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(81) TARN
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saintluc
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MessagePosté le: Lun 12 Déc - 07:16 (2016)    Sujet du message: (81) TARN Répondre en citant

Le département du Tarn est un département français de la région Occitanie, traversé par la rivière Tarn qui lui a donné son nom. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 81. Les habitants sont nommés les Tarnais et Tarnaises. La préfecture est Albi, et l'unique sous-préfecture est Castres.Le département fait partie de l'académie de Toulouse sur le plan scolaire et dépend de la cour d'appel de Toulouse sur le plan judiciaire.
Le département actuel résulte d'une longue histoire qui a précédé sa création en 1790. Commencée il y a 500 000 ans avec les plus anciennes traces humaines, elle se poursuit avec la tribu gauloise des Rutènes. Leur territoire est tour à tour intégré dans l'Empire Romain, le royaume Wisigoth de Toulouse et le royaume Franc. Devenue vassale du comté de Toulouse, le territoire du Tarn, nommé Albigeois en référence à Albi sa capitale, est ravagé par les combats de la croisade des Albigeois. Il est intégré au domaine royal en 1270 et appartiendra désormais à la province du Languedoc. Il souffre de nombreux combats et massacres pendant les guerres de religion. À la Révolution, il prend le nom du Tarn, la principale rivière qui le traverse. Son histoire industrielle a été marquée par des luttes syndicales importantes.
Sa géographie repose sur une forte opposition est-ouest : le relief et la géologie en sont la cause. Une autre dualité se retrouve dans la démographie et l'économie, mais dans le sens nord-sud. Département le plus industriel de Midi-Pyrénées après la Haute-Garonne grâce à l'énergie issue du charbon de Carmaux, à la richesse de son sous-sol et à l'énergie hydroélectrique de la Montagne Noire, il conserve une part agricole riche qui participe à la renommée de la cuisine tarnaise. Le tourisme contribue pour une part importante au développement économique du département, grâce à un patrimoine culturel important et à une variété de paysages naturels attractive. Toutefois, l'enclavement est encore un sujet de réflexion, particulièrement dans le sud du département.
Parmi les nombreux Tarnais qui ont laissé une marque dans l'histoire de leur spécialité, on trouve les explorateurs Jean-François de Lapérouse et Jean-Louis Étienne, les sportifs Yannick Jauzion et Laurent Jalabert, les politiques Jean Jaurès et Émile Combes, les médecins Philippe Pinel et Pierre Amalric ou les militaires maréchal Soult et Séré de Rivières, pour n'en citer que quelques-uns.

Le nom est attesté anciennement sous la forme Tarnis
Selon Ernest Nègre, le mot « Tarn », rivière et département, vient de vocables pré-celtes tar fait référence à la rivière, suivi du suffixe -no.
Xavier Delamarre le relie au thème gaulois taro- signifiant « qui traverse »
Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de la province du Languedoc. Ses limites reposent approximativement sur celles des anciens diocèses d'Albi, Castres et Lavaur. Il reprend une partie de l'ancienne vicomté d'Albigeois mais aussi des portions orientales du comté de Toulouse.
Toutefois, l'histoire du territoire circonscrit aux limites du Tarn est beaucoup plus ancienne.
Les vestiges humains les plus anciens datent de 500 000 ans près du confluent entre Tarn et Agout. Bien des siècles plus tard, des vestiges des néandertaliens montrent leur intérêt pour le silex de la vallée de la Vère. L'arrivée d'Homo sapiens sapiens se produit il y a environ 35 000 ans.
Au paléolithique apparaissent les premières traces d'art rupestre à Penne. Au néolithique, de nombreux menhirs sont érigés autour de Lacaune en continuité avec ceux élevés dans le Rouergue. Le défrichage et l'établissement de premiers villages permanents leur sont contemporains.
Des fouilles archéologiques dans le quartier du Castelviel à Albi, ont mis au jour un ancien oppidum. D'autres ont été repérés à Montans, Berniquaut ou ceux de Saint-Clément et du Renard dans la forêt de Grésigne.
Au ive siècle, l'arrivée des Rutènes, peuple celte, sur une aire qui représente approximativement les actuels départements de l'Aveyron et du Tarn, s'accompagne d'un développement de l'agriculture, et de l'exploitation de mines de fer et cuivre. Leur capitale, Segodunum est l'actuelle Rodez, dans l'Aveyron. Un artisanat florissant est met valeur le territoire. La métallurgie, outillage en fer, bijoux en or et bronze, exploite les gisements locaux et la poterie prospère notamment à Montans. Les Volques Tectosages occupent la partie occidentale du Tarn actuel, la frontière avec les Rutènes restant mal connue et peut être un peu fluctuante au fil des siècles

Au moment de la guerre des Gaules, les Rutènes s'allient aux Arvernes pour combattre Jules César. Après la bataille d'Alésia, le territoire est annexé à la Gaule aquitaine et ses occupants n'interviennent pas dans les derniers soubresauts qui conduisent au siège d'Uxellodunum.
Durant cette période, la région reste essentiellement rurale avec le développement de villas, majoritairement situées dans la plaine des rivières Tarn et Agout. Des vestiges de villa ont été retrouvés à Cestayrols ou près de Rabastens. Albi est une petite bourgade sortie des limites de l'oppidum celte et Castres un village d'artisans. Seul Montans offre une densité digne d'être considérée comme une ville mais aucune agglomération tarnaise ne comporte les éléments habituels d'une ville romaine : thermes et amphithéâtre. Le développement de la poterie sigillée date du ier siècle de notre ère. Le travail des métaux s'intensifie sur les sites déjà connus des Celtes. Les échanges se développent, sur la rivière Tarn entre Montans et Tolosa ou Burdigala, sur les voies romaines vers Tolosa, Divona Cadurcorum, (Cahors) Segodunum ou Baeterrae. (Béziers) Le vignoble de Gaillac prend son essor à cette époque.
La toponymie en « ac » est un suffixe celte qui signifie la propriété. Ainsi, Cahuzac est la propriété d'un Caïus, Marssac celle d'un Martius
Au ve siècle, le Tarn est inclus dans le royaume Wisigoth lors de l'arrivée du peuple des Wisigoths. Des traces de leur mode de vie ont été retrouvées : sépultures ou bijoux. Leur présence est attestée par la toponymie à finale en « ens » : Rabastens, Brens, Giroussens... La région est annexée par les Francs après la bataille de Vouillé ; la christianisation les accompagne. Des incursions des Vikings et des Sarrazins sèment la terreur. À la relative stabilité à l'époque de Charlemagne succède le début de la féodalité. Seuls les monastères sont des havres de paix et leur rôle dans la renaissance de villes est capital : Castres, Sorèze, Gaillace... L'art roman vient mettre en valeur les édifices religieux : Église Notre-Dame-de-l'Annonciation de Roumanou, Église Saint-Michel de Lescure-d'Albigeois, Prieuré de Burlatse8...
Une civilisation occitane s'établit sous la coupe des Comtes de Toulouse. L'aristocratie se fait mécène des troubadours, promeut l'amour courtois et adhère progressivement au catharisme, suivie par une partie du peuple. Cet engouement pour la nouvelle croyance provient, d'une part de l'incompétence et du faste du haut-clergé languedocien et d'autre part, de l'opposition entre la noblesse locale et le pouvoir considérable des prélats. Le terme d'« albigeois », donné aux hérétiques par la papauté pourrait provenir du concile de Lombers, un débat théologique tenu en 1165 ; ayant eu lieu en Albigeois, le nom serait resté».
La croisade des Albigeois initiée par le pape Innocent III oppose des armées du nord de la France aidées de contingents étrangers, aux seigneurs occitans. Le comte de Toulouse Raymond VI (VIII) possède l'Albigeois dans son comté, mais son vassal, le Vicomte Raymond-Roger Trencavel en est le seigneur. Rapidement emprisonné à Carcassonne, Trencavel meurt, ses terres étant annexées par Simon IV de Montfort nommé chef de la croisade. Le siège de Lavaur de 1211 et la bataille de Montgey sont les principaux combats menés dans le Tarn. La mise au bûcher de deux hérétiques à Castres, en 1209, marque le début des exécutions et la prise de Lavaur entraine la mort de 400 cathares, le plus grand bûcher de la croisade. Plusieurs villages entre les rivières Tarn et Aveyron sont rasés par les croisés lors de leurs raids : Saint-Marcel, le Carla dans l'actuelle commune de Castelnau-de-Lévis, La Gardelle sur la commune de Villeneuve-sur-Vère


Après 10 ans de lutte, les languedociens semblent avoir gagné la guerre, mais le pays est exsangue et le roi de France succède à Amaury VI de Montfort, fils de Simon IV. La guerre reprend et Raymond VII (IX) ne peut lutter. Il se soumet au roi Louis IX et signe le traité de Meaux-Paris. L'Albigeois dépend alors directement du domaine royal, administré par des familles de croisés comme celle de la maison de Lévis. Ils donneront leur nom à Castelnau-de-Lévis et Labastide-de-Lévis. La lutte contre le catharisme est confiée à l'inquisition. Le pays se relève de ses ruines grâce au travail de gestion et de création de bastides initié par Doat Alaman puis son fils Sicard, lieutenants généraux des biens des comtes de Toulouse. Ces villes nouvelles permettent de loger des personnes chassées de villages rasés, puis d'absorber la hausse de la démographie ; leur fiscalité réduite attire de nouveaux arrivants. Cordes-sur-Ciel, Castelnau-de-Montmiral, Castelnau-de-Lévis, Labastide-de-Lévis, Lisle-sur-Tarn, Pampelonne, Réalmont, Briatexte, Valence-d'Albigeois... datent du xiiie siècle. Cet urbanisme rationnel fondé sur des impôts allégés, permet un essor de l'artisanat et du commerce. À Albi, les évêques entament la construction de la formidable cathédrale Sainte-Cécile et d'un imposant palais épiscopal, le palais de la Berbie, symboles de la puissance retrouvée de l'Église catholique romaine et de la prospérité économique restaurée. À cette époque, la redécouverte de la terre cuite comme matériau de construction permet l'invention de la brique foraine, moins chère et plus facile à utiliser que la pierre et moins sensible au feu que le colombage.
À partir du xve siècle, la culture du pastel enrichit le pays de Cocagne dans le triangle Albi-Toulouse-Carcassonne. Une bourgeoisie du pastel fait construire de somptueux hôtels et tout le pays profite de cette manne financière. Son déclin est dû à la culture de l'indigo moins cher en région tropicale. Le château de Magrin conserve un séchoir à pastel et un musée consacré à la plante tinctoriale bleue y est implanté


À partir de la Renaissance, on peut réellement parler de renaissance albigeoise, tant l'urbanisme de la ville a été profondément marqué. Les évêques d'Albi Louis Ier et Louis II d'Amboise, riches et familiers de la cour du roi, transforment la cathédrale d'Albi : un baldaquin en pierre est ajouté sur l'entrée et un jubé permet de séparer les croyants du chapitre de chanoines. Le palais de la Berbie perd une partie de ses défenses au profit du confort : la place d'arme devient jardin et le donjon est amputé d'une tour. L'aile orientale voit s'ouvrir des fenêtres sur la ville et des toitures en ardoise donnent un air ligérien à la ville de briques et tuiles roses. À cette époque, la bourgeoisie du pastel se fait construire de beaux hôtels particuliers à Albi, Gaillac, Castres...
Peu après, la Réforme protestante marque profondément le département. Albi reste ancrée au catholicisme alors que Castres est sensible au protestantisme. Des combats et massacres ont lieu avant que la paix ne revienne avec la signature de l'Édit de Nantes. Le sud du Tarn en sort transformé, les protestants ayant systématiquement détruit les édifices religieux antérieurs : églises, cloîtres, monastères, crucifix... Cet épisode coïncide avec l'arrêt de la culture du pastel détrôné par l'indigo venu des zones tropicales.
Des épidémies de peste et de famines ponctuent les époques jusqu'au règne de Louis XV : Jean-Louis Biget a comptabilisé près de 50 épisodes tragiques en 300 ans, une moyenne d'une calamité tous les sept ans. Il faudra attendre le xviiie siècle pour retrouver une population équivalente à celle du xive siècle
Pendant la révolution française, le département d'Albigeois créé en 1790 est rapidement renommé Tarn en référence à la rivière principale qui le traverse. En vertu de la loi du 28 pluviôse an V, les départements de l'Hérault et du Tarn ont échangé le canton d'Anglès qui faisait partie du diocèse de Saint-Pons, et le canton de Saint-Gervais-sur-Mare qui faisait partie du diocèse de Castres. Castres en est la préfecture jusqu'en 1795. À cette date, la tiédeur révolutionnaire convainc les décideurs de confier la préfecture à Albi. En dépit de plusieurs demandes de Castres pour récupérer la prééminence administrative, la décision restera


Le département fournit quatre bataillons de volontaires nationaux pour défendre les frontières. Les guerres révolutionnaires et napoléoniennes permettent de rapides montées en grade. Quelques tarnais se distinguent : Jean-de-Dieu Soult devient maréchal d'Empire, Jean Joseph Ange d'Hautpoul, militaire royal, épouse la révolution et meurt à la bataille d'Eylau avec le grade de général, tandis que les trois frères Delga de Gaillac, soldats de la révolution devenus officiers meurent, deux à la bataille de Wagram, le troisième durant la retraite de Russie.
Sur le plan économique, l'exploitation du charbon de Carmaux, d'abord artisanale, s'intensifie à partir de la concession accordée par Louis XV à Gabriel de Solages. Il crée la compagnie minière de Carmaux et une verrerie ; il alimente en charbon la Société des Hauts-Fourneaux, forges et aciéries du Saut-du-Tarn à Saint-Juéry. Face au coût du transport vers Bordeaux, il privilégie un usage local et l'exportation de produits manufacturés plus rémunérateurs. L'arrivée du chemin de fer fera décoller l'exploitation minière. Dans le sud du département, les protestants plus instruits créent une bourgeoisie industrieuse qui met en valeur les atouts locaux. La laine de l'élevage local montagnard devient une matière première textile importante. Le travail des peaux et du cuir se développe grâce à l'énergie des moulins installés le long des rivières. Mazamet se spécialise dans le délainage des peaux et on y parle d'une révolution industrielle, Castres dans le textile et Graulhet dans le travail du cuir.
Sur le plan politique, l'opposition classique entre la classe ouvrière et la bourgeoisie est représentée par la carrière politique de Jean Jaurès, né à Castres et député socialiste des mineurs Carmaux. Dans le sud, cette opposition prend un caractère plus original : la bourgeoisie protestante est acquise aux idées de la Révolution qui lui a donné la liberté de culte et les ouvriers catholiques sont fortement influencés par le clergé dont une partie fut réfractaire. À la fin du xixe siècle les patrons votent majoritairement républicain à gauche et les ouvriers conservateurs à droite.
La Première Guerre mondiale est un événement tragique. Le nombre de soldats morts au front marque l'époque. Castres subit une explosion dans la manufacture d'explosifs de Mélou en 1917. Elle fera 4 morts et 21 blessés, et le quartier est sinistré
Durant la Seconde Guerre mondiale, le Tarn est soumis au régime de Vichy. En 1942, la zone sud est envahie par les occupants allemands. Cet événement et la réquisition des jeunes pour le service du travail obligatoire alimente la résistance tarnaise en recrues. Les Maquis de Vabre, de la montagne Noire ou de la Grésigne ont fortement compliqué la tâche des occupants. En 1944, il fait partie des départements libérés par les forces françaises de l'intérieur : la libération de Carmaux, grâce à des maquis venus en renfort, est le siège de durs combats. Une fois la bataille gagnée, les opérations seront plus facile et la garnison de Castres se rend sans combattre. Après huit jours de batailles rangées et de d'actes de guérilla, 92 maquisards et 14 civils sont tués contre 165 dans les forces d'occupation


Le relief prend la forme d'un amphithéâtre ouvert vers l'ouest. Le puech de Rascas, avec 1 270 m, est le point culminant sur la commune de Lacaune et la partie la plus basse est sur la commune de Saint-Sulpice, à 95 m.
La partie sud-est du département est la plus élevée. Au sud, la montagne Noire présente une ligne continue abrupte qui sépare le Tarn de l'Aude. Elle atteint 1 211 m au pic de Nore. À l'est, le relief descend régulièrement des monts de Lacaune, plateau montagnard vers le Ségala, zone vallonnée et la rivière Viaur qui le coupe du Ségala aveyronnais. Au nord-est, la forêt de Grésigne occupe un point haut à 523 mètres à l'arbre de la Plane, proche d'un plateau calcaire qui constitue la pointe sud-est des causses du Quercy.
Au centre, à l'ouest et au sud-ouest, le relief est moins marqué : les pentes se succèdent entre des cuestas et falaises abruptes ou des collines au relief plus doux, dans une roche tendre modelée par l'érosion. Ce paysage est creusé de de larges plaines alluviales de part et d'autre des rivières Tarn, Agout et Dadou. La largeur de la vallée du Tarn atteint 10 kilomètres près de Gaillac
Le département est coupé en deux unités géologiques appartenant au Massif central et au bassin aquitain.
Le massif Central est représenté par la montagne Noire, séparée par un fossé d'effondrement où coule le Thoré des monts de Lacaune. Ce dernier se poursuit au nord par le ségala d'altitude décroissante mais à l'histoire commune. Ces zones viennent de sédiments du paléozoïque plissés à la naissance du massif Central lors de l'orogenèse hercynienne. Après érosion lors du mésozoïque, l'orogenèse alpine rajeunit le vieux massif, lui restituant un relief plus élevé. Ces épisodes de plissements et cassures ont donné des schistes, grès et gneiss. Ponctuellement, quelques plutons granitiques affleurent. Le plus grand a donné le massif du Sidobre entre Castres et Lacaune.
La partie ouest appartient au bassin aquitain. Ce sont des roches sédimentaires détritiques issues du démantèlement du relief de l'est par l'érosion : molasses et argiles à graviers. Ces roches plus ou moins anciennes ont été peu touchées par les orogenèses de l'époque hercynienne puis alpine. Au nord-ouest, le massif de la Grésigne est une zone passionnante pour les géologues par l'ancienneté des sous-sols sédimentaires et les accidents géologiques qu'ils ont subi : plissements, érosion, soulèvement, cassures...
Les vallées creusées par les rivières sont encaissées dans la partie orientale dure, et plus larges avec des terrasses dans les coteaux molassiques. Ces dernières sont constituées de couches horizontales d'argiles, limons, sables et graviers. La plus haute terrasse comporte des sols lessivés de type boulbènes. Sa mauvaise fertilité explique la présences de forêts à Giroussens ou à Sivens, commune de Lisle-sur-Tarn.
La partie orientale est parcourue de veines de quartz parfois très épaisses dans lesquelles se trouvaient des minerais de fer, plomb, zinc ou fluorine. Ces gisements ont été exploités depuis les Rutènes de l'Antiquité avant d'être abandonnés par épuisement ou coût de production excessif. L'exploitation a été réduite à la fluorine dans la seconde moitiè du xxe siècle ; le Tarn représentait 90 % de la production française mais l'extraction a cessé en 2005. Le bassin houiller de Carmaux est issu d'un dépôt organique du carbonifère. L'activité minière y a cessé en 1997 sans avoir épuisé les réserves.
Des carrières ont longtemps été exploitées localement pour la construction : pierre de taille, ardoise et argile pour brique et tuiles. Elles ont fermé à l'exception de celles qui extraient le granite du Sidobre. Les matériaux de construction récents utilisent le sable et le gravier extraits de carrières par concassage ou de gisements dans les terrasses alluviales.


La quasi totalité du département fait partie du bassin de la Garonne, à l'exception de quelques ruisseaux descendant vers la Méditerranée. La ligne de partage des eaux suit la crête de la montagne Noire et des monts de Lacaune. Le relief de l'est du département est un véritable château d'eau avec plus de 1 500 mm et ponctuellement jusqu'à 2 100 mm. La saison arrosée va de décembre à avril et le débit des rivières suit la même durée, la masse neigeuse stockée étant très faible et de courte durée. Les mois secs vont de juin à août et correspondent à une baisse du débit des rivières. L'étiage est sévère sur les petits cours d'eau mais plus lissé dans les rivières en aval.
La principale rivière est le Tarn. Il draine une grande partie du département avec son affluent majeur, l'Agout. Ce dernier, né dans les monts de Lacaune, reçoit les eaux du Thoré et du Sor rive gauche, et celles du Dadou, rive droite.
Ces cours d'eau ont vu les redoutables crues comme celle des inondations de mars 1930 dans le Tarn écrêtées par des barrages. Outre leur rôle régulateur du débit, ils constituent des réserves d'eau pour l'adduction d'eau potable, d'eau pour l'irrigation, la production d'électricité et sont souvent aménagés pour l'accueil de bases nautiques : Barrage de la Raviège et sur l'Agout, barrage du Laouzas sur la Vèbre, barrage des Cammazes sur le Sor, Barrages de Rassisse (ou Razisse) et la Bancalié sur le Dadou, barrage des Saints-Payres sur l'Arn, barrage de la Roucarié et Lac de Fonbonne sur le Céret. Le plus ancien est le barrage de Saint-Ferréol qui partage ses rives avec la Haute-Garonne, construit par Pierre-Paul Riquet pour assurer l'approvisionnement en eau du canal du Midi. Depuis 1997, le barrage est inscrit au titre des monuments historiques et fait partie des grands Sites de Midi-Pyrénées. Le projet du barrage de Sivens sur le Tescou a été très médiatisé par les affrontements juridiques et physiques entre partisans et adversaires.
Au nord du département deux rivières se jettent dans l'Aveyron, ce sont la Vère et le Cérou.
Environ un tiers du département est classé en cours d'eau de première catégorie, essentiellement la partie sud-est. Le reste est en deuxième catégorie




   

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MessagePosté le: Lun 12 Déc - 07:16 (2016)    Sujet du message: Publicité

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saintluc
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MessagePosté le: Mar 13 Déc - 05:25 (2016)    Sujet du message: (81) TARN Répondre en citant

Albi est une commune française du sud-ouest1 de la France, chef-lieu du département du Tarn en région Occitanie et le siège de l'archevêché.
 Albi est surnommée la « ville rouge » du fait de la couleur des briques de sa cathédrale et de son centre historique.
Albi est remarquable par son impressionnante cathédrale fortifiée Sainte-Cécile et son palais de la Berbie, ancien palais des archevêques d'Albi, qui dominent le centre-ville historique et la rivière. Ville natale d'Henri de Toulouse-Lautrec, elle abrite un musée regroupant la plus importante collection au monde d'œuvres du peintre postimpressionniste. Enfin, Albi est surtout un haut-lieu historique dont le nom a été donné aux adeptes du catharisme, les Albigeois, qui subirent une répression violente au XIIIe siècle de la part de l'Église catholique romaine connue sous le nom de Croisade des Albigeois. La cathédrale Sainte-Cécile fut édifiée par les catholiques pour lutter contre les cathares.
Le samedi 31 juillet 2010, à Brasilia, la Cité épiscopale d'Albi est ajoutée à la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO. Elle comprend dans son périmètre la cathédrale Sainte-Cécile, église fortifiée en briques ocre apparentes construite entre 1282 et 1480, le palais de la Berbie, qui abrite le musée Toulouse-Lautrec, l'église Saint-Salvi et son cloître, les rives du Tarn et le pont Vieux ainsi que plusieurs édifices classés monuments historiques.


La rivière du Tarn traverse la ville d'Albi. C'est le troisième affluent de la Garonne après la Dordogne et le Lot. Il prend sa source au mont Lozère, traverse les gorges du Tarn puis atteint Albi par l'est. Le Tarn forme une grande boucle séparant en deux la ville. Le centre historique se situant sur la rive gauche de la rivière. Elle traverse la ville aux pieds des remparts et continue sa course vers le sud-ouest pour se jeter dans la Garonne. La rivière est navigable depuis la Garonne. Elle permettait d'assurer le commerce du vin de Gaillac, du chanvre, du pastel et du charbon de Carmaux grâce à des gabarres à fond plat. Le Tarn a longtemps été un élément important de l'industrie albigeoise grâce à la puissance et à la régularité de son débit. Albi est aussi traversé par de petits affluents et sous-affluent du Tarn que sont le ruisseau du Séoux, le ruisseau de Caussels et son affluent le ruisseau de Jauzou.
La vallée du Tarn où se trouve Albi correspond aux terrains sédimentaires du bassin aquitain déposés dans le golfe de l'Albigeois et du Castrais. On y retrouve de la molasse datant du Quaternaire déposée sur des terrasses creusées par le Tarn et sensible à l'érosion. Autour d'Albi, les plateaux formant le causse d'Albi ou de Carmaux fait de calcaire pauvre

Albi s'écrit de la même manière Albi en occitan, mais se prononce accentué sur la première syllabe. Son nom latin tardif est Albiga (Grégoire de Tours, VIe siècle). On note l'orthographe (vieillie) d'Alby (francisation d'Albi, le « y » n'existant pas en occitan).
Trois hypothèses étymologiques ont été développées:
    L'une l'apparente à la racine pré-indo-européenne alp qui désigne un lieu escarpé.
    Une autre viendrait d'Albius, notable gallo-romain qui aurait vécu à Albi à l'époque romaine.
    Une autre hypothèse relie le sens au latin, le nom à alba (blanc) en raison des falaises calcaires qui entourent la ville.
Les plus anciens monuments d'Albi (Antiquité et Haut Moyen-Âge) sont construits en calcaire blanc. La ville était donc toute blanche à l'origine.
Ville créée pendant l'Antiquité, elle est le fief des seigneurs Trencavel au Moyen Âge puis du catharisme. Elle devient une cité épiscopale dès le XIIIe siècle. C'est durant la Renaissance que la ville s'enrichit grâce à la culture du pastel. Plusieurs hôtels particuliers restent les témoins de cette époque. À la Révolution française, les biens du Clergé sont vendus et les différents bâtiments deviennent des centres administratifs. Le XIXe siècle est marqué par l'essor de l'industrie avec la verrerie et la chapellerie ainsi que l'extraction de la houille près de Carmaux.


Les premiers hommes s'installent sur les bords du Tarn attirés par l'eau et par l'abondance de galets. Ils laissent derrière eux de nombreuses pierres taillées comme des bifaces, des racloirs ou des choppers. Puis des restes d'objets en bronze puis en fer sont retrouvés dans les environs d'Albi. Un atelier de fondeur est découvert près de l'oppidum naturel du Castelviel. Le Tarn est navigable à partir d'Albi d'où l'installation des premiers hommes dans cette région. De plus, le site est proche de vallées fertiles et de richesses minières exploitables. Durant la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C., les Ruthènes, des Gaulois, créent un large domaine correspondant aux futurs diocèses d'Albi et de Rodez.
En 120 av. J.-C., la région est conquise par les Romains, mais la romanisation est faible et Albi conserve son caractère de petite cité gauloise. Le port d'Albi devient un lieu d'échange et de transit de nombreuses marchandises et de voyageurs. L'agriculture reste tout de même l'activité économique majeure de la cité. Le premier évêque d'Albi est Diogène vers 405 et la première mention de Civitas albigensium date de 406.
En 418, les Wisigoths envahissent la région et en prennent le contrôle, puis les Francs s'en emparent en 507. Le duc Didier la soumet de façon temporaire à la tutelle de Chilpéric Ier, le roi de Neustrie. Rapidement, le royaume des Francs récupère l'Albigeois sous la gouvernance de Clotaire II. En juillet 666, un grand incendie ravage la ville
Durant le Moyen Âge, la ville est un oppidum ceint de murailles. Au Xe siècle, le premier pont sur le Tarn est construit à Albi. Il s'agit de l'actuel Pont-Vieux. Ce pont permet le développement de la ville sur les deux rives du Tarn. Vers l'An Mil, Albi entre dans le fief de la famille Trencavel, les seigneurs d'Ambialet. La ville est pourtant fief ecclésiastique, mais comme un Trencavel était toujours évêque, la famille en use comme de son bien.
Aux XIIe et XIIIe siècle, Albi est un centre du mouvement religieux cathare ; une controverse qui s'y tient donne d'ailleurs aux Cathares le surnom d'Albigeois (ceux qui défendent la doctrine prônée à Albi). L'hérésie progresse rapidement et les diverses missions et prédications des prêtres de l'Église catholique romaine n'empêchent pas son essor. Le catharisme est violemment réprimé lors de la croisade contre les Albigeois. Albi passe pourtant dans le camp catholique sans résistance ; le vicomte de Carcassonne, Raimond-Roger Trencavel, perd son fief en 1209 lors de la prise de Carcassonne. Par la suite la construction du palais épiscopal fortifié de la Berbie et de l'imposante cathédrale Sainte-Cécile ancre la ville dans le giron de l'Église. Les évêques veulent marquer le pouvoir de l'Église grâce à ces nouveaux bâtiments. La ville est aussi un important centre culturel connu pour son scriptorium. Il permet de copier des textes et des livres de la vie liturgique.
Au XIVe siècle, la structure de la ville se transforme de façon importante. Elle se divise en six quartiers, ou « gaches » entourés de murailles. Le pont Vieux est fortifié à la fois du côté du faubourg et de la ville, avec un pont-levis à chaque extrémité. Il est surmonté de maisons avec en son centre une chapelle dédiée à la Vierge. La Plassa est le cœur de la cité située au pied de la cathédrale. Dans les faubourgs se trouvent les moulins et les tanneries. Le grand nombre de ces moulins, dix destinés aux céréales, plus les moulins à foulons, les moulins actionnant des forges (soufflets et outils battant le métal) et enfin les moulins installés sur des barques par manque de place sur les rives, encombre le lit de la rivière, qui ne peut plus s'écouler. Son cours naturel étant modifié, le dépôt de sédiments comme l'érosion sont eux aussi modifiés, conduisant à sacrifier certains de ces moulins pour laisser les eaux s'écouler.
Le fort séisme catalan du 2 février 1428 est ressenti jusqu'à Albi

L'époque de la Renaissance est marquée par la prospérité grâce à la culture du pastel. La région est un véritable pays de cocagne. De nombreux bourgeois deviennent rapidement riches et influents dans la vie de la ville. C'est l'époque de la construction de nombreuses demeures et hôtels particuliers encore visibles de nos jours dans les rues d'Albi. La maison Enjalbert, l'hôtel Gorsse et l'hôtel de Reynès sont de bons exemples de l'architecture de cette période. Elle se caractérise par l'utilisation exclusive de la brique pour les murs et de la pierre pour les encorbellements et les entourages de portes et fenêtres.
En 1474, Louis d'Amboise est nommé évêque d'Albi. Il a été auparavant ambassadeur de France à Rome puis conseiller du roi Louis XI et Lieutenant général de la province de Languedoc. Il est à l'origine de l'installation de Neumeister, un maître-imprimeur originaire de Mayence et collaborateur de Gutenberg. C'est l'un des premiers ateliers d'imprimeurs de France après celui de Paris et Lyon.
Au XVIe siècle, de nouveaux troubles apparaissent avec l'arrivée du calvinisme en France vers 1540. L'évêché d'Albi est considéré comme l'un des plus importants du royaume, à cause de ses revenus considérables. Toutefois les guerres civiles qui désolaient l'Albigeois en firent l'un des plus difficiles à administrer. Plusieurs Italiens se succédèrent sur ce siège. En les choisissant, le pouvoir était sans doute convaincu qu'il trouverait en eux plus de fermeté et plus d'empressement que chez les prélats français à exécuter les mesures sévères qu'il avait à ordonner pour réprimer les désordres intérieurs.
Le 25 février 1560, Albi organise une grande procession expiatoire et la régente Catherine de Médicis nomme au siège épiscopal son cousin Laurent Strozzi qui est chargé de défendre la ville contre les protestants. Le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572 à Paris) se répète à Albi le 5 octobre, et donne lieu à des règlements de compte. Albi adhère à la fronde politique de la Ligue.
Vers 1581, en plus des guerres de religion, la peste fait des ravages dans Albi.
En 1593, les États de la Ligue ont lieu en présence de Henri duc de Joyeuse. Le Palais de la Berbie devient une place forte armée jusqu'en 1598, date à laquelle la Ligue disparaît avec la nomination de Henri IV de France comme roi de France.
Le XVIIe siècle est une période de déclin économique pour Albi et sa région. Le pastel est en perte de vitesse et la ville recherche de nouveaux débouchés économiques. La verrerie, la tannerie et le tissage sont des activités importantes mais la ville n'arrive pas à revenir au niveau de prospérité passée. Plusieurs briqueteries se sont installées en périphérie et fournissent le matériau de construction de la ville. Le contexte économique à la veille de la Révolution française en 1789 est particulièrement difficile

À la Révolution, Albi perd un temps son rôle moteur au profit de Castres devenu le chef-lieu du nouveau département du Tarn en 1790. Mais les républicains jugent Castres peu sûre et la fuient pour se réfugier à Albi. La ville devient chef-lieu en 1797, après cette brève période d'hégémonie castraise. Les biens du clergé sont vendus et le couvent des Carmes devient l'actuel palais de justice et celui des Cordeliers est transformé en prison. Le Palais de Berbie devient le siège de l'administration départementale jusqu'en 1823. En 1794, les archives du clergé sont brûlées sur la place du Vigan.
Au XVIIIe siècle, le marquis de Solages, seigneur de Carmaux, tente l'une des premières extractions industrielles de charbon en France. Il obtient l'autorisation de construire une ligne de chemin de fer hippomobile jusqu'à Albi. Ainsi naît le faubourg de la Madeleine.
Le chemin de fer arrive à Albi le 24 octobre 1864 rattaché à la ligne de la Cie du P-0 Toulouse-Lexos par l'embranchement depuis Tessonières. Un deuxième pont, l'actuel Pont Neuf, est construit sur le Tarn ainsi qu'un viaduc pour le train ouvert en octobre 1864. La métallurgie s'implante au Saut du Tarn entraînant l'apparition de fonderies spécialisées, mais l'activité la plus connue est la verrerie ouvrière d'Albi, fondée en 1896 en coopérative ouvrière autogérée grâce à l'aide d'une souscription nationale et de Jean Jaurès, et à la suite de la grève de Carmaux de 1895. La chapellerie est aussi une industrie importante d'Albi, la plaçant parmi les premières de France au XIXe siècle. En 1931, cette verrerie autogérée passe au statut de société coopérative ouvrière de production (SCOP)
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les habitants de la ville subissent un épisode du Régime de Vichy, avec la création d'un Centre de rassemblement des étrangers. Peu avant la Libération, une colonne allemande tenta de passer le Tarn, en venant de la Madeleine. Des résistants locaux et étrangers (beaucoup de Polonais et d'Espagnols) livrent un combat acharné sur le Pont-Neuf avant de devoir décrocher. Un monument aux morts rappelle toujours leur action.
Présence d'un camp de 1200 prisonniers de guerre russes situé à 1 à 2 km de la ville sur la route de St-Juéry en octobre 1945.
Des unités militaires ont stationné à Albi, dont le 143e régiment d'infanterie en 1906.
De nos jours, Albi est un pôle d'innovation prometteur avec l'école des mines d'Albi-Carmaux (recherches sur l'énergie solaire, les voitures et les carburants propres). La ville met en avant ses atouts naturels (climat agréable et paysages) et culturels pour développer le tourisme vert, qui est en expansion. Par ailleurs, la ville fait des efforts soutenus pour s'améliorer et s'embellir : la place du Vigan, ainsi que, tout récemment, celle de la Cathédrale, ont été entièrement refaites.


Liste des monuments historiques d'Albi.
  

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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 05:28 (2016)    Sujet du message: (81) TARN Répondre en citant

Cordes-sur-Ciel (en occitan, Còrdas, en français Cordes jusqu'en 1993) est une commune française située dans le département du Tarn, en région Occitanie.
Bastide construite en 1222 par le comte Raymond VII de Toulouse, haut lieu du catharisme, cette cité médiévale adapte ses rues tortueuses et ses maisons séculaires à un relief escarpé dominant la paisible vallée du Cérou. Site touristique fréquenté, grand site de Midi-Pyrénées, elle est une étape du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Ses habitants sont appelés les Cordais et Cordaises. En 2014, ce village a été élu Village préféré des Français dans l'émission présentée par Stéphane Bern sur France 2.


L'altitude de la commune varie entre 159 et 320 mètres. Le village a donné son nom au plateau calcaire qu'il occupe, le plateau cordais.
La rivière appelée le Cérou coule en contrebas du village.
À sa création, le village reçut le nom de Cordoa, vraisemblablement en référence à la ville de Cordoue. En effet, il existait des ateliers de tannerie le long du Cérou et cette ville espagnole était connue pour son artisanat du cuir. D'autres villages du Tarn font référence à des villes espagnoles, comme Pampelune, Cadix ou Valence.
Lors de la Révolution française, la ville est rebaptisée Cordes-la-Montagne.
En 1947, une journaliste romancière et poétesse, Jeanne Ramel-Cals, invente le nom de Cordes sur Ciel, le village évoquant la mer de nuages qui entoure le puech à l'automne et au printemps. Le nom de la commune est changé officiellement en 1993 par le ministre de l'intérieur et futur maire de Cordes-sur-Ciel, Paul Quilès
L'histoire de Cordes précédant la bastide ne signifie pas une absence de peuplement. Des vestiges d'un château fort semblent avoir subsisté jusqu'au xviie siècle, témoin d'une occupation antérieure à la construction de la bastide. Toutefois, ce foyer de population est trop faible pour être le siège d'une paroisse. À cette époque, il existe probablement des ateliers de travail du cuir au bord de la rivière Cérou.
Lors de la croisade des Albigeois, Saint-Marcel est incendié par les croisés de Simon IV de Montfort.

Cette ville nouvelle s'inscrit dans le contexte de la fin des combats de la croisade des Albigeois. Elle a pour but de reloger des populations ayant tout perdu lors des destructions opérées par les chevauchées des croisés. Le comte de Toulouse veut repeupler les zones ravagées et accessoirement y favoriser le développement économique. Pour Charles Higounet, ces projets portent la marque de Doat Alaman, et de son fils Sicard qu'il surnomme bastidors. Ces gestionnaires de la fortune des comtes de Toulouse sont les initiateurs de cette politique de construction4. La bastide de Cordes constitue un verrou militaire au nord du comté de Toulouse et barre la vallée du Cérou.
Les deux premières enceintes fortifiées sont bâties dans un délai de sept ans. En 1222, le comte de Toulouse Raymond VII octroie une charte de privilèges aux futurs habitants de la construction sur le lieu dit « Puech de Mordagne ». En 1229, date du traité de Paris, Cordes est signalé comme une des villes forte de l'Albigeois. Il est attesté que des habitations sont antérieures à la première enceinte.
Des habitants du village voisin de Mouzieys-Panens participent à l'érection des murailles et au creusement des fossés. Une lecture des restes de remparts révèle que les premiers murs sont bâtis avec les pierres calcaire locales. Plus tard, des briques, et des pierres de carrières plus lointaines sont utilisées : carrière de Corrompis sur la commune de Les Cabannes et grès rouge de Salles. Les murs ont probablement été construit par les habitants eux-mêmes : les parcelles comprenaient une maison donnant sur la rue, un petit jardin derrière, clos par un mur aveugle dont l'entretient est à la charge de l'habitant.
Conformément au traité de Paris de 1229, Jeanne, fille unique de Raymond VII de Toulouse, épouse en 1241 Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX. Le comté de Toulouse, jusqu'alors autonome, est rattaché à la couronne de France à la mort d’Alphonse II et de Jeanne en 1271. Jamais conquise, Cordes devient ainsi terre de France en 1370.
Un atelier de tisserands occupé par des parfaits, religieux cathares, est attesté dès 1226 par des interrogatoires conservés de l'inquisition. Il est probable que ce havre de paix ait attiré cette population, première victime du conflit qui s'achève. Une légende indique une révolte de la population contre une décision d'envoyer des cathares locaux au bûcher ayant abouti à la précipitation de trois inquisiteurs dans le puits de la halle. Charles Portal la démonte, aucun texte antérieur au xviie siècle ne l'ayant reprise


Les artisans installés dans la nouvelle ville profitent de l'essor économique dû à une longue période de paix. Les familles s'enrichissent et d'artisanes, deviennent bourgeoises et marchandes. Ces familles décident alors de montrer leur richesse en signe de puissance et commence la construction de maisons gothiques. Ces bâtisses à architecture voisine réunissent atelier, entrepôt et magasin au rez-de-chaussée, habitation au premier étage et greniers au second étage. Une cour et des bâtiments annexes occupent l'arrière de la construction. Ces demeures confortables sont bâties entre la fin du xiiie siècle et le milieu du xive siècle. Cette durée relativement courte donne une unité architecturale à la bastide, lui valant le surnom de « Cité aux Cent Ogives ». Son âge d'or dure du xive au xvie siècle avec un maximum de 5 500 habitants.
Cordes, fidèle à « l'Église de Dieu » bien après le bûcher de Montségur en 1244, résista à l’Inquisition jusqu’en 1312, date de sa soumission officielle à l’Église catholique romaine. Les guerres de religions de la fin du xvie siècle occasionnent peu de dommages à Cordes : elle est attaquée le 9 septembre 1568 par le baron de Paulin ; elle repousse l’assaut du vicomte Peyrole de Bruniquel, dans la nuit du 22 au 23 mai 1574.
Prosper Mérimée, alors chargé par Napoléon III d'établir un inventaire du patrimoine architectural français, la visita. La cité s’éveilla à nouveau à partir du milieu du xxe siècle, lorsque des artistes la redécouvrirent.
Albert Camus, après l’avoir visité dans les années 1950, disait « À Cordes, tout est beau, même le regret ». La cité est officiellement devenue « Cordes-sur-Ciel » en 1993.

 Liste des monuments historiques de Cordes-sur-Ciel. 

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Dernière édition par saintluc le Jeu 15 Déc - 08:21 (2016); édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 15 Déc - 08:20 (2016)    Sujet du message: (81) TARN Répondre en citant

Castres (en occitan : Castras) est une commune française située dans le département du Tarn en région Occitanie.
Castres est généralement connue comme le lieu de naissance de Jean Jaurès, célèbre responsable socialiste du tournant des xixe et xxe siècles. La commune l'est aussi pour son musée consacré au sculpteur et peintre Francisco Goya.
La cathédrale Saint-Benoît , siège épiscopal de l'ancien diocèse de Castres, est aujourd'hui la plus importante des églises de Castres ; datant seulement des xviie et xviiie siècles, elle est classée monument historique depuis 1953.
L'hôtel de ville occupe l'ancien palais épiscopal, conçu au xviie siècle par le célèbre architecte Jules Hardouin-Mansart (l'architecte de Versailles), et terminé par le Jardin de l'Évêché conçus par Le Nôtre (concepteur des jardins de Versailles). Près du palais, la tour Saint-Benoît, d'architecture romane, est le seul vestige de la vieille abbaye bénédictine.
La ville possède quelques hôtels particuliers du xvie et xviie siècles, dont l'hôtel de Nayrac, datant de la Renaissance.
La ville est aussi connue pour son équipe de rugby, le Castres olympique (le « CO »), évoluant en Championnat de France, et surtout pour les laboratoires pharmaceutiques Pierre Fabre (sponsor historique du club de rugby).


La ville de Castres est située dans le sud du Massif central et au sud du département du Tarn.
Le nom de la ville vient du mot latin Castras qui signifie « place fortifiée ». Dès le ixe siècle, c’est ainsi que l’on désignait l’agglomération qui se développait à proximité du monastère bénédictin de Bellecelle.
Des auteurs des xvie et xviie siècles ont avancé des origines bien plus prestigieuses. Pour Guillaume de Nautonier, Castres viendrait du latin Castra, le camp romain, d’où la légende tenace d’un poste militaire établi par Jules César sur les hauteurs du plateau Saint-Jean. Pour Pierre Sabatier, l’abbaye de Castres aurait été fondée en 647 par trois nobles qui plantèrent leur camp (Castra) sur les bords de l’Agout. Mais ces fables, reprises et amplifiées par les historiens locaux du xixe siècle, ne reposent sur aucune donnée archéologique, ni sur aucun document d’archives : elles doivent être abandonnées et leur simple répétition ne doit pas être considérée comme une preuve
À la suite de la venue des premiers missionnaires chrétiens vers le iiie siècle, Castres a aussi une origine autour de l'abbaye bénédictine de Saint-Benoît, qui est censée avoir été fondée vers l'an 647 sur la rive droite de l'Agout par des seigneurs de la cour de Sigisbert III. Robert, Ancelin et Daniel qui vinrent se fixer là et y vivre en ermites.
Leur renommée fut telle qu'ils bâtirent un monastère, selon une légende.
Ces deux sites s'agrandissant (la place forte et la place religieuse), se rapprochant, donnèrent naissance à la ville de Castres.
Qui devient un arrêt important sur les itinéraires internationaux du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle (à travers la via Tolosane) en Espagne parce que son abbaye-église, construite au ixe siècle, garde les reliques de saint Vincent, le martyr renommé de l'Espagne.
En 1074, on sait que l'abbaye relève de l'autorité de l'abbaye Saint-Victor de Marseille : ce qui révèle une sorte de déclin. Rangée comme deuxième ville de l'Albigeois derrière Albi dès le xiie, c'est un endroit d'importance, et la fameuse famille Trencavel du vicomte d'Albi accorde à Castres une charte libérale qui lui permet de gérer ses affaires de façon indépendante à travers un conseil de consuls.

Castres est une ancienne abbaye de l'ordre de Saint-Benoit, située au diocèse d'Albi, dépendante de Saint-Victor de Marseille, à laquelle le corps de Saint Vincent avait été apporté en 955. Bertrand en était moine et abbé en 1317, lorsque le pape Jean XXII originaire de Cahors l'érigea en évêché par bulle du 9 juin de cette année.
Bertrand y forma opposition, en donna ses causes aux présidents des parlements de Toulouse et de Paris assemblés. II y dit en substance :
« Je suis allé me présenter au pape suivant ses ordres ; mais je n'ai osé résister à sa volonté, et j'ai donné mon consentement par écrit à l'érection de mon abbaye en évêché ; ce que j'ai fait par crainte dont un homme courageux est susceptible ; car plusieurs serviteurs du pape me disaient tout bas que si je résistais, je serais mis en prison perpétuelle. Or, je soutiens que, selon l'usage et les lois du royaume de France, une telle érection ne peut se faire sans le consentement du roi, autorisé de ses lettres-patentes, et celui des seigneurs de fief du lieu où l'église est bâtie.
De plus, le pape n'a pas droit de donner à des villes de France le titre et le privilège de cités : le roi seul a ce privilège dans son royaume. Enfin, il parait que le pape Jean, suivant les traces de ses prédécesseurs, travaille à joindre par toute la terre la puissance temporelle à la spirituelle ; et, pour y réussir plus facilement, il veut multiplier les évêques afin d'avoir plus de complices de cette usurpation
 Ainsi parlait l'abbé de Castres, et peut-être les autres abbés n'en auraient pas moins dit si le pape ne les eut pourvus eux-mêmes de nouveaux évêchés.
Au reste, Théodat I, évêque de Castres, termina ce différend par une transaction, portant que Bertrand garderait le nom d'abbé, avec 1 300 livres de revenu sur les biens de l'abbaye de Castres. Le pape lui-même désirait, pour ces érections d'évêchés, le consentement du roi, comme on voit par deux lettres qu'il écrivit sur ce sujet à Philippe Lebel.
La première ne regarde que Toulouse, et le pape y rapporte les causes de la division du diocèse, les mêmes et en mêmes termes que dans la bulle d'érection, puis il ajoute :
« Nous avons aussi considéré qu'il pourrait être dangereux pour vous et pour, la tranquillité de votre royaume d'avoir en ces quartiers-là un prélat presque semblable à un roi par sa puissance et ses richesses.
Et ensuite : c'est pourquoi nous vous prions de ne pas écouter ceux qui voudraient tourner en mauvaise part ce que nous avons fait à si bonne intention, mais de rejeter vigoureusement leurs mauvais conseils. »
La lettre est du 7 juillet 1317. La seconde, datée du 9 du même mois, est pour donner part au roi de l'érection des évêchés de Rieux, de Saint-Papoul, de Lombez, de Montauban, de Castres, et Saint-Flour, et le pape nomme ainsi les évêques qu'il y a mis:
«  à Rieux, Guillaume de la Broie, doyen de Bourges, et votre conseiller, dont vous connaissez la naissance et le mérite ; à Saint-Papoul, l'abbé du lieu, homme d'une profonde science et d'une fidélité éprouvée ; à Lombez, l'abbé du lieu, fils du comte de Comminges ; à Montauban, l'abbé du lieu, notre chapelain et auditeur des causes d'appel de notre palais ; à Castres, l'abbé de Lagni, docteur en théologie ; à Saint-Flour, l'abbé de Saint Tiberi, docteur en décret etc. notre chapelain, tous originaires de votre royaume et zélés pour vos intérêts. L'on fait que toutes ces abbayes étaient de l'ordre de Saint-Benoit. »


C’était à la fin du mois de juin de l'année 1629.
Au centre de la ville de Castres, autour de ces douze piliers massifs, disgracieux, enfumés, sans caractère d'architecture, qui soutenaient un comble grossièrement élevé ; dans cet espace sans air et sans lumière, rétréci par des avenues tout à fait insuffisantes, même à cette époque ; par une journée de vent d'antan, pesamment chargé de poussière, une foule pressée, tumultueuse, haletante, affamée, attendait l'ouverture du marché de la semaine.
On lui avait promis pour ce jour-là, un approvisionnement convenable. Dans cette intention, l'autorité s'était adressée aux principaux métayers des environs : ceux-ci devait amener ce qui leur restait des grains de la mauvaise récolte de l'année précédente. Les consuls répondaient de tout : à leur tête, en l'absence de messire Jean de Bouffard, le premier d'entre eux, se faisait distinguer par son activité accoutumée, Barthélémy Galiber fait noble lors des événements de 1627.
Cependant le blé n'arrivait pas, et dix heures avaient sonné depuis quelque temps à l'horloge du Temple, situé près de l'ancienne place de Las Pialettes en effet, là se trouvaient les mesures publiques du blé, avant que, par l'ordre du vicomte de Paulin, gouverneur de Castres, elles eussent été transportées vis-à-vis le couvent des Frères prêcheurs.
Du pain s'écriait un enfant du peuple. À ce mot, répété par tous ses voisins, une femme ajoutait : il nous en faut : nous en voulons, nous en aurons.
C'était bien la peine, murmurait à voix basse, un homme grand, sec, mutité, et que tel gestes fortement saccadés Faisaient reconnaître pour un soldat des guerres civiles de 1613 et de 1621…
C'était bien la peine de se battre vingt ans pour conquérir le droit de mourir aujourd’hui de faim .C’était bien la peine, pour monseigneur du Linas, de venir ici se soumettre au roi, qui l'a nommé gouverneur de la ville, s'il ne doit pas nous assurer le moyen d'y nourrir nos femmes et nos enfants.
Va dire cela au consul Galiber qui passe ; n'en a-t-il pas assez de son titre de noble, et du coq qu'il porte maintenant dans ses images, répondit un jeune homme, entièrement habillé de noir, d'un costume plus que modeste, et qui semblait animer tous les groupes de sa pétulance et de sa loquacité.
Le consul Galiber ! Peste, dit une femme, quel brave homme pour nous, gens du peuple Pourvu qu'il puisse nous répéter vingt fois en un quart d'heure je suis noble, le roi m'a fait noble, il croit avoir réponse à tout fier comme un coq ! …
Dites comme un coq vert, ajouta le jeune homme en passant.


Les armoiries données au consul offraient, en effet, sur l'écusson d'un coq de cette couleur. Les assistants se prirent à rire aux éclats de cette mauvaise plaisanterie.
Et du Jean de Bouffard, qu'en pensez-vous, s'empressa de demander celui qui venait d'exciter la gaieté générale ?
Oh ! de celui-là, pas de mal à en dire, interrompit brusquement le vieux soldat car, après tout ce que nous devons à sa famille ; après les services de son grand-père mort de la peste en soignant nos anciens; si bien que, malgré le danger la ville entière, hommes et femmes, grands et petits, huguenots et catholiques, suivirent son enterrement au cimetière de Saint Roch ; après la manière dont monseigneur de Lagarrigue, son oncle et monseigneur de Lagrange, son père, ont soigné nos affaires dans les temps les plus difficiles ; après ce que fait en ce moment ce dernier à Alais, où Castres l'a envoyé pour traiter de la paix, nous le défendrions, s'il le fallait, jusqu'à la dernière goutte de notre sang.
Le jeune agitateur comprit qu'il était allé un peu trop loin.
En attendant, s'empressait de dire, en s'adressant toujours à la même femme, mais cherchant que ses paroles portassent sur la foule, en attendant le blé ne parait pas… À la maison pas le moindre brin de farine ; chez le boulanger point de pain… Allons ! Encore quelques jours et ils n'auront nullement besoin des arquebusiers de la porte de la Guittarde pour mettre le holà dans la ville… La police s'y fera toute seule… Ce sera comme au cimetière : rien n'y remue, parce qui n'y a que des morts.
Maitre Jean Lapierre a raison, répliqua l’interlocutrice, en s'animant de plus, en plus…
Ce que c'est pourtant que d'avoir étudié chez monsieur Borel, qui lui a enseigné le latin, au lieu d'être resté domestique comme son père, chez quelqu’un de ces messieurs de la chambre de l’Édit, ou bien d'avoir suivi certain beau gentilhomme à l'armée à l'exemple d'Antoine son frère Oui, il a raison et, e nous n'y prenons garde, on nous tiendra tranquilles par de belles promesses, jusqu'à ce nous n'ayons plus la force de remuer, .
Est ce que les fermiers du roi, reprit Jean Lapierre, ne savent pas trouver du grain pour nourrir ses troupes ?…
Est ce qu'ils n'ont pas ici même leurs provisions de plusieurs jours, Et si nous cherchions bien autour des deux postes de la Guittarde ou de Fusiés.,
Tiens, s'écrie la foule d'une voix unanime c'est vrai du blé, il y en a la … il doit y en avoir, il suffit de l'y aller chercher, et si le soldat se fâche, on lui répondra : Part à deux!
Et voilà la masse qui s'ébranle, vocifère, s'excite à grands cris, et se dirige vers les points indiqués. Au levant de la ville de Castres existait alors, en effet, deux postes militaires fixés à chacune des portes principales de ce côté : la porte Narbonnaise ou de la Guittarde, et celle de Fusiés, ainsi nommée par corruption du mot fusiliers. La première était la plus importante, parce qu'elle s'ouvrait sur l'avenue du bas Languedoc, et qu'elle protégeait de ses fortifications, à la fois le pont de la Durenque, l'espace libre appelé le Jeu du Mail, et la tète d'un chemin contourné, par où arrivaient les habitants de la montagne de Vabre et de Brassac.
En avant du corps de garde, du pont-levis très étroit, aboutissait à un ouvrage avancé, surmonté de canons ou de couleuvrines, dont les bouches se montraient entre deux rangées de créneaux, et derrière lesquels une assez large plateforme permettait aux sentinelles de découvrir le pays à plusieurs lieues à l'entour. Du côté du nord, se trouvaient de vastes magasins où les fermiers du roi renfermaient des approvisionnements souvent considérables. La face extérieure des bâtiments touchait au chemin de ronde qui reliait les deux portes de la Guittarde et de Fusiés
Tel était le but que Jean Lapierre avait indiqué à l'insurrection.


Du Consulat de Castres, de ses confronts et limites, et de ses paroisses.
Les frontières du Consulat de Castres sont :
«  De la rivière de Canebras, ainsi comme est la carrière du devez de Burlats, tirant droit à Monfa, jusqu'à la Croix d'en Pessin sous la Ville, et de ladite Croix jusqu'à Prat Andrieu, et jusqu'à l'église de Campairaigues, et sous la Ville, et de la dite Église jusqu'au mas dels Puecheimars.
Ainsi que le ruisseau Deybets sous la Ville jusqu'à Agout, et les tenues outre Agout sont comme apert le bois des paissieres sous bas la Ville, et la moitié de la Malsaignée, dessous, ainsi comme la carrière de Castelnau s'en monte jusqu'à la vigne qui fut d'Arnaud de Sire, dessous bas la Ville, et ainsi comme le pré de Caudiere s'en va dessous bas la Ville, et ainsi comme va Costepelade jusques au bois de Sainct Vincent, et la Bouscause des Pesats jusqu'au ruisseau, de Teillere jusqu'à la tenance de Bertrand Cat, et tout le masage de Doulegne, ainsi que va jusques à las Latieires, et la Bouscarel, et ainsi comme le ruisseau passe, jusques au pas de Vaque rouge, et comme va la carrière et monte droict à la vena, et aussi comme Valaserre jusques au Garric Boussat, et jusques à la tenance des Peiroles, jusques au pas de la Badeta, et outre Durenque ainsi que passe le ruisseau de Aigua esparssa jusqu'à l'Estang, et dudit lieu retourne jusques à ladite Ville.  »
Ceci est tiré mot à mot d'un vieil acte qui fut fait l'an 1553 à la maison de Ville.
Deux paroisses dépendent du Consulat de Castres dans la ville et douze à l'extérieur.
Les deux à l'intérieur sont :
La Platé, ou Notre-Dame, dont l'église a été bâtie là où était le clocher de la Platé.
Saint Jacques, dont l'église était joignant le clocher de Saint-Jacques, et aussi plus tard le temple de Ville-goudou.
Celles de l'extérieur sont les suivantes :
Saint Avit, La Fosse, Saint Étienne de Cahusac, Notre Dame de Farges, Campans, Saint Martin, Saint Hypolite, La Case, Saint Marsal de Camarens, Saint Julien de Gais, Saint Laurens d'Auterive, Sainte Foy, aux fauxbourgs de Castres.


5 avril 1741 bail à Jean Sendrail du Pujol du port de Saix (archives de Castres). Paroisse de Cayrol : Moulin de Villegoudou réédifié en 1604. Moulin à drap sur la Durenque.
Pendant la croisade des Albigeois, une délégation de Castres s'est rendu et à prêté allégeance au croisé Simon de Montfort. Montfort fit brûler, dans l'été 1209, de son propre chef, les deux premiers hérétiques : un Parfait et son disciple. Seul le disciple, qui prit de peur, se rétracta et eut la vie sauve (avec quelques brûlures aux mains).
La mort de Trencavel, le 10 novembre 1209 à Carcassonne, donne le signal du soulèvement général. Il part de Castres où le peuple envahit le château et s'empare des Français.
En 1212, Simon de Monfort vient à Castres. Les bourgeois lui ouvrent les portes et il remplace par des Français les prêtres de la ville et des alentours.
Castres est entrée dans le royaume de France en 1271 avec le traité de Paris, faute de successeurs au comté de Toulouse.
En 1317, le pape Jean XXII établit Castres comme évêché ; il le restera jusqu’à la Révolution française.
En 1356, la seigneurie de Castres a été promue comté par le roi Jean II de France.
La ville a considérablement souffert de la peste noire entre 1347 et 1348, puis du Prince Noir d'Angleterre qui a écumé le pays pendant la guerre de Cent Ans. En conséquence, le xive siècle fut pour Castres une période de profond déclin.
En 1375, il ne restait seulement que 4 000 habitants sur la rive gauche de la ville, soit la moitié de la population du siècle précédent.
Après la confiscation des possessions de Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, auquel appartenait le comté de Castres, le comté fut accordé en 1476 par le roi Louis XI à Boffille de Juge (Boffillo del Giudice), noble italien et aventurier qui servait le roi en tant que diplomate. Mais à la suite d'un désaccord de famille entre la fille de Boffille de Juge et son beau-frère, le comté entre dans le giron de la couronne du roi de France François Ier en 1519.


Dans les années 1530-1560, une part importante de la population de Castres se convertit au protestantisme
Le capitaine de La Grange, d’une très ancienne famille albigeoise dont la filiation remonte à 1317, époque où son ancêtre François de Bouffard était le premier magistrat de Castres.
Il échappe comme par miracle au massacre de la Saint-Barthélemy de 1572 à Paris. 2000 à 3000* protestants sont tués, dont beaucoup de seigneurs provinciaux venus assister au mariage d'Henri de Navarre et Marguerite de Valois célébré le 18 août. Le jeune de La Grange parvient miraculeusement à échapper au massacre. Il part à Sancerre où il supporte les horreurs d'un siège célèbre et parvient pourtant à s'échapper pour rejoindre le Midi, brûlant de vengeance. Maniant aussi bien la plume que l'épée, il est le chef de cette entreprise bien menée qui rend Castres aux huguenots juste deux ans après la Saint-Barthélémy. Tous les chroniqueurs Castrais de ce temps ont relaté ses exploits. La ville s'enrichit et s’établit en république indépendante. Castres est alors une des plus grandes places protestantes en France méridionale.
Henri de Navarre, qui plus tard deviendra roi de France sous le nom d'Henri IV, séjourne à Castres en 1585 chez Antoine de Thomas (1er consul de Castres).
Mais à la mort d’Henri IV, les huguenots sont à nouveau victimes de vexations. Le duc de Rohan, se prépare à réagir contre les vexations dont ils sont l'objet. En juin 1620, Louis XIII décide de marcher sur le Béarn. L'émotion des Réformés est immense. Le duc de Rohan, reprend la lutte aux côtés de ses coreligionnaires dans tout le Sud-Ouest. Il organise la résistance dans le Midi et veut s'assurer de Castres et des personnages les plus influents de cette ville. On lui signale Jean de Bouffard-Madiane, le fils unique du héros de Castres, le capitaine de La Grange.
Il y aura trois rébellions huguenotes successives (1620-1622, 1625-1626 et 1627-1629). Le jeune huguenot va devenir durant la première guerre, un des plus fermes appuis de Rohan, comme premier consul de Castres d'abord, puis à l'armée comme chef d'une compagnie.
Après la seconde rébellion, Jean de Bouffard Madiane est envoyé par Rohan à Paris pour négocier la paix. Il est reçu par Louis XIII le 5 juillet 1625. Les négociations durent huit mois, de juin 1625 à mars 1626, en liaison constante avec Richelieu. Ces négociations aboutissent au traité de Paris entre le roi Louis XIII et les huguenots de La Rochelle le 5 février 1626, qui confirme la liberté religieuse mais limite les capacités de défense de cette ville, avec la destruction d'un de ses forts et l'interdiction de maintenir une flotte militaire.
Au lendemain du traité de Paris, Bouffard Madiane veut s'attacher à maintenir la paix naissante mais se retrouve coincé entre deux fanatismes, celui de certains protestants voulant reprendre les armes et lancer une troisième guerre, et celui des catholiques du Parlement de Toulouse. Huguenot mais patriote, Madiane se refuse en particulier à toute alliance des protestants avec l’Espagne abhorrée. Rohan désormais l’aura pour adversaire. Quand le duc voudra reprendre Castres, le 20 octobre 1626, ses troupes devront abandonner la place, les habitants demeurant fidèles au modéré Bouffard Madiane.
Cependant, trois ans plus tard, en 1629, les protestants de Castres sont de nouveau expulsés aux limites de la ville par ordre de Louis XIII, et Richelieu lui-même vient pour voir les fortifications démantelées.
Néanmoins, après ces guerres religieuses, la paix retrouvée favorise une période d'expansion rapide. Les affaires et les activités commerciales traditionnelles sont rétablies, en particulier concernant la fourrure, le cuir et surtout les laines. La culture s'épanouit à nouveau, avec la fondation de l'Académie de Castres en 1648. Castres bénéficie de la Contre-Réforme de l'Église catholique, avec la construction de plusieurs couvents en ville, et celle d’un nouveau palais épiscopal par Michel de Tubœuf, évêque de Castres. Une nouvelle cathédrale est également construite, après les destructions des guerres religieuses. Peut-être bien plus important encore, Castres est le siège de la Chambre de l'Édit du Parlement de Toulouse, une Cour de justice spécialisée dans les affaires impliquant les protestants du Languedoc (une mesure de protection accordée par l'Édit de Nantes). Cette cour attire un bon nombre d'affaires à Castres.
En 1665, Castres compte 7 000 habitants : 4 000 catholiques, et 3 000 protestants.


Cependant en 1670, la Chambre de l'Édit est transférée à Castelnaudary, au grand mécontentement des habitants (même catholiques), qui perdent une source importante de leurs affaires avec le départ des avocats et des plaignants. La révocation de l'édit de Nantes suit bientôt, et Castres souffre beaucoup quand un grand nombre de protestants choisissent d'entrer en exil. Alors viennent la peste de 1720 à 1721 et le feu de 1724. Enfin, Castres perd sa charte libérale en 1758. Vers 1760, quelques années après la célèbre affaire Calas à Toulouse, Castres se fait connaître dans tout le pays par l'affaire Sirven : Pierre-Paul Sirven et son épouse, tous deux protestants, sont injustement accusés d'avoir assassiné leur fille afin de l'empêcher de se convertir au catholicisme. Après s'être enfuis, ils sont jugés et condamnés à mort par contumace le 29 mars 1764. Mais ils sont défendus par Voltaire et innocentés en 1771.
Les prêtres réfractaires
Depuis le 12 juillet 1790, tous les ecclésiastiques de France ont dû prêter serment de fidélité à la Constitution civile du clergé. Le clergé se divise entre clergé insoumis (réfractaires : ceux qui demeurent fidèles à la papauté) et le clergé jureur (constitutionnel).
En 1792, les réfractaires sont tous bannis de France. Ceux qui seront pris sur le territoire national seront punis de mort sur simple constatation de leur identité.
Le pasteur Alba Lasource, le représentant de Castres à la Convention nationale à Paris, s'est opposé à la déportation des prêtres catholiques « non-jurés » en Guyane française (voir la Constitution civile du clergé). Les prêtres « non-jurés » étaient de loin la majorité dans la région de Castres. Alba Lasource fut accusé d'être trop modéré et fut guillotiné en octobre 1793. Suspecté d'être « tiède » envers la Révolution, Castres perdit son statut de préfecture.
Les exécutions par la guillotine avaient lieu sur l'actuelle place de l'Albinque. En 1794, c'est sur la place de l'Albinque que se trouvait l'échafaud, à l'emplacement de l'actuelle halle aux Grains. Un seul prêtre réfractaire y fut conduit : Jean-Pierre Alengrin (1749-1795). Une croix élevée près du parvis de l'église Saint-Jean-Saint-Louis rappelle ces évènements.
L'évêché qui avait été établi par le pape Jean XXII en 1317 fut supprimé, et le siège de Castres fut adjoint à l'évêché d'Albi. De préfecture du département du Tarn en 1790, la ville fut reclassifiée en sous-préfecture en 1797 au bénéfice d'Albi qui fut établie préfecture du département.
En dépit de ces reculs, l'économie de Castres s'est développée considérablement au xixe siècle, et la ville s'est étendue en dehors de son vieux centre médiéval. Dès 1815, le premier moulin mécanisé à laines a été installé en ville.
À l'origine spécialisée dans le tissu de luxe, l'industrie textile de Castres se tourne alors vers des types plus ordinaires de tissu (les marchés étaient considérablement plus grands). Autour de 1860, il y avait 50 moulins à laines en ville, employant 3 000 personnes. Vers 1820 est fondée la Faïencerie de Castres.
À la fin du xixe siècle, les industries de construction mécanique sont apparues en plus de l'industrie textile et faïencière. Cela a permis à Castres de devenir un arsenal militaire important pendant la Première Guerre mondiale.
Castres fut relié au réseau ferroviaire français en 1865. À la fin du xixe siècle, Castres était la plus grande ville du département du Tarn, avec 5 000 habitants de plus qu'Albi.
Lors de la Première Guerre mondiale, la ville subit beaucoup de pertes humaines. Par exemple, l'équipe de rugby du Castres olympique fut décimée au cours du conflit.
Comme beaucoup de villes occupées du Sud-Ouest, la sous-préfecture du Tarn connaît les vicissitudes de la présence des troupes allemandes. En 1942, les nazis occupèrent Castres. Ils prirent deux canons allemands de 1914-1918 car ces deux pièces d'artillerie furent récupérées par l'armée française à la fin de la Grande Guerre constituant un trophée de guerre. Ces deux canons étaient exposés, pendant l'entre-deux-guerres, sur l'actuelle place où est érigé le monument en hommage aux soldats morts pour la France. Des résistants furent exécutés par les SS dans la région de Castres et de la Montagne Noire. Par un grand bluff, Castres fut libérée par les FFI de la zone A du Tarn, incluant un commando OSS américain et la Cie Marc Haguenau des Maquis de Vabre, en août 1944.4500 militaires allemands furent fait prisonniers.


 

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krisrose
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MessagePosté le: Jeu 15 Déc - 11:39 (2016)    Sujet du message: (81) TARN Répondre en citant

quel plaisir de lire toutes ces rubriques et quel travail capitaine bravo et un grand merci Okay

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saintluc
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MessagePosté le: Jeu 15 Déc - 12:03 (2016)    Sujet du message: (81) TARN Répondre en citant

Merci Kris
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saintluc
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MessagePosté le: Ven 16 Déc - 07:42 (2016)    Sujet du message: (81) TARN Répondre en citant

Jean Jaurès est un homme politique français, né à Castres (Tarn) le 3 septembre 1859 et mort assassiné par Raoul Villain à Paris le 31 juillet 1914. Orateur et parlementaire socialiste, il s'est notamment illustré par son pacifisme et son opposition au déclenchement de la Première Guerre mondiale.
Issu d'une famille de la petite bourgeoisie et brillant élève, il parviendra à l’École Normale Supérieure et à l'agrégation de philosophie, avant de commencer une carrière politique comme député républicain. Dès 1885, année où il devient le plus jeune député de France, il prend le parti des ouvriers et propose un projet de retraites ouvrières en guise de « premier pas sur la voie de ce socialisme vers quoi tout nous achemine », et il se distinguera par son soutien pour le peuple, notamment durant la grande grève des mineurs de Carmaux. Il s'opposera aux lois scélérates et dénoncera avec véhémence la collusion des intérêts économiques avec la politique et la presse. Durant l'affaire Dreyfus, il prend la défense du capitaine et pointe l'antisémitisme dont celui-ci est victime. Le 18 avril 1904, il sort le premier numéro du quotidien l'Humanité, dont il est le fondateur et le directeur.
En 1905, il est un des rédacteurs de la loi de séparation des Églises et de l'État. La même année, il participe à la création de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), dont il est l'acteur principal, unifiant ainsi le mouvement socialiste français. Ses positions réformistes lui valent toutefois l'opposition d'une partie de la gauche révolutionnaire.
Il consacre les dernières années de sa vie à empêcher, en vain, le déclenchement de la Première Guerre mondiale, et se lie aux autres partis de l'Internationale ouvrière, faisant planer la menace de grève générale au niveau européen. Ces positions pacifistes lui valent d'être assassiné par le nationaliste Raoul Villain à la veille du conflit. Cet événement entraîne paradoxalement le ralliement de la gauche à l'« Union sacrée ».
En 1924, sa dépouille est transférée au Panthéon.


Jean Jaurès, de son nom d'état civil Auguste Marie Joseph Jean Léon Jaurès, est né à Castres en 1859 dans une famille de la petite bourgeoisie du Tarn (dont sont issues quelques brillantes carrières comme celle de Benjamin Jaurès, amiral et ministre de la marine en 1889).
Son père, Jules Jaurès (1819-1882), possède une petite exploitation agricole de 6 ha (ferme du domaine de La Fédial près de Castres) dans laquelle son fils passe son enfance et son adolescence jusqu'à l'âge de 17 ans. C'est une époque où il connaît, non pas la misère, mais peut-être une certaine gêne qui lui fait toucher du doigt les difficultés du peuple. Sa mère, Adélaïde Barbaza (1822-1906), issue d'une famille d'industriels du textile, s'occupe de l'éducation des deux enfants du couple : Jean, l'aîné, et Louis (1860-1937), qui devint amiral et député républicain-socialiste
Brillant élève au collège de Castres, il y est remarqué par un inspecteur général, Félix Deltour, qui convainc ses parents de lui faire poursuive ses études dans les écoles de l'« élitisme républicain », alors qu'ils le destinaient à l'administration des postes. Il est lauréat du concours général en latin. L'inspecteur lui obtient une bourse qui lui permet de préparer à Paris l'École normale supérieure, au collège Sainte-Barbe puis au lycée Louis-le-Grand. En 1878, il est reçu premier à l'École normale supérieure en philosophie, devant Henri Bergson. En 1881, il termine troisième à l'agrégation de philosophie, derrière Paul Lesbazeilles et Henri Bergson.
Devenu professeur, Jaurès enseigne tout d'abord au lycée Lapérouse d'Albi, puis rejoint Toulouse en 1882 pour exercer comme maître de conférences à la faculté des lettres. Il donne également un cours de psychologie au lycée de jeunes filles de cette même ville.
Il se marie le 29 juin 1886 avec Louise Bois (1867-1931), rencontrée au château de Loirac, fille d'un marchand de fromages en gros d'Albi, avec qui il a deux enfants :
    Madeleine Jaurès, née le 19 septembre 1889, décédée en 1951, mère de Jean-Jacques Delaporte (1910-1931) ;
    Louis Paul Jaurès, né le 27 août 1898 à Nontron (Dordogne). Engagé volontaire en 1915 à 18 ans, au 7e régiment de dragons, il passe aspirant au 10e bataillon de chasseurs à pied. Il est tué le 3 juin 1918 à Pernant (Aisne), village où l'armée allemande est arrêtée lors de la seconde bataille de la Marne, et déclaré « mort pour la France». Une stèle, surmontée du buste de son père, est inaugurée à quelques kilomètres du lieu de sa mort, à Chaudun, le 15 novembre 1936, en présence de Léon Blum, qui prononce un discours. Il figure au Tableau d'honneur de la Grande Guerre, sous le prénom Paul
Dans le contrat de mariage, la famille Bois offre au jeune couple le domaine de Bessoulet près de Villefranche-d'Albigeois où il s'installe rapidement

Jean Jaurès entre en politique à 26 ans comme candidat républicain dans le Tarn aux élections législatives de 1885. Il est élu et siège à l'assemblée nationale parmi les républicains « opportunistes » et soutient le plus souvent Jules Ferry. En 1889, il n'est pas réélu.
Privé de son mandat de député, Jaurès reprend son enseignement à la faculté de Toulouse. Il est reçu docteur ès lettres en 1892. Sa thèse principale a pour titre De la réalité du monde sensible, sa thèse secondaire (en latin, selon l'usage de l'époque) De primis socialismi germanici lineamentis apud Lutherum, Kant, Fichte et Hegel. Les deux ont paru en 1891.
Il continue également son activité politique. À partir de 1887, il collabore au quotidien de tendance radicale La Dépêche de Toulouse (la future Dépêche du Midi). Il devient conseiller municipal sur les listes radicales-socialistes, puis maire adjoint à l'instruction publique de Toulouse (1890-1893). Ses travaux intellectuels, son expérience d'élu local, sa découverte des milieux ouvriers et des militants socialistes l'orientent vers le socialisme. Cette évolution s'achève avec la grève des mineurs de Carmaux.
En 1892, quand éclate la grande grève des mineurs de Carmaux, Jean Jaurès est à l'écart de la vie politique nationale. L'origine du conflit est le licenciement de Jean-Baptiste Calvignac - ouvrier mineur, leader syndical et socialiste qui venait d'être élu maire de Carmaux le 15 mai 1892 - par la Compagnie des mines que dirigent le baron René Reille, président du conseil d'administration (l'homme fort de la droite tarnaise) et son gendre Jérôme Ludovic de Solages, membre de ce même conseil (député de la circonscription depuis septembre 1889), propriétaire de mines et de verreries. Le prétexte motivant le licenciement se trouve dans les absences de Jean-Baptiste Calvignac causées par ses obligations d'élu municipal. Ce licenciement est considéré par les mineurs comme une remise en cause du suffrage universel et des droits réels de la classe ouvrière à s'exprimer en politique.
Les ouvriers se mettent en grève pour défendre « leur » maire. Le président Sadi Carnot envoie l'armée (1 500 soldats) au nom de la « liberté du travail ». En plein scandale de Panama, la République semble ainsi prendre le parti du patronat contre les grévistes.
Dans ses articles à la Dépêche, Jean Jaurès soutient, aux côtés de Georges Clemenceau, la grève. Il accuse la République d'être aux mains de députés et ministres capitalistes favorisant la finance et l'industrie aux dépens du respect des personnes. Durant cette grève, il fait l'apprentissage de la lutte des classes et du socialisme. Arrivé intellectuel bourgeois, républicain social, Jean Jaurès sort de la grève de Carmaux acquis au socialisme.
Sous la pression de la grève et de Jaurès, le gouvernement arbitre le différend Société des mines de Carmaux-Calvignac au profit de ce dernier en lui donnant un congé illimité pour qu'il exerce ses fonctions de maire. Solages démissionne de son siège de député et provoque l'élection anticipée de janvier 1893. Jaurès est alors désigné par les ouvriers du bassin pour les représenter à la Chambre. Il est élu le 8 janvier 1893 comme socialiste indépendant malgré les votes ruraux de la circonscription.

Désormais, Jean Jaurès représente à la chambre des députés les mineurs de Carmaux. Il milite avec ardeur contre les lois scélérates. Surtout, Jaurès se lance dans une incessante et résolue défense des ouvriers en lutte. Il défend les verriers d'Albi, renvoyés par leur patron Rességuier. Ce qui lui vaut l'ouverture d'une information judiciaire pour entrave à la liberté de travail, abandonnée fin 1895. C'est aussi à l'occasion de la découverte de fonds venant de hauts lieux chez un anarchiste de retour de Carmaux qu'il se lance dans un discours à la Chambre, le 30 avril 1894, dans lequel il dénonce la politique répressive du gouvernement, la censure du Père Peinard, « consacré presque tout entier à injurier les députés socialistes », le deux poids deux mesures avec, d'un côté, la censure des journaux et députés socialistes, de l'autre la tolérance de discours également contestataires de certains catholiques (Albert de Mun, l'article « La Bombe » dans La Croix de Morlay, les articles de La Croix ou l'article du Père Marie-Antoine publié dans L'Univers puis dans L'En-dehors et titré « Le Christ et la Dynamite », qui évoquait la propagande par le fait) et enfin l'usage des agents provocateurs :
    « C’est ainsi que vous êtes obligés de recruter dans le crime de quoi surveiller le crime, dans la misère de quoi surveiller la misère et dans l’anarchie de quoi surveiller l’anarchie. (Interruptions au centre. — Très bien ! très bien ! à l’extrême gauche.)

    Et il arrive inévitablement que ces anarchistes de police, subventionnés par vos fonds, se transforment parfois — comme il s’en est produit de douloureux exemples que la Chambre n’a pas pu oublier — en agents provocateurs. »
Et d'évoquer un certain Tournadre, actif lors des grèves de 1892, qui avait proposé aux ouvriers de Carmaux des fonds pour acheter de la dynamite et éventuellement de s'enfuir ensuite en Angleterre : or, selon Jaurès, alors que Tournadre avait répondu aux ouvriers qu'il avait des « amis capitalistes à Paris », les perquisitions menées chez Tournadre à Carmaux avaient conduit à la découverte de deux lettres, l'une du baron de Rothschild, l'autre de la duchesse d'Uzès. Malgré ce discours, la Chambre vota dans une large majorité la confiance au gouvernement. Dans le sillage de la grève des mineurs de Carmaux, il participe, en 1895, à celle des verriers de la ville, déclenchée par le licenciement de deux syndicalistes par le patron de la verrerie, Eugène Rességuier. Cette grève aboutira à la fondation de la Verrerie ouvrière d'Albi, premier grand exemple d'entreprise autogérée.
Durant ce mandant Jean Jaurès dénonça l'indifférence européenne et française aux massacres des Arméniens en Asie mineure organisés par le Sultan, dans un discours devant l'Assemblée nationale le 3 novembre 1896, particulièrement « visionnaire » dix-neuf ans avant le génocide dit de 1915.
Dans le Languedoc viticole, il visite « Les Vignerons Libres de Maraussan » qui créent la première cave coopérative. Aux élections de 1898, il est battu par le marquis Jérôme de Solages, héritier du fondateur de la Compagnie de Carmaux.


Au début de l'affaire Dreyfus, Jaurès est convaincu de la culpabilité du capitaine Dreyfus. Il utilise même la sentence de déportation, qu'il juge clémente, pour dénoncer l'incohérence de la justice militaire dans un discours à l'assemblée, le 24 décembre 1894 où il déclare que « le capitaine Dreyfus, convaincu de trahison par un jugement unanime, n'a pas été condamné à mort, et le pays voit qu'on fusille sans pitié de simples soldats coupables d'une minute d'égarement, de violences ». Selon les termes de l'historien Michel Dreyfus, « Jaurès estime [au début de l'Affaire] que si Dreyfus n'est pas condamné à mort, c'est parce que l'"immense effort juif" fait en sa faveur n'a pas été tout à fait "stérile" et qu'il a bénéficié du "prodigieux déploiement de la puissance juive". »
Face à la campagne de révision, Jaurès reste donc au départ en retrait. Par la suite, il s'engage véritablement comme défenseur de Dreyfus. « En définitive, la haine de l'antisémitisme ne semble pas avoir joué un rôle "déterminant" dans son engagement en faveur de Dreyfus : c'est bien davantage sa vision de la démocratie, ainsi que sa volonté de rallier la jeunesse qui l'auraient poussé en ce sens. Dès lors, le combat de Jaurès en faveur de Dreyfus devient décisif». Le J'accuse de Zola ne paraît pas avoir été l'élément déclencheur: il refuse encore de s'engager, le 20 janvier 1898, « entre les "cléricaux" qui voudraient utiliser l'Affaire contre les Juifs, les protestants ainsi que les libres penseurs, et les "capitalistes juifs" qui, discrédités par de nombreux "scandales", cherchent à se réhabiliter» puis évoque encore en juin la « race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n'est pas par la fièvre du prophétisme [, qui] manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corruption et d'extorsion».
L'évènement décisif est la révélation, fin août 1898, du faux commis par le commandant Henry: Jaurès s'engage alors avec passion dans la défense de Dreyfus. Pour lui, l'affaire est non seulement un problème de justice individuelle, mais surtout de respect de l'humanité elle-même.

En effet, elle pose le problème du mensonge et de l'arbitraire des grandes institutions, notamment de l'armée qui entend avoir une « justice » séparée. En outre, elle est utilisée par les droites catholique et nationaliste pour renverser la République. Il s'oppose alors à certains autres socialistes, dont Jules Guesde pour qui Dreyfus est un officier bourgeois dont la défense ne serait pas prioritaire (le souvenir de la répression sanglante de la Commune de Paris, et d'autres révoltes ouvrières, est pour beaucoup dans la défiance de militants ouvriers envers la cause d'un officier). Jaurès, dans un ouvrage dreyfusard, Les Preuves, écrit : « Si Dreyfus a été illégalement condamné et si, en effet, comme je le démontrerai bientôt, il est innocent, il n'est plus ni un officier ni un bourgeois : il est dépouillé, par l'excès même du malheur, de tout caractère de classe; il n'est plus que l'humanité elle-même, au plus haut degré de misère et de désespoir qu'on puisse imaginer. [...] Nous pouvons, sans contredire nos principes et sans manquer à la lutte des classes, écouter le cri de notre pitié; nous pouvons dans le combat révolutionnaire garder des entrailles humaines; nous ne sommes pas tenus, pour rester dans le socialisme, de nous enfuir hors de l'humanité. »
Mais pour Jaurès, l'accablement de malheurs et d'injustices dont Dreyfus est victime font de lui un homme qui souffre des persécutions de la caste militaire, qui est le « gardien armé du Capital », et donc l'ennemi du prolétariat.
Avec l'affaire Dreyfus, Jaurès devient un homme politique à l'influence nationale

SUITE: Jean Jaurès — Wikipédia

  

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MessagePosté le: Sam 17 Déc - 07:28 (2016)    Sujet du message: (81) TARN Répondre en citant


Jean François de Galaup, comte de La Pérouse
(23 août 1741 - disparu en 1788), né au château du Gô, dans la paroisse de Saint-Julien à deux lieues d'Albi, est un officier de marine et un explorateur français.
Né dans une famille noble originaire d'Albi, La Pérouse s'engage dans la Marine royale au début de la Guerre de Sept Ans. Il connaît son baptême du feu pendant ce conflit en Amérique du Nord et aux Antilles, sous les ordres du chevalier de Ternay, son mentor. Il est présent au siège de Louisbourg en 1758 et à la bataille des Cardinaux l'année suivante. Blessé au cours de ce combat, il est fait prisonnier en Angleterre avant d'être échangé. À la signature de la paix de Paris, il est affecté à différentes missions d'escortes, notamment à destination de l'Isle de France où il passe cinq ans et rencontre sa future femme.
Rentré en France avant le début de la guerre d'indépendance des États-Unis, il est promu lieutenant de vaisseau et décoré de la croix de Saint-Louis. Lors de la reprise des hostilités, il participe aux combats contre les Britanniques aux Antilles - il est à la prise de la Grenade et aux combats de Saint-Christophe et des Saintes - et il est chargé de conduire une expédition contre les établissements britanniques en baie d'Hudson, où il démontre sa valeur maritime et militaire en capturant deux forts britanniques.
Capitaine de vaisseau à la fin de la guerre, il est choisi par le marquis de Castries, ministre de la Marine et par Louis XVI pour diriger une expédition autour du monde visant à compléter les découvertes de James Cook dans l'océan Pacifique. Cette expédition maritime autour du monde, qu'il commandait, disparaît corps et biens à Vanikoro (îles Santa Cruz) en 1788, trois ans après son départ de Brest.
Une expédition de secours commandée par le vice-amiral d'Entrecasteaux est envoyée dans les années qui suivent le naufrage (1791-1794), sans succès. Le mystère de la disparition de La Pérouse n'est percé qu’en 1826 par Peter Dillon et par Jules-Sébastien-César Dumont d’Urville en 1828, qui retrouvèrent l’épave de L’Astrolabe. Enfin, Reece Discombe identifie celle de La Boussole en 1964.


Jean-François de Galaup naît le 22 ou le 23 août 1741 en Albigeois au château du Gô, à deux lieues d'Albi, et il est baptisé le 3 octobre 1741 dans la paroisse de Saint-Julien.
Il est issu d'une famille albigeoise dont la noblesse remonte à 1558. La famille de Galaup s'enrichit et est anoblie à la période faste de la culture et de la commercialisation du pastel. Les de Galaup, à l’origine seigneurs de Brens et d’Orban, non loin d’Albi, vont exercer des charges juridiques et administratives et occuper souvent les fonctions de consuls de la ville d'Albi. La famille possédait un manoir sur les terres du Gô, dans un méandre du Tarn en amont d'Albi, acquis en 1613 par Claude de Galaup, ainsi qu'une terre sur le territoire de l’actuelle commune de Puygouzon : la ferme de Lapeyrouse (« La pierreuse »).
Son père, Victor-Joseph de Galaup (1709-1784), écuyer qui appartient à la plus vieille noblesse du pays, est député aux États particuliers d'Albigeois. Il est le fils de Jean-Antoine de Galaup (né en 1677) et de Claire de Metgé. La famille de Galaup est alliée à celle des Taffanel de la Jonquière.
Sa mère est Marguerite de Rességuier, née en 1717 à Sauveterre-de-Rouergue et morte à Albi, le 14 juin 1788, est la fille de Jean-Jacques Rességuier, seigneur du Pouget (1662-1725), ancien commandant du second bataillon de Condé, et de Françoise de Moly (1677-1764). La famille de Rességuier est alliée aux famille de Dalmas, Izarn, Guigard de Motarnal, Genton, Azémar, Flottes et Garrigues de Lagarde.
Le couple se marie le 4 octobre 1740, à Sauveterre-de-Rouergue. Jean-François est l'aîné de onze enfants. L'un de ses frères, Jacques Antoine Victor de Galaup (1749 - Quiberon, 16 juillet 1795), émigré, participe à l'expédition de Quiberon où il trouve la mort lors des premiers combats. Ne survivront à l’âge adulte que le fils aîné Jean-François, sa sœur Jacquette née un an après lui, et une sœur, Victoire, de 18 ans plus jeune.

Après des études secondaires au collège de jésuites d'Albi, La Pérouse entre aux Gardes de la Marine à Brest le 19 octobre 1756. La Pérouse navigue sur de nombreux vaisseaux en tant qu’enseigne avant d’être attaché, en 1757, au service du chevalier Charles-Henri-Louis d’Arsac de Ternay sous les ordres duquel il participe, à bord du Zéphir, à deux campagnes au Canada au cours de la guerre de Sept Ans. Le chevalier de Ternay éprouve rapidement de l’amitié pour cet enseigne et le prend sous sa protection. Aussi, lorsqu’il est nommé gouverneur de l’île de France (actuellement l’île Maurice) en 1772, La Pérouse, alors âgé de trente et un ans, l’y accompagne. C’est ainsi qu’il séjourne cinq années à l’Ile Maurice (ancienne Ile de France) de 1772 à 1777. Le futur illustre navigateur avait acheté, avec son ami le lieutenant de vaisseau Charles Mengaud de La Hague, une propriété de 156 arpents à Eau Coulée, donnant sur la Rivière du Mesnil, non loin de l’actuelle ville de Curepipe sur les hauts plateaux de l’île. C’est au cours de ce long séjour à l'île Maurice qu’il fait la connaissance de la famille Broudou qui, elle, habitait Rivière-la-Chaux près de l’actuelle ville de Mahébourg dans le sud. La Pérouse rencontre et fréquente assidûment Éléonore Broudou (1755-1807), une des filles d’Abraham Broudou et de Françoise Cailliard et en tombe éperdument amoureux. Mais sa famille envisage pour lui un autre mariage avec mademoiselle de Vésian, issue de la vieille noblesse d’Albi. Malgré ses trente-six ans, La Pérouse se plie aux exigences de son père et c’est la mort dans l’âme qu’il quitte l’Ile de France en 1777. Éléonore rejoint sa mère à Nantes deux semaines plus tard et, au désespoir, s’attend à prendre le voile tandis que La Pérouse s’engage dans la guerre d’Indépendance américaine aux côtés du vice-amiral Charles Henri d’Estaing et rejoint son escadre aux Antilles. Mais l’amour triomphe. Les deux amoureux finissent par se marier à Paris, en 1783, en l’église Sainte-Marguerite. La Pérouse est alors âgé de quarante-deux ans et Éléonore en a vingt-huit. Le couple ignore alors que leur bonheur ne durera que deux ans. On raconte que le ministre de la Marine, Charles Eugène Gabriel de La Croix de Castries, a finalement donné son accord à cette union à la condition que La Pérouse accepte de prendre la direction d’une expédition scientifique d’envergure autour du monde.
Jean-François de La Pérouse épouse donc en 1783 Louise Éléonore Broudou (1755-1807), sœur de Frédéric Broudou qui prend part également à l'expédition funeste. Le couple n'a pas de postérité

La Pérouse passe sa jeunesse entre Albi et le Gô, avec probablement quelques séjours chez sa grand-mère à Sauveterre-de-Rouergue. Il parle occitan et français. Ses études secondaires au collège des Jésuites d'Albi, jusqu'à l’âge de 15 ans, sont dispensées en latin. Il y fait la rencontre d'autres nobles de la ville, futurs officiers de la Marine, tels que le marquis de Rochegude, né la même année que lui, et Charles Jean-Baptiste Mengaud de la Hage (1741-1779), dont les parents, originaires du Gers, habitaient Toulouse. Mengaud de la Hage deviendra l'un des meilleurs amis de La Pérouse. Il meurt noyé en mars 1779, alors que son navire La Charmante heurte un écueil et coule au large de la Chaussée de Sein
Il entre dans la compagnie des Gardes de la Marine de Brest à quinze ans, le 19 novembre 1756, ayant ajouté au sien le nom de La Pérouse, celui d'une terre reçue de son père. Il est encouragé par l'un de ses parents, le marquis Clément de Taffanel de La Jonquière. Pendant ses études à Brest, il est engagé dès l'âge de 17 ans dans les conflits maritimes de la guerre de Sept Ans avec la Grande-Bretagne au large de l'Amérique du Nord, notamment à Terre-Neuve et sur le Saint-Laurent avec son cousin Clément puis avec le chevalier de Ternay, qui deviendra son véritable tuteur, ainsi qu'aux Antilles.
Jean-François de Galaup embarque en mars 1757 sur Le Célèbre dans l’escadre commandée par le comte Dubois de La Motte et envoyée au secours de Louisbourg, sur l'île Royale. Il échappe à l’effroyable épidémie qui ravage les vaisseaux et la ville de Brest où il revient le 12 novembre 1757. Le 22 février 1758, il embarque sur la frégate La Zéphyr dans l’escadre envoyée à Louisbourg aux ordres du comte Du Chaffault de Besné. Le 15 août, La Pérouse passe sur Le Cerf puis, le 16 mai 1759, sur le vaisseau Le Formidable dans l’escadre que le comte de Conflans prépare péniblement à Brest pour protéger un éventuel débarquement en Angleterre. Le 20 novembre, cette escadre de vingt-et-un vaisseaux se heurte, à l’entrée de la baie de Quiberon, aux vingt-trois bâtiments britanniques commandés par l'amiral Hawke. Le Formidable, dans l’arrière-garde, doit supporter tout le poids de l’attaque ennemie et offre une belle résistance ; La Pérouse reçoit deux blessures et, fait prisonnier, il est presque aussitôt échangé.
En mai 1762, La Pérouse embarque sur Le Robuste, dans la division commandée par le chevalier de Ternay, qui alla détruire les pêcheries britanniques de Terre-Neuve. En septembre 1763, Bidé de Chézac prend avec lui quelques Gardes de la Marine, dont La Pérouse, pour conduire de Lorient à Brest le vaisseau neuf Les Six Corps

La Pérouse est promu enseigne de vaisseau le 1er octobre 1764 et, de 1765 à 1769, il est affecté au transport maritime en France. En 1771, il fait campagne à Saint-Domingue (actuelle île d’Haïti) à bord de la frégate La Belle-Poule.
Au début de l’année suivante, il part pour l’Isle de France en compagnie de son protecteur Arsac de Ternay qui venait d’en être nommé commandant général. De là, il entreprend, en avril 1773, une longue expédition dans les mers de l'Inde. Il retourne à l’Isle de France en mars 1774 et regagne la France en mai 1777 après cinq ans d'éloignement. Promu lieutenant de vaisseau le 4 avril 1777, il est créé chevalier de Saint-Louis le mois suivant pour avoir sauvé Mahé des Indiens. Il est initié à la franc-maçonnerie dans la loge de Brest « l'Heureuse rencontre ».
Chargé de deux voyages aux Indes orientales comme commandant de La Seine, il rencontre à l'Isle de France sa future épouse, Éléonore Broudou, fille d'un armateur nantais, devenu administrateur de la marine.
Les quatorze ans de paix de 1764 à 1778 lui permettent de consolider son expérience de la navigation en Atlantique et dans l'océan Indien, en qualité d'abord de simple officier, puis de commandant de plusieurs bâtiments du roi.
Lors de la reprise des hostilités en 1778, La Pérouse reçoit le commandement de la frégate L’Amazone qui, incorporée dans la division de La Motte-Piquet, part le 1er mai 1779 pour les Indes Orientales, escortant un convoi vers la Martinique. Ralliant le pavillon du vice-amiral, le comte d'Estaing, La Pérouse participe à la prise de la Grenade et au violent combat contre l’escadre de John Byron les 4, 5 et 6 juillet. Par la suite, à bord de L’Amazone, il est placé en surveillance devant Charleston en Caroline du Sud.
Promu capitaine de vaisseau le 4 avril 1780, La Pérouse reçoit le 18 décembre suivant le commandement de la frégate L'Astrée. Dès cette époque, une expédition est prévue contre les établissements britanniques de la baie d’Hudson mais divers contretemps provoquent son ajournement. Patrouillant dans les parages de l’île du Cap-Breton, sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre, avec L’Astrée et L’Hermione, commandée par Latouche-Tréville. La Pérouse livre, le 21 juillet 1781, un brillant combat à un convoi britannique composé d'une frégate et de cinq petits bâtiments. Il s’empare de la frégate HMS Ariel et d'un bâtiment, les autres parvenant à fuir.
 Il escorte ensuite un convoi vers les Antilles (décembre 1781), participa à l’attaque de Saint-Christophe (février 1782), aux combats des 9 et 12 avril au large des îles des Saintes contre l’escadre de l’amiral Rodney.


La flotte française est vaincue, mais La Pérouse parvient sans encombre au Cap-Français (Cap-Haïtien, Haïti) où, le 14 mai, il prend le commandement du vaisseau Le Sceptre et appareille, le 31 du même mois, avec les frégates L'Astrée et L'Engageante pour la baie d'Hudson. Il emmène avec lui 250 soldats, 40 artilleurs, quatre pièces de canon et deux mortiers. Malgré une navigation extrêmement difficile, il parvint, à la mi-juillet, dans le détroit d’Hudson et, le 8 août, en vue de l’entrée de la rivière Churchill (Manitoba). Le lendemain, il débarque ses troupes et somme l’agent principal Samuel Hearne de se rendre, ce que ce dernier fait aussitôt. Le Fort Prince of Wales est détruit partiellement, les cartes et plans de la Marine britannique, les stocks de vivres et de fourrures sont saisis. Le 24 août, il attaque avec succès York Factory (Manitoba). Pressé par le mauvais temps, La Pérouse repart aussitôt après avoir exécuté fidèlement sa mission, sans perdre un homme et tout en traitant ses prisonniers avec la plus grande humanité. Il permet notamment à Samuel Hearne de retourner en Angleterre en échange de la libération de prisonniers français et de la publication de la cartographie britannique qu'il lui a redonnée. Cette expédition lui valut une pension de 800 livres.
Cette expédition resta assez obscure à l'époque, mais elle développa les talents de La Pérouse, et le fait connaître comme un officier capable de diriger une campagne de découvertes. Il venait de parcourir des parages peu connus, et il avait eu à surmonter, dans un espace très restreint, la plupart des dangers que la navigation peut offrir dans toute l'étendue du globe. Cette renommée lui vaudrait le commandement de l'expédition de 1786 autour du monde.
Nommé capitaine de vaisseau à 39 ans pour sa brillante conduite pendant la guerre, il épouse Éléonore Broudou en 1783, malgré quelques objections paternelles, et l'installe à Albi dans une maison achetée rue de l'École Mage. À cette occasion, La Pérouse est forcé de demander à son père son émancipation par manumission, comme au Moyen Âge, car le droit d'Ancien Régime en fait toujours un mineur incapable de se marier et d'acheter des biens immobiliers, malgré son âge mûr et sa situation.
Après le traité de Paris, il est choisi par Charles Pierre Claret de Fleurieu alors directeur des ports et arsenaux, chargé de l'organisation de l'expédition, et confirmé par le marquis de Castries, ministre de la Marine et par Louis XVI, en raison de sa grande expérience et de ses qualités humaines, pour diriger une expédition autour du monde visant à compléter les découvertes de James Cook dans l'océan Pacifique. En juillet 1785, peu avant son départ, La Pérouse est promu brigadier des armées navales.
La Boussole et L'Astrolabe, les deux frégates de l’expédition préparée principalement par Charles Pierre Claret de Fleurieu avec le concours de l’Académie des sciences, partent de Brest le 1er août 1785, franchissent facilement le cap Horn et arrivent à la baie de Concepción (Chili) le 23 février 1786. Le 9 avril, La Pérouse fait escale à l’île de Pâques, et, en mai, aux îles Sandwich (Hawaii) où il découvre l’île Maui négligée par James Cook. Le 23 juin, les frégates arrivent en vue du mont Saint-Élie (sur la frontière de l’Alaska et du Canada). La Pérouse descend ensuite le long de la côte ouest de l’Amérique en multipliant les reconnaissances hydrographiques. Le 14 septembre, il arrive à Monterey (Californie) où Esteban José Martínez lui vient en aide pour diriger les deux frégates dans le port. Traversant le Pacifique d’est en ouest, il entre à Macao, Chine, le 3 janvier 1787, puis, le 26 février, dans la baie de Manille avant de remonter vers le nord. Premier navigateur européen à pénétrer dans les parages situés entre la Chine et le Japon, La Pérouse découvre le détroit entre Yeso (ancien nom de l'île d'Hokkaidō, au Japon) et Sakhaline (Russie) qui porte son nom, avant de faire escale, le 7 septembre, dans la baie d’Avacha (Tar’ya) sur la côte de la péninsule Kamtchatka. C'est là qu'il reçoit une commission de chef d'escadre, arrivée de France. L’interprète Jean-Baptiste-Barthélemy de Lesseps débarque, avec les rapports et les cartes établis par son chef, pour regagner la France par la Sibérie.

La Pérouse se dirige alors vers le Pacifique central, débarque le 9 décembre à Maouna (Tutuila, îles Samoa), continue sa route vers les îles des Amis (îles Tonga), puis arrive le 26 janvier 1788 à Botany Bay, en Australie. Il en repart vers le 15 mars en direction du nord-est. Prises dans un cyclone, les frégates se brisent aux alentours de l’archipel des Îles Santa Cruz au milieu de juin 1788.
Une expédition part à sa recherche en septembre 1791. Dirigée par l'amiral d'Entrecasteaux, elle part de Brest le 28 septembre avec deux frégates La Recherche et L'Espérance. Elle atteint l'île des Pins le 16 juin 1792 ; puis le 19 mai 1793, l'expédition découvrit une île nouvelle que d'Entrecasteaux baptisa l'île de La Recherche, or c'est sur cette île (également appelée Vanikoro) que les survivants de l'expédition La Pérouse (et peut-être La Pérouse lui-même) avaient trouvé refuge. L'expédition poursuit sa route vers Surabaya sans jamais l'atteindre.
Plusieurs rumeurs couraient à l'époque. Une des déclarations les plus retentissantes est celle du Britannique George Bowen, capitaine du navire Albemarle, devant les autorités de Morlaix, en 1793. Cet officier prétend avoir vu, dans la nuit du 30 décembre 1791, sur la côte de la Nouvelle-Géorgie, des débris de vaisseau, des filets de main-d'œuvre européenne. Les contradictions de cette déclaration ne permettent pas d'en faire la base d'une tentative sérieuse. Toutefois, malgré le peu de succès des recherches, on avait toujours gardé l'espoir de retrouver une partie de son équipage, ou au moins un indice de leur destin. Divers bruits de cette nature se succédèrent presque d'année en année, mais ils parurent trop peu fondés pour mériter de fixer l'attention.
Enfin, vers la fin de 1825, un officier britannique affirme savoir d'un capitaine américain, que celui-ci, après avoir découvert un groupe d'îles bien peuplées et entourées de récifs, en avait rencontré les habitants, et vu entre leurs mains une croix de Saint-Louis et des médailles comme celles que la Pérouse avait emmenées. Ces indices pouvaient faire croire que les bâtiments de la Pérouse avaient péri sur ces îles, mais la position de ces îles restait inconnue. Quoique l'espoir de le retrouver fût presque évanoui, et que le rapport du capitaine américain omît ce renseignement capital, on voulut lancer une nouvelle expédition.
Dumont d'Urville, alors capitaine de frégate, en est vivement frappé. Il prend la tête d'une nouvelle entreprise de circumnavigation qui part de Toulon le 25 avril 1826.
Un vaisseau de la compagnie anglaise des Indes orientales est également expédié à la recherche des traces de La Pérouse. Sur la base d'indices obtenus en 1826, le capitaine marchand et explorateur Peter Dillon découvre en septembre 1827 les restes du naufrage à Vanikoro, Îles Santa Cruz (Îles Salomon), au nord du Vanuatu.
Dillon découvre la cloche de L'Astrolabe et des pierriers de bronze qui avaient été conservés par les habitants. Quant à La Boussole, pas la moindre trace. Il apprend sur l'île de Vanikoro « comment deux grands navires s'étaient échoués par une nuit de grande tempête : l'un aurait coulé, l'autre se serait échoué et les survivants auraient pu s'installer sur un point de Vanikoro, nommé Paiou. Cinq ou six mois après, une partie des survivants seraient repartis à bord d'un petit bateau fabriqué avec les débris du grand. L'autre partie resta à Vanikoro, se mêla aux affrontements des indigènes. Le dernier des survivants serait mort peu avant la venue de Peter Dillon. »
En 1828 Dumont d'Urville reconnaît lui aussi, dans l'île de Vanikoro, le lieu probable du naufrage et de la mort de Jean-François de La Pérouse. Il retire du corail des ancres, des pierriers ayant appartenu à L'Astrolabe mais toujours pas de trace de La Boussole.
Dans les années qui suivirent, deux autres explorateurs français passent par Vanikoro : Legoarant de Tromelin retrouve les ancres et les canons qui sont déposés, depuis 1884, au pied du monument dressé en l'honneur de La Pérouse par la ville d'Albi.

En juin 1962, un plongeur néo-zélandais fixé à Port Vila accompagne Pierre Anthonioz dans son expédition. Reece Discombe prospecte le récif de part et d'autre du gisement de L'Astrolabe et repère rapidement, par 15 mètres de fond, des formes d'ancres et de canons pris dans le corail. Il remonte un plomb de sonde qu'il pense être de La Boussole.
En février 1964, Reece Discombe revient sur les lieux et il remonte des pierriers, une poulie de bronze. En mars, avec l'amiral de Brossard de la Marine Nationale, il retrouve beaucoup d'objets dont une partie est exposée au musée d'Albi, dont une cloche attribuée à La Boussole.
Depuis le début des années 1980, des plongeurs de l'association Salomon organisent des campagnes de fouilles et d'archéologie sous-marine sur les lieux du naufrage, permettant de remonter un grand nombre d'objets ayant appartenu aux membres de l'Expédition de La Pérouse.
Extrait des Mémoires d'outre-tombe. François-René de Chateaubriand doit être reçu par le comte d'Hector en préalable à son entrée aux gardes de la marine.
« Lorsque le comte de Boisteilleul me conduisait chez M. Hector, j'entendais les jeunes et les vieux marins raconter leurs campagnes, et causer des pays qu'ils avaient parcourus : l'un arrivait de l'Inde, l'autre de l'Amérique ; celui-là devait appareiller pour faire le tour du monde, celui-ci allait rejoindre la station de la Méditerranée, visiter les côtes de la Grèce. Mon oncle me montra La Pérouse dans la foule, nouveau Cook dont la mort est le secret des tempêtes. J'écoutais tout, je regardais tout, sans dire une parole ; mais la nuit suivante, plus de sommeil : je la passais à livrer en imagination des combats, ou à découvrir des terres inconnues… »
L'historien et spécialiste de la Marine Étienne Taillemite dit de lui :
« Lapérouse représente le type le plus accompli du marin du xviiie siècle. Excellent navigateur, brillant combattant, chef très humain, esprit ouvert à toutes les sciences de son temps, il sut toujours habilement combiner prudence et audace, expérience et théorie. Aussi habile qu’infatigable, aussi aimable que ferme, il savait se faire aimer de tous. »

 

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MessagePosté le: Dim 18 Déc - 06:32 (2016)    Sujet du message: (81) TARN Répondre en citant

Philippe Pinel (20 avril 1745 à Jonquières (Tarn) - 25 octobre 1826 à Paris) est un savant français : médecin renommé comme aliéniste précurseur de la psychiatrie et accessoirement zoologiste. Il œuvre pour l'abolition de l'entrave des malades mentaux par des chaînes et, plus généralement, pour l'humanisation de leur traitement. Il travailla notamment à l'hôpital Bicêtre. On lui doit la première classification des maladies mentales. Il a exercé une grande influence sur la psychiatrie et le traitement des aliénés en Europe et aux États-Unis. Après la Révolution française, le docteur Pinel bouleverse le regard sur les fous (ou « aliénés ») en affirmant qu'ils peuvent être compris et soignés. Il préconise le « traitement moral » du malade qui préfigure nos psychothérapies modernes.
Fils d'un chirurgien peu fortuné, il fait ses études classiques au collège de Lavaur (Tarn) chez les oratoriens. Puis il entre chez les doctrinaires au collège de l'Esquile à Toulouse, qu'il quitte en 1767 pour la faculté de théologie. Imprégné de latin et de religion, il quitte toutefois la soutane en 1770, sans avoir prononcé de vœux, ni reçu les ordres mineurs.
Il commence ses études médicales à Toulouse pour être reçu docteur en 1773. Il va à Montpellier en 1774 pour suivre les cours de Paul-Joseph Barthez et arrive à Paris en 1778.


En 1773, il rédige sa thèse de médecine à Toulouse, où il peut observer les aliénés enchaînés à l'hôpital de La Grave, puis il poursuit ses études à Montpellier. En 1778, arrivé à Paris, il vit un temps de cours particuliers de mathématiques et de traductions de textes médicaux tels que Les Institutions de médecine pratique de William Cullen et les Œuvres médicales de Georgio Baglivi. En 1784, il suit pendant deux mois les leçons de magnétisme animal du disciple de Mesmer, Charles Deslon, le médecin personnel du comte d'Artois. D'abord engagé dans le mouvement révolutionnaire de 1789, il prend ses distances avec l’arrivée de la Terreur. Puis il trouve un emploi dans la maison de santé du docteur Belhomme à Charonne, où il fait la connaissance de Cabanis, habitué du salon d'Anne-Catherine Helvétius.
En 1793, le 25 août, pendant la Commune insurrectionnelle, il est nommé par décret médecin des aliénés de Bicêtre, sur proposition de Jacques-Guillaume Thouret et de Pierre Jean Georges Cabanis. Il y observe avec attention les pratiques de Jean-Baptiste Pussin, qui développe le « traitement moral » des aliénés, prenant en compte la part encore intacte de leur raison. Pussin était un homme de grande bienveillance envers les malades, doué d'une force considérable et d'un esprit observateur; il mit en pratique la suppression de l'usage des chaînes à Bicêtre (Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale ou La manie (1801), page 201).
En 1795, Pinel est nommé médecin-chef de la Salpêtrière où il applique les mêmes réformes qu'à Bicêtre. Il demande dès son arrivée que Pussin le suive, mais ce n'est qu'en 1802 que sa demande sera exaucée. Il commence alors à réformer l’organisation de l’hôpital.
En 1798, il écrit une Nosographie philosophique, qui est une classification des maladies mentales, appelées à l'époque vésanies. Basée sur le principe de classification des sciences naturelles, dont bénéficieront par la suite de nombreuses générations d'étudiants, cette nosographie s'inspire notamment des œuvres de Cullen et de François Boissier de Sauvages de Lacroix, auteur d'un ouvrage classique intitulé Nosologia Methodica où il étudiait les diverses folies. Pinel apparaît ainsi comme un des fondateurs de la nosologie, après Boissier de Sauvages.
En 1801, il rédige un Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale. Reposant sur les organes lésés, cette classification distingue :
la simple mélancolie (délire partiel)
la manie (délire généralisé)
la démence (affaiblissement intellectuel généralisé)
l’idiotisme (abolition totale des fonctions de l’entendement).
Pour Pinel, les troubles mentaux sont dus à des atteintes physiologiques provoquées par les émotions. L’aliéné est un sujet et il convient de prendre en compte son passé et ses difficultés pour la mise en place d’une thérapeutique.
En 1802, sept ans après la demande de Pinel, et grâce à l'influence du ministre de l'Intérieur Jean-Antoine Chaptal, Jean-Baptiste Pussin rejoint la Salpêtrière, où il travaillera jusqu'à son décès, en 1811
 

Il est élu membre de l'Académie des sciences en 1803. En 1820, c'est Jean-Étienne Esquirol qui lui succède à la Salpêtrière.
Pinel supprima les saignées et les médications inutiles qui ne faisaient qu'affaiblir les aliénés. Il pensait qu'on pouvait guérir les fous avec des paroles encourageantes et, dans les cas de délires, un raisonnement habile devait réduire l'idée dominante.
Il demeure légitime de voir en lui le père de la médecine mentale, future psychiatrie. Il préconisait un traitement moral. Selon lui, le médecin devait comprendre la logique du délire de son patient, puis s'appuyer sur le reste de raison demeurant chez tout aliéné pour le forcer peu à peu à reconnaitre ses erreurs, en usant du dialogue mais aussi, au besoin, de son autorité. On a beaucoup discuté du sens du traitement moral. Pour les uns, Michel Foucault notamment, P. Pinel ne fait que remplacer une contention physique par un conditionnement moral. Une exclusion par une autre, le malade psychiatrique se trouvant livré à la toute-puissance des médecins, seuls à juger de la guérison dans leurs asiles. Pour les autres, en faisant du fou un malade que l'on pourrait soigner, réintégrer dans la cité, Pinel permet d'établir un dialogue avec la folie, certes incomplet, voire spécieux, mais un dialogue tout de même. Comme souvent, la vérité se situe probablement quelque part entre les deux.
L'Empire accorda à Pinel de grands honneurs, que la Restauration lui retira plus tard. Ses idées, reprises par Esquirol, donneront naissance à la réglementation psychiatrique de 1838, restée en vigueur jusqu’en 1990.
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (18e division).
Il est le grand-oncle de Marie-Adélaïde Pinel, la mère du physicien Paul Langevin, ainsi que du soldat Louis Pinel, émigré en Chine et devenu général à la fin du dix-neuvième siècle, qui s'est marié là-bas et a eu des enfants avec une chinoise.
En 1777, il lit avec succès l'un de ses mémoires de zoologie à la Société royale de Montpellier. Son nom aurait même été cité à l'égal de Cuvier pour occuper la chaire d'anatomie comparée au Jardin des Plantes. En 1792, il est notamment l'auteur du genre Martes.
Philippe Pinel serait, à son corps défendant, à l'origine d'une célèbre erreur typographique. Corrigeant l'épreuve d'un de ses livres, il notait en marge d'une citation : « Il faut guillemeter tous les alinéas », à l'intention du typographe. Hélas, à la composition, cela devint une autre phrase : « Il faut guillotiner tous les aliénés ». 
Cette malencontreuse correction est d'autant plus cruelle que cet homme est l'un des pionniers de l'humanisation des établissements psychiatriques.

  

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MessagePosté le: Lun 19 Déc - 08:03 (2016)    Sujet du message: (81) TARN Répondre en citant

Antoine Portal, né à Gaillac le 5 janvier 1742 et mort à Paris le 23 juillet 1832, est un médecin, anatomiste, biologiste et historien de la médecine français, dont les relations étroites avec Louis XVIII — il était premier médecin du roi — permirent la création de l'Académie de médecine. C'était le grand-père d'Émilie de Vialar, grâce à l'héritage duquel elle put démarrer sa congrégation hospitalière.
Descendant d'une famille d'apothicaires de Cahuzac-sur-Vere, aîné d’une fratrie de douze enfants, il étudie la médecine à Albi et à Toulouse. En 1765, il obtient son titre de docteur à Montpellier, où il commence à enseigner l’anatomie.


En 1766, il s'installe à Paris. Grâce à la recommandation du cardinal de Bernis (1715-1794) auprès des médecins du roi Jean-Baptiste Sénac (1693-1770) et Joseph Lieutaud (1703-1780), il est nommé précepteur d'anatomie auprès du Dauphin en 1767.
En 1769, il entre à l'Académie des sciences et il succède à Antoine Ferrein (1693-1769) à la chaire d'anatomie au Collège royal. Il publie une Histoire de l'anatomie et de la chirurgie, contenant l'origine et les progrès de ces sciences.
En 1776, Buffon (1707-1788) le fait nommer professeur d'anatomie au Jardin du roi. Il soigne les principaux personnages de la cour, et fait une série de consultations au cardinal de Rohan pendant son internement à la Bastille (à partir du 15 août 1785). Il obtient la chaire nouvellement créée d'anatomie humaine au Muséum national d'histoire naturelle en 1793. Il soigne son ami Cambacérès et le pape Pie VII dans son exil à Savone. En 1803, il fait paraître son fameux Cours d'anatomie médicale en cinq volumes. Louis XVIII le fait nommer premier médecin du roi, fonction qu'il occupe également sous Charles X. Cette charge le place à la tête d'un service médical de plus de vingt médecins de Paris, le fait entrer dans les conseils d'administration de nombreuses œuvres de charité, d'hôpitaux et hospices civils, etc

Il contribue largement à la création, en 1820, de l'Académie de médecine, dont il est nommé président d'honneur. Cette académie avait pour objectif de rassembler l'élite des médecins et des chirurgiens français.
Il réussit à survivre à tous les régimes politiques tout en y récoltant tous les honneurs. Auteur fécond, il ne réalise pourtant aucune découverte majeure.
Le baron Portal meurt le 23 juillet 1832 des suites de la maladie de l'homme de pierre, à l'âge de 90 ans. Il est inhumé au cimetière du Calvaire (Saint-Pierre de Montmartre).

 

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saintluc
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MessagePosté le: Mar 20 Déc - 07:07 (2016)    Sujet du message: (81) TARN Répondre en citant

Henri de Toulouse-Lautrec, né Henri Marie Raymond de Toulouse-Lautrec-Monfa le 24 novembre 1864 à Albi et mort le 9 septembre 1901, au château Malromé à Saint-André-du-Bois, est un peintre, dessinateur, lithographe, affichiste et illustrateur français.


Henri de Toulouse-Lautrec, fils du comte Alphonse de Toulouse-Lautrec-Monfa (1838-1913) et d'Adèle Tapié de Celeyran (1841-1930), est né dans l'une des plus vieilles familles nobles de France, descendant en effet en droite ligne des comtes de Toulouse, qui furent jusqu'au xiiie siècle parmi les plus puissants féodaux du royaume. Cependant, cette branche cadette, malgré son nom illustre, vit comme une famille aisée de la noblesse de province.

Au xixe siècle, les mariages dans la noblesse se faisaient couramment entre cousins afin d'éviter la division des patrimoines et l'amoindrissement de la fortune. Ce fut le cas des parents d'Henri, Alphonse de Toulouse-Lautrec-Monfa et Adèle Tapié de Celeyran, cousins au premier degré. Ils ont eu deux garçons Henri, l'aîné et, quatre ans plus tard, son frère Richard-Constantin, qui meurt un an après. Henri grandit entre Albi, le château du Bosc (demeure de ses grands-parents et aussi de son enfance) et le château de Celeyran.
L'incompatibilité d'humeur entre les deux parents entraîne leur séparation et Henri reste sous la garde de sa mère.

Henri de Toulouse-Lautrec a une enfance heureuse jusqu'au moment où se révèle, en 1874, une maladie qui affecte le développement des os, la pycnodysostose, maladie génétique, due à la consanguinité de ses parents. Ses os sont fragiles et, le 30 mai 1878, il trébuche et tombe. Le médecin diagnostique le fémur gauche brisé et, en raison de sa maladie, la fracture se réduit mal. Entre mai 1878 et août 1879, il souffre de cette fracture du fémur bilatérale qui aggrave son retard de croissance : il ne dépassera pas la taille de 1,52 m. On essaye de le guérir au moyen de décharges électriques et en lui plaçant à chaque pied une grande quantité de plomb.
Comme toujours dans cette affection, son tronc est de taille normale, mais ses membres sont courts. Il a les lèvres et le nez épais. Il zézaye et en joue, faisant le provocateur dans les salons. Il se fait photographier nu sur la plage de Trouville-sur-Mer, en enfant de chœur barbu, ou avec le boa de Jane Avril (dit « Mélinite »), tout en étant très conscient du malaise que suscite son exhibitionnisme.

Élève au lycée Condorcet, il échoue en 1881 au baccalauréat à Paris, mais il est reçu à Toulouse à la session d'octobre. C'est alors qu'il décide de devenir artiste. Soutenu par son oncle Charles et par René Princeteau, un ami de son père peintre animalier, il finit par convaincre sa mère. De retour à Paris, il étudie la peinture auprès de René Princeteau, dans son atelier au 233, de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, puis en avril 1882 dans l'atelier de Léon Bonnat, et en novembre 1882 dans celui de Fernand Cormon où il reste jusqu'en 1886 et y fréquente Van Gogh, Émile Bernard ou Louis Anquetin

Toulouse-Lautrec a vécu pour son art. Peintre du postimpressionnisme, illustrateur de l’Art nouveau et remarquable lithographe, il a croqué le mode de vie de la Bohème parisienne à la fin du xixe siècle. Au milieu des années 1890, il a contribué par des illustrations à l'hebdomadaire humoristique Le Rire.
Considéré comme « l’âme de Montmartre », le quartier parisien où il habite depuis son installation en 1884 au 19 bis, rue Fontaine, ses peintures décrivent la vie au Moulin-Rouge et dans d’autres cabarets et théâtres montmartrois ou parisiens. Il peint Aristide Bruant mais aussi dans les maisons closes qu’il fréquente et où, peut-être, il contracte la syphilis. Il a notamment une chambre à demeure à La Fleur blanche. Trois des femmes connues qu’il a représentées sont Jane Avril, la chanteuse Yvette Guilbert et Louise Weber, plus connue comme La Goulue, danseuse excentrique qui a créé le « cancan».
Toulouse-Lautrec a donné des cours de peinture et encouragé les efforts de Suzanne Valadon, un de ses modèles et aussi probablement sa maîtresse.

Alcoolique pendant la plus grande partie de sa vie d’adulte, il a eu l'habitude de mélanger à son absinthe quotidienne du cognac, au mépris des convenances de l'époque. Il a utilisé notamment le subterfuge d'une canne creuse pour cacher une réserve d'alcool. Il a été admis dans un sanatorium peu avant sa mort à Malromé, la propriété de sa mère, à la suite des complications de son alcoolisme et de sa syphilis.
Mort à près de 37 ans, il a été inhumé dans le cimetière de Verdelais (Gironde) à quelques kilomètres de Malromé.
Ses derniers mots sont pour son père, présent au moment de sa mort, faisant allusion aux goûts de cet aristocrate fantasque et passionné de chasse : « Je savais, papa, que vous ne manqueriez pas l'hallali. » On cite aussi sa réaction lapidaire voyant son père, chasseur dans l'âme, tentant de toucher une mouche qui vole sur le lit de mort de son fils avec l'élastique d'une de ses bottines : « Le vieux con ! ».

Au musée Toulouse-Lautrec d'Albi, il est fait allusion aux dernières paroles de l'artiste adressées à sa mère. Les relations que Lautrec entretenait avec son père ont été sujettes à de nombreuses divagations.
Le peintre n'a pas été un artiste maudit par sa famille, bien au contraire. Son père écrit à Gabrielle de Toulouse-Lautrec, sa mère et donc la grand-mère paternelle du peintre, le soir de la mort de son fils : « Malromé, 9 septembre 1901 : Ah chère Maman, que de tristesses. Dieu n'a pas béni notre union. Que sa volonté soit faite, mais c'est bien dur de voir renverser l'ordre de la nature. J'ai hâte de vous rejoindre après le triste spectacle de l'agonie longue de mon pauvre enfant si inoffensif, n'ayant jamais eu pour son père un mot enfiellé. Plaignez-nous. Alphonse »

Malgré une vie courte et marquée par la maladie, l’œuvre du peintre est très vaste : le catalogue raisonné de ses œuvres, publié en 1971, énumère 737 peintures, 275 aquarelles, 369 lithographies (y compris les affiches) et environ 5 000 dessins.
Dans sa jeunesse les chevaux constituent pour lui un sujet habituel. Depuis l’enfance, il aime l’équitation et doit y renoncer à cause de sa maladie. Il a continué à faire vivre dans ses œuvres sa passion pour les chevaux.
Au début de sa carrière, il peint quelques nus masculins comme exercices, mais ses meilleurs nus représentent des femmes. En général, il préfère partir d’ébauches, mais beaucoup de ses nus doivent avoir été faits d’après nature. D’habitude ses modèles ne sont pas de belles jeunes filles, mais des femmes qui commencent à vieillir. Pour peindre ce genre de tableaux il s’inspirait d’Edgar Degas.

Il ne cessait de dessiner : quelques dessins sont des œuvres en eux-mêmes, mais beaucoup sont des ébauches pour des peintures ou des lithographies. Quelquefois ses dessins ressemblaient à des caricatures qui, en quelques traits, rendaient un geste ou une expression ; pour les réaliser il employait divers moyens (crayon, encre, pastel et fusain).
Bien que ne pratiquant pas lui même la photographie, il compte parmi ses amis et compagnons d'amusement le photographe professionnel Paul Sescau et les photographes amateurs Maurice Guibert et François Gauzi. Il se fait photographier régulièrement par eux et aime se déguiser. Il s'est servi de photos de ses modèles ou de personnages comme base de certaines œuvres. La spontanéité et le sens du mouvement de ses compositions viennent souvent de l'instantané photographique.
Il crée 31 affiches et 325 lithographies, inventant une technique de spray originale, consistant à gratter une brosse à dents chargée d'encre ou de peinture avec un couteau. En tant qu'illustrateur Toulouse-Lautrec a réalisé des affiches devenues célèbres et, partie moins connue de son œuvre, il a également illustré une quarantaine de chansons, des succès principalement interprétés dans les trois grands cabarets parisiens de l'époque : Le Moulin-Rouge, Le Mirliton d'Aristide Bruant.

N’ayant pas besoin d’exécuter des œuvres de commande, Lautrec choisit des sujets qu'il connait bien ou des visages qui l’intéressaient et, comme il fréquentait des gens de toute sorte, ses tableaux couvrent une vaste gamme de classes sociales : nobles et artistes, écrivains et sportifs, médecins, infirmières et figures pittoresques de Montmartre. Beaucoup de ses tableaux (tel le Salon de la rue des Moulins) montrent des prostituées parce qu’il les considérait comme des modèles idéaux pour la spontanéité avec laquelle elles savaient se mouvoir, qu’elles fussent nues ou à moitié habillées. Il peignait leur vie avec curiosité, mais sans moralisme ni sentimentalisme et, surtout, sans chercher à leur attribuer le moindre caractère fascinant. Allant au bordel aussi bien par plaisir que par nécessité (en raison de son handicap, il y trouve une vraie affection, si bien qu'il se démarque en donnant à voir des images sans jugement moralisateur et sans voyeurisme). Véritable mascotte des prostituées, ces dernières lui ont donné le surnom de « cafetière » en raison de son priapisme ou de la proportion d'un de ses organes sexuels.

 

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:08 (2017)    Sujet du message: (81) TARN

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