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Date de fondation du forum: 15 avril 2012.
(77) SEINE-et-MARNE

 
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saintluc
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MessagePosté le: Ven 21 Oct - 07:11 (2016)    Sujet du message: (77) SEINE-et-MARNE Répondre en citant

La Seine-et-Marne est un département français de la région Île-de-France. Il tire son nom du fleuve Seine et de la rivière Marne. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 77.  Ses habitants sont les Seine-et-Marnais(es).
Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie des provinces d'Île-de-France et de Champagne et d'une micro-partie de l'Orléanais.

Le département de Seine-et-Marne fait partie de la région Île-de-France, dont il constitue la moitié orientale. Sa superficie représente à elle seule 50 % de celle de la région.
Il s'agit du département français comptant le plus de « voisins » (départements limitrophes), depuis la partition de la Seine-et-Oise : 10 (devant le Maine-et-Loire qui en compte 8). Les dix départements ayant des limites communes avec la Seine-et-Marne sont : le Val-d'Oise, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et l'Essonne à l'ouest, le Loiret et l'Yonne au sud, l'Aube et la Marne à l'est, l'Aisne et l'Oise au nord.
Le département s'étend sur plusieurs régions naturelles, notamment la Brie et le Gâtinais.
Le point culminant du département est la butte Saint-Georges (215 m).
Le point le plus bas du département est à Seine-Port avec 35 m.

Le site de Pincevent à La Grande-Paroisse, non loin de Montereau-Fault-Yonne, a livré les vestiges d'un campement magdalénien, occupé durant plusieurs siècles et témoignant de l'activité humaine il y a environ 12 300 ans. Le climat était alors plutôt frais. On visitera avec intérêt le Musée de la Préhistoire d'Île-de-France situé à Nemours.
Des fouilles archéologiques ont mis au jour une herminette datant de la période Néolithique démontrant des traces d'occupation humaine à Torcy au Néolithique
Plusieurs peuples gaulois se partageaient le territoire de l'actuel département de Seine-et-Marne. Les Meldes (capitale Meaux) occupaient le nord-ouest du département. Les Sénons étendaient leur autorité sur un vaste territoire de la Vallée de l'Yerres jusqu'à Auxerre dans l'Yonne. Les Parisii contrôlaient la frange occidentale du département entre l'Yerres et la Marne. Peut-être quelques Suessions au nord-ouest si leur territoire allait bien jusqu'au Petit Morin. Ces peuples prennent part au soulèvement de Vercingétorix.
Les principales villes de la période sont Melun (Melodunum) et Meaux (Iatinum). Melun fait un temps figure de rivale sérieuse pour Paris (Lutèce). Les campagnes se couvrent de villae si typiques de la période gallo-romaine et dont on détecte désormais la présence grâce à l'observation aérienne. Ces études ont montré que ces implantations étaient beaucoup plus nombreuses qu'on l'imaginait.

Clovis Ier élève Melun au rang de duché. Il fait fortifier la ville qui connaît un renouveau. Sa richesse engendra quelques malheurs tel les raids vikings qui touchent également cruellement Meaux. Citons ici les raids de 852 et de 886 pour l'exemple. Deux conciles se tiennent à Meaux à propos de l'attitude à adopter face aux Vikings.
Les premiers Capétiens résident souvent à Melun tandis que Montereau se dote d'un château-fort en 1026. Provins émerge des limbes avec une première citation écrite au viiie siècle. La position est rapidement fortifiée par les comtes de Champagne ; la Tour César qui se dresse en 1150 est l'un des symboles du règne d'un demi-siècle (1102-1152) de Thibault-le-Grand. Provins s'impose rapidement en s'appuyant principalement sur ses fabriques de draps très renommés et sur sa foire, la plus fameuse des foires de Champagne. Exempte de taille et dotée depuis 1179 d'une charte communale donnant aux bourgeois le pouvoir judiciaire, puis en 1230, ils obtiennent le pouvoir électoral avec choix du maire et du conseil, Provins est au faîte de sa gloire.
Quand Abélard est chassé de Paris en 1138, c'est à Melun qu'il vient poursuivre son enseignement.
À noter la naissance du futur Philippe-Auguste à Jard (4 km de Melun) le 21 août 1165. À la même période (1169), Fontainebleau trouve son nom. Ce hameau est doté d'un rendez-vous de chasse et d'une chapelle par Louis VII. Saint Louis qui appréciait beaucoup Fontainebleau qu'il appelait ses « déserts », y fait construire un pavillon et un hôpital. Philippe le Bel y naît et y meurt.
Si le Gâtinais est rattaché au domaine royal dès 1064, la Brie attend jusqu'en 1285 et le mariage entre Philippe le Bel et Jeanne de Navarre. Le coup est rude pour Provins qui perd ses exemptions fiscales. Sous Philippe le Long, le maire est remplacé par un procureur royal. Jaloux des succès des foires de Champagne, les rois de France brident en fait les désirs de Provins afin de promouvoir les foires parisiennes.
Meaux se signale en 1239 en générant un groupe d'hérétiques cathares, bien loin de sa zone d'origine. Le 22 mai 1239, 83 hérétiques sont brûlés.
La guerre de Cent Ans est particulièrement pesante avec son cortège de pillages, de peste et de famines. Cette instabilité conduit les paysans au soulèvement en 1358 sous la conduite de Guillaume Callet. Les Jacques brûlent une soixantaine de belles demeures massacrant tous leurs occupants. Quand la troupe se présente devant les portes de Meaux, les nobles se cachent. Les habitants de Meaux ouvrent alors les portes de la ville aux émeutiers et le maire, Jean Soulas, les guida lui-même à la cachette des nobles. Gaston Phoebus, comte de Foix, arrive à la rescousse avec une troupe de chevaliers, taillant en pièces les révoltés. En punition, la ville de Meaux fut livrée aux flammes pendant quinze jours tandis que son maire fut pendu. Cette même année 1358, Charles le Mauvais s'empare de Lagny, Montereau-Fault-Yonne et Melun que Duguesclin reprend six ans plus tard.
En 1419, Jean sans Peur est assassiné sur le pont de Montereau. En 1420, Melun soutient un siège mémorable devant les Anglais et les Bourguignons. La famine cause la chute de la ville. Meaux tient le siège pendant cinq mois, mais préfère se rendre. Les Anglais sont sans pitié : les défenseurs de la ville sont pendus ou ont la tête tranchée. Lagny, qui connaissait une belle prospérité aux xiie et xiiie siècles, subit un sévère coup d'arrêt avec la guerre de Cent Ans.

Meaux est l'une des villes les plus actives françaises en matière de protestantisme au xvie siècle avec Jean Leclerc qui prêche dès 1523. En 1546, quatorze protestants sont brulés sur la place publique tandis que nombre d'autres furent bannis. En 1562, la liberté de culte est accordée aux protestants, mais ces derniers tentent de prendre le contrôle de la ville ; ils sont vaincus et massacrés à l'occasion de la Saint-Barthélemy en 1572. Les guerres de religion du xvie siècle ensanglantent particulièrement Meaux qui prit le parti de la Ligue avant de se rendre à Henri IV en 1593. Provins qui n'avait pas connu d'excès religieux jusque là, prit le parti de la Ligue avant de se rendre à Henri IV en 1592.
La paix religieuse revient en 1598 avec la signature de l'édit de Nantes. Le temps des crises est passé, et de Meaux à Melun, de Brie-Comte-Robert à Provins, le retour de la paix permet un renouveau basé sur la production agricole. La mode est alors aux résidences luxueuses chez les grands du royaume qui se détournent définitivement des austères constructions médiévales. Le territoire se couvre alors de « folies », nom donné à ses résidences secondaires pour nobles ou grands bourgeois.
Fouquet reçoit Louis XIV le 17 août 1661 dans son château de Vaux-le-Vicomte. Ce camouflet au jeune roi jaloux de la beauté du château de son ministre vaut à Fouquet une condamnation à la prison à vie. Autre personnage important de l'entourage du Roi-Soleil, Bossuet est nommé évêque de Meaux en 1681.
Le département de Seine-et-Marne est formé le 4 mars 1790 par assemblage de parties de l'Île-de-France, de la Brie, de la Champagne et du Gâtinais. Pendant la Terreur, Meaux n'échappa pas aux exactions. En septembre 1792, on massacre un grand nombre de prisonniers.
De 1791 à 1793, les 5 districts (Melun, Meaux, Provins, Nemours et Rosoy) du département de Seine-et-Marne fournirent 6 bataillons de volontaires nationaux.
Un des évènements seine-et-marnais de la Révolution française fut la détermination du mètre-étalon, à partir de la définition retenue du mètre par l'Assemblée constituante (à savoir la mesure de longueur égale à la dix millionième partie de l'arc du méridien terrestre compris entre le pôle boréal et l'équateur). Jean-Baptiste Joseph Delambre fut chargé de mesurer la distance entre Dunkerque et Rodez (par triangulation). Les opérations de mesure eurent lieu de 1792 à 1799. C'est finalement la route de Lieusaint à Melun qui fut choisie pour établir la première base de mesure (la seconde étant située près de Perpignan). Les mesures furent effectuées entre les deux bases, l'une à Lieusaint, l'autre à Melun, du 5 floréal an VI au 15 prairial an VI (du 24 avril au 3 juin 1799).
Le département de Seine-et-Marne, et la Brie tout particulièrement, est à cette époque en pointe dans les questions de révolution agricole. Les inventaires des outils et les rendements font état de progrès importants. La découverte du traitement de la betterave sucrière pour produire du sucre est considérable pour le département qui adopte dès 1802 cette culture. La concurrence avec les colonies qui utilisent une main-d'œuvre servile place très tôt les grands propriétaires seine-et-marnais dans le camp des abolitionnistes.
En 1814, Mormant, Nangis, Montereau et Donnemarie furent le théâtre des derniers faits d'armes de la Campagne de France. Napoléon fait ses adieux dans la cour du Cheval Blanc du château de Fontainebleau, résidence favorite de l'Empereur. En 1815, le département souffre particulièrement de l'invasion étrangère.

Le département de Seine-et-Marne est particulièrement touché par les affres de la guerre de 1870 et de l'occupation prussienne.
En 1896, les « statistiques morales » recensent 101 000 habitants illettrés, 26 000 sachant seulement lire et 229 000 sachant lire et écrire. 16 habitants sur 100 sont dans l'indigence ; on recense 24 établissements hospitaliers. 140 hommes et 75 femmes sont détenus dans les prisons départementales.
En 1914 le département se rendit célèbre par la bataille de la Marne où eu lieu aussi l'épisode des taxis de la Marne; cette bataille permis de repousser les armées allemandes qui menaçaient d'envahir Paris.
La deuxième moitié du xxe siècle est marqué par une transformation durable du département de Seine-et-Marne. En effet, du fait de l'accroissement de l'agglomération parisienne, l'ouest du département connait une rapide croissance démographique, symbolisée par la création des villes nouvelles de Sénart, près de Melun, et de Marne-la-Vallée au nord du département, tandis que l'est garde son caractère rural et agricole, bien que progressivement absorbé par l'aire urbaine de Paris.


 
 

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saintluc
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MessagePosté le: Sam 22 Oct - 06:46 (2016)    Sujet du message: (77) SEINE-et-MARNE Répondre en citant

Fontainebleau est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France, à 61 kilomètres au sud-est de Paris.
Ses habitants sont appelés les Bellifontain(e)s.
La commune de Fontainebleau est située au sud-ouest du département de Seine-et-Marne et s'étend sur 17 205 hectares. C'est la plus vaste commune de la région Île-de-France, et elle est presque entièrement recouverte d'une forêt qui s'étend également sur quelques communes limitrophes (25 000 hectares au total). Cette forêt est pour les Parisiens un lieu de promenade mais son relief très accidenté et ses nombreux rochers en font aussi un lieu réputé pour la pratique sportive de l'escalade. L'agglomération melunaise se situe à la limite nord de la forêt, et au nord-ouest se trouve Barbizon, village célèbre pour les nombreux peintres pré-impressionnistes qui y ont vécu. Divers endroits de la forêt sont recouverts de silice (quartz) à l'état brut. Les nombreuses plantations de résineux effectuées par l'Office national des forêts sont critiquées par certains qui estiment que cela a mis à mal la cohérence de son écosystème, à l'origine plutôt à base de feuillus.
La ville stricto sensu, c'est-à-dire hors forêt et hors domaine du château s'étend sur 232 hectares.

Ce hameau est doté d'un rendez-vous de chasse et d'une chapelle par Louis VII.
Saint Louis, qui apprécie beaucoup Fontainebleau et l'appelle ses « déserts », y fait construire un pavillon et un hôpital.
Philippe le Bel y naît en 1268 et y meurt en 1314.
Toutefois, Fontainebleau ne fut guère qu'un hameau jusqu'en 1528, date à laquelle François Ier, de retour en France après avoir passé une année en captivité en Espagne (après sa défaite à Pavie en 1525), décide d'y construire un château inspiré des palais italiens. Cette construction importante pour laquelle François Ier fait appel à des artistes italiens de renom, est animée par sa volonté de renforcer son pouvoir après cette année passée loin du royaume.
La ville tira bien vite parti des visites répétées du roi et de la Cour. Elle s'affranchit progressivement de la tutelle d'Avon. La ville accueille rapidement auberges et restaurants. Les chambres sont louées à prix d'or. Lorsque la Cour n'est pas à Fontainebleau, la ville continue de vivre grâce aux travaux constants d'embellissement du château : ouvriers et artistes y vivent toute l'année.
Grâce à cette prospérité, la ville compte près de 7 000 habitants. Au xviie siècle, elle abrite non seulement le château mais aussi une trentaine d'hôtels particuliers bâtis par les princes et de grands seigneurs (exemple : le Palais de Ferrare dont il ne reste aujourd'hui que le portail d'entrée).
Fontainebleau fait les délices de « Madame, belle-sœur du roi » (la Princesse Palatine). Le 18 octobre 1685, Louis XIV y signe l'Édit de Fontainebleau, plus connu sous la désignation de Révocation de l'Édit de Nantes, qui a poussé à l'exil de nombreux protestants.
En 1725, Louis XV s'y marie.
La Révolution n'a pas eu ici d'incidences notables. Les habitants, en effet, ont toujours bénéficié de la royauté qui a permis à la ville de s'enrichir.
L'Empire va réveiller cette ville assoupie. Napoléon Ier s'installe au château et le fait rénover. En même temps, les vieux hôtels particuliers sont restaurés et certains sont même transformés en hôtels de tourisme, comme l'Aigle Noir. Des casernes sont construites pour abriter les régiments de hussards et de la Garde Impėriale. Napolėon 1er y crėa ėgalement l'ėcole militaire de Saint-cyr avant qu'elle ne soit, dėlocaliser à Saint-cyr l'ėcole puis Saint-cyr Coëquidant.
Le 29 octobre 1807, Manuel Godoy, alors chancelier du roi espagnol Charles IV, et Napoléon signent le traité de Fontainebleau, qui autorise le passage des troupes françaises par le territoire espagnol afin d'envahir le Portugal.
Le 20 juin 1812, le pape Pie VII arrive au château de Fontainebleau (lors de son transfert secret de Savone à Fontainebleau) accompagné de son médecin chirurgien, le docteur Balthazard Claraz. Il y reste enfermé pendant les dix-neuf mois que dure sa captivité. Du 20 juin 1812 au 23 janvier 1814, le pape n'est jamais sorti de son appartement.

Le 20 avril 1814, Napoléon, peu après sa première abdication, fait ses adieux à sa garde, aux célèbres grognards, dans la cour du Cheval Blanc (devenue depuis Cour des Adieux) ; le moment fut selon la légende très émouvant. Le château de Fontainebleau était d'ailleurs une résidence appréciée de l'empereur.
Avec la chute de l'Empire, Fontainebleau s'endort doucement.
Au total, 34 souverains, de Louis VI le Gros à Napoléon III, ont séjourné à Fontainebleau au cours de sept siècles. Du xvie au xviiie siècle, tous les rois, de François Ier à Louis XV, y ont effectué des travaux importants (démolition – reconstruction – agrandissement – embellissement) d'où le caractère un peu « hétérogène », mais néanmoins harmonieux, de l'architecture du château.
Du 29 juin au 1er juillet 1895 fut organisé à Fontainebleau un grand concours national de manœuvres de pompes à incendie avec manœuvres d'ambulances et de secours aux blessés. Ce concours a attiré 140 compagnies. À cette occasion avait lieu l'assemblée générale de l'Union départementale des Sapeurs-Pompiers de Seine-et-Marne.
En juillet et août 1946, la ville accueille la conférence franco-vietnamienne de Fontainebleau pour trouver une solution au conflit indochinois ; mais cette conférence sera un échec.
Fontainebleau, fidèle à sa tradition militaire, resta longtemps une ville de garnison. C'est ainsi qu'elle fut le siège de l'état-major des forces alliées en Centre-Europe (Allied Force Centre; AFCENT), forces terrestres (LANDCENT) et forces aériennes (AIRCENT) de l'OTAN de 1949 à 1967.
Aujourd’hui, la ville accueille une grande école d’affaires qui lui donne une renommée internationale : l’INSEAD, ainsi qu'une annexe de l'École des mines de Paris.

Le château royal de Fontainebleau est un château de styles principalement Renaissance et classique, jouxtant le centre-ville de Fontainebleau (Seine-et-Marne), à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Paris, en France. Les premières traces d'un château à Fontainebleau remontent au xiie siècle. Les derniers travaux furent effectués au xixe siècle.
Haut lieu de l'histoire de France, le château de Fontainebleau a été l'une des demeures des souverains français depuis François Ier (qui en fit sa demeure favorite) jusqu'à Napoléon III. Plusieurs rois ont laissé leur empreinte dans la construction et l'histoire du château, qui est ainsi un témoin des différentes phases de l'Histoire de France depuis le Moyen Âge. Entouré d'un vaste parc et voisin de la forêt de Fontainebleau, le château se compose d'éléments de styles médiévaux, Renaissance, et classiques. Il témoigne de la rencontre entre l'art italien et la tradition française exprimée tant dans son architecture que dans ses décors intérieurs. Cette spécificité s'explique par la volonté de François Ier de créer à Fontainebleau une « nouvelle Rome » dans laquelle les artistes italiens viennent exprimer leur talent et influencer l'art français. C'est ainsi que naquit l'École de Fontainebleau, qui représenta la période la plus riche de l'art renaissant en France, et inspira la peinture française jusqu'au milieu du xviie siècle, voire au-delà. Napoléon Ier surnomma ainsi le château la « maison des siècles », évoquant par là les souvenirs historiques dont les lieux sont le témoignage.
Le château fait l’objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862, classement complété par plusieurs arrêtés pris en 1913, 1930, 2008 et 2009. Par ailleurs, depuis 1981, le château fait partie avec son parc du patrimoine mondial de l'UNESCO. Riche d'un cadre architectural de premier ordre, le château de Fontainebleau possède également une des plus importantes collections de mobilier ancien de France, et conserve une exceptionnelle collection de peintures, de sculptures, et d'objets d'art, allant du vie au xixe siècle.
 

Château de Fontainebleau.



La forêt de Fontainebleau, autrefois appelée forêt de Bière (dérivé de bruyère), est un important massif boisé de 25 000 ha, dont 21 600 ha sont aujourd'hui administrés en forêt domaniale. Ce massif, au centre duquel se trouve la ville de Fontainebleau, est situé en Seine-et-Marne. La forêt domaniale proprement dite couvre 17 072 ha ; elle a une altitude variant de 42 m (Seine à Bois-le-Roi) à 144 m (Carrefour du Banc du Roi, 2 km au nord de Fontainebleau).
Elle est fragmentée et traversée par l'autoroute A6 (1964), les nationales 6 et 7, ainsi que la ligne de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles. Chaque année, des millions de visiteurs viennent s'y promener (13 millions en 2006).
La forêt de Fontainebleau est célèbre dans le monde entier pour avoir inspiré les artistes du xixe siècle : peintres impressionnistes et école de Barbizon, ainsi que des photographes, des écrivains et des poètes.
 


Forêt de Fontainebleau.
 

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saintluc
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MessagePosté le: Dim 23 Oct - 07:24 (2016)    Sujet du message: (77) SEINE-et-MARNE Répondre en citant

Provins est une commune située à soixante-dix sept kilomètres au sud-est de Paris, sous-préfecture du département de Seine-et-Marne dans la région Île-de-France. Elle est le chef-lieu de l'arrondissement et du canton. Ses habitants sont appelés les Provinois.
Ex capitale des comtes de Champagne, Provins est inscrite depuis le 13 décembre 2001 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO


D'après la légende, Provins tiendrait son nom des vignes de Probus (« Probi vinum ») : Probus, alors général romain, se serait arrêté dans la cité vers 271. Devenu empereur (276-282), il prit des mesures autorisant la culture de la vigne en Gaule, annulant de ce fait l'édit de Domitien promulgué près de deux siècles plus tôt
En l'an 485 et après sa victoire à Soissons, Clovis s'empare du castrum romain de Provins.
Témoignant déjà d'une certaine importance, dès le début du ixe siècle, Charlemagne y envoie ses missi dominici. Autre preuve d'un rôle majeur : Provins frappe sa propre monnaie (le denier provinois).

Provins est devenue à cette époque la troisième ville de France, après Paris et Rouen. Provins fut au Moyen Âge l'une des villes abritant les plus grandes foires de Champagne, lorsque la ville était sous la protection des comtes de Champagne. C'est sûrement cette période qui laissa le plus de traces sur Provins. D'après les lettres patentes de Louis XI, la ville conservait bien ses privilèges, notamment pour attirer les marchands étrangers. Le roi lui-même visita la ville de Provins les 21 et 22 juin 1479, avant d'aller à Dijon.
Actuellement, la traditionnelle braderie du 11 novembre, qui se déroule chaque année dans toute la ville basse, n'est pas sans rappeler ces grandes foires d'antan. Cette foire traditionnelle était celle de la Saint-Martin, qui marquait le début de la période d'embauche d'hiver pour les travailleurs agricoles saisonniers. Cette foire est reprise dans beaucoup de villes de tradition agricole.


Au xe siècle, la ville était beaucoup plus importante qu'aujourd'hui et comptait 80 000 habitants. Le Prix national du livre médiéval : Provins patrimoine mondial est attribué depuis 2007 à un livre portant sur un sujet du Moyen Âge. La fête de la moisson, qui succède à la fête médiévale, témoigne elle aussi de la richesse culturelle du pays provinois. Elle est célébrée le dernier dimanche d'août, et marquait anciennement la fin de la moisson du blé, production importante du pays de la Brie champenoise - même si aujourd'hui le maïs, la betterave et le colza lui disputent la vedette. Les chars de la fête de la moisson sont toujours décorés de blé, évoquant la récolte ; par ailleurs, on se sert souvent d'un tarare pour projeter du son sur les passants.
Enfin la cité provinoise tint sa place dans l'histoire nationale quand, le 3 août 1429, au milieu de sa cour et en présence de Jeanne d'Arc, Charles VII récemment couronné, assista à la messe en la Collégiale Saint-Quiriace.
XIXe siècle
Lors de la guerre franco-allemande de 1870, la ville est occupée par les Allemands et souffre de nombreuses réquisitions.
XXe siècle
Durant la Première Guerre mondiale, les troupes allemandes furent arrêtées à ses portes par la 5e armée française, qui contre-attaqua à partir du 5 septembre 1914.





Provins est célèbre pour ses fortifications médiévales entourant la ville. L'enceinte de la ville haute, longue de 1 200 mètres et comportant 22 tours aux géométries variées, fut construite de 1226 à 1314. Elle reste aujourd'hui la partie la mieux préservée, grâce notamment à plusieurs phases récentes de restauration, et participe grandement à l'attrait touristique de la ville. Concernant la partie en ville basse, elle a subi les assauts du temps mais reste visible à certains endroits, sur le long de la fausse rivière.
Tour César xiie siècle : seul donjon octogonal à base carrée ; elle est sur un pavé.
Les souterrains : le sous-sol de la vieille ville est truffé de souterrains médiévaux que l'on peut visiter, et qui constituent un point d'articulation du développement du roman d'Umberto Eco, Le Pendule de Foucault, avec l'autre curiosité touristique qu'est la grange aux dîmes. À l'origine, il s’agissait de carrières dont les matériaux servaient dans la confection de la laine (la cité de Provins, au Moyen Âge, était une importante cité drapière). De ces carrières on extrayait une terre glaise, nommée « terre à foulon », qui permettait de dégraisser la laine : la terre à foulon servait un peu comme du savon. Pour bien en imprégner le drap, il fallait le fouler au pied : d’où le nom donné à cette glaise. La terre a également été utilisée pour combler les marais qui se trouvaient à l'emplacement de la ville basse actuelle.

Les souterrains ont ensuite servi d'entrepôts pour les marchands, durant les foires du Moyen Âge. Aux xviiie et xixe siècles, certaines parties des souterrains auraient servi de lieux clandestins de réunion pour la loge franc-maçonne de Provins, ou pour des groupes divers (hérétiques ou contre la royauté) pendant la période répressive du Second Empire. Des traces de cette utilisation se voient sur les murs des souterrains, sous forme de graffitis datés ou de dessins ésotériques.
La grange aux dîmes est une maison de marchand du xiie siècle. Lors des grandes foires, elle servait de lieu de stockage. Elle est aujourd'hui transformée en musée, et différentes scènes recréent la vie quotidienne au Moyen Âge, à travers différents métiers (marchand, tailleur de pierre, etc.)
Maison romane : sûrement la plus ancienne maison de Provins (xe ou xie siècle), elle abrite le musée du Provinois.


Tour Notre-Dame-du-Val (1544)
Hostellerie de la Croix d'Or : la plus vieille hostellerie de France (actuellement un restaurant). La façade est restée inchangée depuis sa construction (de 1264 à 1270). La plus vieux restaurant continuellement en activité du monde étant probablement le Stiftskeller St. Peter.
Hôtel du Vauluisant (xiiie siècle)
Les Vieux bains, aujourd'hui appelés La Demeure des Vieux bains, sont le plus ancien lieu de bains de Provins (xiiie siècle). En 1256, l'endroit ne comprend quasiment que des vieilles pierres ; en 1309, c'est Louis le Hutin qui y fait procéder à de nombreux aménagements : pavement des bains avec des pierres de Paris, installations de fournels, de chaudières et d'étuves…


L'endroit devient un lieu important de Provins, où nombreux se retrouvent pour jouir des valeurs curatives qui lui sont attribuées ; il connaît son apogée en 1311. Vers la fin du xve siècle toutefois, les médecins se mettent à répandre l'idée que les bains sont malfaisants pour le corps : c'est la fin du mythe de la fontaine de Jouvence. Aujourd'hui, Les Vieux Bains, après leur rénovation en 2004, se nomment La Demeure des Vieux-Bains, et sont devenus un lieu d'accueil et de luxe (chambres d'hôtes 4 épis, séminaires, mariages, etc.)
Le Caveau du Saint-Esprit est un ancien hôpital créé par le comte Henri-le-libéral à la fin du xiie siècle.
Quelques timbres de la libération









 

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MessagePosté le: Lun 24 Oct - 07:19 (2016)    Sujet du message: (77) SEINE-et-MARNE Répondre en citant

Moret-sur-Loing est une ancienne commune française située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France.
Ses habitants sont appelés les Morétains.
Elle s'est regroupée le 1er janvier 2015 avec Écuelles, pour former la commune nouvelle d'Orvanne.
Moret-sur-Loing est située en lisière de la forêt de Fontainebleau, aux bords du Loing et à proximité du confluent de la Seine. L'Orvanne et le Lunain serpentent dans les alentours, non loin du canal du Loing, creusé pour faciliter la navigation fluviale.


Du celtique mora, de l'ancien français morée (–marécage, marais)
Moret est une petite cité médiévale de 4 500 habitants environ dont les origines semblent remonter à l'époque gallo-romaine. Elle prend de l'importance (stratégique notamment) en 1081 en entrant dans le domaine royal. D'intéressants vestiges (portes et donjon du xiie siècle entre autres) font de cette antique cité une halte sinon indispensable, du moins fort appréciée.
La commune s'est transformée le 1er janvier 2015 en commune déléguée de la commune nouvelle d'Orvanne puis, le 1er janvier 2016, de Moret-Loing-et-Orvanne4, qui regroupe les anciennes communes de Moret-sur-Loing, Écuelles, Épisy et Montarlot.
La ville est frappée par des inondations d'une intensité rare les 1er et 2 juin 2016 ; le niveau des eaux dépasse les crues historiques de 1910 et de 1770
Moret a conservé une grande partie de ses fortifications datant des xiie et xve siècles. À cette époque, la ville était articulée autour des éléments suivants:
Une enceinte fortifiée en demi-lune, face au Loing, dont il reste de nombreux éléments (15 à 20 m de haut, plus de 2 m d'épaisseur).

Trois portes:
la porte de Bourgogne, qui verrouille l'accès par le Loing face à la Bourgogne,
la porte de Samois ou de Paris (xve siècle), en direction de Fontainebleau,
la porte de Grez/Orléans, vers la forteresse de Grez (contrairement aux deux autres, il n'en reste plus aucune trace aujourd'hui).
L'église Notre-Dame, de style gothique (xiie/xve).
Le donjon du château de Moret, xiie siècle (partiellement détruit à la Révolution et transformé au cours de xixe siècle).
Le prieuré de Pont-Loup (nom qui veut dire « pont sur le Loing »), la plus ancienne construction encore existante de Moret.
Le pont sur le Loing datant du xiie siècle (mais le folklore local veut que Jules César en ait construit le premier avatar) et élargi au xixe siècle.
L'ancienne forteresse sur la rive droite du Loing (vestiges), qui gardait l'autre extrémité du pont.
Le plan de la ville actuelle est encore fortement marqué par cette époque. De nombreuses caves médiévales (p.e. Rue Grande 35 et Logis Saint-Jacques).
De nombreux peintres ont représenté Moret-sur-Loing ; la liste ci-après reste très incomplète :
Alfred Sisley : Inondation à Moret (1879) ; Pont de Moret-sur-Loing (vers 1885) ; Un soir à Moret - Fin d'Octobre (1888) : Moret-sur-Loing sous la pluie (1888) ; Lavandières à Moret (1888) ; Pont de Moret-sur-Loing (vers 1885) ; Église Notre-Dame de Moret-sur-Loing (vers 1893) ; Le pont de Moret (1893) ; Église de Moret-sur-Loing après la pluie (1894).
John Peter Russell : Madame Sisley sur les rives du Loing à Moret (1887)
Adrien Lavieille : Vue de Moret-sur-Loing
David Howard Hitchcock : Moret sur Loing (1893)
William Lamb Picknell : Jour gris, Moret (vers 1895) ; Matin sur le Loing à Moret (vers 1895)
Gustave Loiseau : Le pont de Moret-sur-Loing (1927)


 

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MessagePosté le: Mar 25 Oct - 06:23 (2016)    Sujet du message: (77) SEINE-et-MARNE Répondre en citant

Le château de Vaux-le-Vicomte, situé sur le territoire de la commune française de Maincy (Seine-et-Marne), à 50 km au sud-est de Paris, près de Melun est un château du xviie siècle (1658–1661), construit pour le surintendant des finances de Louis XIV, Nicolas Fouquet.
Ce dernier fit appel aux meilleurs artistes de l'époque pour bâtir ce château : l'architecte Louis Le Vau, premier architecte du roi (1656), le peintre Charles Le Brun, fondateur de l'Académie de peinture (1648), le paysagiste André Le Nôtre, contrôleur général des bâtiments du roi (1657) et le maître-maçon Michel Villedo. Leurs talents avaient déjà été réunis par le jeune Louis XIV pour construire des ailes au château de Vincennes en 1651-1653. Le roi refera appel à eux pour construire le château de Versailles, celui de Vaux-le-Vicomte servant alors de modèle.
Le château, chef-d'œuvre de l'architecture classique du milieu du xviie siècle, est aujourd'hui la plus importante propriété privée de France classée au titre des monuments historiques depuis son achat en juillet 1875 par Alfred Sommier qui y fit œuvre de mécène, poursuivie par ses descendants.


Nicolas Fouquet choisit le site de Vaux-le-Vicomte en raison de sa position stratégique à mi-chemin entre le château de Vincennes et le château de Fontainebleau, deux résidences royales. Quand Fouquet acquiert Vaux-le-Vicomte, le domaine se divise en deux parties : un château et une ferme.
Le château est entouré de murs et de fossés remplis d’eau vive. Il est relié au chemin reliant Vaux-le-Pénil à Sivry-Courtry par un pont-levis.
La ferme dite « Ferme de La Ronce » est située derrière le logis, sur l'actuelle commune de Moisenay, à laquelle elle est reliée par un autre pont-levis. Elle se compose de deux parties :
dans la partie Nord se trouvent un pressoir, une écurie et une étable ;
la partie Sud comprend le corps de logis, une grange et une bergerie.
La ferme et le château ne sont pas situés à l’emplacement de l’actuel château. Le territoire où sera construit le château est traversé par deux rivières qui se coupent à angle droit. L’une d’elles est l’Ancœur dont le lit se trouve à l’emplacement du grand canal. Le terrain était peu boisé, contrairement à aujourd’hui.
La construction progresse rapidement, mais elle nécessite la destruction de plusieurs maisons et l'arasement des collines. De 1653 à 1654, les premiers travaux d'adduction d'eau sont réalisés dans le parc ainsi que l'allongement du grand parterre.
En 1655, le parc est entièrement clôturé ; le petit canal, les fontaines, quelques parterres de fleurs et la grande allée en terrasse sont réalisés.
En 1656, l'architecte Daniel Gittard achève les fondations du château.
Le 2 août 1656, le marché est conclu sur les plans du château.


Louis XIV en 1661 par Charles Le Brun.

Les façades devaient initialement être en brique — comme ses immenses communs — mais finalement la pierre blanche de Creil lui fut préférée.
Le maître-maçon ou entrepreneur chargé de la construction est Michel Villedo, qui signe à côté de Le Vau les projets définitifs (archives du château) la maçonnerie du château est terminée et la charpente est posée en 1657.
La toiture sera achevée en 1658, et dès lors, l'aménagement intérieur put commencer.
Dès septembre 1658, le peintre Charles Le Brun s'installe dans le château. Celui-ci reçoit la visite du cardinal Mazarin le 25 juin 1659, de Louis XIV, de Monsieur (Philippe de France) son frère et de la reine mère Anne d'Autriche le 14 juillet.
Le 10 juillet 1660, le roi et son épouse la reine Marie-Thérèse d'Autriche s'y arrêtent. Le maître des lieux aimait recevoir les plus grands esprits de son temps tels que Madeleine de Scudéry, Paul Pélisson ou Jean de La Fontaine.
Le 12 juillet 1661, Fouquet donne une fête en l'honneur de la reine mère d'Angleterre Henriette de France et, le 17 août, une autre en l'honneur de Louis XIV.
Cette fête organisée par François Vatel fut d'une grande splendeur : des spectacles utilisant les techniques les plus avancées du moment, des représentations de pièces de théâtre (dont Les Fâcheux de Molière) et des feux d'artifices, furent notamment au programme de réjouissances.
C'est après cette fête, le 5 septembre, que le roi ordonne son arrestation après que sa mère Anne d'Autriche lui a représenté « qu'il n'était à l'honneur d'un roi de faire arrêter son hôte ».
L'emprisonnement de Fouquet ne peut néanmoins pas être imputé à cette seule fête, cette décision ayant été prise quatre mois auparavant.

Le château conserve du plan féodal français traditionnel la plateforme rectangulaire entourée de larges douves en eau, dont il occupe le sud. Deux portes reliaient le logis au reste du jardin.
Les ailes n’existent presque pas, ce type d’architecture étant apparu au cours de la première moitié du xviie siècle. Le château comporte un corps central avec trois avant-corps côté cour et une pièce en rotonde au centre de la façade regardant les jardins.
Il y a quatre pavillons, deux de forme rectangulaire, côté jardin, et deux autres de forme carrée côté cour, qui, vus latéralement, semblent pourtant jumeaux, tradition de l’architecture française.
Le caractère ouvert du bâtiment et le plan dit « massé » sont caractéristiques de l’époque.
Il y a toutefois une innovation, car le château français comporte habituellement une suite de pièces allant d’une extrémité à l’autre du bâtiment, disposition dite « corps simple » ou « en enfilade ». À Vaux, l'architecte fait preuve d'innovation en organisant l'espace intérieur avec une double enfilade de pièces parallèles avec des portes alignées ou « corps double ».
Ce type d’organisation d’un bâtiment a déjà été employé par Louis Le Vau à l’hôtel Tambonneau en 1640 et par François Mansart à l’hôtel de Jars en 1648, mais est ici appliqué pour la première fois à un château.

Le salon dit « en rotonde » — de l'italien rotonda — pièce unique, constitue une autre originalité. L’ensemble, formé par le vestibule et ce grand espace, forme comme une travée centrale. Cette disposition, dite aussi « en lanterne », permet au visiteur d'avoir une vue traversante dans l'axe cour d'honneur-perron-vestibule-allée en perspective des jardins situés de l'autre côté, autour de laquelle gravitent deux parties autonomes dotées chacune d'un escalier.
Dans le rez-de-chaussée, côté jardin, se trouvent deux appartements ; l’un, destiné au Roi, est situé à gauche tandis que l’autre, à droite, est celui de Nicolas Fouquet.
Les pièces du rez-de-chaussée côté cour sont, en 1661, des chambres complétant les deux appartements côté jardin; s’y trouve une pièce servant de salle à manger, une pièce apparue en France au milieu du xviie siècle.
Toutefois, Le Vau n’a pas su exploiter l’innovation que constituait le corps double, car il ne semble pas trouver de destination convaincante aux pièces du rez-de-chaussée côté cour.
Le sous-sol est en partie enterré, ce qui permet la mise en place d’un plan massé. Un couloir longitudinal traverse le sous-sol, occupé par les cuisines, offices et chambres d’officiers.
La cuisine est à l’opposé de la salle à manger, mais communique avec le buffet du rez-de-chaussée grâce au couloir longitudinal. Deux couloirs latéraux furent ajoutés en 1659 sur ordre de Vatel, alors maître d’hôtel de Nicolas Fouquet.
Au premier étage se trouve également un couloir longitudinal. À l’endroit qui correspond au vestibule se trouvait au temps de Nicolas Fouquet une chapelle, côté cour.
À gauche se trouvent, côté cour, l’appartement de Fouquet, et côté jardin, celui de son épouse, composés sur une épaisseur de douze mètres d’une antichambre, d’une chambre (pièce principale d'un appartement où les familiers ont libre accès, c'est le lieu de la sociabilité où on dort, on reçoit et on y prend les repas) et d’un cabinet de travail6.
Actuellement la chambre de Mme Fouquet est divisée en deux pièces, un cabinet Louis XV et une chambre Louis XV.
La partie droite du premier étage n'est que sommairement travaillée.


Le salon central, appelée "salle des Gardes" du xviie au xixe siècle, est une pièce unique dans l'histoire de l'architecture française; son originalité provient de sa forme ovale, inhabituelle à l'époque pour une salle de réception.
Elle comprend deux étages, selon le modèle dit "à l'Italienne", et est couverte de voussures, ce qui est caractéristique de cette architecture, mais le « vaisseau » ovale en avant-corps est une invention française.
Destinée à accueillir les fêtes et à accéder aux jardins, cette très vaste pièce - 19 mètres de long, 14 mètres de large et 18 mètres de haut - n'était pas appelée à être meublée, mais vers 1880 les Sommier y créèrent quatre opulents salons, comme le montrent des photographies publiées par Patrice de Vogüé et celle reproduite dans l'Île-de-France des châteaux de Claude Frégnac (Hachette-Réalités, 1963), avant d'être successivement vidée de tout mobilier pour ne conserver que la série de bustes d'empereurs romains.
Le "Projet Le Vau" une des conventions de mécénat envisagées entre l'association La Demeure Historique et les propriétaires, consisterait à restituer les portes de verre afin de créer une symbiose entre la demeure et les jardins.
Le plafond de la coupole devait initialement être peint du Palais du Soleil par Charles Le Brun représentant l'astre solaire avec l'emblème de Fouquet, l'écureuil, dont dessin fut gravé par Audran, mais cette importante décoration ne fut pas réalisée, et la voûte resta en plâtre pendant deux siècles, jusqu'à ce qu'en 1844 ou 1845 le duc de Choiseul-Praslin demanda au peintre-décorateur Dutenhoffer de chiffrer son exécution. La jugeant trop onéreuse il n'y donna pas suite mais laissa cet artiste commencer "un ciel avec des aigles aux ailes déployées" (un grand aux centre entouré de cinq autres, effacés mais encore visibles) selon sa déposition judiciaire du 24 août 1847 publiée par Patrice de Vogüé, ce qui contredit l'attribution de ce décor à Charles Séchan, "l'illustre décorateur de l'Opéra de Paris" selon Théophile Gautier, qui indique qu'il réalisa pour le sultan turc un salon Louis XIV destiné au palais de Dolmabahçe, visité par lui en 1852 (cf. L'art de vivre à Istambul, Flammarion, 1993, pp 154 et 155 - ill.).
Cette démarche pourrait renaître avec le "Projet Le Brun", consistant à orner la coupole de la peinture prévue, dont les dessins et cartons sont conservés sur place ("Vaux-le-Vicomte : un mécénat d'exception", revue D.H n°179, nov./décembre 2010, p. 30).
La coupole est soutenue par une série de seize grands termes sculptés par François Girardon, douze portent les signes du zodiaque et quatre, les symboles des quatre saisons. Le sol est constitué de pierre blanche et d'ardoise avec, au centre, un cadran solaire.
La pièce est décorée de quatre bustes de l'époque de Fouquet représentant des personnages romains : Octavie, sœur d'Auguste, Britannicus, Octavie, épouse de Néron, et Hadrien ; les douze autres bustes romains sculptés à Florence au xviie siècle provenant de la « Villa Pompéienne » (détruite) du prince Napoléon, avenue Montaigne à Paris.


La chambre de Nicolas Fouquet.

Les pièces du rez-de-chaussée, côté jardin, sont également à voussures.
Le salon d’Hercule, antichambre de l’appartement de Fouquet, possède un plafond peint d'une scène représentant un Hercule accueilli par l’Olympe. Les médaillons et les panneaux ornant la voussure représentent les douze travaux d’Hercule par Le Brun.
La chambre des Muses — chambre de Fouquet — est décorée d'un plafond et d'une voussure de Le Brun. Ce décor représente le « Triomphe de la Fidélité », allusion de la fidélité de Nicolas Fouquet au roi durant la Fronde. Huit muses se répartissent dans les quatre coins de la voussure. Des figures situées entre les muses représentent les genres poétiques. Au milieu des côtés se trouvent les figures de la noblesse et de la paix, ainsi qu’une victoire des muses sur les satyres. La voussure évoque le mécénat de Nicolas Fouquet. Les murs sont couverts par un lambris « d’appui » et par cinq tapisseries qui composent la tenture de « L’histoire de Diane ». La pièce comprend également une alcôve avec un plafond de Le Brun représentant « la Nuit ».
On y trouve une cheminée dite « à la Romaine » qui, contrairement aux cheminées « à la Française », ressort peu du mur.
Le Petit Cabinet des jeux, qui fut celui de Fouquet, comporte un plafond de Le Brun représentant le Sommeil. La voussure et le lambris sont ornés d’un décor comportant divers animaux. Une glace n’est pas d’origine.

 

Chambre des muses.

L’Antichambre du Roi est inachevée ; elle est marquée par l’alternance de peintures et de bas-reliefs : l’ovale central du plafond comprend une peinture du xviiie siècle, car le projet de Le Brun, inconnu, n’a pas été réalisé. Au centre des voussures se trouvent quatre peintures : Diane se déchaussant après la chasse, L’Amour et la Foudre, Achille implorant Vénus de lui rendre le Bouclier que l’Amour lui a dérobé, L’Amour et un cep de vigne. Le corps de bibliothèque en acajou date du xviiie siècle. Les angles des voussures comportent le chiffre de Fouquet.
La Chambre du Roi (tradition d'aménager une telle pièce lorsque la cour royale était itinérante) est également inachevée : même s'il s'agit de la pièce la plus richement décorée du château (stucs rehaussés de feuilles d'or notamment des lions moulés représentant la puissance royale, trophées), Louis XIV n'y a jamais dormi. Sur la frise de palmettes à la base de la corniche du plafond, des coquilles Saint-Jacques alternent avec les écureuils, élément du blason des Fouquet, aux coins de cette frise des palmettes représentent une tour à trois créneaux, blason de Marie-Madeleine de Castille, seconde épouse de Foucquet. Aux angles de la voussure sont des stucs en forme de figures ailées, d'anges casqués, de guirlandes encadrant les lettres « F » (Fouquet) entrelacées dans des écus d’argent ; au plafond se trouve une peinture de La Vérité soutenue par le Temps, et dans les lunettes sont représentées des dieux symbolisant le génie de Foucquet : Bacchus pour l’Abondance, Mars pour la Valeur, Mercure pour la Vigilance et Jupiter pour la Puissance. Léda, Diane, des cavaliers combattants, et les Parques sont présents dans des médaillons octogonaux. L’alcôve de la chambre n’est pas achevée, car le plafond n’est pas peint, de même que le cabinet du roi : encadré par des commodes, un grand lit de style Régence comporte une tapisserie brodée représentant l’histoire de Psyché.
La salle à manger comporte un plafond à caissons, caractéristique de l’architecture française. Chaque caisson reçoit un tableau ; quatre, inscrits dans des compartiments rectangulaires et représentent Apollon (le feu), Diane (l’air), Flore ou Cérès (la Terre) et des Tritons et naïades (l’eau). Dans les compartiments octogonaux du plafond se trouve chacune des saisons. Au centre du plafond est La Paix ramenant l’Abondance de Charles Le Brun, allusion à la paix des Pyrénées (1659).
Les huit médaillons circulaires ou octogonaux au-dessus des portes racontent l’histoire d’Io. L’arcade donnant sur le buffet comporte des trophées de la Guerre et de la Paix. La glace ne date pas de Fouquet.
La Chambre Carrée aurait appartenu à l’appartement de Fouquet. En 1661, six tapisseries d'après des cartons de Charles Le Brun y étaient pendues sous un tableau montrant le siège de Fribourg commandé par le maréchal de Villars.
1er étage
La chambre de l’appartement de Fouquet est la seule pièce du premier étage à avoir conservé son décor d’origine. Les plafonds de la pièce et de l’alcôve sont ornés d’un trompe-l’œil en forme de coupole.
L’appartement de Mme Fouquet était entièrement composé de glaces et comprenait une antichambre, une chambre et un cabinet. La chambre et l’antichambre ont été entièrement remaniées au xviiie siècle.
Le cabinet contient au plafond un ovale comportant une peinture représentant le ciel ; le blason de Mme Fouquet figure dans les angles.


En 1653-1654, Nicolas Fouquet charge André Le Nôtre de modifier le jardin préexistant.
Le chantier commence par des travaux d’adduction d’eau et par la canalisation d’une rivière.
Le « parterre de la Couronne » est allongé, rendant ses différentes parties dissymétriques. En 1655, les trois parterres situés devant le château sont agrandis et remodelés. En 1655-1656, Poussin est appelé pour travailler à la décoration du jardin, alors que les termes sont en cours de réalisation en Italie.
En 1656 débute la construction du château. En 1656-1657, Daniel Gittard poursuit les travaux. Le bassin carré et l’allée centrale sont alors aménagés, tandis que s’achève la construction de la grille d’eau. En 1658-1660, la cascade est construite. Des travaux ont lieu à l’emplacement de l’actuel grand canal, les grottes sont sculptées.
En 1660-1661, les termes de la grille d’entrée sont sculptés par les ouvriers du château.
Tout s’arrête avec l’arrestation de Fouquet à Nantes le 5 septembre 1661.
Les scellés sont alors apposés à Vaux comme à toutes ses maisons, et le matin du 7 septembre, « deux maîtres des requêtes se présentèrent au château en partie démeublé, tentures rangées dans le garde-meuble, rideaux tirés sur les tapisseries, vaisselle précieuse et objets de prix réunis dans un coffre-fort », où le capitaine Mathieu d'Angenville, Exempt des gardes, s'établit jusqu'en 1665.
Le Brun était parti laissant les objets d'art de son appartement ; Vatel, compromis, s'enfuit en Angleterre ; Le Nôtre avait obtenu d'emporter les plans des jardins. Huit jours plus tard s'opéraient l'inventaire et la saisie des papiers.
Au cours du procès à charge ordonné par le roi, Lefevre d'Ormesson lança aux magistrats à la solde du pouvoir le fameux : « La Cour rend des arrêts, non des services », qui lui valut l'inimitié royale.
Devant les réclamations des créanciers du surintendant — dont son épouse, alors exilée à Limoges — la mise aux enchères de ses biens fut ordonnée ; la vente du mobilier de Vaux et de la résidence de Saint-Mandé se déroula de 1665 à septembre 1666, après que Louis XIV eut fait prélever pour lui-même maints objets précieux, tapisseries, étoffes de brocart, tables de marbre, vases de vermeil, etc. ; des carreaux de dallage en marbre blanc et noir furent transportés au Louvre, des orangers en caisse et des milliers d'arbrisseaux à Versailles et aux Tuileries.
Vaux, non confisqué, fut abandonné par les créanciers à Mme Fouquet en [1673] avec les seigneuries de Melun et de Belle-Île contre le paiement sous dix ans de 1 250 000 livres de dettes privilégiées. Exilée ensuite à Moulins, il lui était interdit de retourner à Vaux, où son fils aîné, Louis-Nicolas, officier, titré comte de Vaux, put s'installer.
Celui-ci y reçut le 15 juillet 1676 la marquise de Sévigné, qui y vit « toutes les fontaines muettes et sans une goutte d'eau, parce qu'on les raccomodoit ».
En 1684, 4 ans après la mort de son mari, Mme Fouquet donna les seigneuries de Vaux et de Melun à son fils, qui dès 1683, à court d'argent, avait vendu au roi des termes de marbre blanc attribués à Poussin (à Versailles), puis en 1699 « des statues antiques et modernes », 70 gros marronniers pour Trianon et quantité de grosses carpes pour les bassins de Marly.
En 1687, à 32 ans il avait épousé la fille de 14 ans de la célèbre madame Guyon, doctrinaire du quiétisme, qui vint vivre avec le couple à Vaux deux ans et demi.
Il semble avoir poursuivi dans les jardins certains travaux entrepris par son père ; de cette époque datent la plantation de l’avenue menant au château et celle de l’hémicycle d’entrée, du bosquet de la Patte d’Oie et d’une grande partie du parc.
En 1705, le second et dernier Fouquet détenteur de Vaux mourut à 48 ans, sans enfants, à Paris.


  

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Dernière édition par saintluc le Jeu 27 Oct - 06:16 (2016); édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer 26 Oct - 06:50 (2016)    Sujet du message: (77) SEINE-et-MARNE Répondre en citant

Le canal de l’Ourcq est un canal du Bassin parisien.
Avant de commencer à Mareuil-sur-Ourcq pour rejoindre le bassin de la Villette à Paris, la rivière l'Ourcq est canalisée et navigable depuis le « Port aux Perches » sur la commune de Silly-la-Poterie.
Avec le canal Saint-Denis, le bassin de la Villette et le canal Saint-Martin, il constitue le réseau des canaux parisiens, long de 130 km et qui appartient à la ville de Paris. Sa construction débute en 1802 et s'achève en 1825. Il fait l'objet par la suite de plusieurs remaniements notamment l'ajout de cinq écluses, d'une usine alimentant le canal en eau à Trilbardou et l'élargissement du gabarit sur les onze premiers kilomètres.
À l'origine, le canal a pour premier objectif d'alimenter Paris en eau potable ; aujourd'hui, son utilisation est réservée à la voirie. Jusque dans les années 1960, il est parcouru sur toute sa longueur par les flûtes d'Ourcq, péniches adaptées au petit gabarit de la plus grande partie du canal. Depuis 1962, seuls les onze premiers kilomètres, entre la bassin de la Villette et Aulnay-sous-Bois, exempts d'écluses, sont ouverts au trafic commercial : environ un million de tonnes sont transportées chaque année par des péniches dont le port en lourd ne peut excéder 400 tonnes. Au-delà, le canal, dont la profondeur est désormais de 80 cm, est dédié à la plaisance. Le canal de l'Ourcq est également utilisé depuis sa création pour alimenter en eau les canaux Saint-Martin et Saint-Denis. Depuis la fin des années 1990, les abords du canal situés dans l'agglomération parisienne sont réhabilités et aménagés pour en faire un axe vert ouvert aux activités de loisir tels que le cyclotourisme et la randonnée pédestre.


La rivière Ourcq prend sa source dans une prairie humide au sud de Courmont (Aisne) à quelques pas de l'autoroute A4 dans le département de l'Aisne.
À partir du petit village de Silly-la-Poterie, au lieu-dit Port-aux-Perches au bord de la forêt de Retz, commence la partie canalisée de la rivière. Cette petite rivière suit une large vallée et se jette dans la Marne, à Mary-sur-Marne, près de Lizy-sur-Ourcq, après un cours d'environ 87 km. Les travaux de canalisation ont détourné la rivière à partir de Mareuil. La majeure partie de son eau se dirige alors vers Paris par un canal en site propre, le canal de l'Ourcq proprement dit, d'une longueur de 96,6 km.
En entrant dans Paris le canal passe sous le pont levant de la rue de Crimée pour s'élargir dans la grande gare d'eau de la Villette. Il alimente alors le canal Saint-Martin et le canal Saint-Denis.
Les premiers travaux furent inspirés par les besoins de l'approvisionnement de la capitale en bois de chauffage et de construction tirés de la forêt de Retz, propriété sous l'Ancien Régime des familles de Valois et d'Orléans. Cette forêt fut un immense domaine de chasse mais surtout la source de revenus considérables. François de Valois, futur François Ier, réorganise la forêt pour y assouvir sa passion. Il crée la capitainerie des chasses de Villers-Cotterêts, fait percer les premières laies forestières, construire le château et capter les sources. C'est Léonard de Vinci qui aurait réalisé les premiers essais d'écluse à sas de France, sur la rivière de l'Ourcq. Après 1560 commence la canalisation de l'Ourcq, la construction de réservoirs dont les étangs de la Ramée et d'un système de flottage et d'écluses simples (des pertuis) permettant d'acheminer vers Paris les produits de la forêt. En 1661, les privilèges et péages de l'Ourcq sont attribués à Philippe d'Orléans, par Louis XIV, son frère. Cette mesure est à l'origine du « canal des Ducs », œuvre de Louis de Régemortes au xviiie siècle.

Lorsque Paris était encore Lutèce, les habitants de l'île de la Cité utilisaient l’eau fournie par la Seine. À l’époque gallo-romaine, lorsque la montagne Sainte-Geneviève fut habitée, la qualité de l’eau était médiocre et la population allait découvrir les thermes romains ou les bains publics en se romanisant.
Au ive siècle, on entreprit donc la construction de l'aqueduc d’Arcueil, attribué à l'empereur Julien. Il amenait aux thermes de Cluny les eaux de sources des coteaux de Rungis, de L'Haÿ, de Cachan et d'Arcueil par la voie romaine d’Orléans (actuelle rue Saint-Jacques). Il y avait aussi un second aqueduc qui longeait la Seine.
Après la chute de Rome, les aqueducs furent en grande partie détruits. Les Mérovingiens, autant que les Carolingiens, puisaient l’eau de Seine, les sources de Belleville et du Pré-Saint-Gervais. Cela pendant quatre siècles. Les abbayes de Saint-Laurent et de Saint-Martin-des-Champs firent dériver les eaux des Prés Saint-Gervais venant des hauteurs de Romainville et de Ménilmontant. Les religieux établirent auprès de leur couvent des fontaines.
Philippe-Auguste, en établissant les Halles de Paris, y fit arriver l'eau des Prés Saint-Gervais pour la distribuer dans deux fontaines, dont l'une était celle des Innocents. Elle était d'abord placée à l'angle des rues aux Fers et Saint-Denis et adossée à l'église des Saints-Innocents. Elle fut reconstruite au milieu du marché en 1786 puis placée au milieu du square des Innocents.
Au début du xviie siècle, on construisit la pompe de La Samaritaine et on ordonna les travaux du nouvel aqueduc d'Arcueil.
Un grand nombre de nouvelles fontaines sont dues à Louis XIV mais globalement, malgré quelques travaux sous le Roi Soleil, le début du xviiie siècle ne fut marqué par aucune amélioration notable sur le volume d'eau par tête d'habitant : la ville grandissait et le débit était même inférieur à celui du xiiie siècle ! Pierre-Paul Riquet, baron de Bonrepos et ingénieur du canal du Midi, proposa déjà d'amener l'Ourcq à Paris par un canal navigable, jusqu'à l'actuelle place de la Nation. Sa mort en 1680 et la disgrâce de son protecteur Colbert firent avorter ce projet au demeurant fort coûteux.
Devant une telle situation, les milieux éclairés, Voltaire et Beaumarchais en tête, se mirent au travail. Le mathématicien Antoine Deparcieux proposa en 1762 de capter les eaux de l'Yvette, ce qui aurait donné 40 000 m3 supplémentaires d'eau potable et permis de nettoyer les rues et les quelques égouts qui en avaient bien besoin. Louis XV approuva le projet qui n'eut aucune suite.


Au cours de cette même période, en 1749, le duc d'Orléans confia à l'ingénieur Louis de Régemortes la mission de moderniser les ouvrages de navigation de l'Ourcq. C'est ainsi que l'ingénieur dota la rivière de véritables écluses à sas en remplacement des pertuis et des bassins à portes marinières qui l'équipaient depuis l'origine. Ces travaux s'achevèrent vers 1756 avec la construction d'une grande écluse dans le parc du château de Lizy-sur-Ourcq, sur une dérivation artificielle de l'Ourcq.
En 1782, Nicolas Defer de la Nouere proposa de détourner les eaux de la Bièvre ce qui avait le mérite de diminuer le devis de Deparcieux. Louis XVI appuya le projet, les travaux commencèrent en 1788 et furent immédiatement interrompus par l'action des puissantes corporations, mégissiers, tanneurs et teinturiers qui bordaient la Bièvre et voyaient déjà la rivière à sec.
Dès la fin du xviiie siècle, l'idée de Riquet fut reprise notamment par Jean-Pierre Brullée qui proposa la dérivation de la Beuvronne, un affluent de l'Ourcq, projet repris par l'académicien-abbé Charles Bossut et Solages qui avaient racheté les droits.
Ces projets furent interrompus lors de la Révolution. Néanmoins, le droit au travail devint, dès 1789, une préoccupation des constituants. Ainsi, selon le politiste Pierre Rosanvallon, « moins de deux mois après la prise de la Bastille, les pouvoirs publics » organisent de grands travaux, dont « la canalisation de l'Ourcq, enlèvement d'immondices sur les bords de la Seine, travaux divers d'aménagement des faubourgs, etc. »


L'historien Georges Poisson raconte qu'en 1801 un projet à la fois utilitaire et architectural allait naître :
« Chaptal, dans ses mémoires, a essayé de s'en attribuer la conception. Il raconte que, un jour de 1801, se promenant dans les jardins de Malmaison avec Bonaparte, celui-ci lui déclara : "J'ai l'intention de faire de Paris la plus belle capitale du monde... Je veux faire quelque chose de grand et d'utile pour Paris. Quelles seraient vos idées à ce sujet ? — Donnez-lui de l'eau. — Bah, de l'eau ! Plusieurs fontaines et un grand fleuve coulent dans Paris. — Il est vrai que des fontaines et un grand fleuve coulent dans Paris, mais il n'est pas moins vrai que l'eau s'y vend à la bouteille et que c'est un impôt énorme que paie le peuple, car il faut une voie d'eau par personne et par ménage, ce qui, à 25 sous la voie, fait plus de 36 francs par an, et vous n'avez aujourd'hui ni fontaines publiques ni abreuvoirs, ni moyen de laver les rues. — Quels seraient vos moyens pour donner de l'eau à Paris ? — Je vous en proposerai deux. Le premier serait de construire trois pompes à feu... Le second projet consisterait à amener la rivière Ourcq à Paris : cette rivière qui est à 22 lieues, verse ses eaux dans la Marne ; la Marne se vide dans la Seine ; de sorte que l'Ourcq peut être aisément amené au haut de la Villette, d'où ses eaux se répandraient dans Paris. — J'adopte ce dernier projet, envoyez chercher M. Gauthey, et dites-lui de placer demain 500 hommes pour creuser le canal."
(Émiland Gauthey avait déjà montré avec brio son savoir-faire en matière de canaux en construisant, de 1783 à 1793, le canal du Centre)
« Les choses n'allèrent pas tout à fait aussi vite, continue Chaptal, mais, le lendemain, Gauthey reçut l'ordre de se rendre sur les lieux et de parcourir la ligne pour faire un rapport. À son retour, le rapport fut approuvé et l'exécution ordonnée. On en estima approximativement la dépense à 12 ou 15 millions. »
« Il est bien certain que Chaptal, entraîné par son animosité contre Bonaparte, a voulu dans ce passage, se donner le beau rôle : il l'a fait avec une maladresse naïve. Comment supposer que le Premier Consul, avec la clarté d'esprit qu'on lui connaît, ait pu, sur le simple énoncé d'un projet, en ordonner immédiatement l'exécution, sans se soucier des expropriations, sans savoir si les plans étaient prêts et à combien s'élèverait la dépense. Mais l'idée lui plut, il la mûrit et en mai 1802, une loi décida de capter les eaux de l'Ourcq et de les amener à Paris. »


Une fois le décret du 29 floréal an X (19 mai 1802) promulgué, les études pour le tracé du canal débutèrent rapidement : la première pierre est posée le 23 septembre. Le financement est pris sur le produit de l’octroi, complété par une taxe sur les vins. Le décret ordonne l'ouverture d'un canal de dérivation de la rivière de l'Ourcq, vers un bassin de la ville, situé près du village de la Villette, et l'ouverture d'un canal qui part de la Seine (au-dessus du bassin de l'Arsenal) et rejoint les bassins de partage de la Villette. Il passe par Saint-Denis, la vallée de Montmorency, et rejoint la rivière d'Oise près de Pontoise.
Bonaparte, qui avait le choix parmi de grands ingénieurs du corps des Ponts et Chaussées, nomma à la tête des travaux Pierre-Simon Girard, l'un des 160 savants qui l'avaient accompagné lors de la campagne d'Égypte de 1798. Cette nomination, purement politique, sera certainement à l'origine des incessantes querelles techniques dont l'ingénieur sera l'objet.
Le projet initial est soumis en janvier 1804. Il comporte la grande originalité de concevoir un canal à la fois navigable, et donc avec une vitesse de flux lente, et d'eau potable, pour lequel il faut absolument éviter les eaux stagnantes (tels dans les biefs d'écluses). Sa troisième fonction consiste à alimenter les canaux Saint-Martin et Saint-Denis, conçus en même temps dans le but d'éviter aux bateaux la dangereuse traversée de Paris par la Seine au courant vif et pas encore régularisée par les barrages qui seront construits au cours de la seconde moitié du xixe siècle. Girard répond à ces trois contraintes antinomiques par des études de modélisation montrant l'intérêt d'une pente variable. Cette idée est combattue par les autres membres des Ponts et Chaussées, en particulier par son directeur, Gaspard de Prony, mais les travaux ayant déjà commencé, un plan à deux pentes est retenu.
Dès l’ouverture du Canal de l’Ourcq, pendant l’hiver de 1804, il se manifeste des glissements de terrain considérables dans les talus de la tranchée des bois de Saint-Denis. Girard donnera par la suite (Mémoire sur le Canal de l’Ourcq... , impr. Carilian-Gœury, 1831-1845) la description et l’explication de ces glissements, ainsi que le détails des moyens qu’il avait employés pour les réparer.


Les multiples querelles font que Girard sera évincé à la Restauration.
Pour les travaux des canaux Saint-Denis et Saint-Martin, le choix se porte sur René-Édouard de Villiers du Terrage.
Dans un premier temps, le canal est creusé en direction de la Beuvronne vers Claye-Souilly, il connaît plusieurs éboulements dans la tranchée du bois Saint-Denis vers Tremblay-en-France.
Après une mise en eaux du bassin de la Villette le 2 décembre 1808, le 15 août 1809 les eaux de la Beuvronne coulent à la fontaine des Innocents à Paris, puis le 15 août 1813, le premier bateau part de Claye-Souilly et arrive à la Villette.
Les travaux ayant été un temps stoppés à la chute de l'Empire, le gouvernement de la Restauration va confier la concession du canal en 1818 à la Compagnie Vassal et Saint-Didier. Celle-ci doit terminer les travaux, entretenir et exploiter le canal pendant 99 ans. En contrepartie, elle recevra les péages et les revenus, tandis que la Ville de Paris se charge de l’achat des terrains et verse une somme de 7 500 000 francs de l'époque pour financer les travaux d'investissement.
C'est au cours de cette période que l'on s'aperçoit que la pente du canal est trop importante et le courant trop vif. L'ingénieur Émile Vuigner place alors sur son parcours cinq écluses à faible chute (autour de 50 cm) couplées chacune à un déversoir. Ses écluses sont constituées de deux sas jumeaux auxquels il donne un gabarit très bizarre : 58 m de long sur 3,20 m de large. Les grands bateaux dits marnois ne peuvent plus emprunter le canal, et un type nouveau de bateau, la « flûte d'Ourcq », de 28 m sur 3 et amphidrome, sera mis en chantier.
Le canal Saint-Denis est ouvert à la navigation le 13 mai 1821, ce n’est qu’à la fin 1822 que la navigation est ouverte de Saint-Denis à Mareuil-sur-Ourcq, tandis qu’au-delà, l’Ourcq canalisée depuis le xvie siècle, et remanié par Régemortes puis par Girard reste en service. Les premiers bateaux venant de La Ferté-Milon arrivent au bassin de la Villette. Enfin, les premiers bateaux venant de Mareuil-sur-Ourcq entrent sur le canal Saint-Martin le 4 novembre 1825.
Un service de bateaux-poste a été institué en 1838. Il permettait de relier le bassin de la Villette et Meaux en trois heures, dans des conditions de confort bien supérieures à la diligence ou au chemin de fer, qui sera mis en service le 5 juillet 1849. Ce dernier, plus rapide, scellera le destin de cette liaison fluviale. La gare de Meaux et le débarcadère auraient été voisins, de part et d'autre de la route départementale 603, si le service fluvial avait survécu.
Le réseau des canaux de Paris est achevé après vingt-trois ans de travaux.
En 1866, un décret impérial est pris, autorisant le pompage dans la Marne pour parfaire le débit du canal de l’Ourcq en période d’étiage. On entreprend alors la construction de l'usine élévatoire de Trilbardou qui sera équipée entre autres de pompes et moteur hydraulique Sagebien et l'usine élévatoire de Villers-lès-Rigault, à Isles-lès-Meldeuses, avec une machine à roues turbines de Louis Dominique Girard.
À la fin du xixe siècle, la Villette, et ses deux bassins, est devenue l'un des principaux quartiers industriels de Paris. Le port permet l'arrivage de denrées alimentaires et de matières premières venant de différentes régions du monde. Il est alors un des principaux ports français.

Voir la suite: Canal de l'Ourcq — Wikipédia 

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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 06:17 (2016)    Sujet du message: (77) SEINE-et-MARNE Répondre en citant

Barbizon est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France.
Ses habitants sont appelés les Barbizonnais.
Barbizon est un des endroits mythiques de la peinture pré-impressionniste en France. Dès 1830, ce qui est encore un hameau de bûcherons accueillera en effet à l'auberge Ganne, tous les peintres qui viennent chercher l'inspiration auprès de la nature intacte. Plus tard, ils partagent leurs séjours entre Barbizon et Chailly-en-Bière, trouvant leurs sujets dans la campagne ou la forêt de Fontainebleau toute proche, peignant sur le motif.
Barbitio est mentionné en 808 dans un document de Charlemagne. La commune est mentionnée en 1222 sous le nom de Barbuison et en 1392 sous le nom de Barbiron. La commune est indépendante depuis le 20 novembre 1903, après la séparation d'avec Chailly-en-Bière.


Dès les années 1850, des étrangers de l’Europe entière, de Russie, des États-Unis, inscrits dans les ateliers parisiens, vont se joindre à leurs camarades français pour venir à Barbizon, à partir du printemps.
En 1867, l’hôtel Siron (actuel Bas-Bréau), appelé aussi de « l’exposition », car l’aubergiste a l’idée d’ouvrir une salle d’exposition pour les œuvres des artistes de passage, accueille une nouvelle clientèle de peintres et aussi d’écrivains, souvent étrangers, comme Robert Louis Stevenson par exemple, qui vont essaimer jusqu’à la fin du siècle à Marlotte, Grez-sur-Loing ou Moret-sur-Loing.
Ainsi, très tôt, le nom de Barbizon fut connu, plusieurs articles de L'Illustration eurent comme sujet des reportages sur l’auberge Ganne et ses décors peints par les artistes.
Les artistes étrangers revenant dans leurs pays furent les meilleurs propagandistes de la vie à Barbizon, comme Ludwig Knaus et Albert Brendel en Allemagne, William Morris Hunt aux États-Unis, Jozef Israëls et Willem Roelofs aux Pays-Bas etc. Après 1875, les Français du noyau d’origine composé de Jean-Baptiste Camille Corot, Charles-François Daubigny, Alexandre-Gabriel Decamps, Narcisse Díaz de la Peña, Jules Dupré, Charles Jacque, Jean-François Millet, Théodore Rousseau, Constant Troyon disparurent. Mais, depuis 1863, la jeune génération de Claude Monet, Auguste Renoir et Alfred Sisley avait fait le pèlerinage en forêt de Fontainebleau, sur les pas des anciens, ceux de l’École de Barbizon, pour prendre la relève et créer une nouvelle vision de la nature. Ce n’est qu’en 1890 que le nom d’École de Barbizon fut attribué au groupe des anciens, à la suite de la parution à Londres du livre de David Croal Thomson, intitulé The Barbizon school of painters.
Il n’y avait alors plus beaucoup de peintres à Barbizon, mais plutôt des écrivains, des philosophes, des chanteurs et des comédiens : Jean Galtier-Boissière, Gabriel Séailles… Les hôtels et les restaurants s’étaient multipliés par dix et les touristes affluaient, un petit train les amenant directement à Barbizon depuis Melun. Chailly-en-Bière est jusque-là le seul bourg important, il possède une mairie, une paroisse, un cimetière et tous les commerces utiles à la vie des mille habitants qu'il compte. Barbizon n'est qu'un hameau où loge une population pauvre de moins de 300 habitants, de journaliers et de bûcherons pour la plupart. C'est à Chailly-en-Bière que s'arrête la diligence à l'auberge du Cheval Blanc, qui est le relais de poste. Les visiteurs de la forêt de Fontainebleau vont donc naturellement s'arrêter à Chailly-en-Bière ou à Fontainebleau car ils pourront y être nourris et logés

À partir des années 1850, le chemin de fer permet d'accéder à Melun ou Fontainebleau encore plus rapidement, même s'il restait encore une dizaine de kilomètres à faire à pied pour arriver sur les lieux, avant qu'à la fin du xixe siècle un petit train ne soit créé de Melun à Barbizon. Ainsi, Barbizon supplante peu à peu Chailly, d'abord par l'affluence des visiteurs, mais aussi par la qualité de cette société cosmopolite de peintres, d'écrivains et de musiciens. Et pourtant, cent ans plus tard, malgré le renom international donné à Barbizon par ses peintres, l'église au fond du tableau le plus célèbre de Jean-François Millet est celle de Chailly ; le père Chicoré, célèbre berger, immortalisé par Jean-Ferdinand Chaigneau, demeurait à Chailly-en-Bière. Barbizon conserve toujours le « chemin de messe » qui conduisait les Barbizonnais à Chailly, et enfin reposent côte à côte dans le cimetière de Chailly, les deux grands amis qui ont donné sa célébrité à Barbizon, Jean-François Millet et Théodore Rousseau.
Cependant, le hameau de Barbizon va se transformer ; de nombreux hôtels s'ouvrent et des villégiatures à louer ou à acheter sont construites, tandis que Chailly reste une bourgade rurale, concentre tous les commerces et profite de l'apport des visiteurs de Barbizon. Barbizon se considère alors, comme la « vache à lait » de Chailly. La séparation administrative était devenue inéluctable, c’est la fin du vieux Barbizon des peintres, le hameau de Barbizon devient commune, à part entière, en 1903

 

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MessagePosté le: Ven 28 Oct - 06:33 (2016)    Sujet du message: (77) SEINE-et-MARNE Répondre en citant

Melun est une commune située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France. Elle est le siège de la préfecture et la troisième ville la plus peuplée du département après Meaux et Chelles.
Ses habitants sont appelés les Melunais(es) (plus rarement Melunois ou Melodunois).
Melun est située à 41 km au sud-est de Paris, dans un méandre de la Seine, entre la Brie et le Gâtinais.
La ville est irriguée et drainée par la Seine et son affluent l'Almont.
Elle a déjà subi plusieurs grandes crues dont la crue de la Seine de 1910 (le niveau de la Seine avait alors atteint 6,10 m à Melun qui fait partie des zones les plus à risques d'inondation en cas de crue centennale de la Seine).


Melodunum est une ville dont la première trace écrite, "id est oppidum Senonum in insula Sequanae positum, ut paulo ante de Lutecia diximus." « C'est une ville des Sénons, située, comme nous l'avons dit de Lutèce, dans une île de la Seine. », dans les "Commentaires sur la Guerre des Gaules" de Jules César (B.G., VII, 58), remonte à l'époque gauloise, dès 52 av. J.-C..
Meleum (vers 1222) ; Melihum (1289) ; Meleuum (1388) ; Mellung (1569)
Des armes, des instruments de pierre qui ont été trouvés dans la ville et dans les environs permettent de penser qu'il est probable que Melun fut le siège d'une agglomération de population dans les temps les plus anciens. La situation de l'île qui rendait la défense si facile et la proximité des forêts devait en faire un endroit recherché.
La ville faisait partie du pays des Sénons, elle était enfermée dans l'île Saint-Étienne et reliée aux rives par deux ponts. C'était une importante place forte gauloise qui fut toutefois prise facilement et saccagée, malgré la destruction des ponts, par Labiénus en 53 av. J.-C. lors de son expédition contre Lutèce, les défenseurs étant accourus au secours de Lutèce.
Durant la période gallo-romaine la ville s'étend sur la rive gauche. On a retrouvé un grand nombre de poteries, armes, statues, permettant de découvrir l'emplacement que la ville occupait et de reconnaitre les monuments qui s'y élevaient tels qu'un temple dédié à Mercure, un amphithéâtre, des thermes, un cimetière. Sur la table de Peutinger, elle est mentionnée sous le nom Meteglo.
Saint Pérotin et saint Aspais prêchent l'Évangile à Melun dès le iiie siècle. Son nom moderne date du vie siècle (latin Metlosedum). Durant les Grandes invasions, la partie gallo-romaine de la ville est abandonnée. Un castrum de défense est aménagé sur l'île Saint-Étienne au ive siècle ou ve siècle. L'île est clôturée par un mur construit en pierre de petit appareil et de brique sur des fondations constituées de blocs de grand appareil en pierres de réemploi issus des monuments de l'agglomération du Haut Empire.
Le calme revenu, Clovis aurait, selon la légende, donné Melun à son favori Aurélien, qui avait réussi la négociation pour son mariage avec Clotilde. La ville connaît alors un renouveau. Après la mort de Clovis, Melun échut en partage à Childebert Ier, roi de Paris. C'est à cette époque qu'Aspais vient continuer la christianisation de Melun et de sa région. Après avoir appartenu au royaume de Paris sous Clotaire Ier, Melun eut pour roi Caribert Ier puis à son décès Gontran roi de Bourgogne. On ne sait pas grand-chose de l'histoire de Melun durant la période des rois fainéants si ce n'est que la ville eut beaucoup à souffrir des luttes fratricides entre les enfants de Clotaire. Elle fut assiégée par Chilpéric et fut traversée de nombreuses fois par les troupes des belligérants.


Sous le règne de l'empereur Charlemagne le calme revient, mais à sa mort la ville subit de nouveau la guerre civile entre les successeurs de l'Empereur puis les ravages des Normands. La richesse de la ville fera revenir les Normands plusieurs fois. Leurs raids touchent cruellement la ville, en particulier en 845 et en 886. En 845, vaillamment défendue par le comte Odon et Gérard de Roussillon, l'île, dernier refuge de la population tombe sous les coups des Normands. La ville est totalement saccagée et la ville gallo-romaine construite dans la plaine de La Varenne est incendiée et détruite de fond en comble. Les édifices religieux de l'île et de l'abbaye de Saint-Père subissent le même sort. En 861 les Normands pillent Meaux, Melun et toute la région. En 886, furieux d'avoir échoué devant Paris ils ravagent la ville. En 909 une nouvelle bande ravage totalement la ville et la contrée.
Hugues Capet donne la ville et le comté de Melun à Bouchard le Vénérable, comte de Vendôme, entre 973 et 979 à l'occasion du mariage de ce dernier avec Élisabeth Le Riche (comtesse de Corbeil par son premier mariage). En 991, Eudes Ier, comte de Blois, prend Melun en soudoyant le châtelain et les milites (chevaliers) du château. S'ensuit une coalition entre Hugues Capet, Foulque Nerra comte d'Anjou gendre de Bouchard, et Richard Ier duc de Normandie : Melun est reprise après plusieurs mois de siège et Eudes vaincu. Une fois la ville prise, le roi fait réparer les dégâts causés à la ville qui prend de l'extension sur la rive droite. L'église Saint-Aspais est construite, l'abbaye de Saint-Père est rétablie et le bourg Saint-Aspais s'étend,. On y construit également les églises Saint-Liesne et Saint-Barthélemy, qui ont aujourd'hui disparu. Les premiers rois capétiens résident souvent à Melun tandis que Melun se dote d'un château fort en pierre situé sur la pointe de l'île Saint-Étienne (celui-ci disparaîtra définitivement vers 1833). À la mort en 1016 du fils de Bouchard Ier, Renaud de Vendôme , la ville de Melun est rattachée au domaine royal français. Melun sera durant 300 ans le lieu de séjour ordinaire des rois, des princes et des seigneurs. Henri Ier de France en fait sa demeure de prédilection. La ville est par la suite désolée par la peste et la famine. Du fait de sa position stratégique, la ville contrôle le trafic routier et fluvial en amont de Paris, vers Troyes, Sens, Auxerre, la Bourgogne et l'Italie. Elle occupe donc une place stratégique jusqu'au rattachement de la Champagne au domaine royale en 1285.


Robert II, roi de France décède en 1031 dans le château de Melun ; sa veuve Constance d'Arles, y meurt en 1032, et leur fils Henri en fait sa demeure principale.
Deux hôtels-Dieu sont fondés à Melun. La date de ces fondations est mal connue. L'Hôtel-Dieu Saint-Jacques, sur la rive droite, est mentionné pour la première fois en 1162 et l'Hôtel-Dieu Saint-Nicolas, sur l'île Saint-Étienne, est mentionné en 1229.
Quand Abélard est chassé de Paris en 1102, c'est à Melun qu'il vient poursuivre son enseignement. Le roi de France Philippe Ier demeure et meurt au château de Melun le 30 juillet 1108. Son fils Louis le Gros et son petit-fils Louis VII y résident également. Sous le règne de ce dernier la ville croît rapidement et en 1178 une charte est accordée aux habitants contre les exactions des officiers royaux donnant ainsi au commerce et à l'industrie plus de sécurité. La cité est également un centre intellectuel renommé grâce au écoles de Saint-Père et d'Abailard.
Philippe Auguste naît le 21 août 1165 soit à Melun, soit au château du Jard (domaine de sa mère) ou encore à Gonesse ; on sait par contre qu'il demeure de temps en temps dans la ville accordant aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui y séjournaient déjà, une maison, des champs et des vignes qui leur permirent de construire un établissement important.
Les trois quartiers de la ville sont fortifiés au début du xiiie siècle : Saint-Aspais au nord, l'île Saint-Étienne au centre et Saint-Ambroise au sud. Le mur est percé de sept portes à tourelles (trois sur la rive sud, quatre sur la rive droite). L'île est protégée par deux portes dans l'axe de la Grande rue (actuelle rue Saint-Étienne).
Situé au cœur des terres céréalières de la Brie et du Gâtinais, Melun est le port d'où partent les chargements en blé vers Paris. De nombreux moulins sont ainsi implantés sur la Seine et sur l'Almont.
Louis VIII et Louis IX passent régulièrement à Melun mais n'y séjournent pas. La reine de France Blanche de Castille, épouse de Louis VIII le Lion et mère de Louis IX, qui se plaisait beaucoup à Melun y meurt le 27 novembre 1252. En 1255, la ville fut le lieu de réjouissance des noces de Thibaut V de Champagne avec Isabelle la fille de Louis IX de France.
Philippe le Bel reconnait aux habitants le droit de faire pâturer leurs animaux en forêt de Bière, contre une redevance au profit du roi. Philippe de Valois y célèbre les noces de son fils ainé, Jean, duc de Normandie avec Bonne de Luxembourg, la fille du roi de Bohême Jean Ier de Luxembourg.
Au Moyen Âge, Melun est le siège d'une châtellenie. Durant la guerre de Cent Ans, et en particulier après la chevauchée d'Édouard III en 1346 et la bataille de Crécy, la ville doit supporter des levées d'hommes et d'impôts importantes. À la mort de Philippe VI sa veuve Blanche de Navarre, vient se fixer dans la ville comme douairière du comté de Melun. Sous le règne de Jean le Bon, la ville fut de nouveau accablée d'impôts que les Melunais refusèrent de payer. Ils réclamèrent des fortifications plus sûres et obtinrent satisfaction et restèrent fidèles au roi de France et au régent Charles. La ville fut prise, en 1358, par Charles le Mauvais grâce à la complicité de sa sœur Blanche de Navarre. Le roi de Navarre fait alors de la ville son quartier général contre le régent. Toutefois certains quartiers ne sont pas pris par les Navarrais tel le quartier Saint-Aspais. Les troupes de Charles le Mauvais enfermées dans l'île Saint-Étienne s'opposaient au passage des denrées devant approvisionner Paris, ou bien soumettaient les marchandises à des droits et taxes exorbitants. Charles fit alors monter des troupes sur des bateaux pour protéger le passage des marchands. Les débris d'armes, datant de cette époque, trouvés dans le fleuve vis-à-vis du château laissent à penser que des luttes assez vives devaient se produire à chaque passage.


En 1359, le dauphin Charles se décide à délivrer Melun17 et se dirige sur la ville avec Bertrand du Guesclin, 3 000 hommes et deux canons. Un assaut général est donné qui n'amène à aucun résultat. Le traité de Pontoise, le 21 août 1359, mettra fin au siège et la ville reviendra dans le royaume de France. Le régent fit aussitôt renforcer les fortifications de la ville et du château et les pourvut d'artillerie. Il fit de Melun sa résidence favorite et il allait chasser régulièrement dans la forêt de Bière. Charles « conservait dans son château de Melun des économies du Trésor royal; des lingots d'or et d'argent et des joyaux d'une valeur de dix huit millions qu'il avait fait cacher dans les murailles. Il y avait aussi réuni les objets précieux qui étaient comme un apanage mobilier de la couronne, diamants, annels, bagues enrichies de pierres précieuses, bijoux, orfèvreries, fermaux, camaïeux, croix niellées enrichies d'émaux et de pierreries, bibles richements reliées et enluminées »
Louis Ier d'Anjou, duc d'Anjou, s'empara de ce trésor pendant le sacre du jeune nouveau roi à Reims. De nouvelles taxes et la révolte des Maillotins furent la conséquence de ce vol. Charles VI qui n'était qu'un enfant à la mort de son père résida à Melun où les fêtes et les parties de chasses se succédèrent. Par lettres patentes du 5 juin 1404, il donna à sa femme Isabeau de Bavière la ville et la châtellenie de Melun avec leurs dépendances. La reine et son beau-frère le duc d'Orléans y résidèrent avec une cour nombreuse et brillante. En 1404, le couvent des Carmes est fondé dans le quartier du Vieux Marché (site de l'actuel tribunal administratif) grâce au soutien de la reine. Après l'assassinat de Louis Ier d'Orléans en 1407, la reine y revint seule fuyant la guerre civile qui ensanglantait Paris.
Après avoir tenté de reprendre Paris en 1418, le dauphin se rapproche du duc de Bourgogne par une première entrevue près de Pouilly-le-Fort mais à la seconde, à Montereau, le meurtre du duc de Bourgogne par Tanneguy III du Chastel amena la reprise de la guerre. Philippe fils du défunt se tourna alors vers les Anglais et Isabeau de Bavière, par haine de son propre fils, lui fait signer, en 1420, le traité de Troyes, car Charles VI du fait de sa maladie ne dirige plus directement le pays. Sans perdre de temps le roi d'Angleterre, Henri V, qui vient d'épouser Catherine de Valois l'une des filles du roi de France s'empare de Sens, Montereau et vient mettre le siège devant Melun défendu par Arnault Guilhem de Barbazan qui avait été injustement accusé de complicité dans le crime de Montereau. La ville, défendue par une garnison de 600 à 700 hommes, tint tête durant cinq mois aux troupes anglaises et bourguignonnes avec leur tête le roi Henri V et le duc Philippe. Attendant toujours du secours du Dauphin les habitants montrèrent un grand courage en résistant avec acharnement et un patriotisme exacerbé. Ils durent se nourrir de chevaux puis de rats et de souris. Lorsque l'argent manqua, les plus nobles bourgeois s'engagèrent à fournir la solde des gens de guerre. La perte de tout espoir d'être secourus ainsi que la famine causa finalement la chute de la ville. La ville en tire d'ailleurs sa devise : Fida muris usque ad mures (en français : Fidèle aux murs jusqu'à manger des rats). Ils durent se rendre aux Anglais qui leur imposèrent les plus dures conditions; des otages furent livrés, un grand nombre d'habitants emmenés prisonniers, Barbazan soumis à la torture et enfermé à Château-Gaillard d'où il ne sortit qu'en 1429.
Les Anglais demeurèrent maitres de Melun jusqu'en 1430, date à laquelle la ville se libéra elle-même, profitant de ce que la garnison anglaise avait été affaiblie momentanément. Elle fut toutefois reprise par les Anglais en 1432 pour n'être définitivement libérée qu'en 1435. Elle eut ensuite à souffrir des allées et venues des diverses troupes royales et des routiers.


La guerre de Cent Ans terminée, la ville reconstruit ses édifices dont l'église Saint-Aspais. Charles VIII institua sept foires qui ne prirent jamais beaucoup d'importance.
Louis XII fait procéder à la rédaction de la coutume melunaise. À la fin de son règne Jacques Amyot nait à Melun. François Ier qui faisait reconstruire Fontainebleau, passe régulièrement à Melun, s'y arrêtant pour boire l'eau de la fontaine Saint-Liesne à laquelle on attribuait la vertu de guérir la fièvre.
Durant les guerres de religion, la ville, essentiellement papiste, souffrit tout de même de troubles. En 1562 la ville fut touchée par la peste, 1564 à la suite d'un terrible hiver, la population en est réduite à manger du pain d'avoine. Puis la ville est touchée, en 1578 par une épidémie de dysenterie, l'année suivante par une crue de la Seine, en 1580 de nouveau par la peste et en 1581 et 1586 par la famine. En 1588 les ligueurs, maitre du quartier Saint-Aspais, engagent le combat avec le sire de Rostaing qui défendait l'île Saint-Étienne. Obligés de fuir devant l'arrivée du roi de France, les ligueurs s'emparèrent de la ville l'année suivante. Les ligueurs renforcent les fortifications de la ville. À cette époque la ville de Melun est administrée par un maire et des syndics élus par les habitants. Henri III accorde à la communauté le droit de percevoir, temporairement, un droit sur le sel vendu au grenier à sel de Melun et sur le vin passant sous les ponts. En 1590, Henri de Navarre, vainqueur à Arques et Ivry, met le siège devant Paris. Afin d'isoler la capitale, il soumet les régions de Brie-Comte-Robert et Lagny-sur-Marne, puis de Montereau et de Moret-sur-Loing avant de mettre le siège, début avril, devant Melun. L'artillerie royale ayant eu facilement raison des murailles du quartier Saint-Aspais l'assaut fut livré et pendant plusieurs jours le quartier fut pillé et saccagé. Le quartier Saint-Étienne qui résistait encore, se rendit quelques jours plus tard. Après la prise de la ville Henri IV y vint plusieurs fois durant le siège de Paris. En septembre, les troupes du duc de Mayenne et duc de Parme venant au secours des ligueurs enfermés dans Paris sont signalées dans la Brie obligeant Melun à se mettre en état de défense. Afin de mieux résister, toutes les constructions, couvents, églises et habitations qui se trouvaient en dehors des fortifications furent détruits afin que l'ennemi ne puissent les utiliser et s'y abriter. Mais les troupes de la Ligue passèrent au large afin de faire lever le siège de Paris au plus vite. La paix revenue, Henri IV fait faire d'importants travaux aux fortifications de Melun. Le 27 août 1593, le roi faillit être assassiné à Melun par Pierre Barrière, un batelier orléanais. Ce dernier, qui ne put mettre à exécution son projet, fut roué et brulé sur la place du Martroy. En 1594, Dantan, geôlier du Petit Châtelet, qui avait participé à différents crimes est pendu et brulé sur cette même place.
À la suite de plusieurs hivers rudes, à partir de 1595, le blé devient très cher et la disette s'installe pendant plusieurs années. La peste sévit en 1624, 1626, 1627 et 1628.


Les travaux de fortification, commencés sous Henri IV, continuent sous le règne de Louis XIII. Sont érigés des bastions, éperons et forts, notamment sur les principaux points de passage. Une citadelle est bâtie sur la colline de Vaux-le-Pénil. Le démantèlement de ces fortifications commencent toutefois dès la moitié du xviie siècle. La citadelle de Vaux-le-Pénil est détruite dès 1615. La place Saint-Jean est créée en 1737 à l'emplacement de la porte du même nom. Les boulevards sont aménagés à l'emplacement des fortifications et de leurs fossés9. Bien que les plans du boulevard Victor-Hugo soient dressés dès 1737, le boulevard n'est aménagé que dans la deuxième partie du xviiie siècle. Un lotissement est dessinée à la fin du xviiie siècle sur le terrain de la porte des Carmes et de ses fossés. Le château, abandonné par les rois et utilisé comme prison et lieu de garnison, est délaissé au xviie siècle. Utilisé comme carrière de pierres pour la construction des établissements religieux, il est presque entièrement démantelé. Au milieu du xviiie siècle, ses fossés sont remblayés et ses fortifications démolies pour permettre l'aménagement du port.
La Contre-Réforme marque l'urbanisme de la ville au xviie siècle. Plusieurs couvents sont alors fondés dans la ville : Récollets en 1606, Capucins en 1606, Visitandines en 1635, Ursulines en 1642.
Durant la Fronde, les Melunais furent de nouveau très taxés par le roi, mais ils ne prirent pas parti contre lui. En 1652, la cour vint passer un mois à Melun lorsque les Frondeurs étaient maîtres de Paris. Toutefois les Melunais étaient dans une misère extrême malgré l'animation apportée. En effet, les paysans sans cesse pillés et maltraités par des bandes qui parcouraient la campagne, étaient venus se réfugier en grand nombre dans la ville y amenant leurs animaux, leurs charrettes et abritant le tout comme ils pouvaient. Des bandes de mendiants parcouraient les rues et les hôpitaux étaient encombrés et les malades abandonnés dans les rues. Cette misère profonde décida la cour à abandonner la ville pour aller à Lagny.
La ville obtint le départ des troupes qui avaient été laissées dans les faubourgs mais la peste redoubla et fit des ravages dans toutes les classes de la société. Le gouverneur lui-même en mourut. Dans la seule paroisse de Saint-Aspais, 485 personnes périrent de cette maladie en 1652 - le nombre habituel de décès était de 80 à 90 par an. La Fronde vaincue, le calme se rétablit mais la prospérité de la ville ne fut guère grande, sans commerce important mais devant toujours subvenir aux besoins des nombreux gens de guerre8. Le 17 août 1661, Louis XIV traverse Melun pour se rendre à la fête que Nicolas Fouquet lui offre si maladroitement dans sa magnifique résidence de Vaux-le-Vicomte et qui causera sa perte. Mais tout ce luxe ne faisait que ressortir la misère noire du peuple pendant le règne de Louis XIV. La ville devait payer pour des troupes qu'elle ne logeait plus et qu'on avait envoyées aux frontières, loger les soldats de passage, entretenir les milices locales, acquitter les tailles et les taxes locales pour la reconstruction des monuments. En 1675, la ville dut subvenir pendant cinq mois à l'entretien de 14 compagnies du régiment d'infanterie de Bourgogne au moyen d'une contribution journalière de 100 sols par compagnie. Il passa en une seule année 40 000 hommes de troupe à Melun. En 1694, les taxes demandées à la ville s'élevaient à 24 000 livres. À cette époque les routes étaient peu sûres et en très mauvais état comme l'écrit Jean Racine dans la lettre à son fils au retour du voyage depuis Melun, le 8 novembre 1698, pour assister à la prise de voile de sa fille Anne chez les Ursulines. L'hiver 1709 détruisit tous les arbres fruitiers, les blés et la misère devint effroyable. Le blé qui se vendait habituellement six à sept livres le setier passa à 35 livres.
Sous le règne de Louis XV et le début du règne de Louis XVI il ne se passe rien de marquant à Melun. Après l'échec du projet d'implantation d'une caserne dans le château au début du xviiie siècle, l'armée s'installe dans l'ancien couvent des Visitandines en 1780. La ville acheta une pompe à incendie et l'éclairage public fut installé. Les fortifications furent démolies petit à petit, des manufactures de toiles peintes et une filature de coton s'établirent sur les bords de l'Almont mais la fabrique de chaux périclita. En 1787 l'Assemblée provinciale d'Île-de-France, qui venait d'être créée, se réunit à Melun. Le 25 février 1789, une assemblée se réunit à l'Hôtel-de-Ville pour rédiger le cahier de doléances, qui met en évidence les abus de l'Ancien Régime.
Les 28 et 29 juillet 1789 des émeutes éclatèrent, à Melun, causées principalement par la difficulté de se procurer du blé.
Le 4 février 1790, Nicolas Chamblain, notaire, est élu maire par 202 voix sur 373. Le département de Seine-et-Marne est formé le 4 mars 1790 par assemblage de parties de l'Île-de-France, de la Brie, de la Champagne et du Gâtinais. Au mois de juillet les électeurs du département choisissent Melun comme chef-lieu.
Des levées d'hommes sont opérées et les cloches ainsi que les vases d'or et d'argent, qui ne sont pas indispensables au culte, sont envoyés à Paris pour les guerres de la Révolution française. En 1792, la Convention nationale prend le pouvoir et la Société s'efforce de faire disparaitre les traces de l'Ancien Régime. Durant cette période, les sculptures des églises de Saint-Aspais et de Notre-Dame souffrirent énormément.
Pendant la période de la Terreur, le mathématicien, astronome et physicien français Pierre-Simon de Laplace s'installe à Melun. Mis hors la loi à cause de la fusillade du Champ-de-Mars, Jean Sylvain Bailly vint également s'y réfugier, en juillet 1793, la ville passant pour tranquille. Toutefois 3 jours après son arrivée, il est arrêté, transféré à Paris où il est guillotiné le 12 novembre 1793, après un procès expéditif. À cette époque les arrestations et libérations étaient quotidiennes. Laplace, qui avait quitté Melun pour Le Mée fut arrêté par les gardes nationaux de Boissise-la-Bertrand mais relâché aussitôt. Le culte catholique étant aboli, Notre-Dame fut transformé en magasin à fourrage et Saint-Aspais en atelier à salpêtre. Le 9 thermidor ramena un peu d'ordre dans la région. Un ex-curé, un dénommé Métier, qui s'était signalé à la tête de terroristes fut emprisonné à Melun. L'ex-curé Métier s'était approprié tous les pouvoirs, il était à la fois curé constitutionnel, juge au tribunal civil, président du département et délégué des représentants du peuple. La ville était terrorisée.


Sous le Directoire, il ne se passe rien de marquant à Melun ni durant le Premier Empire, tout au moins jusqu'à l'invasion de la France en 1814 par les armées alliées. La ville fut occupée du début avril à la fin mai et les réquisitions se succédaient lourdement. Chaque soldat allié avait droit par jour à deux livres de pain, 1/2 livre de viande, 1/2 bouteille de vin et chaque cheval à huit litres d'avoine, 10 livres de fourrage et de la paille. Lors de la première Restauration la municipalité rend hommage à Louis XVIII puis à l'Empereur lorsque celui-ci est de retour de l'ile d'Elbe avant de renouveler ses sentiments au roi à la seconde Restauration. Après Waterloo les Russes puis les Autrichiens occupèrent la ville et Alexandre y passe.
La caserne de cavalerie établie dans le couvent des Visitandines s'agrandit progressivement par l'absorption des terrains de plusieurs congrégations religieuses (couvent des Ursulines, couvent des frères de la Doctrine chrétienne), grâce au comblement des anciens fossés et grâce à la destruction de l'ancienne église Saint-Ambroise et au déplacement de son cimetière. La caserne, qui occupe en définitive un vaste terrain compris entre la rue Saint-Ambroise, le quai Maréchal-Joffre, la rue Dajot, la rue Dorée et de la rue de la Rochette, a ainsi fait disparaître le tissu ancien de la moitié est du quartier Saint-Ambroise.
Dans le premier quart du xixe siècle, un « Tivoli » est aménagé à l'est de la ville. Ce parc d'attractions s'étendait entre le boulevard Saint-Jean (actuel boulevard Gambetta) et l'Almont. En 1817, est aménagé la promenade Chamblain à l'emplacement des anciens fossés de la rive gauche. Dans les années 1820, le lotissement Charles X est aménagé au nord du centre-ville pour la bourgeoisie de la ville (rue Louviot, rue Saint-Louis). Sous le règne de Louis-Philippe, les quartiers sont assainis, les rues principales sont modifiées, les quais sont créés au-dessus desquels de belles demeures sont construites. Le quai d'Alsace-Lorraine est créé en 1829. Cette époque voit également la restauration de la salle de spectacle et la construction en 1846-1848 d'un nouvel hôtel de ville à l'emplacement de l'ancien hôtel des Cens. Un établissement de charité est créé pour compléter le bureau de bienfaisance afin de lutter contre la pauvreté et la mendicité. Une caisse d'épargne s'établit dans la ville. La promenade de Vaux, en complément du boulevard Chamblain, est créée et le pont Marat fait disparaitre les derniers vestiges des fortifications. Une salle d'asile fut fondée et de nouvelles écoles voient le jour. L'établissement des eaux est inauguré en 1860; ses pompes sont substituées aux puits publics non protégés des souillures de leurs eaux. L'éclairage au gaz est remplacé par des réverbères à huile. Le cimetière du Nord et le marché au blé sont transférés. Des abattoirs sont construits sur la rive gauche. En 1832, une épidémie de choléra emporta 129 personnes en six mois. Le 25 février 1848, la République est proclamée et une municipalité République est installée.
Les ponts sur la Seine sont reconstruits dans les années 1830 : au nord, le « pont de pierre » (actuel pont Jeanne-d'Arc) en 1836-1838 et au sud, le « pont de fer » (actuel pont Général-Leclerc) en 1837. Le second pont est reconstruit dès 1870-1871.
Melun est raccordé à la Capitale par le chemin de fer dès 1849, lorsque la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon ouvre la section de Paris à Tonnerre de sa ligne éponyme. L'ouverture de la ligne de Corbeil-Essonnes à Montereau en 1897 offre un second accès à Paris
L'ouverture de la gare entraine une urbanisation rapide de la plaine de la Varenne, alors occupée par des cultures et des vignobles. La plupart des rues du quartier sont ouvertes dans les années 1860. Des maisons, ainsi que des usines, viennent s'y implanter.
Des industries s'implantent autour de la ville : brasserie Walter-Barthel, rue Camille-Flammarion, puis vers la gare à partir de 1887, minoterie industrielle appelée « Moulins de Melun » sur les bords de Seine, usine de sparterie. Entre le début du xixe siècle et la fin des années 1930, 225 ateliers et usines en activité ont été recensées.
Lors de la guerre de 1870, les troupes françaises vaincues, les Allemands envahissant la France et investissant Paris, les Prussiens font leur apparition à Melun le 15 septembre 1870. Le 16 septembre, 800 Bavarois s'installent dans la ville marquant le début des réquisitions. Dans la soirée 4 000 autres Allemands arrivent dans la ville. Durant cette occupation, Melun eut à supporter un grand nombre de réquisitions dont le total s'élève à 500 000 francs. Par ordre du comte de Furstentein, préfet prussien de Melun et du département, le service de la poste est interrompu du début octobre à la mi-décembre. La ville voit passer un grand nombre de convois de prisonniers, mais plusieurs Melunais rejoignent les armées françaises du gouvernement de la Défense nationale.
Après la signature du traité de Francfort, les Prussiens quittent la ville le 9 septembre 1871


À la suite de nombreux cas de diphtérie durant l'hiver 1892-1893, l'Armée abandonne la caserne du quartier Saint-Ambroise. Elle est remplacée par deux ensembles destinés à la cavalerie (quartier Pajol) et à l'infanterie (caserne Augereau) érigés en 1900 sur les hauteurs au nord de la ville. L'ancienne caserne est rasée et un lotissement est aménagé à son emplacement. Le boulevard Aristide-Briand est tracé pour relier les casernes à la Seine. La création de ces casernes entraîne l'urbanisation de la frange ouest du territoire communal le long du nouveau boulevard.
De 1899 à 1938, la ville est desservie par le tramway Sud de Seine-et-Marne (entre la gare de Melun et Barbizon ou Milly-la-Forêt via Chailly-en-Bière). Elle est également desservie de 1901 à 1934 par le tramway de Verneuil-l'Étang à Melun (entre le mail Gaillardon et la gare de Verneuil-l'Étang). Le trafic marchandise sur cette ligne continue toutefois jusqu'en 1938. De 1901 à 1917, le tramway de Melun sillonne les rues entre l'entrée du quartier de cavalerie (actuelle École des officiers de la gendarmerie nationale) et la gare.
Dans les années 1930, la compagnie PLM aménage une cité sur des parcelles acquises en 1928 près de la voie ferrée (rue André-Breton). En 1931, la ville aménage la cité du Foyer familial en respectant les règles des habitations à bon marché. Le lotissement de l'Ermitage est créé dans les années 1930, à cheval entre le sud de Melun et le nord des communes limitrophes de La Rochette et de Dammarie-les-Lys. Les plans en sont dressés par Adolphe Dervaux sur le modèle des cités-jardins.
Des équipements de loisirs sont construits sur les bords de Seine : cercle nautique en 1931, plage artificielle en 1942.
En 1944 la ville est victime d'un bombardement de représailles allemand. De nombreuses maisons sont détruites. L'église Saint-Aspais est très gravement endommagée : le clocher est incendié, la nef détruite, l'orgue soufflé. Les deux ponts historiques, détruits également, sont remplacés par les ouvrages actuels en 1948-1950.
Un ensemble de trois lotissements est construit au nord dans les années 1950 dans la mouvance des Castors: Castors des Capucins, Castors « Hirondelles », Castors de Melun nord.
Une série de grands ensembles sont construits sur le plateau Nord sous la direction de Louis Arretche : route de Corbeil à partir de 1954, Montaigu dont les premiers logements sont construits en 1957-1958, Beauregard pour accueillir les rapatriés d'Algérie à partir de 1963-1964, zone d'urbanisation prioritaire de l'Almont réalisée dans les années 1970. Ces secteurs font aujourd'hui l'objet d'intervention de réhabilitation menée par l'Agence nationale pour la rénovation urbaine.
Une rocade, nommée pénétrante, est mise en service en 1964 au nord de la ville. Elle est prolongée jusqu'à la rive sud par un viaduc inauguré en 1971. Deux autres ponts sont également réalisés en parallèle des ponts historiques dans les années 1970 pour permettre une meilleure circulation dans la ville de Melun : le pont de-Lattre-de-Tassigny, inauguré en 1970, et le pont Notre-Dame, inauguré en 1975.
Le 25 juin 1960, deux émissaires du GPRA, Ahmed Boumendjel et Mohamed Seddik Ben Yahia viennent participer à des pré-négociations avec le gouvernement français afin de décider de l'avenir de l'Algérie. Après l'échec de celles-ci, ils repartent le 29 juin.
Les abattoirs sont remplacés par la cité administrative, construite de De 1961 à 1965




Collégiale Notre-Dame de Melun

  

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MessagePosté le: Sam 29 Oct - 05:51 (2016)    Sujet du message: (77) SEINE-et-MARNE Répondre en citant

Le château de Champs-sur-Marne est situé dans la commune de Champs-sur-Marne, dans le département de Seine-et-Marne (région Île-de-France).
Le domaine de Champs présente la caractéristique rare de rassembler à la fois un jardin et un château encore parfaitement conservés.
Champs fait partie, au premier chef, du patrimoine artistique de la France. Il est par excellence le symbole de l'esprit et de la culture classique français.
Type accompli de la maison de plaisance à la française du début du xviiie siècle, avec son plan en « U » à deux courtes ailes sur la cour d'honneur au sud et sa rotonde sur le jardin au nord, il témoigne de l'évolution de la société vers la recherche de davantage de confort.
Entouré d'un des plus beaux parcs de France, il allie avec bonheur un jardin à la française et à l'anglaise sur 85 hectares. Le jardin est labellisé Jardin remarquable.
Il a été construit près d'une boucle de la Marne entre 1703 et 1706 par les architectes Pierre Bullet et son fils Jean-Baptiste Bullet de Chamblain pour deux financiers de Louis XIV : Charles Renouard de La Touanne puis Paul Poisson de Bourvallais.
Pendant plus de vingt ans, de 1718 à 1739, la princesse de Conti (1666-1739), fille légitimée de Louis XIV et de Louise de La Vallière, possède le château en usufruit.
À l’été 1757 le duc de La Vallière loue le château à la marquise de Pompadour qui y résidera pendant un an et demi.
En 1895 il est acheté par le banquier Louis Cahen d'Anvers, puissante famille de la haute finance parisienne, et son épouse Louise de Morpurgo; ils font restaurer le domaine et le château par l'architecte Walter-André Destailleur, qui avait déjà édifié pour eux en 1880 l'hôtel au 2, rue de Bassano à Paris, orné de lambris anciens, de tableaux et d'objets d'art des xviie et xviiie siècles.
Le couple remeuble à grands frais la demeure - où naîtra le 26 août 1899 leur fille Lydie Louise Yvonne - et font recréer les jardins par les paysagistes Henri et Achille Duchêne aidés par les nombreux jardiniers recrutés par Louis Cahen d'Anvers, qui en 1904 fut élu maire de la commune (1 200 habitants), avant son fils cadet Charles.


Il meurt en 1922; en 1934 Charles, époux de Suzanne Lévy, donne à l'État et la demeure restaurée et son mobilier à condition qu'il reste en place, et que l'emploi et le logement des 63 jardiniers, des 18 domestiques, des 11 garde-chasse et de la cinquantaine d'employés des fermes du domaine soit garanti.
« Dans la période qui a suivi la donation si le comte Charles désirait revenir à Champs, il téléphonait (...). Mes parents étaient heureux de lui préparer et de lui servir un repas et un café ultra fort - arrivant d'Argentine, où la famille possédait de vastes domaines » (Mme Tartier, née Biscaye, fille du maître d'hôtel de Champs, citée par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Châteaux et châtelains, éditions Anne Carrière, 2005, p. 97).
Le 3 juillet 1954 un grand bal réunissant 1 400 personnes y fut donné pour le 18e anniversaire de Monica Cahen d'Anvers, à la suite d'un décret ayant remis le domaine à la disposition (pour un mois) de son père, qui dut assurer le château pour deux millions de dollars et son contenu pour deux millions et demi ( même réf. p. 98).
De 1959 à 1969 le Général de Gaulle qui l'affecte aux hôtes de marque de l'Etat, y reçoit de nombreux chefs d'état de l'Afrique noire francophone après la décolonisation.
En 1980, un autre bal pour 800 invités y fut donné pour les 18 ans d'une nièce de Gilbert Cahen d'Anvers (1909-1995).
En 1987 fut créée l'association « Sons d'histoire au château », qui y donna des spectacles historiques ; celui de 1995 était intitulé Le Château d'Alice, en souvenir d'Alice, qui jeune fut peinte par Renoir, comme sa sœur Irène, épouse de 1891 à 1902 du comte Moise de Camondo.
À partir de la fin des années 1980, le rythme des tournages cinématographiques, télévisuels et publicitaires s'y intensifie (près de 80 tournages à ce jour). La richesse du décor intérieur et du mobilier ainsi que les jardins sont en effets très appréciés des cinéastes du monde entier.
C'est aujourd'hui un domaine national géré par le Centre des monuments nationaux qui abrite dans ses communs sud-ouest le Laboratoire de recherche des monuments historiques.
Après des travaux de restauration ayant duré plus de six ans, la réouverture payante au public a eu lieu le 29 juin 2013. Le parc a toujours été visitable gratuitement. La restauration permettant la réouverture au public a été assurée par Jacques Moulin, architecte en chef des Monuments historiques, chargé du site. De nécessaires travaux de consolidation ont été conduits, associés à la réfection des installations électriques, de sécurité et des accès pour les personnes à mobilité réduite. La plupart des décors du rez-de-chaussée ont été restaurés, que ce soit dans le grand salon d’assemblée donnant sur les jardins, le boudoir camaïeu bleu ou le salon chinois

Champs est mentionné entre 1079 et 1096 dans une charte de franchise signée par Adam de Champs. La seigneurie reste dans sa famille jusqu'en 1399, date à laquelle Jeanne II de Champs la vend à la famille d'Orgemont, originaire de Lagny-sur-Marne.
Jusqu'à la fin du xviie siècle, elle passe entre plusieurs mains avant d'être acquise vers 1698 par Charles Renouard de La Touanne, trésorier général de l'Extraordinaire des guerres et de la Cavalerie légère. En 1699, il fait appel aux architectes Pierre Bullet et à son fils Jean-Baptiste Bullet de Chamblain pour lui construire une nouvelle demeure, mais il fait banqueroute en mai 1701 et décède le 4 juin 1701. Il allait être conduit à la Bastille.
Les travaux sont alors arrêtés. On n'a toutefois aucune information sur le degré d'avancement de ces travaux au moment de leur arrêt.
Le domaine est confisqué en 1701 et revendu en 1703 à un autre financier Paul Poisson de Bourvallais, secrétaire du Conseil royal des finances qui est le modèle de la comédie : Turcaret ou le Financier d'Alain-René Lesage. Il fait achever les travaux, toujours sous la direction de Bullet de Chamblain. La construction est terminée en 1707. Les jardins à la française sont créés vers 1710, sans doute par Claude Desgots, petit-neveu et élève de Le Nôtre .
Deux ans après l'opération du visa, Poisson de Bourvallais est accusé de malversations et, en 1716, est condamné à des restitutions par la chambre de justice. Il doit abandonner le château de Champs-sur-Marne ; selon les Mémoires du duc de Saint-Simon, à l'avènement du régent Philippe d'Orléans, « Bourvallais, un des plus riches traitants et des plus maltraités par la chambre de justice, fut dépouillé d'une superbe maison de campagne à Champs qu'il avait rendue charmante et que d'une maison de bouteille, il avait fait chef-lieu d'une grande et belle terre à force d'acquisitions. ».
Le château confisqué par la Couronne est vendu en 1718 à la princesse de Conti, fille légitimée de Louis XIV et de Louise de La Vallière. Celle-ci en cède aussitôt la nue-propriété à son cousin, Charles François de La Baume Le Blanc, marquis puis duc de La Vallière. Le fils de celui-ci, Louis-César de La Baume Le Blanc de La Vallière (1708-1780) en hérite en 1739. Il y reçoit des hommes de lettres dont Voltaire, Diderot, d'Alembert, Moncrif.


Mais, après la construction de son magnifique château de Montrouge vers 1750, il délaisse le château de Champs et cherche à vendre le domaine. Faute de trouver un acquéreur, il le loue entre juillet 1757 et janvier 1759 à la marquise de Pompadour, dont il est l'ami, pour 12 000 livres par an. En novembre 1757, celle-ci y reçoit le prince de Soubise au retour de la défaite de Rossbach.
En 1763 le duc de La Vallière parvient à vendre le domaine à l'armateur nantais Gabriel Michel (1702-1765), directeur de la Compagnie des Indes. À sa mort le château passe à sa fille, Henriette Françoise, épouse depuis 1757 de Jacques Auger, marquis de Marbeuf (†1789).
Dès 1763, cependant, les époux sont séparés « d'habitation et de biens ». Riche de 8 millions de livres, la marquise a aussi un hôtel particulier à Paris rue du Faubourg-Saint-Honoré à l'emplacement de l'actuel no 31 et possède également la Folie Marbeuf sur les Champs-Élysées, au niveau des actuelles rues Lincoln et Marbeuf. Durant la Révolution, elle est condamnée à mort par le Tribunal révolutionnaire et exécutée le 5 février 1794, « comme convaincue d'avoir désiré l'arrivée des Prussiens ».
Le domaine est saisi comme bien national et vendu par adjudication en 1801 au neveu de la marquise de Marbeuf, Pierre-Marc-Gaston de Lévis (1764-1830), fils de Gabrielle Augustine Michel (1744-1794), qui y reçoit notamment Chateaubriand.
En 1831 son fils revend le château à Jacques Maurice Grosjean, qui en 1858 devient la propriété de l'agent de change parisien Ernest Santerre, dont le fils Sébastien revend la demeure en 1895 au comte Louis Cahen d'Anvers; les Cahen d'Anvers y mènent grand train et organisent de nombreuses fêtes; ils y reçoivent, entre 1895 et 1922, Marcel Proust, Isadora Duncan, Alphonse XIII d'Espagne, Paul Bourget.
Charles en faisant don du château à l'État émit le souhait qu'il devienne une résidence présidentielle ou serve de « résidence de week-end » au président du Conseil - actuel Premier ministre.
Le château est classé parmi les monuments historiques le 24 juillet 1935 et un conservateur du domaine est nommé, le château étant ouvert à la visite.
Toutefois, sitôt après la donation, des hôtes d'honneur de la présidence de la République y sont reçus, comme le sultan du Maroc Mohamed V et sa famille en juin 1939, séjours qui obligent à chaque fois à fermer le château au public.
À partir de 1959, le général de Gaulle fait du château de Champs une résidence pour les chefs d'État en visite officielle en France. Les intérieurs sont entièrement restaurés.
De nombreux hôtes, principalement originaires d’Afrique noire francophone nouvellement indépendante, y sont alors reçus par le Général sur une dizaine d’années :
- Philibert Tsiranana président de la République Malgache et madame (du 26 au 29 octobre 1960),
- Léon M'Ba président de la République du Gabon et madame (du 22 au 25 mars 1961),
- Léopold Sédar Senghor président de la République du Sénégal et madame (du 19 au 22 avril 1961),
- Félix Houphouët-Boigny président de la République de Côte d'Ivoire et madame (du 7 au 10 juin 1961),
- Diori Hamani président de la République du Niger et madame (du 27 au 30 septembre 1961),
- Mohammed Reza Pahlavi chah d'Iran et la chahbanou Farah Diba (du 11 au 23 octobre 1961),
- Hubert Maga président de la République du Dahomey actuellement République du Bénin et madame (du 25 au 28 octobre 1961),
- Fulbert Youlou président de la République du Congo (du 20 au 23 novembre 1961),
- François Tombalbaye président de la République du Tchad et madame (du 14 au 17 mars 1962),
- Maurice Yaméogo président de la République de Haute-Volta actuellement Burkina Faso et madame (du 11 au 14 avril 1962),
- Hassan II roi du Maroc (les 10 et 11 mai 1962),
- Moktar Ould Daddah président de la République Islamique de Mauritanie et madame (du 23 au 26 mai 1962),
- Harold Macmillan premier ministre de Grande-Bretagne et madame (les 2 et 3 juin 1962),
- David Dacko président de la République centrafricaine et madame (du 20 au 23 juin 1962),
- Nicolas Grunitzky président de la République du Togo et madame (du 4 au 7 mars 1964),
- Ahmed Ben Bella président de la République Algérienne (le 13 mars 1964),
- Christophe Soglo président de la République du Dahomey actuellement République du Bénin et madame (du 21 au 24 novembre 1967),
- Jean-Bedel Bokassa président de la République centrafricaine et madame (du 11 au 14 février 1969).
Cette vocation cesse définitivement en 1971 et le château est alors affecté au ministère de la Culture qui se charge de l'ouvrir à la visite et installe le Laboratoire de recherche des monuments historiques dans ses communs Sud-Ouest construits par les Cahen d'Anvers.
Depuis le 20 septembre 2006 et l'effondrement d'un plafond attaqué par la mérule, le château a été longtemps en attente de réparations et fermé au public. Les travaux de restauration  sont actuellement terminés (coût : 6 millions d'euros). Le Centre des monuments nationaux fait appel au mécénat pour récolter des fonds  et un Club des mécènes a été créé, le château a rouvert le samedi 29 juin 2013. Le parc peut être visité gratuitement.


Le château a été le cadre de l’une des deux rencontres entre le Général de Gaulle et Ahmed Ben Bella. Ce dernier est l’auteur d’un article dans L’Express du 26 octobre 1995 où il évoque ces deux rencontres:
« La première fois que nous nous sommes rencontrés, c'était en avril 1944, en Italie, au nord du monte Cassino. Il avait insisté, contre l'avis des Alliés, pour que le corps expéditionnaire français participe à cette campagne. La plupart des troupes venaient d'Afrique du Nord. J'appartenais à une unité d'élite, le 5e régiment de tirailleurs marocains (RTM), basé à El Malah. Cet hiver-là, le froid fut terrible. Nous progressions dans les montagnes, pied à pied, repoussant l'ennemi à la baïonnette, à la grenade, à l'arme automatique, parfois à coups de poignard... De Gaulle nous a gratifiés d'une visite spéciale. Il allait, disait-on, décorer cinq ou six officiers. Moi, le sous-off, je ne me sentais pas concerné. Juste avant la cérémonie, le colonel me fait chercher: «Comment, vous n'êtes pas prêt? Dépêchez-vous donc, on vous attend!» De Gaulle, ce jour-là, m'a remis la médaille militaire pour faits de guerre exceptionnels.
Vingt ans plus tard, le 13 mars 1964, eut lieu notre seconde entrevue. Je venais de passer quelques jours à Belgrade, à l'invitation de Tito. Avant et pendant la guerre, de Gaulle avait soutenu Mihailovic contre lui. Têtu comme une mule, il en voulait à Tito, et leurs relations étaient à peu près inexistantes. Le chef de l'État yougoslave avait évoqué cette vieille brouille : "Vois si tu peux faire quelque chose..." Sur le chemin du retour, par l'entremise de Georges Gorse - un diplomate de tout premier ordre, alors ambassadeur à Alger - on arrangea une rencontre au château de Champs, près de Meaux, avec le Général. De prime abord, l'homme avait la solennité d'une statue de l'Histoire. Un peu distant, guindé par le protocole, le ton, au bout de deux à trois minutes, prit un tour d'une chaleur exceptionnelle. J'ai plaidé la cause de Tito. Échange laborieux, mais il a fini par se rendre à mes raisons. Je souhaitais un retrait anticipé de l'armée française d'Algérie et la coopération de la France pour développer une activité de chantiers navals à Mers el-Kébir. Il a consenti à tout. "À mon tour, dit-il. Je veux renouer avec les pays arabes, et surtout il y a un homme qui m'intéresse, c'est Nasser." Il savait, bien entendu, que je n'aurais aucune difficulté à les mettre en contact. Nasser a d'ailleurs saisi la balle au bond : "Dis à de Gaulle qu'il est invité officiellement au Caire. À lui de choisir une date !" À Champs, le Général avait abordé une question capitale pour lui : "J'ai besoin d'une Algérie forte, mais aussi d'une France forte, qui ne subisse pas la loi des États-Unis. Puis-je compter sur vous ?" Pour moi, c'était l'évidence. De son côté, il a joué à fond la carte de la stabilité en Algérie, du moins tant que j'ai été en fonctions. Il m'avait proposé de venir à Paris l'année suivante, en 1965, pour y signer les accords auxquels nous étions parvenus à propos du pétrole. "Les Français doivent apprendre à vous considérer comme un chef d'Etat. Nous remonterons ensemble les Champs-Élysées." Le coup d'État de Boumédiène - dont je connaissais les intentions et que j'aurais pu faire arrêter vingt fois - eut raison de ce projet, comme de la conférence afro-asiatique en préparation à Alger, et qui promettait d'être un second Bandung. Du fond de ma prison, j'ai appris que de Gaulle était intervenu auprès de Boumédiène, par la voix de Jean de Broglie, alors secrétaire d’État, pour que j'aie la vie sauve. De Gaulle n'était pas un politicien. Il avait cette dimension universelle qui fait trop souvent défaut aux dirigeants actuels. »


La conception du château intervient à une période d'innovation architecturale et en fait l'archétype de ces « petites maisons », résidences de campagne bâties à une heure de véhicule hippomobile de Paris, pour des aristocrates ou des financiers désireux d'échapper pour un moment à la pesanteur de la Cour.
Le parti initial conçu par les Bullet père et fils pour Renouard de La Touanne est ensuite amplifié et simplifié par Bullet fils pour Poisson de Bourvallais. Bullet père reste marqué par la tradition italienne, caractérisée par une abondante ornementation, tandis que son fils a complètement assimilé le style classique français.
Le plan dit « massé » du château reprend des exemples du xviie siècle comme le château de Blérancourt par Salomon de Brosse (1612) ou le château de Maisons par François Mansart (1643). Placé dans l'axe de la grille d'honneur, le principal corps de logis est isolé au fond d'une cour, séparée de la route par un court fossé enjambé par un saut-de-loup. De simples grilles le relient aux bâtiments des communs.
Le plan rectangulaire massé est animé sur chacune des façades principales par trois avant-corps : les avant-corps latéraux gardent la trace des ailes du château traditionnel de la Renaissance, de plan en U ; l'avant-corps central présente un salon en rotonde sur le jardin qui permet de jouir de vues plus variées tout en ménageant un effet de transparence de la cour jusqu'au parc, disposition dite "traversante" initiée vers 1660 par Le Vau à Vaux-Le-Vicomte
Le château peut être rapproché de plusieurs constructions antérieures :
le château d'Issy (Issy-les-Moulineaux), construit par Pierre Bullet pour le président Denis Talon dans les années 1680, inspiré des villas de Palladio, qui comprenait également une travée centrale double en profondeur renfermant un vestibule ouvrant sur un salon, deux niveaux d'égale hauteur associant baies rectangulaires, à arc en plein cintre et à arc segmentaire (dit aussi en anse de panier), ainsi que des bossages d'angle et un emploi mesuré des ordres ;
le château de Vaux-le-Vicomte (Seine-et-Marne), construit en 1656-1658 par Louis Le Vau pour Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, où l'on trouve pour la première fois une composition totalement axée et un avant-corps central sur le jardin.
Le traitement des façades existe dans l'architecture française depuis plus d'un demi-siècle. Les deux niveaux sont d'égale hauteur. L'avant-corps central de la façade sur cour est sobrement orné d'un ordre toscan au rez-de-chaussée et de pilastres composites au premier étage. Les baies rectangulaires, en anse de panier ou en plein cintre animent les façades. La sculpture n'est présente que sur l'avant-corps central de la façade sur jardin, sans doute issu du projet de Pierre Bullet, orné au-dessus de la fenêtre centrale d'un vase flanqué de griffons là où Bullet de Chamblain avait prévu une simple agrafe en forme de tête.
Au xviiie siècle, le château de Champs sera imité à de nombreuses reprises, par exemple non loin de là au château de Jossigny (Seine-et-Marne) construit en 1743 peut-être par Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, qui présente un avant-corps central à pans coupés sur la façade côté jardin, ainsi qu'au château de Champlâtreux (Val-d'Oise), bâti en plus grandes dimensions entre 1751 et 1757 par Jean-Michel Chevotet qui ouvre sur le jardin une rotonde à deux niveaux d'ordres superposés (qui sera reproduit vers 1900, moins une travée, au château d'Artigny à Montbazon).
Le duc de La Vallière apporte seulement quelques changements à la façade sur le jardin, dont témoignent les planches publiées par Mariette. Des putti remplacent les griffons au-dessus de la fenêtre centrale du premier étage tandis que le toit du pavillon central est percé d'ouvertures ovales. Une fenêtre est transformée en porte-fenêtre dans l'angle du grand cabinet, devenu un « salon chinois », avec un perron permettant un accès aisé au jardin. Au xixe siècle, une nouvelle porte-fenêtre sur le jardin est aménagée symétriquement à celle du salon chinois.
En 1832, Jacques Maurice Grosjean « écrête » les combles et les remplace par un toit en terrasse à l'italienne bordée d'une balustrade d'un effet assez malheureux, mais les combles à la Mansart d'origine sont restitués à partir de 1895-1896 pour les Cahen d'Anvers par l'architecte Walter-André Destailleur, qui travaille à partir des sept planches gravées publiées par Mariette, non sans modifier légèrement le profil de la toiture de la rotonde.
Une nouvelle porte-fenêtre sur le jardin est percée dans le boudoir « en camaïeu » du rez-de-chaussée.


La distribution intérieure constitue l'aspect le plus novateur du château. Elle en fait « un jalon majeur de l'histoire de l'architecture française » . Il est donné en exemple dans des recueils tels que De la distribution des maisons de plaisance et de la décoration des édifices en général (1737) et dans le Cours d'architecture civile (1771-1777), tous deux de Jacques-François Blondel, dans L'Architecture française (1727) de Jean Mariette, ainsi que dans L'Art de bâtir des maisons de campagne (1743) de Charles-Étienne Briseux.
L'aspiration de la société va alors vers la recherche de davantage de confort. Le modèle de maison de plaisance conçu en France entre la fin du xviie et le début du xviiie siècle sera ensuite imité dans toute l'Europe. On trouve à Champs le développement de plusieurs concepts déjà mis en œuvre dans des résidences antérieures :
la symétrie axiale de la distribution avec un axe dominant occupé par un salon et un vestibule, comme à Vaux-le-Vicomte ;
le traitement de l'escalier, repoussé sur la gauche comme à Issy ou Vaux ; néanmoins, à Champs, l'escalier est de proportions monumentales avec une cage s'élevant en dôme jusqu'aux combles, à la différence de celui de Vaux, beaucoup plus discret. Il faut toutefois remarquer que l'étage noble de Vaux étant le rez-de-chaussée, cet escalier ne dessert que des appartements secondaires, et que le véritable escalier d'honneur est l'escalier extérieur qui permet l'accès au bâtiment.
Les pièces deviennent indépendantes les unes des autres; comme dans les hôtels parisiens elles sont distribuées en double profondeur, desservies par un couloir central. Les chambres ne se commandent plus. Les plans initiaux de Bullet de Chamblain montrent ainsi des dégagements à droite et à gauche du salon du premier étage, donnant directement dans les chambres à coucher. Chacune de celles-ci est pourvue d'un cabinet et d'une garde-robe. Trois petits escaliers desservent un entresol de service.
On voit aussi apparaître pour la première fois une salle à manger autonome. Un escalier à volée simple contigu la relie à la cuisine, située en sous-sol. Au premier étage, côté Ouest, on note la présence d'une chapelle, qui n'existe plus.
Des transformations sont effectuées dans le courant du xixe siècle, que retrace un plan levé avant 1885 par Claude Sauvageot, dessinateur d'architecture: au rez-de-chaussée, la garde-robe et le passage situé près de la salle de billard sont réunis pour créer une bibliothèque ; le boudoir « en camaïeu » du rez-de-chaussée, le cabinet à côté de la chapelle, encore citée dans les textes de l'époque, sont transformés en chambres à coucher. « Il est à noter que la chambre de Mme de Pompadour contient deux lits montrant bien que le château a fait l'objet, au cours du xixe siècle, d'un certain nombre de réaménagements signalés seulement par quelques mentions. Ce siècle reste pour Champs largement méconnu. »
Du temps des Cahen d'Anvers, le boudoir « en camaïeu » du rez-de-chaussée devient le bureau du comte Louis Cahen d'Anvers, des salles de bains sont installées dans les garde-robes, et une autre, pour Monsieur, est aménagée dans les sous-sols (conservée).
La chapelle est transformée en chambre à coucher.


Le décor d'origine n'est pas entièrement documenté mais des dessins conservés à Stockholm permettent de se faire une idée de certaines boiseries dessinées par Bullet de Chamblain, notamment celles du salon du premier étage. « Le décor reste dans la tradition de la fin du xviie siècle avec de grands pilastres, comme ceux du salon d'assemblée. ».
Les boiseries du Salon Chinois – peintes à une époque ultérieure – ainsi que celles de la salle à manger sont également de Bullet de Chamblain et se situent dans la tradition décorative de Jules Hardouin-Mansart et des réalisations de Robert de Cotte pour le château de Versailles et le Grand Trianon, vers 1700.
Le duc de La Vallière fait mettre au goût du jour les décors, essentiellement dans les chambres, le boudoir et le cabinet. Au rez-de-chaussée, dans le Salon Chinois, les lambris de hauteur dessinés par Bullet de Chamblain sont peints de chinoiseries par Christophe Huet dans les années 1740, qui décore également le boudoir voisin, dans un camaïeu bleu de même inspiration.
C'est sans doute la marquise de Pompadour, locataire du château pour une brève période, qui fait exécuter les superbes boiseries de la pièce dite aujourd'hui « chambre d'honneur », au décor de palmiers, colombes et paons au milieu de rinceaux qui débordent de la corniche pour se déployer sur le plafond, dans l'esprit des réalisations de Jacques Verberckt et Jules-Antoine Rousseau.
Sous le Second Empire certains décors intérieurs sont « enrichis » avec des dorures et des faux marbres; ensuite, pour les Cahen d'Anvers, Walter-André Destailleur restaure les décors en retrouvant une partie des teintes d'origine sous les couches de peinture; il dégage ainsi le camaïeu du petit cabinet. Le monogramme LC pour Louis Cahen d'Anvers est ajouté dans la rampe de ferronnerie du grand escalier; son fils Charles fera ensuite décaper les boiseries de la bibliothèque et du fumoir (rez-de-chaussée).


Les jardins sont commencés vers 1710 par Poisson de Bourvallais, qui fait réaliser un jardin à la française. Sa conception serait due à Claude Desgots, petit-neveu et élève de Le Nôtre dont il suit étroitement les principes : un grand axe ponctué de bassins et de sculptures, une grande allée de pourtour longeant le mur d'enceinte, engazonnée en son centre et bordée d'arbres, « des parterres de broderies, des divisions en bosquets recoupés par des allées transversales et secondaires, des quinconces. Cependant, les surfaces de gazon sont plus nombreuses et se rapprochent du château. Une certaine monotonie se lit dans les dessins répétitifs des masses boisées. » Le plan de ce jardin est publié en 1722 par Mariette dans le tome III de son Architecture française. Il est décrit par Dezallier d'Argenville en 1755 : « Le château est porté par deux terrasses qui l'élèvent. La première terrasse est bordée d'un talus en glacis, la seconde d'un mur de soutènement. Au bas des degrés s'étendent les parterres. Ils sont suivis de deux bassins que séparent quatre longues pièces de gazon, interrompues par un rond où est un groupe de sculptures. Toutes ces pièces sont soutenues de quinconces verds ornés de figures et de deux petits bois compartis en croix de Saint-André. Un autre bosquet, au-dessus, forme une grande salle longue accompagnée de cinq cloîtres ou étoiles, ornés dans leurs milieux de figures et de vases. En se rapprochant du château, on aperçoit deux salles dont l'une est en boulingrin et l'autre est compartie de sept pièces de gazon, toutes deux entourées d'arbres isolés. »
Les éditions successives du Voyage pittoresque des environs de Paris de Dezallier d'Argenville permettent de retracer la transformation du jardin par Jean-Charles Garnier d'Isle à l'époque des ducs de La Vallière. Un plan anonyme qu'on peut dater entre les 3e et 4e éditions du livre de Dezallier d'Argenville, soit entre 1768 et 1779, met en évidence son intervention qui concerne principalement l'axe Est-Ouest, perpendiculaire au château, ponctué de « parterres, de bosquets meublés de pièces de gazon excentrées et asymétriques et d'allées aux tracées plus souples et plus indépendants » a 8. Sur l'axe Nord-Sud, le groupe sculpté situé entre les deux bassins disparaît. Les surfaces en herbe se rapprochent du château.
En 1779 le jardin a encore évolué : un long tapis vert sépare les deux bassins sur l'axe Nord-Sud, les broderies sont supprimées et l'ensemble du parc transformé à l'anglaise.


À partir de 1895 Henri et Achille Duchêne recréent des jardins à la française en s'inspirant des dessins anciens, mais ils redessinent les bosquets et les parterres et conservent comme toiles de fond de larges paysages à l'Anglaise. « Les terres n'ont pas été rabaissées au niveau d'autrefois, car si lors de la construction du château le jardin était destiné à être admiré depuis les appartements du premier étage, le mode de vie privilégie désormais le plain-pied. La perspective est donc différente.
En 1969, les parterres de broderies sont réaménagés de fond en comble par Mieko Inoue, assistante d'Albert Grégoire, Prix de Rome, architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux responsable du domaine.
Par ailleurs, la dimension du parc est aussi modifiée, nécessitant des adaptations aux nouveaux panoramas rendus possibles grâce à l'agrandissement du domaine. » Le salon dit « de Madame » présente une grande architecture de treillages.
Les statues du parc sont des copies ou des ré-interprétations d'originaux qui se trouvent dans le parc de Versailles ou en Italie, mais certaines sont des originaux, à l'instar de la cuve baptismale romaine ornée de médaillons sculptés représentant des papes du xvie siècle.
La laiterie est édifiée en 1884 contre la façade orientale de la ferme. Pour les Cahen d'Anvers, Walter-André Destailleur bâtit au début du xxe siècle l'orangerie, la maison du jardinier et de nouveaux communs au Sud-Ouest du château; il construit de chaque côté de l'avant-cour un mur composé de dix arcades aveugles séparées en leur milieu par une porte et dont chaque extrémité est terminée par un pavillon carré. Les communs de droite, comprenant l'ancienne ferme et le pigeonnier seigneurial, datent eux du début du xviie siècle et sont ainsi antérieurs au château actuel.
L'entrée du domaine est matérialisée par une place circulaire qui ménage, du côté du château, une demi-lune et, à l'opposé, un vertugadin prolongé par une allée bordée d'arbres qui suit l'axe d'ordonnance du domaine.
À son extrémité, cette allée est ornée d'un vase de marbre blanc orné d'un soleil aux traits d'Apollon, copie de la fin du xixe siècle d'un des deux « vases du Soleil » exécutés en 1684-1688 pour les jardins de Versailles par Jean Dugoulon et Jean Drouilly d'après un dessin de Jules Hardouin-Mansart.
L'accès à la cour d'honneur s'effectue à travers un saut-de-loup franchissant une douve sèche et une grille de ferronnerie couronnée du monogramme LC pour Louis Cahen d'Anvers.
L'architecte Walter-André Destailleur, à la fin du xixe siècle, a conservé les deux pavillons d'entrée couverts d'un comble brisé à la Mansart et a édifié de part et d'autre de la cour d'honneur deux murs percés de dix arcades et comportant en leur centre une porte surmontée d'un fronton triangulaire, qui dissimulent à gauche la cour des écuries, édifiée à la même époque, et à droite la ferme et le pigeonnier circulaire du xviie siècle.

  

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MessagePosté le: Dim 30 Oct - 08:12 (2016)    Sujet du message: (77) SEINE-et-MARNE Répondre en citant

Louis Braille, né le 4 janvier 1809 à Coupvray, en Seine-et-Marne, et mort le 6 janvier 1852, est l’inventeur français du système d’écriture tactile à points saillants, à l’usage des personnes aveugles ou fortement malvoyantes : le braille.


Le père de Louis Braille exerce le métier de bourrelier du village, fabriquant des harnais, des sacs et des courroies de cuir. Déjà tout petit, Louis Braille manifeste un vif intérêt pour le maniement des outils. Dès qu'il sait marcher, il se glisse en toute occasion dans l’atelier de son père pour y jouer. À l'âge de trois ans, alors qu’il fait des trous dans un morceau de cuir avec une alêne (outil qui sert à faire des trous dans le cuir), celle-ci lui échappe et atteint son œil droit. Il n’y a pas grand chose à faire excepté bander l’œil atteint, mais Louis ne peut s’empêcher de gratter. La blessure s'infecte et l'infection, s'étendant à l'œil gauche, provoque la cécité.

Aveugle, Louis Braille suit les cours de l'école de Coupvray de 1816 à 1818. Comme son accident ne lui a pas fait passer l’envie de travailler le cuir, il s’y adonne de tout son cœur — ce qui, probablement, l’aide à développer son habileté manuelle.
Ses parents, qui savent tous deux lire et écrire, se rendent bien compte de l'importance d'une bonne instruction pour un enfant handicapé. Alors que Louis a 10 ans, son père lui obtient, en écrivant plusieurs fois, et avec l'aide du curé de la paroisse et de l'intervention du maire, le marquis d'Orvilliers, pair de France, une bourse pour son admission à l’Institution Royale des Jeunes Aveugles, école fondée par Valentin Haüy.

À l'école, les enfants apprennent à lire sur des lettres en relief mais ne peuvent pas écrire, car l'impression est faite avec des lettres cousues sur du papier. Dès son entrée à l’institution, Braille apparaît comme un élève de premier ordre. Il réussit dans toutes les disciplines enseignées et rafle toutes les récompenses, qu’il s'agisse de tâches manuelles ou de travaux intellectuels. Braille n’a pas encore quinze ans qu’on lui confie déjà certaines responsabilités d’enseignement.

Vers 1835, Braille commence à être sujet à des quintes de toux de plus en plus régulières. On allège alors petit à petit ses tâches de professeur, ne lui laissant à partir de 1840 que ses leçons de musique. Il décide de lui-même, en 1844, d’abandonner définitivement l’enseignement. Il profite de son temps libre pour essayer de donner encore plus d’ampleur à son travail et inaugure en 1847 la première machine à écrire le braille. Cependant, dans la nuit du 4 au 5 décembre 1851, une hémorragie abondante du poumon l’oblige à cesser toute activité.

Alité, de plus en plus affaibli par des hémorragies successives, il meurt le 6 janvier 1852 d’une tuberculose, en présence de ses amis et de son frère, après avoir reçu l’extrême-onction. Il est inhumé le 10 janvier à Coupvray, selon la volonté de sa famille. Sa dépouille est transférée un siècle plus tard au Panthéon de Paris, mais ses mains restent inhumées dans sa tombe de Coupvray, en hommage à son village d’enfance.

Braille est essentiellement connu pour l’écriture à points saillants qui porte son nom. Mais Braille ne s’est pas limité à cette invention.
Il restait en effet un problème important que le braille ne résolvait pas : celui de la communication entre aveugles et voyants, qui avait été une des préoccupations majeures de Valentin Haüy. On ne pouvait évidemment pas demander que le braille soit enseigné dans les écoles des voyants, même si cette écriture ne présentait aucune difficulté d’apprentissage pour qui utilisait ses yeux et non ses doigts. C’était aux aveugles de se mettre à la portée des voyants et Louis Braille en était parfaitement conscient.

Mettant une fois de plus en action son imagination et son intelligence, il inventa une méthode nouvelle qu’il exposa en 1839 dans une petite brochure imprimée en noir, intitulée Nouveau procédé pour représenter par des points la forme même des lettres, les cartes de géographie, les figures de géométrie, les caractères de musique, etc., à l’usage des aveugles. Cette méthode (aussi nommée « décapoint ») était basée sur un repérage, par coordonnées, de points en nombre suffisant pour permettre d'une part la reconnaissance visuelle de lettres, chiffres et autres signes des voyants, d’autre part leur reconnaissance tactile par les aveugles.
De nombreuses villes françaises ont donné le nom de Louis Braille à l’une de leurs rues. Dans le 12e arrondissement de Paris, la rue Louis-Braille se situe entre l'avenue Michel-Bizot et le boulevard de Picpus.




 

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MessagePosté le: Lun 31 Oct - 06:29 (2016)    Sujet du message: (77) SEINE-et-MARNE Répondre en citant

Edmond Isidore Étienne Nocard, né le 29 janvier 1850 à Provins (Seine-et-Marne) et mort le 2 août 1903 à Saint-Maurice (Val-de-Marne), est un vétérinaire et microbiologiste français.


Il étudia la médecine vétérinaire à l'École nationale vétérinaire d'Alfort de 1868 à 1871 puis, après son service militaire, de 1871 à 1873. De 1873 à 1878 il dirigea le Service Clinique de cette école, travaillant avec le Dr Du Mesnil. En 1876 il fut chargé de créer une nouvelle revue, Les Archives Vétérinaires, où il publiera un grand nombre d'articles scientifiques concernant la médecine, la chirurgie, l'hygiène et la jurisprudence. En 1878 il fut reçu dans un concours public comme professeur de médecine vétérinaire clinique et chirurgicale à l'École Vétérinaire. Parmi ses anciens élèves dont beaucoup devinrent célèbres on trouve Camille Guérin, le codécouvreur du Bacille de Calmette et Guérin (BCG).
En 1880 il entra comme assistant au laboratoire de Pasteur à Paris. Il y aida Pasteur et Roux dans leurs expériences de vaccination d'animaux contre le charbon à Pouilly-le-Fort, inspiré par la découverte d'Henry Toussaint. En 1883, il se rendit en Égypte avec Roux, Straus et Thuillier, pour y étudier une épidémie de choléra, sans parvenir à isoler le germe responsable de la maladie. Il revint la même année à Maisons-Alfort où il créa un laboratoire de recherches bien équipé, en liaison étroite avec Pasteur. Pendant les trois années qui suivirent, il donna la preuve de sa grande compétence du travail de laboratoire dans la nouvelle science qu'était la bactériologie, en mettant au point un certain nombre de nouvelles techniques, comme des méthodes pour séparer le sérum du sang, de nouveaux milieux de culture pour le bacille de la tuberculose, l'introduction de l'anesthésie pour les grands animaux au moyen de l'hydrate de chloral par voie intraveineuse, et également des techniques permettant de lutter contre le tétanos.

Ses réalisations scientifiques et théoriques furent récompensées, en 1887, par le titre de directeur de l'École et la chaire des maladies infectieuses ; en 1888, on l'invita à devenir membre du premier comité de rédaction des Annales de l'Institut Pasteur. En 1895 il devint membre à part entière de l'Institut Pasteur. De 1892 à 1896, par une série de communications, de conférences, de brochures et de démonstrations, il s'efforça de convaincre les médecins et le grand public que l'utilisation de la tuberculine de Robert Koch pourrait servir de base à la prévention de la tuberculose bovine. Il publia La Tuberculose Bovine : ses Dangers, ses Rapports avec la tuberculose humaine classique.
La principale contribution de Nocard à la médecine fut la découverte de l'espèce de bactéries qui fut appelée en son honneur Nocardia. Elle provoque la nocardiose, maladie qui se manifeste surtout chez des animaux économiquement importants, comme chez les bovins sous la forme du farcin, pour lequel il découvrit la première variété de Nocardia, appelée par lui au début Streptothrix farcinica. Nocardia peut aussi provoquer des maladies chez les humains, particulièrement chez les patients immunodéprimés, comme les sidéens.
Dans le domaine de la pathologie vétérinaire il découvrit l'agent pathogène responsable de la mammite enzootique, Streptococcus agalactiae. Il découvrit aussi le microbe qui provoque la péripneumonie bovine et il étudia la psittacose. Sa tombe se trouve au cimetière de Saint-Maurice.


 

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MessagePosté le: Mar 1 Nov - 07:18 (2016)    Sujet du message: (77) SEINE-et-MARNE Répondre en citant

Jacques Amyot, né à Melun le 30 octobre 1513 et mort à Auxerre le 6 février 1593, est un prélat français et l'un des traducteurs les plus renommés de la Renaissance. Il est inhumé à Auxerre
Né de parents pauvres en 1513, il parvient à se rendre à Paris suivre les cours du collège de Navarre où il se met au service de riches étudiants afin de subvenir à ses besoins. Il est l'élève de Pierre Danès. À 19 ans, en 1532, il obtient sa licence à Paris et devient maître des arts. Il décide de poursuivre ses études à l'université de Bourges où enseigne le juriste milanais André Alciat, et devient docteur en droit civil de l'université de Bourges. On trouve alors à Bourges une école de grec ancien et un marché éducatif important. Il a trouvé à s'employer comme précepteur puis comme lecteur de grec ancien et de latin en 1537.


Par l'intermédiaire de Jacques Colin, abbé de Saint-Ambroix à Bourges, aumônier de François Ier, il obtient une place de précepteur de ses neveux, puis des fils de Guillaume Bochetel, secrétaire d'État, et beau-frère de Jean de Morvillier, lieutenant du Berry. Il commence alors ses premières traductions avec la Vie de Démétius de Plutarque, en 1542. Recommandé à Marguerite de Valois, alors duchesse de Berry, il est nommé professeur de latin et de grec à l'université de Bourges. Durant les 10 ans de sa chaire universitaire, il traduit le roman grec Théagène et Chariclée (sous le titre L'Histoire aethiopique) d'Héliodore, parue en 1547, ce qui lui vaut d'être récompensé par François Ier, qui lui octroie le bénéfice de l'abbaye de Bellozane laissée vacante par la mort de François Vatable.
Il est alors en mesure de se rendre en Italie pour étudier le texte de Plutarque conservé au Vatican. Il s'attelle à la traduction des Vies parallèles des hommes illustres (1559-1565). Sur le chemin du retour, il se voit chargé d'une mission pour le concile de Trente. Rentré en France, il est nommé précepteur des fils de Henri II en 1557. Le premier, Charles IX, le nomme grand aumônier en 1561 ; le second, Henri III, le fait commandeur de l'ordre du Saint-Esprit.
Il avait été nommé maître de la Librairie en 1567, après l’éviction de Pierre de Montdoré. Sous son administration, la Bibliothèque du roi fut transportée de Fontainebleau à Paris, sans doute dans une maison particulière louée à cet effet. Au cours de l'année 1593, cette maison fut en partie pillée par les Ligueurs.
 Pie V le nomme évêque d'Auxerre en 1570 à la suite de la mort à Rome de Philibert Babou de La Bourdaisière. Son frère cadet, Jean Amyot, est désigné comme son procureur le 6 février 1570 et prend possession de l'évêché pour lui le 6 mars 1570. Il va développer des actions en faveur des populations de son diocèse mais a conservé ses fonctions à la cour auprès de Charles IX et Henri III. Il est nommé supérieur de l'hôpital des Quinze-Vingts à Paris, en 1572.

Il vit à Auxerre dans la tranquillité, occupé à la réfection du chœur de la cathédrale pour l'adapter à la pastorale prévue par les décisions du concile de Trente et la Contre-Réforme et à ses traductions. En 1579 il donne le règlement de l'Hôtel-Dieu d'Auxerre. Il fait publier le bréviaire en caractères romains en 1580. Il fonde un collège des jésuites, en 1584, qui deviendra l'actuel Lycée Jacques Amyot d'Auxerre. Il se trouve à Blois en décembre 1588 au moment de l'assassinat du duc de Guise et du cardinal de Lorraine. Il fait partie des prélats excommuniés par les résolutions de la faculté de théologie de l'université de Paris pour avoir assisté à la messe du 1er janvier 1589 en compagnie d'Henri III. Ecclésiastique pieux et consciencieux, il s'en tient courageusement à ses principes. Il aurait conseillé à l'aumônier du roi Henri III de refuser l'absolution à l'assassin des princes de Guise, assassinat qu'il est néanmoins soupçonné d'avoir approuvé. Son retour est difficile à Auxerre, perturbé jusqu'à la fin de sa vie par l'insubordination et les révoltes de son clergé malgré une absolution prononcée par le légat Caetani en 1590. Sa maison est pillée et il est contraint de quitter Auxerre pendant quelque temps. Il aurait légué à sa mort 1 200 couronnes à l'hôpital d'Orléans, en raison des « 12 deniers » qu'il y avait reçus quand, « pauvre et nu », il se rendait à Paris.
On lui doit la traduction de sept ouvrages de Diodore de Sicile (1554), les Amours pastorales de Daphnis et Chloë de Longus (1559) et les Œuvres morales de Plutarque (1572). Sa traduction vigoureuse et idiomatique des Vies des hommes illustres a été retraduite en anglais par Thomas North (en) et a fourni à Shakespeare la matière de ses pièces romaines. La première traduction est publiée en 1559 mais elle est revue et corrigée en 1565 et 1567.
Amyot s'intéressa surtout à Plutarque. Il ne publia pas sa traduction de Diodore, dont il avait pourtant découvert le manuscrit. L'intérêt de son travail réside aujourd'hui surtout dans son style. Son ouvrage eut un immense succès et exerça une grande influence sur plusieurs générations d'écrivains français. Montaigne lui rend un chaleureux hommage dans ses Essais (II-4) : « Je donne, avec raison, ce me semble, la palme à Jacques Amyot sur tous nos écrivains français » et : « Nous autres ignorants étions perdus, si ce livre ne nous eût relevés du bourbier ».

 

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