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Date de fondation du forum: 15 avril 2012.
(80) SOMME

 
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saintluc
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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 07:09 (2016)    Sujet du message: (80) SOMME Répondre en citant

La Somme est un département français dans la région Hauts-de-France. Son nom provient de la Somme, le principal fleuve à traverser son territoire. L'Insee et La Poste lui attribuent le code 80.
Depuis le 2 janvier 2012, les habitants de la Somme s'appellent les Samariens, en référence au fleuve qui donna son nom au département, la Somme, dont le nom gaulois était Samara. Ce gentilé était auparavant largement utilisé mais n'est devenu officiel qu'après un sondage réalisé par le conseil départemental de la Somme sur le site Internet « donnonsnousunnom.fr », à l'issue duquel il a obtenu la majorité et a été adopté. Avant cette opération, les habitants de la Somme n'avaient tout simplement pas de gentilé reconnu.
Le département de la Somme appartient à la région Hauts-de-France. La Somme est limitrophe des départements du Pas-de-Calais, du Nord, de l'Aisne, de l'Oise et de la Seine-Maritime.
Le territoire de la Somme est constitué par un plateau crayeux couvert de limon parcouru d’est en ouest par le fleuve qui lui a donné son nom et dont l’estuaire (baie de Somme) s'ouvre sur la Manche. Le fleuve côtier est le plus long du Nord de la France et compte 192 kilomètres pour un bassin versant de 5 842 km2 et un débit de l'ordre de 32 m3/s. Son cours terminal est canalisé entre Abbeville et Saint-Valéry-sur-Somme.

Le département fait partie du bassin parisien avec une ouverture sur la Manche.
Les premiers dépôts du Bassin parisien sont d’âge permien mais ils n'affleurent pas en Picardie. Au Permien, un ensemble de petits bassins recueillent les produits dus à l’érosion de la chaîne hercynienne (cf. Massifs armoricain et central). Au Trias, une transgression marine permet les dépôts dans un bassin centré sur la région du Rhin et des Vosges et un bassin anglo-français centré sur la Manche. Leur réunion lors de la grande transgression marine du Jurassique inférieur constitue le bassin de Paris. Les calcaires du Jurassique supérieur de Picardie (-157 à - 145 Ma) sont les plus anciens affleurements (cf. boutonnière du pays de Bray). La régression marine de la fin du Jurassique supérieur laisse des sédiments calcaires de milieu marin peu profond. Après discordance, des sables grossiers et des argiles se déposent en milieu littoral à continental. Ils appartiennent au faciès wealdien du Crétacé inférieur.
L'essentiel du substrat géologique de la Somme est d'âge Crétacé composé par :
le Coniacien supérieur (entre 15 à 45 m) : une craie blanche, parfois en plaquettes avec quelques niveaux de silex et la présence de dendrites de manganèse et une rare macrofaune ;
le Coniacien moyen (entre 15 et 35 m) : une craie blanche pauvre en macrofaune, parfois jaunâtre à la base, avec de rares silex noirs, localement à chailles gris jaunâtres très silicifiées ;
le Turonien terminal-Coniacien inférieur (30 à 40 m) : une craie blanchâtre à jaunâtre (altérée) contenant de nombreux silex à patine rosée et riches en fossiles (Inocérames, Echinides, Brachiopodes);
le Turonien supérieur

De part et d'autre de la Manche, les mêmes falaises (Ault-Onival, Boulonnais, Douvres) sont issues de la même continuité géologique de dépôts de craie du bassin parisien. La Manche est une mer épicontinentale.
Les limons des plateaux, anciens et récents, constituent la couverture géologique supérieure du département. Il s'agit d'une formation superficielle homogène constituée par un limon lœssique (éolien), beige ou brun-rouge, d'âge quaternaire sur une épaisseur de quelques mètres. Ces limons tapissent les plateaux crayeux alors que les fonds de vallées et de vallons sont généralement occupés par des tourbes et des tufs calcaires.
Le Quaternaire a été le théâtre d'alternance de périodes glaciaires et interglaciaires (sans qu'il y ait de glaciers sur les plateaux et les plaines du Nord et de la Picardie) qui ont façonné les larges modelés des versants et des fonds de vallées. Les dépôts des terrasses alluviales ont été occupés dès 400-350 000 ans par les premiers hommes (voir Cagny, Etricourt-Manancourt) et ont donné naissance à la préhistoire.
Les lœss constituent la base de la fertilité des sols actuels ; cette qualité de formation superficielle associée à une topographie peu contrastée ont permis l'installation en Picardie des populations danubiennes au Néolithique.

La politique départementale est désormais sensible à la protection des paysages traditionnels dont certains milieux sont issus (pâturage en fond de vallons humides ou sur coteaux calcaires - larris - , fosses de tourbage et étangs). Les espaces "naturels" sont reconnus importants pour la préservation de la biodiversité et la richesse des habitats du département (cordons de galets et de dunes, milieux estuariens, falaises mortes et vives, marais, prairies humides, bois et larris), la protection des ressources en eau et des paysages (fonction récréative). Une cinquantaine de sites sont préservés et mis en valeur depuis 1980 (5000 ha), par une politique de gestion des espaces naturels sensibles en partenariat avec l'Europe, l'État, la Région, le Conservatoire du Littoral, l'Agence de l'Eau, le SMACOPI (Syndicat mixte baie de Somme-Grand littoral Picard), le Conservatoire des sites naturels de Picardie, les collectivités et les usagers (Société Linéenne de Picardie, Picardie Nature, GEMEL : Groupe d'Études des Milieux Estuariens et Littoraux). Ils sont principalement en Picardie maritime, dans la vallée de la Somme, dans le Nord et le Sud amiénois et en haute Somme.

Le département de la Somme possède un riche patrimoine préhistorique, en particulier paléolithique. Au milieu du xixe siècle, dans la région d'Abbeville, les travaux de Jacques Boucher de Perthes (1788-1868) mettent en lumière la présence d'hommes très anciens et contribuent à la naissance d'une discipline, la préhistoire (en 1844, sa thèse sur la découverte d'outils d'hommes anciens accompagnés par des restes de Mammouth et de Rhinocéros est réfutée par l'Académie des sciences. Les premières trouvailles (cornes de cerf taillées) à la fin du Premier empire, sont celles de Laurent Traullé, présentées par Casimir Picard (Cf. des tourbes diluviennes du fond de vallée). Ces premiers temps de la recherche paléolithique sont aussi l'occasion de quelques faux comme le cas de la mâchoire de Moulin-Quignon (Abbeville) trompant Boucher de Perthes en 1863 ou de faux bifaces fabriqués par des ouvriers carriers. La Première Guerre mondiale marque une phase de ralentissement de cette recherche.
Il existe peu de traces du Paléolithique inférieur au Nord de la Loire cependant à la faveur de phases interglaciaires, des incursions puis un peuplement continu vers - 600-500 000 ans et le développement d'une nouvelle culture : l'Acheuléen (Saint-Acheul près d'Amiens constitue le site éponyme de l'Acheuléen, Cf. Gabriel de Mortillet, 1872) et du célèbre biface d'Homo heidelbergensis. Il y a plus 450 à 300 000 ans, des pré-néandertaliens occupent la région (Cf. fouilles des quartiers Saint-Acheul) et Cagny (Somme). Les nappes alluviales préservées du bassin versant de la Somme s'étage en terrasses (450 000-300 000 ans) et ont livré quantité de données sur les premiers peuplement du Nord de la France dans les sites de Gagny-la-Garenne et Cagny-l'Epinette (vallée de l'Avre). Outre les industries lithiques, des restes de grands herbivores ont été trouvés : aurochs, cerfs, chevaux.

Depuis une quarantaine d'années, les nombreuses fouilles menées dans le bassin de la Somme et plus particulièrement à Cagny (Somme), Amiens), Caours et Etricourt-Manancourt, constituent une référence pour la préhistoire française et surtout pour l'étude des premiers peuplements en Europe du Nord-Ouest.
En 2005-06, une équipe CNRS-INRAP a fouillé un site remarquable de l'histoire d'Homo neandertalensis de l'interglaciaire éémien dans les tufs de Caours (dépôts constitués par la nappe de fond de la craie qui se forme pendant les périodes interglaciaires) et datés vers -125 000 ans. La fouille livre cinq niveaux d'occupation du Paléolithique moyen et fournit des données sur le comportement de subsistance de l'homme de Néandertal en contexte tempéré, ce qui constitue une documentation unique. L'assemblage de faune diversifiée indique un milieu de forêt tempérée où persistent des prairies avec cerf élaphe dominant, daim, chevreuil, sanglier, aurochs, rhinocéros de prairie et éléphant. Le site de Caours apporte des données nouvelles : l'homme de Neandertal présent en Europe de l'Ouest en période de climat tempéré, une adaptation à des variations climatiques brutales qui n'ont donc pas pu être la cause de sa disparition.
À Etricourt-Manancourt, les préhistoriens et les géomorphologues travaillent sur une grande séquence de limon où se trouvent les traces des premiers néandertaliens du Nord de la France, ou de leurs ancêtres, les tout derniers Homo heidelbergensis. L'outillage est acheuléen.
En 1998, les restes d'un crâne de l'homme de Cro-Magnon sont découverts à Saleux dans la vallée de la Selle. Les exploitations des gravières des plaines alluviales du bassin de la Somme et leurs fouilles ont livré de nombreux gisements du Paléolithique supérieur récent et final (Magdalénien, groupes à Federmesser, industries à pointes de Malaurie ou des Blanchères, industries à éléments mâchurés). Lors de récentes fouilles préventives réalisées dans le cadre des grands travaux d'infrastructure, une vingtaine de gisements ont été attribués au Weichsélien (entre moins 116 000 et 11 500 ans). La vallée de la Somme continue de livrer des sites préhistoriques particulièrement intéressants comme celui de Fresnoy-au-Val concernant le début du Glaciaire weichsélien. La fouille de 2002 a mis en évidence deux niveaux d'occupation présentant des particularités spécifiques des méthodes de débitage des industries préhistoriques et offre ainsi un éclairage nouveau sur les modalités d'occupation des hommes de cette période. Ces gisements éclairent la gestion du territoire des Néandertaliens (Paléolithique moyen). La préhistoire picarde se tourne vers des approches ethnographiques et ethnoarchéologiques

Au troisième millénaire, la sépulture mégalithique collective de la Chaussée-Tirancourt, constituée de grandes dalles de grès, accueille en plusieurs siècles d'utilisation près de 350 corps. Le site de Ribemont-sur-Ancre a enrichi les connaissances sur la période gauloise et les pratiques guerrières des Celtes. La période antique a été développée par les travaux de l'archéologie aérienne de Roger Agache et les recherches actuelles continuent de révéler la richesse du patrimoine archéologique samarien.
Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de la province de Picardie (l'Amiénois, le Marquenterre, le Ponthieu, le Santerre et le Vimeu).
L’actuel département, cœur historique de la Picardie, a toujours été l’objet de convoitises de par sa situation stratégique entre Paris et les Flandres. Ce territoire largement ouvert a été le théâtre de certaines des batailles les plus marquantes de l'histoire de la France : conquête romaine, guerre de Cent Ans, guerres de Religion, guerre de 1870, Première Guerre mondiale et Seconde Guerre mondiale.
La Bataille de la Somme s'est déroulée en 1916.

 

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saintluc
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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 10:05 (2016)    Sujet du message: (80) SOMME Répondre en citant

 La cathédrale Notre-Dame d’Amiens est la plus vaste cathédrale de France par ses volumes intérieurs (200 000 m3). Avec les cathédrales de Chartres, de Reims, de Bourges et de Beauvais (même si la nef de cette dernière n'a jamais été construite), elle est considérée comme l'archétype du style gothique classique, comprenant aussi des éléments des phases suivantes du style gothique, du gothique rayonnant (notamment le chevet) et du gothique flamboyant (notamment la grande rosace de la façade occidentale, la tour nord et les stalles). Sa longueur hors œuvre est de 145 mètres et sa hauteur sous voûte de 42,30 mètres (proche du maximum supportable pour cette architecture).


Bien que la cathédrale ait perdu la plupart de ses vitraux d'origine, elle reste réputée pour ses sculptures gothiques du xiiie siècle ornant sa façade occidentale et le portail de la Vierge Dorée sur la façade sud du transept, ainsi que les stalles de son chœur, chef-d'œuvre d'ébénisterie. Si son unité architecturale est manifeste, les aspects hétérogènes de sa façade occidentale et l'élévation de sa nef montrent cependant que la cathédrale a subi au cours de sa construction d'importantes modifications qui ont altéré la pensée originelle de l'architecte.
Monument historique en France depuis 1862, elle est inscrite depuis 1981 au patrimoine mondial de l'UNESCO


La cathédrale actuelle occupe un emplacement où plusieurs sanctuaires se sont succédé et dont l'historien sait peu de choses, faute de textes et de fouilles archéologiques. Le premier édifice cultuel date probablement du ive siècle, à l'époque gallo-romaine, période à laquelle l'existence d'une communauté chrétienne avec à sa tête un évêque d'Amiens est avérée. Selon un schéma traditionnel, le groupe cathédral bâti à l'intérieur des remparts de la cité et correspondant à l'emplacement de l'actuel monument gothique, se compose de deux édifices cultuels : le premier, dédié à saint Pierre et à saint Paul, par la suite à saint Firmin le Confesseur ; le second consacré à Notre-Dame et à saint Firmin le Martyr.
Au cours des huit siècles suivants, plusieurs édifices cultuels sont édifiés, mais des incendies les réduisent en cendres. Tel est le cas en 850, lors d'une invasion viking puis en 1019 et en 1107. À la suite d'un incendie qui détruit une grande partie de la ville, une nouvelle église de style roman est édifiée entre 1137 et 1152, année de sa consécration mais nous ne possédons aucun document permettant de déterminer ce qu'elle était.

L'église, qui conserve déjà les ossements des principaux saints locaux (Gentien, Fuscien, Victoric), voit son prestige s'accroître de façon spectaculaire avec l'arrivée, en 1206, du chef de saint Jean Baptiste. En effet, selon la tradition locale, un croisé picard nommé Wallon de Sarton, chanoine de Picquigny, réussit à subtiliser la prétendue sainte relique du crâne de saint Jean-Baptiste lors du pillage de Constantinople par les croisés en 1204. Prétendue car cette relique insigne fait l'objet, comme tous les corps des saints à cette époque, d'un commerce international et que l'invention de reliques, même fausses, est souvent réalisée à des moments cruciaux pour les cathédrales, leur permettant de « sortir de difficultés financières, de réaffirmer le pouvoir d'un évêque, etc». Le corps supposé de Jean-Baptiste est démembré et ses différentes reliques sont dupliquées, notamment son crâne dont on trouve de nombreux exemplaires. Wallon rapporte cette relique à Amiens où elle est solennellement reçue par l'évêque Richard de Gerberoy le 17 décembre 1206 lors de la cérémonie de la receptio. Très rapidement, la relique devient l'objet d'un pèlerinage, un des plus importants du nord de la France durant tout le Moyen Âge, si bien que cet objet sacré devient une des principales sources de revenus de la cathédrale. De nombreux princes français et étrangers viennent l'honorer. Mais la tête du saint attire surtout les gens atteints de surdité, de mutisme, de cécité et avant tout les gens atteints du « mal saint-Jean », c'est-à-dire d'épilepsie. Rapidement, cet afflux rend la cathédrale romane trop petite.

En 1218, la foudre tombe sur la flèche de l'ancienne cathédrale, ce qui met le feu aux charpentes. Le toit s'embrase avec une rapidité stupéfiante et bientôt, c'est l'édifice tout entier qui s'écroule dans les flammes. L'évêque Évrard de Fouilloy décide de reconstruire une nouvelle cathédrale, non seulement bien plus vaste et plus belle que la précédente, mais aussi inégalée parmi les autres sanctuaires de la chrétienté, afin d'offrir à la relique de Baptiste un écrin digne de son importance. Et pour accueillir les pèlerins venus de toute l’Europe, il faut voir grand, Notre-Dame d’Am. Face à ce grand défi, il choisit comme architecte Robert de Luzarches. Il prévoit également que cette nouvelle cathédrale - par son programme iconographique - soit un véritable livre de pierres, qui favoriserait l'enseignement de la religion auprès du peuple chrétien. On parlera plus tard de la Bible d'Amiens. La construction de cette cathédrale gothique n'est pas beaucoup plus documentée. Les textes sont rares et d'une interprétation délicate
En ce début du xiiie siècle, période du règne de Philippe-Auguste, Amiens vit en pleine prospérité. La ville profite de la proximité des Flandres dont l'activité drapière est florissante, ainsi que des foires de Champagne toutes proches. Mais c'est le commerce de la guède ou pastel des teinturiers, utilisée pour la teinture des draps et cultivée dans la région, qui assure à la bourgeoisie amiénoise la base de sa fortune. Amiens en a le quasi-monopole et l'évêché d'Amiens participe à la prospérité générale. Les généreux donateurs ne manquent pas, et les ressources de l'évêché lui permettent de financer ce chantier gigantesque. Cet enrichissement grâce au commerce de la draperie et du pastel explique que dans la cathédrale, la chapelle axiale de la Vierge soit dédiée à l'origine à « Notre-Dame drapière ».

Les travaux de construction débutent par les fondations en 1220 et la pose de la première pierre a lieu la même année comme en attestent les inscriptions dans le labyrinthe et au-dessus du portail dit de la Vierge dorée. Peu auparavant on a reculé l'enceinte de la ville dont la population a fort augmenté. En 1190, les remparts ont été reculés à l'est et peu après en 1193, au sud. Les bâtisseurs bénéficient de ce fait d'un espace agrandi (7 700 m2 au sol) à l'intérieur de la nouvelle enceinte (dite de Philippe-Auguste) et peuvent ainsi prévoir un sanctuaire de dimensions gigantesques (145 mètres de long sur 70 de large au transept). Il faut cependant détruire l'église Saint-Firmin-le-Confesseur qui occupe l'emplacement prévu pour le bras nord du transept, ainsi que l'Hôtel-Dieu qui aurait empêché la construction de la tour nord de la façade principale. Contrairement à la règle courante, les travaux commencent par la nef. La cathédrale continue pense-t-on à utiliser provisoirement le chœur de l'ancienne église romane.
Robert de Luzarches étant décédé en 1222, ainsi d'ailleurs que l'évêque Évrard de Fouilloy, le nouvel évêque, Geoffroy d'Eu, confie la suite des travaux à Thomas de Cormont. Les dons affluent de tous côtés et le chantier avance rapidement de ce fait. En 1225, le portail est achevé. En 1228, les murs de la nef atteignent déjà le niveau de la naissance des voûtes. Cette même année Renault de Cormont succède à son père comme maître d'œuvre. La nef est achevée vers 1230.

Vers 1236, à la mort de Geoffroy d'Eu, la grande façade s'élève déjà jusqu'aux corniches situées au-dessus de la rosace, et la base du transept est édifiée. La nef est livrée au culte. Le nouvel évêque Arnoul de la Pierre est à l'origine de la deuxième tranche de travaux de 1236 à 1247 avec l'édification du chœur, du chevet et des chapelles rayonnantes. Mais dès 1240, les travaux ralentissent, le budget étant épuisé. On peut cependant terminer le déambulatoire, où Arnoult est inhumé en 1247.
Le nouvel évêque, Gérard de Coucy se soucie fort peu des travaux, lesquels se réduisent à peu de choses entre 1247 et 1258. Cette année-là voit un incendie ravager les chapelles absidiales. Ce sinistre a pour effet de fouetter l'ardeur des bâtisseurs et des bienfaiteurs, et les travaux reprennent à bon rythme jusqu'en 1269, année où le chœur, comme en atteste la pose des vitraux des fenêtres : la date de cet événement est indiquée sur une des verrières au-dessus du maître-autel : « Bernardus Episc, me dedit - MCCLXIX » (Bernard d'Abbeville, évêque, me donna en 1269). La cathédrale gothique est dès lors opérationnelle, bien que les tours ne soient pas terminées. La césure du chantier de quelques années au minimum a fait retenir comme datation traditionnelle d'achèvement du gros œuvre, voûtement inclus, l'année 1269.

Près de deux décennies plus tard, l'évêque Guillaume de Mâcon fait encore élever une flèche (la première). De petites modifications au niveau du chœur et du chevet sont réalisées et une charpente légère est en voie d'achèvement, son concepteur ayant peut-être tiré leçon du tout récent désastre de la cathédrale de Beauvais. Ces travaux se terminent en 1288. Cette année-là, le labyrinthe est créé, toujours sous la direction de Renault de Cormont. 1288 est la date retenue pour la fin de l'édification de la cathédrale bien que les tours de la façade occidentale ne soient toujours pas achevées. Au total cependant, l'édification a été assez rapide puisque l'essentiel est fait. Cela donne à Notre-Dame d'Amiens une assez grande unité architecturale qui n'existe que rarement chez ses rivales.
La construction de la cathédrale d'Amiens a été fort importante pour le développement de la rationalisation des chantiers médiévaux et la taille en série des pierres. Dès le début de la construction en effet, Robert de Luzarches a conçu quatre types différents de pierres qui sont fabriqués en série. Les pierres utilisées proviennent surtout des grandes carrières de Picquigny qui appartiennent aux chanoines de cette paroisse. Un contrat datant de 1234 nous est parvenu et fait état de cinquante livres parisis pour onze ans à payer aux chanoines de Picquigny. Les pierres sont acheminées par bateau sur la Somme jusqu'à la ville d'Amiens. On utilise aussi des pierres provenant des carrières de Croissy, Domélier et Bonneleau.

De 1290 à 1375, on construit les chapelles latérales de la nef, non prévues dans le plan initial. Elles sont au nombre de onze, six au nord et cinq au sud, les plus anciennes à l'est, les dernières à l'ouest.
La tour sud de la cathédrale est achevée en 1372. La tour nord pose quelques problèmes : en 1375, on doit construire une contre-butée à la tour nord, rendue nécessaire à cause de la déclivité du terrain, si bien que la couronnement de cette tour n'est achevé qu'en 1402. En 1385 se déroule en la cathédrale le mariage de Charles VI et d'Isabeau de Bavière.
En 1470, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, désireux de s'emparer d'Amiens, installe son campement à Saint-Acheul. D'après Olivier de la Marche, il est tellement ébloui par la grandeur de l'édifice qu'il interdit expressément à son artillerie de tirer sur le bâtiment


En 1497, Pierre Tarisel est « maistre des ouvrages de maçonnerie ». Il s'aperçoit qu'une catastrophe imminente se prépare et va causer l'écroulement de la cathédrale. À l'époque, on n'a pas oublié le désastre survenu en 1284 à la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, dont une partie de la voûte du chœur s'est effondrée, en 1284, douze ans seulement après son achèvement. Des travaux d'urgence sont nécessaires et sont effectués pour renforcer les arcs-boutants de la nef et du transept. De plus, les gros piliers de la croisée du transept bouclent sous l'effet de la poussée des grandes arcades s'élevant à 42,3 mètres. Dans un éclair de génie, il va alors cercler presque tout l'édifice d'un chaînage en « fer d'Espagne » réputé le meilleur à l'époque. Ce chaînage court dans le triforium de la nef et des transepts. Il est toujours en place aujourd'hui. Il ne faut guère plus d'un an pour régler le problème. La cathédrale est ainsi, non seulement sauvée à l'époque d'une destruction certaine, mais aussi rendue bien plus robuste pour les siècles à venir
Suite:
Cathédrale Notre-Dame d'Amiens — Wikipédia
Photos de la cathédrale d'Amiens : visite virtuelle



 
 

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saintluc
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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 10:36 (2016)    Sujet du message: (80) SOMME Répondre en citant

Amiens est une commune française, préfecture du département de la Somme et chef-lieu de canton. Ancienne préfecture de la région Picardie, elle est la ville la plus peuplée de la région Hauts-de-France après Lille. 
Première ville de France en nombre d’inscriptions au patrimoine de l'UNESCO, Amiens est célèbre pour sa cathédrale Notre-Dame, joyau de l'art gothique et l'une des plus vastes cathédrales du monde.
Surnommée la « petite Venise du Nord » en raison des nombreux canaux qui la traversent et des hortillonnages (ensemble de jardins flottants couvrant 300 hectares), Amiens offre un riche patrimoine et des quartiers pittoresques, témoins d’une histoire bimillénaire. Depuis 1992, le label Ville d'art et d'histoire récompense la protection et la mise en valeur de ce patrimoine.
L'image contemporaine de la ville est fortement liée à trois activités qui rayonnent au-delà de ses frontières : son statut de capitale historique de la Picardie, l'importance de son université et la vitalité de sa vie culturelle portée par des infrastructures et des manifestations d’envergure nationale.

Amiens est traversée par la Somme, fleuve au cours généralement très paisible, sauf lors d'exceptionnelles crues de plusieurs semaines (comme celles du printemps 2001). C'est aussi, à sa périphérie sud-est, près de Camon et Longueau, le confluent avec son affluent principal en rive gauche (au sud), l'Avre. La Selle rentre dans le nord-ouest d'Amiens, avec deux bras (dont La Haute Selle) en passant derrière le stade de la Licorne, le parc des expositions Mégacité et l'hippodrome, passe au bout de la promenade de la Hotoie et du zoo d'Amiens, et au droit de la station d'épuration, avant l'île Sainte-Aragone, en face du Cimetière de La Madeleine à Amiens.
La ville s'est développée à la faveur d'un rétrécissement naturel du cours du fleuve au niveau des hortillonnages, en raison de l'avancée du rebord de plateau picard à Saint-Pierre (passage à gué). La citadelle amiénoise est construite sur cette butte calcaire et la rue Saint-Pierre constitue un chemin légèrement incliné au sortir de la ville par le nord. Au niveau de ce rétrécissement, un réseau de canaux étroits a permis la construction de ponts et d'édifices dont des filatures au Moyen Âge.
L’importance de son réseau hydrographique est un atout exploité depuis toujours par la ville. Le fleuve a contribué à dessiner l’identité paysagère, urbaine et économique du territoire. C'est autour des quartiers Saint-Leu, Saint-Maurice qui bordent la Somme et de la partie plus administrative et civile de l'actuel centre-ville que la ville s'est développée depuis l'Antiquité.
Le canal de la Somme date du début du xixe siècle et le pont au pied de la citadelle a été construit après la Seconde Guerre mondiale.


Le nom gallo-romain de la ville est Samarobriva, qui signifie en gaulois « Pont (briva) sur la Somme (Samara) ».
L'appellation actuelle de la ville est issue du nom du peuple gaulois local, les Ambiens, qui s'est substitué vers le ive siècle à l'ancien nom, Samarobriva (la lettre -s finale d'« Amiens » s'explique par l'accusatif pluriel Ambianos, ou bien par l'ablatif-locatif pluriel Ambianis).
En picard Amiens se dit Anmyen.
Amiens est surnommée « la petite Venise du Nord » en raison de ses nombreux canaux. Ce surnom lui aurait été attribué par Louis XI.
 


Les découvertes d’importants gisements préhistoriques à Amiens ont contribué à la naissance et à l’essor de la Préhistoire, science jeune qui a su s’imposer dans la seconde moitié du xixe siècle. La région d’Amiens possède d’énormes potentialités pour la géologie du Quaternaire et, plus généralement, pour la connaissance de l’histoire des premiers peuplements en Europe.
La richesse et l’importance des gisements des faubourgs de Saint-Acheul et de Montières ainsi que la qualité des travaux de l’amiénois Victor Commont et de l’abbevillois Jacques Boucher de Perthes, considéré comme le fondateur de la Préhistoire, ont apporté une renommée scientifique internationale au territoire. Au même titre que la vallée de la Vézère ou de la Dordogne, la vallée de la Somme fait référence pour la Préhistoire et pour l’étude du Paléolithique.
C’est à Amiens que fut définie pour la première fois une des plus anciennes civilisations de l’humanité : l’Acheuléen. En 1853, des « haches taillées », selon le terme de l’époque, sont recueillies dans les anciennes alluvions de la Somme au niveau du faubourg de Saint-Acheul, à l’est de la ville. Cette découverte passionne les plus grands spécialistes internationaux de l’époque, Joseph Prestwich, Hugh Falconer, Charles Lyell ou John Evans, qui se pressent sur le site. En août 1859, Albert Gaudry y découvre neuf « haches taillées » qui attestent, selon lui, de la grande antiquité de l’humanité. Ces découvertes marquent le début de la grande période de Saint-Acheul qui durera plus de trois-quarts de siècle.
Entre 1860 et 1880, 20 000 bifaces sont ainsi recueillis. Saint-Acheul, dont la renommée est devenue internationale, accueille de très nombreux spécialistes et collectionneurs français et étrangers. Ce succès donnera naissance à un commerce lucratif de faux silex taillés.
En 1872, Gabriel de Mortillet, à qui l’on doit la dénomination des grandes périodes de la Préhistoire en France, décide d’appeler Acheuléen les industries en silex recueillies en grand nombre à Saint-Acheul. Le site amiénois devient alors la référence du principal faciès du Paléolithique inférieur.
Aujourd’hui, le jardin archéologique de Saint-Acheul est ouvert aux publics et présente un aménagement paysager des anciennes carrières qui furent classées au titre des Monuments Historiques en 1947.
En 2007, des fouilles archéologiques, rue du Manège, ont mis au jour à Amiens les toutes premières traces d'occupation humaine dans une nappe alluviale perchée à 35 mètres au-dessus du fond de la vallée actuelle. L'âge des vestiges recueillis lors de cette intervention est daté d'environ 500 000 à 550 000 ans.
En 2014, une Vénus gravettienne datant d'environ 23 000 ans a été mise au jour dans le quartier de Renancourt. La Vénus de Renancourt est la première œuvre de ce genre découverte dans le Nord de la France.


En 2006, lors de la construction de logements, des fouilles ont permis de découvrir des sites mésolithiques sur des positions d’anciennes berges de la Somme et de la Selle
Le Néolithique sur le territoire d’Amiens n’a pas fait l’objet de recherches aussi intensives que le Paléolithique. Cependant, un important gisement dans le secteur Montières-Etouvie a livré une abondante industrie néolithique en silex jaune d’excellente facture.
Les briqueteries de Renancourt ont également mis au jour d’importants vestiges attribuables au Néolithique ou au Chalcolithique comme en témoigne la hache bipenne naviforme exposée au musée de Picardie.
Samarobriva (Pont de la Somme) est citée pour la première fois dans les Commentaires sur la guerre des Gaules de Jules César. La capitale des Ambiens, quelque quarante ans plus tard, est une grande ville qui contrôle le passage de la Chaussée d'Agrippa reliant Lyon à Boulogne-sur-Mer. Samarobriu(Samarobriva Ambianorum) figure sur la Tabula Peutingeriana (Table de Peutinger).
Les fouilles entreprises près de l'hôtel de ville et du palais de justice ont révélé les fondations du forum, des thermes et de l'amphithéâtre construits pour une population supérieure à celle de Londres ou de Lutèce. Au Bas-Empire, la cité fortifiée constitue l'une des principales bases arrière du dispositif romain face aux Grandes Invasions. Après la mort de Néron, elle était un centre d'équipement de la Britannia et voit affluer légionnaires et marchands.L’enceinte du Bas-Empire protège une superficie de 20 ha. La prospérité de la cité la désigne aux premiers assauts des barbares, Alains, Vandales, Burgondes, qui s'emparent successivement d'Amiens. Lors de l'aménagement en 2012 de la ZAC de Renancourt, les archéologues (INRAP et Drac Picardie) fouillent un domaine rural gallo-romain au tournant de la Conquête (ier et iie siècles) sur une dizaine d'hectares. L'occupation du ier siècle (La Tène) montre un large fossé au tracé irrégulier avec plusieurs édifices en bois et torchis. Des sépultures à incinération ont également été découvertes.
En 2006, lors de la construction d'immeubles dans la ZAC cathédrale, des fouilles ont permis d’étudier une portion du rempart dressé à la fin du iiie siècle à Samarobriva.
En 367, Valentinien Ier s'installe à Amiens afin d'y organiser un système de défense maritime, connu sous le nom de Tractus Armoricani et Nervicani.
En 367, Valentinien Ier y proclame Auguste son fils Gratien.
En 367, c'est de là que part également le comte Théodose pour rétablir l'ordre romain en Bretagne.
En 383, à l'inverse, Amiens, comme toutes les villes de ce secteur, est prise par Maxime, proclamé par les légions de Bretagne.

Le 11 mars 1597, les espagnols attaquent par surprise : les soldats de Pedro Enríquez de Acevedo, comte de Fuentes, déguisés en paysans viennent devant les portes des remparts avec des noix et des pommes. Les Amiénois affamés ouvrent alors les portes et les Espagnols entrent dans la ville et s'emparent de la cité. Après les six mois du siège d'Amiens, Henri IV reprend la cité, mettant fin à son autonomie de gestion.
Amiens est réputée aux xviiie et xixe siècles pour ses textiles dont le velours d'Amiens. La famille Cosserat est alors une des plus grandes familles de l'industrie textile amiénoise.
Le 25 mars 1802, le Royaume-Uni et la France signent à la mairie d'Amiens un traité de paix qui met un point final à la Deuxième Coalition contre la France.
Durant le xixe siècle, Amiens tire profit du développement de l'industrie et est reconnue mondialement grâce à la qualité de sa production textile. La ville s'étend et se modernise. Les remparts sont démontés totalement pour laisser place à de larges boulevards qui ceinturent le centre-ville. Sur les parcelles des hospices d'Amiens, éloignés des faubourgs de Saint-Honoré et Saint-Acheul, naît le quartier Henriville. La rue de la République est créée et devient la rue du pouvoir et du savoir, avec l'érection de la bibliothèque municipale et du musée de Picardie, ainsi que l'installation de la préfecture.
La première ligne de chemin de fer passant par Amiens est construite en 1846, avec la première gare dite gare du Nord : elle permet de relier la ville à Paris. Une deuxième ligne est ouverte à partir de 1847, vers Boulogne-sur-Mer, avec la gare Saint-Roch ; puis, en 1874, un dépôt de locomotives est mis en service. Certains anciens fossés jouxtant les remparts sont utilisés pour le passage de voies de chemin de fer. Ce progrès modifie la géographie de la ville, qui tourne désormais le dos à la Somme, à l'instar de l'hôtel de ville qui transfère son entrée de la place au fil, vers l'actuelle rue des Trois-Cailloux.
En 1849, comme dans toutes les communes de France, la population masculine majeure peut, pour la première fois, aller voter grâce à l'instauration du suffrage universel. La ville est touchée en 1866 par une épidémie de choléra.
Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, la Somme est envahie par les Prussiens, on se bat pour Amiens qui est finalement occupée, tandis que la citadelle résiste quelques jours de plus.
En 1891 est créé le réseau de l'ancien tramway d'Amiens, tout d'abord en traction hippomobile, puis, à compter de 1899, en traction électrique. Ce réseau fonctionnera jusqu'aux destructions de la Bataille de France, en 1940.


Dixième ville française au début du xxe siècle, sa population a doublé entre 1800 et 1900 en passant de 41 000 à plus de 90 000 habitants. Devant la nécessité de loger les nouveaux arrivants, la ville se transforme et enrichit son patrimoine, valorisant particulièrement son centre, tout en gardant des traces de son passé avec son plan conservant l'empreinte des enceintes successives. La ville s'étend d'abord vers le sud puis au nord, spécialement dans le faubourg Saint-Pierre où se construisent de nombreuses maisons « amiénoises ».
Les Nouvelles Galeries, qui ont ouvert leurs portes en 1895 rue des Trois-Cailloux, concurrencent le petit commerce. En 1902, l'Amiénois Henri Devred installe son premier magasin de prêt-à-porter dans cette rue commerçante emblématique.
En 1906, la CGT tient un congrès historique qui élabore la Charte d'Amiens, signée le 13 octobre 1906, acte constitutif du syndicalisme français définissant son indépendance vis-à-vis des partis politiques.
La capitale picarde est alors une cité animée, riche d'activités sportives et culturelles. En témoigne l'exposition internationale qu'elle organise en juillet et août 1906 au parc de la Hotoie avec ses 1,3 million de visiteurs ou encore le Grand Prix automobile de France de 1913 et ses 100 000 spectateurs. Une grande activité intellectuelle a cours dans la ville avec plusieurs sociétés savantes influentes, une presse variée et un théâtre renommé. Les fêtes traditionnelles, populaires et plus aristocratiques sont nombreuses.
Albert Catoire bat avec une liste libéraux et progressiste le maire radical sortant Alphonse Fiquet aux élections municipales de 1908. Il meurt en fonction le 30 juin 1910 et le républicain Georges Antoine lui succède.
En 1913, la ville compte 38 entreprises de confection. Les quartiers Saint-Leu, Saint-Pierre ainsi que le faubourg de Hem, où prédomine l'industrie textile, contrastent avec la prospérité du centre-ville et de la ville haute en concentrant la pauvreté et les logements insalubres.
Avec la déclaration de guerre durant l'été 1914, Amiens, que le déterminisme géographique place en position de protéger la capitale, subit de plein fouet les affres de la guerre.

 

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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 10:40 (2016)    Sujet du message: (80) SOMME Répondre en citant

Amiens connaît des dégâts lors des deux guerres mondiales. Ville de l'immédiat arrière-front en 1914-1918, la ville subit une courte occupation en septembre 1914. De 93 000 habitants à l'entrée en guerre, la population passe à 110 000 pendant le conflit du fait de la présence des troupes alliées. Population et industries subissent de lourdes privations (gaz, charbon, pain…), qui engendrent plusieurs grèves, vingt-cinq rien que pour l'année 1917. Face aux bombardements réguliers, la municipalité met en place dès 1915 la protection des monuments historiques, comme la cathédrale. Fin mars 1918, une vague de bombardements intense détruit la gare du Nord, les Nouvelles Galeries et la Halle aux blés, entraîne aussi l'évacuation de la population ; la municipalité se réfugie alors à Neufchâtel-en-Bray.
En mars 1918, les Allemands lancent l'opération Michael, qui est stoppée par la brigade de cavalerie canadienne (Lord Strathcona's Horse - Royal Canadians) le 4 avril à Villers-Bretonneux et Moreuil. En août, le corps expéditionnaire britannique du maréchal sir Douglas Haig dirige l'offensive qui deviendra la bataille d'Amiens. L'attaque est destinée à libérer une large partie de la ligne de chemin de fer entre Paris et Amiens.
À la fin de la Première Guerre mondiale, le bilan des victimes civiles est de 152 tués et 213 blessés, celui des dégâts matériels est de 731 immeubles complètement détruits et près de 3 000 endommagés, auxquels s'ajoutent les pillages.
Un plan de reconstruction est engagé par Louis Duthoit, remplacé en 1921. En 1924, l'État rejette la demande de dommages de guerre formulée par la municipalité. Une reconstruction moins ambitieuse débute en 1925, dont témoignent quelques façades Art déco.

Alors que la reconstruction du centre-ville, déjà fortement touché lors du premier conflit mondial, n'est pas terminée, la ville est à nouveau sinistrée par les nombreux bombardements de la Seconde Guerre mondiale, en 1940, en particulier au début de juin, lors de la bataille d'Amiens : le 20 mai, la 1re Panzerdivision est aux abords de la ville. Les Allemands pénètrent progressivement dans la cité et deux autres divisions blindées apportent leur appui à l'offensive. Les unités françaises et britanniques résistent, installées dans des positions au sud d’Amiens, et tirent au canon sur la ville le 5 juin. Une dernière offensive des blindés allemands en supériorité numérique, engagée du 6 au 8 juin, vient à bout du verrou franco-britannique, la ville tombe définitivement le 8 et la Wehrmacht peut poursuivre sa percée en direction de son prochain objectif, Paris. Toutefois, les pertes allemandes sont élevées : près de 200 chars. En dépit de ces âpres combats, la cathédrale et quelques quartiers ont été épargnés, dont ceux d'Henriville et de Saint-Leu.
En 1942, les premiers plans de reconstruction sont échafaudés par les officiels allemands, et par Pierre Dufau.
Le 4 janvier 1944, à l'initiative des Allemands, une rafle est organisée qui aboutit à l'arrestation de 21 Juifs amiénois, rejoints par d'autres Juifs du département. D'abord détenus à Drancy, la plupart sont déportés à Auschwitz-Birkenau par le convoi n° 66. De ce convoi, il n'y a qu'une seule survivante amiénoise à la fin du conflit : il s'agit de Renée Louria, qui relate son terrible destin dans le Courrier picard en mai 1945.
Le 18 février 1944, l'aviation britannique vise la prison lors de l'opération Jéricho, puis les voies ferrées. Le bombardement de la Pentecôte 1944 par plus de 450 avions, qui a pour cible principale le nœud ferroviaire près de la gare du Nord, est l'un des plus meurtriers, avec 146 morts et plusieurs centaines de blessés.
L'armée britannique libère la ville le 31 août 1944. En sauvant le pont Beauvillé de la destruction, et à la suite d'intenses combats à la Citadelle, les FFI facilitent la poursuite de l'avancée des armées alliées vers le Nord.
Amiens sort du conflit détruite à 60 %.

La ville est reconstruite sur les plans de Pierre Dufau : son plan de reconstruction et d'aménagement est adopté dès juillet 1942. Il repose sur la volonté d'améliorer la circulation par l'élargissement des rues et la densification des îlots. La place Gambetta est aménagée par l'architecte Alexandre Courtois, la place de la gare est conçue par Auguste Perret, comprenant sa fameuse Tour, Dufau se concentrant quant à lui sur la place du Marché et la place de la cathédrale.
Le vent de contestation qui souffle sur la France et dans le monde à la fin des années 1960, touche également Amiens. D'abord, une manifestation opposée à la guerre du Viêt Nam est organisée le 21 octobre 1967. Ensuite, alors que la Maison de la Culture avait accueilli le ministre de l'Éducation nationale Alain Peyrefitte en mi-mars 1968, à l'occasion d'un colloque sur l'éducation, les étudiants amiénois emboîtent le pas des événements parisiens en défilant les 6 et 7 mai.
Les ouvriers de la Somme rejoignent le mouvement de contestation le 17, tandis que le lendemain, les cheminots de Longueau bloquent les aiguillages. Les ouvriers de Ferodo occupent leur usine à partir du 20 mai pour cinq semaines.
Sans connaître d'affrontements comparables aux nuits parisiennes, la ville est rapidement paralysée : l'absence de collecte des déchets ménagers donne aux rues des odeurs nauséabondes, et le département est à court d'essence à partir du 22. Face à ce mouvement de gauche, l'extrême-droite ne reste pas absente : alors que des militants avaient lancé un engin explosif sur la permanence communiste de la ville le 23 décembre 1967, des membres d'Occident s'opposent aux étudiants le 21 mai, devant le cinéma Picardy. Dans la nuit du 27 au 28 mai, les étudiants tentent de prendre la Maison de la Culture. Au lendemain de l'allocution de De Gaulle, ses partisans amiénois défilent le 31 mai, tandis que la reprise s'engage la semaine suivante. La loi Faure promulguée, l'université d'Amiens est créée le 26 octobre suivant

Dans les années 1970, la ville achète peu à peu les maisons du quartier Saint-Leu et le rénove dans les années 1980. Dans les années 1990, le parc Saint-Pierre est réaménagé et une partie l’université de Picardie s'installe dans de nouveaux bâtiments, au pied de la cathédrale, tandis que le quartier nord fait l'objet d'aménagements importants. Ces quinze dernières années, la ville s'est également développée à travers le quartier commercial de la Vallée des vignes, au sud de la ville.
Depuis 2006, un vaste programme de réaménagement du quartier de la gare, le projet Gare la Vallée, est en cours. Depuis juin 2008, la vaste transformation architecturale de la place de la gare permet de faciliter l'accès à la gare aux personnes à mobilité réduite et d'assurer une continuité piétonne entre l'hôtel de ville et cette dernière, au prix d'une polémique sur la qualité de la mise en valeur de l'œuvre de Perret.

 

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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 10:47 (2016)    Sujet du message: (80) SOMME Répondre en citant

Les hortillonnages d'Amiens sont un espace de 300 hectares d'anciens marais situé dans un quartier est d'Amiens, comblés (probablement à l'époque gallo-romaine) pour créer des champs utilisables pour la culture maraîchère.
Le terme Hortillonnage dérive du nom Hortillon, terme picard usité dès le xve siècle et issu du bas latin hortellus, « petit jardin », diminutif du latin classique hortus, « jardin ». Il désigne à Amiens et dans les environs, des marais entrecoupés de canaux, où l'on pratique la culture maraîchère.


Les hortillonnages sont cultivés depuis environ 2 000 ans. Aujourd'hui, à cause de l'extension urbaine, il ne reste plus que 300 hectares des 10 000 hectares d'origine. Un millier de personnes vivaient de la culture maraichère des hortillonnages.
Cette activité est en fort déclin depuis les années 1950.
En 1974, un projet de construction d'une rocade-pénétrante routière devait traverser le site des hortillonnages.
En 1975, à l'initiative de Nisso Pelossof (1921-2011), photographe amiénois, l'Association pour la protection et la sauvegarde du site et de l'environnement des hortillonnages est créée. Elle fut reconnue d'utilité publique en 1991. Outre la défense du site face au projet routier, l'association œuvre pour sa mise en valeur (curage des rieux, consolidation des berges...). Elle obtint par son action le maintien du « marché sur l'eau » place Parmentier, au pied de la cathédrale. Elle organise depuis 1982 des visites en barque pour le grand public.
Il ne reste plus aujourd'hui qu'une dizaine d'hortillons (maraîchers) qui exploitent 25 hectares.
La majeure partie des hortillonnages a été transformée en jardins d'agrément par des particuliers, voire en résidences secondaires.
Depuis quelques années, la culture bio relance le maraîchage avec deux projets, le jardin des vertueux (jardin paysager écologique et pédagogique) et l'hortillon de lune (Jean Louis Christen, producteur maraicher), d'autres sont en gestation.
Des terrains d'accès difficile sont laissés en friche.

Le site des hortillonnages résulte de l'aménagement par l'homme d'un milieu naturel marécageux et ce depuis des temps immémoriaux. Il est alimenté par les eaux de la Somme et de son affluent l'Avre. Les hortillonnages sont formés d'une multitude d'îles alluvionnaires, les « aires » entourées de 65 kilomètres de voies d'eau, les « rieux » (nom des canaux des hortillonnages en picard) et de fossés qui servent au drainage et à l'irrigation. Ils portent des noms pittoresques: la Cauchiette (la chaussée), le Peuple (peuplier), le rieu à Galets, le rieu de la Crosse, du Gouverneur, du Pont cassé, du Tournet, de la Broquette, du Malaquis...
Les hortillonnages s'étendent sur cinq communes :
Amiens ;
Camon;
Lamotte-Brebière;
Longueau
Rivery.
Un syndicat intercommunal d'études pour la Sauvegarde des Hortillonnages fut créé en 1973 entre les communes d'Amiens, Camon et Rivery. Il devint en 1977 le Syndicat intercommunal pour l'aménagement et la sauvegarde des Hortillonnages. Le relais a été pris par la Communauté d'agglomération Amiens Métropole.
La sauvegarde du site doit prendre en compte plusieurs aspects:
la résistance du sol,
la circulation de l'eau,
la flore et la faune,
la navigation.


Les Hortillonnages sont un espace d'une grande richesse écologique.
Le nombre de grands végétaux est limité par la nature même du site. On rencontre des saules, des aulnes, des peupliers...
Les oiseaux sont nombreux sur les sites, sédentaires ou migrateurs. On rencontre des passereaux (rouge-gorge, fauvette, roitelet, troglodyte, rossignol, hirondelle, pic-vert, mésange, merle, grive, bouvreuil, chardonneret...), des bécasses, des bécassines, des canards (colvert et chipeau), des hérons, grèbes huppés, martin-pêcheurs, blairies, poules d'eau, pluviers dorés, des oiseaux nocturnes (chouettes, hiboux petits ducs, butor...) qui y nichent, s'y reproduisent et s'y nourrissent.
Les insectes des marais sont aussi présents comme les moustiques et les libellules.
Les poissons abondent : tanches, chevesnes, anguilles, brochets...
Les hommes et les femmes qui pratiquent la culture des légumes dans les hortillonnages sont appelés les « hortillons ». Ils se déplacent d'aires (autres noms des îles) en aires sur des barques à cornet, qui sont de grandes barques à fond plat, aux extrémités relevées pour faciliter l'accostage. Elles sont utilisées depuis toujours par les maraîchers pour leurs déplacements.
Si 950 personnes avaient une activité d'hortillons en 1906, il ne reste aujourd'hui qu'une dizaine d'exploitations en activité.
Amiens Métropole souhaite préserver ce patrimoine naturel, agricole, écologique et touristique. Avec l'aide de la SAFER, la communauté d'agglomération a acquis 25 hectares d'hortillonnages, qu'elle loue à des maraîchers.
Avant le milieu du xxe siècle, les hortillons vendaient régulièrement leurs primeurs au cours des « marchés sur l'eau ». Aujourd'hui ce marché n'a lieu sous sa forme traditionnelle qu'une fois l'an, en général pendant la « Fête de l'eau » qui se déroule en juin dans le quartier Saint-Leu. On peut néanmoins se procurer la production des hortillons au marché qui a lieu chaque samedi matin place Parmentier en Amiens.


Depuis 2011 on peut découvrir les hortillonnages de l'intérieur en visitant le jardin des Vertueux. Cet espace paysager de 27 000 m2 permet de sillonner différentes parcelles au cœur du site.
Il est possible de visiter les hortillonnages en barque à cornet à propulsion électrique qui font glisser en silence les visiteurs sur l'eau pendant environ 45 minutes, en kayak ou de se promener sur certains chemins de halage.
L'association pour la sauvegarde du site et de l'environnement des hortillonnages organise chaque année, du 1er avril au 31 octobre, la visite du site.
Le site accueille environ 100 000 visiteurs par an, dont 30 % d'étrangers (Anglais, Allemands, Belges, Néerlandais etc.)

 

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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 10:53 (2016)    Sujet du message: (80) SOMME Répondre en citant

La paix d'Amiens, est le nom donné à la période de paix qui s'amorce avec le Traité d'Amiens signé le 25 mars 1802 entre le Royaume-Uni, d'une part, et la France, l'Espagne et la République batave, d'autre part. La paix d'Amiens ne dure que treize mois et prend fin le 18 mai 1803. C'est la seule période de paix générale en Europe entre les déclarations de guerre à la France à l'automne de 1793 et la première abdication de Napoléon en 1814.


Après les victoires de Bonaparte à Marengo, de Moreau à Hohenlinden, et celles de Brune et de Murat en Italie (plaine du Pô et Toscane), les Autrichiens se séparent de la Deuxième Coalition et signent avec la France le Traité de Lunéville le 9 février 1801. Naples signe ensuite la paix à Florence, et la Russie de Paul Ier prend ses distances jusqu'à ce que son successeur Alexandre Ier conclue une convention de paix secrète avec Bonaparte le 10 octobre 1801.
Au Royaume-Uni, William Pitt est renversé le 13 mars 1801. Les Britanniques isolés envisagent la paix. Bonaparte attend les résultats de l'expédition d'Égypte. Mais celle-ci tourne mal après l'assassinat de Kléber et l'armée reprise par Menou se perd dans les sables.
Les négociations s'ouvrent à Londres, menées, côté français, par Louis-Guillaume Otto, et les préliminaires sont signés le 1er octobre 1801 (9 vendémiaire an X). Le congrès d'Amiens débute le 5 décembre. Il rassemble la République française, le royaume d'Espagne et la République batave (ex-Provinces-Unies) d'un côté, et le Royaume-Uni de l'autre. La représentation française est dirigée comme à Lunéville par Joseph Bonaparte, les Espagnols par le chevalier d'Azarra et les Bataves par l'avocat Schimmelpenninck. La représentation britannique est emmenée par Lord Cornwallis, et s'engage aussi au nom de l'Empire ottoman, son allié.
Le traité d'Amiens est conclu le 25 mars 1802 (4 germinal an X), puis signé le 27 à l'hôtel de ville. Il stipule que toutes les possessions des unes et autres parties prises par fait de guerre seront restituées, sauf l'île de la Trinité et Ceylan, laissées aux Britanniques. Le cap de Bonne-Espérance retourne aux Hollandais, les frontières sont fixées entre Guyane française et Guyane portugaise, la république reconnue aux Sept-Isles, les droits des pêches de Terre-Neuve et sur le bois de Saint-Pierre-et-Miquelon délimités, les droits de la famille de Nassau aux Pays-Bas compensés, et enfin le statut de Malte et de ses chevaliers très précisément établi dans son indépendance à l'égard du Royaume-Uni et de la France. Naples et Rome devront être évacués par la France, Portoferraio par le Royaume-Uni. Ce dernier, par contre, ne reconnaît pas les modifications territoriales issues de la Révolution française.

Adoptée dans la foulée du traité, la loi du 30 floréal an X (20 mai 1802) ne rétablit pas, à proprement parler, l’esclavage. Toutefois, bien que le Premier Consul déclare devant les chambres et le Sénat : « A Saint-Domingue et à la Guadeloupe, il n’y a plus d’esclaves, tout y est libre et tout y restera libre», il laisse entrevoir dans ses instructions secrètes au général Leclerc (voir ci-après) que l'esclavage devra être rétabli. « A la Martinique [prise par les Anglais durant la Révolution et rendue aux Français après le traité d'Amiens] ce seront des principes différents : la Martinique a conservé l’esclavage et l’esclavage y sera conservé ». Légalement, ce texte ne rétablit l’esclavage ni en Guyane, ni en Guadeloupe ni à Saint-Domingue. Mais dès le début des négociations avec l'Angleterre, Bonaparte charge Charles Victoire Emmanuel Leclerc, son beau-frère, de conduire l'expédition de Saint-Domingue et de rétablir dans l'île l'ordre et l'autorité de la France. L'expédition subit une défaite face aux Noirs libérés de l'esclavage depuis 1793, qui sont aidés par le climat de l'île et qui n'hésitent pas à incendier eux-mêmes la capitale de Saint-Domingue, Port-au-Prince. Décimés par la fièvre jaune, les soldats de l'armée du Rhin sont acculés à la mer. Pendant ce temps, les Britanniques voient d'un mauvais œil le retour de la France dans les colonies. Des navires corsaires harcèlent les navires français et compromettent le ravitaillement. À la Guadeloupe, une expédition militaire française parvient à rétablir l'esclavage, au prix d'un conflit qui coûtera la vie à dix pour cent de la population. Jugeant la défense de l'Amérique française trop difficile contre l'Angleterre, à cause de sa situation lointaine et de la suprématie navale anglaise, Bonaparte vend l'immense territoire de la Louisiane aux États-Unis, en 1803, seulement trois ans après avoir négocié auprès de l'Espagne sa restitution à la France.
La paix est rompue après le retour au pouvoir de William Pitt le Jeune, qui organise la Troisième Coalition et déclare la guerre à la France. L'armée des émigrés menace à nouveau la France, et les intrigues visant à restaurer Louis XVIII se développent, telles la conspiration contre Bonaparte de Cadoudal ou l'affaire du duc d'Enghien

 

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MessagePosté le: Lun 5 Déc - 06:11 (2016)    Sujet du message: (80) SOMME Répondre en citant

La baie de Somme est située sur le littoral de la région Hauts-de-France, en France. Elle s'étend sur 70 km². Elle est d'une grande richesse écologique notamment en tant que haut lieu ornithologique
La baie de Somme est située entre la pointe du Hourdel au sud et la pointe de Saint-Quentin-en-Tourmont au nord. La Somme, fleuve côtier qui a donné son nom au département, se jette dans la Manche à cet endroit.

La périphérie de la baie de Somme et de son estuaire ont fait l'objet de drainages et d'aménagements depuis le Moyen Âge.
En 1066, Guillaume le Conquérant fit mouiller sa flotte dans la baie de Somme et partit du port de Saint-Valery à la conquête de l'Angleterre.
En décembre 1430, Jeanne d'Arc, prisonnière des Anglais, fut détenue au Crotoy et traversa la baie jusqu'à Saint-Valery puis fut conduite à Rouen pour son procès.
En 1899, Louis Barron, lors de sa traversée de la France décrit la baie de Somme, son estuaire et son environnement comme suit :
« Le vaste estuaire de la Somme semble un bras de mer, comme ceux des grands fleuves de l'Amérique mais le flot qui lui apporte cette gloire la remporte ; à marée basse, ce n'est plus qu'un archipel d'îlots sableux hérissés de joncs ou couverts d'algues et de mousses, et pareils, au milieu des eaux peu profondes, à des taches vertes sur une plaque d'étain bruni.

Au-dessus de ce marécage volent des nuées d'oiseaux sauvages, canards, macreuses, guillemots, pies. Quelques bourgs, à la merci de, la vague, vivant par elle, morts sans elle, Port-le-Grand, Noyelle, le Crotoy, le Hourdel, abritent des pêcheurs au bord de la baie, dont Saint-Valery continue d'être le port de commerce, grâce au canal d'Abbeville, doublant la Somme, et au viaduc du chemin de fer, svelte et puissante jetée de treize cent soixante-sept mètres de longueur bâtie sur le fond mouvant de l'estuaire pour servir la vieille ville et la préserver de déchéance. On voudra descendre la Somme, faible reste d'un fleuve qui fut immense comme le Saint-Laurent ou l'Orénoque. À l'âge de la pierre, la pirogue de l'homme primitif navigua sur ce fleuve disparu, s'il en faut croire le témoignage des silex taillés recueillis par le savant Boucher de Perthes dans les sables et les graviers des anciennes berges, et conservés au musée d'Abbeville. Son lit, évacué depuis tant de siècles, constitue les tourbières picardes, les plus abondantes de France. Les routes passent entre ces boues noires et molles et les marécages traversés de « renclôtures », que le paysan dessèche peu à peu. Hormis ces vestiges d'antiquité géologique, ce sont partout cultures perfectionnées, prairies, jardins maraîchers, villes, bourgs, villages nombreux et florissants »


La baie est principalement constituée de deux milieux :
la slikke, zone de vasières, recouverte par la mer deux fois par jour,
le schorre ou « mollières » qui est couvert par la mer seulement lors des grandes marées.
Elle est constituée de deux estuaires emboités :
celui de la Somme au sud, et
celui de la Maye, petit fleuve côtier, au nord.
Elle est cependant menacée d'ensablement et les premiers symptômes sont déjà visibles.
L'eau douce du fleuve y devient saumâtre et forme ce qu'on appelle le fleuve côtier qui remonte vers le nord le long du littoral, entretenu par les apports en eau douce de l'Authie puis de la Canche.
Ces eaux un peu moins salées sont appréciées des alevins et adultes de nombreuses espèces de poissons. Il forme une sorte de sous-corridor biologique, avec une masse d'eau différenciée remontant globalement vers le nord. Des atlas des habitats et espèces des fonds sous-marins ont été réalisés dans le cadre du programme franco-anglais CHARM (CHannel integrated Approach for marine Resource Management), qui montrent la grande importance de cet estuaire dans le complexe des estuaires picards et du fleuve côtier qui longe la façade ouest de la Picardie et du Pas-de-Calais.
L'estuaire, la configuration et la plage du trait de côte en amont/aval ont une origine clairement hydrologique, mais probablement aussi tectonique, voire néotectonique, avec un jeu de failles qui semblent avoir été actives durant le quaternaire, notamment dans le contexte glacio-eustatique


La baie de Somme est aujourd'hui reconnue sur le plan international pour sa richesse écologique; elle est notamment considérée comme un haut lieu ornithologique. Ses différentes zones offrent des conditions d'accueil favorables aux oiseaux sédentaires et migrateurs.
Cette richesse a suscité la création, dans sa partie nord (embouchure de la Maye), d'une réserve nationale de chasse en 1968, transformée en réserve naturelle (avec modifications des limites) en 1994, la Réserve naturelle nationale de la baie de Somme dont le parc du Marquenterre fait partie.
Enfin, la baie de Somme est également réputée par la présence de phoques, qu'il est recommandé de ne pas approcher : phoques-veaux marins (plus de 100 en 2006 et 2007, plus de 150 en 2009 et 2010 et plus de 190 en 2011) mais aussi de quelques phoques gris. Elle est également lieu de repos d'oiseaux d'eau (canards colvert, siffleurs, sarcelles, chipeaux...) ainsi que des limicoles (bécassines, courlis, huîtriers pies, vanneaux...) ce qui fait de la baie un terrain de chasse au gibier d'eau. C'est aussi une zone de productivité biologique exceptionnelle (notamment pour les coques), comme la baie de Canche.


Depuis 1999, la baie appartient au club des plus belles baies du monde, au même titre que la baie d'Halong ou encore la baie du Mont Saint-Michel.
C'est une zone de 3 000 ha qui est concernée, essentiellement en zone maritime, de la nouvelle pointe de Saint-Quentin-en-Tourmont à l'embouchure de la Maye, petit fleuve côtier débouchant au nord de la baie de Somme.
En 2011, la baie de Somme-Grand Littoral a obtenu le label « Grand Site de France » par le Ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables et fait désormais parie du Réseau des Grands Sites de France .
La baie de Somme est officiellement devenue « Grand Site de France » le 15 juin 2011 (dixième site ainsi labellisé en France), en tant que l'une des plus grandes zones humides de France, inscrite dans le réseau européen Natura 2000 / Convention de Ramsar
Un arrêté préfectoral interdit le jet-ski toute l'année en baie de Somme

 

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MessagePosté le: Mar 6 Déc - 08:08 (2016)    Sujet du message: (80) SOMME Répondre en citant

Désiré Eugène Édouard Branly, né à Amiens le 23 octobre 1844 et mort à Paris le 24 mars 1940, est un physicien et médecin français. Il découvre le principe de la radioconduction et celui de la télémécanique. Il est l'un des précurseurs de la radio.
Grâce à la découverte par Branly du radioconducteur et ses travaux sur le principe de la radioconduction, Guglielmo Marconi effectue en 1899 les liaisons radiotélégraphiques qui marquent la naissance de la télégraphie sans fil (cf. ci-dessous le paragraphe « Le radioconducteur et la télégraphie sans fil »). Quelques années plus tard, Édouard Branly découvre le principe de la télémécanique, qui est le fondement de la télécommande aujourd'hui.
Édouard Branly est le type même du savant travailleur, passionné, désintéressé et opiniâtre de cette époque. Catholique convaincu, il se bat toute sa vie pour obtenir des conditions de travail décentes à l'Institut catholique de Paris et lutte contre l'opposition des milieux universitaires et scientifiques anticléricaux


Édouard Branly naît rue Martin Bleu Dieu à Amiens le 23 octobre 1844. Il est le premier enfant d'Édouard Joseph Branly, maître d'études au collège royal d'Amiens, et d'Elisa Gillion. Son père, ami de Paul Desains, est nommé professeur au collège communal de Saint-Quentin, où s'établit la famille en 1845. Un deuxième enfant, prénommé Edgar, voit le jour en 1851. Élève brillant, Édouard est scolarisé à partir de 1852 au collège de Saint-Quentin qui devient un lycée impérial de 3e classe en 1853. Il entre en classe de 6e en 1854 dans la division des lettres. En 1860, à la fin de la classe de rhétorique, sans faire l'année de logique, il obtient, à l'âge de 16 ans, le baccalauréat ès lettres devant la faculté des lettres de Douai. Edouard Branly souhaite cependant se consacrer aux sciences. Il prépare donc le baccalauréat ès sciences, qu'il passe l'année suivante devant la faculté des sciences de Paris. Il fait ensuite des études supérieures en classe de mathématiques spéciales au lycée Napoléon où il a comme professeur de physique le frère de Paul Desains, Édouard Desains (élève par le passé de Joseph-Charles d'Almeida), puis, de 1865 à 1868, à École normale supérieure, où il suit les conférences de physique de Bertin-Mourot, et à la faculté des sciences de Paris, où il suit les cours de physique de Paul Desains et Jules Jamin et obtient les licences ès sciences mathématiques et ès sciences physiques en 1867.
1882 : mariage à Verdun le 10 juillet avec Marie Lagarde.
Trois enfants : Jeanne4, Étienne (1885-1953) et Élisabeth (1889-1972), épouse de Paul Tournon.
1927 : décès de madame Branly le 25 avril en Belgique.
De 1928 à 1940, Branly habite 87 boulevard Saint-Michel, à Paris.
1940 : Édouard Branly s'éteint à Paris le 24 mars, au domicile de M. et Mme Tournon, ses gendre et fille, où il était revenu après avoir passé quelques mois en Haute-Vienne à la suite de la déclaration de guerre. Ses funérailles nationales sont célébrées à Notre-Dame le 30 mars, l'éloge funèbre est prononcé par le ministre de l’Éducation nationale Albert Sarraut. Branly est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 10) à Paris.

Nommé agrégé des sciences physiques et naturelles en 1868, il est affecté brièvement au lycée de Bourges avant d'être nommé en 1869 chef des travaux du laboratoire d'enseignement de physique de la faculté des sciences de Paris et de l’École pratique des hautes études, dirigé par Paul Desains. Durant la guerre de 1870 il est sous-lieutenant du génie auxiliaire. Il est nommé directeur-adjoint après l'obtention du doctorat ès sciences physiques devant la faculté des sciences de Paris en 1873 (thèse de physique sur les phénomènes électrostatiques dans les piles). Sa première communication à l'Académie des sciences, cosignée avec Desains, porte sur le rayonnement solaire.
En 1876, il quitte la faculté pour devenir professeur à l'Institut catholique de Paris, nouvellement créé. En 1877 il reprend des études de médecine et obtient le doctorat en 1882 avec une thèse sur le dosage de l'hémoglobine et le traitement des malades anémiés. À partir de 1896, il pratique la médecine en parallèle avec l'enseignement et la recherche à l'Institut catholique.
1890 : découverte du principe de la radioconduction et mise au point du radioconducteur basé sur le tube à limaille. Travaux sur la photoélectricité.
1895 : recherche sur les contacts imparfaits.
1895 : mise au point du trépied-disque, le radioconducteur à contact unique.
1905 : invente la télémécanique.
1911 : recherches sur les diélectriques minces.
l'antenne, une tige métallique, aussi l'auteur de recherches sur la décharge des corps électrisés sous l'influence de la lumière et d'expériences de télécommande.

1898 : lauréat de l'Académie des sciences (prix Houllevigues).
1900 : Grand prix de l'Exposition universelle.
1900 : chevalier de la Légion d'honneur, avec la mention dans le Journal officiel : « a découvert le principe de la télégraphie sans fil ».
1903 : prix Osiris (partagé avec Pierre Curie) de l'Institut de France.
1910 : Grand prix d'Argenteuil de la Société d'encouragement à l'industrie nationale.
1910 : élu membre associé de l'Académie royale de Belgique.
1911 : élu à l'Académie des sciences, section Physique générale, le 23 janvier.
1933 : grand-officier de la Légion d'honneur.
1938 : grand-croix de la Légion d'honneur.
1938 : élevé à la dignité de commandeur de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand par le pape Léon XIII.
Édouard Branly fait la connaissance d'Élisabeth de Caraman Chimay, comtesse Greffulhe, en 1902, par l'intermédiaire d'Albert de Mun. La comtesse Greffulhe se passionne pour ses travaux, visite son laboratoire, se fait expliquer le principe de la radioconduction et les expériences en cours. Elle prend conscience de la vétusté du laboratoire et des conditions de travail difficiles du physicien, elle lui apporte une aide efficace à plusieurs reprises grâce à ses relations.
Elle convainc Maurice Bunau-Varilla directeur du Matin d'organiser une conférence sur la télémécanique au Trocadéro en juin 1905.
En 1905, elle organise dans sa propriété de Bois-Boudran, en Seine-et-Marne, une démonstration de radiotransmission de la voix sur trois kilomètres, à laquelle elle convie le tout-Paris. Marcel Proust figure parmi les invités à cette manifestation.
Elle intervient auprès d'Alexandre Millerand, alors ministre des Travaux publics, pour le renouvellement du bail de l'Institut catholique à la fin de l'année 1909.
Par l'intermédiaire de sa sœur Ghislaine de Caraman Chimay elle introduit Édouard Branly à la cour de Belgique et le présente au roi Albert Ier. Il est élu membre associé de l'Académie royale en 1910.
1871 : participe à la défense de Paris.
1932 : inauguration du nouveau laboratoire à l'Institut catholique.

L'expérience fondamentale fut réalisée par É. Branly et son préparateur Gendron, le 20 novembre 1890.
Description de l'expérience :
Dans une salle de cours, se trouve un éclateur à étincelles dont les boules sont les pôles d'une machine électrostatique de Wimshurst. Dans une salle éloignée de la salle de cours et séparée d'elle par trois pièces est installé un circuit (voir schéma ci-contre) comportant une pile (3), un galvanomètre (2) et un tube de verre étroit contenant un peu de limaille métallique intercalée entre deux tiges conductrices (1). L'éclateur et le circuit sont séparés par une distance de 25 mètres et plusieurs murs.
Si, à un moment donné, une étincelle est produite au niveau de l'éclateur, la limaille devient instantanément conductrice et le galvanomètre accuse une déviation qui indique le passage d'un courant.
Un très léger choc sur le tube à limaille supprime le courant, une nouvelle étincelle entre les pôles de l'éclateur le rétablit.
Édouard Branly vient donc de commander à distance, la fermeture d'un circuit électrique, sans qu'il y ait de lien matériel entre l'organe de commande (le générateur d'étincelles) et le tube à limaille, celui-ci agissant comme un organe sensible aux ondes électriques produites par l'éclatement de l'étincelle.
Après des années de recherches sur la déperdition des charges électriques d'un corps électrisé soumis à l'action de la lumière, Édouard Branly vient de mettre en évidence le principe de la « radioconduction » et baptise le tube à limaille du nom de « radioconducteur ».
Édouard Branly présente cette expérience dans une communication, désormais célèbre, devant l'Académie des sciences le 24 novembre 1890
À l'issue de l'expérience fondamentale du 20 novembre 1890, É. Branly, constatant que la conductibilité du tube à limaille varie sous l'effet de radiations, donne au dispositif le nom de « radioconducteur ».
En 1894, Sir Oliver Lodge, professeur de physique à l'université de Liverpool en Grande-Bretagne, fait une série d'expériences à partir des travaux d’É. Branly. Il ajoute au tube à limaille un trembleur qui permet d'interrompre automatiquement le passage du courant. Il émet une théorie pour expliquer le phénomène de la radioconduction : « Sous l'action des ondes électriques, des étincelles microscopiques se produisent entre les grains de limaille et établissent ainsi le contact électrique». Pour décrire ce phénomène Sir O. Lodge utilise le verbe anglais to cohere qui va être à l'origine du néologisme « cohéreur » en France.
É. Branly déclare devant la Société des électriciens en février 1898 : « Lodge appelle le tube à limaille coherer. Je combats cette appellation qui traduit une interprétation inexacte du phénomène ; j'ai fait voir, en effet, que des agglomérés solides de poudre métallique et d'isolants où les particules sont fixes se comportent en tout comme la limaille à particules mobiles

Édouard Branly multiplie les expériences et remplace les grains de limaille tout d'abord par des billes d'acier poli, puis par des disques métalliques, le phénomène de radioconduction persiste. Il utilise des métaux différents et teste l'influence de l'oxydation. Il constate une nette amélioration de la sensibilité du radioconducteur lorsque le contact se fait entre métal oxydé et métal poli. Il imagine alors un nouveau type de radioconducteur :
« Trois tiges métalliques, de même nature, parallèles, de 2 mm de diamètre environ, sont réunies à leur partie supérieure par un disque qui les relie à l'un des pôles d'un élément de pile ; les extrémités inférieures, de diamètre réduit, nettoyées, polies, puis oxydées, reposent librement sur un plan d'acier poli, relié au second pôle de l'élément de pile »
C'est le trépied-disque (voir photo ci-contre) qui va se révéler beaucoup plus efficace que le tube à limaille.
Le 12 février 1894, il fait une communication à l'Académie des sciences sur la théorie des contacts imparfaits :
« on peut regarder comme démontré qu'il n'est pas nécessaire que les particules d'un conducteur soient en contact pour livrer passage à un courant électrique. Dans ce cas, l'isolant sert principalement à maintenir un certain intervalle entre les particules »
Suite aux liaisons de télégraphie sans fil réalisées avec succès par Guglielmo Marconi du 27 mars au 29 avril 1899 entre une station installée à Wimereux (Pas-de-Calais), une à South-Fireland (Douvres) et deux navires L’Ibis et La Vienne, naviguant dans la Manche, Guglielmo Marconi adresse le 29 avril 1899 le télégramme suivant à Édouard Branly :
« M. Marconi envoie à M. Branly ses respectueux compliments pour la télégraphie sans fil à travers la Manche - STOP - Ce beau résultat étant dû en partie aux remarquables travaux de M. Branly - STOP. »
En effet, tous les récepteurs utilisés au cours de ces expériences, à terre comme à bord des deux navires, sont équipés des radioconducteurs conçus par Branly. Édouard Branly répond à ce télégramme :
« M. Branly remercie M. Marconi de son magnifique succès et lui exprime son admiration. »
Le 20 mars 1905, Édouard Branly présente devant l'Académie des sciences une application du radioconducteur : le contrôle d'actions produites à distance par les ondes électriques. « La conductibilité d'un radioconducteur à un poste de réception, provoquée par des ondes électriques issues d'un poste d'émission, entraine par l'intermédiaire d'un relais, comme pour l'inscription d'un signal dans un circuit local agencé à l'avance, les déclenchements que l'on est capable de réaliser dans une commande par fil de ligne. »
Le 30 juin 1905, Édouard Branly présente devant 5 000 personnes, au Trocadéro, une expérience de télémécanique

 

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MessagePosté le: Mer 7 Déc - 09:13 (2016)    Sujet du message: (80) SOMME Répondre en citant

Louis Abel Charles Tellier est un ingénieur français né le 29 juin 1828 à Amiens (Somme) et mort le 19 octobre 1913 dans le 16e arrondissement de Paris.
Il est en 1876 à l'origine de travaux sur deux corps nouveaux, l'éther méthylique et la triméthylamine. Il crée à Auteuil en 1869, la première usine frigorifique dans le monde pour la conservation de la viande et des denrées alimentaires par le froid artificiel.
Fils d'un marchand épicier devenu industriel de la filature à Condé-sur-Noireau en Normandie mais ruiné par la Révolution de 1848, il étudie en faculté l'ammoniaque, un engrais concentré puis la production domestique de l'air comprimé.


Le projet sur la production domestique de l'air comprimé est présenté à la ville de Paris, mais le baron Haussmann qu'aucune idée audacieuse n'effraie lui donne ce conseil : « La glace manque à Paris quand les hivers sont chauds, vous devriez vous occuper de la fabriquer artificiellement. » Il faut dire qu'à l'époque, pour conserver les denrées, on remplissait un grand puits appelé glacière de deux cents tombereaux de neige et de glace. Cette conservation héritée des Romains était aléatoire.
En 1856, Charles Tellier s'appuie sur les travaux de laboratoire de Faraday qui obtient une température de −11 °C et de Thilorien qui par liquéfaction arrivera à abaisser la température à −79 °C.
Deux ans plus tard, il crée sa première machine frigorifique à circulation de gaz ammoniac liquéfié, pour la production du froid à usage domestique et industriel.
Cette invention qui bouleverse le monde moderne, est constamment améliorée et, en 1865, il construit une machine à compression mécanique à gaz liquéfié et l'installe dans la fabrique du maître-chocolatier Menier.
En 1876, le navire Frigorifique parti de Rouen rapporte de la viande à Buenos Aires en bon état de conservation après 105 jours de mer.
On doit également à Louis Tellier un nouveau procédé de séchage de la morue par air chaud qui avait séduit l'armateur Le Goaster.

Quelques années plus tard en 1879, il entreprend avec Alexandre (Louis-Ernest) Bure, comte héréditaire de Labenne, second fils naturel de Napoléon III et d'Eléonore Vergeot, dont la famille s'est installé à Paimpol, la construction d'une usine grâce à la fortune de la femme de ce dernier : le 12 mars 1879, Labanne épousait en seconde noce à Paris, Marie-Henriette Paradis, âgée de 22 ans, riche héritière d'un banquier décédé en 1871. Mais l'opposition de certains hommes politiques et d'industriels de la région finit par décourager Tellier et ses deux associés l'armateur Le Goaster et Labenne ; ce dernier déjà malade, abandonne la partie et regagne Paris où il meurt au no 69 de la rue de Miromesnil, le 11 janvier 1882, à 36 ans.
Charles Tellier a découvert et mis au point la méthode du refroidissement par cascades, qui rend un fluide facilement liquéfiable, comme l'anhydride sulfureux, utilisé pour déterminer la liquéfaction d'un autre liquide plus difficile à liquéfier, comme l'anhydride carbonique. Ce principe sera utilisé et rationalisé vingt ans plus tard.
Charles Tellier meurt à son domicile situé au no 75 de la rue d'Auteuil à Paris en 1913 dans la plus grande pauvreté et, peu avant de disparaître, il dira à un de ses proches : « Le convoi des pauvres m'attend, mais ce sort final des travailleurs ne m'effraie pas... »



 

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MessagePosté le: Jeu 8 Déc - 07:19 (2016)    Sujet du message: (80) SOMME Répondre en citant

Antoine Augustin Parmentier, né le 12 août 1737 à Montdidier1 et mort le 17 décembre 1813 à Paris, est un pharmacien militaire, agronome, nutritionniste et hygiéniste français.
Précurseur de la chimie alimentaire et de l'agrobiologie, il est surtout connu pour son action de promotion en faveur de la consommation de la pomme de terre dans l'alimentation humaine, mais aussi pour ses travaux sur l'hygiène alimentaire, l'utilisation de nouveaux aliments durant les fréquentes périodes de famine et comme pharmacien militaire (avec un rôle éminent dans l'organisation pharmaceutique du service de santé sous l'Empire).


Antoine Parmentier est né dans une famille bourgeoise : il est le cadet des cinq enfants de Jean-Baptiste Parmentier (6 avril 1712 - 26 juin 1788) qui tient une modeste boutique de marchand linger dans l'artère principale de la bourgade commerçante de Picardie, et de Marie-Euphrosine Millon (6 mai 1706 - 14 février 1776), fille d'épicier. Son père ayant connu des revers de fortune, l'éducation de ses enfants est assurée par son épouse, aidée du curé de la paroisse, l’abbé Daugy qui leur inculque le latin, langue indispensable pour le métier de pharmacien. Il entre en 1750 à Montdidier comme commis à la pharmacie Frison qui vient d'être reprise par un lointain cousin, Paul-Félix Lendormy, cet apothicaire le formant à la pharmacie. En 1755, recommandé par Lendormy, il devient apprenti à la pharmacie Simmonet, rue Croix-des-Petits-Champs à Paris et est logé chez son maître d'apprentissage Jean-Antoine Simonnet, picard comme lui
N'ayant pas les ressources pour ouvrir sa propre officine, il décide de s'enrôler dans l'armée qui a besoin d'apothicaires. En mars 1757, il est engagé par Louis Claude Cadet de Gassicourt, apothicaire-major à l'Hôtel des Invalides, et affecté en tant que pharmacien de troisième classe dans les hôpitaux de l’armée de Hanovre dirigée par le maréchal d’Estrées au cours de la guerre de Sept Ans. Pierre Bayen, chef de cette branche de service, remarque son activité, son intelligence et « son dévouement passionné pour ses devoirs » : il devient son ami et appelle sur lui l’intérêt de Chamousset, intendant général des hôpitaux. Dans une épidémie de dysenterie qui ravage l’armée, il donne des preuves de ses capacités. Il tombe cinq fois entre les mains de l’ennemi mais, l'armée manquant cruellement d'apothicaires, il est systématiquement libéré lors d'échange de prisonnier. Grâce à ses deux protecteurs Bayen et Chamousset, le Lieutenant-général des armées le duc de Choiseul lui fait monter les grades : pharmacien de deuxième classe en janvier 1758, de première classe (soit aide-major) en 1760.

La chimie est alors particulièrement pratiquée en Allemagne et Parmentier s’y applique sous les yeux de Mayer (en), pharmacien célèbre de Francfort-sur-le-Main. Il aurait pu devenir son gendre et son successeur mais il ne veut pas renoncer à son pays. En 1763, de retour à Paris, il suit les cours de physique de l'abbé Nollet dont il devient le préparateur, de chimie de Rouelle et de botanique de Jussieu. Le 16 octobre 1766, il emporte au concours la place d’apothicaire adjoint de l’hôtel des Invalides. Il reçoit son brevet d'apothicaire-major de la pharmacie des Invalides le 18 juillet 1772. Il passe sa maîtrise d'apothicaire gagnant-maîtrise le 28 mai 1774. Cependant, un conflit naît avec les « sœurs grises » (nom des Filles de la Charité) qui veulent garder leurs prérogatives dans la gestion de l'infirmerie et de l'apothicairerie des Invalides. Voulant probablement sortir de cette impasse, Parmentier remet sa charge d'apothicaire-major le 29 juillet 1774. En contrepartie, Louis XVI fait de Parmentier un pensionnaire du roi aux Invalides. Il y garde gratuitement un appartement et peut désormais se consacrer entièrement à ses recherches. Sa sœur Marie-Suzanne (14 avril 1736-10 décembre 1809) devenue veuve s'installe avec lui dans cet appartement, « à charge pour elle de tenir la maison, d'assurer le secrétariat, de participer aux recherches », les deux formant dès lors un duo indissociable.
En 1779, il est nommé censeur royal. Du 6 juin 1779 jusqu'en mai 1781, il est apothicaire-major des hôpitaux militaires de la division du Havre et de Bretagne lors de la guerre maritime de la France et de l'Angleterre
C’est au cours de la guerre de Sept Ans comme prisonnier militaire en Allemagne que Parmentier goûte la bouillie de pommes de terre et qu’il reconnaît les avantages alimentaires de ce tubercule. À Hanovre, il découvre notamment sa culture en ligne qui augmente sa productivité. En Europe, en dehors de l'Allemagne, elle est cultivée en Italie dès le xvie siècle, en Alsace et en Lorraine au xviie siècle, en Savoie dès le fin du XVIIe, puis est adoptée dans le Midi, en Anjou et dans le Limousin. Elle a souvent le nom de "truffole" (ou apparenté), en rapport avec son aspect et son origine souterraine. Elle est cependant repoussée par le nord de la France, dont l'Ile-de-France, d'où vient Parmentier.
À la suite des famines survenues en France en 1769 et 1770, l’académie de Besançon propose en 1771, pour sujet de son prix, l’indication des substances alimentaires qui pourraient atténuer les calamités d’une disette. Parmentier établit, dans un Mémoire qui est couronné, qu’il était facile d’extraire de l’amidon d’un grand nombre de plantes, un principe nutritif plus ou moins abondant. À l’issue de la publication de son mémoire, l’Académie des Sciences, des Belles-Lettres et des Arts le récompense, malgré une interdiction du Parlement (qui a autorité sur la plus grande partie du nord de la France) de cultiver la pomme de terre datant de 1748.


En 1772, les membres de la Faculté de médecine de Paris planchent pendant de longues semaines sur le sujet et finissent par déclarer que la consommation de la pomme de terre ne présente pas de danger. Mais le terrain sur lequel il avait installé ses plantations près des Invalides appartient aux religieuses de l'Institution et, en opposition avec celles-ci, il doit bientôt renoncer à les cultiver.
Il rédige plusieurs mémoires pour promouvoir les vertus nutritionnelles de la pomme de terre pour l’homme, alors qu’elle était jusqu’ici abandonnée aux bestiaux ou aux « jours maigres » des communautés religieuses (tubercule souterrain, il est en effet classé au plus bas de « l'échelle des êtres »), et pour démonter les préjugés communs sur ce tubercule accusé de provoquer des maladies (fièvre, lèpre, peste ou écrouelles) et l’appauvrissement du sol. La Manière de faire le pain de pommes de terre, sans mélange de farine en 1779 fait suite aux tentatives précédentes de Joachim Faiguet de Villeneuve et de François Mustel (l'agronome rouennais ayant développé la culture en Normandie, il accuse à cette occasion Parmentier de plagier son mémoire) de faire un pain à base de farine de pomme de terre et de froment, d'orge ou de seigle, Parmentier reprenant ces expériences pour en fabriquer uniquement à base de farine de pomme de terre mais le procédé est difficilement exploitable car il prend six jours. Il poursuit sa « croisade parmentière » en obtenant du gouvernement deux arpents de terres dans la plaine des Sablons, champ militaire réputé incultivable, pour planter des tubercules de pomme de terre le 14 mai 1786. Faisant un bouquet de quelques-unes de celles-ci, il le présente à Versailles en compagnie du botaniste Philippe Victoire Levêque de Vilmorin le 24 août 1786, veille de la fête de saint Louis, au roi Louis XVI, qui place de suite une fleur à sa boutonnière et une dans la perruque de Marie-Antoinette. L’exemple du monarque (qui rend hommage au savant en déclarant «  La France vous remerciera un jour d’avoir trouvé le pain des pauvres ») entraîne les courtisans et ceux-ci le reste de la France
Parmentier va aussi promouvoir la pomme de terre en organisant des dîners où seront conviés des hôtes prestigieux, tels Benjamin Franklin ou Lavoisier assistant le 29 octobre 1778 devant les fours de la boulangerie de l'hôtel des Invalides à l'enfournement du pain à base de farine de pommes de terre. Le 1er novembre, tous les invités se retrouvent à la table du gouverneur des Invalides pour tester le pain et une vingtaine de plats. Bien que le résultat gustatif se révèle médiocre, le Journal de Paris relate l'événement comme « la découverte la plus importante du siècle » et cette opération publicitaire est l'occasion pour Parmentier de publier Le parfait boulanger ou traité complet sur la fabrication & le commerce du pain et d'ouvrir son école de boulangerie en 1780.


Cependant certains se méfient encore, et Parmentier, selon la légende, utilise alors un stratagème pour vaincre les réticences : il fait garder le champ de la plaine des Sablons par des hommes en armes le jour, mais pas la nuit. La garde du champ augmente la valeur de la culture aux yeux du peuple parisien qui croit qu'il s'agit d'un mets de choix réservé à la table du roi et des plus hauts seigneurs et la nuit les vols de tubercules sont aisés. Le peuple parisien en profite donc pour « voler » des tubercules et la consommation se serait alors répandue. En réalité, les soldats surveillaient de jour l’ensemble du terrain de manœuvres comme ils le faisaient pour tout terrain militaire et les lettres de Parmentier écrites à l'intendant révèlent ses craintes que les vols nocturnes des tubercules immatures (le manque de pluie et le sol ingrat ayant entraîné un retard sur la saison) nuisissent à la promotion de la pomme de terre. L'année suivante, il renouvelle son expérience aux Sablons et, pour prévenir toute « dégénération » des semis, dans la plaine de Grenelle, ce qui se traduit par la publication le 27 juin 1787 du Mémoire sur la culture des Pommes de terre à la plaine des Sablons et de Grenelle.
L'agronome français Henri Louis Duhamel du Monceau a cependant souligné, dès 1761, l'intérêt de ce tubercule lors de disette et, contrairement à ce qui est souvent écrit, popularisé avant Parmentier l'usage de la pomme de terre. En outre, Parmentier n'hésite pas à qualifier le chevalier Mustel de « premier Apôtre des pommes de terre en France, connu par d'excellents ouvrages ». Bien qu'elle fût considérée comme fade, farineuse et venteuse, la pomme de terre était en effet dans les campagnes bouillie avec du lard et du salé ou cuite sous la cendre pour accompagner les ragoûts et chez les personnes plus aisées, accommodée avec du beurre, avec de la viande, et ce bien avant la naissance de Parmentier. Parmentier a en fait permis, grâce à ses talents pour la promotion, à la reconnaissance royale et à son expérience de culture de la pomme de terre dans la plaine des Sablons, de défaire la pomme de terre de son image d'aliment de pauvre et d'introduire la consommation de ce tubercule chez les élites, faisant de la pomme de terre le « légume de la cabane et du château »
Il se penche par ailleurs sur la châtaigne (1780), sur le maïs ou blé de Turquie, en réponse à un sujet de l’Académie de Bordeaux (1785). Précurseur de la chimie alimentaire, il remplace la méthode du chauffage à la cornue qui détruisait les composants de l'aliment qu'on voulait justement analyser par une extraction plus douce employée précédemment par Claude de La Garaye. C’est un nutritionniste et un hygiéniste, traitant aussi des fécules, du pain (Parfait boulanger, ou Traité complet sur la fabrication et le commerce du pain, 1778, in-8°), du sucre de raisin, s’intéressant aux produits laitiers (ainsi avec Nicolas Deyeux, en l’an VII). Il rédige plusieurs instructions lors de la disette de 1785.
Pour remédier à la pénurie de sucre de canne, il préconise l’emploi de sucres de raisins et d’autres végétaux sucrés. Il s’intéresse à la conservation des farines, du vin et des produits laitiers.
En 1772, en compagnie de Cadet de Vaux (ancien pharmacien des Invalides), il tente d’améliorer la qualité du pain distribué dans les hôpitaux et les prisons en imaginant une nouvelle méthode de panification. Il fonde avec Cadet de Vaux en 1780 une école de boulangerie rue de la Grande-Truanderie à Paris.
Parmentier s'occupe également de plusieurs sujets ayant trait à l'hygiène : sécurité sanitaire des exhumations, qualité de l'eau, qualité de l'air notamment dans les salles d'hôpitaux, préconisation de l'entretien et de la vidange régulière des fosses d'aisance.
Dans les premiers temps de la Révolution, le souvenir de ses travaux l’expose à une certaine défaveur, puis, en 1793, la pomme de terre trouve grâce devant les « niveleurs », qui la préconisent partout. Parmentier se tient d’abord à l’écart de l’administration, puis il est chargé de surveiller les salaisons destinées à la Marine, en s’occupant parallèlement de la préparation du biscuit de mer.
Il travaille aussi sur le maïs, l’opium et l’ergot de seigle. Il préconise la conservation de la viande par le froid. Il travaille également sur l’amélioration de la technique des conserves alimentaires par ébullition découverte par Nicolas Appert, en 1795 et publiée en 1810.
En 1793, il donne même les techniques à employer. C’est ainsi, que grâce à lui la première raffinerie de sucre de betterave mise en service par Delessert voit le jour en 1801.


En 1796, il est porté sur la liste de l’Institut, formé par le nouveau Directoire. Il est appelé sous le Consulat à la présidence du Conseil de salubrité du département de la Seine et à la place d’inspecteur général des Hospices et du service de santé (1805 et 1809) ; il rédige un Code pharmaceutique (3e éd. en 1807). La Société d’agriculture l’envoie en Angleterre avec Jean-Baptiste Huzard pour rouvrir les communications scientifiques entre les deux pays.
Inspecteur général du service de santé de 1796 à 1813, il fait adopter la vaccination antivariolique par l’armée et s’occupe des conditions d’hygiène sur les navires de la Marine. Il est l’un des créateurs de l’École de boulangerie en France en 1800. Il est pharmacien en chef de l'Armée des Côtes de l'Océan en 1803. Il devient le premier président de la Société de pharmacie de Paris, dès sa fondation en 1803, il la préside en 1804, 1807 et 1810.
Trop jeune pour participer à l'aventure des encyclopédistes et trop vieux pour prendre part au début du xixe siècle à la révolution des sciences, notamment à l'expédition scientifique de la campagne d'Égypte, Parmentier est cependant un scientifique à l’œuvre remarquable par sa diversité. Il participe, en outre, à la vie sociale en collaborant aux textes sur la réforme agraire, sources du code rural, proposés par la Société d’Agriculture à l’Assemblée nationale. Il est membre de la Société d’Agriculture de Paris en 1773. Il est élu à l’Académie des sciences le 13 décembre 1795 dans la section d’économie rurale.
N'ayant ni femme, ni enfant, il a consacré toute sa vie à ses recherches mais a le chagrin de perdre en 1809 sa sœur Marie-Suzanne, confidente et collaboratrice qui lui avait épargné la pénibilité d'un long célibat par ses soins affectueux. Ses amis du Bulletin de pharmacie, tel Louis Claude Cadet de Gassicourt, le surnomment le « bourru bienfaisant » car régulièrement sollicité par des pharmaciens pour obtenir une place ou une pension, il râlait d'abord mais faisait jouer ses relations pour les aider.
Il meurt d'une phtisie pulmonaire, rongé par la tuberculose, dans sa maison de la Folie-Genlis 12, rue des Amandiers-Popincourt, le 17 décembre 1813. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris dans le caveau familial. Sa tombe est régulièrement entretenue par certaines sociétés de pharmaciens

 

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MessagePosté le: Ven 9 Déc - 07:28 (2016)    Sujet du message: (80) SOMME Répondre en citant

Roland Lecavelé, dit Roland Dorgelès, né le 15 juin 1885 à Amiens et mort le 18 mars 1973 à Paris, est un journaliste et écrivain français, membre de l'Académie Goncourt de 1929 à 1973.
Il étudie l'architecture à l'École des beaux-arts et mène la vie de bohème à Montmartre, qui inspirera une grande partie de son œuvre. En 1910, avec ses amis du cabaret du Lapin Agile, il fomente une énorme fumisterie où il fait passer un tableau peint par un âne et intitulée Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique pour une œuvre d'un jeune surdoué nommé Joachim-Raphaël Boronali (anagramme d'Aliboron...) à l'occasion du Salon des indépendants. Devenu journaliste, il collabore au Sourire, à Fantasio et au Petit Journal.


En 1914, bien que deux fois réformé précédemment pour raison de santé, il s'engage en se faisant appuyer par Georges Clemenceau, son patron au journal L'Homme libre. Il est versé au 74e régiment d'infanterie de ligne de Rouen le 21 août 1914. Il combat en Argonne et au nord de Reims ; puis passe au 39e régiment d'infanterie de ligne. Il participe aux combats du bois du Luxembourg en février 1915, à la Deuxième bataille d'Artois dans le cimetière de Neuville-Saint-Vaast en juin 1915 entre autres. Il devient élève pilote, est nommé caporal et décoré de la Croix de guerre.
En 1917, il entre au Canard enchaîné, où il se lie d'amitié avec Henri Béraud et Paul Vaillant-Couturier. Il publie dans ce journal un roman satirique intitulé La Machine à finir la guerre. Il écrit des articles de la même veine et dans le même journal entre 1917 et 1920. Pour certains de ses articles, il utilise le pseudonyme de Roland Catenoy, mais les plus importants (feuilletons, contes, articles polémiques) paraissent sous son nom. Les profiteurs de guerre, les députés, les forces de police sont particulièrement visés, ainsi que ceux qui diabolisent les bolcheviques.

En 1919, il publie le roman qui le rend célèbre, Les Croix de bois, inspiré de son expérience de la guerre. Le roman obtient le prix Fémina, la même année les jurés du prix Goncourt ne lui accordent que quatre voix, contre six à À l'ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel Proust.
En 1921, il fait partie du jury du prix littéraire La Renaissance, créé par Henry Lapauze, conservateur du Petit Palais et fondateur-directeur de la revue bimensuelle La Renaissance politique, littéraire et artistique ; ce jury est présidé en 1921 par Léon Bérard, ministre de l'Instruction Publique, et de 1922 à 1930 par Mme Colette.
En 1923, il se marie à Hania Routchine, une artiste lyrique d'ascendance russe. Un séjour en Indochine lui inspire Sur la route mandarine. En 1929, il succède à Georges Courteline à l'Académie Goncourt.
En 1939, il devient correspondant de guerre pour Gringoire. C'est lui qui serait à l'origine de l’expression « Drôle de guerre » qui restera à la postérité. Il se réfugie à Cassis en 1940. Dès 1941, il cesse toute collaboration à Gringoire. Habitant à partir de novembre 1942 dans le Comminges, à Montsaunès, il y accueille son ami Raoul Dufy pendant un an. Montsaunès sert de cadre à son roman Carte d'identité publié en 1945.

En 1960, après le décès de sa première épouse, il se marie avec Madeleine Moisson (1909-1996). En 1954, il est élu président de l'Académie Goncourt, fonction qu'il occupe jusqu'à sa mort en 1973.
Roland Dorgelès fut président de l’Association des écrivains combattants. Il a donné son nom à une distinction littéraire délivrée par cette association, le prix Roland-Dorgelès créé en 1995 pour des professionnels de la radio et de la télévision « qui se sont particulièrement distingués dans la défense de la langue française. »

 

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MessagePosté le: Dim 11 Déc - 18:20 (2016)    Sujet du message: (80) SOMME Répondre en citant

La bataille de la Somme a opposé les Britanniques et les Français aux Allemands en 1916, dans le nord de la France, lors de la Première Guerre mondiale. Ce fut l'une des batailles les plus sanglantes du conflit.
Conçue en décembre 1915, par Joffre, commandant en chef des armées françaises, l'offensive de la Somme dut être amendée du fait du déclenchement de la bataille de Verdun, le 21 février 1916. Foch fut chargé par Joffre de sa mise en œuvre. Les Français, qui devaient fournir l'effort principal, durent, en fin de compte, le confier aux Britanniques.
Ce fut la première offensive conjointe franco-anglaise de la Grande Guerre. Les forces britanniques lancèrent là leur première opération d’envergure, et tentèrent avec les troupes françaises de percer à travers les lignes allemandes fortifiées sur une ligne nord-sud de 45 km proche de la Somme, dans un triangle entre les villes d'Albert du côté britannique, Péronne et Bapaume du côté allemand.




Il s'agit de l'une des batailles les plus meurtrières de l'histoire (hors victimes civiles), avec parmi les belligérants environ 1 060 000 victimes, dont environ 442 000 morts ou disparus. La première journée de cette bataille, le 1er juillet 1916, fut, pour l'armée britannique, une véritable catastrophe, avec 58 000 soldats mis hors de combat dont 19 240 morts.
La bataille prit fin le 18 novembre 19163. Le bilan fut, sur le plan militaire, peu convaincant. Les gains de territoires pour les Alliés furent très modestes, une douzaine de kilomètres vers l'est tout au plus, le front ne fut pas percé. Les combats usèrent les adversaires, sans vainqueurs ni vaincus.
La bataille de la Somme se singularise, cependant, par deux innovations :
sur le plan militaire, par l'utilisation, pour la première fois sur un champ de bataille, d'une arme nouvelle, le char d'assaut ;
par l'utilisation du cinéma à des fins de propagande. Pour la première fois, un film, La Bataille de la Somme, saisit une grande partie des horreurs de la guerre moderne en incluant des images tournées lors des premiers jours de la bataille.
Ces événements furent également couverts par des photographes et peintres, comme François Flameng, peintre officiel des armées françaises, dont les nombreux croquis et dessins de ces événements parurent dans la revue L'Illustration.
La mémoire collective des Français n'a pas gardé un souvenir de la bataille de la Somme aussi important que dans la mémoire collective des Britanniques, des Canadiens, des Australiens et des Néo-Zélandais. Le 1er juillet est une journée de commémoration sur les principaux lieux de mémoire du Commonwealth dans le département de la Somme de même que l'ANZAC Day, le 25 avril.




Le front occidental est stabilisé depuis décembre 1914, à la suite de la course à la mer. Les combats de 1915 d'Artois et de Champagne n'ont pas fait bouger les lignes. Le front de la Somme est un secteur relativement calme au cours de l'année 1915, les Allemands lançant une grande offensive sur Ypres.
Joffre inquiet des pertes humaines, du manque d'unité de vue et de la dispersion des efforts militaires chez les Alliés souhaite un renforcement de la coopération franco-britannique et préconise une grande offensive pour 1916, à la belle saison.
Côté britannique, le général en chef John French est remplacé en décembre 1915 par Douglas Haig.
La conférence interalliée de l'Entente à Chantilly, les 6 et 7 décembre 1915 débouche sur la décision d'attaquer les Empires centraux sur tous les fronts en 1916, en Russie, en Italie et sur le Front de l'Ouest. Seulement aucune date n'est fixée, et il faudrait attendre juin ou juillet pour espérer une participation russe. Joffre, nommé commandant en chef de l'armée française début décembre 1915 obtient lors de négociations bilatérales la mise en œuvre d'une offensive conjointe franco-britannique. Les lignes françaises rejoignent les lignes britanniques sur la Somme, c'est donc ce secteur qui est désigné.
En 1916, l’armée britannique en France manque d’expérience, sa partie professionnelle, six divisions, ayant été décimée en 1914-1915. La plus grande partie de ses effectifs est composée de volontaires des forces territoriales et de la nouvelle armée de Kitchener. Les officiers ont été promus rapidement et manquent à la fois de formation et d’expérience. Haig collabore volontiers avec Joffre, mais il souligne l'indépendance du corps expéditionnaire anglais, le commandement n'est donc pas unifié. Joffre monte donc cette offensive avec l'armée française comme acteur principal au sud de la Somme, qui doit être appuyée par le corps expéditionnaire britannique moins aguerri entre la Somme et Arras. Il nomme Foch, commandant du Groupe d'Armées Nord, responsable de l'opération. Une autre conférence à Chantilly le 14 février 1916 fixe le début de l'offensive au 1er juillet 1916.




Lorsque l'armée allemande lance son offensive sur Verdun, le 21 février 1916, le commandant en chef britannique propose de venir aider son allié. Joffre décide que l'armée française peut faire face sans cet appui tout en pressant Haig de mettre en place l'offensive sur la Somme le plus tôt possible. Le printemps voit les plans de la bataille changer, car l'engagement français à Verdun ponctionne les troupes prévues pour l'offensive de la Somme. Fin mai le dispositif français est réduit au point que l'armée britannique est désormais l'élément principal de l'opération. Le front d'attaque prévu sur 70 km est finalement réduit à 40. Il ne s'agit plus de réaliser une percée décisive mais d'user l'ennemi. Aux troupes britanniques est confié l'offensive au nord du fleuve de Maricourt à Bapaume, les Français étant chargés de la partie sud entre Maricourt et Lassigny. L'armée française est donc positionnée sur les deux rives du fleuve. Finalement la date du 24 juin est adoptée pour le début de la préparation d'artillerie, et le 1er juillet pour l'assaut.
Côté allemand, Falkenhayn ne prend pas de dispositions particulières, l'état-major attendant une offensive alliée sur l'Artois ou en Alsace, les préparatifs alliés lui semblent un bluff. Le terrain de la bataille est le plateau picard, terrain crayeux propice au creusement de tranchées. Le maillage des villages, distants de deux à quatre kilomètres, permet une défense en profondeur, ce qu'ont organisé les troupes de von Below depuis 1914.
La bataille eut lieu pour l'essentiel sur le territoire du département de la Somme à l'est d'Amiens entre les villes d'Albert et Roye et leurs environs. La partie nord du front de bataille se situait sur la ligne de partage des eaux entre le bassin versant de la Somme et celui de l'Escaut. Les combats se déroulèrent sur le plateau picard, de part et d'autre de la Somme, au sous-sol crayeux propice au creusement d'abris souterrains. Le climat très souvent humide rendait fréquemment le sol boueux et la progression des troupes difficile.




Position des armées
L'armée allemande
Les Allemands occupaient presque partout des hauteurs, la ligne de crêtes qui sépare les bassins versants de la Somme et de l'Escaut. Leur front se composait :
D'une forte première position, avec des tranchées de première ligne, d'appui et de réserve, ainsi qu'un labyrinthe d'abris profonds comportant d'ailleurs tout le confort moderne.
D'une deuxième ligne intermédiaire, moins forte, protégeant des batteries de campagne.
Enfin, un peu en arrière, d'une deuxième position presque aussi forte que la première.
À l'arrière immédiat des premières lignes, se trouvaient des bois et des villages « fortifiés » reliés par des boyaux, de façon à former une troisième et même une quatrième ligne de défense, le tout largement bétonné et bénéficiant des qualités de la roche crayeuse qui se coupe facilement et durcit en séchant.
Les armées alliées
L'armée britannique était positionnée au nord du fleuve
L'armée française se tenait de part et d'autre de la Somme en faisant sa jonction avec l'armée britannique sur la rive gauche.
L'arrière avait été transformé, pour les armées alliées, en un gigantesque entrepôt d'approvisionnement dont la ville d'Amiens était le centre névralgique. Des routes, des chemins de fer à voie étroitesa furent construits, des aérodromes furent aménagés de même que des usines de construction d'aéronefs. Les hôpitaux militaires à l'arrière du front furent installés dans les établissements scolaires…
Des hôpitaux militaires étaient installés dans les localités de l'arrière : Corbie, Amiens qui hébergea en permanence plus de 9 000 blessés pendant la durée du conflit, Abbeville etc
les territoires qu'ils occupaient, les Allemands faisaient régner la terreur: déportation de population, réquisitions en argent et en nature, pillage, destructions…



Ordre de bataille
Les Alliés
Les Français :
Groupe d'Armées du Nord commandé par Foch
La VIe armée (Fayolle) avec trois corps d'armées (Ier, XXe et XXXVe CA) ;
La Xe armée (Micheler) avec cinq corps d'armées.
Elles totalisent quatorze divisions en ligne, quatre de réserve et quatre de cavalerie sur un front de 15 kilomètres. L'artillerie aligne 696 pièces de campagne, 732 pièces lourdes, 122 pièces ALGP (artillerie lourde à grande puissance) et 1 100 mortiers de tranchée (avec un approvisionnement de six millions d'obus de 75 mm, deux millions de munitions pour l'artillerie lourde et 400 000 pour l'artillerie de tranchée).
Les Britanniques : Le groupe d'armées Haig qui comprend :
La IIIe armée (Allenby) avec un corps d'armée (le VIIe) ;
La IVe armée (Rawlinson) avec cinq corps (IIIe,VIIIe, Xe, XIIIe et XVe CA) ;
L'armée de Réserve (Gough).
Soit un effectif de 26 divisions en ligne et trois de cavalerie sur un front de 25 kilomètres, avec l'appui de 868 pièces de campagne et 467 pièces lourdes (respectivement approvisionnées à 2 600 000 et 1 163 000 coups).
L'armée britannique, sur le front de la Somme, est composée de troupes anglaises, écossaises, galloises, irlandaises, canadiennes, australiennes, néo-zélandaises et sud-africaines, auxquelles il convient d'ajouter le corps de travailleurs chinois, chargés du chargement, déchargement et entrepôt des matériels et marchandises.
Les Allemands
La 2e armée (Fritz von Below) avec trois groupements (von Stein, von Gossler et von Quast) soit huit divisions en ligne et treize de réserve. Ils disposent de 454 canons de campagne et 390 lourds, ce qui représente à peine le tiers de la puissance de feu des franco-britanniques. L'aviation allemande disposait quant à elle de 129 appareils face aux 300 appareils des Alliés.



L'artillerie, y compris des canons à longue portée sur voie ferrée de 380 et 400 mm, atteignit des sommets de puissance destructrice.
Ayant la maîtrise du ciel, les Alliés détruisirent les Drachen allemands. Les Britanniques disposent de 185 appareils chargés de patrouiller et de bombarder, les Français en ont 115 et les Allemands seulement 129.
La préparation d'artillerie, initialement prévue pour cinq jours, débute le 24 juin par des tirs de réglage et de destruction. Elle s'intensifie à partir du 26 par un bombardement général et continu des lignes allemandes. En une semaine, l'artillerie britannique tire 1 732 873 coups. Les tranchées allemandes des premières lignes sont presque totalement détruites, mais les abris souterrains sont intacts.
Le 28, l'offensive est reportée de 48 heures à cause du mauvais temps. Il tombe les premiers jours une moyenne de cinq obus pour chaque soldat allemand.
Au commencement de la bataille de la Somme en juillet 1916, la plupart des escadrons du Royal Flying Corps (RFC) étaient encore équipés de BE.2c qui s'étaient révélés des cibles faciles pour les Eindeckers allemands. Les nouveaux modèles comme le Sopwith 1½ Strutter étaient encore trop peu nombreux et les nouveaux pilotes furent envoyés au front avec seulement quelques heures de vol.
Néanmoins, l'esprit offensif des pilotes du RFC leur donnèrent la supériorité aérienne dans la bataille. La mission des pilotes, outre l'observation des lignes ennemies, consistait dans ce qui s'appelait alors le « mitraillage de tranchée », plus connu aujourd'hui sous le nom d'« appui aérien rapproché ». Les troupes allemandes au sol étaient constamment sous la menace des avions alliés sans réelle possibilité de se défendre, les tirs de riposte depuis le sol étaient peu efficace car les techniques de tir sur cibles mouvantes n'étaient pas encore bien maîtrisées.
Côté français, le groupe d'armées du Nord (G.A.N.), commandé par Foch, disposait d'un groupe de six escadrilles basé sur le terrain d'aviation de Cachy, près de Villers-Bretonneux, et placé sous les ordres du capitaine Brocard qui put choisir ses pilotes : Georges Guynemer — alors titulaire de dix victoires — Alfred Heurtaux, Albert Deullin, René Dorme, Jean d'Harcourt, Victor Ménard...


L'aviation dont disposa le G.A.N. comprenait huit escadrilles d'armée, vingt escadrilles de corps d'armée, un groupe réservé de chasse — celui de Cachy, avec cinq escadrilles de Nieuport — et deux groupes de bombardement ; plus des compagnies d'aérostiers et des sections photographiques. Une partie des appareils était à la pointe de la technique. Leurs performances s'étaient améliorées grâce à des moteurs plus puissants de 80 à 130 CV. Leur vitesse de croisière se situant autour de 130 kilomètres à l'heure, et ils atteignaient une altitude de 2 000 mètres en une vingtaine de minutes. Les Spad 7, qui équipaient l'Escadrille des Cigognes ; les Farman et Caudron bimoteurs G 4, dont furent dotées les escadrilles de corps d'armée ; les Voisin et les Breguet-Michelin des groupes de bombardement permirent à l'aviation française de dominer l'aviation allemande. Elle usa, en outre, d'une nouvelle forme de combat, le bombardement de nuit, pour la première fois au-dessus de Péronne, à la mi-juillet 1916. Les Allemands ayant riposté sur Villers-Bretonneux et sur la gare de Longueau, Foch organisa la défense antiaérienne : barrages de ballons, concentration des batteries antiaériennes croisant leurs feux au-dessus des objectifs à défendre. Il ordonna également la chasse aérienne de nuit.
La supériorité aérienne alliée fut maintenue durant la bataille et inquiéta le haut-commandement allemand. La réorganisation complète de la Luftstreitkräfte fut décidée par le haut commandement par la création d'unités de chasse spécialisées ou Jagdstaffeln. À la fin de l'année 1916, ces unités équipées du tout nouveau Albatros D.III rétablirent l'équilibre des forces dans les airs.
Estimation des pertes britanniques le 1er juillet 1916

tuésdisparusblessésprisonnierstotal hors de combat
Officiers 993 26 1 337 12 2 368
Soldats 18 247 2 056 34 156 573 55 032
Total 19 240 2 082 35 493 585 57 400
Le 1er juillet au matin, c'est par un beau temps et clair que commence le bombardement final des alliés. À partir de 6 h 25, les tirs d'artillerie atteignent une cadence de 3 500 coups par minute, produisant un bruit si intense qu'il est perçu jusqu'en Angleterre. L'armée anglaise a placée sur 35 kilomètres 1 canon tous les 18 mètres. À Beaumont-Hamel deux mines de 18 tonnes explosent en même temps.
À 7 h 30, au coup de sifflet, l'infanterie britannique franchit les parapets baïonnette au canon et part à l'assaut des tranchées adverses. 66000 soldats sortent des tranchés en même temps. Les hommes sont lourdement chargés avec plus de 30 kg d'équipement. Ordre avait été donné aux hommes de ne pas courir. En fait, le commandement anglais craignait que les troupes ne perdissent le contact en courant et en se dispersant. Persuadé que les défenses allemandes avaient été anéanties par les tirs d'artillerie, il exigea que les hommes avancent au pas.
Les Allemands les accueillirent avec des tirs de mitrailleuses qui les fauchèrent en masse. Les officiers étaient facilement repérables et furent particulièrement visés. On estime à 30 000 le nombre des victimes (tués et blessés) dans les six premières minutes de la bataille. Les Allemands sont stupéfaits de voir les soldats britanniques venir au pas.
À midi, l’état-major britannique annula l'ordre de marcher au pas, et retint les vagues d’assaut suivantes. Lorsque les Britanniques parvinrent aux tranchées allemandes, ils furent trop peu nombreux pour résister à une contre-attaque.
De leur côté, les Français atteignirent tous leurs objectifs et ne purent progresser davantage du fait, entre autres, de l'échec britannique.
Le 1er juillet 1916 fut le jour le plus meurtrier de toute l'histoire militaire britannique. À l'issue de la première journée de combat, le bilan pour l'armée britannique était très lourd : 57 400 hommes étaient hors de combat soit près de 18 % de l'effectif engagé (320 000 hommes). Certaines unités étaient quasiment anéanties comme le Régiment royal de Terre-Neuve qui eut 801 hommes mis hors de combat sur un effectif de 865, soit 92 % des effectifs.
Du côté allemand, les pertes sont estimées à 6 000 hommes


La lente progression des Britanniques
Après l'échec du 1er juillet, le commandement britannique souhaite arrêter l'attaque, ce que Joffre refuse. Une nouvelle préparation d'artillerie a pour but la prise du saillant de Fricourt. Le 4 juillet, les Britanniques prennent La Boisselle. Le bois de Mametz est pris le 10 juillet, le Bois des Trônes le 14. Pozières tombe aux mains de la 1re division australienne le 23 juillet. De 1 au 10 juillet, l'armée britannique compte 100000 morts et 72000 blessés.
À partir du 14 juillet, débutent les combats pour la conquête du bois Delville (Delville Wood) à Longueval. L'armée Gough, réserve britannique tente de reprendre Longueval et Guillemont aux Allemands. Une série d’attaques et de contre-attaques fait passer le bois d'un camp à l'autre. Les soldats de la 1re Brigade d'infanterie sud-africaine s'en emparent puis le perdent. Les Allemands en sont définitivement chassés, le 3 septembre. Les Britanniques échouent, par contre, au cours de combats féroces qui durent pendant plus d'une semaine, à prendre Guillemont.
Succès français
En dix jours, la VIe armée française, sur un front de près de vingt kilomètres, a progressé sur une profondeur qui atteint en certains points dix kilomètres. Elle est entièrement maîtresse du plateau de Flaucourt qui lui avait été assigné comme objectif et qui constitue la principale défense de Péronne. Elle a fait 12 000 prisonniers, presque sans pertes, pris 85 canons, 26 minenwerfer, 100 mitrailleuses, un matériel considérable. C'est le plus important succès militaire obtenu depuis la bataille de la Marne.
Mais les Allemands se ressaisissent, leur artillerie domine toujours sur le terrain. Les conditions climatiques exécrables (brouillard et pluie) gênent considérablement la progression des Français au nord et au sud de la Somme. La 6e armée de Fayolle atteignit Vermandovillers et Misery au sud, Hem-Monacu au nord. Maigres progressions obtenues au prix de lourdes pertes.
Transfert des divisions allemandes
L'état-major allemand devant le danger de percement du front de la Somme retire treize divisions du secteur de Verdun et deux du secteur d'Ypres pour renforcer leurs troupes bousculées, en juillet. De ce fait, la pression exercée sur l'armée française à Verdun se réduit.
Au total, trente-cinq divisions sont retirées du secteur de Verdun pour renforcer le front devant Bapaume. En août, des escadrilles allemandes aguerries sont transférées de Verdun sur la Somme.
L'horreur vécue lors de la bataille de la Somme est perceptible dans le courrier envoyé par les soldats à leurs proches. Dans une lettre à son ami Stefan Zweig, l'écrivain expressionniste allemand Paul Zech s'exprima ainsi :
« Mon cher ami,
Je n’aurais jamais cru qu’il pût encore y avoir quelque chose qui surpasse l’enfer de Verdun. Là-bas, j’ai souffert atrocement. Maintenant que cela est passé, je puis le dire. Mais ce n’était pas assez : maintenant nous avons été envoyés dans la Somme. Et ici tout est porté à son point extrême : la haine, la déshumanisation, l’horreur et le sang. (…) Je ne sais plus ce qu’il peut encore advenir de nous, je voulais vous saluer encore une fois. Peut-être est-ce la dernière. »


Les attaques du début septembre
La mise en œuvre des opérations militaires est rendue difficile par une pluie incessante qui transforme le champ de bataille en bourbier.
Une série de coups de boutoir permet la prise de plusieurs positions allemandes. Le 3 septembre, les attaques britanniques échouent à Guillemont, Ginchy, Thiepval et au bois des Fourcaux. La Ferme du Mouquet est prise par la 1re division australienne mais reprise par les Allemands.
Le 4, au sud, la Xe armée française enlève toutes les premières positions allemandes entre Deniécourt et Vermandovillers. Soyécourt et Chilly sont pris, avec 2 700 prisonniers ; Chaulnes est directement menacée à partir de Lihons.
Le 9 septembre, les Britanniques prennent Ginchy. Une nouvelle offensive générale des Britanniques sur l'ensemble du front au nord de la Somme est prévue pour le 15 septembre.
Le 12 septembre, la VIe armée française attaque au nord de la Somme mais ne parvient pas à atteindre ses objectifs. En raison du mauvais temps, Foch suspend l'offensive, le 18 septembre jusqu'au 25. Le 17 septembre, au sud de la Somme, Vermandovillers, Deniécourt et Berny-en-Santerre tombent aux mains de la Xe armée française qui fait 1 400 prisonniers.
Une arme nouvelle, les chars
Le 15 septembre apparaissent les premiers chars d'assaut britanniques, « les tanks » Mark I, qui interviennent avec un succès limité. Le Mark I mesure 8 m de long, pèse 30 t, dispose d'une autonomie de 20 km et avance à la vitesse de 6 km/h; il est équipé de 5 mitrailleuses. Leur utilisation, à l'avant de l'infanterie, permet au 22e Régiment royal canadien de prendre Courcelette, à la 15e division écossaise de prendre Martinpuich, tandis que la 47e London Division s'empare du bois des Fourcaux, la Division néo-zélandaise prend et occupe une position appelée Switch line entre le Bois des Fourcaux et Flers après 30 minutes de combat et la 41e division britannique s'empare de Flers et fait 4 000 prisonniers.
L'offensive anglo-française conjointe débute le 25 septembre. Le 26, Français et Britanniques entrent dans Combles évacué par les Allemands. D'autre part, tout à fait au nord, les Britanniques enlèvent Thiepval après l'utilisation de mines. Le 28 septembre, l'offensive cesse pour consolider les positions acquises.
Le mois d'octobre voit se multiplier les petites offensives localisées sans grand succès, les Français piétinent au sud de Péronne autour de Chaulnes et de Villers-Carbonnel. Les forces alliées sur le front de la Somme s'essoufflent.
Le 5 novembre, les Français attaquent Sailly-Saillisel mais ne parviennent pas à enlever le bois de Saint-Pierre-Vaast, les Allemands reprennent en partie le contrôle de Sailly-Saillisel. Au sud de la Somme, la Xe Armée française conquiert Ablaincourt-Pressoir mais rencontre une forte résistance allemande ailleurs.
Après quelques succès le 13 novembre : prise de Beaumont-Hamel, Saint-Pierre-Divion et Beaucourt-sur-l'Ancre, les Britanniques contrôlent la vallée de l'Ancre mais ne progressent plus.
À partir du 18 novembre, les conditions climatiques se dégradent considérablement, pluie glaciale, neige et blizzard mettent en échec toutes les offensives. C'est la fin effective de la bataille de la Somme. Le 21 novembre, Haig décide l'arrêt des offensives britanniques. L'offensive de la Xe Armée française prévue en décembre est ajournée par Foch, le 11 décembre. Le 18 décembre, Joffre renonce définitivement à l'offensive mettant ainsi fin officiellement à la bataille de la Somme


En cinq mois, les Alliés ont progressé de 12 kilomètres au nord de la Somme entre Maricourt et Sailly-Saillisel et 8 kilomètres au sud. La percée tant attendue par laquelle Joffre espérait revenir à une guerre de mouvement s'est transformée une fois de plus en une bataille d'usure, comme à Verdun. Aucun des objectifs principaux — que sont Bapaume et Péronne — n'est atteint.
Les Britanniques ont capturé :
31 076 Allemands,
102 canons de campagne,
29 canons lourds,
111 mortiers
453 mitrailleuses.
Les Français ont fait prisonniers et se sont emparés de :
41 605 Allemands (dont 809 officiers)
71 pièces de campagne,
101 pièces lourdes,
104 mortiers
535 mitrailleuses.
Les Allemands ont capturé :
données non connues


Les chiffres des pertes humaines varient selon les sources. On considère généralement que:
Pour les Britanniques le nombre de morts représente 30 % des victimes. Le nombre des disparus 19 %b et celui des blessés 51 %.
Pour les Français, le nombre des morts représenterait 20 % des victimes, celui des disparus 13 %c et celui des blessés 67 %.
Ainsi, pour des résultats similaires, la tactique des Français s'est avérée moins coûteuse que celle des Britanniques dont les hommes de l'armée Kitchener manquaient d'expérience.
Pour limiter les pertes, Foch demandait aux commandants d'unités de faire courir les hommes d'obstacle en obstacle, « il est donc d'une importance primordiale de l'employer [le soldat] avec une stricte économie… »
Pour les Allemands les chiffres en valeurs relatives ne sont pas connus.
Les pertes journalières se répartiraient, en moyenne, comme suit :
3 100 pour les Allemands (contre 1 115 pendant la bataille de Verdun) ;
2 976 pour les Britanniques ;
1 437 pour les Français (contre 1 250 pendant la bataille de Verdun qui dura 302 jours)
La durée de la bataille de la Somme fut de 141 jours.




Armée allemandeArmée britanniqueArmée françaiseTotal belligérants
morts et disparus 170 100 206 282 66 688 443 070
blessés 267 222 213 372 135 879 616 473
total 437 322 419 654 202 567 1 059 543
Malgré les très faibles gains territoriaux, les Allemands ont été très impressionnés par le bombardement de préparation des Alliés. C’est à la suite de la bataille de la Somme que le haut-commandement allemand décide la guerre sous-marine à outrance qui est l'une des causes de l’entrée en guerre des États-Unis, provoquant un basculement du rapport de forces.
Le 24 février 1917, l'armée allemande effectue une retraite stratégique, en détruisant tout derrière elle, afin de raccourcir sa ligne de défense sur la ligne Hindenburg.



  

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