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Date de fondation du forum: 15 avril 2012.
Tactique militaire au Moyen Age :

 
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Auteur Message
roberto


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MessagePosté le: Jeu 8 Sep - 14:40 (2016)    Sujet du message: Tactique militaire au Moyen Age : Répondre en citant

Tactique militaire au Moyen Age :de l’intelligence et de l’art du combat  1/5


(D’après « Revue des questions historiques », paru en 1886)


Si l’on admet qu’avant le XVIe siècle, il y eut « un métier » de la guerre, plus ou moins habilement pratiqué selon


les temps, les circonstances,les aptitudes des chefs d’armée, le caractère physique et moral de leurs troupes,


longtemps on affirma qu’aux temps ayant précédé la Renaissance,


il ne fallait point chercher d’autre tactique que la force matérielle et l’adresse personnelle des combattants, 


d’autre stratégie que l’emploi de ruses et de feintes assez élémentaires, avec les inspirations subites du champ de bataille.


Ce qui est bien loin de la vérité historique.


Le XIIIe siècle fut loin d’être aussi novice dans l’art de la guerre que l’on n’eut un temps de cesse de l’affirmer. 


Les chevaliers, pense-t-on,habitués dès l’enfance au maniement des armes, n’eurent communément d’autre science militaire 


que celle de marcher à l’ennemi par le plus court chemin ; de fournir, fer contre fer, des sortes de tournois ordinairement peu


meurtriers, vu le perfectionnement des armes défensives, à moins que leur folle témérité ne les livrât en masse, et


presque sans défense, aux coups de l’ennemi. 


Quant à l’infanterie du Moyen Age, on juge, sans hésitation, qu’elle ne doit pas compter comme élément sérieux.


Insuffisamment armées, dépourvues de toute instruction professionnelle, sans habitude de formations et de


manœuvres, les troupes à pied servaient tout au plus à égorger ceux que jetaient à terre la lance des chevaliers ou bien, 


devenues embarrassantes par leur masse confuse, 


elles se voyaient délaissées sur le champ de bataille, quand elles n’étaient pas foulées aux pieds par leur propre cavalerie.







Baron en costume de guerre d’environ 1200


En 1886 l’historien Henri Delpech, cherchant la vérité en dehors de ces affirmations que l’on pouvait lire


dans la plupart des historiens modernes, la trouva au moyen du procédé éminemment scientifique :


l’étude et l’examen des faits par les sources. 


A ceux qui, se faisant l’écho des partialités antipathiques au Moyen Age, vont répétant qu’avant le XVIe siècle


il n’y eut ni théorie de l’art des combats, ni véritable intelligence de la guerre, il répondit par la restauration de 


quatre-vingt-quinze faits d’armes des XIe, XIIe et XIIIe siècles,


tous retracés d’après le rapport de témoins oculaires, ou au moins avec la scrupuleuse étude des récits contemporains. 


Il publia ainsi 


La tactique au XIIIe siècle, deux volumes dont l’exposé clair et méthodique, la forme précise, pleine de mouvement et 


d’intérêt, servent de point d’appui à la conclusion du savant et judicieux chercheur.


Ce qu’il s’attache surtout à mettre en lumière, c’est la tactique ordinaire des armées au XIIIe siècle,


la plus brillante période militaire du Moyen Age,tactique vraiment passée à l’état de loi et de science, et


qui consiste dans l’étroite solidarité des deux armes infanterie et cavalerie.


C’est là un fait historique dont Henri Delpech peut légitimement revendiquer la découverte. 


C’est ainsi qu’il l’expose lui-même dans les conclusions générales qu’il a formulées sur la fin de son second volume :


« Cette tactique ne possédait que deux armes : la cavalerie et l’infanterie. Dans l’art de la guerre, elle distingua deux rôles : 


celui de l’offensive et celui de la défensive. Le premier appartint aux troupes à cheval ; le second aux troupes à pied.


La cavalerie fut préférée pour l’offensive, parce qu’elle avait plus de vitesse et de choc. 


Mais on sut observer que cette arme faisait, dans les charges,une si grande dépense de forces, qu’après


un petit nombre d’engagements, il lui fallait de toute nécessité prendre un temps de repos, 


pour laisser souffler les chevaux et se reformer. Aujourd’hui, ces entractes peuvent être remplis par l’artillerie 


ou la mousqueterie, laquelle tient en respect,avec ses projectiles, la cavalerie adverse. Le XIIIe siècle, n’ayant pas d’armes à feu,


imagina de protéger ses troupes à cheval, dans l’intervalle des charges,en les ramenant derrière des masses de fantassins.


« Ce fut ainsi qu’on en vint à combiner les deux armes. Le mécanisme de cette combinaison fonctionna de la manière suivante :


« Au début des combats, on rangeait les troupes à pied en avant des troupes à cheval. 


L’infanterie se formait, les piquiers au premier rang,


croisant la pique et accroupis derrière leurs targes ; les arbalétriers au second rang, debout et tirant par dessus les piquiers. 


Quand les cavaliers ennemis prenaient l’offensive, ce mur de fer recevait et rompait leur premier choc.


Puis l’on profitait du désordre que ce choc produisait parmi les assaillants pour les faire assaillir à leur tou


r par la cavalerie, jusqu’alors abritée derrière les fantassins. Celle-ci, pour intervenir, se déployait par les ailes. 


Tantôt chargeant en avant de son infanterie, tantôt reprenant des forces en arrière de cette ligne,


la cavalerie pouvait perpétuer sa résistance, grâce à l’appui que lui prêtait son retranchement humain.


« Si les cavaliers ennemis, non contents d’assaillir l’infanterie en face, tentaient de la tourner,


celle-ci allongeait ses ailes, en dédoublant ses files,et les repliait en arrière, de manière à entourer sa propre cavalerie.


Ce cercle, faisant front de tous les côtés, arrêtait de nouveau le choc de l’assaillant. 


Puis, la cavalerie abritée dans cette enceinte en sortait 


quand elle trouvait l’occasion de charger avec avantage.


« Parfois on avait à combattre une cavalerie d’une mobilité supérieure, telle que 


celle des Musulmans, et qui se tenait à distance, attendant que l’armée se mît en marche 


pour l’assaillir à l’improviste. Dans ce cas, l’infanterie menacée de cette surprise cheminait rangée, non pas en cercle, 


mais en carré. Le carré se formait, la tête et la queue en bataille, la droite et la gauche en colonne. 


Chaque carré, entourant sa cavalerie, pouvait ainsi avancer sans cesser de protéger les troupes à cheval.


« Enfin, si l’attaque de l’ennemi, tout en étant possible, n’était pas imminente, 


l’infanterie marchait en tête, la cavalerie en queue. 


Au cas où les troupes à pied étaient menacées les premières, elles s’arrêtaient et


en attendant l’arrivée de leurs troupes à cheval, elles opposaient à l’assaillant une résistance passive, 


au moyen des mêmes formations défensives que nous venons de décrire. 


Quand c’était, au contraire, la cavalerie qui était la première inquiétée,


elle devait rejoindre au plus tôt son infanterie, en ralentissant,


avec son arrière-garde, la marche de l’ennemi. Ce n’était que dans les cas où


il lui était impossible d’éviter la bataille immédiate, 


qu’elle rappelait à elle ses troupes à pied, au lieu d’aller les joindre
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MessagePosté le: Jeu 8 Sep - 14:40 (2016)    Sujet du message: Publicité

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Omphale


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MessagePosté le: Jeu 8 Sep - 18:39 (2016)    Sujet du message: Tactique militaire au Moyen Age : Répondre en citant

il y avait aussi de longs sièges de forteresses, l'art de tenir un siège ou d'y résister s'appelle la poliorcétique.
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Marie-Hélène


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MessagePosté le: Jeu 8 Sep - 18:59 (2016)    Sujet du message: Tactique militaire au Moyen Age : Répondre en citant

.Un mot inconnu !!!!

Autant on a une petite idée des formations romaines et leur art de la guerre ,autant je n'avais aucune idée de la stratégie au moyen âge.

Le seul fait remarquable retenu à ce sujet c'est "le combat des trente".Pas mal pour régler un conflit plutôt que de faire s'affronter deux armées !!!!!


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roberto


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MessagePosté le: Ven 9 Sep - 11:19 (2016)    Sujet du message: Tactique militaire au Moyen Age : Répondre en citant

Tactique militaire au Moyen Age :  2 / 5  








Sergent en costume de guerre d’environ 1200


« Quant aux armes de jet, on peut résumer leur tactique dans les termes suivants. 


Au XIIIe siècle, leur tir n’était pas assez puissant pour qu’elles pussent affronter à découvert le choc de la cavalerie.


Les archers faisaient, d’ordinaire, office de tirailleurs en avant du front de bataille et se dérobaient par les ailes ou par les intervalles, aussitôt que commençait le choc. 


Pour les arbalétriers, leur poste de combat normal était en arrière des piquiers accroupis ; ils tiraient par dessus leur tête.


Par exception, les armes de jet s’avançaient en potence, en avant du front de bataille, pour prendre en écharpe le front ennemi,


quand la nature du terrain leur permettait de s’abriter derrière un obstacle.


« En résumé, la manière dont la cavalerie se combinait avec l’infanterie peut être comparée à la combinaison du levier avec son point d’appui.


Les masses de combattants à pied étaient le pivot fixe sur lequel s’appuyaient les combattants à cheval pour prendre l’offensive.


« Ce rôle modeste des fantassins était le seul que l’on pût leur assigner, vu l’état social du Moyen Age et l’imperfection de son outillage militaire.


D’une part, la plus grande partie de l’infanterie se recrutait parmi les classes laborieuses, lesquelles, n’étant pas, comme la noblesse, vouées depuis 


leur naissance à la défense du territoire, ne possédaient qu’une éducation militaire incomplète. 


Il avait donc fallu, pour pouvoir les utiliser, n’exiger d’elles qu’un rôle peu mobile : une tactique de positions plutôt qu’une tactique de marches.


A ce titre, la défensive de pied ferme leur convenait mieux que l’offensive, dont le rôle est toujours plus agissant.


« D’autre part, on observera que les armes de jet du XIIIe siècle n’avaient pas assez de puissance pour permettre au combattant à pied d’avancer sur le combattant à cheval. 


Il ne l’a pu que lorsque les projectiles à feu lui ont donné le moyen de foudroyer la cavalerie à distance. Au Moyen Age, 


la cavalerie pouvait toujours, en perdant du monde, joindre l’infanterie. Si les fantassins avaient continué d’avancer au moment du choc des chevaux,


ils auraient été infailliblement enfoncés, par suite du flottement de leur marche. Il n’y avait donc qu’un moyen, pour les troupes à pied, de résister aux troupes à cheval,


c’était de les attendre, la pique croisée, dans une immobilité absolue. On voit, au demeurant, que la répartition de l’offensive et de la défensive entre cavaliers 


et fantassins était le seul système militaire praticable au XIIIe siècle. Si élémentaire que fût ce système, il reposait sur le principe de la solidarité des armes, 


principe que l’invention de la poudre a grandement élargi, mais qui est demeuré la base de notre tactique et qui nous vient directement du Moyen Age.


« Dans les combats où l’infanterie n’avait à lutter que contre des fantassins, n’étant plus aux prises avec les mêmes difficultés, sa tactique était une franche offensive, 


mais par grandes masses. Les piquiers se postaient alors, de préférence, au sommet d’une pente douce, où ils se rangeaient en forme de coin,
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Omphale


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MessagePosté le: Ven 9 Sep - 17:02 (2016)    Sujet du message: Tactique militaire au Moyen Age : Répondre en citant

il n'y a pas de "bons" combats sans tactique au point mais la tactique ne suffit pas toujours même avec une force numérique supérieure. Les chevaliers une fois mis à terre tout encombrés de leurs armures sont comme des scarabées mis sur le dos. A Azincourt ils ont trouvé judicieux, malgré les mises en garde du duc de Berry, d'attaquer les anglais en empruntant un passage trop étroit pour pouvoir se déployer, ils ont été accueillis par les archers anglais, redoutablement efficaces. Les anglais disposaient de bombardes, pas très au point, mais elles effrayaient les chevaux.

Poliorcétique c'est difficile à placer dans une conversation Very Happy j'ai trouvé le mot dans un ouvrage d'Histoire et n'en connaissant pas le sens je l'ai cherché, le mot m'est resté en mémoire depuis.
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roberto


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MessagePosté le: Sam 10 Sep - 13:10 (2016)    Sujet du message: Tactique militaire au Moyen Age : Répondre en citant

Tactique militaire au Moyen Age :  3 /  5






Bataille de Bouvines (1214)


A ces faits si nombreux et si précis, et dont tous les préjugés sont impuissants à amoindrir la force probante, ne pourrait-on pas opposer au moins quelques objections de détail ?


Ce n’est point sur le champ de bataille que l’on a coutume d’improviser des manœuvres tactiques ; cette cavalerie, cette infanterie surtout qui se masse 


ou se déploie selon l’occurrence, où donc a-t-elle fait l’apprentissage de ces méthodiques formations ?


A l’endroit des troupes à cheval, la difficulté est de facile solution. On sait que l’étude des combats formait l’occupation principale de la noblesse au Moyen Age ;


parfaitement exercés et rompus au maniement personnel des armes, les jeunes seigneurs profitaient de l’expérience des vieux chevaliers, des écuyers, 


des sergents d’armes ayant blanchi sous le harnais, pour en apprendre les meilleures méthodes et les formations les plus décisives ; 


le champ de bataille de tous les jours n’avait pas de peine ensuite à compléter leur instruction.


Quant à l’infanterie, méprisée d’abord, il est vrai, et laissée dans un état d’infériorité qui la rendait absolument inefficace, elle se perfectionna peu à peu 


dans son organisation, son armement, sa solidité. Accordons qu’il n’y eut au Moyen Age ni casernes régulières, ni manœuvres de corps ou de division 


pour l’instruction des hommes et des chefs. Mais pourquoi l’infanterie féodale, par exemple, n’aurait-elle pas reçu préalablement, du seigneur dont elle suivait la bannière, 


les enseignements généraux, pouvant lui permettre de joindre son effort aux troupes à pied à côté desquelles elle était appelée à combattre ?


Les archers, les arbalétriers savaient tirer un parti souvent fort meurtrier de leurs armes de jet : ils s’étaient donc auparavant familiarisés avec le fonctionnement, 


la portée, le maniement des arcs et arbalètes, et aussi avec les dispositions les plus favorables à prendre et à garder sur le champ de bataille.


Incontestablement l’infanterie de ligne, les piquiers, ceux qui formaient la principale masse des troupes à pied, eurent préalablement de leur côté des exercices convenables. 


Les grandes communes qui envoyaient leur contingent, et qui avaient soin, plusieurs d’entre elles au moins, de les pourvoir d’armes offensives et défensives redoutables, 


de les revêtir même d’un costume régulier et uniforme, de les distribuer en unités tactiques bien déterminées, commandées de très près par des chefs hiérarchiques, 


avaient évidemment songé à leur faire donner à l’avance une connaissance suffisante, pour trouver sur le champ de bataille autre chose qu’une impuissante et inutile boucherie.


Il y avait alors, selon Henri Delpech, un véritable enseignement de guerre : c’est la loi des Siete Partidas de 1260, dans laquelle le roi Alphonse X de Castille énumère


les manœuvres qu’il prescrit d’enseigner à son infanterie. Il donne leur nom technique et décrit leur procédé de formation avec la même précision de langage


que l’on trouvera plus tard dans la Théorie de nos sous-officiers instructeurs. Sur la manœuvre du Coin, par exemple, la loi s’exprime ainsi : 


« On a donné le nom de Coin (Cuñol) aux soldats qui s’agglomèrent en une seule masse dont la formation est aiguë du côté de la tête et large du côté de la queue. 


Pour composer le Coin, il faut procéder de la manière suivante : on place au premier rang trois combattants, derrière eux, six ; à la suite douze, puis vingt-quatre, 


et en doublant ainsi on accroît la formation, suivant l’importance de la compagnie. »


Si l’on veut une théorie complète, il n’y a qu’à en référer à l’auteur latin Végèce, qui fut certainement connu et pratiqué au XIIIe siècle : 


en retraçant les manœuvres des armées romaines du IVe siècle, il fut cause qu’on en reprit au Moyen Age les puissantes et régulières formations.
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roberto


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MessagePosté le: Dim 11 Sep - 13:58 (2016)    Sujet du message: Tactique militaire au Moyen Age : Répondre en citant

Tactique militaire au Moyen Age :  4 /  5






Vassal de l’abbaye de Saint-Vaast d’Arras, d’après son sceau pendu à un acte de 1257


Quant à la grande tactique, celle qui prépare et gagne les batailles en déjouant les desseins de l’ennemi, en l’attirant sur un terrain défavorable,


en lui faisant payer cher ses imprudences et ses fautes, en frappant en temps opportun le coup décisif, point n’est besoin de la trouver écrite avec la précision 


d’un traité didactique. Au Moyen Age, on agissait plus et mieux qu’on n’écrivait : l’école de la grande guerre fut donc surtout traditionnelle et expérimentale. 


Combien de nos généraux les plus renommés et les plus habiles n’offrent qu’une ou deux campagnes à leur livret d’honneur. 


Au Moyen Age, les chefs d’armée passaient littéralement leur vie sur les champs de bataille ; ils s’y heurtaient à des ennemis de tout genre ;


ils s’y composaient, souvent à leurs dépens, une expérience complète des choses de la guerre, des méthodes à suivre, des ordres à garder, des précautions à prendre, 


de tout ce qui avait produit sous leurs yeux les plus grands résultats.


Et cette science, ils la transmettaient à leurs jeunes compagnons d’armes, quand il ne leur arrivait pas d’en instruire leurs ennemis eux-mêmes à force de les vaincre : 


science, disons-nous, qui ne nous paraît pas plus indigne du nom du stratégie ou de grande tactique que les méthodes inaugurées depuis, 


ou plutôt reconnues elles-mêmes efficaces à la lumière de l’expérience. Si, pour ne citer qu’un exemple, la campagne de vingt jours, conduite par Richard Cœur de Lion et


qu’il termina par la victoire d’Arsur n’est pas un spécimen de grande tactique, d’admirable et solide organisation, il faut renoncer à donner, comme preuves certaines,


des faits évidents.


L’art militaire eut donc le long des siècles un développement progressif ; il s’est perfectionné, ou du moins, il s’est modifié à mesure que l’invention 


d’armes nouvelles rendait les méthodes précédentes inutiles ou dangereuses. Mais la Renaissance n’a absolument rien inventé en fait de théories tactiques ;


les procédés du XVIe siècle sont sortis de ceux du XIIIe sans solution de continuité. Notre art militaire a moins changé de principes qu’il n’en a modifié l’application,


selon les exigences d’un outillage de plus en plus meurtrier.






Couteaux pointus : interdiction


dans les provinces flamandes par un édit de Louis XIV en 1669


(D’après « Archives historiques et littéraires du Nord de la France


et du Midi de la Belgique » (tome 3), paru en 1852)




Condamnant notamment au carcan ou aux galères, une sévère ordonnance de Louis XIV, de l’année 1669, prohiba tout couteau pointu dans les provinces flamandes, 


motivée sur les accidents et meurtres fréquents arrivés par suite du port de cet ustensile qui ne quittait guère le flamand pur sang, et des tristes résultats de l’usage


qu’on en faisait


Un vieux proverbe affirmant qu’ « il ne faut point aller en Flandre sans couteau » fit naître ce distique non moins populaire :


Qui va en Flandre sans couteau


Il perd de beurre maint morceau.


Du temps du peintre David Teniers le Jeune (1610-1690), les batailles à couteaux effilés étaient si fréquentes que cet artiste fidèle des mœurs et coutumes flamandes 


ne put s’empêcher d’en introduire des épisodes dans ses fameuses fêtes ou kermesses de village. On lit, sous une gravure de Le Bas, exécutée d’après Teniers, 


ces vers qui expliquent la scène où l’on joue des couteaux :


Quelle fureur ! Je vois de criminels couteaux


Se tirer avec violence !


Louis XIV, à la suite de ses conquêtes, voulut tempérer un peu cette ardeur de batailler à coups de couteaux dans les divertissements publics ;


il exigea qu’en trois jours de temps tous ces ustensiles de table fussent émoussés et arrondis. Et c’est à cette époque que l’on doit faire remonter 


sans doute l’usage journalier des couteaux à lames arrondies à l’extrémité. Il n’y avait pas à transiger ; voilà la rude ordonnance qui l’exigeait ainsi, 


et l’on sait que ce que Louis XIV voulait, il le voulait bien.


EDIT DU ROY qui défend le port et l’usage des couteaux pointus.


Donné à Saint-Germain-en-Laye, au mois de juin 1669


« Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre ; à tous présents et à venir, salut. Depuis que l’heureux succès de nos armes,


la justice de nos prétentions et le traité conclu à Aix-la-Chapelle nous ont acquis plusieurs villes et diverses châtellenies, tant en Flandre que dans les autres provinces 


des Pays-Bas, Nous avons employé tous nos soins pour y faire régner la justice, et pour y faire jouir nos sujets du repos et de la tranquillité de la paix ;


et voyant qu’elle n’était troublée que par les fréquentes querelles et démêlés qui arrivent entre les habitants desdites villes et châtellenies, 


dans la chaleur desquels ils se portent à de tels excès qu’ils se frappent, se blessent, et souvent s’entretuent à coups de couteaux ;


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Marie-Hélène


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MessagePosté le: Dim 11 Sep - 17:53 (2016)    Sujet du message: Tactique militaire au Moyen Age : Répondre en citant

L'anecdote des couteaux à bouts ronds !

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roberto


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MessagePosté le: Lun 12 Sep - 17:10 (2016)    Sujet du message: Tactique militaire au Moyen Age : Répondre en citant

Tactique militaire au Moyen Age :  5 / 5  






Fête de village. Gravure de Jean-Philippe Le Bas, d’après la peinture de David Teniers le Jeune


« Nous aurions, pour prévenir ces inconvénients, par notre ordonnance du 12 janvier 1668, défendu le port et l’usage des couteaux pointus à toutes sortes 


de personnes tant des villes que du plat pays, de quelque qualité et conditions qu’elles fussent, à peine d’amende.


Ensuite de quoi nos officiers des lieux auraient rendu diverses ordonnances contre les couteliers, hôtes et cabaretiers, fabricants, 


ou se servant desdits couteaux, ce qui néanmoins n’aurait pu arrêter le cours de ce mal, soit par le peu de diligences que les juges subalternes, maires, 


échevins des villes et gens de loi des bourgs et villages auraient apporté de leur part à l’exécution desdites ordonnances, soit par la médiocrité des peines décernées 


contre ceux qui contreviennent à icelles, l’indulgence des anciens souverains dudit pays ne les ayant par leurs édits et placards condamnés qu’à de légères amendes, 


ou par la facilité avec laquelle on a de tout temps expédié des lettres de grâce dans les chancelleries desdits pays a ceux qui avaient commis des meurtres avec lesdits couteaux ;


« Et désirant y apporter les remèdes convenables, et ne rien omettre de ce qui peut contribuer au repos et sûreté de nos sujets. 


Savoir faisons, que pour ces causes et autres bonnes considérations à ce nous mouvant, Nous, de notre certaine science, pleine puissance et autorité royale, 


avons statué et ordonné, statuons et ordonnons ce que s’ensuit.


« Que si au préjudice de nos défenses, aucun est si osé que de porter des couteaux pointus et de les tirer à dessein d’en frapper, encore que le coup 


ne soit suivi d’aucune blessure, voulons que pour la première fois il soit condamné au carcan, ou banni de notre royaume, et en cas de récidive, 


condamné à plus grosse peine corporelle à l’arbitrage des juges, et suivant les circonstances du fait. Que si aucun frappe du couteau à plaie ouverte et 


avec effusion de sang, voulons qu’il soit puni de la peine des galères ou autre plus grande à l’arbitrage du juge, suivant la grièveté du fait ; 


et si le coup est suivi de mort, voulons que celui qui aura frappé soit puni de mort, sans qu’il soit permis à nos juges ou ceux des seigneurs hauts-justiciers 


de modérer la dite peine, ni qu’il puisse lui être expédié aucune lettre de rémission dans nos petites chancelleries, réservant à Nous de le pouvoir faire


pour grandes considérations et seulement par lettres scellées de notre grand sceau.


« Et pour entièrement retrancher le mauvais usage desdits couteaux pointus, Nous faisons très expresses inhibitions et défenses aux couteliers et


autres ouvriers et marchands, de fabriquer, vendre ni débiter aucuns poignards, stylets, baïonnettes ou couteaux pointus, à peine de confiscation


et de cent florins d’amende pour chacun desdits poignards, stylets, baïonnettes et couteaux pointus, qui seront trouvés dans les boutiques et ouvroirs, 


ladite amende applicable, savoir, le tiers à notre profit, le tiers au dénonciateur et l’autre tiers aux sergents ou autres officiers de justice qui auront procédé à la saisie.


« Défendons aussi très expressément à tous hôtes, cabaretiers et à toutes personnes de quelque qualité et conditions qu’elles soient, de se servir sur leurs tables,


dans leurs logis ou ailleurs, en quelque manière que ce puisse être, de couteaux pointus ; leur enjoignant aux mêmes peines que dessus, 


en cas qu’ils en eussent en leur pouvoir, de les faire émousser 


trois jours après la publication de notre présente ordonnance, enjoignant à nos procureurs, aux fiscaux des seigneurs et tous autres faisant fonction de partie publique, 


de tenir la main à l’exécution de notre présente ordonnance.


« Si donnons en mandement à nos aimés et féaux les gens tenant notre conseil souverain de Tournai, baillis, châtelains, leurs lieutenants, mayeurs, 


échevins, bourgmestres et autres magistrats ayant juridiction dans les villes, et tous autres nos officiers qu’il appartiendra, que ces présentes nos ordonnances,


ils fassent lire, publier et enregistrer, entretenir, garder et observer inviolablement chacun en droit foi dans l’étendue desdits pays cédés, sans y contrevenir,


ni permettre qu’elles soient aucunement enfreintes, car tel est notre plaisir.


« Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, Nous avons fait mettre notre sceau à ces dites présentes.


Donné à Saint-Germain-en-Laye au mois de juin l’an de grâce 1669, et de notre règne le vingt-septième. Signé Louis ; et sur le repli, par le Roy, 


Le Tellier ; a côté, visa Séguier, et scellé du grand sceau de cire verte en lacs de soie rouge et verte.


« Registré à Tournai, au Conseil Souverain, le 12 juillet 1669. »
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:25 (2016)    Sujet du message: Tactique militaire au Moyen Age :

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