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SINGES DIPLOMATES

 
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roberto


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Localisation: Montbéliard-Sochaux

MessagePosté le: Ven 21 Oct - 08:17 (2016)    Sujet du message: SINGES DIPLOMATES Répondre en citant

SINGES DIPLOMATES


Ellen Merz est la Dian Fossey d’Alsace. 


Au pied du Haut-Kœnigsbourg, elle étudie les macaques de Barbarie depuis plus de quatre décennies. 


La vie en collectivité de ces primates est un modèle de diplomatie, unique dans le règne animal.


Par Jean-Marc Toussaint


À l’ombre des sapins, parmi les femelles qui s’épouillent et les petits singes qui jouent les acrobates, un imposant macaque de Barbarie traverse précipitamment la clairière, 


un bébé juché sur son dos. Il se dirige tout droit vers l’un de ses congénères, pour lui présenter le rejeton. Face contre face, les deux mâles donnent l’impression de 


se congratuler. Ils s’agitent, claquent des dents, puis s’occupent du petit. Ils le toilettent, le dorlotent, le tripotent, lui inspectent les parties génitales. 


Le rituel dure une vingtaine de secondes. Chez les macaques de Barbarie, communément baptisés singes magots, on appelle cela une triade. 


D’avril à octobre, les petits singes sont les ambassadeurs des grands. Ils aident les mâles à renforcer leurs liens sociaux à travers un subtil jeu d’alliances et de coalitions,


qui prendra tout son sens à l’automne, au moment du rut. Quand de petits groupes de trois ou quatre mâles en mettront d’autres au défi pour les écarter et satisfaire


leur instinct reproducteur. Ce besoin de communication, de rapprochement, fait partie intégrante de la vie communautaire des magots, où ce n’est pas le plus fort 


qui devient le chef, mais celui qui a su le mieux s’entourer. Le chef des magots est donc un singe de réseau, qui a des soutiens et des amis ! 


De préférence dans la haute société et parmi ceux qui peuvent la changer. Ainsi, seuls les petits singes mâles, issus de haut rang, participent aux triades pour faire 


le trait d’union avec leurs aînés. Les bébés femelles, issus d’un rang inférieur, socialisent seulement avec les mères.


Ces relations complexes et uniques chez les primates n’ont pas été découvertes au cœur de l’Atlas, le berceau naturel des singes magots, mais en Alsace, 


à Kintzheim, grâce à Ellen Merz. L’éthologue suisse est venue en stage à « La montagne des singes » en 1972. Elle n’est jamais repartie.


En 44 ans, elle a mené et accompagné des centaines de chercheurs, venus du monde entier, au pied du Haut-Koenigsbourg, pour tenter de percer le mystère


des quelque 280 magots vivant librement dans ce parc de 24 hectares. Aujourd’hui, on est encore loin de tout comprendre de ces espiègles mammifères, 


qui vivaient en France à l’état sauvage il y a 75.000 ans. Mais la recherche tous azimuts a permis un spectaculaire bon en avant des connaissances. 


« On sait aujourd’hui comment s’établit la hiérarchie, comment fonctionne l’organisation sociale, comment sont évités les conflits. 


Nos travaux scientifiques ont également permis d’identifier et de traduire une centaine de comportements communicatifs, basés sur les mimiques, la vocalisation,


les attitudes corporelles. On a découvert que les singes étaient capables de reconnaître un proche sur une photographie, mais aussi d’identifier une voix.


On s’est aperçu que, comme chez les hommes, il y avait des droitiers et des gauchers », énumère Ellen Merz. Les magots, qui sont les seuls macaques à vivre 


en zone tempérée, s’organisent dans des groupes de 50 à 80 individus qui se structurent au fil des saisons. Chaque groupe, également réparti entre mâles et femelles,


est dirigé par un chef, un mâle expérimenté, dont la domination est constamment remise en cause. « En moyenne, un chef reste en place trois à cinq ans. » 


Tous les autres mâles ont un rang bien précis dans la hiérarchie, qui évolue régulièrement en fonction de ses capacités d’influence. 


Chez les femelles, les choses sont beaucoup plus figées. L’ascension sociale n’existe pas et c’est même un véritable système de castes étanches 


qui régit l’organisation matriarcale. En clair, la fille prend toujours la place de sa mère. Au printemps et en été, cette hiérarchie se discerne mal. 


C’est l’époque où les mâles fraternisent avec les petits. En revanche, de novembre à décembre, au moment du rut, la compétition est à son comble.


Les mâles s’évitent, se jaugent ou s’intimident par des mimiques agressives. Ils crient, montrent les dents, mais ces scènes de provocations 


ne dégénèrent quasiment jamais en combats physiques.


« Les bébés appartiennent aux mères et bénéficient d’une place privilégiée au sein de la communauté »


Le magot a élaboré toute une gamme de stratégies d’évitement des conflits, à travers des postures de soumission, et des rictus d’apaisement. 


« Ce singe est en réalité un très grand diplomate. Il est tolérant et fin stratège. Plutôt que de fuir, il cherche toujours à se réconcilier après une dispute »,


résume Ellen Merz. Ce caractère apaisé n’est pas sa seule qualité. Le magot sait aussi se sacrifier pour préserver ce qui est plus grand que lui : 


le groupe, l’espèce. « À Kintzheim, il existe quatre groupes. Pour éviter la consanguinité, environ un tiers des mâles âgés de 3 à 5 ans changent eux-mêmes de groupe.


En revanche, les femelles restent toujours dans leur groupe natal. Cette organisation a également été observée à l’état sauvage », souligne la scientifique suisse. 


La reproduction est finalement le seul moment totalement désorganisé dans la vie très hiérarchisée des magots. La femelle, polygame, s’accouple environ 


toutes les demi-heures pendant la période d’ovulation, généralement avec les groupes de mâles les mieux coalisés. Mais pas uniquement. 


Les jeunes isolés profitent aussi des temps d’intimidation entre bandes rivales. Si bien que le géniteur d’un bébé n’est jamais connu. 


« Les bébés appartiennent aux mères et bénéficient d’une place privilégiée au sein de la communauté. Et les triades n’ont rien à voir avec des liens filiaux. 


Les tests ADN que nous avons menés sur les mâles et les bébés l’ont démontré. » Reste que si les mœurs du magot sont plutôt libérées, elles ont aussi leurs limites.


Et comme chez les hommes, le tabou d’inceste est une ligne jaune infranchissable.


Par Jean-Marc Toussaint


































































































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MessagePosté le: Ven 21 Oct - 08:17 (2016)    Sujet du message: Publicité

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