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(78) YVELINES
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saintluc
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MessagePosté le: Mer 2 Nov - 11:12 (2016)    Sujet du message: (78) YVELINES Répondre en citant

Le département des YVELINES est un département français, appartenant à la grande couronne de la région Île-de-France. Créé en 1964, c'est le plus étendu des départements issus du démembrement de l'ancienne Seine-et-Oise et le neuvième département français par la population (premier dans la grande couronne parisienne). L'Insee et la Poste lui attribuent le code 78 repris de l'ancienne Seine-et-Oise. Ses habitants sont appelés les Yvelinois.
Son chef-lieu, Versailles, qui s'est développé autour de son château, fut sous l'ancien Régime la capitale du royaume de France en alternance avec Paris, et joua encore ce rôle au début de la Troisième République de 1871 à 1879. Depuis, le château de Versailles continue d'accueillir le Parlement lorsqu'il se réunit en Congrès pour adopter une révision de la Constitution ou, comme ce fut le cas le 22 juin 2009, pour écouter une déclaration du président de la République
Le relief des Yvelines est celui d'une plaine découpée par des vallées relativement marquées, d'une altitude moyenne de 150 mètres environ. Son point culminant, 201 mètres, se situe dans le bois des Garennes à Lainville-en-Vexin, à l'extrême nord du département, dans la bordure sud du Vexin français (toutefois une butte artificielle située à Élancourt atteint 231 mètres). Son point le plus bas, 9 mètres, est à Limetz-Villez, point le plus à l'ouest du cours de la Seine au point où elle quitte les Yvelines pour entrer dans l'Eure.

La structure géologique des Yvelines s'insère dans celle de l'Île-de-France et plus généralement du bassin parisien, vaste cuvette sédimentaire, approximativement centrée sur Paris. Elle est formée d'un empilement de couches sédimentaires de l'ère tertiaire, alternant calcaires, marnes, sables et argiles. Ces couches reposent sur un socle épais de craie du Crétacé supérieur qui affleure sur les versants de certaines vallées. C'est le cas en particulier dans la vallée de la Seine où se sont formées des falaises de craie, parfois exploitées pour créer des habitats troglodytiques, par exemple à Carrières-sur-Seine, Méricourt, Mousseaux-sur-Seine, Gommecourt ou Bennecourt.
Les sédiments tertiaires ont été fortement érodés par les cours d'eau, principalement la Seine et remplacés dans le fond des vallées par des alluvions quaternaires. Sur les plateaux, d'importants dépôts éoliens de lœss ont donné naissance à de riches sols agricoles.
Certaines couches géologiques sont exploitées pour la production de matériaux de construction. Il s'agit surtout de granulats alluvionnaires (sables, graviers…) extraits des terrasses alluviales de la Seine ou du lit majeur du fleuve, exploités notamment près de Mantes-la-Jolie (boucles de Guernes et de Moisson), de calcaires et argiles pour la fabrication de ciment, exploités dans la carrière de Guitrancourt (Ciments Calcia, groupe Italcementi). C'est une carrière de Sandrancourt (commune de Saint-Martin-la-Garenne), exploitée par la Compagnie des sablières de la Seine (groupe Lafarge) qui fournit le sable de l'opération Paris-Plages
Dans le passé d'autres roches ont été largement exploitées, comme le gypse dans le secteur de l'Hautil, le calcaire grossier pour la construction dans le secteur de Saint-Germain-en-Laye, activité encore évoquée par des toponymes tels que Carrières-sur-Seine, Carrières-sous-Poissy, Carrières-sous-Bois, la craie pour la production de blanc d'Espagne à Bougival, mais aussi le grès et la pierre meulière dans diverses communes, notamment dans la vallée de Chevreuse.
Les anciennes carrières, nombreuses dans le département, présentent des dangers d'effondrement qui sont répertoriés par l'« Inspection générale des carrières des Yvelines, de l'Essonne et du Val-d'Oise ». Une centaine de communes, dites « sous-minées », c'est-à-dire dans lesquelles se trouvent d'anciennes carrières souterraines abandonnées, réparties dans tout le département, sont concernées. Un autre risque pour les constructions, lié au retrait de l'argile en cas de sècheresse, affecte particulièrement le département. Des plans de prévention du risque « argile » étaient à l'étude en 2007 pour cinq communes : Auteuil-le-Roi, Bréval, Magnanville, Saint-Cyr-l'École, Saint-Nom-la-Bretèche.
Les plissements des couches profondes ont été mises à profit pour créer des stockages de gaz naturel en aquifère profond à Beynes et Saint-Illiers-le-Bois (GDF Suez)

Les Yvelines sont drainées par la Seine qui traverse le nord du département sur environ cent kilomètres entre Carrières-sur-Seine et Limetz-Villez. Son cours à très faible pente est marqué par de profonds méandres qui élargissent considérablement la vallée, notamment la boucle de Saint-Germain-en-Laye qui enserre la forêt du même nom et celle de Moisson à l'ouest entre Mantes-la-Jolie et Bonnières-sur-Seine. Dans son parcours yvelinois, le cours du fleuve, navigable, est régulé par plusieurs barrages, situés à Chatou, Bougival, Andrésy et Méricourt. Il reçoit à Conflans-Sainte-Honorine, son principal affluent, l'Oise, rivière également navigable, qui parcourt seulement 2,5 kilomètres dans le département.
De nombreuses rivières secondaires, dont beaucoup prennent leur source dans le massif de Rambouillet, véritable « château d'eau » des Yvelines, irriguent le département dans toutes les directions avant de rejoindre la rive gauche de la Seine, directement ou non.
Il s'agit principalement de la Bièvre, de l'Orge, de l'Yvette et de la Rémarde (affluents de l'Orge), qui s'écoulent vers l'est, de la Mauldre et de la Vaucouleurs, les seules dont le cours est entièrement situé dans le territoire yvelinois et qui s'écoulent vers le nord, et de la Drouette et de la Vesgre (affluents de l'Eure), qui s'écoulent vers l'ouest.
Au nord de la Seine (rive droite), les seuls affluents notables sont la Montcient et l'Aubette de Meulan, qui se rejoignent à Hardricourt, et l'Epte qui marque la limite avec le département de l'Eure.
Il existe relativement peu d'étendues d'eaux dormantes, les principales sont l'étang de Saint-Quentin (250 hectares) et les étangs de Hollande, dans le secteur de Rambouillet, aménagés au XVIIe siècle pour contribuer à l'alimentation en eau du parc de Versailles.

Le long de la Seine, il existe de nombreux plans d'eaux issus de l'exploitation d'anciennes sablières. Certains ont été aménagés pour la création de bases de loisirs ou de ports de plaisance, notamment à Moisson, d'autres classées pour la protection de la faune aquatique, comme le domaine de Flicourt à Sandrancourt géré par l'agence des espaces verts d'Île-de-France.
La présence de ces cours d'eau expose les populations riveraines, notamment de la Seine et de l'Oise, au risque d'inondation. Deux plans de prévention des risques d'inondation (PPRI) ont été mis en place pour limiter les conséquences des crues. D'une part, le PPRI de la Seine et de l'Oise approuvé en juin 2007, qui concerne 57 communes, et d'autre part, le PPRI de la Mauldre et du Lieutel approuvé en septembre 2006, qui concerne 12 communes (trois d'entre elles, Épône, La Falaise et Nézel, étant concernées dans les deux cas). Un troisième, le PPRI du ru de Gally, était en cours d'élaboration en 2008.
Plusieurs nappes d'eau souterraine sont présentes dans le département, dont certaines présentent une grande importance pour l'approvisionnement en eau potable. La nappe alluviale de la Seine d'une épaisseur de 5 à 10 mètres se situe dans les terrasses alluviales du fleuve. C'est une nappe libre, en connexion hydraulique avec la nappe de la craie (Crétacé supérieur), aquifère sous-jacent. Ces deux nappes sont exploitées par les deux usines de la Lyonnaise des Eaux situées à Croissy-sur-Seine et Flins-sur-Seine qui produisent respectivement 45 et 32 millions de mètres cubes par an. Pour assurer le débit de ces usines, les nappes sont réalimentées par l'injection après traitement d'eau pompée dans la Seine (respectivement 25 et 8 millions de m3).
La nappe de l'Albien, présente sous toute l'Île-de-France et les départements avoisinants, est une nappe captive, profonde, des sables du Crétacé inférieur. Plusieurs forages situés dans le nord-est des Yvelines prélèvent 8 millions de mètres cubes par an (soit 36,4 % des prélèvements totaux sur l'ensemble du bassin).
La nappe de Beauce est surtout exploitée dans le sud du département, principalement pour l'irrigation.

Le nom d’« Yvelines » est emprunté à « forêt d'Yveline » (au singulier), en bas-latin Sylva aquilina attesté au VIIIe siècle, l'étymologie d’aquilina est obscure. Le pluriel Yvelines est erroné. Le nom de l'Yvette pourrait avoir la même origine. Cependant le latin aqua « eau » est plus probable pour ce dernier, devenu eve, ive en ancien français, avec le suffixe diminutif -ette.
On retrouve ce toponyme dans le nom de plusieurs communes situées dans la région de Rambouillet : Saint-Léger-en-Yvelines, La Queue-les-Yvelines (depuis 1883), Saint-Arnoult-en-Yvelines (depuis 1922), Vieille-Église-en-Yvelines (depuis 1940), Le Perray-en-Yvelines (depuis 1948), qui marquent ainsi leur rattachement à la région naturelle de l'Yveline. Il tend plus récemment à être ajouté au nom d'autres communes, telles Dampierre-en-Yvelines (depuis 1974), Prunay-en-Yvelines (depuis 1979), ou Trappes-en-Yvelines (non encore officialisé) ou de communautés d'agglomération comme Saint-Quentin-en-Yvelines (nom de la ville nouvelle créée en 1970), ou Mantes-en-Yvelines (communauté d'agglomération créée en 1999).
C'est le poète Jehan Despert qui est "l'inventeur" du nom Yvelines pour ce nouveau département : il le proposa au premier président du Conseil général Jean-Paul Palewski, ajoutant malicieusement qu'« avec un s, Yvelines, ça faisait plus riche »...


Le territoire actuel des Yvelines est peuplé depuis les temps préhistoriques, en particulier sur les rives de la Seine où la présence de l'homme remonte à l'Elstérien supérieur (deuxième époque glaciaire du Pléistocène), il y a environ 400 000 ans. On a retrouvé dans les alluvions de la Seine (boucles de Moisson et de Guernes) et dans les limons des plateaux de nombreux vestiges des civilisations acheuléennes (Paléolithique inférieur), moustériennes (Paléolithique moyen). D'autres sites attestent de l'implantation d'Homo sapiens dans la région depuis le Paléolithique supérieur jusqu'à l'âge du fer. Les restes de monuments mégalithiques de la fin du Néolithique (environ 3000 ans av. J.-C.), notamment des sépultures collectives (allées couvertes) sont encore en place surtout dans le nord du département : notamment l'« Allée de la Justice » à Épône, la « Cave aux Fées » à Brueil-en-Vexin, le dolmen de la Pierre Ardoue à Saint-Léger-en-Yvelines.
La période gauloise, au cours de laquelle la région se trouvait principalement dans le domaine des Carnutes, a laissé divers vestiges, le site le plus remarquable étant le sanctuaire celtique (fanum) de Bennecourt qui se trouvait à la frontière entre les cités des Carnutes, des Aulerques et des Véliocasses et qui a subsisté jusqu'à l'époque gallo-romaine.
De l'époque gallo-romaine on a pu reconnaître plusieurs sites, dont celui de Diodurum46 (près de Pontchartrain), vicus des Carnutes qui se trouvait au croisement de deux importantes voies romaines ainsi que plusieurs villae, notamment à Richebourg, Limetz-Villez et aux Mesnuls (La Millière), et un sanctuaire (mithraeum) dédié au dieu Mithra à Septeuil. Un réseau de voies romaines assez développé quadrillait le territoire. Reconnu par diverses méthodes alliant les observations sur le terrain à la prospection aérienne, il comportait de grands axes est-ouest et nord-sud reliant Paris à la Normandie et Beauvais à Chartres, et trois points de franchissement de la Seine à Mantes, Meulan et Poissy.
De l'époque mérovingienne, on a retrouvé de nombreuses nécropoles, dont la plus importante se trouve à Vicq au centre du département. La présence de croix dans les sépultures atteste de la christianisation du territoire entre le IVe et le VIIIe siècle.
Au cours du IXe siècle, les Vikings remontent la Seine pour attaquer Paris et ravagent les régions traversées, massacrant par exemple les pêcheurs de Croissy en 845 et établissant un camp d'hivernage dans une île à Jeufosse vers 855. Les raids ne prennent fin qu'avec le traité de Saint-Clair-sur-Epte conclu en 911.
À l'époque des rois capétiens, le territoire des Yvelines, bordé à l'ouest par la Duché de Normandie, entre progressivement dans le domaine royal. En 987, à l'avènement d'Hugues Capet, seule la chatellenie de Poissy, qui couvre le pays du Pincerais, en fait partie. De nombreux seigneurs locaux sont les vassaux du roi de France, mais certaines familles puissantes contestent sa suzeraineté : les comtes de Meulan, les comtes de Vexin au nord, les comtes de Montfort, les seigneurs de Rochefort au sud et ne seront soumises que sous Philipe Auguste.
À cette époque le territoire se couvre de châteaux forts, dont il subsiste certains vestiges, ainsi que d'abbayes et prieurés.


Le territoire des Yvelines vit se dérouler de nombreux conflits pendant la guerre de Cent Ans. En 1316, Mantes, Meulan, Bréval, Montchauvet sont données par le roi Philippe V le Long à son oncle Louis de France, comte d'Evreux, dernier fils de Philippe III le Hardi. A sa mort, la ville passe à son fils Philippe III, roi de Navarre et comte d'Evreux puis en 1343, à la mort de ce dernier, à son fils Charles II de Navarre dit Le Mauvais.
En 1346, la chevauchée d’Édouard III éprouve durement le territoire. Après avoir pris la Normandie, les Anglais occupent et pillent les villes de la vallée de la Seine, Mantes, Meulan et Poissy, où le roi d'Angleterre Édouard III s'installe dès le mois d'août et juste avant la bataille de Crécy. Du 13 au 16 août 1346, c'est la chevauchée du prince de Galles, Édouard de Woodstock, fils aîné d'Édouard III d'Angleterre, dit « le Prince noir », âgé de seize ans, qui partant de Poissy incendie l'abbaye de Joyenval et le château de Saint-Germain et poursuit ses dévastations vers l'est jusqu'à Bourg-la-reine.
En 1364, Charles V attaque les possessions de Charles II de Navarre. Prenant prétexte des méfaits de brigands retranchés à Rolleboise qu'il cherche à combattre, Bertrand du Guesclin parvient à pénétrer à Mantes et à s'emparer de la ville le 7 avril 1364, puis de Meulan le 11 avril. Ces terres seront restituées à Charles V au traité d'Avignon de 1365 en échange de Montpellier.
Retombée ensuite sous le joug anglais, Mantes-la-Jolie n'est définitivement libérée qu'en 1449.


En 1561, du 9 au 26 septembre, se tient à l'initiative de Catherine de Médicis le colloque dit de Poissy, qui réunit 46 prélats catholiques, 12 ministres du culte protestant et une quarantaine de théologiens afin de maintenir la paix religieuse en France. Mais l'assemblée, prolongée au château de Saint-Germain-en-Laye, se termine sur un échec.
Le 17 janvier 1562, Catherine de Médicis fait signer au roi Charles IX, alors âgé de douze ans, l'édit de Saint-Germain, un édit de tolérance qui autorise les réformés à pratiquer leur religion dans certaines conditions mais qui n'empêche pas le déclenchement des guerres de religion. Celles-ci frappent la région, Poissy est prise et pillée par les Huguenots en 1567
En 1631, le roi Louis XIII fit construire le premier château de Versailles sur l'emplacement d'un pavillon de chasse acquis en 1624, et en 1632 acquiert les droits seigneuriaux de Versailles.
En 1682, Louis XIV décide de transférer la Cour à Versailles.
En 1760, Christophe-Philippe Oberkampf crée à Jouy-en-Josas la manufacture de toiles imprimées (connues sous le nom de toile de Jouy), qui deviendra manufacture royale en 1783.
Versailles, ville du roi et siège du gouvernement, fut aussi le théâtre d'événements de portée nationale qui marquèrent la première phase de la Révolution au cours de l'été 1789 : le 4 mai, l'ouverture des États généraux qui se forment en « Assemblée nationale » le 17 juin, puis le 20 juin, les députés du tiers état réunis dans la salle du Jeu de paume prêtent le serment du Jeu de paume et s’engagent à ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution écrite à la France, enfin le 9 juillet, l'Assemblée se proclame Assemblée constituante. Dès l'automne 1789, Versailles est désertée par le roi, l'Assemblée et les administrations, partis à Paris, et perd rapidement la moitié de sa population qui tombera à moins de 27 000 habitants en 1806.
Le 4 mars 1790, c'est la création du département de Seine-et-Oise, dont le chef-lieu est fixé à Versailles. La ville récupère ainsi l'administration du département, qui comprend une assemblée de 36 membres et un directoire de huit membres. Ces organes de direction étaient flanqués de « représentants du peuple en mission » qui exerçaient la réalité du pouvoir.
Le 9 septembre 1792 et les jours suivants, Versailles fut le théâtre de massacres à l'encontre de prisonniers d'Orléans dont le convoi passait par la ville. On estime le nombre de victimes à 70


À la chute de Napoléon, Versailles et une grande partie des Yvelines sont occupées par l'armée prussienne en 1814, puis après Waterloo en 1815. La bataille de Rocquencourt remportée le 1er juillet 1815 par le général français Exelmans fut sans lendemain, l'état-major français ayant décidé de signer l'armistice dès le 3 juillet suivant.
La guerre franco-prussienne de 1870 a particulièrement touché le territoire des Yvelines, les troupes prussiennes qui assiègent Paris font leur entrée à Versailles dès le 2 septembre 1870 et soumettent tout le département à des réquisitions et commettent des exactions en représailles aux actions des francs-tireurs. Des villages sont incendiés, tel Mézières-sur-Seine le 22 septembre de la même année
Le 18 janvier 1871, humiliation suprême pour les Français, le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume Ier, se fait proclamer empereur d'Allemagne dans la Galerie des Glaces. Le château de Versailles fut par la suite le cadre d'un autre événement historique : la signature le 28 juin 1919 du Traité de Versailles qui mit fin à la Première Guerre mondiale entre les Alliés et l'Allemagne. Revanche voulue par Clemenceau : la cérémonie eut lieu dans la même galerie des Glaces. La même année est signé avec l'Autriche-Hongrie le traité de Saint-Germain, suivi en 1920 du traité de Trianon
De 1871 à 1879, le gouvernement de la Troisième République siège à Versailles. Par la suite et jusqu'en 1953, l'élection du Président de la république par les deux chambres du parlement se fait à Versailles à 17 reprises
Au tournant des XIXe et XXe siècles, les Yvelines sont le théâtre de plusieurs épisodes des débuts de l'aviation. En particulier, Clément Ader fit en 1890 un de ses premiers vols avec Éole sur le plateau de Satory, puis le 14 octobre 1897 avec l'Avion no 3, son premier vol de 300 mètres. L'essai se termina par la destruction de l'appareil et Ader, sans soutien financier de l'État abandonna ses recherches
L'année 1910 est marquée par la grande crue de la Seine, considérée comme la crue de référence centennale de la Seine, qui affecte les communes riveraines du fleuve entre le 20 janvier et le 2 février.
En 1925, l'exécution de Landru à Versailles marque l'épilogue d'une célèbre affaire criminelle qui s'est déroulée notamment à Vernouillet et Gambais.
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les Yvelines sont occupées par l'armée allemande dès le 13 juin 1940, alors que la majeure partie de la population avait fui devant l'avance allemande, c'est l'exode qui laissa presque vides pendant quelques mois la plupart des agglomérations. Ainsi à Versailles, il ne subsiste que 10 000 habitants sur 60 000.
L'année 1944 est marquée par les bombardements alliés qui visent notamment les ponts sur la Seine, les gares et les zones industrielles. Certains font de nombreuses victimes parmi la population, comme à Trappes, à Mantes-la-Jolie dont le centre ancien est dévasté et à Versailles. La libération du département par l'armée américaine intervient entre le 19 et le 26 août 1944. Elle s'accompagne de drames comme le massacre de 27 résistants à Chatou le 25 août, la veille de la libération de la ville65.
En 1951, le quartier général du commandement allié en Europe (SHAPE, Supreme Headquarters Allied Powers Europe) s'installe dans le camp Voluceau à Rocquencourt, où il resta jusqu'en 1967, année de son transfert en Belgique.

 
 

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Dernière édition par saintluc le Ven 4 Nov - 07:42 (2016); édité 1 fois
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saintluc
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MessagePosté le: Jeu 3 Nov - 07:38 (2016)    Sujet du message: (78) YVELINES Répondre en citant

Versailles est une commune située dans le département des Yvelines, dans la région Île-de-France, mondialement connue pour son château ainsi que pour ses jardins, sites classés sous l’égide de l'UNESCO dans la liste du patrimoine mondial de l’humanité.
Ville nouvelle, créée par la volonté du roi Louis XIV, elle fut le siège du pouvoir politique français pendant un siècle, de 1682 à 1789, avant de devenir le berceau de la Révolution française. Après avoir perdu son statut de ville royale, elle devint le chef-lieu d’un département, celui de Seine-et-Oise en 1790 puis celui des Yvelines en 1968, et d'un évêché. Versailles est aussi historiquement connue pour avoir été le lieu de signature de nombreux traités comme le Traité de Paris (1783), qui termina la Guerre d'indépendance américaine et le traité de Versailles signé à l'issue de la Première Guerre mondiale.

Située dans la banlieue ouest de la capitale française, à 17,1 km du centre de Paris, Versailles est au xxie siècle une ville résidentielle aisée avec une économie principalement tertiaire et constitue une destination touristique internationale de premier plan. C'est toujours à Versailles que se réunissent en congrès au château, députés et sénateurs, pour y ratifier toute modification de la constitution. Siège de l'Université Versailles-Saint-Quentin (UVSQ) et accueillant de nombreuses entreprises, la ville fait partie du projet de cluster technologique Paris-Saclay.

Versalliis en 1038, Versalias en 1075, Versliæ en 1095, Versaliae en 1308, Versailles en 1370.
Les plus anciennes mentions de Versailles étant médiévales, il est impossible de savoir si cette formation toponymique est antérieure. Cependant, comme Versailles est généralement un microtoponyme, il est probablement peu ancien. Il remonte ultimement à un type gallo-roman VERSALIAS, basé sur le radical VERS-, de versus, terme latin désignant le « versant ». Il est suivi du suffixe -ALIA.
Les formes latines sont des latinisations de l'ancien français, destinées à s'insérer dans des chartes, pouillés, cartulaires rédigés en latin, langue de l'église et de l'administration jusqu'au xvie siècle.
Il faut sans doute y voir plutôt un dérivé roman de verser au sens de « renverser », terme décrivant l'action de la charrue qui « renverse » la terre, d'où l'ancien français versa(i)l « terres défrichées, labourées » ou éventuellement le « sillon résultant du labourage », dans lequel le suffixe -a(i)l a fait place à -aille suffixe collectif ou péjoratif. L'ancien français versail avait aussi le sens d'« endroit uni et débarrassé des mauvaises herbes pour servir de place de tir à l´arbalète ».

D'autres tentatives ont été faites pour attribuer au nom de lieu Versailles, une autre origine, mais elles sont mal étayées.
Le toponyme aurait pour base une hypothétique racine gauloise *sigl « marais » , le premier élément serait alors le gaulois ver(o) « au-dessus, sur, super- », d'où le sens global d'« au-dessus du marais », cette hypothèse n'a pas été reprise par les principaux toponymistes et les spécialistes modernes du gaulois. C'est en effet indémontrable car aucune forme ancienne ne vient étayer cette hypothèse, de plus le gaulois *sigl n'est pas attesté et semble être une création ad hoc de François Falc'hun à partir du brittonique dont il est spécialiste.
C'est pourquoi certains ont voulu comparer avec des toponymes dont la forme moderne ressemble apparemment à Versailles et qui avoisineraient des marais : Verseilles-le-Bas (Haute-Marne), Verseuil (Marne), Versillat (Creuse), Versailleux (Ain), etc. localités entourées de marais. Cependant les formes anciennes de ces différents toponymes ne permettent pas ce rapprochement avec les Versailles, en effet, les Verseilles ont des formes anciennes du type Vercilles (en 1234) et se rattachent à Vercel, dont le radical est VERC- et non pas VERS-, Versillat est un ancien *Verciliacum et Versailleux (Vassaleu 1191, Vassailliacus 1258), également un toponyme en -acum, dont le premier élément est radicalement différent puisqu'il s'agit du nom de personne gaulois Vassalus, la forme moderne étant justement liée à l'attraction d'un Versailles.
À l'époque de sa création au xviie siècle, la cité nouvelle, qui correspond à l'actuel quartier Notre-Dame, fut parfois appelée La Villeneuve Saint-Louis en hommage à son créateur, mais c'est finalement le nom du château, Versailles, qui a prévalu

Le château de Versailles est un château et un monument historique français qui se situe à Versailles, dans les Yvelines, en France. Il fut la résidence des rois de France Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Le roi et la cour y résidèrent de façon permanente du 6 mai 1682 au 6 octobre 1789, à l'exception des années de la Régence de 1715 à 1723.
Le château est constitué d'une succession d'éléments ayant une harmonie architecturale. Il s'étale sur 63 154 m², répartis en 2 300 pièces, dont, actuellement, 1 000 pièces de musée.
Le parc du château de Versailles s'étend sur 815 ha, contre environ 8 000 ha avant la Révolution française, dont 93 ha de jardins. Il comprend de nombreux éléments, dont le Petit et le Grand Trianon (qui fut également résidence de Napoléon Ier, Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe Ier, et Napoléon III), le hameau de la Reine, le Grand et le Petit Canal, une ménagerie (aujourd’hui détruite), une orangerie et la pièce d'eau des Suisses.


En 1623 Louis XIII, atteint d’agoraphobie et pris d'un besoin de retraite spirituelle décide de faire construire un modeste pavillon de chasse en brique et pierre au sommet du plateau de Versailles, sur le chemin allant de Versailles à Trianon, en un lieu appelé le Val-de-Galie. Il fait acheter le 23 mars 1624 le moulin et la maison du meunier sis sur la butte entourée de marais. On ignore le nom de l'architecte mais le maître maçon se nomme Nicolas Huaut. Comme le mentionne le marché publié par Jean Coural en 1959, le bâtiment consiste alors en un simple corps de logis de 35 mètres de long sur 5,80 mètres de large, s'élevant sur trois niveaux (trois étages : rez-de-chaussée, premier étage et galetas) à sept travées auquel s'ajoutent deux ailes en retour, légèrement plus basses (deux étages) et également en sept travées, de 27,30 mètres de long sur 4,85 mètres de large. L'ensemble est entouré de fossés précédés d'une terrasse et d'un jardin de deux hectares dessiné par l'intendant des jardins du roi Jacques Boyceau. L'avant de la cour est fermé par un mur percé d'une porte cochère surmontée d’un tympan sculpté aux armes royales. Louis XIII participe personnellement à l'élaboration du plan de ce premier édifice et en prend possession le 9 mars 1624.

S’il constitue son rendez-vous de chasse favori, il ne forme pourtant qu’une construction rustique et purement utilitaire. La disposition bastionnée de terre et les fossés qui l’entourent, rappellent encore certaines constructions féodales. Ses matériaux de médiocre qualité (moellon avec mortier de chaux et sable enduit d'un crépi, encadrement des fenêtres en fausses pierres de plâtre) rappellent quant à eux l'hôtel de Guénégaud.
Louis XIII achète à Jean de Soisy un terrain dont la famille de celui-ci est propriétaire depuis le xive siècle et y fait bâtir cette nouvelle habitation. Dans sa petite demeure, il reçoit de temps à autre sa mère Marie de Médicis et son épouse Anne d’Autriche. Elles ne font qu’y passer sans jamais y coucher, le château de Louis XIII ne comportant pas d'appartement pour les femmes.
L’appartement du roi comprend une petite galerie où était accroché un tableau représentant le siège de La Rochelle, puis viennent quatre pièces dont les murs sont couverts de tapisseries. Le salon du roi occupe le centre de l’édifice, emplacement qui correspond aujourd'hui à celui du lit de Louis XIV.

Le 11 novembre 1630, le cardinal de Richelieu se rend secrètement à Versailles dans le but de regagner la confiance du roi en dépit des pressions exercées sur ce dernier par la reine-Mère et le parti dévot. Cet événement sera connu, plus tard, sous le nom de Journée des dupes et constitue pour le château le premier acte politique d'importance avant qu'il ne devienne une résidence d'État. Richelieu resta Premier ministre et la reine-Mère fut exilée.
Ce château est surnommé à cause de sa petite taille « le chétif château », ou « le chestif chasteau » en ancien français, par le maréchal de Bassompierre. Saint-Simon l'appelle aussi « le château de cartes », à cause de ses couleurs (les briques rouges, le toit d'ardoises noires et la pierre blanche) qui rappellent celles d'un jeu de cartes, ou « le méchant cabaret à rouliers » pour souligner ainsi la modestie de la construction de Louis XIII par rapport à celle de son fils. Un inventaire de 1630 fait en effet état uniquement pour l'appartement du roi au premier étage de quatre pièces tendues de tapisseries, d'une antichambre, d'une garde-robe, d'un bureau et d'une chambre

Le 8 avril 1632, Louis XIII rachète le domaine de Versailles à Jean-François de Gondi, archevêque de Paris.
En mai 1631 débutent des travaux d’agrandissement qui sont dirigés par l’ingénieur-architecte Philibert Le Roy : à chaque angle sont ajoutés des petit pavillons en décroché, les ailes sont remaniées ; en 1634, le mur fermant la cour est remplacé par un portique en pierre à six arcades garnies de ferronneries. Le nouveau château reçoit sa première décoration florale ; les jardins sont agencés « à la française » par Boyceau et Menours, décorés d’arabesques et d’entrelacs. Les crépis sur moellons sont remplacés par des façades de briques et de pierre. Une terrasse servant de promenade, avec une balustrade décorée d’oves, est aménagée en 1639 devant la façade principale du château au-dessus du parterre qui est accessible par un escalier. Ce château correspond actuellement à la partie en U qui entoure la cour de marbre.
En 1643, sentant sa mort approcher, Louis XIII déclare : « Si Dieu me rend la santé, disait-il à son confesseur, le jésuite Jacques Dinet, j'arrêterai le cours du libertinage, j'abolirai les duels, je réprimerai l'injustice, je communierai tous les huit jours, et sitôt que je verrai mon dauphin en état de monter à cheval et en âge de majorité, je le mettrai en ma place et je me retirerai à Versailles avec quatre de vos Pères, pour m'entretenir avec eux des choses divines et pour ne plus penser de tout qu'aux affaires de mon âme et de mon salut».
Le 14 mai, il meurt laissant le royaume à son fils Louis XIV, âgé de quatre ans et trop jeune pour gouverner. Sous la régence d’Anne d'Autriche, Versailles cesse alors d'être une résidence royale pendant presque dix-huit ans

À la mort de Louis XIII, le 14 mai 1643, son descendant, le jeune Louis XIV, n'est âgé que de quatre ans et huit mois. Selon un édit du défunt roi passé en avril, le gouvernement de la France est alors confié à sa veuve, Anne d'Autriche, assistée d'un conseil de régence comprenant le duc d'Orléans, lieutenant-général du royaume, le cardinal Mazarin, le chancelier Séguier, les secrétaires d'État Bouthillier et son fils Chavigny. Mais la reine, qui ne souhaite pas gouverner avec ces créatures placées par Louis XIII et feu le cardinal de Richelieu, obtient du Parlement, le 15 mai 1643 l'administration du royaume et l'éducation du jeune roi. Bien vite, cependant, la reine prend conscience de l'extrême difficulté à exercer seule le pouvoir. Elle fait donc appel au cardinal Mazarin en lui donnant, le 18 mai 1643, le poste de premier ministre. Elle fait également de lui le tuteur de son fils. Le lendemain de la mort du roi, Louis et son jeune frère, le duc Philippe d’Anjou, ont quitté Saint-Germain-en-Laye pour s’installer à Paris, au Palais-Cardinal, rebaptisé Palais-Royal
On sait que le futur Louis XIV était venu une première fois à Versailles en octobre 1641 avec son frère, pour échapper à une épidémie de vérole qui frappait Saint-Germain-en-Laye. Après la mort de Louis XIII, le petit pavillon de chasse de Versailles, avec son architecture de brique et pierre désuète, tombe dans un oubli relatif. Jusque-là supervisé par Claude de Saint-Simon, père du célèbre mémorialiste, le domaine royal est administré, sans grande conviction, à partir de 1645 par le président au parlement de Paris, René de Longueil, qui prend la charge de capitaine des chasses et par Nicolas du Pont de Compiègne qui devient intendant. La terre de Versailles survit chichement avec 4 000 livres annuelles tirées du produit de ses fermes.

Le jeune Louis se rend à Versailles le 18 avril 1651, pour une partie de chasse, où il est reçu par le capitaine des chasses de Longueil. Il revient dîner sur les lieux les 15 et 28 juin. Les troubles causés à Paris par la Fronde des princes contraignent le roi et la régente à un séjour forcé de trois mois à Poitiers d'octobre 1651 à janvier 1652. Au terme d'un voyage de retour de plusieurs mois, Anne d'Autriche et son fils font étape à Versailles le 27 avril 1652 pour dîner avant de rejoindre Saint-Germain-en-Laye. Le 14 novembre, le roi accompagné de Monsieur, son frère, et d'une partie de la cour va « prendre le divertissement de la Chasse à Versailles ». Il y retourne pour la même occupation les 8 et 22 janvier 1653. Le 3 avril, le jeune Louis passe la nuit à Versailles et y retourne deux semaines plus tard pour chasser. Le 20 mai, il vient chasser le renard en compagnie du cardinal Mazarin et reste dormir sur place.
Du fait de ces visites régulières, on remplace, dans la charge de capitaine des chasses, le président de Longueil, peu impliqué dans la gestion du domaine, par Louis Lenormand, sieur de Beaumont, le 28 juin 1653. Mais l'intérêt du souverain pour Versailles ne se confirme pas. Le jeune monarque de 14 ans préfère aller chasser à Vincennes. En cinq années, il ne vient à Versailles que quatre fois, de la fin 1654 à l'automne 1660. Le domaine traverse alors une période de déshérence et d’irrégularités, marquée par les querelles violentes entre le colérique concierge du château, Henry de Bessay, sieur de Noiron (nommé en 1654) et le jardinier Guillaume Masson (nommé en 1652). En mars 1665 Noiron tire un coup de pistolet sur Masson et le menace de son épée. Le jardinier indélicat, quant à lui, exploite le parc à son profit en détournant du foin ou du bois, et en utilisant les terres comme pâturages pour ses bêtes ou celles de propriétaires des environs.
La situation ne s’améliore guère par la suite. Pour des raisons administratives, l’intendant Nicolas du Pont de Compiègne démissionne de sa charge. À sa place on nomme, le 11 mars 1659, Louis Lenormand, sieur de Beaumont, qui cumule donc la charge d’intendant avec celle de capitaine des chasses dont il est titulaire depuis cinq ans. Mais M. de Beaumont se décharge des fonctions d’intendance, qui ne correspondent pas à son rang, sur son propre intendant, Denis Raimond qui se révèle peu efficace. Le laisser-aller règne sur le domaine royal, encore aggravé par l’assassinat, en forêt de Saint-Germain-en-Laye, de M. de Beaumont, le 3 mai 1660

En septembre 1660, le roi amorce la reprise en main du domaine. Au lieu de donner un successeur à M. de Beaumont, il donne commission d’intendance à son proche serviteur, Jérôme Blouin, premier valet de chambre du roi, « ayant clefs des coffres de nostre chambre et couchant en icelle». Ce dernier remet de l'ordre dans la gestion du domaine en congédiant, sur ordre du roi, le jardinier Hilaire II Masson, accusé de déprédations. Louis XIV demande également que l'inventaire du château soit vérifié. Et le concierge Henry de Bessay, sieur de Noiron doit, sur ordre du roi du 11 octobre 1660, se retirer à Saint-Germain-en-Laye Quatre mois après son mariage avec Marie-Thérèse d'Autriche45, Louis XIV va « prendre le divertissement de la Chasse» avec son épouse à Versailles, le 25 octobre 1660. C’est à cette époque que l’intérêt du roi pour le domaine de son père se manifeste de façon explicite. Il envisage d’agrandir le jardin et de créer un nouveau parc d’une « étendue considérable». Dès le mois de novembre, Blouin se met en quête de financements pour ces travaux à venir. À cet effet, il remet en vente le fermage de la seigneurie et parvient non sans difficulté à le faire accepter par le receveur-fermier alors en place, Denis Gourlier, pour la somme de 5 200 livres.

Le premier changement effectif à Versailles concerne le verger. Le roi souhaite en faire régulariser la forme et augmenter la surface. Il veut également le clore d’un mur. Il ordonne que les terrains nécessaires à cette opération soient mis à sa disposition au 31 décembre 1660. Entre l’automne 1660 et le début de 1661, les travaux d’arpentages sont menés. Le 9 mars 1661, alors que le cardinal Mazarin vient de mourir, Louis XIV annonce qu’il exercera le pouvoir directement, sans nommer un nouveau Premier ministre. Le lendemain, sa première décision officielle consiste en la nomination de Jean-Baptiste-Amador de Vignerot Du Plessis, marquis de Richelieu, comme capitaine des chasses en remplacement de M.de Beaumont assassiné en 1660. Mais la gestion du domaine de Versailles, non mentionnée dans la capitainerie attribuée à Du Plessis, demeure sous le contrôle de Blouin.
Dans les premiers mois de 1661, le roi charge le peintre Charles Errard de remettre en état les appartements du château. Mais avec la naissance prochaine du dauphin et le mariage à venir de Monsieur, frère du roi, la famille royale va s'agrandir. Il faut donc procéder rapidement à un réaménagement de la distribution des pièces. Le rez-de-chaussée et l'étage sont divisés en appartements royaux ou princiers, desservis par deux nouveaux escaliers dans les ailes latérales. L'escalier de Louis XIII au centre du corps de logis est supprimé.
L'historiographie romantique veut que les architectes et jardiniers de Versailles Charles Le Brun, André Le Nôtre et Louis Le Vau se soient inspirés du château de Vaux-le-Vicomte, mais en fait Louis XIV n'a pas eu à capter tous ces talents au service de Nicolas Fouquet au profit de la monarchie puisqu'ils sont au service du roi depuis des années

Sans compter des modifications mineures effectuées à partir de 1661, auxquelles le roi ne consacra qu’une somme modeste d’un million et demi de livres, les phases de construction se déclenchèrent en 1664 avec la première campagne de construction. En dépit des résultats de la construction d’un des plus merveilleux palais d’Europe, les poursuites de Louis XIV déclenchèrent des critiques sournoises parmi ses courtisans. Il reste cependant des témoignages de ces secrètes oppositions ; le lieu parut surtout mal choisi ; Saint-Simon le rapportant ainsi : Versailles, lieu ingrat, triste, sans vue, sans bois, sans eaux, sans terre, parce que tout est sable mouvant et marécage, sans air, par conséquent qui n’est pas bon.
À cette époque, Versailles n’était qu’une résidence d’agrément, où des fêtes étaient données dans les jardins, le Louvre demeurant officiellement le palais royal. Dans une lettre restée célèbre, Colbert se plaignit d’ailleurs que Louis XIV délaissât le Louvre :
« Pendant le temps qu'elle a dépensé de si grandes sommes en cette maison, elle a négligé le Louvre, qui est assurément le plus superbe palais qu'il y ait au monde et le plus digne de la grandeur de Nostre Majesté. Et Dieu veuille que tout d'occasions qui la peuvent nécessiter d'entrer dans quelque grande guerre, en luy ostant les moyens d'achever ce superbe bastiment, ne luy donnent pas longtemps le déplaisir d'en avoir perdu le temps et l'occasion ! ...
Ô quelle pitié, que le plus grand roy et le plus vertueux, de la véritable vertu qui fait les plus grands princes, fust mesuré à l'aune de Versailles! »

Cette phase de construction résultait des exigences de logement pour les membres de la cour invités au divertissement nommé fête des Plaisirs de l’Île enchantée. Au cours des fêtes de 1664 et 1668, les courtisans mesurèrent l’incommodité du petit château, car beaucoup ne trouvèrent pas de toit pour dormir. Le roi, désireux d’agrandir celui-ci, confia cette tâche à Le Vau qui présenta plusieurs projets. Le premier prévoyait la destruction du château primitif et son remplacement par un palais à l’italienne. Le deuxième projet proposait d’agrandir le château, côté jardin, par une enveloppe de pierre. Sur les conseils de Colbert, le roi opta pour la seconde solution. Tenue pendant une semaine en mai 1664, Louis XIV présenta le divertissement – une prélude en allégorie de la Guerre de Dévolution – comme hommage officiel à sa mère, Anne d'Autriche et à sa femme, Marie-Thérèse d'Autriche ; mais, en réalité, le roi offrit la fête à sa favorite, Louise de La Vallière.

À partir de1664, Louis XIV fit aménager Versailles de façon à pouvoir y passer plusieurs jours avec son Conseil et membres de la Cour. Il décida de conserver le château initial bâti par Louis XIII, plus pour des raisons financières que sentimentales. Le Vau tripla la superficie du château, qui fut décoré avec beaucoup de luxe, en reprenant notamment le thème du soleil, omniprésent à Versailles. Le jardin de Versailles, particulièrement apprécié par Louis XIV, fut orné de sculptures de Girardon et de Le Hongre.
En 1665, les premières statues sont installées dans le jardin et la grotte de Téthys construite. La première orangerie, la ménagerie et la grotte de Téthys caractérisèrent la construction à cette époque. Deux ans plus tard, commença le creusement du Grand Canal

La deuxième campagne de construction fut inaugurée avec le Traité d’Aix-la-Chapelle, le traité qui a mis fin de la Guerre de Dévolution, et fut célébrée par la fête qui aura lieu le 18 juillet 1668. Connue sous le terme de « Grand Divertissement Royal de Versailles », elle sera marquée par la création de Georges Dandin, de Molière, et des Fêtes de l’Amour et du Hasard, de Lully. Comme lors de la fête de 1664, certains courtisans ne trouvèrent pas de toit pour dormir, ce qui conforta le Roi dans ses projets d’agrandir le château. Le projet finalement accepté fut caractérisé par une enveloppe de pierre.
À cette époque, le château commença à prendre des aspects qu’on voit aujourd’hui. La modification la plus importante de cette période fut l’enveloppe du château de Louis XIII. L’enveloppe – connue également comme le château neuf afin de se distinguer du vieux château de Louis XIII – environna celui-ci au nord, à l’ouest et au sud. Le château neuf fournit des logements nouveaux pour le roi, la reine et les membres de la famille royale. Le premier étage fut réservé complètement pour deux appartements : le Grand Appartement de la Reine (côté sud) et le Grand Appartement du Roi (côté nord). Au rez-de-chaussée du château neuf, deux appartements furent aménagés : l’appartement des bains, côté nord ; l’appartement pour le frère et belle-sœur du roi, le duc et la duchesse d’Orléans. À l’ouest, une terrasse s'édifia sur les jardins ; celle-ci fut supprimée quelques années plus tard pour faciliter le passage entre les appartements du roi et de la reine. À son emplacement fut construite la galerie des Glaces. Au deuxième étage, des appartements furent aménagés pour d'autres membres de la famille royale et membres choisis de la cour66. À la mort de Louis Le Vau, le 11 octobre 1670, Colbert désigna les travaux architecturaux à François II d'Orbay.

Le rez-de-chaussée, constitué par un soubassement souligné par les lignes horizontales des refends, s’éclaire par des fenêtres cintrées sur les parterres.
L’étage fut pourvu de colonnes ioniques, de niches et de hautes fenêtres rectangulaires (cintrées par Mansart en 1669). Cet étage reçut un décor sculpté : statues placées dans les niches et bas-reliefs rectangulaires surmontant les fenêtres (ils disparaîtront en 1679).
Le second étage, ou attique, reçut une décoration d’ordre corinthien et fut surmonté d’une balustrade sur laquelle reposaient des trophées et des pots à feu.
Avec le traité de Nimègue, qui mit fin à la guerre de Hollande, se déclencha la troisième campagne de construction à Versailles. Sous la direction de Jules Hardouin-Mansart, le château prit les aspects ce que nous lui connaissons aujourd’hui. La galerie des Glaces avec ses salons jumeaux – le salon de la Guerre et le salon de la Paix, les ailes au nord et au sud – dits respectivement « aile de Noble » et « aile des Princes » (également « aile du Midi ») et des travaux herculéens aux jardins furent les caractéristiques de marque de cette ère du règne du Roi Soleil. À cette époque, Le Brun acheva le décor des Grands Appartements
Peu après la défaite de la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697), et vraisemblablement aussi par l’influence pieuse de Madame de Maintenon, Louis XIV se chargea d’entamer sa dernière campagne de construction à Versailles. La quatrième campagne de construction (1699-1710) fut caractérisée par l'élévation de la dernière chapelle (la chapelle du château de Versailles actuelle). Cette dernière fut dessinée par Jules Hardouin-Mansart et, après sa mort, achevée par Robert de Cotte en 1710, premiers architectes du roi. De même, l’agrandissement de l’appartement du roi fut entrepris à cette époque avec l’achèvement du salon de l'Œil-de-bœuf et la chambre du roi. Avec le parachèvement de la chapelle, virtuellement toutes les constructions du Roi Soleil touchèrent à sa fin. Les constructions versaillaises ne se poursuivront que pendant le règne de Louis XV


Réception de l'ambassade de Perse : 1715
Louis XIV organise l'année de sa mort sa dernière cérémonie à Versailles lors d'une audience extraordinaire accordée le 19 février 1715 dans la galerie des Glaces au Mehmet Rıza Beğ de Perse, l'ambassadeur du Chah Huseyin de Perse. Il est accompagné de l'Arménien Hagopdjan de Deritchan. C'est aussi la première manifestation d'envergure à laquelle assiste le futur Louis XV.
Le 13 août 1715 une seconde audience est accordée à l'ambassade qui débouche cette fois sur la signature du traité de commerce et d'amitié entre la France et la Perse. Celui-ci prévoit - notamment - l'établissement d'un consulat de Perse à Marseille, principal port de commerce avec l'Orient dont les arméniens détenaient le monopole. Hagopdjan de Deritchan est ainsi choisi pour le rôle de premier consul dans le but de faciliter leurs activités et faire reconnaître le protectorat dont ils bénéficient.
Cet événement révèle le contexte historique dans lequel Montesquieu écrit ses Lettres persanes qu'il fait éditer en 1721 à Amsterdam sous le pseudonyme « Pierre Marteau » alors que la ville comptait de nombreux marchands arméniens et perses.

 

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MessagePosté le: Ven 4 Nov - 07:40 (2016)    Sujet du message: (78) YVELINES Répondre en citant

Le traité de Versailles est un traité de paix signé le 28 juin 1919 entre l'Allemagne et les Alliés à l'issue de la Première Guerre mondiale.
Élaboré au cours de la conférence de Paris, le traité fut signé le 28 juin 1919, dans la galerie des Glaces du château de Versailles et promulgué le 10 janvier 1920. Il annonça la création d'une Société des Nations (SDN) et détermina les sanctions prises à l'encontre de l'Allemagne et de ses alliés. Celle-ci, qui n'était pas représentée au cours de la conférence, fut privée de ses colonies et d'une partie de ses droits militaires, amputée de certains territoires et astreinte à de lourdes réparations économiques.
Le lieu de la signature du traité permet à la France d'effacer symboliquement l'humiliation de la défaite lors de la guerre franco-allemande de 1870. C'est en effet dans la même galerie des Glaces, au château de Versailles, qu'avait eu lieu la proclamation de l'Empire allemand, le 18 janvier 1871
La signature du traité de Versailles le 28 juin 1919 commémore le 28 juin 1914, date de l'attentat de Sarajevo, cause de l'ultimatum austro-hongrois adressé à la Serbie, et d'une crise qui allait entraîner la mobilisation militaire des puissances européennes puis leur entrée en guerre.


Les puissances victorieuses invitèrent des représentants de territoires du monde entier à la conférence de paix, mais aucun responsable des États vaincus, ni de la Russie (désormais bolchévique), qui avait quitté la guerre en 1917. Certaines personnalités eurent une influence déterminante. On en retient habituellement les dirigeants de cinq des principales puissances victorieuses  : Lloyd George, Premier ministre britannique, Vittorio Orlando, président du Conseil italien, Milenko Vesnić ministre de Serbie, Georges Clemenceau, chef du gouvernement français et ministre de la Guerre, et Woodrow Wilson, le président des États-Unis.
 Chaque représentant est libre de travailler à la rédaction du traité, mais les positions de ces hommes divergent. Le président américain veut mettre en place la nouvelle politique internationale dont il a exposé les principes directeurs dans ses quatorze points. Pour lui, la nouvelle diplomatie doit être fondée sur le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes », tout en concédant la création juridique des mandats de la Société des Nations, qui ne diffèrent des colonies que sur le papier, et sur la collaboration entre États. Il dispose d'un grand prestige et surtout d'une puissance économique sans égale, face aux Européens ruinés et saignés. Il cherche à ménager l'Allemagne, à la fois pour éviter que l'esprit revanchard ne s'y développe et pour y retrouver un partenaire économique.
Lloyd George, dans un premier temps, tient à «presser le citron jusqu’à ce que les pépins craquent» . Mais à partir de mars 1919, il considère l'Allemagne suffisamment affaiblie et veut au contraire éviter une suprématie française : fidèle à la doctrine de l'équilibre des puissances continentales, il décide alors d'éviter qu'aucun des deux rivaux n'acquière une trop grande force .
Clemenceau, au contraire, cherche à imposer au vaincu le paiement de lourdes indemnités pour limiter sa puissance économique et politique, et pour financer la reconstruction de la France, ainsi que la récupération de l'Alsace-Lorraine, voire l'annexion d'autres territoires (Sarre, etc.).
Orlando tient essentiellement à récupérer les terres irredentes.

La signature du traité fut retardée de plusieurs mois par le coup de force de Gabriele D'Annunzio qui s'empara de la ville de Fiume. Il fallut attendre l'intervention de la marine italienne en décembre 1920 pour que le traité de Rapallo, instaurant l'État libre de Fiume, puisse s'appliquer et permettre la proclamation officielle du traité de Versailles. C'est lors de ces événements que Georges Clemenceau fait appel au général Humbert, mis à disposition de son gouvernement militaire quelques mois plus tôt par le général Mordacq, et l'envoie en Adriatique par Fiume et les territoires revendiqués par les Italiens. Les forces interalliées dans les Balkans et l'Adriatique constatent cet impérialisme italien qui contrevient au traité de Versailles embryonnaire ; Lloyd George et Clemenceau s'inquiètent de ce comportement agressif qui prolonge les tensions de la guerre, tandis que Woodrow Wilson voit dans ces revendications une menace au « droit des Serbes et des Slaves à disposer d'eux-mêmes ». La prise de Fiume laisse entrevoir le militarisme et le nationalisme de l'Italie six ans avant Mussolini.
La première partie du Traité établit une charte pour une Société des Nations. Elle reprend l'idéal wilsonien d'une diplomatie ouverte, organisée par un droit international. La treizième partie pose les principes du Bureau international du travail. Le reste du traité est essentiellement consacré aux conditions de la paix en Europe. Un principe, énoncé à l'article 231, structure l'ensemble : l'Allemagne et ses alliés sont déclarés seuls responsables des dommages de la guerre (que l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie avaient effectivement déclarée en 1914). Ce principe justifie les exigences très lourdes des vainqueurs à l'égard de l'Allemagne.

La seconde partie du traité définit les frontières de l'Allemagne, mais dans plusieurs régions, le tracé définitif est remis à plus tard. L'indépendance des nouveaux États de Pologne et de Tchécoslovaquie est également affirmée. L'indépendance de l'Autriche, dans son nouveau périmètre, est également protégée : il est interdit à l'Allemagne de l'annexer (art. 80).
L'Allemagne est amputée de 15 % de son territoire et de 10 % de sa population au profit de la France, de la Belgique, du Danemark, et surtout de la Pologne, nouvellement recréée. Il s'agit essentiellement de régions que l’Allemagne avait naguère conquises par la force. Les principales transformations territoriales sont :
   la restitution à la France de l’Alsace et de deux départements lorrains (la Moselle et la Meurthe) (art. 27) ;
    l’intégration à la Belgique des cantons d'Eupen et de Malmedy, dont la Vennbahn (art. 27) ;
    la possibilité pour le Danemark de récupérer certains territoires du nord de l'Allemagne où se trouvent des populations danoises, bien que le Danemark n'ait pas participé militairement au conflit ; la décision doit être soumise à un vote de la population locale (art. 109 à 111). Le référendum a lieu en 1920, avec pour résultat que les villes d'Aabenraa, Sønderborg et Tønder deviennent danoises ;
    le territoire du Bassin de la Sarre est placé sous administration internationale pour quinze ans et son statut définitif doit être soumis à référendum ;
    d'importants territoires qui se trouvaient dans l'est de l'Allemagne sont attribués au nouvel État polonais (art.28) ; dans certaines régions, le statut définitif n'est pas décidé, il doit être déterminé par une commission ou par un référendum dans la zone concernée (art. 87 à 93) ; Dantzig devient une ville libre, ce qui garantit l'accès de la Pologne à la mer, mais a aussi pour effet de séparer la Prusse-Orientale, restée allemande, du reste de l'Allemagne par le corridor de Dantzig.

De nombreuses mesures sont prises pour limiter le pouvoir militaire de l'Allemagne et protéger ainsi les États voisins. Les clauses militaires forment la cinquième partie du traité :
    l'Allemagne doit livrer 5 000 canons, 25 000 avions, ses quelques blindés et toute sa flotte (qui se sabordera dans la baie écossaise de Scapa Flow) ;
    son réarmement est strictement limité ; elle n'a plus droit aux chars, à l'artillerie et à l'aviation militaire ;
    son armée est limitée à un effectif de 100 000 hommes et le service militaire est aboli ;
    la rive gauche du Rhin, plus Coblence, Mayence et Cologne, sont démilitarisées.
 À la suite des dommages de guerre causés pendant toute la durée de la guerre dans le nord de la France et en Belgique, l'Allemagne - considérée comme principale responsable de la guerre - doit payer de fortes réparations à ces deux pays. Le montant à payer est fixé par une commission en mai 1921. Il s'élève à 132 milliards de marks-or, une somme très élevée. Au taux de conversion de 1914, c'est-à-dire un mark-or pour 0,358425 g d'or fin, ces 132 milliards de marks-or correspondent à 47 312,1 tonnes d'or, lesquelles vaudraient, au cours d'avril 2014, environ 1 420 milliards d'euros, 1 960 milliards de dollars américains, 2 160 milliards de dollars canadiens ou 1 730 milliards de francs suisses. Le montant total des dommages causés par la guerre aux Alliés a toutefois été estimé à 150 milliards de marks-or.
    Plusieurs sanctions commerciales et des livraisons en nature complètent ce volet économique : l'Allemagne perd la propriété de tous ses brevets (l'aspirine de Bayer tombe ainsi dans le domaine public). Les fleuves Rhin, Oder et Elbe sont internationalisés et l'Allemagne doit admettre les marchandises en provenance d'Alsace-Moselle et de Posnanie sans droits de douane. En outre, le pays doit livrer aux Alliés du matériel et des produits.

Dans la quatrième partie du traité, l'Allemagne, toujours à titre de compensations, est sommée de renoncer à son empire colonial. Il s'agit pour les puissances victorieuses d'agrandir leurs empires coloniaux aux dépens de l'Allemagne, mais aussi de punir moralement l'Allemagne. L'Allemagne, responsable de la guerre, avait commis auparavant des actes de barbarie, notamment le massacre des Héréros (1904-1911, en Namibie). En ce sens, les Alliés considèrent qu'elle est incapable d'assumer la mission «civilisatrice» que les contemporains attachent à la colonisation.
Juridiquement, et sous l'influence de Wilson, les Alliés, cependant, n'annexent pas purement et simplement ces territoires: ils les «administrent» sous mandat de la Société des Nations, formule ad hoc créée pour l'occasion, mais dans le Pacte de la Société des Nations, et qui distingue les territoires selon différents «degrés de développement». L'art. 22 du pacte de la SDN indique ainsi que le « régime international » dit du « mandat » a vocation à s'appliquer aux « colonies et territoires » qui, d'une part, à la suite de la guerre, avaient « cessé d'être sous la souveraineté des États qui les gouvernaient précédemment » et qui, d'autre part, étaient « habités par des peuples [alors regardés comme] non encore capables de se diriger eux-mêmes ». Dans les faits, et comme cette dernière formulation juridique l'indique, ces territoires demeuraient sous le joug colonial des puissances européennes - et du Japon.
C'est ainsi que, au sein des Alliés, les puissances coloniales riveraines des possessions allemandes en Afrique (Grande-Bretagne, France, Belgique et Union sud-africaine) se partagent ces dernières : le Cameroun, le Togo, l'Afrique orientale allemande (actuels Tanzanie, Rwanda et Burundi) et le Sud-Ouest africain (actuelle Namibie). Cette dernière colonie allemande a déjà été conquise militairement en 1914-1915 par l'Union sud-africaine, qui la reçoit en mandat par la SDN en 1920.
Dans le Pacifique, la Nouvelle-Guinée allemande, occupée pendant la guerre, est partagée entre le Japon, l'Australie et le Royaume-Uni, qui administrent ces territoires sous mandats de la SDN (dans les faits, Nauru, sous mandat britannique, est administré par l'Australie). Les Samoa allemandes passent sous mandat néo-zélandais.
Dans la foulée, l'Allemagne devra également renoncer à ses intérêts commerciaux (ses comptoirs et ses conventions douanières) de par le monde (Chine, Siam, Maroc, Égypte, Turquie, etc.).

Les signatures et les sceaux des délégués américains et britanniques au traité ont été apposés :
  en page 213, du président Wilson, de M. Lansing et de M. White ;
    en page 214, du colonel House, du général Bliss, de M. Lloyd George, de M. Bonar Law, de Lord Milner, de M. Balfour et de M. Barnes ;
Ceux des délégués des dominions britanniques, de l'Inde et de la France ont été apposés :
    en page 215, de M. Doherty, de M. Sifton (Canada), de M. Hughes et de Sir Joseph Cook (Australie), du général Botha et du général Smuts (Afrique du Sud), de M. Massey (Nouvelle-Zélande) ;
    en page 216, de M. Montagu et du Maharajah de Bikaner (Inde), et de messieurs Clemenceau, Pichon, Klotz, Tardieu et Cambon (France).
Ceux des délégués allemands ont été apposés en dernière page (cependant ils ont signé en premier) :
    en page 223, de Herr Müller et du Dr Bell.
Des traités annexes au traité de Versailles sont signés séparément avec chacun des vaincus : les traités de Saint-Germain-en-Laye puis du Trianon avec l'Autriche-Hongrie qui est partagée en :
    une Autriche réduite au territoire majoritairement occupé par des germanophones ;
    un État hongrois indépendant, réduit au territoire majoritairement occupé par des magyarophones, moins certains comtés de Slovaquie, Voïvodine et Transylvanie, notamment ceux enclavés dans d'autres majorités linguistiques ;
    la Tchécoslovaquie, État principalement binational (Tchèques et Slovaques), mais avec une forte minorité germanophone (Sudètes) et d'autres minorités : polonaise, hongroise, ruthène.
    d'autres parties de son territoire vont à :
        la Roumanie (la Transylvanie avec de fortes minorités hongroise et germanophone, enclavées au milieu des Roumains) ;
        l'Italie (les provinces germanophone du Haut-Adige et italienne de Trente, la ville de Trieste, la péninsule de l'Istrie et la ville de Zara en Dalmatie). Toutefois, la province de Bolzano est officiellement bilingue depuis la seconde moitié du XXe siècle, grâce à Alcide de Gasperi (nom allemand : Tyrol du Sud).
        pour répondre aux vœux de la majorité des Slaves du sud à l'époque, et pour récompenser la Serbie, une fédération des Slaves du sud est créée : la Yougoslavie (dite alors officiellement Royaume des Serbes, Croates et Slovènes), comportant Serbie, Monténégro, Croatie et Slovénie, plus la Bosnie-Herzégovine (région multinationale) et une minorité hongroise en Voïvodine. Cette clause du traité de Versailles sera abrogée en 2003, et son abrogation, définitivement effective en 2006 : la Yougoslavie n'existe plus. Cependant, les anciennes régions austro-hongroises (Slovénie et Croatie), sont des pays à part entière, membres de l'UE (XXIe siècle).
L'Entente signe le traité de Neuilly-sur-Seine avec la Bulgarie, et celui de Sèvres avec l'Empire ottoman.

Le traité de Versailles a été l'objet de multiples critiques. Les frustrations qu'il a fait naître, ainsi peut-être que les déséquilibres qu'il a engendrés, ont joué un rôle non négligeable dans la politique européenne des décennies suivantes. Hitler s'oppose dès le début de son ascension politique au traité de Versailles qui fait reposer les conséquences de la Première Guerre mondiale sur les épaules de l'Allemagne. En effet, selon l'article 231, l'Allemagne est considérée comme responsable de la guerre.
Le Sénat des États-Unis refuse de le ratifier et empêche ainsi les États-Unis d'entrer à la Société des Nations, ce qui d'emblée réduit la portée de cette organisation.
La France, qui est pourtant un des principaux bénéficiaires des traités (retour de l'Alsace et de la Lorraine dans le giron français, démilitarisation de l'ouest de l'Allemagne, dépeçage de l'Empire austro-hongrois et obtention d'un énorme montant pour les réparations financières), n'est pas encore satisfaite : pour assurer sa sécurité, elle aurait voulu obtenir la création d'un état-tampon indépendant en Rhénanie, notamment sur la rive gauche du Rhin, mais elle n'obtient qu'une "garantie" verbale des Alliés anglo-américains de soutenir la France en cas de nouvelle agression allemande (promesse qui se révélera illusoire). Certains, à droite, préconisaient d'annexer la Sarre, et railleront Clemenceau comme Perd-la-Victoire .
En Savoie et Haute-Savoie, l'article 435 du traité de Versailles abroge les dispositions du traité de Paris en 1815 relatives à la zone neutre. Dans le pays de Gex et en Haute-Savoie, le même article fait que certaines dispositions des traités de Paris et de Turin en 1816 relatives aux petites zones franches peuvent être remises en cause par un accord entre la France et la Suisse.
Le ressentiment est particulièrement fort encore en Italie. On a parlé de « victoire mutilée », car les Alliés n'ont pas respecté les promesses faites durant le conflit concernant l'attribution des provinces de l'Istrie, de la Dalmatie et du Trentin. Les fascistes italiens exploitent cet état de fait et y trouvent un terreau propice à l'exaltation d'un nationalisme virulent.
La Belgique, qui est le pays qui a connu le plus d'exactions et d'exécutions de civils de la part de l'occupant, relativement à sa population, est la première nation dédommagée financièrement par l'Allemagne et la seule à l'être totalement, ce qui contribue à sa rapide reconstruction.
Autre source de ressentiments, la contradiction entre, d'une part, la proclamation solennelle du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » et, d'autre part l'interdiction faite aux Autrichiens germanophones de se rattacher à l'Allemagne, ou le refus de l'Entente de faire droit aux revendications de nations telles que l'Ukraine. Dans le premier cas, ce ressentiment favorisera le bon accueil fait en Autriche à l'Anschluss en 1938, dans le second, le bon accueil fait en Ukraine à la Wehrmacht en 1941.
La République de Chine, bien que mentionnée parmi les parties contractantes, refuse de signer le traité, qui prévoit la cession à l'Empire du Japon des droits allemands sur le Shandong. Les prétentions japonaises entraînent en Chine une agitation nationaliste et anti-japonaise connue sous le nom de mouvement du 4 mai.

Le paiement de réparations représente une lourde charge pour la République de Weimar. En proie à de graves difficultés financières, elle s'avère incapable d'y faire face. Les Alliés demandent alors des livraisons en nature. Face aux retards de livraison allemands, la France et la Belgique envahissent la Ruhr en 1923, ce qui aggrave encore la déstabilisation économique de l'Allemagne. Toutefois, les difficultés ne sont pas réglées.
Sous la direction américaine, le plan Dawes est alors élaboré. Il facilite les conditions de remboursement pour l'Allemagne. Toutefois, la charge apparaît encore trop lourde, ce qui conduit à l'élaboration d'un nouveau plan, le plan Young, en 1929. Les dettes allemandes sont diminuées et rééchelonnées de manière considérable. En Allemagne, les réparations font tout au long de la période l'objet de vives contestations politiques, et alimentent un vif ressentiment. Celui-ci s'ajoute à la volonté qu'ont, dès 1918, l'establishment militaire (Ludendorff) et les nationalistes de reprendre la guerre dans de meilleures conditions. En 1929, une pétition aboutit, contre l'avis du gouvernement, à soumettre à référendum une proposition de loi qui annule le paiement de dettes. Cependant, la participation au référendum fut très faible et la loi fut rejetée à près de 95 %.
Selon les termes du plan Young, le paiement des réparations devait s'échelonner jusqu'en 1988, mais avec la Grande Dépression, les versements furent interrompus (moratoire Hoover en 1931, Conférence de Lausanne en 1932). En 1933, les nazis arrivent au pouvoir en Allemagne, ils rejettent toute idée de paiement des réparations. Les paiements sont définitivement arrêtés, tandis que l'annexion de l'empire colonial allemand sera maintenue jusqu'à l'accession à l'indépendance des peuples africains concernés au début des années 1960, à l'exception de la Namibie qui n'accède à l'indépendance qu'en 1990.
L'Allemagne traînera sa dette jusqu'au 3 octobre 2010, date à laquelle elle la soldera définitivement, près d'un siècle après le début du conflit

L'original du traité a disparu en 1940 et on ignore s'il a été détruit. Face à l'avancée des troupes allemandes vers Paris, il devait être mis à l'abri à l'Ambassade de France aux États-Unis, mais ce n'est qu'une version préparatoire qui y est parvenue. On a longtemps cru qu'il se trouvait à Moscou, mais l'ouverture progressive des archives depuis 1990 n'a pas permis de le retrouver. La seule certitude est que les Allemands ont mis la main sur la ratification française du traité, cachée au Château de Rochecotte, le 11 ou le 12 août 1940, en même temps que sur le traité de Saint-Germain-en-Laye. Elle fut transportée par avion à Berlin pour être présentée à Adolf Hitler
Georges Clemenceau, qui parlait couramment anglais, accéda à la demande de ses homologues britanniques et américains concernant la langue de rédaction du traité. Alors que le français était la seule langue de la diplomatie occidentale depuis le XVIIIe siècle et le traité d'Utrecht, l'anglais fut choisi comme langue de travail et seconde langue officielle du traité de Versailles. Ce fut le premier symptôme tangible du déclin du français sur la scène internationale au profit de l'anglais

 

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MessagePosté le: Sam 5 Nov - 06:29 (2016)    Sujet du message: (78) YVELINES Répondre en citant

Saint-Germain-en-Laye est une commune française située à 20 km environ à l'ouest de Paris dans le département des Yvelines en région Île-de-France.
La ville de Saint-Germain-en-Laye a vu son histoire liée à la présence du château, qui fut une résidence régulière des rois de France dont l'importance diminua néanmoins par suite de l'installation de Louis XIV à Versailles, et à la forêt, ancien domaine de chasse royal. Au début du xxie siècle, elle est le siège d'une sous-préfecture des Yvelines et est devenue une ville résidentielle recherchée, au caractère international marqué.
Ses habitants sont appelés les Saint-Germanois ou Saint-Germanoise.
Le château de Saint-Germain-en-Laye, appelé aussi « Château Vieux » par opposition au « Château Neuf », est une ancienne résidence des rois de France. Il a été le lieu de signature de nombreux traités de paix et d'édits royaux.
Situé dans le centre de Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines, il est aujourd'hui consacré au Musée d'archéologie nationale.


Vers 1124, le roi Louis VI le Gros (1081-1137), qui veut imposer son autorité aux seigneurs de l'Île-de-France, fait construire le premier château fort sur l'emplacement du château actuel, face au prieuré Saint-Germain.
Saint Louis agrandit le château et fait construire la Sainte Chapelle achevée en 1238.
Le 15 août 1346, lors de la chevauchée d’Édouard III, pendant la guerre de Cent Ans, le « Prince Noir », fils du roi d'Angleterre Édouard III qui occupe alors Poissy, prend la ville, la pille et la brûle et incendie le château de Saint-Germain-en-Laye qui est détruit à l'exception de la Sainte Chapelle. Vingt ans plus tard, sous Charles V, il sera reconstruit et transformé en forteresse par l'architecte Raymond du Temple.
En 1390, la forêt, le château et le village sont dévastés par une tempête.« Le ciel qui était serein, s'obscurcit en peu de temps, l'espace d'une lieue seulement, qui faisait le tour du château et il survint une infinité d'éclairs et de coups de tonnerre. Le vent brisa toutes les fenêtres et mit en morceaux tout le vitrage de la chapelle de la reine qu'il porta jusqu'au pied de l'autel. On fut obligé de cesser le chant pour finir plus tôt la messe, de crainte que le vent n'emporta la Sainte Hostie. Tout le monde se jeta par terre. Le Conseil même cessa. Les plus grands arbres de la forêt furent arrachés, et on rapporta à la cour que le tonnerre était tombé entre Saint-Germain et Poissy, sur quatre officiers du roi, dont il avait consumé les os et le dedans du corps, en sorte qu'il ne leur restait que la peau, qui était noire comme du charbon ».

De 1417 à 1440, le château est occupé par les Anglais.
Avec François Ier, qui épouse Claude de France dans la chapelle le 18 mai 1514, le château de Saint-Germain-en-Laye devient la résidence favorite du roi. En 1539, il confie à l'architecte Pierre Chambiges la transformation du château et sa reconstruction dans le style Renaissance tel qu'on le connaît actuellement depuis sa restauration au xixe siècle. Le château actuel, englobe un donjon construit par Louis VI le Gros et la Sainte-Chapelle construite sous saint Louis.
Henri II, naît au château en 1519 et devient roi de France en 1547. C'est cette même année que se situe l'épisode du coup de Jarnac au cours d'un duel qui se déroule sur l’esplanade du château, le 10 juillet 1547. Le nouveau roi entreprend la construction du « Château neuf », dont il charge l'architecte Philibert Delorme. les travaux sont commencés en 1559, mais la construction ne sera terminée que sous le règne d'Henri IV, vers 1600.
Charles IX en 1550 et Louis XIV en 1638 ainsi que de nombreux princes naissent au château.
Louis XIII s'éteint au Château-Vieux le 14 mai 1643.
Lors de la Fronde, dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649, la reine-mère, Anne d'Autriche, régente, et le jeune Louis XIV, qui n'a qu'onze ans, se réfugient précipitamment au Château-Vieux de Saint-Germain.
Il a été le lieu de signature de plusieurs traités et de plusieurs édits et ordonnances.
De 1661 à 1682, le roi Louis XIV passe une partie importante de son temps à Saint-Germain-en-Laye. Il fait aménager par Le Nôtre des jardins à la française et la Grande Terrasse entre 1663 et 1680. Il fit également remodeler ses appartements dans le Château-Vieux par Le Brun et Le Vau. En 1680 commencent les travaux d'agrandissement du château, menés par Jules Hardouin-Mansart, par la construction de cinq pavillons d'angle qui lui donnent, selon certains historiens, un « aspect bizarre et déplaisant».
En 1682, Louis XIV, le dernier roi de France à résider à Saint-Germain-en-Laye, quitta définitivement les lieux pour s'installer à Versailles. Le 20 avril 1682, avant même que les travaux d'agrandissement du château de Saint-Germain soient terminés, la Cour part définitivement pour Versailles.


Jacques II, roi d'Angleterre, cousin germain de Louis XIV, vit en exil au château, de 1689 à sa mort en 1701 (voir cour jacobite de Saint-Germain en Laye).
La chapelle de saint Louis située dans le château, de style gothique, est un vestige de l’ancien château fort. Elle fut édifiée par saint Louis en 1238. Louis XIV, bien que né au Château neuf, y fut baptisé. Les jardins ont été dessinés par André Le Nôtre.
En 1777, le roi Louis XVI fait don du Château Neuf, en mauvais état, à son frère Charles, comte d'Artois, le futur Charles X. Celui-ci le fait démolir avec l'intention de le reconstruire.
Sous l'Empire, le Château-Vieux est réparé pour y former une école de cavalerie. Il accueille l'« école spéciale militaire de cavalerie », ouverte le 15 octobre 1809 et fusionnée, en 1914, avec l'école spéciale militaire de Saint-Cyr.
De 1836 à 1855, le château est transformé en pénitencier militaire.
Il a été largement restauré sous Napoléon III par Eugène Millet, élève de Viollet-le-Duc.
Le 8 mars 1862, un décret impérial acte la création dans le château d'un « Musée des antiquités celtiques et gallo-romaines » (renommé plus tard « Musée des antiquités nationales », puis récemment « Musée d'archéologie nationale »). À cet effet, le château est classé Monument historique le 8 avril 1863 et les premiers travaux de rénovation sont engagés par l’architecte Eugène Millet. Les premières salles du musée sont inaugurées par Napoléon III le 18 mai 1867. La restauration entreprise par Millet, outre une profonde restructuration des espaces intérieurs, restitue le château dans son état Renaissance, en détruisant les pavillons ajoutés par Mansart à la fin du xviie siècle. Les travaux ne s'achèvent qu'au début du xxe siècle.


En 1238, Baudoin II, empereur de Constantinople, remet à saint Louis, les reliques de la Couronne d'épines du Christ.
Le 10 juillet 1547, une rivalité politique se conclut par une joute sanglante. Contre toute attente, Guy Chabot, 7e baron de Jarnac triomphe de François de Vivonne, seigneur de la Chasteigneraie. Le coup de Jarnac est né.
L'écrivain à la vie romanesque Étienne de Jouy, de l'Académie française, s'éteint au château où il résidait, le 4 septembre 1846.
Le traité de Saint-Germain-en-Laye avec l'Autriche y fut signé le 10 septembre 1919.
La chapelle Saint-Louis est un chef-d'œuvre de style gothique rayonnant.
C'est un acte de Louis IX (1214-1270), daté de 1238, qui nous apprend avec certitude qu'une chapelle vient alors d'être construite auprès du château royal ; par cet acte le roi y instaure un service religieux régulier. Il s'agit d'une Sainte Chapelle, destinée à abriter une relique de la Sainte Épine ou de la Vraie Croix. Par son plan et son architecture, elle est la préfiguration de la grande Sainte-Chapelle que saint Louis (Louis IX) fera bâtir dans l'enceinte du Palais de la Cité à Paris de 1240 à 1248. Il confie ces deux chantiers à son architecte favori, Pierre de Montreuil, qui adapte à Paris des formules architecturales inventées à Saint-Germain : une nef à vaisseau unique, terminée par un chevet à pans, de très hautes verrières découpant la quasi-totalité des murs et des contreforts adossés à l'extérieur, entre les travées.
À Saint-Germain, les ogives de la voûte retombent sur des colonnettes qui descendent jusqu'au sol, entre les baies. Le soubassement nu est placé en retrait derrière une arcature basse isolée. Le volume de l'édifice est donc libéré de tout support intérieur. Le mur ouest est orné d'une grande rose de style gothique rayonnant. Cette appellation renvoie aux rayons des fines rosaces laissant filtrer, par leurs vitraux, la lumière qui, de Dieu, pénètre jusqu'aux clercs puis aux fidèles. Le percement maximum des murs est permis par la technique de la pierre armée. Des éléments de métal sont intégrés à la structure des murs afin d'assurer la stabilité des pierres. C'est dans la chapelle royale de Saint-Germain que Baudoin II, empereur de Constantinople, remet à saint Louis, en 1238 les reliques de la Couronne d'épines du Christ. Ces reliques sont destinées à la Sainte-Chapelle de Paris qui, elle, ne sera consacrée qu'en avril 1248.
La chapelle conserve aujourd'hui une collection lapidaire dont plusieurs plaques gravées, des panneaux de sarcophages provenant de Rosny-sur-Seine et des fragments de sarcophages provenant de Chelles.


La salle de bal se situe dans l'aile ouest. Inachevée à la mort de François Ier, elle est inaugurée par son fils Henri II lors d'un grand banquet le 19 mai 1549 pour célébrer le baptême de son fils. Elle mesure plus de 500 m² et possède une cheminée monumentale ornée d’un motif en pierre où figure la salamandre, emblème de François Ier. Louis XIV la transforme en « salle des Comédies » et l’équipe d'une formidable machinerie. Plus de cent-quarante représentations en tout genre sont données dans cette salle considérée comme la plus grande de tout le royaume. Lully et Molière y connaissent leurs heures de gloire. En 1666, Louis XIV se produit lui-même dans le ballet des Muses .
Cette salle abrite aujourd’hui la salle d’archéologie comparée.
André Le Nôtre a réalisé en 1663 le parc régulier puis, en 1669, la grande terrasse dominant la vallée de la Seine.
Le jardin irrégulier (paysager) a été réalisé en 1845 par Loaisel de Tréogate.
Le domaine est labellisé « Jardin remarquable ».

 

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MessagePosté le: Dim 6 Nov - 07:21 (2016)    Sujet du message: (78) YVELINES Répondre en citant

Rambouillet est une commune située dans le sud du département des Yvelines, en région Île-de-France. C'est l'une des trois sous-préfectures du département.
La commune de Rambouillet se trouve sur un plateau boisé où prennent naissance de nombreux ruisseaux alimentant les cours d'eau qui rayonnent autour du massif de Rambouillet. C'est notamment le cas de la Guéville, affluent de la Drouette long de 16,6 kilomètres qui prend sa source dans le parc du château. Le cours de la Drouette, issu de l'étang de la Tour, draine le territoire de la commune dans sa partie est jusqu'à l'étang d'Or, au sud. Au nord de la commune les étangs du Coupe-Gorge, du Gruyer et du Moulinet alimentent les bassins du château via le ru du Moulinet.


Attesté sous la forme : Rumbelitto en 768 et non pas sous la forme Rumbellitum attribuée par erreur par Adrien de Valois en 1675 et recopiée par facilité sans vérifier sur les actes originaux, puis Raimboleto en 1052-1053, Rambullet en 1142, Rambulet en 1153, Rambolhet en 1160, Rambolet en 1190, Ramboillet vers 1250, Remboullet en 1262, Ramboullet en 1344, Rambouillet en 1617, et Plein-Bois en 1793.
Le nom de Rambouillet, en raison du diminutif latin tardif : -itto, signifie petit Rambeil ou Rambeuil, lieu mentionné pour la première fois entre 1224 et 1227 dans le Scriptum feodorum du comtéde Montfort et proche de l'actuel faubourg de Groussay. S'il y a accord des linguistes et des historiens pour reconnaître dans ce toponyme une forme dérivée de o-alium qui a dérivé en -euil et qui désigne une clairière, un lieu découvert, un essartage ancien, la racine Ramb est l'objet de plusieurs hypothèses. Albert Dauzat et Charles Rostaing, supposent dans leur Dictionnaire étymologique des noms de lieux de France un anthroponyme peut-être germanique : *Rambo. Ernest Nègre dans la Toponymie générale de la France suggère ramulus (petite branche, tige). Aucune de ces conjectures n'emporte la conviction comme le soulignait Marianne Mulon dans sa conférence du 31 janvier 1998 tenue à Rambouillet.
Jean-Baptiste Souchet dans son histoire manuscrite de Chartres affirmait au xviie siècle qu'un ruisseau nommé Rambe ou Rambo était l'ancien nom de la rivière qui, traversant Groussay rejoignait Gazeran puis Épernon avant de se jeter dans la Drouette. En 1850 Auguste Moutié, à son tour, écrivait que le « ruisseau qui coule dans la prairie de Groussay » se nommait la Rambe ou Rambo. Affirmation reprise par Lucien Merlet dans le dictionnaire topographique d'Eure-et-Loir en 1861. Mais aucune attestation écrite ne mentionne la Rambe ou Rambo. La première mention relative à la rivière en question est une transaction entre la veuve de Charles d'Angennes et le prieur d'Épernon conclue en 1515. Celle-ci précise : «l'eau et rivière qui descend de l'estang de Grossay», expression que l'on retrouvera régulièrement par la suite jusqu'à ce que cette rivière soit nommée la Guéville pour sa partie en aval des canaux du parc de Rambouillet et le ru du Moulinet pour sa partie en amont.
En 2011, Pierre-Henri Billy dans le Dictionnaire des noms de lieux de la France a proposé un composé de rumpus : « sarment entrelacé aux branches d'un arbre» attesté chez Varron. La recherche reste ouverte.
Les habitants de Rambouillet sont nommés Rambolitains et Rambolitaines.

La commune actuelle de Rambouillet est traversée par la voie Beauvais-Orléans. Sept sites d'occupation antique (ier - iiie siècle) ont été identifiés sur le territoire de la commune
La première mention de l'existence de Rambouillet est en septembre 768. Elle figure dans la donation de la « forêt Yveline » faite par Pépin le Bref, à l'abbaye de Saint-Denis, où il expire. Dans cet acte, Rumbelitto est une des limites de la forêt Yveline (silva Aequalina). Pour autant cette donation qui inscrit Rambouillet dans la dépendance de l'abbaye de Saint-Denis n'a pas été suivie d'effets durables. Rambouillet rentre dans le domaine royal dès le ixe siècle puis dans la mouvance des seigneurs de Montfort dès le xie siècle.
Entre avril 1052 et juillet 1053, Amaury Ier de Montfort, donne, avec le prieuré de la Trinité de Seincourt situé à Épernon, « tout ce qui en dépend » et notamment la casam ecclesie de Raimboleto, c'est-à-dire le presbytère de l'église de Rambouillet ainsi que les droits d'autel, – altare –, à l'abbaye de Marmoutier. Les droits d'autel désignant la nomination du curé et le revenu des messes. Épernon et Montfort furent assiégés lors de l'expédition menée en 1097-1098 par Guillaume le Roux roi d'Angleterre. Le pays fut ravagé. Rambouillet ne fut, sans doute, pas épargné.
Amaury III, frère de Simon II de Montfort, devint à la mort de ce dernier seigneur de Montfort et d'Épernon. Son héritage passa successivement à ses deux fils, Amaury IV et Simon III dit le Chauve. Le séjour de ce dernier à Rambouillet est établi par un acte qu'il signe avec sa femme, Mathilde. Il s'agit d'une donation que l'un et l'autre font en 1153 à la léproserie du Grand-Beaulieu, près de Chartres, de terres situées à Rambouillet même et à la Louvière. Cet acte fut scellé dans l'«aula Rambuleti», c'est-à-dire la grande salle où se tenaient les plaids du manoir de Rambouillet.
Comte d'Évreux et seigneur de Montfort, Simon IV, fils de Simon III reçut, en novembre 1159, des garnisons anglaises. Celles-ci, partant de Montfort, d'Épernon et de Rochefort, poussèrent au loin des chevauchées rendant dangereuses les communications entre Paris et Étampes. Rambouillet dut souffrir de leur passage. Louis VII demanda une trêve. Au mois de mai 1160, la paix se fit. Dans ce traité de paix signé entre Henri II, roi d'Angleterre et Louis VII celui-ci pardonnait à son vassal révolté. Il reçut de nouveau son hommage et reconnut ses droits de Gruyer sur la forêt Yveline et la garde du château royal de Saint-Léger.

Grâce à l'héritage de sa mère, Amicie, Simon V se trouva à la tête d'un domaine comprenant notamment Montfort, Rochefort et la forêt Yveline. Il s'embarqua pour la croisade en 1202. Au retour il ne s'était pas enrichi mais il rapportait un morceau du bois de la Vraie Croix qui se trouve aujourd'hui dans un reliquaire conservé dans l'église de Rambouillet. En 1209, il rejoignait l'ost des croisés en terres albigeoises devant Béziers. Après une croisade qu'il mena impitoyablement et la bataille de Muret qui vit son triomphe, il fut tué le 25 juin 1218 sous les remparts de Toulouse. Son fils aîné Amaury ne pouvant maintenir les conquêtes de son père céda ses droits sur le comté de Toulouse et la terre d'Albigeois à Louis VIII roi de France en février 1224. À son retour dans ses terres d'Yveline, il fit dresser un état complet des fiefs et des vassaux de son comté : le scriptum feodorum du comté de Montfort. Ce document cite Guy de Foynard comme homme lige du comte qui assure auprès de ce dernier les maisons fortes de Grenonvilliers (Guernonvillier) et de l'étang, sans doute de Groussay. Il jouit également de droits coutumiers dans la forêt. Il a pour vassaux Jean de Becheraulle pour Grenonvilliers et Goulet (lieu-dit d'Épernon) et Simon de Grenonvilliers. Il cite également Philippe de Vieze comme seigneur (Domini) tenant un fief à Rambouillet. Enfin, il y est notifié que les hommes de Rambouillet (Ramboulleto) doivent la corvée de fossé au château d'Épernon. En ce xiiie siècle, le terroir de Rambouillet avec son manoir au milieu des marais, ses deux maisons fortes, ses fiefs et ses habitants dépendait de la châtellenie d'Épernon et du même doyenné. Il connut plusieurs défrichements. Ceux de la haie de Blairon, entrepris vers 1210 donnèrent lieu à des contestations relatives aux dîmes novales entre les abbayes de Marmoutier de laquelle dépendait le prieuré Saint-Thomas d'Épernon, de Saint-Magloire et Onfroy curé de Rambouillet. Ces procès se conclurent par deux accords en 1230, puis en 1240, aux termes desquels l'abbaye de Marmoutier et Onfroy recevraient chacun la moitié des dîmes ce dernier reversant une rente de 6 muids moitié blé moitié avoine à l'abbaye de Saint-Magloire. Amaury assignait, en juin 1239, deux cents livres de rente à Raoul Tesson « sur sa terre de Rambouillet » en raison de son mariage avec sa nièce Peronnelle de Bigorre. Jean, son fils aîné hérita du comté de Montfort.
En 1248 il accordait à son cousin Raoul, seigneur de la Roche-Tesson, le droit de prendre «le bois en sa forêt d'Yveline proche sa maison de Rambouillet ». Il mourut en 1249 laissant une unique héritière : Béatrix de Montfort. Dans le cadre de cette succession les deux sœurs de Jean, Marguerite et Lore, précisèrent dans un acte établi vers 1249-1250 les limites de chacune des châtellenies qui composaient le comté de Montfort. Dans cet acte Rambouillet se trouve à la limite des châtellenies de Saint-Léger et de Rochefort. Vers 1250, la paroisse Saint-Lubin de Rambouillet (Ramboilletum) compte 150 paroissiens. En 1267, Béatrix de Montfort épousait en premières noces Robert IV, comte de Dreux. Ce dernier mourut en 1282 et sa veuve reçut le 9 mars 1283 les hommages de ses vassaux du comté de Montfort. Parmi ceux-ci, figure Guillaume Tesson vraisemblablement fils de Raoul Tesson et qui rend sans doute hommage pour Rambouillet.

Ce dernier acte marque la naissance de la seigneurie de Rambouillet. À la suite du décès de Béatrix de Montfort ses deux filles, Yolande, duchesse de Bretagne et Jeanne, comtesse de Roussy, se partagèrent le comté de Montfort. Cet acte du 27 mai 1317 nous indique notamment que la part de Jeanne comprend les fiefs du seigneur de Rambouillet, de Montorgueil (situé au niveau de l'actuelle bergerie nationale), de Groussay et de Grenonvilliers, qui furent de la châtellenie de Montfort ainsi que les fiefs de la Villeneuve de Blairon (une partie de la Villeneuve) et du Pâtis qui furent de la châtellenie de Saint-Léger. En février 1344, Jacques Boileau clerc donne au prieuré d'Épernon une grange à dîmes située en face du cimetière de l'église de Rambouillet. À partir de 1348, la peste noire fait son apparition et sévit pendant dix-huit mois environ, puis il y eut les mauvaises récoltes de 1360 et une seconde épidémie de peste de juillet à octobre 1363. Mais l'année la plus tragique fut l'année 1358, particulièrement marquée par le ravage des compagnies qui s'emparèrent d'Épernon, d'où elles partirent ensuite rançonner l'ouest et le sud-ouest de l'Île-de-France. Rambouillet dût être singulièrement éprouvé.
Le 6 mai 1368, devant deux notaires du châtelet, Jeanne de Breucourt, héritière du fief de Rambouillet et son époux vendent à Jean Bernier le manoir et les droits sur le village de Rambouillet ainsi que 880 arpents de bois le tout pour 700 livres, le marché était excellent.
Comme le souligne Jacques Maillard, nous ne sommes plus devant Jean Bernier avec un seigneur ou un homme qui souhaite le devenir. Nous avons en lui un « noble homme », riche et en possession de plusieurs charges significatives. Son acquisition est simplement l'achat d'un « manoir », à proximité de Paris et dans des conditions avantageuses. Jean Bernier obéissait à la mode des riches parisiens du xive siècle pour les « maisons de campagne ». Au lieu de se ruiner à acquérir des terres et à construire, il profitait du désir des Tournebu de se défaire d'un manoir sans doute peu entretenu et d'un village dont les droits et bénéfices étaient de peu de rapport.
Jehan Bernier devenu seigneur de Rambouillet transforme le manoir en château. Son fils Guillaume lui succède. Il n'éprouve aucun attrait pour cette résidence et l'échange avec Regnault d'Angennes contre « l’Ostel de Bouzonval en la paroisse de Rueil en Parisis ... » et trois mille francs d'or le 12 mars 1385. Cette différence de prix permet d'apprécier l'importance des travaux effectués par Jehan Bernier entre 1368 et 1385.


Regnault d'Angennes avait un but fort différent de celui de Jehan Bernier. Seigneur ambitieux il voulait se constituer un grand domaine. En possession de la seigneurie de Rambouillet il acquiert en 1389 les fiefs de la Bruyère, d'Ymer et de Betonsart, Grenonvilliers en 1392, l'hôtel de Montorgueil en 1395 et Groussay entre 1385 et 1398. Mais il doit rendre un hommage et un dénombrement séparés pour chacun de ces fiefs qui ne forment pas encore un ensemble. Quant à la seigneurie de Rambouillet, elle dépendait encore de la seigneurie des Essarts, dont Jean de Craon était le seigneur. Aussi, dans son hommage et dénombrement rendu le 6 juin 1399 pour la seigneurie de Rambouilllet, Regnault d'Angennes décrit ainsi cette dernière : « un hostel fort cloux de fouces (...) contenant un arpent de terre (...) assis au bout de la ville de Ramboillet, devant ledit hostel une bassecourt en laquelle a une grange, II cours d'estables et un portail (...), une cohue pour tenir les plais et les assises en laquelle sont les prisons dudit lieu de Ramboillet (...) au-dessoubs de ladite bassecourt un jardin contenant II quartiers (...) au-dessus dudit jardin une cave et une galerie couverte de tuille, au-dessoubs dudit jardin un servoir à poisson clos de bois (...) au-dessus desdits servoirs un quartier de pré (...) lequel doit estre fené à corvée par les hostes et habitans dudit lieu de Ramboillet, (...) de l'autre par dudit hostel un jardin avec les allées à aller autour dudit hostel (...) au-dessoubs dudit hostel un estang appelé l'estang de Ramboillet contenant cent arpens (..) et garenne par tout ledit estang et s'il avient par aucune fortuite que l'eaue grève la chaussée dudit estang tous les hostes et justiciables dudit lieu de Ramboillet sont tenus de venir au secours de ladite chaussée si tost comme le cry a esté fait (...) au-dessoubs dudit estang un moulin bannier (...) un arpent et demy de terre assis auprès du cimetière de Ramboillet jouxte le chemin par où l'on va à la Louver (...) un arpent (...) assis sur la carrière (...) un clos de vignes contenant cinq quartiers jouxte le chemin par où on va dudit lieu de Ramboillet à Garnonvillier (...) un four bannier à tous les manans (...) un moulin à vent et un moulin à chevaux (...) assis au-dessus de ladite ville de Ramboillet, (...) un fournel à chaux (...) assis auprès de ladite vigne (...)  » suivent le détail des 1 100 arpents de bois en huit pièces, l'acte poursuit « la garenne dudit lieu de Rambouillet (...) jouxte les bois de la louve d'une part et les terres d'emprès le cimetière ».


Le roi François Ier, meurt d’une septicémie le 31 mars 1547 au château de Rambouillet
Au 1er mai 1763, la population communale – bourg et hameaux environnants – s'élève à 2 227 personnes, d'après un recensement ordonné par le duc de Penthièvre.
Le 29 décembre 1783, le roi Louis XVI achète le domaine de Rambouillet pour 16 millions de livres, acquisition à laquelle il songe depuis quelque temps déjà. Il nomme le comte d'Angiviller gouverneur et administrateur général du domaine de Rambouillet. En 1785, il fait construire pour la reine Marie-Antoinette une laiterie dans le parc. En 1786, démarre la construction du bâtiment destiné à servir de siège au bailliage de Rambouillet par l'architecte Jean-Jacques Thévenin. En 1809, l'empereur Napoléon Ier en fit don aux habitans de la ville. Une plaque gravée, apposée sur la façade du bâtiment, l'hôtel de ville, atteste de ce don.
Sous Louis Napoléon Bonaparte, le chemin de fer relie Rambouillet à la capitale en 1849 et permet un développement rapide de la ville. Sa démographie évolue promptement durant tout le xixe siècle.
Le château de Rambouillet fut le siège de plusieurs rencontres internationales, dont un sommet économique et monétaire initiateur du G6 (États-Unis, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Allemagne fédérale et France) en 1975. La conférence de Rambouillet, cycle de négociations entre les indépendantistes kosovars de l'UÇK et la Serbie, sous l'égide de l'OTAN s'est tenue entre janvier et mars 1999 au château de Rambouillet. L'ancien domaine de chasse présidentiel a accueilli nombre de personnalités de la politique, de la finance, de l'industrie, ainsi que des membres de familles régnantes, tels le duc d'Édimbourg, le prince Rainier de Monaco, et des hommes d'État, entre autres, Mouammar Kadhafi qui y a effectué une partie de chasse, le 14 décembre 2007.

Lieux et monuments

château de Rambouillet,
L'église Saint-Lubin-et-Saint-Jean-Baptiste
palais du roi de Rome
Bergerie nationale
forêt de Rambouillet

 

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MessagePosté le: Lun 7 Nov - 08:15 (2016)    Sujet du message: (78) YVELINES Répondre en citant

Le château de Maisons-Laffitte, à l'origine château de Maisons ou château de Maisons-sur-Seine, situé à Maisons-Laffitte dans le département des Yvelines, est considéré comme un chef-d'œuvre de l'architecture civile du xviie siècle. Constituant une référence dans l'histoire de l'architecture française, il marque la transition entre la fin de l'architecture de la renaissance tardive et celle du classicisme.
L'histoire du domaine de Maisons-sur-Seine est très liée à celle de la famille de Longueil, une famille de parlementaires appartenant à la noblesse de robe. En 1460, Jean III de Longueil avait obtenu, par rachat, une partie de la seigneurie de Maisons, divisée au cours du xive siècle. En 1602, Jean VIII de Longueil se porte acquéreur de la seconde moitié de la seigneurie.
Le 18 octobre 1608 le dauphin de France Louis, alors âgé de sept ans, est reçu à Maisons-sur-Seine par Jean VIII de Longueil pour une collation dans le parc. Le dauphin revient en visite le 6 septembre 1609. À partir de 1610, alors même qu'il est devenu roi, sous le nom de Louis XIII, il rend régulièrement visite à Jean VIII de Longueil en sa terre de Maisons à l'occasion de chasses suivies de repas ou de collations.
En 1629, René de Longueil hérite de la fortune et des biens de Jean VIII, son père. En homme politique avisé des affaires de son temps, le potentiel de la seigneurie de Maisons ne lui échappe pas : proche à la fois de la capitale royale et du château de Saint-Germain-en-Laye, résidence de chasse favorite du roi Louis XIII.
À partir des années 1640, René de Longueil consacre une partie de sa fortune, dont la conséquente dot reçue de son épouse Madeleine Boulenc de Crèvecœur (décédée depuis 1636), à la construction d'une demeure fastueuse capable de recevoir le roi. La construction du château proprement dit s'achève vers l'année 1650, mais plusieurs autres structures et aménagements (grandes écuries, jardins, entrées du parc...) seront achevés durant les deux décennies suivantes.


Sur la foi des témoignages des contemporains, le bâtiment est attribué à l'architecte François Mansart. Aucun document ne corrobore cette attribution, en dehors d'un paiement de 26 000 livres effectué par René de Longueil au profit de François Mansart en 1657, a priori après l'achèvement du château. Néanmoins, elle est affirmée par un pamphlet intitulé « La Mansarade » qui accuse l'architecte de s'être rendu compte, après avoir fait élever le premier étage, qu'il avait commis une erreur dans ses plans et d'avoir fait abattre tout ce qui avait été construit pour tout recommencer. Charles Perrault attribue également Maisons à François Mansart : « Le château de Maisons, dont Mansart a fait tous les bâtiments et les jardinages, est d'une beauté si singulière qu'il n'est point d'étranger qui ne l'aille voir comme l'une des plus belles choses que nous ayons en France. » Perrault souligne que l'architecte avait l'habitude de faire refaire parfois plusieurs fois certaines parties de ses bâtiments, à la recherche de la perfection.
Le 18 avril 1651, le roi Louis XIV, alors âgé de 13 ans, profite de l'occasion d'une chasse en forêt de Saint-Germain pour rendre visite à René de Longueil qui le reçoit à diner en son château de Maisons. Cette visite est rendue par le souverain au seigneur de Maisons, qui est aussi capitaine des domaines de chasses de Versailles et Saint-Germain-en-Laye, à l'occasion de son accession à la surintendance des finances du royaume de France. Le roi reviendra le 20 avril, accompagné de sa mère Anne d'Autriche, alors reine-régente .
Après s’être vu retirer son poste de surintendant, René de Longueil est condamné à l’exil à Maisons-sur-Seine, dont il augmente le domaine par l'achat de petites seigneuries voisines. Revenu en grâce auprès du roi en 1656, René de Longueil voit sa terre de Maisons-sur-Seine être érigée en marquisat en 1658.
Le 22 août 1662, le roi Louis XIV et la reine, son épouse Marie-Thérèse d'Autriche, viennent visiter le château de Maisons alors qu'ils séjournent au château de Saint-Germain-en-Laye. Ils sont reçus par René de Longueil et son fils Jean de Longueil, alors chancelier de la reine-mère, Anne d'Autriche.
Le roi Louis XIV, comme son père Louis XIII avant lui, viendra faire quelques courtes visites à Maisons-sur-Seine à l'occasion de chasses ou de déplacements divers tout au long de sa vie (le 3 avril 1669, le 23 avril 1671 et le 3 mai 1680). Une visite royale restera plus mémorable que les autres, celle des 11 et 12 juillet 1671. De retour des Flandres, le roi Louis XIV accompagné de son épouse, Marie-Thérèse d'Autriche, et de son frère, Philippe d'Orléans, est reçu le 11 juillet à Maisons-sur-Seine par la famille de Longueil et par Marie-Louise d'Orléans, venue les rejoindre avec sa gouvernante, la maréchale de Clérambault. Les membres de la famille royale restent dormir à Maisons avant de reprendre la route de Versailles le lendemain. Cette visite est la seule qui a vu un membre de la famille royale dormir au château.
À la mort de René de Longueil, en 1677, l'immense chantier qu'il avait initié est achevé.

En 1723, lors de l’une de ses visites aux Longueil, Voltaire tombe malade et est soigné sur place aux frais du marquis. Il est logé dans une chambre au-dessus de celle de la reine. Remis de son mal, Voltaire quitte le château, avant d’apprendre que la chambre qu’il occupait a été dévastée par un incendie. Cette catastrophe, en plus de toucher la chambre qu’il occupait, ravage la pièce du dessous et détruit le décor qui l'ornait.
La seigneurie reste dans la descendance directe de René de Longueil jusqu'en 1732, date à laquelle Marie-Renée de Belleforière de Soyecourt, son arrière-petite-fille, lègue le château à son propre petit-fils, Louis-Armand de Seiglière de Belleforière, à l'occasion de son mariage. Ce dernier, criblé de dettes, cherche peu de temps après la mort de sa grand-mère à se défaire du marquisat.
En mai 1747, le château est visité par Louis XV. La marquise de Pompadour cherche une demeure en bordure de Seine, elle est alors tentée d’acheter le domaine aménagé par François Mansart, dont elle admire les œuvres. Le château est alors en fort mauvais état, surtout depuis l'incendie survenu en 1723. Le roi, soucieux de ne pas dépenser trop d’argent, écarte l’idée. La marquise jettera finalement son dévolu sur Bellevue, près de Meudon.

En 1770, le roi Louis XV visite à nouveau le château, accompagné de sa nouvelle maîtresse la comtesse du Barry. Le roi fait étudier la possibilité de transformation du château par Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, dernier héritier de la lignée Mansart. Les modifications envisagées par l’architecte ont été décrites et commentées par Jacques-François Blondel, célèbre théoricien et professeur de l'Académie royale d'architecture et grand admirateur du château, dans son Cours d'architecture. Le projet est abandonné, pour les mêmes raisons qu'en 1747. La comtesse du Barry passera commande à Claude-Nicolas Ledoux d'un pavillon donnant sur la Seine dans le parc de son château de Louveciennes, pour compenser les belles vues qu'offrait le château de Maisons et dont Louveciennes était jusque là dépourvu.
En 1777, le château devient la propriété de Charles Philippe, comte d'Artois, frère de Louis XVI et futur Charles X, qui se voit offrir la même année le château de Saint-Germain-en-Laye, dans le cadre de son apanage. Il décide d’installer sa résidence au château de Maisons-sur-Seine, et de réunir les deux domaines afin de se constituer un immense parc. Le château étant en mauvais état et distribué selon d’anciens usages, le comte fait réaliser d'importantes transformations intérieures par son premier architecte, François-Joseph Bélanger. Ces travaux sont interrompus en 1784 en raison du manque d'argent. Le château, peu entretenu et laissé en chantier, entre dans une nouvelle phase d’abandon et de délabrement.
En 1791, durant la révolution française, le domaine de Maisons-sur-Seine, comme tous les autres biens du comte d’Artois, est confisqué autre titre de bien national, puis vendu en 1798 au citoyen Lanchère, fournisseur aux armées de la république. Ce dernier fait essentiellement usage des grandes écuries, et n’habite pas le château.
En 1804, le maréchal Jean Lannes se porte acquéreur de l’ensemble du domaine de Maisons-sur-Seine. Il fait réaliser des aménagements dans le parc et fait achever les travaux entamés par le comte d’Artois.
En 1811, la première pierre du pont de Maisons-sur-Seine est posée, entrainant la perte d’une partie des jardins du château. Ce pont ne sera achevé qu’en 1822.
En 1818, Louise de Guéhéneuc, veuve du maréchal depuis 1809, vend le domaine au banquier Jacques Laffitte. Récompensé pour son rôle dans la révolution de juillet, le banquier devient ministre des finances du roi Louis-Philippe, ce qui l'entraîne à négliger ses affaires personnelles. Contraint de vendre ses biens pour couvrir ses dettes, Laffitte divise le parc du château, conserve un jardin réduit et fait lotir l’essentiel du grand parc. Pour attirer les constructeurs, il fait raser les grandes écuries et livre à bas prix les matériaux récupérés.
En 1844, Albinne Laffitte hérite du château, avant de le vendre en 1850 à Charles Xavier Thomas de Colmar, assureur et inventeur de l'arithmomètre.
En 1877, les héritiers de Thomas de Colmar cèdent le château au peintre Tilman Grommé, qui lotit le petit parc et démolit le portail d'entrée de l'avant-cour. Ce qu'il reste du jardin du château est alors clos par un portail en fer forgé, provenant du château de Mailly-Raineval dans la Somme. Ce portail avait été commandé suivant le cahier des charges initial d'Augustin-Joseph de Mailly alors seigneur du comté de Mailly. La grille semble, en sa partie haute, avoir été modifiée afin d'y accueillir de nouvelles armoiries lors de sa réinstallation à Maisons-Laffitte sans jamais être achevé.
En 1905, l'État rachète le château pour le sauver de la démolition. Il est classé Monument historique en avril 1914. Le château est ouvert au public depuis le 26 juillet 1912. Il est aujourd’hui géré par le Centre des monuments nationaux


Magnifiquement situé entre la Seine et la forêt de Saint-Germain-en-Laye, le château de Maisons a été conçu comme la pièce centrale d'une composition paysagère dotée d’une immense perspective. Placé sur un axe est-ouest légèrement décalé, le château expose sa façade côté jardin vers le sud-est et sa façade côté cour vers le nord-ouest.
Le domaine de Maisons couvrait à l’origine toute la partie nord de la ville actuelle de Maisons-Laffitte. On accédait à ce domaine, entouré de murs de pierre, par deux grandes entrées dotées de pavillons : l’entrée « du roi », qui donnait sur la forêt de Saint-Germain à l’ouest ; et l’entrée « du village » qui donnait sur le village mais qui contrairement à son nom ne servait pas aux villageois. Ces entrées se composaient de deux portes latérales encadrant un « saut-de-loup » aussi appelé « ha-ha », un fossé qui permet de fermer un parc sans boucher la vue. Ces entrées donnaient accès à deux grandes allées plantées (actuelles avenue Eglé et avenue Albine).
Le domaine qui entourait la demeure s’étendait sur une très large superficie et se divisait en deux parties :
Le petit parc, d’une superficie de trente-trois hectares, à l’est du domaine, situé entre la grande avenue partant de la porte du village et le château.
Le grand parc, d’une superficie de trois cents hectares, à l’ouest du domaine, situé entre la grande avenue partant de la porte du village et la forêt de Saint-Germain.
Les deux avenues se croisaient à l’entrée d’une première avant-cour dotée d’une troisième entrée à pavillons. Suivait une deuxième avant-cour, séparée de la première par une grille, et bordée sur les côtés par les grandes écuries au nord, un « mur renard » au sud (une fausse façade crée dans le but d’installer un effet de symétrie) et un fossé sec à l’ouest. Les grandes écuries, détruites dans les années 1830 par Jacques Laffitte, avaient été édifiées et décorées selon un parti monumental et fastueux, qui annonçait celles des châteaux de Versailles et Chantilly.
Ensuite se dressait la plateforme du château, isolée du reste du domaine par le fossé, dont l’accès se faisait par deux petits ponts : l’un du côté de la seconde avant-cour et l’autre du côté des jardins. Sur cette plateforme se dressait le château à proprement parler précédé d’une dernière cour, la cour d’honneur, fermée par le château sur le côté ouest et par des terrasses hautes sur les trois autres côtés. Entourant la plateforme du château, s’étendait le petit parc, composé de parterres et de bassins placés sur des terrasses descendant jusqu'au fleuve.
Le château en lui-même se compose d’un grand corps de logis en fond de cours flanqué de deux courtes ailes en retour d’équerre. La façade est animée par un jeu d’avant-corps simulés, dans le but de donner l'impression que le château est beaucoup plus grand et massif qu'il ne l'est en réalité. Le décor de la façade, sobre mais fastueux, a été conçu selon une disposition rappelant les œuvres des architectes Pierre Lescot et Philibert Delorme.


Grandes Écuries
Datant des années 1650, les grandes écuries de Mansart furent détruites dans les années 1840 par ordre de Jacques Laffitte. Les vestiges sont protégés au titre des monuments historiques7: une première inscription en 1947 pour les sols situés au lieu-dit la Grotte puis un classement en 1980 pour les parties subsistantes des écuries, dont le portique et le décor en rocaille de l'abreuvoir dit la Grotte.
Mur d'enceinte
Daté du xviie siècle, le mur d'enceinte construit sur les dessins de Mansart est en grande partie préservé. Ces vestiges sont inscrits au titre des monuments historiques depuis 19878.
Intérieurs
Le château abrite quatre grands appartements, répartis entre le rez-de-cour et le premier étage. Les appartements du château étaient tous distribués selon le même plan, à part celui du roi qui possédait une distribution qui lui était propre. Ces appartements se constituaient d'une antichambre, d'une grande chambre (ou chambre de parade), d'une petite chambre, d'un cabinet de garde-robe et d'un cabinet de toilette.
Des petits appartements, des logements de serviteurs et des espaces de services se répartissent sur plus d’une dizaine de niveaux (combles, entresols et caves).
Vestibule d'honneur
L’entrée du château se fait par le vestibule d’honneur, à l’origine fermée de grilles de ferronnerie. Déposées en 1791, lors de la mise sous scellés du domaine par les commissaires révolutionnaires, elles sont aujourd’hui exposées à l’entrée de la galerie d’Apollon au musée du Louvre.
Le décor de cette pièce est à la fois somptueux et savant, et fait démonstration de l’art de François Mansart. Ce dernier intègre dans le décor deux éléments empruntés à des prédécesseurs de grand renom : l’entablement est copié sur celui de Michel-Ange au palais Farnèse; les colonnes doriques sont copiées sur celles réalisées par Philibert Delorme au palais des Tuileries. Ces emprunts, loin d’être considérés comme des plagiats, étaient au contraire une démonstration de la culture architecturale de Mansart et une manière de se réclamer de leur descendance artistique.
Les quatre aigles dans les angles jouent sur l’homonymie entre le nom de la famille du constructeur, Longueil, et la réputation des rapaces, appréciés pour leur « long œil ». Cet élément de décor est une sorte de jeu de mots architectural, proche des traditions décoratives de la renaissance.
Les dessus de porte, sculptés par Gilles Guérin sur des dessins de Jacques Sarazin, représentent quatre divinités romaines associées aux quatre éléments et évoquent la fonction des accès qu’ils surmontent :
La porte donnant du côté de la cour est dominé par la déesse Cybèle, symbolisant la terre, évoquant le grand parc et les nombreuses terres agricoles de la seigneurie aujourd’hui disparus.
La porte donnant du côté de la Seine est dominé par le dieu Neptune, symbolisant l’eau, évoquant la présence des bassins, qui ornaient cette partie du jardin, et du fleuve en contrebas.
La porte donnant sur le grand escalier est dominé par le dieu Jupiter, symbolisant le feu, le dieu évoquant la présence de l’escalier montant aux appartements royaux (appartement du roi et appartement de la reine, actuel appartement "du maréchal Lannes") et l'élément évoquant l'appartement de la maîtresse de maison, symboliquement maîtresse du foyer, ainsi que l'escalier descendant aux cuisines.
La porte donnant sur le second vestibule est dominé par la déesse Junon, symbolisant l’air, évoquant la présence de l’appartement du maître de maison (René de Longueil avait installé son bureau dans l’antichambre, et l’air dans le système des allégories du xviie siècle était associé à la connaissance, au savoir et au travail intellectuel).


Escalier d'honneur
L'escalier d'honneur, réalisé grâce à la technique de la stéréotomie encore peu répandue en France dans les années 1640, constitue l'une des pièces maitresses du décor du château. Pour accentuer l’aspect grandiose de cet escalier, François Mansart l’a couvert d’une coupole surmontée d’un lanternon. Alors que le premier niveau est dépouillé de tout ornement, le palier d'honneur, desservant les appartements du roi et de la reine, se trouve doté d’un décor très riche, réalisé par Jacques Sarazin et son atelier.
Appartement du rez-de-cours gauche dit « de René de Longueil »
L'appartement situé au rez-de-cours à gauche porte le nom de son premier occupant, le commanditaire de la demeure René de Longueil, mais aussi parfois appelé « appartement des Captifs » en raison du décor de la cheminée de la chambre de parade. Cet appartement a conservé quelques éléments de son décor d’origine, mais les modifications de la demeure au xixe siècle et au xxe siècle ont laissé des traces plus ou moins visibles.
Aujourd’hui, cet appartement se compose de trois pièces : le « salon bleu » (qui remplace l’antichambre), le « salon des captifs » (qui remplace la chambre de parade), la « salle des gravures » (qui remplace la petite chambre) et le « cabinet de René de Longueil (qui remplace le cabinet de garde-robe). Le cabinet de toilette qui servait pour cet appartement a été supprimé lors de l’ouverture à la visite du château, et remplacé par des toilettes modernes.
La cheminée de la chambre de parade, réalisée par Gilles Guérin constitue l’élément de décor le mieux préservé de cet appartement. Elle figure sur un médaillon au centre de la partie supérieure le roi Louis XIII entouré de deux captifs. Ces deux prisonniers symbolisent les deux victoires qu'a remportées le roi pendant la Guerre de Trente Ans. La partie centrale représente le triomphe de Louis XIII, assis sur un char suivi de captifs enchaînés. Cette partie du décor est une copie de l'un des bas-reliefs de la colonne Trajane, la seule modification par rapport au modèle d’origine est le remplacement de la tête de l’empereur romain Trajan par celle du souverain français.
Appartement du rez-de-cours droit dit « des salles à manger du comte d'Artois »


L'appartement situé au rez-de-cours à droite portait à l'origine le nom « d’appartement de la Renommée », en raison du décor de la cheminée de la chambre de parade. Le nom actuel de cet appartement, dit « des salles à manger du comte d’Artois », est lié aux travaux engagés par ce dernier dans le but de changer la fonction de ces pièces et d’en faire des espaces dédiés aux repas.
C’est dans l'antichambre de cet appartement qu’était le plus souvent dressée la table depuis le xviie siècle, et ce pour une double raison : premièrement la proximité des cuisines, avec le débouché juste à l’entrée du grand escalier y conduisant ; deuxièmement l’aspect symbolique, puisque ces pièces auraient du être octroyées à l’épouse du propriétaire, la table aurai donc été dressée sous le patronage de la maitresse de maison.
Aujourd’hui, cet appartement se compose de quatre pièces : le « salon des officiers » ou « salle des buffets » (qui remplace l’antichambre), la « grande salle à manger » ou « salle à manger d’été » (qui remplace la chambre de parade), la « salle des stucs » ou « salle à manger d’hiver » (qui remplace la petite chambre) et un boudoir (qui remplace les cabinets de toilette et de garde-robe).
La structure et la décoration de ces pièces ont été totalement réorganisées par François-Joseph Bélanger sur ordre du comte d’Artois. L’intervention de l’architecte, bien que tranchant radicalement avec le reste du château, a été relativement discrète et respectueuse du style général de l’édifice. En effet, Bélanger souhaitait conserver l'idée de blancheur du vestibule d'honneur et de l'escalier d'honneur, livrant un décor essentiellement minéral. La plupart de ces pièces sont ornées d’un décor plus ou moins abouti, en raison de l’interruption du chantier. La grande salle à manger est celle dont le décor est le plus achevé (certains éléments sont cependant en plâtre au lieu d’être en marbre, mais sont bel et bien présents). La grande majorité des éléments de décor ont été réalisés par le sculpteur Nicolas Lhuillier sur des dessins de Bélanger.
L’appartement situé au premier étage à droite portait le nom « d’appartement de la Reine » en raison de son emplacement en face de celui du roi. Le nom actuel « des aigles » ou « du maréchal Lannes » est lié aux travaux engagés par ce dernier dans le but d’achever les travaux entamés par le comte d’Artois et laissés inachevés.
Aujourd’hui, cet appartement se compose d’un grand nombre de pièces, dont trois seulement sont ouvertes à la visite : un couloir d’entrée, une première chambre dite « de Jacques Laffitte » (qui divisent l'ancienne antichambre) et la chambre dite « du maréchal Lannes » (qui conserve le volume de l’ancienne chambre de parade). Les autres pièces, des chambres plus réduites et les usuels cabinets de toilettes et de garde-robe, servent à accueillir les bureaux de l’administration du château.
Le décor d'origine de cet appartement a été totalement perdu à la suite de l'incendie survenu en 1723. Le décor actuel, réalisé en bois peint et carton-plâtre, date du xixe siècle.


Appartement du premier étage gauche dit « du Roi » ou « à l'italienne »
L’appartement situé au premier étage à gauche porte le nom « d’appartement du Roi », en raison de sa fonction. Il doit son second nom « d’appartement à l’italienne » en raison de son couvrement en coupoles et fausses voûtes et non en poutres et solives, dit « plafond à la française ». Cet appartement est avec l’appartement dit « de René de Longueil », situé juste en dessous, celui qui à le plus conservé son apparence d’origine. Cependant, comme dans le reste du château, les campagnes de travaux réalisés au cours du xixe siècle ont laissé quelques traces, plus ou moins estompées par les campagnes de restauration.
La distribution de cet appartement, en raison de son statut particulier et de sa fonction, a toujours été différente de celle des trois autres appartements du château. Cette distribution a été bien mieux préservée que dans les autres parties du château. Ainsi cet appartement se compose de six pièces, toutes ouvertes à la visite : une grande salle, dite « salle des gardes » ou « salle de bal » ; une antichambre, dite « salon d’Hercule » ; une grande chambre de parade ; un cabinet de toilette ; un grand cabinet, dit « cabinet à l’italienne » et un petit cabinet, dit « cabinet aux miroirs ».
Les pièces constituant cet appartement sont ornées de peintures, réalisées par Michel Corneille et son atelier, mais aussi de sculptures, réalisées par certains membres de l’atelier de Jacques Sarazin comme Gilles Guérin.
La grande salle était ornée à l’origine de grande tapisserie, déposée lors de la Révolution française en même temps que les grilles du vestibule d’honneur. Aujourd’hui, les entre-fenêtres sont ornées de paysages d’Italie réalisés par les peintres Jean-Joseph-Xavier Bidault et Jean-Victor Bertin et commandés par Jacques Laffitte. La cheminée de l’antichambre était à l’origine ornée d’un tableau copié sur une œuvre de Guido Reni, d’où le nom de « salon d’Hercule ». Ce tableau a été décroché en même temps que les tapisseries. Il a été remplacé au xixe siècle par une copie du portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud.
Le grand cabinet, dit « cabinet à l’italienne », à perdu son lambris du xviie siècle au profit d’un décor datant du xixe siècle, mais a conservé sa coupole, dont le tambour est orné de couples de terme se tenant par la taille. Cette coupole préfigure dans son décor le grand salon du château de Vaux-le-Vicomte.
Le petit cabinet, dit « cabinet aux miroirs », a conservé son parquet, ses lambris de marqueterie et ses glaces vénitiennes d’origine. Le parquet se compose d’un grand nombre de matériaux : une dizaine d’essences de bois précieux (dont certaines viennent d’Asie), mais aussi de l’étain, de l’os, de la nacre, de la malachite… La petite coupole est ornée de peintures, réalisées par Michel Corneille. L’ensemble crée un décor d’une grande richesse et d’un grand raffinement.


Les appartements secondaires du château portent le nom de "petits appartements" en raison du statut de leurs occupants : des invités de second rang ou des serviteurs importants. Certains de ces espaces ont conservé leur apparence du xviie siècle, d'autres portent les marques de modification effectuées au cours des xixe siècle et xxe siècle.
Il existe deux types de distribution pour ces petits appartements : des pièces en enfilades, dotées de petits pièces de rangement mais servant de passage pour les chambres suivantes; des appartements structurés comme ceux des étages inférieurs, dotés d'une antichambre, d'une chambre, d'un cabinet de toilette et d'une garde-robe.
Deux appartements sont actuellement ouverts à la visite : l'appartement de Voltaire et l'appartement de La Fayette.
L'appartement dit "de Voltaire" est celui qu'à occupé le futur philosophe lors de son séjour en 1723. Cette pièce unique, sans antichambre mais dotée de plusieurs petits cabinets et espaces de stockages, à perdu son décor d'origine à la suite de l’incendie ayant suivi de peu le départ de l'écrivain : seules les poutres ont survécu au désastre.
L'appartement dit "de La Fayette" est celui qu'occupa François Mansart lors du chantier de décoration du château, puis celui qu'occupa le héros de la guerre d’indépendance américaine, Gilbert du Motier de La Fayette, lors de son séjour à Maisons dans les années précédant la révolution de Juillet. Cet appartement est une réduction de ceux des étages inférieurs : il est doté d'une petite antichambre donnant sur un cabinet de toilette et sur la chambre à alcôve, laquelle donne accès ensuite à une garde-robe. L'ensemble a conservé ses lambris et son décor d'origine. Ces derniers montrent le statut privilégié de ces pièces au sein de ces espaces
secondaires.

 

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MessagePosté le: Mar 8 Nov - 07:11 (2016)    Sujet du message: (78) YVELINES Répondre en citant

Le vieux pont de Limay, qui enjambe un bras de la Seine, le bras de Limay, et relie la ville de Limay (Yvelines) à l'île aux Dames, est l'un des plus anciens ponts de France.
Ce pont, qui comptait onze arches, a été partiellement détruit en 1940 lorsque le génie militaire français fit sauter deux arches centrales, qui n'ont pas été reconstruites, pour retarder l'avance de l'armée allemande. C'est le dernier vestige d'un ancien pont de 37 arches, qui reliait Mantes-la-Jolie à Limay en trois parties, daté au moins du milieu du xie siècle.
Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 15 juin 1923.


Il a été immortalisé par le peintre Jean-Baptiste Corot dans plusieurs tableaux, dont l'un, intitulé le Pont de Mantes (1868), est conservé au musée du Louvre à Paris.
Le vieux pont de Limay était prolongé autrefois par le vieux pont de Mantes, comptant 13 arches, qui enjambait le bras de Mantes entre cette ville (rive gauche de la Seine) et l'île Champion (englobée dans l'actuelle île aux Dames). Ces deux ponts n'étaient pas placés dans un même alignement mais décalés et reliés par un troisième pont de 13 arches permettant de franchir une zone marécageuse de l'île située au milieu du fleuve. Le vieux pont de Mantes fut démoli en 1765 après la mise en service d'un nouveau pont, le pont Perronnet, situé un peu en aval, à l'emplacement du pont actuel. La circulation continua, côté Limay, à emprunter le vieux pont jusqu'en 1855, année de la mise en service du pont neuf de Limay construit dans le prolongement du pont Perronet. Depuis lors, le vieux pont de Limay ne fut plus entretenu et interdit à toute circulation en 1897 par arrêté préfectoral.


La question de la propriété du vieux pont de Limay, en litige entre Limay et Mantes-la-Jolie, fut tranchée le 19 mars 1923 par une décision du ministère des Travaux publics qui l'attribua à Mantes. En 1967, un comité de sauvegarde a été constitué pour œuvrer à la remise en état de ce vieux monument dont la pérennité n'était pas assurée. Des travaux de restauration limités ont été réalisés depuis.
Un projet de passerelle est à l'étude depuis de nombreuses années. Cette nouvelle passerelle reliera le centre-ville de Mantes-la-Jolie, secteur de la collégiale, au centre-ville de Limay, en restaurant la continuité de l’ancien pont de Mantes (coté Limay). Mais, faute du succès d’une partie de l’appel d’offres, l’ouvrage annoncé en 2015 puis prévu en 2018 aura certainement du retard

 

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MessagePosté le: Mer 9 Nov - 07:34 (2016)    Sujet du message: (78) YVELINES Répondre en citant

Le château de Rosny-sur-Seine (1ère partie) est un château français de style Louis XIII situé dans la commune de Rosny-sur-Seine dans le département des Yvelines et la région d'Île-de-France, sur la rive gauche de la Seine en aval de Mantes-la-Jolie.
Construit à l'extrême-fin du xvie siècle pour Maximilien de Béthune, duc de Sully, surintendant des finances d'Henri IV, peut-être par Jacques II Androuet du Cerceau, il a été remanié par l'architecte Joseph-Antoine Froelicher pour la duchesse de Berry, propriétaire de 1818 à 1830.
Sauvé de la destruction en 1840 par le comte Le Marois, il est soigneusement restauré par la famille Lebaudy qui le possède jusqu'en 1955.
Devenu en 1984, en même temps que neuf autres domaines, propriété de la société japonaise Nippon Sangyoo Kabushiki Kaisha, son mobilier est vendu, laissé à l'abandon et gravement endommagé par un incendie à la suite duquel l'État décide d'engager d'office des travaux de sauvetage. Il est cédé en 1998 à Monsieur Bernard Anthonioz qui envisage de le transformer en Relais-Château. Celui-ci entreprend de gros travaux d'entretien et de restauration sur fonds propres sans subvention(7 millions d'euros) et puis décide de le céder en février 2016. Le château, y compris le parc et les dépendances fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 11 juillet 1941
À l'emplacement actuel du château de Rosny-sur-Seine se trouvait au Moyen Âge un manoir fortifié.
La seigneurie, après avoir longtemps appartenu aux Mauvoisin, revient à la maison de Béthune en 1529 par le mariage de Jean IV de Béthune, grand-père du duc de Sully, le célèbre ministre d'Henri IV, avec Anne de Melun, qui reçoit le domaine de Rosny en dot.


Maximilien de Béthune naît le 13 décembre 1559 au château féodal de Rosny-sur-Seine.
En 1598, il devient surintendant des finances d'Henri IV. Cette même année – ou peut-être dès 1595 – il entreprend de faire construire un nouveau château à Rosny-sur-Seine, terre érigée en marquisat à son profit en 1601 et il est créé duc de Sully en 1606.
Ce château est connu par une gravure de Claude Chastillon publiée dans la Topographie française au début du xviie siècle. L'architecte est inconnu, mais Jean-Pierre Babelon a suggéré qu'il pourrait s'agit de Jacques II Androuet du Cerceau.
Bâti en briques et pierre selon le goût de l'époque avec un plan en U comprenant un corps de logis central flanqué de deux pavillons terminés par deux ailes en retour d'équerre elles-mêmes terminées par des pavillons. La cour d'honneur était fermée par un mur bas avec portail et fossés, selon une disposition connue par exemple au château d'Anet. Ce plan carré autour d'une cour permet de distribuer les salles et appartements autour du grand escalier, aménagé ici dans le pavillon sud-ouest, une galerie dans l'aile sud et les appartements des officiers dans l'aile nord.
Pour le portail d'entrée, le ministre avait ordonné un décor de colonnes jumelées garnissant les pieds-droits du portail en arc de triomphe, sculptées en formes de fûts de canons dressés verticalement, grenades et casques en trophées, rappelant sa fonction de grand maître de l'artillerie de France.
Les façades des corps d'habitation étaient parées en briques avec chaînages et encadrements de pierre. Les encadrements de fenêtres se prolongeaient verticalement de fond en comble. Les hautes toitures d'ardoise comportaient des lucarnes ornées.
Le château se dressait au milieu de beaux jardins comprenant divers parterres et des alignements d'arbres.
« Personne n'ignore que c'est lui [Sully] qui a fait bâtir en entier le Château de Rosny, à fossés secs, extrêmement larges, & dont le feu, lorsqu'on y plaçoit une Batterie, se croisoit d'une manière surprenante : chose très-rare en ce temps-là. Il y fit cette belle Terrasse, qui regnoit le-long de la Seine, dans une longueur prodigieuse, & ces grands Jardins, remplis de bosquets & grottes, qui jettoient de l'eau. »
Pendant l'été 1603 Henri IV honore Rosny de sa visite. Sully, entouré de toute sa maison, se porte à la rencontre du roi sur la grande avenue du parc, située dans l'axe de la façade du château, et qui rejoint la route de Mantes. Le roi admire les travaux qui touchent alors à leur terme. Le corps de logis est achevé et les appartements viennent d'être aménagés. Il complimente son ministre sur les belles rangées de jeunes ormes bordant les allées du jardin et, comme ces arbres poussent très lentement, il observe : « Ah ! mon amy, quels beaux ombrages vous aurez là-dessous dans deux cents ans ! »
L'aspect du domaine est connu par une peinture, formant dessus-de-porte, conservée aujourd'hui au château de Villebon à Villebon (Eure-et-Loir), l'une des résidences favorites de Sully.
Sans preuve on a prétendu que Sully n'avait construit que le corps du fond et les deux pavillons d'angle qui subsistent aujourd'hui, quoique très remaniés. Il semble plutôt que Sully laissa le château inachevé, car « à la mort du roi, son bienfaiteur, il voulut donner une preuve sensible de sa douleur en laissant les ailes imparfaites et dans l'état où elles étaient au moment de ce triste événement » Pour autant, « la qualité de l'édifice retint l'attention des contemporains, confirmée par un dessin représentant une élévation de ce château conservé dans les collections graphiques du Nationalmuseum, à Stockholm, en Suède. » « L'absence d'avant-corps et d'ordre antique – contrairement au savant usage dans l'architecture de pierre, inspirée des traités, pendant la période antérieure – concentrait le décor au niveau des lucarnes de pierre, passantes sur la corniche, surmontée de frontons triangulaires ou cintrés, qui rythmaient alternativement les travées dans les parties hautes des façades et à la naissance des hauts combles, dispositions qui se retrouvent dans un second dessin conservé à la Bibliothèque de l'Institut de France. »

Le décor intérieur devait comporter, selon le goût de l'époque, des plafonds à poutres et solives peintes, des tapisseries aux murs ou bien des revêtements d'étoffes ou de cuirs au-dessus d'un lambris bas d'appui, et sans doute de belles cheminées. Très peu d'éléments subsistent de ce décor d'origine.
La demeure reste la propriété de la maison de Béthune-Sully jusqu'en 1718, date à laquelle elle est vendue par Henri de Béthune, dernier duc de Sully, au comte François Olivier de Sénozan, intendant général du clergé de France, issu d'une puissante famille de parlementaires, les Olivier de Sénozan.
Il agrandit le domaine en réunissant à la seigneurie de Rosny le fief de la Grand-Maison et au parc du château le terrain occupé par le prieuré de Saint-Wandrille. À cette occasion, il fait redessiner les jardins et effectuer de nouveaux aménagements. La longue terrasse créée par Sully le long du fleuve est reconstituée. Une avenue parallèle est tracée, de l'autre côté des parterres, proche de la route de Rouen.
Il transmet la propriété à son fils, Jean-Antoine, président à la quatrième Chambre des Enquêtes du Parlement de Paris, qui a épousé Anne Nicole de Lamoignon de Blancmesnil, fille du chancelier de France Guillaume de Lamoignon de Blancmesnil.
En 1747, il fait construire dans le parc, sur la saillie de la terrasse au bord de la Seine, un élégant « pavillon des Bains », ultérieurement transformé en chapelle, dans le goût des ermitages édifiés à l'instar du pavillon du Butard construit en forêt de Fausses-Reposes par Ange-Jacques Gabriel, à qui le pavillon de Rosny est parfois attribué; ce pavillon possède un avant-corps percé d'une baie en plein cintre ornée d'un gracieux mascaron, l'ensemble surmonté d'un fronton triangulaire dont l'intérieur montre des chimères flanquant un vase décoratif ; les baies rectangulaires présentent des agrafes ; un toit plat bordé d'une balustrade couvre l'édifice. Une grille monumentale en fer forgé, toujours en place, est placée à l'entrée du domaine, entre des pilastres ornés d'ailerons à volutes ; elle porte en son sommet un médaillon représentant en bas-relief un bovin couché encadré de gerbes de blé, en hommage à Sully.
La petite-fille du président de Sénozan, Madeleine Sabine de Sénozan-Viriville, épouse en 1778 le comte Joseph-Archambaud de Talleyrand-Périgord, frère cadet de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, et fait entrer Rosny dans les possessions de la maison de Talleyrand-Périgord.
Une ordonnance royale rendue à cette occasion le 20 août 1779 indique que le domaine de Rosny s'étendait alors sur presque toute la contrée : Gassicourt, Perdreauvilleet son hameau Apremont, Boissy-Mauvoisin, Ménerville, La Villeneuve-en-Chevrie, Le Ménil-Renard. Les Talleyrand-Périgord font construire dans la partie Ouest du parc une « maison rustique » à la manière de celles du hameau de Trianon de Versailles.
Sous la Révolution française, le comte Joseph-Archambaud de Talleyrand-Périgord émigre et ses biens sont mis sous séquestre. La propriété est restituée à ses enfants en 1796; Edmond de Talleyrand-Périgord, futur duc de Dino, en hérite en 1808.


Vendu en 1817 par Edmond de Talleyrand-Périgord, neveu du ministre, à un négociant parisien, Louis Mourraux ou Mourault, le domaine est racheté en 1818 par le duc de Berry, fils du comte d'Artois et époux de Marie-Caroline des Deux-Siciles pour la somme de 2 500 000 francs.
Le duc et la duchesse sont soucieux de s'affranchir du protocole écrasant des Tuileries, mais le jeune couple profite peu du domaine puisque le prince est assassiné deux ans plus tard, le 13 février 1820.
La duchesse de Berry est très attachée à ce domaine où elle a vécu deux brèves années de bonheur conjugal. Le souvenir de Sully y convoque celui d'Henri IV, le « bon roi Henri », premier souverain de la maison de Bourbon dont la Restauration chérit la mémoire : l'enfant posthume du duc de Berry, le duc de Bordeaux, est prénommé Henri et l'on aime à le représenter en costume Renaissance.
La duchesse de Berry fait faire à Rosny de grands travaux par son architecte attitré, Joseph-Antoine Froelicher. Il dirige la restauration complète des façades : rejointoiement et remplacement des pierres abîmées, rebriquetage en plâtre rouge, peinture des croisées à grands carreaux des persiennes et des garde-corps en gris.
Le paysagiste François Edmée Ricois (1795-1881) a donné en 1823 une vue du château de Rosny (Sceaux, musée de l'Ile-de-France).
En 1826 la duchesse fait achever la construction des ailes laissées, selon la tradition, inachevées par Sully à la mort d'Henri IV, à moins qu'elle ne les fasse purement et simplement reconstruire.
Elles comporteront alors quatre niveaux, comme le montrent les panneaux peints par Storelli d'une table à ouvrage commandée par la princesse ou encore la peinture de Corot « Rosny, le château de la duchesse de Berry ».
Dans la première aile, dite aile de Sully ou de Madame, du côté de la Seine, on installe la chapelle ainsi qu'un "salon chinois" peint en noir, or et vermillon, où la princesse dispose sa collection d'objets en laque.
Les étages supérieurs abritent les appartements de la dame d'honneur, des dames d'atour et des pièces de service. La deuxième aile, dite aile du Gouverneur, abrite les appartements du comte de Mesnard, premier écuyer de la duchesse, du marquis de Sassenay, secrétaire des Commandements, et des sœurs Brown, Charlotte, comtesse d'Issoudun, et Louise, comtesse de Vierzon, issues de la liaison du duc avec Amy Brown (1783-1876) pendant l'émigration et que la duchesse a adoptées comme ses filles après son assassinat, ainsi que de nombreux appartements d'invités.
En 1828 la duchesse fait agrandir la demeure en faisant élever devant la façade d’entrée un grand avant-corps d’un seul niveau couvert d’une terrasse qui double côté cour le corps de logis central dans toute sa longueur et ménage trois vastes pièces supplémentaires. Cet avant-corps reprend l'appareillage du château en brique et pierre de Chérence.


La duchesse de Berry, portrait par Thomas Lawrence.

Les intérieurs sont remis au goût du jour, mais en veillant à une certaine simplicité, éloignée de la pompe et du faste des maisons royales. La décoration du château fait l'admiration des contemporains comme la duchesse de Maillé, dame pour accompagner de la duchesse, qui note dans ses Souvenirs après un séjour qu'elle y effectue en 1828 : « Rien ne peut être comparé au mobilier de Rosny et Madame a fort bon goût. »
Bailly, peintre breveté de la duchesse, établi rue Sainte-Avoye à Paris, est chargé de repeindre toutes les pièces dans des teintes claires. Son tapissier Grandjean, établi 75 rue Sainte-Anne, réalise des rideaux et draperies en toile de Jouy
L'ébéniste Jacob Desmalter complète l'important mobilier d'acajou de style Empire laissé sur place par le duc et la duchesse de Dino.
Les salons du rez-de-chaussée reçoivent des meubles et objets d'art exceptionnels comme un guéridon en porcelaine de Sèvres et bronze doré, ainsi qu'une pendule astronomique en Sèvre couronnée des profils de Diane et Apollon acquise par Louis XVIII à l'exposition des produits des manufactures de 1822.
La bibliothèque, pièce de prédilection de la duchesse, est ceinturée par huit grandes armoires vitrées, en acajou, surmontées de bustes de philosophes. Ses croisées sont garnies d'une toile de Jouy cramoisie à losanges doublée de toile à motifs de cachemire. Son mobilier comprend six fauteuils et six chaises garnis de maroquin rouge. Elle renferme quelque 8 000 volumes richement reliés entre autres par Simier, parmi lesquels on trouve des ouvrages d'histoire, de botanique, des récits de voyages, des albums d'estampes, la littérature française et étrangère, notamment la collection complète des romans historiques de Walter Scott, très appréciés par la duchesse.
Le billard a des murs peints en vert olive et des fenêtres garnies de rideaux de toile de Jouy verte, elle-même garnie de bordure à "impression Cachemire". La même toile de Jouy recouvre les sièges de la pièce soit deux banquettes, huit fauteuils et huit chaises. En son centre est placé un grand billard français en acajou à ornements dorés, surmonté par une suspension en bronze doré fournie par le lampiste Compain en avril 1821;
La salle à manger, chauffée par un grand poêle en faïence à la Suédoise, est peinte en ton de pierre. Elle reçoit des rideaux de toile de Jouy amarante avec bordure façon cachemire. Une grande table d'acajou surmontée d'une imposante lanterne en cuivre doré est entourée de vingt-quatre chaises en noyer garnies de maroquin rouge;


Baron Gérard, La duchesse de Berry et ses enfants, 1822, château de Versailles : Dans le lointain, on aperçoit le château de Rosny.

Le vestibule central comporte des portes et croisées peintes en vert bronze avec « frottis de couleur ». Il célèbre la gloire de Sully dont le portrait en médaillon entouré de trophées militaires, vient couronner le cadre en bois doré et sculpté du miroir de 3 m x 3,50 m que la Compagnie de Saint-Gobain lui a fourni après sa visite de 1822. Deux tapisseries des Gobelins relatent des faits d'armes d'Henri IV;
L'appartement de la duchesse se trouve au premier étage du château dans le pavillon du côté de la Seine, appelé depuis lors Pavillon de Madame; il comprend un cabinet, une antichambre, un cabinet de garde-robe, un cabinet d'aisance, une salle de bains et la chambre de la princesse;
La chambre de la duchesse est peinte en gris blanc, sauf l'alcôve décorée d'une frise à la détrempe. Elle prend jour par trois croisées aux rideaux de toile de Jouy à rosaces rouge et jaune sur fond bleu bordés de franges à boules jaunes et carmélite. L'ornement le plus remarquable en est la table de toilette en cristal et bronze qui avait reçu une médaille d'or à l'exposition de 1819. Sur la cheminée, la duchesse fait placer une pendule en forme de lyre également en cristal et bronze doré. Au sol, un grand tapis velouté fin à décor de fleurs et fruits sur fond orangé bordé de palmettes en grisaille de la manufacture de Vayson;
La salle de bains attenante, est particulièrement soignée; en 1821, elle est entièrement tendue d'une toile écrue qualifiée de très belle, rehaussée de galons, franges et câbles de soie bleue. Le bronzier Feuchère fournit en 1828 pour la baignoire d'exceptionnels ornements à double col de cygne en bronze doré mat et bruni. Il livre également deux encoignures « à quadrille découpé » et un feu à décor de cygnes tenant une guirlande dans leurs becs, tous deux en bronze finement ciselé vert antique et doré à l'or moulu. Il orne le linteau de la cheminée de trois médaillons de bronze représentant le duc de Berry entouré de ses deux enfants. La duchesse y fait placer « une fine pendule en albâtre de Fulbert représentant une muse et deux vases en porcelaine à fond bleu lapis avec bouquets artificiels sous cage de verre »;
L'avant-corps élevé en 1828 présente en son centre un vestibule à colonnes cannelées peint en trois tons de pierre, le plafond bleu d'azur et l'ensemble des portes, croisées et volets "en couleur bois", meublé de quatre banquettes et douze tabourets peints en vert bronze, les murs garnis de « quatre trophées d'armes chevaleresques de Philippe Auguste jusqu'à Henri IV » achetés en 1829. De part et d'autre de ce vestibule, deux pièces sont dévolues au service de la duchesse : un salon des Officiers et une antichambre des valets de pied.
La duchesse de Berry y rassemble une importante collection de tableaux de 600 pièces en 1830 placée sous la responsabilité d'un conservateur, le chevalier Féréol de Bonnemaison, puis, à partir de 1827, le chevalier de Laurencel; on y trouve des œuvres de peintres contemporains tels que Jean-Louis Ducis, Marie-Philippe Coupin de La Couperie, Charles Marie Bouton, François Marius Granet ou Nicolas-Antoine Taunay.
Elle réunit également un cabinet de curiosités, avec le concours des meilleurs spécialistes du Muséum

 

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MessagePosté le: Jeu 10 Nov - 07:14 (2016)    Sujet du message: (78) YVELINES Répondre en citant

La Collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie est une église gothique des xiie et xiiie siècles située à Mantes-la-Jolie (Yvelines, France) en bord de Seine. Elle fut classée Monument historique en 1840.
Cette église ressemble à Notre-Dame de Paris par le style et par son élévation sur trois niveaux. C'est une nef simple, encadrée de bas-côtés, sans transept, qui se termine par une abside entourée d'un déambulatoire et de neuf chapelles rayonnantes construites au xiiie et xive siècles. La façade orientée vers l'ouest est percée de trois grands portails sculptés surmontés d'une rosace. Cette disposition s'inspire du modèle de la cathédrale de Laon. Le portail central dédié à la Vierge a été endommagé pendant la Révolution.


Commencée vers 1150, elle fut achevée vers 1350 après plusieurs campagnes de travaux. Les travaux commencèrent par l'implantation d'une plate-forme au nord et les murs extérieurs avec les trois portails. La tour sud fut construite vers 1250 et la tour nord vers 1510.
On voit dans la nef la trace d'une litre funéraire.
Pendant la Révolution française, la collégiale est gravement endommagée. En particulier, de nombreuses statues de la façade ont été mutilées en 1794. L'édifice a été alors converti en « temple de la Raison », puis est devenu successivement une fabrique de salpêtre et un arsenal.
Après la signature du Concordat en 1801, quelques travaux de restauration d'urgence ont été réalisés.
Une campagne de restauration importante est menée ensuite durant le xixe siècle. La restauration de la tour nord est réalisée de 1851 à 1855 sous la direction d'Alphonse Durand, architecte de Mantes-la-Jolie, élève de Viollet-le-Duc. Il décida de la reconstruire à l'identique de la tour sud, outrepassant quelque peu le principe d'une restauration.
Le 30 mai 1944, un important bombardement aérien allié, visant le pont de Mantes, détruit une grande partie du vieux centre de Mantes-la-Jolie. La collégiale est légèrement touchée.
La toiture a été entièrement refaite en 2001 et 2002. Ces travaux ont nécessité la pose de 44 650 tuiles vernissées. La rosace a été restaurée en 2003.
Depuis 2011, la façade nord est en cours de restauration.
Le 27 septembre 2012, à l'occasion du lancement d'un timbre à l’effigie de la collégiale, Michel Vialay, maire de Mantes-la-Jolie, annonce son intention de demander l'inscription du bâtiment au Patrimoine mondial de l'UNESCO

La collégiale de Mantes-la-Jolie a des dimensions proches de celles de la cathédrale de Senlis.
Longueur totale : 67,70 m ;
longueur de la nef et du chœur : 57,70 m ;
largeur de la nef : 11,75 m ;
hauteur sous voûtes : 29,90 m ;
hauteur totale des tours : 61 m ;
largeur de la façade : 29,70 m ;
largeur des bas-côtés : 6,10 m ;
hauteur jusqu'à l'étage des galeries : 31,25 m.


Le portail de la Résurrection
L’œuvre la plus ancienne de l'édifice. Il aurait été réalisé vers 1175 en pierre blanche de Vernon ou blonde d'Île-de-France par les ateliers qui travaillèrent à Saint-Denis et Notre-Dame de Paris. Ce portail est dédié à la Résurrection du Christ. Sculpté dans un style plus archaïque, il démontre une moins grande maîtrise technique de l'artiste. On peut néanmoins apprécier la simplicité qui s'en dégage et qui est en lien sans aucun doute avec sa vocation pédagogique.
Le portail de la Vierge
L'entrée principale de la Collégiale vouée à Marie et à son assomption. Le portail de la Vierge est considéré comme un chef-d'œuvre de la sculpture occidentale. Il se compose de deux ensembles conçus à dix ou quinze ans d'intervalle. La partie basse, sous le niveau de la base du linteau, a dû être exécutée très peu de temps après le portail de la Résurrection. Toute la partie supérieure (voussure et tympan), est sensiblement postérieure.


Le portail des Échevins
Situé à droite de la façade, ce portail très richement décoré a été construit en 1300 à la demande des échevins de la ville. Il ressemble par sa composition et son style au portail sud la Calende de la cathédrale de Rouen. Il fut gravement endommagé lors de la Révolution. Il a perdu notamment les statues des ébrasements en partie basse et une partie de la décoration du tympan où les têtes des statues ont disparu3.
La nef
La nef gothique la plus élevée du xiie siècle. De son temps, seule Notre-Dame de Paris la dépassait de seulement deux mètres. L'élévation de la nef est partagée en trois étages de hauteur sensiblement égale : les grandes arcades du rez-de-chaussée, celles des tribunes et enfin les fenêtres hautes. La disposition de la nef est en grande partie due à ses trois voûtes d'ogives à six branches (sexpartites), chacune embrassant deux travées. L'adoption de ce type de structure a une conséquence évidente : les piles ne supportent pas toutes la même charge. D'où l'alternance de fûts cylindriques simples et de piles flanquées de colonnettes.


Le style de l'architecture frappe par sa sobriété. Les grandes baies des tribunes ne sont pas moulurées. De vastes pans de murs nus, dus à l'absence de division horizontale, y apparaissent notamment à l'étage des fenêtres hautes. Cette sobriété est parfaitement dans l'esprit des architectes parisiens du xiie siècle. La longueur modeste de la nef, l'écartement du pilier qui ouvre largement sur les bas-côtés, ainsi que les amples zones horizontales confèrent à l'ensemble une étonnante majesté.
La rose
La grande rose de Mantes est l'une des plus anciennes de France. Les plus anciens panneaux remontent aux environs de 1210. Elle représente le jugement dernier. L'oculus central est occupé par une mandorle où trône le Christ juge, se détachant sur un fond bleu peuplé d'étoiles rouges. Il est entouré d'un chœur d'anges dont les bustes ailés sortent des nuées. Le premier cercle, qui obéit à un axe de symétrie vertical, est celui des anges et des intercesseurs. Le fond bleu des quadrilobes figurés s'oppose au rouge sur lequel se détachent les rinceaux décoratifs qui complètent chaque compartiment

 

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MessagePosté le: Ven 11 Nov - 07:14 (2016)    Sujet du message: (78) YVELINES Répondre en citant

Chambourcy est une commune du département des Yvelines, dans la région Île-de-France, en France, situé à 3 km à l'ouest de Saint-Germain-en-Laye et à 25 km environ à l'ouest de Paris.
Ses habitants sont appelés les Camboriciens.
Un ruisseau, le ru de Buzot irrigue la commune. Ce ru de 9 km court vers l'est et se jette dans la Seine au Pecq, après avoir traversé la commune de Saint-Germain-en-Laye, le plus souvent canalisé et enterré.


Camborciacum au IXe siècle, Camburciacum en 1150, Chamborci au XIIIe siècle, Chamboutz.
En l'absence de formes suffisamment anciennes, donc bien caractérisées, les toponymistes rapprochent le nom de Chambourcy de celui de Chambrecy (Marne, Camarciacum, vers 948)!
Il s'agit d'un type toponymique courant en -acum, suffixe gaulois latinisé (à l'origine de la plupart des terminaisons -y du nord de la France), précédé d'un nom de personnage Camarcius / Camartius ou *Camburcius (de Camburcus), d'origines gauloises également.
   1224 : fondation de l'abbaye de Joyenval.
    1346 : l'abbaye de Joyenval et le château de Montjoie sont pillés par les Anglais d'Edouard III.
    1789 : création du désert de Retz, jardin romantique comprenant de nombreuses « folies », dont la « colonne détruite », la « pyramide », le « pavillon chinois »...
    1934 : fondation de la laiterie ALB, qui lancera en 1948, le « petit Chambourcy », un petit-suisse.

Lieux et monuments
     Église Sainte-Clotilde : église de style roman datant du XIIe siècle plusieurs fois remaniée au cours des siècles passés. Dans cette église se trouvent les reliques de sainte Clotilde, épouse de Clovis Ier, roi des Francs, qu'elle convainquit de se convertir à la religion catholique.
    Le désert de Retz, classé monument historique en 1941, a été construit sur l'emplacement de Saint-Jacques-de-Retz, un village abandonné et en ruines au nord de l'actuelle commune, en bordure de la forêt de Marly.
    La maison d'André Derain, située au no 64 de la Grande rue, construite au XVIIIe siècle et réaménagée aux XIXe et XXe siècles, est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1986.
    Il reste, sur le site du golf, des vestiges inscrits aux monuments historiques en 1989 de l'abbaye de Joyenval qui datait du XIIIe siècle.
    Un château datant du XIXe siècle, situé non loin du village dans la direction d'Aigremont et non répertorié en tant que patrimoine, sert de maison de retraite.


 

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MessagePosté le: Dim 13 Nov - 07:09 (2016)    Sujet du message: (78) YVELINES Répondre en citant

Claude Debussy est un compositeur français, né le 22 août 1862 à Saint-Germain-en-Laye et mort le 25 mars 1918 à Paris.
En posant en 1894 avec Prélude à l’après-midi d’un faune le premier jalon de la musique moderne, Debussy place d’emblée son œuvre sous le sceau de l’avant-garde musicale. Il est brièvement wagnérien en 1889, puis anticonformiste le reste de sa vie, en rejetant tous les académismes esthétiques. Avec La Mer, il renouvelle la forme symphonique ; avec Jeux, il inscrit la musique pour ballet dans un modernisme prophétique ; avec Pelléas et Mélisande, l’opéra français sort des ornières de la tradition du drame lyrique, tandis qu’il confère à la musique de chambre, avec son quatuor à cordes et son trio, des accents impressionnistes inspirés.


Une part importante de son œuvre est pour piano (la plus vaste de la musique française avec celle de Gabriel Fauré) et utilise une palette sonore particulièrement riche et évocatrice.
Claude Debussy laisse l’image d’un créateur original et profond d’une musique où souffle le vent de la liberté. Son impact sera décisif dans l’histoire de la musique. Pour André Boucourechliev, il incarnerait la véritable révolution musicale du vingtième siècle
Achille-Claude Debussy naît dans la maison familiale au no 38 rue au Pain à Saint-Germain-en-Laye, le 22 août 1862. Ses parents, Manuel-Achille, un ancien militaire, et Victorine Manoury, sont vendeurs de céramiques et de poteries (« marchands faïenciers »). Onze mois plus tard, le 23 juillet 1863, sa sœur Adèle vient au monde, également au 38, rue au Pain. Claude Debussy est baptisé le 31 juillet 1864 en l’église Saint-Germain ; son parrain est le banquier Achille Arosa, sa marraine est Clémentine Debussy, tante de Claude et maîtresse d’Arosa, qui signe le registre du nom d’Octavie de la Ferronière afin de rendre sa liaison plus discrète.

Les Debussy quittent leur boutique de Saint-Germain-en-Laye vers la fin de 1864, faute de rentabilité. Ils passent un moment chez la grand-mère maternelle d’Achille-Claude, Edme Manoury, avant de revenir s’installer à Paris même, en septembre 1867, au 11, rue de Vintimille, où naît le troisième enfant de la famille, Emmanuel-Léon, le 19 septembre 1867. Le père Debussy travailla d’abord comme courtier en ustensiles de ménage avant d’entrer en 1868 à l’imprimerie Paul Dupont, ce qui lui permit de déménager à nouveau avec sa femme et ses enfants, cette fois au 69, rue Saint-Honoré. Au début de l’année 1870, Achille-Claude part avec sa mère enceinte, son frère et sa sœur chez Clémentine Debussy (sa tante paternelle et également sa marraine), à Cannes, où naît le quatrième enfant de la famille, Alfred Lucien, le 16 février 1870. Le père reste à Paris, où la guerre éclate en juillet. L’imprimerie Dupont licencie son personnel le 15 novembre, et Manuel-Achille se retrouve sans emploi, avant d’accepter un poste au service des vivres de la mairie du 1er arrondissement, un des futurs foyers de la Commune.
Pendant ce temps, c’est sans doute à Cannes que le jeune Achille-Claude pénètre pour la première fois dans l’univers musical. Sa tante Clémentine aurait décelé en lui des dispositions musicales, et lui aurait déniché son premier professeur de piano, un modeste violoniste italien de quarante-deux ans habitant Cannes, Jean Cerutti. Ce dernier n’aurait rien remarqué de particulier chez Achille-Claude. À Paris, l’insurrection de la Commune éclate ; Manuel-Achille s’engage dans la garde nationale, où, promu, après maintes péripéties, capitaine puis se retrouvant à la tête d’un bataillon, il est arrêté, puis libéré deux jours plus tard, et emprisonné à nouveau, le 22 mai, par les troupes de Mac-Mahon. Il se trouve interné avec d’autres communards dans le camp de Satory, et doit subir plusieurs interrogatoires suivis d’un procès pour lequel son jugement par le Conseil de guerre est sans appel : quatre ans de prison. Après une année d’incarcération, la peine est commuée en quatre ans de suspension des droits civiques et familiaux. Le reste de la famille, demeuré à Cannes pendant ces événements, rentre à Paris, où Victorine Debussy et ses quatre enfants louent un petit deux-pièces rue Pigalle.

Manuel-Achille rencontre dans les prisons communardes un autre prisonnier, Charles de Sivry, musicien autodidacte (il était notamment chef d’orchestre), et beau-frère de Paul Verlaine. Les deux hommes se lient d’amitié et échangent leurs soucis. Manuel-Achille touche sans doute quelques mots à Sivry de son fils Achille-Claude et de ses facilités musicales, si bien que Sivry propose de confier le jeune Debussy à sa mère, Madame Antoinette-Flore Mauté de Fleurville. Cette dernière, qui avait alors quarante-huit ans, est une excellente pianiste, et aurait été, selon ses propres dires, une élève de Frédéric Chopin. Cette affirmation n’a cependant pas pu être prouvée. Toujours est-il qu’Achille-Claude devint l’élève de Madame Mauté, mais l’on ne sait si les cours débutèrent avant ou après la libération de Sivry du camp de Satory (Sivry fut libéré rapidement, bénéficiant d’un non-lieu). Madame Mauté prenait ces leçons très à cœur, et elle fut convaincue des talents de Debussy, ce dernier progressant de manière significative. Debussy lui-même en gardera un bon souvenir, affirmant plus tard : « Ma vieille maîtresse de piano, petite femme grosse, qui m’a précipité dans le Bach et qui en jouait comme jamais maintenant, y mettant de la vie. » La fille de Madame Mauté, Mathilde, est l’épouse de Paul Verlaine avec qui elle s’installe rue Nicolet, au côté des Mauté, non loin de la rue Pigalle où logent les Debussy.
Après une année, les leçons de Madame Mauté furent d’une telle qualité qu’Achille-Claude put envisager l’entrée au Conservatoire de Paris, lui qui ne fréquentait aucune école (contrairement à ses frères et sœurs) et qui apprit à lire, à écrire et à compter avec sa mère. Madame Mauté l’encourage dans cette voie et conseille à ses parents de lui faire tenter le concours d’entrée. Pour cela, il lui faut une relation pouvant appuyer sa candidature. Le père, Manuel-Achille, parvient à joindre Félicien David, membre des comités d’examens de chant, d’orgue et de déclamation lyrique. Ce dernier accepte, et envoie le billet suivant au secrétaire du Conservatoire, Charles Réty :
« Cher Monsieur Réty, je vous adresse un enfant que son père désirerait faire entrer dans une classe de piano. L’enfant a un bon commencement. Voyez par vous-même, si vous pouvez l’admettre, vous me feriez plaisir. Bien à vous, Félicien David. »10
Ainsi, Claude Debussy est admis au Conservatoire le 22 octobre 1872 ; sur les cent cinquante-sept candidats, seuls trente-trois avaient été retenus.

Debussy a passé plus de dix ans au Conservatoire de Paris. Lors de son entrée, cela ne faisait qu’un an qu’Ambroise Thomas en était le directeur. Il fut inscrit dans la classe de piano d’Antoine Marmontel, le 25 octobre 1872 et le 7 novembre de la même année dans la classe de solfège d’Albert Lavignac.
Tout le monde s’accorde à dire que Debussy était un élève dissipé, arrivant souvent en retard, et subissant en cela le courroux de sa mère, très sévère sur ce point. Cela ne changea pas grand-chose. Debussy était aussi vu par ses professeurs comme un enfant intelligent et plutôt talentueux. À propos d’une toccata de Bach jouée par Debussy en janvier 1873 chez Marmontel, Alphonse Duvernoy écrira : « Joli son. » À Marmontel d’ajouter un an plus tard dans un jugement d’ensemble : « Charmant enfant, véritable tempérament d’artiste ; deviendra un musicien distingué ; beaucoup d'avenir. » En revanche, dans la classe de Lavignac, Debussy fut jugé très en retard sur la théorie. Il ne tarda cependant pas à s’améliorer, si bien que Marmontel écrira en juin 1874 : « Très bien : lecture, dictée et théorie. » Ces progrès, aussi bien en piano qu’en théorie, l’amenèrent tout naturellement à concourir ; il obtint un 2e accessit de piano (après l’interprétation du concerto no 2 en fa mineur de Chopin) et la 3e médaille de solfège. Ses parents étaient présents lors de la remise des prix, et furent très fiers de lui. Son père était sorti de prison depuis presque deux ans, et avait retrouvé un emploi comme auxiliaire aux écritures à la compagnie Fives-Lille, et toute la famille avait déménagé au 13, rue Clapeyron.
En 1875, Debussy était, à treize ans, le plus jeune élève de la classe de Lavignac, qui se montrait satisfait, ayant cependant toujours quelques réserves sur les principes théoriques. En piano, Marmontel était, quant à lui, tout à fait enthousiaste au sujet de son élève. Lors de nouvelles épreuves, Debussy obtint cette fois la 2e médaille en solfège. En piano, il partagea les premiers accessits avec deux autres candidats, il n’y eut pas de premier prix, mais deux seconds (l’épreuve comptait en tout quatorze candidats et comportait notamment la première ballade de Chopin). Un critique de l’Art musical, présent ce jour-là, écrivit sur Debussy qu’il était « un enfant de 12 ans et virtuose de premier ordre dans l’avenir. » D’ailleurs, du point de vue de Satie, personne n’a jamais mieux joué Chopin que Debussy.

Cependant, 1876 fut pour Debussy une année qui, d’un point de vue scolaire, ne tint pas ses promesses. Changement qui, selon certains, est à mettre au compte de l’adolescence. Cela n’empêcha pas Marmontel d’envoyer Debussy comme accompagnateur d’une élève de classe de chant, Léontine Mendès, lors d’un concert en province (à Chauny, dans l’Aisne). Ce concert-spectacle organisé par la fanfare des manufactures de glaces se tint le 16 janvier 1876. C’était la première prestation publique de Debussy hors conservatoire, il y accompagna Léontine sur un air de La Juive d’Halévy, ainsi que sur un air de Mignon d’Ambroise Thomas. Il interpréta également une fantaisie pour violoncelle et piano de Donizetti en compagnie du violoncelliste Samary, suivi, entre autres, d’un trio pour piano, violon et violoncelle de Haydn. C’était sans compter qu’après le concert, il fut encore sollicité pour tenir le piano dans une opérette d’Offenbach donnée par la troupe de théâtre locale. La presse locale également fut enthousiaste à son égard, « […] De Bussy qui porte un si grand courage dans un si petit corps. Quelle verve ! Quel entrain ! […] Qu’on ne vienne plus dire que le piano est un instrument froid, […] il n’a pas quatorze ans ! […] », et, dans La Défense Nationale, le critique écrit « M. de Bussy […] est un tout jeune pianiste qui possède son art à un degré fort remarquable. »
À la suite de cette prestation remarquée, Debussy fut appelé à donner un concert à Chauny le 18 mars 1876, organisé par la Musique municipale. Les professeurs du conservatoire se montraient moins enthousiastes. Marmontel écrit dans une note du 22 juin 1876 : « Ne tient pas du tout ce que j'espérais ; étourdi, inexact, il pourrait faire beaucoup mieux. » Lavignac est plus complaisant (9 juin 1876) : « parfait pour la lecture et la dictée ; encore étourdi pour la théorie, bien qu’il la comprenne fort bien. » Comme un fait exprès, ses deux tendances se vérifièrent dans leurs épreuves respectives. En solfège, ce fut la consécration, Debussy obtint la première médaille avec deux autres candidats ; mais, en piano, aucune récompense. Il faut dire que l’œuvre imposée n’aidait pas vraiment, l’allegro op. 111 de Beethoven, qu’un critique de l’Art musical commente « morceau très sévère et absolument dénué de toute espèce de charme ». Ceci explique pour certains que Debussy ait par la suite gardé ses distances avec les œuvres de Beethoven. Dans le jury, on peut noter la présence entre autres de Saint-Saëns et Massenet. En ce qui concerne la technique pianistique de Debussy, ses camarades l’ont toujours considérée comme peu académique. Comme le décrit Gabriel Pierné, un de ses camarades de classe : « il nous étonnait par son jeu bizarre. Maladresse naturelle ou timidité, je ne sais, mais il fonçait littéralement sur le clavier et forçait tous les effets. Il semblait pris de rage contre l’instrument, le brusquant avec des gestes impulsifs, soufflant bruyamment en exécutant des traits difficiles. » Opinion contrastant avec celle de ses professeurs ; hormis le « joli son » (cité précédemment) accordé par Duversnoy, celui-ci ajoute : « jeu intelligent », en nuançant toutefois : « joue trop vite », « se presse trop ». Néanmoins, Pierné reconnaît que « ces défauts allaient s’atténuer et il obtenait par moment des effets de douceur moelleuse étonnante ».

De manière générale, l’année 1876-1877 est une année beaucoup plus encourageante que la précédente sur le plan scolaire. Marmontel trouve que Debussy a renoncé à son « étourderie » et a repris « goût au travail ». Ce que Manuel et Victorine Debussy prennent comme un soulagement (ils sont encore sous le coup de la perte de leur dernier enfant, Eugène, né en 1873 et mort en 1877 d’une méningite). Au concours de cette année, organisé à huis-clos, on retrouve le premier mouvement de la sonate en sol mineur de Schumann, que 21 candidats furent tenus d’exécuter. Debussy s’en sort avec le second prix, ce qui est une réussite (il y eut deux seconds prix, et trois premiers, dont l’un alla à José Jimenez, un natif de Trinidad). Durant l’année 1877-1878, Debussy, qui a 16 ans, fait son entrée dans la classe d’harmonie d’Émile Durand (le 27 novembre 1877 précisément).
L’harmonie enseignée au conservatoire était une discipline que Debussy trouvait pratiquement sans intérêt. Il la considérait comme futile et n’y attachait pas beaucoup de crédit. Comme il le rapporte lui-même plus tard : « Je vous assure que dans la classe d’harmonie, je ne faisais pas grand-chose » ; ou encore : « L’étude de l’harmonie telle qu’on la pratique à l’école est bien la façon la plus solennellement ridicule d’assembler les sons. Elle a, de plus, le grave défaut d’unifier l’écriture à un tel point que tous les musiciens, à quelques exceptions près, harmonisent de la même manière. »

Pour appuyer cette hypothèse, on pourrait citer une note de François Lesure dans sa biographie sur Claude Debussy : « Sur une petite feuille que je possède, Debussy a noté, sans doute à l’époque où il fut nommé au Conseil supérieur du Conservatoire : « réduire les études d’harmonie à une année ». Néanmoins il avait des rapports très corrects avec Émile Durand, et tous deux s’appréciaient mutuellement. Ainsi il arrivait parfois à Durand de retenir Achille-Claude après la classe, et de jeter un œil sur le papier réglé de l’élève. Il y apportait des rectifications, émettait des critiques avant d’ajouter un sourire énigmatique aux lèvres : « Évidemment, tout cela n’est guère orthodoxe, mais c’est bien ingénieux ». Debussy ne reçut cependant aucune récompense en harmonie durant sa première année dans cette classe. Ce qui apparaît logique au vu des témoignages de ces camarades ; ainsi, Paul Vidal exprima : « au lieu de trouver les réalisations harmoniques attendues du professeur, il dépassait toujours le but, inventait des solutions ingénieuses, élégantes, charmantes, mais nullement scolaires, et Émile Durand, qui était un bon professeur, mais dépourvu de souplesse, lui en faisait âprement le reproche » ; ce qui coïncide avec les souvenirs de Raymond Bonheur : « qu’il s’agisse d’un chant ou d’une basse donnée, il était rare qu’il n’en apportât une réalisation ingénieuse et n’en relevât l’ordinaire banalité d’une harmonie subtile et inattendue ». Au traditionnel concours de piano annuel, avec au programme l’allegro de la sonate op. 39 de Weber, Debussy fit vache maigre et repartit sans aucun prix. Cette désillusion annonce l’année 1878-1879 suivante comme étant la pire de ses années passées au Conservatoire, bien que ses notes chez Marmontel fussent positives.

La plupart de ses camarades le devançaient, étant plus appliqués et rigoureux dans le travail, et récoltant de nombreux prix. Il n’en eut aucun cette année-là, même au concours de piano, où pourtant il interpréta Chopin (Allegro de concert, op. 46), compositeur lui seyant normalement parfaitement. L’atmosphère familiale devint tendue. Heureusement, Marmontel sut lui trouver une distraction qui tombait à point nommé.
Il l’envoya au château de Chenonceaux chez Marguerite Wilson, riche châtelaine d’origine écossaise qui avait pour habitude de recevoir des pianistes afin d’animer ses soirées. C’était une blonde excentrique, grande admiratrice (jusqu’au fanatisme paraît-il) de Wagner. Elle tenait aussi en haute estime Gustave Flaubert (qu’elle avait d’ailleurs invité l’été précédant la venue de Debussy) et la peinture italienne. On imagine l’impression laissée au Debussy de 18 ans par ce gigantesque château, lui qui débarquait de son deux pièces familial. Il semble qu’il ait surtout eu à jouer de la musique de chambre. Mais il a surtout dû s’imprégner de musique wagnérienne par l’entremise de la maîtresse de maison, et son premier contact concret et enthousiaste avec le compositeur de Bayreuth date probablement de cette époque (bien qu’il en ait tout naturellement eu vent, ne serait-ce qu’au Conservatoire).
Les premières compositions de Debussy datent aussi probablement de l’année 1879, bien qu’il n’y ait aucun manuscrit musical de sa main daté d’avant 1880. Même si comme tout musicien, il a sans doute esquissé quelques pièces au piano dès ses débuts musicaux. Mais les premières compositions abouties sont sûrement celles de 1879 — c’est la date qu’indique Paul Vidal dans ses souvenirs en parlant de mélodies que Debussy aurait composées notamment à partir de textes de Musset. La plupart sont perdues, mais certaines ont été retrouvées, comme Madrid. Toujours selon Vidal, il arrivait à Debussy de lui chanter ainsi qu’à d’autres camarades ses mélodies, reçues avec enthousiasme. Entre-temps, Debussy avait quitté Chenonceaux, était rentré à Paris et entamait en 1880 sa septième année de Conservatoire. Les échecs de l’année précédente ne l’avaient pas incité à s’inscrire tout de suite dans la classe de composition. De ce fait il s’est dirigé vers la classe d’accompagnement au piano (créée un an auparavant) sous la tutelle d’Auguste Bazille, organiste et ancien chef de chant à l’Opéra-Comique. C’est dans cette classe que Debussy obtiendra le seul premier prix de ces 10 ans de conservatoire. Bazille disait de son élève : « Grande facilité, bon lecteur, très bons doigts (pourrait travailler davantage) ; bon harmoniste, un peu fantaisiste, beaucoup d’initiative et de verve ». Debussy par ailleurs continuait à étudier l’harmonie chez Émile Durand et lors d’une épreuve, la réalisation de la « basse donnée », le jury souligna une demi-douzaine de fautes de quintes ou d’octaves. Son nom fut rayé de la classe et il ne fut même pas classé.

Pour occulter cet échec, Marmontel lui trouva de nouveau une occupation déterminante ; en effet, une dame russe vint chercher au Conservatoire un pianiste pour faire de la musique durant l’été, et Marmontel désigna Achille-Claude. La dame en question n’était autre que Nadejda von Meck, veuve richissime dans la cinquantaine et mère de cinq garçons et six filles. Grande voyageuse, elle avait connu les Rubinstein et Liszt, mais c’est surtout son amitié épistolaire pour Tchaïkovski qui la rendit célèbre. Chaque été elle se fixait un lieu de résidence précis, et le 20 juillet 1880 c’est en Suisse à Interlaken, dans les montagnes, que Debussy la rejoignit elle et ses enfants. Ils jouèrent beaucoup d’œuvres de Tchaïkovski, dont des transcriptions pour quatre mains. Nadejda trouvait que Debussy avait une brillante technique, mais était un peu dépourvu de sensibilité.
Quelque temps plus tard, ils changèrent de lieu et s’installèrent à Arcachon dans la villa Marguerite. Dans ses correspondances de cette époque avec Tchaïkovski, Nadejda von Meck fait à plusieurs reprises mention de Debussy. En parlant notamment d’une séance de déchiffrage au piano de la 4e Symphonie de Tchaïkovski, elle écrit à ce dernier : « Mon partenaire [Debussy] ne la joua pas bien, quoiqu’il l’ait merveilleusement déchiffrée. C’est son seul mérite, mais c’est une qualité fort importante. Il déchiffre une partition, même la vôtre, à livre ouvert. Il a un autre mérite, c’est d’être ravi par votre musique… ». On peut s’interroger sur la vraisemblance de cette dernière affirmation. Peut-être Debussy appréciait-il la musique de Tchaïkovski à cette époque. Toujours est-il que des années plus tard, le 15 mars 1903, lors d’un concert de l’orchestre Colonne, il dira, à l’écoute de la Sérénade mélancolique pour violon de ce même Tchaïkovski ainsi que d’un concerto de Brahms, que ce sont des « rocailleries ennuyeuses ». D’un autre côté, toujours dans la même lettre de von Meck à Tchaïkovski, celle-ci rapporte au sujet d’une fugue de ce dernier que Debussy aurait interprétée en sa compagnie « Il [Debussy] fut charmé par la fugue, affirmant : dans les fugues modernes, je n’ai jamais rien vu de si beau. M. Massenet ne pourrait jamais rien faire de pareil ». Il se peut donc tout à fait que Debussy ait apprécié Tchaïkovski un temps avant de le désavouer par la suite, comme ce fut le cas pour Wagner.

La famille von Meck se lassa de la villa Marguerite et partit à nouveau pour un long périple, passant par Paris, Nice, Gênes, Naples, avec (si l’on peut s’exprimer ainsi) Debussy « dans ses bagages », avant de s’arrêter finalement le 19 septembre 1880 à Florence à la villa Oppenheim. C’est là que Debussy exposa ses premières compositions, dont une Danse bohémienne pour piano que Nadejda von Meck enverra à Tchaikovsky. Celui-ci dira de cette composition de jeunesse que « C’est une gentille chose, mais tellement courte, avec des thèmes qui n’aboutissent pas et une forme chiffonnée qui manque d’unité ». À Florence, Debussy composera également un trio en sol majeur et réalisera une réduction pour piano à quatre mains de trois danses du Lac des cygnes à la suite d’une demande de Nadejda von Meck. Cette réduction sera publiée par l’éditeur Jurgenson avec cette note de Mme von Meck à l’éditeur : « Je vous demande de ne pas indiquer le nom de M. de Bussy, car si J. Massenet en avait vent mon jeune homme se ferait gronder ». Elle a une réelle affection pour Debussy et c’est en pleurant qu’il quitte les von Meck (surtout l’une des filles, Sonia, pour laquelle il fit sa demande que von Meck avec tact refusa) pour rentrer à Paris en novembre 1880.
À son retour, il finit par s’inscrire dans une classe de composition. La logique aurait voulu qu’il aille vers celle de Massenet, qui avait très bonne réputation. D’autant que Debussy avait déclaré à Nadejda von Meck qu’il était déjà l’élève de Massenet. Mais il est orienté vers celle d’Ernest Guiraud, fraîchement nommé. La classe de ce dernier ne compte que trois élèves, Debussy compris. C’est aussi en cette année 1880-1881 que Debussy entra dans la classe d’orgue de César Franck, apparemment en tant qu’élève libre, classe qu’il ne fréquentera que quelques mois. Il débuta également comme professeur particulier en donnant des leçons à un élève de 10 ans qu’Albert Lavignac (professeur de solfège) lui confia, Georges Cuignache. Ayant besoin de revenus plus stables, il se fit embaucher comme accompagnateur pour le cours de chant de Marie Moreau-Sainti, poste qu’il occupera pendant 4 ans tous les mardis et vendredis à 15 heures (rue Taitbout, puis rue Royale à l’École internationale de musique). Les cours de Mme Moreau-Sainti sont surtout fréquentés par des femmes du monde, et c’est là-bas que Debussy rencontra une femme mariée de 32 ans, mère de deux enfants, Marie Vasnier.
À 19 ans, Debussy s’éprit de cette femme et lui écrivit beaucoup de mélodies, sur des poèmes de Théophile Gautier, Leconte de Lisle et Théodore de Banville. Autant de mélodies qui sont surtout des preuves d’amour. Sur une des partitions, on peut trouver cette dédicace : « À Mme Vanier, ces mélodies, conçues en quelque sorte par votre souvenir, ne peuvent que vous appartenir, comme vous appartient l’auteur ». Cet amour naissant ne lui enleva pas pour autant l’envie de passer un été loin de Paris. Confiant son élève Cuignache à l’un de ses camarades, et les cours de chants étant en congé, il écrivit à Nadejda Von Meck pour de nouveau passer un séjour avec elle et sa famille. Celle-ci ne refusa pas et c’est ainsi que cette fois Debussy les rejoignit directement à Moscou. Ce fut l’occasion pour lui de découvrir la Russie pour la première fois. Il y passa deux mois avant de se rendre avec les von Meck à Florence en passant par Vienne, Rome, Trieste et Venise, en voyageant notamment dans des wagons-salons de luxe.
Il rentra à Paris dans les premiers jours de décembre 1881 et passa plus de temps chez les Vasnier qu’au Conservatoire. Quand la mère de Debussy apprit que celui-ci avait jeté son dévolu sur une femme mariée, elle fut consternée. La plupart de ses camarades étaient déjà au courant, et furent pour le moins admiratifs de l’audace de leur ami. Du reste, pour se faire pardonner son retour tardif, Debussy dédia son ouverture Diane pour piano à quatre mains à son professeur Émile Durand. Au même moment il accompagna au piano Marie Vasnier (Debussy, lui, l’écrivait « Vanier » sans « s » dans ses dédicaces) lors de nombreux concerts publics, et publia sa première œuvre Nuit d’étoiles (composée depuis deux ans déjà et dédiée à Mme Moreau-Sainti) chez Émile Bulla, petit éditeur catalan et relation de son père, à qui il vendit la partition pour 50 francs.
Les années de 1880 à 1882 ont été des années décisives pour Debussy. Malgré ses relatifs échecs scolaires, ses nombreux voyages avec les von Meck l’ont rempli d’expériences et d’assurance. De plus, il composait à ce moment avec facilité et nourrissait de sérieux espoirs de réussite. Preuve de cette confiance en lui, il imprima des cartes de visite à son nom « A. de Bussy ».

Il échoue au cap des éliminatoires du Prix de Rome en 1882, y obtient le second prix avec sa cantate Le Gladiateur en 1883. Pas encore en rupture d’académisme, le jeune musicien décroche le premier prix de Rome en 1884 avec sa cantate L’Enfant prodigue. Conformément au règlement, obtient une bourse et un séjour de trois ans à la villa Médicis. Il part pour la « Ville Éternelle » en janvier 1885. Debussy y découvre la musique de Palestrina et les splendeurs de l’Italie mais reste hermétique au bel canto. Il rencontre plusieurs musiciens importants de l’époque, dont Verdi et Liszt. Il se lie d’amitié avec ses compagnons de l’Académie de France à Rome que sont l’architecte Gaston Redon (frère d’Odilon), le peintre Marcel Baschet (qui réalise à cette occasion le portrait de Debussy comme c’était la tradition pour les pensionnaires peintres) et le sculpteur Lombard.
Cependant, l’artiste vit mal cet exil et ne parvient qu’avec peine à composer quatre pièces : l’ode symphonique Zuleima (d’après un texte d’Heinrich Heine, sur un livret de Georges Boyer (1850-1931), la pièce orchestrale Printemps et la cantate La Damoiselle élue (1887-88, sur le poème The Blessed Damozel de Dante Gabriel Rossetti, traduit par G. Sarrazin). Ces œuvres envoyées au Conservatoire furent jugées, en particulier Zuleima, comme étant « bizarres, incompréhensibles et impossibles à exécuter ». Encore soumise à l’influence de César Franck, la quatrième pièce est une fantaisie pour piano et orchestre qui, par la suite, fut retirée de son catalogue par le compositeur.
Au bout de deux ans, Debussy donne sa démission au Conservatoire et rentre en France. Il s’installe dans le quartier de Saint-Lazare et commence une relation avec Gabrielle Dupont, qu’il aime à appeler « Gaby aux yeux verts ». Ils vivront ensemble pendant près de dix ans au 42, rue de Londres, Debussy choisissant la vie de bohème de 1884 à 1892.
Vers 1887, Debussy fréquente les fameux mardis de Mallarmé et le salon de la famille de Léopold Stevens. En 1888, il se rend à Bayreuth où il assiste à plusieurs opéras de Richard Wagner : Die Meistersinger von Nürnberg (Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg), Tristan und Isolde, Parsifal. Si ces œuvres provoquent chez lui un sentiment mitigé, elles le marqueront à jamais.
C’est, avant tout, l’exposition universelle de 1889 et sa découverte de rythmes et d’associations de sonorités « exotiques », plus spécifiquement à travers ceux du gamelan javanais, qui lui font forte impression et influent profondément sur ses compositions à venir : gamme, « couleurs » sonores, ruptures rythmiques.
Arrive en 1890 la Suite bergamasque pour piano, son premier succès dû probablement à son inspiration verlainienne et à son influence fauréenne, suivi du quatuor à cordes, créé le 29 décembre 1893 à la Société nationale de musique par le Quatuor Ysaÿe, puis du Prélude à l’après-midi d’un faune pour orchestre, paraphrase d’un poème de Stéphane Mallarmé. La première à Paris, le 22 décembre 1894, fut mal exécutée et l’ouvrage s’attira les foudres d’une majeure partie de la critique, tout en faisant bonne impression auprès de certains cercles artistiques présents. Cette composition remporta un franc succès dans toute l’Europe.
Debussy s’attelle, dès 1894, à son unique opéra complet (sa première tentative, Rodrigue et Chimène, ne sera achevée qu’en 1993 par le compositeur russe Edison Denisov, et ses deux opéras en un acte d’après Edgar Allan Poe sont restés inachevés à ce jour). En gestation depuis déjà dix longues années, Pelléas et Mélisande, mélange de poésie (sur un livret de Maeterlinck) et de musique. Sa réputation s’étant entre-temps considérablement accrue, il peut se permettre une grande première à l’Opéra-Comique de Paris le 30 avril 1902. Ce fut d’abord un échec désastreux, car la musique singulière, la prosodie et le rythme extrêmement lent de l’opéra déconcertèrent le public et une partie de la critique. Heureusement, quelques représentations plus tard, ce fut un triomphe qui lui permit de ne plus se soucier de problèmes financiers pendant un temps, comme il en avait eu quelques années plus tôt à Montmartre.

Et pourtant, durant les préparations de la représentation, des incidents se produisirent qui auraient pu en faire un échec cuisant ; Debussy avait reçu l’autorisation de Maeterlinck d’utiliser son livret à la seule condition que sa compagne, Georgette Leblanc (sœur de Maurice Leblanc, l’auteur des aventures d’Arsène Lupin), chante le rôle de Mélisande. Mais l’Opéra-comique et le compositeur accordèrent le rôle à Mary Garden, une jeune soprano américano-écossaise. Debussy ne pouvait s’y tromper : dotée d'un visage préraphaélite, Mary Garden était incontestablement l’interprète idéale, au sens premier du mot, de l’héroïne de Maeterlinck. Il n’est pas jusqu’à sa pointe d’accent anglais qui ne contribuât à lui donner dans ce rôle, selon un critique du temps, réellement « l’air d’un oiseau qui n’était pas d’ici », selon les mots mêmes du livret. Malheureusement, le librettiste prit très mal l’éviction de Georgette Leblanc et faillit même, selon plusieurs témoignages, provoquer Debussy en duel. Et le 14 avril 1902, à la veille de la première, Maeterlinck, confiait dans une entrevue au Figaro : « Le Pelléas en question est une œuvre qui m’est devenue étrangère, presque ennemie ; et, dépouillé ainsi de tout contrôle sur mon œuvre, j’en suis réduit à souhaiter que sa chute soit prompte et retentissante… » Octave Mirbeau, qui avait lancé Maeterlinck en 1890, eut le plus grand mal à calmer sa colère et dut, très diplomatiquement, partager son admiration entre le poète et le compositeur. Il s’ensuivit également des tentatives de sabotage, telle la dégradation de parties orchestrales sur les partitions durant les répétitions, rendant impossible l’identification des bémols ou des dièses.
D’autres événements extérieurs eurent lieu. Ainsi, peu de jours avant la première, Claude Debussy dut composer de longs interludes orchestraux, car on constata que les temps nécessaires aux changements de scènes et de décors, tels qu’écrits dans la partition, n’étaient pas suffisants. Pour couronner le tout, des pamphlets contre l’ouvrage furent même distribués à l’entrée par des détracteurs. Le jour de la répétition générale, on put lire un livret intitulé Pédéraste et Médisante18,19. Néanmoins, Pelléas et Mélisande assit définitivement la réputation de Debussy et ce, sur un plan international. L’opéra fut joué, entre autres, à Londres et à New York.

Entre-temps, Debussy se sépare de Gabrielle Dupont pour épouser le 19 octobre 1899 à Paris 17e Marie-Rosalie (dite Lilly) Texier, une couturière de Bichain, un hameau de Villeneuve-la-Guyard (Yonne). Claude Debussy y demeura durant les étés de 1902 à 1904. Il y composa la plus grande partie de La Mer et la maison où il habita est toujours visible le long de la nationale 6 à 80 km au sud de Paris.
Quatre ans plus tard, il rencontre Emma Bardac, épouse d’un banquier qui avait été la maîtresse de Gabriel Fauré et avec qui il entame une nouvelle relation, délaissant alors son épouse. Cette rupture pousse cette dernière à une tentative de suicide, d’une balle dans la poitrine, à laquelle elle survit. L’affaire fait scandale, Debussy étant fermement critiqué pour son attitude dans cette histoire, et ce, même par des amis proches. Cependant, il obtient le divorce et se marie avec Emma en 1908. Ils ont une fille, Claude-Emma Debussy, surnommée Chouchou, à qui il dédie sa suite pour piano Children’s Corner, composée entre 1906 et 1908. Née le 30 octobre 1905, elle meurt de la diphtérie le 14 juillet 1919. L’album que Claude Debussy lui consacre porte cette dédicace : « À ma très chère Chouchou… avec les tendres excuses de son père pour ce qui va suivre ». Après la mort de son père, le pianiste Alfred Cortot joue ces morceaux en sa présence. Elle aurait alors déclaré : « Papa écoutait davantage ». Elle est enterrée dans la tombe de son père, à Passy, sans que le monument porte de signe distinctif.
Au début du XXe siècle, et pour assurer l’aisance de son foyer, Debussy diversifie quelque peu ses activités. Il publie ainsi de nombreux articles dans des journaux ou revues en qualité de critique musical et sous le pseudonyme de « Monsieur Croche ». Il collabore avec Diaghilev et Bakst, sur une idée de Nijinsky, lors de la création du ballet Jeux qui ne connut pas le succès. Parmi ses nouvelles rencontres, on peut souligner une amitié avec Igor Stravinski, encore jeune homme. Il met en musique certains poèmes de l’écrivain français Paul Bourget (Romance, Paysage sentimental). Suscitant la controverse, admiré ou haï, une enquête est faite en 1909, demandant aux personnes si elles pensent qu’il va faire école.

Il fut ami avec Louis Laloy et en 1907, il composa chez lui à Rahon (Jura) et lui dédia la deuxième Image pour piano Les Cloches à travers les feuilles, inspirées par celles du clocher du village, alors que Laloy lui écrivit l’Ode à la France.
Cet ami, Louis Laloy, fut aussi son premier biographe, et publia en 1909 aux Éditions aux Armes de France l’ouvrage Debussy.
Vers 1910, la Faculté de médecine diagnostique chez Debussy un cancer du rectum. Sa santé se détériore rapidement et ses souffrances sont de plus en plus difficiles à supporter, surtout la dernière année de sa vie. Il ne sort alors plus que très rarement et achève ses dernières œuvres.
Pourtant, il accepte enfin de se rendre en Russie avant de mourir. Il fait une tournée en novembre 1913 à Saint-Pétersbourg. Comme beaucoup de musiciens et de personnalités de l’époque, il descend à l’hôtel Europe, au coin de la perspective Nevsky et en face de l’Assemblée de la Noblesse, où se tiennent ses concerts. Ce voyage est rendu difficile à cause de la mauvaise santé du compositeur. Il est fatigué par les répétitions ; aux concerts il lui arrive de pleurer à l’entracte. Ses représentations sont couronnées de succès, toute la société mélomane de la capitale lui rend hommage. Il est invité à une soirée d’hommage par la revue Apollon, où Serge Prokofiev se met au piano pour lui, remercié par Debussy. Il rencontra aussi pendant ce voyage son amour d’antan, la fille des von Meck, Sonia, devenue princesse Galitzine. « Il me semble que nous avons bien changé », lui dit-elle, « Oh non, Madame, nous n’avons pas changé, c’est le temps qui a changé. Nous sommes restés comme avant », lui répond-il.
Claude Debussy meurt le 25 mars 1918. D’abord inhumé au cimetière du Père-Lachaise, sans discours et sous les tirs d’obus des Pariser Kanonenn, Claude Debussy repose désormais au cimetière de Passy, dans le 16e arrondissement. À ses côtés, reposent sa fille et son épouse, Emma, morte en 1934.


 

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MessagePosté le: Lun 14 Nov - 07:06 (2016)    Sujet du message: (78) YVELINES Répondre en citant

Maximilien de Béthune, duc de Sully, né à Rosny le 13 décembre 1559 et mort à Villebon le 22 décembre 1641, pair de France, maréchal de France, prince souverain d'Henrichemont et de Boisbelle, baron puis marquis de Rosny, marquis de Nogent-le-Rotrou, comte de Muret et de Villebon, vicomte de Meaux, est un militaire protestant et un compagnon d'armes du roi Henri IV de France dont il devint l'un des principaux conseillers.
Né le 13 décembre 1559 au château de Rosny-sur-Seine, il appartient à la branche cadette, peu fortunée et calviniste, d'une famille descendante des comtes souverains d'Artois, apparentée aux comtes de Flandres. Second fils de François de Béthune et de Charlotte Dauvet, il devient l’héritier de la baronnie de Rosny à la mort de son frère aîné, Louis de Béthune, en 1578. En 1572, élève au collège de Bourgogne, à Paris, il échappe au massacre de la Saint-Barthélemy, et devient le compagnon du roi Henri III de Navarre, futur roi de France, qu'il suit dans toutes ses guerres. À ses côtés, il se distingue par son intrépidité. En 1576, il combat dans les armées protestantes en Hollande pour récupérer la vicomté de Gand dont il n'avait pu hériter de son parrain, un catholique convaincu.


En 1583, au château de Bontin, le seigneur de Rosny épouse Anne de Courtenay, une riche héritière. Des spéculations commerciales très heureuses, comme le commerce des chevaux pour l'armée, voire les dépouilles des villes prises par les protestants l’enrichissent en peu de temps. En 1580, il devient chambellan ordinaire, puis membre du Conseil de Navarre. Il est chargé de négocier avec Henri III de France, afin de poursuivre une lutte commune contre la Ligue des Guise. Mais le traité de Nemours, en 1585, rapproche le roi de France des Guise aux dépens du roi de Navarre. En 1587, il combat à côté d'Henri de Navarre à Coutras, puis devant Paris, ensuite à Arques en 1589, puis à Ivry en 1590 où il est blessé. Il est de nouveau blessé à Chartres en 1591. Devenu veuf, il épouse en 1592 Rachel de Cochefilet, fille de Jacques de Cochefilet seigneur de Vaucelas. Entretemps, le roi Henri III de France a été assassiné.
En 1593, Sully conseille au nouveau roi de se convertir au catholicisme, afin de pacifier le royaume, mais refuse lui-même d’abjurer. Il négocie alors le ralliement de quelques chefs de la Ligue (marquis de Villars, duc de Guise). Lors du siège d'Amiens en 1597, il s'illustre à la tête de l’artillerie.
Henri IV comprend tardivement qu'il peut confier les finances du royaume à l'homme qui administre si bien ses propres affaires. Il le nomme en 1596 au Conseil des Finances puis, vers 1598, surintendant des finances. Sully remet alors de l'ordre dans les comptes, en créant en 1601, une Chambre de justice destinée à lutter contre les malversations financières.
Sully a de brillants conseillers, comme l'économiste Barthélemy de Laffemas, qui développe les manufactures, l'artisanat, et donne un coup de pouce à l'histoire de la soie par la plantation de millions de mûriers.

Il fait rentrer un arriéré fiscal considérable, paie des dettes écrasantes (près de 30 millions de livres), suffit aux dépenses des guerres en Espagne et en Savoie, et à l'achat des places qui restent encore aux mains des chefs ligueurs. En 1598, il fait annuler tous les anoblissements décrétés depuis 20 ans. Il supprime les petits offices de finances et judiciaires. Il crée de grands approvisionnements de guerre, lutte contre l'abus et les prodigalités et amasse un trésor (300 000 livres tournois par an, soit 4 millions d'euros actuels) tout en diminuant les impôts. Il fait restituer au roi une partie du domaine royal qui avait été aliéné. L’arrivée en Europe des métaux précieux américains, depuis le début du siècle, a permis à Sully comme à ses prédécesseurs de bénéficier de rentrées fiscales, mais lui va équilibrer le budget et faire des économies. Il se fait nommer gouverneur de la Bastille en 1602, où il entrepose une partie du trésor royal qui s'élève à 12 millions de livres.
Aux environs du 25 août 1600, durant la guerre franco-savoyarde, le Roi Henri avait envoyé le duc de Sully visiter plusieurs citadelles qui étaient investies. Sully vint coucher à Bourg-en-Bresse où il fut bien accueilli par Biron. Le jour de son départ pour Lyon, Sully reçut un avis qu'un groupe de 200 hommes ennemis venaient d'arriver dans un château proche du lieu où il devait passer la nuit. Sully demanda à Biron de lui donner une escorte jusqu'à Lyon. Biron donna comme escorte ses propres gardes qui accompagnèrent Sully jusque Villars où l'escorte le quitta. « Je fis recharger mes mulets et fis encore environ 4 lieues et ne m'arrêtai qu'à Vimy où je me crus en sûreté. Le doute que j'avais, que Biron avait entrepris de me livrer au duc de Savoie, se changea alors en certitude. Trois heures après que je fus parti de Villars, les 200 hommes vinrent fondre sur la maison où ils croyaient que j'étais, et parurent très fâchés d'avoir manqué leur coup. ».
Le 29 août, Sully est à pied d’œuvre lors du siège du château de Charbonnières en tant que grand maître de l'artillerie de France.
La paulette est instaurée en 1604, pour instituer l'hérédité des offices et augmenter les recettes de l'État.
En 1599, il est nommé Grand maître de l'artillerie de France et Grand voyer de France, il contrôle alors toutes les voies de communication. Les routes principales sont retracées, remblayées, pavées. En prévision des besoins en constructions et de la marine, il fait planter des ormes aux bords des routes (les fameux ormes de Sully).

Il encourage surtout l'agriculture en répétant une phrase devenue célèbre : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée, les vraies mines et trésors du Pérou ». Dans ce but, il proclame la liberté du commerce des grains, et abolit un grand nombre de péages qui sont autant de barrières entre les provinces, il ouvre de grandes voies de communication, et il fait creuser plusieurs canaux, notamment le canal de Briare qui relie la Seine à la Loire, commencé en 1604 et terminé en 1642.
Il va pousser les paysans à produire plus que nécessaire afin de vendre aux autres pays. Pour cela, il décide d'augmenter la surface cultivée en faisant assécher des marais. Afin de les protéger du fisc, il interdit la saisie des instruments de labour et accorde aux paysans une remise sur les arriérés de la taille. Il va aussi faire cesser la dévastation des forêts, étendre la culture de la vigne…
Comme surintendant des fortifications il fait établir un arsenal et fortifie les frontières. En 1606, il est nommé duc et pair de Sully et acquiert, la même année, le château de Montrond, le rénove entièrement pour en faire la plus forte place du Berry.
C'est le 14 mai 1610, alors qu'il est souffrant, que le roi désireux de lui rendre visite à son domicile de l'Arsenal, est assassiné en chemin, rue de la Ferronnerie, par Ravaillac


Il était devenu impopulaire, même parmi les protestants, et auprès des paysans qu'il avait dû accabler d'impôts pour faire face aux dépenses en vue de la guerre contre l'Espagne.
Après l'assassinat d'Henri IV en 1610, il est nommé membre du Conseil de régence et prépare le budget de 1611. En complet désaccord avec la régente Marie de Médicis, il démissionne de ses charges de surintendant des finances et de gouverneur de la Bastille (1611) ; il conserve cependant le gouvernement du Poitou. En 1616, il abandonne la majeure partie de ces fonctions et vivra désormais loin de la cour, d'abord sur ses terres de Sully puis surtout en Quercy, tantôt à Figeac et plus précisément à Capdenac-le-Haut tantôt sur sa seigneurie de Montricoux, à quelques lieues de Montauban. Il se consacre à la rédaction de ses mémoires, mais reste très actif sur le plan politique et religieux. Son fils François de Béthune, comte d'Orval est le gouverneur de Figeac, place de sûreté calviniste.
Ce dernier épouse Jacqueline de Caumont, fille du marquis de la Force, qui commande la défense militaire de Montauban en 1621.
Cette même année, il est intervenu en conciliateur et a intercédé en modérateur dans les luttes entre les protestants français et la royauté, après les 96 jours du siège de Montauban par Louis XIII, en 1627-1628, lors du siège de La Rochelle et avant la reddition de Montauban. Proche du réseau diplomatique de Richelieu, il a été nommé maréchal de France en 1634.
Il décède au château de Villebon (Eure-et-Loir) le 22 décembre 1641. Son tombeau est à Nogent-le-Rotrou
Maximilien de Béthune se marie deux fois :
en 1583, avec Anne de Courtenay (1564-1589), à l'église Saint-Eustache de Paris dont :
    Maximilien II de Béthune, qui continue la lignée ;
en 1592, avec Rachel de Cochefilet, veuve du seigneur de Châteauperse (1562-1659), dont :
    François de Béthune, duc d'Orval ;
    Marguerite qui épouse Henri II de Rohan, et postérité ;
    Louise qui épouse Alexandre de Lévis Mirepoix, maréchal de la Foi.

 

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MessagePosté le: Mar 15 Nov - 07:08 (2016)    Sujet du message: (78) YVELINES Répondre en citant

Louis XIV, dit Louis le Grand ou le Roi-Soleil, né le 5 septembre 1638 au Château Neuf de Saint-Germain-en-Laye et mort le 1er septembre 1715 à Versailles, est un roi de France et de Navarre qui régna du 14 mai 1643 à sa mort.
Né Louis, surnommé « Dieudonné », il monte sur le trône de France au décès de son père Louis XIII, quelques mois avant son cinquième anniversaire. Il est le 64e roi de France, le 44e roi de Navarre et le troisième roi de France issu de la dynastie des Bourbons. Son règne de 72 ans est l’un des plus longs de l'histoire d'Europe, et le plus long de l'Histoire de France.
Il marque l'apogée de la construction séculaire d'un absolutisme de droit divin. Après une minorité troublée par la Fronde de 1648 à 1653, Louis XIV assume personnellement le gouvernement à la mort du cardinal Mazarin en 1661 en ne prenant plus de ministre principal. Son autorité se déploie avec la fin des grandes révoltes nobiliaires, parlementaires, protestantes et paysannes qui avaient marqué les décennies précédentes. Le monarque impose l'obéissance à tous les ordres et contrôle les courants d'opinion (y compris littéraires ou religieux), parmi lesquels le jansénisme à partir de 1660 et le protestantisme au travers de la révocation de l'édit de Nantes en 1685. Louis XIV construit un État centralisé, où son rôle direct est encore accentué après le décès des ministres Colbert en 1683 et Louvois en 1691.


Par la diplomatie et la guerre, il accroît sa puissance en Europe, en particulier contre les Habsbourg. Sa politique du « pré carré » cherche à agrandir et rationaliser les frontières du pays, protégée par la « ceinture de fer » de Vauban qui fortifie les villes conquises. Pour obtenir une prédominance économique, un effort de développement commercial et colonial est conduit, notamment par son ministre Colbert.
À partir de 1682, Louis XIV dirige son royaume depuis le vaste château de Versailles, modèle architectural de nombreux palais européens et dont il a dirigé la construction. Sa cour soumet la noblesse, étroitement surveillée, à une étiquette très élaborée. Le prestige culturel s'y affirme grâce au mécénat royal en faveur d'artistes tels que Molière, Racine, Boileau, Lully, Le Brun et Le Nôtre, ce qui favorise l'apogée du classicisme français, qualifié, dès son vivant, de « Grand Siècle », voire de « Siècle Louis XIV ».
Sa difficile fin de règne est marquée par l'exode des protestants persécutés, par des revers militaires, par les deux famines de 1693 et de 1709 qui font près de deux millions de morts, par la révolte des Camisards et par les nombreux décès de ses héritiers royaux. Tous ses enfants et petits-enfants dynastes sont morts, et son successeur, son arrière-petits-fils Louis XV, n'a que cinq ans à la mort du roi, et pourtant, même après la régence assez libérale de Philippe d'Orléans, l'absolutisme perdure, attestant ainsi de la solidité du régime construit par Louis XIV.
Habité par l'idée de sa gloire et de son droit divin, soucieux d'accomplir en permanence son « métier de roi », Louis XIV est devenu l'archétype du monarque absolu aux yeux du monde.

Fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, Louis est le fruit d'unions dynastiques : ses parents sont des deux familles les plus puissantes d'Europe (Bourbon et Habsbourg), ses grands-parents paternels Henri IV et Marie de Médicis, étaient respectivement Franco-Navarran et Florentine ; ses grands-parents maternels, Philippe III et Marguerite d'Autriche-Styrie étaient espagnol et autrichienne, tous deux Habsbourg, proches parents l'un de l'autre.
Au traditionnel titre de Dauphin de Viennois est ajouté à sa naissance celui de Premier fils de France. L’enfant est aussi prénommé Louis-Dieudonné, car, après presque vingt-trois ans de mariage sans enfant, plusieurs fausses couches de la reine et la mésentente du couple royal, la naissance inattendue de l’héritier du trône est considérée comme un don du Ciel, au point que certains historiens suspectent le véritable père d’être Mazarin dont des lettres échangées avec Anne d'Autriche, utilisant des codes, sont parfois très sentimentales. Beaucoup de courtisans parlent de « miracle ». En effet en 1637, Louis XIII avait présenté un acte faisant de la Vierge Marie la « protectrice spéciale » de son royaume et, à peine la grossesse de la reine est-elle avérée que le roi publie cet acte le 10 février 1638, la fête de l'Assomption de Marie célébrée par le Vœu de Louis XIII étant désormais un jour férié et chômé en France. Irrité, Louis XIII aurait répliqué que « ce n'était point là si grand miracle qu'un mari couchât avec sa femme et lui fasse un enfant ». Des récits affirment que le roi a été conçu le 5 décembre 1637, l'historien Jean-Christian Petitfils propose plutôt la date du 20 ou du 30 novembre.

La naissance de Louis est suivie, deux ans plus tard, par celle de Philippe, d'abord titré duc d'Anjou, puis duc d'Orléans vingt ans plus tard, à la mort de son oncle, Gaston d'Orléans. Celui-ci était hostile au cardinal de Richelieu, premier ministre de Louis XIII, qui le trouvait trop favorable aux nobles et aux Habsbourg. La naissance tant espérée d'un dauphin écarte du trône un comploteur impénitent ; c'est ainsi une victoire politique pour le cardinal de Richelieu, premier ministre de Louis XIII.
À la mort de son père, Louis-Dieudonné devient roi sous le nom de Louis XIV. Comme il n'a que quatre ans et demi, sa mère, Anne d'Autriche, devient régente. Elle maintient contre toute attente le cardinal Mazarin comme Premier ministre, en dépit de la désapprobation des cercles politiques français de l'époque dont beaucoup n'apprécient pas qu'un Italien, fidèle de Richelieu, dirige la France.
La Régente quitte alors les appartements incommodes du Louvre et s'installe au Palais-Cardinal, légué par Richelieu à Louis XIII, pour profiter du jardin où peuvent jouer le jeune Louis XIV et son frère. Le Palais-Cardinal devient alors le Palais-Royal où des gouvernantes abandonnent le jeune Louis à leurs femmes de chambre qui cèdent à tous ses caprices, ce qui fera naître la légende colportée par les Mémoires de Saint-Simon d'une éducation négligée

En plus de ses fonctions ministérielles, Mazarin, parrain de Louis XIV, se voit attribuer par la reine en mars 1646 la responsabilité de l'éducation du jeune monarque et de son frère le duc Philippe d’Orléans (dit "Le petit Monsieur"), l’usage étant que les princes élevés par des gouvernantes « passent aux hommes » à l'âge de sept ans (l'âge de raison à l'époque) pour être confiés aux soins d’un gouverneur assisté d’un sous-gouverneur. Il devient donc « surintendant au gouvernement et à la conduite de la personne du roi et de celle de M. le duc d'Anjou » et confie la tâche de gouverneur au maréchal de Villeroy. Le roi et son frère viennent souvent à l'hôtel de Villeroy, non loin du palais royal. Louis XIV se lie d'amitié à vie avec le fils du maréchal, François de Villeroy. Malgré les efforts des différents précepteurs (abbé Péréfixe de Beaumont en 1644, François de La Mothe Le Vayer à partir de 1652, son meilleur éducateur étant sans doute Pierre de La Porte, son premier valet de chambre qui lui fait la lecture de textes historiques) engagés pour lui prodiguer des cours de latin, d'histoire, de mathématiques, d'italien et de dessin, Louis n'est pas un élève très travailleur. Mais, suivant l'exemple du grand collectionneur d'art qu'est Mazarin, Louis XIV se montre très sensible à la peinture, à l'architecture, à la musique et surtout à la danse qui est, à l'époque, une composante essentielle de l'éducation d'un gentilhomme : on dit que le jeune Louis s'entraîne à danser environ deux heures par jour de 7 à 27 ans.

Louis aurait bénéficié également d'une éducation sexuelle : sa mère (Anne d'Autriche) aurait demandé à la baronne de Beauvais (surnommée "Cateau la Borgnesse") de "déniaiser" Louis XIV à sa majorité sexuelle
Dans son enfance, Louis XIV échappe à plusieurs reprises à la mort :
    À 5 ans, il manque de se noyer dans un des bassins du jardin du Palais-Royal. Il est sauvé in extremis.
    À 9 ans, le 10 novembre 1647, il est atteint de la variole. Dix jours plus tard, les médecins n’ont plus aucun espoir mais le jeune Louis se remet « miraculeusement ».
    À 15 ans, il a une tumeur au sein.
    À 17 ans, il souffre de blennoragie.

L'alerte la plus sérieuse pour le royaume a lieu le 30 juin 1658 : le roi, à 19 ans, est victime d’une grave intoxication alimentaire (à cause de l'infection des eaux) et de fièvre typhoïde, diagnostiquée comme un typhus exanthématique, lors de la prise de Bergues dans le Nord. Le lundi 8 juillet, on lui donne les derniers sacrements et on commence à préparer la succession mais Guénaut, le médecin d’Anne d’Autriche, lui donne un émétique à base d’antimoine et de vin qui guérit encore une fois « miraculeusement » le roi. Selon son secrétaire Toussaint Rose, c'est à cette occasion qu'il perd une bonne partie de ses cheveux et se met à porter temporairement16 la « perruque à fenêtre » dont les ouvertures laissent passer les quelques mèches qui lui restent

Après avoir célébré sa première communion à l'église Saint-Eustache le 25 décembre 1649, Louis XIV, qui n'a alors que 12 ans, entre au conseil en 1650. C'est l'époque de la Fronde, une contestation de l'autorité royale par les parlements et la noblesse qui allait marquer durablement le monarque. En réaction à ces événements, Louis XIV s'appliqua plus tard à continuer le travail commencé par Richelieu : affaiblir les membres de la noblesse d'épée en les obligeant à servir comme membres de sa cour en transférant la réalité du pouvoir à une administration très centralisée et à la noblesse de robe.
En 1648, le parlement de Paris s'oppose fermement aux impôts levés par Mazarin pour continuer la guerre contre l'Espagne. La Journée des barricades contraint le roi à quitter Paris une première fois. S'il revient assez vite dans la capitale, les exigences des parlementaires, appuyés par le très populaire Jean-François Paul de Gondi, obligent Mazarin à envisager un coup de force. En pleine nuit et dans le plus grand secret, le roi et sa cour quittent la capitale dans le but de l'assiéger et de la remettre à obéissance. L'affaire se complique quand des personnalités de la haute noblesse apportent leur soutien à la fronde : le prince de Conti, frère de Condé, Beaufort, petit-fils d'Henri IV et quelques autres veulent renverser Mazarin. Si, après quelques mois de siège Paris se rend au roi, Mazarin ne parvient pas à imposer sa volonté aux parlementaires et le conflit politique demeure.
En 1650, une nouvelle fronde appelée Fronde des princes se construit autour du tumultueux prince de Condé.

Les princes sont arrêtés sur l'ordre de Mazarin, ce qui aboutit à une nouvelle guerre civile, relayée essentiellement dans les provinces (Bordeaux). En 1651, Gondi et Beaufort, chefs de la première fronde, s'allient à la fronde des princes, pour renverser Mazarin. L'appui du duc d'Orléans et une émeute parisienne obligent Mazarin à s'exiler. Le 8 février 1651, la reine et le jeune Louis essaient de s'enfuir de la capitale mais, alarmés, les Parisiens envahissent le palais royal où loge le roi, désormais prisonnier de la fronde.
Le 7 septembre 1651, le lit de justice déclare la majorité du roi. Tous les grands du royaume viennent lui rendre hommage, sauf Condé qui, de Guyenne, lève une armée pour marcher sur Paris. Défait, Condé se jette dans Paris qui se soulève devant le retour d'exil de Mazarin. Le pouvoir royal doit de nouveau assiéger Paris. Le deuxième exil de Mazarin, les exactions des troupes de Condé, les troubles populaires et la lassitude à l'égard de la guerre mettent un terme à la fronde, devenue impopulaire : la plupart des grands font leur soumission. Seul, Condé trahit la France pour se mettre au service de l'Espagne, qui avait profité du désordre pour reprendre du terrain en Flandre. L'arrestation et l'exil de Gondi, éternel comploteur, permettent de mettre un terme définitif aux troubles.
Louis XIV est sacré le 7 juin 1654 en la cathédrale de Reims par Simon Legras, évêque de Soissons, mais laisse les affaires politiques à Mazarin, tandis qu'il continue sa formation militaire auprès de Turenne.
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Pendant le voyage du jeune roi, le 7 novembre 1659, les Espagnols acceptent de signer le traité des Pyrénées qui fixe les frontières entre la France et l'Espagne. De son côté, Louis XIV accepte bon gré, mal gré de respecter une des clauses du traité : épouser l'infante Marie-Thérèse d'Autriche, fille de Philippe IV, roi d'Espagne et d'Élisabeth de France. Les époux sont doublement cousins germains : la reine-mère Anne d'Autriche étant la sœur de Philippe IV et Élisabeth de France la sœur de Louis XIII. Ce mariage a cependant pour but de rapprocher la France de l'Espagne. Il a lieu le 9 juin 1660 en l'église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz.
Louis ne connaît sa femme que depuis trois jours, celle-ci ne parle pas un mot de français mais le roi « l'honore » fougueusement et devant témoins dès la nuit de noces. Selon d'autres sources, cette nuit de noces, contrairement à l'usage, n'eut pas de témoin
Également connu sous le nom du Roi-Soleil (appellation tardive qui remonte à la monarchie de Juillet même si le roi prend cet emblème lors de la fête du carrousel le 5 juin 1662), Louis XIV renforce la monarchie qui devient monarchie absolue de droit divin. Lorsque le 13 avril 1655, le roi qui - à 16 ans - vient de prendre le pouvoir seul décrète dix-sept édits visant à renflouer les caisses de l’État, ce qui a pour effet de faire passer le total des revenus fiscaux du royaume de 130 millions de livres en 1653 à plus de 160 millions en 1659-1660, la légende raconte qu'il aurait déclaré aux parlementaires réticents le célèbre mais contesté : « l’État c’est moi ! » (qu'il n'a en fait, jamais prononcé).
Même si Louis XIV se dissocie de l'État, dont il se définit lui-même comme, seulement, le premier serviteur et s'il indique sur son lit de mort, en 1715 : « Je m'en vais mais l'État demeurera toujours » cette phrase résume toutefois l'idée que ses contemporains se sont fait du rapport au pouvoir du roi : par des réformes politiques administratives et fiscales, par une politique étrangère et religieuse centralisant le pouvoir.

SUITE: Louis XIV — Wikipédia
 

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