de charbon de Datong, mais se trouvèrent ensuite en butte aux attaques ponctuelles de la guérilla communiste de la région, ce qui eut pour effet de retarder sur place une partie de leurs troupes.

La Bataille de Nankin opposa en 1937 l'Armée impériale japonaise à l'Armée nationale révolutionnaire chinoise, durant la guerre sino-japonaise, et vit une victoire écrasante des troupes japonaises. Elle eut pour conséquence immédiate le massacre de Nankin.
La bataille de Shanghai, plus difficile que prévu, incita tout d'abord les Japonais à retarder l'assaut sur Nankin, alors capitale de la Chine. Le 21 septembre, le Service aérien de l'Armée impériale japonaise commença ses frappes sur Nankin. La chute de Shanghai, à la fin novembre, fit comprendre à Tchang Kaï-Chek que la capitale serait la prochaine ville à tomber. Les Japonais, souhaitant abréger le conflit après les durs combats de Shanghaï, commencèrent leur marche sur Nankin pour en finir avec le gouvernement chinois. Tchang Kaï-Chek ordonna le départ du gouvernement pour Wuhan. Le 27 novembre, les autorités chinoises conseillèrent aux étrangers de quitter la ville; les civils chinois commencèrent également à fuir. Malgré la difficulté de la tâche, il fut décidé de défendre tout de même Nankin contre les Japonais; Tang Shengzhi accepta de prendre la direction des opérations. Les troupes chinoises demeurées sur place, mal préparées, pratiquèrent une politique de la terre brûlée, consistant à bloquer les routes, ce qui empêcha un certain nombre de civils de prendre la fuite. L'armée chinoise étant en pleine déroute, un certain nombre de défenseurs choisirent également la désertion.
À partir du 3 décembre, le combat au sol commença entre les troupes japonaises et chinoises dans les environs de Nankin. Les Japonais assiégèrent la ville elle-même à compter du 6. Le 10, les Chinois n'ayant pas répondu à leur ultimatum, le commandant japonais Iwane Matsui ordonna de prendre la ville par la force. Le 12, les troupes chinoises reçurent l'ordre de se replier, mais leur retraite tourna à la panique. Le 13 décembre, la ville tomba aux mains des Japonais. Le massacre de Nankin, qui s'ensuivit, occupe une place importante parmi les crimes de guerre japonais.
Nankin devint ensuite le siège d'un gouvernement collaborateur, le Gouvernement réformé de la République de Chine, et fut à partir de 1940 le siège du Gouvernement national réorganisé de la République de Chine mis en place par les Japonais.

 

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saintluc
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MessagePosté le: Dim 18 Déc - 06:13 (2016)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

Le massacre de Nankin, également appelé sac de Nankin ou viol de Nankin, est un événement de la seconde guerre sino-japonaise qui a eu lieu à partir de décembre 1937, après la bataille de Nankin. Pendant les six semaines que dure le massacre de Nankin, des centaines de milliers de civils et de soldats désarmés sont assassinés et entre 20 000 et 80 000 femmes et enfants sont violés par les soldats de l'armée impériale japonaise.
Le 7 décembre 1937, Tchang Kaï-chek, chef du Kuomintang, qui avait déclaré la ville comme capitale, décide de la fuir, l'estimant perdue, à la suite des résultats de la bataille de Shanghai et des conseils de ses stratèges allemands. Il y laisse toutefois une troupe de 100 000 hommes peu entraînés, dont la mission est de pratiquer la politique de la terre brûlée : Nankin est affichée comme un objectif imprenable, et les moyens pour les civils de s'en échapper sont détruits par ses troupes, qui devant le danger, évacuent à leur tour la ville.
Le massacre reste un sujet de controverse politique, puisque certains aspects sont contestés par certains historiens révisionnistes et nationalistes japonais, qui affirment que le massacre a été exagéré voire totalement fabriqué à des fins de propagande. Résultat des efforts des nationalistes à nier et expliquer les crimes de guerre, la controverse sur le massacre de Nankin reste un point de blocage dans les relations sino-japonaises, tout comme les relations entre le Japon et d'autres pays asiatiques tels que la Corée du Sud et les Philippines. L'estimation du nombre de victimes fait elle aussi l'objet de controverses. Il a été établi à 200 000 morts par le tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient, tandis que les chiffres officiels chinois avançaient celui de 300 000 morts, et les historiens japonais entre 40 000 et 200 000 morts.
En septembre 1931, l'armée impériale japonaise envahit la Mandchourie, une province de république de Chine, à la suite d'un attentat perpétré contre une voie de chemin de fer appartenant à une société japonaise. Cet attentat, très vraisemblablement réalisé par les Japonais eux-mêmes pour justifier l'invasion, marque le début de la conquête de la Mandchourie par le Japon. En 1932, Hirohito approuve la nomination d'un gouvernement fantoche, avec à sa tête le dernier empereur de la dynastie Qing, Puyi, dans cette province chinoise, renommée Manzhouguo (ou Mandchoukouo).
En 1937, après l'incident du pont Marco Polo, Hirohito donne son accord à l'invasion du reste du territoire chinois, ce qui conduit à la seconde guerre sino-japonaise. En août 1937, l'armée japonaise assiège Shanghai où elle rencontre une forte résistance et subit de lourdes pertes. La bataille est sanglante pour les deux camps qui se battent au corps à corps en milieu urbain. À la mi-novembre, les Japonais prennent possession de Shanghai avec le soutien des bombardements de la marine. L'état-major à Tokyo décide dans un premier temps de ne pas étendre la guerre à cause des pertes sévères et du faible moral des troupes. Toutefois, le 1er décembre, il ordonne à l'armée du centre de la Chine et à la 10e armée de prendre Nankin, alors capitale de la république de Chine.


Après avoir perdu la bataille de Shanghai, Tchang Kaï-chek sait que la chute de Nankin, l'ancienne capitale de la république de Chine, est une question de temps. Avec ses conseillers, il se rend compte qu'il ne peut pas risquer l'anéantissement de ses troupes d'élite dans la défense symbolique mais sans espoir de la capitale. Afin de préserver son armée pour de futures batailles, la plupart des soldats se retirent. La stratégie de Tchang suit les recommandations de ses conseillers allemands qui lui préconisent d'attirer l'armée japonaise à l'intérieur de la Chine en utilisant son vaste territoire comme force défensive. Tchang planifie donc une guerre de positions en usant les Japonais dans l'arrière-pays.

Laissant le général Tang Shengzhi s'occuper de la ville pour la bataille de Nankin, Tchang et la plupart de ses conseillers s'enfuient vers Wuhan, où ils restent jusqu'à y être attaqués en 1938.
Devant les journalistes étrangers, Tang Shengzhi annonce que la ville n'abdiquera pas et combattra jusqu'à la mort. Tang rassemble environ 100 000 soldats, largement sous-entraînés, dont des troupes chinoises qui ont participé à la bataille de Shanghai. Afin d'empêcher les civils de fuir la ville, il ordonne à ses soldats de garder les portes de la cité, comme Tchang le lui a demandé. Les forces de défense bloquent les routes, détruisent les bateaux et brûlent les villages voisins, afin d'éviter une évacuation massive.
Le gouvernement est déplacé le 1er décembre et le président fuit le 7 décembre, laissant le sort de Nankin aux mains d'un comité international dirigé par John Rabe.
Le plan de défense s'effondre rapidement. Les défenseurs voient bientôt arriver des troupes chinoises battues lors de précédents engagements, dont la bataille de Shanghai, avec à leur suite l'armée japonaise. Ceci ne remonte pas le moral des défenseurs, dont beaucoup sont tués lors de la défense de la ville ou l'occupation japonaise.
Alors que le massacre de Nankin est généralement décrit comme s'étant déroulé sur plus de six semaines après la chute de Nankin, les crimes commis par l'armée japonaise ne se limitent pas à cette période. De nombreuses atrocités ont été rapportées lorsque l'armée japonaise marchait de Shanghai à Nankin.
Certains historiens émettent l'hypothèse que la violence des combats à Shanghai est en partie responsable de la « mise en condition psychologique » des soldats japonais pour qu'ils commettent plus tard les atrocités à Nankin. Une des explications les plus vraisemblables demeure toutefois la décision prise par Hirohito d'approuver une directive de son état-major suspendant les mesures de protection du droit international à l'égard des prisonniers chinois. L'influence de la propagande impériale qui décrivait les étrangers et surtout les autres populations asiatiques comme des « êtres inférieurs » faits pour être dominés, voire du bétail (kichiku), fut certainement aussi significative.
Le romancier Ishikawa Tatsuzo décrit vivement comment la 16e division de la Force expéditionnaire de Shanghai (en) commet des atrocités lors de la marche entre Shanghai et Nankin dans son roman Ikiteiru Heita (« Soldats vivants »), qui s'appuie sur des entretiens conduits par Tatsuzo avec les troupes de Nankin en janvier 1938.
Sans doute l'atrocité la plus connue est le concours de meurtres entre deux officiers japonais, rapporté dans le Tokyo Nichi Nichi Shimbun et le Japan Advertiser. Le concours est couvert comme un événement sportif avec des mises à jour régulières du score pendant plusieurs jours. Après la guerre, le 28 janvier 1948, les deux officiers sont condamnés à être fusillés par le tribunal de Nankin. Ce fait divers est retombé dans l'oubli jusqu'à la parution en 1967 d'une étude de l'historien Tomio Hora et surtout d'une série d'articles de l'historien Katsuichi Honda sur le massacre de Nankin dans le Mainichi Shimbun en 1971. Au Japon, la véracité de l'article dans le journal est sujette à un débat féroce depuis 1967. Selon le vétéran Uno Shintaro, il est vraisemblable que les officiers aient tué en majorité des prisonniers avec leur sabre.
En 2000, un historien s'accorde avec plusieurs érudits japonais qui affirment que le concours était une histoire concoctée avec la complicité des soldats afin d'augmenter l’esprit combatif national. En 2005, un juge du district de Tokyo rejette une plainte des familles des lieutenants, déclarant que « les lieutenants ont admis le fait qu'ils aient concouru pour tuer 100 personnes » et qu'il ne peut pas être prouvé que l'histoire est totalement fausse. Le juge rejette également la plainte civile des plaignants puisque les faits reprochés datent de plus de 60 ans15. L'historicité de l'événement est toujours sujette à débat au Japon



Un des articles sur le « Concours de décapitation de 100 personnes » publié dans le Tokyo Nichi Nichi Shimbun. En titre, on peut lire : « 'Incroyable record' (dans le concours de décapitation de 100 personnes) - Mukai 106 - 105 Noda. Deux lieutenants font une manche supplémentaire ». En effet, le score de 105 à 106 ne permettant pas de les départager, le concours a été prolongé jusqu'à 150 décapitations

Alors que l'armée japonaise s'approche de Nankin, les civils chinois paniqués fuient la ville non seulement en raison des dangers de la bataille à venir, mais aussi à cause des privations inhérentes à la stratégie de la terre brûlée mise en place par les troupes chinoises autour de la cité.
Le 31 juillet, le Kuomintang (KMT) publie un communiqué dans lequel il déclare qu'il réduira en cendres chaque ressortissant chinois et chaque morceau de terre plutôt que de les laisser aux mains de l'ennemi. La garnison de Nankin met donc le feu aux constructions et maisons dans les environs de Xiakuan au nord de la ville, mais aussi dans les campagnes à l'est et au sud des portes de la ville. Les cibles à l'intérieur et l'extérieur des murs de la ville, comme les casernes militaires, des maisons privées, le Ministère chinois de la communication, les forêts et même des villages entiers, sont réduites en cendres, pour une valeur estimée de 20 à 30 millions de dollars (1937)
À cette époque un certain nombre d'Occidentaux vivent à Nankin. Ce sont des commerçants ou des missionnaires. À l'automne 1937 cependant, seuls 27 étrangers sont encore en ville. Parmi eux cinq journalistes qui ne quittent les lieux que le 16 décembre. Ces étrangers forment un comité, appelé Comité international de la zone de sécurité de Nankin dans l'ouest de la ville. L'homme d'affaires allemand John Rabe est choisi comme chef du comité, en partie à cause de son appartenance au Parti nazi et de l'existence du pacte anti-Komintern entre le Japon et l'Allemagne. Alors que l'armée japonaise approche de Nankin, le maire de Nankin, Ma Chao-chun ordonne le 1er décembre 1937 à tous les citoyens chinois encore à Nankin de déménager dans la zone de sécurité. Un grand nombre fuit la ville le 7 décembre et le comité international devient de facto le gouvernement de Nankin. Dans un premier temps le gouvernement japonais donne son accord de ne pas attaquer les parties de la ville où il n'y a pas de forces militaires chinoises et les membres du comité parviennent à persuader le gouvernement chinois de sortir ses troupes de la zone.
Dans une note interne au Palais, Hirohito considère que l'attitude du prince Asaka Yasuhiko, membre de la famille impériale, laisse à désirer. Il lui enjoint pour faire amende honorable de rejoindre Nankin.
Le 5 décembre, Asaka quitte Tokyo par avion et arrive sur le front trois jours plus tard. Il rencontre les commandants de division, les lieutenants-généraux Kesago Nakajima et Heisuke Yanagawa, qui l'informent que les troupes japonaises ont presque entièrement encerclé les 300 000 hommes des troupes chinoises à proximité de Nankin et que les premières négociations laissent à penser que les Chinois sont prêts à se rendre.
Le prince Asaka aurait alors donné l'ordre de « tuer tous les prisonniers », comme représailles pour les crimes qui ont eu lieu avant et après la bataille. Certains auteurs notent que le prince Asaka a signé l'ordre donné aux soldats japonais à Nankin de « tuer tous les prisonniers ». D'autres prétendent que le lieutenant-colonel Isamu Chō, l'aide de camp du prince Asaka, aurait envoyé cet ordre sous seing du prince, sans que ce dernier ne soit au courant ou n'approuve. Toutefois, même si Chō a pris cette initiative de son propre chef, le prince Asaka, qui est l'officiel responsable, ne donne pas d'ordre pour arrêter le carnage. Quand le général Matsui arrive dans la cité quatre jours après le début du massacre, il donne des ordres stricts qui doivent mener à la fin du massacre.
Alors que l'importance de la responsabilité du prince Asaka dans le massacre est sujette à débat, la sanction finale pour le massacre et les crimes perpétrés durant l'invasion de la Chine se fondent sur la ratification par l'empereur Hirohito de la proposition de l'armée japonaise de ne pas respecter les lois internationales dans le traitement des prisonniers chinois, le 5 août 1937



Prince Yasuhiko Asaka en 1940.

Le 7 décembre, l'armée japonaise diffuse un ordre à ses troupes, avertissant que la prise d'une capitale étrangère étant un événement sans précédent dans l'histoire militaire japonaise, les soldats qui se livreraient à des « actes illégaux » « déshonorant l'armée japonaise », pillards ou incendiaires, seraient sévèrement punis.

Les militaires japonais continuent à avancer, brisant les dernières lignes de résistance chinoise. Ils arrivent au pied des murs de Nankin le 9 décembre.
Le matin du 9 décembre, les militaires lâchent des prospectus sur la ville, réclament la reddition de Nankin dans les 24 heures, menaçant de son anéantissement en cas de refus:
« L'armée japonaise, forte d'un million de soldats, a déjà conquis Changshu. Nous avons encerclé la ville de Nankin… L'armée japonaise n'accordera aucune grâce à ceux qui offrent une résistance, les traitant avec une extrême sévérité, mais ne causera aucun dommage aux civils ou militaires chinois qui ne manifestent aucune hostilité. Notre désir le plus cher est de préserver la culture de l'Asie orientale. Si nos troupes continuent de combattre, la guerre à Nankin est inévitable. La culture qui perdure depuis un millénaire sera réduite en cendres et le gouvernement en place depuis dix ans va s'évanouir dans la nature. (…) Ouvrez les portes de Nankin de façon pacifique et obéissez aux instructions suivantes. »
Pendant ce temps, les membres du Comité contactent Tang et suggèrent un cessez-le-feu de trois jours, durant lesquels les troupes chinoises pourront se rendre sans combat pendant que les Japonais garderaient leurs positions. Le général Tang accepte cette proposition à condition que le Comité international obtienne la permission du généralissime Tchang Kaï-chek, qui a fui vers Hankou où il a temporairement déplacé le siège militaire deux jours auparavant.
John Rabe monte à bord de la canonnière américaine Panay le 9 décembre et envoie deux télégrammes, le premier à Tchang par l'intermédiaire de l'ambassadeur américain à Hankou, et le second aux autorités militaires japonaises à Shanghaï. Le lendemain, il apprend que Tchang a ordonné que Nankin soit défendue jusqu'au dernier homme et a refusé la proposition.
Les Japonais attendent une réponse à leur demande de reddition, mais les Chinois ne donnent pas suite à cette demande jusqu'à l'échéance le 10 décembre. Le général Matsui Iwane attend une heure supplémentaire avant de finalement donner l'ordre de prendre Nankin par la force. L'armée japonaise se lance à l'assaut de Nankin à partir de plusieurs directions. La 16e division attaque trois portes à l'est, pendant que la 6e division et la 10e armée lancent l'offensive à l'ouest et la 9e division avance entre les deux autres fronts.
Le 12 décembre, sous le feu de l'artillerie lourde et des bombardements aériens, le général Tang Sheng-chi ordonne la retraite de ses hommes. La suite n'est que chaos. Certains soldats chinois dépouillent des civils de leurs habits dans une tentative désespérée de se fondre parmi eux, et plusieurs autres sont exécutés par leur hiérarchie chinoise alors qu'ils tentent de fuir.
Le 13 décembre, les 6e et 116e divisions de l'armée japonaise sont les premières à entrer dans la cité, rencontrant peu de résistance militaire. Peu après, la 9e division entre près de la porte Guanhua, et la 16e division par les portes Zhongshan et Taiping. Le même après-midi, deux flottilles japonaises débarquent des troupes sur les deux rives du Yanzi Jiang. Nankin est aux mains des Japonais à la tombée de la nuit.


Les troupes japonaises poursuivent les unités de l'armée chinoise qui battent en retrait, d'abord dans les environs de Xiakuan au nord des murs de la ville et autour de la montagne Zijin à l'est. Bien que les récits populaires suggèrent que la phase finale de la bataille consiste en un carnage des troupes chinoises par les Japonais, certains historiens nippons affirment que les militaires chinois restants constituent une menace sérieuse pour les Japonais. Par la suite, le prince Asaka dit à un correspondant de guerre qu'il était dans une situation périlleuse quand ses quartiers généraux ont été attaqués par les forces chinoises dans leur fuite à l'est. De l'autre côté de la ville, la 10e compagnie du 45e régiment rencontre environ 20 000 soldats chinois qui font route vers le Xiakuan.
L'armée japonaise conduit ensuite une opération de ratissage aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de la zone de sécurité de Nankin. Alors que l'extérieur de la zone de sécurité a été presque entièrement évacué, l'effort de ratissage se concentre dans la zone elle-même. Sur une superficie de 3,85 km2, le reste de la population de Nankin est littéralement entassé. Le commandement de l'armée japonaise assigne des secteurs de la zone de sécurité à certaines unités afin de séparer les soldats déguisés des civils
Les rapports des témoins occidentaux et chinois présents à Nankin dans les semaines qui suivent la chute de Nankin déclarent que dans les six semaines qui ont suivi la chute de la ville, les troupes japonaises ont perpétré des viols, meurtres, vols, incendies volontaires et autres crimes de guerre. Certains de ces témoignages proviennent des étrangers qui ont choisi de rester afin de protéger les civils chinois, dont les journaux intimes de John Rabe et de l'Américaine Minnie Vautrin. D'autres récits sont les témoignages à la première personne de survivants du massacre, des rapports de journalistes (à la fois occidentaux et japonais), mais également les journaux intimes des militaires. Le missionnaire américain John Magee réussit à tourner un film documentaire en 16 mm et les premières photographies du massacre.
Un groupe d'expatriés étrangers menés par John Rabe forme le Comité international de 15 personnes le 22 novembre et cartographie la zone de sécurité de Nankin afin de protéger les civils dans la cité. Rabe et le missionnaire américain Lewis S. C. Smythe, secrétaire du Comité international et professeur de sociologie à l'université de Nankin, recueillent les actions des troupes japonaises et déposent les plaintes à l'ambassade japonaise.




Le tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient a estimé que 20 000 femmes, dont des petites filles et des femmes âgées, furent violées, les soldats japonais pénétrant systématiquement dans les maisons, sortant les femmes pour les violer collectivement. Une fois violées, les femmes étaient tuées, souvent poignardées à la baïonnette, parfois après avoir été victimes de mutilations explicites, ou d'actes de barbarie, comme celles retrouvées avec un long bâton de bambou ou d'autres objets introduits dans le vagin. Le 19 décembre 1937, le révérend James M. McCallum écrit dans son journal intime :
« Je ne sais pas quand cela se terminera. Jamais je n'ai entendu ou lu autant de brutalité. Viol ! Viol ! Viol ! Nous estimons au moins 1 000 cas par nuit et beaucoup de jour. En cas de résistance ou tout ce qui ressemble à une réprobation, il y a un coup de baïonnette ou une balle… Les gens sont hystériques… Les femmes sont emportées chaque matin, après-midi et soir. Toute l'armée japonaise semble libre d'aller et venir comme elle veut et de faire ce qui lui plaît. »
Le 7 mars 1938, Robert O. Wilson un chirurgien de l'hôpital universitaire américain dans la zone de sécurité, écrit dans une lettre à sa famille : « une estimation prudente de personnes abattues de sang-froid se situe à environ 100 000, y compris bien sûr des milliers de soldats qui avaient déposé leurs armes. »
Voici deux extraits de ses lettres du 15 et 18 décembre 1937 à sa famille :
« Le massacre de civils est épouvantable. Je pourrais écrire des pages de cas de viol et de brutalité presque incroyables. Deux corps passés à la baïonnette sont les seuls survivants de sept balayeurs qui étaient assis sur leur siège lorsque les soldats japonais sont arrivés sans avertissement ou raison et ont tué cinq d'entre eux et blessé les deux qui ont réussi à trouver le chemin de l'hôpital. »
« Laissez-moi raconter certains cas qui ont eu lieu ces deux derniers jours. La nuit dernière la maison d'un des membres chinois du personnel de l'université a été détruite et deux des femmes, qui sont parentes avec lui, ont été violées. Deux filles d'environ 16 ans ont été violées à mort dans un camp de réfugiés. Dans l'université où se trouvent 8 000 personnes, les Japonais sont venus dix fois dans la nuit, passant au-dessus du mur, pour voler de la nourriture, des vêtements et violer jusqu'à satisfaction. Ils ont donné cinq coups de baïonnette à un petit garçon de huit ans dont un dans l'estomac, une partie de son épiploon se retrouvant hors de son abdomen. Je pense qu'il va vivre. »
Dans son journal intime qu'il tiendra durant l'attaque et l'occupation de la ville par l'armée impériale japonaise, John Rabe rend compte des atrocités japonaises. Ainsi le 1er décembre, il écrit :
« Deux soldats japonais ont escaladé le mur du jardin et étaient sur le point de pénétrer dans notre maison. Lorsque je les ai aperçus, ils ont prétendu avoir vu des soldats chinois escalader le mur. Quand je leur ai montré mon badge du parti, ils sont repartis par le même chemin. Dans une des maisons de la rue étroite qui passe derrière le mur de mon jardin, une femme a été violée et ensuite blessée à la baïonnette au niveau du cou. J'ai réussi à trouver une ambulance pour l'emmener à l'hôpital Kulou… La nuit dernière près de 1 000 femmes et filles ont dit avoir été violées, dont environ une centaine dans le collège pour filles de Ginling. Vous n'entendez rien d'autre que des viols. Si les maris ou frères interviennent, ils sont abattus. Tout ce que vous entendez et voyez n'est que brutalité et bestialité des soldats japonais. »
Il existe aussi des rapports de troupes japonaises forçant les familles à commettre des actes d'inceste. Les fils sont contraints de violer leurs mères, et les pères de violer leurs filles. Une femme enceinte qui a été violée par plusieurs Japonais a donné naissance à son bébé quelques heures plus tard, le bébé semblant toutefois être sain et sauf. Les moines qui ont fait vœu de célibat sont également forcés à violer des femmes.




Le 13 décembre 1937, Rabe écrit dans son journal intime :

« Ce n'est que lorsque l'on visite la ville que l'on apprend l'ampleur des destructions. Nous rencontrons des cadavres tous les 100 à 200 mètres. Les corps des civils que j'ai examinés avaient des trous de balles dans le dos. Ces personnes étaient vraisemblablement en fuite et ont été tuées par derrière. Les Japonais marchent à travers la ville par groupes de dix à vingt soldats et pillent les magasins (...). Je les ai vus de mes propres yeux car ils ont pillé le café de notre boulanger allemand Herr Kiessling. L'hôtel Hempel a été cassé, comme presque chaque boutique sur les rues Chung Chang et Taiping. »

Le 10 février 1938, le Secrétaire de légation de l'ambassade allemande, Rosen, écrit à son ministère des Affaires étrangères à propos d'un film tourné en décembre par le révérend John Magee et recommande son achat. Voici un extrait de sa lettre qui décrit certains des clichés. La lettre est conservée aux archives politiques du ministère des Affaires étrangères à Berlin.
« Durant le règne de la terreur japonais à Nankin – qui en tout cas continue à ce jour dans des proportions incroyables – le révérend John Magee, membre de la mission de l'église épiscopale américaine qui est sur place depuis près de vingt-cinq ans, a filmé des images qui sont un témoignage éloquent des atrocités perpétrées par les Japonais… Nous allons maintenant attendre et voir si les hauts officiers japonais réussiront, comme ils l'ont promis, à stopper les activités de leurs troupes, qui continuent encore aujourd'hui. »
« Le 13 décembre, environ 30 soldats sont venus à la maison chinoise au 5 rue Hsing Lu Koo, dans le quartier sud-est de Nankin et ont demandé à entrer. La porte a été ouverte par le propriétaire, un musulman appelé Ha. Ils l'ont tout de suite tué avec un revolver et également Mme Ha, qui s'est agenouillée devant eux après la mort de son mari, les suppliant de ne tuer personne d'autre. Mme Ha leur a demandé pourquoi ils ont tué son mari et ils l'ont abattue. Mme Hsia a été traînée de dessous une table dans la salle des invités où elle a tenté de se cacher avec son bébé âgé d'un an. Après avoir été déshabillée et violée par un ou plusieurs hommes, elle a reçu un coup de baïonnette dans la poitrine et une bouteille a ensuite été introduite dans son vagin. Le bébé a été tué à la baïonnette. Certains soldats sont ensuite allés dans la pièce suivante, où se trouvaient les parents de Mme Hsia, âgés de 76 et 74 ans, et ses deux filles de 16 et 14 ans. La grand-mère a essayé de protéger les deux filles du viol des soldats. Ils l'ont tuée avec un revolver. Le grand-père a saisi le corps de sa femme et a été tué. Les deux filles ont été ensuite déshabillées, la plus âgée violée par 2 ou 3 hommes et la plus jeune par trois hommes. La fille la plus âgée a été poignardée et un bâton introduit dans son vagin. La plus jeune a reçu des coups de baïonnette mais a été épargnée du traitement horrible subi par sa sœur et sa mère. Les soldats ont ensuite donné des coups de baïonnette à une autre sœur de 7-8 ans qui était aussi dans la pièce. Les derniers meurtres dans cette maison sont ceux des deux enfants des Ha, âgés respectivement de 4 et 2 ans. Le plus âgé a été tué à la baïonnette et le plus jeune à l'épée. »
Les femmes enceintes sont assassinées, recevant souvent des coups de baïonnette dans l'estomac, parfois après avoir été violées. Tang Junshan, survivant et témoin d'un des massacres systématiques de l'armée japonaise, témoigne :
« La septième et dernière personne de la première rangée était une femme enceinte. Le soldat pensait qu'il pourrait tout aussi bien la violer avant de la tuer, alors il l'a tirée hors du groupe à un endroit situé à une dizaine de mètres. Alors qu'il essayait de la violer, la femme a résisté avec vigueur… Le soldat l'a violemment poignardée dans le ventre avec une baïonnette. Elle a poussé un dernier cri lorsque ses intestins sont sortis. Ensuite, le soldat a poignardé le fœtus, avec son cordon ombilical clairement visible et l'a jeté à côté. »
Selon le vétéran de la marine Sho Mitani, « l'armée utilisait un coup de trompette qui signifiait « Tuez tous les Chinois qui s'enfuient » ». Des milliers ont été emmenés et exécutés en masse dans une excavation connue sous le nom « Fossé aux dix mille corps », une tranchée mesurant environ 300 m de long et 5 m de large. Alors qu'aucun décompte précis n'a été conservé, les estimations du nombre de victimes enterrées dans ce fossé vont de 4 000 à 20 000 personnes. Toutefois, la plupart des chercheurs et des historiens considèrent qu'il y en a eu plus de 12 000




Le 6 août 1937, Hirohito ratifie personnellement la proposition de son armée de supprimer les contraintes des lois internationales sur le traitement des prisonniers chinois. Cette directive conseille également aux officiers d'arrêter d'utiliser le terme de « prisonnier de guerre ».
Dès la chute de la ville, les troupes japonaises se lancent dans une recherche obstinée des anciens soldats, parmi lesquels des milliers de jeunes hommes sont capturés. Beaucoup sont amenés près du Yangzi Jiang, où ils sont exécutés à la mitrailleuse. Ce qui semble être le plus important massacre de troupes chinoises a lieu sur les berges du fleuve le 18 décembre. Les soldats japonais prennent la plupart de la matinée à attacher les mains des prisonniers de guerre ensemble et dans le crépuscule les divisent en quatre colonnes, avant d'ouvrir le feu sur eux. Incapables de s'enfuir, les prisonniers ne peuvent que crier et tomber dans le désespoir. Les mitrailleuses retentissent pendant une heure. Les soldats achèvent ensuite les prisonniers individuellement à la baïonnette. Beaucoup de cadavres sont ensuite jetés dans le Yangzi Jiang. On estime qu'environ 57 500 prisonniers de guerre chinois ont été tués.
Les troupes japonaises réunissent 1 300 soldats et civils à la porte Taiping et les tuent. Les victimes sont explosées par des mines, puis aspergées d'essence avant d'être brûlées. Les quelques survivants sont achevés à la baïonnette.
F. Tillman Durdin (en) et Archibald Steele, deux journalistes américains, rapportent avoir vu des corps de soldats chinois formant des monts de près de deux mètres de haut à la porte Yijiang au nord. Durdin, qui travaille pour le New York Times fait un tour dans la ville avant de la quitter. Il entend des tirs de mitrailleuses et voit des soldats japonais exécuter près de 200 Chinois en dix minutes. Deux jours plus tard, dans son article dans le New York Times, il affirme que les rues sont jonchées de cadavres de civils, dont des femmes et des enfants.
Selon le témoignage du missionnaire Ralph L. Phillips du Comité d'enquête de l'assemblée d'état des États-Unis, il est « forcé de regarder pendant que des Japs écorchaient un soldat chinois » et « grillaient son cœur et son foie et l'ont mangé »
  
 

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MessagePosté le: Lun 19 Déc - 07:22 (2016)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

Un tiers de la ville est détruit par des incendies volontaires. Selon certains rapports, les troupes japonaises mettent le feu aux bâtiments gouvernementaux nouvellement construits, mais aussi aux maisons de beaucoup de civils. Les zones en dehors des murs de la ville sont largement détruites. Les soldats pillent les pauvres et les faibles. Le manque de résistance des troupes et des civils chinois à Nankin signifie pour les soldats japonais qu'ils sont libres de piller les richesses de la ville comme ils l'entendent. Il en résulte un pillage et un cambriolage généralisé.
Le 17 décembre, John Rabe écrit en tant que président du Comité international une plainte à Kiyoshi Fukui, second secrétaire de l'ambassade japonaise. En voici un extrait :
« En d'autres mots, le 13, lorsque vos troupes sont entrées dans la ville, nous avions rassemblé presque toute la population civile dans une zone, dans laquelle il y a eu très peu de destruction par les obus et pas de pillage des soldats chinois, même en pleine retraite… Les 27 Occidentaux de la ville à ce moment et notre population chinoise ont été totalement surpris par le règne de vol, viol et assassinat initié par vos soldats le 14. Tout ce que nous demandons dans notre protestation est que vous restauriez l'ordre au sein de vos troupes et que la vie de la cité redevienne aussi normale que possible. Dans le dernier processus, nous étions heureux de coopérer de quelque façon que ce soit. Mais même la nuit dernière entre 20 et 21 heures lorsque cinq membres Occidentaux de notre personnel et du Comité ont visité la zone pour observer les conditions, nous n'avons trouvé aucune patrouille japonaise soit dans la zone ou à l'entrée! »
Les troupes japonaises respectent dans une certaine mesure la zone. Aucun obus n'est tiré sur cette partie de la ville, mis à part certains tirs isolés. Durant le chaos suivant l'attaque de la ville, certaines personnes sont tuées dans la zone de sécurité, mais les crimes perpétrés dans le reste de la ville sont bien plus nombreux.
Les soldats japonais commettent toutefois des actions dans la zone de sécurité qui font partie du massacre de Nankin. Le Comité international interpelle un certain nombre de fois l'armée japonaise, par l'intermédiaire de John Rabe qui utilise sans grand succès sa position de membre du Parti nazi. Rabe écrit que parfois les Japonais entrent dans la zone à volonté pour enlever des centaines d'hommes et femmes, afin de les exécuter ou de les violer puis de les tuer.



Le 5 février 1938, le Comité international transmet à l'ambassade japonaise 450 cas de meurtres, viol et désordres généraux commis par des soldats japonais, qui ont été rapportés après que les diplomates américains, britanniques et allemands sont retournés dans leur ambassade.
« Cas 5 : dans la nuit du 14 décembre, il y a plusieurs cas de soldats japonais s'introduisant dans des maisons et violant ou enlevant des femmes. Ceci a créé un mouvement de panique et des centaines de femmes sont venues se réfugier dans le campus du collège Ginling hier.
Cas 10 : dans la nuit du 15 décembre, un certain nombre de soldats japonais sont entrés dans l'université de Nankin à Tao Yuen et ont violé 30 femmes sur place, certaines par six hommes.
Cas 13 : le 18 décembre à 16h, au n° 18 I Ho Lu, des soldats japonais ont demandé une cigarette à un homme et comme il hésitait, un des soldats lui a asséné un coup de baïonnette sur le côté de sa tête. L'homme est maintenant à l'Hôpital universitaire et ne devrait pas survivre.
Cas 14 : le 16 décembre, sept filles (âgées de 16 à 21 ans) ont été enlevées dans le collège militaire. Cinq sont revenues. Chaque fille a été violée six ou sept fois par jour. Rapporté le 18 décembre.
Cas 15 : il y a environ 540 réfugiés entassés aux 83 et 85 de la rue de Canton… Plus de 30 femmes et filles ont été violées. Les femmes et les enfants pleurent toutes les nuits. Les conditions hors de la zone sont pires que ce que nous pouvons décrire. S'il-vous-plaît, aidez-nous.
Cas 16 : une fille chinoise du nom de Loh, qui avec sa mère et son frère vivaient dans un centre de réfugiés a reçu une balle en pleine tête par un soldat japonais. Elle avait 14 ans. Le fait s'est produit près de Kuling Ssu, un temple au bord de la zone pour réfugiés.
Cas 19 : le 30 janvier vers 17h, M Sone (su séminaire théologique de Nankin) a été accueilli avec plusieurs centaines de femmes suppliant de ne pas rentrer chez elles le 4 février. Ils ont dit qu'il n'est pas besoin de retourner chez eux au risque de se faire violer, voler ou tuer. (…) Une vieille femme de 62 ans est retournée chez elle près de Hansimen et les soldats japonais sont venus pendant la nuit pour la violer. Elle a dit être trop vieille. Donc les soldats l'ont éperonnée avec un bâton. Mais elle a réussi à survivre pour revenir. »
Selon les sources, Rabe aurait sauvé entre 200000 et 250 000 Chinois


« Il n'existe pas d'explication apparente pour ce sinistre événement. Les soldats japonais, qui espéraient une victoire facile, ont au contraire combattu pendant des mois et ont subi plus de pertes que prévu. Ils étaient las, en colère, frustrés et fatigués. Les femmes chinoises étaient sans défense, les hommes sans pouvoir ou absents. La guerre, bien que non déclarée, n'avait pas de but bien précis. Peut-être tous les Chinois, quels que soient leur âge ou sexe, semblaient marqués comme victimes. »
Le 18 décembre 1937, lorsque Matsui commence à prendre la pleine mesure des viols, meurtres et pillages perpétrés dans la ville, il est consterné. Il aurait dit à un de ses aides civils : « Je réalise maintenant que nous avons inconsciemment forgé un mauvais effet sur cette ville. Quand je pense aux sentiments de beaucoup de mes amis chinois qui ont fui Nankin et au futur des deux pays, je ne peux que me sentir déprimé. Je suis vraiment seul et ne pourrai jamais me réjouir de cette victoire ». Il y a même une teinte de regret dans la déclaration qu'il publie à la presse ce matin : « Je me sens personnellement désolé pour les tragédies du peuple, mais l'armée doit continuer sauf si la Chine se repent. Maintenant, durant l'hiver, la saison donne du temps à la réflexion. J'offre ma compassion, avec une émotion profonde, au million de peuple innocent ». Le jour du Nouvel An, Matsui est encore énervé par le comportement des soldats japonais à Nankin. Pendant un toast, il confie à un diplomate japonais : « mes hommes ont fait des choses très mauvaises et extrêmement regrettables ».
Fin janvier 1938, l'armée japonaise force tous les réfugiés de la zone de sécurité à rentrer chez eux, déclarant dans le même temps que « l'ordre est rétabli ».
Après la mise en place du weixin zhengfu (le gouvernement de collaboration) en 1938, l'ordre est petit à petit restauré à Nankin et les atrocités des troupes japonaises diminuent considérablement.
Le 18 février 1938, le Comité international de la zone de sécurité Nankin est renommé de force Comité international de secours de Nankin et la zone de sécurité cesse effectivement d'exister. Les derniers camps de réfugiés sont fermés en mai 1938.
En février 1938, le prince Asaka et le général Matsui sont tous les deux rappelés au Japon. Matsui prend sa retraite, mais le prince Asaka reste au Conseil martial suprême jusqu'à la fin de la guerre en août 1945. Il est promu au rang de général en août 1939, bien qu'il ne détienne plus de responsabilités militaires


Le point de vue le plus conservateur est que la zone géographique des événements devrait être limitée aux quelque km2 de la ville que constitue la zone de sécurité, où les civils se sont entassés après l'invasion. Beaucoup d'historiens japonais s'emparent du fait que durant l'invasion japonaise il y avait seulement 200 à 250 000 citoyens à Nankin, comme le rapporte John Rabe, afin de prouver que le chiffre de 300 000 est fortement exagéré selon eux.
Il faut également ajouter que les recensements ayant eu lieu seulement un mois après le massacre estiment la population de Nankin à 250 000. Il paraît toutefois étrange que la population de la ville ait autant augmenté, si l'on admet que 100 000 personnes ou plus y ont été tuées à peine un mois auparavant.
Toutefois, de nombreux historiens incluent une zone plus grande autour de la ville. En intégrant le district de Xiaguan (environ 31 km2 dans la banlieue nord de la ville) et d'autres zones dans la périphérie de la ville, la population de Nankin est de 535 à 635 000 civils et soldats juste avant l'occupation japonaise. Certains historiens incluent également les six comtés autour de Nankin, connus sous le nom de Municipalité spéciale de Nankin.
La durée des événements est naturellement définie par sa géographie : plus tôt les Japonais sont entrés sur la zone, plus long a été la durée. La bataille de Nankin se termine le 13 décembre, lorsque les divisions de l'armée japonaise entrent dans les murs de la ville de Nankin. Le tribunal des crimes de guerre de Tokyo définit la période du massacre sur les six semaines qui ont suivi. Des estimations plus conservatrices disent que le massacre a débuté le 14 décembre lorsque les troupes sont entrées dans la zone de sécurité, et qu'il a duré six semaines. Les historiens considèrent que le massacre de Nankin a commencé au moment où l'armée japonaise est entrée dans la province du Jiangsu, soit dès mi-novembre ou début décembre (Suzhou tombe le 19 novembre), et fixent la fin du massacre à la fin du mois de mars 1938.


Le général Iwane Matsui
Une estimation précise du nombre de victimes du massacre n'est pas possible car la plupart des rapports militaires japonais sur les tueries ont été détruits délibérément, ou mis au secret, peu après la reddition du Japon en août 1945 .
Le tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient estime à plus de 200 000 le nombre de victimes des événements. Les chiffres officiels chinois font état de 300 000, se basant sur l'évaluation du tribunal des crimes de guerre de Nankin. Les estimations des historiens japonais varient largement, entre 40 000 et 200 000 victimes. Certains historiens révisionnistes nient même systématiquement l'existence d'un massacre étendu et généralisé, déclarant que tous les décès sont soit justifiés d'un point de vue militaire, soit accidentels, soit des atrocités isolées non autorisées. Ces négationnistes affirment que la caractérisation des événements en massacre à grande échelle et systématique est fabriquée dans le but de servir la propagande politique.
Selon le docteur américain Lewis S. C. Smythe (en) qui témoigna au tribunal de guerre de Tokyo, le nombre de victimes était d'environ 6 600, incluant les morts et les personnes portées disparues[réf. nécessaire]. Il est important de noter que Smythe vivait à Nankin à ce moment-là, fut témoin du massacre, et continua de vivre à Nankin jusqu'en 1951.
Selon le tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient, les estimations faites a posteriori comptabilisent plus de 200 000 civils et militaires assassinés à Nankin et dans sa périphérie durant les six premières semaines de l'occupation japonaise. Ces estimations sont confirmées par les chiffres des sociétés et autres organisations mortuaires, qui témoignent plus de 150 000 corps enterrés. Ces chiffres ne tiennent pas compte des personnes dont les corps ont été détruits par le feu, la noyade ou d'autres moyens.
Selon le verdict du tribunal des crimes de guerre de Nankin le 10 mars 1947, il y a « plus de 190 000 civils et soldats chinois assassinés en masse par des mitrailleuses de l'armée japonaise, dont les corps ont été brûlés pour détruire les preuves. En outre, nous comptons plus de 150 000 victimes d'actes de barbarie. Nous avons donc au total plus de 300 000 victimes. »
La mesure des atrocités est sujette à débat, avec des chiffres63 allant de quelques centaines dans les rapports japonais, à 300 000 morts de non-combattants dans les rapports chinois65. Les historiens japonais, en fonction de leur définition de la zone géographique et de la durée des tueries, proposent des estimations très différentes sur le nombre de civils massacrés, allant de plusieurs centaines jusqu'à 200 000.
Les sources en langue chinoise ont tendance à citer un nombre de civils massacrés au-dessus de 200 000. Par exemple, une enquête après-guerre par la Cour du District de Nankin avance le nombre 295 525 morts durant les événements, dont 76 % d'hommes, 22 % de femmes et 2 % d'enfants. Un documentaire taïwanais en 42 parties produit entre 1995 et 1997, appelé Un Pouce de sang pour un pouce de terre (一寸河山一寸血), affirme que 340 000 civils chinois sont morts dans la ville de Nankin à la suite de l'invasion japonaise. 150 000 durant les bombardements et les feux croisés des cinq jours de bataille et 190 000 dans le massacre. Ces chiffres se basent sur les preuves présentées aux procès de Tokyo.
D'autres pays estiment le nombre de morts entre 150 et 300 000, en se basant sur le verdict du tribunal des crimes de guerre de Nankin, et une autre estimation des victimes civiles est de 40 à 60 000. Ce dernier chiffre correspond au recoupement de trois sources : le journal officiel de l'Armée rouge de cette époque, le Hangdibao, celui de Miner Searle Bates, membre du Comité international de la zone de sécurité et enfin les chiffres mentionnés par John Rabe dans une lettre. Ainsi, l'historien américain Jonathan Spence estime ainsi que 42 000 civils et militaires ont été tués et 20 000 femmes violées, dont beaucoup sont mortes par la suite. Le compte de victimes de 300 000 est évoqué pour la première fois en janvier 1938 par Harold Timperley, un journaliste présent en Chine durant l'invasion japonaise. D'autres sources, dont le livre de Iris Chang, Le viol de Nankin, concluent également à un nombre de morts de 300 000. En décembre 2007, le gouvernement américain déclassifie un télégramme de l'ambassadeur américain à Berlin, envoyé un jour après que l'armée japonaise occupe Nankin, dans lequel il dit avoir entendu l'ambassadeur japonais en Allemagne fanfaronner que l'armée japonaise a tué 500 000 Chinois sur la route entre Shanghai et Nankin


Le général Hisao Tani
Peu après la reddition du Japon, les officiers primaires responsables des troupes japonaises à Nankin sont mis en jugement. Le général Matsui est inculpé devant le tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient pour avoir « délibérément et imprudemment » ignoré son devoir légal de « prendre des mesures adéquates pour assurer l'observation et prévenir les infractions » des Conférences de La Haye. Hisao Tani, le lieutenant général de la 6e division de l'armée japonaise à Nankin est jugé par le tribunal des crimes de guerre de Nankin.
D'autres dirigeants militaires japonais en fonction au moment du massacre de Nankin ne sont pas jugés. Le prince Kotohito Kan'in, chef du personnel de l'armée japonaise impérial durant le massacre, meurt avant la fin de la guerre, en mai 1945. Le prince Asaka bénéficie d'une immunité en raison de son statut de membre de la famille impériale. Isamu Chō, l'aide du prince Asaka, et à qui certains attribuent le mémo « tuez tous les prisonniers », se suicide au cours de la défense d'Okinawa
Le 1er mai 1946, les responsables du Commandement suprême des forces alliées interrogent le prince Asaka, qui est officier dans la ville au moment des atrocités, à propos de son implication dans le massacre de Nankin. La déposition est envoyée à la section des poursuites internationales du tribunal de Tokyo. Asaka nie l'existence du massacre et déclare n'avoir jamais reçu de plaintes concernant la conduite de ses troupes. Quelle que fut sa culpabilité, Asaka n'est pas poursuivi devant le tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient à cause du pacte conclu entre le général MacArthur et Hirohito, selon lequel l'empereur lui-même ainsi que tous les membres de la famille impériale jouissent d'une immunité contre les poursuites.
Le procès commence à juger les événements de Nankin en juillet 1946. Le docteur Robert Wilson, un chirurgien et membre du Comité international de la zone de sécurité de Nankin, témoigne le premier.
Les autres membres du Comité international de la zone de sécurité de Nankin qui témoignent sont Miner Searle Bates et John Magee. George Ashmore Fitch, Lewis Smythe et James McCallum remplissent des déclarations écrites sous serment avec leurs journaux intimes et lettres.
Une autre pièce à conviction soumise au tribunal est le télégramme de Harold Timperley concernant le massacre de Nankin qui est intercepté et décodé par les Américains le 17 janvier 1938.
Un des livres écrit par Hsü, Les Documents de la zone de sécurité de Nankin, est apporté devant la cour.
Selon le journal intime personnel de Matsui, un jour après la cérémonie triomphale de l'entrée dans la ville le 17 décembre 1937, il donne l'ordre aux chefs de chaque division de renforcer la discipline militaire et d'essayer d'éradiquer le sentiment de dédain envers les Chinois de la part de leurs soldats.
Le 7 février 1938, Matsui prononce un discours en l'honneur des officiers japonais et des hommes des Forces expéditionnaires de Shanghai qui ont été tués au combat. Devant les hauts officiers, l'agence d'information Domei rapporte qu'il souligne la nécessité de « mettre fin aux différents rapports qui affectent le prestige des troupes japonaises ».
Le même jour, dans son journal, il écrit : « je ne pouvais seulement ressentir que la mélancolie et la responsabilité aujourd'hui, qui ont en grande majorité percé mon cœur. Ceci est causé par les mauvais agissements de l'armée après la chute de Nankin et l'échec de poursuivre avec le gouvernement autonome et d'autres régimes politiques. »


La défense de Matsui varie entre le déni des atrocités menées à grandes échelle et la soustraction de sa responsabilité sur ce qui s'est passé. Finalement, il fera de nombreuses déclarations contradictoires.
Lors de son interrogatoire dans la prison de Sugamo avant le procès, Matsui admet avoir eu vent par des diplomates japonais des nombreuses atrocités commises par ses troupes depuis son entrée dans la ville le 17 décembre 1937.
Devant la cour, il contredit son premier témoignage et dit aux juges qu'il n'a pas été « officiellement » informé au consulat au sujet des exactions, sans doute pour éviter d'admettre tout contact avec les fonctionnaires du consulat comme le deuxième secrétaire (qui deviendra plus tard consul général) Fukui Kiyoshi et Fukuda Tokuyasu, qui ont reçu et traité les protestations déposées par le Comité international.
Lors du même interrogatoire devant le tribunal, Matsui affirme qu'un officier et trois soldats de rangs inférieurs ont été en cour martiale en raison de leur mauvais comportement à Nankin, l'officier ayant été condamné à la peine capitale.
Dans sa déclaration écrite sous serment, Matsui dit qu'il ordonna à ses officiers d'enquêter sur le massacre et de prendre les mesures nécessaires. Devant la cour, cependant, Matsui dit qu'il n'avait pas compétence sur l'inconduite des soldats car il n'était pas en position de superviser la discipline et la morale militaire.
Matsui affirme qu'il n'a jamais ordonné l'exécution de prisonniers de guerre chinois. Il a en outre fait valoir qu'il avait ordonné à ses commandants de division de l'armée à punir leurs troupes pour des actes criminels, et n'était pas responsable de leur échec à mener à bien ses directives. Au procès, Matsui sort de sa ligne de défense pour protéger le prince Yasuhiko Asaka pour faire porter le blâme aux commandants des divisions inférieures
Finalement, le tribunal ne condamne que deux accusés du viol de Nankin.
Matsui est déclaré coupable du chef d'accusation 55, d'être l'un des officiers supérieurs qui « a délibérément négligé de tenir compte et de leurs obligations légales [en vertu de leurs bureaux respectifs] à prendre des mesures adéquates pour assurer [le respect des lois et coutumes de la guerre] et prévenir les violations de celui-ci, et ainsi violé les lois de la guerre ».
Hirota Koki, qui était le ministre des Affaires étrangères lorsque le Japon a conquis Nankin, a été reconnu coupable d'avoir participé à « l'élaboration ou l'exécution d'un plan concerté ou complot » (chef d'accusation 1), menant « une guerre d'agression et une guerre en violation des lois internationales, traités, accords et des assurances contre la république de Chine » (chef d'accusation 27). Il est également reconnu coupable du chef d'accusation 55.
Matsui est condamné par une majorité des juges du Tribunal de Tokyo qui juge qu'il porte l'ultime responsabilité de « l'orgie criminelle » à Nankin car « il n'a rien fait, ou rien d'efficace, pour réduire ces horreurs ».
« L'assassinat organisé et à grande échelle de civils de sexe masculin a été menée avec la sanction apparente des commandants sur le prétexte que les soldats chinois avaient enlevés leurs uniformes et se mêlaient à la population. Des groupes de civils chinois ont été formés, lié les mains derrière le dos et conduits à l'extérieur des murs de la ville où ils ont été tués par groupes par le feu de mitrailleuses et de baïonnettes. --- Du Jugement du Tribunal militaire international »
Radhabinod Pal, le membre du tribunal pour l'Inde, en désaccord avec la déclaration de culpabilité fait valoir que le commandant en chef doit s'appuyer sur ses officiers subalternes pour faire respecter la discipline militaire. « Le nom de la justice », Pal a écrit dans son opinion dissidente, « ne devrait pas être autorisé à être invoquée que pour… les représailles vindicative ».
Le 12 novembre 1948, Matsui et Hirota, avec cinq autres accusés de crimes de guerre de classe A, sont condamnés à mort par pendaison. Dix-huit autres personnes reçoivent des peines moindres. La condamnation à mort de Hirota, décision de six à cinq juges sur onze, a choqué le public en général et a provoqué une pétition en son nom, qui ne tarda pas à rassembler plus de 300 000 signatures. Mais celle-ci n'a pas réussi à commuer la peine du ministre.
Le général Hisao Tani est quant à lui condamné à mort par le tribunal des Crimes de guerre de Nankin
  
 

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MessagePosté le: Mar 20 Déc - 06:48 (2016)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

La bataille de Xuzhou opposa l'armée nationale révolutionnaire chinoise à l'armée impériale japonaise pendant la guerre sino-japonaise. Elle vit la victoire des troupes japonaises.
Par cette bataille, les Japonais encerclaient le quartier général de la 5e armée chinoise dans le Jiangsu. Après avoir été repoussés à Tai'erzhuang, les Japonais reprirent leur encerclement de Xuzhou, en passant par le nord et par le sud.
D'autres renforts japonais étant en route, la situation apparaissait comme désespérée pour les Chinois. Tchang Kaï-chek ordonna donc l'évacuation de Xuzhou pour se concentrer sur la défense de Wuhan. Malgré leur victoire militaire, les Japonais étaient trop peu nombreux pour réaliser un encerclement complet des forces chinoises, ce qui permit à une grande partie des troupes de l'Armée nationale révolutionnaire de s'extraire de Xuzhou et d'éviter l'anéantissement complet de leurs forces présentes.


Gouvernements collaborateurs chinois
Dans les années qui suivirent la conquête de la Mandchourie, puis pendant la guerre sino-japonaise, l'Empire du Japon créa plusieurs gouvernements collaborateurs chargés d'administrer les territoires conquis à la République de Chine, au fur et à mesure de l'avancée de ses troupes. Ce n'est qu'en 1940 que l'occupant japonais réunit la plupart de ces entités sous la bannière du gouvernement de Nankin (également appelé République de Chine), chargé d'incarner une autorité centrale chinoise.
Les troupes combattant sous les bannières de ces différents gouvernements étaient placées sous la supervision d'officiers japonais : les forces armées chinoises collaboratrices, initialement chargées essentiellement du maintien de l'ordre, virent leur rôle gagner en importance au fur et à mesure de la guerre sino-japonaise, en fonction de l'aide dont avaient besoin les Japonais.
Tous les gouvernements collaborateurs chinois cessèrent d'exister en 1945, avec la défaite du Japon.
 


Mandchoukouo: Création : 1932 / Disparition : 1945
Le Mandchoukouo, ou Manzhouguo (Pays du peuple Mandchou) fut proclamé le 18 février 1932, avec comme capitale Changchun (長春), renommée Xinjing (新京) ou « nouvelle capitale ». Puyi, dernier empereur de la dynastie Qing, fut mis au pouvoir comme chef de l'exécutif, puis proclamé Empereur en 1934. Au contraire des autres gouvernements collaborateurs chinois, le Mandchoukouo ne fut jamais soumis à l'autorité du Gouvernement national réorganisé de la République de Chine, et demeura considéré comme un état indépendant jusqu'en 1945.


Conseil autonome du Hebei oriental: Création : 1935 / Fusion avec le Gouvernement provisoire de la République de Chine : 1937
Le traité de paix signé entre 1933 par le Japon et la République de Chine instaura une zone démilitarisée s'étendant de Tianjin à Pékin. Le 15 novembre 1935, Yin Ju-keng, administrateur du Hebei, proclama l'indépendance de son gouvernement vis-à-vis de la République de Chine. Le Conseil autonome du Hebei oriental (冀東防共自治政府; Jìdōng Fánggòng Zìzhì Zhèngfǔ), signa aussitôt des traités de coopération économique et militaire avec le Japon, en violation des traités déjà existants entre la Chine et le Japon. Le District de Tongzhou fut choisi comme capitale de ce gouvernement pro-japonais, qui utilisait comme étendard le drapeau à cinq couleurs, premier emblème de la République de Chine. En juillet 1937, Yin Ju-keng (en) tenta de se libérer des Japonais en passant avec les troupes chinoises un accord, qui eut pour résultante la mutinerie de Tongzhou. Il fut ensuite arrêté par les Japonais, mais pas exécuté. En décembre 1937, le Conseil autonome fut absorbé au sein du Gouvernement provisoire de la République de Chine. Quelques années plus tard, Yin Ju-keng revint aux affaires, en participant à Nankin au ministère de la justice du gouvernement de Wang Jingwei, mais ne retrouva pas de fonctions de premier plan. Il fut exécuté pour trahison, le 1er décembre 1947.


Mengjiang: Création : 1936 / Autonomie au sein de la République de Chine : 1940
Le Comité mixte du Mengjiang (Mengjiang lianhe weiyuanhui 蒙疆联合委员会) était un gouvernement formé en 1936 en Mongolie-Intérieure par des autonomistes bénéficiant du soutien japonais et dirigés par le prince mongol Demchugdongrub. Après une première insurrection manquée en octobre-novembre 1936, son indépendance fut déclarée le 8 décembre 1937. Le gouvernement fut rebaptisé en 1939 Gouvernement autonome uni du Mengjiang (Mengjiang lianhe zizhi zhengfu 蒙疆联合自治政府), puis en 1941 Fédération autonome de Mongolie (Menggu zizhi bang 蒙古自治邦). Le Mengjiang fut placé durant la guerre sous le contrôle théorique du Gouvernement national réorganisé de la République de Chine, mais conserva sa relative autonomie jusqu'à la fin du conflit.


Gouvernement provisoire de la République de Chine: Création : 1937 / Fusion avec la République de Chine : 1940
À la suite de l'incident du pont Marco Polo et du déclenchement de la guerre sino-japonaise, le Japon prit le contrôle du nord de la Chine. Le Gouvernement provisoire de la République de Chine (中華民國臨時政府, Zhōnghuá Mínguó Línshí Zhèngfǔ) fut institué le 14 décembre 1937, avec Pékin comme capitale repabtisée Beiping. Wang Kemin, dissident du Kuomintang, en assura la direction. Ce gouvernement collaborateur, qui utilisait également le premier drapeau de la République de Chine, contrôlait théoriquement les provinces du Hebei, du Shantung, du Shansi, du Honan et du Jiangsu, mais ne disposait que d'une autonomie limitée accordée par les Japonais. En 1940, ce gouvernement fut fusionné avec le Gouvernement national réorganisé de la République de Chine, tout en conservant dans les faits son autonomie locale. Wang Kemin se suicida en 1945, après la défaite des Japonais.


Gouvernement de Shanghai: Création : 1937 / Fusion avec le Gouvernement réformé de la République de Chine : 1938
En décembre 1937, après la chute de Shanghai, le Japon favorisa la naissance d'un gouvernement collaborateur du Pudong, dirigé par Su Xiwen, et chargé d'administrer les affaires courantes. Ce gouvernement local fut absorbé six mois plus tard, en mai 1938, par le Gouvernement réformé de la République de Chine.


Gouvernement réformé de la République de Chine: Création : 1938 / Fusion avec la République de Chine : 1940
Après la chute de Nankin, le Japon établit le 28 mars 1938 dans cette ville, alors capitale chinoise, un gouvernement collaborateur, le Gouvernement réformé de la République de Chine (中華民國維新政府, Zhōnghuá Mínguó Wéixīn Zhèngfǔ). Ce gouvernement utilisait comme bannière une variante du drapeau à cinq couleurs. Dirigé par Liang Hongzhi, le régime se vit accorder l'autorité sur les provinces du Zhejiang, du Jiangsu et de l'Anhui, ainsi que sur les villes de Nankin et Shanghai. Les Japonais n'accordèrent cependant que peu d'autonomie à ce gouvernement, ce qui en fit un outil de propagande médiocrement efficace auprès de la population chinoise. En 1940, le Gouvernement réformé de la République de Chine fut absorbé par le Gouvernement national réorganisé de la République de Chine. Liang Hongzhi fut exécuté pour trahison en 1946.


Gouvernement national réorganisé de la République de Chine
: Création : 1940 / Disparition : 1945
En 1940, les Japonais unifièrent tous les gouvernements collaborateurs chinois - à l'exception du Mandchoukouo, reconnu comme un État indépendant - sous l'autorité nominale du gouvernement collaborateur basé à Nankin, et dirigé par Wang Jingwei. Utilisant le nom officiel de République de Chine (中華民國, Zhōnghuá Mínguó), ce régime se présentait comme l'autorité légitime sur l'ensemble du territoire chinois, et, plutôt que d'utiliser le drapeau à cinq couleurs comme les précédents gouvernements, avait choisi comme étendard le drapeau utilisé par le gouvernement rival du Kuomintang, le Gouvernement nationaliste. L'étendard du régime collaborateur se distinguait, pour ses manifestations extérieures et à la demande des Japonais, par l'usage d'un fanion jaune, qui ne fut plus utilisé après 1943.

 

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MessagePosté le: Dim 1 Jan - 06:32 (2017)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

La coopération sino-germanique durant les années 1920 et 1930 se rapporte à la collaboration entre la République de Chine et l'Allemagne. Cette coopération avait comme objectif de moderniser l'industrie et les forces armées chinoises, précédent ainsi de peu la guerre sino-japonaise (1937-1945). La République de Chine qui a succédé à la dynastie Qing en 1912 était affaiblie par des luttes entre seigneurs de guerre et les incursions étrangères. L'expédition du Nord en 1928 unifiait la Chine sous le contrôle du Guomindang (GMT) afin d'endiguer la menace de l'empire du Japon encore bien présente. Une modernisation urgente de l'armée chinoise et de sa défense alliée au besoin des Allemands d'un approvisionnement sûr de matières premières, amène ces deux pays à avoir des relations plus étroites dans les années 1920 et 1930. Ainsi ces accords seront particulièrement actifs entre l'avènement du régime nazi en 1933 et le début de la guerre avec le Japon en 1937. Des mesures concrètes de la réforme industrielle n'arrivèrent pourtant qu'en 1936, assez tôt toutefois pour permettre à la Chine un profond changement dans sa modernisation et dans sa capacité à résister aux attaques japonaises.
Auparavant, le commerce sino-germanique passait par la Sibérie et était donc soumis aux droits de douane russes. Afin de les pallier, l'Allemagne décida d'utiliser la voie maritime et les premières cargaisons allemandes arrivèrent dans les années 1750 en Chine. En 1861, à la suite de la défaite de la Chine lors de la seconde guerre de l'opium, le traité de Tianjin fut signé. Ce fut le signal de départ des échanges commerciaux entre la Chine et plusieurs états européens comme la Prusse.
Au xixe siècle, le commerce extérieur chinois est dominé par l'Empire britannique. Bismarck, avec l'optique de contrecarrer cette domination, souhaite installer des têtes de pont en Chine. En 1885, Bismarck avec l'aval du Reichstag, envoie un premier groupe de surveillance bancaire et industriel afin d'évaluer les investissements futurs possibles. Peu après, sera instituée la Deutsch-Asiatische Bank en 1890. Grâce à ces initiatives, l'Empire allemand devint le second partenaire commercial de la Chine, derrière le Royaume-Uni en 1896.
À cette époque, l'Allemagne n'a pas activement poursuivi des ambitions colonisatrices en Chine, contrairement au Royaume-Uni et à la France. De plus, le gouvernement chinois voyait l'Allemagne comme un partenaire nécessaire à la modernisation du pays. Après un premier mouvement d'auto-renforcement de la Chine qui apparemment échoua à la suite de la défaite lors de la Guerre sino-japonaise (1894-1895), Yuan Shikai demanda aux Allemands de l'aider à fonder la première armée d'auto-défense et la création de la nouvelle Armée (新建陸軍; Xīnjìan Lùjūn).
De surcroît, l'aide allemande ne se limite pas à l'aspect militaire, mais recoupe aussi des considérations industrielles et technologiques. On peut prendre comme exemple qu'à la fin des années 1880 la compagnie allemande Krupp Ag avait signé avec le gouvernement chinois pour l'édification d'une série de fortifications autour de Port-Arthur La politique allemande envers la Chine était relativement souple sous Bismarck mais avec l'avènement de Guillaume II celle-ci se tourne vers une politique coloniale plus assumée. Par exemple, lors de la Triple intervention suivant la Guerre sino-japonaise (1894-1895), le Japon fut forcé de céder à l'Allemagne les territoires de Hankou et Tientsin. De même, en 1897, les Allemands obtinrent une concession pour 99 ans sur la région de Jiaozhou dans la division administrative du Shandong à la suite de l'envoi d'un détachement militaire allemand dans la région, en réponse aux attaques de missionnaires par les chinois dans la région. La ville et le port de Tsingtau (Qingdao) se développa à cette époque. Le plus bas des relations sino-germaniques se situe peut-être lors de la Révolte des Boxers en 1900. Lors de cette révolte, de nombreux étrangers européens furent tués à cause de leur religion chrétienne. Pour se venger, les Allemands répondirent brutalement et par la force à ces attaques. En effet, l'empereur Guillaume II pressait ses troupes de se « battre tels des Huns » ce qui conduisit plus tard à faire de l'étiquette « Huns » le surnom des troupes allemandes durant les deux premières guerres mondiales


Au cours de cette période, l'Allemagne a un impact certain sur l'environnement légal chinois. Les années précédant la chute de la dynastie Qing, les réformistes chinois commencèrent le brouillon d'un Code Civil largement inspiré du Code civil allemand, code qui avait déjà été copié précédemment par les Japonais. Mais ce brouillon n'a réellement été institué qu'au moment de la chute de la dynastie. Il a été à la base du Code Civil de la République de Chine en 1930 qui est actuellement celui en place à Taïwan et influence fortement celui mis en place en Chine continentale. Les principes généraux du droit civil du peuple de la république de Chine, pré-écrits en 1985, puis promulgués en 1986 et enfin mis en application en 1987, ont été réalisés d'après le Code civil allemand.
Cependant, durant les années précédant la Première Guerre mondiale, les relations sino-germaniques s'essoufflent un peu. La première raison est que l'Allemagne était à l'époque politiquement isolée du fait de l'alliance anglo-japonaise de 1902 et de la Triple-Entente de 1907. C'est pourquoi l'Allemagne proposa une alliance de la Chine, des États-Unis et de l'Allemagne en 1907. Proposition qui n'a jamais été concrétisée. En 1912, les Allemands proposèrent un prêt de six millions de mark d'or allemand au nouveau gouvernement républicain chinois et redonnèrent aux Chinois le droit de construire des voies ferrées dans la région du Shandong. Alors que la Première Guerre mondiale déchirait l'Europe, l'Allemagne a offert de retourner Jiaozhou à la Chine afin d'éviter que celui-ci ne tombe dans le giron du prédateur japonais. Néanmoins, le Japon est entré en guerre aux côtés des alliés et a attaqué les concessions allemandes en Chine. Il captura Qingdao et Jiaozhou. Pendant la guerre, l'Allemagne a abandonné tout rôle majeur et toute initiative en Extrême-Orient préoccupé par la guerre en Europe.
Le 14 août 1917, la Chine déclara la guerre à l'Allemagne et envahit les concessions allemandes de Hankou et de Tianjin. Les autres concessions devaient, quant à elles, retourner elles aussi aux chinois lors de la défaite allemande mais le traité de Versailles en a conclu différemment et les a offert aux Japonais. Le sentiment d'avoir été trahi par les alliés a contribué à activer le Mouvement du 4-Mai 1919, un mouvement nationaliste. Les conséquences de la Première Guerre mondiale sur les relations sino-germaniques furent très négatives, notamment sur le commerce. Ainsi, sur les 300 firmes allemandes implantées en Chine en 1913, seulement deux restaient en 1919.
Le traité de Versailles limitait fortement l'expansion industrielle de l'Allemagne hors de ses frontières. Son armée était réduite à 100 000 hommes et sa production militaire avait été réduite drastiquement. Cependant, le traité n'a pas diminué le rôle d'innovateur des Allemands dans le domaine militaire, et de nombreuses usines conservèrent la machinerie et la technologie allemande pour produire du matériel lourd. Ainsi, afin de contourner les restrictions du traité, ces industries formèrent des partenariats avec des entreprises d'autres puissances étrangères comme la Russie ou l'Argentine. Elles réussirent ainsi à fabriquer légalement des armes et à les vendre.
À la suite de la mort de Yuan Shikai, le gouvernement de Beiyang s'écroule, entrainant avec lui la guerre civile dans le pays. On voit alors s'affronter à nouveau des seigneurs de Guerre pour la suprématie sur la région. Par conséquent, de nombreux fabricants d'armes allemands s'emploient à rétablir des relations commerciales avec la Chine pour profiter du marché en croissance des armes et de l'assistance militaire.
Le gouvernement de Guomindang à Guangzhou a lui aussi besoin de l'aide allemande. Chu Chia-hua (朱家驊; Zhū Jiāhuá) qui a étudié en Allemagne durant les années 1910 et 1920 devient l'instigateur d'une grande partie des éminentes relations sino-germaniques de 1926 à 1944.
Il y eut plusieurs autres raisons que l'expertise technologique allemande qui firent de l'Allemagne la meilleure candidate des relations de la Chine vis-à-vis des autres puissances étrangères. La première fut que l'Allemagne ayant perdu beaucoup de son influence sur nombre de territoires après la Première Guerre mondiale, ne possédait plus d'intérêts coloniaux en Chine et les protestations chinoises envers les étrangers de 1925-1926 étaient principalement dirigées vers la Grande-Bretagne. De surcroit, contrairement à la Russie qui a aidé à la réorganisation du Guomindong et a ouvert aux communistes les portes du parti, les allemands n'ont pas d'intérêt politique non plus en Chine, évitant la création de points de discordes avec le gouvernement central. Ensuite, Tchang Kaï-chek voit l'histoire allemande comme un facteur pouvant stimuler le développement de la Chine. Pour lui l'unification allemande peut servir de leçons à la Chine et à sa propre unification. Enfin, l'Allemagne était vue comme une force de premier plan pour le développement de la Chine.
En 1926, Chu Chia-Hua invita Max Bauer à analyser les investissements potentiels en Chine. L'année suivant son arrivée à Ghangzhou, lui fut offert un poste de conseiller auprès de Tchang Kaï-chek. En 1928, Bauer, retourné en Allemagne, cherche à conclure des contacts avec des industriels pour aider aux efforts de reconstruction chinoise. Il cherche aussi à recruter des personnes pour une mission permanente avec Tchang Kaï-chek à Nankin. Cependant, Max Bauer n'a pas rempli totalement sa mission avec les industriels allemands notamment à cause de l'instabilité politique régnant en Chine mais aussi car il était devenu persona non grata pour sa participation en 1920 au putsch de Kapp. De surcroît, l'Allemagne était toujours bâillonnée par le traité de Versailles qui l'empêchait des faire des investissements directs dans l'armement. Bauer contracta la variole sept mois après son retour de Chine et fut enterré avec les honneurs à Shanghai. Cet homme a jeté les bases futures des relations sino-germaniques grâce aux conseils qu'il a fournis au gouvernement de Guomintang à propos de la modernisation industrielle et militaire de la Chine. Il a milité pour la diminution de l'armée chinoise afin d'améliorer la qualité de ses combattants et aussi pour l'ouverture du marché chinois aux exportations allemandes.


Malgré tout, le commerce sino-germanique connut un ralentissement entre 1930 et 1932 à cause de la Grande Dépression. De plus, l'industrialisation chinoise ne progressait pas aussi rapidement qu'elle l'aurait dû à cause de conflits d'intérêts entre différentes agences chinoises pour la reconstruction du pays, notamment entre les industries allemandes, les agences d'import-export allemandes et la Reichswehr, tous ont cherché à récupérer le profit du développement de la Chine. La situation se modifie peu jusqu'à l'incident de Mukden qui voit la conquête de la Mandchourie par le Japon. Cet évènement a amené la Chine à redéfinir sa politique industrielle afin d'être en mesure de redécouvrir sa capacité militaire et industrielle de résister au Japon. En substance, le pays voulait établir une défense nationale centrale et planifiée.
La prise de pouvoir du parti nazi en 1933 a accéléré fortement la création d'une politique concrète sino-germanique. Préalablement à cette prise de pouvoir, la politique germanique fut particulièrement contradictoire. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement de Weimar appela à une politique de neutralité vis-à-vis de l'est asiatique et découragea le complexe industriel de Reichswehr de s'engager directement avec le gouvernement chinois. Le même sentiment était partagé par les maisons d'import-export allemandes (…) À l'inverse, la politique du nouveau gouvernement nazi à propos de l'économie de guerre (Wehrwirtschaft) appelait la mobilisation complète de la société et le stockage en masse de matières premières, en particulier pour les métaux à usage militaire comme le tungstène et l'antimoine que la Chine pouvait fournir en masse. Ainsi c'est à partir de cette époque que la coopération sino-germanique s'axa avant tout sur les matières premières. En mai 1933, Hans von Seeckt arrive à Shanghai et se voit offrir le poste de conseiller expérimenté au développement économique et militaire extérieure auprès de l'Allemagne en Chine. En juin de la même année, il soumit le mémorandum Denkschrift für Marschall Chiang Kai-shek, soulignant son programme d'industrialisation et de militarisation de la Chine. Il s'engagea pour le déploiement d'une force restreinte, mobile et bien équipée en remplacement d'une armée massive mais sous-équipée. Il ajouta en sus la structure selon laquelle l'armée est le « fondement du pouvoir régnant », que le pouvoir militaire reste une supériorité qualitative et que cette supériorité provient de la qualité des officiers.
Von Seeckt suggéra que la première étape du développement de l'armée chinoise devait être l'uniformisation de leur entrainement et leur passage sous le contrôle total du commandement de Chiang. Le système militaire devait aussi être entièrement subordonné sous la forme d'un commandement pyramidale et hiérarchique clair. Pour atteindre ce but, Von Seeckt proposa la formation d'une « brigade d'entrainement » à la place de l'Eliteheer allemand qui devrait assurer la propagation de l'entrainement aux autres unités pour créer une armée professionnelle et compétente avec un corps officier sélectionné par un placement militaire strict dirigé par un bureau central du personnel.
De plus, avec l'aide allemande, la Chine pouvait construire sa propre industrie de la défense car elle n'allait pas pouvoir indéfiniment s'appuyer sur d'autres pays pour le faire. Le premier pas efficace de cette industrialisation fut la centralisation non pas seulement des agences chinoises mais aussi celles allemandes. En janvier 1934, l’Handelsgesellschaft für industrielle Produkte ou Hapro, fut créé pour unifier tous les intérêts industriels allemands en Chine. Hapro fut concrètement une compagnie privée dont l'objet était de contrer les oppositions d'autres pays. En août 1934 fut signé le « Traité pour les échanges de matières premières chinoises contre les produits agricoles de l'industrie allemande et autres », dans lequel le gouvernement chinois voyait l'opportunité d'un échange entre des matières premières stratégiques en échange de produits industriels allemands et de leur développement. Cet accord commercial était bénéfique à la coopération sino-germanique depuis que la Chine avait une balance commerciale ultra déficitaire causée par des dépenses militaires dues aux années de guerre civile et le pays n'était pas capable d'assurer ses dettes monétaires auprès de la communauté internationale. Cet accord, qui permettait à la Chine l'exportation de ses matières premières, rendait l'Allemagne moins dépendante des marchés internationaux pour celles-ci. De surcroît, cet accord n'accompagna pas seulement l'industrialisation de la Chine mais aussi sa réorganisation militaire. Il spécifiait aussi que la Chine et l'Allemagne étaient des partenaires égaux et qu'ils étaient tous deux de même importance dans l'échange économique. Ayant accompli cette importante avancée pour la coopération sino-germanique, Von Seeckt transféra son poste au général Alexander von Falkenhausen et retourna en Allemagne en mars 1935 et mourut en 1936.
Adolf Hitler mit progressivement un terme à la coopération, l'Allemagne nazie s'orientant vers une alliance avec l'Empire du Japon. Le soutien technique de l'Allemagne à la Chine continua au début de la guerre sino-japonaise mais, en février 1938, l'Allemagne reconnut le Mandchoukouo comme nation indépendante dans le cadre de ses relations avec le Japon, et mit fin officiellement à toute aide concrète dans le cadre du conflit, cependant des envois d'armes continuèrent pendant quelque temps sous des pavillons de complaisance.
Des contacts diplomatiques entre le Troisième Reich et la République de Chine perdurèrent jusqu'en juillet 1941, mais cessèrent ensuite quand le régime nazi reconnut officiellement le gouvernement pro-japonais de Nankin comme seul gouvernement légitime de la Chine.

 

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MessagePosté le: Lun 2 Jan - 09:40 (2017)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

Le nom de bombardement de Chongqing, désigne une campagne de bombardements stratégiques menée par le Service aérien de l'Armée impériale japonaise, durant la Seconde Guerre sino-japonaise. Les bombardements durèrent du 18 février 1938 au 23 août 1943, période durant laquelle plus de 3 000 tonnes de bombes auraient été lâchées sur la ville.


Le gouvernement de la République de Chine avait en 1938 quitté Nankin pour s'installer à Chongqing, devenue capitale provisoire du pays. Ayant remporté de nombreuses victoires militaires mais n'étant pas parvenus, comme ils l'espéraient, à terminer la guerre en trois mois, les Japonais lancèrent une campagne de harcèlement destinée à réduire la résistance inattendue des Chinois. Selon les estimations du gouvernement chinois, les troupes de l'Empire du Japon auraient réalisé environ 5 000 raids et lâché 11 500 bombes sur la ville, en utilisant en majorité des bombes incendiaires.
Les raids japonais visaient en grande partie des cibles civiles : les deux premiers jours des raids réalisés en mai 1939 causèrent la mort d'environ 5 000 civils chinois. Deux mois plus tard, les États-Unis imposèrent leurs premières sanctions économiques aux Japonais, en interdisant l'exportation de pièces détachées pour l'aéronautique vers le Japon


Le 5 juin 1941, les Japonais réalisèrent plus de vingt sorties aériennes, bombardant la ville durant trois heures. Environ 4 000 civils, réfugiés dans un tunnel, seraient morts asphyxiés.
Chongqing est considérée comme la ville ayant subi le plus grand nombre de bombardements sur toute la durée du conflit entre la Chine et le Japon.
Réalisé contre une cible peu défendue, du fait de la grande disparité de moyens aériens entre la Chine et le Japon, le bombardement de Chongqing est un objet de contentieux entre les deux pays. En mars 2006, un groupe de 40 citoyens chinois ayant vécu la campagne de bombardements ou y ayant perdu des membres de leur famille ont déposé une plainte contre le gouvernement japonais, réclamant des indemnités et des excuses officielles

La bataille de Wuhan opposa en 1938 l'Armée impériale japonaise à l'Armée nationale révolutionnaire chinoise – aidée par l'Armée de l'air soviétique, envoyée officieusement sous l'appellation de troupes « volontaires » – pendant la guerre sino-japonaise.
Déterminé à conquérir Wuhan (Hubei), le quartier-général impérial autorisa à 375 reprises l'emploi d'armes chimiques lors des opérations de l'automne 1938 en dépit des articles 23 des conventions de La Haye de 1899 et 1907 et V du Traité relatif à l'emploi des sous-marins et des gaz asphyxiants en temps de guerre ainsi que d'une résolution du 14 mai 1938 de la Société des Nations blâmant l'Empire du Japon pour un tel usage.
La bataille dura quatre mois et s'avéra particulièrement intense et sanglante, s'étalant sur les rives nord et sud du Yangzi Jiang, ainsi que sur plusieurs provinces voisines du Hubei. Les Japonais parvinrent à prendre Wuhan, mais pas à faire cesser comme ils l'escomptaient la résistance chinoise.
Après la chute de Shanghai et celle de Nankin, le gouvernement de Tchang Kaï-chek avait transféré la capitale à Chongqing. Néanmoins, l'essentiel des troupes d'élite chinoises et une partie de ses infrastructures militaires se trouvaient à Wuhan. La ville, divisée par le Yangzi Jiang, est séparée en plusieurs agglomérations : Hankou, Hanyang et Wuchang. Comptant deux millions d'habitants, Wuhan était à l'époque l'une des villes les plus importantes de Chine. La prise de Wuhan pouvait permettre aux Japonais d'espérer anéantir la résistance des Chinois.


Le 28 février 1938, les Japonais commencèrent à bombarder Wuhan; les Chinois réussirent néanmoins à repousser l'aviation ennemie. Le 24 mars, la Diète du Japon vota la loi de mobilisation nationale, qui permettait à l'effort de guerre en Chine de recevoir des financements illimités.
Le 29 avril, jour anniversaire de l'empereur Hirohito, les Japonais réalisèrent une nouvelle attaque aérienne. Après la chute de Xuzhou, l'armée nippone se concentra sur la prise de Wuhan, en commençant par envahir la municipalité de Hankou ; les Chinois, pour contrer l'offensive japonaise, réunirent autour de Wuhan environ un million de soldats, 200 avions et 30 navires de guerre.
Le 9 juin, les troupes nationalistes firent sauter dans le Henan les digues du Fleuve Jaune, afin de retarder l'avance des japonais : l'inondation causa entre 500 000 et 900 000 morts civils.
Le 13 juin, les Japonais débarquèrent au sud du Yangze, prenant la ville de Anqing. Malgré la résistance chinoise et les attaques effectués contre la 11e armée japonaise, Jiujiang fut également prise le 26. Remontant le fleuve vers l'est, les troupes japonaises durent affronter la résistance des 31e et 32e armées chinoises à l'ouest de Ruichang. La bataille pour la défense du Xian de Yiangxin continua jusqu'au 22 octobre, date à laquelle les Japonais parvinrent à écraser la résistance chinoise et à avancer sur Wuchang.
Pendant l'attaque de Ruichang, la 106e division japonaise poursuivit son avance vers le sud, le long de la voie ferrée de Nanxun. Les troupes japonaises durent cependant affronter une forte résistance dans leurs tentatives d'occuper Nanchang et le Xian de De'an : en septembre, la bataille s'était enlisée. À la fin du mois, les troupes chinoises du général Xue Yue anéantirent quatre régiments japonais après les avoir encerclés dans la région de Wanjialing.


Au nord du Yangze, les Japonais prirent en juillet le Xian de Taihu, qui fut ensuite reconquis par les Chinois en août. Les troupes chinoises lancèrent ensuite des contre-offensives, qui se terminèrent par des échecs. Les Japonais parvinrent à prendre le Xian de Taihu, puis le fort du District de Tianjia'an. À la fin octobre, les troupes japonaises du nord avançaient vers Wuhan.
Dans la chaîne de montagnes de Dàbié, les Japonais parvinrent à briser la résistance chinoise et à prendre en octobre la ville de Xinyang, avançant également sur Wuhan le long de la voie ferrée, et prenant progressivement la ville en tenaille.
À la fin octobre, Wuhan étant presque complètement encerclée, les Chinois se retirèrent de la ville pour sauvegarder leurs effectifs restants. Les Japonais prirent Wuchang et Hankou le 26 octobre, et Hanyang le 27.
Les Japonais réussirent à prendre Wuhan, mais au prix de lourdes pertes, tandis les Chinois avaient évité l'écrasement complet de leurs forces armées. L'aviation et la marine militaire chinoises avaient cependant été en partie anéanties, et la destruction des digues avait causé de très nombreux morts civils. La guerre sino-japonaise entrait dans une phase d'enlisement de plusieurs années, aucun des deux camps ne parvenant à défaire l'autre de manière décisive.

 

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MessagePosté le: Mar 3 Jan - 07:23 (2017)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

 
La bataille de Taierzhuang est un conflit qui opposa l'Armée nationale révolutionnaire chinoise à l'Armée impériale japonaise durant la guerre sino-japonaise.
En pleine invasion de la Chine, et venant de remporter une série de victoires majeures, les Japonais souhaitent prendre le district de Tai'erzhuang, situé le long du Grand Canal, dans le cadre de leur stratégie pour réaliser la prise de Xuzhou. Le 29 mars 1938, un petit groupe de soldats japonais est massacré par les défenseurs du chef-lieu. Les Japonais attaquent ensuite de manière frontale, mais leurs troupes sont prises par surprise par des forces chinoises supérieures en nombre, qui réalisent l'encerclement du district en employant aussi bien des troupes régulières en uniforme que des forces de guérilla - notamment des soldats chinois déguisés en paysans du cru. Les forces aériennes envoyées officieusement par l'Union soviétique viennent également prêter main-forte aux Chinois en bombardant les lignes japonaises.
Submergés par les Chinois le 6 avril, les Japonais finissent par entamer une retraite et abandonnent le district. Cet échec japonais remonte le moral des troupes chinoises, qui venaient d'être défaites dans une série de batailles majeures. Bien qu'ayant repoussé l'ennemi, les Chinois ont cependant subi des pertes supérieures à celles des Japonais.

La bataille du lac Khassan, aussi appelée incident de Changkufeng, est une bataille qui opposa l'Armée rouge à l'Armée impériale japonaise en 1938. Elle débute le 29 juillet 1938 lorsque les troupes japonaises s'infiltrent via le Mandchoukouo en territoire soviétique à côté du petit lac Khassan, à 120 km au sud de Vladivostok.
Elle durera jusqu'au 11 août 1938 et se soldera par une victoire soviétique, malgré de lourdes pertes.
Les pertes totales soviétiques s'élèvent à 717 morts tandis que les pertes totales japonaises s'élèvent à 526 morts.
Cette bataille est une remise en cause par le Japon Shōwa de la Convention de Pékin signée en 1860 et mènera un an plus tard à la bataille de Khalkhin Gol (en 1939), dont l'intensité montera d'un cran.
Dans la première moitié du XXe siècle, les tensions sont élevées entre Moscou, Tokyo et Pékin, le long de leurs frontières communes au Nord-Est et à l'Est de la Chine actuelle. Le Chemin de fer de l’Est chinois reliait la Mandchourie chinoise et l'Extrême-Orient russe. La partie sud du chemin de fer, connue sous le nom de chemin de fer sud-mandchourien, devint un enjeu et un lieu de dispute récurrentes entre les puissances, notamment lors de la guerre russo-japonaise de 1905, de l'incident de Mukden de 1931 (invasion de la Mandchourie) et de la guerre sino-japonaise de 1937 à 1945, mais aussi lors d'incidents plus limités comme l'incident ferroviaire Russo-Japonais de 1929.
La bataille du lac Khasan est le résultat de ces tensions historiques.
Le 6 juillet 1938, l'armée japonaise intercepte et décode un message envoyé par le commandant russe au siège soviétique de Khabarovsk. Le message ordonne aux soldats soviétiques d'occuper les hauteurs ouest du lac Khassan, et plus particulièrement les hauteurs de Chang-ku Feng, une région alors contestée entre empire japonais et Union soviétique. Le territoire concerné donne sur la ville portuaire coréenne de Najin (sous contrôle japonais) et sur la ligne de chemin de fer stratégiques reliant la Corée à la Mandchourie.
Rapidement, des membres des gardes-frontières soviétiques commencent à fortifier la montagne, construisant des tranchées d'observation et des installations de communication. Ces travaux modifient le rapport de force sur ce territoire revendiqué par les japonais, et sont donc considérés comme inacceptables.
L'armée japonaise en Corée, qui gère la défense de la zone, informe Tokyo de la situation, et le Japon adresse une protestation officielle à l'URSS, l'attaché japonais à Moscou exigeant le retrait des troupes soviétiques. La demande est rejetée par Staline vers la mi-juillet.
Les troupes en présence comprennent un corps soviétique commandé par Grigori Shtern, composé des 32e, 39e et 40e divisions d'infanterie, ainsi que de la 2e brigade mécanisée.
Côté japonais, les troupes commandées par le colonel Kotoku Sato relèvent de la 19e division japonaise.
La première attaque japonaise du 29 juillet est repoussée, mais le 31 juillet, les troupes soviétiques doivent se replier, l'armée japonaise expulsant les troupes russes de la colline et des positions fortifiées durant la nuit. Les Japonais ont lancé un assaut frontal avec des chars légers, les soviétiques contre-attaquant avec des chars et appuyés par l'artillerie.
Après ce premier revers du 31 juillet, le commissaire du peuple pour la défense Kliment Vorochilov ordonne la préparation au combat de la Ire Armée du littoral, et la Flotte du Pacifique est mobilisée. Sous le commandement du chef du Front d'Extrême-Orient, Vassili Blücher, des forces supplémentaires sont déplacées vers la zone du conflit. Après plusieurs engagements au cours du mois d'août, la force japonaise est battue et expulsée hors du territoire revendiqué par les Soviétiques.
Le 10 août 1938, le Premier ministre japonais envoie aux États-Unis une demande de cessation des hostilités, et celles-ci cessent le 11 août.
La confrontation a été déclenchée par deux évènements : par le renforcement par l'Union soviétique de sa frontière avec la Mandchourie sous contrôle japonais, près de la localité de Khasan, d'une part, et par la défection du général soviétique Guenrikh Liouchkov, responsable de la police secrète soviétiques, le NKVD dans la région, d'autre part. Le 11 juin 1938, après les purges de 1936-1937 et l'arrestation d'une partie de sa famille, celui-ci déserte et rejoint les rangs de l'armée japonaise. Il livre les détails du dispositif de défense soviétique et évoque la colère anti-stalinienne au sein d'une partie de l'Armée Rouge.
Fort de ces précieux renseignements, l'armée japonaise de Mandchourie décide de passer à l'attaque en juillet-août dans la région du lac Khassan (aussi appelé lac Khanka) près de Vladivostok.

Lors de la bataille du lac Khassan, l'armée soviétique se remet à peine des grandes purges staliniennes. Bien que finalement victorieuse, elle a montré une réelle difficulté à maitriser la situation, et ses pertes dépassent les pertes japonaises.
L'armée japonaise considère donc qu'elle peut être vaincue sous réserve d'une meilleure préparation, et l'armée du Kwantung reste favorable à une expansion de l'empire japonais au détriment de l'Union soviétique en Asie orientale. C'est dans ce contexte qu'elle mènera un an plus tard une offensive de plus grande envergure, la bataille de Khalkhin Gol, lors de la guerre frontalière soviéto-japonaise de 1939. Le résultat de cet engagement sera la défaite totale de l'armée japonaise par les Soviétiques, la perte d'influence politique de l'armée du Kwantung, et la fin des ambitions d'expansion japonaise dans la région que l'armée du Kwantung défendait.
Côté soviétique, et devant le peu de panache de l'Armée rouge, le NKVD arrête le maréchal Vassili Blücher, puis l'exécute sous le prétexte d'être un espion à la solde du Japon. Même sous la torture, il ne confirme pas cette accusation. Le maréchal Vassili Blücher sera réhabilité en 1956, et reste une figure populaire en Russie.
26 soldats et officiers furent faits Héros de l'Union soviétique pour leur participation à la bataille

 

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MessagePosté le: Mer 4 Jan - 07:28 (2017)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

La bataille de Suixian-Zaoyang, aussi connue sous le nom de bataille de Suizao fut l'un des 22 affrontements majeurs qui opposèrent l'Armée nationale révolutionnaire de la République de Chine à l'Armée impériale japonaise, durant la Seconde Guerre sino-japonaise.
Vers la fin d'avril 1939, afin de conforter leur victoire lors de la bataille de Wuhan, quatre divisions de l'Armée impériale japonaise lancèrent deux attaques simultanées sur les villes de Suizhou et de Zaoyang, respectivement le long de la route Xiangyang-Huayuan et de la route Jingshan-Zhongxiang. Début mai, les deux armées commencèrent à s'affronter, mais l'armée chinoise fut forcée de se replier le 7 mai 1939. Suizhou et Zaoyang tombèrent le même jour. Le 8 mai, les forces japonaises avancèrent plus au sud et le commandant en chef de l'armée chinoise, Li Zongren, déploya deux divisions (la 31e et la 2e) pour attaquer l'armée impériale par l'arrière. Un assaut de grande ampleur fut déclenché le 15 mai et, après trois jours de combats intenses, l'Armée impériale fut forcée de se replier. Le 19 mai, Zaoyang fut reprise, et Suizhou le 23. L'armée impériale du Japon avait échoué à atteindre ses objectifs et la bataille se termina par une victoire chinoise.


La première bataille de Changsha a eu lieu du 17 septembre au 6 octobre 1939. Cette bataille représente une tentative japonaise de la prise de la ville de Changsha pendant la guerre sino-japonaise. Il s'agit du premier de quatre conflits majeurs ayant opposé l'Armée impériale japonaise à l'Armée nationale révolutionnaire chinoise pour la possession de cette ville. Les autres batailles ont eu lieu en 1941, 1942 et 1944.
En dépit de l'utilisation d'armes chimiques, l'armée impériale fut incapable de conquérir la ville alors que ses lignes d'approvisionnement furent coupées. Cette seconde victoire chinoise d'importance, après la victoire de Tai'erzhuang, accrut considérablement le prestige du commandant Xue Yue.


Le 14 septembre 1939, la 106e Division du général Ryotaro Nakai attaque vers l'ouest contre la 184e division chinoise de Wan Baobang et du 60e corps d'armée chinoise. Après de violents combats, les forces de défense abandonnent Gao'an. Les forces japonaises attaque ensuite au nord-ouest vers Sandu, Ganfang et Xiushui. Au même moment la 33e division japonaise du général Shigetaro Amakasu attaque le 15e groupe d'armées du général Guan Linzheng au sud

 

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MessagePosté le: Jeu 5 Jan - 07:49 (2017)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

La bataille de Zaoyang-Yichang fut une offensive menée en 1940 par l'Armée impériale japonaise contre l'Armée nationale révolutionnaire chinoise, pendant la guerre sino-japonaise.
Les Japonais, ayant tout juste créé un gouvernement central chinois sur lequel ils comptaient pour donner une légitimité à leur occupation et stabiliser le pays, souhaitaient accélérer la fin du conflit. Ils décidèrent de déplacer la ligne de front le long du Yangtsé, afin d'atteindre Chongqing, où s'était réfugié le gouvernement de la République, et mettre un terme à la résistance du Kuomintang, qui tendait à s'éterniser. Cette opération nécessitait la prise de la ville de Yichang dans le Hubei, qui représentait un point stratégique, et dont les Japonais espéraient faire une base aérienne d'où des campagnes de bombardements pourraient être menées.
L'offensive se déroula en deux phases : la première, commençant début mai, vit l'avance de l'armée impériale sur Zaoyang, Suixian et Xiangyang, afin d'attirer les troupes nationalistes chinoises et de les prendre en tenaille. La seconde phase, qui débuta à la fin du mois de mai, impliquait une invasion du nord du Hubei - en évitant le Yangtsé, le long duquel les troupes chinoises étaient stationnées - pour atteindre Yichang. Les Japonais mobilisèrent pour l'occasion une division de l'Armée du Guandong, et accompagnèrent l'offensive d'une campagne de bombardements intensifs, augmentant nettement pour l'occasion leur présence aérienne en Chine, alors même que les Chinois venaient de perdre le soutien de l'Armée de l'Air soviétique.
Les troupes japonaises déployées dans la région de Zaoyang furent stoppées par les forces chinoises, entraînant l'échec partiel de la manœuvre. Les Japonais réussirent cependant à prendre Yichang. L'affrontement fut très dur pour les troupes nationalistes, qui en sortirent nettement affaiblies, et mises en difficulté sur le plan stratégique.
Le commandant en chef du 33e groupe d'armées chinoise, le générale Zhang Zizhong fut tué au combat à Mont Chang près de Yicheng, dans la province du Hubei durant cette bataille.


Le nom d'Offensive des cent régiments désigne un ensemble d'attaques de la Huitième armée de route commandée par des officiers membres du Parti communiste chinois contre l'Armée impériale du Japon, durant la guerre sino-japonaise.
Les communistes chinois, par cette offensive, contre-attaquaient à la suite de nombreuses opérations de répression lancées contre eux par les Japonais et par le gouvernement collaborateur de Nankin. Les troupes du Parti communiste, intégrées depuis 1937 à l'armée nationale révolutionnaire au sein du deuxième front uni, étaient plus habituées à mener des opérations de guérilla. Par cette opération ambitieuse employant des forces militaires conventionnelles, les communistes affirmaient ainsi leur importance par rapport au Kuomintang dans la lutte contre l'occupant japonais, alors même que les troupes nationalistes sortaient affaiblies de la bataille de Zaoyang-Yichang.
La première partie de l'offensive impliqua notamment une série d'attaques contre les voies de communication japonaises, infligeant des dégâts à la logistique de l'armée impériale : les communistes parvinrent notamment à détruire plusieurs centaines de kilomètres de voies ferrées. En septembre, dans la deuxième partie de l'offensive, les troupes communistes affrontèrent directement les soldats japonais. Cette seconde phase fut moins heureuse sur le plan stratégique : les pertes essuyées du côté chinois furent relativement importantes, et l'offensive amena les Japonais à intensifier leurs opérations de répression contre les communistes à partir de la fin 1940.

En 1941 et 1942, les Japonais pratiquèrent d'importantes opérations de représailles anti-communistes dans le cadre de leur politique de terre brûlée désignée sous le nom de Sankō sakusen, ce qui aurait amputé les effectifs communistes d'environ 100 000 hommes, tout en frappant très durement les populations civiles3.
Malgré les succès rencontrés pour plusieurs objectifs, l'opération fut considérée comme trop coûteuse en vies humaines par les chefs communistes qui, face aux très lourds dommages causés ensuite à leurs troupes par les représailles japonaises, préférèrent par la suite revenir à des tactiques de guérilla jusqu'à la fin du conflit.
Mao Zedong fut en outre mécontent que Peng Dehuai, en menant cette opération, ait révélé au Kuomintang les effectifs des forces armées communistes. Plus tard, pendant la révolution culturelle, il usa notamment de ce prétexte pour obtenir l'élimination de Peng Dehuai.


 

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MessagePosté le: Ven 6 Jan - 08:22 (2017)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

La deuxième bataille de Changsha a eu lieu en 1941 et opposa l'Armée nationale révolutionnaire chinoise et l'Armée impériale japonaise pendant la guerre sino-japonaise et vit un nouvel échec des Japonais à réduire la résistance dans le Hunan.
Après un premier échec dans la région, les Japonais affrontèrent à nouveau les troupes chinoises. La bataille commença le 6 septembre 1941, quand la guérilla chinoise attaqua les troupes japonaises dans les montagnes au sud de Yueyang. Une force japonaise de 120 000 hommes, destinée à mettre un terme aux poches de résistance chinoises, traversa alors le fleuve Miluo. Le 27 septembre, les Japonais atteignirent Changsha et commencèrent à pilonner les défenses. Ils échouèrent cependant à prendre la ville, et durent finalement entamer une retraite vers Yueyang.
Une nouvelle offensive eut lieu quelques mois plus tard.


La troisième bataille de Changsha a eu lieu entre la fin 1941 et le début 1942. Elle opposa l'Armée impériale et la Marine impériale japonaise à l'Armée nationale révolutionnaire chinoise et à la guérilla des communistes chinois.
Ayant déjà échoué à deux reprises à prendre la ville, les Japonais entamèrent une nouvelle offensive sur Changsha, afin de mettre un terme à la résistance chinoise dans le Hunan. Cette attaque représentait leur première offensive majeure sur le territoire chinois depuis l'attaque de Pearl Harbor, le déclenchement officiel de la guerre du Pacifique et l'entrée de la Chine au sein des Alliés. L'offensive avait pour but initial d'empêcher les forces chinoises de prêter main-forte aux britanniques, alors attaqués par le Japon à Hong Kong. Malgré la chute de Hong Kong, l'offensive fut maintenue, afin de porter un coup décisif au gouvernement chinois du Kuomintang.
Cent-vingt mille hommes, sous le commandement du général Yuiki Anami, devaient être lancés à l’attaque pour prendre la ville clé de Changsha, puis descendre la vallée de la rivière Xiang et enlever le nœud ferroviaire vital situé au nord-est de Lingling, perçant la ligne défensive formée par la Xiang et les lacs Pung-Ting. Les forces japonaises disposaient d’une artillerie abondante, de blindés et d’une totale maîtrise de l’air. En face, la 9e Zone de Guerre de l’armée de la République de Chine, commandée par le général Hsueh Yueh (Xue Yue), alignait trois cent mille hommes, en comptant des réserves qui ne furent pas engagées, dont la 200e division, une unité d'infanterie mécanisée équipé d'engins blindés soviétiques, italiens et allemands anciens et disparates, mais efficaces contre les chars japonais.
 


Les troupes japonaises traversèrent le fleuve Miluo le 27 décembre, mais durent affronter de fortes poches de résistance chinoises durant leur avance sur la ville. Les troupes chinoises firent évacuer Changsha par les civils, et organisèrent la défense des murs de la ville : les Japonais ne parvinrent pas à entamer la défense mise en place par l'armée chinoise, malgré des bombardements sur la partie nord de Changsha. Les troupes de Armée impériale abandonnèrent finalement, et entamèrent une retraite en sens inverse, subissant de nouveau des attaques de la guérilla chinoise alors qu'ils traversaient le fleuve.
La victoire chinoise eut pour effet de renforcer le prestige du régime de Tchang Kaï-Chek au sein des alliés, l'engagement représentant son premier succès depuis que la guerre sino-japonaise faisait officiellement partie de la Seconde Guerre mondiale.
Ce n'est qu'en 1944, dans le cadre de l'Opération Ichi-Go, que les Japonais parvinrent enfin à prendre Changsha.


L'expression Politique des Trois Tout, Sankō Sakusen, soit Opération des Trois Tout;   dite également « Tue tout, brûle tout, pille tout », désigne une politique de la terre brûlée pratiquée dans le nord de la Chine par l'Armée impériale japonaise, durant la seconde guerre sino-japonaise, à partir de la fin 1941 et, surtout, du début 1942.
Surpris par l'offensive des cent régiments menée par les troupes régulières et la guérilla du Parti communiste chinois, les Japonais intensifièrent dès la fin 1940 leurs opérations de répression. Le 3 décembre 1941, le Quartier-général impérial émit l'ordre numéro 575, donnant latitude au général Yasuji Okamura pour mener une politique répressive de grande ampleur.
La stratégie appliquée par Okamura visait à réduire la guérilla communiste, dont les troupes étaient souvent camouflées parmi les populations civiles et rurales, en s'attaquant aux zones paysannes qui leur servaient de refuge. Les actions entreprises impliquaient de brûler des villages, de confisquer du grain et, dans des lieux sélectionnés, de tuer tous les hommes âgés de quinze à soixante ans soupçonnés d'être des « ennemis ». Les opérations menées par l'armée japonaise se concentraient sur cinq provinces, le Hebei, le Shandong, le Shaanxi, le Shanxi et le Chahar, divisées en zones « pacifiées » et « non pacifiées ».
    

L'opération impliquait également de réquisitionner un nombre important de paysans chinois pour construire des tranchées et des fortifications dans le nord de la Chine, et jusqu'au Mandchoukouo. On estime à environ 10 millions le nombre de Chinois ayant été réquisitionnés pour l'opération.
Le terme original employé par l'armée japonaise était « Opération réduction en cendres ». L'expression « Politique des Trois Tout » fut popularisée pour la première fois en 1957 dans le livre Sankō, Nihonjin no Chūgoku ni okeru sensō hanzai no kokuhaku (Les Trois Tout : une confession japonaise des crimes de guerre en Chine), qui causa de vives polémiques au Japon.
Selon l'historien japonais Mitsuyoshi Himeta, la Politique des Trois Tout aurait causé la mort d'environ 2,7 millions de civils chinois. Suite aux morts et, surtout, aux déplacements forcés, on estime que la population des régions concernées est descendue à l'époque de 44 à 25 millions. Les pertes subies par les forces armées communistes sont estimées à 100 000 hommes environ

 

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MessagePosté le: Sam 7 Jan - 08:48 (2017)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

L’attaque de Pearl Harbor est une attaque surprise menée par l’aéronavale japonaise le 7 décembre 1941 contre la base navale américaine de Pearl Harbor située sur l’île d’Oahu, dans le territoire américain d’Hawaï. Ordonnée par l'empereur du Japon Hirohito en réaction à l'embargo imposé par les États-Unis cinq mois plus tôt, elle visait à détruire la flotte du Pacifique de l’United States Navy. Cette attaque entraîna l'entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale.
L’anéantissement de la principale flotte de l'U.S. Navy devait permettre à l’Empire du Japon de continuer à établir sa « sphère de coprospérité de la grande Asie orientale » en privant les Américains des moyens de s'y opposer militairement ; c'était aussi une réponse aux sanctions économiques prises par Washington en juillet 1941, contre sa politique impérialiste, après son invasion de la Chine et de l'Indochine française.
L'attaque, dirigée par le général Hideki Tōjō, est lancée le dimanche 7 décembre à 7 h 48 par le Service aérien de la Marine impériale japonaise contre la flotte du Pacifique des États-Unis et les forces stationnées sur place. Elle est conduite en deux vagues aériennes parties de six porte-avions impliquant plus de 400 avions. En moins de vingt-quatre heures, l'Empire du Japon attaqua également les États-Unis aux Philippines et engagea les hostilités avec le Royaume-Uni, en envahissant Hong Kong et en débarquant en Malaisie.
Les pertes américaines furent importantes : 2 403 morts et 1 178 blessés. Furent détruits quatre navires de ligne, trois croiseurs, trois destroyers et 188 avions. Cependant, beaucoup de navires purent être remis en état dans les mois qui suivirent, et les trois porte-avions du Pacifique, alors absents de Pearl Harbor, étaient intacts. Les Japonais perdirent 64 hommes, 29 avions et cinq sous-marins de poche ; un marin fut capturé.
Aux États-Unis, cette attaque reste un des événements les plus marquants de l'histoire du pays et est synonyme de désastre national – chaque année le drapeau est mis en berne le 7 décembre. Les historiens ont mis en évidence l’audace du plan de l’amiral Isoroku Yamamoto, le manque de préparation et les négligences américaines. Le rôle du président Roosevelt reste un sujet de polémique.

Pendant l’ère Meiji (1868-1912), l’Empire du Japon s’engagea dans une période de croissance économique, politique et militaire afin de rattraper les puissances occidentales. Cet objectif s’appuyait également sur une stratégie d’expansion territoriale en Asie orientale qui devait garantir au Japon son approvisionnement en matières premières indispensables à son développement.
L’expansionnisme nippon se manifesta dès la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle avec l’annexion de l’île de Formose (1895), du sud de l’île de Sakhaline (1905) et de la Corée (1910). Pendant la Première Guerre mondiale, le Japon s’empara des possessions allemandes d’Extrême-Orient et du Pacifique et gagna des parts de marché au détriment des Européens et des Américains présents dans la région. Après 1920, la croissance économique nipponne ralentit et le chômage augmenta ; l’industrie souffrit du manque de matières premières et de débouchés.
Dans l’entre-deux-guerres, l’archipel se dota d’une marine de guerre moderne. La Grande Dépression des années 1930 n’épargna pas l’économie du Japon. Aux effets de la crise économique s’ajouta une montée des nationalistes et des militaires au cours de l'ère Shōwa. L'armée impériale japonaise envahit la Mandchourie en 1931 et ce territoire devint l'État fantoche du Mandchoukouo. Le Japon prit ensuite progressivement le contrôle d'autres régions de la Chine. En 1937, le Japon envahit le reste de la Chine à partir de Shanghai sans toutefois déclarer officiellement la guerre.
Les conquêtes nipponnes en Asie orientale menaçaient les intérêts américains et Washington intervint contre le Japon, sans aller jusqu’à la confrontation armée. Ainsi, le Traité de Washington de 1922 limita le tonnage de la flotte de guerre japonaise au troisième rang mondial. En réponse aux pressions diplomatiques internationales à la suite de l'invasion de la Mandchourie, Tokyo décida de quitter la Société des Nations en 1933. Entre 1935 et 1937, les États-Unis choisirent la non-intervention en promulguant une série de lois sur la neutralité.
Le Japon signa le pacte anti-Komintern en 1936. En 1937, le président des États-Unis Franklin Roosevelt prononça à Chicago le Discours de la quarantaine dans lequel il condamnait les dictatures, y compris celle du Japon. L'année suivante, son discours sur l'état de l'Union propose d'augmenter les dépenses militaires. En décembre 1937, au moment du massacre de Nankin, les avions japonais coulèrent la canonnière américaine Panay sur le Yang-tse-Kiang. Washington obtint des excuses mais la tension monta rapidement entre les deux pays. En 1939, le gouvernement américain mit fin au traité de commerce signé en 1911, prélude à l’embargo commercial.
En 1940, l'Empire rejoignit les forces de l’Axe en signant le Pacte tripartite. La même année, le quartier-général impérial, profitant de la défaite de la France et de l’affaiblissement du Royaume-Uni, autorisa l'implantation de bases militaires en Indochine française. Immédiatement après un accord conclu le 22 septembre avec le gouverneur-général de l'Indochine Française, le Japon déclencha une offensive sur Lang Son et bombarda Haiphong.

1941 fut l'année de l’escalade entre les deux pays : en mai, Washington accorda son soutien à la Chine par l’octroi d’un prêt-bail. À la suite du refus du Japon de se retirer de l'Indochine et de la Chine, à l'exclusion du Mandchoukouo, les États-Unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas décrétèrent à partir du 26 juillet 1941 l’embargo complet sur le pétrole et l’acier ainsi que le gel des avoirs japonais sur le sol américain. Cinq mois plus tard, les approvisionnements de pétrole du Japon étaient réduits de 90 %.
La conférence impériale tenue le 6 septembre 1941 décida qu'une guerre serait entreprise contre les États-Unis et le Royaume-Uni, à moins qu'un accord ne soit trouvé à bref délai avec Washington. L'attaque de Pearl Harbor n'est pas un plan préparé conjointement par l'Allemagne et par le Japon mais une initiative japonaise, les Allemands y ayant vu leur intérêt. Le 16 octobre, le Premier ministre du Japon Fumimaro Konoe, jugeant avoir perdu la confiance de l'empereur Showa et des militaires, démissionna de son poste en proposant le prince Naruhiko Higashikuni, un oncle de l'empereur, pour le remplacer. Hirohito refusa cette candidature, proposée également par les militaires, et choisit plutôt le général Tōjō, un ferme partisan de la guerre mais également un homme renommé pour sa fidélité envers l'institution impériale.
Sans même attendre la fin des pourparlers auxquels ils ne croyaient plus, les Japonais commencèrent à préparer l'attaque. Le 3 novembre, l'amiral Osami Nagano expliqua en détail à Hirohito la version finale du plan d'attaque contre Pearl Harbor. Le 5 novembre 1941, l'empereur approuva en conférence impériale le plan d'opération pour une guerre contre les États-Unis, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas prévu pour le début décembre. Le jour même, le quartier-général impérial mit en application la décision adoptée à la conférence et ordonna au commandant en chef de la flotte combinée, l’amiral Isoroku Yamamoto, de mettre en branle la mission sur Pearl Harbor. Les négociations avec les États-Unis demeurant dans une impasse, Hirohito approuva finalement le 1er décembre en conférence impériale la guerre de la Grande Asie orientale, après que Nagano et le ministre de la Marine Shigetaro Shimada, l'eurent rassuré la veille sur les chances de succès de l'entreprise en réfutant l'argument du prince Nobuhito Takamatsu qui jugeait que la Marine impériale ne pourrait tenir plus de deux ans contre les États-Unis

À partir du XIXe siècle, la puissance militaire japonaise se renforça et se modernisa grandement. Pour pallier la hausse du chômage provoquée par la Grande Dépression, le gouvernement multiplia les commandes d'armement. Les dépenses militaires augmentèrent fortement. Au total, le Japon possédait en 1941 une quinzaine de cuirassés, une dizaine de porte-avions, 50 croiseurs, 110 destroyers, 80 sous-marins et quelque 1 350 avions. Surtout, le pays comptait 73 millions d'habitants animés d'une fierté patriotique et d'un esprit de sacrifice. Les militaires japonais étaient confiants dans la supériorité de leur armée ; en outre, Tokyo était assuré du soutien allemand en cas de contre-attaque des Américains.
En 1941, les États-Unis n'étaient pas prêts à entrer en guerre. Certes, le pays était une puissance démographique (132 millions d’habitants) et industrielle de premier ordre. En 1941, l'aviation américaine pouvait avancer plusieurs milliers d'avions, mais beaucoup étaient obsolètes. En 1940, face aux trois millions de soldats japonais, l'United States Army était en position d'infériorité numérique (250 000 hommes).
Surtout, l’opinion américaine n'était pas prête à entrer en guerre. Le souvenir de la Première Guerre mondiale et des soldats américains morts en Europe était encore très présent. Les emprunts contractés par les belligérants auprès des États-Unis n'avaient pas été remboursés et beaucoup d'Américains étaient isolationnistes. Le président Franklin Roosevelt (1933-1945) ne voulait pas s'aliéner les Américains d'origine allemande, italienne et japonaise. Le comité America First, une association pacifiste influente, faisait également pression pour maintenir les États-Unis hors de la guerre.
En janvier 1941, Roosevelt promit à Winston Churchill que son pays interviendrait d'abord contre l'Allemagne nazie et non contre le Japon. Pour soulager le Royaume-Uni dans la bataille de l'Atlantique, d'avril à juin 1941, trois cuirassés, un porte-avions, quatre croiseurs et deux flottilles de destroyers sont transférés du Pacifique à l'Atlantique (soit 20 % de la flotte du Pacifique) ce qui laisse la supériorité numérique dans la zone à la marine japonaise.
Pearl Harbor constituait la plus grande base navale américaine dans l'océan Pacifique. Elle se trouvait sur la côte sud de l’île d’Oahu, dans l’archipel d’Hawaï, 15 km à l’ouest d’Honolulu. Elle était relativement isolée dans l'océan Pacifique, à 3 500 km de Los Angeles et à 6 500 km de Tokyo. L'île d'Oahu était la plus peuplée de l'archipel hawaïen et se trouvait sur la route des bases américaines de Guam, Wake et Midway. Au début de la Seconde Guerre mondiale, 140 à 180 000 Japonais résidaient à Hawaï.
La base de Pearl Harbor s'étendait autour d'une rade peu profonde. L'entrée de cette rade se faisait par un chenal très étroit (400 mètres de large). La plupart des navires de guerre mouillaient à l'intérieur de la rade, à l'est et au nord de l'île de Ford. Trois se trouvaient à l’ouest (l’USS Utah, l'USS Raleigh et l'USS Curtiss). Les bâtiments de guerre étaient amarrés deux par deux, par souci d'économie et par manque de place.
La flotte de guerre américaine du Pacifique, composée alors de la Battle Force, la Scouting Force, la Base Force et de la Amphibious Force avaient, le dimanche 7 décembre, 86 unités dans la base : 28 destroyers, 9 croiseurs, 8 cuirassés, 4 sous-marins, un cuirassé-cible (l’USS Utah) et une trentaine de bâtiments auxiliaires. On comptait enfin 25 000 hommes sur la base et environ 300 avions et hydravions de l'USAAF et de l'aéronavale dans l’île. Le général Walter Short était le commandant des forces terrestres tandis que la flotte du Pacifique était sous les ordres de l'amiral Husband Kimmel. La défense des installations et des ateliers de réparation était assurée par la DCA et les défenses littorales ainsi que 35 B-17

L'objectif de l'attaque était d'anéantir la flotte américaine stationnée à Pearl Harbor afin de conquérir sans difficulté l'Asie du Sud-Est et les îles de l'océan Pacifique. Le but était de contraindre les forces américaines à quitter Hawaï pour se replier sur les bases de Californie. Il fallait par ailleurs réduire en cendres les docks, les ateliers de réparation et le champ de réservoirs contenant les approvisionnements en mazout pour la flotte du Pacifique, sans oublier les aérodromes de Wheeler Field et d'Hickham Field. Le Japon voulait aussi effacer l’humiliation des sanctions économiques prises par Washington. Les préparatifs de l'attaque furent confiés au commandant en chef de la flotte Isoroku Yamamoto.
Approuvé officiellement le 5 novembre 1941 par Hirohito6, le plan d’attaque de Pearl Harbor avait quant à lui été élaboré dès le début de l’année 1941.
Ce plan devait surmonter deux difficultés. Premièrement, l’isolement relatif d’Hawaï rendait impossible le recours aux navires de guerre classiques. Deuxièmement, les eaux peu profondes de la rade de Pearl Harbor empêchaient l’utilisation de torpilles conventionnelles qui auraient explosé sur le fond marin avant d’atteindre leur cible.
La stratégie japonaise reprenait les éléments décisifs de deux batailles sur mer : le premier était l'effet de surprise de l'attaque japonaise menée par l'amiral Heihachirō Tōgō contre la flotte russe à Port-Arthur en février 1904 ; le second était le lancement de plusieurs bombardiers-torpilleurs Fairey Swordfish depuis un porte-avions de l'escadre menée par l’amiral britannique Andrew Cunningham contre la flotte italienne à la bataille de Tarente en novembre 1940.
En 1941, l’amiral Isoroku Yamamoto envoya des experts japonais en Italie pour recueillir des informations qui permettraient de transposer cette stratégie dans le Pacifique. La délégation revint avec des renseignements sur les torpilles que les ingénieurs de Cunningham avaient imaginées. Les plans japonais ont sans doute été aussi influencés par ceux de l’amiral américain Harry Yarnell qui anticipait une invasion d’ Hawaï. Au cours d’un exercice militaire du 7 février 1932, ce dernier avait mis en évidence la vulnérabilité d’Oahu en cas d’attaque aérienne par le nord-ouest. La simulation avait montré que des avions ennemis pourraient infliger de sérieux dommages et que la flotte ennemie, restée à l'écart des côtes, serait indétectable pendant 24 heures. À l'académie navale de Tokyo, les jeunes officiers savaient qu’« au cas où le gros de la flotte de l’ennemi serait stationné à Pearl Harbor, l’idée devrait être d’ouvrir les hostilités par une attaque aérienne surprise. »
 Yamamoto eut du mal à faire accepter son plan d'attaque : par exemple, l’amiral Nagano jugeait l’entreprise particulièrement risquée. L’empereur ne souhaitait pas une attaque surprise sans déclaration de guerre. Les réticences venaient du fait que l’opération devait engager une grande partie de la marine de guerre et parcourir des milliers de kilomètres sans être repérée. Il s'agissait d'une attaque exceptionnelle. Yamamoto menaça de démissionner pour que son plan soit finalement adopté, en octobre 1941. Cela laissa donc peu de temps à Minoru Genda pour préparer l’expédition, essayer les nouvelles torpilles et entraîner les hommes pour la mission.
Pour que la bataille ait des chances de réussir, il fallait qu’elle soit précisément définie et menée dans le plus grand secret. Les ingénieurs militaires japonais créèrent des torpilles spéciales (Type 91) munies d’ailerons pour les stabiliser. Ils produisirent également des bombes capables de percer la coque des navires.
Le 3 novembre, l'amiral Nagano expliqua en détail le plan d'attaque à Hirohito. Le 5 novembre, l'empereur approuva en conférence impériale le plan d’attaque. Les renseignements fournis par des Japonais d’Hawaï furent déterminants dans la réussite de l’opération : il fallait attaquer un dimanche car la flotte américaine n’était pas en manœuvre le week-end et de nombreux équipages n’étaient pas complets. Il n’y avait aucune patrouille ce jour-là. Les espions japonais fournirent également des informations sur la situation de la flotte américaine.

Le 14 novembre 1941, la « flotte combinée » se concentra dans la baie d’Hito-Kappu, au sud des îles Kouriles. Elle se composait d'une force de choc avec sa force aéronavale, le Kidô Butai, qui comportait notamment six porte-avions (Akagi, Hiryū, Kaga, Shōkaku, Sōryū, Zuikaku) et plus de 400 avions : des avions de chasse Mitsubishi A6M (les Zéros), des bombardiers-torpilleurs Nakajima B5N (Les Kate) et des bombardiers en piqué Aichi D3A (les Val). Une flotte de reconnaissance comprenait 22 sous-marins13, cinq sous-marins de poche Ko-hyoteki, emportant chacun deux hommes et deux torpilles de 450 mm et trois croiseurs légers. Huit bateaux de ravitaillement en carburant accompagnaient l’expédition.
Le 26 novembre, alors que les deux gouvernements étaient encore en pourparlers, l'armada de la marine impériale japonaise quitta secrètement le Japon. Elle se dirigea vers l'archipel d'Hawaï par le nord en empruntant une route peu fréquentée.
Le 1er décembre, Hirohito approuva en conférence impériale la Guerre de la Grande Asie orientale et autorisa le bombardement de Pearl Harbor. Lorsque la flotte reçut l'ordre officiel d'attaquer le 2 décembre, les pourparlers se poursuivaient encore (voir ci-dessous). Le 6 décembre, la flotte qui se trouvait à 200 milles marins (370 km) au nord de Pearl Harbor, reçut le signal d’attaque : « Grimpez sur le mont Niitaka »
Les négociations entre le Japon et les États-Unis, reprises en novembre 1941, se trouvaient bloquées à la veille de l'attaque : les Japonais exigeaient l'arrêt du soutien américain aux Chinois. Le secrétaire d'État Cordell Hull réclamait quant à lui le retrait des troupes nipponnes de Chine. Le 6 décembre 1941, Roosevelt transmit un télégramme à l’empereur Hirohito afin de reprendre les négociations qui avaient lieu à Washington.
Le même jour, le ministère des affaires étrangères japonais envoya à ses négociateurs et à l'ambassadeur Kichisaburo Nomura en place à Washington un document codé en 14 points, texte diplomatique signifiant la rupture des relations diplomatiques ; ils avaient pour consigne de le remettre au secrétaire d’État américain le lendemain à 13 h, soit 7 h 30, heure d’Hawaï. Mais le message ne fut pas remis à l’heure prévue en raison de retards dans le décryptage de ce texte long et complexe. Les services américains de renseignement réussirent à décoder le message bien avant l’ambassade japonaise : seul le dernier point du mémorandum, c’est-à-dire la déclaration de guerre, n’avait pas été déchiffré par les Américains. Le dimanche 7 décembre à 11 h 58, heure de Washington (6 h 28 à Hawaï), le général George Marshall lut le message ; inquiet par sa teneur, Marshall fut persuadé qu'une attaque se préparait. Il expédia un télégramme pour donner l'alerte aux bases américaines situées aux Philippines, à Panama, à San Diego et à Pearl Harbor. En raison de défaillances techniques, l'alerte arriva trop tard à Hawaï, plusieurs heures après les bombardements. Le message parvint à l’ambassadeur américain au Japon environ dix heures après la fin de l’attaque.
Fin der la 1ère partie

 

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MessagePosté le: Dim 8 Jan - 08:57 (2017)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

Isoroku Yamamoto et d’autres généraux avaient prévu une attaque en trois vagues mais le vice-amiral Chuichi Nagumo décida de n’en retenir que deux. Le nombre total d’avions impliqués dans l’attaque était de 350. 91 avions furent engagés dans la protection des porte-avions et des navires.
Ce fut dans la nuit du 6 au 7 décembre que les opérations débutèrent massivement, l'aube permettant de réduire les précautions à prendre pour éviter d'être repéré et accélérer ainsi la vitesse de progression.
L'attaque sur la Malaisie, le 8 décembre, a lieu en fait au même moment, car de l'autre côté de la ligne de changement de jour.
Vers minuit, les sous-marins de haute mer lancèrent cinq sous-marins de poche qui se dirigèrent vers l'île d'Oahu.
À 3 h 58, le dragueur de mines USS Condor signala la présence d’un sous-marin dans la rade de Pearl Harbor au destroyer USS Ward. Ce dernier se mit alors à sa recherche sans succès : l'intrus avait rapidement disparu. L'amirauté de Pearl Harbor ne donna pas l'alerte. À 6 h 37, le Ward repéra un autre sous-marin qui était chargé de renseigner la flotte japonaise et le détruisit.
C'est entre 6 h et 7 h 15 que la première vague de 183 avions, conduite par le capitaine de frégate Mitsuo Fuchida, s'envola vers Pearl Harbor. Elle comprenait :
    49 bombardiers moyens d'altitude (horizontaux) Nakajima B5N2 Kate,
    51 bombardiers en piqué Aichi D3A1 Val,
    40 bombardiers torpilleurs Nakajima B5N2 Kate
    43 avions de combat Mitsubishi A6M2 Zéro.
Leur présence ne fut détectée que vers 7 h par deux soldats américains (George Elliot Jr. et Joseph Lockard) à la station d’Opana Point (un radar SCR-270 situé près de la pointe nord d'Oahu). Ces derniers ne sont pas pris au sérieux par un nouvel officier, le lieutenant Kermit A. Tyler, convaincu qu’il s’agissait de six bombardiers B-17 qui arrivaient de Californie et qui étaient attendus pour se ravitailler avant de rejoindre leur destination finale de Clark Field dans les îles Philippines.
Vers 7 h 30, le premier avion japonais fit une reconnaissance dans les alentours et donna le signal : « Pearl Harbor dort. »
Les premiers avions survolèrent la base américaine à 7 h 40. Les avions torpilleurs volaient à basse altitude et provenaient de différentes directions. Les bombardiers volaient quant à eux à haute altitude.
À 7 h 53, les premières bombes nippones furent larguées et les avions se mirent en formation d’attaque. Le contre-amiral Patrick Bellinger donna l'alerte.
Cinq sous-marins Ko-hyoteki torpillèrent les bateaux américains après le début des bombardements. Sur les dix hommes qui se trouvaient à bord des sous-marins, neuf trouvèrent la mort ; le seul survivant, Kazuo Sakamaki, fut capturé et devint le premier prisonnier de guerre japonais fait par les Américains au cours de la Seconde Guerre mondiale. Une étude de l’institut naval américain conduite en 1999 indique qu’une torpille toucha l'USS West Virginia qui devint la première cible de l’attaque japonaise.
Cette première attaque était menée par six unités dont une avait pour objectif le poste militaire de Wheeler Field. Les Japonais exploitèrent les premiers moments de surprise pour bombarder les navires les plus importants, surtout à l'est de la rade. Chacune des attaques aériennes commençait par les bombardiers et finissait par les unités de combat afin de contrer les poursuites éventuelles. La première attaque engagea le flanc droit de l’ennemi.


À 8 h 30, la deuxième phase de l'attaque forte de 167 appareils visa le flanc gauche et utilisa davantage de bombardiers en vol horizontal. Elle comprenait :
    54 bombardiers moyens d'altitude (horizontaux) Nakajima B5N2 Kate,
    78 bombardiers en piqué Aichi D3A1 Val, et
    35 chasseurs Mitsubishi A6M2 Zéro.
Elle fut menée par le lieutenant-commandant Shigekazu Shimazaki. Elle était divisée en quatre unités dont l’une fut lancée sur la base de Kānehohe, à l'est de Pearl Harbor. Les différentes formations arrivèrent presque en même temps sur le site depuis plusieurs directions.
Au cours de la deuxième vague, un sous-marin de poche venu en surface fut pris pour cible par le Curtiss et coulé par le destroyer USS Monaghan. La seconde vague s’acheva à 9 h 45. Après l'attaque, des avions survolèrent le site afin d’étudier les dommages et de faire un rapport.
Les hommes qui se trouvaient à bord des navires américains furent réveillés par les explosions. Le fameux message « Air raid Pearl Harbor. This is not a drill » (« Attaque aérienne sur Pearl Harbor. Ceci n’est pas un exercice ») fut prononcé par le commandant Logan Ramsey à 7 h 58, cinq minutes après les premières bombes. L'amiral Husband Kimmel alerta Washington quelque temps après.
En dépit du manque de préparation et des scènes de panique, plusieurs militaires se sont illustrés durant la bataille. L’amiral Isaac C. Kidd et le captain Franklin Van Valkenburgh se ruèrent sur le pont de l'USS Arizona afin d’organiser la défense et furent tués par l’explosion d'un dépôt d’armes tout proche. Les deux hommes furent honorés de manière posthume par la médaille d’honneur. L’enseigne de vaisseau Joe Taussig, Jr. dirigea l'artillerie antiaérienne de l'USS Nevada, et fut sévèrement blessé, mais continua néanmoins à servir à son poste. En raison de l'absence du commandant de l'USS Nevada, le lieutenant commander F. J. Thomas en prit le commandement pendant l’attaque, en assura l'appareillage et le manœuvra jusqu'à ce que le bâtiment s'échoue, à 9 h 10. L’un des destroyers, l’USS Aylwin, fit de même avec seulement quatre officiers à son bord, uniquement des enseignes de vaisseau qui avaient peu d’expérience à la mer. Le captain Mervyn Bennion, commandant l'USS West Virginia, dirigea son équipage jusqu’à ce qu'il fut tué par des fragments de bombes. Les premières victimes de l’attaque aérienne se trouvaient sur le sous-marin USS Tautog qui abattit également le premier Japonais. L'Afro-Américain Doris « Dorie » Miller, qui servait comme cuisinier sur l'USS West Virginia, prit le contrôle d’une mitrailleuse de lutte anti-aérienne et s’en servit pour tirer sur des avions japonais : il en toucha au moins un alors que son navire était bombardé dans le même temps. Il reçut la croix de la marine (Navy Cross) après la bataille. Quatorze marins et officiers furent par ailleurs récompensés par la médaille d’honneur. Une distinction militaire spéciale, la Pearl Harbor Commemorative Medal, fut par la suite décernée à tous les vétérans de l’attaque. Dans le ciel, la seule opposition importante vint d’une poignée de Curtiss P-36 Hawk et de Curtiss P-40 Warhawk qui firent vingt-cinq sorties et par les défenses anti-aériennes. Des avions décollèrent pour tenter de repérer la flotte japonaise, en vain

Certains officiers pressèrent l'amiral Nagumo de lancer une troisième attaque afin d'anéantir les dépôts de carburant et les infrastructures de Pearl Harbor. Certains historiens ont suggéré que la destruction des réserves de carburant et des équipements de réparation aurait fortement handicapé la flotte du Pacifique, bien plus que la perte des navires de ligne. Cependant, Nagumo décida de renoncer à une troisième attaque pour plusieurs raisons : en premier lieu, les succès des défenses antiaériennes furent plus nombreux au cours de la seconde vague et occasionnèrent les 2/3 des dommages nippons. L'effet de surprise avait disparu et une troisième vague risquait d’accroître les pertes japonaises. Ensuite, la préparation d'une troisième attaque aurait pris beaucoup trop de temps, laissant aux Américains la possibilité d'attaquer les forces de Nagumo situées à moins de 400 km au nord d'Oahu. L'armada pouvait rapidement être localisée et prise en chasse par les sous-marins ennemis. En outre, les Japonais ignoraient toujours la position des porte-avions américains et avaient atteint la limite de leurs capacités logistiques : rester plus longtemps augmentait le danger de manquer de carburant. La deuxième vague avait atteint l'objectif initial de la mission, à savoir neutraliser la flotte américaine du Pacifique. On se souvient que les autorités japonaises avaient été réticentes devant cette opération, c'est pourquoi l'expédition devait s'arrêter là. Il était donc temps de partir, d'autant que le Japon avait d'autres objectifs stratégiques dans le Sud-Est asiatique.


Le bilan humain de l'attaque fut lourd : 2 403 Américains sont morts et 1 178 ont été blessés. Les pertes se répartissent ainsi :
    US Army : 218 morts et 364 blessés ;
    US Navy : 2 008 morts et 710 blessés ;
    US Marine Corps : 109 morts et 69 blessés ;
    Civils : 68 morts et 35 blessés, tués ou blessés par les bombes ou les éclats de bombes tombés dans les zones civiles, jusqu'à Honolulu.
Près de la moitié des pertes américaines, soit 1 177 hommes, fut provoquée par l'explosion et le naufrage de l'USS Arizona. Celui-ci explosa à cause d'un obus de marine de 400 mm modifié de façon telle qu'il puisse être utilisé comme une bombe de 800 kg, largué par Tadashi Kusumi. La bombe frappa le navire au niveau de la tourelle avant de 356 mm. Ayant un blindage de pont plus fin cette bombe s’arrêta dans la soute à munitions et explosa50. La coque de l'Arizona sert aujourd'hui de mémorial. Il continue d’ailleurs de perdre un peu de carburant, plus de 70 ans après l’attaque.
L'attaque avait visé les cuirassés stationnés dans la rade :
l'USS Nevada fut endommagé par une torpille et un incendie ; il fut la cible de nombreuses bombes japonaises lorsqu'il se mit en route pour éviter la submersion dans le chenal et finit par toucher le fond de la rade par l'avant. Il fut renfloué par la suite.
L'USS California fut touché par deux bombes et deux torpilles. L'équipage reçut l'ordre d'évacuer le navire. Il fut renfloué par la suite.
L'USS Utah, ce cuirassé d’un modèle ancien était utilisé comme cible de bombardement mobile. Il constituait une cible facile et fut touché deux fois par des torpilles.
Sept torpilles affectèrent l'USS West Virginia et la dernière eut pour conséquence de détacher le gouvernail.
L'USS Oklahoma fut frappé par cinq torpilles et chavira.
L'USS Maryland fut atteint par deux obus de marine de 400 modifiés sans subir de dommages sérieux.
L'USS Pennsylvania fut touché par une bombe de 250 kg au cours de la deuxième vague d'attaque alors qu'il était en cale sèche sans subir de dommages sérieux.
L'USS West Virginia fut touché par 7 torpilles et 2 bombes de 800 kg. Il fut renfloué par la suite.
L'USS Tennessee fut touché par 2 bombes de 800 kg défectueuses occasionnant seulement des dommages légers.
Même si les Japonais ont concentré leurs tirs sur les navires de ligne, ils n'ont pas épargné les autres cibles. Le croiseur léger USS Helena fut torpillé et le choc provoqua le chavirement du mouilleur de mines USS Oglala situé à côté. Deux destroyers en cale sèche furent détruits lorsque des bombes touchèrent leur réservoir de carburant. L’incendie se propagea à d'autres navires. Le croiseur léger USS Raleigh fut touché par une torpille qui ouvrit une brèche. Le croiseur léger USS Honolulu fut endommagé mais resta en service. Le destroyer USS Cassin chavira et le destroyer USS Downes fut sérieusement endommagé. Le bateau de réparation USS Vestal, rangé bord à bord avec l’Arizona (alors en feu), fut gagné par les flammes qui ravageaient ce dernier et finit par sombrer à son tour. Le navire ravitailleur USS Curtiss fut également endommagé.
La quasi-totalité des 188 avions stationnés à Hawaï furent détruits ou endommagés. Lorsque les Japonais arrivèrent au-dessus des aérodromes américains, ils trouvèrent 155 avions stationnés aile contre aile pour éviter le sabotage (40 % de la population de l'île d'Oahu étant des Américano-japonais) mais constituant ainsi des cibles idéales. Les attaques sur les casernes tuèrent des pilotes et d’autres membres du personnel4. Des tirs amis ont abattu plusieurs avions américains.
L'aéronavale perdit 13 chasseurs, 67 bombardiers, trois avions de transport et quatre forteresses volantes en plus de la moitié des avions de combat qui se sont retrouvés cloués au sol parce qu'ils avaient été disposés aile contre aile ce qui les empêcha de décoller rapidement. L'aviation de l'armée de terre fut aussi gravement touchée : 12 B-18, 20 A-9, 2 A-20, 4 P-26, 20 P-36 et 32 P-40


Les pertes de l’US Navy classées par durée d’immobilisation des navires

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Attaque_de_Pearl_Harbor#cite_note-52

Nom Type Mise en service Touché par Tués Retour au combat Mois d’immobilisation et
commentaires

Navires détruits
1ArizonaCuirassé19162 bombes de 800 kg1 177
Définitif
2OklahomaCuirassé19165 torpilles429
Définitif
3UtahBateau cible19112 torpilles58
Définitif

Navires endommagés
4West VirginiaCuirassé19237 torpilles, 2 bombes de 800 kg (1 défectueuse)106juillet 194431
5OglalaMouilleur de mines19171 torpille (dommages indirects)0février 194426
6CassinDestroyer19362 bombes de 250 kg0février 194426
7CaliforniaCuirassé19212 torpilles, 1 bombe de 250 kg105janvier 194425
8DownesDestroyer19371 bombe de 250 kg12novembre 194323
9NevadaCuirassé19161 torpille, 5 bombes de 250 kg57octobre 194210
Échoué pour éviter la submersion dans le chenal.
10VestalNavire atelier19132 bombes de 250 kg (1 défectueuse)7août 19428
11ShawDestroyer19363 bombes de 250 kg24juin 19426
12HelenaCroiseur léger19391 torpille34juin 19426
13PennsylvaniaCuirassé19161 bombe de 250 kg32mars 19423
14TennesseeCuirassé19202 bombes de 800 kg défectueuses5février 19422
15MarylandCuirassé19212 bombes de 800 kg défectueuses4février 19422
16RaleighCroiseur léger19241 torpille, 1 bombe de 250 kg0février 19422
17CurtissPorte-hydravions19401 bombe de 250 kg21janvier 19421
18HonoluluCroiseur léger19381 bombe de 250 kg (dommages indirects)0janvier 19421
19HelmDestroyer19372 bombes de 250 kg (dommages indirects)0décembre 19410
20New Orleanscroiseur lourd1931Dommages indirects0décembre 19410
Dommages légers

 

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MessagePosté le: Mar 10 Jan - 08:13 (2017)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

Du côté japonais, les pertes humaines furent beaucoup moins lourdes : 64 morts (55 aviateurs et neuf sous-mariniers) ; l'enseigne Kazuo Sakamaki fut capturé, premier prisonnier de guerre japonais du conflit.
Le bilan matériel fut aussi limité : les cinq sous-marins de poche engagés furent coulés ou capturés et un sous-marin de croisière a été coulé le 10 décembre (le I-70 avec 121 membres d'équipage fut détruit par des avions de l'USS Enterprise). Sur les 441 avions japonais disponibles, 350 prirent part à l’attaque et 29 furent abattus durant la bataille, neuf au cours de la première vague, vingt dans la seconde. 74 autres furent touchés par les défenses antiaériennes et l’artillerie au sol. Le plan audacieux de Yamamoto et de Genda avait atteint ses objectifs.
Cependant, l'armada japonaise s'en retourna sans qu'aucun porte-avions américain ne fût détruit car ils ne se trouvaient pas à Pearl Harbor. L'USS Enterprise rentrait au port et se trouvait à 300 km au début de l'attaque (six des dix-huit SBD qu'il avait fait décoller à 6 h 20 en direction d'Hawaï ont été détruits), l'USS Lexington livrait des avions aux îles Midway et l'USS Saratoga était à San Diego en train d'embarquer son groupe aérien après une période d'entretien et réparations. D'autre part, presque tous les navires touchés étaient des vieux bâtiments ; 80 % d'entre eux furent remis en état et modernisés après l'attaque. Les destroyers Cassin et Downes furent gravement endommagés mais leurs machines furent sauvées et elles équipèrent d’autres bâtiments portant leur nom d’origine. Les pertes matérielles les plus graves furent celles des 155 avions et des dégâts matériels dans la base.
Finalement, l'attaque japonaise sur Pearl Harbor fut une brillante réussite tactique mais un échec du point de vue stratégique. Malgré les pertes, la base resta opérationnelle (le port, les pistes, les réservoirs de carburant et les ateliers de réparation n'ont pas été détruits ou marginalement). Yamamoto aurait dit : « Je crains que tout ce que nous avons réussi à faire est de réveiller un géant endormi et de le remplir d'une terrible résolution. »
Contrainte de se battre sans cuirassés, la marine américaine développa par la suite de nouvelles tactiques navales reposant sur des Task forces combinant des porte-avions et des sous-marins, reprenant la stratégie japonaise employée à Pearl Harbor. Ces nouvelles méthodes permirent de freiner l'avance japonaise en 1942, délai que l'amiral Yamamoto estimait avoir donné au Japon avant que la capacité industrielle démultipliée des États-Unis ne leur donne une supériorité écrasante. Paradoxalement, la doctrine navale japonaise continuait à ce moment à considérer les cuirassés comme les navires les plus importants.


Après l'attaque japonaise sur la base navale américaine, le président Roosevelt engagea son pays dans la Seconde Guerre mondiale aux côtés des Alliés. Les Japonais firent une déclaration de guerre officielle, mais à cause de divers contretemps, elle ne fut présentée qu'après l'attaque.
Le 8 décembre 1941, le président Roosevelt déclare:
    « Hier, 7 décembre 1941 — une date qui restera à jamais marquée dans l'Histoire comme un jour d’infamie — les États-Unis d'Amérique ont été attaqués délibérément par les forces navales et aériennes de l'empire du Japon. Les États-Unis étaient en paix avec le Japon et étaient même, à la demande de ce pays, en pourparlers avec son gouvernement et son empereur sur les conditions du maintien de la paix dans le Pacifique. Qui plus est, une heure après que les armées nippones eurent commencé à bombarder Oahu, un représentant de l'ambassade du Japon aux États-Unis a fait au secrétariat d'État une réponse officielle à un récent message américain. Cette réponse semblait prouver la poursuite des négociations diplomatiques, elle ne contenait ni menace, ni déclaration de guerre […]. J'ai demandé à ce que le Congrès déclare depuis l'attaque perpétrée par le Japon dimanche 7 décembre, l'état de guerre contre le Japon. »
Le Congrès américain déclara la guerre au Japon à la quasi unanimité ; seule la pacifiste Jeannette Rankin (députée républicaine du Montana) s'opposa à cette décision. Roosevelt signa la déclaration le jour même. Avec la loi sur la conscription du 20 décembre 1941, la mobilisation s'élargit à tous les Américains entre 20 et 40 ans. Le 22 décembre 1941 débuta la conférence Arcadia au cours de laquelle Churchill et Roosevelt décidèrent d'unir leurs forces contre l'Allemagne nazie. La Déclaration des Nations unies du 1er janvier 1942 prévoyait la création de l'ONU. Enfin, le pays dut convertir son économie pour répondre aux besoins de la guerre, un processus qui commença le 6 janvier 1942 avec l'annonce du « Programme de la Victoire ». L'entrée en guerre des États-Unis marquait un tournant dans la mondialisation du conflit.
Le lendemain, 9 décembre, le Royaume-Uni déclarait la guerre au Japon et Winston Churchill écrira plus tard dans ses Mémoires :
    « Aucun Américain ne m'en voudra de proclamer que j'éprouvai la plus grande joie à voir les États-Unis à nos côtés. Je ne pouvais prévoir le déroulement des événements. Je ne prétends pas avoir mesuré avec précision la puissance guerrière du Japon, mais je compris que, dès cet instant, la grande République américaine était en guerre, jusqu'au cou et à mort. Nous avions donc vaincu, enfin! »


Dans les heures qui suivirent, le Royaume-Uni (et son empire colonial, le Canada, l'Australie, l'Afrique du Sud) entrèrent en guerre contre le Japon.
L'Allemagne nazie et l'Italie fasciste déclarèrent la guerre aux États-Unis le 11 décembre 1941, quatre jours après l'attaque de Pearl Harbor. Selon les termes du pacte tripartite, Hitler et Mussolini n'étaient pourtant pas obligés de déclarer la guerre. Cependant, les relations entre les pays européens de l’Axe et Washington s'étaient détériorées depuis 1937.
Les adversaires du New Deal de Roosevelt, notamment le Chicago Tribune, rendirent public le plan de guerre américain pour l’Europe. Hitler estimait qu'un conflit avec les États-Unis était inévitable. Ce sentiment fut renforcé par la publication du plan américain, par l’attaque de Pearl Harbor et par le discours de Roosevelt. Le Führer méprisait les Américains, en particulier les Noirs qu'il tenait pour inférieurs. Il sous-estima également la puissance productive des États-Unis, leur capacité à combattre sur deux fronts à la fois (en Europe et dans le Pacifique) et les conséquences du prêt-bail sur ses adversaires. Les nazis escomptaient qu'à la suite de la déclaration de guerre contre les États-Unis, le Japon s'engagerait davantage contre l'URSS (avec laquelle il est en paix depuis la conclusion du pacte nippo-soviétique du 13 avril 1941) et les possessions européennes en Asie. Toutefois, le front chinois et le théâtre d'opération méridional accaparèrent l'essentiel des forces de l'empire du Japon.
Dans les heures qui ont suivi l'attaque de Pearl Harbor, les Japonais attaquèrent diverses colonies et bases militaires britanniques et américaines en Asie et dans le Pacifique : la Malaisie, Hong Kong, Guam et Wake. Peu après les événements de Pearl Harbor, les bombardiers de la 11e flotte aérienne japonaise s'en prirent à la 7e flotte de l'Air Force américaine basée aux Philippines et à la force « Z » britannique, ce qui ouvrait la voie à la capture des deux premiers objectifs visés. Le 16 décembre, les forces nippones contrôlaient le nord de l'île de Bornéo, Hong Kong capitula le 25 décembre et Singapour tomba en janvier 1942.

Bien que la propagande antiaméricaine eût préparé l'opinion publique japonaise à la guerre contre les États-Unis, il semble que la plupart des Japonais furent surpris lorsqu'ils apprirent la nouvelle : l'attaque avait en effet été menée dans le plus grand secret. Elle était présentée et ressentie comme un coup d'éclat et finit par rallier les sceptiques face à la guerre. Pour l'état-major et le gouvernement japonais, l'attaque de Pearl Harbor n’était qu’une réponse juste à la politique agressive de Washington. Il considérait que les Alliés, et particulièrement les États-Unis, multipliaient depuis longtemps les provocations à l'égard des Japonais. Aussi, l’attaque de Pearl Harbor ne relèverait pas de la trahison car Washington se préparait depuis longtemps à la guerre. Aujourd'hui encore, un certain nombre de Japonais pensent que leur pays a été poussé à se battre pour protéger la sécurité nationale et leurs intérêts. En 1991, le ministre japonais des affaires étrangères rappela que le Japon avait donné une déclaration de guerre à 13 h 0 (le message en 14 points), heure de Washington DC, 25 minutes avant le début de l’attaque de Pearl Harbor.
Les photographies des bâtiments en flamme et des destructions à Pearl Harbor soulevèrent une émotion certaine dans le monde entier. L'attaque japonaise galvanisa la nation américaine et l'unit pour atteindre un but : celui de faire capituler l'Empire du Soleil Levant. Le comité pacifiste America First décida lui-même sa dissolution et les adversaires politiques de Roosevelt cessèrent provisoirement leurs attaques. Le sentiment de trahison et la peur du sabotage ou de l’espionnage rendirent suspects les Japonais vivant sur le sol américain et les Américains d'origine japonaise. Le général John DeWitt et le secrétaire à la Marine Frank Knox évoquèrent l'existence d'une cinquième colonne sur le sol américain.
Dans les jours qui suivirent l’attaque, plusieurs rumeurs circulèrent : les ouvriers nippons de l’île auraient coupé les champs de canne à sucre pour former des flèches indiquant le chemin vers Pearl Harbor. D'autres rumeurs touchèrent le président Roosevelt et Marshall qui auraient été au courant de l’attaque. Enfin, la crainte d'un débarquement japonais à la suite de l'attaque ajouta un élément à la confusion qui régnait à Hawaï.
C'est dans ce contexte que 110 000 Japonais et citoyens américains d'origine japonaise furent rassemblés et surveillés dans des camps d'internement (War Relocation Centers). L'ordre exécutif 9066 du 19 février 1942 fut signé par Roosevelt et concerna l'ouest du pays où se concentraient les populations japonaises ; des camps furent ouverts dans des régions isolées des États de Washington, de Californie et de l'Oregon. Cependant, les Japonais des îles Hawaï ne furent pas internés car l'armée et la marine avaient besoin de main d'œuvre. Des Américains d'origine japonaise furent incorporés dans l'armée américaine notamment dans le 442e Regimental Combat Team qui combattit en Europe à partir de 1943 et subit de lourdes pertes. En 1988, le Congrès présenta officiellement ses excuses pour ces arrestations arbitraires en votant une loi qui indemnisait les victimes encore vivantes.
Pearl Harbor peut également expliquer la détermination des États-Unis à procéder aux bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki.


L'attaque de Pearl Harbor est toujours considérée par les Américains comme l'un des événements les plus importants de leur histoire : c'était en effet la première fois depuis la guerre de 1812 que le sol américain était attaqué par un pays étranger. Soixante ans plus tard, les journalistes comparèrent les attentats du 11 septembre 2001 à l'attaque du 7 décembre 1941.
De nombreux films japonais et américains ont relaté cet épisode de la Seconde Guerre mondiale. Tant qu'il y aura des hommes réalisé en 1953 par Fred Zinnemann évoque la vie des militaires à Pearl Harbor. Le film Tora! Tora! Tora! de Richard Fleischer en 1970 donne une description assez réaliste des événements, prenant à la fois les points de vue américain et japonais. Le film documente notamment la longue liste d'erreurs et d'accidents qui rendirent cette attaque si destructrice pour les forces américaines. Le titre reprend le mot Tora qui signifie « tigre ». Il s'agit du message radio envoyé par Mitsuo Fuchida, le commandant de la mission. Le film 1941, réalisé par Steven Spielberg et sorti en 1979, évoque le climat de panique après l'attaque. Dans Nimitz, retour vers l'enfer de Don Taylor (1980), un porte-avions nucléaire voyage dans le temps et se retrouve à Pearl Harbor, la veille de l'attaque, avec la possibilité de changer l'Histoire. Pearl Harbor (2001) de Michael Bay reprend des scènes de Tora! Tora! Tora! comme celle du cuisinier-mitrailleur.
L'attaque de Pearl Harbor fit l'objet de nombreuses polémiques dès les lendemains des événements : entre décembre 1941 et juillet 1946, sept commissions administratives et une commission spéciale enquêtèrent pour établir les responsabilités et les négligences
La première commission, dirigée par Owen Roberts, fut constituée dès le mois de décembre 1941 et rendit ses conclusions au Congrès des États-Unis en janvier 1942. Elle accusa les officiers de la base (Walter Short et Husband Kimmel) de manquement à leur devoir, en particulier dans la défense de Pearl Harbor ; les deux hommes furent relevés de leurs fonctions. Cependant, le Sénat des États-Unis vota leur réhabilitation en mai 1999 (non signée ni par Clinton ni par Bush).
L'attaque de Pearl Harbor par les Japonais provoqua un choc immense dans l'opinion publique, à la tête de l'armée et de l'État. Les journalistes et les politiques posèrent rapidement la question des responsabilités. Il paraissait en effet évident que plusieurs erreurs avaient été commises : encore fallait-il déterminer si elles l'avaient été de manière intentionnelle ou non. Plusieurs défaillances se sont accumulées et ont contribué au désastre : l'entrée de la rade n'était pas protégée par des filets anti torpilles ; les navires, alignés côte à côte sur ordre de l'amiral Claude C. Bloch en raison du manque de place, offraient des cibles idéales ; les soldats croient lors des premiers bombardements qu'il s'agit d'un exercice, pensant que les avions venaient de Californie.
Le général Short estimait que le danger le plus immédiat pour les aérodromes était le sabotage, et avait par conséquent ordonné que les avions soient concentrés en des endroits aisés à surveiller, situation qui facilita leur destruction par l'attaque aérienne. Short ne croyait pas à l’efficacité du radar, une invention relativement nouvelle. L'équipe de surveillance du radar n'avait pas été remplacée après 7 heures ; aucune patrouille n'était de service le dimanche matin. Les diverses installations militaires n'étaient pas camouflées. La cryptanalyse des codes secrets (Code 97 des purple machines) aurait dû aider Pearl Harbor mais les Japonais pratiquaient la contre-information et ils n’ont pas été transmis à temps (George Marshall préféra le télégraphe au téléphone qu'il pensait être écouté par les Japonais), d'autant plus qu'il n'y avait aucun décodeur à Hawaï. Enfin, les divergences qui existaient entre Short et Kimmel expliquent en partie le manque de coordination et les dysfonctionnements dans le système de défense de Pearl Harbor.


De nombreux signes et avertissements n'ont pas été entendus ou compris. Quatre mois avant l'attaque, l'espion serbe Dušan Popov, à l'instar de Richard Sorge, informe les services secrets britanniques puis américains des intentions nippones. Les actualités de Paramount dès le 13 novembre 1941 montraient qu'une attaque pourrait avoir lieu sur Pearl Harbor.
Dans un ouvrage publié en 2011, Comment Roosevelt fit entrer les États-Unis dans la guerre, Arnaud Blin indique que l'agent double Dusko Popov avait dévoilé par un questionnaire des services secrets britanniques (MI:5) que les amiraux japonais avaient réclamé à l'Abwehr une étude détaillée du bombardement par la RAF de la flotte italienne dans le port de Tarente les 11 et 12 novembre 1940. Bien que le directeur du FBI J. Edgar Hoover ait reçu l'espion Popov le 12 août 1941 dans son bureau, il ne transmit qu'un échantillon du questionnaire à la Maison Blanche.
L’amiral Harold Rainsford Stark, chef des opérations navales américaines, avait envoyé un message d’alerte au commandant en chef des flottes de l’Asie orientale et du Pacifique à Hawaï. L'état-major américain redoutait donc une attaque japonaise, mais il ne l'attendait pas à Pearl Harbor : il avait une confiance aveugle dans l'isolement de l'île, située à plusieurs milliers de kilomètres du Japon. Il était convaincu que l’attaque aurait lieu aux Philippines ou à Singapour, ce qui ne constituait pas un casus belli selon les déclarations de Roosevelt.
Arnaud Blin a donc la conviction que la surprise de Roosevelt était bien réelle lorsque Frank Knox l'informa de l'attaque.
Le 7 décembre 1941, lorsqu'il apprend que Pearl Harbor a été attaquée, le secrétaire à la marine Frank Knox s'écria incrédule :
    « Mon Dieu, ça ne peut pas être vrai. Il s'agit sûrement des Philippines ! »
Les défenses naturelles de Pearl Harbor semblaient la protéger efficacement. Les américains craignaient davantage un acte de sabotage ou un débarquement plutôt qu'une attaque aérienne, jugée impossible. Les menaces qui leur furent transmises ne furent pas prises au sérieux.
Une thèse très controversée affirme que Roosevelt était au courant de l'attaque et qu'il laissa faire pour provoquer l'indignation de la population et faire entrer son pays dans la guerre. Cette théorie fut d'abord avancée par les officiers déchus par les commissions d'enquête : Husband Kimmel se dit victime d'un complot visant à cacher la responsabilité du gouvernement et de l'état-major. Il diffusa cette idée dans ses Mémoires parus en 1955. Le contre-amiral Robert Alfred Theobald, qui commandait les destroyers à Pearl Harbor 70, écrivit dans un ouvrage traduit en français :
    « Notre conclusion principale est que le président Roosevelt contraignit le Japon à faire la guerre en exerçant en permanence sur lui une pression diplomatique et économique, et l'incita à ouvrir les hostilités par une attaque surprise en maintenant la flotte du Pacifique dans les eaux hawaïennes comme appât. »
Cette thèse fut ensuite reprise par les adversaires de Roosevelt et de sa politique extérieure. Les négligences furent utilisées par les républicains pour discréditer le camp démocrate après 1945. Plus tard, plusieurs historiens américains, tels que Charles Beard et Charles Tansill ont essayé de prouver l'implication du président.
Les faits cités à l'appui de cette hypothèse sont notamment l'absence supposée providentielle des trois porte-avions en manœuvre le jour de l'attaque et qui n'ont pas été touchés, le fait que les nombreux messages d'avertissement aient été ignorés et enfin les négligences locales. Certains soupçonnent le gouvernement américain d'avoir tout fait pour ne recevoir la déclaration de guerre japonaise qu'après le bombardement. Les partisans de cette thèse sont convaincus que Roosevelt a poussé les Japonais à la guerre tout au long des années 1930 afin de convaincre le peuple américain majoritairement isolationniste et partisan de la neutralité


Il est cependant difficile d'imaginer que Roosevelt ait laissé détruire autant de bâtiments de la marine uniquement pour engager son pays dans la guerre. En effet, la valeur tactique des porte-avions était méconnue en 1941, même si d'évidence, compte tenu des investissements réalisés, les Japonais et les Américains fondaient de gros espoirs sur cette nouvelle unité marine. C'était encore le cuirassé qui faisait figure de navire principal dans les flottes de guerre et même l'amiral Yamamoto envisageait la confrontation finale entre les deux pays sous la forme d'un combat entre cuirassés. Dès lors, tout officier au courant de l'attaque aurait fait en sorte de protéger les cuirassés qui seraient alors partis au large en sacrifiant les porte-avions. Ce choix aurait été logique pour les autorités de la marine et aurait été paradoxalement plus néfaste aux Américains dans la poursuite de la guerre. L'amiral Chester Nimitz livre une analyse similaire dès 1945 :
    « Si l'amiral Husband Kimmel, alors commandant des forces américaines à Pearl Harbor, avait reçu 24 heures à l'avance la nouvelle de l'attaque, il aurait fait partir toutes nos forces à la rencontre des Japonais. Nous n'avions pas un seul porte-avions capable de s'opposer à la formation des porte-avions de l'amiral Nagumo, et les Japonais auraient coulé chacun de nos bateaux en haute mer. Nous aurions perdu 60 000 hommes et la quasi-totalité de notre flotte du Pacifique. »
Quant au message d’alerte, il est arrivé trop tard à Pearl Harbor à cause du décalage horaire, du jour (un dimanche), de maladresses et de problèmes techniques. En outre, les services de renseignement américains travaillaient séparément et étaient souvent incompétents. Si la plupart des messages secrets ennemis étaient déchiffrés, ceux de la marine japonaise restaient souvent mystérieux. Les services japonais pratiquaient le jeu de la désinformation.
Par conséquent, rien ne permet d’affirmer que Roosevelt était au courant de l'attaque de Pearl Harbor, même s'il fait peu de doute qu'il a accumulé les actes contraires à la neutralité durant les années 1930. Cependant, les sanctions économiques visaient avant tout les Allemands, et le président américain donnait la priorité au théâtre d’opération européen comme le montre par exemple la conférence Arcadia, et la guerre contre le Japon ne fut jamais sa priorité absolue.
Si Roosevelt et son entourage étaient conscients des risques de guerre provoqués par la politique de soutien au Royaume-Uni, à l'URSS et à la Chine, il n'y a pas d'indication qu'il ait souhaité l'attaque de Pearl Harbor. Le désastre fut provoqué par la préparation minutieuse des Japonais, par une série de négligences locales et par des circonstances particulièrement défavorables aux Américains.


 

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MessagePosté le: Mer 11 Jan - 08:03 (2017)    Sujet du message: 8 Les conflits concernant le JAPON 1937 - 1945 Répondre en citant

L'invasion de la Malaisie se déroula en Malaisie britannique (Malaya) et fut l'une des premières opérations du théâtre asiatique de la Seconde Guerre mondiale. Les Japonais prirent rapidement l'avantage face à des forces alliées insuffisamment préparées et équipées, et s'emparèrent des possessions malaises de l'Empire britannique.
Durant l'entre-deux-guerres, les possessions du Royaume-Uni en Asie du Sud-Est ne firent pas l'objet d'une attention soutenue, ne bénéficiant que de troupes insuffisantes en cas d'invasion ennemie. Les Britanniques comptaient principalement dans le cadre de la stratégie de Singapour sur l'installation d'une flotte de navires de guerre dans la base navale de Singapour, mais la flotte promise n'était toujours pas arrivée en 1939, lors du déclenchement de la guerre en Europe. La situation au Moyen-Orient, puis en Union soviétique, mobilisa toute l'attention de l'état-major britannique, l'Asie étant comparativement négligée.
En juillet 1940, l'Armée impériale japonaise envahit et occupa le sud de l'Indochine et des sanctions économiques à l'encontre de l'Empire du Japon furent appliquées par les Britanniques, les États-Unis et les Pays-Bas. Le Japon subit un embargo sur la distribution de pétrole, d'étain et de caoutchouc, ce qui rendait précaire à moyen terme son plan de colonisation de la Chine et ses visées expansionnistes en Extrême-Orient. La marine et l'armée japonaises furent mobilisées, la situation en Asie prenant l'allure d'un conflit latent.
Les relations avec le Japon étant de plus en plus tendues, les renforts du Commonwealth finirent par affluer vers la Malaisie. En avril 1941, Arthur Ernest Percival fut nommé commandant des troupes britanniques en Malaisie, et commença dès son arrivée la formation de troupes mal équipées et souvent inexpérimentées. Le 2 décembre 1941, le cuirassé HMS Prince of Wales et le croiseur de bataille HMS Repulse, escortés par quatre destroyers, arrivèrent à Singapour. Pour la première fois de l'histoire, une flotte de guerre était basée en cet endroit du globe. Le lendemain, l'amiral Spooner organisa un dîner auquel assistèrent Arthur Percival et le commandant en chef de la flotte en Extrême-Orient, l'amiral Thomas Tom Phillips. Les troupes alliées ne disposaient cependant toujours pas de forces suffisantes pour assurer une défense viable de la Malaisie britannique.

Le 8 décembre 1941, la 25e armée japonaise commandée par le lieutenant-général Tomoyuki Yamashita débarqua dans la péninsule malaise, une heure seulement avant l'attaque surprise sur Pearl Harbor (la différence de date est causée par le décalage horaire). La première unité qui arriva en Malaisie durant la nuit avait pour but de faire diversion près de Kota Bharu sur la côte est. Le débarquement à proprement parler eut lieu plus tard, à Singora et Pattani au sud-est de la Thaïlande. Les troupes japonaises bénéficiaient d'un appui aérien rapproché nettement supérieur à celui des Britanniques et disposaient de troupes plus aguerries, dont certaines venaient de combattre dans la seconde guerre sino-japonaise.
L'Empire du Japon menait depuis plusieurs mois des pourparlers avec le Royaume de Thaïlande pour obtenir le droit de passage nécessaire à l'opération mais décida, finalement, de ne plus attendre, et de passer en force débarquant sur le territoire thaïlandais : des heurts se produisirent le 8 entre les troupes thaïlandaises et japonaises, suivies d'un cessez-le-feu au bout de quelques heures, et d'un accord entre les deux pays (un traité d'alliance formel fut conclu le 21 décembre).
Les troupes japonaises se déployèrent rapidement dans le nord de la Malaisie.
Le 8 décembre, une force britannique, la colonne "Krohcol", comptant plusieurs régiments indiens, passa la frontière thaïlandaise afin de couper la route aux Japonais, mais se heurta les jours suivants à la résistance de la Police Royale thaïlandaise, notamment dans la ville de Betong. L'opération de contournement fut un échec stratégique pour les troupes alliées qui, attaquées également par l'armée japonaise, durent se retirer de Thaïlande le 11.


Le 9 décembre, l'aérodrome d'Alor Star, clé de voûte de la défense aérienne de la péninsule est évacué par la RAF, sans avoir été totalement mis hors d'usage.
Le 10 décembre, Percival fit cette déclaration :
« En ce jour d'épreuve, le commandant général appelle les commandements malais de tout rang à engager un effort soutenu et déterminé afin de sauver la Malaisie et les territoires britanniques adjacents. Les yeux de l'Empire sont posés sur nous. L'ensemble de notre position en Extrême-Orient est en jeu. La lutte peut être longue et sinistre mais nous devons faire face à ce qui peut arriver et prouver que nous sommes dignes de la grande confiance que l'on nous a accordée. »
Le 10 décembre, l'attaque de l'aviation japonaise, venue de Cochinchine, aboutit à couler le HMS Prince of Wales et le HMS Repulse, laissant la côte est de la Malaisie dégarnie face à de nouveaux débarquements des troupes impériales.
À cette date, les Japonais avaient réussi à détruire la majorité des avions alliés, se garantissant la maîtrise quasi totale des airs. Les aérodromes avaient été installés par la RAF dans des endroits indéfendables, sans consultation de l'Armée.
Mal équipés et mal préparés, les éléments locaux de la Royal Air Force et de la Royal Australian Air Force n'étaient pas de taille face à l'aviation japonaise. Les pilotes britanniques et australiens étaient mal coordonnés entre eux, et ne purent définir d'action commune efficace. L'escadron No. 488 de la Royal New Zealand Air Force et l'Aviation militaire de l'armée royale des Indes néerlandaises prêtèrent également main-forte aux troupes britanniques, les Néerlandais se repliant à la fin de la bataille vers Java.


Le 11 décembre, l'armée japonaise battit les troupes indiennes du Royaume-Uni à Jitra. Mieux armées, face à des troupes alliées qui ne disposaient pas de tanks, les troupes japonaises pratiquaient aussi bien l'avance de blindés que l'utilisation de troupes rapides et légères, capables de se déplacer rapidement dans la jungle. De nombreux soldats indiens n'avaient alors jamais vu de tanks.
 Le 17 décembre, face aux bombardements intenses et incessants, les Alliés abandonnèrent l'île de Penang, évacuant une partie des civils européens.
Les troupes indiennes parvinrent à retarder les Japonais à Perak, mais, le 8 janvier, furent défaites à Slim River. Les Japonais avancèrent rapidement et le 11 janvier, occupèrent Kuala Lumpur sans coup férir. Le 14 janvier, les troupes britanniques et australiennes firent leur jonction dans le détroit de Johor, où elles organisèrent une résistance acharnée, protégeant ainsi la retraite du reste de leurs forces armées (bataille de Muar). Le 27 janvier 1942, Percival ordonna une retraite générale de Johor en direction de l'île de Singapour, où les Alliés furent à nouveau battus par les Japonais.
Churchill considéra la défaite des troupes britanniques en Malaisie britannique comme « le pire désastre et la capitulation la plus importante de l'histoire britannique ».

 

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