50's pour toujours Index du Forum

50's pour toujours
Échange d'idées, humour, philatélie, photo, informatique et beaucoup plus.

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 



 Bienvenue 



 


Date de fondation du forum: 15 avril 2012.
(44) LOIRE ATLANTIQUE
Aller à la page: 1, 2  >
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    50's pour toujours Index du Forum -> fiftiz pour toujours -> PHILATELIE (copies interdites sans l'autorisation d'un administrateur) -> DEPARTEMENTS FRANCAIS
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Mer 18 Nov - 17:07 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant

La Loire-Atlantique est un département français, le plus peuplé de la région Pays de la Loire. Elle doit son nom à la présence de la Loire, important fleuve qui la traverse, et de l'océan Atlantique, qui borde sa côte, à l'ouest, où l'embouchure de la Loire forme un estuaire.
Le département a été créé en 1790 sous le nom de Loire-Inférieure, et a conservé cette appellation jusqu'en 1957. Il porte le numéro 44 dans la numérotation départementale française. Il constitue une collectivité territoriale administrée par le conseil départemental de la Loire-Atlantique, dont le président est Philippe Grosvalet. Le chef-lieu du département est Nantes, également préfecture de la région Pays de la Loire. Il compte actuellement quatre arrondissements, dont les chef-lieux sont Nantes, Saint-Nazaire, Châteaubriant et Ancenis.
Le territoire de Loire-Atlantique fait partie de la Bretagne « culturelle » ou « historique » sous l'ancien régime. La question d'un éventuel rattachement à la région Bretagne fait l'objet d'un débat récurrent.
Comme dans le reste de la Haute-Bretagne, la langue vernaculaire y fut, jusque dans la seconde moitié du xxe siècle, le gallo. Cependant, dans la région de Guérande, le breton a été parlé jusqu'au début du xxe siècle.

Le département reprenait la quasi-totalité de la partie bretonne du territoire de l'ancien évêché de Nantes, recevant une petite partie du sud de l'évêché de Rennes, et perdant une partie du pays Mitau, au Nord-Ouest, le canton de La Roche-Bernard rattaché au Morbihan et celui du Grand-Fougeray rattaché à l'Ille-et-Vilaine.
Il a été constitué à partir de :
215 paroisses de la province de Bretagne (héritière du Duché de Bretagne).
8 paroisses (aujourd'hui 6 communes) issues des marches communes entre la Bretagne et le Poitou. 7 de ces paroisses attribuées à la Loire-Inférieure relevaient du Diocèse de Nantes, 1 du Diocèse de Luçon (Legé) . Dans le même temps, 7 paroisses de ces mêmes Marches communes ont été attribuées à la Vendée (4 relevant du Diocèse de Luçon et 3 de celui de Nantes).
1 paroisse issue des marches communes entre la Bretagne et l'Anjou. Il s'agit de La Boissière-du-Doré, qui relevait également du Diocèse de Nantes sur le plan spirituel.
1 paroisse (Remouillé) issue des ,avantagères au Poitou sur la Bretagne, qui relevait du Diocèse de Nantes au plan spirituel. De son côté la Vendée s'était vue attribuée 2 paroisses avantagères à la Bretagne (Saint-André-Treize-Voies, La Bernardière) qui relevaient également du diocèse de Nantes.
La Loire-Inférieure fut d'abord divisée en neuf districts qui étaient ceux de : Ancenis, Blain, Châteaubriant, Clisson, Guérande, Machecoul, Nantes, Paimbœuf et Savenay.
En 1800, les districts furent remplacés par de nouvelles circonscriptions administratives : les arrondissements. Cinq furent établis dans le département : Ancenis, Châteaubriant, Nantes, Paimbœuf et Savenay.
En 1868, la sous-préfecture de Savenay fut transférée à Saint-Nazaire.
En 1926, les arrondissements d'Ancenis et de Paimbœuf furent supprimés au bénéfice respectifs de ceux de Nantes et de Saint-Nazaire. Celui d'Ancenis fut rétabli en 1943, tandis que celui de Paimbœuf constitue toujours la partie sud de l'arrondissement Nazairien.

Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), la partie Nord du département est occupée par les troupes prussiennes de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).
Peut-être dans la filiation vidalienne des « régions Clémentel » de 1919, une loi du gouvernement de Vichy du 19 avril 1941 créa des préfectures de région à compétence supradépartementale. La Loire-Inférieure ne fut pas intégrée à la région de Rennes (qui correspondait à l'actuelle région Bretagne), mais à celle d'Angers (dont les limites étaient différentes de l'actuelle région des Pays de la Loire puisqu’elle incluait l'Indre-et-Loire (partie occupée), mais pas la Vendée, rattachée à la région de Poitiers). Un autre découpage, celui de la France en « provinces » défini par le Conseil national en août 1941 établit une province de Bretagne en cinq départements, dont les limites auront suscité un arbitrage du maréchal Pétain lui-même, mais qui n'aura guère d'existence effective.
L'institution des préfectures de région ne fut pas mise en cause dès la chute du régime de Vichy, puisque l'ordonnance du Général de Gaulle du 10 janvier 1944, créant des « régions administratives », allait dans le même sens. Mais celles-ci furent dissoutes après son départ de Matignon en 1946.
Le décret Pflimlin du 30 juin 1955 créa les régions de programme qui avaient pour objectif d'optimiser l'aménagement du territoire : selon des considérations économiques, la Loire-Atlantique est placée dans la région Pays de la Loire.


La création des préfets de région en 1964, des établissements publics régionaux en 1972 et des régions en 1982 entérina ce découpage et lui donna une légitimité. Mais, dans cette même période, l'identité bretonne s'affirma et l'attribution de la Loire-Atlantique aux Pays de la Loire se trouva contestée. En 1972, le conseil général du département émit le vœu d'être rattaché à une région incluant les cinq départements bretons, mais en y associant les départements voisins.
À l'heure actuelle, il semble qu'un assez grand nombre d'habitants de la Loire-Atlantique souhaite le rattachement à la région Bretagne, selon différents sondages (de 44 % en 1986 à 75 % en 2001).
Les inscriptions 44 = BZH sont visibles et le sujet anime parfois des discussions.
Les principales associations, groupes de pression et partis politiques militant pour la réunification sont Bretagne réunie (ex CUAB), l'Union démocratique bretonne (UDB), le Parti breton, Les Verts et le Modem (dont les élus au conseil régional de Bretagne se sont exprimés en faveur de la réunification), tout comme certains élus ou responsables FN, UMP, PS, PRG et PCF qui se sont prononcés favorablement (cf : vote unanime de la résolution du conseil régional de Bretagne le 2 juillet 2001 et le 8 octobre 2004, ainsi que les milliers de signatures de la Charte des élus pour la réunification par des maires, parlementaires, conseillers municipaux... des 5 départements au contraire des élus ligériens qui n'ont pas pris position). En revanche, des petits partis politiques comme le Mouvement républicain et citoyen (MRC) et le Parti des travailleurs, une association comme le CUAR (Comité pour l'unité administrative de la république) se sont prononcés contre la séparation de la Loire Atlantique des Pays de Loire.
Selon un sondage (2011), la Loire-Atlantique est, malgré le découpage régional officiel, associé à l'image de la Bretagne pour 3 % des Français, à égalité avec l'Ille-et-Vilaine. En 2014, dans la communce de St Viaud a été organisée une votation sur la question du rattachement à la Bretagne. Avec une participation de 20% des inscrits sur les listes, 76% de la population a voté "oui"



Située sur la côte atlantique française, la Loire-Atlantique est limitrophe des départements du Morbihan au Nord-Ouest, d'Ille-et-Vilaine au Nord, de Maine-et-Loire à l'Est et de Vendée au Sud. La côte ouest est bordée par l'océan Atlantique. Le département est traversé par la Loire qui, à partir de Nantes constitue un estuaire et se jette dans l'océan au niveau de Saint-Nazaire. La vallée de la Loire est ici appelée Basse-Loire.
Le département fait partie du Massif armoricain ; sa géologie est variée (schistes et grès primaires, faluns tertiaires)
Avec une altitude moyenne de seulement 34 mètres, la Loire-Atlantique présente la particularité d'être le département le plus plat de France.
Le relief de la Loire-Atlantique est donc globalement très peu marqué. Au nord-est de la Loire, on trouve le Bocage angevin, qui correspond approximativement aux Pays de Châteaubriant et d’Ancenis, et qui fait partie d’une région forestière nationale portant le même nom et qui s’étend également sur les départements de Maine-et-Loire et de la Mayenne. Il s’agit d’un ensemble de plateaux d’altitude voisine de 100 mètres : le point culminant du département est la colline de la Bretèche, près de Châteaubriant, haute de 116 mètres, située sur la commune de Fercé. La Loire-Atlantique est le département qui possède l'altitude maximale la moins élevée de France.
Au sud du fleuve, vers le pays de Retz, le paysage se caractérise plutôt par une succession de collines atteignant 30 mètres. Tandis qu’au nord-ouest du fleuve, le sillon de Bretagne, une suite de collines, traverse le département selon une direction nord-ouest/sud-est.

D'une manière générale, la Loire-Atlantique comporte énormément de zones humides. Elle recèle de nombreux marais, comme la Brière au nord de Saint-Nazaire, les marais salants de Guérande, les marais de Couëron en aval de Nantes, ceux de Goulaine au sud-est et le marais Breton au sud-Ouest. Au sud, le département possède l'un des plus grands lacs de France, le lac de Grand-lieu. Sa très faible profondeur (moins de 2 mètres) combinée à une pente extrêmement faible rendent sa superficie très variable.
La Loire constitue un élément géographique majeur ; on considère généralement que son estuaire commence en aval de la ville, et les variations de niveau liées à l'influence océanique des marées y sont perceptibles (l'Acheneau, un de ses affluents situé su sud de l’estuaire, voit parfois son cours s'inverser lors de fortes marées). Le Nord du département est traversé d’Est en Ouest par les vallées de la Chère, du Don et de l’Erdre, de la Chézine, du Gesvres, au Sud par celle de la Sèvre nantaise.
La Loire-Atlantique possède plus de 130 kilomètres de côtes le long de l'océan Atlantique : la côte d’Amour au nord de l’estuaire, et la côte de jade au sud de celui-ci.





 

_________________


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Mer 18 Nov - 17:07 (2015)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Jeu 19 Nov - 11:50 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant

Nantes est une commune de l'Ouest de la France, située au sud du massif armoricain, qui s'étend sur les rives de la Loire, à 50 km de l'océan Atlantique. Chef-lieu du département de la Loire-Atlantique et préfecture de la région Pays de la Loire.
Pour une grande partie de son histoire, Nantes fait partie de la Bretagne. Après avoir été un site portuaire important de l'âge des métaux, elle devient la capitale de la cité gallo-romaine des Namnètes, le siège d’un évêché au ve siècle, puis le chef-lieu d’un comté franc, illustré par la personnalité semi-légendaire de Roland. Point d’appui du royaume franc face à la poussée des Bretons, Nantes est conquise en 851 par Nominoë. S'ouvre alors l'histoire bretonne de la ville, dont subsiste le château, principale résidence ducale au xve siècle, époque où Nantes est véritablement la capitale du duché de Bretagne et où commence la construction de sa cathédrale actuelle. Nantes perd sa prééminence politique en Bretagne au profit de Rennes avec l'intégration, au début du xvie siècle, du duché dans le royaume de France. Les trois siècles suivants sont marqués par l'importance du rôle de Nantes dans le commerce international, c'est-à-dire, en grande partie, dans la traite négrière, qui connaît son apogée au xviiie siècle et permet un enrichissement considérable du paysage urbain monumental.


Pendant la Révolution, la défense de Nantes est un enjeu essentiel de la guerre de Vendée (bataille de 1793). Après cette période difficile, la ville ne connaît pas de retour à la prospérité antérieure ; mais, au cours du xixe et au début du xxe siècle, son développement industriel est remarquable dans la France de l'Ouest. Au xxe siècle, le paysage urbain est marqué par le comblement de nombreux cours d'eau qui divisaient la ville, puis par les bombardements lors de la Seconde Guerre mondiale. Dans les années 1950-1960, la classe ouvrière nantaise joue un rôle notable dans le mouvement social français (1955, 1968).
Depuis la fin du xxe siècle, la ville a subi la désindustrialisation, mais est devenue un pôle du secteur tertiaire. Elle est ville universitaire depuis 1962. Les infrastructures portuaires de Nantes représentent un élément important du grand port maritime de Nantes-Saint-Nazaire, un des grands ports français.
Nantes reçoit en 2013 le prix de la Capitale verte de l’Europe, décerné par la Commission européenne puis, le 12 novembre 2014, Nantes devient l'une des neuf métropoles françaises labellisées « French Tech » par le Ministère de l'Économie, du Redressement Productif et du Numérique.

Nantes est située au point de convergence de l'Erdre, de la Sèvre et de la Loire en un endroit où la vallée de cette dernière se resserre en raison de l'affleurement du sillon de Bretagne, axe granitique s'étendant sur une grande partie du Massif armoricain. La ville a donc pour assise un socle cristallin dont les fractures hercyniennes (330 à 240 millions d’années avant l’époque actuelle) favorisent l'écoulement de rivières dont le lit est fortement incisé au niveau des confluences.
Les cours d'eau partagent le plateau au nord de la commune en trois secteurs qui convergent vers le centre historique. Le fond des vallées est marécageux et cache un remblaiement de vase raccordé à la plaine flandrienne de la Loire en masquant une couche de 25 m à 27 m d'épaisseur composée de sables fins, vases et tourbes. Les interfluves sont plats, la granulométrie de leur sol est très fine. Le sol plus aéré des versants des cours d'eau favorise la variété de la végétation.
Le sous-sol du centre historique a pour caractéristique des parties remblayées afin de créer des fosses protégeant les murailles, de gagner des terres sur les lits des cours d'eau ou de détourner les rivières. À titre d'exemple, le sous-sol de la place du Commerce est composé de 10 m d'épaisseur de terres déplacées au xive siècle dans le cadre de la création des quais du port

Le réseau hydrographique nantais a subi des transformations spectaculaires au xixe et surtout au xxe siècles. Du fait de sa position de confluent et des nombreuses îles et canaux qu'on y trouvait (île Beaulieu, île Sainte-Anne, île Feydeau, île Gloriette, etc.), Nantes a d'ailleurs longtemps été surnommée « la Venise de l'Ouest ». La plupart des canaux et rivières de la rive nord ont été comblés ou recouverts au début du xxe siècle, les opérations les plus importantes étant, à partir de 1929, le comblement des bras nord de la Loire:
le bras de la Bourse qui donne place à l’actuel cours Franklin-Roosevelt ;
une partie du bras de l'Hôpital, recouvert par les actuels cours John-Kennedy et cours Commandant-d'Estienne-d'Orves ;
la zone confluence de l'Erdre est comblée (c’est l’actuel cours des 50-Otages) et son cours est dévié par un canal souterrain navigable vers la portion subsistante du bras de l'Hôpital, appelée canal Saint-Félix.
La Loire traverse désormais l'agglomération nantaise par les deux bras qui enserrent l'île de Nantes : le bras de « la Madeleine » (au nord) et celui de « Pirmil » (au sud).
La ville est également arrosée par deux rivières importantes : l'Erdre au nord et la Sèvre nantaise au sud, et par trois petites rivières : la Chézine, le Cens et le Gesvres, toutes trois au nord. On trouve aussi plusieurs ruisseaux, généralement canalisés et souterrains, mais dont certains sont remis en valeur dans le cadre de l'aménagement de nombreux parcs, tels que le ruisseau des Gohards dans le quartier de la Bottière-Chénaie.
Le contrôle du fleuve en amont rend les inondations rares. Les hautes eaux d'hiver peuvent recouvrir les îles situées juste en amont de Nantes, à Saint-Sébastien-sur-Loire, qui sont inondables et non constructibles, ainsi que l'extrémité est de l'île de Nantes. La dernière inondation plus conséquente date de janvier 1995.
La Loire subit l'influence des marées dans tout l'estuaire et même au-delà, jusque vers Oudon, non loin d'Ancenis. Le phénomène de la marée est donc encore très sensible à Nantes, les courants de jusant faisant apparaître des estrans boueux notables à certains endroits (au confluent Loire-Sèvre par exemple).
La Sèvre nantaise et l'Erdre sont chacune protégées des marées par un barrage et une écluse.

Nantes se trouve au sud du Massif armoricain, et s'étend sur les deux rives de la Loire, principalement sur la rive droite (au nord) ainsi que sur l'île de Nantes. Les principaux accès routiers sont radiaux (liaisons vers les autres grandes villes) et concentriques (ceinture de boulevards, périphérique) vers et autour du centre historique de Nantes
L'Erdre traverse la ville du nord au sud pour se jeter dans la Loire par un canal souterrain (le tunnel Saint-Félix), substitué depuis les années 1930 au parcours naturel (l'actuel cours des 50-Otages). Le cœur historique s'est développé au point de confluence de l'Erdre et de la Loire, d'abord sur la rive gauche de l'Erdre (quartier du Bouffay, colline de la cathédrale) puis sur la rive droite (place Royale, au niveau du fleuve et colline de la place Graslin). Il subsiste une île sur le cours de l'Erdre : l'île de Versailles. La largeur de l'Erdre est de 300 m au nord du pont de la Beaujoire (ce plan d'eau est utilisé pour les activités nautiques) et encore de 125 m au niveau de la Houssinière.

Le sillon de Bretagne, une ligne de fracture orientée nord-ouest/sud-est, se trouve à l'ouest de l'Erdre. La vallée de la Loire le coupe au niveau de la « butte Sainte-Anne », à l'abrupt très marqué (altitude 38 m contre 16 m place Général-Mellinet), à une distance de 2 km de l'ancien confluent de l'Erdre. L'altitude du sillon s'élève vers le nord-ouest : 55 m aux Hauts Moulins, à 3,5 km de la butte Sainte-Anne.
La Chézine, petit affluent de la Loire venant de Saint-Herblain, coule au nord et en contrebas du sillon de Bretagne, à l'air libre jusqu'à la rue de Gigant, puis en souterrain, se jetant dans la Loire à l'extrémité ouest du quai de la Fosse. Sa vallée est marquée par une coulée verte, notamment avec le parc de Procé.
Le Cens, affluent de rive droite (ouest) de l'Erdre venant d'Orvault, coule parallèlement 2,5 km plus au nord. Sa vallée est parfois très profonde, notamment au niveau de la route de Rennes (quartier du Pont du Cens, à la limite d'Orvault). Il passe ensuite au sud de l'hippodrome du Petit Port et se jette dans l'Erdre entre les collines du Tertre (facultés de lettres et de droit) et de la Houssinière (rectorat), face au Port-Boyer. La vallée du Cens constitue aussi une coulée verte (avec ici le parc de la Gaudinière).
À 1,5 km au nord du Cens, le Gesvres, autre affluent de la rive droite de l'Erdre, marque en gros la limite avec La Chapelle-sur-Erdre. Le confluent se trouve au nord du quartier de la Jonelière, légèrement en aval du pont de la Jonelière.
Ce vaste ensemble présente donc des ondulations liées à la présence conjointe du sillon de Bretagne et des cours d'eau l'ayant creusé, c'est la partie de Nantes la plus vallonnée

À l'est de l'Erdre (routes de Sainte-Luce, de Paris, de Saint-Joseph-de-Porterie), le relief est moins vallonné qu'à l'ouest. Le seul cours d'eau est le ruisseau de l'Aubinière, affluent de la Loire venant de Sainte-Luce-sur-Loire, débouchant à 6 km à l'est du confluent de l'Erdre (un peu en aval des ponts de Bellevue).
L'île de Nantes, d'une superficie de 337 hectares, est reliée aux rives nord et sud par dix ponts routiers (six côté nord et quatre côté sud). On compte aussi une passerelle piétonne (au nord) et deux lignes ferroviaires enjambant l'île. Il est envisagé de construire un pont supplémentaire à l'ouest de l'île de Nantes à l'horizon 2025 ou un tunnel.
L'île de Nantes résulte de l'unification progressive de plusieurs îles antérieurement séparées par des bras de la Loire: île Beaulieu, îles de la Prairie au Duc, de Grande Biesse, de Petite Biesse et Vertais (qui portait, autrefois, la Prairie d'amont et la Prairie d'aval). Le relief est plan. Plusieurs des anciennes îles ont été rattachées à la rive nord lors des comblements : près du centre, l'île Feydeau, l'île de la Madeleine et l'île Gloriette ; un peu à l'est, la prairie de Mauves (quartiers gare d'Orléans et Malakoff).
Au sud de la Loire, le territoire communal de Nantes est grossièrement délimité à l’ouest par la Sèvre nantaise. Entre la Sèvre et la Loire, se trouve le quartier Nantes-Sud, composé de quatre quartiers anciens de Nantes : Dos-d’Âne (ou Pirmil), Saint-Jacques, Grèneraie et Sèvres.
Le quartier Dos-d’Âne correspond à la confluence Sèvre-Loire et le relief est plan.
Les quartiers Saint-Jacques (avec le Clos-Toreau) et Grèneraie, en revanche, se trouvent sur l'extrémité du plateau du vignoble nantais, d'une altitude un peu plus élevée. La dénivellation est sensible rue Saint-Jacques, route de Saint-Sébastien et rue de la Fonderie, les trois rues qui aboutissent à la Loire. Le coteau est plus marqué au-delà du pont Georges-Clemenceau, le long de la côte Saint-Sébastien.
Ces deux quartiers sont séparés par le ruisseau du Douet, qui prend sa source à Saint-Sébastien. Il coule dans un vallonnement assez marqué en canalisation souterraine. Il n'est visible qu'à Saint-Sébastien, dans une tranchée maçonnée, de l'extrémité de la rue de Bonne-Garde jusqu'à la rue de la Grèneraie ; il continue ensuite sous l'hôpital Saint-Jacques.
Le quartier Sèvres (avec ceux de la Gilarderie et des Bourdonnières) se trouve un peu au sud près de la Sèvre (pont de la Morinière).

Les premiers aménagements urbains encore visibles de nos jours remontent à l'époque médiévale, les constructions datant du Haut Empire romain ayant été recouvertes par des aménagements postérieurs. La ville médiévale fortifiée d'autrefois correspond au quartier du Bouffay. Il subsiste également la porte Saint-Pierre, le château des ducs de Bretagne, ainsi que quelques maisons à colombage et hôtels particuliers datant pour l'essentiel du xve siècle.
Cette partie a souffert des bouleversements du xviiie siècle à nos jours mais aussi des bombardements de 1943 qui ont particulièrement affecté la ville. Les rues de la Juiverie, Sainte-Croix, de la Bâclerie sont parmi les exemples les mieux conservés et on retrouve également quelques modèles d'architecture à colombages apparents rue de Verdun, rue Bossuet ou encore place du Change. Le château des ducs de Bretagne ainsi que son périmètre immédiat forment l'ensemble le plus caractéristique de cette époque.
La première grande expansion de la ville a eu lieu au xviiie siècle. C'est à cette époque qu'est lotie l'île Feydeau, puis que les architectes Jean-Baptiste Ceineray puis Mathurin Crucy tracent les quais (Brancas, Flesselles, Tremperie, Port-Maillard, les cours Saint-Pierre et Saint-André (ensemble résidentiel caractéristique de l'époque), les places Royale, Graslin et le cours Cambronne, que sont édifiés le théâtre et la Bourse. Le centre actuel s'articule autour d'une colonne vertébrale qui est l'axe est-ouest : partant de la cathédrale, traversant rues de Verdun, de la Marne, d'Orléans, Crébillon et finissant place Graslin. Le xviiie siècle marque le triomphe du style néoclassique dans la ville.

De grands boulevards rectilignes et bordés d'immeubles apparaissent avec notamment la rue de Strasbourg : percée « haussmannienne ». Ce cas mis à part, le centre s'est étendu concentriquement, au xixe siècle. Autour du Jardin des plantes et du musée des beaux-arts à l'est se forme l'ensemble Saint-Clément/Dalby/Saint-Donatien, autour de l'ancien palais de justice au nord se développent les quartiers Hauts-pavés/Viarme/Saint-Félix, pour le secteur du musée Dobrée et de l'église Notre-Dame-de-Bon-Port à l'ouest ce sont les quartiers Canclaux et Mellinet notamment, quant au quai de la Fosse, il s'étire vers la butte Saint-Anne et le village de Chantenay. Le quartier de la Madeleine, enclavé jusqu'aux comblements de la Loire dans les années 1930, a gardé son aspect de « faubourg ».
Le centre historique est parsemé d'immeubles modernes qui ont pris la place de constructions démolies par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. La rue du Calvaire a été élargie et reconstruite selon les canons modernes de l'après-guerre : avec la place des Volontaires-de-la-Défense-Passive, elle constitue un exemple intéressant d'urbanisme des années 1950 en centre-ville. Au nord de cette rue l'ancien faubourg du Marchix a été rasé pour laisser place au quartier Bretagne, œuvre de l'architecte Michel Roux-Spitz.
À Nantes il n'est donc pas rare de voir des bâtiments très anciens en côtoyer à l'architecture typique de l'époque de la reconstruction : par exemple l'Hôtel-Dieu, un imposant édifice en béton, fait face à l'île Feydeau.

Dans l'Antiquité, entre le fin du iie siècle av. J.-C. et le début du ier siècle av. J.-C., le peuple gaulois des Namnètes s'installe sur la rive nord de la Loire, au confluent avec la rivière Erdre et crée une agglomération dont le nom initial n'est connu que par la Géographie de Claude Ptolémée : Κονδηούινϰον / Kondēoúinkon, variante Κονδιούινϰον / Kondioúinkon, qu'il faut peut-être lire Κονδηούιϰον / Kondēoúikon54. À l'époque gallo-romaine, ce nom fut adapté et latinisé sous différentes formes : Condevincum (la forme la plus courante), Condevicnum55, Condivicnum56, Condivincum, etc. Plusieurs auteurs tardifs citent également les formes apparemment évoluées Cantigvine, Cantivic, Cantwic, Cantguic, etc..
Ce nom semble en rapport (un dérivé ou un composé) avec le mot gaulois condate, désignant un confluent. Cet appellatif est à l'origine du fréquent toponyme français Condé, variantes Condat, Candé, etc. ; on sait par ailleurs qu'il a existé de nombreux autres lieux appelés Condate en gaulois, qui ont changé d'appellation par la suite : ainsi, Rennes est un ancien Condate
À la fin de l’Empire romain, la ville est couramment appelée Portus Namnetum « le port des Namnètes », d'après le nom du peuple dont sont issus ses premiers habitants, ou encore civitas Namnetum « cité des Namnètes » au ive siècle. Ce phénomène (l'abandon de l'ancien nom gaulois et l'adoption d'une nouvelle appellation évoquant le nom des habitants) affecte vers le ive siècle la plupart des anciennes cités gauloises de la moitié nord de la France : ainsi, Paris, ancien Lutetia, vient du nom des Parisii ; Vannes, ancien Darioritum, de celui des Veneti, etc. Le nom actuel, qui semble bien reposer sur *Namnetas, la forme latinisée (à l'accusatif) d'une variante de l'ethnonyme gaulois, est transcrit Nametis en latin médiéval à l'époque mérovingienne. À la Renaissance, à l'époque de l'Ordonnance de Villers-Cotterêts, Nantes prend son nom définitif.
En gallo, la forme de ce toponyme est Naunnt ou Nantt, et son nom breton est Naoned ou An Naoned (La Nantes). L'orthographe Nantes est conservée dans la majorité des langues utilisant les caractères latins, mais les langues celtiques comme le gallois ou le gaélique privilégient la forme bretonne Naoned, tandis que l’espéranto la nomme Nanto.
Contrairement aux apparences, Nantes ne se rattache pas directement à l'élément gaulois *nant- (« vallée » et « rivière », « ruisseau », « torrent » ou « cours d’eau ») que François Falc'hun étudie dans un chapitre de son livre Les Noms de lieux celtiques. L'emploi du radical *nant- est très fréquent en toponymie française, parfois de façon peu évidente : Château-Landon, par exemple. Mais Nantes n'est pas cité par François Falc'hun parmi les mots dérivant de *nant-. Un lien serait envisageable si le nom des Namnetes reposait sur *nant-, comme le propose dubitativement Xavier Delamarre65, mais c'est une hypothèse sur laquelle tous les linguistes et, ou toponymistes ne s'accordent pas. Un autre linguiste, Éric Vial, estime probable que la racine *nanto « vallée » soit antérieure aux Celtes. Enfin, selon Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, le nom même des « Namnètes » viendrait de celui des « Amnites », tribu habitant la rive droite de la Loire (connus également sous le nom d'« Apinites ») dont l'étymologie signifierait approximativement « les hommes du fleuve » .
Le terme nautes, qui présente une ressemblance avec Nantes ou Naunnt, désignait dans l’Antiquité et au Moyen Âge les membres des riches confréries de transporteurs naviguant sur les fleuves et rivières de la Gaule. Mais cette ressemblance est fortuite : naute représente un emprunt savant au latin nauta « marin, matelot », formé sur le même radical que navis « nef, navire ».

L'époque préhistorique a laissé peu de traces dans le Pays nantais : quelques bifaces et des haches polies ont été découverts (à Grillaud et la Trémissinière), mais on ne trouve pas ici de monuments du néolithique (mégalithes), alors qu'ils sont nombreux sur la côte sud de la Bretagne.
Le peuplement est sans doute lié à l'activité métallurgique et à la présence de métaux (cassitérite, fer) sur le site de la ville actuelle et plus au nord (Abbaretz, Nozay) ; on note l'installation d'hommes venus de la péninsule Ibérique vers 2000 av. J.-C. Plusieurs ateliers métallurgiques datant des viiie et viie siècles av. J.-C. ont été découverts sur les sites des actuels Chantenay, Jardin des plantes et de la Prairie de Mauves
À l'époque gauloise, le site de Nantes appartient au territoire des Namnètes, vaincus par César en 56 av. J.-C. Les Romains latinisent son nom gaulois en Condevincum ou Condevicnum et en font le chef-lieu de la cité des Namnètes. Elle est alors moins importante que la cité implantée sur l'autre rive de la Loire, Ratiatum (actuelle Rezé), qui appartient aux Pictons. Ce n'est qu'au iie siècle que Nantes supplante sa voisine.
Au iiie siècle, l’agglomération prend le nom de Portus Namnetum. Aux iiie et ive siècles, confrontée aux troubles des invasions, la ville, limitée par l'actuel quartier Bouffay, se fortifie par une enceinte gallo-romaine ; c'est aussi l'époque où elle se christianise (c'est le temps du martyr de saint Donatien et saint Rogatien). Les premiers évêques de Nantes apparaissent après la conversion de l'empereur Constantin Ier
Après la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, la cité de Nantes passe rapidement sous le contrôle du royaume franc de Clovis malgré la résistance des Armoricains et des soldats bretons installés par l'Empire romain depuis 280 environ. Durant la période franque, la ville joue un rôle essentiel dans la défense contre l'expansion bretonne dans la péninsule armoricaine. Elle devient la capitale de la marche de Bretagne à l'époque de Charlemagne, au départ dirigée par le comte Roland avec le titre de préfet de la marche de Bretagne
Après la mort de Charlemagne, l'expansion bretonne reprend. En 850, la région est conquise par le breton Nominoë. Celui-ci envahit notamment les villes de Nantes et de Rennes. L'année suivante, après la bataille de Jengland, la marche de Bretagne dont Nantes est la capitale est intégrée à la Bretagne par le traité d'Angers. Cependant, les quatre-vingt années suivantes sont extrêmement pénibles en raison des luttes incessantes entre chefs bretons, qui favorisèrent les incursions des Vikings, la plus spectaculaire ayant lieu avant le 24 juin 843, jour où l'évêque Gohard trouve la mort. À partir de 919, la ville est administrée par les Vikings. Ils en sont chassés en 937 par Alain Barbetorte

Dans la période suivante les ducs de Bretagne doivent lutter contre les comtes de Nantes. Ces querelles de succession font passer par moments la ville sous le giron de la maison d'Anjou. La plus longue de ces période s'ouvre en 1156, et dure 45 années qui sont une période de stabilité. En 1203 la Bretagne se place sous domination des Capétiens (époque de la Maison capétienne de Dreux, xiiie ‑ xive siècle). Pierre Mauclerc provoque l'essor de Nantes lorsque celle-ci devient sa résidence principale.
La deuxième guerre de Succession de Bretagne met aux prises les partisans du demi-frère du défunt duc Jean III, Jean de Montfort qui s'appuie sur les États de Bretagne convoqués à Nantes, et ceux de Charles de Blois, soutenu par le roi de France Philippe VI et reconnu duc de Bretagne par les pairs du royaume. La dynastie de Montfort (xive ‑ xvie siècle) sort victorieuse du conflit. Elle fait de Nantes une véritable capitale ducale. Par ailleurs, au xve siècle, la ville se développe, notamment grâce au commerce maritime et fluvial.
À la fin du xve siècle, Nantes est un enjeu essentiel dans la guerre entre le roi de France et le duc de Bretagne, François II. Nantes est conquise en 1488 et la Bretagne est dès lors administrée par les rois de France. L'héritière, la duchesse Anne épouse Charles VIII en 1491, puis Louis XII en 1498, devenant reine de France. Claude de France, fille aînée d'Anne de Bretagne, fait donation du duché à son mari François Ier, tandis que les États de Bretagne demandent eux-mêmes l'union de la Bretagne à la France en échange du maintien de leurs privilèges, ouvrant la période suivante


 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Jeu 19 Nov - 12:00 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant

En 1532, le duché de Bretagne est uni aux possessions de la couronne de France par l'acte d'union de la Bretagne à la France, édit d'« union perpétuelle et indissoluble », promulgué le 13 août à Nantes. Une réorganisation administrative en résulte un peu plus tard, qui accroît le rôle de Rennes, siège du Parlement de Bretagne (1560), Nantes conserve cependant la chambre des comptes de Bretagne.
Le port connait un essor relatif après l'union avec le royaume de France. La ville passe de 15 000 habitants à la fin du xve siècle à 25 000 à la fin du xvie siècle. Les 2 000 bateaux qui fréquentent le port exportent du vin, importent du sel et de la morue.
Pendant les guerres de religion, Nantes est une ville ligueuse qui soutient le gouverneur, le duc de Mercœur, dans sa lutte contre les protestants (présents à Blain, et dans d'autres villes plus petites). Elle est une des dernières grandes villes à reconnaître l'autorité d'Henri IV. La promulgation de l'édit de Nantes en 1598 ne correspond pas à l'opinion des habitants.
En 1685, deux événements sont à retenir. Par l'édit de Fontainebleau signé par Louis XIV, l'édit de Nantes est révoqué, tandis que le Code noir est promulgué par ce même roi. Grâce à cette dernière loi, le port de Nantes prospère en devenant une plaque tournante du commerce de sucre, tabac, et des esclaves, avec les colonies


Nantes se développe grâce à ses circuits commerciaux hérités du Moyen Âge ; puis, vient l'époque des colons et des « engagés blancs » qui vont développer l'économie coloniale aux Antilles. Mais l'enrichissement de Nantes va venir avec le développement du commerce d'esclaves entre l'Europe, l'Afrique et l'Amérique, dit commerce triangulaire. Si Nantes n'est pas le seul port français à avoir pratiqué la traite négrière (des expéditions sont parties de Bordeaux, Rouen, La Rochelle, mais aussi de Brest, Lorient, Vannes, etc.), elle en est la pionnière : entre 1707 et 1711, 75 % des navires négriers en partent. Les principaux armateurs nantais sont Michel, René et Jean Montaudoin, Luc O'Shiell, Mathurin Joubert, Jean Terrien et Sarrebouse d'Audeville. Dans la période de 1722 à 1744, la part nantaise du trafic est de 50 %, puis cette part croît de nouveau jusqu'en 1762, avant de décliner pour atteindre 32 % entre 1782 et 1792. Au total, au cours du xviiie siècle le port de Nantes a affrété des navires qui ont embarqué 450 000 Noirs, soit 42 % de la traite française. Enrichissant considérablement certains armateurs, ce commerce est à l'origine de constructions qui ornent aujourd'hui encore la ville (théâtre, bourse, places, hôtels particuliers, « folies »). Nantes sera la dernière place forte de la traite, celle-ci n'y prenant fin qu'en 1831 : entre 1814 et 1831, au moins 50 000 Noirs sont transportés par des bateaux nantais ou commandités depuis Nantes, malgré les interdictions successives


Pendant la Révolution française, la ville tenue par les Républicains est en première ligne face à la révolte vendéenne et sa résistance est une des clefs du succès républicain : elle fournit une base arrière aux armées « bleues », et prive les Vendéens d'un port où recevoir de l'aide de l'Angleterre. En effet, le 29 juin 1793, a lieu la bataille de Nantes ; la ville est attaquée par l'Armée catholique et royale forte de 30 000 hommes. Devant la résistance des 12 000 soldats républicains et volontaires nantais menés par le maire René Gaston Baco de La Chapelle, les insurgés doivent battre en retraite. Le général des armées vendéennes, Jacques Cathelineau est mortellement touché, place Viarme. En 1796, un autre chef vendéen est exécuté sur cette même place : le lieutenant général de Charette.
D'octobre 1793 à février 1794, Jean-Baptiste Carrier, missionné par la Convention, instaure une politique de terreur impitoyable : 12 000 à 13 000 personnes, hommes, femmes et enfants, sont enfermées dans les prisons de Nantes, parmi celles-ci 8 000 à 11 000 meurent par la guillotine, les fusillades dans les carrières de Gigant, les épidémies de typhus et les noyades en Loire77,.
Le 20 octobre 1799, 2 000 Chouans commandés par Pierre Louis Godet de Châtillon et Louis d'Andigné réussissent un raid sur Nantes qui est occupée pendant quelques heures.


Préfecture de la Loire-Inférieure, Nantes continue son développement au xixe siècle, s’industrialise. Grâce à l'activité de son port, la production agricole régionale et sa forte réactivité commerciale, Nantes se positionne notamment dans l'industrie alimentaire : les biscuiteries avec Lefèvre-Utile (LU) et les conserveries avec Saupiquet. Mais aussi le textile, le raffinage du sucre (Beghin Say), les engrais phosphatés (AZF) et l'armement.
Dans les années 1860, la ville voit se développer le journal L'Union bretonne, principal organe bonapartiste de province, qui tire à une moyenne de 339 000 exemplaires et s'est heurté au clergé qui a prêché le désabonnement. À la même époque, deux autres quotidiens sortent des imprimeries à Nantes : Le Phare de la Loire (républicain) et L'Espérance du peuple (monarchiste).
Une image symbolique reste de cette époque, avec le pont transbordeur (à nacelle) qui fut ouvert en 1903, et opérationnel jusqu'en 1958, pour faciliter la traversée du bras nord de la Loire, « la Madeleine », par le public et les entreprises du secteur, notamment les chantiers Dubigeon et la Fonderie Voruz. Puis ce fut un déclin dans un contexte de crise.
En 1879, autre signe de symbole de la vitalité de Nantes à cette époque : elle est première ville française à se dote du premier réseau de tramway qui fonctionnait à air comprimé grâce à l'invention de l'ingénieur Louis Mékarski. Tardivement électrifié dès 1911, ce premier réseau sera en fonctionnement jusqu'en 1958 pour être remplacé par service d'autobus.
En 1908, annexe les communes voisines de Chantenay-sur-Loire et Doulon.

La première moitié du xxe siècle est ponctuée par de nombreuses crues. La plus marquante est sans doute celle de 1904. Outre les dégâts matériels, ces inondations ont des conséquences économiques avec la fermeture d'usines (Lefèvre-Utile, Manufacture des Tabacs, etc.) De 1911 à 1931, elles sont quasi-annuelles. Dans les années 1930 des comblements sont entrepris, notamment ceux des bras dits « de la Bourse » et « de l'Hôpital » autour de l'île Feydeau, ainsi que celui de la portion de l'Erdre entre son embouchure sur la Loire et la Préfecture (cette partie est dénommée depuis 1944 « cours des 50-Otages »). Ces travaux sont réalisés d'une part pour désenclaver les usines telles Lefèvre-Utile et d'autre part pour maîtriser les inondations
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Nantes est occupée par l'armée allemande à partir de 1940.
Le 20 octobre 1941, le Feldkommandant Karl Hotz est abattu, rue du Roi-Albert, à proximité de la cathédrale, par un jeune Résistant parisien, Gilbert Brustlein, accompagné de Spartaco Guisco et Marcel Bourdarias. Les représailles sont immédiates. Le 21 octobre, les nazis annoncent l'exécution de cinquante otages. Vingt-sept sont exécutés le 22 octobre au camp de Choisel de Châteaubriant, à 70 km de Nantes. Parmi eux, il y a Guy Môquet. Seize autre seront fusillés le même jour à Nantes au champ de tir du Bèle, dans le quartier de la Beaujoire. Le monument des cinquante otages de Nantes, à proximité de la préfecture, évoque la mémoire des quarante-huit victimes, tandis qu'une stèle devant le no 1 de la rue du Roi-Albert rend hommage aux résistants ayant abattu l'officier allemand.
L'année 1943 est marquée par deux bombardements par les forces Alliées particulièrement destructeurs et meurtriers. Les 16 et 23 septembre, les bombardiers lâchent entre 1 000 et 1 500 bombes sur la ville avec pour principal objectif la destruction des infrastructures portuaires et industrielles. Cependant les civils sont fortement touchés avec 1 463 morts et 2 500 blessés (tous les ans, le 16 septembre, la municipalité organise une célébration commémorative au cimetière de la Chauvinière où sont enterrées la plupart des victimes). De plus, 700 habitations sont détruites et près de 3 000 sont inhabitables. Les Allemands quittent la ville le 12 août 1944, avant l'arrivée d'un détachement de la 3e armée américaine du général George Patton, commandé par général John Shirley Wood.
Le rôle de Nantes dans la Résistance est honoré par la croix de la Libération, décernée depuis Londres par Charles de Gaulle à l'annonce de l'action contre Karl Hotz en 1941. Il s'agit de l'une des cinq villes françaises avoir obtenu cette distinction.

La reconstruction de la ville est confiée à partir de 1945 à l'architecte Michel Roux-Spitz. Détruite partiellement, l'industrie nantaise souffrait également de vétusté pour les parties intactes. Ce n'est qu'en 1962 que l'activité maritime de la région nantaise a retrouvé son niveau de 1937. Le moteur de la reconstruction économique dans les années 1950 est la construction navale. Depuis 1881 ce secteur d'activité bénéficiait d'aides étatiques, sous une forme ou une autre. Entre 1953 et 1959, un tiers des rentrées d'argent des chantiers venaient de l'État. En 1955, en période de plein-emploi, les chantiers navals nantais connaissent de violentes et importantes grèvesM 5. Les ouvriers de la métallurgie et du bâtiment revendiquent des augmentations de salaire. Le 19 août, cours des 50 otages, un ouvrier maçon de vingt-quatre ans, Jean Rigollet, est tué d'une balle par un CRS.
En 1958, le Pont transbordeur est démonté, alors que l'époque est marquée par une forme de rejet du passé breton par les acteurs économiques et politiques. Par exemple Abel Durand, porte-parole des milieux économiques nantais, appréciait en 1922 cette « race […] endurante […]. Elle sait se contenter de salaires modestes ». Mais en 1956, le même rejette cette « région pauvre et sous-développée ». Principalement en raison d'intérêts économiques, Nantes devient capitale de la région nouvellement constituée des Pays de la Loire.
En 1960, la part des chantiers navals nantais est de 8 % contre 50 % (pour la basse-Loire) vingt ans plus tôt. L’État modifiant sa politique de subvention et face à la concurrence internationale, les chantiers commencent leur déclin. En 1968, Sud-Aviation à Bouguenais est le point de départ de la grève générale qui paralyse la France, sans doute un symptôme du malaise social qui frappe Nantes. Après la crise des années 1970, au milieu de restructurations qui voient les principales industries locales rachetées par de grands groupes internationaux, la ville subit ce que personne ne pouvait imaginer vingt ans auparavant, la fin de la construction navale à Nantes, en 1987


En 1985, Nantes est la première ville française à se doter d'un réseau de tramway moderne. Le TGV arrive lui en 1989. Le pont de Cheviré franchit la Loire en 1991. Entre 1990 et 1999, Nantes est la métropole française qui a connu la plus forte croissance. Elle est devenue la troisième place financière de France, après Paris et Lyon. Le MIN de Nantes est le second après Rungis, tandis que le port Nantes-Saint-Nazaire est le cinquième port autonome français après ceux de Marseille, Le Havre, Dunkerque et Calais. Parallèlement, renouvelé depuis la fin des années 1960, le mouvement revendiquant la « bretonnité » de Nantes s'installe : en 1994 l'Agence culturelle bretonne est créée par la mairie, en 2001 le conseil municipal reconnaît l'appartenance historique et culturelle de Nantes à la Bretagne, sans remettre en cause l'administration régionale existante. Cette acceptation du passé a permis également de faire reculer le refoulement existant sur la mémoire de la traite négrière. L'image de Nantes est véhiculée par son dynamisme culturel, avec la Mi-Carême, désormais baptisée « carnaval de Nantes » (incluant deux grands défilés en centre-ville), le Royal de luxe, le festival des Allumées, La Folle Journée, le Festival des 3 Continents, ainsi qu'une politique d'urbanisme alliant la rénovation et la mise en valeur du patrimoine à la création de quartiers modernes


Patrimoine architectural
Nantes appartient au réseau des Villes et pays d'art et d'histoire, animé par le ministère de la Culture et les collectivités territoriales, et qui rassemblent les villes soucieuses de préserver et de promouvoir leur patrimoine. Ainsi, en 1972, la ville a délimité un secteur sauvegardé compris entre le quai de la Fosse et les cours Saint-Pierre et Saint-André et incluant notamment le château, la cathédrale, le quartier du Bouffay, l'île Feydeau, la place Royale et le quartier Graslin. Avec 126 hectares, il est l'un des secteurs sauvegardés les plus importants de France. Par ailleurs, Nantes est riche d'un patrimoine statuaire important disséminé dans la ville ainsi que de quatre fontaines Wallace. Le maire, Jean-Marc Ayrault, souhaite faire inscrire la ville et l'estuaire de la Loire au patrimoine mondial de l'UNESCO
Le château des ducs de Bretagne est situé sur la rive droite de la Loire dans le centre-ville de Nantes. Il était la résidence principale des ducs de Bretagne du xiiie au xve siècle. C'est une forteresse constituée de sept tours reliées par des courtines. La cour possède plusieurs bâtiments datant des xve, xvie et xviiie siècles dont la résidence ducale construite en pierre de tuffeau
Le quartier médiéval du Bouffay, proche du château et de la cathédrale, à l'intérieur des limites de l'ancienne enceinte, date du xve siècle. Il abrite un ensemble de maisons aux façades à pans de bois, à colombages et à encorbellements, ou reconstruites en pierre au xviiie siècle dans le parcellaire médiéval
Les bâtiments datant du xviiie siècle, dont les architectes les plus notoires sont Jean-Baptiste Ceineray et Mathurin Crucy, se situent dans les quartiers du cœur de la ville. On y retrouve plusieurs places comme la place Graslin avec le théâtre ; la place Royale, dont la fontaine représentant la Loire et ses affluents, les sols, les façades et les éclairages ont été rénovés en 2007 ; la place du Commerce, la plus animée du centre-ville et la place Maréchal-Foch avec sa colonne servant de piédestal à l'une des rares statues de Louis XVI existant en France. Ces places sont reliées par de larges perspectives comme le cours Cambronne (place Graslin), ou les cours Saint-Pierre et Saint-André (place Maréchal-Foch). Ces quartiers regroupent aussi l'ancien palais de Justice, situé place Aristide-Briand et dessiné par Chenantais, l'hôtel de préfecture de la Loire-Atlantique (ancien siège de la chambre des comptes de Bretagne), le palais de la Bourse, et enfin l'île Feydeau (rue Kervégan, Temple du Goût, Cour ovale), urbanisée en un seul ensemble, comparable à l'île Saint-Louis à Paris. Le quai de la Fosse et les rues qui y descendent, où se trouvaient les maisons de filles à matelots, constituent l'ancien port de Nantes.
Inaugurée en 1976, la tour Bretagne domine la ville du haut de ses 144 mètres. La maison des Compagnons du Devoir au sud de la gare, est pourvue d'un clocher tors. L'immeuble CGA date des années 1930, et a reçu le label « Patrimoine du XXe siècle », tandis que le Blockhaus DY10 témoigne de la période d'occupation allemande lors de la Seconde Guerre mondiale. Jean Nouvel est l'architecte du palais de justice de Nantes sur l'île de Nantes.
Le comblement à partir de 1929 des bras nord de la Loire et de l'Erdre canalisée (devenue le cours des 50-Otages) a grandement transformé le caractère de la ville ancienne. Le château des Ducs, la place du Commerce, les façades de l'île Feydeau et du quai de la Fosse se trouvaient à l'origine le long des quais, au bord de l'eau. Une figuration de quais a été reconstruite le long de la face sud de l'île Feydeau (conçu par l'urbaniste Bruno Fortier).


Patrimoine religieux
La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, de style gothique, est située sur la place Saint-Pierre. L'édifice voit le jour sous l'impulsion du duc de Bretagne Jean V et de l'évêque Jean de Malestroit en 1434. Sa construction s'est déroulée jusqu'en 1891 (457 ans). Cette cathédrale fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1862.
La basilique Saint-Nicolas est l'un des premiers projets néogothiques de France datant du xixe siècle. L'édifice se situe dans le centre-ville de Nantes. Cette église est construite par Jean-Baptiste-Antoine Lassus. Érigée en basilique le 28 octobre 1882, elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1862.
L'église Notre-Dame-de-Bon-Port est construite en 1852 par les architectes Saint-Félix Seheult et Joseph-Fleury Chenantais. Elle est coiffée d'un dôme faisant référence à celui des Invalides de Paris. Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1975
Deux grandes mosquées ont été construites en 2009. La mosquée Arrahma de Nantes est située dans le nord de la ville. La mosquée dite mosquée des Turcs est située boulevard du Bâtonnier-Cholet.
Le temple de Nantes, lieu de culte protestant bâti place Édouard-Normand, inauguré en 1958, est conçu par l'architecte Victoire Durand-Gasselin. Il remplace un bâtiment plus ancien, construit en 1855 par Henri Driollet, et détruit par un bombardement lors de la Seconde Guerre mondiale.
L'église orthodoxe qui se situe boulevard de la Beaujoire porte le nom de Saint-Basile-et-Saint-Alexis.

Nantes a obtenu quatre fleurs avec distinction Grand Prix aux palmarès 2006 et 2007 du concours des villes et villages fleuris. Le Service des espaces verts et de l'environnement de la ville de Nantes (SEVE) recense 95 parcs, jardins, cours, places et squares sous sa responsabilité.
Créé en 1807 et ouvert au public en 1865, le Jardin des plantes de Nantes est conçu selon les critères en vogue au xixe siècle. La tradition de la mosaïculture y est maintenue, la décoration florale est agrémentée d'un grand nombre de cascades et pièces d'eau. On trouve dans ce parc de 73 280 m2, appelé officiellement jardin botanique, une collection d'épiphytes, une autre de cactées et succulentes, une présentation de la flore du Massif armoricain, une collection de camélias, et enfin le plus vieil arbre du jardin, le magnolia d'Hectot, planté en 1807 à l'âge de seize ans
Le jardin japonais de l'île de Versailles offre un paysage de rocailles, de cascades, de plans d'eau, entourés de bambous, cerisiers du Japon, rhododendrons, camélias et cyprès chauves.
Plus classique, le parc de Procé était à l'origine le domaine entourant un manoir bâti en 1789. Le patrimoine végétal du parc s'est peu à peu enrichi avec des rhododendrons, magnolias, fuchsias, dahlias et bruyères. Le parc héberge un des plus vieux tulipiers de Virginie (Liriodendron tulipifera) de France.
Le parc floral de la Beaujoire, créé à l'occasion des Floralies de 1971, contient une des plus grandes fontaines monumentales d'Europe. La partie nord est consacrée à l'horticulture, principalement axée sur la rose, à laquelle trente-et-un sites sont consacrés et permettent l'exposition de 25 000 rosiers de 1 500 espèces différentes.
La Petite Amazonie, seul site classé Natura 2000 en milieu urbain, est un marécage sauvage situé au nord du quartier Malakoff et au sud de la gare. Le site est interdit au public mais des visites guidées sont organisées par la Ligue pour la protection des oiseaux


Actuellement, la société d'économie mixte Nantes-métropole gestion équipements, sous l'enseigne Les 3 ports, gère trois zones principales d'accueil des bateaux de plaisance, dont une est à Nantes. Cette zone comprend deux sites en centre-ville : l'Erdre (bassin Ceineray et bassin Malakoff) et la Loire (ponton Belem et ponton des chantiers).
Le ponton Belem, installé en 2012 le long du quai de la Fosse (au pied du pont Anne-de-Bretagne), pour le trois-mâts barque Belem, est attenant au « ponton Anne-de-Bretagne » installé en 2009.
Le ponton des chantiers, installé en 2007 sur l'île de Nantes, au pied de la grue Titan jaune à l'extrémité ouest du parc des Chantiers.
Au sud-ouest de l'île de Nantes, le quai Président-Wilson est réservé en priorité aux navires à passagers. Il peut accueillir des paquebots ayant un tirant d'eau inférieur à 8 mètres et n'excédant pas 180 mètres. Toutefois, des « dérogations » sont obtenues jusqu'à 200 mètres. Cependant, ce quai n'est plus guère utilisé.
Dès avril 2015, la société CroisiEurope fait naviguer sur la Loire, un paquebot fluvial de croisière 90 mètres de long, le MS Loire Princesse, mue par une roue à aubes et comptant 48 cabines sur 3 ponts, construit aux Chantiers de l'Atlantique STX de Saint-Nazaire. Durant les 6 à 8 jours de navigation, il doit desservir successivement Nantes, Saint-Nazaire, Ancenis, Bouchemaine, Angers, avant de revenir sur Nantes




 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Ven 20 Nov - 09:02 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant

Saint-Nazaire est une commune de l'Ouest de la France, chef-lieu d'arrondissement du département de la Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire.
Sur le plan historique, Saint-Nazaire fait partie de la Bretagne et du Pays nantais, anciens territoires unis au Royaume de France en 1532 et démembrés lors de la Révolution française. La ville est la capitale de la construction navale en France, les chantiers de Saint-Nazaire sont l'un des six sites au monde à construire des grands navires de plus de 300 mètres.
Sur le plan géographique, Saint-Nazaire est située dans le massif armoricain, au nord de l'estuaire de la Loire.
 La commune de Saint-Nazaire est située sur la rive droite de l'estuaire de la Loire (son territoire incluant la pointe de Chémoulin qui marque la fin de l'estuaire), à 50 km à l'ouest de Nantes. Elle se trouve à proximité des marais de la Brière, important parc naturel régional regroupant de nombreuses espèces animales et végétales, la deuxième plus grande zone humide de France après la Camargue.


La partie est de la commune se trouve sur les terrains alluviaux situés entre la Brière et l'estuaire de la Loire. La partie ouest, plus étendue, correspond au prolongement du coteau de Guérande : le relief est vallonné et d'altitude plus élevée, où l'on trouve un socle granitique et métamorphique.
Le changement a lieu de façon assez brusque le long d'une ligne reliant la pointe de Ville-ès-Martin au lieu-dit La Belle Hautière, où l'on atteint les marais de Brière.
À l'est de cette ligne, l'altitude est en général de seulement 2 m, à l'exception de quelques hauteurs (Prézégat à Saint-Nazaire, Butte de Savine, Trefféac à Trignac). Cette zone inclut toutes les installations portuaires, le centre-ville (mairie, sous-préfecture, marché) et les plages centrales (Petit Traict et Grand Traict).
À l'ouest de cette ligne, l'altitude varie entre 10 m et 45 m (au lieu-dit Les Six Chemins), en général entre 20 m et 35 m. Dans cette partie, on trouve l'ouest du centre-ville (quartiers de l'hôpital, de la Bouletterie, de l'université) ; les agglomérations secondaires de l'Immaculée et de Saint-Marc-sur-Mer ; les secteurs ruraux de Saint-Nazaire.
La commune a un littoral assez étendu, juste un peu au-delà de la pointe de Chémoulin à l'ouest.
À l'ouest de la pointe de Ville-ès-Martin, il s'agit d'une côte de falaises rocheuses que l'on peut, en général, suivre sur le sentier des douaniers (GR 34), avec plusieurs plages, comme celles de Villès-Martin, de Porcé, et surtout celles qui entourent la station balnéaire de Saint-Marc-sur-Mer.

L’origine du nom viendrait du fait qu’une basilique abritant les reliques de Nazaire, martyr du ier siècle décapité à Milan sous Néron y aurait été édifiée selon Grégoire de Tours.
D'après Jacques de Voragine (vers 1228-1298), Nazaire vient du mot Nazaréen, qui signifie pur, consacré.
Durant la Révolution, la commune porte le nom de Port-Nazaire.
Son nom breton est Sant Nazer en breton moderne. Señ Neñseir dans le dialecte breton de la Loire-Atlantique, voir Breton de Batz-sur-Mer. Son nom en gallo est Saint-Nazère ou Saint-Nazaer.
Ses habitants sont appelés les Nazairiens
Un aspect important de l'histoire de Saint-Nazaire est que jusqu'au xixe siècle, il s'agit d'un site rural et maritime modeste. La grande ville à l'ouest de la Brière est Guérande, dès le Moyen Âge, et le port du Croisic s'est développé bien avant celui de Saint-Nazaire. La création du port et de la ville modernes en quelques décennies à la fin du xixe siècle a représenté un changement majeur à l'échelle non seulement locale, mais régionale.


Le site de Saint-Nazaire est habité au moins depuis l'époque néolithique, comme le prouve la présence de constructions mégalithiques, comme le tumulus de Dissignac ou le dolmen situé au cœur de la ville actuelle. Des vestiges de l'époque néolithique et de l'âge du bronze ont été retrouvés dans l'anse de la Ville-Halluard ou au xixe siècle lors de la construction du premier bassin portuaire de Penhoët. Le village se trouve alors sur les terres en bordure de Loire (Voir aussi : dolmen des Trois Pierres) sur une zone difficile à apprécier aujourd'hui, en raison de l'extension de la ville de Saint-Nazaire et le manque de recherches archéologiques modernes, zone allant du bassin de Penhoët au débouché du Brivet.
Outre les mégalithes sus-nommés et facilement accessibles au public, d'autres mégalithes sont encore existant dans la commune, comme le pseudo cromlech du Pez (ou Pé sur les cartes IGN), (en fait il s'agit d'un dolmen dont les orthostats de la chambre forment un cercle approximatif, il était encore inclus au début du xixe siècle dans un tumulus avec plusieurs structures mégalithiques, probablement comparable à l'ensemble mégalithique de Dissignac), le menhir de la pierre blanche dans les marais en limite de commune sur Trignac, ou le tumulus de la Jacquerie dans les marais de Brière.
Des traces plus anciennes sont connues, au niveau de la limite entre Pornichet et Saint Nazaire par exemple, elles sont datées du Magdalénien au mésolithique à microlithes.
Saint-Nazaire est une des localisations proposées pour l'antique cité de Corbilo, qui aurait été, au iie siècle av. J.-C., la plus grande ville gauloise du littoral atlantique. Le nom de Corbilo est mentionné au iie siècle av. J.-C., par l'historien grec Polybe comme le plus grand port gaulois après Marseille (Massilia), ainsi que par Pline l'Ancien. Lors de la création du bassin à flot de Penhoet au xixe siècle, une épaisse stratigraphie riche en vestiges archéologiques a été décrite par l'ingénieur en chef des travaux sur l'emplacement de l'ancien débouché du Brivet. Toutefois, faute de données récentes et du fait de la dispersion d'une grande partie des objets récoltés dans des collections privées, ce qui empêche toute étude et datation scientifique, l'assimilation de Corbilo à Saint-Nazaire reste hypothétique. D'autres sites dans l'estuaire de la Loire sont aussi proposés : Corsept, Besné notamment.
Au moment de la conquête de la Gaule par César, au ier siècle av. J.-C., le site de Saint-Nazaire fait probablement partie du territoire du peuple gaulois des Namnètes ; la délimitation précise entre les Vénètes et les Namnètes est cependant peu assurée en ce qui concerne la presqu'île guérandaise.


D'après le chroniqueur Alain Bouchart (xve siècle), faisant mention des origines légendaires des Bretons, c'est vers Saint-Nazaire que se dirigea Brutus, l'ancêtre mythique des Bretons, pour prendre pied sur sa nouvelle patrie. À la fin de l'Empire romain, à la suite de la grave crise du iiie siècle, les bretons d'Outre-Manche (province de Bretagne) s'installent en Armorique, et donc dans la presqu'île guérandaise, le but étant de repeupler (feoderati) et de protéger les côtes contre les attaques barbares (tractus armoricanus). Les Gaulois et les Bretons parlant la même langue (gallo-brittonique), l'intégration se passe sans difficulté. L'Armorique devient la Bretagne, et grâce aux Bretons les barbares francs ne pourront pas s'emparer de l'Armorique. L'extension maximale de la langue bretonne sur la Loire se trouve un peu à l'est de Saint-Nazaire (Donges, raffinerie pétrolière aujourd'hui).
Au vie siècle, un texte de Grégoire de Tours fait mention d'une basilique abritant les reliques du martyr Nazarius. En cette basilique, un baudrier d'or en offrande était exposé. Il aurait suscité la convoitise du chef breton Waroc'h II, qui fit envoyer un émissaire pour s'en emparer. Celui-ci se fracassa le crâne sur le linteau de la porte. Par ce miracle, Waroc'h, effrayé, combla l'église de dons. Le village prit le nom de Sanctus Nazarius de Sinuario.
L'histoire de Saint-Nazaire est ensuite plus discrète. Elle connut des affrontements, comme celui de 1380, où Jehan d'Ust défendit la ville au nom du duc Jean IV contre la flotte castillane, lors de la guerre de Cent Ans. Le bourg était le chef-lieu d'une paroisse qui allait de Penhoët à Pornichet, siège d'une châtellenie de la vicomté de Donges.
La seigneurie de Saint-Nazaire, fut un démembrement de la vicomté de Donges. Elle fut créée à l'origine du xve siècle, en faveur de Marguerite de Rieux, fille du vicomte de Donges, lorsqu'elle épousa Charles de Coësmes, seigneur de Lucé.
Saint-Nazaire fit partie, comme l'ensemble de la Bretagne, du royaume breton, puis du duché de Bretagne jusqu'en 1532, année d'annexion à la France.
En 1624, la ville fut menacée par les calvinistes.
En 1756, un fort fut construit sur l'ordre du duc d'Aiguillon pour protéger le littoral. Le bourg comptait alors 600 habitants.
Jusqu'à la Révolution française, Saint-Nazaire fit partie de la province de Bretagne.


Au début du xixe siècle, le port n'est encore qu'un havre. Contrairement à ce qui est affirmé un peu partout aujourd'hui, l'économie n'est pas fondée sur la pêche : Saint-Nazaire est essentiellement un port de lamaneurs et de pilotes de Loire, qui guident les bateaux de commerce dans l'estuaire.
En 1802, on décide de construire une chaussée sur le Portereau, un phare, un môle, des bassins et des cales de constructions. Le môle, après une longue attente, s'édifia de 1828 à 1835. La ville est construite sur l'emplacement actuel du quartier du « Petit Maroc ».
Saint Nazaire a pendant longtemps été un petit port puis le terminus d'une ligne de ferry vapeur (pyroscaphe) qui menait jusqu'à Nantes. Au milieu du xixe siècle, la paroisse de Saint-Nazaire qui inclut le territoire actuel de Pornichet, ne compte que 3 216 habitants.
Un nouveau Saint-Nazaire est créé sous le règne Napoléon III, comme port avancé de Nantes sur la Loire, profitant de trêves dans les guerres qui empêchaient jusque-là son évolution. Les navires de gros tonnage ne pouvant plus remonter jusqu'à Nantes, on en fit un port de substitution.
En 1856, le premier bassin, celui de Saint-Nazaire, est creusé par le remblaiement de l'anse de la Ville Halluard. Cette darse permettait aux navires de s’amarrer et de faire demi-tour.
En 1857, la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans relie Saint-Nazaire à Nantes.
En 1862, datent l'installation des lignes postales transatlantiques vers l'Amérique centrale et l'ouverture des premiers chantiers navals amorçant l'industrialisation de la ville et la modernise ses installations portuaires notamment avec les chantiers Scott. En 1865, le quartier de Méan situé à proximité des chantiers de Penhoët est détaché de la commune de Montoir-de-Bretagne pour intégrer celle de Saint-Nazaire. C'est le premier chantier naval français à lancer des navires modernes avec des coques en métal. En 1866, les chantiers Scott font faillite.
En 1868, Saint-Nazaire devient sous-préfecture à la place de Savenay, son arrondissement ne cessera alors de prendre de l'importance.
En 1879 fondation de la Chambre de commerce de Saint-Nazaire.
En 1881, l'inauguration du second bassin, celui de Penhoët, permet l'escale d'un nombre de navires plus important. Il assure avec son équipe la formation de la main d’œuvre du chantier nazairien. Ce trafic est alors régit par la convention postale qui prévoit que les navires exploités par le concessionnaire de la ligne doivent être construits pour moitié en France. Une écluse d'accès est aussi construite. Le vieux Saint-Nazaire, est ainsi coupé par cette écluse, créant ainsi une île artificielle appelée petit Maroc.
Durant cette période, la population de Saint-Nazaire connaît une croissance considérable, ce qui lui vaut le surnom de « petite Californie bretonne », en allusion à la ruée vers l'or en Californie, ou encore de « Liverpool de l'ouest » ; l'apport de population fut principalement local : (Brière), Basse-Bretagne (du Morbihan au Finistère-sud), et secondairement d'autres régions françaises.

Saint-Nazaire va ensuite connaître un épisode fondateur de son identité de Ville rouge : la grève des Forges de Trignac en 1894 (situées à l'époque sur la commune de Montoir-de-Bretagne, aujourd'hui commune de Trignac), qui a un retentissement national. Elle démarre en opposition à une réduction d'effectifs dans les ateliers de puddlage. Aussitôt, le 30 mars, les ouvriers se mettent en grève à une écrasante majorité. La grève, de peu d'importance, semble devoir être brève. Mais elle fait suite à d'autres évènements (la fusillade de Fourmies). Les socialistes affluent, défendent les grévistes arrêtés, organisent un battage médiatique important. La grève leur sert de porte-voix au plan national. C'est une démonstration de force, qui toutefois n'amènera ni généralisation du conflit ni avancée sociale.
Première Guerre mondiale
La ville est le plus important port de débarquement des troupes américaines. C'est à Saint-Nazaire que débarquent les premiers contingents de soldats. L'installation de ces nouveaux combattants imposa d'importants travaux et aménagements dans la région, en particulier plusieurs étangs sur la commune de l'Immaculée, au nord-ouest de la ville, afin de constituer des réserves suffisantes d'eau potable. Sur le port, un entrepôt frigorifique, l'un des premiers en France, fut édifié (il existe toujours).

Entre-deux-guerres
En 1926, la suppression de l'arrondissement de Paimbœuf au profit de celui de Saint-Nazaire, augmente encore l'influence administrative de la ville au sud de l'estuaire de la Loire.
La construction aéronautique fait son apparition dès 1922 sur le site des chantiers navals qui, pour diversifier sa production, construit des hydravions. En 1936, l'entreprise est nationalisée, et les programmes militaires assurent le développement de l'activité.
Entre 1931 et 1932, la forme-écluse Joubert est réalisée, transformation nécessaire pour pouvoir accueillir la construction du nouveau fleuron de la Compagnie générale transatlantique, le paquebot Normandie.
En 1932, le casino de Saint-Nazaire en faillite est revendu à l’évêché de Nantes, qui le rase en partie et construit une école privée.
En 1935, la première partie de l’actuelle école Saint-Louis est construite à la place du casino.
En juin 1936, la grève générale affecte grandement la ville, les chantiers navals sont paralysés.
sans la surcharge
Seconde Guerre mondiale
En 1940,après l’évacuation en juin des forces alliées lors de l’opération Ariel, marquée par la tragédie du RMS Lancastria, le port est rapidement occupé par des unités de la Kriegsmarine. En décembre, les ingénieurs de l'Organisation Todt inspectent le port et ses installations. Le site de l'ancienne darse de retournement des paquebots de la Compagnie générale transatlantique est retenu pour la construction d'un abri pour sous-marin, UBB pour les allemands, c'est-à-dire U-Boot Bunker. Les trois premiers alvéoles sont inaugurés au mois de juin 1941 après à peine quatre mois de travaux, par l'amiral Dönitz en personne. L'abri sera sans cesse agrandi pour atteindre quatorze alvéoles en 1943. Le toit, de trois mètres soixante d'épaisseur au départ, sera lui aussi renforcé par une seconde dalle d'une trentaine de centimètres d'un béton très dur contenant des granulats de granit. Puis une troisième dalle d'un mètre soixante dix en moyenne couvrira une majorité du toit sauf à l'arrière de la base et sur les alvéoles numérotés 12, 13 et 14 où les travaux étaient en cours au mois de juin 1944. L'importance stratégique de la base amène les allemands à fortifier les abords de la ville, tant du côté terrestre (aidés au nord par la présence de la Brière, vaste étendue de marais) que sur la côte. L'estuaire de la Loire coupe en deux parties le secteur de défense. De nombreuses et performantes batteries de DCA, la Flak assurent, en cercles concentriques, la défense contre les raids aériens. De nombreux points de résistance sont établis tout au long de la côte.

Devant l'impossibilité de détruire la base, les Alliés décident de « rendre impossible » la vie aux Allemands en détruisant la ville et toutes les infrastructures civiles ou militaires. Des raids de destruction massive tant de jour que de nuit vont anéantir la ville à plus de 80 %. Ces bombardements feront de nombreuses victimes civiles, mais ne gêneront pas l'occupant qui a rapatrié sur La Baule la majorité de ses services et hébergements. En 1943, la ville de Saint-Nazaire est évacuée après de nouveaux raids meurtriers.
En mars 1942, l'Opération Chariot permit à un commando britannique d'endommager la forme Joubert de manière à empêcher les cuirassés allemands de pouvoir y être réparés. La porte-écluse fermant le bassin est détruite pendant le raid - par l'explosion du HMS Campbeltown - et ne sera réparée qu'après la guerre. Cette annee verra 19 bombardements, avec 389 victimes civiles
1943 connait neuf bombardements dont les 28 février (bombes explosives et incendiaires créant 600 foyers d’incendies) et 29 mai, qui détruiront notamment l’hôtel de ville, avec 60% des habitations et des commerces détruits et 20% inutilisables. Lors des semaines qui suivirent le Débarquement de Normandie, la concentration de troupes allemandes dans la région fut telle que les Alliés créèrent un front, laissant les troupes allemandes et les populations civiles dans la Poche de Saint-Nazaire. Celle-ci ne fut libérée que trois jours après la capitulation nazie, soit le 11 mai 1945. Ainsi, Saint-Nazaire est la dernière ville libérée en Europe


Saint-Nazaire fut reconstruite sur l'axe de l'avenue de la République en tournant le dos à la mer.
Ce passé de guerre, et surtout de reconstruction est encore largement visible le long des plages, avec ces bunkers témoins des batailles passées, et contrairement à ce qui est affirmé, elle ne doit pas son urbanisme à rues perpendiculaires à la reconstruction mais à la première création de la ville nouvelle (xixe siècle), et des éléments intéressants comme les étangs du Parc paysager ou de l'Immaculée (ce sont les Américains qui le créèrent pendant la guerre 14-18), qui furent creusés pour répondre aux besoins en eau de la ville. (voir Première Guerre mondiale). La reconstruction de la ville fut assurée dès 1943 par l'architecte Prix de Rome Noël Le Maresquier.
Depuis peu, la municipalité essaie de recentrer la ville vers le port, avec notamment le réaménagement des abords de la base sous-marine qui accueillent à présent des équipements de loisirs avec par exemple le multiplexe Cinéville, des commerces avec notamment le centre commercial Ruban Bleu ainsi que plusieurs musées (Escal'Atlantic sur l'histoire des paquebots, l'Écomusée ou encore le sous-marin Espadon). L'ensemble forme un projet urbain dénommé « Ville-port » et qui a pour vocation de devenir une extension d'un centre-ville. Le projet laisse également une place importante à la construction de programmes neufs de logements. Enfin, l'ancienne Gare de voyageurs délaissée après-guerre a subi une importante rénovation afin d'accueillir le nouveau théâtre « Le fanal ». C'est d'ailleurs l'ensemble du secteur proche de l'ancienne gare qui sera amené à l'avenir à subir de nouvelles transformations (quartier d'affaires).
Ce quartier attire aujourd'hui plus d'un million de visiteurs chaque année. Le centre-commercial Ruban-Bleu a accueilli quant à lui 1,5 million de visiteurs en 6 mois, 3 millions y sont attendus par an.

Un des événements marquants de l'après-guerre est la grève des chantiers navals en 1955, décrite par Louis Oury dans son livre Les Prolos (1973) ; cette grève précède de peu celle des chantiers navals de Nantes.
Le conflit commence à la fin de 1954 lorsque la direction impose aux soudeurs le système du paiement au boni : principe selon lequel à une tâche donnée, est affectée un temps minimum d'indice 100 et un temps maximum d'indice 150. Si l'équipe utilise le temps maximum (ou plus), elle touche le salaire de base (indice 100) ; si elle utilise le temps minimum, elle touche un salaire d'indice 150 : le boni est dans ce cas de 50 (le maximum possible). Ce système peut se concevoir dans un chantier naval où il n'y a pas de travail à la chaîne. Le problème, c'est que le salaire de base est insuffisant et que les temps sont calculés de façon arbitraire. Jusqu'en 1954, les soudeurs touchent le boni moyen de l'atelier où ils travaillent, ce qui est logique puisqu'ils interviennent à la demande des autres ouvriers.
Le changement de statut des soudeurs, ajouté à la faiblesse générale des salaires et notamment à l'écart par rapport aux salaires dans la métallurgie parisienne, va provoquer un mouvement de grèves larvées, avec arrêts de travail de courte durée en rotation entre les différents corps de métier, ce qui désorganise la production de façon anarchique (du point de vue de la direction). Les trois syndicats : la CGT, la CGT-FO et la CFTC sont en revanche dans une phase d'unité d'action, dans la lutte et dans la négociation, ce qui renforce le mouvement.
Après cette longue période de grèves larvées, la situation devient très tendue au cours de l'été et le 1er août 1955 une véritable bataille a lieu entre ouvriers et forces de l'ordre dans l'atelier des chaudières de Penhoët puis sur le terre-plein de Penhoët ; malgré la violence du combat, il n'y a pas de mort, contrairement à Nantes (cf. le film de Jacques Demy, Une chambre en ville). À la suite de cet événement spectaculaire, les positions patronales se trouvent très affaiblies et les négociations aboutissent à une augmentation des salaires de 22 %.





 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Sam 21 Nov - 07:34 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant

La Baule-Escoublac est une commune française située dans le département de la Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire.
Station balnéaire de la Côte d'Amour, elle est réputée pour sa longue plage située au fond de la baie du Pouliguen, son casino et ses palaces en bord de mer. Avec une population estimée à environ 16 000 habitants, la population estivale peut atteindre 150 000 habitants.
La commune doit son essor au développement du tourisme à la fin du xixe siècle. Bénéficiant d'une forêt de pins plantée dès 1840 pour enrayer l'avancée des dunes, la ville voit d'abord s'implanter des familles aisées qui font construire de belles villas le long de la plage. Après avoir connu un âge d'or durant les Années folles, la ville subit le contrecoup de la crise économique des années 1930 puis de la Seconde Guerre mondiale. Elle retrouve de la vigueur dans les années 1960, entraînant une nouvelle forme d'urbanisation, son économie étant toujours basée sur le tourisme. Elle est un lieu de villégiature privilégié des élites parisiennes.

La Baule-Escoublac se situe sur la côte atlantique à 77 kilomètres à l'ouest de Nantes. La ville est implantée dans la baie du Pouliguen et en presqu'île guérandaise.
Jusqu'en 1900, Escoublac s'étendait à l'est jusqu'à l'étier de Pornichet, situé à l'emplacement de l'actuel boulevard de la République à Pornichet, où elle était limitrophe de Saint-Nazaire ; lors de la création de la commune de Pornichet, celle-ci a reçu 97 hectares du territoire d'Escoublac, soit la portion de la plage jusqu'au pont de Mazy (supprimé depuis) et quelques dizaines de mètres en arrière, qui forment le quartier du Mazy.
À l'ouest, elle est limitée par le grand étier du Pouliguen qui relie les marais salants de Guérande à l'océan Atlantique et qui, tout en servant de limite avec la commune du Pouliguen abrite le port des deux cités.
La commune est située sur une zone littorale sablonneuse comportant des dunes conséquentes (localement appelées falaises jusqu'au xixe siècle) et sur le sillon de Guérande.

La dune du Guézy s'élève derrière celle de Mazy jusqu'à une altitude de 25 mètres et se raccorde au sillon de Guérande vers la route de Nérac.
La dune de la forêt d'Escoublac est plus éloignée du rivage et atteint l'altitude de 54 mètres, point culminant de la commune. C'est cette dune qui à la fin du xviiie siècle a submergé l'ancien village d'Escoublac, ainsi qu'une partie du sillon de Guérande (jusqu'à la route de la Jo). À l'est, la forêt d'Escoublac surplombe de plusieurs mètres les maisons de la Ville-Halgand.
Entre ces deux dunes coule le ruisseau de Mazy, qui, sur le littoral, marque la limite entre La Baule et Pornichet ; il est recouvert dans son cours inférieur (avenue de Lyon) et débouche sur la plage par une grosse buse. Auparavant, le ruisseau était franchi par le pont de Mazy.
Le sillon de Guérande
C'est un plateau ondulé dont l'altitude varie entre 10 mètres (vers Côtres) et 44 mètres (à l'ouest), en général, entre 25 et 40 mètres
La plage, que la ville partage avec les communes du Pouliguen et de Pornichet, mesure plus de huit kilomètres et considérée par beaucoup comme « l'une des plus belles plages d'Europe ». Elle borde les quartiers de La Baule-les-Pins, La Baule-Centre et Casino-Benoît. Près du Pouliguen, la plage Benoît est réputée pour son sable blanc très fin. Son estran recèle de grandes quantités de coques.

Le nom de la localité est attesté en 1050 sous la forme latinisée de Scublaco, Escoplac en 1073 et Escoublac dès 1287. Elle prend ensuite le nom d'Escoublac-La Baule jusqu'au 13 novembre 1961, date à laquelle elle devient, à une courte majorité du conseil municipal, La Baule-Escoublac. La décision est entérinée par le décret du 10 mai 1962. La Baule était depuis longtemps la dénomination usuelle de la station balnéaire.
La Baule-Escoublac possède un nom en breton Ar Baol-Skoubleg, et en gallo, la langue d'oïl locale : La Baull-Escóblac (écriture ELG)
Il s'agit d'une formation toponymique gauloise en -acum, dont le premier élément Scubl- / Escopl- représente le nom de personne gaulois Scopilus.
L'étymologie « Ecclesia Episcopi Lacus quam lingua britannica Escoplac uocant » c'est-à-dire « l'église du lac de l'évêque, qu'en langue bretonne on appelle Escoplac » est une fantaisie de clerc. Cependant, il est probable que le toponyme ait été compris Escop-lac par les Bretonnants. Cette étymologie populaire n'est pas reprise dans le nom breton moderne de la commune Skoubleg qui renvoie directement au nom gaulois (le suffixe -acum < gaulois -acon, tout comme le suffixe vieux breton -oc > breton -ec > -eg, remontent tous deux au celtique commun *-āko-).
Homonymie avec Écublé (Eure-et-Loir, Escublé vers 1250) et Écublei (Orne, Escublaio au xie siècle, Scublacum, sans date). L'évolution d’Escoublac aurait dû se faire également en *Écublé, mais la langue bretonne a influencé la transformation phonétique qui s'est différenciée de l'évolution romane régulière.
En ce qui concerne La Baule : Il s'agit d'un appellatif sans doute roman qui se retrouve dans Baule Escoublac(Loiret, Boola 1139) et peut-être dans les types toponymiques la Baulée, les Baulées qui désignent des « endroits où le vent hurle ». Le nom breton moderne La Baull reprend le nom roman. Une bôle désigne, en breton guérandais, un rivage marécageux, recouvert lors des grandes marées, comparable aux anciens prés salés du Mont-Saint-Michel. À l'origine, la Bôle était un lieu-dit sur le littoral, au droit d'Escoublac.
Les cadastres du xixe siècle mentionnent la caserne de la Baule Escoublac , poste de garde des douaniers, qui est devenue aujourd'hui le Service des Pensions de l'Education nationale (jouxtant le poste de Police). Au commencement de l'activité balnéaire, la station est appelée la Bôle (prospectus publicitaire de 1883), mais dès 1882, la Compagnie d'Orléans opte pour l'orthographe la Baule pour nommer la gare. Cette orthographe officielle s'impose rapidement au détriment de l'orthographe locale

L'histoire de La Baule-Escoublac commence à Escoublac. Certains érudits ont affirmé que la bataille navale opposant les Vénètes aux Romains en l'an 54 avant Jésus-Christ a eu lieu à l'emplacement des actuels marais salants de Guérande. Quoiqu'encore relayée par des plaquettes touristiques et certains guides, cette affirmation est infondée, comme l'ont montré les études du sous-sol de la baie de La Baule-Escoublac et des marais de Guérande. En effet, à cette époque les tombolos du Pouliguen et de Penbron (à La Turballe) étaient formés, et la lagune était trop exiguë pour y faire entrer une flotte en manœuvre, comme celle décrite par César dans la Guerre des Gaules, surtout à marée basse, puisque l'estran était à découvert.
Les dunes sont apparues postérieurement à l'époque antique. Elles ont envahi les anciens marais côtiers, en progressant d'ouest en est, atteignant à la fin du xviiie siècle l'ancien village d'Escoublac.
En 1050, l'évêque de Nantes fait appel à des moines de l'abbaye de Saint-Florent-le-Vieil pour assister la population d'Escoublac et fonder un prieuré, avec cette clause : « que les religieux devraient pourvoir de bénéfices les quatre fils du recteur », ce qu'ils ne firent jamais. Sous l'épiscopat de Quiriacus, une charte établie à Chantenay, datée de 1073, confirme cette disposition. Les moines construisent alors un petit monastère placé sous le vocable de Saint-Pierre et une église. De 1148 à 1184, Escoublac donne deux évêques successifs à Nantes : Bernard (évêque de 1148 à 1169) et son neveu Robert, évêque de 1170 à 1184

Liste des seigneurs d'Escoublac
Auffroy d'Escoublac en 1070.
Robert de Lesnerac en 1388.
Maison de Goyon dont :
Jehan de Goyon, sieur de Matignon en 1400.
puis son frère Lancelot de Goyon en 1423, prisonnier des Anglais, le duc Jean V de Bretagne, demande à Pierre de l'Hopital de racheter Escoublac pour 1800 écus d'or, pour payer la rançon.
Famille de L'Hopital de 1433 à 1553 dont :
Pierre de l'Hopital en 1433.
François de l'Hopital en 1470.
Poncet de l'Hospital.
Christophe de l'Hospital
Gilles de l'Hospital en 1500 qui échange Escoublac contre la terre de la Seilleraie en Carquefou appartenant à son cousin Poncet du Dreizeuc.
Famille du Dreizeuc dont :
Poncet du Dreizeuc, seigneur de Lesnerac.
Jean Du Dreiseuc en 1560.
Bonaventure du Dreiseuc en 1575.
Françoise du Dreiseuc en 1580.
Famille Le Pennec par mariage de Françoise du Dreiseuc avec Gédéon Le Pennec, seigneur du Boisjolan dont :
Gabriel Le Pennec en 1624.
Jacques Le Pennec en 1651.
Charles Le Pennec en 1690.
Claude-Laurent Le Pennec en 1742.
Jacques Alain Le Pennec, frère du précédent en 1749.
Famille de Sesmaisons, par mariage entre Julie Le Pennec et Charles Sesmaisons.
Claude François de Sesmaisons en 1755.
Claude François Donatien de Sesmaisons en 1779.

Au cours du xviiie siècle, le village d'Escoublac subit un phénomène d'avancée dunaire qui amène son ensevelissement et la construction en 1779 d'un nouveau village un kilomètre plus au nord sur la route de Guérande
Le début du xixe siècle est caractérisé par des efforts de fixation des dunes. En 1810 un décret impérial du 14 décembre 1810 impose la « fixation » des dunes dans tous les départements du litoral. Entre 1815 et 1834, le comte de Sesmaisons, propriétaire du château de Lesnérac, se charge d'une opération de fixation, mais celle-ci ayant échoué, il abandonne le secteur et revend le château, alors que seulement un hectare d'arbres a été planté. Les acquéreurs se succèdent : les frères Benoît, le comte de Monti, Desbois ou Bonhomme-Colin, mais aucun ne parvient à maîtriser l'avancée des sables. La fixation est menée à bien vers le milieu du siècle par la Société des dunes d'Escoublac d'Yves Berthault. Du point de vue touristique, la baie d'Escoublac est encore inutilisée, alors que les stations de Pornichet (Saint-Nazaire) et du Pouliguen ont commencé leur essor.
Ce n'est qu'après la construction de la ligne de chemin de fer de Saint-Nazaire au Croisic que le potentiel touristique de ce littoral apparaît. La construction a été difficile : au départ, elle est menée par la Compagnie du Crédit parisien, puis par la société Hennecart et Cie. Jules-Joseph Hennecart, qui s'est, sur les conseils de son agent de change Édouard Darlu, porté acquéreur de la Compagnie du chemin de fer de Saint-Nazaire au Croisic alors en faillite, achève la construction de la ligne pour le compte du réseau de l'État, la Compagnie de l'État ayant racheté la ligne en 1877 ; l'entrée en service a lieu le 11 mai 1879. Par la suite, la ligne passera sous le contrôle de la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans en 1883

Dès avant l'inauguration, Jules Joseph Hennecart achète quarante hectares de dunes à la Société des dunes d'Escoublac. Il confie son développement à un architecte nantais, Georges Lafont. Ce dernier trace une allée sablonneuse qui reçoit le nom d'avenue de la Gare (aujourd'hui avenue du Général-de-Gaulle). Il construit également une chapelle connue depuis 1981 sous le nom de chapelle Sainte-Anne. L'architecte Georges Lafont construira par la suite plus de deux cent cinquante villas et participera ainsi au développement de la station.
D'autres lotissements ont lieu dans les années 1880-90 : celui de la société Benoît Frères (plage Benoît) est au départ considéré comme une extension du Pouliguen (Grande plage du Pouliguen) ; un bac est mis en place en 1884 à travers l'étier ; celui de la Société des Instituts marins débute en 1893. Entre La Baule et Pornichet, un orphelinat Sainte Marie-Madeleine est installé à Mazy depuis 1878.
À partir de 1887, une ligne Decauville mène de l'étier du Pouliguen à l'avenue de la Gare ; elle est prolongée jusqu'à Pornichet en 1895
Dans les années 1920, Louis Lajarrige homme d'affaires parisien, remporte un gros succès avec son lotissement du Bois d'Amour à La Baule-les-Pins. Il s'entend avec la Compagnie d'Orléans pour déplacer la voie ferrée alors installée en bord de plage ce qui gêne l'accès aux bains de mer. Le 17 juillet 1927, les nouvelles gares de La Baule-les-Pins et de La Baule-Escoublac sont inaugurées. L'ancienne gare fait place au square de la place de la Victoire. Le bâtiment est toujours visible à côté du kiosque à musique.
En 1942, 32 hommes, femmes et enfants juifs (dont le plus jeune avait 3 ans) ont été déportés de La Baule Escoublac à Auschwitz par les Allemands (aidés par la police nationale).
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, à cause de l'existence de la Poche de Saint-Nazaire, l'occupation allemande se prolongea à La Baule Escoublac comme sur l'ensemble des localités voisines de l'estuaire durant 9 mois de plus (d'août 1944 au 11 mai 1945), la reddition effective de la poche intervenant 3 jours après la capitulation de l'Allemagne.
En 1986, l'électrification de la voie ferrée jusqu'au Croisic est réalisée. À partir du 24 septembre 1989, le TGV Atlantique permet de relier La Baule à Paris en moins de trois heures.

 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Lun 23 Nov - 08:17 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant

Saint-Brevin-les-Pins (Saint-Brévin-les-Pins entre 1900 et 1951) est une commune de l'Ouest de la France, située dans le département de la Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire.
La commune fait partie de la Bretagne historique, dans le pays traditionnel du pays de Retz et dans le pays historique du Pays nantais.
La commune se situe à l'embouchure de la Loire, sur la rive opposée de Saint-Nazaire, ville dont le développement de Saint-Brevin dépend. Son littoral est composé de plages de sable. Petit village de pêcheurs et d'agriculteurs, Saint-Brevin a connu à partir du xvie siècle des problèmes d'ensablement et d'érosion dus aux tempêtes. Son extrémité nord-ouest, en raison de sa position stratégique à l'entrée de la Loire, a été fortifiée par Vauban. Au xixe siècle, la plantation d'une forêt de pins pour fixer les dunes a entraîné la métamorphose de la commune en station balnéaire. Son développement est arrêté par la Seconde Guerre mondiale durant laquelle elle subit des dommages. En 1975, la construction du pont de Saint-Nazaire reliant les deux rives de l'estuaire accélère le développement de la commune. Le tourisme est la base de l'activité économique de la ville.


Saint-Brevin se situe dans le domaine géologique sud-armoricain. Le littoral, à l'ouest et au nord, et la vallée du Boivre sont de constitution récente (quaternaire). Le reste du territoire de la commune est un socle ancien de roches sédimentaires formées 390 à 300 millions d'années avant l'ère actuelle au sud-est et au Protérozoïque ou au début du Paléozoïque au centre du territoire de la commune
Le sol de la commune est relativement plat. Le littoral recèle deux éperons rocheux : Mindin au nord et le Pointeau à l'ouest.
Au nord, la commune est longée par la Loire. À l'est, le Franchais est la limite commune avec Corsept. Au sud, le Bréneau, quasiment asséché au xxie siècle, sert de frontière avec la commune de Saint-Michel-Chef-Chef. Coulent également à Saint-Brevin : le Bodon (sud-nord), la Grande Courance et la Petite Courance (est-ouest) et le Boivre, autrefois navigable, qui prend sa source dans les marais de Saint-Père-en-Retz. Enfin, l'ouest de la commune est entièrement bordé par l'océan Atlantique
La côte était autrefois découpée, présentant des falaises. Mindin était une île. Le niveau des mers variant, le littoral s'est situé plus haut et plus bas que le niveau actuel. Les dépôts alluvionnaires, déposés notamment par la Loire, ont conduit à l'aspect linéaire et plat du xxie siècle. À partir du xvie siècle, l'invasion des sables a donné au littoral son aspect en partie dunaire.
La station comporte plusieurs plages, comme celles de Mindin, de La Duchesse Anne et des Pins près du centre-ville, et d'autres, au sud, les plus belles, comme celles de l'Océan, des Rochelets et de l’Ermitage.


Saint Brevin fut archevêque de Cantorbéry avant d'être canonisé après sa mort en 764. Un prieuré avait été édifié au sud de l'estuaire après la christianisation due à saint Martin de Vertou au ve siècle. Après le passage des Vikings, l'Église a procédé à une « réévangélisation » menée par des moines de Cantorbéry au ixe siècle. Un prieuré dédié à Bregwyn est bâti. La graphie évolue en Brewing, Breguwine, Breguvin, Brevein, Brevain, Breven puis Brevin.
Le bulletin des lois officialise successivement la graphie du nom de la commune sous la forme « Saint Brevain », « Saint-Brevin » et « Saint-Brévin ».
Durant la Révolution, la commune porte le nom d'Union.
Le 24 mai 1900, la commune alors dénommée Saint-Brévin prend le nom de Saint-Brévin-les-Pins, les pins plantés par l'homme à partir de 1860 ayant formé sur les dunes une forêt, et l'accent aigu correspondant à la manière de prononcer des Nantais, les Brévinois prononçant le e à la manière d'un e muet. Le 30 mai 1951, la suppression de l'accent est officialisée, pour tendre vers une graphie proche de l'origine du nom. Par ailleurs, le gentilé des habitants porte l'accent aigu.
Saint-Brévin-les-Pins est indiqué avec un accent aigu sur les cartes de l’Institut national de l'information géographique et forestière ou Michelin pour marquer l’ancienne prononciation, devenue aujourd’hui incertaine ; cet accent aigu est également présent dans de nombreux documents provenant de la commune elle-même, y compris encore aujourd’hui sur les documents édités par son office du tourisme, mais la graphie Brevin tend à se généraliser sur ses supports.


L'archéologie a permis de révéler des traces de bivouac remontant au Paléolithique (lieu-dit La Briordais et estuaire de la Boivre). Comme les quatre dolmens et les cinq menhirs recensés sur la commune l'attestent, le site de la commune a été habité au Néolithique. L'éperon rocheux à l'embouchure de l'estuaire de la Loire porte le nom de Mindin, vocable d'origine celte signifiant « fortification de pierre », ce qui peut laisser envisager une utilisation du site à cette époque. Du peuplement celte il reste les vestiges de deux villages gaulois, et la période gallo-romaine a légué les restes de six villas. Le nom de la seigneurie, La Guerche, est d'origine franque ou germaine, et peut être traduit par bastide. Des sarcophages mérovingiens ont été découverts en 1863 lors du transfert du cimetière, élément concordant avec l'hypothèse qui fait de La Guerche un lieu de garnison dans la lutte contre les Wisigoths puis les Vikings et les Bretons, l'utilisation du vocable guerche étant recensé 35 fois dans la Marche de Bretagne franque. C'est Dagobert Ier qui assoit la domination des Francs dans le pays de Retz. Certaines guerches deviennent des fiefs féodaux lors de la venue de Roland (le héros malheureux de Roncevaux) à la tête de la préfecture des marches de Bretagne pour contenir les Bretons. C'est ainsi que Saint-Brevin devient une seigneurie.
Au ixe siècle, Saint-Brevin fait partie du comté d'Herbauges, qui regroupe militairement l'ensemble des paroisses et villages du bas-Poitou en lutte contre les invasions Vikings. En 851, le roi de Bretagne, Erispoë et le roi de France, Charles le Chauve, signent le traité d'Angers qui permet aux bretons d'élargir leur territoire en occupant le Pays rennais, le Pays nantais et le pays de Retz
En 1040, La Guerche devient châtellenieL sous Alan de la Guerche.
La première référence à la ville est une charte de 1104 signée de Dame Barbota établit que celle-ci abandonne ses droits sur l'église de Saint-Brevin, qui est alors sa propriété, ainsi que le droit de nommer le chapelain. Saint-Brevin est tout d'abord essentiellement un village de marins, de pêcheurs et d'agriculteurs. Elle est ensuite érigée en marquisat au xviie siècle, après le rachat de la propriété de la seigneurie de La Guerche par René de Bruc. Lieu stratégique, notamment pour le guet du trafic sur le fleuve, Mindin est fortifiée par Vauban en 1696 afin de la protéger des Anglais. En 1754 le site et celui du fort de Villès-Martin à Saint-Nazaire sont conjointement renforcés par l'ingénieur Touros pour permettre d'interdire l'accès du fleuve à d'éventuels ennemis

En 1810, le premier cadastre met en lumière le danger de l'envahissement du village par les dunes qui ont une largeur de 850 mètres. L'église et son cimetière sont entourées de palissades de bois destinées à les protéger du mouvement des sables. C'est en 1807 que la décision d'établir cette protection a été prise, pour faire face à l'avancée du sable comme c'est le cas à Escoublac, dont le bourg finira par être déplacé. En prenant exemple sur les plantations de pins maritimes effectués par l'ingénieur Brémontier sur la côte de l'Aquitaine, M. Pradal, nouveau propriétaire de La Guerche, plante des pins, des chênes verts, des tamaris et des genêts épineux sur 29 ares. Le successeur de M. Pradal, M. Drouet, veut développer l'expérience, mais le conseil municipal refuse de lui concéder les dunes, considérant que les essais sont des échecs.
En 1829, la tentative d'un Nantais, M. Haentjens, de se voir octroyer la concession des dunes échoue également. Puis l'État en conteste le droit de propriété entre 1833 et 1845. Finalement, la commune conserve les dunes. Un plan de partage des sables est réalisé en 1859 par Alphonse Padioleau, géomètre. Celui-ci dresse un plan organisant le tracé des voies parcourant la zone. Ces voies deviendront avenues, Padioleau est le premier urbaniste de la ville. Des notables basés majoritairement à Nantes et Paimbœuf se portent acquéreurs de grands domaines constitués de dunes, et les Brévinois bénéficiaires du partage acceptent d'être dédommagés. Les acheteurs ont obligation d'établir des plantations pour fixer les dunes, opération qui débute en 1860.
Parallèlement, la commune songe à son développement économique, et celui-ci semble lié à l'essor de Saint-Nazaire sur l'autre rive de l'estuaire. Les voies de communications s'orientent vers Mindin, d'où on peut accéder à la ville voisine par bateau. Un débarcadère est mis en service en 1877.
En 1882, commence la construction de ce qui deviendra « Saint-Brevin-l'Océan », avec son casino, de nombreuses villas et la chapelle Saint-Louis (1889).
La commune s'appelait alors « Saint-Brévin » et ce n'est qu'en 1899 qu'on décide de la renommer en « Saint-Brévin-les-Pins » en l'honneur des arbres qui ont sauvé la ville de l'ensablement.


En 1906, le nouvelle station balnéaire est desservie par la Ligne ferroviaire Pornic - Paimbœuf à voie métrique, trois gares sont construites sur la commune : « Mindin », « Saint-Brévin-les-Pins » et « Saint-Brévin-l'Océan ». Cette ligne sera fermée en 1939.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Saint-Brévin-les-Pins est endommagée, et l'on peut encore de nos jours voir les blockhaus laissés par les Allemands sur la côte. La Seconde Guerre mondiale se prolongea à Saint-Brévin-les-Pins durant 9 mois de plus (d'août 1944 au 11 mai 1945) que dans le reste de la France : c'est l'épisode connu sous le nom de Poche de Saint-Nazaire.
Comme partout tout tourne au ralenti. Mais contrairement à Saint-Nazaire qui a été bombardé et détruit à 99 %, Saint-Brevin n'a pas été détruit. Deux bombes seulement sont tombées à la Hautière, une femme y a été tuée, une autre bombe à retardement est tombée dans un champ à la Nicolerie et a éclaté dans l’après-midi. Des maisons ont sans doute été rasées par l'occupant, pour leurs besoins concernant l'axe de tir des casemates et blockhaus.
En revanche, les Brévinois ont beaucoup souffert de la poche de Saint-Nazaire jusqu’en mai 1945, alors que pour le reste de la France la guerre était déjà terminée depuis août 1944. Il y avait les tirs tendus incessants des batteries de canons jumelés qui tiraient sur Frossay, Arthon, Cheméré, etc. là ou stationnaient les maquisards et FFI, il y avait aussi de nombreux tirs antiaériens sur les avions qui venaient bombarder Saint-Nazaire ; plusieurs avions ont été abattus par les Allemands, on le voyait depuis la cour de l’école. Les écoles étaient à moins de 500 mètres des batteries installées sur les dunes en bordures de l’estuaire, ces détonations étaient effroyables, plus tard les écoles ont été fermées définitivement. En plus des batteries de canons, il y avait des champs de mines qui coupaient Saint-Brevin en deux, les plages étaient couvertes des protections anti-débarquement appelées « asperges de Rommel », qui consistaient en des poteaux en bois surmontés de mines.
La catastrophe du Boivre, le 17 mars 1945 fut le point d'orgue de cette occupation de Saint-Brevin. Il s'agit de l’explosion accidentelle d’un tas de mines, lors d'un déminage conduit par les Allemands afin de dévier le ruisseau du Boivre qui inondait la région. L’explosion a fait 15 morts parmi les habitants réquisitionnés, dont deux Allemands, et de nombreux blessés. Aujourd'hui encore, la cause exacte en est indéterminée.
En 1955 des travaux sont lancés pour protéger Saint-Brevin des tempêtes, des bâtiments sont endommagés sous les effets de l'eau ou du sable qu'elle charrie. Entre 1959 et 1972, une digue est construite. C'est ensuite au contraire un plan de sauvegarde des dunes qui doit être engagé.
La ville connaît une période de modernisation à partir du milieu des années 1950, période ponctuée par l'ouverture du pont de Saint-Nazaire en 1975, qui permet de désenclaver le sud de l'estuaire de la Loire. Le fait que ce pont soit payant a limité un temps la croissance démographique de Saint-Brevin, restriction qui a disparu en le 1er octobre 1994, date à laquelle l'accès au pont est devenu gratuit

Neuf sites mégalithiques sont recensés à Saint-Brevin, dont le menhir de la Pierre Attelée, le menhir du Plessis-Gamat, le menhir du Boivre, de forme triangulaire, le menhir de la Roche-des-prés, dit « pierre de Gargantua », dont on ne peut observer que le sommet puisque sa base est enfoncée sur deux mètres de profondeur, le dolmen des Rossignols, reste d'un mégalithe endommagé par la mer découvert en 1925, les Pierres couchées découvertes dans les dunes en 1978 et les vestiges d'un pont de pierres sur un ruisseau séparant Saint-Brevin et Saint-Père-en-Retz.
La pointe de Mindin est un éperon rocheux à l'embouchure de l'estuaire de la Loire. Son nom est d'origine celte, langue dans laquelle il signifie « fortification de pierre ». Lieu stratégique, notamment pour le guet du trafic sur le fleuve, Mindin est fortifié par Vauban en 1696. En 1754 le site et celui du fort de Villès-Martin à Saint-Nazaire sont conjointement renforcés par l'ingénieur Touros pour permettre d'interdire l'accès du fleuve à d'éventuels ennemis. Le fort encore existant au xxie siècle date de 186157. Durant la Seconde Guerre mondiale le site est utilisé par l'armée allemande et est très endommagé à l'issue du conflitF 1. Rénové, il abrite le musée de la Marine depuis 1983. Sur le site du fort se trouve un canon récupéré dans l'épave du bateau Le Juste coulé au cours de la bataille des cardinaux le 22 novembre 1759.
La forêt de la Pierre Attelée est un site classé appartenant au Conservatoire du littoral depuis 1978. La forêt est constituée de pins maritimes, chênes verts, robiniers, chênes pédonculés et d'érables

  

_________________


Dernière édition par saintluc le Lun 15 Aoû - 07:20 (2016); édité 1 fois
Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Mar 24 Nov - 09:04 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant

Pornic est une commune de l'Ouest de la France, située dans le département de la Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire.
La commune fait partie de la Bretagne historique, dans le pays traditionnel du pays de Retz et dans le pays historique du Pays nantais.
Pornic a fusionné en 1973 avec les anciennes communes de Sainte-Marie-sur-Mer (dont les habitants s'appellent les Sanmaritains) et du Clion-sur-Mer (dont les habitants s’appellent les Clionnais). 
Située au bord de l'océan Atlantique, la ville est connue pour son château et son vieux port. Ses principales ressources sont, au début du xxie siècle, le tourisme et les produits de la mer. Pornic est également appréciée pour sa faïencerie, son casino, son centre de thalassothérapie, son golf 18 trous et sa fraiseraie.
Pornic est située sur la Côte de Jade, au bord de la baie de Bourgneuf, à 45 km au sud-ouest de Nantes et à 20 km au sud de Saint-Nazaire.
Les communes limitrophes sont Arthon-en-Retz, La Bernerie-en-Retz, Les Moutiers-en-Retz, Bourgneuf-en-Retz, Saint-Hilaire-de-Chaléons, Chauvé, Saint-Père-en-Retz, Saint-Michel-Chef-Chef, La Plaine-sur-Mer et Préfailles.


Pornic se situe au sud du Massif armoricain, à l'ouest du Sillon de Bretagne, dans le domaine armoricain hercynien qui est en grande partie constitué de granites d'origine hercynienne (zone broyée sud-armoricaine). La formation de son sol date d'au moins 500 millions d'années
Sa côte, au nord de la baie de Bourgneuf, est découpée, rocailleuse et parsemée de criques. La ville de Pornic s'est développée autour du port, bâti au pied du château, à l'embouchure d'une rivière vaguement aménagée : le canal de Haute Perche (creusé à l'origine pour relier Pornic au réseau du pays de Retz par l'Acheneau et le Tenu, les travaux n'ayant jamais été achevés). Le paysage de la commune est bocagé et peu vallonné dans les terres.

Le nom de Pornic est attesté au xie siècle sous la forme latinisée Castrum Porsniti, puis apparaît sous les graphies Pornit en 1130, Porsnith en 1187, de Pornidio vers 1330. La forme Pornic se rencontre dès le xive siècle. Au xiie siècle, l'abbaye Sainte-Marie de Pornic est dénommée en latin médiéval Abbatia Sanctæ Mariæ de Pornido ou Abbatia Sanctæ Mariæ de Portu nitido[réf. nécessaire] ; le Dictionnaire historique de Bretagne cite encore, sans dates, les formes Sancta Maria de Pornido, de Pornitio, de Pornidio et de Porto Nitido; on rencontre enfin la forme monasteri Beate Marie de Pernidio en 1435. Certaines de ces attestations comportent la forme latinisée (remise ici au nominatif) Portus nitidus, qui représente une étymologie populaire reposant sur Pornit, fantaisie d'un scribe médiéval : « beau port », « port florissant » ou encore « port coquet, accueillant ».
En breton, langue parlée par des marins d'origine bretonne dans la commune jusqu'au xixe siècle, la ville se nomme Pornizh, le -zh représentant une forme évoluée du [-t] final. En français, le -c final, d'abord uniquement graphique et sans doute issu au Moyen Âge d'une confusion t / c (phénomène fréquent), a fini par se prononcer [-k].
Pornic possède un nom en gallo, la langue d'oïl locale : Port-Nitz (écriture ELG).
L'étymologie de ce nom a divisé les spécialistes.
Auguste Longnon, l'un des premiers à émettre une hypothèse sérieuse, y a vu une formation gallo-romane *Pruniacus, dérivé toponymique en -acus du nom de personne gallo-romain Prunius, soit « le domaine rural de Prunius ». Or on sait que ce suffixe aboutit normalement en Bretagne à la terminaison -ac. Longnon prévient l'objection en affirmant que la forme moderne en -ic « a été très probablement influencée par la colonie saxonne qui se fixa dans ces parages au cours du ve siècle ». Cette interprétation est difficilement compatible avec les premières formes relevées, sans doute ignorées du grand chartiste que fut Auguste Longnon.
Le toponymiste allemand Hermann Gröhler, grand spécialiste de la toponymie française, émit une deuxième hypothèse16 que reprit Albert Dauzat dans son dictionnaire : ce nom représenterait peut-être le « lat[in] portus, bret[on] porzh, port, et nom d'homme breton Nitos ». Par « breton », il faut vraisemblablement comprendre ici « brittonique insulaire », originaire de (Grande) Bretagne. Il s'agirait alors d'une formation relativement ancienne, pouvant dater des ve ou vie siècles. Cette interprétation est reprise par des ouvrages plus récents, dont celui de Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak qui se contentent de délayer le texte de Dauzat, sans vraiment rien apporter de plus. Hervé Abalain va par contre un peu plus loin en invoquant un nom de personne plus tardif que Nitos, à savoir Neiz, qui fait « plus breton », mais ne semble pas nécessaire d'un point de vue linguistique.
Auguste Vincent fait preuve de davantage de prudence en se refusant à toute interprétation, prouvant en cela que l'étymologie de ce nom pose à ses yeux un problème. Il sera suivi par Marie-Thérèse Morlet, qui ne mentionne pas ce toponyme dans son ouvrage consacré aux noms de personnes dans les noms de lieux — rejet implicite de l'explication de Longnon — et par Ernest Nègre, qui n'inclut pas davantage Pornic dans sa monumentale Toponymie générale de la France.
On n'en trouve pas trace non plus dans l'ouvrage d'Albert Deshayes consacré à la toponymie bretonne. Cela semble signifier que l'auteur rejette l'hypothèse bien connue de Gröhler / Dauzat, sans toutefois rien proposer d'autre. On notera en particulier qu'à l'article Neiz, nom de personne breton figurant dans divers toponymes, et invoqué plus haut par Hervé Abalain, Pornic ne figure pas, et que l'étymologie de l'anthroponyme Neiz est jugée par ailleurs incertaine. Aucune analyse de Pornic n'est proposée non plus dans l'ouvrage de Jean-Yves Le Moing consacré aux noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, qui fournit néanmoins quelques formes anciennes datées.

Remarques
Le refus d'analyse de Pornic par un nombre important de spécialistes semble impliquer qu'il existe un problème, quoique celui-ci ne soit jamais clairement formulé. Dans l'état actuel des choses, l'hypothèse Gröhler / Dauzat est la seule à rendre compte du toponyme de manière relativement satisfaisante, quoique sans doute non définitive. Un point en particulier reste en suspens, dans le cadre de cette hypothèse : la datation du toponyme et la nature exacte de ses éléments. En d'autres termes, s'agit-il d'une formation de type gallo-romane PORTU + Nitos, ayant évolué selon la phonétique bretonne, ou d'une formation médiévale plus tardive, reposant déjà sur le breton porzh ?
Ce dernier terme pose un autre problème : comme le fait remarquer Albert Deshayes, le breton porzh peut représenter soit le produit du gallo-roman PORTU (latin portus « port ») au sens de « crique, port », soit celui du gallo-roman PORTA (latin porta « porte, ouverture »), qui a pris en breton les sens de « porte, portail ; porte de ville » et de « cour (fermée), puis « manoir à cour fermée, avec porte monumentale ». Or dans cette dernière acception, le mot porzh est un élément toponymique extrêmement fréquent, employé en combinaison avec un nom de personne. Si la situation maritime de Pornic fait immédiatement penser à un « port », il n'en reste pas moins que le sens de « cour » ne semble pas devoir être exclu a priori.

La découverte entre autres de deux bifaces et d'une hache en pierre polie conduit à estimer la première présence humaine sur le territoire de la commune à environ 100 000 ans avant notre ère. Les mégalithes encore visibles au début du xxie siècle permettent d'attester le peuplement humain du site de Pornic au Ve millénaire av. J.-C. Une partie du patrimoine mégalithique a été recouvert par les eaux, le niveau de la mer ayant varié au fil du temps.
Durant l'Antiquité, Pornic dépend de la confédération armoricaine qui règne sur l'Armorique, vaste territoire englobant les actuels Bretagne, Normandie, Maine et Anjou. Elle faisait partie d'un petit pagus : le Pagus Ratiatensis « Pays de Rezé », ancêtre du pays de Retz. Ses habitants étaient, soit des Ambilatres (« Ambiliati »), soit des Anagnutes.
Au ixe siècle, Pornic fait partie du comté d'Herbauges, qui regroupe militairement l'ensemble des paroisses et villages du bas-Poitou en lutte contre les invasions Vikings. En 851, le roi de Bretagne, Erispoë, et le roi de France, Charles le Chauve, signent le traité d'Angers qui permet aux Bretons d'élargir leur territoire en occupant le Pays rennais, le Pays nantais et le pays de Retz.
Au xe siècle, le duc de Bretagne Alain Barbe-Torte érige une forteresse dans la vallée de Pornic pour protéger la ville des Vikings. De ce castrum ne subsiste au xxie siècle que le nom de la rue de la Douve et du chemin des Remparts, et le relief de la butte du calvaire. Plus tard elle devient une des résidences de Gilles de Rais, personnage qui a inspiré le conte de Barbe-bleue.
L'histoire de la ville est également liée à celle de l'abbaye Sainte-Marie (à l'origine de la commune de Sainte-Marie-sur-Mer).

Pendant la Révolution, une part importante des Pornicais est favorable à la République. Le 23 mars 1793, la garde nationale, composée de 400 hommes conduits par un prêtre, curé du Clion, s'affirmant « curé républicain », sort de la ville pour récupérer du blé. Les « blancs » (troupes royalistes) en profitent pour attaquer la ville : c'est la première bataille de Pornic. La ville est prise par le marquis de la Roche-Saint-André. Les Paydrets, une fois la victoire acquise, s’enivrent, ce qui permet aux républicains de reprendre la ville. L'armée royaliste compte de nombreuses pertes, et 250 blancs faits prisonniers par les républicains sont fusillés. Le 27 mars a lieu la deuxième bataille de Pornic les insurgés menés par Charette s'emparent de la ville, la pillent et mettent le feu aux maisons supposées abriter des républicains. Un mois plus tard, Charette évacue Pornic devant la menace du général républicain Beysser
Au xixe siècle, l'essor de Pornic en tant que station balnéaire, favorise en 1875, l'arrivée du train et l'inauguration de la gare, à la suite de la construction de la ligne Nantes - Sainte-Pazanne - Pornic. Cette situation amènera aussi, en 1906, l'inauguration de la ligne de Pornic à Paimbœuf (à voie métrique) desservant les lieux de villégiature de la Côte de Jade, service qui prendra fin en 1939. À cette époque, de nombreux artistes fréquentent Pornic : des écrivains comme Gustave Flaubert, Paul Léautaud, Michelet, Robert Browning ou Julien Gracq, De nombreux peintres ont également été inspirés par cette ville et ses alentours : Auguste Renoir, Edgar Maxence, Henri Lebasque, Charles Leduc, Jean Henri Chouppe, Charles Jacque, Émile Oscar Guillaume, Fernand Lantoine, Félix Thomas, Gustave Quenioux, Charles Fouqueray, Edouard Porquier, Armand Guillaumin, Gustave Loiseau, Raoul du Gardier, et Max Ernst.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le 17 juin 1940, le RMS Lancastria est coulé par l'aviation allemande. Une partie des 4 000 à 7 000 morts sont enterrés dans le cimetière anglais de Pornic. La ville est occupée par la Wehrmacht le 26 juin. De nombreuses fortifications sont bâties à Pornic dans le cadre de l'édification du mur de l'Atlantique. L'occupation allemande se prolonge pour les Pornicais durant 9 mois de plus que dans le reste de la France : c'est l'épisode connu sous le nom de poche de Saint-Nazaire (d'août 1944 au 11 mai 1945), dont la reddition effective interviendra 3 jours après la capitulation de l'Allemagne.
Pornic fusionne avec Le Clion-sur-Mer et Sainte-Marie-sur-Mer le 1er juin 1973.
Le 14 avril 2000, de légers dégâts sont constatés au restaurant McDonald's de Pornic. Six militants indépendantistes bretons furent mis en examen pour cet attentat, trois furent mis hors de cause par la suite, les trois autres furent relaxés pour cet attentat par la cour d'assises. Ce dossier pénal donne lieu à controverse

 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Mer 25 Nov - 09:24 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant

Jules Verne, né le 8 février 1828 à Nantes en France et mort le 24 mars 1905 à Amiens en France, est un écrivain français dont l'œuvre est, pour la plus grande partie, constituée de romans d'aventures et de science-fiction (ou d'anticipation).
En 1863 paraît chez l'éditeur Pierre-Jules Hetzel (1814-1886) son premier roman Cinq semaines en ballon, qui connaît un très grand succès y compris à l'étranger. Lié à l'éditeur par un contrat de vingt ans, Jules Verne travaillera en fait pendant quarante ans à ses Voyages extraordinaires, qui compteront 62 romans et 18 nouvelles et paraîtront pour une partie d'entre eux dans le Magasin d'éducation et de récréation destiné à la jeunesse. Richement documentés, les romans de Jules Verne se situent aussi bien dans le présent technologique de la deuxième moitié du xixe siècle (Les Enfants du capitaine Grant (1868), Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873), Michel Strogoff (1876), L'Étoile du sud (1884), etc.) que dans un monde imaginaire (De la Terre à la Lune (1865), Vingt mille lieues sous les mers (1870), Robur le conquérant (1886), etc.)
L’œuvre de Jules Verne est populaire dans le monde entier et, selon l’Index Translationum, avec un total de 4 702 traductions, il vient au deuxième rang des auteurs les plus traduits en langue étrangère après Agatha Christie. Il est ainsi en 2011 l'auteur de langue française le plus traduit dans le monde. L'année 2005 a été déclarée « année Jules Verne », à l'occasion du centenaire de la mort de l'auteur


Jules-Gabriel Verne naît au 4 de la rue Olivier-de-Clisson (actuel Cours Olivier-de-Clisson) à l'angle de la rue Kervégan dans le quartier nantais de l'île Feydeau, au domicile de sa grand-mère maternelle, Sophie Marie Adelaïde-Julienne Allotte de la Fuÿe (née Guillochet de La Perrière). Il est le fils de Pierre Verne, avoué, originaire de Provins, et de Sophie Allote de la Fuÿe, issue d'une famille nantaise de navigateurs et d'armateurs, d'ascendance écossaise. Jules est l'aîné d'une famille de cinq enfants, comprenant son frère Paul (1829-1897), qui sera marin, mais aussi écrivain, ses trois sœurs : Anna (épouse du Crest de Villeneuve), née en 1836, Mathilde (épouse Fleury), née en 1839, et Marie (épouse Guillon, mère de Claude Guillon-Verne), née en 1842. En 1829, les Verne s'installent au no 2 quai Jean-Bart (à une centaine de mètres du lieu de naissance de leur fils ainé), où naissent Paul, Anna et Mathilde. En 1840, nouveau déménagement dans un immeuble imposant au 6 rue Jean-Jacques-Rousseau, proche du port, où naît Marie.
En 1834, à l'âge de six ans, il est mis en pension dans une école tenue par une certaine Mme Sambin. L'année suivante, il entre avec son frère au collège Saint-Stanislas, un établissement religieux conforme à l'esprit très catholique de son père (d'une façon générale, le lycée Royal n'a pas bonne réputation dans la bourgeoisie nantaise). On y trouve quelques traces de ses premiers succès scolaires, dont voici le palmarès :
en septième : 1er accessit de mémoire, 2e accessit de géographie ;
en sixième : 1er accessit de thème grec, 2e accessit de version grecque, 3e accessit de géographie ;
en cinquième : 1er accessit de version latine.
De plus, plusieurs accessits de musique vocale montrent son goût pour cette matière, goût qu'il conservera toute sa vie.

En 1840, Jules Verne entre au petit séminaire de Saint-Donatien, où il accomplit la quatrième, la troisième et la seconde. Son frère le suit, en pension comme lui. Dans son roman inachevé, Un prêtre en 1839, Jules Verne a décrit ce petit séminaire de façon peu élogieuse.
La même année, Pierre Verne achète à Chantenay une villa pour les vacances, toujours existante au 29 bis, rue des Réformes, face à l'église Saint-Martin-de-Chantenay (le musée Jules-Verne, situé également à Chantenay, est installé dans un bâtiment sans relation à la famille Verne). Toute la famille aime à se retrouver dans cette maison de campagne. Les vacances de Jules se passent également à Brains, dans la propriété de son oncle Prudent Allotte de la Fuÿe, « La Guerche ». Ce dernier est un ancien armateur célibataire, qui a fait le tour du monde et est revenu s'installer au pays natal en 1827/1828. Il est maire de Brains de 1828 à 1837. Le jeune garçon aime à faire d'interminables parties de jeu de l'oie avec le vieux bourlingueur.
La légende affirme qu'en 1839, à l'âge de 11 ans, le petit Jules se serait embarqué sur un long courrier à destination des Indes, en qualité de mousse. Son père l'aurait récupéré in extremis à Paimbœuf. Jules Verne aurait avoué être parti pour rapporter un collier de corail à sa cousine, Caroline Tronson, dont il était amoureux. Rudement tancé par son père, il aurait promis de ne plus voyager qu'en rêve. Ce n'est probablement qu'une légende enjolivée par l'imagination familiale car, dans ses Souvenirs d'enfance et de jeunesse, il raconte qu'il est monté à bord d'un voilier, l'a exploré, a tourné le gouvernail, etc., ce en l'absence d'un gardien, ce qui lui vaudra la réprobation du capitaine.

De 1844 à 1846, Jules et Paul entrent au lycée Royal (actuellement lycée Clemenceau). Jules Verne fréquente en compagnie de ses camarades le Cercle des externes du collège Royal, qui se tient dans la librairie du Père Bodin, place du Pilori. Après avoir terminé les classes de rhétorique et philosophie, il passe les épreuves du baccalauréat à Rennes et reçoit la mention « assez bien », le 29 juillet 1846.
En 1847, Jules Verne est envoyé à Paris par son père, prioritairement pour suivre ses études, mais aussi peut-être parce qu'on voulait ainsi l'éloigner de Nantes. En effet, Caroline Tronson (1826-1902), la cousine de Jules, dont il est épris, doit se marier le 27 avril de la même année avec Émile Dezaunay, un homme de quarante ans originaire de Besançon. Jules Verne en conçut une amertume profonde au point d'écrire à sa mère, six ans plus tard, lorsque cette dernière lui demanda de les accueillir à Paris : « Je serai aussi aimable que le comporte mon caractère biscornu, avec les nommés Dezaunay ; enfin sa femme va donc entrevoir Paris ; il paraît qu'elle est un peu moins enceinte que d'habitude, puisqu'elle se permet cette excursion antigestative». Caroline Tronson, après son mariage avec Dezaunay, eut cinq enfants.
Après un court séjour à Paris, où il passe ses examens de première année de droit, il revient à Nantes pour préparer avec l'aide de son père la deuxième année. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Rose Herminie Arnaud Grossetière, née en 1827, pour laquelle il va éprouver une violente passion. Son premier cahier de poésie contient de nombreuses allusions à la jeune femme, notamment Acrostiche ou La Fille de l'air. L'amour de Jules semble avoir été partagé un moment, mais l'idylle est rompue. Les parents d'Herminie voient d'un mauvais œil leur fille se marier à un jeune étudiant, dont l'avenir n'est pas encore assuré. Ils la destinent à Armand Terrien de la Haye, un riche propriétaire de dix ans son aîné. Le mariage aura lieu le 19 juillet 1848. Jules Verne est fou de rage. Il écrit de Paris à sa mère une lettre hallucinante, sans doute composée dans un état de semi ébriété. Sous couvert d'un songe, il crie sa douleur du mariage d'Herminie en un récit de vengeance de noces maudites : « La mariée était vêtue de blanc, gracieux symbole de l'âme candide de son fiancé ; le marié était vêtu de noir, allusion mystique à la couleur de l'âme de sa fiancée ! » ou « La fiancée était froide, et comme une étrange idée d'anciens (sic) amours passait en elle ». Cet amour avorté va marquer à jamais l'auteur et son œuvre, dans laquelle on trouvera un nombre important de jeunes filles mariées contre leur gré (Gérande dans Maître Zacharius ou l'horloger qui avait perdu son âme, Sava dans Mathias Sandorf, Ellen dans Une ville flottante, etc.) au point que Christian Chelebourg peut parler à juste titre de « complexe d'Herminie » dans les Voyages extraordinaires. Jules Verne gardera également toujours rancune à sa ville natale et à la société nantaise, qu'il pourfendra dans certaines poésies, notamment La sixième ville de France et Madame C…, une violente diatribe visant sans doute une des commères de la ville.

Étudiant à Paris
En juillet 1848, Jules Verne quitte définitivement Nantes pour Paris. Son père l'envoie poursuivre ses études de droit, en espérant qu'il lui succèdera un jour. Dans ses bagages, le jeune homme emporte un roman inachevé, Un prêtre en 1839, des pièces de théâtre dont deux tragédies en vers Alexandre VI et La Conspiration des poudres et ses poèmes. Alors qu'en 1847, il avait été accueilli par sa tante Charuel au no 2 de la rue Thérèse, près de la butte Saint-Roch, en 1848, il obtient de son père de pouvoir louer un appartement meublé, qu'il partage avec Édouard Bonamy, un autre étudiant originaire de Nantes, dans un immeuble situé au 24 rue de l'Ancienne Comédie, donnant sur la Place de l'Odéon.
Jules Verne arrive à Paris dans une période révolutionnaire. En février, le roi Louis-Philippe a été renversé et s'est enfui ; le 24 février a été établi le gouvernement provisoire de la Deuxième République. Mais les manifestations se succèdent et le climat social est tendu. En juin, les barricades se dressent de nouveau dans Paris ; le gouvernement envoie le général Cavaignac écraser l'insurrection. Fin juin, quand le futur écrivain débarque dans la capitale, Cavaignac vient de former un gouvernement qui durera jusqu'à la fin de l'année. Verne écrit à ses parents : « Je vois que vous avez toujours des craintes en province ; vous avez beaucoup plus peur que nous n'avons à Paris... J'ai parcouru les divers points de l'émeute, rues St-Jacques, St-Martin, St-Antoine, le petit pont, la belle Jardinière ; j'ai vu les maisons criblées de balles et trouées de boulets. Dans la longueur de ces rues, on peut suivre la trace des boulets qui brisaient et écorniflaient balcons, enseignes, corniches sur leur passage ; c'est un spectacle affreux, et qui néanmoins rend encore plus incompréhensibles ces assauts dans les rues! ».

Le 3 août, Jules Verne passe avec succès son examen pour la deuxième année de droit. Lorsqu'Édouard Bonamy quitte Paris pour retourner à Nantes vers la fin de l'année, il obtient une chambre pour lui seul, dans la même maison. Il joue de ses relations pour fréquenter le grand monde. Son oncle Chateaubourg l'introduit dans les salons littéraires. Il fréquente celui de Mme de Barrère, amie de sa mère, et de Mme Mariani. Tout en continuant ses études, il se passionne pour le théâtre et écrit de nombreuses pièces qui resteront pour la plupart inédites jusqu'en 2005. Il dévore les drames de Victor Hugo, d'Alexandre Dumas, d'Alfred de Vigny, les comédies d'Alfred de Musset, mais il avoue une préférence pour deux classiques : Molière et Shakespeare.
L'influence la plus forte à cette époque pour le jeune écrivain est celle de Victor Hugo. Verne raconte à Robert H. Sherard : « J'étais au plus haut point sous l'influence de Victor Hugo, très passionné par la lecture et la relecture de ses œuvres. À l'époque, je pouvais réciter par cœur des pages entières de Notre-Dame de Paris, mais c'étaient ses pièces de théâtres qui m'ont le plus influencé, et c'est sous cette influence qu'à l'âge de dix-sept ans, j'ai écrit un certain nombre de tragédies et de comédies, sans compter les romans ».
Durant cette période, les lettres de Jules Verne à ses parents concernent surtout ses dépenses et l'argent dont il a besoin. Cependant, au mois de mars 1849, un autre évènement inquiète le jeune étudiant : « Ma chère maman, le choléra est donc définitivement à Paris, et je ne sais quelles terreurs de malade imaginaire me poursuivent continuellement ! Ce monstre s'est grossi pour moi de toutes les inventions les plus chimériques d'une imagination fort étendue à cet endroit-là ! ". Au même moment, Jules Verne doit se soumettre à la conscription, mais est épargné par le tirage au sort. Il écrit à son père :
« Tu as toujours l'air attristé au sujet de mon tirage au sort, et du peu d'inquiétude qu'il m'aurait causé ! Tu dois pourtant savoir, mon cher papa, quel cas je fais de l'art militaire, ces domestiques en grande ou petite livrée, dont l'asservissement, les habitudes, et les mots techniques qui les désignent les rabaissent au plus bas état de la servitude. Il faut parfois avoir fait abnégation complète de la dignité d'homme pour remplir de pareilles fonctions ; ces officiers et leur poste préposés à la garde de Napoléon, de Marrast, que sais-je ! - Quelle noble vie! Quels grands et généreux sentiments doivent éclore dans ces cœurs abrutis pour la plupart ! - Prétendent-ils se relever par le courage, par la bravoure! mots en l'air que tout cela! Il n'y a ni courage, ni bravoure à se battre quand on ne peut pas faire autrement ? Et me cite-t-on un haut fait d'armes accompli dans des circonstances, chacun sait qu'il y en a les 19/20 à mettre sur le compte de l'emportement, la folie, l'ivresse du moment ! Ce ne sont plus des hommes qui agissent, ce sont des bêtes furieuses, excitées par la fougue de leurs instincts. Et en tout cas, vint-on me montrer le sang-froid le plus calme, la tranquillité la plus surprenante dans l'accomplissement de ces hauts faits que l'on paye d'une croix, je répondrai que l'on n'est généralement pas sur terre pour risquer sa vie ou arracher celle des autres, et qu'en fait de condition, j'en connais de plus honorables et de plus relevées. »






Ce violent pamphlet contre l'armée n'est pas seulement une réaction de jeunesse. Toute sa vie, Jules Verne professera des idées antimilitaristes, non seulement dans ses lettres, mais aussi dans ses romans où il expose son dégoût de la guerre, à commencer par le premier Voyage extraordinaire, lorsque le Victoria survole deux peuplades aux prises au cours d'un combat sanguinaire :
« - Ce sont de vilains bonshommes ! dit Joe. Après cela, s'ils avaient un uniforme, ils seraient comme tous les guerriers du monde.
... Fuyons au plus tôt ce spectacle repoussant ! Si les grands capitaines pouvaient dominer ainsi le théâtre de leurs exploits, ils finiraient peut-être par perdre le goût du sang et des conquêtes! »
Afin de gagner un peu d'argent, le jeune étudiant donne des leçons, ce que Pierre Verne voit d'un mauvais œil, travaille chez un ami avocat, Paul Championnière. Dès cette époque, la santé de Jules Verne est déficiente. Pour n'avoir pas toujours mangé à sa faim, il souffre de maux de ventre et d'estomac. L'entéralgie vernienne provient peut-être de troubles gastriques héréditaires, mais surtout d'une précoce boulimie, sans doute pathologique. En 1851, il connait sa première crise de paralysie faciale. Olivier Dumas précise ces attaques qui frapperont Verne quatre fois dans sa vie : « La paralysie faciale de Jules Verne n'est pas psychosomatique, mais due seulement à une inflammation de l'oreille moyenne dont l'œdème comprime le nerf facial correspondant ». Le médiocre chauffage du logement de l'étudiant explique la fréquence de ses refroidissements. Les causes de cette infirmité restent ignorées de l'écrivain ; « il vit dans la permanente inquiétude d'un dérèglement nerveux, aboutissant à la folie ».
Entre-temps, Verne a réussi son examen de droit et peut devenir avocat, comme le souhaite son père. Depuis 1850, il a fondé, avec quelques amis, un club de célibataires, le groupe des « Onze-sans-femme », et va jusqu'à écrire des poèmes salaces pour ce cercle fermé. À côté de Victor Massé, Léo Delibes, Auguste Lelarge, on trouve Fournier-Sarlovèze, Bazille, Bertall, Charles Béchenel. Il déménage et occupe une chambre garnie dans un hôtel proche de Notre-Dame de Lorette.

Grâce à ses visites de salon, il est entré en contact avec Alexandre Dumas par l'intermédiaire d'un chiromancien célèbre de l'époque, le Chevalier d'Arpentigny. Il se lie d'amitié avec le fils de l'écrivain et lui propose le manuscrit d'une comédie intitulée Les Pailles rompues. Les deux hommes corrigent la pièce et Dumas fils obtient de son père qu'elle soit jouée au Théâtre-Historique. Nous sommes le 12 juin 1850. Jules Verne a vingt-deux ans.
En 1851, il rencontre Pierre-Michel-François Chevalier dit Pitre-Chevalier (1812-1863). Celui-ci, breton et nantais comme Jules Verne, est rédacteur en chef de la revue Musée des familles. L'écrivain lui soumet une nouvelle, Les Premiers Navires de la marine mexicaine. Pitre-Chevalier accepte de la publier. La même année parait une seconde nouvelle, Un voyage en ballon, qui, en 1874, prendra comme titre Un drame dans les airs, chez Hetzel.
Pitre-Chevalier laisse Jules Verne libre de ses choix. La censure ne sévit pas au Musée des familles. L'écrivain peut glisser dans ses textes des allusions grivoises qui n'offusquent pas le moins du monde l'éditeur. Il en sera tout autrement avec Pierre-Jules Hetzel. Il suffit de comparer les versions des nouvelles parues dans le Musée avec celles reprises pour les Voyages extraordinaires pour s'en convaincre.
Alexandre Dumas fils met Verne en relation avec les frères Seveste qui viennent de reprendre le Théâtre-Historique, après la faillite due aux prodigalités de Dumas père. La nouvelle salle devient le Théâtre-Lyrique. Jules Seveste, le nouveau directeur, engage Verne comme secrétaire. Un travail astreignant, car le jeune homme ne touche pas de salaire. En revanche, il peut faire jouer ses pièces, la plupart écrites en collaboration avec Michel Carré.
En janvier 1852, il prend sa décision et refuse la charge d'avoué que son père lui propose. « […] Je me bornerai à voir si je ferais bien de prendre ta charge, au point de vue moral, et matériel. […] D'un autre côté, je commence à bien me connaître ; ces coups de tête contre lesquels tu cherches à me prémunir, je les ferais, tôt ou tard; j'en suis certain; la carrière qui me conviendrait le plus, ce serait celle que je poursuis; […] si je ne puis parvenir, non par manque de talent, mais par défaut de patience, par découragement, eh bien, ce qui me conviendra le plus au monde, ce sera le barreau qui me ramènerait à Paris. […] C'est parce que je sais ce que je suis, que je comprends ce que je serai un jour; comment donc me charger d'une étude que tu as faite si bonne, que ne pouvant gagner entre mes mains, elle ne pourrait qu'y dépérir. […] ». Un an plus tôt, il avait écrit à sa mère : « […] je puis faire un bon littérateur, et ne serais qu'un mauvais avocat, ne voyant dans toutes choses que le côté comique et la forme artistique, et ne prenant pas la réalité sérieuse des objets. […] ».
Il fréquente la Bibliothèque nationale, se passionnant pour la science et ses découvertes les plus récentes, mais c'est surtout la géographie qui l'attire. Vers cette époque, Verne fait la connaissance d'un personnage étonnant, géographe illustre et infatigable voyageur, l'explorateur Jacques Arago, qui continue à parcourir le monde malgré sa cécité. Il publie même le récit de ses voyages autour du monde sous le titre Souvenirs d'un aveugle. Le jeune écrivain retrouve près de lui toutes les sensations de ses premières lectures. Jacques Arago lui ouvre des horizons et l'entraîne vers un genre nouveau de littérature, alors en pleine expansion, le récit de voyage.
En 1852, deux autres textes de Verne paraissent dans le Musée des familles : Martin Paz, une longue nouvelle et une comédie-proverbe en un acte, Les Châteaux en Californie, qui regorge de sous-entendus grivois.



En août 1853, il s'éloigne un moment de Paris pour se rendre à La Guerche, où son oncle Prudent offre un grand repas afin de fêter le retour de Paul Verne, le frère de Jules, aspirant auxiliaire dans la marine. La même année, il quitte le quartier de Notre-Dame de Lorette pour s'installer sur les Grands Boulevards, d'abord au 11, boulevard Bonne-Nouvelle, puis au 18. Sur le même palier, s'est installé un jeune compositeur originaire de Nantes, Aristide Hignard. Les deux jeunes gens vont très vite sympathiser. Ils fréquentent le salon du musicien Talexy. Ils se lancent dans l'opérette, ou plutôt l'opéra-comique, au moment où Jacques Offenbach crée un véritable engouement pour ce genre de spectacle. Le 28 avril 1853 est représenté Le Colin-maillard au Théâtre-Lyrique. C'est une période où Jules Verne ne cesse d'écrire. Des nouvelles de cette époque, on peut citer Pierre-Jean et Le siège de Rome. Il travaille aussi sur Monna Lisa commencé dès 1851 et qu'il ne finira qu'en 1855.
Au cours de son séjour à Nantes, l'écrivain s'est amouraché de Laurence Janmar. Fin 1853, à la suite d'une lettre de Pierre Verne, Jules Seveste donne un congé de deux mois à son secrétaire. En effet, Jules suit les conseils de sa mère, qui tient à le marier, et Sophie Verne a sans doute pensé à Laurence. En janvier 1854, le président Janvier de la Motte donne un grand bal travesti. Le jeune écrivain y retrouve celle qu'il convoite. Laurence Janmar, habillée en gitane, se plaint à son amie que son corset, trop riche en baleines, lui meurtrit les côtes. Verne, toujours à l'affût d'un bon mot, soupire alors : « Ah! que ne puis-je pêcher la baleine sur ces côtes ? ». En fait, Laurence veut épouser Charles Duverger, mariage qui a lieu le 2 août 1854.


En juillet 1854, Jules Seveste meurt du choléra. Son successeur, Émile Perrin, tente de retenir Jules Verne, mais ce dernier tient à garder sa liberté. Perrin va jusqu'à lui proposer la direction du Théâtre-Lyrique. « J'ai refusé. Il m'a même offert de diriger le théâtre, moi seul, tout en restant directeur en nom, et ayant une part dans les bénéfices ; j'ai refusé encore ; je veux être libre et prouver ce que j'ai fait». Dans le Musée, un nouveau texte de l'écrivain : Maître Zacharius ou l'horloger qui avait perdu son âme. C'est un conte fantastique profondément imprégné de l'influence d'Hoffmann. Zacharius, maître-horloger de Genève, a rendu ses horloges si régulières qu'elles sont devenues parfaites… Mais un jour, elles se dérèglent une à une. Pour la première fois dans l'œuvre de Jules Verne apparaît le thème du Temps, qui aura de nombreux dérivés, le plus célèbre étant celui que l'on retrouve dans Le Tour du monde en quatre-vingts jours.
Malgré son refus de devenir directeur du Théâtre-Lyrique, Verne y conserve son poste de secrétaire jusqu'à fin 1855, ce qui lui permet de représenter, le 6 juin de cette année, un second opéra-comique écrit sur une musique d'Hignard, Les Compagnons de la Marjolaine. Il écrit à son père : « J'étudie encore plus que je ne travaille; car j'aperçois des systèmes nouveaux, j'aspire avec ardeur au moment où j'aurai quitté ce Théâtre Lyrique qui m'assomme ». Puis plus tard, à sa mère : « Cela ne m'empêche pas de travailler toute la journée chez moi, en ne sortant que dans les circonstances nécessaires. ». Dans cette même lettre, on notera l'endroit où l'écrivain parle de l'incendie de la Manutention qui témoigne de l'esprit anarchiste de Jules Verne : « J'ai assisté au bel incendie de la Manutention; j'étais aussi près que possible et vis-à-vis ; c'est le plus magnifique spectacle que j'aie jamais vu ; je regrette même qu'il n'ait pas brûlé deux ou trois bâtiments de plus ; c'est au gouvernement ; qu'est-ce que ça fait ? ».
C'est une période d'intense activité créatrice. Les pièces de théâtre s'accumulent. Il peaufine notamment l'une d'entre elles Les Heureux du jour, qui semble lui tenir particulièrement à cœur. Il écrit plusieurs nouvelles dont Le mariage de M. Anselme des Tilleuls et Un hivernage dans les glaces. Cette dernière parait en 1855 dans le Musée. De tous les manuscrits de Verne avant sa rencontre avec Hetzel, c'est celui qui se rapproche le plus des Voyages extraordinaires, véritable prélude aux Aventures du capitaine Hatteras. À cette époque, il est atteint d'une deuxième crise de paralysie faciale. Son ami et médecin Victor Marcé le soigne à l'aide de l'électricité. Il déménage et s'installe au cinquième étage d'un immeuble au 18, Boulevard Poissonnière.


 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Mer 25 Nov - 10:21 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant

Depuis que Jules Verne a fondé le dîner des Onze-sans-femme, plusieurs de ses membres se sont tout de même mariés. Influencé par eux, Jules Verne parle de mariage dans presque toutes les lettres à sa mère ; il lui demande de lui trouver une épouse, parfois sur le ton de la plaisanterie : « J'épouse la femme que tu me trouveras ; j'épouse les yeux fermés, et la bourse ouverte ; choisis, ma chère mère, c'est sérieux ! » ou « Trouvez-moi une femme bossue, et qui ait des rentes - et tu verras. ». Mais on sent bien que l'angoisse de l'avenir le tiraille : « Toutes les jeunes filles que j'honore de mes bontés se marient toutes invariablement dans un temps rapproché! Voire! Mme Dezaunay, Mme Papin, Mme Terrien de la Haye, Mme Duverger et enfin Mlle Louise François. ». Après le mariage de Laurence Janmar avec Duverger, Verne, amoureux éconduit, s'interroge. Pour le consoler, sa mère l'envoie en avril 1854 à Mortagne pour y connaître un bon parti. Il lui répond dans une lettre où il invente une rencontre avec le père de sa future, d'un humour scatologique et agressif, où l'on retrouve le ton des nouvelles de Maupassant, un des écrivains français que Verne place au plus haut. Le style n'est pas sans rappeler celui du Mariage de M. Anselme des Tilleuls.
En mars 1856, Auguste Lelarge, ami de Jules Verne et membre des Onze-sans-femme va se marier avec Aimée de Viane. Il demande à l'écrivain d'être son témoin. Celui-ci accepte. Le mariage doit se dérouler le 20 mai à Amiens, ville de la fiancée. À l'occasion de son séjour, Verne y fait la connaissance de la sœur de la mariée, Honorine, veuve à 26 ans d'Auguste Hébé-Morel, et mère de deux filles, Valentine et Suzanne.


Honorine du Fraysne de Viane (1830-1910) séduit assez vite Jules Verne. Dans une lettre enthousiaste à sa mère, il lui fait remarquer : « Je ne sais pas, ma chère mère, si tu ne trouveras pas quelque différence entre le style de cette page et celle qui la précède, tu n'es pas habituée à me voir faire ainsi un éloge général de toute une famille, et ta perspicacité naturelle va te faire croire qu'il y a quelque chose là-dessous ! Je crois bien que je suis amoureux de la jeune veuve de vingt-six ans ! Ah ! pourquoi a-t-elle deux enfants ! Je n'ai pas de chance ! ». En quelques jours, il se décide. Il se mariera. La famille d'Honorine semble lui avoir fait bon accueil et le retient quelques jours à Amiens. Verne s'engage à devenir sérieux et à oublier les aléas de sa vie de bohème. Mais il doit trouver une situation stable. La littérature ne lui rapporte que de maigres revenus et pour nourrir une femme et deux enfants, il se doute bien que cela sera insuffisant.
Avec l'aide de son futur beau-frère, Ferdinand de Viane, il envisage des plans d'investissement en Bourse et de se lancer dans une activité d'agent de change, comme son ami Dumas fils. Or, s'il suffit d'obtenir une charge, il faut de l'argent pour l'acquérir. Il demande 50 000 francs à son père pour acheter cette charge. Son père s'inquiète de cette nouvelle lubie. Jules Verne lui répond : « Je vois bien que tu me prends encore pour un garçon irréfléchi, se montant la tête pour une idée nouvelle, tournant à tous les vents de la fantaisie, et ne voulant m'occuper de change que par amour du changement. […] Il est moins question que jamais d'abandonner la littérature ; c'est un art avec lequel je me suis identifié, et que je n'abandonnerai jamais ; […] mais tout en m'occupant de mon art, je me sens parfaitement la force, le temps et l'activité de mener une autre affaire. […] Il me faut une position et une position offrable, même aux gens qui n'admettent pas les gens de lettres ; la première occasion de me marier, je la saisis d'ailleurs ; j'ai par-dessus la tête de la vie de garçon, qui m'est à charge […] cela peut paraître drôle, mais j'ai besoin d'être heureux, ni plus, ni moins. ». Et quelques semaines plus tard : «…Je n'accepterais d'avoir atteint l'âge de plusieurs de mes amis, et d'être à courir comme eux après une pièce de cent sols. Non, certes, cela peut être drôle et faisable à vingt ans, mais pas au-dessus de trente ans. ».
Pierre Verne finit par céder. Jules se retrouve placier en Bourse à l'enseigne de l'agent suisse Fernand Eggly, originaire de Genève, au 72 rue de Provence, à Paris.


Auguste Morel n'est décédé que depuis dix mois. À l'époque le deuil se portait longtemps. Pourtant les événements se précipitent. Aimée De Viane, par son mariage avec Auguste Lelarge, est devenue la belle-sœur d'Henri Garcet, cousin de Jules Verne. C'est sans doute son ami Charles Maisonneuve qui lui permet d'entrer chez Eggly, étant lui-même remisier chez un confrère. D'ailleurs, il n'est pas certain que Jules Verne ait acheté la part que l'on dit, le remisier étant appointé et non associé. Le futur marié est pris de frénésie, au point de s'occuper de tout durant le mois de décembre 1856. Il ne veut personne de la famille : « Je me charge, mon cher père, de voir ma tante Charuel à cet égard, et de la mettre au courant de nos affaires. Quant à l'inviter, je tiens essentiellement à n'en rien faire ! Je dirai que le mariage se célèbre à Amiens ; rien ne me serait plus désagréable que cette invitation. ».
Le 2 janvier 1857, Pierre Verne fait établir un acte notarié, donnant une procuration de sa femme pour léguer à son fils les quarante mille francs de dot, « en avancement d'hoirie et à imputer sur la succession du premier mourant des donateurs ». Le 8 janvier, ils se rendent à Essome, chez Auguste Lelarge, notaire, et signent le contrat de mariage. Et le mariage a lieu le 10 janvier. Le matin, ils se retrouvent à la mairie du 3e arrondissement (actuellement mairie du 2e). Puis le groupe de treize personnes prend la direction de l'église Saint-Eugène qui venait d'être édifiée dans la nouvelle rue Sainte-Cécile, à l'emplacement de l'ancien Conservatoire de musique. Après la cérémonie religieuse, c'est le déjeuner, treize couverts « à tant par tête », comme l'avait voulu et annoncé Jules Verne lui-même : « J'étais le marié. J'avais un habit blanc, des gants noirs. Je n'y comprenais rien ; je payais tout le monde : employés de la Mairie, bedeaux, sacristain, marmiton. On appelait : Monsieur le marié ! C'était moi ! Dieu merci : il n'y avait que douze spectateurs ! ».

Le couple et les deux enfants demeurent jusqu'au 15 avril dans l'appartement du boulevard Poissonnière, tandis que Jules en cherche un plus conséquent. À la fin du mois, ils sont en grand déménagement. La jeune femme a fait venir ses meubles et objets d'Amiens et le ménage s'installe rue Saint-Martin, dans le quartier du Temple. Mais le couple vit chichement. La vocation boursière de Jules Verne est médiocre. Il fait un piètre coulissier et, d'après Félix Duquesnel, son ami, il « réussissait plus de bons mots que d'affaires ». Si Honorine avait cru pouvoir trouver l'aisance à Paris, elle dut vite déchanter. Ce mariage, tant désiré par Verne, lui laisse bientôt un goût amer. Honorine, qui l'avait fait rire, finit par l'ennuyer. Il est un mauvais mari, semble avoir eu des maîtresses. Il est également un père lointain, négligeant l’éducation de ses enfants, et un mondain déçu.
Quand il n'est pas à la Bourse, il s'enferme dès le matin dans son cabinet de travail pour écrire toute la journée. Vers cette époque, il écrit une nouvelle, San Carlos, qui conte comment des contrebandiers espagnols se jouent des douaniers français. En 1857, parait le premier recueil de chansons Rimes et mélodies, sur une musique d'Hignard, chez Heu éditeur. En 1858, Verne connait sa troisième crise de paralysie faciale. Le 17 février, aux Bouffes-Parisiens, se joue la première de Monsieur de Chimpanzé, opérette en un acte, toujours avec Hignard. Le sujet est curieux, lorsqu'on sait que l'auteur est tout nouveau marié : Isidore, le héros, est obligé de faire le singe pour pouvoir épouser sa belle. Cette année-là, il revient faire quelques visites à Nantes. Le 15 juillet 1859, Jules Verne écrit à son père : « Alfred Hignard m'offre, ainsi qu'à son frère, un passage gratuit d'aller et retour en Écosse. Je me hâte de saisir aux cheveux ce charmant voyage… »

En 1859, il entreprend donc un voyage en Angleterre et en Écosse en compagnie d'Aristide Hignard. Il prend des notes et, dès son retour, couche ses impressions sur le papier. En 1862, il présente un manuscrit à Hetzel, qui le refuse. Verne s'en inspirera alors pour la rédaction de ses romans écossais.
Entre 1860 et 1861, le couple déménage trois fois : de la rue Saint-Martin au 54 boulevard Montmartre, puis au 45 boulevard Magenta, enfin au 18, passage Saulnier.
Le 2 juillet 1861, de nouveau grâce à Alfred Hignard, les deux amis, ainsi qu'Émile Lorois, s'embarquent pour la Norvège. L'écrivain ne rentrera que cinq jours après qu'Honorine a accouché d'un garçon, Michel, le 4 août. L'arrivée de cet enfant bouleverse la vie de Jules Verne. Il ne s'est pas préparé à ces nouvelles responsabilités. Il doit concilier son projet littéraire et l'obligation de subvenir aux besoins d'une famille qui s'élargit. Il continue donc son métier à la Bourse, où il côtoie ses anciens amis ou de nouveaux comme Hector Malot.
Un aspect particulier de la vie de Jules Verne concerne sa relation avec Estelle Hénin, dont il fait la connaissance en 1859 . Marguerite Allotte de la Fuÿe évoque cette femme dans sa biographie de 1928 : « une mortelle, une seule, captiva durant quelques saisons ce cœur extrêmement secret. La sirène, l'unique sirène, est ensevelie dans le cimetière de corail ». D'après elle, Estelle serait morte en 1885, date reprise par Jean-Jules Verne, qui note qu'elle habitait Asnières. Dans sa thèse sur Jules Verne (1980), Charles-Noël Martin confirme l'existence d'Estelle Duchesne, mais pense qu'elle est morte le 13 décembre 1865. Estelle Hénin épouse Charles Duchesne, clerc de notaire à Cœuvres, le 30 août 1859. En 1863, Estelle s'installe à Asnières, cependant que son mari continue de travailler à Cœuvres. Les visites de Jules Verne à la maison des Duchesne à Asnières se situent de 1863 à février 1865. Estelle meurt après la naissance de sa fille Marie. Pour certains verniens, Marie Duchesne pourrait être la fille de l'écrivain.

Marguerite Allotte de La Fuÿe invente de toute pièce l'introduction de Verne chez l'éditeur. L'écrivain, découragé, aurait jeté au feu le manuscrit de Cinq semaines en ballon que sa femme aurait retiré des flammes. Vingt-cinq ans plus tard, elle se contredit lors d'une émission radiophonique en créant la légende de l'introduction de Verne chez Hetzel grâce à Nadar. Bernard Frank, dans sa biographie copiée d'Allotte, nous gratifie, lui, d'un dialogue dramatique dans la chambre de l'éditeur.
Parménie et Bonnier de la Chapelle pensent, quant à eux, que l’écriture de Cinq semaines en ballon, est due aux expériences du Géant de Nadar, ce qui s'avère un anachronisme, l'expérience ayant eu lieu six mois après l'écriture du roman (janvier 1863) et Verne ne participant à un vol du Géant que le 4 octobre 1863.
Comme l'écrit Volker Dehs, il est possible qu'Hetzel ait rencontré Verne dès 1852 ou 1858 comme en témoignent deux invitations écrites par Philippe Gille datées du mardi 4 mai et mardi 6 juillet aux diners des Onze-sans-femmes retrouvées dans les archives Hetzel à la Bibliothèque nationale de France.
D'un manière certaine, c'est par une lettre de Verne à Henri d'Alméras qui préparait un article sur l'écrivain pour son Avant la gloire, leurs débuts, que l'on apprend que la rencontre eut lieu en 1861 : « C'est Bréhat qui pour la première fois m'a présenté chez Hetzel en 1861 ». Il s'agit du romancier Alfred de Bréhat.

En 1861, après avoir proposé le Voyage en Angleterre et en Écosse qui est refusé par Hetzel, Jules Verne soumet à l'éditeur Pierre-Jules Hetzel (1814-1886) son roman Cinq semaines en ballon, qui paraît en 1863 et connaît un immense succès, même au-delà des frontières françaises. Il signe alors avec Pierre-Jules Hetzel un contrat qui le lie pour 20 ans avec cet éditeur ; il s'y engage à fournir des romans notamment pour le Magasin d'éducation et de récréation, revue destinée à la jeunesse. En fait, Jules Verne va travailler pendant quarante ans à ses Voyages extraordinaires qui compteront 62 romans et 18 nouvelles. En 1863, toujours, Jules Verne écrit Paris au xxe siècle, qui ne paraîtra qu'en 1994.
Le 27 février 1863, il est admis comme membre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques.
Le 4 octobre 1863, son ami Nadar l'invite au lancement du ballon Géant, lancé depuis le Champ-de-Mars à Paris.
Le 26 décembre 1863, Verne fait paraître dans le Musée des familles un article relatant l'expérience de son ami Nadar à bord d'un ballon gigantesque, le Géant. Le photographe crée la Société d'encouragement pour la locomotion aérienne au moyen d'appareils plus lourds que l'air, dont Jules Verne est le censeur.
Vers cette époque, il découvre l'univers d'Edgar Poe au travers des traductions de Charles Baudelaire. L'écrivain américain le fascine, au point qu'il lui consacre la seule étude littéraire qu'il ait écrite, parue en 1864 dans le Musée des familles, Edgar Poe et ses œuvres.
En 1864 encore, Jules Verne publie les romans Les Aventures du capitaine Hatteras, qui parait d'abord dans le Magasin avant d'être publié en volume et Voyage au centre de la Terre.
Par ailleurs, il quitte son emploi d'agent de change, et déménage à Auteuil.
En 1865, il devient membre de la Société de géographie.
Le 16 mars 1867, en compagnie de son frère Paul, il embarque sur le Great Eastern à Liverpool pour les États-Unis, il tirera de sa traversée le roman Une ville flottante (1870). Jules Verne achète son bateau le Saint-Michel en 1868, chaloupe de pêche aménagée pour la plaisance.
Son père, Pierre Verne, meurt le 3 novembre 1871, à Nantes.

Il s'installe à Amiens, ville natale de son épouse, en 1872 :
« Sur le désir de ma femme je me fixe à Amiens, ville sage, policée, d’humeur égale, la société y est cordiale et lettrée. On est près de Paris, assez pour en avoir le reflet, sans le bruit insupportable et l’agitation stérile. Et pour tout dire, mon Saint-Michel reste amarré au Crotoy. »
— Lettre de Jules Verne à son ami Charles Wallut
À cette époque, Amiens abrite plusieurs sociétés savantes : c'est ainsi qu'on voit fréquemment Jules Verne à la Bibliothèque de la Société industrielle, qui est abonnée à de nombreuses revues scientifiques. Le 8 mars 1872, il devient membre titulaire de l'Académie des Sciences, des Lettres et des Arts d'Amiens dont il est élu Directeur en 1875 et en 1881 et, à cette occasion, il prononce plusieurs discours de bienvenue, notamment pour un de ses amis, le caricaturiste Gédéon Baril, qui signa les illustrations de Dix heures en chasse chez Hetzel. En revanche, il ne réussit pas à entrer à l'Académie française.
Dès juin 1867, l'Académie française couronne le Magasin d'Éducation et de Récréation, où Jules Verne a déjà fait paraître quelques romans, puis, lors de la séance du 8 août 1872, ce sont les Voyages extraordinaires dans leur ensemble qui obtiennent le même honneur. À cette occasion, M. Patin, secrétaire perpétuel de l'Académie, fait l'éloge de Jules Verne : « Les merveilles usées de la féerie y sont remplacées par un merveilleux nouveau, dont les notions récentes de la science font les frais. » Jules Verne, très content de ce prix, se met alors en tête de briguer un fauteuil dans l'honorable assemblée. Il s'en ouvre à Hetzel en mars 1876 : « Je vous rappelle, pour mémoire, que voilà 2 places vacantes à l'Académie. Vous m'avez un peu mis l'eau à la bouche. Vous avez beaucoup d'amis dans l'illustre corps. Suis-je arrivé à la situation voulue pour resupporter… un échec honorable.» Ayant échoué cette année-là, il réessaye en 1877, fort de l'appui d'Alexandre Dumas fils. Nouvelle déconvenue : c'est Victorien Sardou qui est élu. Verne ne renonce pas et tente à nouveau sa chance en 1883. Cette fois, c'est l'échec de la pièce qu'il a tirée de Kéraban-le-Têtu et qu'il a écrite sans collaboration qui lui barre la route. Verne se retire à Amiens, mais en 1884, il pose de nouveau sa candidature et presse Dumas fils de l'aider. C'est un nouvel échec, qui le dégoûte à jamais.

En 1874, il publie Le Tour du monde en quatre-vingts jours et fait l'acquisition du Saint-Michel II (basé au port du Crotoy, dans la Somme). La même année, il obtient pour son bateau la concession du Yacht-Club de France, dont il est nommé membre honoraire. En 1876, Honorine Verne est victime d'abondantes métrorragies qui manquent la faire mourir. Elle est sauvée par une transfusion de sang, cas rarissime à l'époque. Un an plus tard, Verne donne un fastueux bal costumé à Amiens, avec la participation de son ami Nadar, le modèle de Michel Ardan, héros de ses romans De la Terre à la Lune et Autour de la Lune. Malheureusement, sa femme a rechuté quelques jours plus tôt. « Je suis – écrit Jules Verne à Hetzel – non inquiet, mais horriblement embêté ». L'éditeur désapprouve manifestement ce bal, que l'auteur donne pourtant pour asseoir la position de sa femme et de ses enfants à Amiens.
En 1876, il obtient de la justice que son fils mineur Michel au comportement rebelle soit jeté dans une maison de redressement, la colonie pénitentiaire de Mettray pour six mois en 1876 : cette mesure de correction paternelle vise à le « dresser ». En février 1878, il le fait embarquer pour les Indes.
De juin à août 1878, Jules Verne navigue de Lisbonne à Alger sur le Saint-Michel III, puis, en juillet 1879, en Écosse et Irlande. Troisième croisière en juin 1881, avec son frère, son neveu Gaston et Robert Godefroy : il visite la mer du Nord, la Hollande, l'Allemagne, puis par le canal de l'Eider, Kiel et la Baltique jusqu'à Copenhague. Nous avons de nombreux renseignements sur ce voyage, puisque Paul Verne en a écrit le récit, paru chez Hetzel. En 1882, il quitte le 44, boulevard Longueville, où il réside depuis 1873, pour emménager au 2, rue Charles-Dubois, la fameuse maison à la tour surmontée d'un belvédère qui présente des similitudes frappantes avec les maisons à tour dans deux de ses romans posthumes, Le Secret de Wilhelm Storitz et La Chasse au météore. Le 8 mars 1885, il donnera un second bal dans sa nouvelle demeure, bal auquel sa femme peut, cette fois, assister.
En 1884, Jules Verne décide de faire une grande croisière autour de la Méditerranée. Le Saint-Michel III quitte Nantes le 13 mai. À son bord, se trouvent Paul Verne, Robert Godefroy, Michel Verne et Louis-Jules Hetzel. Il compte retrouver sa femme, en visite chez sa fille Valentine et son gendre, en Algérie. Le navire arrive à Vigo le 18, à Lisbonne le 23. Verne passe à Gibraltar le 25 mai. À son arrivée à Oran, il retrouve Honorine et est reçu par la Société de géographie de la ville. Les journaux lui consacrent de nombreux articles. Le 10 juin, il est à Bône où le bey de Tunis met à sa disposition un wagon spécial. Retrouvant son navire, il essuie une tempête près de Malte, visite la Sicile, Syracuse, puis Naples et Pompéi. À Anzio, le groupe prend le train pour Rome. Le 7 juillet, Verne est reçu en audience privée par Léon XIII. Curieusement, le lendemain, il rend visite à la loge maçonnique de la ville. Puis il rencontre Louis-Salvador de Habsbourg-Lorraine, avec lequel il établit une relation épistolaire qui durera jusqu'à la mort de l'écrivain. Deux mois après le départ du navire, Verne est de retour à Amiens.
Son bateau le Saint Michel III avait son port d'attache au Tréport, Seine-Inférieure. L'écrivain a été photographié sur la plage de Mers-les-Bains dans la Somme

1886 est une année cruciale dans la vie de Jules Verne. Le 15 février, il se décide à vendre le Saint-Michel III. L'entretien du yacht devient dispendieux, et son fils s'endette et lui coûte cher. Il le cède à moitié prix à Martial Noë. Le 9 mars, rentrant du « Cercle de l'Union » vers cinq heures, il trouve, après avoir ouvert sa porte de fer, son neveu Gaston armé d'un revolver. Il tire sur l'écrivain qui est atteint à la jambe. Gaston, arrêté, est suspecté de folie. Son père, Paul Verne, déclarera que son fils a tiré sur Jules Verne pour attirer l'attention sur celui-ci afin de le faire entrer à l'Académie française. Gaston Verne restera interné jusqu'à sa mort, le 13 février 1938. Robert Godefroy envoie un télégramme à la maison Hetzel. Mais Louis-Jules Hetzel est à Monaco, au chevet de son père qui s'éteint le 17 mars. La blessure de Jules Verne lui laissera une claudication définitive.
Le 15 février 1887, sa mère, Sophie Verne, décède. L'écrivain ne peut se rendre aux obsèques, car il marche difficilement et sa guérison n'avance pas.
Contraint à se sédentariser, il reporte son intérêt vers la vie de la cité. En 1888, Jules Verne est élu au conseil municipal d'Amiens sur la liste républicaine (gauche modérée) conduite par Frédéric Petit. Il écrit à un ami, sans doute Charles Wallut : « Mon unique intention est de me rendre utile et de faire aboutir certaines réformes urbaines. ». Il y siègera quinze ans. Notons au passage que Jules Verne n'était en aucun cas un républicain de grande conviction ; il est toute sa vie resté monarchiste, mais de tendance orléaniste. Au sein de la municipalité, il est chargé des spectacles, du cirque, des expositions. Le dossier sur le Cirque Municipal, déjà proposé durant le précédent mandat du maire, lui prend beaucoup de temps. Il s'y investit fortement, malgré les critiques sur la construction en dur d'un tel édifice. Il fait aboutir son projet et, le 23 juin 1889, prononce le discours d'inauguration

Chevalier de la Légion d'honneur depuis août 1870, Jules Verne est promu au grade d'officier le 24 juillet 1892. Il est décoré le 11 octobre suivant par le Préfet de la Somme.
Le 27 août 1897, son frère Paul meurt des suites de troubles cardiaques dont il souffrait depuis longtemps. Verne reste prostré et refuse tout déplacement. Il écrit une lettre choquante à son neveu Maurice, qu'il termine ainsi : « Huit heures du soir. Je crains bien qu'il me soit impossible d'aller à Paris ».
En 1900, Verne quitte l'hôtel particulier de la rue Charles-Dubois et réintègre la maison qu'il avait louée au 44, boulevard de Longueville. L'appartement, moins spacieux, lui permet d'y vivre plus facilement. Il y garde ses habitudes : un cabinet de travail et sa bibliothèque attenante. Toujours la même table sur laquelle il écrit depuis trente ans. L'écrivain avoue à un visiteur, Robert Sherard : « La cataracte a eu mon œil droit, mais l'autre est encore assez bon ». Il refuse donc de se faire opérer.
En 1902, il sent ses forces intellectuelles diminuer. À une demande du directeur de l'Académie d'Amiens, il répond: « Vous me demandez d'écrire quelque chose pour l'Académie. Oubliez-vous donc qu'à mon âge les mots s'en vont et les idées ne viennent plus ».
1903. L'écrivain n'écrit guère, mais il confie à Robert H. Sherard qu'il a beaucoup d'avance et que ce n'est pas si grave qu'il doive travailler lentement. En effet, dès 1892, Verne tient une liste des romans écrits et les corrige au fur et à mesure de leur parution. Malgré tout, il accepte la présidence du groupe espérantophone d'Amiens. Ardent défenseur de cette toute jeune langue internationale, il promet à ses amis d'écrire un roman où il décrira les mérites de l'espéranto. Il commence la rédaction de Voyage d'étude vers la fin de l'année. Mais, épuisé, Verne pose sa plume au bout de six chapitres. Le brouillon sera repris par son fils Michel, mais l'œuvre finale (L'Étonnante Aventure de la mission Barsac) ne fera pas allusion à l'espéranto.

Le diabète, qui attaque son acuité visuelle, l'anéantit petit à petit. Après une sévère atteinte, vers la fin de 1904, une nouvelle crise le terrasse le 16 mars de l'année suivante. Jules Verne s'éteint le 24 mars 1905 à Amiens dans sa maison du 44, boulevard Longueville (aujourd'hui boulevard Jules-Verne). Ses obsèques, célébrées à l'église Saint-Martin d'Amiens, attirent une foule de plus de cinq mille personnes. Plusieurs discours sont prononcés, notamment celui de Charles Lemire pour la Société de géographie. L'empereur Guillaume II envoie le chargé d'affaire de l'ambassade d'Allemagne présenter ses condoléances à la famille et suivre le cortège. Ce jour-là, aucun délégué du gouvernement français n'était présent aux funérailles. L'écrivain est inhumé au cimetière de La Madeleine à Amiens. Sa tombe en marbre est réalisée en 1907 par le sculpteur Albert Roze. Intitulée « Vers l'Immortalité et l'Éternelle Jeunesse », elle représente l'écrivain (ou l'allégorie de son œuvre) soulevant la pierre brisée de sa sépulture en écartant le linceul qui le drape, le bras tendu vers le ciel. Honorine Verne rejoint son mari, cinq ans après, le 29 janvier 1910.
Sept romans de Jules Verne et un recueil de nouvelles paraîtront après sa mort, publiés par son fils Michel Verne, qui prendra la responsabilité de remanier les manuscrits. En 1907, un huitième roman, L'Agence Thompson and Co., sera entièrement écrit par Michel mais paraîtra sous le nom de Jules Verne.


 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Jeu 26 Nov - 07:39 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant

Romans publiés du vivant de l'auteur
Ces romans constituent le cœur des Voyages extraordinaires qui ont fait la renommée de l'auteur.
Cinq semaines en ballon (1863) Texte en ligne
Voyage au centre de la Terre (1864)
Le Comte de Chanteleine (1864), publié en revue seulement ; première publication en volume en 1971
De la Terre à la Lune (1865) Texte en ligne
Les Aventures du capitaine Hatteras (1867), publié en deux parties : Les Anglais au Pôle Nord (1866) et Le désert de glace (1866)
Les Enfants du capitaine Grant (1868), publié en trois parties : L’Amérique du Sud (1866), L’Australie (1866) et L’Océan Pacifique (1867)
Vingt mille lieues sous les mers (1870), publié en deux parties (1869 et 1870) Texte en ligne
Autour de la Lune (1870), suite de De la Terre à la Lune Texte en ligne
Une ville flottante (1871)

Les Forceurs de blocus (1871), publié à la suite d’Une ville flottante
Une fantaisie du docteur Ox (1872), repris dans Le Docteur Ox en 1874
Aventures de trois Russes et de trois Anglais dans l'Afrique australe (1872)
Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873)
Le Pays des fourrures (1873)
L'Île mystérieuse (1874-1875), publié en trois parties : Les naufragés de l’air (1874), L’Abandonné (1875) et Le secret de l’île (1875)
Le Chancellor (1875)
Michel Strogoff (1876)
Hector Servadac (1877)
Les Indes noires (1877)
Un capitaine de quinze ans (1878)
Les Cinq Cents Millions de la Bégum (1879)
Les Tribulations d'un Chinois en Chine (1879)
La Maison à vapeur (1880)
Dix heures en chasse (1881), publié à la suite du Rayon vert
La Jangada (1881)
L'École des Robinsons (1882)
Le Rayon vert (1882)
Kéraban-le-Têtu (1883)

L'Étoile du sud (1884)
L'Archipel en feu (1884)
Frritt-Flacc (1884), publié à la suite d’Un billet de loterie
Mathias Sandorf (1885)
L'Épave du Cynthia (1885), en collaboration avec André Laurie
Robur le Conquérant (1886)
Un billet de loterie (1886)
Nord contre Sud (1887)
Le Chemin de France (1887)
Gil Braltar (1887), publié à la suite du Chemin de France
Deux ans de vacances (1888)
Famille-sans-nom (1889)
Sans dessus dessous (1889)
César Cascabel (1890)
Mistress Branican (1891)
Le Château des Carpathes (1892)

Claudius Bombarnac (1892)
P'tit-Bonhomme (1893), a aussi été republié sous le titre Fils d’Irlande
Mirifiques Aventures de maître Antifer (1894)
L'Île à hélice (1895)
Face au drapeau (1896)
Clovis Dardentor (1896)
Le Sphinx des glaces (1897)
Le Superbe Orénoque (1898)
Le Volcan d'or (1899)
Le Testament d'un excentrique (1899)
Seconde patrie (1900)
Le Village aérien (1901), d’abord publié sous le titre La Grande Forêt
Les Histoires de Jean-Marie Cabidoulin (1901), a aussi été republié sous le titre Le serpent de mer
Les Frères Kip (1902)
Bourses de voyage (1903)
Un drame en Livonie (1904)
Maître du Monde (1904)
L'Invasion de la mer (1905)


Romans posthumes
À la mort de Jules Verne en 1905, plusieurs de ses manuscrits sont en attente de publication, afin de respecter le rythme d’un ou deux volumes par an préféré par son éditeur. Ces romans et nouvelles ont pour la plupart été remaniés par Michel Verne, fils de l'auteur, avant leur publication. Les versions originales n'ont été publiées que plusieurs décennies plus tard. La date indiquée entre parenthèses est celle de la rédaction.
La Journée d'un journaliste américain en 2889 (1891), publiée en 1910 dans Hier et demain
Aventures de la famille Raton (1891), publiée en 1910 dans Hier et demain
Monsieur Ré-Dièze et Mademoiselle Mi-Bémol (1893), publiée en 1910 dans Hier et demain
Le Beau Danube jaune (1896), publié en 1908 sous le titre Le Pilote du Danube et en 1988 dans sa version d’origine
En Magellanie (1897), publié en 1909 sous le titre Les Naufragés du « Jonathan » et en 1987 dans sa version d’origine
Le Volcan d'or (1900), publié en 1906 en version remaniée et en 1989 dans sa version originale
Le Secret de Wilhelm Storitz (1901), publié en 1910 en version remaniée et en 1985 dans sa version d’origine
La Chasse au météore (1901), publié en 1908 en version remaniée et en 1986 dans sa version originale
Le Phare du bout du monde (1903), publié en 1905 en version remaniée et en 1999 dans sa version originale
Voyage d'étude (1904), inachevé, utilisé par Michel Verne comme inspiration pour L'Étonnante Aventure de la mission Barsac, publié pour la première fois en 1993 dans San Carlos et autres récits
Edom (1905), publié en 1910 dans Hier et demain sous le titre L'Éternel Adam, et en 1986 dans sa version originale, à la suite de La Chasse au météore
Une ville saharienne (1905), esquisse de roman utilisée par Michel Verne comme inspiration pour L'Étonnante Aventure de la mission Barsac

Recueils de nouvelles
Le Docteur Ox (1874), regroupe : Une fantaisie du docteur Ox, Maître Zacharius ou l'horloger qui avait perdu son âme, Un drame dans les airs, Un hivernage dans les glaces et Quarantième ascension française au mont Blanc (ce dernier texte, de Paul Verne, est retiré des éditions suivantes).
Hier et demain (1910) regroupe : Aventures de la famille Raton, Monsieur Ré-Dièze et Mademoiselle Mi-Bémol, La Destinée de Jean Morénas, Le Humbug, Au xxixe siècle : La journée d’un journaliste américain en 2889 et L'Éternel Adam.
Le troisième volume des Manuscrits nantais (1991) est un ouvrage à tirage limité regroupant des nouvelles inédites : Un prêtre en 1839, Jédédias Jamet, Le siège de Rome, Le Mariage de M. Anselme des Tilleuls, San Carlos, Pierre-Jean et L'Oncle Robinson.
San Carlos et autres récits (1993) comprend : Pierre-Jean, Le mariage de M. Anselme des Tilleuls, Le siège de Rome, San Carlos, Jédédias Jamet et Voyage d'études.

Œuvres de jeunesse
Les romans et nouvelles qui anticipent les Voyages extraordinaires
Un prêtre en 1839 (1846), publié pour la première fois en 1991 dans les Manuscrits nantais
Jédédias Jamet ou l’histoire d’une succession (1847), publié pour la première fois en 1991 dans les Manuscrits nantais
Pierre-Jean, nouvelle non datée remaniée par Michel Verne dans La Destinée de Jean Morénas publiée en 1910 dans Hier et demain, et publiée dans sa version originale en 1991 dans les Manuscrits nantais
Un drame au Mexique (1851), publié en 1876 à la suite de Michel Strogoff, aussi appelé Les premiers navires de la marine mexicaine
Un drame dans les airs (1851), publié en 1874 dans Le Docteur Ox, re-publié dans La Science illustrée en 1888
Martin Paz (1852), publié en 1875 à la suite du Chancellor
Maître Zacharius ou l'horloger qui avait perdu son âme (1854), publié en 1874 dans Le Docteur Ox
Un hivernage dans les glaces (1855), publié en 1874 dans Le Docteur Ox
Voyage en Angleterre et en Écosse (1859), publié pour la première fois en 1989 sous le titre Voyage à reculons en Angleterre et en Écosse
Joyeuses misères de trois voyageurs en Scandinavie (1861), inachevé, le seul bref fragment restant a été publié pour la première fois en revue en 2003
L'Oncle Robinson (1861), inachevé, publié pour la première fois en 1991 dans les Manuscrits nantais
Paris au xxe siècle (1861), publié pour la première fois en 1994
Le Humbug (vers 1867), nouvelle remaniée par Michel Verne et publiée en 1910 dans Hier et demain



Œuvres théâtrales
 .Jules Verne est d'abord attiré par le théâtre, mais n'y connaîtra qu’un succès médiocre jusqu'à ce que certains des Voyages extraordinaires soient portés à la scène. Plusieurs de ses pièces ont été écrites en collaboration. La date est celle de la première production, à moins d’indication contraire.
Les Pailles rompues (1850)
Les Châteaux en Californie ou Pierre qui roule n’amasse pas mousse (1852)
Monna Lisa (1852), en collaboration avec Michel Carré, publiée pour la première fois en 1974
Le Colin-maillard (1853), en collaboration avec Michel Carré
Les Compagnons de la Marjolaine (1855), en collaboration avec Michel Carré
Monsieur de Chimpanzé (1858)
L'Auberge des Ardennes (1860), en collaboration avec Michel Carré
Onze jours de siège (1861), en collaboration avec Charles Wallut
Un neveu d’Amérique ou les deux Frontignac (1873), en collaboration avec Charles Wallut, remanié par Édouard Cadol
Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1874), en collaboration avec Edouard Cadol et Adolphe d'Ennery
Les enfants du Capitaine Grant (1878), en collaboration avec Adolphe d’Ennery
Michel Strogoff (1880), en collaboration avec Adolphe d’Ennery
Les Voyages au théâtre (1881), anthologie regroupant les trois pièces précédentes
Voyage à travers l'Impossible (1882), en collaboration avec Adolphe d’Ennery
Kéraban-le-Têtu (1883)
Manuscrits nantais, Volume 1, (1991) ouvrage à tirage limité regroupant des pièces de théâtre inédites et non jouées : Don Galaor (esquisse, 1849) ; Le Coq de bruyère (1849) ; On a souvent besoin d'un plus petit que soi (esquisse, 1849) ; Abd'Allah (1849) ; Le Pôle Nord (1872, en collaboration avec Édouard Cadol) ; Une promenade en mer (1851) ; Le Quart d'heure de Rabelais (1847) ; La Mille et deuxième nuit (1850) ; La Guimard (1853) ; La Tour de Montlhéry (1852); Les Sabines (1867, inachevé, en collaboration avec Charles Wallut) ; et un fragment sans titre de 1874
Manuscrits nantais, Volume 2, (1991) ouvrage à tirage limité regroupant des pièces de théâtre inédites et non jouées : Alexandre VI (1847) ; La Conspiration des poudres (1848) ; Un drame sous Louis XV (1849) ; Quiridine et Quidinerit (1850) ; De Charybde en Scylla (1851) ; Les Heureux du jour (1856) ; Guerre aux tyrans (1854) ; et Au bord de l'Adour (1855).
Un fils adoptif (1853), en collaboration avec Charles Wallut
Essais et ouvrages historiques
Salon de 1857 (1857)
Edgard Poe et ses œuvres (1864)
Géographie illustrée de la France et de ses colonies (1866), en collaboration avec Théophile-Sébastien Lavallée
Découverte de la terre : Histoire générale des grands voyages et des grands voyageurs, publié en quatre volumes, les trois derniers en collaboration avec Gabriel Marcel : volume 1 en 1870 ; volume 2 en 1878 ; volume 3 Les grands navigateurs du xviiie siècle en 1879 et volume 4 Les voyageurs du xixe siècle en 1880 (ces ouvrages ont été réédités en novembre 2011 chez GEO (magazine))
La conquête économique et scientifique du globe (1888), en collaboration avec Gabriel Marcel, inachevé et toujours inédit
Souvenirs d’enfance et de jeunesse (1890)
Poèmes et chansons
184 poésies et chansons de Jules Verne ont été répertoriées jusqu'à présent. La plupart des chansons sont parues dans deux recueils de musique d'Aristide Hignard: Rimes et Mélodies. Un grand nombre de poésies proviennent de deux cahiers de poésies manuscrites. Ces cahiers ont été édités.

 Autres
À Propos du Géant (1863)
Les Méridiens et le calendrier (1873)
Une ville idéale (1875), publié pour la première fois en 1973 en tirage limité
Les Révoltés de la Bounty (1879), texte de Gabriel Marcel révisé par Jules Verne et publié à la suite des Cinq Cents Millions de la Bégum
L'Épave du Cynthia (1886), écrit par André Laurie avec une collaboration de Jules Verne
L'Agence Thompson and Co. (1907), écrit par Michel Verne mais publié sous le nom de Jules Verne
L'Étonnante Aventure de la mission Barsac (1919), écrit par Michel Verne à partir de Voyage d’études et d’Une ville saharienne et publié sous le nom de Jules Verne
Héritage
Jules Verne laisse derrière lui une œuvre riche d'une extraordinaire créativité. C'est l'un des premiers auteurs à mêler avec autant de succès science-fiction, aventure et fantastique. Son intérêt pour la science et le fait qu'il aborde dans ses romans des thèmes qui se concrétiseront dans le courant du xxe siècle (voyage sur la lune, sous-marin, etc.) lui confèrent le statut plus de prospectiviste que de visionnaire : au fait des découvertes scientifiques et techniques, il pousse jusqu'au bout les conséquences du progrès technique dans ses œuvres où il faut y voir plutôt selon son biographe François Raymond de « pures fictions chargées d'imaginaire jusqu'à la gueule ». Ses romans seront fréquemment adaptés au cinéma, leur récit à grand spectacle se prêtant parfaitement aux productions hollywoodiennes. Ses personnages sont des icônes de l'imaginaire populaire (tels Phileas Fogg, le capitaine Nemo ou Michel Strogoff). On trouve dans son œuvre des choses qui n’existaient pas à son époque et qui ont été créées 50 ou 100 ans après son écriture (l’hélicoptère, sous-marin moderne, scaphandre autonome, l’homme dans l’espace, etc.) En particulier :

Le premier exemplaire de l'ATV, un vaisseau inhabité développé par l'Europe pour ravitailler la Station spatiale internationale, a été baptisé Jules Verne.
L'association française Jules Verne Aventures est dédiée à la redécouverte de la planète et la sensibilisation du public à la préservation des espèces menacées.
Le Trophée Jules-Verne est une compétition dans laquelle un équipage doit réaliser à la voile, sans escale et sans assistance, le tour du monde en moins de 80 jours.
Vladimir Poutine affirme en 2005 qu'« il est rare de trouver aujourd'hui en Russie quelqu'un qui, enfant, ne se soit pas passionné par Jules Verne ou Dumas. »
En 2012 la Monnaie de Paris édite une pièce de 10 € en argent à son effigie pour la collection « Euros des régions ». Il représente la Picardie, la région où il a vécu la fin de ses jours.
En 2005, une exposition intitulée Jules Verne, le roman de la mer lui est consacrée au Musée national de la Marine à Paris.

 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Ven 27 Nov - 08:28 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant



















 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Ven 27 Nov - 10:00 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant














 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Ven 27 Nov - 10:07 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant













 

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Ven 27 Nov - 10:13 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant

















  

_________________


Revenir en haut
saintluc
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Avr 2012
Messages: 58 950
Localisation: Longitude : 1°35',29 E Latitude : 50°29',43 N

MessagePosté le: Sam 28 Nov - 11:11 (2015)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE Répondre en citant




 

_________________


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:12 (2017)    Sujet du message: (44) LOIRE ATLANTIQUE

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    50's pour toujours Index du Forum -> fiftiz pour toujours -> PHILATELIE (copies interdites sans l'autorisation d'un administrateur) -> DEPARTEMENTS FRANCAIS Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Aller à la page: 1, 2  >
Page 1 sur 2

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com