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(76) SEINE-MARITIME
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saintluc
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MessagePosté le: Sam 17 Sep - 06:54 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

La Seine-Maritime, dénommée jusqu'en 1955 Seine-Inférieure, est un département français de la Normandie (anc. Haute Normandie), dont il héberge plus du tiers de la population. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 76.
La Seine-Maritime, baignée par la Manche de l'estuaire de la Seine jusqu'à l'embouchure de la Bresle, faisait partie de la région Haute-Normandie. Elle est limitrophe des départements de la Somme, de l'Oise, du Calvados et de l'Eure.
Le plateau crayeux du pays de Caux occupe la majeure partie du département, qui comprend aussi, à l'Est, le Petit Caux et le pays de Bray, et, au Sud, la vallée de la Seine.
Les principales villes du département sont : Rouen, Le Havre, Dieppe, Fécamp, Elbeuf, Barentin, Yvetot et Lillebonne.

Le département de la Seine-Inférieure est créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de la province de Normandie.
Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes britanniques de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).
Après le coup d'État du 2 décembre 1851 de Napoléon III, la Seine-Inférieure fait partie des départements placés en état de siège afin de parer à tout soulèvement massif7.
Elle prend le nom de « Seine-Maritime » le 18 janvier 1955.

Le tourisme est diversifié entre Rouen, la vallée de la Seine, les stations balnéaires du littoral (Étretat, Fécamp, Dieppe, Le Tréport). On peut également évoquer les ports, parmi lesquels, notamment, Saint-Valery-en-Caux pour la plaisance. La Seine-Maritime présente la particularité de disposer de huit passages d'eaux entre Rouen et l'embouchure de la Seine, permettant la traversée de celle-ci par des bacs amphidromes, en l'absence de ponts.

Abbayes:
Aumale : collégiale devenue abbaye Saint-Martin d’Auchy en 1120 ; bénédictins ; hommes ;
Bacqueville-en-Caux ? : Monasteriolum ; viie ;
Beaubec-la-Rosière : abbaye Saint-Laurent ; v. 1127 ; cisterciens ; hommes ;
Bellencombre ? : Warinna ; haut Moyen Âge ;
Brémontier-Merval : abbaye Notre-Dame de Bellozanne ; 1198 ; prémontrés ; hommes ;
Caudebec-en-Caux : Logium ; v. 654 ; o ? ; femmes ;
Duclair : abbaye ; connue fin viie ;
Eu : abbaye Notre-Dame ; 1119 ; augustins ; hommes ;
Fécamp : abbaye de la Trinité de Fécamp ; v. 659 ; bénédictins ; hommes ;
Foucarmont : abbaye Notre-Dame et Saint Jean ; v. 1130 ; cisterciens ; hommes ;
Gruchet-le-Valasse : abbaye Notre-Dame du Vœu ; v. 1149 ; cisterciens ; hommes ;
Jumièges : abbaye Saint-Pierre ; v. 654 ; bénédictins ; hommes ;
Le Bourg-Dun ? : Evrard Ecclesia ; haut Moyen Âge ;
Le Tréport : abbaye Saint-Michel ; v. 1058 ; bénédictins ; hommes  ;
Longueil : abbaye ; cité en 833 ;
Montivilliers : abbaye Sainte Marie ; v. 684 ; bénédictins ; femmes ;
Nesle-Hodeng : abbaye Sainte-Marie-Madeleine de Bival ; 1175 ; bénédictins ; femmes ;
Notre-Dame-de-Bondeville : prieuré (entre 1128-1147) puis abbaye Notre-Dame ; 1657 ; cistercien ; femmes ;
Pavilly: abbaye de Pavilly ; v. 660 ; bénédictins ; femmes
Rouen : abbaye Saint-Amand ; v. 1042 ; bénédictins ; femmes ;
Rouen : abbaye Saint-Ouen ; v.755 ; bénédictins ; hommes ;
Rouen : Abbaye Sainte-Catherine du Mont; 1030 ; bénédictins; hommes ;
Saint-Martin-de-Boscherville : abbaye de Saint-Georges-de-Boscherville ; v. 1113 ; bénédictins ; hommes ;
Saint-Saëns : abbaye de Saint-Saëns ; v. 675 puis 1187; cisterciens ; femmes ;
Saint-Saire : abbaye ; connu en 833 ;
Saint-Victor-l'Abbaye : abbaye de Saint-Victor-en-Caux ; 1074 ; bénédictins ; hommes ;
Saint-Wandrille-Rançon ; abbaye de Fontenelle; 649 ; bénédictins; hommes ;
Sept-Meules : abbaye ; connu en 750 ; femmes ;
Sigy-en-Bray : abbaye Saint-Martin et Saint-Vulgain ; v. 1040 ; bénédictins ; hommes ;
Valmont : abbaye Sainte-Marie puis Notre-Dame du Pré (ou abbaye de Thérouldeville) ; v. 1169 ; bénédictins ; hommes (bénédictines depuis 1994).
Villequier, sur une île de la Seine disparue : Belcinnaca ; haut Moyen Âge ;
Ouville-l'Abbaye, les chartreuses Saint-Julien lès Rouen et Notre-Dame de la Rose, Sainte-Honorine de Graville sont désignés par abus abbaye mais n'étaient que des prieurés.

 Routes touristiques:
la route des abbayes, qui va de l'abbaye de Graville, au Havre, à celle de Saint-Ouen, à Rouen, en passant par Montivilliers, l'abbaye de Gruchet-le-Valasse, l'abbaye de Saint-Wandrille, l'abbaye de Jumièges et celle de Saint-Martin-de-Boscherville ;
la route de l'ivoire (Dieppe, Yvetot) ;
la route du verre (pays de Bray) ;
la route des colombiers (pays de Caux) ;
la route des fruits (vallée de la Seine), l'été.

Les principaux sites sont le Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande, la côte d'Albâtre avec ses plages de galets et ses falaises, le parc de découverte Eana, sur l'écologie et les plantes (plusieurs activités pour les enfants), et le jardin botanique du Bois des Moutiers, parc de 12 hectares à Varengeville-sur-Mer.
Les principaux châteaux sont le château d'Arques-la-Bataille (vestiges), le château d'Ételan (Renaissance flamboyante) à Saint-Maurice-d'Ételan, le château de Filières (xvie au xviiie siècle) à Gommerville, le château de Miromesnil près de Dieppe, lieu de naissance de Guy de Maupassant, le château de Cany-Barville et le château de Galleville à Doudeville.

 

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MessagePosté le: Sam 17 Sep - 06:54 (2016)    Sujet du message: Publicité

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saintluc
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MessagePosté le: Dim 18 Sep - 08:18 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

Le Havre est une commune française du nord-ouest de la France, en Normandie (anc. Haute-Normandie) située sur la rive droite de l'estuaire de la Seine. Son port est le deuxième de France après celui de Marseille pour le trafic total, et le premier port français pour les conteneurs.


La ville et le port sont officiellement fondés par le roi François Ier en 1517. Le développement économique à l'époque moderne est entravé par les guerres de religion, les conflits avec les Anglais, les épidémies et les tempêtes. C'est à partir de la fin du xviiie siècle que Le Havre s'agrandit et que le port prend son essor grâce à la traite négrière puis au commerce international. Après les bombardements de 1944, l'atelier d'Auguste Perret entreprend de reconstruire la cité en béton. L'industrie du pétrole, de la chimie et de l'automobile sont dynamiques pendant les Trente Glorieuses mais les années 1970 marquent la fin de l'âge d'or des paquebots et le début de la crise économique : la population diminue, le chômage augmente et reste à un niveau élevé encore aujourd'hui. Les changements des années 1990-2000 sont nombreux. La droite remporte les élections municipales ; la ville s'engage sur le chemin de la reconversion en cherchant à développer le secteur tertiaire et de nouvelles industries (aéronautique, éoliennes). Port 2000 accroît la capacité d'accueil des conteneurs pour concurrencer les ports du nord de l'Europe, les quartiers sud se transforment, les paquebots font leur retour. En 2005, l'Unesco inscrit le centre-ville du Havre au patrimoine mondial de l'humanité. Le musée d'art moderne André-Malraux devient le deuxième de France pour le nombre de toiles impressionnistes.
Le Havre reste profondément marqué par sa tradition ouvrière et maritime. La ville est connue nationalement grâce à ses clubs sportifs d'envergure nationale (Le Havre Athletic Club en football, Saint-Thomas Basket et l'équipe féminine de handball du HAC).


Le Havre appartient à l'ensemble géologique du bassin parisien, formé à l'ère secondaire. Ce dernier se compose de roches sédimentaires. La commune du Havre se compose de deux ensembles naturels séparés par une falaise morte ou « côte » : d'une part la ville basse, au sud, comprend le port, le centre-ville et les quartiers périphériques. Elle a été construite sur d'anciens marais et vasières qui ont été drainés à partir du xvie siècle. Le sol est constitué de plusieurs mètres d'alluvions déposées par la Seine6. Le centre-ville, reconstruit après la Seconde Guerre mondiale, repose sur environ un mètre de gravats aplanis.
La ville haute au nord, fait partie du plateau cauchois : le quartier de Dollemard est sa partie la plus élevée (entre 90 et 115 mètres d'altitude). Le plateau est recouvert d’une couche d’argile à silex et d'un limon fertile. Le sous-sol est constitué d'une grande épaisseur de craie, pouvant mesurer jusqu’à 200 mètres de profondeur. En raison de sa pente, la côte est affectée par le risque d'éboulements

Le nom de la ville est attesté en 1489, avant même sa fondation par François Ier, sous la forme le Hable de Grace, puis ville de Grace en 1516, deux ans avant sa fondation officielle. L'appellation savante et transitoire de Franciscopolis en hommage à ce même roi, rencontrée dans certains documents, puis celle du Havre-Marat, en référence à Jean-Paul Marat au moment de la Révolution française, ne se sont pas imposées. Cependant, cette dernière explique pourquoi le déterminant complémentaire -de-Grâce n'a pas été rétabli. Ce qualificatif se référait sans doute à la chapelle Notre-Dame, située à l'emplacement de la cathédrale du même nom. On remarque qu'elle faisait face à la chapelle Notre-Dame de Grâce de Honfleur de l'autre côté de l'estuaire.
Le nom commun havre, synonyme de port, sorti de l'usage à la fin du xviiie ou au xixe siècle, est conservé dans l'expression havre de paix. Il est généralement considéré comme un emprunt au moyen néerlandais au xiie siècle. Son origine germanique explique l'« aspiration » du h initial. Cependant, de nouvelles recherches mettent l'accent sur le fait que le terme qui est attesté très tôt (dès le début du xiie siècle) et dans des textes normands sous les formes hable, hafne, havene, havne et haule, rend peu probable une origine néerlandaise. Par contre, une étymologie scandinave est pertinente étant donné l'ancien appellatif norrois höfn (génitif hafnar, vieux danois hafn), désignant un « port de mer naturel, havre » et l'évolution phonétique du terme étrave d'origine scandinave assurée, attesté lui aussi sous des formes analogues comme estable et qui remonte probablement à l'ancien scandinave stafn. Ce mot de vieux norrois se perpétue dans les langues nordiques modernes : islandais höfn, féroien havn et norvégien / danois havn

Fondée le 8 octobre 1517 par François Ier, la ville du Havre est une création relativement récente. Elle connait un fort essor démographique grâce au dynamisme de son port aux xviiie et xixe siècles. Les bombardements de 1944 marquent une césure importante dans l'histoire de la ville et dans l'esprit de ses habitants. Aujourd'hui, les projets urbains et portuaires se multiplient pour faire face aux défis économiques et sociaux du xxie siècle.
La présence humaine sur le territoire havrais remonte à la Préhistoire, vers 400 000 av. J.-C. Plusieurs vestiges datant du Néolithique ont été exhumés en ville basse et dans la forêt de Montgeon: c'est à cette époque que la population augmente et se sédentarise dans les premiers hameaux. Au cours de l'âge du fer, le peuple celte des Calètes s'installe dans la région. Dès l'Antiquité, le trafic fluvial sur la Seine fait vivre les cités gallo-romaines de l'estuaire. Une voie romaine relie sans doute Lillebonne (Juliobona) à l'embouchure de la Seine et passe par le territoire actuel de la commune du Havre.

Les premières mentions de l'abbaye de Graville remontent au ixe siècle, celles de Sanvic sur le plateau, du village de Leure et de son port de commerce apparaissent au xie siècle. Ce dernier sert d'abri aux navires qui attendaient la marée permettant d'entrer dans le port d'Harfleur situé en amont. C'est à cette époque que Guillaume Malet, compagnon de Guillaume le Conquérant se fait construire un château à Graville et une motte féodale à Aplemont. Plusieurs hameaux de pêcheurs et d'agriculteurs, les premières paroisses, se créent au Moyen âge classique. Pendant la guerre de Cent Ans, les ports fortifiés de Leurre et d'Harfleur subissent des destructions. Au début du xvie siècle, la croissance des échanges commerciaux, l'ensablement du port d'Harfleur et la crainte d'un débarquement anglais poussent le roi François Ier à fonder le port du Havre et la ville.

Le 8 octobre 1517, François Ier signe la charte de fondation du port dont les plans sont confiés d'abord au vice-amiral Guyon le Roy. La « grosse tour » en défend l'entrée. Malgré les difficultés liées au terrain marécageux et aux tempêtes, le port du Havre accueille ses premiers navires en octobre 1518. Le roi se déplace lui-même en 1520, rend perpétuels les privilèges des Havrais et leur donne ses propres armoiries constituées d'une salamandre. La fonction militaire est aussi encouragée : Le Havre est un des points de rassemblement de la flotte française pendant les guerres. Des navires partent également pêcher la morue à Terre-Neuve.
Le Nouveau Monde attire les aventuriers et quelques-uns partent du Havre, comme Villegagnon qui fonde une colonie au Brésil (Fort-Coligny) en 1555. Aujourd'hui encore, une place des cannibales rappelle ces liens anciens avec l'Amérique. À la fin du xvie siècle, la contrebande prend son essor et Le Havre voit arriver des produits américains comme des cuirs, du sucre et du tabac. Un des principaux acteurs de ce trafic interlope est un explorateur et cartographe, Guillaume Le Testu (1509-1573) : un quai au Havre porte toujours son nom.
En 1525, une tempête provoque la mort d'une centaine de personnes, la destruction de 28 bateaux de pêche et de la chapelle Notre-Dame. En 1536, cette dernière est reconstruite en bois avec des piliers en pierres sous la direction de Guillaume de Marceilles. Une tour gothique coiffée d'une grande flèche octogonale est ajoutée en 1540. La même année François Ier confie le projet d'urbanisme et de fortification à l'architecte italien Girolamo Bellarmato. Celui-ci a les pleins pouvoirs et organise le quartier Saint-François selon des normes précises (plan orthogonal, limitation de la hauteur des maisons, etc.). La première école et la halle aux grains sont érigées. Les années 1550 voient la création de plusieurs institutions municipales : l'hôtel de ville, l'amirauté, l'hôpital, le siège de la vicomté et du bailliage

La Réforme connaît un relatif succès en Normandie. Dès 1557, Jean Venable, libraire colporteur de Dieppe, diffuse en pays de Caux et en Basse-Normandie les écrits de Martin Luther et de Jean Calvin. Un premier temple protestant est construit au Havre en 1600 dans le quartier de Sanvic, à l'emplacement du 85, rue Romain Rolland. Il est détruit en 1685, à la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV. Il faut attendre 1787 et l'Édit de tolérance du roi Louis XVI, pour que les protestants havrais ouvrent à nouveau un lieu de culte dans le quartier Saint-François.
Le Havre est touché par les Guerres de religion : le 8 mai 1562, les réformés prennent la ville, pillent les églises et expulsent les catholiques. Redoutant une contre-attaque des armées royales, ils se tournent vers les Anglais qui leur envoient des troupes. Les occupants construisent des fortifications en vertu du traité d'Hampton Court. Les troupes de Charles IX, commandées par le connétable de Montmorency, attaquent Le Havre et les Anglais sont finalement chassés le 29 juillet 1563. Le fort bâti par les Anglais est détruit et la tour de Notre-Dame est abaissée sur les ordres du roi de France. Celui-ci ordonne la construction d'une nouvelle citadelle qui est achevée en 1574. De nouvelles fortifications sont mises en place entre 1594 et 1610. En 1581 débute l'aménagement d'un canal entre Harfleur et l'estuaire de la Seine.


La fonction de défense du Havre est réaffirmée et la modernisation du port débute au xvie siècle, sur ordre du cardinal de Richelieu, gouverneur de la ville : l'arsenal et le bassin du Roy sont aménagés, les remparts sont renforcés et une forteresse est construite. C'est dans cette dernière que Mazarin fait emprisonner les princes frondeurs, Longueville, Conti et Condé. Au début du règne de Louis XIV, Colbert décide de rénover les infrastructures portuaires et militaires : les travaux durent 14 ans. En 1669, le ministre inaugure le canal du Havre à Harfleur, appelé aussi « canal Vauban ».
Le Havre affirme sa vocation maritime et internationale au cours du xviie siècle : la Compagnie de l'Orient s'y installe dès 1643. On importe d'Amérique des produits exotiques (sucre, coton, tabac, café et diverses épices). La traite des Noirs enrichit les négociants locaux, surtout au xviiie siècle. Avec 399 expéditions négrières aux xviie et xviiie siècles, Le Havre figure au troisième rang des ports français ayant pratiqué la traite atlantique, derrière Nantes et La Rochelle. Cependant, le commerce maritime est soumis aux relations internationales et au contexte européen : les guerres de Louis XIV et de Louis XV interrompent momentanément l'essor du Havre. Les Anglo-Hollandais bombardent la ville à plusieurs reprises, notamment en 1694 et en 1696.
En 1707, le capitaine havrais Michel Dubocage explore l'océan Pacifique à bord de la Découverte et atteint l'île de Clipperton. À son retour au Havre, fortune faite, il monte une maison de négoce et achète un hôtel particulier au cœur du quartier Saint-François ainsi que la seigneurie de Bléville. Un autre capitaine havrais Jean-Baptiste d'Après de Mannevillette (1707-1780) travaille pour la Compagnie des Indes et cartographie les côtes de l'Inde et de la Chine. À partir du milieu du xviiie siècle, les riches négociants se font construire des résidences sur la côte. En 1749, Madame de Pompadour veut voir la mer : Louis XV choisit Le Havre pour satisfaire le désir de sa maîtresse. C'est une visite ruineuse pour les finances de la ville. L'essor économique du Havre se traduit par un accroissement de sa population (18 000 habitants en 1787) mais aussi par des transformations dans le port et la ville : installation d'une manufacture de tabac dans le quartier Saint-François, expansion des chantiers navals, nouvel arsenal, bourse de commerce. Lors d'une visite en 1786, Louis XVI approuve le projet d'extension de la ville et c'est François Laurent Lamandé qu'il choisit pour se charger de multiplier par quatre la surface de la ville.


Entre 1789 et 1793, le port du Havre est le deuxième en France, après celui de Nantes. Le commerce triangulaire se poursuit jusqu'à la guerre et l'abolition de la traite. Le port reste toujours un enjeu stratégique à cause du commerce des céréales (ravitaillement de Paris) et de sa proximité avec l'ennemi britannique.
Les événements nationaux de la Révolution française trouvent un écho au Havre : les délégués pour les Cahiers de Doléances sont élus en mars 1789. Des émeutes populaires surviennent en juillet, la garde nationale est formée quelque temps plus tard. L'élection d'un maire a lieu en 1790, année de célébration de la Fête de la Fédération. L'année 1793 est difficile pour la France comme pour Le Havre à cause de la guerre, des insurrections fédéralistes et du marasme économique. La Terreur religieuse transforme la cathédrale Notre-Dame en temple de la Raison. La ville acquiert le statut de sous-préfecture par la réforme administrative de l'An VIII. Sous l'Empire, Napoléon Ier vient au Havre et ordonne la construction de forts. Une chambre de commerce est fondée en 1800 mais, à cause de la guerre contre la Grande-Bretagne et du blocus continental, l'activité du port se réduit et celle des corsaires s'accroît. La population du Havre diminue jusqu'à compter 16 231 habitants en 1815


L'arrêt des guerres révolutionnaires et napoléoniennes permet au commerce de reprendre normalement à mesure que s'éloigne la menace britannique. Le contexte de paix retrouvée et d'essor économique entraîne un afflux important de population. Les Havrais sont vite à l'étroit dans les murailles et de nouveaux quartiers apparaissent. Mais beaucoup d'indigents s'entassent dans le quartier insalubre de Saint-François. Les épidémies de choléra, de typhoïde et de « fièvres » font plusieurs centaines de morts dans les années 1830-1850. L'alcoolisme et la mortalité infantile font des ravages dans les classes les plus pauvres. Tout au long du xixe siècle, l'aspect cosmopolite de la cité portuaire ne fait que se renforcer : dans les temps de prospérité maritime, la main d'œuvre du pays de Caux est poussée vers Le Havre à cause de la crise du tissage. L'implantation d'une large communauté bretonne (10 % de la population havraise à la fin du xixe siècle) modifie la vie culturelle du Havre. La réussite économique de la ville attire des entrepreneurs anglo-saxons, nordiques et alsaciens.
La ville et son port se transforment grâce à de grands travaux d'aménagement, en partie financés par l'État, qui s'étalent tout au long du xixe siècle, parfois interrompus par les crises politiques ou économiques. Ainsi plusieurs projets sont menés à bien comme la construction d'une nouvelle bourse et du bassin du commerce dès la première moitié du siècle. L'installation progressive de l'éclairage au gaz à partir de 1835, de l'enlèvement des ordures (1844) et des égouts dénote un souci de modernisation urbaine. Au milieu du siècle, les vieux remparts sont rasés et les communes limitrophes sont annexées : par conséquent, la population de la ville du Havre augmente brusquement. La période 1850-1914 constitue l'âge d'or du Havre ; en effet, hormis quelques années de dépression (guerre de Sécession, guerre franco-prussienne), le commerce explose et la ville s'embellit de constructions édilitaires (grands boulevards, hôtel de ville, palais de justice, nouvelle bourse).
Les effets de la révolution industrielle sont de plus en plus visibles au Havre : la première drague à vapeur est utilisée en 1831. Les chantiers de construction navale se développent avec Augustin Normand. Frédéric Sauvage met au point ses premières hélices au Havre en 1833. Le chemin de fer arrive en 1848 et permet de désenclaver Le Havre. Les docks sont construits à la même époque, de même que des magasins généraux. Le secteur industriel reste cependant minoritaire au xixe siècle : les usines sont en relation avec le trafic portuaire (chantiers navals, raffineries de sucre, fabriques de cordes, etc.). Le secteur bancaire se développe, même s'il demeure largement tributaire de l'extérieur. La ville compte peu de professions libérales et de fonctionnaires. Le nombre d'écoles reste insuffisant jusque dans les années 1870.
Les voyages transatlantiques en paquebot se développent dès les années 1830.
À la veille de la Première Guerre mondiale, Le Havre est le premier port européen pour le café; il importe quelque 250 000 tonnes de coton et 100 000 tonnes de pétrole. Le cabotage européen apporte du bois, de la houille et du blé d'Europe du Nord, du vin et de l'huile de Méditerranée. Le Havre reste une porte d'entrée pour les marchandises américaines mais aussi un point de passage pour les candidats à l'émigration vers les États-Unis.
Sous la Monarchie de Juillet, Le Havre devient une station balnéaire fréquentée par les Parisiens. La création des bains maritimes remonte à cette époque. C'est en 1889 que le boulevard maritime est construit, dominé par la villa maritime. Le casino Marie-Christine (1910) et le palais des Régates (1906) rassemblent la bourgeoisie, alors que les premières cabanes sont installées sur la plage. La fin du xixe siècle et la Belle Époque annoncent cependant des tensions sociales exacerbées par l'inflation et le chômage. À partir de 1886, l'agitation ouvrière, que soutiennent les socialistes de plus en plus influents, secoue la ville. L'affaire Jules Durand est symptomatique de ce contexte


Le bilan humain de la Première Guerre mondiale est lourd pour la cité : environ 6 000 morts havrais, pour la plupart des soldats partis au combat. La ville est épargnée par les destructions massives car le front se situe beaucoup plus au nord. Plusieurs navires sont néanmoins torpillés par les sous-marins allemands dans la rade. Un des faits notables de la guerre est l'installation du gouvernement belge à Sainte-Adresse, dans la banlieue du Havre, celui-ci ayant été contraint de fuir l'occupation allemande. La ville sert de base arrière pour l'Entente, notamment pour les navires de guerre britanniques : 1,9 million de soldats britanniques passent par le port du Havre.
L'entre-deux-guerres est marqué par l'arrêt de la croissance démographique, l'agitation sociale et la crise économique. Au sortir du conflit ; l'inflation ruine de nombreux rentiers. La ville est devenue largement ouvrière. Les pénuries et la vie chère provoquent la grande grève de 1922 au cours de laquelle l'état de siège est proclamé. En 1936, l'usine Bréguet du Havre est occupée par les grévistes: c'est le début du mouvement ouvrier sous le Front Populaire. Sur le plan économique, la forte croissance de la deuxième moitié du xixe siècle semble révolue. Les ports du nord de l'Europe concurrencent sérieusement Le Havre et les grands travaux d'aménagement portuaire sont ralentis. Cependant, les importations de pétrole continuent d'augmenter et des raffineries voient le jour à l'est du Havre. La crise mondiale de 1929 et les mesures protectionnistes entravent le développement du commerce. Seul le secteur du voyage se porte relativement bien, avec 500 000 voyageurs transportés en 1930. Le paquebot Le Normandie rallie New York en 1935.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands occupent Le Havre à partir du printemps 1940, provoquant l'exode d'une partie de sa population. Ils implantent une base navale dans le cadre de la préparation de l'invasion du Royaume-Uni (Opération Seelöwe) et aménagent la Festung Le Havre, ligne de casemates, blockhaus et batteries d'artillerie intégrée au mur de l'Atlantique. Pour les Havrais, la vie quotidienne est difficile à cause des pénuries, de la censure, des bombardements et de la politique antisémite : ainsi, le maire Léon Meyer est contraint de quitter son poste à cause de ses origines juives. La résistance havraise se constitue autour de plusieurs noyaux comme le groupe du lycée du Havre ou encore celui du Vagabond Bien-Aimé. Ces groupes participent au renseignement des Britanniques et à des actions de sabotage en vue du débarquement du 6 juin


Le Havre subit 132 bombardements planifiés par les Alliés au cours de la guerre. En 1942, le quartier de la gare est détruit. Plus tard, à la Libération, les nazis détruisent également les infrastructures portuaires et coulent des navires avant de quitter la ville.
Mais les destructions les plus importantes surviennent les 5 et 6 septembre 1944 lorsque les avions anglais bombardent le centre-ville et le port pour affaiblir l'occupant dans le cadre de l'Opération Astonia. En sept jours, les bombardiers de la Royal Air Force ont opéré sur le Havre un peu plus de 2000 sorties et ont déversé quelques 10 000 tonnes de bombes.
Le bilan des bombardements est lourd : 5 000 morts (dont 1 770 en 1944) 75 000 à 80 000 sinistrés, 150 hectares rasés, 12 500 immeubles détruits. Le port est également dévasté et quelque 350 épaves gisent au fond de l'eau. Le Havre est libéré par les troupes alliées le 12 septembre 1944.
L'enjeu stratégique de cette destruction n'est pas clair: Le port était déjà inutilisable, et la garnison allemande de 12.000 hommes était située sur les hauteurs, tandis que l'état-major était logé loin du centre-ville

Le général De Gaulle fait une visite au Havre le 7 octobre 1944. La ville reçoit la Légion d'honneur le 18 juillet 1949 pour « l'héroïsme avec lequel elle a supporté ses destructions ».
Au printemps 1945, le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme confie le projet de reconstruction du centre-ville du Havre à l'atelier Perret. Il souhaite faire table rase des anciennes structures et appliquer les théories du classicisme structurel. Le matériau retenu pour l'édification des bâtiments est le béton et le plan général est une trame orthogonale. Officiellement, la reconstruction s'achève au milieu des années 1960. Le musée d'art moderne et la première maison de la culture du pays sont inaugurées en 1961 par André Malraux. La commune s'agrandit par annexion de Bléville, Sanvic et Rouelles. À partir des années 1970, les difficultés économiques sont dues à la désindustrialisation marquée par la fermeture des ACH en 1999 par exemple et aux transformations du commerce portuaire (1974 voit aussi se terminer le service de ligne pour New York du paquebot France). La crise pétrolière participe au marasme industriel. Depuis, la ville s'est engagée dans un processus de reconversion essentiellement tournée vers le secteur tertiaire : ouverture de l'université dans les années 1980, développement du tourisme, modernisation du port (Port 2000)

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saintluc
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MessagePosté le: Lun 19 Sep - 08:17 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

Rouen est une commune du nord-ouest de la France traversée par la Seine, préfecture du département de la Seine-Maritime et préfecture de la région Normandie
Rouen se trouve à 136 km à l'ouest de Paris.
À l'origine, la ville se situait sur la rive droite de la Seine. Aujourd'hui, elle inclut la rive gauche (quartier Saint-Sever en particulier, au sud du fleuve) et l'île Lacroix. Le nord de la ville (Hauts de Rouen), très vallonné, est dominé par un plateau, où on trouve une partie des villes de l’agglomération.
La Seine couvre 179 ha de la superficie de la ville. On compte 306 ha d'espaces verts, 210 km de voies dont 16 km de pistes cyclables et 8 km de rues piétonnes, dont la rue du Gros-Horloge, qui fut en France la première rendue aux piétons (1971).


Le port de Rouen a été l'un des plus importants ports français d'importation d'agrumes et de fruits tropicaux. Dans la deuxième moitié du xixe siècle, à la suite de la destruction de la quasi-totalité des vignobles français par le phylloxéra, l'activité portuaire a fortement augmenté avec l'importation de la production vinicole de l'Algérie.
La transformation du port en a fait le premier port européen exportateur de céréales ; c'est aussi le premier port céréalier français. Un terminal pour conteneurs a aussi trouvé place dans l'activité portuaire.
De grands armateurs ont marqué l'histoire portuaire. Des rues et des avenues de l'agglomération portent leurs noms. Il en est de même pour les anciennes activités maritimes avec l'Afrique du Nord (avec les rues de Tanger, de Constantine, etc.). Jusqu'au début des années 1960, le port étendait son emprise au cœur même de la ville et les navires de commerce accostaient jusqu'au pont Jeanne-d'Arc, presque en face de l'ancienne gare routière (rue Saint-Éloi).
L'abbatiale Saint-Ouen, contiguë à l'hôtel de ville, est l'aboutissement de la Route des abbayes de la vallée de la Seine (Saint-Wandrille, Jumièges, Saint-Martin-de-Boscherville).
Douze villes sont limitrophes de Rouen : Mont-Saint-Aignan, Bois-Guillaume, Bihorel, Saint-Martin-du-Vivier, Darnétal, Saint-Léger-du-Bourg-Denis, Bonsecours, Sotteville-lès-Rouen, Le Petit-Quevilly, Le Grand-Quevilly, Canteleu et Déville-lès-Rouen.

Le lieu est attesté sous les formes Ratumacos (monnayage des Véliocasses), Ρατό-μαγοϛ (Ratomagos, Ptolémée), Ratomagos (Itinéraire d'Antonin, Peutinger), Rotomagus (Ammien Marcellin, Notitia dignitatum), in Rodomo en 779, Rodomo , Rodom, Rothom au Moyen Âge, Ruëm vers 1130, Roüan sous l'Ancien Régime, etc.
François de Beaurepaire note une alternance des formes en Rato- et en Roto-. L'élément Roto- se retrouve en Normandie dans Le Vaudreuil (Eure, jadis Rotoialum, Rothoialensis villa 584 ; avec gaulois *ialon « lieu défriché, clairière » cf. gallois tir ial). Quant à Rato-, on l'observe dans Reviers (Calvados, Radaverum 1077, avec gaulois var- / ver- « eau, rivière »).
Xavier Delamarre considère implicitement Rato- dans ce cas, comme une variante de Roto-, tout en ajoutant à propos du Ratumacos inscrit sur les pièces de monnaie des Véliocasses : « Mais il s'agit peut-être d'un autre mot ». Le sens de *roto- est restitué d'après le vieil irlandais roth « course » et le gallois rhod « course, roue, objet rond » (cf. latin rota « roue », allemand Rad « roue »), issus de l'indo-européen *ret(h) « courir, aller en char », d'où la signification déduite en gaulois de « roue » ou « course de char ». L'interprétation du second élément est plus assurée : il est issu du gaulois *magos « champ », puis « marché » cf. vieil irlandais mag « plaine, champ », vieux breton ma « lieu, endroit ». Le sens général de *Rotomagos serait donc celui de « marché de la roue » ou plutôt de « champ de courses » au regard de la passion qu'éprouvaient les Celtes pour les courses de chars.
Patrice Lajoye, rappelant que les formes les plus anciennes du nom sont en rato-, penche davantage pour une étymologie en « fortune, grâce » et pour une interprétation en « marché de la (bonne) fortune », lieu désignant une place commerciale; cependant, ni les toponymistes Albert Dauzat et François de Beaurepaire, ni le linguiste Xavier Delamarre n'envisagent cette hypothèse. Ce dernier, dans l'entrée de son Dictionnaire consacrée à rato-, ratu- « fortune, grâce », n'émet pas l'hypothèse qu'un nom de lieu ait pu être créé à partir de cet élément.
On trouve en France de nombreux homonymes : Ratomagos (ancien nom de Senlis), Pondron (Oise, Rodomo 920), les différents Ruan, Rouans (Loire-Atlantique, Roem 1134), Rom (Deux-Sèvres, Rodom 961).
La langue islandaise est la seule langue scandinave à avoir conservé le nom de Rúðuborg (is) qui est l'adaptation par les Vikings du nom médiéval de la ville.

Un établissement s'est développé à la fin de l'indépendance celte ou à l'époque gallo-romaine pour devenir la capitale de la tribu des Véliocasses, peuple celte (gaulois) dont le territoire s'étendait dans la vallée de la Seine sur une région s'étendant peut-être de Caudebec-en-Caux actuel à Briva Isarae (Pontoise). La cité proprement dite a été fondée sur la rive droite de la Seine pendant le règne d’Auguste et elle était la deuxième ville la plus importante de la Gaule derrière Lugdunum (Lyon).
Au iiie siècle ap. J.-C., la ville gallo-romaine a atteint son plus fort développement. On sait qu'un amphithéâtre et de grands thermes y avaient été bâtis. Le cardo de Rotomagus (axe nord-sud) est marqué dans le tracé actuel de la ville par la rue Beauvoisine, la rue des Carmes et la rue Grand-Pont. Le tracé du decumanus (axe ouest-est)" est moins assuré : une hypothèse propose qu'il parte du débouché de la voie venant de Juliobona (Lillebonne) par la cavée Saint-Gervais, la rue Cauchoise, la place du Vieux-Marché, la rue du Gros-Horloge. Vers l'est, c'est très incertain. Un autre tracé plus septentrional passe par la rue des Bons-Enfants et la rue Ganterie.
À partir du milieu du ive siècle, les invasions germaniques commencent. C'est pendant cette période que la première cathédrale a été construite et qu'un premier évêque a été nommé, saint Victrice. Ce dernier relate en effet dans son De laude domini (396) la construction d'une basilique pour abriter les reliques qu'il a reçues d'Ambroise de Milan. Il faisait référence à l'église Saint-Étienne qui était alors en construction.

À partir de 841, les Vikings ont effectué de fréquentes incursions en vallée de Seine et ont, en 841, ravagé Rouen. La Chronique de Fontenelle rapporte brièvement : « L’an de l’incarnation du Seigneur 841, les Vikings arrivèrent avec leur chef Oscherus et brûlèrent la ville de Rouen le 14 mai. »
Rouen, attaquée à nouveau par les Nortmanni en 843, est devenue la capitale du duché de Normandie après que Rollon, chef viking, eut obtenu une région équivalente en taille à l'ancienne Haute-Normandie (Seine-Maritime et Eure), du roi de France Charles III, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911. Il a été fait comte de Rouen, au sens carolingien du terme, mais les textes de l'époque parlent plus fréquemment de « prince » (princeps).
En 949, le duc de Normandie Richard Ier, dit « Sans Peur », a battu, lors du siège de Rouen, une grande coalition réunissant le roi de France Louis IV d'Outremer, l'empereur germanique Othon le Grand et le comte de Flandre. Cette victoire a été décisive pour l'avenir de la Normandie ; une plaque est apposée sur une maison de la place de la Rougemare, en souvenir de cet évènement sanglant.
L'œuvre de Guillaume le Conquérant permet à la Normandie de devenir la province la plus puissante d'Europe. S'il installe la capitale politique à Caen, Rouen reste la capitale économique et religieuse. C'est d'ailleurs à Rouen que Guillaume mourra en 1087.
Au xe siècle, Ibrahim ibn Ya'qub, marchand arabe envoyé par le calife Omeyade de Cordoue, a décrit ainsi la ville :
«  Rudhûm (Rouen). Ville dans la terre des Francs, construite en moellons de réemploi, sur le fleuve Shaqana (la Seine). La vigne et le figuier n'y réussissent absolument pas, en revanche elle est fertile en blé et en seigle. On pêche dans le fleuve un poisson qu'ils appellent salmûn (saumon) et un autre, plus petit, dont le goût et l'odeur rappellent ceux du concombre. On dit que ce poisson existe également dans le Nil où il s'appelle al-'ayr [mulet]. J'ai vu à Rouen un jeune homme dont la barbe atteignait les genoux. Quand il la peignait, elle les dépassait de quatre doigts. Il avait peu de poils aux joues et jura que six ans auparavant il était imberbe. Il paraît qu'à Rouen, en hiver, lorsqu'il fait très froid, une espèce d'oie blanche au bec et aux pattes rouges qui s'appelle gânsh (germanique gans), fait son apparition. »
Dès la période viking, la ville était devenue un port de commerce avec la région parisienne et un marché d’esclaves. Le 26 janvier 1096, les juifs de Rouen, qui formaient la plus grande communauté au nord de la Loire, furent massacrés en relation avec la flambée d'hostilité à leur égard suscitée par l'appel à la première Croisade lancé par le pape Urbain II fin 1095.
Les ducs de Normandie ont résidé à Rouen, cependant, Guillaume le Conquérant préféra développer Caen comme capitale du grand duché de Normandie, ville dans laquelle se trouve d'ailleurs sa sépulture. Par contre, le cœur d'un de ses descendants, Richard Ier d'Angleterre dit Cœur de lion, sera conservé dans le tombeau à gisant que l'on peut voir dans le déambulatoire de la cathédrale. Rouen redevient la capitale de la Normandie
En 1150, Rouen a obtenu une charte communale ; la ville était alors administrée par les Cent Pairs et les habitants étaient regroupés en corporations et confréries de métiers. Rouen était un centre de commerce important, exportant du sel et du poisson vers Paris et du vin vers l'Angleterre.

En 1200, la cathédrale de Rouen a dû être reconstruite à la suite d'un incendie qui a ravagé la ville, et ce chantier va durer plusieurs siècles.
Le roi de France Philippe Auguste a pris la ville le 24 juin 1204, après 40 jours de siège. Le capitaine et gouverneur Pierre de Préaux signe l'acte de capitulation en constatant que le secours de Jean n'arrive pas. La Normandie est rattachée au domaine royal en 1204. Il a maintenu les privilèges communaux mais a fait détruire le château ducal et construire le château de Rouen pour surveiller la cité. Celui-ci a été édifié sur l’ancien site de l’amphithéâtre gallo-romain et a pris le nom de château Bouvreuil. Détruit à la fin du xve siècle, le château de Rouen a servi de carrière, et seul le célèbre donjon, dit tour Jeanne-d'Arc, restauré par Viollet-le-Duc, subsiste. Malgré son nom, cette tour n'a pas été le lieu d’emprisonnement de Jeanne d'Arc en 1431, même s’il semble que celle-ci y passa (de la tour où fut emprisonnée la Pucelle d’Orléans, il ne reste que les soubassements visibles dans la cour intérieure d’une propriété privée au 102 rue Jeanne-d’Arc et ouverte au public).
Des manufactures de textiles se développent à Rouen et dans sa région (Elbeuf, Darnétal, Barentin, Pavilly, Villers-Écalles, Saint-Pierre-de-Varengeville, Maromme, Le Houlme, Malaunay, Montville), les marchands achetant la laine en Angleterre et revendant les draps dans les foires de Champagne.
La prospérité de Rouen reposait principalement sur le commerce fluvial de la Seine. Les marchands rouennais détenaient depuis Henri II le monopole de la navigation sur la Seine en aval de Paris. Ils expédiaient en Angleterre des vins et du blé et importaient de la laine et de l’étain.
Les troubles liés aux impôts se multiplièrent à Rouen, avec des émeutes en 1281, l’assassinat du maire et le pillage des maisons nobles. Devant l’insécurité, Philippe IV le Bel supprima la commune et retira aux marchands le monopole du commerce sur la Seine. Mais les Rouennais rachetèrent leurs libertés en 1294.
En 1306, Philippe IV le Bel décida d’expulser la communauté juive de Rouen forte de 5 000 à 6 000 personnes. En juillet 1348, la peste noire toucha Rouen. En 1382, une révolte urbaine importante éclata, la Harelle, qui fut cruellement réprimée par les troupes royales. Les impôts ont été augmentés et les privilèges de Rouen pour le commerce sur la Seine abolis.

Le 19 janvier 1419, durant la guerre de Cent Ans, le roi d'Angleterre Henry V prit la ville et rattacha la Normandie à la couronne anglaise. Jean Jouvenel des Ursins, contemporain de ces événements, rapporte : « Le siège fut longuement devant Rouen, ne jamais ne l’eussent eu sinon par famine, car il y avoit vaillantes gens tenans le party du duc de Bourgogne ; mais la famine fut si merveilleuse et si grande, qu’ils furent contraints de se mettre en obeyssance du roy d'Angleterre, car d’un costé et d’autre ils n’eurent aucun secours. Le dix-neuviesme jour de janvier le roy d’Angleterre entra à Rouen. » Henry V meurt en 1422, la même année que le roi de France Charles VI, et son frère Jean de Lancastre, duc de Bedford assure la régence, essayant de gagner les Rouennais à sa cause, ce qu'il va en partie réussir. Devenu chanoine de la cathédrale Notre-Dame, il y sera enterré à sa mort en 1435.
C'est à Rouen, capitale du pouvoir anglais et Normand dans le royaume de France, que Jeanne d'Arc a été jugée et brûlée, par le bourreau Geoffroy Thérage, le 30 mai 1431, à l'instigation du duc de Bedford et du parti bourguignon, majoritaire à Rouen même dans la population. Cette année-là, le jeune Henry VI était couronné roi de France et d'Angleterre à Paris, avant de venir à Rouen où il était acclamé par la foule. Le roi de France reprenait la ville en 1449, 18 ans après la mort de Jeanne d'Arc et après 30 ans d'occupation anglaise.

Les chantiers, ralentis par la guerre de Cent Ans, se développent à nouveau. Ainsi, l'église Saint-Maclou, commencée sous l'occupation anglaise, finira par être achevée à l'époque de la Renaissance. La nef de l'ėglise abbatiale Saint-Ouen est enfin terminée, sans toutefois être complétée par une façade flanquée de deux tours. On construit la salle des pas perdus de l'actuel palais de justice. Le tout s'érige dans un style flamboyant, où se mêlent les premiers éléments décoratifs propres à la Renaissance dès le début du xvie siècle. À cette époque, la cité était la plus peuplée du royaume après Paris, Marseille et Lyon.
Rouen a été l'un des foyers normands de la Renaissance artistique, grâce en particulier au mécénat des archevêques (Georges d'Amboise et son neveu, Georges II d'Amboise) et des financiers. Artistes et architectes comme Roulland Le Roux ont orné les maisons et les palais de décors italianisants, comme sur le Bureau des Finances, faisant face au portail de la cathédrale. On attribue au célèbre sculpteur Jean Goujon les vantaux de l'église Saint-Maclou.
En novembre 1468, par ses lettres patentes, le roi Louis XI autorisa la prolongation de la foire de Rouen, le Pardon Saint-Romain, jusqu'à six jours de durée, de sorte que la ville s'accroisse.
L'essor économique de la ville à la fin du xve siècle est dû essentiellement aux draperies mais aussi à la soierie et à la métallurgie. Les pêcheurs de Rouen allaient jusqu'à Terre-Neuve pêcher la morue et en Baltique pêcher le hareng. Le sel venait du Portugal et de Guérande. Les draps étaient vendus en Espagne, qui fournissait alors la laine, et les Médicis ont fait de Rouen le principal point de revente de l'alun romain.
Au début du xvie siècle, Rouen est devenue le principal port français de commerce avec le Brésil, principalement pour les colorants de draperies. En effet, les manufactures de Rouen utilisent des teintures directement importées du Nouveau Monde, le rouge tiré de l'essence du bois-brésil, le bleu issu de la culture et la transformation de l’indigo. Cette fonction teinturière de la ville est confirmée par la présence des Florentins qui en font la plaque tournante de l'alun romain dans le nord de la France. L'alun est un minéral permettant la fixation des pigments sur les textiles. Son exploitation est monopolisée par la papauté durant toute la période (Moyen Âge, Renaissance et époque moderne). La naumachie organisée en faveur de Henri II le 1er octobre 1550 montre que le royaume de France veut se doter d'un empire colonial en Amérique du Sud, avec comme centre d'impulsion les dynamiques ports normands. En 1500, dix imprimeries étaient installées en ville, seize ans après la première installation.

Dans les années 1530 et suivantes, une partie de la population rouennaise se tourne vers la religion réformée, c'est-à-dire le protestantisme sous la forme prêchée par Jean Calvin. Les Réformés, qui ne représentent qu'un quart à un tiers du nombre d'habitants de la ville, se trouvent donc en situation de minorité. Dès 1560, les tensions entre communautés protestantes et catholiques se sont exacerbées. Le massacre de Wassy force les protestants à prendre les armes, c'est le déclenchement de la première guerre de religion. Le 15 avril 1562, la population protestante entre dans l’hôtel de ville et chasse le bailli. En mai, les troubles iconoclastes ont gagné la campagne. Le 10 mai, les parlementaires catholiques quittent Rouen. Le 18 septembre, la population demande son aide au comte de Montgomery, chef militaire des protestants en Normandie. Celui-ci fortifie et protège la ville avant l'arrivée de l'avant-garde royale, le 29. Après avoir subi des pertes considérables, les catholiques s'emparent des redoutes du mont Sainte-Catherine qui dominait la ville. Les deux camps utilisaient la terreur. Des messagers rouennais demandent alors l’aide de la reine d'Angleterre. Les Anglais envoient, en vertu du traité d'Hampton Court signé le 20 septembre 1562 avec Condé, des troupes pour soutenir les protestants et occupent Le Havre. Le 26 octobre 1562, les troupes royales prennent Rouen et pillent la ville pendant trois jours.
La nouvelle du massacre de la Saint-Barthélemy est parvenue à Rouen fin août 1572 : Hennequier a essayé d'éviter le massacre aux protestants en les enfermant. Mais, entre le 17 et le 20 septembre, la foule a forcé les portes des prisons et égorgé les protestants qui s'y trouvaient. La ville a été plusieurs fois assaillie par Henri IV mais a résisté, notamment lors du siège de décembre 1591 à mai 1592, avec l'aide de l'armée espagnole du duc de Parme
L'échiquier permanent de Normandie, installé à Rouen en 1499 par Georges d'Amboise, a été transformé en parlement par François Ier en 1515 et a été, jusqu'à la Révolution française, le lieu de pouvoir de la province. Il avait des compétences judiciaires, législatives et exécutives sur les affaires normandes, n’ayant au-dessus de lui que le Conseil du Roi. Il avait également compétence sur la gestion du Canada français.
Les xvie et xviiie siècles ont été prospères avec le commerce du textile et l'activité du port. En 1703, a été créée la Chambre de commerce de Normandie.
Bien que dépourvue d'université, Rouen a eu un fort rayonnement intellectuel avec des écoles renommées. En 1734, une école de chirurgie, la deuxième de France après Paris (1724), a été fondée. En 1758, a ouvert le nouvel Hôtel-Dieu à l'ouest de la ville, qui remplaçait l'ancien situé au sud de la cathédrale, devenu trop petit.
À partir de 1767 et pendant une vingtaine d'années, sous l'impulsion d'un intendant dynamique Louis Thiroux de Crosne, la périphérie de la ville subit des transformations importantes : comblement des fossés, arasement des bastions d'entrée des murailles remplacés par des grilles, création d'un boulevard extérieur planté d'arbres, édification de casernes et création d'une place d'armes, le Champ de Mars

Ville très modérée pendant la Révolution, Rouen est considérée comme fidèle au régime monarchique.
À l'été 1792, alors que la royauté vit ses dernières semaines, un certain nombre de ministres fidèles au régime, dont Molleville, Malouet et La Porte, investissent Rouen et y mettent en place toutes les structures nécessaires pour accueillir Louis XVI qui, éloigné de Paris et de l'Assemblée nationale, aurait pu restaurer son pouvoir et organiser un véritable gouvernement contre-révolutionnaire. Mais Louis XVI, éternel indécis, préférera rester à Paris sous l'influence de l'Assemblée, anéantissant ainsi les dernières chances qu'il avait de briser la Révolution.
Rouen était donc, pour la monarchie, le dernier espoir pour soulever les provinces contre Paris.
Pendant la Monarchie de Juillet, le grand compositeur Frédéric Chopin a donné à Rouen un concert public. Rouen compte ainsi parmi les très rares cités où Chopin s'est produit dans un cadre « officiel ».
Durant la guerre de 1870, Rouen a été occupée par les Prussiens, qui se composaient, au 9 janvier 1871, de 16 bataillons et 16 escadrons sous le commandement du général Ferdinand von Bentheim.
En 1896, Rouen accueille l'Exposition nationale et coloniale. L’une des principales attractions de l’exposition était le « village nègre », installé sur le Champ de Mars. «Tout ce monde de races si diverses et de pays si lointains se trouve réuni autour d'un petit lac sur lequel flottent des pirogues faites d'un seul tronc d'arbre et où, tout le jour durant, la multitude des négrillons plonge à la recherche des "petits sous" que leur jettent les visiteurs. » Le public et la presse sont fascinés par cette primitivité et 600 000 visiteurs s'y précipitent.

Lors de la Première Guerre mondiale, Rouen a servi de base à l'armée britannique. Le 2 août 1914, les gens y attendent la mobilisation générale. En effet, une dépêche est affichée à la porte de la recette principale des postes, rue Jeanne-d'Arc. "La nouvelle de la mobilisation générale a été apprise à Rouen à quatre heures, elle se répand en ville avec une rapidité incroyable. Partout elle est accueillie avec le même calme, le même sang-froid. C'est admirable et réconfortant au plus haut point.". L'ordre de mobilisation est lancé presque à la même minute dans tout le département, il est porté à la connaissance des populations grâce aux cloches et aux tambours. Le Journal de Rouen note qu'au Petit-Quevilly : "Les affiches de mobilisation ont vivement impressionné la population ouvrière". La compagnie des tramways assure le transport gratuit des mobilisés.
La mairie de Rouen met en place des mesures de recensement pour les jeunes nés en 1895 ; c'est la "formation des classes de 1915". Les inscriptions se feront en mairie en personne, sauf cas de maladie ou d'absence, auquel cas les déclarations seront faites par leurs représentants. Les hommes appartenant aux classes antérieures par leur âge et qui ne se sont pas inscrits doivent également demander leur inscription. Dans le cas contraire, ils seront annotés comme devant être incorporés dans les troupes coloniales et pourront ensuite être envoyés aux colonies. À ce moment, tous les employés des tramways et des trains sont remplacés par des femmes.
De nombreux Belges se réfugient à Rouen pour échapper aux Allemands. Un comité central des réfugiés est créé afin de récolter des dons : chaussons, chaussures, pour hommes, femmes et enfants. La mairie de Rouen a décidé d'attribuer le nom de boulevard des Belges au boulevard Cauchoise, afin de leur rendre hommage. Beaucoup de jeunes Belges cherchent du travail en ville et passent des annonces dans le Journal de Rouen.
Le Journal de Rouen note également que les familles des soldats rouennais envoient beaucoup de paquets aux militaires au front. Le Journal de Rouen du 31 janvier 1915 note des difficultés de ravitaillement des grands magasins en raison de la guerre. C'est ainsi que les ventes et les journées « vente de blanc » ont été bloquées et que certains magasins souffrent de pénurie (en particulier le Sans Pareil). En juillet 1916, et particulièrement le 14, on note une série de manifestations en soutien aux blessés soignés par la Société française de secours aux blessés militaires, des concerts militaires à Dieppe, ou encore une manifestation patriotique au Grand-Quevilly. Le maire demande à ses habitants de « pavoiser leurs maisons » et d'assister à la manifestation de l'Association des anciens combattants à l'occasion de la Fête nationale.
Le Journal de Rouen du 6 mars 1917 annonce un symbole de mémoire et d'espoir : le timbre postal du « tricot du soldat » a pour but de créer des ressources nouvelles. Il représente un poilu casque en tête dans la tranchée, tendant les mains pour recevoir un paquet ; derrière lui se trouve une silhouette de la ville de Rouen. Nous pouvons d'ailleurs y apercevoir une inscription patriotique : « Tricot du soldat, Rouen-1914 jusqu'à la Victoire. Secourez les combattants. » Ce timbre est utilisé pour envoyer des lettres sur le front ; ainsi les soldats comprennent qu'à l'arrière on ne les oublie pas.

En juillet 1917, la reine d'Angleterre se rend à Rouen et le Journal de Rouen du 17 juillet établit le compte rendu de cette visite durant laquelle la reine et le prince de Galles effectuent un parcours en automobile dans le centre de Rouen : « Le public, très nombreux sur le parcours, a respectueusement salué, applaudi et acclamé la reine. (...) Elle y a visité un hôpital australien, les salles militaires de l'Hôtel-Dieu, l'institut belge de Bonsecours pour la fabrication des membres artificiels. Ensuite, elle a visité les établissements anglais et installations de la rive gauche, des hôpitaux au Madrillet, puis s'est rendue à l'hôpital de la Croix-Rouge.(...) La reine a employé la journée du jeudi à visiter les ruines de Jumièges et Saint-Wandrille ; elle est allée au Havre. La dernière journée du séjour de la souveraine anglaise dans notre région a été consacrée par elle à la visite du mémorial de Jeanne d'Arc, place du Vieux-Marché (...) ».
L'armistice est déclaré le 11 novembre 1918. Le Journal de Rouen du 12 novembre relate ainsi cet évènement : « L'armistice, c'est la paix, mais il faut la réaliser. » Les Rouennais se réjouissent ; le journal décrit les manifestations d'enthousiasme, un concert organisé ainsi que des concours de musique
Pendant la Seconde Guerre mondiale, après avoir été héroïquement défendue par le 5e Groupe Franc motorisé de Cavalerie, Rouen a été occupée par l'armée allemande du 9 juin 1940 au 30 août 1944. Pendant ce conflit, elle a subi, en juin 1940, un important incendie qui a détruit tout le quartier ancien entre la cathédrale et la Seine, ainsi que de violents bombardements de 1942 à 1944 visant notamment les ponts sur la Seine et la gare de triage de Sotteville-lès-Rouen. Les deux bombardements ayant fait le plus de victimes et de dégâts ont été celui du 19 avril 1944 par la Royal Air Force, qui fit 816 morts et 20 000 sinistrés dans la ville et endommagea fortement la cathédrale et le Palais de justice, puis celui de la « semaine rouge », mené par les Américains du 30 mai au 5 juin 1944 et au cours duquel la cathédrale et son quartier ont à nouveau brûlé. Le 30 août 1944, les Allemands battent en retraite et les Canadiens libèrent la ville.
Après la guerre, le centre-ville a été reconstruit selon le plan Greber et sous la direction de Jean Demarest, François Herr et Jean Fontaine

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saintluc
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MessagePosté le: Mar 20 Sep - 06:42 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

L'abbaye Saint-Wandrille, anciennement abbaye de Fontenelle, est une abbaye bénédictine de la congrégation de Solesmes située sur la commune de Saint-Wandrille-Rançon, dans le département de la Seine-Maritime, en Normandie (France). Fondée en 649, l'abbaye a connu une longue histoire marquée par trois grandes périodes de saccages et de destructions : celles liées aux incursions des Vikings, puis celles engendrées par les guerres de religion, et enfin celles consécutives à la Révolution française. C'est encore aujourd'hui une abbaye de moines bénédictins.
L'abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862 et par arrêtés des 18 avril 1914 et 10 juillet 1995


Avant la fondation de l'abbaye, il y aurait eu un domaine gallo-romain, mais on ignore l'ancien nom du ruisseau aujourd'hui dénommé Fontenelle, où un moulin aurait été construit. Le 4 mars 638, le domaine fut concédé au roi Dagobert à titre personnel, puis confirmé par Clovis II, le 4 février 649. Le domaine fut alors abandonné, et l'acte de vente des droits fut passé à Compiègne le 1er mars 649 par le neveu de saint Wandrille, Saint Gond (ou Godon), qui fut ermite en Brie, puis fondateur de l'abbaye Saint-Pierre-d'Oyes en Champagne, avant de mourir vers 690. Le 1er mars 650, Clovis II ratifia la vente, et transféra aux religieux les droits.
Saint Wandrille fonde en 649 une abbaye qu'il baptise peut-être lui-même Fontenelle (attesté sous la forme latinisée Fontanella) en référence au ruisseau qui la traverse, le nom s'appliquera peut-être au ruisseau par la suite. La terre est concédée par Erchinoald, maire du palais de Neustrie. De 650 à 668, saint Wandrille et les moines construisent les bâtiments et églises Saint-Pierre, Saint-Paul, Saint-Laurent, Saint-Amand, Saint-Saturnin et, dit-on, de Saint-Pancrace et Notre-Dame de Caillouville, mais aussi une bibliothèque, contenant les œuvres de saint Grégoire Ier (rapportées de Rome par saint Gond), ainsi que la règle de saint Colomban. Du temps de Saint Wandrille l'abbaye se démarque en n'acceptant pas de donations hormis la dot dont les moines disposent à leur entrée dans l'établissement.
De 678 à 690, saint Ansbert est le nouvel abbé de l'abbaye et il construit un hôpital pour douze pauvres et seize malades. En 704, le roi Childebert III fait don à l'Abbaye du domaine d'Aupec et de ses dépendances. En 787, sur ordre de Charlemagne, un polyptyque, aujourd'hui perdu, est établi par Landry, abbé de Jumièges et Richard, comte de Rouen. Saint Gervold qui devient abbé en 787, gouverna l'abbaye pendant 18 ans jusqu'en 806 et fut chargé par Charlemagne de fonctions importantes. Il fit reconstruire le chauffoir, les cuisines, l'infirmerie, ainsi que plusieurs autres parties de l'abbaye. Elle est la troisième abbaye de la province de Rouen après Saint-Ouen et Saint-Evrault.
Anségise de Fontenelle, qui devint abbé en 823, entreprit des travaux considérables. Il fait bâtir : "un dortoir de 208 pieds de longueur sur 27 pieds de largeur et 64 pieds de hauteur" ; on y voyait, au milieu, une pièce en saillie ayant un pavé composé de pierres artistiquement disposées et dont le plafond était peint. Il fait décorer également le réfectoire de peintures. Pour la décoration du réfectoire, il fait venir de Cambrai un peintre de grand renom : Madalulfe. Les fenêtres étaient vitrées, et toutes les boiseries étaient en chêne. Ce réfectoire était une partie d'un bâtiment qu'il avait fait construire et divisé en deux, l'autre partie servant de cellier.
Il fit réaliser un autre corps de bâtiment appelé La Grande Maison, qui renfermait un appartement avec une cheminée et touchait d'un côté au réfectoire et de l'autre au dortoir ; comme ces deux derniers bâtiments devaient être, d'après la chronique, en contact avec l'église du côté nord, il paraît facile de tracer le plan du couvent à cette époque. Il devait se composer d'une cour carrée enclose au midi par l'église, à l'est par le dortoir, à l'ouest par le réfectoire et au nord par le grand bâtiment dont on ignore la destination.
Il semble probable qu'il y avait à l'ouest une seconde cour renfermant les magasins et autres dépendances du couvent. Le long des constructions dont la Chronique de Fontenelle nous donne une description si intéressante, et à l'intérieur de la cour, se trouvaient des portiques construits par ordre d'Anségise, dont le toit et la charpente reposaient sur des pilastres. L'église bordait d'un côté la cour du cloître. À Fontenelle, le cloître était placé au nord de l'église. Dans ses constructions Anségise n'avait pas oublié la bibliothèque, qui était près du réfectoire. Les rayons ou planches supportant les livres étaient fixés avec des clous de fer, le chartrier se trouvait près du dortoir. On voyait à Fontenelle, près de l'abside de l'église une salle pour les délibérations que l'on désigne plus tard sous le nom de salle capitulaire.
Une charte de Charles le Chauve datée du 21 mars 854 indique que les religieux de Fontenelle possèdent des biens au Pecq (Yvelines), à Chaussy-en-Vexin (Val-d'Oise), à Pierrepont dans la commune de Grandcourt (Seine-Maritime), Bution et Marcoussis dans l'Essonne.


En 842 une première invasion de pirates nordiques, conduits par Oskar (Ásgeir), brûle Jumièges et ses environs, mais ne touche pas à l'abbaye pour laquelle saint Foulques, l'abbé en fonction, parvient à payer une rançon. Louis du Maine, un de ses successeurs, se voit obligé de réitérer deux fois la même opération de paiement de rançon. Au printemps 862 les Vikings reviennent pour la quatrième fois ; les moines s'enfuient avec toutes les reliques, et l'abbaye est pillée et détruite par les Nortmanni. Les moines se réfugient à Boulogne, puis à Chartres (885). Ils retournent ensuite à Boulogne et déposent les corps de saint Wandrille et de saint Ansbert au Mont-Blandin à Gand, où ils s'établissent un temps en 944.
Ils évacuent aussi leur librairie, qui contient des éléments de la production hagiographique prénormande dont certains nous sont parvenus, d'autant plus importants pour leur rareté. Le moine Harduin de Fontenelle a laissé de nombreux écrits.
Vers 960, Richard Ier, duc de Normandie, soutient le rétablissement des moines menés par Gérard de Brogne. Robert le Magnifique émet des chartes de restitution de biens usurpés. De 960 à 966, Maynard Ier dirige l'abbaye avant de partir pour fonder la très célèbre abbaye du Mont-Saint-Michel, et d'en devenir le premier abbé. En 1008 saint Gérard obtient de Richard II de Normandie l'abbatiat de Fontenelle. La foudre détruit en partie la basilique de Saint-Pierre, qu'il réédifie de manière plus élégante. C'est au cours de ces travaux qu'en 1027, neuf tombeaux sont découverts, deux vides, ceux de saint Wandrille et de saint Ansbert, et les restes de saint Vulfran. Son successeur saint Gradulphe envoie des moines de l'abbaye afin de peupler l'abbaye de Préaux, vers 1040. De même l'abbaye contribue à la fondation de l'abbaye de Grestain vers 1050. En 1145 le pape Innocent II et en 1164 le pape Eugène III confirment les biens et privilèges de l'abbaye. Sous l'abbatiat de Pierre Mauviel (1244-1255), un incendie détruit une partie de l'abbaye. Le pape Innocent IV et l'archevêque de Rouen Eudes Rigaud publient alors des indulgences afin de permettre la reconstruction de l'abbaye.
Pierre Mauviel commence la reconstruction dont le chœur gothique et le transept, achevé sous Geoffroy de Noytot. Guillaume Le Douillé construit la nef et le clocher, trois travées sont construites, ainsi que le cloître. À sa mort en 1342, les travaux ralentissent. Ce n'est qu'avec l'abbatiat de Jean de Rochois (1362-1389) que l'église Saint-Paul est finie. Le pape Boniface IX accorde alors le privilège de la mitre et des insignes pontificaux à l'abbaye de Saint-Wandrille. L'abbaye est à nouveau abandonnée durant la guerre de Cent Ans. Les moines s'établissent à « l'Hostel Saint-Wandrille » à Rouen. En 1483, André d'Espinay, archevêque de Lyon et de Bordeaux, se fait adjuger l'abbaye. Les abbés sont alors élus. En 1523, Claude de Poitiers prend possession de l'abbaye, le père abbé est alors nommé et non élu.
Pendant les guerres de religion, l'abbaye est pillée en mai 1562 par les protestants et leurs partisans. Des ornements de la sacristie sont brûlés sur le tombeau de cuivre de l'abbé Jean de Rochois. En 1566, les reliques de saint Wandrille et saint Vulfran sont en partie détruites ainsi que des parties de l'abbaye.

À la suite de la destruction des huguenots, les ruines sont importantes. L'abbaye est considérée alors comme une propriété de la famille de Neuville. En 1631, le clocher bâti en 1331 s'effondre, faute de réparation et entraîne avec lui une partie des voûtes de l'abbaye. C'est donc l'abbé Ferdinand de Neufville de Villeroy, évêque de Saint-Malo puis de Chartres, qui entreprend la restauration de l'abbaye affirmant qu'il « n'y avoit rien à profiter pour lui des mines de pierres cassées, des voutes tombées par la chute du clocher, voûtes qu'il falloit absolument réparer ». C'est lui qui favorise l'introduction de la "Réforme de saint Maur".
En 1636, dom Guillaume Gérard aidé de dix-huit moines de Jumièges introduisent la réforme de Saint-Maur, réforme de l'ordre bénédictin en France. Dom Phillibert Cotelle, nommé en 1635 fait rénover le chœur, en 1647 le cloître est à son tour restauré, ainsi que les « piliers et arcs-boutants » de la nef, le plan de la coupole, qui devait remplacer la tour à la croisée du transept. Entre 1678 et 1684, Dom Hunault et Marc Rivard construisent la salle capitulaire et le dortoir, qui existe encore maintenant.
En 1757 deux pavillons sont construits : le « pavillon de la Nature » et le « pavillon de la Grâce », ainsi que la grande porte nommée « porte de Jarente » (1760).
En 1789, l’abbaye devient bien national à la suite du décret du 2 novembre 1789 de l'Assemblée constituante qui met les biens de l’Église à la disposition de la Nation.
Le décret du 13 février 1790 interdit les vœux monastiques et supprime les ordres religieux réguliers, hors ceux chargés de l’éducation publique et les maisons de charité. À la fin de 1790, les moines de Saint-Wandrille doivent quitter l'abbaye. Un des moines, dom Louis-François Lebrun meurt martyr sur un ponton à Rochefort pour avoir refusé un poste dans l'Église constitutionnelle. Il a été béatifié le 1er octobre 1995, par le pape Jean-Paul II, sur la place Saint-Pierre à Rome.
Le 17 janvier 1792, l'abbaye, bien national, est vendue cent mille francs payés en assignats, au citoyen Cyprien Lenoir. L'église abbatiale est considérée comme carrière de pierres, et démontée.
En 1826, sous la Restauration, toujours propriété de Cyprien Lenoir, l'abbaye reçoit la visite de l'archéologue Eustache-Hyacinthe Langlois. L'intérêt pour le style gothique renaît entraînant la visite à l'abbaye Saint-Wandrille de la duchesse de Berry, mère de l'héritier du trône, puis de Victor Hugo.
En 1863, l'abbaye est rachetée par le marquis de Stackpoole, un aristocrate irlandais qui avait un temps envisagé d'en faire se résidence d'été et qui tenta de la restaurer.


Le cardinal Léon Thomas, archevêque de Rouen, ayant le projet de faire revivre « Fontenelle la Sainte », l'abbaye est rachetée par une société civile, et est louée aux moines de Ligugé, issus de l'Abbaye de Solesmes. Le 13 février 1894, les bénédictins rentrent à Saint-Wandrille. La communauté est relevée au rang d'abbaye et son supérieur, dom Joseph Pothier, restaurateur du chant grégorien, en devient le nouvel abbé en 1898.
La Troisième République, par la loi du 1er juillet 1901 sur les associations soumet les congrégations à un régime d'exception qui leur impose d’obtenir une autorisation par une loi. Considérant leurs demandes vouées à l'échec, de nombreuses congrégations partent en exil. Les moines de Saint-Wandrille quittent leur abbaye le 29 septembre 1901 et trouvent refuge au prieuré de Conques, près d'Herbeumont, en Belgique.
Durant cette période l'abbaye redevient une propriété privée, celle de l'écrivain belge, prix Nobel de littérature, Maurice Maeterlinck. Le grand réfectoire sert de lieu de scène. Georgette Leblanc, compagne de l'écrivain et sœur cadette de Maurice Leblanc y joua. C'est d'ailleurs grâce à elle, dont la famille est originaire de Normandie, que Maeterlinck jeta son dévolu sur l'abbaye.
Les moines reviennent d'exil le 26 janvier 1931. Depuis lors l'abbaye a repris son rythme monastique, et l'office divin y a été célébré sans discontinuer par les moines.
À partir de 1931, l'abbaye développa sous l'impulsion du père abbé dom Jean-Louis Pierdait un atelier liturgique très actif, animé par dom Paul Sironval et dom Gaston Coubert.
Le 17 juin 1940, le monastère est pillé par l'armée allemande, qui, cependant, ne touche ni à l'oratoire, ni à la sacristie, ni à la bibliothèque. Dans la nuit du 9 au 10 août 1944, l'aile ouest du monastère datant du xviie siècle est endommagée par les Alliés, détruisant le deuxième étage de l'aile et l'escalier Saint-Jacques, et provoquant des dégâts aux toits des autres bâtiments.
Le 21 juillet 1954, veille de la Saint-Wandrille, une partie des communs subit un incendie, là où se situaient les ateliers de l'abbaye.
À partir de 1955, l'abbaye accueillit les premiers chapitres généraux de l'Ordre des chevaliers de Notre-Dame.
En 1969, une grange dîmière des xiiie et xve siècles, provenant du hameau de Canteloup à La Neuville-du-Bosc dans l'Eure, transférée dans l'enceinte du monastère et reconstruite sur les plans de Marion Tournon-Branly, devient la nouvelle église abbatiale.
L'abbé Pierre séjourna à l'abbaye durant la fin de sa vie, de 1983 à 1991, il est d'ailleurs enterré non loin de là, à Esteville.
Le peintre Claude Lagoutte (1935-1990) y séjourna en 1988.


Bâtiments
Le cloître gothique
C'est le seul cloître gothique complet de Haute-Normandie. Ce cloître a été construit sur l'emplacement de deux autres cloîtres, l'un construit par saint Wandrille et relevé par saint Anségise et l'autre construit par Maynard Ier. L'actuel cloître date sur sa partie la plus ancienne, c'est-à-dire celle qui s'appuyait sur le nef de l'église (galerie sud), des premières années du xive siècle. Il compte sept travées en arc brisé (auparavant fermés par des vitraux au xviie siècle), les arcades reposent sur des piles qui s'allongent en colonnettes et renforcent les contreforts avancés sur le préau.
La voûte repose sur des croisées d'ogives elles-mêmes décorées. Sur chaque clé de voûte on trouve des armes de l'abbaye, puis celle de l'abbé Jean de Brametot, et un groupe de six personnages. Les galeries de l'est, ouest et nord sont plus basses et datent du gothique flamboyant (1410-1530). C'est sur la galerie est que s'ouvre la porte de la sacristie (refait par M. de Stackpoole).

Le grand réfectoire
C'est la partie la plus ancienne de l'abbaye, vaste nef de trente-trois mètres cinquante de long et neuf mètres de large. Le temps de la construction remonte à l'an 1027, sur la paroi qui longe le cloître et sur celle de l'est, court une arcature romane de la fin du xiie siècle, qui a disparu au xive siècle remplacée par un mur percé de sept fenêtres. Le vaisseau est recouvert d'une haute voûte de bois en arc brisé du xvie siècle. Actuellement la salle est encore le réfectoire des moines, où le repas commence par le bénédicité et les grâces, et pendant le repas est lue la « lecture de table ». En outre, les repas sont soumis à « la tradition du silence », comme l'ensemble des tâches dans l'abbaye, sauf exception.

L'église abbatiale Saint-Pierre
Le chœur gothique comptait six travées droites et une abside. Les arcades, en tiers-point, reposaient sur des piliers cylindriques dans la tradition du chœur de Notre-Dame de Rouen. L'entrée du chœur était fermée par un jubé, détruit en 1631 et remplacé en 1672 par un autre orné de statues. Un déambulatoire faisait le tour du chœur et s'ouvrait sur 17 chapelles rayonnantes carrées ou pentagonales correspondant aux travées du chœur, comme à l'abbatiale de la trinité de Fécamp. Il y avait ainsi les chapelles Saints-Sébastien-Roch-et-Adrien, Sainte Geneviève, Saint Vulfran, Saint Éloi, les douze apôtres, Sainte Marie-Madeleine, Saint Nicolas, les Saintes Vierges, Saint Martin, Sainte Anne, le Saint-Sépulcre, Notre-Dame et Saint Benoît. Il ne reste du chœur que quelques pans de mur et des traces au sol.
Une tour lanterne de 75 mètres se dressait sur la croisée du transept, selon la tradition normande, mais elle s'est effondrée à la suite des guerres de religion. On peut encore observer outre les deux piliers conservés, la base des deux autres piliers. Ils étaient plus massifs que ceux de la nef.
Un des bras du transept a été en partie conservé et l'on peut admirer ses arcatures gothiques
Les murs de la nef sur le côté du cloître subsistent et l'on peut y remarquer les impacts de bombes laissés par un bombardement pendant la Seconde Guerre mondiale.


La nouvelle église
Elle remplace l'église gothique trop mutilée pour être reconstruite et est destinée en partie à accueillir le public.
À l'origine, il s'agit d'une grange seigneuriale qui se trouvait à Canteloup dans l'Eure (voir ci-dessus). C'est un édifice en silex épaulé par des contreforts en pierre de Caen, un toit de tuile remplace l'ancien en chaume. À l'emplacement des entrées latérales pour piétons et charrois, les moines ont bâti la chapelle du Saint Sacrement. Deux nouveaux porches ont été ouverts sur la façade et donnent accès à l'intérieur de cette nouvelle église.
La lumière naturelle à l'intérieur est faible, malgré le percement de quelques fenêtres qui n'éclairaient pas la grange à l'origine. La charpente est une belle construction de chêne datée du xve siècle, sur le balcon à gauche se trouve l'orgue moderne. Les murs sont blancs, l'église est chauffée par le sol. Une corde délimite les parties réservées au public (la nef) de celles réservées aux moines (le déambulatoire et le chœur). À gauche du déambulatoire est accroché au mur le reliquaire moderne contenant le chef (le crâne) de saint Wandrille, rapatrié de Belgique lors de la dédicace de cette nouvelle église.

La chapelle Saint-Saturnin
La chapelle Saint-Saturnin remonte selon certains à l'époque de Saint WandrilleNote 6. Cependant on date l'édifice de la fin du xe ou début xie siècle, car elle est bâtie sur un plan tréflé, et des restes de chapiteaux archaïques laissent penser à une reconstruction sur des fondations de l'époque carolingien.


Bâtiments conventuels du XVII-XVIIIe siècle
 Ces bâtiments sont dus aux moines mauristes, rebâtis entre 1640 et 1685 dans le style classique mauriste, concentrant les divers services en quelques bâtiments hauts et vastes. Le plan est régulier et rectiligne. Pourvues de grandes fenêtres, les nobles façades coiffées de hautes toitures percées de lucarnes, mais dépourvues de toute ornementation superflue, reflètent à la fois la majesté du Grand Siècle et l'austérité des moines mauristes. Le bâtiment de l'ouest présente une longue façade prolongée par le pavillon de la Grâce, postérieur de quatre-vingts ans. Ce bâtiment abrite entre autres la bibliothèque du monastère.

Bâtiments annexes
À l'extrémité du domaine un bâtiment en longueur faisait office d'écurie et de grange. Dans la partie gothique du xive siècle est installée la librairie-magasin de l'abbaye, où le public peut accéder par une porte donnant à l'extérieur de l'abbaye. L'étage est occupé par les ateliers et bureaux de Fontenelle Microcopie, du négoce de produits d'entretien et des éditions de Fontenelle. La partie droite de ce bâtiment fut reconstruite en 1699 en style classique, elle est occupée aujourd'hui par divers ateliers

 

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MessagePosté le: Mer 21 Sep - 07:15 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

L'abbaye Saint-Pierre de Jumièges fut fondée par saint Philibert, fils d'un comte franc de Vasconie vers 654 sur un domaine du fisc royal à Jumièges dans le département de la Seine-Maritime. Elle applique la Règle de saint Benoît dès la fin du viie siècle après l'avoir utilisé probablement avec la Règle de saint Colomban.
Elle marque l'apogée du monachisme normand dans la vallée de la Seine, conserve la plus vaste et la plus précoce des grandes abbatiales normandes, est la seule qui soit restée fidèle à la multiplicité des sanctuaires du très ancien monachisme carolingien et une des clefs de l'art roman normand où l'articulation entre l'architecture carolingienne et l'architecture romane est la plus visible


L'abbaye de Jumièges naît vers 654 dans une boucle de la Seine par une donation de Clovis II et de sa femme sainte Bathilde. Cette fondation à une époque où l'essor monastique en Gaule a été suscitée par saint Colomban cinquante ans plutôt, fortifiée par ses disciples atteint son degré le plus haut. Elle s'intercale entre celle de l'abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle en 649-650, celles de l'abbaye de la Trinité de Fécamp et de l'abbaye de Montivilliers vers 660 et 684. Cette organisation monastique prépare l'unité carolingienne qui sera une unité chrétienne. Les donateurs confient le soin de son développement à saint Philibert, abbé de Rebais et ami de l'évêque saint Ouen de Rouen, qui vient lui aussi de Rebais. Il construit trois églises dédiées à la Vierge Marie, à Saint Pierre et à Saint Germain-Saint Denis ainsi que d'importants bâtiments monastiques. Avec ses successeurs, Jumièges devient l'un des centres littéraires les plus importants de la Neustrie. Elle attire des abbés de premier plan comme le neveu de Charles Martel, Hugues, abbé de l'abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle et archevêque de Rouen. Bien contrôlée par les carolingiens, elle devient un lieu d'exil pour les ennemis de la dynastie avec, sous Charlemagne, le duc Tassilon de Bavière et son fils dont les tombes donnèrent la légende des énervés de Jumièges
Saint Philibert formé par un disciple de saint Colomban, assidu à la prière, au jeûne, à l'abstinence, à la mortification corporelle, à la pratique de l'aumône et de l'hospitalité nuance cette règle par celle de saint Benoît, les textes de saint Basile et de saint Macaire pour maintenir sa communauté dans l'ordre et la paix. Les 70 moines qu'il fait venir partagent leur vie entre la prière, l'apostolat et le travail. Des abbés et des moines le rejoignent, l'apostolat développe des vocations. Il rachète en Angleterre des esclaves, les catéchise, les baptise et certains deviennent moines ce qui explique leur nombre de 800 vers l'an 670. Après la mort de saint Philibert et malgré la peste qui décime la moitié de la communauté vers 685, à l'époque la plus glorieuse et la plus prospère de Jumièges, vers 700, il y aurait eu 900 moines et 1 500 serviteurs qui par leur travail défrichent les terres, les transforment en jardins, vergers, culture, prés et vignobles, pèchent des cétacés pour l'huile, la dîme servant à l'entretien des pauvres et à l'hôtellerie très fréquentée par les pèlerins anglo-saxons sur le chemin de Rome et les exilés.
Le 24 mai 841, les Vikings incendient le monastère carolingien avant de revenir et de le piller. Devant la menace scandinave, les moines s'exilent, emportant les reliques et les manuscrits les plus précieux reprenant l'exclamation déjà poussée à Lindisfarne « A furore Normannorum libera nos Domine ! » (« De la fureur des Normands, libère-nous Seigneur ! ») et abandonnent l'abbaye. La plupart se réfugient au Prieuré d'Haspres, près de Cambrai et y maintiennent une ombre de continuité administrative. Un de ces moine emporte un antiphonaire et rejoint l'abbaye de Saint-Gall dans laquelle il rencontre le jeune Notker le Bègue. Inspiré de ce manuscrit, ce dernier commence à composer la séquence, nouveau chant syllabique

Sous Guillaume Ier de Normandie dit Longue-épée, vers 940, deux moines d'Haspres se font restituer le site mais échouent dans leur essai de restauration. Peu après, le duc établit une nouvelle communauté constituée de moines bénédictins venant de l'abbaye Saint-Cyprien de Poitiers. L'assassinat du duc en 942 met fin à cette tentative mais des clercs restent sur place et veille sur les ruines. Peu de temp après, avant la fin du xe siècle, la vie monastique reprend, longtemps de manière assez timide. Par prudence, le prieuré d'Haspres est conservé jusqu'en 1024.
L'abbé Robert de Jumièges dit « Champart » fait reconstruire le monastère (1040–1052). Le 1er juillet 1067, l'archevêque de Rouen, le bienheureux Maurille, consacre solennellement la grande église abbatiale de Notre-Dame de Jumièges, en présence du duc de Normandie Guillaume le Conquérant qui donne des biens anglais à l'abbaye dont les moines participeront activement à la mainmise des Normands sur l'Église d'Angleterre.
Quelque temps après l'intégration de la Normandie au domaine royal, le chœur roman de la grande église abbatiale est reconstruit en style gothique (vers 1267–1278). Il ne s'agissait pas, comme on a longtemps cru, de créer un déambulatoire, puisque des fouilles effectuées par Georges Lanfry ont montré que le chœur roman en était déjà doté. L'objectif était plus sûrement d'ajouter des chapelles rayonnantes et d'amener, ainsi, la lumière dans un édifice sombre, jugé vétuste, et qui n'était plus au goût du jour. La communauté pouvait se permettre de telles dépenses car, à ce moment, elle vivait une période de grande prospérité. C'est aussi au xiiie siècle que la communauté connut un dynamisme sans précédent, qu'on peut déceler par exemple dans l'activité du Scriptorium. En effet, près de la moitié des 400 manuscrits dont dispose la bibliothèque date de cette période.
En 1431, l'abbé de Jumièges, Nicolas Le Roux, homme qui n'était pas sans qualités, dont on avait loué la piété, la régularité, le dévouement aux intérêts de son monastère, prit une part active au procès de Jeanne d'Arc. Son avis sur la culpabilité de la pucelle trahit les anxiétés de sa conscience. En effet, il jugeait la cause très ardue : in tam arduo negotio, et ne se détermina en sa défaveur que par crainte du pouvoir anglais et, il faut bien le dire aussi, de l'autorité des docteurs de Paris (occupé par les Anglais), dont il devait suivre les avis.
Lors de la reconquête de la Normandie vers la fin de la Guerre de cent ans, le roi de France Charles VII prend ses quartiers d'hiver dans l'abbaye. Sa maîtresse Agnès Sorel vient subitement l'y rejoindre alors qu'elle est enceinte de huit mois. Elle accouche au début du mois de février, puis meurt neuf jours plus tard. L'enfant mourra également en bas age


La fin du xve siècle est marquée par la nomination des premiers abbés commendataires, la prospérité matérielle et le relâchement de la discipline. La vie des moines devient plus séculière que religieuse, les officiers et particulièrement le cellérier ont tendance à constituer des bénéfices et il y a moins de moines, une trentaine vers 1440. La commende est la revanche de l'épiscopat contre le système des exemptions. En réalité on perçoit l'esprit de lucre chez ses prélats fastueux et courtisans, bien des abbayes possédant les revenus d'un évêché. Elle modifie profondément l'organisation bénédictine en privant la communauté de son chef traditionnel. Le pouvoir effectif et l'influence à la fois spirituelle et temporelle sur les destins du monastère passe aux mains des prieurs. En 1515, l'abbé Philippe de Luxembourg s'attèle à réformer Jumièges et introduit dans le monastère la réforme de Chézal-Benoit, installe les moines réformés dans des chambres qu'il fait bâtir au-dessus du réfectoire et un nouveau dortoir au sud de l'église Saint-Pierre. Le relâchement et les abus qui s'étaient introduits sous le régime de la commende ont pratiquement disparu, mais le lien est rompu avec la congrégation de Chézal-Benoît par l'invasion des calvinistes.
Pendant les guerres de Religion, l'abbaye fut à nouveau mise à sac. Les Huguenots, qui ont ravagé Rouen, Dieppe, Le Havre et Caudebec, arrivèrent aux portes de Jumièges. Les religieux, ayant appris le sac de Caudebec, quittèrent tous l'abbaye. Le 8 mai 1562, les Protestants partirent de Caudebec pour Jumièges où ils trouvèrent le monastère désert. Ils y pénétrèrent et mirent tout au pillage. Les autels furent renversés, les vases sacrés volés, les images brisées, les saintes reliques jetées au feu. Châsses, ornements, linge, argenterie, meubles, tout fut détruit ou emporté. Le plomb dont l'église et le cloître étaient couverts, l'étain, le cuivre, les provisions en nature, vin, blé, bestiaux, tout, jusqu'aux livres de la riche et magnifique bibliothèque et aux archives du chartrier devinrent la proie de ces pillards.
Le 28 juillet 1563, le roi Charles IX se rendit à Jumièges et constata de ses yeux l'étendue du désastre. Il permit aux religieux de vendre un peu de « la terre gémétique» pour pourvoir à leurs premiers besoins. C'est ainsi qu'ils aliénèrent la seigneurie de Norville et la cédèrent à Charles II de Cossé, comte de Brissac, seigneur d'Ételan, pour 10 220 livres. Dix-sept religieux seulement retournèrent alors à Jumièges et remirent un peu d'ordre dans l'abbaye dévastée.
Au début du xviie siècle, l'abbé Marian de Martinbos introduit à Jumièges la réforme de Saint-Vannes, premier essai de la congrégation de Saint-Maur et source de disputes entre réformistes et partisans du statu quo. Du point de vue monastique et spirituel, rien ne ressemble tant à un mauriste qu'un autre mauriste ce qui s'explique par la centralisation de la congrégation, l'unité de la formation et le brassage qui s'opère par le passage des moines d'un monastère à l'autre. Jumièges ne s'est pas laissé dépasser par la recherche de la perfection et la tendance vers la sainteté par beaucoup de monastères mauristes. On y recherche la présence de Dieu et l'esprit d'oraison, la régularité et l'esprit de mortification, tout cet ensemble se traduisant par l'esprit de silence. En 1663, la bibliothèque, qui était depuis le xive siècle au-dessus du porche de l'église Saint-Pierre, est reconstruite au-dessus des celliers et, en 1671, le nouveau logis abbatial est terminé puis le grand dortoir en 1732, mais l'abbaye est bien loin de son ancienne splendeur et les vocations bien rares.
En 1789, les religieux ne sont plus que 18 et doivent se disperser à la fin de 1790. Dans les procès-verbaux, leurs protestations sont peu fermes entre ceux qui déclarent sans vergogne accepter de bon cœur l'offre de l'assemblée de briser leurs chaines et celui qui dit : Il est et il sera à jamais inconcevable à la raison humaine qu'une assemblée de mortels puisse délier ses semblables des serments solennels et libres qu'ils ont faits à l'immortel, on a presque jamais des réactions indignées qu'aurait dû provoquer un vrai esprit de foi


À la Révolution, comme bien des bâtiments religieux, l'abbaye est vendue au titre des biens nationaux. En 1795, le premier acquéreur, Pierre Lescuyer, receveur des biens nationaux, entreprend immédiatement la démolition du cloître du xvie et du dortoir du xviiie siècle. En 1802, le nouveau propriétaire, Jean-Baptiste Lefort, un marchand de bois de Canteleu, fait exploser le chœur. L'église connaît un lent démembrement et sert de carrière de pierres, comme les autres parties de l'abbaye jusqu'en 1824. Les fresques ont été effacées par l'action des éléments. Des tombeaux et pierres tombales des abbés, il ne reste plus que les dessins exécutés pour François Roger de Gaignières.
Nicolas Casimir Caumont, né à Rouen le 19 janvier 1781, qui épousa le 28 octobre 1816 Mlle Sophie Adèle Lefort fille de Jean-Baptiste, habita l’abbaye de Jumièges dont il fut le propriétaire à la mort de son épouse et le sauveur d'une destruction certaine. Maire de Jumièges le 14 octobre 1830, ancien président de la chambre de commerce de Rouen de 1834 à 1837 et du tribunal de commerce, président du conseil d'administration de la banque de Rouen, vice-consul du Brésil et du Portugal, ancien conseiller municipal de Rouen, il mit toute son énergie pour sauver le monument et le mettre en valeur. Nicolas Casimir décède à Jumièges le 18 avril 1852, il y est inhumé le lendemain. La famille Caumont met alors en vente l’édifice.
La famille Lepel-Cointet rachète l'abbaye en 1852 et commence à sauver les vestiges. Avec la mode romantique, l'église connaît une renommée importante grâce à Victor Hugo qui dit d'elle « encore plus beau que Tournus » et l'historien Robert de Lasteyrie la qualifie d'« une des plus admirables ruines qui soient en France ». Roger Martin du Gard lui consacre une thèse.
L'abbaye de Jumièges redevient propriété de l'État en 1947, puis propriété du département de Seine-Maritime en 2007 dans le cadre de la loi de décentralisation du 13 août 2004, qui permet de transférer certains monuments historiques aux collectivités territoriales. Elle est située dans le canton de Duclair, en Seine-Maritime.


Quelques-uns des 383 manuscrits de l'ancienne bibliothèque abbatiale de Jumièges contiennent des traités, notes, tableaux ou figures intéressants pour l'histoire du comput ecclésiastique en France. Sur la quarantaine de manuscrits canoniques subsistants de l'époque mauriste, les plus significatifs correspondent à l'épanouissement de la science juridique dans les cloîtres aux xiiie et xive siècles, 9 manuscrits du xiiie siècle montre l'autorité de saint Bernard à Jumièges qui, par ses écrits transmettait l'interprétation de la Règle dans le De præecepto, enseignait l'amour de Dieu dans sa Lettre aux chartreux, indiquait les voies de la contemplation dans les Sermonts sur les Cantiques et fournissait des lectures pour la prière liturgique. On trouve 50 manuscrits liturgiques du xie au xve siècle et 40 manuscrits musicaux. Le fond d'enluminures de Jumièges est composé de 163 manuscrits et 2 150 éléments décoratifs avec 61 décors importants, la plupart des xiie et xiiie siècles. Les peintures authentiquement de Jumièges sont 5 dans 3 manuscrits, un missel du xive siècle et un manuscrit du xiie siècle. L'enlumineur normand, le moine Hugo Pictor a travaillé à Jumièges à la fin du xiie siècle. L'école de Jumièges n'a pas d'originalité et est, en plein xiie siècle dans la dépendance du style byzantin.
Sur le dos d'un manuscrit de la fin du ixe siècle ou début du xe siècle est transcrite une table de 79 drogues médicinales dont : safran, rhubarbe d'Europe, noix de Galle, réglisse, opium de Cyrénaïque, d'Indes et d' Égypte, anacarde, carbonate de soude, musc de castor, thym, cardamome, baume de la Mecque, corail, arsenic, myrrhe, soufre, sulfate de cuivre, herbes, fleurs, semences, écorces confites, poivre, gingembre encens, cumin, alun, coloquinte, ambre


La reconstruction de l'abbaye de Jumièges s'est faite à partir des vestiges de l'église Saint-Pierre, le pignon ouest, les massifs des deux tours et les deux travées de l'aile nord de la nef. Après l'an mil, l'abbatiale Notre-Dame est construite, puis entre cette église et l'ancienne église Saint-Pierre s'installent la salle capitulaire puis la salle des reliques avec son étage. À la fin du xiiie siècle, le chœur roman de l'abbatiale Notre-Dame est remplacé par un chœur gothique. Le siècle suivant, l'église Saint-Pierre est reconstruite en gardant une partie de la nef et le pignon. Le petit passage qui relie les deux églises derrière la salle capitulaire garde le souvenir du roi Charles VII et de sa maîtresse Agnès Sorel. Au xvie siècle, les abbés commendataires renouvellent le cloître et les bâtiments conventuels. En 1673, est inauguré le logis abbatial et en 1732, le grand bâtiment qui regroupe une grande partie des fonctions régulières, les terrasses et les jardins.
Pour comprendre l'organisation de l'abbaye, nous avons un plan précis de 1674, la gravure du Monasticon Gallicanum de 1678 qui donne les élévations, une copie mise en couleur en 1702 utile pour les matériaux de couverture, un plan de 1797 avec l'ensemble des jardins et des transformations des mauristes et une série de lithographies de 1820.
Le plan général est lié à la pente importante du terrain orienté dans l'axe des églises et la présence de deux lieux de culte. Il présente deux anomalies par rapport au plan-type d'un monastère comme celui de l'abbaye de Beauport retenu par Arcisse de Caumont dans son Abécédaire d'archéologie: l'éloignement des dortoirs du chœur eucharistique de l'abbatiale et le cloître qui ne s'inscrit pas dans un carré.
On y trouve la fonction d'accueil des visiteurs avec l'hôtellerie et la partie ouest de la nef de l'abbatiale Notre-Dame, la dépense ou administration de l'abbaye ; la clôture monastique organisée autour du cloître avec les sanctuaires, la salle capitulaire, lieu de réunion et de décision, ouverte sur le cloître pour que personne n'ignore une assemblée, le réfectoire, les dortoirs et autres lieux de vie des moines ; les annexes de fonctionnement


L'église Saint-Pierre
Elle correspond au premier sanctuaire que les moines ont reconstruit. Du point de vue architectural, elle conserve également la partie la plus ancienne de l'abbaye. En effet, la façade Ouest, privée de son massif occidental, dont on peut encore voir la base des tours et le pied des escaliers qui menaient en leur sommet, l'ouverture partiellement murée de la vaste tribune qui embrassait l'édifice et deux travées nord de la nef ont été datées par les archéologues du xe siècle, c'est-à-dire au point décisif de l'évolution du massif carolingien à trois tours. L'étroite circulation du deuxième niveau anticipe celle de l'abbaye Notre-Dame de Bernay. Les occulis conservent des traces d'enduit et de peinture, les chapiteaux des baies géminées dérivent de formes italiennes. Tout cet ensemble devait être très orné. Sa datation de la restauration de Guillaume Longue-Épée de 928, 936 ou 942 est controversée. Elle serait de la fin du siècle, avant 993, date certaine de la sépulture de l'ancien abbé de Saint-Wandrille, Ensulbert.
En 1335, l'abbé Guillaume-le-Jeune entreprend la reconstruction de la nef, dont les murs subsistants sont nettement de style gothique. Ce sanctuaire était réservé aux moines et aux convers


L'église abbatiale Notre-Dame
Il s'agit d'un édifice mixte de style roman et de style gothique. Il ne subsiste quasiment rien de l'abside et du chœur gothique, à part une chapelle rayonnante, quelques pans de murs et substructions. Les parties romanes, à savoir la façade, la nef et le mur ouest de la tour-lanterne sont les mieux conservées. L'abbatiale mesurait 88 mètres de longueur et les murs de la nef atteignent encore 25 mètres sur trois niveaux d'élévation. Une tour-lanterne à deux étages illuminait la croisée du transept, mais il ne subsiste que le mur ouest. La façade occidentale présente un Westwerk (massif occidental), réminiscence dans l'art roman d'une disposition carolingienne, rarissime en France mais commune en Allemagne, d'où son terme technique allemand. Il est encadré de deux tours à peu près symétriques de 46 mètres de hauteur, polygonales dans leur partie supérieure, en retrait. La très spacieuse tribune occidentale se situe dans le prolongement des églises-porches vouées au Sauveur. Le massif occidental et la nef seraient de 1014-1028. L'abbatiale a été consacrée en 1067 et le chœur gothique construit vers 1275 pour créer des chapelles aux nombreux moines prêtres et respecter l'évolution de la liturgie.
Les chapiteaux sont essentiels pour l'histoire de la sculpture normande du xie siècle et prolongent avec quelques transformations ceux du chœur de l'abbaye Notre-Dame de Bernay. Ils sont composés de thèmes végétaux et de personnages en buste avec parfois la transposition dans la pierre de motifs d'enluminures
En 1688–1692, une fausse voûte sur croisée d'ogives sur la nef est construite. En effet, comme tous les grands édifices romans de Normandie, elle n'était pas voûtée de pierre, d'où sa charpente apparente. Par contre, les bas-côtés étaient dotés de voûtes d'arêtes. De plus, le chœur gothique avait une voûte sur croisée d'ogives.


Le cloître a été construit en 1530 sous l'abbé François de Fontenay. De style gothique flamboyant, comme celui de l'abbaye de Saint-Wandrille, il n'en subsiste aujourd'hui que des traces au sud de l'abbatiale Notre-Dame. De plan trapézoïdal, il mesurait suivant les cotés de 28 à 40 m. Ses quatre galeries avaient des contreforts surmontés de pinacles pour maintenir la poussée des voûtes. Une large baie, divisée en trois par des meneaux et un remplage, éclairait chaque travée sous un arc brisé. Une balustrade couronnait les galeries. Les voûtes étaient sur un plan étoilé avec quatre clefs pendantes à chaque travée, les branches d'ogives se réunissant sur des culs de lampe. Les clefs de voûte et les culs de lampe étaient richement décorés. Des fresques sur l'histoire ou les légendes de l'abbaye décoraient les murs. Les vestiges du cloître n'ont pas été achetés au début du xixe siècle par Lord Stuart de Rothesay et remontés dans son château de Highcliffe près de Bournemouth. En réalité, on n’y trouve que quelques culots et des fragments de la grande arcade sculptée du porche de l'ancienne hôtellerie (devenue cellier au xve siècle). Le centre du cloître est matérialisé par un if, planté au xvie siècle et symbole de vie éternelle, tout comme celui de l'abbaye de Muckross en Irlande.


À l'ouest du cloître se trouve l'ancien cellier, qui comprend des parties romanes du xiie siècle et gothiques et des souterrains qui, d'Ouest en Est comprennent 26 caveaux, 13 de chaque côté pouvant contenir chacun 600 bouteilles, une allée longue et étroite puis une salle voûtée soutenue par trois fortes colonnes . Les moines y entreposaient leur propre vin, issu de leurs vignes du Conihout de Jumièges, d'où ce dicton : « De Conihout ne beuvez pas, car vous passerez de vie à trépas ! ». Ils en exportaient une partie vers l'Angleterre et en consommaient pour leur usage personnel, mais ils préféraient du vin de Loire qu'ils achetaient à Beaugency.
Sur la tour sud de Notre-Dame, hormis le cadran solaire, sont visibles les traces de deux charpentes différentes à deux niveaux distincts : l'une est celle du toit du cellier d'origine, l'autre est celle du toit rehaussé par la construction, entre 1663 et 1669, au-dessus du cellier, d'une bibliothèque par les mauristes.
La grande salle avec ses fenêtres et ses décors du mur Ouest, les traces de peinture ne correspond pas à la typologie des celliers normands du xiie siècle. Le porche monumental au centre de cette pièce, orienté vers l'entrée de l'abbaye semble marquer une fonction d'accueil

La salle capitulaire


Entre l'abbatiale Notre-Dame et l'église Saint-Pierre, la salle capitulaire, lieu d'assemblée des moines et de lecture d'un chapitre de la règle de saint Benoît est une salle carrée terminée par une abside construite en supprimant les deux travées du bas-côté de la partie pré-romane de Saint-Pierre. Le passage Charles VII a entamé le mur Est de l'hémicycle au xive siècle. Cette salle du xiie siècle de style roman était déjà dotée d'une voûte sur croisée d'ogives, une des trois plus anciennes en France, toutes en Normandie et toutes dans des monastères bénédictins : l'église de l'abbaye Sainte-Trinité de Lessay et le « promenoir » des moines du Mont-Saint-Michel. Elle jouxte la « salle des reliques », où les moines entreposaient leurs nombreuses reliques, garantes en partie de la venue des pèlerins.
Le logis abbatial
À l'est, au point le plus élevé à l'intérieur de la clôture de l'abbaye, se trouve le logis abbatial qui est une grande bâtisse de style classique, aux lignes sobres et équilibrées, construite par les Mauristes au xviie siècle. À l'époque de sa construction, l'abbé commendataire est François Harlay de Champvallon qui deviendra archevêque de Rouen. Il accueille le musée lapidaire et des expositions.

 La Porterie


Elle se situe à l'extrémité ouest de la clôture. Elle est vaste et massive. C'est un espace rectangulaire qui s'ouvre de chaque côté par deux portails : l'un pour les charrois (le plus grand) et l'autre pour les piétons. À l'intérieur, la voûte est construite sur croisées d'ogives et la base des murs latéraux est occupée par des bancs de pierre destinés aux pèlerins et aux visiteurs. L'ensemble date du xive siècle. Une maison de style néo-roman et néo-gothique (« style troubadour ») a été construite au-dessus de la porterie et une autre aile, dotée d'un étage, y a été accolée. En définitive, c'est l'ensemble de la porterie gothique qui se trouve englobé dans cette construction du xixe siècle. Elle a servi d'habitation aux derniers propriétaires et est actuellement occupée par les services administratifs et la librairie de l'abbaye. Elle abrite également un lieu d'exposition.

 

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MessagePosté le: Ven 23 Sep - 06:06 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

Le pont de Tancarville est un pont suspendu qui franchit la Seine entre Tancarville (Seine-Maritime) et le Marais-Vernier (Eure)
Dès 1931, l’accroissement continu du trafic des bacs sur l'estuaire incite la Chambre de commerce et d'industrie du Havre (CCI) à réfléchir à un pont sur la Seine.
Le 7 décembre 1933, la CCI prend la décision de réaliser un « pont-route » aux environs du bac du Hode-Berville. Le 27 novembre 1935, l’avant-projet d’un pont suspendu, situé à Tancarville est finalisé et adopté dès le lendemain par délibération du 28 novembre 1935, par la CCI qui demande la concession pour sa construction et son exploitation.
La décision de sa construction est actée par une loi du 11 décembre 1940, signée par le Maréchal Pétain à Vichy et déclarant le projet d'utilité publique.
En novembre 1951, la CCI, maître d'ouvrage, lance un concours international et quatorze groupements d'entreprises remettent leurs projets en août 1952. La maîtrise d’œuvre est confiée aux Ponts et Chaussées du département de la Seine-Maritime.
En 1954, la Chambre de commerce et d'industrie, assistée des Ingénieurs des Ponts et Chaussées, choisit le projet qui sera réalisé.
Commencé le 16 novembre 1955, le pont a été mis en service le 2 juillet 1959, dans les délais prévus.
Jusqu'à la date d'ouverture du pont de Normandie, il a été le pont le plus proche de l'estuaire de la Seine. Son ouverture a entraîné la disparition du bac du Hode reliant Berville-sur-Mer dans l'Eure au Hode dans la Seine-Maritime. Ce bac, dommage de guerre, était réputé pour être « mal commode »


En 1959, l'ouvrage possédait la plus longue travée centrale d'Europe : 608 mètres, qui restent à ce jour le record national, et deux travées latérales de 176 mètres chacune. Le poids total de la charpente est de 7500 tonnes.
Ses pylônes ont une hauteur de 123 mètres et supportent une charge moyenne de 6000 tonnes. En raison de la nature marécageuse des terrains, la fondation du pylône de la rive gauche a une profondeur de 28 mètres, de façon à reposer sur un sol compact. Celle du pylône de la rive droite a une profondeur de 18 mètres.
Les câbles sont reliés à deux massifs d'ancrage dont le plus lourd pèse 36000 tonnes et a des dimensions voisines de celles de l'Arc de Triomphe.
Des essais en soufflerie ont permis de vérifier la tenue de l'ouvrage à toutes sortes d'oscillations dues au vent.
Ce fut un des premiers chantiers de cette importance à se dérouler sans accident mortel.
Les suspensions (câbles porteurs et suspentes) ont été remplacées de 1996 à 1999.
Des travaux sur les voies d'accès au pont de Tancarville sont en cours entre 2014 et 2016, pour faire face à l'augmentation du trafic.
L'ouvrage est géré par la Chambre de commerce et d'industrie du Havre. Son exploitation est assurée par une équipe d'une cinquantaine de personnes, dont une quarantaine pour le péage[réf. souhaitée]. Il est gratuit pour les cyclomoteurs et les bicyclettes et il est payant pour les autres véhicules.
Le pont est équipé d'un système de vidéosurveillance et de détection des incidents. Il comporte sa propre station météorologique ainsi qu'un dispositif de positionnement par satellite qui permet de connaître les déplacements du tablier. Une signalisation dynamique permet d'adapter les informations données aux conducteurs aux conditions de circulation. Des véhicules de patrouille sont prêts en permanence à intervenir sur l'ouvrage.
Il est fréquenté en moyenne par 18 000 véhicules par jour, dont 25% de poids lourds. La CCI prévoit que la fréquentation dépassera les 22 500 véhicules quotidiens en 2030

Type    Pont suspendu
Longueur    1 420 m
Portée principale    608 m
Largeur    12,50 m
Hauteur    123,5 m
Matériaux     Béton et acier
Construction    1955-1959
Architecte(s)   
M. Lagrange
N. Esquillan
M. Huet
F. Robinson
Maître(s) d'œuvre    Ponts et Chaussées
Maître d'ouvrage    Chambre de commerce et d'industrie du Havre
Entreprise(s)    Daydé, Baudin-Châteauneuf, Boussiron, Campenon-Bernard, Compagnie Française d'Entreprises, Compagnie industrielle de travaux, Dragages et Travaux Publics, Entreprises de Grands Travaux Hydrauliques, Fives-Lille Cail, Fougerolle, Régie générale des chemins de fer et travaux publics, Société des Forges et Ateliers du Creusot

 

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MessagePosté le: Sam 24 Sep - 08:48 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

Dieppe est une commune située dans le département de la Seine-Maritime en Normandie
Dieppe, surnommée « la ville aux quatre ports », est située dans le Nord-Ouest de la France, plus précisément dans le pays de Caux, à 170 km au nord-ouest de Paris, au nord-ouest de la ville de Rouen, et à l'embouchure du fleuve côtier l'Arques qui se jette dans la Manche ; la ville est située dans la profonde vallée de l'Arques. Dieppe est proche des villégiatures réputées de la Côte d’Albâtre, comme Varengeville-sur-Mer et Veules-les-Roses.


Les plus anciennes attestations du nom remontent au xie siècle : Deppae en 1015-1029, Dieppa en 1030, puis au xiie siècle : Deppa, Deupa ou encore Diopa.
Ce nom est emprunté à une appellation transitoire de la rivière qui se jette en ce lieu dans la Manche. Cette rivière appelée Tella dans les textes mérovingiens et carolingiens, est désignée Dieppe (Deppae 1015-1029) après l'installation de colons anglo-scandinaves, avant de prendre le nom de Béthune (la Béthune se jette dans l'Arques près d'Arques-la-Bataille) « qui en l'état de nos informations n'est pas attesté avant le xvie siècle ».
Le nom de Dieppe représenterait soit le saxon deop ou l'anglo-saxon dēōp « profond », soit le vieux norrois djúpr de même sens. L'explication par le saxon se heurte au fait que les Saxons n'ont guère laissé de trace dans la toponymie normande, notamment en Haute-Normandie ; en outre à l'époque de leurs raids et de leur installation aux ive, ve et vie siècles, la rivière est appelée Tella et non pas Dieppe, nom tardif.

Cet élément Dieppe- / Dip- se retrouve dans le type toponymique normand : Dieppedalle, Dieppedalle (Canteleu) ou Dipdal (Cotentin). Le second élément est le vieux norrois dalr « vallée ». Ces toponymes sont tous situés dans la zone de diffusion de la toponymie anglo-scandinave et il signifie « vallée profonde », « val profond ». Par contre, l'homophonie avec Dieppe-sous-Douaumont (Despia 984) est fortuite.
Ce fleuve a longtemps séparé la ville en deux quartiers, est et ouest, l'autre quartier étant le Pollet. L'explication traditionnelle de Pollet par « port de l'est » est une étymologie populaire. En effet, on lit dans des documents l'appellation « port de l'ouest », qui est contradictoire, et surtout l'attestation ancienne sous la forme latinisée Terram de Poleto en 1172 qui permettent de rejeter cette interprétation. En revanche, ce toponyme est à rapprocher de la rue du Pollet à Port-en-Bessin, de la Polle à Octeville, et de l'anse du Poulet à Saint-Pierre-Église, qui seraient issus du vieux norrois pollr « trou d'eau, bassin, anse arrondie », suivi du suffixe diminutif -et.
Le Pollet est désormais une presqu'île depuis le creusement, en 1848, d'un bassin supplémentaire au port.


À l'époque gallo-romaine, le Camp de César ou « Cité de Limes », située au nord de l'actuelle cité de Dieppe, est une enceinte gallo-romaine qui atteste de la plus ancienne présence de vie humaine dans la région dieppoise. Quelques rares restes de poteries ou d’armes gauloises témoignent de cette époque encore méconnue.
En 910, les Vikings s'installent à l'embouchure de la Tella, un fleuve profond qui se jette dans la mer. Ils le surnomment Djupr « la profonde ». La mention la plus ancienne de Dieppe remonte toutefois à 1030 quand est mentionné dans une charte pour la première fois l'existence d'un petit port de pêche appelé Dieppe. Durant cette époque du Moyen Âge, au sein du système féodal, la commune appartient au comté du Talou.
La conquête de l’Angleterre par les Normands à partir de 1066 donne toute son importance au petit port de pêche, alors à l'ombre de la cité d'Arques, pour le développement des relations transmanche. Dieppe fait partie des ports de chaque côté de la Manche que les Normands entreprennent d'équiper et de développer. Le 6 décembre 1067, c'est notamment de Dieppe que Guillaume le Conquérant rembarque pour la Grande-Bretagne.
La ville connaît une prospérité croissante durant le xiie siècle ; un château y est édifié en 1188 par Henri II Plantagenêt. Cependant en 1195, le château de Dieppe est rasé et la ville incendiée par les troupes du roi de France Philippe-Auguste, en guerre contre Richard Cœur de Lion, duc de Normandie. Deux ans plus tard, ce dernier accorde les terres de Dieppe à l'archidiocèse de Rouen mais en 1204, après la chute de Château-Gaillard et la prise de Rouen, Dieppe et la Normandie sont annexées au royaume de France par Philippe-Auguste. En repassant sous le contrôle français, le site de Dieppe perd sa position avantageuse et la source de sa prospérité basée sur les relations entre la Normandie et l'Angleterre. La ville elle-même peine à se relever du passage incendiaire de Philippe-Auguste.
La géographie des lieux permet l'accès au port à marée haute et à marée basse, notamment grâce à une digue naturelle formée de galets (galets qui furent également utilisés pour bâtir les fondations des maisons du centre-ville ; des restes des anciennes demeures médiévales sont également visibles grâce aux caves conservées de l'époque). Il s'agit alors d'un port important car c'est le seul de la côte normande entre Saint-Malo et Boulogne-sur-Mer accessible à marée basse. Les marins de Dieppe commercent avec la Scandinavie, Venise ou encore la Hanse.
Durant la guerre de Cent Ans, Dieppe se retrouve au cœur du conflit entre la France et l'Angleterre. Ce n'est qu'en 1300 d'ailleurs que Dieppe reprend son aspect de ville portuaire. En 1339, des marins et corsaires dieppois participent à un raid victorieux sur Southampton. En 1345, le roi Philippe de Valois, par lettres patentes, supprime le droit de gabelle et accorde aux Dieppois quelques libéralités dans le commerce. Les Dieppois en profitent alors pour fortifier la ville. Charles V le Sage accorde de nouvelles exemptions, privilèges et autres largesses qui permettent à la ville de retrouver une certaine prospérité. À partir de 1364, des pêcheurs dieppois se font navigateurs et partent au loin chercher des épices et de l'ivoire (date du premier voyage vers l'Afrique).
Mais en 1420, à la suite de la bataille d'Azincourt, Dieppe est occupée par les Anglais qui la traitent en cité rebelle. Ils la conservent durant 15 ans. En 1430, la ville est notamment le lieu de détention provisoire de Jeanne d'Arc avant qu'elle ne soit transférée à Rouen où elle sera jugée et brûlée sur un bûcher.
Dieppe est finalement libérée de l'occupation anglaise le 28 octobre 1435 quand la ville est reprise par les Français commandés par le capitaine Charles Desmarets (mort en 1469) pour le compte de Charles VII. Charles Desmarets (ou Charles des Marets) dote la ville de grandes fortifications et entreprend de faire construire un nouveau château. Cependant, 8 ans plus tard, en 1443, les Anglais de nouveau assiègent la ville à partir du Pollet. Dieppe résiste aux troupes de Talbot et repousse définitivement les assaillants grâce aux renforts amenés par Jean de Dunois, le bâtard d'Orléans, et par le dauphin Louis, futur Louis X


En 1463, par lettres patentes, le roi Louis XI soutient les réparations et les fortifications de la ville, en y attribuant des droits, notamment ceux du sel.
Puis, à la suite de leur prédécesseur, les rois Charles VIII et Louis XII accordent à Dieppe une protection particulière permettant à la ville de connaître une grande période de prospérité fondée sur le commerce et la navigation. Plusieurs Dieppois s'illustrent alors par leurs entreprises maritimes : exploration des côtes d'Afrique, où ils bâtissent Petit-Dieppe à l'embouchure de la Gambie, reconnaissance des Canaries.
En 1488, le capitaine dieppois Jean Cousin, en route vers l'Afrique de l'Ouest et les îles des Açores, déporté par une tempête, semble avoir accosté au Brésil au Cap San Rogue. En compagnie des frères Pinzón (le frère aîné Martín Alonso Pinzón et le cadet Vincent Pinzón), il aurait remonté un grand fleuve que Jean Cousin nomme « Maragnon » bien qu'il n'existe aucune preuve concrète de cette exploration.
Au xvie siècle, la puissance maritime de la ville atteint son apogée particulièrement sous le règne de François Ier. De nombreux navigateurs partent de Dieppe pour explorer le monde. Les navires de l'armateur dieppois Jehan Ango (1480-1551) atteignent notamment Sumatra, le Brésil et le Canada. En 1508, les capitaines Thomas Aubert et Jean Vérassen embarquent de Dieppe pour se rendre à Terre-Neuve. Ils reconnaissent le fleuve Saint-Laurent auquel ils donnent son nom. Le 28 mars 1529, les navigateurs Jean et Raoul Parmentier, voyageant pour le compte de Jehan Ango, quittent Dieppe pour une longue navigation qui les amène jusqu’en Indonésie et Sumatra. Jean Parmentier est désigné comme capitaine de La Pensée, bâtiment de trois cents tonneaux. Raoul, prend le commandement du Sacre. La maladie et le scorbut font de nombreuses victimes parmi l'équipage. Malade, Jean Parmentier est inhumé à Sumatra (décembre 1529). Raoul Parmentier meurt quelque temps plus tard. Le navigateur Pierre Crignon prend les commandes de l’expédition qui continue son périple vers Indrapoura en Indonésie avant que les vaisseaux ne reviennent à bon port.
Enrichi par l'or des Amériques, par les bois des teintures du Brésil ou encore par les morues de Terre-Neuve, Jehan Ango suscite l'admiration du roi François Ier qui se rend à Dieppe en 1534 pour le faire vicomte et le nommer gouverneur de la ville. Dieppe devient également durant cette époque le siège de l'École de cartographie de Dieppe et d’hydrographie sous la direction de Pierre Desceliers, qui dessine en 1546 une carte du monde avec l'Afrique et l'Amérique.


En 1522 débute à Dieppe la construction de l'église Saint-Rémi tandis qu'en 1537 apparaissent plusieurs foyers de protestantisme dans la cité dieppoise. En 1562, c'est un quart des habitants de la ville qui s'est rallié à la réforme protestante et est devenu huguenot. Dans le contexte de guerres de religion qui sévit en France, la forteresse et la ville sont grandement fortifiées tandis que les protestants dieppois sont réprimés par le sieur de Sygogne, gouverneur de la ville.
En 1578, le roi Henri III vient à Dieppe sur les conseils de ses médecins pour prendre un bain de mer.
En 1589, alors que le roi Henri IV obtient peu de ralliements à son avènement, l'appui que lui apporte le gouverneur de Dieppe, Aymar de Chaste, de la Maison de Clermont-Tonnerre, lui permet d’avoir un point d’appui sûr et un port où débarquer les renforts venus d’Angleterre. Henri IV peut ainsi établir un camp retranché dans la ville fortifiée de Dieppe d'où il reçoit ses renforts pour mener victorieusement la bataille d'Arques (septembre 1589).
Le 23 juillet 1632, plus de trois cents personnes quittent Dieppe et émigrent pour la Nouvelle-France.
De 1668 à 1670, Dieppe est dévastée par la peste.
En 1674, une manufacture de tabacs ouvre à Dieppe.
En 1685, à la révocation de l'édit de Nantes par le roi Louis XIV, Dieppe perd plus de 3 000 de ses habitants qui émigrent à l'étranger.
En 1694, Dieppe est bombardée par la flotte anglo-néerlandaise. La ville, dont les maisons sont essentiellement à pans de bois, est incendiée et presque complètement détruite. Seuls subsistent quelques édifices comme le château, l'église Saint-Rémi, l'église Saint-Jacques ou la tour aux Crabes. La ville n'est reconstruite que très progressivement (et achevée en 1720), sur un plan de l'architecte du roi, monsieur de Ventabren, fortement inspiré par Colbert. La manufacture des tabacs est relogée dans l'une des rares constructions préservées, la maison Miffant, mais la lenteur de la reconstruction fait perdre à Dieppe son statut de métropole de commerce dans les deux mondes avec le départ pour d'autres ports des bourgeois industrieux, des commerçants, des ouvriers de marine et des marins au long cours.


En 1715, les ouvriers de la manufacture des tabacs se mutinent. De 1735 à 1737, des nouveaux locaux de la Manufacture royale des Tabacs sont édifiés, à l'emplacement de l'actuel hôtel Aguado.
En 1756, Dieppe, point de débarquement le plus rapproché de Paris, est menacé par les flottes anglaises. En 1774, les relations sont apaisées et une liaison régulière transmanche avec l'Angleterre est ouverte.
En 1791, le tabac cesse d'être un monopole de l'État et la Manufacture des Tabacs est privatisée. Dieppe s’agrandit avec l'annexion du fief de Caude Côte situé entre le village de Janval et les terres en bordure de mer.
Sous le Premier Empire, alors que Napoléon envisage la construction à Dieppe d'un bassin large et profond pour y accueillir des navires de guerre afin de conquérir l'Angleterre, la possibilité d'effectuer des bains de mer commence à y attirer quelques grandes dames de l'aristocratie napoléonienne comme Hortense de Beauharnais, accompagnée de ses enfants, dont le futur Napoléon III.
En 1806, le bassin Bérigny est construit. C'est le premier bassin à flots du port de Dieppe avec écluses à l'emplacement d'une zone marécageuse appelé champ du Pardon où étaient enterrés les pestiférés.

Sous la Restauration, Dieppe s'ouvre sur la mer, condamnant les fortifications. En 1822, le premier « établissement des bains » de France est installé sur la plage et prend le nom de bains de mer Caroline en l'honneur de Caroline de Bourbon, duchesse de Berry, belle-fille du roi Charles X. Elle inaugure en 1824 la mode des bains de mer à Dieppe. Jusqu'en 1829, elle emmène dans son sillage une pléthore de personnalités et de membres de la haute-bourgeoisie française. Par ses achats, elle relance l'artisanat de la ville — sculpture sur ivoire – qui avait été sinistré par le blocus continental. Elle subventionne la création dans la ville d’une école-manufacture de dentelles, à laquelle elle adjoindra bientôt une section couture, puis une section pêche pour la réparation des filets. Pour amplifier son action, elle lance des souscriptions. Un théâtre en l'honneur de la duchesse et, sur le front de mer, un casino sont construits.
En 1833, sous la Monarchie de Juillet, le roi Louis-Philippe effectue une visite à Dieppe. Durant cette période, le riche banquier espagnol, le marquis Alexandre Aguado (1784-1842), attiré par les bains de mer découvre Dieppe et contribue au développement et à la prospérité de la ville balnéaire.
En 1848, une liaison ferroviaire entre Paris et Dieppe est inaugurée.
Lors des plébiscites des 20 et 21 décembre 1851, 2 327 électeurs de Dieppe et de Neuville apportent leur soutien à Louis-Napoléon Bonaparte et à son coup d’État, l'opposition ne comptabilisant que 410 voix hostiles.
Sous le Second Empire, Dieppe connait une renaissance et un développement accéléré de sa station balnéaire. Le 22 août 1852 a lieu la première course de l’hippodrome de Dieppe-Rouxmesnil .

Du 20 août au 9 septembre 1853, Dieppe est le lieu de résidence de l'empereur Napoléon III et de l'impératrice Eugénie qui séjournent dans la ville portuaire à l'occasion de leur voyage de noces. L'impératrice dessine la grande esplanade de verdure qui longe la promenade maritime tandis que Napoléon III vient remettre au sculpteur dieppois Pierre Adrien Graillon (1807-1872) la croix de chevalier de la Légion d'honneur. L'artiste-peintre dieppois Constant-Armand Mélicourt-Lefebvre (1816-1833), ancien élève de Paul Delaroche et premier conservateur du musée du Dieppe, peint les portraits de l'Empereur et de l'Impératrice. Un nouveau casino en fonte et en verre est construit.
Dieppe devient à partir de cette période le lieu de villégiature à la mode des hautes sociétés parisiennes et londoniennes, fréquentée notamment par la comtesse de Castiglione (1861 et années suivantes), par Lord Robert Cecil, marquis de Salisbury – qui se fait construire en 1873 une villa à Puys, en amont de Dieppe —, par le futur Édouard VII d'Angleterre, par Charles Meyer – qui y transfère en 1888 son domicile et son activité professionnelle, un commerce de cycles et d'automobiles — ou encore par le peintre James Abbott McNeill Whistler.
Au Plébiscite du 8 mai 1870, les électeurs de Dieppe manifestent leur soutien au régime impérial et votent oui en faveur de l'Empire libéral (1 810 votes en faveur contre 1 410 votes en défaveur). Dans l'arrondissement de Dieppe, le vote oui atteint 21 038 voix contre 4 467 voix.


En 1870, Dieppe est occupée par l'armée prussienne.
En 1874, la gare de Dieppe-Maritime est inaugurée.
De 1880 à 1882, le pavage dieppois est modernisé. Les rues sont dorénavant bordées de trottoir en asphalte. De 1883 à 1887, un très gros programme de travaux de modernisation du port de Dieppe, décidé en 1879, est mis en œuvre : prolongement de la jetée ouest et rectification de la jetée est ; approfondissement du chenal par un dragage à deux mètres cinquante au-dessous des plus basses mers, ce jusqu'à deux cents mètres au-delà de la nouvelle jetée ; reconstruction de quais dans l'avant-port (quai Henri-IV) pour l'arrivée des paquebots ; canalisation de l'Arques, qui devient souterraine sur un tronçon ; creusement du bassin de l'arrière port, du bassin de mi-marée, et du bassin à flot, à la place du bassin de retenue de chasse aménagé au xviiie siècle ; construction d'une forme de radoub à la place de l'ancien canal de chasse, percé dans le Pollet au xviiie siècle ; percement du chenal du Pollet, sur lequel on construit un pont tournant, le pont Colbert. L'ensemble de ces ouvrages est inauguré le 17 juillet 1887.
En 1883, une caserne d'infanterie est construite.
Le 28 mars 1884, à la suite de la mort d'un Polletais au cours d'une rixe dans un café, une émeute xénophobe éclate contre des travailleurs italiens que la foule veut noyer dans leurs caissons sous-marins, en coupant les tuyaux d'arrivée d'air. L'émeute est contenue par l'intervention des autorités.
En 1886 est inauguré un nouveau casino de style mauresque construit à l'initiative d'Isidore Bloch (1848-1919), son directeur, sur les plans de M. Durville.
En 1889, le transport de passagers avec l'Angleterre devient régulier et à horaires fixes, à l'aide de paquebots à vapeur.
En 1891, le 1er syndicat ouvrier de Dieppe est créé à la Manufacture des Tabacs. Le personnel de la manufacture étant essentiellement féminin, il est dirigé par des femmes.


En 1892, Dieppe est victime d'une épidémie de choléra. Le prince moldave Dimitri Sturdza (1818-1908) édifie à cette époque sur le front de mer de Dieppe une imposante villa qui nécessite la démolition de l'ancienne villa de Pierre Adrien Graillon, non sans avoir pris le soin de sauvegarder les sculptures et bas-reliefs qui ornaient la façade pour les exposer dans le hall d'entrée de ce nouveau « palais » dieppois. À la mort du prince en 1908, la villa devient la propriété de ses fils, les princes Michel et Grégoire Sturdza.
En 1895, le quartier du bas-fort blanc est aménagé avec la construction de grandes villas bourgeoises sur la rue de la Grève (rebaptisée rue Alexandre-Dumas en 1902) contribuant au développement de la vie mondaine, artistique et intellectuelle de la ville. Deux ans plus tard, en 1897, l'un des premiers terrains de golf de France est inauguré sur la falaise de Dieppe. C'est aussi l'époque des premières courses automobiles entre Paris et Dieppe tandis qu'Oscar Wilde séjourne dans la ville durant l'été 1897.
Lors du mandat de Camille Coche (1898-1910), les cités ouvrières se développent, une politique de décoration florale des rues est mise en place tandis que sur le front de mer, le boulevard maritime est aménagé avec des abris pour les promeneurs et que sont rachetés par la Ville la plage et le château de Dieppe. Plein d'ambitions pour Dieppe, Camille Coche initie alors plusieurs autres projets urbanistiques qui finalement n'aboutissent pas comme la construction d'un réseau de tramways électriques.
Au début du xxe siècle, Dieppe est à son apogée. Elle est jusqu'en 1914 la première station balnéaire de France fréquentée par le roi Léopold II de Belgique, le duc de Westminster, Camille Saint-Saëns, Claude Debussy, Claude Monet, Madeleine Lemaire, Auguste Renoir, Camille Pissaro, la Comtesse Greffulhe, Jacques-Émile Blanche, Walter Sickert, Marcel Proust. Robert de Montesquiou, Gabriel Fauré, le prince Edmond de Polignac séjournent fréquemment chez la Comtesse Greffulhe, dans sa villa La Case.
Rivale de Trouville-sur-Mer, Cabourg ou du Touquet. Dieppe est également à cette époque un port maritime renommé. De nombreux édifices sont construits ou rénovés : le théâtre de Dieppe rénové en 1900 dans le style rocaille sur la place de la Comédie (actuelle place Camille Saint-Saëns). Un foyer vitré donnant sur le front de mer est ajouté à la place de l'ancien atelier du peintre Mélicourt. Un palais de justice est construit sur les terrains de l'ancien marché aux bestiaux (1900).


En 1907 est organisé le premier grand prix sur le circuit de Dieppe. Quatre Grands prix de l'Automobile Club de France se tiennent dans la ville de 1907 à 1912 (puis sept éditions du Grand Prix automobile de Dieppe proprement dit, durant les années 1930).
En 1910, des festivités sont organisées par la municipalité de Camille Coche en présence du ministre de la Marine à l'occasion du tricentenaire de la naissance du dieppois Abraham Duquesne.
À la sortie de la Première Guerre mondiale, bénéficiant notamment de nouvelles aides au logement accordés par l’État, Dieppe connait un renouveau substantiel de son habitat et le développement de ses faubourgs (Janval) permettant de diminuer la pression démographique de certains quartiers du centre-ville (bout du quai, Saint-Jacques, Saint-Rémy) et de faire face à la vétusté et à l'insalubrité de certains immeubles anciens. Les lotissements d'habitations à bon marché à Janval (cité des Quatre vents), au Pollet (cité Bonne nouvelle) et à Neuville (cité Bel Air, lotissement Beau Soleil) sont notamment construits durant les années 1920. Des lotissements pour les classes plus aisées sont également développés dans les années 1930 (esplanade du château et lotissement des hospices).
La modernisation générale de la ville reflète alors également les grands courants architecturaux de l'époque qui opposent notamment le courant régionaliste normand (en vogue depuis 1860), exaltant les façades néo-médiévales à pan de bois et les toitures débordantes, face au courant moderniste promouvant les façades lisses et sobres, les briques et le béton armé. En 1932, un nouveau casino art déco, aux murs lisses et blancs en béton armé, succède au casino mauresque. Laborieusement reconstruit sur fonds de crise financière, il peine à séduire et à retrouver la clientèle huppée de Paris et d'Angleterre d'avant-guerre qui lui préfèrent définitivement les établissements balnéaires de villégiature et de loisirs de Deauville, Cabourg et Trouville, plus récentes, ainsi que les stations méditerranéennes, plus aisément accessibles en train désormais.
En mai 1934, Serge de Lenz, auteur en 1931 d'un médiatique cambriolage de la villa des Tourelles sur le front de mer, est jugé aux Assises de la Seine-Inférieure.

De 1934 à 1936, le bassin Bérigny (où se situent l'actuel hôtel de ville et le parc Jehan-Ango) est comblé. Durant l'été 1936, étant la station balnéaire la plus proche de Paris, Dieppe accueille de nombreux congés payés. La clientèle aisée qui était restée fidèle à la ville se retranche vers Pourville-sur-mer et Varengeville, au sud de Dieppe. L'hôtel Royal, dont l'actuel bâtiment fut édifié en 1901, cesse son activité hôtelière devenue déficitaire et est reconverti en immeuble d'habitations.
La ville est ensuite particulièrement marquée par la Seconde Guerre mondiale. Du 11 au 14 mai 1940, Dieppe subit les premiers bombardements allemands puis le 9 juin 1940, après plusieurs bombardements de la Luftwaffe, la Wehrmacht entre dans Dieppe. La ville est bombardée par la RAF à partir du mois d'août.
Le 23 août 1940, les autorités allemandes décident de faire un exercice de débarquement dans le chenal de Dieppe. Le capitaine belge Joseph Godu et son mécanicien, Jean de Ryck font sauter le remorqueur Dusseldorf en sacrifiant leurs vies, les 36 militaires allemands à bord n'ont pas survécu.
Le 20 octobre 1941, Dieppe, comme toutes les communes du littoral, est classée en « Zone côtière interdite ».
Le 19 août 1942, les Alliés tentent un débarquement à Dieppe, composé de troupes majoritairement canadiennes (Opération Jubilee). La fonction essentielle de ce débarquement est de tester les défenses allemandes. Mais le débarquement est un échec lors duquel plus de deux mille soldats (majoritairement canadiens) laisseront leur vie. La façade maritime de la ville est ravagée et la manufacture de tabac détruite.
Pour certains historiens, le sacrifice de ces trop nombreuses vies humaines est démesuré pour un débarquement qui n'a pas abouti. Pour d'autres, la tentative a en partie conditionné la réussite du débarquement du 6 juin 1944.
À la suite de ce raid, l’armée allemande procède à la destruction des hôtels et de plusieurs propriétés du front de mer et du littoral où avaient débarqué les Alliés afin de supprimer tout abri pouvant servir de protection à un autre débarquement. Le casino de Dieppe, notamment, est rasé. En remerciement à la population dieppoise pour son attitude pendant les opérations de débarquement, les Allemands libèrent les prisonniers de guerre originaires de Dieppe. Ils seront de retour dans leurs foyers en fin d'année.
En souvenir de l'opération Jubilee, plusieurs villages acadiens francophones du Nouveau-Brunswick (province maritime du Canada) se regroupent après la guerre pour former la commune de Dieppe, en mémoire des soldats canadiens tués le 19 août 1942 sur les côtes normandes. Le 1er septembre 1944, Dieppe est libérée par voie terrestre et sans combats, les Allemands ayant abandonné leurs positions devant l'avancée des troupes alliées.
Le bilan dieppois de la Seconde Guerre mondiale est de 207 victimes civiles, 584 blessés, 117 militaires et FFI tués, 38 fusillés et déportés tués. Au cours des 44 bombardements subis par la ville, 718 immeubles ont été totalement détruits soit 35 % des immeubles de la ville. Sur le littoral, outre le casino, plusieurs édifices prestigieux ou remarquables ont été détruits ou trop endommagés pour être restaurés, comme le Grand Hôtel, la villa Sturdza, la manufacture de tabac, l'hôtel Métropole, la villa Bristol, l'hôtel Regina, l'hôtel des Anglais, l'hôtel des Étrangers, la villa La Case du Comte Greffulhe (route de Pourville) et les chalets de la rue Alexandre-Dumas, notamment la villa Olga offerte par le Prince de Galles à la Duchesse de Caracciolo. Transformée en champ de mine, la plage de Dieppe est presque inaccessible pendant une dizaine d'années.

Le 10 juillet 1960, le Général de Gaulle s'adresse aux Dieppois, place Nationale. Il est le premier chef d'État en exercice, depuis Napoléon III, à se rendre à Dieppe et le dernier à ce jour. En 1961 est inauguré l'actuel casino (le cinquième depuis 1822), en retrait du front de mer à l'emplacement de la villa Rachel (démolie pour l'occasion). La même année est inauguré un centre de thalassothérapie. En 1964, la miroiterie de la famille Clouet, véritable institution dieppoise installée Grande-Rue à Dieppe depuis 1849 et où se fournissait Renoir ou Monet en pinceaux et tube de couleurs, ferme définitivement ses portes.
En 1965, le docteur Jean Tournier est élu à la mairie de Dieppe. Sous son mandat, le quartier de Janval s'urbanise et un vaste plan d’habitat est mise en œuvre. Il donne naissance au quartier du Val Druel et au quartier des Bruyères. En 1966, un nouvel hôtel de ville est inauguré à l'emplacement de l'ancien bassin Bérigny. Un an plus tard, Dieppe tente de faire venir les joies du ski alpin au bord de la mer. Une piste de ski synthétique est inaugurée le 18 avril en présence du ministre des Sports François Missoffe, de Jacques Anquetil, et des internationaux de ski Guy Périllat, Jean-Claude Killy, Annie Famose et des sœurs Goitschel et de l'entraîneur de l'équipe de France de ski Honoré Bonnet. En 1969, le couvent des Minimes (xviie siècle), situé rue Victor-Hugo, est démoli pour laisser la place à une résidence pour personnes âgées. En 1970, le conseil municipal démissionne pour protester contre le retard du versement des subventions promises par l’État pour la construction d'un lycée technique (actuel lycée Pablo-Neruda).
Les années 1970 marquent de leur empreinte architecturale le front de mer où plusieurs villas du début du siècle sont victimes d'un renouveau immobilier. Le chalet Normand (manoir Saint-Martin) et les villas adjacentes sont démolis pour laisser place à de grands immeubles huppés.


En 1974, Dieppe perd son titre de premier port bananier de France. La modernisation du mode de transport à bord des navires bananiers, avec l'arrivée de conteneurs frigorifiques, fait perdre progressivement le trafic des Antilles au profit du port du Havre. Compte tenu de leur taille, les porte-conteneurs ne peuvent pas entrer dans le port de Dieppe. Après 1978, ce trafic est définitivement perdu et seul le trafic bananier avec la Côte d'Ivoire continue à transiter par Dieppe.
Le 1er janvier 1980, Neuville-lès-Dieppe fusionne avec Dieppe. En juillet 1980, la grande grève des dockers endommage irrémédiablement la ligne saisonnière Dieppe-Brighton en Seajet, qui est définitivement arrêtée.
En 1982, le centre d'action culturelle Jean-Renoir est inauguré par François Truffaut.
En 1985, un plan de rénovation de l'habitat ancien est mis en œuvre. L'îlot Sainte-Catherine est restauré et des logements HLM sont installés dans des immeubles construits sur les plans de monsieur de Ventabren. En 1987, la villa mauresque située sur le front de mer est condamnée à la démolition par le conseil municipal au prétexte « qu'elle ne représentait rien ». Bâtie en 1870 par Charles Lebon (1799-1872), ce bâtiment d'architecture orientale qui influença de nombreux immeubles de Dieppe était à l'abandon depuis plusieurs années. Il est remplacé par un hôtel.
En 1991, un festival de musique ancienne est créé. La chapelle de l'hôpital (1860) est pour sa part démolie pour permettre l'extension de l'hôpital moderne.

En 1992, la Société d'armement transmanche (ex-armement naval SNCF) retire ses navires de la liaison maritime Dieppe - Newhaven, non rentable, à cause de la concurrence du tunnel sous la Manche. Deux ans plus tard, en 1994 est inaugurée une nouvelle gare maritime (terminal) pour les car-ferries. La démolition en 1995 de l'ancienne gare maritime SNCF sur le quai Henri-IV permet de dégager l'esplanade et de découvrir les façades du xviiie siècle. En 1997, la jetée est modifiée. La vieille estacade en bois qui longeait le chenal de l'entrée du port jusqu'au boulevard de Verdun est démolie. En 1998, un nouveau port de plaisance est inauguré. Le quai Henri-IV et sa dunette sont restaurés.
En 2002, la ville entame une nouvelle politique de développement économique fondée sur le tourisme (projet de lotissement du golf, rénovation de la Grande-Rue, réouverture du petit théâtre municipal fermé depuis 1961) et annonce un programme écologique de développement sociaux (création de logements dans l'ancienne prison, construction d'habitats répondant aux normes écologiques…) : la Grande-Rue est rénovée (2004), un nouvel ensemble de station balnéaire avec bassins ludiques et un nouveau complexe de thalassothérapie sont inaugurés sur la façade maritime de la ville (2007).
En 2010-2011, un projet d'implantation sur la zone portuaire de Dieppe d'une usine d’engrais russe est abandonné à la suite d'une forte opposition locale trans-partisane à laquelle s'ajoute une autre polémique concernant l'absence de célébration prévue pour le quadricentenaire de la naissance d'Abraham Duquesne. En 2010, le Syndicat mixte du Port de Dieppe engage les travaux pour la mise en service d'un port à sec pour plus de 300 bateaux à moteur jusqu’à 7 mètres dans la forme de radoub. Il était prévu pour être opérationnel en 2011, mais des problèmes de conception le rendaient encore inutilisable en 2014.
En 2012 est inauguré le Centre d’Affaires Dieppe Normandie dans les locaux de l'ancien terminal transmanche du bateau Hoverspeed (désaffecté depuis 2004), projet initié par l’Agglomération de Dieppe Maritime et porté avec la Communauté de communes du Petit Caux et la Chambre de commerce et d’industrie de Dieppe


Le château de Dieppe est un château situé en bord de mer dans la ville normande de Dieppe, désormais transformé en musée.
Il est construit pour assurer la défense de la ville en surveillant les côtes de la Manche, il est bâti sur le rebord de la falaise ouest environ trente mètres au-dessus du niveau de l'eau.
L'origine exacte du château prête à confusion, il fut certainement construit sur l'emplacement d'un premier château, édifié par Henri II Plantagenêt et Richard Cœur de Lion, puis détruit par Philippe Auguste en 1195.
Ce qui est certain aujourd'hui, c'est que le vestige le plus ancien est le donjon ou tour ouest, dont la construction est située vers 1360, lorsqu'est construite une enceinte fortifiée autour de la ville, menacée par les Flamands et les Anglais.
En 1435, après l'avoir libéré de l'occupation anglaise, Charles Desmarets obtient l'autorisation d'agrandir la place. Trois autres tours sont alors construites pendant qu'une tour carrée, munie d'un pont levis est édifiée pour protéger l'entrée. L'ensemble est relié à la ville.
Dans la première moitié du xvie siècle, une campagne de renforcement défensif est imposée par les progrès réalisés par l'artillerie. Une barbacane est construite pour protéger la façade sud-est, ainsi qu'une nouvelle tour, détachée au pied du château et reliée au reste des fortifications. À la fin du xvie siècle, une tour carrée est édifiée au sud tandis que l'enceinte est prolongée dans cette direction. Elle intègre la tour Saint-Rémy.
Construit comme une forteresse capable de résister aux assauts et aux sièges, le château évolue au xviie siècle. Les progrès de l'armement lui donnent des rôles de résidence et de caserne. On y perce alors de larges et hautes fenêtres, des toitures en poivrière couvrent les terrasses des tours. Le château devient un lieu d'habitation et de réception. La cour en est l'illustration en adoptant une fonction d'apparat. Sur la partie sud-ouest du château, une caserne est édifiée en 1630, à l'emplacement de l'actuelle salle d'exposition temporaire du musée.

La Révolution française trouve son intérêt politique en transformant l'édifice en geôle pour y enfermer les contre-révolutionnaires. En 1829, Dieppe est déclassée comme place de guerre, à l'exception notable du château. En 1906, la Ville rachète l'édifice, il retrouve sa fonction militaire pendant la Première Guerre mondiale.
En 1923, on y transfère le musée municipal, créé en 1897. Le projet initial était de le configurer en un musée des beaux-arts. En 1930, la statue de Jean Vauquelin, réalisée par le sculpteur dieppois Eugène Bénet est installée sur l'esplanade Nord, face à la mer.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, lors de la construction du mur de l'Atlantique, le château est à nouveau utilisé comme place-forte : l'ensemble des défenses est alors constitué de murs et de blockhaus, venus renforcer les murailles et les enceintes anciennes du château.

Collections
Ivoires
Le château est le lieu d'exposition d'une des plus riches collections d'objets et sculptures en ivoire de France. Cette collection est due au fait que pendant des siècles Dieppe fut le principal centre du travail de l'ivoire en France, les artisans travaillant les défenses ramenées d'Afrique par les navires.

Peinture
(liste non exhaustive)
Joachim Beuckelaer
Abraham van Beyeren
François-Auguste Biard
Jacques-Émile Blanche
Pieter Boel
Eugène Boudin
Gustave Courbet
Karl Daubigny
Henri Fantin-Latour
Louis Garneray
Eva González
Abraham Hondius
Franck Innocent
Eugène Isabey
Albert Lebourg
Philippe-Jacques de Loutherbourg
Jean-Baptiste Mallet
Jean-Baptiste Oudry
Bonaventura Peeters
Jean Pillement
Camille Pissarro
Salomon Van Ruisdael
Erasme II Quellin
Pierre-Auguste Renoir
Alfred Sisley
Francis Tattegrain
Fritz Thaulow
Kees van Dongen
Willem Van de Velde

Liste des monuments historiques de Dieppe.



 

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MessagePosté le: Dim 25 Sep - 07:47 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

 
Étretat est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en Normandie (anc. Haute-Normandie).


Naguère modeste village de pêcheurs, Étretat est devenue une station balnéaire de renom. Elle se trouve au nord du Havre en Normandie, sur le littoral de la Manche en pays de Caux. L'aspect extraordinaire et monumental de ses falaises de craie blanche presque immaculée et ses plages de galets grisâtres en ont fait un des lieux du tourisme international. Des peintres comme Gustave Courbet, Eugène Boudin ou Claude Monet ont beaucoup contribué à sa publicité, en en immortalisant la spécificité. Des écrivains comme Gustave Flaubert et Guy de Maupassant ont été des fidèles du lieu tandis que Maurice Leblanc, qui y vécut, contribua au mythe entourant le site dans une aventure d'Arsène Lupin intitulée L'Aiguille creuse.
Le site des falaises d'Étretat est classé dans le programme des Opérations Grands Sites (OGS), piloté par le ministère de l'Écologie et du Développement durable

Les falaises d'Étretat sont constituées de calcaire du Crétacé, c'est-à-dire, pour l'essentiel, de la craie blanche à silex du Sénonien, plus précisément du Turonien au Coniacien. Il n'y a pas d'autres minéraux, contrairement à ce que l'on observe ailleurs sur ce même littoral cauchois (par exemple le grès dans le nord du département de Seine-Maritime, aux environs de Dieppe), ni de calcaire oolithique du Jurassique comme celui des falaises du Calvados qui est de teinte plus jaune. On y distingue donc uniquement les strates régulières de silex, ce qui explique la présence de galets sur la plage. En effet, à la suite de l'effondrement de pans de falaise, le calcaire et le silex se trouvent au contact de l'eau de mer qui dissout le calcaire et l'action des vagues polit le silex pour en faire des galets.

Plus à l'est, on trouve à Fécamp des falaises calcaires qui comptent parmi les plus hautes de ce type avec 105 m au cap Fagnet et 120 m en haut de la côte de la Vierge, contre seulement 75 m au maximum côté aval et 84 au maximum côté amont à Étretat. Au pied des falaises, on constate la présence d'éboulis qui proviennent de la chute de pans entiers de roche. En effet, l'eau de pluie s'infiltre dans la craie poreuse et l'action du gel peut alors s'ajouter à ce phénomène destructeur. Comparativement, l'action de la mer est moindre, bien que sa responsabilité soit également établie dans le processus de destruction des falaises, car elle en érode la base en pratiquant des encoches de sapement. Autrement dit, « les agents d'érosion les plus actifs sont davantage continentaux que marins. C'est d'ailleurs ce qui permet de comprendre les éboulements fréquents au long de la vallée de Seine, qui ne doivent évidemment rien à la mer. »

L'existence de trois arches successives : la porte d'Amont, la porte d'Aval et la Manneporte ne serait pas liée à l'origine à l'érosion marine, mais à l'action d'une rivière côtière parallèle à la plage qui aurait creusé son lit dans la falaise avant le recul de celle-ci, matérialisé par l'« aiguille » d'un calcaire plus dur qui a empêché sa dissolution définitive, d'où cette extraordinaire création de la nature. Ensuite, la mer aurait élargi les arches, donnant au site l'aspect qu'on lui connait aujourd'hui. Une autre hypothèse met au contraire l'accent sur une érosion différentielle par la mer, qui serait liée aux caractéristiques de dureté de la craie locale dans la zone de balancement des marées.

Attestations anciennes
Strutat en 1040, Strudard en 1040
Estrutat du xie siècle au xve siècle
Estrutart du xiie siècle au xve siècle
Estretat en 1203
Estrutart, Estrudard, Estructat, Estrutat au xiiie siècle
Strusarda, Strünsaert en 1586
Estretal en 1630 - 1631
Estretot en 1600 - 1650
Strataliœ portes en 1657
Estretat en 1715 - 1766
Étretat en 1792 - 1795

D'après des découvertes archéologiques, l'occupation humaine du site remonterait à l'Antiquité. Cependant, on ignore tout des détails de la vie et du rôle tenu historiquement par le village, et même son nom ancien. L'activité a dû toujours être liée à la pêche, avant le développement du village en tant que station balnéaire au xixe siècle et la disparition des pêcheurs à la fin du xxe siècle.
Une vieille légende attribue la fondation du village à des Vikings, qui surgissant de leur esnèque (drakkar), auraient tenté d'abuser d'une Dame Olive, une sainte femme fort riche, qui avait coutume de se baigner ou de laver son linge dans la fontaine au pied d'un rocher. Le nom de « Fontaine Olive » a subsisté pour désigner sur la plage, une source devenue sous-marine par le recul du littoral et matérialisée par une enceinte carrée d'époque antique.

Agglomération secondaire dans l'Antiquité, Étretat était reliée à Jvliobona ou Iuliobona (Lillebonne) par une voie romaine. Plusieurs traces de ce passé gallo-romain ont été mises au jour : un aqueduc de trois kilomètres détruit dans la première moitié du xixe siècle, des monnaies, des vases, une villa, un cimetière à incinération relativement modeste de cinq à six urnes en terre cuite accompagnées d'assiettes en terre rouge et de clous en fer, ensuite l'abbé Cochet a encore exhumé quatre nouvelles sépultures avec dix-huit vases. Comme ailleurs, ces objets et infrastructures caractéristiques de la civilisation romaine n'indiquent pas la présence de Romains, mais la conversion progressive des populations celtiques, en l'occurrence les Calètes, à la civilisation romaine perçue par les élites comme plus raffinée. En outre, on note qu'aucune tombe de militaire romain, ni de camp romain datant du Haut Empire n'a jamais été mis au jour par des archéologues dans le Nord-Ouest de la Gaule.
Dans le jardin du presbytère, un autre cimetière recouvrait des ruines d'époque romaine. Il date des Mérovingiens et regroupait, entre autres, des tombes de militaires, comme habituellement dans la région, qui ont livré : une spatha, des agrafes en bronze, des plaques de ceinturon, un scramasaxe. Une douzaine de squelettes, voire davantage était inhumée en position assise, comme à Londinières, Envermeu, Selzen, au Danemark et en Angleterre (Yorkshire, Northamptonshire). Postérieurement, on a déterré d'autres sépultures contenant des squelettes avec des silex au pied et du mobilier : trois breitsaxes, des boucles et des plaques en fer damasquinés, des épingles en os. Le mobilier recueilli, la présence d'armes, la répartition géographique limitée de tels rites funéraires indiquent l'installation d'étrangers francs ou saxons dans la région, comme il a été analysé avec précision ailleurs, par exemple à Frénouville ou à Vron. On notera également que les Germains tout comme les Celtes, tendaient à la romanisation et à l'assimilation dans l'Empire.

C'est une période charnière pour Étretat qui, de village de pêcheurs, va devenir ville balnéaire. Peu à peu, l'activité traditionnelle de la pêche va être supplantée par le tourisme. C'est aussi l'époque où va être définitivement abandonné le projet récurrent de François Ier à Napoléon Ier de construire un port militaire.
Pendant la première moitié du siècle, il y a entre vingt-cinq et trente bateaux de pêche sur le perrey. Cependant, dès 1850, leur nombre diminue fortement pour ne plus atteindre qu'une seule unité. Ils sont remplacés par des canots qui pratiquent la pêche côtière.
Les clinques, des bateaux traditionnels à clin, naviguaient jusqu'à Dieppe pour pêcher le hareng à la fin de l'automne et le village abritait de 250 à 300 marins. La seule activité restée florissante à Étretat en cette fin de siècle est la pêche au maquereau, que l'on pratique pendant les trois mois d'été.
La présence de galets et l'absence totale de sable sont sans doute en partie responsables du moindre succès de l'endroit pour la baignade, par rapport à des plages comme Trouville-sur-Mer ou même Dieppe et le Havre. Cependant, la raison principale est autre : des difficultés d'accès sont engendrées par la mauvaise qualité des voies de communication.
Aussi Étretat ne succombe-t-elle à la mode des bains de mer qu'après 1843. Alphonse Karr, auteur d'un roman à succès sur la ville, va beaucoup contribuer au lancement de la petite station. C'est à cette époque que l'on construit la route de Fécamp et la route du Havre. On établit des liaisons régulières par omnibus à cheval. Finalement, une ligne de chemin de fer et une gare en 1890 achèveront de désenclaver ce lieu de villégiature déjà reconnu.
C'est aussi à cette époque que l'on commence à bâtir des villas de style balnéaire, à un rythme de plus en plus soutenu, alors que ce n'était guère le cas avant 1830. On reconstruit également le village, tout comme les villas, avec des silex taillés et des briques.
En 1852 s'ouvre un casino de planches et d'ardoises, sous l'égide de la société des Bains de mer d'Étretat nouvellement créée. On y donne des spectacles tel Orphée aux Enfers de Jacques Offenbach. Cet opéra-bouffe va donner son nom à la villa étretataise de son auteur.

Si le site naturel d'Étretat reste inchangé, bien que la biodiversité et la qualité des eaux soient menacées, ce sont surtout les aménagements et l'atmosphère même du bourg qui ont subi une grande mutation au xxe siècle par rapport au siècle précédent, déjà prodigue en bouleversements. On peut situer ce tournant après la Première Guerre mondiale. En effet, une grande partie de l'intelligentsia parisienne, des écrivains, artistes et hommes politiques qui le fréquentaient l'été, a alors déserté ce lieu de villégiature pour des cieux plus cléments et pour échapper au tourisme de masse. L'institution des congés payés a marqué, comme ailleurs, le début d'une ère nouvelle. En cela, elle permit d'appliquer à la lettre les propos d'Alphonse Karr selon qui, s'il devait faire découvrir à un ami la mer, ce serait à Étretat. D'autre part, la pêche traditionnelle disparaît totalement dans les années 1990, le dernier pêcheur ayant cessé son activité professionnelle à cette époque.
Depuis les années 1960, les clinques improprement appelées « caïques » avaient été complètement supplantées par des bateaux plus modernes.
La Seconde Guerre mondiale va mettre un frein à cette croissance du tourisme, favorisée en partie par de meilleurs conditions de vie et une plus grande facilité de transport. Le front de mer va être mutilé par l'occupant allemand, qui va jusqu'à détruire le casino et les villas pour améliorer la défense du site en cas de débarquement allié. Après la guerre, la façade maritime fait l'objet d'une reconstruction moderne dans laquelle le béton domine.


De plus en plus, le lieu prend des allures de rendez-vous touristique international, stimulé par la célébrité des falaises popularisées par les toiles de Claude Monet, dont la cote n'a jamais été aussi élevée, et de Gustave Courbet. La proximité de Paris, du Havre et de Rouen, grâce aux moyens de transport modernes, ne sont pas étrangères au succès de l'endroit. Cependant, la « classe des estivants » subsiste toujours. Ces estivants sont des familles originaires le plus souvent de Paris et de sa région. Ils possèdent parfois une résidence à Étretat depuis plusieurs générations et les rapports avec les autochtones n'ont pas toujours été des plus cordiaux.
Le tourisme de masse engendre un véritable problème de cohabitation entre les piétons et les automobiles dans les rues étroites, au moment des week-ends en saison et des vacances d'été. Les autorités locales ont construit de grandes aires de stationnements visant à réduire le trafic en centre ville et à délester les zones saturées de véhicules. Elles sont situées rue Guy-de-Maupassant, près de la petite église protestante où s'est marié, notamment, André Gide, autre célébrité d'Étretat, et à côté de la résidence pour personnes âgées Germaine Coty. Plus récemment, un grand parking a été construit sur la route du Havre.
Dans les années 2000 se sont terminés les travaux de reconstruction et de consolidation de la digue-promenade, le perrey et du casino, qui a retrouvé un cachet perdu jadis.


L'Arche et l'Aiguille
Une rivière souterraine, puis l'érosion marine ont formé une arche naturelle et une aiguille haute de 55 mètres, morceau relique de la falaise. Maurice Leblanc la décrit en ces termes : « Roc énorme, haut de plus de quatre-vingts mètres, obélisque colossal, d'aplomb sur sa base de granit» dans L'Aiguille creuse, 1909.
À son époque déjà, le site attirait de nombreux touristes parmi lesquels des « lupinophiles », admirateurs d'Arsène Lupin : des étudiants américains venus chercher la clé de la grotte, où le « gentleman cambrioleur » avait retrouvé le trésor des rois de France. Le film Arsène Lupin de Jean-Paul Salomé, sorti en octobre 2004, offre de nombreuses vues sur la falaise et l'Aiguille.


La Manneporte
De l'ancien français manne porte, « grande porte, porte principale », le mot man(ne) issu du latin magnu / a- « grand » est un terme d'ancien français magne, main(e), normand *man(e) (Cf. Manneville-la-Goupil, Manéglise, Mandeville). Elle est plus large que la porte d'Aval et est située derrière elle.
Sur l'estran dégagé par la mer au pied de la porte d'aval, on note creusés dans le socle calcaire et couvert partiellement d'algues vertes, d'anciens parcs à huîtres, dont la culture n'a duré que quelques années. Au-dessus, à côté de l'arche, on remarque un énorme trou noir dans la falaise: le « trou à l'homme » qui tiendrait son nom d'un marin suédois, seul survivant du naufrage de son navire dû à une violente tempête qui aurait duré près de 24 heures. Il aurait été projeté par une lame dans cette cavité, assurant du même coup sa survie. Le « trou à l'homme » auquel on accède par une échelle de fer est toujours hors-d'eau au moment des marées et nombre de personnes s'y laisse enfermer, nécessitant l'intervention des pompiers ou une attente de près de six heures pour la marée basse.
Le long tunnel sur lequel s'ouvre le « trou à l'homme » aboutit à la crique du Petit-Port au débouché de la valleuse de Jambourg, en fait une plage au pied de l'aiguille et encadrée par les deux grandes portes. On peut accéder au sommet de la falaise par un escalier directement au bout du Perrey, suivi d'un chemin bien aménagé, en pente et qui longe le terrain de golf, à droite on monte jusqu'au sommet. On jouit à la fois, de la vue sur le village, sur l'aiguille et sur la Manneporte. On peut également pénétrer dans le petit refuge naturel surnommé « Chambre des Demoiselles», décrit par Maurice Leblanc dans L'Aiguille creuse.


La falaise d’Amont
La porte d'Amont est la plus petite des trois portes.
Guy de Maupassant compare cette porte d'Amont à un éléphant plongeant sa trompe dans l'eau.
Au sommet de la falaise se dresse la silhouette de pierre de la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde, protectrice des pêcheurs. L'édifice actuel succède à une chapelle du xixe siècle.
On peut également accéder à la falaise mais l'escalier est beaucoup plus abrupt. Au sommet de la falaise se dresse la silhouette de pierre de la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde, protectrice des pêcheurs. L'édifice actuel succède à une chapelle du xixe siècle en briques et en pierres néo-gothique. Elle a été détruite par l'occupant pendant la Seconde Guerre mondiale. Puis, on arrive au pied du monument et du musée réalisés par l'architecte Gaston Delaune et dédiés à Charles Nungesser et François Coli, deux pilotes qui tentèrent de rallier New York en 1927 et qui furent aperçus pour la dernière fois à cet endroit, après avoir décollé du Bourget à bord de l'Oiseau blanc.


La plage et le front de mer
Encerclée par ses falaises, la plage est relativement protégée des vents dominants. Elle est constituée de galets et descend vers la mer. L'amplitude de la marée ne se fait pas trop sentir à cet endroit. Très fréquentée l'été, elle prend un air de fête, pour retrouver son aspect sauvage et grandiose hors saison. La présence exclusive de galets rend assez malaisée la promenade sur la plage. Cependant, ces « cailloux » sont un rempart naturel nécessaire à la protection du littoral. En effet, ils y contribuent en jouant le rôle d'un « amortisseur à vagues », tout comme le ferait un empierrement artificiel. Pour cette raison, la collecte des galets sur la plage est interdite, d'autant plus qu'ils ont tendance à être déplacés vers le large et vers le nord par les courants marins. Jadis, on pouvait voir des chevaux sur le rivage, auxquels étaient fixés des paniers qui servaient à contenir les pierres ramassées. Ces galets, après triage et calibrage, étaient ensuite revendus, notamment aux entreprises fabriquant de la porcelaine, de la faïence ou du verre, qui utilisent la silice composant en partie certains cailloux ou encore aux industries qui se servaient de sa dureté pour écraser d'autres matériaux.
La plage est séparée du village par une longue digue-promenade que l'on nomme le perrey ou perré, terme dialectal signifiant l'« empierré » et qui ne s'appliquait jadis qu'à la partie servant de lieu d'échouage aux bateaux. Cette digue est absolument nécessaire pour protéger la ville des tempêtes, surtout au moment des grandes marées d'équinoxe.
L'ancien front de mer, dont le casino « art nouveau », a été détruit pendant la seconde guerre mondiale par les nazis, pour des motifs de défense du littoral et ainsi améliorer la visibilité. Au pied de la falaise d'aval subsistent des bunkers du mur de l'Atlantique.
Toujours vers la porte d'Aval, les « Caloges », terme dialectal signifiant « cabane », sont d'anciens bateaux convertis par les pêcheurs en abris et en locaux pour entreposer le matériel utile à leur activité. Ils sont recouverts d'une toiture en chaume.

 

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MessagePosté le: Lun 26 Sep - 06:36 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

Le Pont de Normandie est un pont à haubans enjambant l'estuaire de la Seine, il relie le Havre à Honfleur. La construction du pont de Normandie a été confiée, pour la partie béton au groupement d'entreprises « GIE Pont de Normandie », et pour la partie métal à Monberg et Thorsen. Ce « GIE Pont de Normandie » rassemblait Bouygues, Campenon-Bernard, Freyssinet, Dumez, GTM, Spie Batignolles, Quillery et Sogea. Les études générales ainsi que les études de la partie béton ont été faites par le GIE Pont de Normandie et ont été dirigées par B. Raspaud (Bouygues), tandis que les études de la partie métallique ont été confiées à Eiffel et Cowi-Consult. La direction du chantier a été assurée par G. Barlet (Campenon-Bernard), et P. Jacquet (Bouygues).
En 1994, la portée principale de l’ouvrage bat de plus de 250 m le précédent record du monde datant de 1993 (Shanghai), mais celui-ci sera perdu en 1998 pour 34 m (Pont de Tatara au Japon). Son record de longueur de pont à haubans a été perdu en 2003 avec les 2 883 mètres du pont Rion-Antirion, et si l'on considère la longueur de tablier suspendu par haubanage (2 252 m), c’est le viaduc de Millau qui prend la relève avec 2 444 m.


La structure, qui est en béton, est d'une longueur totale de 2 141,25 mètres elle comporte une travée haubanée de 856 m de portée, les 624 m du centre étant en métal. Les pylônes en béton de cette travée atteignent une hauteur de 214,75 m.
Le tablier d'une largeur de 23,60 m accueille quatre voies pour des véhicules automobiles, deux pistes cyclables ainsi que deux voies pour les piétons.
Le tablier est composé de deux parties, une partie métallique, longue de 624 m, surplombant la Seine à 59,12 m ; celle-ci est composée de 32 voussoirs de 19,65 m. Chacun d'eux est relié à la tête mixte d'un des pylônes par deux haubans fixés de part et d'autre du voussoir. Le reste du tablier est en béton précontraint pour deux viaducs d'accès ainsi que pour les 58 m de portée attenant à chacun des deux pylônes.


Composés en béton armé précontraint, les pylônes en Y-inversé mesurent 214,77 m et pèsent 20 000 t chacun dont 11 700 juste pour les armatures métalliques et 150 pour les câbles de précontrainte. Du fait de la sphéricité (ou de la rotondité) de la Terre, les pylônes sont espacés d'environ deux à trois centimètres de plus à leur sommet qu'à leur base.
Au nombre de 184, les câbles Freyssinet ou haubans sont composés de plusieurs torons d'acier, entre 31 et 53 en fonction des efforts qu'ils doivent subir. Tous sont protégés contre les agressions extérieures par une couche de cire et une gaine en polyéthylène. Ils sont assemblés en faisceaux et sont habillés d'un revêtement dont le profil est aérodynamique. Sur toute la longueur du pont, leur longueur varie entre 95 et 460 m.


Ce pont est à péage, sauf pour les piétons, cyclistes, motocyclistes.
La Chambre de commerce et d'industrie du Havre (elle a été dissoute le 1er janvier 2016 par le décret 2015-1642 du 11 décembre 2015 portant création de la chambre de commerce et d’industrie territoriale Seine Estuaire) est concessionnaire jusqu'en 2026.
Les départements du Calvados, depuis 2000 jusqu'en juillet 2010, et de l'Eure, depuis 2001, ont décidé d'alléger une partie de l'abonnement payé par leurs administrés. Plafonnée à 304 € à l'année, l'aide départementale s'est ainsi élevée à 164 000 € en 2005 pour le Calvados (plus 13 000 € de subvention pour les abonnements Rivages, aide nouvelle depuis 2003) et à 112 558 € pour l'Eure. La Seine-Maritime s'abstient parce qu'elle est le pôle de la région.
Le pont de Normandie est conçu pour laisser le passage aux navires qui remontent la Seine.

 

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MessagePosté le: Mar 27 Sep - 07:58 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

Varengeville-sur-Mer est une commune, située dans le département de la Seine-Maritime en Normandie (anc. Haute-Normandie). Ses habitants sont les Varengevillais.
Elle est connue pour son cimetière marin où sont enterrés, entre autres, Georges Braque, concepteur d'un vitrail de l'église, Georges de Porto-Riche, Albert Roussel et Jean Francis Auburtin. L'impressionniste français Claude Monet a visité Varengeville et peint ses paysages.
Commune du pays de Caux ; une valleuse, brèche creusée dans la falaise, permet l'accès à la Manche. Cette commune est située à cinq kilomètres à l'ouest de Dieppe, entre Pourville et Sainte-Marguerite-sur-Mer.


Le nom de la localité est attesté sous les formes Waringivilla en 1035, Ware[n]gervilla au xiie siècle
Il s'agit d'un type toponymique médiéval en -ville « domaine rural » → « village » (mot issu du gallo-roman VILLA « domaine rural », du latin villa rustica) et précédé, comme c'est le plus souvent le cas, d'un anthroponyme d'origine germanique (ou anglo-scandinave en Normandie). Il faut vraisemblablement avoir recours au nom de personne francique Warengarius, encore attesté comme patronyme en Seine-Maritime sous la forme Varanger et dans la Sarthe, notamment sous les formes Guéranger et Garanger. Le maintien du [w] initial puis son passage à [v] au xiie siècle s'explique par la situation de Varengeville dans la partie septentrionale de la Normandie, alors que, plus au sud (et en français standard), on aurait abouti à *Garangeville.
Homonymie avec Saint-Pierre-de-Varengeville (Seine-Maritime, Warengiervillam xiie siècle) et Varangéville (Lorraine).
On voyait encore au xixe siècle de nombreuses traces de fortifications au lieu-dit le Câtelier, malheureusement disparue aujourd'hui et qui n'ont jamais fait l'objet de datations précises. Peut-être s'agissait-il de vestiges antiques.

Lieux et monuments
L'église Saint-Valery et le cimetière marin sont situés au bord de la falaise, non loin du « câtelier » que les autochtones nomment « la tombe du petit doigt de Gargantua ». Les tombes entourent l'édifice sauf du côté de l'abside.
le porche d'entrée date du xvie siècle et s'ouvre dans la nef sud.
l'église se compose en effet de deux nefs : la plus ancienne au nord date des xiie et xiiie siècles et est construite en silex, elle est couverte par une belle charpente caractéristique du style roman. L'autre nef, plus récente, est en style gothique et construite en moellons de grès, matériau que l'on trouve également dans la région. Il suffit de regarder la plage en contrebas pour apercevoir les gros blocs de grès échoués ici et là. Son emploi en architecture est plus tardif que le silex. Cette nef est couverte d'une charpente caractéristique du style gothique.
le carré du transept ainsi que le triple chevet plat sont voûtés sur croisée d'ogives.
à l'intérieur de l'édifice, entre les deux nefs, on note le pilier-colonne polygonal, décoré de sculptures représentant une coquille Saint-Jacques (sans rapport avec le pèlerinage de Compostelle), des têtes de personnages dont certains coiffés à la mode Henri II, des rosaces, des blasons dont l'un porte un dauphin couronné et un soleil. Parmi les personnages figurés, l'un ressemble à un marin en train de vomir, l'autre à un chef indien, témoignages du voyage des Dieppois vers des terres lointaines.
des vitraux modernes décorent l'édifice : ceux de Raoul Ubac et l'arbre de Jessé de Georges Braque. On trouve également des statues, dont celle de saint Valery de Leuconay, ainsi que son gisant au fond de l'édifice et des peintures dont une représentant Notre-Dame de Guadalupe et un tableau moderne de Michel Ciry.
Le Manoir d'Ango a été classé monument historique en 1862.


Le Bois des Moutiers est un parc de douze hectares tout à fait remarquable comprenant : un manoir, des jardins, et un parc créé par Guillaume Mallet à partir de 1898 qui descend sur la mer. Il est notamment réputé pour ses rhododendrons géants. Le manoir a été construit dans le style Arts & Crafts par l'architecte anglais Sir Edwin Lutyens qui a, aussi, construit le palais du vice-roi des Indes à La Nouvelle-Delhi. Les jardins et le parc furent dessinés par la paysagiste anglaise renommée Miss Gertrude Jekyll, personnalité marquante du mouvement Arts and Crafts. Ils ont reçu les labels « jardin remarquable » et « monument historique ».
Le jardin Shamrock est la plus grande collection d'hortensias au monde présentant plus d'un millier de variétés différentes. Cette collection est répertoriée par le Conservatoire français des collections végétales spécialisées (CCVS).
Patrick Boulier, président de l'agglomération de Dieppe, aimerait faire classer au Patrimoine mondial de l'UNESCO les falaises de Varengeville-sur-Mer.

 

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MessagePosté le: Mer 28 Sep - 07:30 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

Le château de Merval est construit en 1629 par l’architecte Louis Panier, sur ordre du seigneur Louis de Bucy.
Il se compose d'un corps de logis encadré de deux pavillons et possède de belles dépendances.
Une chapelle domestique dédiée à saint François est adossée à l’édifice.
Les nombreux parterres à la française sont réalisés à partir de 1901, selon les modèles d’André Le Nôtre.Restauré, à l'initiative de la Région de Haute-Normandie.


Considéré comme l'une des « merveilles » du Pays de Bray, ce château du XVIIe siècle doté d'un très beau colombier se situe à quelques kilomètres à l'ouest de Gournay-en-Bray. Il abrite aujourd'hui un lycée agricole : vous ne verrez donc ni l'orangerie, devenue CDI, ni la salle des gardes, devenue bureau des surveillants, ni la salle de billard, devenue salle de classe suite à la donation du château à l'État après la seconde guerre mondiale, et à sa transformation en lycée en 1990… En revanche, à vous la cour de récréation de ces élèves chanceux : le parc, d'une centaine d'hectares, se visite librement et une cidrerie vous accueille l'été. Face à celle-ci, admirez le verger-conservatoire et ses 500 variétés de pommes locales. La boutique permet d'emporter quelques souvenirs gustatifs (calvados, pommeau de Normandie, cidre, Neufchâtel, entre autres !)... 

Ouvert toute l'année. Visite libre des extérieurs tous les jours. Visite intérieure du château pour les groupes sur rendez-vous. L'été, visite de la cidrerie les mercredis et vendredis de 13h30 à 18h. Traite des vaches tous les jours à 16h30. Boutique.

 

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MessagePosté le: Jeu 29 Sep - 06:36 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

Caudebec-en-Caux est une ancienne commune française située dans le département de la Seine-Maritime, en Normandie.
La commune fusionne avec deux autres le 1er janvier 2016 pour former la commune nouvelle de Rives-en-Seine et prend à cette date le statut de commune déléguée.
Caudebec-en-Caux est classée « trois fleurs » au Concours des villes et villages fleuris et est surnommée par ses habitants la « Perle du Val de Seine ».
Située à plus de 40 km de l'embouchure de la Seine, Caudebec-en-Caux était réputée, jusque vers 1960, pour son mascaret qu'on nomme localement « la barre », terme dialectal (cf. la chapelle de Barre-y-va sur les coteaux de Caudebec et la marée du Mont-Saint-Michel). Dans certaines conditions de marées, de vent et de débit de la Seine, celui-ci pouvait prendre la forme d'une vague de plus de 2 mètres de haut qui remontait le fleuve à vive allure. Il n'était pas rare que des spectateurs imprudents, voulant l'observer au bord des quais, soient emportés par les eaux. Mais depuis les aménagements du port du Havre et l'endiguement des rives du fleuve, ce phénomène spectaculaire a quasiment disparu.


Le nom de la localité est attesté sous les formes Caldebec vers 943, 966 et 1025, puis Caudebec dès 1060.
Il s'agit d'une formation toponymique médiévale contemporaine de l'installation des Scandinaves dans la basse vallée de la Seine.
Le premier élément Caude- représente l'ancien scandinave (vieux norrois) kaldr « froid » par évolution phonétique régulière de type normanno-picard (absence de palatalisation du groupe /ca/ cf. ligne Joret). De la même manière, le latin calida > calda « chaude » a donné chaude en français central et caude en normand septentrional.
L'élément Caude- se retrouve dans le type toponymique d'origine scandinave Caudecotte, très fréquent en Normandie en tant que microtoponyme.
Le second élément -bec représente l'ancien scandinave bekkr « ruisseau » qui a donné l'ancien normand bec « ruisseau » (cf. Le Bec) et est très fréquent comme hydronyme, mais aussi comme toponyme (cf. Bolbec, Foulbec, etc.), les localités tirant souvent leur nom de la rivière éponyme.
Le déterminant complémentaire -en-Caux se réfère au pays de Caux et permet de faire la distinction avec une autre commune de Seine-Maritime : Caudebec-les-Elbeuf (Caldebec 962-996, probablement ancienne Uggade de l'Itinéraire d'Antonin)
Selon François de Beaurepaire, les deux Caudebec se trouvant au bord de la Seine, il se pourrait qu'il s'agisse d'un surnom scandinave de ce fleuve. Cependant les Vikings appelaient la Seine, Signa, et il est probable que ce qualificatif de Caudebec « froide rivière » se rapporte en fait à la rivière Sainte-Gertrude, dont le nom semble relativement récent. Selon un mode de transfert usuel, Caudebec est devenu le nom du lieu comme Bolbec et la rivière s'est vue requalifiée en Sainte-Gertrude. Jacques Le Maho considère que l'ancien nom de Caudebec était Loium attesté dans l'Itinéraire d'Antonin, dont une variante moins évoluée phonétiquement Logium est également attestée au viie siècle dans un document où l'on mentionne l'abbaye féminine au centre du bourg actuel.
Caudebec est également homonyme de Caldbeck (Angleterre, Cumberland, Caldebeck 1060 )


Dès les débuts de l’archéologie, principalement au xixe siècle, les érudits et chercheurs locaux ont été attirés par les retranchements importants du Calidu. Dans son ouvrage paru en 1866 La Seine inférieure historique et archéologique, l’abbé Cochet, archéologue, inspecteur des monuments historiques de la Seine-Inférieure et des monuments religieux du diocèse de Rouen, nous dit : « Époque gauloise. On trouve quelques monuments gaulois à Caudebec, notamment sur la côte appelée le Calidu. Le musée de Rouen possède une hache en serpentine, des hachettes de bronze et des médailles celtiques en or, argent et bronze. Ces dernières proviennent du Mont-Calidu. Monsieur le docteur Guéroult, de Caudebec, montre dans son cabinet une hanche en bronze également trouvé au Calidu, en 1831. Messieurs Guilmeth et Fallue citent une monnaie gauloise rencontrer sur la même colline… ». Ces numéraires figurent une tête tournée vers la gauche accompagné de la légende kal, kala, kaacou, kaltau, kaldv, kaledu, caledu. On a trouvé également une monnaie portant encore une inscription celtique « caledv senodon », avec au revers un cheval au galop.
Par ce terme, il faut entendre camp pré-romain désigné aujourd’hui : oppidum. Mais qu’est-ce qu’un oppidum ? Il s’agit d’un lieu de retranchement, ceint de talus avec fossés secs à l’extérieur. Parfois, comme à Caudebec, le site offrait des défenses naturelles qui, ainsi, n’obligeaient pas à la construction de défenses artificielles sur certains côtés. Ce type de fortification, situé le plus souvent en hauteur, possède des superficies variables allant de 1 à 160 hectares. Leur destination exacte (refuge occasionnel, rôle commercial et religieux, habitat permanent ou temporaire, lieux de surveillance…) n’est pas parfaitement connue. Parmi les plus typiques de la région citons Fécamp, Bracquemont, Vernon, Duclair, Sandouville… De même nous ignorons leur date de construction. Quelques-uns remontent à l’âge du bronze, la plupart semblent être typiquement gaulois.
L’oppidum du Calidu se situe sur les collines à l’ouest de Caudebec, du haut des falaises jusqu’à la courte côte. Par extension, le Calidu désigne aujourd’hui l’ensemble du retranchement, soit 25 hectares. Au sud, la falaise de la Seine sert de défense naturelle, de même à l’est avec la forte pente donnant sur la vallée de Caudebec simple marécage à l’époque. Au nord, un rempart artificiel, ou de trois à six mètres, doublé à l'extérieur d'un fossé plat, longe d'abord la route de Caudebec à Lillebonne, puis est coupé par celle-ci. Ce rempart rejoint la lisière de la forêt, au niveau du chemin du gibet et longe la lisière ensuite pour retrouver la route de Lillebonne, derrière la maison forestière de la Pommeraye. Un deuxième retranchement occupe la partie sud est de cette oppidum. Le talus de ce second retranchement, surmonté d’un mur moderne, sert encore de limite de propriété et de limite de communes. Ce talus ne fait que renforcer une pente naturelle déjà assez forte.
L’abbé Cochet rapporte également que M. Fallue a découvert de nombreuses tuiles à rebords, des vases et des monnaies romaines au Mont Calidu. Comme on le voit, toutes les époques ont laissé des traces. Cependant, le manque de précision sur l’emplacement des découvertes ne renseigne pas assez les archéologues contemporains. La seule découverte intéressante concerne un squelette d’un jeune gaulois dans la partie sud de l’oppidum, non loin de la falaise, en 1874. Le corps orienté est/ouest, portait au tibia gauche anneau uni coupé en bronze.
En 1985, on a découvert la voie antique recouverte d'un empierrement de silex grossier et irrégulier, bordée de chaque côté par un fossé. Elle est moins large et moins bien construite que la voie romaine contigüe. On a également prospecté à la base des anciens remparts en 1984, il semble qu'il s'agisse d'un murus gallicus à armature en bois tel qu'en décrit Jules César. Cependant, le bâti le plus important date de l'époque gallo-romaine. Il reste difficile de dire s'il s'agit d'une extension de la ville de Loium ou du camp celtique lui-même.
Il est bien possible que Caledu soit une variante de *Caleto- pour *Caletoduno- (dunum) : « l'oppidum des Calètes » (cf. Pays de Caux) et senodon pour *senoduno- « vieil oppidum ». Dans ce cas, Caudebec aurait pu être l'oppidum principal des calètes avant son remplacement par la cité gallo-romaine de Lillebonne (Juliobona). Afin de soutenir le monastère de Saint-Vandrille, Louis XI confirma les privilèges de Caudebec, par ses lettres patentes en juillet 1474


On peut estimer que l'occupation romaine commence au iiie siècle après J.-C. Quel était alors le nom de notre ville ? Jusqu’au début des années 1990, les historiens Normands étaient unanimes à considérer que la ville de Caudebec s’appelait LOTUM à l’époque romaine. Il faut dire que leurs informations étaient fondées, à première vue, sur de solides références : l’Abbé Cochet, parmi bien d’autres spécialistes du xxe siècle, s’appuyait sur le témoignage, en apparence irrécusable, d’un document antique « l’itinéraire d’Antonin ». Cette liste des stations routières de l’Empire, dressée au iiie siècle de notre ère, mentionne en effet une bourgade du nom de Lotum dans la vallée de la Seine, à 14 milles de Rouen et à 6 milles de Lillebonne. La concordance très précise des distances ne permet guère de douter qu’il s’agit bien de Caudebec en Caux, localité dont de nombreuses découvertes montrent l’importance dès l’époque romaine, et qui était effectivement située sur le tracé de la route reliant Rouen à Lillebonne. À l’appui de cette identification, on a souvent invoqué le témoignage d’un texte très ancien, la biographie de Saint Condède, abbé de Belcinac, écrite par un moine de Saint-Wandrille au ixe siècle. Ce moine, qui semble avoir eu entre les mains une copie de l'itinéraire d'Antonin, parle d'un lieu proche de l’île de Belcinac, que l’on appelait, dit-il, Lutum dans l’Antiquité. Il propose même sa propre interprétation de l’origine du nom : l’endroit était nommé ainsi par les Romains à cause des alluvions qui déposent chaque année, en hiver, les inondations de la Seine. L’explication est ingénieuse : le mot Lutum désigne, en effet, la boue en latin. À regarder de plus près, pourtant, toutes ces traditions apparaissent peu fiables. Il est facile de démontrer que l’itinéraire antique détenu par l’abbaye de Saint-Wandrille n’était qu’une copie tardive, entachée d’erreurs de transcriptions et de multiples fautes d’orthographe. Et si l’on veut bien effectuer un rapide tour d’horizon des différentes transcriptions de ce document, on se rendra compte assez rapidement que les versions Lotum ou Lutum, mises en avant par les érudits normands, sont loin d’être les plus nombreuses. La plupart des manuscrits portent en effet, non pas Lotum mais Loium. Qui plus est, ces derniers sont plus proches du document antique, et plusieurs auteurs, en premier lieu le grand spécialiste qu’était Auguste Longnon au début de ce siècle, ont déjà attiré l’attention sur la correspondance pour le moins troublante qu’offre ce vocable de Loium avec celui de Logium qui désignait au viie siècle une abbaye de femmes, disparue et non localisée avec précision, mais située dans la région de Saint-Wandrille : dans le parler de cette époque, Loium et Logium sont deux appellations qui, malgré leurs orthographes différentes, se prononcent exactement de la même façon. Nous sommes obligés de dire que c'est désormais du nom de Logium (prononcer Loium) qu’il faudra désigner Caudebec avant la période normande. À la suite d’une étude approfondie des textes du haut Moyen Âge, publié en 1996 dans la revue de l’histoire de l’Église de France, il semble, en effet, possible d’établir que le monastère mérovingien de Logium, longtemps situé par erreur au hameau de Caudebecquet (sous le pont de Brotonne) doit être recherché en réalité au cœur même de la ville actuelle de Caudebec et que l'église paroissiale Notre-Dame a toutes les chances d'avoir été primitivement l’abbatiale de ce grand monastère, auquel la reine Bathilde, femme du roi Clovis II, fit un don important au viie siècle. Ce monastère devait s’étendre sur la majeure partie du bourg actuel de Caudebec : outre l’église Notre-Dame, il comprenait une chapelle Saint-Pierre (à l’emplacement de la place d’Armes) une autre dédiée à Saint-Martin et probablement un troisième oratoire placé sous le patronage de Saint-Léger, à la sortie nord de la ville sur la route de Sainte Gertrude. Abandonné lors des invasions vikings du ixe siècle, il ne fut jamais rétabli. Une partie de ses biens fut répartie entre divers chefs Normands après 911 et le reste fut réuni au patrimoine de l'abbaye de Saint-Wandrille en 960


XVe-XVIe siècle
Capitale du pays de Caux, la place forte est prise par les Anglais en 1419 puis par les protestants en 1562.
Entre-deux-guerres
L'usine Latham y construit des hydravions.
La Seconde Guerre mondiale
Le 9 juin 1940, durant la Bataille de France, on annonce l'arrivée imminente de l'armée allemande. Les Caudebecquais et tous les habitants des environs, veulent prendre le bac pour pouvoir traverser la Seine. Les voitures commencent à s'entasser dans les petites rues étroites de la ville. Les Allemands, qui veulent couler le bac, bombardent la Seine. Le bac est manqué, mais une bombe explose sur les hauteurs de Caudebec. Le feu se répand très vite à cause des files de voitures.
Pendant trois jours la ville brûle. Elle est détruite à 80 %.
Dès le début du mois de juillet, les Caudebecquais rentrent chez eux. Et un long travail de déblaiement et de reconstruction se met en place. Des baraquements en préfabriqués sont installés un peu partout en ville pour permettre aux habitants de continuer à vivre sur Caudebec.
La reconstruction, supervisée par Othello Zavaroni, se poursuit jusqu'en 1960, soit environ 11 ans après les premières démarches.
La fusion intercommunale
En 2015, confrontées à la réduction programmée des dotations de l’État aux communes, Caudebec-en-Caux, Saint-Wandrille-Rançon et Villequier décident de s'unir afin de maintenir pendant trois ans ces dotations et d’une bonification de 5% de la Dotation globale de fonctionnement.
La commune nouvelle, issue du regroupement de ces trois communes, qui deviennent à cette occasion des communes déléguées, est créé au 1er janvier 2016 par un arrêté préfectoral du 7 décembre 2015

Château de Caumont (actuel hôtel de ville), fin xviiie siècle / début du xixe siècle. Appartenant aux Busquet de Caumont, puis jusqu'en 1921 à la famille Chandoisel, et ensuite aux consorts de Carrière de Béarn, avant de devenir propriété de la Société Immobilière et Commerciale du Château de Caudebec en Caux qui l'exploite comme hôtel. Rachetée en 1936 par la société des Émissions de Radio-Normandie, elle devient studio d'enregistrement avant d'être réquisitionnée en 1941 par la municipalité qui l'érige en mairie. En raison de l'échec des transactions engagés, la Radio y reprend ses droits en 1946, mais la commune l'achète enfin en 1953. La brique prédomine dans ce bâtiment à deux étages carrées surmontés d'un comble et d'une toiture à croupe, mais la pierre calcaire est omniprésente : soubassements, chaînes d'angle à bossage, encadrement des baies, corniches soulignant les niveaux et travée centrale. La façade s'ordonne suivant cinq travées régulières. La travée centrale est accostée de deux pilastres cannelés ornés d'un modillon à volute, sa partie supérieure s'ouvrant sur la haute baie en plein cintre à claveau sculpté de feuillages et d'une tête de chérubin, surmontée d'un fronton mouluré et brisé portant un aigle de profil et des instruments de musiques (trompettes, flûtes et hautbois) sur un fond de nuages. Les baies du rez-de-chaussée disposée disposent d'une imposte moulurée, sous un arc en plein cintre à claveau passant sculpté en voute
Inscription sur l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques le 28 février 1996

 

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saintluc
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MessagePosté le: Ven 30 Sep - 06:24 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

Pierre Corneille, aussi appelé « le Grand Corneille » ou « Corneille l'aîné », né le 6 juin 1606 à Rouen et mort le 1er octobre 1684 à Paris (paroisse Saint-Roch), est un dramaturge et poète français du xviie siècle.
Issu d'une famille de la bourgeoisie de robe, Pierre Corneille, après des études de droit, occupa des offices d'avocat à Rouen tout en se tournant vers la littérature, comme bon nombre de diplômés en droit de son temps. Il écrivit d'abord des comédies comme Mélite, La Place royale, L'Illusion comique, et des tragi-comédies Clitandre (vers 1630) et en 1637, Le Cid, qui fut un triomphe, malgré les critiques de ses rivaux et des théoriciens. Il avait aussi donné dès 1634-35 une tragédie mythologique (Médée), mais ce n'est qu'en 1640 qu'il se lança dans la voie de la tragédie historique — il fut le dernier des poètes dramatiques de sa génération à le faire —, donnant ainsi ce que la postérité considéra comme ses chefs-d’œuvre : Horace, Cinna, Polyeucte, Rodogune, Héraclius et Nicomède.
Déçu par l'accueil rencontré par Pertharite (1652, pendant les troubles de la Fronde), au moment où le début de sa traduction de L'Imitation de Jésus-Christ connaissait un extraordinaire succès de librairie, il décida de renoncer à l'écriture théâtrale et acheva progressivement la traduction de L'Imitation. Plusieurs de ses confrères, constatant à leur tour que la Fronde avait occasionné un rejet de la tragédie historique et politique, renoncèrent de même à écrire des tragédies ou se concentrèrent sur le genre de la comédie. Tenté dès 1656 de revenir au théâtre par le biais d'une tragédie à grand spectacle que lui avait commandée un noble normand (La Conquête de la Toison d'or, créée à Paris six ans plus tard fut l'un des plus grands succès du siècle), occupé les années suivantes à corriger tout son théâtre pour en publier une nouvelle édition accompagnée de discours critiques et théoriques, il céda facilement en 1658 à l'invitation du surintendant Nicolas Fouquet et revint au théâtre au début de 1659 en proposant une réécriture du sujet-phare de la tragédie, Œdipe. Cette pièce fut très bien accueillie et Corneille enchaîna ensuite les succès durant quelques années, mais la faveur grandissante des tragédies où dominait l'expression du sentiment amoureux (de Quinault, de son propre frère Thomas, et enfin de Jean Racine) relégua ses créations au second plan. Il cessa d'écrire après le succès mitigé de Suréna en 1674. La tradition biographique des xviiie et xixe siècles a imaginé un Corneille confronté à des difficultés matérielles durant ses dernières années, mais tous les travaux de la deuxième moitié du xxe siècle révèlent qu'il n'en a rien été et que Corneille a achevé sa vie dans une confortable aisance.


Son œuvre, 32 pièces au total, est variée : à côté de comédies proches de l'esthétique baroque, pleines d'invention théâtrale comme L'Illusion comique, Pierre Corneille a su donner une puissance émotionnelle et réflexive toute nouvelle à la tragédie moderne, apparue en France au milieu du xvie siècle. Aux prises avec la mise en place des règles classiques, il a marqué de son empreinte le genre par les hautes figures qu'il a créées : des âmes fortes confrontées à des choix moraux fondamentaux (le fameux « dilemme cornélien ») comme Rodrigue qui doit choisir entre amour et honneur familial, Auguste qui préfère la clémence à la vengeance ou Polyeucte placé entre l'amour humain et l'amour de Dieu. Si les figures des jeunes hommes pleins de fougue (Rodrigue, le jeune Horace) s'associent à des figures de pères nobles (Don Diègue ou le vieil Horace), les figures masculines ne doivent pas faire oublier les personnages féminins vibrant de sentiments comme Chimène dans Le Cid, Camille dans Horace ou Cléopâtre, reine de Syrie, dans Rodogune.
L'œuvre de Pierre Corneille est aussi marquée par la puissance d'un alexandrin rythmé qui donne de célèbres morceaux de bravoure (monologue de Don Diègue dans Le Cid, imprécations de Camille dans Horace) et la force de maximes à certaines paroles (« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », Le Cid, II, 2 - « Laisse faire le temps, ta vaillance et ton roi », dernier vers du Cid - « Je suis maître de moi comme de l'univers », Cinna, V, 3 - « Dieu ne veut point d'un cœur où le monde domine » Polyeucte, I, 1).
Le théâtre de Pierre Corneille fait ainsi écho aux tournures du Grand Siècle dont il reflète aussi les valeurs comme l'honneur et les grandes interrogations, sur le pouvoir par exemple (contexte de la mort de Richelieu et de Louis XIII) et question de la guerre civile dans La Mort de Pompée (1643), lutte pour le trône dans Nicomède (1651, dans le contexte de la Fronde).

Le berceau de la famille Corneille est situé à Conches-en-Ouche où les Corneille sont agriculteurs et marchands tanneurs.
Le plus lointain ancêtre retrouvé est Robert Corneille, arrière-grand-père du dramaturge, qui possède un atelier de tannerie établi en 1541.
Son fils aîné, Pierre se marie en 1570 avec Barbe Houel, nièce d’un greffier criminel du Parlement de Rouen ; il devient commis greffier de son oncle par alliance. Il achète ensuite de modestes charges d'officier (« maître particulier des eaux et forêts de la vicomté de Rouen » et conseiller référendaire à la Chancellerie), ce qui lui permet d'obtenir une licence en droit, de devenir avocat en 1575 et d'acheter en 1584 deux maisons rue de la Pie, où naîtra le futur dramaturge. La famille Corneille accède ainsi à la petite bourgeoisie de robe.
L'aîné de ses enfants, lui aussi nommé Pierre, devient en 1599 « Maître enquêteur des Eaux et Forêts du bailliage de Rouen ». En 1602, il épouse Marthe Le Pesant, fille d’avocat, sœur d’un notaire. En 1619, il vend sa charge pour vivre de ses rentes.
Pierre, avocat du roi, et Marthe Corneille ont huit enfants, dont deux morts prématurément ; le futur dramaturge est l'aîné des six frères et sœurs restants, le plus jeune ayant vingt-trois ans de moins que lui.
Il fait de brillantes études secondaires au Collège de Bourbon (aujourd'hui Lycée Corneille) dirigé par les Jésuites. Il remporte plusieurs prix et se découvre une passion pour l'éloquence des stoïciens latins et pour la pratique théâtrale que les jésuites ont introduite dans leur collèges dans une perspective pédagogique.
Puis, comme tous les aînés Corneille, il fait des études de droit. Il prête serment comme avocat le 18 juin 1624 au Parlement de Rouen.
En 1628 son père lui achète pour 11 600 livres deux offices d'avocat du roi, au siège des Eaux et Forêts et à l'amirauté de France à la Table de marbre de Rouen. Il prend ses fonctions le 16 février 1629. Timide et peu éloquent, il renonce à plaider. Tout en continuant son métier d'avocat, qui lui apporte les ressources financières nécessaires pour nourrir sa famille de six enfants, il se tourne alors vers l'écriture et le théâtre dont ses personnages lui permettent de retrouver la vocation d'orateur qui lui faisait défaut comme plaideur

En 1625, il connut un échec sentimental avec Catherine Hue, qui préfèra épouser un plus beau parti, Thomas du Pont, conseiller-maître à la cour des comptes de Normandie.
Ces premières amours le conduisirent à écrire ses premiers vers, à la suite de quoi il passa naturellement à ce qu'on appelait à l'époque "la poésie dramatique", phénomène fréquent à cette époque chez les jeunes diplômés en droit qui tâtaient de la poésie. Tandis que les autres jeunes poètes de sa génération n'écrivaient que des tragi-comédies et des pastorales (la tragédie et la comédie connaissaient une certaine désaffection depuis quelques années), il eut l'idée de transposer dans un cadre "comique" (l'action se passe dans une ville et les jeunes héros sont des citadins) un modèle d'intrigue issu de la pastorale. Ainsi apparut Mélite, qu'il qualifia dans la première édition de "Pièce comique" et non pas de comédie, forme nouvelle de "comédie sentimentale" fondée sur les déchirements du cœur et une conception nouvelle du dialogue de théâtre qu'il qualifiera lui-même trente ans plus tard de "conversation des honnêtes gens", loin des formes comiques alors connues qu'étaient la farce et la comédie bouffonne à l'italienne.
Le jeune avocat-poète proposa sa pièce à l'une des nombreuses "troupes de campagne" qui venaient régulièrement jouer quelques semaines à Rouen, mais il sut choisir l'une des deux meilleures, la troupe du prince d'Orange, dirigée par Montdory et Le Noir, qui la donna avec succès à Paris quelques semaines après son passage à Rouen (1629). La troupe la joua avec succès sur la scène de l'Hôtel de Bourgogne juste avant que l'autre troupe importante, celle des Comédiens du Roi, dirigée par Bellerose, ne loue cette salle pour une durée indéterminée, offrant enfin à Paris sa première troupe installée de façon permanente. Il semble que Montdory ait voulu profiter du succès de Mélite pour s'implanter à son tour à Paris et c'est ainsi que la "troupe du prince d'Orange", après avoir joué dans divers jeux de paume, finit par s'installer à demeure dans l'un d'entre eux, le jeu de paume du Marais en 1634 et devint dès lors la troupe du théâtre du Marais. Tel est le sens des mots de Corneille, trente ans plus tard: "Le succès [de Mélite] en fut surprenant. Il établit une nouvelle troupe de Comédiens à Paris, malgré le mérite de celle qui était en possession de s'y voir l'unique".
Après la parenthèse de Clitandre, tragi-comédie échevelée qui résulta sans doute d'une commande de Montdory (la mode était alors à ce type de théâtre romanesque), Corneille revint à la veine comique qu'il avait lui-même ouverte en donnant successivement pour la même troupe La Veuve, La Galerie du Palais, La Suivante et La Place Royale, dont le dénouement (cette pièce est l'une des seules comédies du xviie siècle, avec Le Misanthrope de Molière trente ans plus tard, qui ne se termine pas par le mariage des jeunes amoureux) semble marquer un adieu à cette veine comique. Ce que confirme L'Illusion comique, la comédie qu'il écrira deux ans plus tard — après l'expérience de la tragédie Médée (sur cette tragédie voir plus bas) —, génial pot-pourri dans lequel s'emboîtent un commencement de pastorale (avec sa grotte et son magicien), une comédie à l'italienne (avec son capitan fanfaron Matamore), une tragi-comédie et pour finir une tragédie (créée sans doute en 1636, elle fut publiée en 1639).

En 1633, sur l'invitation de l'archevêque de Rouen François Harlay de Champvallon, il écrit une pièce de vers latins, Excusatio, en l'honneur de Louis XIII, de la reine et de Richelieu alors en cure près de Rouen à Forges-les-Eaux. Il devient dès lors l'un des protégés du cardinal, féru de théâtre, qui lui verse, comme à plusieurs autres dramaturges, une pension de 1 500 livres. Mais cette faveur a une contrepartie: Richelieu, qui n'a pas le temps d'écrire pour le théâtre, rêve d'un groupe d'auteurs qui écriraient des pièces à partir de ses idées de sujet. C'est ainsi qu'en 1635, Richelieu réunit une société dite "des Cinq Auteurs" et constituée de François Le Métel de Boisrobert, Claude de L'Estoile, Jean Rotrou et Guillaume Colletet. Ainsi vit le jour une première pièce, La Comédie des Tuileries, dont le canevas avait été rédigé par Jean Chapelain, le grand critique et théoricien dramatique de la période, sur une idée de Richelieu; les cinq auteurs pour leur part s'étaient partagés la versification d'un acte chacun (et les avis divergent encore aujourd'hui pour savoir quel est l'acte qu'a versifié Corneille. La légende veut que, peu satisfait par cette expérience, Corneille se soit vite retiré du groupe en prétextant ses devoirs familiaux et professionnels à Rouen. Mais s'il est vrai qu'en 1638 la préface de L'Aveugle de Smyrne (joué au Palais-Cardinal l'année précédente) donne à croire que l'un des cinq auteurs se serait abstenu, aucun document d'époque ne permet de penser qu'il se soit agi de Corneille et que les relations entre Corneille et Richelieu en auraient été refroidies
Au cours de l'année 1634, sans doute incité par le succès de la Sophonisbe de Jean Mairet et de Hercule mourant de Jean Rotrou qui marquent le retour de la tragédie régulière sur les scènes parisiennes après un effacement de plusieurs années, il écrit sa première tragédie, Médée, qui semble avoir été très bien accueillie, contrairement à une légende apparue au xviiie siècle (comme toujours): Corneille critiquera sa grande irrégularité vingt ans plus tard dans l'"Examen" de la pièce, tout en rappelant que c'était l'usage à ce moment-là, sans laisser entendre que la pièce n'avait pas eu de succès; en outre, le fait qu'il ne l'ait publiée qu'en 1639 pour en laisser l'exclusivité à la troupe du Marais qui l'avait créée quatre ans plus tôt, donne à penser que la pièce fut fréquemment reprise au théâtre, jusqu'à ce que l'apparition des nouvelles tragédies cornéliennes à partir de 1640 ne la démode.

Créé en janvier 1637 sur la scène du théâtre du Marais, Le Cid a été ressenti par les spectateurs contemporains comme une véritable révolution et produisit un choc de même nature que trente ans plus tard Andromaque de Jean Racine (1667), et dans le genre comique L'École des femmes de Molière (1662-1663). Cette révolution provoqua un véritable scandale chez les rivaux de Corneille et chez certains lettrés, ce qui déclencha la querelle du Cid et déboucha sur la condamnation de la pièce par la toute récente Académie française dans un texte intitulé Les Sentiments de l'Académie sur la tragi-comédie du Cid qui parut à la toute fin de l'année 1637. Corneille, ébranlé, se plongea dans les ouvrages de théorie dramatique (d'Aristote à ses commentateurs italiens de la Renaissance) et n'écrivit plus pour le théâtre jusqu'à la fin de 1639, époque vers laquelle il se lança dans sa première tragédie romaine Horace.
Si Le Cid a bouleversé le paysage dramatique de l'époque, c'est qu'il s'agissait certes d'une tragi-comédie (le genre à la mode en ces années-là) — et l'on retrouve dans le cadre d'un obstacle venu séparer deux amoureux qui se marient à la fin, des duels, des batailles, un enjeu politique superficiel — mais d'une tragi-comédie d'un type nouveau : action physique rejetée dans les coulisses et traduite par les mots, personnages historiques, affrontement passionnel inouï jusqu'alors et surtout une conception nouvelle de l'obstacle tragi-comique. Alors que le principe de la tragi-comédie reposait sur une séparation des amoureux par un obstacle susceptible de se résoudre à la fin pour permettre leur mariage, Corneille choisit d'adapter Las Mocedades del Cid de Guilhem de Castro qui racontait l'histoire d'un héros légendaire espagnol qui avait épousé la fille de l'homme qu'il avait tué : c'est-à-dire un sujet fondé sur un obstacle qu'il est impossible de résoudre à la fin. En effet Rodrigue et Chimène se marient à la fin (c'est pourquoi la pièce est bien une tragi-comédie), mais le père de Chimène est bel et bien mort. C'est la présence de ce mort à l'arrière-plan qui crée les si beaux affrontements passionnels entre Chimène et Rodrigue, qui ravirent le public de l'époque; mais c'est aussi ce qui fut la source du scandale déclenché chez les lettrés. Car en racontant ainsi l'histoire d'une fille qui épouse le meurtrier de son père, Corneille avait enfreint la principale des règles de la dramaturgie classique en cours d'élaboration, la vraisemblance : sur le plan de l'intrigue, il était jugé invraisemblable qu'une fille épouse le meurtrier de son père (le fait peut être vrai, mais il est contraire au comportement attendu d'un être humain, donc invraisemblable), et sur le plan du caractère du personnage de Chimène, il était jugé invraisemblable qu'une fille présentée comme vertueuse ose avouer au meurtrier de son père qu'elle continue à l'aimer.
Condamné par les "doctes" et par leur organe institutionnel qu'était l'Académie, Le Cid n'en continua pas moins sa carrière triomphale sur la scène du Marais et bientôt sur toutes les scènes de France par l'intermédiaire des nombreuses "troupes de campagne" qui sillonnaient le pays et même une partie de l'Europe. Ce succès public confirma Corneille dans l'idée que les meilleurs sujets de théâtre sont ceux qui transportent le public par le spectacle d'événements inouïs. C'est pourquoi, loin de faire amende honorable, et de corriger le dénouement du Cid (on lui avait proposé de faire découvrir à Chimène que son père mort n'était pas son vrai père, ou bien que son père laissé pour mort sur le lieu du combat paraissait pouvoir être sauvé), il choisit un nouveau sujet qui supposait le même type d'événement extraordinaire : Horace raconte en effet comment un héros qui revient triomphant d'un combat dans lequel il a sauvé sa patrie est conduit à tuer sa propre sœur. Un sujet qui sera jugé tout aussi inacceptable par les doctes (même s'il arrive qu'un homme puisse tuer sa sœur, c'est un acte invraisemblable au regard du comportement attendu des êtres humains).


Au début de janvier 1639, Jean Chapelain, homme fort de l'Académie française et principal rédacteur des Sentiments de l'Académie qui avaient condamné Le Cid, écrivait à un de ses amis : "Corneille est ici depuis trois jours, et d’abord m’est venu faire un éclaircissement sur le livre de l’Académie pour ou plutôt contre Le Cid, m’accusant et non sans raison d’en être le principal auteur. Il ne fait plus rien, et Scudéry a du moins gagné cela, en le querellant, qu’il l’a rebuté du métier et lui a tari sa veine. Je l’ai autant que j’ai pu réchauffé et encouragé à se venger et de Scudéry et de sa protectrice [l’Académie] en faisant quelque nouveau Cid qui attire encore les suffrages de tout le monde et qui montre que l’art n’est pas ce qui fait la beauté ; mais il n’y a pas moyen de l’y résoudre : et il ne parle plus que de règles et que de choses qu’il eût pu répondre aux académiciens, s’il n’eût point craint de choquer les puissances, mettant au reste Aristote entre les auteurs apocryphes, lorsqu’il ne s’accommode pas à ses imaginations." Au début de 1639, Corneille était donc encore plongé dans une intense réflexion théorique, et il n'avait pas encore trouvé un nouveau sujet de pièce. Sa réflexion dut être encore retardée par les conséquences de la mort de son père, survenue le 12 février de la même année, qui le laissa à 33 ans chef de famille (avec sa mère) et tuteur de deux enfants mineurs, une sœur de 16 ans (Marthe, future mère de Fontenelle) et un frère de 14 ans (Thomas, futur auteur dramatique).
C'est donc au cours du second semestre de 1639 qu'il trouva son sujet et se lança dans la rédaction. On sait par une autre lettre de Chapelain que le 9 mars 1640 Horace a déjà été joué en privé devant le cardinal de Richelieu (ainsi qu'un comité de "doctes" qui ont suggéré des remaniements, refusés par Corneille) et qu'on attend sa création sur la scène du théâtre du Marais.
Horace, première tragédie historique et romaine de Corneille, ouvre ainsi la deuxième partie de sa carrière, et sera suivi de trois autres tragédies romaines Cinna (hiver 1641-1642), Polyeucte (hiver 1642-1643), La Mort de Pompée (hiver 1643-1644). Sujet puisé dans l'histoire antique, stricte régularité de l'action, du temps et du lieu, Corneille a en partie répondu aux vœux des doctes, tout en conservant le principe des sujets à la limite de la vraisemblance, la violence des passions et la construction de héros qui forcent l'admiration. En même temps il a rejoint et sublimé la thématique développée dès la décennie précédente dans les tragédies historiques de ses confrères : confrontation de l'héroïsme et de l'État doublant la confrontation de l'héroïsme et de l'amour, inscrite dans un devenir historique et dans une réflexion sur la portée des actes individuels.
S'il a désormais tourné le dos à la tragi-comédie (il rebaptisera bientôt Le Cid "tragédie"), il a l'idée de transposer sa caractéristique principale (le dénouement nuptial) dans le genre tragique, à l'occasion de Cinna, créant ainsi la formule de la tragédie à fin heureuse, appelée à une belle carrière. Le succès de cette veine fut tel qu'il hissa définitivement Corneille au-dessus de tous ses rivaux et qu'il commença à être considéré par les Français comme le plus grand dramaturge moderne, Guez de Balzac n'hésitant pas à le qualifier de Sophocle dans une lettre qu'il lui adressa au début de 1643, au lendemain de la publication de Cinna.


En 1641, il épouse grâce à l'intervention de Richelieu une jeune aristocrate, Marie de Lampérière, fille de Matthieu de Lampérière, lieutenant-général des Andelys. De ce mariage naîtront huit enfants: deux filles et six garçons, dont deux morts prématurément. Son jeune frère Thomas épousera plus tard la seconde fille du lieutenant-général, Marguerite. Cette intervention de Richelieu en sa faveur, cinq ans après que le même Richelieu avait exigé de l'Académie française qu'elle donne son avis sur la conformité du Cid aux règles dramatiques, explique les sentiments mitigés de Corneille au lendemain de la mort du cardinal-ministre, exprimés dans un quatrain resté célèbre (1643):


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MessagePosté le: Sam 1 Oct - 07:00 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

Gustave Flaubert est un écrivain français né à Rouen le 12 décembre 1821 et mort à Croisset, lieu-dit de la commune de Canteleu, le 8 mai 1880.
Prosateur de premier plan de la seconde moitié du xixe siècle, Gustave Flaubert a marqué la littérature universelle par la profondeur de ses analyses psychologiques, son souci de réalisme, son regard lucide sur les comportements des individus et de la société, et par la force de son style dans de grands romans comme Madame Bovary (1857), Salammbô (1862), L'Éducation sentimentale (1869), ou le recueil de nouvelles Trois contes (1877).


Né dans une famille de la petite bourgeoisie catholique et d'ancêtres protestants, Gustave Flaubert est le deuxième enfant d’Achille Cléophas Flaubert (1784-1846), chirurgien-chef très occupé à l'Hôtel-Dieu de Rouen, et de son épouse, Anne Justine Caroline Fleuriot (1793-1872), fille d’un médecin de Pont-L'Évêque
Il naît le 12 décembre 1821 après une sœur et deux frères décédés en bas âge, et sera délaissé en faveur de son frère aîné, brillant élève admiré par la famille (prénommé Achille comme son père à qui il succèdera d'ailleurs comme chirurgien-chef de l'Hôtel-Dieu de Rouen). Gustave Flaubert passe une enfance sans joie, marquée par l'environnement sombre de l'appartement de fonction de son père à l'hôpital de Rouen (aujourd'hui musée Flaubert et d'histoire de la médecine), mais adoucie par sa complicité avec sa sœur cadette, Caroline, née trois ans après lui.
Adolescent aux exaltations romantiques, il est déjà attiré par l'écriture au cours d'une scolarité vécue sans enthousiasme comme interne au Collège royal, puis au lycée de Rouen, à partir de l'année 1832. Il y rencontre Ernest Chevalier avec qui il fonde en 1834 Art et Progrès, un journal manuscrit où il fait paraître son premier texte public. Il est renvoyé en décembre 1839 pour indiscipline et passe seul le baccalauréat en 1840. Après avoir réussi l'examen, ses parents lui financent un voyage dans les Pyrénées et en Corse, que Flaubert relatera dans l'ouvrage de jeunesse publié de manière posthume sous le nom de Voyage dans les Pyrénées et en Corse ou dans certaines éditions des Mémoires d'un fou.
Le premier événement notable dans sa jeunesse est sa rencontre à Trouville-sur-Mer, durant l'été 1836, d'Élisa Schlésinger qu'il aimera d'une passion durable et sans retour. Il transposera d'ailleurs cette passion muette, avec la charge émotionnelle qu'elle a développée chez lui, dans son roman L'Éducation sentimentale, en particulier dans la page célèbre de « l'apparition » de Madame Arnoux au regard du jeune Frédéric et dans leur dernière rencontre poignante.

Dispensé de service militaire grâce au tirage au sort qui lui est favorable, Flaubert entreprend sans conviction, en 1841, des études de droit à Paris, ses parents souhaitant qu'il devienne avocat. Il y mène une vie de bohème agitée, consacrée à l'écriture. Il y rencontre des personnalités dans les mondes des arts, comme le sculpteur James Pradier, et de la littérature, comme l'écrivain Maxime Du Camp qui deviendra son grand ami, le poète et auteur dramatique Victor Hugo. Il abandonne le droit, qu'il abhorre, en janvier 1844 après une première grave crise d'épilepsie. Il revient à Rouen, avant de s'installer en juin 1844 à Croisset, au bord de la Seine, à quelques kilomètres en aval de Rouen. Il y rédige quelques nouvelles et une première version de L'Éducation sentimentale. Au début de l'année 1846, meurent, à peu de semaines d'intervalle, son père, puis sa jeune sœur (deux mois après son accouchement — Gustave prendra la charge de sa nièce, Caroline). Son père laisse en héritage une fortune évaluée à 500 000 francs : il peut désormais vivre de ses rentes et se consacrer entièrement à l'écriture. C'est également au printemps de cette année que commence sa liaison houleuse et intermittente sur une dizaine d'années avec la poétesse Louise Colet. Jusqu'à leur rupture — sa dernière lettre à Louise Colet est datée du 6 mars 1855 —, il entretient avec elle une correspondance considérable dans laquelle il développe son point de vue sur le travail de l'écrivain, les subtilités de la langue française et ses vues sur les rapports entre hommes et femmes. Gustave Flaubert, au physique de plus en plus massif, est cependant un jeune homme sportif : il pratique la natation, l'escrime, l'équitation, la chasse…
Il se rend à Paris avec son ami Louis-Hyacinthe Bouilhet pour assister à la Révolution de 1848. Il lui porte un regard très critique que l'on retrouve dans L'Éducation sentimentale. Poursuivant ses tentatives littéraires, il reprend entre mai 1848 et septembre 1849 la première version commencée en 1847 de La Tentation de saint Antoine inspirée par un tableau qu'il a vu à Gênes en 1843 au cours du voyage de noces de sa sœur que la famille accompagnait. Puis, Gustave Flaubert organise, avec Maxime du Camp, un long voyage en Orient qui se réalise entre 1849 et 1852. Dans son carnet de voyage, il fait le pari de « tout dire », depuis la descente éblouissante du Nil jusqu'à sa fréquentation des bordels. Ce voyage qui le conduit en Égypte et à Jérusalem en passant, au retour, par Constantinople et l'Italie, nourrira ses écrits ultérieurs de ses observations, de ses expériences et de ses impressions, par exemple dans Hérodias

Le 19 septembre 1851, Flaubert, encouragé par ses amis Louis Bouilhet et Maxime Du Camp commence la rédaction de Madame Bovary, en s'inspirant d'un fait divers normand (cf. Delphine Delamare). Il achèvera son roman réaliste et psychologique en mai 1856 après 56 mois de travail. Il fréquente épisodiquement les salons parisiens les plus influents du Second Empire, comme celui de Madame de Loynes dont il est très amoureux ; il y rencontre entre autres George Sand. À la fin de l'année 1856, Madame Bovary paraît dans La Revue de Paris puis, après avoir rencontré l'éditeur Michel Lévy, le roman sort en librairie en avril 1857 et fait l’objet d’un procès retentissant pour atteinte aux bonnes mœurs : Flaubert est acquitté grâce à ses liens avec la société du Second Empire et avec l'impératrice, ainsi qu'à l'habileté de son avocat, tandis que Baudelaire, poursuivi par le même tribunal, pour les mêmes raisons, après publication de son recueil Les Fleurs du mal dans la même année 1857, est condamné. À partir de la parution de Madame Bovary, Flaubert poursuit une correspondance avec Marie-Sophie Leroyer de Chantepie, femme de lettres vivant à Angers, et dévouée aux pauvres. Flaubert se partage, dès 1855, entre Croisset et Paris où il fréquente les milieux littéraires et côtoie les frères Goncourt, Sainte-Beuve, Baudelaire, Théophile Gautier puis, à partir de 1863, Tourgueniev et la Princesse Mathilde.
Le 1er septembre 1857, Flaubert entame la rédaction de Salammbô, roman historique qui évoque la Guerre des Mercenaires à Carthage, conflit s'étant déroulé entre les première et seconde guerres puniques. Pour cela, il voyage au cours des mois d'avril et juin 1858 en Tunisie afin de se documenter et de voir Carthage. Le roman paraît après une longue maturation en 1862.
Deux ans plus tard, le 1er septembre 1864, Flaubert entreprend la version définitive de L'Éducation sentimentale, roman de formation marqué par l'échec et l'ironie avec des éléments autobiographiques comme la première passion amoureuse ou les débordements des révolutionnaires de 1848. Le roman est publié en novembre 1869 : mal accueilli par la critique, il ne s'en vend que quelques centaines d'exemplaires.
Flaubert continue sa vie mondaine : il rencontre l'empereur, reçoit la Légion d'honneur en 1866 et resserre ses liens avec George Sand qui le reçoit à Nohant. En juillet 1869, il est très affecté par la mort de son ami Louis Bouilhet. Rien ne permet d'affirmer qu'il ait été l'amant de la mère de Guy de Maupassant, sœur de son ami d'enfance, Alfred Le Poittevin, bien que dans son livre, La Vie érotique de Flaubert, publié en 1984 par Jean-Jacques Pauvert, Jacques-Louis Douchin l'affirmât. Quoi qu'il en soit, Flaubert sera très proche du jeune Maupassant qui le considèrera comme un père spirituel.


Durant l'hiver 1870-1871, les Prussiens occupant une partie de la France dont la Normandie et Croisset, Flaubert se réfugie avec sa mère chez sa nièce, Caroline, à Rouen ; sa mère meurt le 6 avril 1872. À cette époque, il a des difficultés financières liées à la faillite de son neveu par alliance : il vend ses fermes et quitte par économie son appartement parisien alors que sa santé devient délicate. Il achève et publie toutefois le 1er avril 1874 la troisième version de La Tentation de saint Antoine, juste après l'échec de sa pièce de théâtre Le Candidat en mars 1874. Sa production littéraire continue avec les Trois contes, volume qui comporte trois nouvelles : Un cœur simple, centré sur la figure de Félicité inspirée par Julie, nourrice puis domestique qui servira la famille Flaubert, puis Gustave seul jusqu'à la mort de ce dernier, - La Légende de saint Julien l'Hospitalier, conte hagiographique des temps médiévaux écrit en cinq mois en 1875, et Hérodias autour de la figure de saint Jean Baptiste, écrit dans l'hiver 1875-1876. La publication du volume le 24 avril 1877 est bien accueillie par la critique.
De 1877 à 1880, il poursuit la rédaction de Bouvard et Pécuchet, qu'il avait entamée en 1872-1874 : l'œuvre satirique pour laquelle il réunissait une documentation immense restera inachevée, elle sera publiée en l'état dans l'année 1881, un an après sa mort.
Ses dernières années sont assombries par la disparition de ses amis, les difficultés financières et par des problèmes de santé. Il meurt subitement le 8 mai 1880, à Canteleu, au hameau de Croisset, foudroyé par une hémorragie cérébrale. Son enterrement au cimetière monumental de Rouen se déroule le 11 mai 1880, en présence de nombreux écrivains importants qui le reconnaissent comme leur maître, qu'il s'agisse d'Émile Zola, d'Alphonse Daudet, d'Edmond de Goncourt, de Théodore de Banville ou de Guy de Maupassant, dont il avait encouragé la carrière depuis 1873.
La Bibliothèque historique de la ville de Paris possède le manuscrit de l'Éducation sentimentale ainsi que 36 carnets de notes de voyages et de lectures écrites de la main de l'écrivain. Ce fonds a été légué par sa nièce en 1931.

 

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MessagePosté le: Dim 2 Oct - 06:56 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME Répondre en citant

Jean Goujon, né vers 1510, probablement en Normandie, et mort probablement à Bologne, vers 1566, est un sculpteur et architecte français.
Surnommé le « Phidias français » ou « le Corrège de la sculpture », Jean Goujon est une des figures majeures de la Renaissance française.

Le début de sa vie est peu connu, il se peut qu’il ait voyagé en Italie. Ses premières œuvres connues datent de 1541 lorsqu’il réalise les bas-reliefs du château d'Écouen pour la famille de Montmorency, les portes de Saint-Maclou et le tombeau de Louis de Brézé à Rouen.
Arrivé à Paris vers 1542, il participe avec cinq autres sculpteurs à la réalisation des œuvres de l’architecte Pierre Lescot selon les dessins et modèles qui leur sont fournis. Dans les actes notariés, il est dit « imagier - façonnier » (jubé de Saint Germain l'Auxerrois) puis pour le Louvre « maître sculpteur».
Ses œuvres les plus connues exécutées selon « les dessins de Pierre Lescot seigneur de Clagny» sont :
Les bas reliefs du jubé de Saint Germain l'Auxerrois de 1544 à Noël 1545 (détruit en 1750),
Les nymphes de la fontaine des Innocents 1547 à 1549,
Les Cariatides (1550-1) de la plateforme des musiciens au Louvre dans la salle homonyme,
les Allégories sur la façade du Louvre (1549-55) dans la Cour Carrée,
Les Quatre Saisons réalisées (1548 à 1550) pour l’hôtel de Jacques de Ligneris, cousin de Pierre Lescot, devenu aujourd’hui le Musée Carnavalet à Paris,
Les représentations de la Marne et de la Seine sur la porte Saint-Antoine (détruite en 1778).
On lui attribue généralement les gravures de la version française du Songe de Poliphile de Francesco Colonna (1546), d’après les gravures de l’édition originale (peut-être dues au studio d’Andrea Mantegna).

On lui devrait également des gravures pour la traduction de Vitruve par Jean Martin en 1547. Il aurait fabriqué aussi des médailles précieuses pour Catherine de Médicis.
La Diane appuyée sur un cerf (v. 1549) dite aussi Fontaine de Diane réalisée pour Diane de Poitiers au château d'Anet a été successivement attribuée à Benvenuto Cellini, Jean Goujon et Germain Pilon. Toutes ces attributions ont été contestées ou réfutées. Il est difficile de juger de l'œuvre qui a été largement complétée par Pierre-Nicolas Beauvallet avant son installation au Musée du Louvre en 1799-1800. Alexandre Lenoir, directeur du Musée à cette époque, est l'auteur de l'attribution à Jean Goujon.

Les figures de Goujon sont ovales, sensuelles et fluides. Ses drapés révèlent une connaissance de la sculpture grecque. Répandues dans l’ensemble de la France par des gravures réalisées par des artistes de l’école de Fontainebleau, la pureté et la grâce de son modèle ont influencé les arts décoratifs. Sa réputation connaît, à la fin du xvie siècle, une légère éclipse au profit de tendances plus maniérées, avant de grandir à nouveau à l'époque du baroque et du classicisme français.

On ignore la date précise de la mort de Goujon. De religion protestante, son emploi à la cour de France et même sa présence à Paris devinrent difficiles alors que les tensions religieuses augmentaient. Une légende tenace veut que Goujon ait été assassiné lors de la Saint-Barthélemy. Si tel avait été le cas, il aurait été cité a posteriori comme faisant partie des célèbres martyrs du drame, ce qui ne fut pas le cas. L’histoire de sa mort tragique fut cependant reprise dans de nombreux ouvrages de critique d'art et de vulgarisation au xviiie et au xixe siècle. Des recherches plus récentes ont trouvé sa trace dans le milieu des réfugiés huguenots de Bologne en 1562. Il serait mort en Italie entre cette date et 1569
 

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:36 (2016)    Sujet du message: (76) SEINE-MARITIME

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